La Parabole du Trésor Caché : L’art de découvrir les secrets de la Torah

La Parabole du Trésor Caché : L’art de découvrir les secrets de la Torah

Comment transmettre un savoir précieux tout en le protégeant des regards indiscrets ? Cette question universelle trouve une réponse surprenante dans une ancienne parabole rabbinique qui révèle les secrets de l’herméneutique juive. À travers l’histoire d’un roi sage et de son trésor dissimulé, découvrez pourquoi les « imperfections » des textes sacrés sont en réalité des invitations à l’approfondissement, et comment cette méthode millénaire peut enrichir notre approche de la lecture et de l’apprentissage.

 

Par le Rav Adin Even Israël (Steinsaltz)

L’héritage dissimulé dans les imperfections apparentes

Une ancienne parabole raconte l’histoire d’un roi sage qui dut partir en guerre, laissant derrière lui son jeune fils. Bien que l’enfant fût encore trop petit pour recevoir directement les responsabilités du royaume, le roi reconnaissait en lui une intelligence remarquable. Face à ce dilemme, le souverain imagina une solution ingénieuse pour transmettre son précieux héritage.

Le Défi de la Transmission

Le roi possédait un trésor d’une valeur inestimable qu’il devait à la fois protéger des convoitises extérieures et rendre accessible à son héritier légitime. Cette double exigence – cacher et révéler simultanément – représentait un véritable casse-tête.

Pour résoudre ce paradoxe, le roi creusa une cachette dans le mur de la chambre de son fils et y dissimula son trésor. Puis, il recouvrit soigneusement l’ouverture d’un enduit qui la rendait invisible aux regards indiscrets. Mais voilà le génie de sa méthode : au lieu de rendre le mur parfaitement lisse, il y laissa délibérément de subtiles irrégularités – quelques aspérités, de légères déviations dans la surface.

L’Art de l’Observation et de la Découverte

Le roi savait que son fils, dormant chaque nuit dans cette chambre, finirait inévitablement par remarquer ces anomalies. Nuit après nuit, l’enfant observerait ce mur et se poserait des questions : « Pourquoi cette paroi diffère-t-elle des autres ? Que cachent ces irrégularités ? » Cette curiosité naturelle l’amènerait progressivement à gratter, à creuser, jusqu’à découvrir le trésor qui lui était destiné.

La Métaphore de l’Étude Sacrée

Cette parabole illustre parfaitement la méthode divine de transmission de la sagesse à travers les textes sacrés. Les secrets les plus profonds de la Torah ne sont pas exposés de manière évidente, mais se dissimulent dans les « imperfections » apparentes du texte – ces petites déviations linguistiques, ces formulations inhabituelles, ces phrases qui semblent incomplètes ou qui auraient pu être exprimées plus simplement.

Ces anomalies textuelles ne sont pas des défauts, mais des invitations à l’approfondissement. Elles constituent autant d’indices laissés intentionnellement pour éveiller la curiosité du lecteur attentif et l’inciter à « creuser » plus profondément dans le sens caché des Écritures.

La Méthode du Midrash

C’est précisément sur ce principe que se fondent les midrashim, ces commentaires rabbiniques qui explorent les dimensions cachées des textes. Qu’il s’agisse du midrash halakhique (concernant la loi religieuse) ou du midrash aggadique (portant sur les récits et l’éthique), tous reposent sur cette attention particulière aux déviations du texte.

Les sages ont développé un art subtil de lecture qui consiste à repérer ces irrégularités apparentes et à y découvrir des enseignements profonds. Chaque mot superflu, chaque répétition, chaque construction syntaxique inhabituelle devient une porte d’entrée vers une compréhension plus riche et plus nuancée du message divin.

L’Invitation à la Recherche

Cette approche transforme l’étude en une véritable aventure intellectuelle et spirituelle. Elle nous enseigne que la sagesse véritable ne se livre pas facilement, mais récompense celui qui sait observer avec patience et creuser avec persévérance. Les « défauts » apparents du texte deviennent ainsi des trésors cachés, attendant d’être découverts par l’étudiant assidu.

Cette méthode nous rappelle également que la transmission de la connaissance la plus précieuse nécessite un effort actif de la part de celui qui la reçoit. Comme le jeune prince de la parabole, nous devons développer notre capacité d’observation, notre curiosité intellectuelle et notre persévérance pour accéder aux richesses dissimulées dans les textes sacrés.

 

Le Conseil de l’Europe réaffirme son engagement : « L’Europe restera un foyer sûr pour les communautés juives »

Le Conseil de l’Europe réaffirme son engagement : « L’Europe restera un foyer sûr pour les communautés juives »

 

Une cérémonie exceptionnelle s’est tenue au siège du Conseil de l’Europe à Strasbourg pour marquer le 80e anniversaire de la « Journée de libération et de salut » des griffes du nazisme. Les représentants des 46 États membres ont réuni leurs voix pour réaffirmer leur engagement contre l’antisémitisme et garantir la sécurité des communautés juives européennes. Cette initiative, portée par German Zakharyev, illustre la détermination de l’Europe à faire de la mémoire un pilier de son avenir.

Une commémoration historique au cœur de la diplomatie européenne

La cérémonie organisée par le Conseil de l’Europe en coopération avec le consulat américain a rassemblé des personnalités de premier plan dans le hall principal de l’institution strasbourgeoise. Björn Borg, Secrétaire général adjoint du Conseil de l’Europe, et Francesca Camirelli Wettiger, Présidente tournante du Comité des Ministres et Ambassadrice de Malte, ont coprésidé cet événement exceptionnel.

Parmi les participants figuraient le Rav Avraham Weil de Strasbourg, l’ambassadeur de France Pap A’Niday, l’ambassadrice britannique Sandy Moss, et l’ambassadrice allemande Heika Thiele. La consule générale des États-Unis à Strasbourg, Yvonne Gonzalez, ainsi que des dizaines d’ambassadeurs et personnalités publiques ont également honoré cette commémoration de leur présence.

