Le secret de la bénédiction « Chéhé’héyanou » : quand la joie devient sacrée !

Le secret de la bénédiction « Chéhé’héyanou » : quand la joie devient sacrée !

Et si vous pouviez transformer vos moments de joie en véritables expériences spirituelles ? Au cœur de la tradition juive se cache une pratique fascinante : la bénédiction « Chéhé’héyanou », un rituel qui élève les plaisirs quotidiens au rang d’expériences sacrées. Découvrez les règles subtiles et la profonde sagesse de cette tradition qui nous enseigne l’art de savourer chaque nouveauté avec une conscience éveillée. Une philosophie du bonheur qui résonne étonnamment avec nos quêtes contemporaines de sens et de plénitude.

 

Par le Rav Moshe Mordehai Ginsburg / Ramat Shlomo

La halakha détaille avec précision les règles concernant la bénédiction « Chéhé’héyanou » sur les fruits et autres aliments. Comme l’indique le chapitre 11, halakha 12, cette bénédiction se récite sur « un fruit nouveau qui se renouvelle d’année en année ». Le Beth Yossef précise que cela s’applique même aux fruits qui apparaissent deux fois par an, pourvu que leur vue procure une joie authentique.

Cette bénédiction peut être prononcée en deux moments distincts : soit dès la première vision du fruit qui suscite de la joie, soit au moment de sa consommation. Il est même permis de la réciter en voyant le fruit chez quelqu’un d’autre ou sur l’arbre, même s’il ne nous appartient pas. L’élément déterminant est la joie ressentie à la vue du fruit renouvelé.

Un point important concerne l’intervalle de temps nécessaire pour justifier cette bénédiction. Si un mois entier s’est écoulé sans voir ce fruit, sa réapparition est considérée comme un renouvellement méritant la bénédiction. La halakha précise : « quand un mois est passé et qu’on ne voit plus ce fruit sur le marché, puis qu’après un mois on en voit à nouveau, on peut réciter la bénédiction. »

Conditions spécifiques et limites pratiques

La bénédiction ne s’applique qu’aux fruits véritablement saisonniers. La halakha 15 est explicite : « On ne récite la bénédiction que sur un fruit dont le caractère nouveau est clairement reconnaissable ». Cela signifie qu’on ne bénit que « les fruits qui ne peuvent pas se conserver d’une année à l’autre, de sorte que lorsque le fruit nouveau arrive, il n’existe plus rien de semblable de l’ancien. »

Cette règle exclut certains légumes qui peuvent être conservés longtemps, comme « ceux qu’on conserve dans des cavités et qui s’y maintiennent toute l’année, comme les radis ou les betteraves ». Sur ces légumes, on ne récite pas « Chéhé’héyanou » même à la saison nouvelle, « puisque les anciens sont encore présents. »

Une nuance importante est apportée : « Si le fruit nouveau est clairement reconnaissable par son goût et son apparence, on récite la bénédiction. » C’est le cas par exemple « des pains faits avec du grain nouveau, qui sont clairement identifiables comme nouveaux par leur apparence et leur goût, qui est exquis. »

La question des parfums saisonniers fait l’objet d’une controverse : « Certains disent qu’il faut réciter ‘Chéhé’héyanou’ comme pour les fruits comestibles, tandis que d’autres s’y opposent. » La solution pratique recommandée est donc de « réciter sans mentionner le nom divin. »

Cas particuliers concernant les fruits

La halakha aborde plusieurs situations spécifiques qui peuvent survenir dans la pratique quotidienne :

  1. Si une personne n’a pas récité la bénédiction lors de la première vision ou consommation, elle peut encore la prononcer « lors de la deuxième vision ou de la deuxième consommation, mais sans mentionner le nom divin, » en raison d’une divergence d’opinions sur ce point.
  2. Pour différentes variétés d’un même fruit, « on récite la bénédiction sur chaque espèce, comme pour deux types de poires qu’on appelle ‘grosses’ et ‘bergamotes’, ou pour les pommes des champs et les pommes de vergers. » Cette règle s’applique même aux fruits « de même goût mais d’apparence différente, comme les rouges et les noires. »
  3. Il ne faut pas réciter la bénédiction « avant que la maturation du fruit ne soit complète », mais si on l’a fait « dès que les fruits sont suffisamment développés pour mériter une bénédiction », on n’a pas à la réciter à nouveau lorsque le fruit atteint sa pleine maturité.

Bénédictions sur les acquisitions et autres joies

Le principe sous-jacent est énoncé dans le chapitre 12 : « Toute joie du cœur qui vient à l’homme des bienfaits de ce monde nécessite une bénédiction. » La distinction cruciale est la suivante : « S’il n’y a pas de partenaire dans cette joie, on récite ‘Chéhé’héyanou’; s’il y a un partenaire dans cette joie, on récite ‘Hatov VeHametiv’. »

Cette règle s’applique à diverses situations matérielles : « Celui qui construit une maison neuve, ou achète une maison, ou achète des vêtements neufs – spécifiquement des vêtements précieux qui suscitent la joie. » La bénédiction est requise « même s’il possède déjà une maison et des vêtements similaires » car chaque nouvelle acquisition suscite sa propre joie.

Pour les vêtements, des règles spécifiques s’appliquent : « On récite immédiatement au moment de l’acquisition, car la joie vient du cœur qui se réjouit de l’achat. » Toutefois, « si le vêtement nécessite d’être ajusté, » certains recommandent « de ne pas réciter la bénédiction au moment de l’achat, mais seulement après l’avoir porté. »

Une limite temporelle existe : « Si on n’a pas récité la bénédiction, on peut le faire tant qu’on n’a pas retiré le vêtement. » Mais « si on l’a retiré avec l’intention de ne pas le remettre immédiatement, » la bénédiction ne peut plus être récitée lors d’un port ultérieur, même si on change rapidement d’avis.

La coutume a évolué dans certaines communautés : « Dans nos régions, la coutume est que même une personne pauvre ne récite pas de bénédiction sur une robe de chambre, des chaussures ou des chaussettes. » De même, « on ne récite pas de bénédiction sur les ustensiles, même d’argent et d’or, ni sur les livres et les bijoux. »

Le cas des cadeaux

La halakha traite avec finesse la question des cadeaux : « Si on lui fait un cadeau, certains disent qu’au lieu de ‘Chéhé’héyanou’, il récite ‘Hatov VeHametiv’, car c’est un bien pour lui et pour le donateur. »

Cette dualité est expliquée : « Si le receveur est pauvre, le donateur se réjouit d’avoir pu accomplir une mitsva de charité; si le receveur est riche, le donateur se réjouit que celui-ci accepte son cadeau. » Dans tous les cas, la joie est partagée entre les deux personnes.

Face à la controverse sur ce point (le Rosh préconisant « Hatov VeHametiv » et le Rashba « Chéhé’héyanou »), la recommandation pratique est de « réciter ‘Chéhé’héyanou’, qui est une bénédiction appropriée et nécessaire, et qui n’est pas vaine selon toutes les opinions. »

Application pratique et signification profonde

Ces lois minutieuses révèlent une sensibilité particulière au rythme naturel des saisons et à l’authenticité de la joie humaine. Elles distinguent soigneusement entre la nouveauté superficielle et le renouvellement véritable qui mérite d’être marqué par une bénédiction.

Même lorsqu’un fruit pourrait être disponible toute l’année grâce à la conservation ou l’importation, ce qui compte est si « le nouveau est clairement reconnaissable par son goût et son apparence. » Cette distinction reflète une conscience profonde que la valeur ne réside pas dans la simple nouveauté, mais dans l’expérience authentique du renouvellement cyclique.

La différenciation entre « Chéhé’héyanou » (pour la joie individuelle) et « Hatov VeHametiv » (pour la joie partagée) témoigne d’une compréhension fine des dimensions sociales de l’expérience humaine. Cette nuance reconnaît que la joie peut être amplifiée lorsqu’elle est partagée, tout en valorisant également les moments de bonheur personnel.

Dans un monde où la globalisation a brouillé les frontières saisonnières et où la consommation rapide a banalisé l’acquisition de nouveaux biens, ces règles millénaires nous invitent à retrouver une appréciation plus consciente des cycles naturels et une relation plus significative avec les objets matériels qui nous entourent.

Ces bénédictions transforment l’acte ordinaire de manger un fruit de saison ou d’acquérir un bien important en un moment de connexion spirituelle et de gratitude. Elles nous rappellent que même les aspects les plus quotidiens de notre existence peuvent être vécus avec une conscience plus élevée et une appréciation plus profonde.

Aspects pratiques des bénédictions « Chéhé’héyanou » et « Hatov VeHametiv » dans la vie quotidienne

La bénédiction « Chéhé’héyanou » constitue l’un des fondements de la pratique juive en matière de gratitude. Elle exprime notre reconnaissance pour avoir été maintenus en vie jusqu’à ce moment précis où nous pouvons faire l’expérience d’un renouvellement. Cette bénédiction encapsule une philosophie profonde : reconnaître la valeur unique de chaque moment et de chaque expérience nouvelle dans notre parcours de vie.

La halakha établit des distinctions subtiles qui enrichissent notre compréhension de cette pratique. Nous apprenons que la bénédiction « Chéhé’héyanou » s’applique lorsque la joie est individuelle, tandis que « Hatov VeHametiv » (Qui est bon et fait du bien) est réservée aux situations où la joie est partagée. Cette nuance souligne l’importance accordée à la dimension communautaire de l’expérience religieuse juive.

Applications concrètes pour les fruits saisonniers

Dans notre monde contemporain, l’application de ces règles concernant les fruits pose des questions nouvelles. Avec les techniques modernes de conservation et le commerce international, presque tous les fruits sont disponibles toute l’année. Comment alors déterminer ce qui constitue véritablement un « renouvellement » justifiant la bénédiction ?

