Chné-Or : la réalité d’un rêve

Chné-Or : la réalité d’un rêve

Les plus anciens s’en souviennent encore : c’était en 1962 et l’école Chné-Or venait d’être créée par le Rav Kalmenson dans des locaux bien modestes à Aubervilliers. En ce temps-là, cette première avancée était déjà une aventure audacieuse mais personne n’imaginait alors ce que cette initiative deviendrait.

 

L’école Chné-Or est, depuis sa naissance, un lieu d’éducation où chaque enfant est accueilli pour lui-même et où tout est mis en œuvre pour sa réussite matérielle et morale. L’attention qui lui est portée était une volonté de son fondateur, elle est restée dans l’ADN de l’école. Mais les temps changent. Alors que l’école Chné-Or voit ses effectifs grandir régulièrement et ses résultats progresser d’année en année, sa direction se met à imaginer un autre monde scolaire. En 2011, son directeur d’alors, le gendre et successeur de Rav Kalmenson, Rav Nisilevitch décide qu’il est insupportable de voir des enfants juifs sans accès à l’école juive. Bien sûr, il est conscient qu’il y a des raisons à cela : parfois, c’est l’éloignement qui est en cause, d’autre fois c’est l’insuffisance du niveau de l’enfant. Et, il faut le dire, le montant de la scolarité a aussi un effet dissuasif, trop nombreux sont les parents qui ne peuvent pas se permettre une telle dépense supplémentaire.

Devant tous ces obstacles, on aurait pu penser que l’école Chné-Or aurait estimé que l’idée était belle mais irréalisable et que, même si l’institution avait bien grandi depuis 1962, elle ne pouvait pas assumer une telle charge. Mais, avec son héritage intellectuel, spirituel et pédagogique, l’école ne pouvait pas parvenir à une telle conclusion. Aussi, cette année-là, Rav Nisilevitch lance un nouveau défi, et c’est véritablement, un renouveau de l’idée même d’école juive. Il l’appelle « l’école juive pour tous » et ce n’est pas, dans son esprit, une simple manière de dire. Il s’agit d’ouvrir concrètement l’accès à l’école juive de façon qu’aucun enfant n’en soit exclu quel qu’en soit la raison.

Problème de niveau de l’enfant à accueillir ? Des cours de mise à niveau sont mis en place. Problèmes d’éloignement de l’école ? Aujourd’hui, 13 cars scolaires sillonnent toute la région parisienne pour desservir 88 points de ramassage au bénéfice de 250 enfants. Problème financier ? Plus de 50% des élèves de Chné-Or sont boursiers et certains bénéficient même de la gratuité.

Alors l’école juive pour tous ? A Chné-Or, ce n’est plus un rêve, c’est une lutte de chaque jour !

Aidons Chné-Or à la mener, soutenons l’institution qui fait de ses rêves la réalité de centaines d’enfants !

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« Combat de mémoire », une BD de Jacky Yarhi disponible sur Amazon

« Combat de mémoire », une BD de Jacky Yarhi disponible sur Amazon

La bande dessinée a longtemps été un moyen d’expression privilégié pour raconter les histoires les plus complexes et poignantes. La nouvelle œuvre de Jacky Yarhi, « Combat de Mémoire », disponible sur Amazon, ne fait pas exception.

L’histoire commence avec un événement déchirant : le grand-père du jeune Guil Harrari subit une attaque cérébrale. Ce tragique incident conduit Guil à plonger profondément dans l’histoire tumultueuse de son aïeul.

Yarhi nous transporte à travers des dessins détaillés et expressifs, en plein cœur de la Seconde Guerre mondiale, dans le ghetto de Varsovie. Le grand-père de Guil y a vécu l’horreur et l’oppression, mais aussi la résilience et l’espoir.

La résistance, un mouvement audacieux et courageux, s’est élevée contre l’injustice. C’est dans ce contexte que le grand-père de Guil a lutté, façonnant l’homme qu’il deviendrait plus tard.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Elle suit le parcours de la famille Harrari jusqu’à la création du jeune État hébreu, émergeant des cendres de la guerre. Les dessins de Yarhi capturent l’excitation, l’incertitude et la tension de cette période historique.

Enfin, l’histoire s’engage dans les guerres israélo-arabes, témoignant des défis que la nouvelle nation et la famille Harrari ont dû relever.

Au-delà des événements historiques, « Combat de Mémoire » explore aussi ce que la vie réserve à Guil et à sa famille. À travers ses dessins émouvants et sa narration habile, Yarhi nous invite à comprendre les défis auxquels les Harrari sont confrontés dans le présent.

« Combat de Mémoire » est plus qu’une simple bande dessinée ; c’est une fenêtre sur l’histoire, une exploration profonde de la résilience humaine et une ode à la mémoire qui survit à travers les générations. Il s’agit d’un livre incontournable pour tous ceux qui cherchent à comprendre les effets durables de l’histoire sur les vies individuelles et les familles.

Préparez-vous à être transporté dans un voyage graphique à travers l’histoire avec « Combat de Mémoire » de Jacky Yarhi. Vous ne verrez jamais la bande dessinée de la même façon.