Un message fort contre la montée de l’antisémitisme

Björn Borg a prononcé un discours particulièrement marquant, soulignant l’importance cruciale de cette journée : « C’est précisément de nos jours, face à la montée des phénomènes d’antisémitisme, que nous devons renouveler notre engagement. La lutte contre la haine sous toutes ses formes est une obligation morale. »

Le Secrétaire général adjoint a insisté sur la dimension symbolique de cette date, célébrée selon le calendrier hébraïque le 26 Iyar : « Cette initiative lui confère une signification particulière – non seulement comme jour de commémoration, mais aussi comme symbole de reconnaissance mutuelle entre l’Europe et la communauté juive. »

Borg a conclu par une déclaration sans équivoque : « L’Europe reste et restera un foyer sûr et libre pour les Juifs et le judaïsme. Ensemble, nous veillerons à ce que la lumière de la libération continue de briller pour les générations futures. »

Une vision d’avenir partagée entre Europe et communautés juives

Le Rav Avraham Weil a rappelé l’importance de cette commémoration dans la tradition juive, expliquant comment « les Juifs célèbrent un événement important de leur vie après une journée » pour transmettre un message aux générations futures. Il s’est félicité du message clair des représentants européens concernant « la lutte inlassable contre l’antisémitisme et la sécurité de la vie juive. »

L’initiateur de cette « Journée de libération et de salut », German Zakharyev, a souligné l’importance de la mémoire collective : « Nous devons sans cesse honorer les peuples du monde et leur rappeler que, comme par le passé, ils ont réussi à surmonter toutes les différences, à s’unir et à libérer le monde. »

La cérémonie s’est achevée de manière solennelle avec la prière « K-L pleine de miséricorde » du chantre militaire Jonathan Blum et l’allumage symbolique de trois bougies par les ambassadeurs de Grande-Bretagne, de France et d’Allemagne. Cette initiative, qui a mobilisé vingt-cinq pays à travers le monde le 26 Iyar, démontre l’ampleur de l’engagement international pour préserver la mémoire et construire un avenir plus sûr pour toutes les communautés.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Radio Shalom : Bernard Abouaf interview le Rav Elie Lemmel suite à son agression à Deauville

Radio Shalom : Bernard Abouaf interview le Rav Elie Lemmel suite à son agression à Deauville

Agressé à Deauville pendant Chavouot par des individus d’origine apparemment est-européenne, le Rav Elie Lemmel transforme cette épreuve en profond enseignement spirituel. Dans cet entretien avec Bernard Abouaf, il révèle comment la vague de solidarité communautaire qui a suivi l’incident l’a plus marqué que l’agression elle-même. Au-delà du récit des faits, cette interview devient un vibrant appel à cultiver l’unité du peuple juif au quotidien, pas seulement dans l’adversité, et à développer une vigilance sereine face à un antisémitisme aux visages multiples.

 

 

Bernard Abouaf : Rav Elie Lemmel est en ligne avec nous à présent. Bonsoir Rav Lemmel. Vous êtes membre de l’équipe de Radio Shalom depuis très longtemps, vous avez vraiment accompagné notre radio durant de longues années. Vous êtes également l’animateur de « Kabalat Chabbat » le vendredi après-midi. Nous avons tous appris que vous avez été agressé pendant les fêtes de Chavouot, dans un endroit où normalement les juifs ont l’habitude d’être plutôt en sécurité, puisqu’il s’agit de Deauville.
D’abord Rav Lemmel, est-ce que vous nous racontez votre agression ? Vous vous promenez dans la rue, comment cela se passe-t-il ?

Rav Elie Lemmel : Alors bon, d’abord je vais être très rapide pour la décrire. Cela s’est passé vendredi après-midi, donc la veille du Shabbat qui précède Chavouot. Nous avons le bonheur, avec mon épouse, depuis des années d’être à Chavouot à Deauville pour donner des cours et animer la veillée. Cela fait partie d’une vieille tradition, j’ai presque envie de dire.

Je me trouve là-bas sur une avenue classique, et il y a trois personnes qui me voient. Évidemment, moi je suis avec ma chemise blanche, mon pantalon noir, ma kippa et ma barbe qui n’est pas amovible. Ils veulent me barrer le passage. Je pense qu’ils avaient envie que je rebrousse chemin ou que je parte en courant.

Je ne suis pas ultra courageux, mais je ne suis pas complètement poltron non plus, donc j’ai continué à avancer. À ce moment-là, ils s’ouvrent un petit peu entre eux pour me laisser passer. Mais en vérité, le but c’est qu’au moment où je passe, je prends un bon coup dans le ventre.

Je me suis retourné en leur demandant ce qu’ils me voulaient. J’ai réalisé que ces personnes avaient envie d’en découdre. En tout cas, c’est l’interprétation que j’en ai eue à ce moment-là. J’ai continué ma route et ils m’ont regardé en attendant de voir si j’allais repartir en arrière vers eux, et puis voilà.

Évidemment, je me suis dit : « Tiens, c’est peut-être une agression antisémite » – vous savez, vous ne réalisez pas tout de suite. Donc sur les conseils du SPCJ, j’ai porté plainte parce que c’est comme ça qu’il faut faire. Mais Barouch Hachem, tout va bien.

Bernard Abouaf : C’est vraiment le typique de l’attaque gratuite antisémite : un rabbin passe dans la rue… Cela nous rappelle ce qu’on nous a raconté de l’Europe de l’Est. Excusez-moi de vous poser la question, mais vous pensez que c’est lié à Gaza ? Vous avez vu que c’était des Maghrébins ? Vous avez une idée ?

Rav Elie Lemmel : Impossible de vous répondre. Comme j’ai dit même à la police : « Écoutez, ça a l’air d’être une agression antisémite, mais ces messieurs parlaient une langue que je ne comprends pas. » Je pense plutôt du côté des pays de l’Est, en tout cas de ce que j’ai cru entendre. Je ne pense pas qu’ils m’ont donné des signes de satisfaction distinguée d’être très heureux de me rencontrer.

Après, vous savez, les interprétations partent dans tous les sens. Moi, ce qui m’intéresse, c’est comment on continue, comment on avance.