La halakha nous guide avec précision : ce qui compte n’est pas seulement la disponibilité du fruit, mais son caractère nouveau reconnaissable. Par exemple, des fruits importés de l’hémisphère sud pendant notre hiver pourraient justifier la bénédiction s’ils viennent juste d’être récoltés et si un mois s’est écoulé depuis notre dernière consommation de ce fruit.

Le texte mentionne spécifiquement la question des fruits provenant de Nouvelle-Zélande : si la saison vient de commencer là-bas et que les fruits sont fraîchement importés après une période d’absence sur le marché local, la bénédiction serait appropriée. Toutefois, si l’on a consommé le même fruit récemment (moins d’un mois), même d’une autre provenance, on ne réciterait pas la bénédiction.

Questions pratiques concernant les acquisitions

Pour les acquisitions importantes comme une maison ou des vêtements de valeur, plusieurs questions pratiques se posent dans la vie moderne :

  1. Propriété partagée : Dans le cas d’un achat immobilier où les deux époux sont copropriétaires (situation courante aujourd’hui avec les hypothèques conjointes), la bénédiction appropriée serait « Hatov VeHametiv » plutôt que « Chéhé’héyanou », car la joie est partagée.
  2. Moment de la bénédiction pour une maison : Si l’on achète une maison en construction qui ne sera prête que plusieurs années plus tard, la bénédiction n’est pas récitée au moment de la signature du contrat, mais plutôt lorsque la maison est terminée, idéalement lors de l’emménagement ou de la pendaison de crémaillère (hanoukat habayit).
  3. Vêtements et usage contemporain : Bien que la halakha mentionne que la bénédiction ne s’applique pas aux vêtements ordinaires comme les chaussettes, elle s’applique aux vêtements qui procurent une joie particulière. Dans le contexte actuel, cela pourrait inclure un costume pour une occasion spéciale ou une robe de mariage, mais pas nécessairement des vêtements de tous les jours, même s’ils sont neufs.

Applications modernes et questions contemporaines

Certaines situations modernes ne sont pas explicitement couvertes par les textes anciens mais peuvent être interprétées à travers les principes généraux :

  1. Appareils électroniques : Un nouvel ordinateur ou smartphone qui procure une joie significative pourrait-il justifier la bénédiction ? Bien que non mentionné dans les textes traditionnels, le principe de « joie du cœur venant des bienfaits de ce monde » pourrait s’appliquer. Certaines autorités contemporaines suggèrent que la bénédiction serait appropriée pour des acquisitions importantes qui procurent une joie authentique.
  2. Événements professionnels : La halakha ne mentionne pas explicitement les succès professionnels, mais évoque la question des transactions commerciales réussies. Une promotion importante ou la conclusion d’une affaire particulièrement profitable pourrait justifier une bénédiction selon le principe général, surtout si l’événement est rare et procure une joie exceptionnelle.
  3. Produits alimentaires transformés : Pour les aliments modernes comme un nouveau type de chocolat ou une boisson innovante, la question se pose de savoir s’ils justifient une bénédiction « Chéhé’héyanou ». Le principe directeur serait de déterminer s’ils procurent une joie authentique comparable à celle d’un fruit nouveau.

Dimensions psychologiques et spirituelles

Ces lois révèlent une compréhension profonde de la psychologie humaine et de notre relation aux objets matériels et aux expériences sensorielles :

  1. Individualisation de l’expérience : La halakha reconnaît que ce qui constitue une « joie du cœur » varie d’une personne à l’autre. Un objet qui procure une joie intense à une personne pauvre pourrait n’avoir aucune signification particulière pour une personne fortunée. Ce relativisme psychologique témoigne d’une sagesse remarquable.
  2. Conscience du cycle naturel : En attachant une importance particulière aux fruits saisonniers, ces pratiques nous reconnectent aux rythmes naturels dans un monde de plus en plus artificialisé. Elles nous invitent à remarquer et à célébrer le cycle des saisons plutôt que de tenir pour acquise la disponibilité permanente de tous les produits.
  3. Gratitude plutôt que possession : Ces bénédictions mettent l’accent sur l’expérience et la gratitude plutôt que sur la possession matérielle. On peut réciter « Chéhé’héyanou » même en voyant un fruit qu’on ne possède pas, ce qui nous rappelle que la joie véritable réside dans l’expérience et l’appréciation, pas nécessairement dans la propriété.

Ces pratiques constituent un système sophistiqué d’éveil de la conscience et de la gratitude qui reste profondément pertinent dans notre monde contemporain. Elles nous invitent à vivre chaque expérience nouvelle – qu’il s’agisse de goûter un fruit de saison, d’acquérir un bien significatif ou de recevoir un cadeau – comme une occasion de reconnaissance spirituelle et de connexion avec une réalité transcendante.

En fin de compte, ces bénédictions transforment le quotidien en sacré, nous rappelant que même les actes les plus ordinaires peuvent être vécus avec une conscience plus élevée, enrichissant ainsi notre expérience humaine de dimensions supplémentaires de sens et de gratitude.

 

Ben-Gvir au 770 : son admiration pour le Rabbi et Loubavitch va-t-elle tout changer ?

Ben-Gvir au 770 : son admiration pour le Rabbi et Loubavitch va-t-elle tout changer ?

Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, a marqué Yom HaShoah par une conférence à Yale, perturbée par des manifestants pro-palestiniens, avant de visiter le « 770 », siège mondial de Habad à Brooklyn. Entre discours sur l’Holocauste, jets de bouteilles et symbole spirituel, ce déplacement illustre ses ambitions politiques et son lien avec la diaspora juive.

New York, 25 avril 2025 – Itamar Ben-Gvir, ministre israélien de la Sécurité nationale, ne passe jamais inaperçu. Cette semaine, son périple américain a secoué les esprits, entre une conférence chahutée pour Yom HaShoah et une plongée fervente au « 770 », cœur battant de Habad à Brooklyn. Derrière ces éclats se dessine une vérité saisissante : son admiration sans bornes pour le Rabbi et le mouvement Loubavitch façonne ses positions inflexibles en Israël.

Jeudi, à l’université de Yale, Ben-Gvir a pris la parole devant une centaine d’étudiants et professeurs pour évoquer l’Holocauste, dans une ambiance saluée comme irréprochable par son équipe. Deux heures de mémoire, vite éclipsées par le chaos : à sa sortie, des centaines de manifestants pro-palestiniens l’ont accueilli à coups de bouteilles d’eau. Le ministre a riposté avec un signe V provocateur, tandis qu’un acolyte agitait le drapeau israélien. Pas de blessés, mais une posture claire : Ben-Gvir reste inébranlable.

Puis, direction Brooklyn, au « 770 », sanctuaire vibrant de Chabad-Lubavitch, un lieu chargé d’histoire et de spiritualité au cœur de Crown Heights. Accueilli avec chaleur, Ben-Gvir a été guidé par le Rav Mendel Eisenbach, directeur charismatique des lieux, qui lui a ouvert les portes de cet édifice légendaire. Dans la mythique bibliothèque, le Rav Berel Levine, figure respectée et gardien des trésors littéraires de Chabad, l’a reçu avec une solennité particulière, dévoilant des manuscrits rares et des archives qui retracent l’épopée du mouvement. À leurs côtés, le Rav Danny Cohen, émissaire dévoué du Rabbi à Hébron, a accompagné le ministre dans cette plongée profonde au cœur de l’héritage de Menachem Mendel Schneerson.

Là, Ben-Gvir n’a pas contenu son exaltation. « Le Rabbi était un géant, un guide visionnaire du peuple juif qui a ressuscité le judaïsme dans un monde en perdition », a-t-il proclamé, les yeux brillants d’admiration. Il a célébré la vision du Rabbi, celle d’un peuple juif uni, fier de son identité et prêt à affronter les tumultes de l’Histoire. « Il a redonné une âme à des générations désorientées, en leur offrant une boussole spirituelle et une force inébranlable », a-t-il ajouté, évoquant l’impact du Rabbi sur des millions de vies, des shtetls d’Europe aux métropoles modernes. Pour Ben-Gvir, Schneerson n’était pas seulement un leader religieux, mais un architecte de la résilience juive, un homme dont les paroles et les actes continuent de résonner.

Il n’a pas tari d’éloges non plus sur Loubavitch, qu’il a qualifié d’ »exemple vivant de foi et d’action ». Il a salué le réseau mondial des émissaires – ces ambassadeurs infatigables qui, des confins de l’Asie aux banlieues américaines, portent le message du Rabbi avec une détermination sans faille. « Ce qu’ils ont bâti est une révolution : un judaïsme qui ne se replie pas, mais qui rayonne, qui s’adapte sans jamais se diluer », a-t-il insisté, admirant leur capacité à conjuguer tradition et modernité. Pour lui, ce dynamisme incarne une leçon précieuse, un modèle d’engagement qu’il semble vouloir transposer dans sa propre vision politique.

Cette admiration n’est pas un simple élan passager. Elle est une ancre, une source vive où Ben-Gvir puise une force inépuisable pour ses batailles en Israël. Sa fermeté légendaire – que ce soit sur la sécurité nationale, l’expansion des implantations en Judée-Samarie ou la défense sans relâche de l’identité juive – trouve un écho profond dans l’audace du Rabbi. Il y voit un modèle : l’amour ardent du Rabbi pour Israël, son refus catégorique de plier sous les pressions extérieures, et sa capacité à transformer la foi en actes concrets. « Sa croyance en la valeur de chaque âme juive, son attachement indéfectible à la terre promise, sa vision d’une nation résiliente face à l’adversité : voilà ce qui me guide », a-t-il confié avec une conviction palpable. Pour Ben-Gvir, les enseignements du Rabbi ne sont pas de simples paroles spirituelles ; ils forment un manifeste pragmatique, une feuille de route qui nourrit son approche intransigeante des dossiers brûlants, de la vieille ville de Jérusalem aux frontières contestées.

