Une rencontre historique entre le Rav Levi Its’hak Duchman et le président des Émirats Arabes Unis

Une rencontre historique entre le Rav Levi Its’hak Duchman et le président des Émirats Arabes Unis

 

Le Grand Rabbin et émissaire Habad aux Émirats Arabes Unis a été reçu en grande pompe par Mohammed ben Zayed. Cette audience exceptionnelle réunit hauts responsables gouvernementaux, héritiers de la couronne et dignitaires religieux. L’événement symbolise l’approfondissement des relations entre la communauté juive et les autorités émiriennes.

Un dialogue interreligieux au plus haut niveau

Le Rav Levi Its’hak Duchman, figure emblématique du mouvement Habad aux Émirats Arabes Unis, a participé à une réception officielle organisée par le président Mohammed ben Zayed. Cette rencontre s’inscrit dans la continuité des efforts diplomatiques visant à renforcer les ponts entre les différentes communautés religieuses de la région.

La présence simultanée de hauts responsables gouvernementaux, d’héritiers de la couronne et de représentants de diverses confessions témoigne de l’importance accordée par les autorités émiriennes au dialogue interreligieux. « Cette réception illustre parfaitement la vision d’ouverture et de tolérance portée par les Émirats », souligne un proche du dossier.

L’expansion du mouvement Habad dans le Golfe

Depuis l’établissement des relations diplomatiques entre Israël et les Émirats Arabes Unis, la communauté juive connaît un développement remarquable dans cette région du Golfe. Le Rav Duchman, en tant qu’émissaire Habad, joue un rôle central dans l’organisation de la vie religieuse juive locale.

Les initiatives menées sous sa direction incluent l’installation de Mezouzot dans les foyers juifs, l’organisation d’offices religieux réguliers et la mise en place de programmes éducatifs. « Notre mission consiste à offrir aux Juifs résidant aux Émirats tous les services religieux nécessaires à la pratique de leur foi », explique-t-il régulièrement.

Des relations bilatérales en constante évolution

Cette audience présidentielle s’inscrit dans un contexte d’approfondissement continu des relations entre Israël et les Émirats Arabes Unis. Les accords d’Abraham, signés en 2020, ont ouvert la voie à une coopération inédite dans de nombreux domaines, incluant les questions religieuses et culturelles.

Les autorités émiriennes affichent leur volonté de faire de leur pays un modèle de coexistence pacifique entre les différentes communautés. Cette approche se traduit par la reconnaissance officielle des institutions religieuses juives et le soutien apporté à leurs activités.

Perspectives d’avenir pour la communauté juive

L’accueil réservé au Grand Rabbin Duchman augure favorablement de l’avenir de la communauté juive aux Émirats Arabes Unis. Les projets en cours incluent la construction d’une synagogue permanente et le développement de programmes éducatifs destinés aux familles juives installées dans la région.

« Cette réception démontre que nous sommes véritablement les bienvenus ici », confie un membre de la communauté présent lors de l’événement. Les perspectives d’expansion des activités Habad dans l’ensemble de la région du Golfe s’en trouvent considérablement renforcées.

Cette rencontre historique entre le Rav Levi Its’hak Duchman et le président Mohammed ben Zayed marque une étape significative dans l’histoire des relations judéo-arabes contemporaines, ouvrant de nouvelles perspectives pour le développement de la vie juive dans cette région stratégique du Moyen-Orient.

 

Un pionnier de l’implantation juive dans le Golfe

Le Rav Levi Duchman s’est installé aux Émirats Arabes Unis en 2014, bien avant la signature des accords d’Abraham. Né en 1992, ce jeune religieux a immédiatement entrepris de structurer la vie juive locale, créant des institutions durables pour accueillir la communauté naissante.

Fils du Rav Shalom Duchman, directeur du Colel Habad, il maîtrise cinq langues dont l’arabe et le français. Cette polyglottie lui permet d’établir des ponts naturels avec les autorités locales et les différentes communautés présentes aux Émirats. « Son approche multiculturelle facilite grandement les échanges interreligieux », confie un proche du dossier.

En 2019, suite aux accords d’Abraham, les dirigeants émiriens ont officiellement reconnu la communauté juive locale. Le Rav Duchman a alors reçu la première licence rabbinique du pays, portant symboliquement le numéro 001, consacrant son rôle de précurseur.

La révolution de la Cacherout aux Émirats

L’une des réalisations majeures du Rav Duchman concerne l’établissement de la certification Cacher officielle des Émirats. Il a fondé l’Emirates Agency for Kosher Certification (EAKC), première entité légale autorisée par les autorités émiriennes pour superviser le respect des lois alimentaires juives.

Cette certification permet aujourd’hui de fournir mille poulets Cacher certifiés chaque semaine à la communauté locale grâce à la che’hita sur place. L’Armani/Kaf, premier restaurant Glatt Cacher du pays, a ouvert ses portes dans le prestigieux Burj Khalifa de Dubaï sous supervision EAKC.

Le Rav Duchman certifie désormais des abattoirs et fournit des produits Cacher aux restaurants, hôtels et usines alimentaires. En mai 2020, la communauté a reçu la plus importante livraison de viande Cacher de son histoire. Il a même assisté l’équipe de Mohammed ben Zayed pour organiser des repas Cacher lors d’une rencontre avec Yaïr Lapid.

Un mariage historique et des tragédies personnelles

En septembre 2022, le Rav Duchman a épousé Lea Hadad, femme belge d’origine juive marocaine, dans ce qui est devenu le plus grand événement juif de l’histoire émirienne. Quelque 1500 invités ont assisté à cette célébration, incluant des personnalités émiriennes influentes et plus de vingt ambassadeurs étrangers.

Cette cérémonie a démontré l’acceptation totale de la communauté juive par la société émirienne. « Ce mariage symbolise parfaitement l’intégration réussie des Juifs aux Émirats », témoigne un participant à l’événement.

Cependant, en 2024, la famille Duchman a été frappée par la tragédie avec l’assassinat de Zvi Kogan, beau-frère du Rav, dans ce qui pourrait constituer une attaque antisémite. Cette perte douloureuse rappelle les défis sécuritaires auxquels font face les communautés juives dans la région.

Rayonnement régional et reconnaissance officielle

Le Rav Duchman siège au conseil exécutif de l’Alliance des Rabbanim dans les États islamiques, étendant son influence bien au-delà des Émirats. Il a visité de nombreux pays arabes, notamment le Koweït, Bahreïn et Oman, tissant des liens avec les communautés juives régionales.

Il a eu l’honneur d’apposer la Mezouza sur l’ambassade israélo-émirienne d’Abu Dhabi, geste symbolique fort. En mai 2022, le président Sheikh Mohammed ben Zayed Al Nahyan l’a invité au Palais présidentiel pour présenter les condoléances de la communauté juive mondiale lors du décès de Sheikh Khalifa ben Zayed Al Nahyan.

Son frère Mendel officie comme cho’het à Al-Aïn et dirige la communauté juive du centre-ville de Dubaï, illustrant l’expansion familiale dans la région. Ensemble, ils ont bâti un réseau institutionnel complet offrant services religieux, éducation juive, networking professionnel et accompagnement à l’installation pour les nouveaux arrivants.

 

Ukraine : Un soldat juif d’Odessa tombe au combat : la communauté Habad en deuil

Ukraine : Un soldat juif d’Odessa tombe au combat : la communauté Habad en deuil

La communauté juive d’Odessa pleure la mort de Tsvi Hirsh Zavirgazda, ancien élève des institutions juives locales et combattant du 34e bataillon de l’armée ukrainienne. Ce jeune homme, qui avait grandi au sein de la communauté Habad de la ville portuaire, est tombé au service de sa patrie. Le Rav Avraham Wolf, dirigeant spirituel d’Odessa et du sud de l’Ukraine, a rendu un hommage émouvant à ce « combattant de la liberté et juif fier ».

Un parcours ancré dans la tradition juive

Tsvi Hirsh Zavirgazda, également connu sous le prénom de Grigori, était profondément enraciné dans la vie communautaire juive d’Odessa. Diplômé de l’école juive « Or Avner – Habad », il avait passé ses années de formation au cœur de cette institution qui forme la jeunesse juive locale aux valeurs traditionnelles et à l’identité juive.

Sa vie personnelle et familiale était intimement liée aux activités de la communauté, témoignant d’un engagement constant envers ses racines et sa foi. Cette éducation traditionnelle a forgé son caractère et ses valeurs, l’accompagnant jusqu’à son engagement militaire.

L’hommage du dirigeant spirituel de la communauté

Le Rav Avraham Wolf, figure respectée des Rabbanim d’Ukraine, a exprimé sa profonde tristesse face à cette perte. « Il était un enfant qui a grandi parmi nous – dans la communauté juive », a-t-il déclaré avec émotion. « Un enfant qui vivait une vie de tradition et de communauté, et qui est parti défendre de son corps sa terre et ses frères. »

Le dirigeant spirituel a particulièrement souligné le caractère exemplaire du sacrifice de Tsvi Hirsh : « Il a donné sa vie avec un véritable dévouement – comme combattant de la liberté et comme juif fier ». Ces mots reflètent la dimension à la fois patriotique et spirituelle de l’engagement du jeune soldat.