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Israël : Trois soldats ont été tués vendredi soir à la frontière entre Israël et l’Égypte

Israël : Trois soldats ont été tués vendredi soir à la frontière entre Israël et l’Égypte

Lia Bin-Nun, Ohad Dahan et Uri Yitzhak Iluz ont été identifiés comme les trois soldats de Tsahal tués par un terroriste, un policier égyption, à la frontière entre l’Égypte et Israël.

Initialement, deux soldats de Tsahal ont été tués par un terroriste, un policier égyptien, quelques heures après que les forces de Tsahal ont déjoué une tentative de contrebande de drogue d’une valeur de 1,5 million de Shekels près du mont Harif à la frontière égyptienne.

Dans un incident différent plus tard dans la nuit, un troisième soldat de Tsahal, Ohad Dahan, a été tué. Dans cet incident, le terroriste a également été tué.

La soldate tuée dans le premier incident a été identifiée comme étant Lia Bin-Nun. Le troisième soldat, qui a été tué avec Bin-Nun, a ensuite été identifié comme Uri Yitzhak Iluz, originaire de la ville du nord de Tzfat.

Lia Bin-Nun, une résidente de 19 ans de Rishon Lezion, et un autre soldat du bataillon Bardelas ont été tués à la frontière avec l’Égypte, dans la même zone où une tentative de contrebande de drogue avait été déjouée quelques heures auparavant. Quelques heures plus tard, le terroriste, un policier égyptien, a été repéré sur le territoire israélien et éliminé par des soldats de Tsahal.

Dans cet incident, un soldat du bataillon Caracal, le sergent-chef Ohad Dahan, un résident de 20 ans d’Ofakim, a été tué. Dahan a ouvert le feu lors d’une fusillade qui s’est terminée par l’élimination du terroriste. Selon des sources, le terroriste a été repéré par un drone à 1,5 kilomètre à l’intérieur du territoire israélien. Tsahal enquête pour déterminer si les conditions météorologiques ont nui à la dissuasion à la frontière. Le terroriste avait sur lui des armes et un Coran.

L’enquête de Tsahal a révélé que le terroriste est entré en Israël par un passage à la frontière qui est maintenu en coordination entre Tsahal et l’armée égyptienne. Ce passage est utilisé comme porte logistique. Les deux soldats n’ont pas réussi à le repérer avant qu’il ouvre le feu et les tue. La communication entre les deux soldats et le poste de garde a été perdue à 4h15, et à 9h00, ils ont été retrouvés sans vie, avec des blessures par balles sur leurs corps.

« Trois soldats de Tsahal ont été tués aujourd’hui », indique un communiqué de Tsahal. « Deux soldats ont été tués par des tirs à proximité de la frontière égyptienne, et le troisième lors d’un échange de tirs avec un terroriste dans la région de la Brigade régionale de Paran. Un sous-officier de Tsahal a également été légèrement blessé. »

« Le terroriste est un policier égyptien. Une enquête est en cours en pleine coopération avec l’armée égyptienne. Les soldats de Tsahal continuent de fouiller la zone pour écarter la présence d’autres assaillants. »

 

Le Grand Rabbin d’Israël, Rav David Lau, visite les institutions scolaires Sinaï

Le Grand Rabbin d’Israël, Rav David Lau, visite les institutions scolaires Sinaï

Lors de sa visite en France, le Grand Rabbin d’Israël, le Rav David Lau, à l’occasion de l’ordination des rabbins diplômés de « Lema’an Yilmadu », a visité les institutions ‘Sinaï’ sous la direction du directeur général des institutions, le Rav Yossef Its’hak Pevzner.

 

L’organisation du voyage du Grand Rabbin d’Israël, Rav David Lau et les visites ont été possibles grâce aux efforts du Rav Yaakov Habib, le président du « Union des Rabbins de France », qui a également assisté à la visite.

La visite a commencé au nouveau bâtiment « Beth Menahem » dans la banlieue de Paris, qui est en cours de construction et de rénovation, et qui sera ouvert, avec l’aide de Dieu, l’année prochaine avec environ six cents élèves. Le Grand Rabbin a été très impressionné par la grande superficie et a souhaité et béni le succès, espérant qu’au début de l’année scolaire, il serait à l’étroit.

Il a ensuite visité l’institution ‘Ki Tov dansle 17e arrondissement de Paris, où des centaines d’élèves se sont rassemblés et l’ont accueilli avec des chants. Le Rav Lau s’est adressé aux élèves, leur disant : « Quiconque prend une bonne résolution, qu’il l’écrive et l’envoie à mon adresse e-mail personnelle et, avec l’aide de D.ieu, je prendrai les mails avec la résolution et j’irai prier au Kotel. »

Le réseau des Institutions Sinaï, fondées par le Rav Hillel Pevzner a’h, compte actuellement en Ile de France 6 complexes, et accueille plus de 3000 élèves de tous âges et horizons.

À l’occasion de cette cérémonie, le Rav Yossef Its’hak Pevzner a offert au Rav Lau et au Rav Habib un précieux Tanya publié par les institutions avec une dédicace spéciale.

