Le Mystérieux « Monsieur » de Marseille : Quand le futur Rabbi secourait des orphelins pendant la Seconde Guerre mondiale

Le Mystérieux « Monsieur » de Marseille : Quand le futur Rabbi secourait des orphelins pendant la Seconde Guerre mondiale

Ce témoignage extraordinaire révèle comment un homme mystérieux sauva des dizaines d’enfants juifs à Marseille pendant la Seconde Guerre mondiale, avant que son identité ne soit dévoilée des années plus tard de la manière la plus bouleversante qui soit.

Introduction : Une rencontre qui change tout

C’était lors de la Pâque 1972 que Betzalel Schiff se rendit pour la première fois chez le Rabbi de Loubavitch, accompagné de ses deux frères. Hébergé chez son cousin Gershon Jacobson, journaliste représentant le quotidien Maariv aux États-Unis et rédacteur du journal yiddish Algemeiner Journal, il allait entendre un récit qui bouleverserait sa compréhension de la providence divine.

À cette époque, de nombreux survivants de la Shoah, parlant encore le yiddish comme langue maternelle, cherchaient à transmettre leurs histoires de survie miraculeuse. Le journal de Gershon était devenu leur refuge naturel pour témoigner de ce monde juif d’avant-guerre et de leur parcours personnel. C’est dans ce contexte que fut recueilli le témoignage exceptionnel de David Aaron Newman.

L’exil forcé : De Vijnita à Marseille

David Aaron Newman naquit en 1934 dans la petite ville de Vijnita, aujourd’hui située en Ukraine. Ses parents, espérant un avenir meilleur, décidèrent de déménager à Anvers, en Belgique, où prospérait alors une importante communauté juive de cinquante mille âmes.

Hélas, leur quête de sécurité fut de courte durée. En 1940, l’invasion allemande de la Belgique marqua le début de leur calvaire. Les déportations vers les camps de la mort commencèrent immédiatement, contraignant la famille Newman, comme tant d’autres familles juives, à fuir vers la France.

David, âgé de six ans seulement, comprenait instinctivement qu’ils fuyaient la mort. Après avoir franchi la frontière, la famille trouva refuge à Marseille, où vivaient la grand-mère maternelle de David et sa tante. La communauté hassidique de Habad locale les accueillit chaleureusement, mais les conditions demeuraient précaires : nourriture rare, logements de fortune, errances perpétuelles de maison en maison.

La séparation : L’orphelinat de Marseille

La chute de Paris aux mains des nazis aggrava dramatiquement la situation. Dans ce chaos, la famille se dispersa, et David ne retrouverait les siens qu’après la guerre. Il fut placé dans un orphelinat de Marseille qui abritait près de cinquante enfants, certains âgés de seulement trois ou quatre ans.

L’atmosphère de l’établissement était déchirante. Nombreux étaient ceux qui savaient leurs parents assassinés, d’autres l’ignoraient encore. David se souvenait avec douleur des pleurs nocturnes des enfants appelant leurs parents disparus. La faim était omniprésente, les privations quotidiennes.

L’apparition du mystérieux sauveur

C’est au début de l’été 1941 qu’apparut leur ange gardien. Dans ces journées où la faim creusait les joues des enfants et où l’espoir semblait avoir déserté l’orphelinat, un homme fit son apparition comme une lueur dans les ténèbres. Les enfants ne connaissaient pas son nom et l’appelaient simplement « Monsieur ». Chaque jour, il arrivait avec des paniers remplis de longues baguettes françaises encore tièdes, de conserves de thon ou de sardines, parfois des pommes de terre qu’il épluchait patiemment devant eux.

Mais sa mission dépassait infiniment la simple distribution de nourriture. Cet homme comprenait que ces enfants avaient faim de bien plus que de pain : ils avaient faim d’amour, d’attention, de sécurité. Il restait donc toute la journée, refusant de partir avant d’être certain que chaque enfant ait mangé. Sa présence seule transformait l’atmosphère lugubre de l’orphelinat en un havre de paix temporaire.

Pour les plus traumatisés qui refusaient de s’alimenter – ces petits êtres brisés par l’horreur qu’ils avaient vécue ou dont ils avaient été témoins -, il déployait des trésors de patience et de tendresse infinie. Il s’agenouillait à leur niveau, les regardait dans les yeux avec une douceur qui parlait à leur âme meurtrie. Il les prenait délicatement sur ses genoux, comme le ferait un père aimant, leur racontait des histoires qui les transportaient loin de leur réalité douloureuse, leur chantait des mélodies yiddish qui réveillaient peut-être en eux des souvenirs plus heureux, et les nourrissait de sa propre main, bouchée après bouchée, avec une patience que seul l’amour peut inspirer.

Certains enfants, trop choqués pour parler, retrouvaient leur voix en sa présence. D’autres, qui avaient cessé de sourire depuis des mois, esquissaient timidement un sourire quand il leur chantonnait une berceuse. Il avait cette capacité extraordinaire de voir au-delà des visages émaciés et des regards éteints : il voyait l’enfant unique que chacun d’eux était, avec ses besoins particuliers, ses peurs spécifiques, ses petites joies cachées.

« Pour ces enfants meurtris, il était comme un père », se souvient David, la voix encore émue des décennies plus tard. « Il connaissait le nom de chacun d’entre nous, nos petites habitudes, nos préférences alimentaires, nos peurs nocturnes, alors que nous ignorions le sien. Cette asymétrie était troublante : lui nous voyait comme des individus uniques et précieux, tandis que pour nous, il demeurait ce mystérieux bienfaiteur dont nous ne savions rien, si ce n’est qu’il incarnait la bonté pure. »

La ruse de l’amour

L’amour que portaient les enfants à leur bienfaiteur était si profond qu’il suscitait parfois la jalousie. David se rappelle d’un enfant qui, envieux de voir ses camarades assis sur les genoux du « Monsieur », feignait de refuser de manger uniquement pour bénéficier de cette attention particulière et de ces moments privilégiés d’histoires et de chansons.