Bernard Abouaf : Il y a quand même des choses qui sont évidentes. Vous marchez dans une rue, je vous connais depuis très nombreuses années, vous n’êtes pas du tout l’un des plus baraqués parmi nos rabbins. Vous passez, vous attendez Shabbat dans quelques heures, vous êtes plutôt l’intellectuel qui donne des cours. Ces gens vous empêchent de passer, et après, quand vous passez entre eux, ils vous mettent un coup de poing dans le ventre.
Excusez-moi, je n’ai pas besoin d’avoir 30 ans de carte de presse pour comprendre que c’est une agression gratuite et très probablement antisémite. Vous nous donnez l’information que vous n’avez pas vu des Nord-Africains, pour vous ce n’est pas ça.

Rav Elie Lemmel : En tout cas, pas de ce que j’ai pu voir. C’est plutôt l’antisémitisme européen classique. Maintenant, après, vous savez, dans ce genre de choses, ça va très vite et vous n’avez pas vraiment le temps d’analyser, mais en tout cas, il me semble que c’était plus du côté des pays de l’Est, clairement.

Bernard Abouaf : Vous êtes enseignant, vous êtes rabbin. Qu’est-ce que vous avez envie de nous dire ?

Rav Elie Lemmel : Alors, tout d’abord, moi ce qui m’a bouleversé, mais de manière positive, c’est de voir la réaction des gens de la communauté, des personnes qui me connaissent ou qui vont à mes cours, ou que je ne connais pas, et qui m’envoient une multitude de messages auxquels je ne m’attendais absolument pas.

Pourquoi ? Parce qu’une personne, pour des raisons qui sont les siennes – je ne sais pas qui – a envoyé ce message sur les réseaux, alors que pour moi… bon, vendredi soir, on était à la maison, samedi après-midi j’ai donné mon cours normalement. Donc voilà, j’ai fait mon travail, j’ai été à la police, j’ai dit au SPCJ pour qu’ils fassent attention, on passe à autre chose.

Et puis là, non ! Brusquement, dimanche avant Chavouot, ça a été des dizaines et des dizaines – enfin je ne les compte même pas – de messages. Et moi, je trouve ça merveilleux, cette notion de solidarité de personnes qui sont là.

Ce qui m’a un peu peiné, c’est que je me suis dit : « J’espère que ça ne va pas créer une anxiété supplémentaire », parce qu’au fond, c’est très bouleversant de voir que les gens ont une forme d’anxiété. Je crois qu’il faut savoir, quand même, à un moment, remettre les choses à leur place.

Oui, on sait qu’on passe des moments pas simples au niveau de la communauté, mais le premier message, c’est cette solidarité merveilleuse. Essayons de la voir dans toutes les circonstances, même lorsque, Barouch Hachem, il ne se passe rien : prendre des nouvelles les uns des autres, saluer, dire des choses gentilles.

Ça, je trouve que c’est quelque chose qu’on fait déjà, mais qu’on devrait peut-être encore plus renforcer : être capable de ne pas attendre d’être confronté à une situation pour se rappeler qu’au fond, on est tous très proches les uns des autres, on pense les uns aux autres.

Et puis, en même temps – mais ça va un petit peu plus loin – au fond, les gens m’ont atteint, Barouch Hachem, très légèrement physiquement, et je vais bien, Barouch Hachem. Donc tout va bien, merci à Hachem. Ça s’est passé dans le ventre, ils ne m’ont pas donné un coup sur le visage.

Mais je me dis : au fond, il y a beaucoup de Juifs qui aussi sont blessés spirituellement, et on doit penser à eux. Vous savez, toutes ces personnes qui, malheureusement, spirituellement parlant, ne vont pas bien parce que, tout simplement, elles ne connaissent pas leur identité, ou parce qu’elles l’ont vécue de manière traumatique ou difficile.

Il faut penser à eux aussi, parce que si on est capable de se sentir tellement proche de ceux qui, physiquement, sont atteints, il faut aussi être capable de se sentir proche et d’agir pour ceux qui, spirituellement, sont impactés par tous les événements auxquels on est confronté.

En tout cas, moi, ce que je peux dire, c’est que j’ai une immense hakarat hatov, une immense reconnaissance, d’abord vis-à-vis d’Hachem qui, dans une situation pareille, a fait que les choses se passent le moins mal possible.

Évidemment – et ça, je me permets de le partager – on sait très bien que lorsqu’on est confronté à une situation, on doit faire ce qu’on appelle son heshbon hanefesh par rapport à ça. C’est un travail personnel qu’on doit faire : pourquoi les choses arrivent ? Qu’est-ce qu’Hachem est en train de nous faire passer comme message ?

Mais en même temps, je vois ces dimensions merveilleuses, tellement belles du Klal Israël. C’est quelque chose d’unique : cette sensibilité à l’autre, ce désir d’être là, de dire « Si je peux aider, dites-moi », etc. Juste des mots, et c’est ce qui me reste le plus.

Que, Barouch Hachem, on soit capable de prendre des nouvelles les uns des autres pour des choses ultra positives, c’est ça que je nous souhaite véritablement, ardemment.

Et puis aussi, ce que j’ai eu, ce n’est pas grand-chose. Et j’ai surtout pensé à toutes celles et à tous ceux qui, en Israël, vivent encore et ont vécu des choses tellement plus difficiles. Je me dis : « Waouh, c’est tellement bouleversant ! » Soyons encore plus proches d’eux, faisons encore plus de choses positives dans le Klal Israël pour que toutes ces personnes puissent avoir la nechama, la consolation, et qu’on puisse véritablement arriver à la gueoula shleima.

C’est en tout cas ce qu’on doit essayer de faire, chacune et chacun à notre niveau.

Bernard Abouaf : Rav, vous êtes en train de nous dire – je crois que c’est une phrase du Rav Sacks, et ça se trouve, c’est peut-être une phrase de vous, je ne me souviens pas – mais est-ce que vous êtes en train de nous dire qu’on sait faire la guerre ensemble, en gros, et ça serait bien qu’on sache aussi faire la paix ensemble ? C’est-à-dire que quand ça va mal, quand quelqu’un se fait agresser – je ne sais plus qui a dit ça et je le répète, j’ai peut-être entendu dans l’un de vos cours « faire la guerre ensemble ». Donc là, le rabbin est agressé, on est tous là, on sait l’appeler, et j’ai l’impression que vous nous dites un peu : « Oui, mais il faut aussi savoir penser aux autres, il ne faut pas seulement dans les moments de crise. » Est-ce que vous nous dites un peu ça ?