 

 

 

 

Le poisson, le bocal et l’Univers : Une exploration de l’existence

Le poisson, le bocal et l’Univers : Une exploration de l’existence

Il pense, dans son bocal confiné : « Enfin quoi ! Serait-il un autre monde? Un ailleurs vers où je pourrais voguer? D’autres eaux qu’en ma demeure ronde ? »

Voilà donc un poisson philosophe qui parcourt inlassablement son univers sphérique. L’eau en est toujours maintenue parfaitement claire et une nourriture qui lui convient à merveille apparaît régulièrement à sa surface.

« Quel est donc ce prodige? », s’interroge entre deux bulles notre poisson.

Sans doute, en effet, le bocal a-t-il un au-delà. Mais, aussi philosophe soit-il, que pourrait en penser notre poisson ? Quand on a derrière soi une vie déjà longue, surtout pour un poisson rouge, et qu’elle a été vécue dans un petit monde humide, comment penser les grands espaces aériens, inondés de soleil ou battus par les pluies et la profusion d’êtres qui les habitent ?

Notre bocal s’appelle l’espace-temps. A-t-il un ailleurs ? Non : il n’y a pas d’espace ailleurs que dans l’espace-temps. Mais cet espace-temps, nous le savons aujourd’hui, est crée. Il y a donc, hors de l’espace et hors du temps, un Autrement dont nous ne pouvons rien dire nous qui ne pouvons penser hors des catégories de l’espace et du temps, prisonniers de notre finitude. De cet Autrement nous ne pouvons rien dire sinon cependant qu’Il existe.

Notre poisson si rouge et son bocal si transparent au-delà duquel est pressenti un «ailleurs», détournent cependant notre regard, l’invitent indûment à se porter vers des «horizons» qu’il ne peut atteindre, vers cet absolument autre à jamais hors de portée.

Mais, qu’en est-il à l’intérieur du bocal, dans notre monde ?

La compréhension que nous avons de notre univers, ce grandiose bocal, suit les fulgurantes avancées des sciences. Pourtant ces avancées nous conduisent avant tout à multiplier à l’infini les questions que nous nous posons. Au point que nous savons ne pas pouvoir évaluer l’étendue de ce que nous ignorons, que nous savons qu’il n’y a pas ici-bas une somme du savoir que nous pourrions un jour, même très lointain, rassembler dans sa totalité mais un infini inaccessible. Hors des techniques utiles, qui nous donnent un sentiment excessif de puissance, que connaissons-nous donc certainement ? La science est-elle autre chose qu’un discours en constante évolution, une manière, adéquate à un moment donné, de dire quelque chose du monde, un récit dont la cohérence serait d’abord interne ?

Et ce monde, pour y vivre au jour le jour, le connaissons –nous mieux que le poisson rouge son bocal ? La familiarité insouciante avec laquelle nous le considérons n’est-elle pas trompeuse ? Quelle est sa réalité effective ? L’arbre sous lequel je m’abrite du soleil existe-t-il ailleurs que dans le mot par lequel je le désigne et n’est-il pas, autrement, qu’une conjonction dynamique de particules microscopiques ?

Acceptons de ne pas poser cette question et feignons de prendre le monde comme il est, déjà là, offert, donnant à nos vies tous leurs contenus, des plus triviaux aux plus élevés. Ce monde là c’est le monde des choses, de leur amoncellement, un monde d’ailleurs où, si nous n’y prenons pas garde nous pouvons nous-mêmes nous chosifier à force de routine et de la répétition de rôles socialement convenus.

Fixité ou flux

On soulignera alors ici l’étrangeté de l’hébreu. Prenons ce mot essentiel du vocabulaire « être », à la fois verbe et nom commun en français. Le nom désigne des « étants » qui apparaissent dans une certaine immobilité, dans leur supposée permanence. Si nous redonnons à ce mot « être » toute sa « verbalité », son entière dimension de verbe, nous privilégions ce qui en lui exprime l’évènement, ce qui

advient dans l’être, ce qui change à chaque instant, qui est le contraire de la fixité, en un mot le temps. Dans l’hébreu biblique c’est la « verbalité » qui domine, le flux incessant de l’énergie qui s’affirme plutôt qu’une illusoire constance des choses. Les choses, du reste, ne sont que des mots : « davar » a le double sens de mot et de chose. Ce qui est réel, ce qui fait notre monde, sa seule constance, c’est ce flux.

« Et D.ieu dans tout ça ? », demande le poisson rouge. Faisons-nous la même question : nous savons qu’Il est l’Existence même, mais nous ne pouvons pas vraiment en parler (selon la Torah, personne ne peut voir D.ieu et rester en vie), Il est complètement différent de tout ce que nous connaissons, en dehors de notre monde, l’espace-temps. Mais que se passe-t-il à l’intérieur de ce monde ?

À l’intérieur, dès que nous essayons de ne plus voir le monde comme une collection d’objets, des choses figées, mais plutôt comme un flux constant de devenirs, d’êtres en mouvement qui apparaissent grâce à l’énergie et à la lumière, nous commençons à ressentir Sa Présence. Nous commençons à comprendre pleinement l’héritage que nous avons reçu depuis les temps les plus anciens.

Nous réalisons enfin qu’il n’y a rien d’autre que Lui.