Cette influence se ressent dans sa politique. Là où le Rabbi exhortait à réveiller les consciences juives et à affirmer leur droit à exister, Ben-Gvir traduit cette énergie en décisions musclées : renforcement de la présence israélienne, répression sans compromis des menaces sécuritaires, exaltation d’un narratif juif fort. Il admire chez le Rabbi cette alliance rare entre une vision messianique et une action ancrée dans le réel – une dualité qui, selon lui, manque trop souvent aux leaders contemporains. « Le Rabbi nous a montré qu’on ne négocie pas avec notre destin », a-t-il ajouté, liant cette leçon à sa propre résistance face aux critiques internationales ou aux concessions diplomatiques.

« Israël et ses racines juives vibrent ici, dans ce sanctuaire du « 770 » », a glissé le Rav Danny Cohen, émissaire à Hébron, avec une pointe de fierté. Cette ferveur de Ben-Gvir divise pourtant les regards. Pour les uns, elle révèle une foi sincère, un homme porté par une quête spirituelle authentique ; pour les autres, elle cache une manœuvre calculée, un moyen de rallier les cercles traditionalistes et de consolider son assise politique. Quoi qu’il en soit, une évidence s’impose : entre les heurts agités de Yale et l’élan passionné du « 770 », l’admiration de Ben-Gvir pour le Rabbi dépasse la simple anecdote. Elle est le socle qui sculpte ses combats d’aujourd’hui, un feu intérieur qui pourrait bien définir son avenir sur la scène israélienne.

 

השר לביטחון פנים איתמר בן-גביר הגיע לביקור ב-770

Vendredi 25 avril 2025 à 10h30 : Chemini – Likouté Si’hot volume 17, ch. 1 des Pirkei Avot, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 25 avril 2025 à 10h30 : Chemini – Likouté Si’hot volume 17, ch. 1 des Pirkei Avot, par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

Pirké Avot (ch. 1) – L’évaluation du comportement
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le premier chapitre de Pirké Avot

 

Introduction

  1. Objectif des Pirké Avot : Développer la piété au-delà de l’obligation légale
  2. Contexte : Les maximes des pères visent à guider vers un comportement pieux

Les trois maximes de Chamaï

  1. Faire de la Torah une occupation fixe : Établir l’étude comme activité principale
  2. Parler peu et agir beaucoup : Privilégier l’action concrète sur les paroles
  3. Accueillir chacun avec bienveillance : Maintenir des relations sociales positives

Interprétation des maximes

  1. Relation avec la loi standard : Ces maximes semblent relever de la Halakha mais s’inscrivent dans une démarche de piété
  2. Les trois piliers du monde : Torah, Service divin, Bienfaisance – comment les concilier
  3. L’étude approfondie : Ne pas se limiter à la connaissance de la Halakha pratique
  4. L’importance de l’équilibre : Savoir gérer son temps et ses capacités

Signification profonde

  1. Le nom « Chamaï » : Évoque l’évaluation et la mesure réfléchie
  2. Unité fondamentale : « Israël, la Torah et Dieu ne font qu’un »
  3. Vision messianique : Préparer l’ère où la Halakha suivra l’opinion de Beit Chamaï

 

Le jour où le Rabbi se mit à siffler : un geste controversé devenu leçon spirituelle

Le jour où le Rabbi se mit à siffler : un geste controversé devenu leçon spirituelle

Un simple sifflement du Rabbi de Loubavitch lors d’un Farbrenguen (réunion hassidique) en 1975 déclencha une polémique inattendue. Cet épisode, initialement source d’embarras pour certains fidèles, se transforma en une profonde leçon sur la joie authentique dans la pratique religieuse. À travers cette controverse, le Rabbi révéla comment un geste spontané pouvait incarner une vérité spirituelle ancestrale.

 

L’innovation audacieuse

Lors d’un Farbrenguen du Rabbi au début du mois de Heshvan 5736, un événement inattendu surprit l’assemblée. De façon totalement inédite, pendant que résonnaient des mélodies joyeuses, le Rabbi commença à siffler et invita tous les participants à faire de même. Ce fut la première fois que le Rabbi indiquait qu’on devait siffler – il mit même ses deux doigts dans sa bouche et fit signe qu’on devait commencer à siffler. C’était considéré comme une véritable révolution, car siffler n’était jamais pratiqué jusqu’alors, et certainement pas par le Rabbi lui-même.

Un photographe présent immortalisa ce moment inhabituel, et la photo du Rabbi en train de siffler fut publiée dans le journal juif-américain « Algemeiner Journal ». Une controverse éclata immédiatement et persista pendant plusieurs mois.

La publication controversée

Le Rav Shimon Jacobson, fils de l’éditeur du journal Algemeiner, relate cet épisode avec précision : « Mon père, rédacteur en chef de l’Algemeiner Journal, avait dépêché son photographe qui immortalisa ce moment où le Rabbi sifflait. Sans hésiter, il décida de publier ce cliché exceptionnel dans l’édition suivante.

Chaque mercredi, le premier exemplaire de l’Algemeiner était traditionnellement remis au Rabbi. Mais cette publication allait déclencher une onde de choc. Je me souviens très clairement de ce vendredi soir où mon père arriva à la synagogue du 770 Eastern Parkway, siège mondial du mouvement Loubavitch. À peine eut-il franchi le seuil qu’il fut vivement interpellé par plusieurs fidèles scandalisés par cette publication. Dans leur conception, le sifflement n’était pas considéré comme un acte digne d’un guide spirituel et voir leur Rabbi photographié en train de siffler heurtait leur sensibilité.

Dans les jours qui suivirent, la rédaction reçut même une lettre officielle de protestation signée par un hassid influent, déplorant qu’une telle image du Rabbi ait pu être exposée publiquement dans les pages du journal. La controverse ne faisait que commencer… »

Le défi lancé à Pourim

Le jour de Pourim, fête juive célébrant la délivrance miraculeuse du peuple juif dans la Perse antique, marqua un tournant décisif. Lors d’un Farbrenguen particulièrement animé, le Rabbi choisit délibérément ce moment symbolique de joie collective pour réitérer son geste controversé.

Au plus fort des chants traditionnels qui ponctuaient ses enseignements profonds, dans un moment de communion intense entre lui et ses fidèles, le Rabbi posa un acte qui fit l’effet d’une déflagration silencieuse : il invita de nouveau toute l’assemblée à siffler.

Ce qui avait été perçu quelques mois plus tôt comme une anomalie inexplicable prenait maintenant l’allure d’une prise de position délibérée. Une vague de sifflements hésitants s’éleva d’abord, puis s’amplifia en crescendo, transformant l’atmosphère solennelle en une expression de joie débridée et authentique.

Lorsque vint le moment du discours suivant, le Rabbi, avec un sourire énigmatique, annonça qu’il allait aborder frontalement le sujet qui agitait sa communauté depuis des mois. Il consacra alors un enseignement entier à ce qu’il nomma, avec une pointe d’humour, « l’histoire du sifflement » (« Mayse mit’n fayfen »), signalant ainsi que ce qui avait été source de controverse méritait désormais une place dans l’enseignement hassidique.

Les siffleurs désignés : témoignages

Les récits personnels des témoins de cette époque révèlent la dimension intimiste et presque ludique que prenait parfois l’interaction entre le Rabbi et ses fidèles. Un participant, les yeux encore brillants d’émotion en évoquant ce souvenir, raconte : « C’était un moment inoubliable. Le Rabbi, il m’a regardé directement et a fait ce geste caractéristique avec ses doigts, m’invitant clairement à siffler. Intimidé mais obéissant, j’ai émis un timide sifflement. Le Rabbi, loin d’être satisfait, m’a encouragé avec insistance à augmenter le volume, comme pour me dire que la joie authentique ne devait pas être contenue mais pleinement exprimée. »

Cette pratique inattendue a rapidement créé ses propres traditions et même ses « spécialistes ». Un autre témoin, souriant à l’évocation de ces souvenirs, précise : « Au sein de notre communauté, Meyer Abouhatsira s’est rapidement distingué. Il est devenu, pour reprendre une expression du baseball, notre ‘frappeur désigné’ pour le sifflement. Quand le Rabbi demandait des sifflements, tous les regards se tournaient instinctivement vers Meyer. Il avait cette capacité unique à produire des sifflements puissants et clairs qui semblaient particulièrement apprécier le Rabbi. C’était véritablement extraordinaire de voir cette relation particulière se développer autour d’un geste si simple mais chargé d’une telle signification spirituelle. »

Ces témoignages illustrent comment une pratique initialement controversée s’est progressivement institutionnalisée, créant même ses propres rôles et figures emblématiques au sein de la communauté Loubavitch.

La défense du Rabbi : une explication inattendue

Le moment tant attendu arriva enfin : le Rabbi allait aborder directement cette controverse qui avait agité sa communauté pendant des mois. Avec un mélange de fermeté et de douceur caractéristique de son style oratoire, il commença son explication historique.

« J’ai sifflé, » déclara-t-il d’une voix claire et posée, créant immédiatement un silence absolu dans l’assemblée. « Et j’ai même expressément demandé aux autres de siffler avec moi. »

Puis, avec une pointe d’ironie perceptible dans sa voix, il poursuivit : « Suite à cela, certains ont cru triompher, pensant qu’ils m’avaient ‘pris en faute’… comme si j’avais commis une transgression impardonnable. »

Le Rabbi marqua une pause, balayant l’assemblée du regard avant de décrire, non sans une certaine compassion mêlée d’amusement, la réaction disproportionnée qu’avait suscitée son geste : « Dès que la nouvelle des sifflements s’est répandue dans la communauté, j’ai pu observer certains qui erraient littéralement désemparés, comme perdus dans leur propre maison d’étude. Ils se sont mis à chuchoter anxieusement entre eux : ‘Aïe ! Quelle catastrophe ! Que devons-nous faire maintenant ? C’était manifestement une terrible erreur…' »

Un murmure parcourut l’assemblée, certains baissant la tête en reconnaissant leurs propres réactions excessives face à ce qui allait se révéler être un enseignement profondément ancré dans la tradition.