Rav Elie Lemmel : Complètement ! Vous savez, quand on s’est retrouvé à la sortie d’Égypte, Hachem nous a demandé de faire cette offrande de l’agneau pascal. La Torah nous dit qu’il faut d’abord être en groupe, mais la viande doit être grillée.

On est là pour nous rappeler deux choses : soit on décide d’être ensemble et on fait le choix d’être ensemble malgré nos différences, mais on essaie de voir ce qu’il y a de beau chez l’autre, l’élément qui nous rapproche de lui. Soit, malheureusement, parfois c’est sous l’action du feu qui resserre les fibres que nous allons nous retrouver ensemble.

Ça, c’est un choix, mais ce choix, il est dans notre main. Et je vous garantis – j’en parle, je pense que pour moi comme pour tout le monde – ce n’est pas simple, parce qu’être proche et aimer les gens qui nous ressemblent plus ou moins, c’est relativement simple. Mais les personnes avec lesquelles on pense qu’on n’a aucun rapport, qui sont dans d’autres univers, qui ont même une autre vision du judaïsme… chercher à voir, comme on dit en yiddish, le « pintele Yid », la petite étincelle juive qui est présente, qui est intacte chez eux, et décider au fond de les aimer…

Je conclus là-dessus : Pinha’s disait : « Si je pouvais aimer le plus grand des gens exceptionnels comme D.ieu aime la personne qui est beaucoup moins… » Et c’est ça qu’on doit essayer de faire. C’est un travail qu’on doit tous essayer de faire. Que, be’ezrat Hachem, on y arrive le plus rapidement possible, parce que c’est ça la base de la gueoula du Klal Israël.

Bernard Abouaf : Amen. Moi, je pense à autre chose en tant que journaliste. J’entends plusieurs choses dans ce que vous dites. Évidemment, j’écoute avec beaucoup de concentration ce que vous venez de dire à l’instant, mais je pense aussi à deux choses. D’abord, depuis le 7 octobre, on voit des agressions absolument partout. Ça tombe sur n’importe qui et n’importe où. Parce qu’un « Rav Lemmel agressé à Deauville », c’est un titre que j’ai cru que je ne lirais jamais. Donc ça, c’est la première chose qui me frappe.
Puis la deuxième chose, c’est que vous avez raison, vous portez plainte, il va y avoir une enquête. Vous ne voulez pas… d’ailleurs, on voit toute votre sagesse qu’on connaît. Vous êtes en train de nous dire : « Non, moi je ne veux pas dire que c’est des gens de l’Europe de l’Est », même si vous êtes absolument certain d’avoir entendu parler en polonais ou en hongrois.
Et donc, moi, je voudrais remarquer avec vous, pour les auditeurs, que l’antisémitisme continue de pouvoir venir de n’importe où. Il faut arrêter de se focaliser que sur un secteur pro-palestinien ou islamiste. C’est la haine du juif, c’est partout.

Rav Elie Lemmel : Ce qu’il faut faire attention, c’est de ne pas rentrer dans une forme de paranoïa, c’est-à-dire de se rappeler tout ce qui va bien et d’être vigilant. Vous savez, c’est un petit peu ce que nos maîtres nous disent par rapport à une personne que l’on découvre. Ils nous disent : « Kaved et ha-adam, ve-hashked » – « Honore l’homme, mais ne sois pas naïf. »

C’est-à-dire qu’il ne faut pas rentrer dans une forme de paranoïa parce que ça serait complètement ridicule, mais dans une vigilance. Et cette vigilance, en effet, elle est nécessaire dans un monde dans lequel, malheureusement, on se rend compte à quel point la manipulation de la pensée est puissante. Comment est-ce qu’en effet on peut inscrire chez les gens une certaine vision des autres à travers l’utilisation des médias, à travers tellement de choses ?

Ça doit nous ramener, nous aussi, à cette nécessité de bien faire attention à cela. Et puis après, comme le texte nous dit : « Yaakov continue son chemin. » On essaie d’avancer, on essaie de continuer de construire, et c’est ça, au fond, la mission du peuple juif dans l’histoire.

Bernard Abouaf : Rav Lemmel, je vous remercie. On vous attend avec impatience pour votre émission de vendredi après-midi.

Rav Elie Lemmel : Merci à vous. Au revoir.

 

Des émissaires Habad participent à un briefing historique à la Maison Blanche

Des émissaires Habad participent à un briefing historique à la Maison Blanche

 

L’équipe de la Maison Blanche du président américain Donald Trump a organisé une rencontre exceptionnelle avec des Rabbanim de communautés de tous les États-Unis. Cette initiative témoigne de l’engagement de l’administration à renforcer les liens avec les communautés juives d’Amérique du Nord. Parmi les participants figuraient plusieurs émissaires du Rabbi et hauts responsables d’organisations Habad.

Une délégation Habad de premier plan à Washington

Les représentants de Habad présents lors de cette rencontre privilégiée comprenaient des figures emblématiques du mouvement. Le Rav Yossef Gordon, directeur général de Habad sur les campus universitaires, était accompagné du Rav Avi Weinstein, directeur des opérations principales de Habad Campus.

Le Rav Aaron Lipskar, directeur général de l’organisation Aleph qui œuvre auprès des prisonniers juifs, participait également à cette délégation d’exception. Ethan Webb, responsable de Habad Princeton, et le Rav Levi Shemtov, émissaire Habad à Washington, complétaient cette représentation de premier plan.

Un briefing dirigé par les plus hautes autorités

Le briefing était orchestré par Susie Wiles, cheffe de cabinet de la Maison Blanche, démontrant l’importance accordée à cette rencontre par l’administration Trump. La présence de Will Scharf, secrétaire de la Maison Blanche, soulignait davantage le caractère officiel et stratégique de cette initiative.