Cette présence bienveillante perdura plusieurs semaines. Pour David, comme pour nombre de ses camarades, cet homme fut littéralement leur bouée de sauvetage : « Sans lui, je ne serais pas en vie aujourd’hui. »

La révélation bouleversante

Après la guerre, David retrouva sa famille dispersée et quitta l’Europe pour recommencer sa vie. En 1957, installé à New York, son oncle lui suggéra de rencontrer le Rabbi de Loubavitch. Un entretien privé (yehidout) fut organisé.

Le jour venu, David se rendit au 770 Eastern Parkway, siège du mouvement Habad. Après avoir récité des psaumes et observé la foule venue voir le Rabbi, son tour arriva enfin.

Le Rabbi lui sourit et déclara en yiddish : « Das iz Doud’leh! Mais c’est David’leh ! »

David fut d’abord intrigué : comment le Rabbi connaissait-il son nom ? Puis la révélation le frappa comme un coup de foudre : il se trouvait face au mystérieux « Monsieur » de Marseille !

Le Rabbi l’avait reconnu 17 ans après, avant même que David ne le reconnaisse. Dix-sept années s’étaient écoulées depuis ces journées tragiques de 1941. L’enfant de six ans aux joues creusées par la faim était devenu un homme de vingt-trois ans. Ses traits avaient mûri, sa voix avait mué, sa stature s’était transformée. Pourtant, dans ce regard bienveillant, dans ce sourire chaleureux, le Rabbi avait instantanément retrouvé le petit David’leh qu’il avait tenu sur ses genoux, qu’il avait nourri à la cuillère, à qui il avait chanté des berceuses pour apaiser ses peurs.

Cette reconnaissance immédiate révélait quelque chose d’extraordinaire sur la nature du Rabbi. Parmi les dizaines d’enfants qu’il avait secourus à Marseille, parmi les milliers de personnes qu’il avait croisées dans sa vie, il avait gardé gravé dans sa mémoire non seulement le visage de chaque enfant, mais aussi leur essence profonde, leur âme. Car au-delà des transformations physiques, c’était l’âme de David que le Rabbi avait reconnue.

Pour David, ce moment fut un bouleversement total. L’homme qu’il s’apprêtait à rencontrer comme une figure spirituelle lointaine était en réalité celui qui lui avait littéralement sauvé la vie. Le « Monsieur » anonyme de ses souvenirs d’enfance se révélait être l’un des plus grands leaders spirituels de sa génération. Cette révélation transformait rétrospectivement toute sa compréhension de ces journées sombres : ce n’était pas un simple acte de charité qu’il avait reçu, mais l’attention personnelle d’un homme dont la grandeur ne se mesurerait qu’avec le temps.

Les coulisses de la providence

Les recherches ultérieures révélèrent les circonstances de cette rencontre providentielle. Le Rabbi et son épouse, Haya Mouchka, tentaient alors de fuir l’Europe nazie. Pour organiser les documents nécessaires à leur évasion, le Rabbi effectuait des allers-retours entre Nice et Marseille. C’est vraisemblablement lors de ces voyages qu’il apprit l’existence de l’orphelinat et la détresse de ces enfants.

L’enseignement éternel

Cette histoire révèle la grandeur d’âme exceptionnelle d’un homme qui, malgré son érudition et sa stature spirituelle, n’hésita pas à nourrir de ses propres mains des orphelins anonymes. Pour lui, le sauvetage d’enfants primait sur tout le reste, incarnant parfaitement le principe talmudique selon lequel « quiconque sauve une vie, sauve un monde entier ».

David Aaron Newman conclut son témoignage par ces mots empreints de gratitude éternelle : « Jamais je ne pourrai assez le remercier de m’avoir sauvé de la mort. Grâce à lui, j’ai des fils, des petits-fils et des arrière-petits-fils. »

Épilogue : La mémoire vivante

Ce récit, rapporté par Betzalel Schiff dans le cadre de ses mémoires exclusifs « La vie des hassidim derrière le rideau de fer », illustre de manière saisissante comment la providence divine œuvre parfois dans l’anonymat le plus complet. Il nous enseigne que les actes de bonté les plus simples peuvent avoir des répercussions éternelles, et que derrière chaque geste de sauvetage se cache parfois une grandeur insoupçonnée.

Cette histoire vraie demeure un témoignage vibrant de l’humanité qui peut persister même dans les heures les plus sombres de l’Histoire.

Un cadeau exceptionnel : le président argentin offre à Netanyahou un tableau unique de sa rencontre avec le Rabbi

Un cadeau exceptionnel : le président argentin offre à Netanyahou un tableau unique de sa rencontre avec le Rabbi

 

Le président argentin Javier Milei a remis au Premier ministre israélien un tableau extraordinaire représentant sa rencontre avec le Rabbi de Loubavitch. Cette œuvre artistique, créée spécialement pour commémorer l’anniversaire du Rabbi, illustre un moment spirituel unique. Le geste symbolique témoigne des liens profonds entre les deux hommes et de l’influence du mouvement Habad sur la scène politique internationale.

Une initiative artistique née de la dévotion

L’histoire de ce tableau remarquable débute avec Daniel Benion, un hassid de Habad résidant à Buenos Aires. À l’occasion de l’anniversaire du Rabbi, ce passionné d’art a eu l’idée de créer une œuvre représentant le président Milei en audience avec le vénéré dirigeant spirituel. Cette initiative artistique reflète la vénération particulière que porte le mouvement Habad à son Rabbi dont l’influence spirituelle perdure.

L’émotion du président face à l’œuvre

Lorsque le président Milei a découvert le tableau, son émotion fut immédiate et profonde. Conquis par cette représentation artistique de sa rencontre spirituelle avec le Rabbi, il a exprimé le souhait d’offrir une œuvre similaire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Cette réaction spontanée révèle la sensibilité spirituelle du dirigeant argentin et son attachement aux valeurs véhiculées par le mouvement Habad.