Barouh Ziegelman

Le Nigun « Hopp cosaque », « J’ai vaincu le Cosaque ! »du Shpoler Zeidé

Le Nigun « Hopp cosaque », « J’ai vaincu le Cosaque ! »du Shpoler Zeidé

Arié Leib de Shpola (1725-1811) était un rabbin hassidique connu pour ses miracles et ses dons de guérisseur à Shpola, en Ukraine. Il était également appelé Shpoler Zeidé (yiddish : « le grand-père de Shpola »). Il a étudié auprès du Baal Shem Tov et du Maggid de Mezritch. Aryé Leib était associé à la troisième génération du hassidisme en Ukraine, et bien qu’il ait été suggéré qu’il pourrait être la même personne que Reb Leib Sara, cela est douteux car leurs pères ont des noms différents.

Sa naissance Après que ses parents, Barou’h et Ra’hel, aient accueilli le Baal Shem Tov (avant qu’il ne soit connu), il les a bénis en leur promettant un enfant juste, et leur a dit de le nommer Aryé Leib. Peu de temps après, ils donnèrent naissance à un fils.

Au moment de la Brit Mila, le Baal Shem Tov déclara : « Je suis un homme ignorant et je ne sais pas comment prononcer les bénédictions en hébreu. Mais je me souviens de la façon dont mon père avait l’habitude d’expliquer un verset de la Torah :
‘Et Abraham était vieux (zaken).’ Le mot hébreu pour père est av, et le mot hébreu pour grand-père est zaken. Ce verset nous dit qu’Avraham était notre grand-père à tous. Je bénis cet enfant qu’il soit un grand-père pour le peuple d’Israël, tout comme Avraham. »

La foule éclata d’un rire bon enfant face à cette homélie simple de cet étrange paysan qui confessait si ouvertement son ignorance. Mais le surnom resta. Dès lors, il fut connu sous le nom de Zeidé, mot yiddish signifiant « grand-père ».

Le Shpoler Zeidé se rendait régulièrement dans les villes et les villages d’Ukraine dans le but de collecter de l’argent pour le Pidyon Chevouim. En chemin, il faisait également un effort pour aider les Juifs vivant dans ces petites villes avec tous leurs besoins physiques et spirituels. Au cours de ses voyages, il reprenait des chansons des paysans de la campagne qu’il incorporait ensuite dans ses Nigounim. Il lui arrivait même de chanter en dialecte ukrainien.

 

Ce Nigoun particulier, « Hopp cosaque », est composé de notes joyeuses empreintes d’un fort sentiment d’espoir et lorsque celui-ci atteint son apogée, le chanteur s’écrie : « Hopp cosaque » de toutes ses forces, en référence aux célèbres cosaques russes connus pour leur courage et leur bravoure au combat.

Une histoire est racontée à propos de ce Nigoun et des efforts du Shpoler Zeidé pour la Mitsvah du Pidyon Chevouim.

L’histoire se déroule comme suit :

À cette époque, il était assez courant qu’un Juif ne parvienne pas à payer son loyer à temps et que le Poretz le fasse jeter en prison. À l’occasion de la prochaine fête goyishe, il était alors coutume de déguiser ce pauvre Juif en ours et de le faire concourir lors d’un concours de danse public avec l’un des cosaques réputés pour être d’excellents danseurs. Le gagnant était autorisé à battre son adversaire à terre. Le Juif, après avoir languit en prison pendant un certain temps, était généralement sans chance face au Cosaque et finissait par être le perdant.

Il arriva une fois qu’un certain Juif fut jeté en prison pour ne pas avoir pu payer son loyer. La nuit précédant le « concours » important, il sentait qu’il n’y avait aucun moyen qu’il réussisse. Miraculeusement, le Shpoler Zeidé entra dans sa cellule de prison et échangea sa place avec lui. Le lendemain matin, les gardiens arrivèrent et, ne le reconnaissant pas, le revêtirent de la peau d’ours. Ils emmenèrent le Shpoler Zeidé au concours et, bien sûr, il sortit vainqueur. Après que le Cosaque s’effondra d’épuisement, le Shpoler Zeidé prit le bâton et le frappa.

Le Nigoun de « Hopp cosaque » raconte cette histoire. Au début, il commence lentement et, à mesure qu’il progresse, son rythme s’accélère. À mesure que la mélodie gagne en élan, la danse aussi, de plus en plus vite, jusqu’à ce que finalement l’un se fatigue en laissant l’autre victorieux. Ainsi se termine le Nigoun avec les mots « Hopp cosaque ! », signifiant « J’ai vaincu le Cosaque ! »

On raconte que chaque Motsaei Chabbat, pendant le Mélavé Malka, le Shpoler Zeidé dansait avec ce Nigoun et disait que c’était le Nigoun qu’Élie le prophète lui avait enseigné dans la cellule de prison cette nuit-là, lorsqu’il était venu lui apprendre à danser. Les hassidim disaient que ce Nigoun représentait l’idée de l’Avodat Hachem avec la joie qui grandit de plus en plus jusqu’à ce que le mauvais penchant soit complètement vaincu.

Le Rabbi expliquait que le Shpoler Zeidé chantait ce Nigoun afin de souligner la symbolique du Cosaque dans la Kédoucha, un total Messirout Nefech.