Les fondements textuels d’une pratique controversée

Après avoir décrit la réaction excessive de certains fidèles, le ton du Rabbi changea notablement. Son visage prit une expression grave et son regard s’intensifia. Il s’exprima alors avec une fermeté inhabituelle, presque solennelle, qui surprit même ses plus proches disciples.

« Ce qui m’a le plus attristé, » déclara-t-il, « ce n’est pas tant la controverse elle-même, mais le fait que des personnes versées dans l’étude de la Torah n’aient même pas envisagé une seconde que ce comportement – siffler pendant une célébration liée à un commandement divin – puisse avoir une origine et une justification dans nos textes sacrés. »

Sa voix prit une inflexion plus profonde lorsqu’il évoqua la réaction de certains membres éminents de la communauté : « Au lieu de chercher à comprendre le sens spirituel de cet acte, ils ont immédiatement éprouvé de la gêne, de l’embarras, voire de la honte ! »

Puis, redressant légèrement sa posture et ouvrant ses mains dans un geste englobant l’assemblée toute entière, le Rabbi prononça ces mots qui allaient transformer la controverse en leçon : « Je tiens à vous affirmer, avec toute la clarté possible, que la question des sifflements trouve sa source explicite à la fois dans un verset de la Bible et dans un passage précis du Talmud. »

Un murmure de surprise parcourut l’assemblée. Le Rabbi se lança alors dans une analyse textuelle magistrale, citant avec précision des références que peu avaient associées à cette pratique. Chacune de ses explications dévoilait un niveau supplémentaire de compréhension, transformant ce qui était perçu comme une excentricité en un acte profondément enraciné dans la tradition juive.

La transformation visible : quand la joie éveille l’âme

Après avoir établi les fondements textuels de sa pratique, le Rabbi adopta un ton plus chaleureux, presque intime. Il partagea alors avec l’assemblée une observation profonde qui touchait à l’essence même de son action.

« J’aimerais maintenant vous révéler ce qui m’a véritablement motivé, » confia-t-il en baissant légèrement la voix, obligeant chacun à tendre l’oreille. « Durant ces moments de sifflements collectifs, j’ai été témoin d’un phénomène extraordinaire. Certains Juifs présents dans l’assemblée manifestaient, de façon absolument visible sur leurs visages – et je précise, sans qu’il soit nécessaire pour moi de lire leurs pensées… »

Un sourire illumina brièvement son visage, puis il poursuivit avec émotion : « J’ai vu, de mes propres yeux, comment quelque chose s’éveillait en eux. J’ai observé le moment précis où ils ressentaient soudain qu’à partir de ce jour, une nouvelle vitalité animerait leur pratique du judaïsme, jusqu’à transformer concrètement leur façon d’accomplir les commandements divins. »

Le Rabbi se redressa alors et sa voix prit une ampleur nouvelle, presque solennelle : « Face à une telle situation, notre maître Maïmonide, le Rambam, nous donne une instruction sans équivoque. Il prescrit d’adopter exactement l’attitude exemplaire du roi David lui-même. »

Il marqua une pause délibérée, balayant l’assemblée du regard, puis précisa : « Souvenez-vous que le roi David, lorsqu’il dansait devant l’Arche d’Alliance, ne s’est pas contenté de ‘danser et tournoyer’ avec retenue et dignité, comme beaucoup l’auraient jugé convenable pour un roi. Non ! Les Écritures nous enseignent qu’il ‘dansait et tournoyait de toutes ses forces’ – de toutes ses forces ! – au point d’être moqué par certains pour son apparente indignité. »

Les yeux du Rabbi brillaient d’une intensité particulière lorsqu’il conclut : « Quand une âme juive s’éveille, aucune considération de décorum conventionnel ne doit entraver l’expression de cette joie sacrée. »

La distinction cruciale : un devoir spirituel, non un caprice

Le Rabbi, après avoir établi les fondements bibliques et talmudiques de cette pratique, tint à clarifier avec précision les circonstances dans lesquelles le sifflement trouvait sa légitimité. Son expression devint plus didactique, comme lorsqu’il enseignait les points les plus subtils de la Loi juive.

« il est parfaitement évident qu’il n’y a absolument pas lieu de siffler pour le simple plaisir ou par frivolité… » Il fit un geste de la main comme pour écarter toute mauvaise interprétation. Mais – et c’est là toute la différence – lorsqu’il s’agit d’exprimer une joie authentique liée à l’accomplissement d’un commandement divin, et qu’il existe une possibilité, même infime, que grâce à ces sifflements, l’étincelle juive enfouie dans l’âme d’un des participants s’éveille soudainement… »

Le Rabbi marqua une pause, puis éleva légèrement la voix pour souligner l’importance de ce qui allait suivre : « Ou même si c’est la propre fibre juive du siffleur lui-même qui se trouve ravivée par cet acte… »

Sa voix prit alors une intensité remarquable, scandant presque ses paroles : « Dans de telles circonstances, c’est un devoir sacré – oui, un devoir ! – de siffler même dans le doute, même dans le double doute, et même face à cent incertitudes ! »

Il répéta avec force : « Cent incertitudes ! Car raviver ne serait-ce qu’une seule âme juive vaut toutes les considérations de décorum et de convention sociale. »

Un silence absolu régnait dans la salle tandis que ces paroles résonnaient dans les cœurs des fidèles, transformant définitivement la perception de ce qui avait d’abord été jugé comme une excentricité en un acte profondément spirituel.

Une vision prophétique

« Puisse D.ieu vouloir, » conclut le Rabbi, « que très bientôt nous méritions un sifflement de sainteté de manière permise – ce sera l’accomplissement de la prophétie ‘en ce jour-là, Il sifflera’, lorsque le Saint, béni soit-Il, fera retentir Son sifflement et rassemblera tous les Juifs des quatre coins du monde de sorte que ‘vous serez recueillis un par un’, et qu’aucun Juif ne demeure en exil. Il les conduira alors dans notre Terre Sainte, avec bonté et miséricorde, très prochainement. »

Une rencontre providentielle : le journaliste et le Rabbi

La conclusion du Farbrenguen fut marquée par un moment d’une rare intensité émotionnelle. Les fidèles, profondément émus par l’enseignement qu’ils venaient de recevoir, se dispersaient lentement dans un bourdonnement de conversations animées. Chacun tentait d’assimiler les implications profondes de cette leçon inattendue sur la joie authentique et l’expression spirituelle.

C’est dans cette atmosphère particulière que se produisit une scène remarquable. En quittant la salle, le Rabbi aperçut, parmi la foule des fidèles, une silhouette familière : celle du rédacteur en chef de l’Algemeiner Journal, ce même journal qui avait publié la photo controversée du Rabbi en train de siffler, déclenchant involontairement toute cette affaire.

Loin de l’éviter, le Rabbi modifia légèrement sa trajectoire pour le croiser, surprenant ceux qui observaient la scène. Les deux hommes se retrouvèrent face à face dans un bref moment d’intimité au milieu de l’effervescence générale.

Le Rabbi plongea son regard pénétrant dans celui du journaliste, puis, contre toute attente, son visage s’illumina d’un sourire empreint de sagesse. Il se pencha légèrement vers lui et lui confia : « C’est toi qui m’as amené à faire ce discours… »

Le journaliste, d’abord décontenancé, réalisa alors que ce qui avait été perçu comme une erreur éditoriale s’était transformé, par la grâce et la sagesse du Rabbi, en une opportunité d’enseignement profond. Dans cette simple phrase prononcée avec un sourire complice se révélait tout l’art du guide spirituel : transformer chaque difficulté en occasion d’élévation.

Cette rencontre fortuite, presque anecdotique, illustrait parfaitement l’essence même de l’enseignement que le Rabbi venait de transmettre : rien n’arrive par hasard, et même une controverse peut devenir source de lumière.

Une transformation complète

Un témoignage conclut : « Le sifflement a complètement changé le 770 ». Cette pratique, initialement controversée, est devenue l’une des nombreuses façons dont le Rabbi exprimait et inspirait la joie authentique. Ce geste simple mais puissant a ouvert une nouvelle dimension dans l’expression de la joie spirituelle.

Un héritage joyeux

Depuis lors, dans les moments d’élévation spirituelle et de joie collective lors des Farbrenguen, particulièrement pendant les cérémonies de distribution de la « coupe de bénédiction » et lors des cérémonies spéciales d’adieu aux invités retournant dans leurs pays d’origine, le Rabbi a, à plusieurs reprises, invité l’assemblée par un geste de la main à siffler et à « se moquer du monde ». Une forme d’expression spirituelle qui continue de rappeler que la joie véritable peut parfois emprunter des chemins inattendus.

 

 

 

L’agresseur du Rav Aryé Engelberg d’Orléans condamné à 16 mois de prison ferme

L’agresseur du Rav Aryé Engelberg d’Orléans condamné à 16 mois de prison ferme

L’adolescent ayant agressé le Rav Arié Engelberg a été sanctionné par le tribunal pour enfants d’Orléans. Cette décision intervient après une agression survenue alors que le religieux se promenait avec son jeune fils. La justice a prononcé une peine inférieure aux 20 mois requis par le ministère public, sans retenir le caractère antisémite des faits.

 

Le 22 mars dernier, le Rav Engelberg marchait paisiblement avec son fils de 9 ans lorsqu’il a été pris à partie par un adolescent. Vêtu de sa tenue traditionnelle, le religieux a immédiatement attiré l’attention du jeune homme qui s’est mis à le filmer tout en l’interrogeant sur sa religion. « L’adolescent m’a abordé avec son téléphone en me posant des questions avant de proférer des insultes graves comme ‘Tous les Juifs sont des fils de pute' », a témoigné le Rav Engelberg lors de l’audience.