Cette configuration exceptionnelle permettait aux dirigeants communautaires juifs d’avoir un accès direct aux décideurs de la politique américaine, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives de dialogue et de coopération.

La lutte contre l’antisémitisme au cœur des discussions

L’élément central de cette rencontre portait sur la lutte contre l’antisémitisme, sujet d’une actualité brûlante aux États-Unis. Les participants juifs ont reçu un aperçu détaillé des actions entreprises par l’administration pour combattre ce fléau croissant dans la société américaine.

Les responsables de la Maison Blanche ont présenté les mesures concrètes mises en place ainsi que les orientations futures de cette politique de protection. Cette approche témoigne de la volonté de l’administration de maintenir un dialogue permanent avec les communautés concernées.

Un soutien affiché aux communautés juives américaines

La rencontre a également permis de mettre en lumière le soutien de la Maison Blanche et de l’administration américaine aux Juifs d’Amérique. Cette démonstration publique d’engagement révèle une approche bienveillante et connectée aux préoccupations des communautés juives du pays.

Les participants ont pu constater l’attention particulière portée par le gouvernement américain aux défis spécifiques auxquels font face les communautés juives. Cette initiative s’inscrit dans une démarche plus large de renforcement des liens entre l’administration fédérale et les différentes composantes de la société américaine.

Cette rencontre historique marque une étape significative dans les relations entre le mouvement Habad et les instances gouvernementales américaines, ouvrant la voie à une collaboration renforcée dans la lutte contre l’antisémitisme et la protection des communautés juives.

 

Un pompier juif sauve un Sefer Torah des flammes dans un Beth Habad de Long Island

Un pompier juif sauve un Sefer Torah des flammes dans un Beth Habad de Long Island

 

Un acte héroïque s’est déroulé mercredi matin lors d’un violent incendie à Long Island, New York, où un pompier juif a risqué sa vie pour sauver un rouleau sacré de la Torah. Michael Farca, membre des services d’urgence locaux, n’a pas hésité une seconde en découvrant que le Habad de Greenvale était la proie des flammes vers 7 heures du matin. Son geste courageux, survenu pendant les célébrations de Chavouot, fait aujourd’hui le tour des réseaux sociaux et suscite l’admiration de toute la communauté juive.

Un sauvetage au péril de sa vie pendant Chavouot

Lorsque Michael Farca arrive sur les lieux de l’intervention, l’ampleur du sinistre est considérable. Le bâtiment du Habad de Greenvale est dévoré par les flammes, mais le pompier comprend immédiatement que l’enjeu dépasse la simple lutte contre l’incendie. Sans hésitation, il s’élance dans la fumée épaisse avec une mission claire : sauver le Sefer Torah.

« Il est sorti des portes enfumées avec la Torah comme un super-héros dans une scène de film », raconte Igor Shamalov, membre de la communauté Habad. Le témoignage de Shamalov souligne l’aspect quasi miraculeux de ce sauvetage : ni le pompier ni le rouleau sacré ne portaient la moindre égratignure.

La coïncidence avec la fête de Chavouot, qui célèbre précisément le don de la Torah, confère à cet événement une dimension spirituelle particulière. « Cela fait deux jours que nous célébrons Chavouot », explique Shamalov. « Le sauvetage de notre Sefer Torah pendant cette période sacrée renforce notre foi de manière extraordinaire. »

Une image devenue symbole d’espoir

La scène de Michael Farca émergeant des flammes avec le rouleau sacré dans les bras a profondément marqué la foule rassemblée devant le bâtiment en feu. « Le rouleau de Torah, pour nous, n’a pas de prix », confie Shamalov. « C’est comme sauver une vie humaine. » L’émotion était si intense que la foule présente a fondu en larmes à la vue de ce sauvetage.

Yuriy Davydov, fidèle de la communauté, exprime l’impact spirituel de ce moment : « La Torah est plus qu’un livre, c’est notre cœur et notre âme. La voir portée en sécurité nous a semblé être un miracle. » Cette déclaration résume parfaitement l’importance capitale que revêt la préservation du Sefer Torah pour l’ensemble de la communauté.

Des dégâts importants mais un moral intact

Malgré l’intervention rapide des services d’incendie de tout le comté de Nassau, les dégâts sont considérables. Le bâtiment porte les traces profondes du sinistre : livres de prières trempés et noircis, sanctuaire en grande partie détruit. Les équipes de secours sont restées sur place pendant des heures pour éteindre les derniers foyers et évaluer l’ampleur des dommages.

Cependant, la survie du Sefer Torah suffit à maintenir l’espoir au sein de la communauté. « Le bâtiment a subi des dégâts mais pas une défaite », affirment les membres. Cette résilience face à l’adversité témoigne de la force spirituelle que leur procure la préservation de leur trésor le plus sacré.

Heureusement, aucune blessure n’est à déplorer et les causes de l’incendie font encore l’objet d’une enquête approfondie par les autorités compétentes.

Vers une reconstruction empreinte de foi

Face à cette épreuve, la communauté du Habad de Greenvale fait preuve d’une détermination remarquable. Les projets de reconstruction sont déjà à l’étude, portés par la conviction que ce sauvetage miraculeux constitue un signe que leur foi demeure plus forte que jamais.

En attendant que ces travaux puissent débuter, la priorité immédiate consiste à trouver un lieu temporaire où la communauté pourra continuer à se rassembler pour le culte. « Nous cherchons activement un nouveau foyer temporaire pour nos prières », précise Shamalov, soulignant la volonté collective de maintenir la vie religieuse malgré les circonstances.

 

 

 

Inscriptions ouvertes pour l’hébergement au Ohel du Rabbi lors du Chabbat précédant le 3 Tamouz 5785

Inscriptions ouvertes pour l’hébergement au Ohel du Rabbi lors du Chabbat précédant le 3 Tamouz 5785

 

L’organisation Ohel Habad Loubavitch a ouvert mercredi les inscriptions pour l’hébergement exceptionnel près du Ohel du Rabbi. Cette opportunité rare concerne uniquement la nuit de Chabbat précédant la commémoration du 3 Tamouz 5785. Les places étant limitées, l’inscription se fait selon le principe du premier arrivé, premier servi.