Rav Eliézer Nisilevitch « Du 770 à l’école Chné-Or d’Aubervilliers », par le Rav Yaakov Abergel

Rav Eliézer Nisilevitch « Du 770 à l’école Chné-Or d’Aubervilliers », par le Rav Yaakov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de Meïr ben Yossef et de l’âme de Yossef ben Meïr, et aussi pour le mérite du Rav Its’hak ben Meïr Ha-Cohen)

 

Décrire le Plaisir que l’on ressent lorsque l’on se trouve dans les quatre coudées du Rabbi au 770 Eastern Parkway, c’est essayer de dire avec des mots ce qui est au-delà des mots. Le mot ‘Unique’ que l’on traduit en hébreu par le mot ‘Yé’hida’ est celui que je choisis ici car ‘Yé’hida’ désigne le niveau de l’âme Juive qui correspond au monde spirituel de ‘Kéter’ : ‘la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes’, et le plus haut niveau de Kéter est celui du Plaisir : le ‘Taanoug’.

Cette année, mon épouse et moi-même avions pour projet de voyager chez le Rabbi pendant le mois de Yiar car le jour de Lag-Ba-Omer est le jour de l’anniversaire de nos deux fils qui sont des frères jumeaux. Grâce à D.ieu notre désir se réalisa. Merci mon D.ieu de nous avoir permis de vivre tous ensemble ces journées au 770. Chaque moment du jour et de la nuit était empli de lumière. Se trouver dans les quatre coudées du Rabbi c’est être un rayon du soleil à l’intérieur du soleil. Le Rabbi dévoile l’Essence de l’âme de chaque Juif qui se trouve près de lui, et le plaisir que l’on ressent dans cette situation extraordinaire est celui du dévoilement des plus hauts sentiments dans le cœur, et des plus hauts dévoilements spirituels dans les forces de l’intellect.

Aussi, lorsque est venu pour nous le moment de partir et que j’ai repensé à tous les moments que nous avions vécus, que j’ai revu toutes les images de notre séjour qui se sont imprimées dans ma mémoire, ce sont des paroles du Baal-Chem-Tov qui m’ont réconforté. Le Baal-Chem-Tov disait qu’il aime tout particulièrement les jours qui suivent la Fête de Chavouoth car il aime à regarder la façon dont la lumière de la Torah que nous avons reçu le jour de Chavouoth se répand pendant les jours qui suivent la Fête dans tous les aspects de notre Vie.

Vivre dans les 4 coudées du Rabbi c’est être comme un rayon de soleil à l’intérieur du soleil, mais quitter la Maison du Rabbi c’est devenir un rayon du soleil qui éclaire le monde extérieur, car le rayon ne commence à éclairer que lorsqu’il qu’il quitte sa source et qu’il s’en éloigne. C’est pourquoi les paroles du Baal-Chem-Tov furent pour moi d’un grand réconfort, car quitter la Maison du Rabbi allait finalement nous permettre de voir de quelle manière la lumière du Rabbi allait se répandre dans tous les aspects de l’Existence durant les jours qui suivirent notre retour sur la Terre d’Israël.

Les choses ne se firent pas attendre car quelques jours après notre arrivée ma famille et moi-même furent conviés aux soirées du Hakhel qui commémoraient le premier Yortseït du Rav Eliézer ben Rav Moshé Nisilevitch. Lors de la première soirée, il fut conclu l’écriture d’un Séfer-Torah et j’eus alors l’occasion de réfléchir au fait que le jour du Yortseït tombait dans la semaine de la Paracha Béaaloté’ha. L’Admour Hazaken a souligné l’importance d’ouvrir les yeux sur le lien entre le contenu spirituel de la Paracha de la semaine avec les évènements de notre vie qui se produisent pendant cette semaine. Il existait un rapport que je me devais de trouver entre les enseignements du Rabbi sur la Paracha Béaaloté’ha et le jour du Yortseît du Rav Eliézer Nisilevitch.

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chemot le Rabbi rapporte que Rabbi El’azar ben Azaria lorsqu’il remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin déclara qu’il fallait évoquer la sortie d’Egypte également ‘pendant la nuit’ (Brakhot, 28a). A l’opposé de l’avis Rabbi El’azar ben Azaria, les Sages pensaient que l’on doit mentionner la sortie d’Egypte seulement pendant le ‘jour’ car ils excluaient la possibilité de se confronter pendant la ‘nuit’ aux forces du mal.

Le Rabbi illustre l’attitude des Sages par le fait que Raban Gamliel interdisait l’entrée dans le Beït-ha-Midrache aux élèves qui n’avaient pas atteint une parfaite intégrité dans leur service divin. A l’opposé, lorsque Rabbi El’azar-ben-Azaria remplaça Raban Gamliel à la tête du Sanhédrin, il fit congédier le gardien du Beït-ha-Midrach, afin de donner libre accès à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu.
Il n’était pas question, selon le nouveau Prince d’Israël, de faire de différences entre la ‘nuit’ et le ‘jour’, entre ceux qui avaient atteint un niveau supérieur et ceux qui ne l’avaient pas encore atteint.

L’attitude de Rabbi El’azar telle quelle est décrite ici dans ces enseignements du Rabbi s’accorde parfaitement à l’attitude de tous les Chlou’him (Emissaires) du Rabbi en général, et tout particulièrement avec celle du Rav Nisilevitch dont le prénom Eliézer n’est pas sans être lié à celui de Rabbi El’azar ben Azaria.