Une communauté unie dans le deuil et la prière

Face à cette tragédie, toute la communauté juive d’Odessa s’est mobilisée pour soutenir la famille endeuillée. Le Rav Wolf a exprimé l’espoir que « les actes de bravoure de Tsvi Hirsh soient une lumière éternelle pour ses enfants, sa famille et toute notre communauté ».

La formule traditionnelle « Que son âme soit liée dans le faisceau des vivants » a résonné dans les prières communautaires. Cette expression hébraïque, qui accompagne le deuil juif, témoigne de la croyance en la pérennité de l’âme et en la réunion avec D.ieu.

Un symbole du sacrifice de la jeunesse ukrainienne

La mort de Tsvi Hirsh Zavirgazda s’inscrit dans le contexte plus large du conflit ukrainien, où de nombreux jeunes citoyens ont répondu à l’appel de la défense nationale. Son parcours illustre particulièrement la participation active des minorités religieuses au combat pour l’indépendance de l’Ukraine.

Le Rav Wolf a conclu son hommage en soulignant l’accompagnement de la communauté : « Toute la communauté est en deuil et prie pour l’élévation de son âme, et embrasse les membres de sa famille en cette heure difficile ». Cette solidarité communautaire témoigne des liens profonds qui unissent les membres de la communauté Habad d’Odessa, même dans les moments les plus éprouvants.

Dimanche 15 juin 2025 : La famille Brami offre un nouveau Sefer Torah à la communauté de Créteil

Dimanche 15 juin 2025 : La famille Brami offre un nouveau Sefer Torah à la communauté de Créteil

Le dimanche 15 juin 2025 (19 Sivan 5785), la communauté juive de Créteil vivra un moment exceptionnel avec l’inauguration d’un nouveau Sefer Torah offert par la famille Brami à la mémoire de leur mère, Mme Rahel bat Chalom Brami ע »ה. Cette journée mémorable, organisée en trois temps forts, rassemblera près de 150 personnes pour célébrer cet événement spirituel majeur au centre communautaire de Créteil, rue du 8 mai 1945. L’événement promet d’allier tradition religieuse et festivités communautaires dans une atmosphère de joie partagée et de mémoire familiale.

Un don familial chargé d’émotion et de spiritualité

Cette inauguration revêt une dimension particulièrement émouvante puisqu’elle s’inscrit dans une démarche de mémoire familiale. La famille Brami a choisi d’honorer la mémoire de leur mère, Mme Rahel bat Chalom Brami ע »ה, en offrant ce Sefer Torah à la communauté. Ce geste généreux illustre parfaitement l’esprit de transmission et de perpétuation de la tradition juive, transformant le deuil en acte spirituel constructif pour l’ensemble de la communauté. L’achèvement de ce rouleau sacré représente ainsi bien plus qu’un simple ajout au patrimoine religieux local : il constitue un véritable pont entre les générations et un témoignage vivant de l’attachement aux valeurs ancestrales.

Une célébration débutant au centre communautaire

La cérémonie d’inauguration débutera à 14h00 au centre communautaire de Créteil, situé rue du 8 mai 1945, où un repas sur table attend les participants. Cette première étape permettra aux membres de la communauté d’assister à la vente des dernières lettres du Sefer Torah, tradition permettant à chacun de participer symboliquement à l’achèvement de l’ouvrage sacré. L’accompagnement musical viendra ponctuer cette cérémonie solennelle, créant une ambiance propice au recueillement et à la célébration. Les organisateurs ont prévu tous les détails pour que cette journée soit mémorable, avec Dr Brami disponible au 06 09 02 17 81 pour tous renseignements complémentaires.

Une procession solennelle vers le Beth Habad

Après les festivités du centre communautaire, la communauté s’organisera pour une procession exceptionnelle qui marquera le transfert du Sefer Torah vers sa destination finale au Beth Habad de Créteil, situé au 21 rue des Refugniks. Cette marche solennelle, accompagnée de chants et de prières, permettra à l’ensemble des participants de escorter dignement le rouleau sacré vers sa nouvelle demeure spirituelle. La procession témoignera du respect et de la vénération portés au Sefer Torah, considéré comme l’un des objets les plus sacrés du judaïsme, tout en offrant un moment de communion communautaire unique dans les rues de Créteil.

Des Hakafot et une grande réunion hassidique

L’arrivée au Beth Habad donnera lieu aux traditionnelles Hakafot, ces danses joyeuses autour du Sefer Torah qui marquent les grandes célébrations dans la tradition juive. Ces danses rituelles, accompagnées de chants hassidiques, permettront à toute la communauté d’exprimer sa joie et sa gratitude pour ce don précieux. La soirée se poursuivra avec une grande réunion hassidique, moment privilégié d’étude et de partage spirituel conforme aux traditions du mouvement Habad-Loubavitch. Cette célébration s’inscrit parfaitement dans l’esprit du mouvement, alliant joie spirituelle, étude de la Torah et renforcement des liens communautaires autour de valeurs partagées et de l’héritage laissé par Mme Rahel bat Chalom Brami ע »ה.

Reïch Lakish : l’extraordinaire métamorphose du gladiateur devenu géant du Talmud

Reïch Lakish : l’extraordinaire métamorphose du gladiateur devenu géant du Talmud

L’histoire de Rabbi Chimon Ben Lakich illustre l’une des transformations les plus saisissantes de l’histoire juive. Ce colosse du IIIe siècle abandonna les arènes sanglantes et la vie de brigand pour devenir l’un des plus grands sages du Talmud. Son alliance intellectuelle avec Rabbi Yohanan marqua l’apogée de l’époque talmudique et démontre que la repentance peut transformer même les erreurs passées en mérites. Son parcours exceptionnel continue d’inspirer près de deux millénaires après sa disparition.

Du savoir sacré aux arènes sanglantes : un parcours tragique dans l’ombre de Rome

Reïch Lakish grandit en terre d’Israël, probablement à Tibériade, dans un environnement propice à l’étude de la Torah. Sa jeunesse fut consacrée à l’apprentissage des textes sacrés auprès des principaux sages de sa génération, bénéficiant d’une éducation rabbinique de premier plan. Cette formation solide lui donna les bases intellectuelles qui resurgiront plus tard de manière éclatante.

Pourtant, les circonstances historiques bouleversèrent tragiquement son destin. Le IIIe siècle constituait une période particulièrement sombre pour les Juifs en terre d’Israël. L’Empire romain, dans sa volonté d’affaiblir définitivement la résistance juive après les révoltes de Bar Kokhba, imposait des décrets impitoyables. Les autorités menaient une campagne systématique visant à expulser les agriculteurs juifs de leurs terres ancestrales, leur infligeant un fardeau fiscal délibérément oppressant pour les contraindre à l’exode.

Cette pression économique insoutenable força de nombreux Juifs à abandonner leurs traditions pour survivre. Contraint de chercher d’autres sources de revenus, Reïch Lakish, doté d’une force physique immense et exceptionnelle, se tourna vers l’une des professions les plus dangereuses mais aussi les plus lucratives de l’époque : gladiateur. Cette activité, considérée comme particulièrement méprisée dans la société juive car associée à l’idolâtrie romaine et à l’effusion de sang, l’éloigna définitivement de ses racines spirituelles.

Les gladiateurs menaient une existence précaire et brutale. Sachant qu’ils allaient probablement mourir dans ces arènes cruelles, la plupart d’entre eux vivaient intensément l’instant présent. L’effusion de sang, la violence et l’anarchie faisaient partie de leur quotidien. En peu de temps, Reïch Lakish devint un gladiateur célèbre dans les amphithéâtres de Césarée et d’autres villes de l’empire. Contrairement à la plupart de ses pairs qui périssaient rapidement, il survécut, témoignant de capacités guerrières exceptionnelles.

Selon certaines sources talmudiques, il vécut également dans le désert où il dirigeait une bande de criminels, survivant comme hors-la-loi dans les montagnes de Judée. Le Midrash Pirkei D’Rabbi Eliezer rapporte que « lui et ses compagnons vivaient dans les montagnes et volaient tous ceux qui croisaient leur chemin ». Cette période sombre, marquée par la violence et le banditisme, semblait définitivement sceller son destin loin de la Torah et des valeurs de ses ancêtres.

La rencontre providentielle : quand la beauté spirituelle reconnaît la force cachée

Le tournant décisif survint lors d’une rencontre fortuite avec Rabbi Yohanan bar Nafha au bord du Jourdain, événement qui changea non seulement leurs vies mais l’histoire même du Talmud. Le Talmud babylonien relate cette scène mémorable avec une précision remarquable : Rabbi Yohanan, né à Tzippori en Galilée et célèbre dans tout le monde juif pour sa beauté physique exceptionnelle et l’absence de barbe sur son visage, se baignait paisiblement dans les eaux du fleuve sacré.