Les émissaires du Rabbi orchestrent la remise

Rav Tzvi Grinblatt et son gendre Rav Haïm Oirechman, émissaires du Rabbi en Argentine, ont joué un rôle crucial dans cette démarche symbolique. Ils ont facilité la remise du tableau au président Milei et coordonné la création de l’œuvre destinée à Netanyahou. Leur implication souligne l’importance du réseau mondial des émissaires de Loubavitch dans le rayonnement spirituel du mouvement.

 

Un moment de recueillement avant la remise

Selon le témoignage du Rav Oirechman, avant d’offrir le tableau à Netanyahou, le président Milei a souhaité visionner les images de la véritable rencontre entre le Premier ministre israélien et le Rabbi. Cette démarche lui a permis de s’imprégner de l’émotion et de la spiritualité de ce moment historique. « Après avoir reçu le tableau destiné à Netanyahou, il a demandé à voir la vidéo de cette visite pour ressentir pleinement l’intensité de cet instant avant de remettre le présent au Premier ministre », explique l’émissaire.

Cette attention aux détails et ce souci d’authenticité témoignent de la sincérité de la démarche présidentielle. Le Rav Oirechman conclut avec une formule saisissante : « À la fois président et hassid ! », résumant parfaitement la double dimension de Javier Milei, homme d’État et disciple spirituel.

 

 

 

Première rencontre (1984)

Netanyahu arrive à cette rencontre par l’intermédiaire d’un ancien soldat qui avait servi sous ses ordres lorsqu’il était capitaine de la Sayeret Matkal, le commando d’élite de Tsahal, devenu depuis hassid Loubavitch. Cet homme l’invite en lui annonçant qu’il va y avoir « un événement extraordinaire chez le Rabbi ».

La rencontre se déroule dans une atmosphère spirituelle intense : plus de 5000 hassidim se pressent dans la synagogue pour le Farbrenguen de Sim’hat Torah, où se succèdent les discours du Rabbi et les chants des fidèles jusqu’aux « Hakafot » tardives. Malgré ses réticences initiales à déranger le Rabbi, Netanyahu est encouragé par l’entourage à s’approcher.

L’échange révèle immédiatement la perspicacité du Rabbi. Quand Netanyahu lui dit simplement « Rabbi, je suis venu te voir », le Rabbi répond avec finesse : « Me voir seulement ? Pas discuter ? » Cette répartie lance une conversation exceptionnelle de trois quarts d’heure.

Le conseil central du Rabbi sur « la petite flamme dans l’obscurité » s’inscrit dans un contexte géopolitique précis : l’ONU était alors particulièrement hostile à Israël, au point que les Israéliens la surnommaient « beït ha’hochekh » (la maison de l’obscurité). Le Rabbi ne cherche pas à enjoliver la réalité difficile que Netanyahu devra affronter, mais lui donne une vision spirituelle de sa mission : même dans les ténèbres les plus épaisses, une petite lumière peut éclairer très loin.

Le Rabbi insiste également sur l’importance de l’identité : Netanyahu doit se souvenir « de qui il est et de ce qu’il représente : Israël, le peuple juif » et adopter « une position ferme et fière ». Cette rencontre marque profondément Netanyahu, qui témoigne que les paroles du Rabbi « ont pénétré son âme » et qu’il s’est « efforcé d’agir dans cet esprit pendant ses années à l’ONU ».

 

 

Conseil politique

Après quatre années à l’ONU, Netanyahu prend la décision de rentrer en Israël pour entrer en politique. Il retourne consulter le Rabbi, qui manifeste d’abord une opposition claire à ce projet. Le Rabbi considère que Netanyahu « remplit une fonction importante » dans son poste diplomatique et préférerait qu’il y reste.

Cependant, face à la détermination de Netanyahu qui exprime clairement son désir de « rentrer au pays », le Rabbi cède : « Bon, si tu le veux vraiment… » Mais il accompagne son accord d’un avertissement prophétique : « Rappelle-toi que tu devras te battre contre 119 membres de la Knesset. »

Cette prédiction apparaît alors à Netanyahu comme « bien exagérée » ou comme « une plaisanterie ». Le chiffre de 119 fait référence au fait que la Knesset compte 120 membres : le Rabbi suggère donc que Netanyahu devra affronter la quasi-totalité du parlement israélien.

Avec le recul de son expérience de Premier ministre, Netanyahu reconnaît que cette prophétie constitue « une très bonne définition de la fonction de premier ministre ». Cette remarque révèle la solitude du pouvoir exécutif face au législatif et les défis permanents auxquels fait face un chef de gouvernement dans le système parlementaire israélien, où les coalitions sont fragiles et l’opposition constante.

La relation entre les deux hommes se poursuit au-delà de cette consultation politique : Netanyahu continue de rendre visite au Rabbi lors de ses passages aux États-Unis, et reçoit même une lettre de bénédiction personnalisée lors de la naissance de son fils Yaïr, dans laquelle le Rabbi fait un jeu de mots sur le prénom (Yaïr vient de « Or », la lumière) en bénissant l’enfant pour qu’il « illumine la vie » de son père.

 

 

Sanctions inédites : cinq pays occidentaux visent les ministres Itamar Ben-Gvir et Betsalel Smotrich

Sanctions inédites : cinq pays occidentaux visent les ministres Itamar Ben-Gvir et Betsalel Smotrich

 

Cinq nations occidentales ont annoncé mardi l’imposition de sanctions personnelles contre les ministres israéliens Itamar Ben-Gvir et Betsalel Smotrich, les accusant d’incitation à la violence contre les Palestiniens. Cette décision marque un tournant diplomatique sans précédent, constituant la première fois que des pays occidentaux sanctionnent des ministres en exercice du gouvernement israélien. Les mesures s’accompagnent néanmoins d’une réaffirmation de l’amitié avec le peuple israélien et de l’engagement à poursuivre la coopération avec le gouvernement.