Face à cette provocation, le religieux a tenté d’écarter l’appareil qui le filmait, déclenchant une altercation physique d’une rare violence. Le Rav a reçu plusieurs coups au visage et a même été mordu à l’omoplate par son agresseur. « J’étais terrifié pour mon fils qui assistait à toute la scène », a-t-il confié aux enquêteurs. Heureusement, l’intervention courageuse d’un passant a permis de mettre fin à l’agression et de faciliter l’interpellation du suspect quelques heures plus tard.

« Cette attaque n’était pas seulement dirigée contre moi, mais contre tout ce que je représente », a déclaré le Rav Engelberg. Le Grand Rabbin de la région, informé des faits, a immédiatement manifesté son soutien à son confrère, qualifiant l’incident « d’acte inacceptable qui s’inscrit malheureusement dans une tendance inquiétante ».

une décision judiciaire aux interprétations divergentes

Le tribunal pour enfants d’Orléans a finalement condamné l’agresseur à 16 mois d’emprisonnement ferme, soit légèrement moins que les 20 mois requis par le procureur. Une décision qui fait l’objet d’interprétations contrastées selon les parties.

« Le tribunal n’a pas reconnu les faits de violences à caractère antisémite », a souligné Me Nicolas Bouteillan, défenseur du mineur condamné. L’avocat a mis en avant « la barrière de la langue » comme possible explication du comportement problématique de son client pendant la procédure. « Il est possible qu’il n’ait pas pleinement saisi l’ampleur de ce dossier et les implications de ses actes », a-t-il plaidé.

Selon nos informations, le prévenu n’a jamais reconnu sa culpabilité, maintenant tout au long de l’audience une attitude défensive. En plus de sa peine d’emprisonnement, le tribunal lui a signifié une interdiction de paraître dans le département du Loiret pendant cinq ans et d’entrer en contact avec la victime durant trois ans.

De son côté, Me Alexandra Levy-Druon, qui représentait le Rav Engelberg, s’est montrée satisfaite du verdict : « Cette décision envoie un message fort : l’antisémitisme, le racisme, la haine et la violence, sous quelque forme que ce soit, n’ont pas leur place en France. » Elle a ajouté que « le Rav Engelberg et sa famille saluent cette décision et se sentent soutenus par la justice française. »

un profil troublant aux contours flous

L’enquête menée autour de l’agresseur révèle un parcours judiciaire déjà chargé malgré son jeune âge. Se présentant comme un mineur isolé arrivé en France depuis moins d’un an, l’adolescent était déjà impliqué dans trois autres procédures judiciaires pour des faits graves : trafic de stupéfiants, violences contre un dépositaire de l’autorité publique et vol aggravé.

Les investigations ont également mis en lumière de nombreuses contradictions dans ses déclarations concernant son identité et ses origines. L’adolescent a alternativement prétendu être de nationalité palestinienne puis marocaine, sans qu’aucune vérification ne soit possible. Son refus systématique de se soumettre aux relevés d’identité n’a pas permis d’établir avec certitude sa situation administrative, bien que sa minorité n’ait pas été contestée à ce stade de la procédure.

« Nous faisons face à un profil particulièrement complexe », a confié une source proche du dossier. « Son parcours migratoire reste flou et son comportement pendant la garde à vue n’a pas permis d’éclaircir sa situation personnelle. » Cette absence d’informations fiables sur l’agresseur complique l’analyse des motivations qui l’ont poussé à s’en prendre spécifiquement au Rav Engelberg.

résister à l’intimidation : un acte de courage

Présent lors du procès, le Rav Engelberg a tenu à expliquer sa réaction face à l’agression : « Ce qui a provoqué l’émoi de cette affaire, c’est que je me suis défendu. Je n’ai pas baissé la tête. Je l’ai fait pour mon fils, pour moi, pour la communauté juive et pour tous les citoyens français qui refusent de céder face à la délinquance et l’intimidation. »

Cette prise de position courageuse a été saluée par de nombreux membres de la communauté du Beth Loiret, dont le Rav Its’hak Cohen qui a déclaré : « Notre tradition nous enseigne la dignité face à l’adversité. Le Rav Engelberg a incarné cette valeur fondamentale en refusant de se soumettre à la peur. »

Le Rav Yossef Malka, représentant des Rabbanim de la région Centre, a également tenu à souligner « l’importance de cette affaire qui dépasse largement le cadre communautaire pour questionner notre capacité collective à protéger la liberté de culte et le respect mutuel. »

Cette affaire s’inscrit dans un contexte préoccupant de recrudescence des actes antisémites en France, particulièrement depuis le déclenchement du conflit au Moyen-Orient en octobre dernier. Les statistiques officielles font état d’une augmentation de plus de 300% de ces actes au premier trimestre 2024 par rapport à la même période l’année précédente.

Si le caractère antisémite n’a finalement pas été retenu dans le jugement, cette affaire illustre néanmoins la détermination des autorités judiciaires à sanctionner fermement les comportements violents ciblant des personnes en raison de leur appartenance religieuse réelle ou supposée. Une vigilance que les Rabbanim appellent à maintenir face à la montée des tensions communautaires.

 

 

La période du compte du Omer et la transformation spirituelle de nos traits de caractère – Rav Yossef Itshak Havlin

La période du compte du Omer et la transformation spirituelle de nos traits de caractère – Rav Yossef Itshak Havlin

Cette étude approfondie porte sur la correction des traits de caractère (Tikkoun HaMidot), un concept fondamental dans la Hassidout. Cet enseignement explore la distinction entre deux niveaux de perfectionnement spirituel : le perfectionnement général des traits de caractère (Klalout HaMidot) et le perfectionnement détaillé des traits de caractère (Pratiyout HaMidot). Cette dualité représente deux approches distinctes mais complémentaires dans le travail spirituel sur soi-même.

 

Par le Rav Yossef Itshak Havlin,
Rav de la communauté Habad du 770 de Ramat Shlomo à Jérusalem.
(Adapté du Maamar : « Comprendre le concept du compte du Omer »  – Lag BaOmer 5711)

Le sens profond du compte du Omer

Le compte du Omer, cette période de quarante-neuf jours entre Pessah et Chavouot, possède une dimension intérieure particulièrement puissante. Selon l’enseignement présenté, le but essentiel du compte du Omer est la correction des traits de caractère. Ce n’est pas un simple décompte de jours, mais un processus méthodique de raffinement spirituel.

La symbolique est riche de sens : le Omer est une offrande d’orge, céréale traditionnellement destinée aux animaux. Cette caractéristique n’est pas anodine. Elle nous rappelle notre mission fondamentale : élever et transformer l’âme animale (Nefesh HaBehemit) qui existe en chacun de nous. Cette âme animale, siège de nos impulsions, désirs et traits de caractère non raffinés, doit être progressivement purifiée et élevée vers la sainteté.

La dimension légale et spirituelle à notre époque

Le Rabbi établit une distinction importante concernant le statut halakhique (légal) du compte du Omer à notre époque. Selon la méthode de Rabbeinu Yerucham, le compte des jours constitue une obligation de la Torah (mi’deoraita), tandis que le compte des semaines relève d’une obligation rabbinique (mi’derabanan).

Cette distinction légale reflète une réalité spirituelle profonde. Le compte quotidien correspond au travail détaillé, précis et méthodique sur chaque aspect de nos traits de caractère. Le compte hebdomadaire, quant à lui, représente une vision plus globale, une intégration des acquis spirituels de la semaine dans une perspective unifiée.

Le défi du perfectionnement général à notre époque

Le Rabbi explique pourquoi le perfectionnement général des traits de caractère est particulièrement difficile à notre époque. Le Klalout HaMidot représente un niveau spirituel où l’amour pour Dieu (Ahavat Hashem) devient si total, si complet, qu’il ne laisse aucune place à l’amour pour la matérialité (Gashmiyout) ou les plaisirs mondains (Ta’avot).

Cette transformation radicale, où l’être tout entier devient un réceptacle de l’amour divin, est réservée aux « Yehidei Segoulah » – ces individus d’exception qui ont atteint les plus hauts niveaux de conscience spirituelle. Pour la majorité d’entre nous, vivant dans un monde de matérialité et confrontés quotidiennement aux défis de la vie moderne, un tel niveau de détachement et de dévotion exclusive semble hors d’atteinte.

C’est pourquoi notre travail spirituel se concentre principalement sur le perfectionnement détaillé (Pratiyout HaMidot) – une approche progressive, méthodique et accessible à tous.

Le compte quotidien : une méthodologie précise de transformation intérieure

Pour la plupart d’entre nous, l’obligation consiste donc à « compter les jours » (Sfirat HaYamim), c’est-à-dire à nous engager dans un travail minutieux sur nos traits de caractère, en prenant soin d’examiner chaque aspect, chaque nuance, chaque manifestation de ces traits dans notre vie quotidienne.

Le génie de cette approche réside dans sa praticabilité. Au lieu de viser une transformation totale et immédiate (souvent source de découragement), nous progressons étape par étape, jour après jour, en nous concentrant sur un aspect spécifique chaque fois. Cette méthode graduelle et systématique permet des transformations durables et authentiques.

La structure des sept traits de caractère : une cartographie de l’âme

Le Rabbi développe ensuite une analyse détaillée des sept traits de caractère fondamentaux (Sheva Midot), offrant ainsi une véritable cartographie de l’âme humaine. Cette structure septuple correspond aux sept semaines du Omer et aux sept attributs émotionnels (Midot) de la tradition kabbalistique.

1. Hesed (Bonté/Amour) – L’élan vers l’autre

Hesed représente l’impulsion fondamentale d’amour, de générosité et d’expansion vers l’extérieur. C’est l’énergie qui nous pousse à donner, à partager et à nous connecter avec autrui. Dans sa dimension la plus pure, Hesed est l’amour inconditionnel.