Reïch Lakish, l’apercevant de loin dans cette posture, le prit pour une femme en raison de son apparence délicate et juvénile. Attiré par cette beauté, il se jeta impétueusement dans l’eau, découvrant avec surprise qu’il s’agissait d’un homme. Cette méprise initiale, loin d’être anecdotique, révèle la puissance magnétique de la beauté spirituelle qui émane des grands tsadikim.

Rabbi Yohanan, loin d’être intimidé par cette apparition soudaine et menaçante, fut au contraire impressionné par la force physique extraordinaire du gladiateur. Avec la perspicacité mystique qui caractérise les grands sages, il perçut immédiatement le potentiel spirituel caché sous l’apparence du combattant. Il lui lança alors cette phrase prophétique qui changea le cours de l’histoire : « Votre force devrait être consacrée à la Torah. » Cette interpellation révèle la capacité remarquable du sage à discerner l’âme pure sous les couches de violence et de corruption extérieures.

Reïch Lakish, avec l’audace et la franchise qui le caractérisaient, rétorqua sans se laisser impressionner : « Votre beauté devrait être dédiée aux femmes. » Cette répartie, loin d’offenser le maître, révéla au contraire l’intelligence vive et l’esprit libre du gladiateur. Rabbi Yohanan y reconnut les qualités d’un futur géant de la Torah : l’indépendance d’esprit, le courage intellectuel et la capacité à défier même les autorités les plus respectées.

Comprenant l’importance de ce moment providentiel, Rabbi Yohanan proposa alors un accord qui transformerait leurs vies à jamais : il donnerait sa sœur, aussi belle que lui, en mariage au gladiateur si ce dernier acceptait de retourner au judaïsme et de consacrer entièrement son énergie à l’étude de la Torah. Cette proposition scellait une alliance entre la beauté spirituelle et la force physique, entre la sagesse acquise et le potentiel brut. Reïch Lakish accepta sans hésitation, épousant la sœur du sage et abandonnant définitivement les arènes pour retrouver le chemin de ses ancêtres.

L’émergence d’un géant intellectuel : quand la force devient sagesse transcendante

Le retour de Reïch Lakish au Beth Midrach révéla rapidement que les soupçons de Rabbi Yohanan étaient fondés. Son extraordinaire puissance physique s’avérait être la manifestation extérieure de sa force spirituelle et intellectuelle latente. Avec son talent immense, son énergie inépuisable et une diligence qui stupéfiait ses contemporains, il acquit rapidement une connaissance si complète des lois de la Torah qu’il se retrouva sur un pied d’égalité avec son maître Rabbi Yohanan.

Il devint rapidement l’un des principaux érudits du Beth Midrach de Tibériade, alors centre juif le plus important du monde, où se réunissaient les plus grands sages de leur génération. Sa transformation spectaculaire confirmait l’enseignement qu’il formula lui-même plus tard : « Une personne ne commet une transgression que si un esprit de folie la pénètre. » Son essence profonde, celle d’un géant de la Torah, n’avait jamais été altérée par ses égarements extérieurs.

La complémentarité entre les deux hommes devint légendaire dans le monde talmudique. Le Talmud de Jérusalem les désigne explicitement comme « les deux grandes autorités » et « deux des grands hommes du monde ». Leur méthode d’étude révolutionna l’approche talmudique : Reïch Lakish était généralement celui qui soulevait objections et défis, remettant en question pratiquement tout ce que disait Rabbi Yohanan. Cette dialectique créatrice, loin d’être destructrice, visait à clarifier et approfondir chaque question.

Comme l’explique avec admiration le sage Oula : « Quand il discutait de sujets halakhiques, c’était comme s’il arrachait les montagnes par les racines et les frottait les unes contre les autres. » Cette métaphore saisissante illustre la puissance intellectuelle dévastatrice de Reïch Lakish dans l’analyse talmudique. Personne ne l’égalait en termes de diligence et d’empressement à étudier la Torah. Sa force physique s’était entièrement muée en force spirituelle.

Une anecdote révélatrice du Talmud de Jérusalem illustre parfaitement leur interdépendance intellectuelle et l’intrépidité légendaire de l’ancien gladiateur. Lors d’une séance d’étude sur les lois relatives au Nasi – chef spirituel du peuple et président du Sanhédrin – qui commet une transgression, Reïch Lakish demanda audacieusement : « Si un Nasi a commis un péché, peut-il être fouetté ? » Recevant une réponse affirmative, il poursuivit : « Si un Nasi a été fouetté, peut-il être remis à son poste ? » La réponse négative s’appuyait sur la crainte qu’il n’exécute ses juges par vengeance.

Lorsque Rabbi Yehouda Nasi, petit-fils du célèbre Rabbi Yehouda HaNasi auteur de la Michna, entendit parler de cette discussion, il se sentit personnellement insulté et ordonna l’arrestation de Reïch Lakish. Averti qu’il serait arrêté, ce dernier s’enfuit du Beth Midrach, refusant de se soumettre à une autorité qu’il jugeait abusive. Le lendemain, lorsque Rabbi Yehouda Nasi demanda à Rabbi Yohanan de prononcer un enseignement de Torah, celui-ci tenta d’applaudir d’une seule main, démontrant symboliquement qu’il était incapable d’exprimer ses idées sans son partenaire d’étude.

Cette démonstration muette mais éloquente convainquit le Nasi de l’erreur de son jugement. Non seulement il permit le retour de Reïch Lakish, mais il alla personnellement le chercher pour le ramener. Touché par cette humilité inattendue, Reïch Lakish lui déclara : « Tu as agi de la même manière que D.ieu. Au lieu de m’envoyer un messager, vous êtes venu en personne. » Cependant, quand le Nasi lui demanda pourquoi il avait posé des questions si offensantes, Reïch Lakish répondit avec une fermeté inébranlable : « Pensiez-vous vraiment que j’arrêterais d’enseigner les vérités de la Torah par peur de vous ? »

La force au service de la vérité : de l’épée à la sagesse, l’alchimie de la repentance parfaite

L’ancien hors-la-loi devint paradoxalement le plus grand symbole d’honnêteté et d’intégrité de toute la littérature talmudique. Il évitait scrupuleusement de s’associer avec quiconque dont il n’était pas entièrement convaincu de la probité, refusant de parler en public avec des personnes au caractère ou à la fiabilité douteuse. Le Talmud enseigne que toute personne à qui Reïch Lakish parlait dans la rue pouvait recevoir un prêt sans avoir besoin de garants, tant sa recommandation implicite était considérée comme une garantie absolue de moralité.

Cette transformation morale radicale s’accompagnait d’une conservation remarquable de ses capacités physiques, qu’il mit désormais au service de causes nobles. Il conserva son courage légendaire et ses prouesses guerrières pour protéger les innocents et défendre la justice. Un récit saisissant du Talmud de Jérusalem illustre cette alchimie extraordinaire entre son passé de combattant et sa nouvelle vocation spirituelle.

Lorsque Rabbi Imi fut capturé par une bande de criminels, Rabbi Yohanan, malgré sa grandeur spirituelle, déclara avec un réalisme amer : « Enveloppez le mort dans son linceul », considérant la situation comme désespérée. Mais Reïch Lakish, faisant appel à toute son expérience d’ancien gladiateur et de chef de brigands, affirma avec détermination : « Je vais tuer ou être tué pour le libérer. J’irai le ramener avec mes forces. » Grâce à sa force physique exceptionnelle, sa maîtrise parfaite de l’épée et son expérience intime dans la lutte contre les criminels, il parvint à négocier efficacement la libération de son collègue.

Cette action héroïque symbolise parfaitement le concept talmudique de « techouva motivée par l’amour de D.ieu » : une transformation spirituelle si complète et authentique que les péchés passés se transforment rétroactivement en mérites. L’ancien gladiateur put sauver une vie précisément grâce aux compétences acquises dans son passé criminel. S’il n’avait jamais appris à manier l’épée, s’il n’avait jamais connu la mentalité et les méthodes des criminels, Rabbi Imi n’aurait jamais été libéré.

Cette expérience profondément transformatrice permit à Reïch Lakish de formuler l’un des enseignements les plus révolutionnaires du Talmud : « La repentance découlant de l’amour de D.ieu est si grande que les péchés prémédités sont jugés comme s’ils étaient des mérites. » Cette déclaration ne provient pas d’une spéculation théorique mais de son vécu le plus intime, de sa compréhension personnelle du processus de transformation spirituelle.

On peut imaginer les pensées qui rabaissèrent l’esprit de Reïch Lakish cette nuit-là, seul dans le Beth Midrach après avoir sauvé Rabbi Imi. Son maître Rabbi Yohanan, sans doute le plus grand sage de son temps, avait abandonné le prisonnier pour mort, n’ayant aucune aptitude à affronter les bandits. Lui seul, grâce à son passé apparemment honteux, avait pu accomplir cet acte de sauvetage. Ses péchés passés étaient devenus, dans ce contexte nouveau, la base de son plus grand mérite : sauver une vie humaine.