 

 

Hébergement exceptionnel près du site saint

L’institution Ohel Habad Loubavitch a lancé les inscriptions pour un hébergement privilégié à proximité immédiate de l’Ohel saint. Cette initiative permet aux fidèles de passer la nuit de Chabbat dans un cadre spirituel unique, à quelques pas du lieu de repos du septième Rabbi de Loubavitch.

L’hébergement est organisé spécifiquement pour la nuit du Chabbat Parachat Kora’h, correspondant au 2 Tamouz, veille de la date de commémoration. Dès la sortie du Chabbat, l’installation temporaire sera démontée, soulignant le caractère exceptionnel de cette proposition.

Procédure d’inscription renforcée

Cette année, l’administration a mis en place des exigences particulières pour finaliser l’inscription. Chaque candidat doit présenter une pièce d’identité officielle ainsi qu’un billet d’avion valide. Cette mesure vise à mieux organiser l’accueil et garantir la sécurité de tous les participants.

L’inscription s’effectue individuellement via un formulaire Google dédié. Chaque personne souhaitant bénéficier de cet hébergement doit compléter sa propre demande, sans possibilité d’inscription groupée.

Places limitées et réservation prioritaire

Le nombre de couchages disponibles reste volontairement restreint en raison de la configuration du site. L’attribution des places suit strictement l’ordre chronologique des inscriptions validées. Cette limitation permet de préserver l’atmosphère recueillie du lieu tout en offrant une expérience spirituelle intense.

Une tradition qui perdure

Cette initiative s’inscrit dans la continuité des traditions établies pour honorer la mémoire du Rabbi. L’hébergement près de l’Ohel représente une opportunité unique de vivre un Chabbat dans la proximité spirituelle du guide spirituel, renforçant les liens communautaires à l’approche de cette date significative du calendrier hassidique.

Réservations : https://www.ohelchabad.org/reserve

Agression antisémite présumée à Deauville : le Rav Elie Lemmel pris à partie en pleine rue

Agression antisémite présumée à Deauville : le Rav Elie Lemmel pris à partie en pleine rue

 

Le Rav Elie Lemmel, figure respectée du judaïsme francophone, a été agressé vendredi 30 mai dans le centre-ville de Deauville par trois individus en état d’ébriété. L’incident, qui s’est déroulé en plein après-midi, fait l’objet d’une enquête pour « violences commises en raison de la religion ». Cette agression s’inscrit dans un contexte d’augmentation préoccupante des actes antisémites en France depuis octobre 2023.

Une agression en plein jour au cœur de Deauville

L’incident s’est produit vers 15h30 en plein centre-ville de la station balnéaire normande. Le Rav Elie Lemmel, facilement identifiable par sa kippa, a été violemment pris à partie par trois agresseurs visiblement alcoolisés. Selon les témoignages recueillis par les forces de l’ordre, l’un des individus a porté un coup au ventre du rabbin avant que le trio ne prenne immédiatement la fuite.

La victime s’est rendue directement au commissariat de Deauville pour déposer plainte. Malgré le caractère troublant de cette agression contre une personnalité religieuse en tenue traditionnelle, le commandant David Hennequet reste prudent : « Pour l’heure, rien n’établit que les faits soient liés à la religion. »

Une enquête ouverte pour violences à caractère religieux

La procureure de la République de Lisieux, Delphine Mienniel, a confirmé l’ouverture d’une enquête pour « violences sans incapacité de travail commises en raison de la religion ». Cette qualification juridique témoigne de la gravité accordée par le parquet à cet incident, même si les investigations doivent encore établir le mobile exact des agresseurs.

Les enquêteurs s’attachent désormais à identifier les trois auteurs présumés de cette agression. Les témoignages recueillis et les éventuelles images de vidéosurveillance du centre-ville devraient permettre de faire avancer l’enquête dans les prochains jours.

Le témoignage rassurant du Rav Lemmel

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le Rav Elie Lemmel a tenu à rassurer sa communauté et ses proches. « Grâce à D.ieu, tout va bien. J’ai juste reçu un coup et des insultes dans une langue que je ne comprends pas », a-t-il écrit, faisant preuve d’une sérénité remarquable face à cette épreuve.

Le rabbin a également appelé ses fidèles à « renforcer la spiritualité » face à ces événements troublants, adoptant une approche constructive plutôt que de céder à l’amertume. Cette réaction témoigne de la sagesse et de la résilience qui caractérisent cette figure respectée du judaïsme francophone.

Un contexte d’inquiétude croissante pour la communauté juive

Cette agression rappelle douloureusement un incident similaire survenu en mars 2025, lorsque le rabbin d’Orléans avait été roué de coups en rentrant chez lui accompagné de son jeune fils. Ces événements s’inscrivent dans un climat de forte tension depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Service de protection de la communauté juive (SPCJ) a recensé 1 570 incidents antisémites en 2024, une augmentation qualifiée d' »alarmante » lors des récentes Assises de lutte contre l’antisémitisme organisées par le gouvernement français. Cette recrudescence des actes hostiles envers la communauté juive constitue un défi majeur pour les autorités et nécessite une vigilance renforcée de l’ensemble de la société.

Une soirée d’hommage à Tsfat lance une ambitieuse campagne pour l’expansion de la Yechiva Tzeirei Hashlouhim

Une soirée d’hommage à Tsfat lance une ambitieuse campagne pour l’expansion de la Yechiva Tzeirei Hashlouhim

 

La Yechiva Tzeirei Hashlouhim de Tsfat a organisé mardi soir une soirée de reconnaissance en l’honneur de son équipe pédagogique et administrative. L’événement a marqué le lancement officiel d’une campagne de collecte de fonds destinée à finaliser l’acquisition d’un nouveau campus. Cette initiative vise à doubler la capacité d’accueil de l’établissement et à créer une grande Yechiva dès la prochaine année scolaire.