En effet, l’attitude du Rav Eliézer, de son épouse Mora-‘Haya, de leurs enfants et de tous leurs proches, est telle l’attitude préconisée par Rabbi El’azar-ben-Azaria, laquelle s’accorde parfaitement à la déclaration du Machia’h au Baal-Chem-Tov selon laquelle : ‘Je viendrai lorsque tes sources se répandront à l’extérieur !’,

‘à l’extérieur !’ : ‘à tout endroit !’, ce qui signifie que les enseignements du Baal-Chem-Tov doivent toucher le cœur des plus insensibles, ils doivent atteindre même celui qui n’a pas encore atteint la perfection dans son service divin.

Depuis l’arrivée à Aubervilliers, en 1960, du Rav et de la Rabbanite Kalmenson jusqu’à aujourd’hui, les efforts de chacun allèrent en ce sens. En fait, après le décés du Rabbi Rachab ont commencé en Russie les décrets émis à l’encontre de la Torah et en 5662 le Rabbi Yossef-Yits’hak et neufs élèves de la Yéchiva Tom’heï Temimim prêtèrent serment de donner leurs Vies pour la Torah, jusqu’à leur dernière goutte de sang.

A l’évidence le Tsaddik véritable est bien celui qui ne recherche jamais son propre bien, même pas celui d’assouvir sa soif de servir D.ieu, le Tsaddik véritable est celui qui désire continuellement dévoiler l’Essence divine dans le monde. Peut-être que lorsqu’en 1965 eut lieu l’achat de l’établissement actuel de la communauté Chné-Or dans la rue André Karman qui était alors la rue de la Goutte d’or, que le Rav Kalmenson fit le rapport avec le serment du Rabbi Rayats et de ses neuf élèves. Peut-être que la Providence divine lui fit voir dans le nom de la rue de la ‘goutte d’or’ la force de sa mission et de la mission de tous ceux qui l’entouraient, car la valeur de cette ‘dernière goutte de sang’ est celle d’une ‘goutte d’or’, et même plus encore.

Toujours est-il qu’à l’exemple du Rabbi Précédent et de ses 9 élèves, la famille Kalmenlson et la famille Nisilevitch consacrent leur Vie jusqu’à aujourd’hui pour la Torah et pour l’Education Juive.

J’observais de ma place les personnes présentes à la soirée du Yortseït du Rav Nisilevitch, j’écoutais leurs témoignages et comprenais davantage la correspondance entre le contenu profond de la Paracha Béaalotéha et le jour du Yortseït de Rav Eliézer.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (8, 1) :
‘L’Eternel parla à Moché en ces termes : ‘Parle à Aaron et dis-lui : quand tu feras monter les lumières, de la Ménorah….’
Rachi explique que puisque la flamme monte, on emploie pour l’allumage de ces lumières l’expression « monter ». Il fallait allumer jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.

L’âme d’un juif est elle-même comparée à une flamme, car de même que la flamme du feu s’élève constamment vers le haut car elle désire retourner dans sa source qui est dans le ciel, l’âme d’un Juif s’élève vers le haut, car elle désire constamment retourner à sa source, à retrouver son Père qui est dans le ciel.

Aussi, comme pour les flammes de la Ménorah qu’il fallait allumer jusqu’à ce qu’elles montent d’elles-mêmes, les ‘Hassidim du Rabbi ont pour mission de réveiller la flamme qui brûle dans le cœur de chaque Juif, et c’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que ‘le désir le plus profond qui se trouve dans le cœur de chaque Juif est le dévoilement de D.ieu’. La raison en est simple, ‘l’Essence de l’âme Juive est enracinée dans l’Essence divine’. Dans ce cas, le Rav enseignera la Torah à son élève en lui donnant les moyens de pouvoir l’étudier ensuite avec ses propres moyens, c’est à dire sans qu’il n’ait plus besoin de l’aide du Rav pour se consacrer à l’étude. Le Rav devra pour cela éveiller l’amour et la crainte de D.ieu de son élève et quand il y parvient, quand l’élève désire de lui-même accomplir la Volonté de D.ieu qui est exprimée dans la Torah et étudier la Torah pour unir son esprit à l’Esprit divin, alors le Rav peut se réjouir d’être parvenu à ce que la flamme de son élève ‘monte d’elle-même’, comme les flammes de la Ménorah qu’Aaron avait pour mission de ‘faire monter’.

Rav David Nisilevitch, le frère de Rav Eliézer, était assis à côté de moi, et peu de temps après avoir engagé une discussion avec lui, il me dit que leur père, Rav Moshé Nisilevitch, pleurait quand il disait la Prière de la Amida. J’imaginais la force de ces larmes, j’imaginais qu’elles étaient aussi le ciment de l’éducation que Rav Moshé avait donnée à ses enfants, et je voyais ces mêmes larmes qui brillaient dans la couleur bleue des yeux de son fils, Rav David. J’écoutais ensuite avec une grande attention Rav Arié, le fils de Rav Eliézer, parler de son père. Rav Arié racontait que peu de temps avant de quitter ce monde, son père, Rav Eliézer, lui fit le geste que le Rabbi avait l’habitude de faire : ce mouvement impulsif du bras qui part du bas et va vers le haut, ce mouvement qui inspire le passage de l’obscurité vers la lumière et qui nous intime l’ordre de réagir et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour nous dégager de l’exil et provoquer la Délivrance.