Une coalition de cinq pays prend des mesures exceptionnelles

Le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et la Norvège ont coordonné leur action pour imposer des sanctions personnelles contre Itamar Ben-Gvir, ministre de la Sécurité nationale, et Betsalel Smotrich, ministre des Finances et ministre adjoint de la Défense. Cette démarche commune souligne la gravité perçue de la situation et l’urgence ressentie par ces nations face aux développements en Cisjordanie.

Les sanctions comprennent le gel des avoirs, l’interdiction d’entrée sur leurs territoires et des restrictions commerciales. Les pays ont précisé que ces mesures visent les deux ministres « à titre personnel », établissant une distinction claire entre leur action individuelle et leur fonction gouvernementale.

Des accusations graves d’incitation à la violence

Dans leur déclaration officielle, les cinq pays accusent Ben-Gvir et Smotrich d’avoir « incité à la violence extrême et aux violations graves des droits humains palestiniens ». Les autorités estiment que les deux ministres ont été « responsables d’incitation, de promotion et de soutien à des activités constituant une violation grave du droit de ne pas être soumis à un traitement cruel, inhumain ou dégradant, notamment des actes d’agression et de violence contre les Palestiniens en Cisjordanie ».

Le ministre britannique des Affaires étrangères, David Lammy, avait préalablement qualifié certaines déclarations de « monstrueuses » et annoncé que son pays se préparait à prendre des mesures. Il avait déclaré devant la Chambre des communes le mois dernier que le gouvernement Netanyahu « planifie d’expulser les habitants de Gaza de leurs foyers vers un coin du sud et de leur permettre une petite partie de l’aide dont ils ont besoin ».

Réactions fermes et références historiques des ministres sanctionnés

Betsalel Smotrich a réagi avec défiance lors de l’inauguration de la nouvelle localité « Mitzpe Ziv » dans les monts d’Hébron. « Pendant que je suis assis ici, j’ai appris que la Grande Bretagne a décidé de m’imposer des sanctions parce que j’empêche l’établissement d’un État palestinien. Il ne peut y avoir de meilleur timing », a-t-il déclaré, exprimant son « mépris pour le Livre blanc ».

Cette référence au « Livre blanc » n’est pas anodine et puise dans l’histoire tumultueuse des relations judéo-britanniques. Les Livres blancs britanniques, publiés durant le mandat en Palestine entre 1922 et 1939, constituaient une série de lois restrictives concernant l’immigration juive et l’acquisition de terres. Le troisième Livre blanc de 1939, particulièrement controversé, limitait drastiquement l’immigration juive à 75 000 personnes sur cinq ans et interdisait les ventes de terres aux organisations sionistes dans plusieurs régions. Cette politique mandataire avait provoqué une opposition farouche du mouvement sioniste, David Ben Gourion déclarant à l’époque : « Nous aiderons les Britanniques dans la guerre comme s’il n’y avait pas de Livre blanc et nous lutterons contre le Livre blanc comme s’il n’y avait pas la guerre. »

Smotrich a poursuivi en affirmant : « La Grande Bretagne a déjà essayé une fois de nous empêcher de nous installer dans le berceau de notre patrie et ne pourra pas le refaire. Nous sommes déterminés, avec l’aide de D.ieu, à continuer et à construire. » Cette déclaration établit un parallèle direct entre les restrictions historiques britanniques et les sanctions actuelles, présentant ces dernières comme une tentative de rééditer les politiques mandataires d’antan.

Entre sanctions et maintien des relations diplomatiques

Malgré ces mesures exceptionnelles, les cinq pays ont tenu à souligner qu’ils conservent « une amitié forte avec le peuple d’Israël » et continueront à travailler avec le gouvernement israélien. Cette nuance diplomatique vise à maintenir les canaux de dialogue tout en exprimant une désapprobation ferme des actions individuelles des deux ministres.

La déclaration commune appelle également à un cessez-le-feu à Gaza et à la libération des otages, précisant que le Hamas « ne peut avoir aucun rôle futur dans l’administration de Gaza ». Cette position équilibrée illustre la complexité de la situation géopolitique et la volonté des pays occidentaux de maintenir leur engagement envers la sécurité d’Israël tout en exprimant leurs préoccupations concernant les droits humains.

Le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense, Yuli Edelstein, a qualifié ces sanctions d' »épouvantables et erronées », les décrivant comme « un précédent dangereux et une atteinte grave à la souveraineté » d’Israël. « Israël se bat pour sa survie et constitue le rempart du monde libre face aux islamistes extrémistes qui veulent apporter destruction et meurtre sur l’État d’Israël et sur l’ensemble du monde libre », a-t-il souligné, appelant les « amitiés anciennes et importantes d’Israël à se tenir à ses côtés plutôt qu’à céder au terrorisme intérieur ».

Cette crise diplomatique sans précédent soulève des questions fondamentales sur l’équilibre entre les relations bilatérales traditionnelles et les préoccupations relatives aux droits humains, marquant potentiellement un tournant dans les relations entre Israël et ses alliés occidentaux historiques.

 

 

Le président argentin Javier Milei entame sa visite officielle en Israël par une prière au Mur occidental

Le président argentin Javier Milei entame sa visite officielle en Israël par une prière au Mur occidental

 

Le chef d’État argentin Javier Milei a débuté sa visite officielle en Israël par une prière solennelle au Mur occidental, accompagné du Chalia’h Habad de Buenos Aires Haim Barouch Oirchman. Cette démarche spirituelle marque pour la deuxième fois l’ouverture d’une visite présidentielle par un recueillement au site le plus sacré du judaïsme. Le président s’exprimera mardi devant la Knesset et pourrait annoncer l’ouverture d’une ligne aérienne directe entre Israël et l’Argentine.