Le Rabbi explique la notion subtile de « Hesed shebeHesed » (la bonté dans la bonté) : il s’agit d’aimer ceux qui aiment Dieu. Bien qu’aimer Dieu directement soit le niveau idéal, notre structure psychologique, encore attachée à l’amour-propre et aux préoccupations égocentriques, ne nous permet pas toujours d’atteindre cette pureté d’intention. Nous commençons donc par cultiver l’amour envers ceux qui manifestent déjà cet amour divin, créant ainsi un pont vers l’amour divin lui-même.

2. Gevurah (Rigueur/Discipline) – La force du discernement

Gevurah incarne la rigueur, la discipline et la capacité de restreindre. C’est la force qui nous permet de dire « non », d’établir des limites et de faire des distinctions nécessaires. Dans le contexte spirituel, « Gevurah shebeHesed » (la rigueur dans la bonté) se manifeste comme une aversion pour ce qui s’oppose à Dieu et à la sainteté.

Cette forme de « haine sainte » n’est pas motivée par l’ego ou des préjugés personnels, mais découle paradoxalement de l’amour pour Dieu. C’est une répulsion naturelle envers tout ce qui contredit ou diminue la présence divine dans le monde. Cette rigueur est donc au service de la bonté ultime.

3. Tiferet (Beauté/Harmonie) – L’équilibre intégratif

Tiferet représente l’harmonie, la beauté et l’équilibre. Ce trait intègre et réconcilie les forces opposées de Hesed (expansion) et Gevurah (contraction) pour créer une synthèse harmonieuse. Dans le travail spirituel, « Tiferet shebeHesed » se manifeste comme une fierté légitime (hitpa’arut) dans l’accomplissement des commandements divins.

Cette fierté n’est pas de l’orgueil égocentrique, mais la joie authentique de participer à l’œuvre divine et de réaliser sa mission spirituelle. C’est la beauté qui émerge lorsque nos actions extérieures reflètent fidèlement notre essence intérieure.

4. Netzah (Victoire/Endurance) – La persévérance face aux obstacles intérieurs

Netzah et Hod, bien que dérivés de Hesed et Gevurah, constituent des traits distincts avec leurs propres caractéristiques. Netzah représente la persévérance, l’endurance et la capacité à surmonter les obstacles. Plus spécifiquement, « Netzah shebeHesed » désigne la victoire sur nos résistances intérieures.

Le Rabbi explique que même lorsque notre attirance naturelle pour les choses matérielles diminue ou disparaît temporairement, nous devons parfois nous « vaincre nous-mêmes » pour cultiver un désir authentique pour le spirituel. Cette lutte intérieure, où nous triomphons de notre propre indifférence ou léthargie spirituelle, constitue l’essence de Netzah.

5. Hod (Reconnaissance/Humilité) – La résilience face aux oppositions externes

Hod incarne l’humilité, la reconnaissance et la capacité à persévérer malgré les oppositions externes. Si Netzah concerne la victoire sur nos obstacles intérieurs, Hod représente notre résilience face aux défis qui viennent de l’extérieur – critiques, moqueries, pressions sociales ou persécutions.

« Hod shebeHesed » se manifeste comme une forme de soumission humble qui nous permet de rester fidèles à nos valeurs malgré les tentatives extérieures de nous en détourner. C’est la reconnaissance que la vérité divine transcende les opinions et pressions sociales.

6. Yessod (Fondation) – La connexion et l’intégration

Yessod représente la fondation, la connexion et la capacité à canaliser les énergies spirituelles vers leur réalisation concrète. C’est le trait qui lie tous les attributs précédents et les prépare à leur expression dans le monde.

« Yessod shebeHesed » désigne l’attachement profond et l’engagement durable envers les valeurs d’amour et de bonté. Ce n’est plus un simple élan passager, mais une connexion fondamentale qui devient partie intégrante de notre identité spirituelle.

7. Malhout (Royauté) – L’expression concrète

Malhout représente la royauté, la manifestation concrète et l’actualisation de tous les traits précédents dans le monde matériel. C’est le point où l’énergie spirituelle se traduit en pensées, paroles et actions tangibles.

« Malhout shebeHesed » correspond à l’expression complète et multidimensionnelle de la bonté dans notre vie quotidienne – à travers nos pensées (Ma’hchava), nos paroles (Dibbur) et nos actes (Ma’aseh). C’est le moment où le travail intérieur se manifeste pleinement dans la réalité extérieure.

Lag BaOmer : un tournant dans le processus de transformation

Le Rabbi établit ensuite une connexion profonde entre le processus de correction des traits de caractère et Lag BaOmer, le 33ème jour du compte du Omer. Ce jour correspond à « Hod shebeHod » (humilité dans l’humilité) et marque un tournant décisif dans le processus spirituel du Omer.

La signification de ce jour est particulièrement profonde : après avoir travaillé sur les 32 premières combinaisons de traits, nous atteignons le niveau le plus profond d’humilité – une soumission qui transcende même notre compréhension intellectuelle. C’est pourquoi Lag BaOmer est traditionnellement un jour de grande joie et de célébration – il représente une percée spirituelle majeure dans notre cheminement.

Les 3 niveaux progressifs de soumission (Hod) : un approfondissement de l’humilité

Le Rabbi développe une analyse exceptionnellement subtile des différents niveaux de soumission et d’humilité, utilisant l’analogie d’un rapport entre un grand sage et ses disciples.

Premier niveau : la soumission fondée sur la compréhension

Dans ce premier niveau, une personne se soumet à une autorité supérieure parce qu’elle comprend et apprécie intellectuellement la sagesse de cette autorité. Ce n’est pas une véritable humilité (Hodaah), mais plutôt une reconnaissance rationnelle de la supériorité intellectuelle de l’autre.

Deuxième niveau : la soumission malgré une compréhension limitée

À ce niveau intermédiaire, la personne a suffisamment de discernement intellectuel pour reconnaître qu’elle se trouve face à une sagesse profonde, même si elle ne peut pas la comprendre pleinement. Comme un étudiant de niveau moyen face à un concept extraordinairement complexe, il reconnaît la profondeur sans pouvoir la saisir entièrement. C’est déjà une forme authentique d’humilité (Hod).

Troisième niveau : la soumission absolue (Hod shebeHod)

Le niveau le plus profond est celui où la personne n’a même pas la capacité intellectuelle de reconnaître qu’elle est face à une sagesse supérieure, et pourtant elle se soumet complètement. Cette humilité radicale, qui ne repose sur aucune compréhension intellectuelle mais sur une intuition spirituelle profonde, constitue l’essence de « Hod shebeHod ».

Le Rabbi établit un parallèle saisissant avec la pratique de l’inclinaison pendant la prière de « Modim » (nous te remercions) dans la liturgie quotidienne. La tradition enseigne que celui qui ne s’incline pas pendant Modim ne ressuscitera pas lors de la résurrection des morts. Cette affirmation apparemment sévère prend tout son sens à la lumière de l’explication du Rabbi : l’inclinaison physique représente ce niveau ultime de soumission (Hod shebeHod), où même sans compréhension intellectuelle, le corps lui-même exprime sa reconnaissance de la souveraineté divine.

Conclusion : l’intégration progressive vers une transformation complète

La correction des traits de caractère n’est pas un événement ponctuel mais un processus continu qui se déploie jour après jour, semaine après semaine. Le compte du Omer nous fournit un cadre temporel idéal pour ce travail intérieur essentiel, culminant symboliquement à Lag BaOmer, point de bascule où l’humilité la plus profonde ouvre la voie aux dernières étapes de notre transformation spirituelle.

Ce processus méthodique nous rappelle que la spiritualité authentique ne consiste pas à fuir notre humanité, mais à la raffiner progressivement. Chaque trait de caractère, même ceux qui semblent initialement problématiques, contient une étincelle de sainteté qui, correctement canalisée, peut contribuer à notre élévation spirituelle et à la réparation du monde (Tikkoun Olam).

En fin de compte, ce travail minutieux sur nos traits de caractère nous prépare à la réception de la Torah à Chavouot, symbolisant notre capacité renouvelée à intégrer la sagesse divine dans tous les aspects de notre être.

Kfar Habad : Les émissaires se réunissent en préparation du 28 Nissan

Kfar Habad : Les émissaires se réunissent en préparation du 28 Nissan

Une rencontre exceptionnelle s’est tenue hier au campus Beth Rivka de Kfar Habad  en préparation de la date significative du 28 Nissan. Les émissaires ont poursuivi leurs discussions jusqu’aux premières heures du matin, guidés par des figures importantes du mouvement Loubavitch venues d’Argentine et de Beer Sheva.

 

 

À l’approche du 28 Nissan, date gravée dans la mémoire collective des hassidim Loubavitch comme celle de la « fameuse Si’ha », une importante conférence dédiée à la rédemption et au Machia’h s’est déroulée hier spécifiquement pour les émissaires du mouvement. Organisée par les Jeunes de l’Association Loubavitch, cette rencontre a eu lieu dans la salle des événements du campus Beth Rivka à Kfar Habad B, réunissant des personnalités de différents horizons géographiques.

L’événement a rassemblé des émissaires venus de diverses communautés pour participer à cette conférence axée sur les enseignements relatifs à la rédemption et au Machia’h, un thème central dans la philosophie Loubavitch contemporaine. La dimension internationale de cette rencontre a été soulignée par la présence d’invités d’honneur tels que le Rav Asher Farkash d’Argentine et le Rav Zalman Gourlik, émissaire à Beer Sheva, tous deux figures respectées pour leur engagement et leur connaissance approfondie des enseignements du mouvement.

Selon une vidéo exclusive publiée par les organisateurs, l’intensité des échanges était telle que les discussions se sont prolongées bien au-delà de l’horaire initialement prévu. Les images captées à 1 heure du matin montrent les émissaires pleinement engagés dans un Farbrenguen (réunion hassidique) animée, démontrant leur dévouement à l’étude et à la diffusion des enseignements du Rabbi de Loubavitch.