Rabbi Yossef-Yit’hak rapporte un discours ‘Hassidique de son père, le Rabbi Rachab, dans lequel il est dit que la Torah ne peut être acquise que par le don de soi. Certes on peut étudier la Torah sans faire le don de sa propre personne, mais c’est grâce à ce don que l’on peut en révéler l’Essence. En écoutant les témoignages de ceux qui avaient connu le Rav Eliézer, je me rendais compte à quel point ils s’accordaient aux paroles du Rabbi Rachab. D.ieu Hachem Israël et la Torah ne font qu’Un.

Il est écrit dans la Paracha Béaaloté’ha (10, 2) : ‘Fais pour toi deux trompettes en argent massif’.
Au sujet de ce verset, le Rabbi rapporte l’enseignement du Maguid de Mèzeritch selon lequel le mot ‘hatsotséroth (trompettes) se decompose de la manière suivante : ‘Hètsi-tsoura qui signifie : la moitié d’une forme. Comme les deux moitiés d’une seule et même forme, Hachem et l’Assemblée d’Israël sont comme deux moitiés qui une fois réunies ne font qu’Un. Plus encore, le Rabbi applique cet enseignement a la Mitsvah dAhavat Israel et nous enseigne que chaque Juif doit savoir et ressentir ‘qu’à lui seul il n’est qu’une moitié et que pour atteindre l’entièreté, la totalité, il doit s’unir avec l’autre, ainsi qu’il est dit : ‘Tu aimeras ton prochain comme toi-même’.

Le Rabbi établit le lien entre ces deux explications :
Ressentir qu’Hachem et Israël ne font qu’Un nous amène à ressentir que nous faisons Un avec un autre Juif, car tous les enfants d’Israël sont des frères par le fait que leurs âmes ont toutes les deux un même Père, ainsi que l’explique l’Admour Hazaken au chapitre 32 du Livre du Tanya.

Le Rav Nisilevitch a donné tout ce qu’il possédait pour l’Ecole ‘Chné-Or’. Le nom ‘Chnéor’ signifie ‘deux lumières’ et le Rabbi nous fait remarquer que ces ‘deux lumières’ se fondent en Un seul nom. D’après l’enseignement du Rabbi, ces ‘deux lumières’ représentent la partie révélée et la partie profonde de la Torah, ainsi le nom de l’Admour Hazaken : Chnéor-Zalman, l’Auteur du Choul’han-Aroukh et du Livre du Tanya, exprime le fait que l’Admour Hazaken a établi le lien entre la partie révélée de la Torah (le Choul’han Aroukh) et sa partie cachée (le Livre du Tanya). L’Admour Hazaken est parvenu à unir le monde spirituel avec le monde matériel, à dévoiler l’Essence cachée dans ce monde matériel.

Peut-être nous est-il permis de dire que les parents et les enfants de l’Ecole Chné-Or apportent eux-mêmes une lumière dans l’Ecole, et que les dirigeants et les enseignants apportent eux-aussi leurs propres lumières. Dans ce cas, le Nom de l’Ecole ‘Chné-Or’ exprime le fait que ces deux lumières se fondent en Une seule Lumière : la Lumière du Rabbi, cette Lumière que ma famille et moi-même avions vu quand nous étions au 770, cette même Lumière que nous avons vue se répandre pendant le Hakhel qui commémorait le premier Yortseït du Rav Nisilevitch. Cette Lumière qui brillait dans les pensées les paroles et les actes de Mora ‘Haya, l’épouse de Rav Eliézer, et dans ceux de chacun de ses enfants, et de tous les membres de sa famille et de tous leurs amis qui étaient présents.

Qu’Hachem les bénissent et les protègent, afin que chacun d’entre-eux aille ‘de prodiges en prodiges’ pour continuer sa mission sacrée, à l’exemple de Rabbi El’azar ben Azaria qui ouvrit les portes de la Yéchiva à tous ceux qui désiraient étudier la Torah de D.ieu, sans faire de sélection, sans considérer le niveau de chacun.

Le Rabbi nous enseigne que Rabbi El’azar ben Azaria reçut une aide d’un niveau Divin qui dépasse celui de l’enchaînement des mondes, et qu’avec l’aide d’HAchem qu’il en soit ainsi pour tous ceux qui se consacrent à l’épanouissement de l’Ecole ‘Chné-Or’, qu’il s’agisse de tous les membres de la famille du Rav Eliézer Nisilévitch, ou qu’il s’agisse des dirigeants de l’Ecole Chné-Or, de ses élèves et de leurs parents, qu’Hachem les place toujours sous la Lumière du Rabbi, la Lumière de l’Essence de la Torah, jusqu’au moment du Dévoilement de notre Juste Machia’h, avec l’aide de D.ieu, dès-à-présent.

Dédié au Rav Eliézer Nisilévitch.