La dialectique de la vérité : deux géants dans l’arène intellectuelle

La relation entre Reïch Lakish et Rabbi Yohanan transcendait le simple rapport maître-disciple pour devenir un partenariat intellectuel d’une richesse inégalée. Bien que Reïch Lakish ait acquis l’essentiel de ses connaissances auprès de Rabbi Yohanan, il étudia également avec d’autres sages, développant sa propre approche méthodologique et ses idées originales. Il n’était pas dans l’ombre de son illustre beau-frère mais brillait de sa propre lumière.

Dans leurs discussions talmudiques, Reïch Lakish jouait généralement le rôle de l’opposant systématique, soulevant des objections et des défis à chaque affirmation de Rabbi Yohanan. Cette méthode dialectique ne visait jamais à établir qui avait raison, mais à parvenir ensemble à une compréhension plus profonde et plus fondée de chaque question. Quiconque étudie leurs discussions dans le Talmud pourrait croire qu’ils étaient en désaccord sur tout, alors qu’en réalité ils collaboraient dans une recherche commune de la vérité.

Leur complémentarité était si parfaite que Rabbi Yohanan reconnaissait ouvertement sa dépendance intellectuelle vis-à-vis de son partenaire. Comme il l’expliqua plus tard à Rabbi Elazar ben Pedat : « Lorsque j’adoptais une loi, il soulevait 24 objections et je lui donnais 24 réponses, puis nous parvenions à une compréhension complète de cette loi. » Cette méthode révolutionnaire, mêlant rigueur analytique et passion spirituelle, influença profondément toutes les générations suivantes de Rabbanim.

Malgré le leadership naturel et la personnalité dominante de Rabbi Yohanan, Reïch Lakish maintenait une position totalement indépendante. Dans les diverses disputes entre eux, la halakha était généralement déterminée selon Rabbi Yohanan, ce que Reïch Lakish acceptait volontiers, reconnaissant la supériorité de son maître. Cependant, sur plusieurs questions importantes, la halakha fut établie selon ses vues, et parfois sa logique implacable forçait même Rabbi Yohanan à abandonner son opinion initiale.

Cette indépendance intellectuelle reflétait la personnalité unique de Reïch Lakish : un mélange remarquable de bienveillance et d’humilité personnelles d’une part, et de génie idéologique, voire d’extrémisme principiel d’autre part. Sur le plan personnel, il ne se mettait jamais en colère contre quiconque. Mais en matière de Torah et de principes, il ne favorisait personne – pas même les dirigeants les plus puissants de son époque. Ses enseignements contenaient des déclarations courageuses non seulement à l’égard des masses, mais aussi à l’égard des autorités établies.

La fin tragique : quand les mots détruisent ce que l’amour avait construit

Tragiquement, cette amitié exceptionnelle et cette collaboration intellectuelle légendaire connurent une fin dramatique qui marqua la fin de toute une époque. Le Talmud rapporte avec une précision douloureuse comment un seul mot malheureux détruisit des décennies de complicité et d’amour mutuel.

Un jour, les deux maîtres débattaient à quel stade de leur production les armes – épées, couteaux ou lances – devaient être considérées comme achevées et donc susceptibles de devenir rituellement impures. Au cours de cette discussion technique complexe, Rabbi Yohanan, peut-être dans un moment de légèreté ou de plaisanterie malheureuse, déclara qu’un « voleur » comprenait naturellement son métier et connaissait mieux que quiconque les armes et les outils de son domaine, faisant ainsi allusion au passé de son beau-frère.

Cette remarque, apparemment anodine, frappa Reïch Lakish comme un coup de poignard au cœur. Profondément offensé que Rabbi Yohanan évoque publiquement son passé après tant d’années de transformation et de respectabilité, il rétorqua avec une amertume qui révélait la profondeur de sa blessure : « Si tel est le cas, en quoi m’avez-vous amélioré en me faisant étudier la Torah ? Avant, parmi les gladiateurs, on m’appelait Maître, et maintenant, ici, on m’appelle Maître ! » Cette réponse suggérait que son statut n’avait pas fondamentalement changé, remettant en question la valeur même de sa transformation.

Rabbi Yohanan, choqué par cette apparente ingratitude et par la remise en cause de son rôle salvateur, demanda avec stupéfaction : « Ne vous suffit-il pas que je vous ai amené sous la protection des ailes de la Chekhina, de la Présence Divine ? » Cette réponse révélait à quel point il était blessé par l’incompréhension de son beau-frère, qui semblait ne pas mesurer l’immensité du don spirituel qu’il avait reçu.

Les conséquences de cette confrontation douloureuse furent immédiates et terribles. Rabbi Yohanan se sentit profondément blessé dans son amour et sa générosité. Peu de temps après cette dispute, Reïch Lakish tomba gravement malade, maladie que les sages attribuèrent au fait qu’il avait manqué de respect à son maître et bienfaiteur. Malgré tous les efforts pour le soigner, Reïch Lakish mourut, emportant avec lui une partie de l’âme de Rabbi Yohanan.

Après cette disparition brutale, Rabbi Yohanan fut plongé dans un chagrin si profond qu’il ne parvint plus à fonctionner normalement. Les autres sages, témoins de ses souffrances dues à l’absence de son meilleur ami et partenaire d’étude, envoyèrent l’un des meilleurs érudits de la Torah de l’époque, Rabbi Elazar ben Pedat, pour lui tenir compagnie et tenter de le consoler.

Le Talmud nous raconte que ce dernier s’assit respectueusement devant Rabbi Yohanan et, lorsque le maître enseignait, Rabbi Elazar ben Pedat répondait invariablement : « Il y a un Baraïta qui justifie ce que dit le Maître. » Cette attitude déférente, qui aurait dû être réconfortante, ne fit qu’aggraver la douleur de Rabbi Yohanan. Un jour, n’en pouvant plus, il explosa : « Pensez-vous que vous ressemblez à Reïch Lakish ? Lorsque j’adoptais une loi, il soulevait 24 objections et je lui donnais 24 réponses, puis nous parvenions ensemble à une compréhension complète de cette loi. Mais vous, vous me dites simplement : ‘Il y a un Baraïta qui confirme ce que vous dites’. Pensez-vous que je ne sais pas si mes évaluations sont correctes ? »

Cette explosion révélait la profondeur de sa nostalgie et l’irremplaçable valeur de leur relation intellectuelle. Rabbi Yohanan quitta alors la Maison d’étude, déchira ses vêtements en signe de deuil éternel et, parcourant les rues en sanglotant, s’écria répétitivement : « Où es-tu, Ben Lakish ? Où es-tu, Ben Lakish ? » Il pleura ainsi jusqu’à perdre la raison. Les sages, voyant sa détresse inconsolable, supplièrent D.ieu d’avoir pitié de lui. Peu de temps après, Rabbi Yohanan mourut à son tour, emporté par un chagrin qui avait brisé son âme.

Un héritage éternel : quand la mort scelle l’immortalité

La mort simultanée de ces deux géants clôtura définitivement un chapitre glorieux de l’histoire du Talmud de Jérusalem et de l’étude de la Torah en terre d’Israël. Pendant des siècles, personne ne prit leur place, et leur niveau d’excellence intellectuelle et spirituelle demeura inégalé. En fait, peu de sages dans toute l’histoire juive ont eu une vie aussi riche, émouvante et transformatrice que celle de Reïch Lakish.

Pendant près de deux millénaires, Reïch Lakish et Rabbi Yohanan sont demeurés les enseignants et les compagnons d’étude de tous les Juifs qui se penchent sur le Talmud, à travers toutes les générations et dans tous les pays de la diaspora. Ils apparaissent si fréquemment dans la littérature talmudique et leurs discussions sont si engageantes et inspirantes que lorsque nous étudions un passage dans lequel ils figurent, nous avons l’impression qu’ils sont vivants, assis à nos côtés dans le Beth Midrach.

Le surnom même de « Reïch Lakish » porte une signification profonde qui résume toute sa trajectoire. Contrairement aux surnoms des autres sages, qui sont généralement des abréviations de leurs noms, celui-ci revêtait une dimension supplémentaire. Son nom fut simplifié en « Reïch » – initiale de Rabbi Chimon – et « Lakish », le nom de son père. En araméen, « Reïch » signifie « chef ou dirigeant ». Son surnom suggérait ainsi son rôle de leader non seulement parmi les sages de la Torah, mais aussi dans son passé de gladiateur et de chef de brigands. Cette combinaison unique d’associations – passé criminel et présent sanctifié – créait le composite extraordinaire de « Reïch Lakish ».