Une reconnaissance méritée pour l’équipe éducative

La soirée s’est déroulée en présence du directeur de la Yechiva, des Rabbanim, des enseignants et de l’ensemble du personnel des institutions Tzeirei Hashlouhim de Tsfat. L’événement a permis d’exprimer la profonde gratitude de la direction, des parents et des étudiants envers les Rabbanim et les membres du personnel dévoués, qui consacrent leurs jours et leurs nuits au succès de l’établissement et à l’épanouissement des élèves.

Cette reconnaissance témoigne de l’engagement exceptionnel d’une équipe qui œuvre sans relâche pour maintenir l’excellence pédagogique et spirituelle de l’institution. La direction a souligné l’importance cruciale de ce personnel dans la réussite des projets éducatifs menés par la Yechiva.

Lancement d’une campagne stratégique de développement

Le point culminant de la soirée a été le lancement officiel de la campagne de collecte de fonds, qui débutera la semaine prochaine. L’objectif principal consiste à réunir les fonds nécessaires pour finaliser l’acquisition du nouveau campus qui servira l’ensemble des institutions Tzeirei Hashlouhim.

Cette acquisition s’inscrit dans la préparation de l’ouverture d’une grande Yechiva prévue pour la prochaine année scolaire. Le nouveau campus permettra un bond qualitatif significatif dans les activités de la Yechiva et une expansion dramatique des cadres existants des petites Yechivot.

Un projet d’expansion ambitieux pour deux communautés

Le nouveau campus bénéficiera aux deux institutions existantes : la Yechiva « Tzeirei Hashlouhim » pour les étudiants anglophones et « Ohel Mena’hem Mendel » pour les hébraïsants. L’ambition est de doubler le nombre d’étudiants dans les différents cadres de la Yechiva, tout en offrant des conditions matérielles de qualité qui permettront aux élèves d’étudier dans la sérénité.

Cette expansion répond à une demande croissante et permettra d’accueillir davantage de jeunes dans un environnement d’étude optimal. Le projet s’inscrit dans une vision à long terme de renforcement de l’enseignement traditionnel dans la région de Tsfat.

Des engagements concrets pour concrétiser le projet

Le Rav Zalman Kaplan, directeur de la Yechiva, a déclaré dans son discours : « Nous entamons cette campagne dans un esprit de ‘lekhat’hila ariber’ (résolument optimiste), en sachant que nous faisons partie de quelque chose de plus grand et plus élevé que nous. »

Plusieurs personnalités ont pris la parole lors de cette soirée émouvante, notamment le Rav Haïm Kaplan, émissaire du Rabbi à Tsfat, le Rav Chmouel Michoulvin, directeur spirituel de la Yechiva « Ohel Mena’hem Mendel », le Rav Daniel Naki, surveillant général de la Yechiva « Tzeirei Hashlouhim », et le Rav Fichel Henig, directeur du programme de Metivta.

Ces intervenants ont souligné la double mission de renforcement des institutions Habad en Terre Sainte, particulièrement dans le domaine éducatif. À l’issue de l’événement, des engagements de financement ont été pris pour un montant dépassant deux millions de shekels, constituant le lancement effectif de la campagne vers l’objectif global fixé pour l’acquisition et la rénovation du bâtiment.

 

La transformation par l’imagination : Une révolution spirituelle et neurologique

La transformation par l’imagination : Une révolution spirituelle et neurologique

 

La convergence surprenante entre l’enseignement hassidique et les découvertes de la neuroscience moderne révèle le pouvoir extraordinaire de l’imagination dans la transformation humaine. Cette rencontre entre sagesse traditionnelle et recherche scientifique éclaire d’un jour nouveau notre capacité à transcender nos limitations personnelles. La neuroplasticité confirme ce que les maîtres hassidiques enseignaient depuis des siècles : nous pouvons littéralement remodeler notre cerveau par l’exercice de l’imagination dirigée.

La sortie d’Égypte comme paradigme de transformation personnelle

La notion de Yetsiat Mitsraim prend une dimension révolutionnaire quand elle est comprise comme sortie de nos « Meitsar » personnels – nos étroitesses et zones de confort. « Il ne s’agit plus seulement d’un événement historique mais d’un processus psycho-spirituel permanent accessible à chaque individu », explique Yehouda Shmotkin dans ses enseignements.

Cette perspective transforme la libération d’Égypte en paradigme universel de l’émancipation humaine face à ses propres contraintes intérieures. Plutôt que de lutter contre nos inclinations naturelles comme un élastique que l’on tire jusqu’à la rupture, l’Alter Rebbe propose une voie alternative : transformer nos désirs en profondeur par la méditation et la contemplation de la proximité divine.

Le pouvoir révolutionnaire de l’imagination selon les maîtres hassidiques

Le Rabbi précédent développe cette intuition en révélant le pouvoir extraordinaire de l’imagination. Son observation selon laquelle nous pouvons non seulement revivre des expériences passées mais les comprendre avec une profondeur nouvelle grâce à notre maturité acquise, suggère que l’imagination n’est pas simple fantaisie mais véritable mode de connaissance.

La question récurrente du Rabbi Rachab « Qu’est-ce que tu te rappelles ? » implique que la mémoire active constitue un outil de transformation. « Le pouvoir de l’imagination de la pensée place la personne dans les hauteurs les plus élevées », enseignait-il, révélant une vérité psychologique profonde sur notre capacité à nous connecter authentiquement à la réalité contemplée.

La parabole du roi et du prince illustre magistralement cette dynamique : l’âme descendue dans ce monde ressemble au prince qui, exilé dans une terre lointaine, oublie progressivement son origine royale, mais le souvenir peut ressurgir et réveiller en lui la nostalgie du palais paternel.

La confirmation scientifique : neuroplasticité et imagination

L’expérience d’Alvaro Pascual-Leone démontrant que l’entraînement mental au piano produit les mêmes modifications cérébrales que la pratique physique révèle une vérité fondamentale : notre cerveau ne distingue pas toujours entre expérience réelle et expérience imaginée de manière suffisamment vivante.