Une délégation de haut niveau au cœur de Jérusalem

La délégation présidentielle argentine qui s’est rendue au Mur occidental dans la nuit comprenait plusieurs personnalités de premier plan. Aux côtés du président Milei, on retrouvait le Rav Haim Barouch Oirchman, émissaire du mouvement Habad à Buenos Aires, qui joue un rôle de conseil spirituel auprès du chef d’État. La délégation incluait également le ministre des Affaires étrangères argentin Gerardo Werthein, la secrétaire de la présidence Karina Milei, l’ambassadeur d’Israël en Argentine Eyal Sela, ainsi que l’ambassadeur d’Argentine en Israël, le Rav Shimon Axel Wahnish, accompagné de son épouse.

Un moment de recueillement et de solidarité

Durant cette visite nocturne, le président argentin a exprimé une émotion profonde lors de son recueillement. « Je vous remercie pour cet accueil chaleureux et cordial – je soutiendrai toujours le peuple d’Israël de tout cœur car c’est la cause juste de l’Occident », a-t-il déclaré devant le Mur occidental. Accompagné du Rav Oirchman, Javier Milei a récité un chapitre de psaumes et formulé une prière spéciale pour le retour des otages dans le sein de leurs familles, témoignant de sa solidarité avec les familles endeuillées et les victimes du conflit.

Une tradition diplomatique respectée

Cette visite s’inscrit dans une tradition que le président argentin a établie lors de sa précédente venue en Israël. Comme lors de son premier déplacement officiel, Milei a choisi d’ouvrir sa visite par une prière au Mur occidental, marquant l’importance qu’il accorde à la dimension spirituelle de ses relations avec l’État hébreu. Cette approche singulière témoigne des liens particuliers que le dirigeant argentin entretient avec la communauté juive et le mouvement Habad, qui compte une importante présence en Argentine.

Un programme diplomatique chargé

Le programme de cette visite officielle prévoit plusieurs moments forts. Mardi, le président Milei s’exprimera devant l’assemblée plénière de la Knesset, où il pourrait annoncer l’ouverture d’une liaison aérienne directe entre Israël et l’Argentine, renforçant ainsi les liens économiques et culturels entre les deux nations. Cette mesure faciliterait les échanges commerciaux et les voyages entre les communautés des deux pays. Fidèle à sa tradition, le chef d’État argentin clôturera sa visite jeudi soir par un nouveau recueillement au Mur occidental, cette fois en présence du Premier ministre Benjamin Netanyahu, scellant symboliquement les accords diplomatiques conclus durant son séjour. Cette cérémonie de clôture confirme l’importance accordée par l’Argentine au renforcement de ses relations bilatérales avec Israël dans un contexte géopolitique complexe.

 

‘Hidone HaRambam 5785 – 2025 : Plus de 2000 enfants célèbrent l’étude du Rambam

‘Hidone HaRambam 5785 – 2025 : Plus de 2000 enfants célèbrent l’étude du Rambam

 

Le dimanche 8 juin 2025 s’est tenue au Grand Audito Les Pyramides une célébration exceptionnelle réunissant plus de 2000 enfants venus de quatre pays européens. Cette fête marquait l’aboutissement du ‘Hidone HaRambam, un programme d’étude annuel des Mitsvot du Rambam qui mobilise 70 écoles juives. L’événement, retransmis en direct dans plus de 2000 foyers, témoigne de l’engouement croissant pour cette initiative éducative inspirée des enseignements du Rabbi.

Un programme d’étude ambitieux mobilisant quatre pays

Tout au long de l’année scolaire, les élèves de France et de Suisse se sont plongés dans l’étude approfondie des Mitsvot du Rambam grâce à un livre spécialement édité pour l’occasion. Ce projet pédagogique, qui s’inscrit dans la tradition d’étude instaurée par le Rabbi, a su fédérer une communauté éducative impressionnante.

« Cette année, nous avons franchi un cap avec plus de 2000 enfants participants issus de 70 établissements », souligne un responsable du programme. Les élèves ont été évalués à travers quatre examens majeurs répartis sur l’année, permettant de mesurer leurs progrès et leur assimilation des enseignements.

Une fête grandiose aux Pyramides

L’apothéose de cette année d’étude s’est déroulée dans l’écrin prestigieux du Grand Audito Les Pyramides. Enfants et parents venus de France, Belgique, Italie et Suisse se sont retrouvés pour une journée mémorable alliant célébration et reconnaissance du mérite.

La programmation riche comprenait une cérémonie de remise de prix, un Kinous exceptionnel, ainsi qu’un spectacle d’illusion numérique présenté par l’artiste « Hiro ». Le concert de Yoni Shlomo Zerbib, accompagné par Yossef Brami et son orchestre, a particulièrement marqué les esprits.

Une participation active et des connaissances impressionnantes

L’engagement des jeunes participants s’est particulièrement manifesté lors du grand jeu-concours interactif qui a rythmé la fête. Les enfants ont démontré une maîtrise remarquable des sujets étudiés, témoignant de la qualité du programme pédagogique.

« La connaissance impressionnante dont ont fait preuve les enfants lors du concours nous conforte dans la pertinence de cette approche éducative », confie un directeur d’école présent à l’événement. De nombreux Rabbanim, directeurs d’établissements et responsables éducatifs ont honoré cette célébration par leur présence, soulignant l’importance accordée à cette initiative.

Un rayonnement élargi grâce au numérique

L’impact de l’événement a largement dépassé les murs du Grand Audito grâce à la retransmission en direct sur le site de Tsivot Hachem. Plus de 2000 foyers ont ainsi pu suivre les festivités à distance, tandis que les écoles de province et de l’étranger impossibles de se déplacer bénéficiaient également de retransmissions spécifiques.

Chaque participant au ‘Hidone recevra un cadeau personnalisé en fonction de ses efforts, distribué directement dans les établissements scolaires. Les élèves les plus méritants se verront remettre de nombreuses récompenses, incluant le « Sweat » exclusif du ‘Hidone, symbole de leur excellence.