Parmi les innombrables enseignements de Reïch Lakish cités dans le Talmud, l’un d’eux résonne avec une beauté particulièrement poétique et révèle la tendresse cachée de cet ancien guerrier : « Le monde n’existe que grâce à l’encouragement des enfants qui étudient la Torah. L’étude de la Torah par les jeunes ne doit pas être interrompue, même pour construire le Temple. » Cette déclaration révèle comment l’homme qui avait vécu dans la violence la plus extrême était devenu le défenseur le plus passionné de l’innocence et de l’éducation.

L’histoire de Reïch Lakish continue de résonner avec une actualité saisissante dans notre époque troublée. Dans un monde où l’on tend à cataloguer définitivement les individus selon leurs erreurs passées, son enseignement rappelle que chaque être humain porte en lui une étincelle divine indestructible, capable de briller à nouveau quand on sait la reconnaître et l’honorer. Sa transformation spectaculaire prouve qu’aucun égarement n’est définitif et que la plus grande force peut devenir la plus pure sagesse quand elle trouve sa véritable direction.

 

Quatre soldats israéliens tombent dans l’effondrement d’un bâtiment piégé à Gaza

Quatre soldats israéliens tombent dans l’effondrement d’un bâtiment piégé à Gaza

 

Quatre combattants des unités d’élite Maglan et Yahalom ont perdu la vie vendredi soir lors de l’effondrement d’une structure causé par l’explosion d’un puissant engin explosif improvisé près de Khan Younès. Cinq autres soldats ont été blessés dans cet incident tragique qui endeuille à nouveau l’armée israélienne. Les familles des victimes ont autorisé la publication de leurs noms, révélant l’identité de ces quatre héros tombés au combat.

Les victimes identifiées : des soldats d’élite en mission dangereuse

Les noms des soldats tombés au combat ont été rendus publics : le sergent-major de réserve Chen Gross, âgé de 33 ans et originaire de Gan Yashia, combattant de l’unité Maglan de la brigade commando, et le sergent-chef Yoav Rovar, 19 ans de Sde Varburg, combattant de l’unité Yahalom. Le sergent-major Tom Rotstein, 23 ans de Ramat Gan, et le sergent Uri Yehonatan Cohen, 20 ans de Neve Yarak, tous deux membres de l’unité Yahalom du génie de combat, complètent cette liste tragique.

L’incident s’est produit lors d’une offensive de la 98e division au nord de Khan Younès, près de Bani Souhila. Les combattants de l’unité Maglan sont entrés à 6h00 du matin pour inspecter un bâtiment situé dans un complexe du Hamas, suspecté d’abriter des tunnels souterrains selon les évaluations du renseignement militaire.

Un piège mortel dans un complexe du Hamas

Selon l’armée israélienne, la mission du groupe consistait à prendre le contrôle d’un bâtiment dans un complexe du Hamas, soupçonné de dissimuler un réseau de tunnels souterrains. Dès l’entrée des soldats à l’intérieur de la structure, un puissant engin explosif improvisé a explosé, provoquant l’effondrement partiel du bâtiment sur les combattants qui se sont retrouvés piégés sous les décombres.

Les quatre soldats ont été tués sur le coup. Un combattant supplémentaire a été grièvement blessé, quatre autres ont subi des blessures modérées et plusieurs soldats ont été légèrement blessés. Les blessés ont été évacués rapidement par hélicoptère vers les hôpitaux pour recevoir des soins, tandis que les opérations de récupération des corps sous les décombres se sont poursuivies pendant de longues heures avec l’aide d’équipes du commandement du front intérieur.

Réactions officielles face à cette nouvelle tragédie

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou a publié un message de condoléances : « C’est un jour triste et difficile. Au nom de tous les citoyens d’Israël, mon épouse et moi envoyons nos condoléances du fond du cœur aux familles de nos quatre combattants héroïques tombés à Gaza dans la bataille pour vaincre le Hamas et ramener nos otages. »

Le président Its’hak Herzog a déclaré : « Le cœur douloureux et endeuillé, j’incline la tête et pleure avec tout Israël la chute de nos courageux combattants, nos fils bien-aimés, dans la bande de Gaza. Le prix de la guerre est très lourd. C’est un moment de grande tristesse – mais aussi de grand engagement : soutenir la génération de combattants héroïques, embrasser les familles des victimes et s’assurer que leurs noms et leur bravoure ne soient jamais oubliés. »

Le ministre de la Défense Israël Katz a ajouté : « J’incline la tête et souffre de la chute du sergent-major Chen Gross, combattant de réserve de l’unité Maglan, et du sergent-chef Yoav Rovar, combattant de l’unité Yahalom, tombés au combat dans le sud de la bande de Gaza. »

Hommages à Chen Gross, figure respectée de sa communauté

Les proches de Chen Gross lui ont rendu un hommage émouvant. Son ami proche et coordinateur sécuritaire de la localité, Rotem Ben Avraham, a déclaré avec douleur : « Un homme qui aimait aider tout le monde, un grand combattant, c’était un homme uniquement bon qui ne ferait de mal à personne au monde. »

Le chef du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a prononcé un éloge funèbre : « Chen était un fils bien-aimé, un combattant courageux et précieux, et un résident dévoué de Hininit et de Samarie. Il faisait partie de la communauté et de l’action sécuritaire et civile dans la localité et la région. Un homme de grande stature qui était aimé de tous ceux qui le connaissaient. »

La localité de Hininit a transmis le message difficile aux résidents : « Avec une grande tristesse et une profonde affliction, nous annonçons avec douleur que notre cher membre de la communauté, Chen Gross, est tombé au combat à Gaza. Nos cœurs sont avec la famille Gross en cette heure difficile. »

Que D.ieu venge leur sang.


AMJAD IBN SHARI’A Chef de l’organisation terroriste Katai’b al-Muahidin dans la bande de Gaza

  • Impliqué dans des attentats récents contre des civils innocents dans la bande de Gaza avec l’organisation terroriste Katai’b al-Muahidin
  • Participe le 7 octobre 2023 à l’attaque contre Nir Oz et est responsable du meurtre de civils innocents
  • Impliqué dans des activités terroristes dans la région de Gaza, notamment des tirs de roquettes vers Israël et des activités de contrebande d’armes. Il a également participé aux activités terroristes des Brigades Izz ad-Din al-Qassam et est considéré comme un élément central du Hamas
  • Actif dans des activités terroristes dans la région de Gaza, en Judée et Samarie et dans le centre d’Israël, notamment dans des activités de promotion et de facilitation d’attentats terroristes

Élimination du chef terroriste responsable de l’enlèvement de la famille Bibas

Les forces israéliennes ont éliminé samedi Assad Abu Shari’a, dirigeant de l’organisation terroriste Kata’ib al-Mujahidin dans la bande de Gaza, directement impliqué dans l’enlèvement et l’assassinat d’otages israéliens lors des événements du 7 octobre. Ce terroriste avait notamment participé à l’enlèvement et au meurtre des membres de la famille Bibas. L’opération constitue une étape importante dans la traque des responsables du massacre du 7 octobre au kibboutz Nir Oz.

 

Le cerveau derrière l’enlèvement de la famille Bibas éliminé

Assad Abu Shari’a dirigeait depuis plusieurs années l’organisation terroriste Kata’ib al-Mujahidin dans la bande de Gaza. Ce terroriste avait mené l’attaque lors du massacre du 7 octobre contre le kibboutz Nir Oz et figurait parmi les principaux responsables de ce carnage meurtrier.

Il était directement impliqué dans l’enlèvement et l’assassinat de Shiri, Ariel et Kfir Bibas. En outre, il avait participé à l’enlèvement du couple Gadi Haggai et Judy Weinstein Haggai, ainsi qu’à l’enlèvement et l’assassinat de Nattapong Pinta et d’un autre ressortissant étranger détenu par cette organisation meurtrière.

Un réseau terroriste actif en Judée-Samarie

Dans le cadre de ses fonctions de chef de l’organisation terroriste, Abu Shari’a s’occupait du recrutement d’activistes terroristes en Judée-Samarie et à l’intérieur d’Israël. Par leur intermédiaire, il encourageait et organisait des attentats ainsi que des activités terroristes. Pendant la guerre, l’organisation sous sa direction était impliquée dans l’instigation d’attentats contre Israël et dans les combats contre les forces de Tsahal opérant dans la bande de Gaza.

Élimination d’un complice du massacre de Nir Oz

Lors d’une frappe supplémentaire des forces israéliennes, un autre terroriste de l’organisation Kata’ib al-Mujahidin a été éliminé : Mahmoud Mohammed Hamed Khalil. Ce dernier avait également attaqué le kibboutz Nir Oz le 7 octobre et pendant la guerre, il avait pris part à la détention de Shiri, Ariel et Kfir Bibas en captivité dans la bande de Gaza.

Justice pour les victimes du 7 octobre

L’élimination de ces deux figures majeures du terrorisme gazaoui représente une victoire significative dans la lutte contre les responsables des atrocités du 7 octobre. Ces opérations témoignent de la détermination d’Israël à poursuivre tous ceux qui ont participé aux massacres et enlèvements de civils israéliens.