« De même que la pellicule change sa structure moléculaire pour capturer l’image de la montagne, notre cerveau modifie ses connexions neurales en réponse aux informations qu’il reçoit », qu’elles proviennent d’expériences directes ou d’imaginations structurées. Cette plasticité cérébrale signifie que nous ne sommes jamais prisonniers définitifs de nos patterns comportementaux passés.

Les athlètes utilisent systématiquement cette « imagerie d’adaptation » : le skieur qui imagine mentalement chaque courbe de la piste crée des connexions neurales qui faciliteront son exécution réelle.

Vers une révolution spirituelle et pratique

Le célèbre principe du Rabbi « Tracht Gut Vet Zein Gut » – penser positivement produira du positif – ne relève pas de la pensée magique mais d’une compréhension sophistiquée de la façon dont notre représentation mentale influence la réalité. Cette approche résout l’antinomie entre effort spirituel et spontanéité authentique.

En imaginant notre proximité avec Hachem, en visualisant notre amour pour la spiritualité et la sainteté, nous actualisons progressivement ces réalités en nous. L’imagination devient ainsi un outil de téchouva, de retour vers notre essence véritable, confirmant que la transformation spirituelle authentique utilise de manière optimale les lois naturelles plutôt que de s’y opposer.

 

 

À deux pas de Damas : Tsahal s’implante sur les sommets stratégiques du mont Hermon syrien

À deux pas de Damas : Tsahal s’implante sur les sommets stratégiques du mont Hermon syrien

À 2814 mètres d’altitude, au point le plus éloigné jamais atteint par Tsahal, des soldats israéliens surveillent désormais Damas à seulement 20 kilomètres. Cette position stratégique sur le mont Hermon syrien marque l’établissement d’une nouvelle frontière de facto pour Israël. Dans ces anciennes positions syriennes abandonnées, les forces israéliennes découvrent l’ampleur des préparatifs militaires qui étaient dirigés contre elles.

 

Une position stratégique inédite face à la capitale syrienne

« Tu vois cet éclat là-bas ? », indique le capitaine Z. en pointant vers le nord. À travers la lunette de son fusil, les bâtiments de Damas se dessinent clairement à une vingtaine de kilomètres seulement. Cette proximité saisissante illustre l’importance stratégique de cette nouvelle position israélienne sur le mont Hermon syrien.

Les soldats de l’unité tactique montée (HIT »R) sont les premiers à avoir atteint ce sommet. Leurs véhicules spécialisés, capables de circuler dans des conditions extrêmes, ont permis d’accéder à des zones jusque-là inaccessibles. « Ces véhicules roulent dans la neige comme sur des dunes », explique le capitaine Z., commandant de l’unité qui a participé à cette percée historique.

Depuis cette position culminante, le panorama révèle toute la dimension géostratégique du secteur. Vers la gauche, le sud du Liban se dessine à courte distance, tandis qu’à droite s’étendent les villages druzes qui furent récemment victimes de massacres. Cette situation géographique unique transforme le mont Hermon en un poste d’observation et de contrôle sans équivalent.

Des découvertes inquiétantes dans les positions abandonnées

L’exploration des installations syriennes abandonnées révèle l’ampleur des préparatifs militaires dirigés contre Israël. Dans les positions du régime déchu, les soldats ont découvert des roquettes, des obus de mortier et des lanceurs pointés vers les positions de Tsahal. « Ils planifiaient quelque chose de grand contre nous », confie un combattant.

Le sergent A., réserviste originaire de Sderot et docker au port d’Ashdod, témoigne des conditions difficiles dans lesquelles vivaient les forces syriennes. « Nous avons trouvé des carnets et des classeurs contenant des informations significatives sur Israël. On comprend qu’on a empêché ici quelque chose de grand qui était planifié », explique-t-il.

Les fouilles ont également mis au jour des tunnels terroristes dans des zones auparavant inaccessibles, ainsi que du matériel de combat russe aux côtés de l’équipement syrien. Ces découvertes confirment l’importance stratégique de ces positions qui servaient de dernière ligne de défense avant la frontière israélienne.

L’unité d’élite qui a ouvert la voie

L’unité tactique montée (HIT »R), créée pendant cette guerre, s’est imposée comme l’une des plus demandées de l’armée israélienne. Ses véhicules spécialisés permettent d’atteindre des zones où aucun autre moyen de transport ne peut accéder, offrant une mobilité exceptionnelle sur tous les terrains.

« Nous faisons ici de l’histoire », déclare le capitaine Z. « Si on nous avait dit il y a quelques mois que nous serions au sommet du Hermon, à 20 kilomètres de Damas, cela aurait relevé du rêve. » Cette unité de niche, née des nécessités de la guerre, a participé à des opérations avec les unités spéciales au Liban, aux évacuations de blessés à Gaza, et à la recherche de roquettes en Syrie.

Le parcours du sergent A. illustre l’engagement de ces réservistes. Après avoir passé un an et demi dans la bande de Gaza, il a rejoint cette unité spécialisée pour contribuer aux combats dans le nord. « Nous sommes des réservistes, des combattants, et nous répondrons toujours présent quand on nous appelle », affirme-t-il avec fierté.

Vers un nouveau équilibre stratégique régional

La prise de contrôle du mont Hermon syrien modifie fondamentalement l’équilibre sécuritaire régional. Cette position permet désormais de surveiller et de contrôler les axes de contrebande entre la Syrie et le Liban, routes qu’empruntaient les convois d’armes iraniens destinés au Hezbollah.

À seulement 50 kilomètres se trouve la ville de Sidon, au cœur du territoire libanais, tandis que les provinces de la Bekaa et du Nabatieh, régulièrement bombardées par l’aviation israélienne, restent à portée d’intervention. Cette proximité offre une capacité d’action inédite sur l’ensemble du dispositif hostile.

« Nous contrôlons désormais le terrain beaucoup plus fermement, nous l’occupons et repoussons encore le prochain 7 octobre », résume le capitaine Z. Alors que le soleil se couche sur ce nouveau poste avancé, marqué par un immense drapeau israélien peint sur l’ancien bunker syrien, la question demeure : cette ligne constituera-t-elle une frontière durable protégeant Israël des menaces terroristes et iraniennes pour les décennies à venir ?