« Cette date du 28 Nissan revêt une signification particulière pour notre communauté, » explique l’un des participants. « Elle nous rappelle la ‘fameuse Si’ha’, ce discours historique prononcé par le Rabbi dans la nuit du 28 Nissan 5751 (1991), où il a exprimé sa profonde préoccupation face à l’indifférence concernant la venue du Machia’h et nous a transmis la responsabilité d’agir concrètement pour accélérer sa venue. »

Au cours de cette nuit d’étude et de partage, les intervenants ont abordé différentes facettes de la mission confiée aux émissaires Loubavitch à travers le monde, en s’appuyant particulièrement sur les paroles mémorables du Rabbi lors de cette fameuse soirée du 28 Nissan. Le Rav Farkash, fort de son expérience en Argentine, a partagé des perspectives uniques sur l’application des enseignements messianiques dans des communautés éloignées des grands centres juifs traditionnels.

« Notre travail d’émissaires prend une dimension supplémentaire lorsqu’il est considéré à travers le prisme de cette déclaration historique du Rabbi: ‘Faites tout ce qui est en votre pouvoir pour amener la venue du Machia’h concrètement’, » a souligné le Rav Gourlik lors de son intervention. « Cette exhortation, accompagnée des mots poignants ‘je vous transmets cette mission’, continue de résonner dans nos cœurs et guide notre action quotidienne. Chaque Mitsva que nous encourageons contribue directement à la transformation du monde qui caractérisera l’ère messianique. »

L’ambiance chaleureuse et fraternelle de cette réunion prolongée reflétait l’esprit de cohésion qui caractérise le réseau mondial des émissaires Loubavitch. Des chants traditionnels hassidiques, des discussions animées et des échanges d’expériences ont ponctué cette nuit mémorable, créant un espace propice à la réflexion collective sur la mission commune qui unit ces Rabbanim. À plusieurs reprises, les participants ont évoqué le contexte particulier dans lequel la « fameuse Si’ha » avait été prononcée – quelques semaines après la fin de la guerre du Golfe, période que le Rabbi avait qualifiée d' »année où le Machia’h se dévoile ».

Le choix du campus Beth Rivka comme lieu de rassemblement n’était pas anodin. Ce centre éducatif, nommé en l’honneur de la mère du précédent Rabbi de Loubavitch, symbolise la transmission des valeurs et des enseignements du mouvement aux générations futures. Il représente parfaitement la continuité que cherchent à assurer les émissaires dans leur travail quotidien.

La conférence a également permis aux participants de méditer sur la profondeur des paroles prononcées par le Rabbi lors de ce soir de 28 Nissan 5751, notamment lorsqu’il avait exprimé sa stupéfaction: « Comment est-il possible qu’après tous ces efforts, le Machia’h ne soit toujours pas arrivé? » Les émissaires ont échangé sur les défis contemporains auxquels font face les communautés juives à travers le monde et sur les stratégies innovantes pour y répondre, toujours guidés par cette exhortation fondamentale à « faire tout ce qui est en leur pouvoir » pour hâter la rédemption.

« Ce qui fait la force de notre mouvement, c’est cette capacité à allier fidélité aux traditions et adaptation aux réalités modernes, » a fait remarquer un des organisateurs. « Nos discussions cette nuit ont justement porté sur la façon dont nous pouvons actualiser et intensifier notre engagement envers l’appel lancé par le Rabbi il y a plus de trente ans, en utilisant les moyens technologiques et communicationnels d’aujourd’hui pour diffuser davantage l’attente active du Machia’h. »

La préparation au 28 Nissan s’inscrit dans une tradition annuelle au sein du mouvement Loubavitch, mais chaque année apporte son lot de nouvelles réflexions et d’initiatives renouvelées. Les participants à cette conférence sont repartis avec des idées concrètes à mettre en œuvre dans leurs communautés respectives, contribuant ainsi à l’effort collectif qui caractérise l’approche Loubavitch de la mission messianique.

À l’issue de cette nuit d’étude et de fraternité, les émissaires se sont séparés avec un sentiment renforcé d’unité et de détermination. Comme l’a souligné l’un des participants avant de se retirer : « Notre force réside dans notre capacité à agir ensemble, chacun dans son domaine mais tous unis par une vision commune. Le Rabbi nous a transmis le flambeau lors de cette ‘fameuse Si’ha’, et c’est à nous désormais de l’amener jusqu’à son but ultime – la rédemption complète par le Machia’h. »

Cette rencontre exceptionnelle témoigne une fois de plus de la vitalité du mouvement Loubavitch et de sa capacité à mobiliser ses forces vives autour des principes fondamentaux qui guident son action depuis des générations. À l’approche du 28 Nissan, les émissaires sont plus que jamais déterminés à poursuivre leur mission avec un enthousiasme renouvelé et une vision claire des objectifs à atteindre.

 

 

 

Conquérir Jéricho : Le secret pour atteindre la rédemption finale après Pessa’h

Conquérir Jéricho : Le secret pour atteindre la rédemption finale après Pessa’h

Nous venons de traverser la fête de Pessa’h, une période de libération spirituelle et corporelle. Maintenant que nous avons atteint ce sommet d’élévation, quelle est notre mission ? Ce moment unique après Pessa’h représente une étape cruciale dans notre cheminement spirituel, inspirée par l’histoire de la conquête de Jéricho.

 

 

Par le Rav Asher Farkash, Mashpia de la Yéchiva Loubavitch de Buenos Aires – Argentine.

La mission après Pessa’h

Nous avons traversé la fête de Pessa’h, et l’on se demande : que faire maintenant ? Quelle est notre mission ? Quel est notre rôle ?

Pessa’h est une fête de rédemption, une fête de liberté. Le « temps de notre liberté » comme nous le voyons dans nos prières – liberté du corps et liberté de l’âme. Cela commence les premiers jours de Pessa’h et atteint son apogée durant les derniers jours de la fête. Comme l’explique particulièrement la doctrine hassidique, le Baal Shem Tov a révélé que le septième jour de Pessa’h, le dernier jour de la fête, est le moment où brille la lumière du Messie.

Nous avons atteint le sommet, nous sommes arrivés au point le plus élevé et le plus sublime, et maintenant on se demande : quelle est notre tâche ? Notre mission est de nous libérer de l’exil, de sortir de l’exil vers la rédemption. C’est ce dont nous nous sommes occupés pendant tout Pessa’h.

L’histoire de la conquête de Jéricho

Maintenant, nous sommes après Pessa’h, et il nous reste encore une semaine entière dans le mois de Nissan. Souvent, lorsque nous cherchons à comprendre le rôle d’un Juif dans la vie, nous regardons les chroniques d’Israël. C’est là que nous pouvons découvrir et comprendre notre mission.

Il y a des événements connus et d’autres qui le sont moins. Tout le monde connaît Pessa’h, mais il y a aussi des choses moins connues qui ont des implications dans notre vie quotidienne.

Nous savons que dans la Torah, rien n’est dû au hasard. Chaque chose a sa signification. Dans le Midrach Seder Olam, écrit par Rabbi Yossi, il est écrit que la conquête de Jéricho a eu lieu dans la semaine qui a suivi Pessa’h. Les enfants d’Israël ont traversé le Jourdain avec Josué fils de Nun le 10 Nissan. Le lendemain, le 11 Nissan, Josué circoncit tout le peuple qui n’avait pas pu pratiquer la circoncision pendant 40 ans à cause du danger du désert.

Ils ont attendu quelques jours pour se rétablir, puis a commencé la fête de Pessa’h. Cette année-là, Pessa’h est tombé comme cette année, un dimanche. Ils ont célébré Pessa’h pendant une semaine entière. Le septième jour de Pessa’h était un Chabbat, et le lendemain, dimanche 22 Nissan, a commencé les sept jours décrits dans la Bible sur la conquête de Jéricho.

Pendant sept jours, les prêtres ont fait le tour des murailles de Jéricho, portant les Tables de l’Alliance et sonnant du shofar. Le septième jour, qui était un Chabbat, le 28 Nissan – comme cette année où le Chabbat Mevarkhim tombera le 28 Nissan – ce fut le jour où « la muraille s’écroula » et tous les grands miracles de la guerre de Jéricho se produisirent.

La signification spirituelle de Jéricho

Que nous enseigne la guerre de Jéricho ? Cette semaine tombe également l’anniversaire du décès (Hilloula) de Josué fils de Nun, celui qui a fait entrer le peuple d’Israël en Terre d’Israël et qui était « le chef des conquérants ». Son décès a eu lieu le 26 Nissan.

Comme Rachi nous rapporte du Midrash, Jéricho était « la serrure de la Terre d’Israël ». C’était l’endroit le plus stratégique pour conquérir toute la Terre d’Israël. Et dans le sens spirituel, Jéricho était une ville tellement importante que tous les rois avaient chacun un territoire à Jéricho.

Il est expliqué dans la doctrine hassidique que tout le sujet de la conquête de la Terre d’Israël parle aussi de la conquête spirituelle de la Terre d’Israël. Chaque Juif est en quelque sorte une Terre d’Israël. La Terre de Canaan doit être transformée en Terre d’Israël. « Terre » en hébreu (Eretz) vient du mot « désir » (Ratzon) et « courir » (Ratz). Chacun possède la force du désir qui doit être transformée des désirs matériels vers les désirs spirituels.

La transformation de nos désirs intérieurs

Il y a sept nations qui correspondent aux sept mauvais attributs qui existent dans l’âme. Chacun possède sept attributs, sept qualités que nous devons corriger : la force de l’amour, la crainte, la bonté, la rigueur, la beauté, la victoire, la gloire, le fondement, la royauté.

Mais pour réaliser cette conquête, il y a la question de Jéricho. Que symbolise le sujet de Jéricho ? Jéricho vient du mot « Réa’h » (parfum). Le parfum est lié à l’endroit le plus profond de l’âme et a un lien avec la force du plaisir. Le parfum a la force d’atteindre l’endroit le plus profond de l’âme, qui éveille la force du plaisir.