L’organisation Kata’ib al-Mujahidin, désormais privée de son leadership, avait joué un rôle central dans les événements tragiques du 7 octobre, particulièrement dans l’attaque contre le kibboutz Nir Oz. L’élimination de ses dirigeants affaiblit considérablement les capacités opérationnelles de ce groupe terroriste et rend justice aux familles des victimes, notamment à la famille Bibas dont le sort avait ému l’opinion publique israélienne et internationale.

 

 

 

Le Rav Elie Lemmel subit une deuxième agression à Neuilly-sur-Seine : l’agresseur, un palestinien originaire de Gaza

Le Rav Elie Lemmel subit une deuxième agression à Neuilly-sur-Seine : l’agresseur, un palestinien originaire de Gaza

 

Le Rav Elie Lemmel a été brutalement attaqué à coups de chaise vendredi 6 juin sur une terrasse de café à Neuilly-sur-Seine par un homme de 28 ans originaire de Gaza. L’agresseur, interpellé immédiatement par des témoins, a été placé en hospitalisation psychiatrique sous contrainte après un premier placement en garde à vue. Cette agression antisémite constitue la deuxième agression subie par le religieux en l’espace d’une semaine, suscitant l’indignation des autorités et de la communauté juive.

 

 

Une attaque soudaine en pleine terrasse

L’agression s’est déroulée en plein jour alors que le Rav Elie Lemmel déjeunait tranquillement avec des amis sur une terrasse de café à Neuilly-sur-Seine. « Au début, je pense que c’est tout simplement une cheminée qui vient de me tomber sur la tête, et puis j’entends ‘arrêtez-le’, et là je comprends que je viens d’être victime d’une agression », témoigne le religieux, encore sous le choc.

L’agresseur s’est saisi d’une chaise en bois qu’il a violemment jetée au visage du Rav, lui causant une plaie au front et un hématome. « J’étais concentré sur mon échange avec la personne en face de moi. Il a peut-être crié, mais je n’ai pas du tout prêté attention à cela. Par contre le coup, clairement, je l’ai ressenti très fortement », explique Elie Lemmel.

La réaction des témoins a été immédiate. Les clients du restaurant ont poursuivi l’assaillant qui tentait de fuir et l’ont maîtrisé en attendant l’arrivée des forces de l’ordre. Des images montrent l’homme menotté, vêtu d’un pull à capuche noir et blanc, maintenu au sol par plusieurs personnes.

Profil de l’agresseur et ouverture d’enquête

Selon les documents d’identité en langue allemande trouvés en sa possession, l’agresseur serait né à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, et âgé de 28 ans. Cet homme était en situation irrégulière en Allemagne mais détenait un document lui permettant de circuler dans son Land allemand, bénéficiant d’un statut de « tolérance » pour les personnes non expulsables vers un territoire en conflit.

Initialement placé en garde à vue à 12h08 au commissariat de Neuilly-sur-Seine, l’homme a fait l’objet dans l’après-midi d’un examen psychiatrique qui a imposé son placement en hospitalisation sous contrainte. Son état de santé mentale a été jugé incompatible avec le maintien en garde à vue.

Le parquet de Nanterre a ouvert une enquête confiée à la police judiciaire pour « violences ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à huit jours (4 jours), aggravées par le fait qu’elles auraient été commises à raison de la religion et avec arme par destination ». Cette qualification juridique reconnaît le caractère antisémite de l’agression.

Condamnations unanimes des autorités

« C’est une agression clairement parce que la personne agressée était un Rav avec une apparence extérieure qui a mobilisé contre lui l’agression, le déchaînement, la haine d’une personne qui était là », a réagi le Premier ministre François Bayrou en marge d’un déplacement à Montpellier. Le chef du gouvernement a déploré que « l’état de la société entraîne la radicalisation du débat public ».

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a dénoncé sur X cette agression : « S’en prendre à une personne en raison de sa foi est une honte ». Il a estimé que l’agresseur, « qui n’avait rien à faire en France », devait « être puni sévèrement et éloigné ».

Le maire de Neuilly-sur-Seine Jean-Christophe Fromantin a salué le courage des riverains tout en s’inquiétant : « On a beau déployer le maximum de moyens, l’agression isolée, erratique, imprévisible comme celle qui s’est produit inquiète car elle est imparable ». Il s’est rendu dans la soirée à la synagogue de la ville accompagné du préfet des Hauts-de-Seine.

Une communauté juive en état d’alerte

Cette nouvelle agression survient dans un contexte particulièrement tendu. Le Rav Elie Lemmel avait déjà été agressé à coups de pied par plusieurs individus la semaine précédente à Deauville. « J’ai l’impression qu’on est face à un délit de faciès et c’est bouleversant », confie-t-il, kippa sur la tête et longue barbe grise.

Le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a condamné « avec la plus grande fermeté l’agression antisémite ». Son président Yonathan Arfi a dénoncé sur BFMTV les « activistes haineux qui peuvent, au nom d’une solidarité dévoyée avec la cause palestinienne, décider de s’en prendre à des Français juifs ».

Le président du Consistoire central, Elie Korchia, a réclamé sur CNews que « les actes antireligieux entraînent une tolérance zéro ». Ces déclarations résonnent particulièrement alors que 1.570 actes antisémites ont été recensés en France en 2024, selon le ministère de l’Intérieur.

Face à cette situation, le Rav Lemmel appelle néanmoins à la construction d’un avenir apaisé : « Ce qui m’intéresse, c’est comment on construit, comment on avance et comment on agit pour que ça ne se repasse plus. J’ai très peur qu’on soit dans un monde dans lequel les mots génèrent de plus en plus de maux. »

 

 

 

 

 

 

 

 

Barouh Dayan Haemet : Reb Moché ben Chlomo Chicheportiche (Beth Habad de Créteil) a quitté ce monde le 9 Sivan 5785

Barouh Dayan Haemet : Reb Moché ben Chlomo Chicheportiche (Beth Habad de Créteil) a quitté ce monde le 9 Sivan 5785

C’est avec une profonde tristesse que nous annonçons le décès de Reb Moché ben Chlomo Chicheportiche de la communauté Beth Habad de Créteil, survenu le jeudi 9 Sivan 5785

Informations :

Départ pour Israël : Motsaei Chabbat

Dimanche 8 juin 2025 – 12 Sivan : Enterrement en Israël au cimetière de Tsfat vers 10h-11h

Vendredi 6 juin 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur la Michna «Kol Israël» – par le Rav Levi Azimov

Vendredi 6 juin 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur la Michna «Kol Israël» – par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
Tél.: +33159423068 – code: 33 41 593 (♯)

ET SUR RADIO HASSIDOUT
RADIO HASSIDOUT

Pirké Avot (Introduction) – Notre part au Monde Futur
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur la Michna « Kol Israël »

https://drive.google.com/file/d/1bGkMqm1T45SwXsFYqwFjkv4mvzren_Jg/view

Pourquoi récite-t-on « Tout Israël a une part au Monde Futur » avant d’étudier les Pirké Avot ?

La réponse en 5 points clés : 

1. Deux types de récompenses spirituelles
Gan Eden : récompense de l’étude de la Torah (inégale selon les capacités)
Monde Futur : récompense de l’action/Mitsvot (égale pour tous)

2. L’action est accessible à tous
Contrairement à l’étude intellectuelle qui révèle des niveaux différents, l’accomplissement des Mitsvot est à la portée de chaque Juif, sans exception.

3. Mission divine universelle
L’objectif n’est pas de créer une élite spirituelle, mais de transformer ce monde matériel en demeure divine – une mission qui nécessite la participation de tous.

4. Le corps juif = œuvre divine
Chaque Juif (corps ET âme) est « l’œuvre des mains » de D.ieu. Le raffinement spirituel concerne donc aussi la dimension physique et matérielle.

5. Double certitude pour tous
Aucun Juif ne peut échouer : tout corps juif finira par être raffiné
Aucun niveau n’est « trop bas » : la vraie piété consiste justement à raffiner la matérialité
La conclusion révolutionnaire

Les Pirké Avot ne s’adressent pas à une élite, mais à chaque Juif dans sa réalité quotidienne. Le travail de raffinement du caractère et des relations fait partie de la mission cosmique de transformation du monde.

Message essentiel : La spiritualité juive authentique est universelle, accessible et enracinée dans l’action concrète, pas dans la fuite du monde matériel.

 

 

Les Pirké Avot : Une sagesse accessible à chaque âme juive, du plus simple au plus élevé

Les Pirké Avot : Une sagesse accessible à chaque âme juive, du plus simple au plus élevé

Avant d’étudier les célèbres « Maximes de nos Pères » (Pirké Avot), la tradition juive nous invite à réciter une Michna particulière : « Tout Israël a une part au Monde Futur ». Cette introduction n’est pas anodine. Elle révèle une vérité profonde sur la nature universelle et accessible de cet enseignement spirituel.