Les directeurs et responsables éducatifs souhaitant intégrer ce projet pour l’année prochaine peuvent dès à présent prendre contact via l’adresse [email protected].

 

L’histoire incroyable du premier Chalia’h Habad musulman !

L’histoire incroyable du premier Chalia’h Habad musulman !

Une paire de Téfilines a voyagé de manière inattendue entre les mains d’un musulman bienveillant, devenant le symbole d’une entraide remarquable. Cette histoire singulière révèle comment un avocat israélien spécialisé dans la défense de compatriotes emprisonnés à l’étranger a transformé un contact local en « émissaire Habad« . L’anecdote illustre parfaitement l’esprit d’initiative et de débrouillardise qui caractérise certaines communautés face aux défis du quotidien.

 

Kobi Arieli / Israel Hayom

 

Un avocat spécialisé face à un dilemme spirituel urgent

Mordechai « Moti » Tzibin, avocat dont l’activité principale consiste depuis des années à représenter et défendre des Israéliens incarcérés à l’étranger pour des infractions légères ou graves, s’est retrouvé dans une situation délicate. Parfois, son travail consiste à veiller à la justice et à une sanction proportionnée, d’autres fois il s’agit véritablement de sauver des vies. Cet homme qui sillonne le monde, entre et sort de prisons et tribunaux dans toutes sortes d’endroits reculés, s’efforce de négocier et de nouer des contacts.

Lors d’un déplacement dans une capitale régionale, une nation arabe entretenant des relations avec Israël, un contretemps a bouleversé son planning. Ce voyage éclair prévu pour se terminer dans la journée s’est prolongé d’au moins 24 heures supplémentaires. Le problème : cet homme scrupuleusement observant n’avait pas emporté son tallit ni ses téfilines. Comment passer une journée entière à l’étranger sans mettre les téfilines ? Son client local a alors mobilisé tous ses contacts. Finalement, grâce à une chaîne d’intermédiaires, un Israélien résidant sur place a été localisé et une paire de téfilines acheminée jusqu’à l’hôtel près du consulat.

La naissance d’un « émissaire Habad » musulman

L’homme qui a coordonné cette opération était un musulman croyant et bienveillant. Le besoin urgent d’un objet sacré pour accomplir un commandement religieux l’avait touché au cœur et il était heureux d’aider. Tzibin s’est naturellement lié d’amitié avec lui. Une relation professionnelle et commerciale s’est également développée, et quelque temps plus tard, cet homme est venu le rencontrer dans son bureau de Tel Aviv.

Il faut préciser que Tzibin est un fervent adepte du mouvement Habad. Au cours de leur conversation, il a eu une idée révolutionnaire que seul un Habadnik peut concevoir : puisque de nombreux Israéliens se rendent dans cette ville et qu’il est probable que certains aient besoin d’une paire de téfilines, il propose de confier à son ami une paire de téfilines qui resterait en sa possession. Quand quelqu’un en aurait besoin, on le dirigerait vers lui. Il a également demandé à son ami de proposer aux Israéliens et aux juifs de mettre les téfilines, estimant que cette offre surprenante de la part d’un Arabe les amènerait probablement à accepter.

L’invité, appelons-le Khalid, s’est enthousiasmé pour cette idée et a littéralement applaudi en entendant cette proposition. Il a pris la paire de téfilines, est retourné dans son pays et est ainsi devenu le premier émissaire Habad musulman.

Un système mis à l’épreuve après plusieurs années d’attente

Le deuxième chapitre se déroule récemment, plusieurs années plus tard. Un diplomate israélien s’est retrouvé dans cette même capitale un vendredi matin et a rencontré un problème similaire : pratiquant observant, il a appris en milieu de journée qu’il serait obligé de passer le Chabbat sur place sans pouvoir rentrer chez lui en Israël. Et les téfilines ? Les réseaux sociaux et surtout les groupes WhatsApp entrent alors en scène. Il a commencé à publier partout son besoin urgent de téfilines dans cette ville.

À ce stade, la tendance quelque peu compulsive de Moti à raconter des histoires est devenue un atout majeur. Très rapidement, quelqu’un ayant entendu parler de ce besoin s’est souvenu de l’histoire de Tzibin et a mis le jeune homme en contact avec lui. Moti, comme vous pouvez l’imaginer, tremblait d’émotion. Voilà que cela se réalisait ! « Lance tes téfilines sur les eaux car au bout de nombreux jours, quelqu’un se trouvera pour en avoir besoin. » Il a contacté le jeune homme, lui a laissé le numéro de Khalid et a même précisé qu’il attendait cet appel depuis plusieurs années déjà.

Une surprise révélatrice : quand la générosité divise pour mieux servir

Le dimanche, Moti était curieux de savoir comment les choses s’étaient terminées. Il a contacté le jeune homme qui avait besoin des téfilines pour lui demander si finalement le contact avec Khalid s’était établi et s’il avait reçu les téfilines. Le jeune homme a répondu de manière évasive, et Moti a compris que quelque chose ne s’était pas déroulé correctement. Après enquête, il a découvert que le jeune homme avait effectivement contacté Khalid, qui avait réagi avec enthousiasme comme prévu et s’était empressé de le rencontrer pour lui remettre… les téfilines de tête. Seulement une téfiline sur les deux. Il ne lui avait pas remis les téfilines de main.

Cette situation était effectivement très étrange. Pourquoi Khalid, l’émissaire dévoué qui s’était tant enthousiasmé pour la mission qui lui avait été confiée, aurait-il fait son travail à moitié en ne remettant qu’une partie de l’ensemble ? Il a fallu une journée entière avant que Moti puisse joindre Khalid et lui demander l’explication de cette énigme. Khalid, avec une grande joie et un immense enthousiasme, lui a raconté qu’un an plus tôt, il avait discuté avec un ami vivant dans une autre ville du même pays et lui avait parlé de cette affaire de téfilines.