Le plaisir est l’endroit le plus intérieur de l’âme humaine. C’est pourquoi le Chabbat est appelé « Chabbat plaisir ». Quand une personne ressent un plaisir intérieur, un plaisir divin dans le service de D.ieu, tout son être s’y trouve.

En fait, le plaisir est le moteur de la volonté. Bien sûr, il y a le plaisir de l’âme animale et il y a le plaisir de l’âme divine. Notre tâche en tant que Juif est de découvrir le véritable plaisir. Le parfum éveille le plaisir. Nous voyons que lorsqu’une personne s’évanouit, l’une des façons de la réveiller est par un parfum fort.

Le pouvoir de la foi et de l’action

Il est intéressant de noter que dans le Zohar, il raconte qu’une fois des Tannaïm marchaient dans la rue et il y avait là un enfant qui leur dit : « Je sens à l’odeur de vos vêtements que vous n’avez pas récité le Chema Israël aujourd’hui. » En effet, ils n’avaient pas récité le Chema parce qu’ils étaient occupés par l’enterrement d’un mort. Il l’a senti à l’odeur de leurs vêtements.

Le parfum est d’une part la chose la plus profonde, mais d’autre part, il s’exprime dans les choses les plus extérieures – dans les vêtements. Les vêtements symbolisent les « revêtements de l’âme » : la pensée, la parole et l’action. Bien que les vêtements soient des choses extérieures, à travers le vêtement, on peut reconnaître la personne.

Pour conquérir Jéricho, pour conquérir notre âme, une personne doit exprimer son plaisir spirituel dans l’action concrète des Mitsvot. Les vêtements ont le pouvoir de changer la personne. Une personne, par l’extériorité, atteint l’intériorité. Par les « revêtements », elle atteint l’âme. L’accomplissement des Mitsvot de façon concrète, c’est là que s’opère le changement essentiel qui révélera le vrai plaisir que nous avons dans le Saint, béni soit-Il, dans la Torah et les Mitsvot.

Et c’est ce que la Bible nous raconte. Sept jours, le peuple d’Israël a marché autour de Jéricho. Chaque Juif est appelé « prêtre » – « Et vous serez pour Moi un royaume de prêtres et une nation sainte ». Quand les enfants d’Israël, après avoir mangé la foi en Terre d’Israël, ont fait le tour des murailles de Jéricho, ils ont marché ensemble avec l’Arche sainte et les prêtres, ce qui symbolise qu’une personne éveille en elle-même la force des « prêtres » qu’elle possède.

Alors, quand arrive le jour du Chabbat, jour entièrement de plaisir, « la muraille s’écroula ». Toute la muraille de Jéricho corrompue, Jéricho matérielle, Jéricho qui symbolise le plaisir du matériel et du physique, « la muraille s’écroula ». Et alors on peut conquérir Jéricho et par cela conquérir toute la Terre d’Israël et la transformer en Terre sainte.

De Josué fils de Nun, nous recevons la force qu’un Juif doit savoir qu’il a le pouvoir de conquérir. Il ne faut pas avoir peur des nations du monde et savoir que nous avons la capacité de conquérir Jéricho.

Comme nous parlons de la conquête dans l’âme, alors certainement en ces jours du mois de Nissan, « En Nissan, ils ont été délivrés, en Nissan ils seront délivrés dans le futur ». Cette semaine est donc une semaine de faveur divine pour agir, pour qu’il en soit comme il y a environ 3300 ans, quand il y eut la conquête de Jéricho pour la première fois, et on vit des miracles et des prodiges.

De la même manière, nous mériterons aussi que cette année « la muraille s’écroule », que toutes les choses indésirables, qu’il y ait la chute de tout le mal dans le monde et qu’il y ait la victoire de la sainteté. Et nous mériterons de conquérir la Terre d’Israël, la Terre sainte, qui sera le lieu que le Saint, béni soit-Il, a choisi – « une terre sur laquelle les yeux de l’Éternel ton D.ieu sont constamment fixés, du commencement de l’année jusqu’à la fin de l’année ». Que nous méritions la rédemption complète, immédiatement, maintenant. Amen, que ce soit Sa volonté.

 

 

Une délégation de Rabbanim Loubavitch présente ses condoléances à la famille du Rav Meïr Mazouz Zal

Une délégation de Rabbanim Loubavitch présente ses condoléances à la famille du Rav Meïr Mazouz Zal

Une visite empreinte d’émotion et de respect marque la solidarité entre deux grandes familles du judaïsme contemporain. Les représentants du mouvement Loubavitch ont partagé des moments privilégiés avec le Rav Tsemah Mazouz, frère et successeur du défunt. Cette rencontre s’inscrit dans une longue tradition de relations cordiales entre la dynastie Mazouz et le mouvement Habad-Loubavitch.

Ce matin, une délégation du tribunal rabbinique Habad-Loubavitch de Terre Sainte s’est rendue au domicile de la famille Mazouz à Bnei Brak pour présenter ses condoléances. Les Rabbanim ont eu un long entretien avec le Rav Tsemah Mazouz, frère et successeur du Rav Meir Mazouz, récemment décédé.

Durant cette visite de consolation traditionnelle, les membres du Beth Din ont offert à la famille endeuillée un exemplaire de l’hebdomadaire « Kfar Habad », qui a consacré près de la moitié de son numéro à la personnalité du Rav Meïr Mazouz. La rencontre a été l’occasion d’évoquer les souvenirs chaleureux et les liens de longue date unissant la famille Mazouz au mouvement Loubavitch et à ses émissaires.

La délégation, composée de figures éminentes du judaïsme hassidique, a témoigné par sa présence de l’immense respect que suscitait le Rav Meir Mazouz bien au-delà de sa propre communauté. Pendant cet échange qui a duré plus d’une heure, les Rabbanim ont partagé des anecdotes et des enseignements du défunt, soulignant sa sagesse et son influence considérable sur le judaïsme contemporain.

« Cette visite symbolise l’unité du peuple juif dans les moments difficiles », a déclaré l’un des membres de la délégation. « Le Rav Mazouz était un phare de sagesse dont la lumière rayonnait pour tous, indépendamment des différences d’approche. »

Le Rav Tsemah Mazouz, visiblement touché par cette marque de respect, a remercié chaleureusement les visiteurs pour leur démarche. « Mon frère avait beaucoup d’estime pour le travail des émissaires Loubavitch à travers le monde », a-t-il confié. « Il appréciait particulièrement leur dévouement à rapprocher chaque juif de ses racines. »

L’hebdomadaire « Kfar Habad », véritable institution dans le monde hassidique, a fait un geste remarqué en consacrant une place importante au portrait du Rav Mazouz. Ce numéro spécial retrace le parcours exceptionnel du défunt, depuis ses années d’études jusqu’à son rôle prépondérant à la tête de l’une des plus importantes yeshivot séfarades d’Israël.

« Nous avons voulu honorer la mémoire d’un géant de la Torah dont l’influence dépassait largement le cadre de sa propre communauté », a expliqué le rédacteur en chef de la publication. « Les relations entre nos communautés ont toujours été marquées par un respect mutuel et une reconnaissance de nos valeurs communes. »

Durant l’entretien, plusieurs souvenirs ont été évoqués concernant les rencontres passées entre le Rav Mazouz et des figures emblématiques du mouvement Loubavitch. Des photographies d’archives, certaines jamais publiées auparavant, témoignent de ces moments privilégiés où des érudits de traditions différentes échangeaient sur des questions de halakha et de philosophie juive.

La famille Mazouz a également partagé quelques anecdotes peu connues sur les collaborations discrètes entre le Rav et divers émissaires Loubavitch œuvrant en Afrique du Nord, région d’origine de la famille Mazouz. Ces collaborations avaient notamment permis de préserver des manuscrits précieux et de soutenir des communautés juives isolées.

« Notre père nous racontait souvent comment les émissaires Loubavitch l’avaient aidé à sauvegarder des textes anciens lors de périodes troublées », a révélé l’un des fils. « Cette solidarité transcendait toutes les différences d’approche ou de coutumes. »

Le Grand Rabbin Its’hak Yossef, qui avait déjà présenté ses condoléances quelques jours plus tôt, avait lui aussi souligné l’importance du dialogue intercommunitaire que le Rav Mazouz avait toujours encouragé. « Son approche unificatrice nous manquera cruellement », avait-il déclaré.

La délégation du Beth Din Loubavitch a également transmis des messages de condoléances venus du monde entier, témoignant de l’aura internationale du Rav Meïr Mazouz. Des communautés de New York à Melbourne, en passant par Paris et Jérusalem, ont tenu à exprimer leur tristesse et leur solidarité.

Cette visite s’inscrit dans la tradition juive du « nihoum avelim » (consolation des endeuillés), un commandement considéré comme particulièrement important dans la tradition. Au-delà de l’aspect rituel, cette rencontre a permis de renforcer les liens entre deux courants majeurs du judaïsme contemporain, à un moment où l’unité est plus que jamais nécessaire.

Avant de prendre congé, les Rabbanim ont récité ensemble une prière pour l’élévation de l’âme du défunt et pour la consolation de sa famille. Ils ont également évoqué la continuité de son œuvre à travers ses nombreux disciples et les institutions qu’il a fondées.

Le Rav Tsemah Mazouz, désormais chargé de poursuivre l’héritage spirituel de son frère, a assuré que le dialogue avec toutes les composantes du judaïsme resterait une priorité, fidèle en cela à la vision du défunt.

Cet événement, largement couvert par la presse communautaire, témoigne de l’impact considérable qu’avait le Rav Meir Mazouz sur l’ensemble du monde juif, bien au-delà des clivages traditionnels. Sa disparition laisse un vide immense, mais les nombreux témoignages de respect comme celui de la délégation Loubavitch montrent combien son héritage continuera de rayonner jusqu’à la venue imminente du Machia’h.