Source : Likouté Si’hot volume 17, enseignement sur la Michna « Kol Israël »

 

L’énigme d’une introduction universelle

La Michna du traité Sanhédrin que nous récitons en ouverture des Pirké Avot proclame une vérité fondamentale : « Tout Israël a une part au Monde Futur, car il est dit : Dans Ton peuple il n’y a que des justes ; ils hériteront du pays pour toujours ; ils sont le rameau de Ma plantation, l’œuvre de Mes mains dont Je me glorifie. »

Cette introduction soulève une question légitime. Si le Monde Futur représente la récompense pour l’ensemble du service divin – Torah et Mitsvot dans tous leurs détails – pourquoi cette Michna est-elle spécifiquement choisie pour introduire l’étude des Pirké Avot ?

La réponse nous révèle la nature particulière de ce traité et son lien profond avec la destinée spirituelle de chaque Juif.

Un traité aux deux visages

Les Pirké Avot présentent un paradoxe fascinant. D’un côté, comme l’explique Rabbi Ovadia de Barténoura, ce traité ne se concentre pas sur l’explication technique des Mitsvot, mais sur des principes de morale et de bonnes conduites. Il pourrait ainsi sembler similaire aux ouvrages éthiques composés par les sages de toutes les nations.

Pourtant, d’un autre côté, la Guemara nous enseigne que « celui qui souhaite devenir un homme pieux doit appliquer les enseignements des Pirké Avot ». Nous voici face à une contradiction apparente : s’agit-il d’un traité de morale universelle ou d’un guide de piété exceptionnelle ?

Cette dualité révèle en réalité la profondeur unique des Pirké Avot. Ces enseignements, bien qu’exprimés dans un langage de sagesse universelle, puisent leur source dans la révélation sinaïtique et s’adressent à la fois au débutant en spiritualité et au chercheur de perfection.

Deux mondes, deux récompenses

Pour comprendre pourquoi les Pirké Avot sont introduits par la promesse universelle du Monde Futur, il faut distinguer entre deux réalités spirituelles distinctes :

Le Gan Eden : la récompense de l’étude

Le Gan Eden (Paradis) représente le monde des âmes pures, débarrassées de leur enveloppe corporelle. Cette récompense est principalement liée à l’étude de la Torah, activité essentiellement intellectuelle et spirituelle. Dans ce domaine, les différences entre les individus sont naturelles et même nécessaires : chacun selon ses capacités, son niveau d’étude et sa compréhension.

Le Monde Futur : la récompense de l’action

Le Monde Futur, en revanche, fait référence à l’ère de la résurrection, où les âmes retrouveront leurs corps dans une existence éternelle. Cette récompense est essentiellement liée à l’accomplissement concret des Mitsvot – ces actions physiques qui transforment le monde matériel.

Et c’est ici que réside la clé de notre compréhension : l’action est accessible à tous. Contrairement à l’étude qui révèle naturellement des niveaux différents, l’accomplissement des Mitsvot est à la portée de chaque Juif, quelle que soit sa formation ou ses capacités intellectuelles.

L’égalité dans l’action divine

La Guemara nous enseigne une vérité saisissante : « Même les transgresseurs d’Israël sont remplis de Mitsvot comme une grenade ». Cette affirmation révèle que l’accomplissement des Mitsvot transcende les catégories habituelles de « religieux » ou « séculier ».

Pourquoi cette égalité dans l’action ? Parce que l’intention divine fondamentale n’est pas de créer une élite spirituelle, mais de faire de ce monde matériel une demeure pour le Divin. Cette mission cosmique ne peut être accomplie que par l’action concrète, dans la matière et avec le corps.

Comme l’exprime magnifiquement le poème liturgique : « La finalité de l’action est présente dès la pensée initiale ». L’objectif ultime de la création n’est pas l’élévation vers les sphères spirituelles, mais la transformation du monde d’ici-bas par les Mitsvot.

Le corps juif : œuvre divine

Cette perspective révolutionnaire nous amène à reconsidérer complètement notre rapport au corps et à la matérialité. Chaque Juif, selon les termes du verset, est « le rameau de Ma plantation, l’œuvre de Mes mains » divine. Cette expression ne concerne pas seulement l’âme, mais englobe également le corps physique.

Le choix divin d’Israël ne se limite donc pas à la dimension spirituelle, mais inclut pleinement la dimension corporelle. C’est pourquoi l’ère messianique future révélera cette vérité dans toute sa splendeur : le choix divin porté sur le corps même d’Israël.

Un enseignement pour tous, sans exception

Cette compréhension éclaire d’un jour nouveau la raison pour laquelle les Pirké Avot sont introduits par la promesse universelle du Monde Futur. Les enseignements de ce traité concernent le raffinement du corps et de la matérialité – une mission qui incombe à chaque Juif sans exception.

Deux principes fondamentaux émergent de cette approche :

Première certitude : Aucun corps ne résiste au raffinement

Il n’existe aucun Juif dont le corps ne puisse être élevé et raffiné. Pourquoi ? Parce que chaque corps juif est littéralement une « œuvre divine ». Et comme l’assure l’Écriture : « aucun ne sera définitivement rejeté » par le Créateur. Tout corps juif finira nécessairement par atteindre son potentiel de sainteté.

Deuxième vérité : Aucun niveau n’est « trop bas »

D’autre part, le travail de raffinement spirituel n’est jamais « au-dessous » de qui que ce soit. Bien au contraire ! La véritable « mesure de piété » (Hassidout) consiste précisément dans ce travail de transformation de la matière. C’est justement dans cette œuvre que se manifeste la « fierté divine », selon l’expression biblique.

Une révolution spirituelle

Cette vision transforme radicalement notre approche de la spiritualité juive. Les Pirké Avot ne s’adressent pas à une élite de sages ou de mystiques, mais à chaque Juif dans sa réalité corporelle et matérielle. Ils nous enseignent que la sainteté authentique ne consiste pas à fuir le monde, mais à le transformer.

Chaque geste, chaque action éthique, chaque effort pour raffiner notre caractère et nos relations participe de cette mission cosmique. Le commerçant qui agit avec honnêteté, le parent qui éduque ses enfants avec amour, l’individu qui travaille sur sa patience ou sa générosité – tous accomplissent cette œuvre divine de transformation.

Conclusion : Une promesse universelle

En récitant « Tout Israël a une part au Monde Futur » avant d’étudier les Pirké Avot, nous proclamons une vérité révolutionnaire : les enseignements éthiques et spirituels de ce traité sont accessibles et nécessaires à chaque Juif.

Nul ne peut s’exempter de cette responsabilité en prétextant son niveau spirituel insuffisant. Nul ne peut non plus considérer ce travail comme « en-dessous » de ses aspirations spirituelles. Car c’est précisément dans cette œuvre de raffinement du quotidien que se révèle la véritable « fierté divine ».

Les Pirké Avot nous rappellent ainsi que la spiritualité juive authentique n’est ni élitiste ni éthérée. Elle est universelle, accessible et profondément enracinée dans la réalité concrète de notre existence. C’est en transformant notre caractère, nos relations et notre rapport au monde que nous préparons cette demeure divine promise depuis la création du monde.

 

L’Étude de la Torah : Une union divine unique

L’Étude de la Torah : Une union divine unique

Après avoir reçu la Torah lors de Chavouot, il est temps de se renforcer dans son étude. Cet enseignement explore pourquoi l’étude de la Torah occupe une place si particulière dans la spiritualité juive et comment elle crée une union unique avec le Divin.

 

Par le Rav Asher Farkash

Chaque fête a sa propre porte vers le Divin

Une question revient souvent dans l’étude des textes hassidiques : pourquoi chaque fête semble-t-elle être présentée comme « la plus importante » ? Lorsque nous étudions les enseignements sur Pessah, on nous explique qu’il n’y a rien de plus élevé que cette fête. De même pour Chavouot, Soukkot, Rosh Hashana ou Yom Kippour.

La réponse réside dans le fait que chaque fête possède sa propre spécificité et constitue ce que l’on peut appeler une « porte » particulière. Comme il existe différentes portes pour entrer dans le palais du roi, chaque fête offre un accès unique à une connexion spéciale avec le Saint béni soit-Il.

Pessah est la porte de la libération et de la rédemption, d’où nous tirons la force pour nous affranchir de tous les exils spirituels qui nous entravent dans notre service divin. Chavouot, quant à elle, est la fête du don de la Torah – c’est de là que nous puisons la vitalité pour l’étude de la Torah tout au long de l’année.

Chavouot : le renouvellement de notre engagement envers la Torah

Lors de Chavouot, le peuple juif a reçu la Torah, et c’est de cette source que nous devons puiser l’énergie pour étudier pendant toute l’année. Comme l’expliquent de nombreux enseignements, chaque année apporte une lumière nouvelle – ce n’est pas la répétition du même événement, mais véritablement un nouveau don de la Torah qui nous donne la force de nous renouveler.

Cette période doit nous amener à prendre des résolutions concrètes : ajouter dans l’étude de la Torah, augmenter nos cours d’étude individuels et collectifs, étudier avec plus de profondeur et d’intensité. L’objectif est de constamment progresser dans notre rapport à la Torah.