Il avait trouvé en lui un partenaire fidèle pour cette belle opération, qui comportait à la fois un aspect spirituel et un message de coexistence. Ces deux hommes charmants avaient conclu un partenariat dans l’accomplissement de cette mitsva : puisqu’il y avait deux éléments de cet objet sacré, ils en laisseraient un entre les mains de Khalid et l’autre serait transmis à l’ami de la deuxième ville, où arrivent également des juifs et des Israéliens de temps en temps – et peut-être quelqu’un en aurait-il besoin là-bas aussi. Décidément, il n’y a rien à faire, les Habadniks restent inégalables.

 

 

Acte antisémite à Rome : graffitis haineux et croix gammée découverts sur une synagogue Habad

Acte antisémite à Rome : graffitis haineux et croix gammée découverts sur une synagogue Habad

 

Un incident antisémite particulièrement choquant a frappé la communauté juive de Rome dimanche dernier. Le Rav Menahem Lazar, émissaire du Rabbi dans la capitale italienne, a découvert des graffitis haineux et une croix gammée sur le panneau d’entrée de la synagogue « Beth Shmouel » de Habad. Les autorités locales ont immédiatement ouvert une enquête pour identifier l’auteur de cet acte de haine.

 

Une attaque nocturne filmée par les caméras de surveillance

Les images de vidéosurveillance révèlent un individu masqué s’approchant du lieu de culte vers minuit. L’homme procède méthodiquement au vandalisme du panneau où figure l’inscription « Synagogue Beth Shmouel » en hébreu, y ajoutant des symboles nazis particulièrement offensants.

La synagogue « Beth Shmouel », qui opère sous l’égide de Habad Piazza Bologna, constitue un centre névralgique pour une communauté juive particulièrement diverse. Le quartier Piazza Bologna abrite notamment une forte concentration de Juifs originaires de Tripoli en Libye, arrivés dans les années 1970 sous le règne de Mouammar Kadhafi. Cette population s’ajoute à la communauté historique romaine, créant une mosaïque culturelle riche que cet acte vandale vise directement.

Une communauté millénaire face à la haine

Cette agression s’inscrit dans un contexte historique particulièrement symbolique. La communauté juive de Rome, l’une des plus anciennes au monde, remonte à l’époque de la destruction du Second Temple. Les Juifs arrivèrent dans la ville comme prisonniers lors de la marche triomphale de Titus, s’installant dans un quartier spécial sur les rives du Tibre où se trouve encore aujourd’hui le cœur de la communauté.

L’ironie tragique de cet incident antisémite réside dans sa proximité géographique avec l’Arc de Titus, érigé pour glorifier la victoire romaine sur le peuple juif. Aujourd’hui, près de ce même arc où sont gravées les scènes de captivité juive, des symboles nazis souillent à nouveau un lieu de culte juif. « Quel contraste saisissant », témoigne un membre de la communauté, « entre la renaissance spirituelle que nous vivons et cette résurgence de la haine antique. »

Portrait d’un leader communautaire engagé

Le Rav Menahem Mendel Lazar, victime de cette agression antisémite, incarne le renouveau juif dans la capitale italienne. Arrivé en 2009 avec son épouse Rivka, il a progressivement transformé le paysage spirituel du quartier Piazza Bologna. Originaire de Milan et parfaitement italophone, il comprend intimement les défis de l’assimilation qui touchent particulièrement les Juifs issus de l’immigration libyenne.

En 2017, grâce au soutien de la famille Fadlon, il a inauguré un mikvé d’une valeur de 500 000 dollars, comblant un vide crucial dans l’infrastructure religieuse locale. Son centre Habad abrite désormais une magnifique salle de prière, une riche bibliothèque d’études juives, des espaces pour les repas de Chabbat et un comptoir d’information pour les nombreux touristes israéliens visitant Rome. « Nous avons découvert un grand abandon spirituel à notre arrivée », explique-t-il, « mais aujourd’hui, grâce à D.ieu, on constate un grand redressement. »

Mobilisation immédiate face à l’acte haineux

Face à cette agression antisémite, le Rav Lazar a immédiatement alerté les forces de l’ordre locales, transmettant l’intégralité des preuves vidéo. Les enquêteurs se mobilisent désormais pour identifier et interpeller l’auteur de ces dégradations à caractère raciste.

L’émotion saisit profondément la communauté, confrontée une nouvelle fois aux manifestations de haine antisémite. « Il est bouleversant de voir de tels symboles sur les portes de notre synagogue », témoigne un membre de la communauté. « Cette attaque vise non seulement le judaïsme italien, mais la liberté religieuse et la vie juive en Europe. » La symbolique historique ajoute une dimension particulièrement douloureuse à cet acte, rappelant les persécutions subies par cette communauté millénaire.

Une réponse communautaire empreinte de fierté

Plutôt que de céder à l’intimidation, la communauté juive de Rome choisit la voie de la résistance positive. Les responsables communautaires organisent actuellement la restauration complète du panneau vandalisé, effaçant ainsi toute trace de cet acte haineux.

Parallèlement, un événement de soutien et de renforcement communautaire se prépare, rassemblant l’ensemble des membres de la communauté. Cette initiative illustre la détermination juive à poursuivre une vie religieuse et culturelle épanouie, malgré les tentatives d’intimidation. « Ici à Rome, près de l’Arc de Titus qui célèbre la destruction du Temple », souligne le Rav Lazar, « des Juifs continuent d’apprendre leur judaïsme et de le faire renaître. C’est notre plus belle réponse à la haine. »

La réponse collective témoigne de la résilience d’une communauté qui, ayant survécu aux persécutions antiques, à la Shoah et aux expulsions modernes, refuse de laisser l’antisémitisme entraver sa vitalité spirituelle et sociale.

 

 

 

Pourquoi la perruque ?

Pourquoi la perruque ?