De la stérilité à la Sainteté, les enseignements du Rabbi sur « la Marche dans le Désert »

De la stérilité à la Sainteté, les enseignements du Rabbi sur « la Marche dans le Désert »

La Torah, fondement du judaïsme, est bien plus qu’une compilation de lois et de contes. C’est une source inépuisable de sagesses, une clef pour décrypter l’univers dans lequel nous évoluons. Dans ses moindres détails, elle recèle une portée intemporelle et universelle. Au-delà des événements historiques, comme le recensement des Lévites, elle révèle des dimensions spirituelles perpétuellement pertinentes. L’histoire de la marche du peuple juif dans le désert pendant quarante ans, par exemple, n’est pas seulement un récit du passé, mais un modèle éternel de transformation spirituelle applicable à tout un chacun. Ce parcours du désert à la terre promise symbolise le cheminement de l’âme humaine, son potentiel de transformation, de la stérilité spirituelle à la sainteté.

Source : Likouté Si’hot volume 13, première Si’ha sur Nasso

La Torah, livre sacré du judaïsme, est plus qu’un simple recueil de lois et de récits. Elle est une source inépuisable de sagesse, une clé pour comprendre l’univers dans lequel nous vivons. Chaque détail de la Torah, selon Tanya ch. 17, a une portée éternelle. Même les recensements des Lévites, bien que matériellement circonscrits dans le temps, ont une signification spirituelle éternelle, applicable dans chaque génération.

Au cœur de ces enseignements éternels se trouve l’histoire du peuple juif errant quarante ans dans le désert. Cette période d’errance, selon le Likouté Torah Nasso 20a, a été conçue pour soumettre l’énergie des forces du Mal qui puisaient du désert. Les Juifs, en marchant à travers ce désert stérile, ont transformé cet espace en un lieu habité, tuant les serpents et les scorpions, faisant jaillir l’eau du puits de Myriam, et faisant pousser de la verdure et des arbres.

Cette transformation a été rendue possible grâce à la force et à l’inspiration divine que D.ieu a confiées aux Lévites. Mais cette transformation n’est pas seulement une histoire du passé. Elle a une signification éternelle et est applicable à tous les moments de notre vie. En effet, chacun de nous porte en lui un « Tabernacle », un désert qui doit être soumis et transformé par la révélation de la divinité en nous.

Cette leçon est essentielle pour tous les Juifs qui se trouvent dans des situations désertiques, entourés de personnes qui ne connaissent pas la divinité ou qui n’agissent pas selon leurs connaissances. Pour ces Juifs, le message est clair : leur présence dans ces endroits n’est pas un hasard, mais une mission divine. Ils sont chargés de transformer leur environnement, comme les Israélites ont transformé le désert, en un lieu où D.ieu peut résider.

Et même si le passé d’un homme a été marqué par un comportement désertique, il n’est jamais trop tard pour changer. Les Lévites, bien qu’ils n’aient pas commencé à servir dans le sanctuaire avant l’âge de trente ans, ont reçu la force de le faire. De la même manière, quiconque décide de servir D.ieu peut recevoir la force de se purifier de son passé.

La construction d’une demeure pour D.ieu nécessite d’abord de faire disparaître toute souillure, puis d’y installer de beaux meubles. Cette démarche est reflétée dans l’étymologie des noms des familles de Lévites : « Kehat » signifie rassembler les éléments positifs, tandis que « Guershon » signifie se séparer du mal. Cette différence est également reflétée dans leurs rôles respectifs : la famille de Guershon transportait les tentures du sanctuaire, protégeant globalement, tandis que la famille de Kehat transportait les ustensiles du tabernacle, chacun ayant une fonction distincte.

Ainsi, à travers l’histoire de la marche dans le désert, la Torah nous enseigne des leçons intemporelles et essentielles pour notre vie spirituelle. Elle nous invite à transformer nos propres déserts intérieurs, ces zones de stérilité et de résistance spirituelle, en lieux florissants de sainteté et de divinité.

La transformation n’est pas une tâche facile. Elle nécessite de la force, du courage et une profonde détermination. Mais la Torah nous assure que D.ieu nous a donné la capacité de le faire. Les Lévites, malgré leur début tardif, ont été dotés d’une force divine qui leur a permis de transformer le désert en un lieu d’habitation. De la même manière, chaque personne a la capacité innée de transformer son propre « désert » en un lieu où la divinité peut résider.

Au-delà de notre transformation personnelle, la Torah nous enjoint également à transformer notre environnement. Chaque Juif est appelé à enseigner les voies de D.ieu et à partager sa sagesse avec le monde. Nous avons tous la responsabilité de transformer notre environnement en un lieu où la divinité est reconnue et honorée.

Enfin, la construction de notre demeure intérieure pour D.ieu nécessite un processus à deux volets : éliminer le mal et introduire le bien. C’est la leçon des familles de Lévites : Guershon qui élimine les impuretés et Kehat qui rassemble les éléments positifs.

En résumé, l’histoire du désert, telle qu’elle est racontée dans la Torah, est une métaphore puissante pour notre parcours spirituel. Elle nous enseigne la nécessité de transformer à la fois notre intérieur et notre environnement, et elle nous assure que nous avons été dotés de la force divine nécessaire pour accomplir cette mission. En faisant cela, nous préparons le terrain pour la venue du Machia’h, où la Lumière Infinie de D.ieu sera pleinement dévoilée dans la Demeure que nous aurons construite.