Pourquoi l’étude de la Torah est-elle si particulière ?

Cette question mérite une attention particulière. Nous savons que l’essentiel réside dans l’action, comme l’enseigne les Pirké Avot : « Ce n’est pas l’étude qui est l’essentiel, mais l’action. » Le Talmud affirme également que « l’étude est grande car elle mène à l’action. »

Si l’action constitue l’essentiel – les Mitsvot, les bonnes actions – pourquoi observe-t-on une emphasis si particulière sur l’étude de la Torah ? Et pourquoi nous enseigne-t-on qu’il faut étudier la Torah non seulement pour savoir quoi faire, mais aussi comme une valeur en soi ? Nous devons étudier même des sujets qui n’ont pas d’application pratique immédiate dans notre époque.

L’enseignement du Tanya : deux types de connexion divine

L’Admour Hazaken (Rabbi Shneur Zalman de Liadi) nous explique dans le Tanya la différence fondamentale entre l’accomplissement des Mitsvot et l’étude de la Torah.

Les Mitsvot : une connexion par l’action

Lorsqu’une personne accomplit une Mitsva, elle se connecte avec le Saint béni soit-Il. Les Mitsvot sont appelées ainsi car elles proviennent du terme « tsivuy » (commandement) et « tsavta » (connexion). Quand le Saint béni soit-Il nous commande de mettre les téfilines, de porter les tsitsit, de fixer une Mezouza ou de manger cacher, et que nous accomplissons ces commandements, nous créons une connexion.

Cette connexion fonctionne comme dans le monde matériel : lorsqu’une personne très élevée – un sage, un juste, un roi – demande à une personne simple de faire quelque chose pour lui, même une tâche mineure, cette demande crée immédiatement un lien. Tant qu’il n’y avait pas de commandement, il n’y avait pas de relation possible entre ces deux personnes si différentes.

Le Saint béni soit-Il, Roi des rois, infini et sans limite, est incomparablement au-delà de nous. Mais dès qu’Il nous commande quelque chose, la Mitsva devient un « tsavta » – elle crée une connexion entre le Créateur et Sa création.

L’étude de la Torah : une union d’une tout autre nature

Mais l’étude de la Torah révèle quelque chose d’extraordinaire. Quand une personne étudie la Torah, la sagesse de la Torah – qui est la sagesse et la volonté du Saint béni soit-Il – et l’intelligence humaine – l’esprit dans lequel nous étudions – s’unissent.

Lorsque j’étudie maintenant une Hala’ha de la Torah, mon intellect, mon cerveau s’unit avec la sagesse du Saint béni soit-Il. Cette union n’est pas celle de deux entités séparées, mais mon esprit tout entier se remplit de la sagesse divine.

Cet intellect matériel et limité perçoit, comprend et saisit maintenant une Hala’ha, un raisonnement, une explication qui constitue la sagesse et la volonté du Saint béni soit-Il. Car la Torah est essentiellement la sagesse du Saint béni soit-Il – comme l’enseigne le Zohar : « La Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un. »

Une union sans équivalent

Quand un juif étudie la Torah avec son intellect matériel, il se crée une connexion intérieure profonde : une union de l’intelligence humaine avec l’intelligence divine. Ils deviennent littéralement une seule entité.

Comme l’explique l’Admour Hazaken dans le Tanya : « C’est une union merveilleuse sans équivalent, dont on ne trouve absolument aucun semblable dans le monde matériel pour être unis et unifiés sous tous les aspects. »

Dans l’accomplissement d’une Mitsva, je ne fais qu’exécuter une action conforme à la volonté du Saint béni soit-Il. L’homme reste dans un lieu et le Saint béni soit-Il « commande » depuis un autre – ce sont comme deux entités distinctes où l’une accomplit ce que l’autre désire.

Mais dans l’étude de la Torah, l’homme et la sagesse du Saint béni soit-Il s’unissent, se fusionnent, deviennent une réalité unique. Cette union est d’autant plus profonde que l’étude est approfondie – plus j’essaie de comprendre, de creuser, de m’investir, plus mon intellect et la sagesse divine deviennent une essence unique.

L’enseignement de Rabbi Yossef : « Combien de Yossef y a-t-il au marché ? »

Cette compréhension éclaire une histoire rapportée dans le Talmud. Rabbi Yossef, l’un des grands maîtres, préparait un repas particulièrement festif pour Chavouot – plus qu’à Pessah ou Soukkot. Quand on lui demandait pourquoi, il répondait : « Combien de Yossef y a-t-il au marché ? Si ce jour n’avait pas existé – le jour de Chavouot où nous avons reçu la Torah – combien de Yossef y aurait-il au marché ? »

Rachi explique que Rabbi Yossef voulait dire : grâce à l’étude de la Torah, « la Torah m’a élevé. » Sans cela, il y a beaucoup de personnes qui s’appellent Yossef – j’aurais été comme tous les autres Yossef du marché.

Le sens profond du nom « Yossef »

Le Rabbi a expliqué que Rabbi Yossef met spécifiquement l’accent sur son nom « Yossef » car ce nom vient du terme « lehossif » (ajouter). Le point d’ajout constitue l’objectif même de la Torah et des Mitsvot.

Le Saint béni soit-Il nous a amenés dans ce monde pour ajouter. Il y a la création du monde telle qu’elle fut créée, et il y a le pouvoir du don de la Torah qui nous donne la capacité d’ajouter – d’ajouter de la sainteté dans le monde, d’ajouter de la lumière, de faire de ce monde un monde saint et divin.

Il y a le « Yossef qui est au marché » – celui qui se trouve dans le monde et y accomplit la Torah et les Mitsvot, transformant le monde matériel en demeure pour le Saint béni soit-Il. Mais quand arrive le don de la Torah, Rabbi Yossef dit à ses disciples : préparons un repas spécial pour cette fête, car « si ce jour n’avait pas existé » où j’ai beaucoup étudié la Torah, « je me serais élevé. »

L’élévation au-dessus du monde

Il existe une élévation particulière que seule l’étude de la Torah peut procurer – elle me permet de m’élever au-dessus du monde. La Torah m’élève vers un lieu complètement différent, au-dessus du monde, pour m’unir avec le Donateur de la Torah comme une réalité unique.

C’est pourquoi, lors de Chavouot, bien que nous ayons reçu toute la Torah et les Mitsvot, il y a une emphasis particulière sur l’étude de la Torah spécifiquement. C’est de Chavouot que le juif doit puiser la force de s’ajouter dans l’étude de la Torah.

L’appel pratique : fixer des temps d’étude

La signification de « fixer des temps pour la Torah » ne consiste pas à accorder quelques minutes par jour à l’étude, mais à faire en sorte que pendant le temps consacré à l’étude, rien d’autre n’existe. Comme l’enseigne la tradition, quand un juif étudie la Torah, c’est comme le Chabbat.

De même qu’au Chabbat, nous savons qu’il n’y a pas de téléphones, pas de monde matériel, pas d’affaires, pas de soucis – pendant que je m’assieds pour étudier la Torah, il n’y a absolument rien d’autre au monde. Comme nous l’avons dit, la Torah nous élève au-dessus du monde.

La vraie liberté par l’étude

Comme l’enseignent nos Sages dans les Pirké Avot : « Il n’y a pas d’homme libre si ce n’est celui qui s’occupe de l’étude de la Torah. » Le juif qui étudie la Torah sait que dans cette étude se trouve une connexion si profonde et merveilleuse avec le Saint béni soit-Il qu’il devient véritablement libre, libéré de tous les soucis et tracas.

Comme le dit encore la Mishna : « Quiconque accepte sur lui le joug de la Torah, on retire de lui le joug du royaume et le joug des préoccupations mondaines. » Dès que nous acceptons sur nous le joug de la Torah, nous nous élevons au-dessus du monde, ce qui nous donne la force d’être un avec le Saint béni soit-Il dans l’union la plus merveilleuse.

Conclusion : l’appel à l’action

Puisque nous venons de Chavouot, c’est le moment d’éveiller, d’encourager et de renforcer chacun d’entre nous pour que nous ayons des cours de Torah réguliers, pour nous renforcer dans l’étude avec plus de profondeur, plus d’ampleur, en y consacrant plus de temps.

L’étude de la Torah ne doit pas seulement servir à connaître la Hala’ha – bien que ce soit très important – mais il doit y avoir une étude de la Torah pour l’étude de la Torah elle-même, pour s’unir avec le Donateur de la Torah. Cette union merveilleuse n’existe que dans l’étude de la Torah.

C’est cela que nous devons exploiter, approfondir, ajouter, nous renouveler et nous renforcer. Que le Saint béni soit-Il fasse que cette année soit une année de Torah, et avec l’aide divine, nous mériterons d’entendre la Torah nouvelle de la bouche du Messie, les secrets de la Torah que le Roi Messie nous révélera, et que nous méritions de l’entendre bientôt de nos jours.