La tradition juive prescrit aux femmes mariées de se couvrir les cheveux, une pratique qui soulève plusieurs questions fondamentales. Pourquoi cette obligation ne concerne-t-elle que les femmes mariées ? Pourquoi ne pas simplement couper les cheveux ? Comment expliquer la permission d’utiliser une perruque faite de ses propres cheveux ? L’enseignement kabbalistique offre une explication spirituelle cohérente à ces interrogations.

 

La nature de la vitalité divine

Selon la tradition kabbalistique, Dieu a créé l’ensemble de l’univers, y compris les forces du mal, auxquelles Il accorde une vitalité limitée et contractée. Ces forces cherchent naturellement à puiser davantage d’énergie spirituelle en s’attachant aux sources de sainteté, notamment le corps humain juif.

La particularité des cheveux

Le corps humain possède une vitalité intense, une sainteté si puissante qu’elle peut être comparée à un jet d’eau sous pression. Cette intensité même protège le corps de l’intrusion des forces négatives. Chaque membre du corps est intimement lié à cette vitalité cérébrale, ce qui explique pourquoi toute blessure, même minime, provoque une douleur.

Les cheveux, bien qu’également reliés au cerveau et dotés de vie, possèdent une vitalité beaucoup plus ténue – comparable à un écoulement goutte à goutte plutôt qu’à un jet puissant. Cette faiblesse relative les rend vulnérables aux forces du mal, qui peuvent s’y attacher sans difficulté.

La différence entre hommes et femmes

La tradition kabbalistique enseigne que l’homme et la femme incarnent des attributs spirituels distincts :

  • L’homme représente essentiellement le principe du donneur, associé aux attributs divins de bonté (chesed) et de rigueur (gevurah)
  • La femme incarne le principe de la réceptrice, correspondant à l’attribut de malkhout, qui reçoit et développe ce qui lui est transmis

Les forces du mal, dans leur quête de vitalité, s’orientent naturellement vers le donneur plutôt que vers le récepteur. Ainsi, elles s’attachent prioritairement aux cheveux masculins. Cette logique explique pourquoi les hommes doivent maintenir leurs cheveux courts.

La transformation par le mariage

Le mariage opère une transformation spirituelle fondamentale. La femme, en s’unissant à son époux, devient partie intégrante du principe du donneur. Bien qu’elle ne soit pas elle-même la source première, elle participe désormais à cette fonction.

L’attraction des forces négatives

Cette nouvelle position spirituelle modifie l’équilibre des forces. Les forces du mal manifestent alors une préférence pour les cheveux féminins, car la femme mariée combine deux avantages :

  • Elle fait partie du principe donneur
  • Elle conserve son attribut de gevurah (rigueur), qui permet une distribution mesurée et contrôlée

Cette rigueur, loin d’être négative, constitue une qualité essentielle. Elle peut être comparée à la « rigueur des pluies » (gevourot geshamim) : plutôt que de déverser des masses d’eau destructrices, Dieu fait tomber la pluie goutte par goutte, permettant ainsi une absorption bénéfique.

Pourquoi seulement les femmes mariées ?

Seule la femme mariée participe au principe du donneur, devenant ainsi une cible privilégiée des forces négatives. La femme célibataire, demeurant uniquement dans son rôle de réceptrice, n’attire pas ces forces de la même manière.

Pourquoi ne pas raser les cheveux ?

Les forces du mal ne s’attachent pas directement à la femme mais à son extension en tant que partie du donneur. Il suffit donc de créer une barrière protectrice plutôt que d’éliminer complètement les cheveux.

Pourquoi la perruque est-elle permise ?

Une fois détachés du corps, les cheveux perdent leur connexion vitale directe. N’étant plus reliés à la vitalité corporelle, ils ne constituent plus un point d’attraction pour les forces négatives.

L’importance de la couverture complète

La tradition insiste sur la nécessité de couvrir intégralement les cheveux. Le Zohar souligne que même quelques mèches apparentes peuvent compromettre l’efficacité de la protection spirituelle.

La préférence pour la perruque

Bien que la halakha autorise diverses formes de couverture (foulards, chapeaux), les autorités rabbiniques recommandent particulièrement l’usage de la perruque pour garantir une couverture complète et constante.

Conclusion : Les bénédictions spirituelles

Au-delà de son aspect protecteur, la couverture des cheveux constitue une segoulah (pratique spirituellement bénéfique) pour la femme et sa descendance. Cette observance est associée à des bénédictions dans les domaines de la fertilité, de la subsistance (parnassah), de la santé et du bien-être général.

Cette pratique, enracinée dans une compréhension profonde des dynamiques spirituelles, illustre comment la tradition juive transforme un acte physique simple en un geste chargé de signification métaphysique et de protection divine.

 

 

Et qu’est-ce qu’après Matane Torah ? – Rav Mendel Bitton de Sarcelles Village

Et qu’est-ce qu’après Matane Torah ? – Rav Mendel Bitton de Sarcelles Village

Le paradoxe de la Torah

La Torah présente une nature paradoxale :

D’un côté, elle transcende le temps et l’espace, contrairement aux mitzvot qui sont limitées (la matsa à Pessah, les dimensions de la souka, etc.)
On peut étudier n’importe quel traité talmudique toute l’année – la Torah ne connaît pas les contraintes temporelles ou spatiales
Elle représente la sagesse divine elle-même, qui dépasse le temps et l’espace

L’élévation par l’étude

Malgré sa nature transcendante, chaque juif a la capacité d’amener cette dimension divine dans le temps et l’espace grâce à un temps d’étude quotidien fixe de la Torah.

« Naso » – Élever la tête

« Naso » signifie littéralement « élever la tête ». L’étude de la Torah représente la plus grande élévation possible pour l’être humain sur terre – elle permet d’élever son intellect et tout son être en se connectant au divin.

Cette connexion par l’étude constitue l’expérience spirituelle la plus élevée accessible à l’homme.