Un incident antisémite particulièrement choquant a frappé la communauté juive de Rome dimanche dernier. Le Rav Menahem Lazar, émissaire du Rabbi dans la capitale italienne, a découvert des graffitis haineux et une croix gammée sur le panneau d’entrée de la synagogue « Beth Shmouel » de Habad. Les autorités locales ont immédiatement ouvert une enquête pour identifier l’auteur de cet acte de haine.

 

Une attaque nocturne filmée par les caméras de surveillance

Les images de vidéosurveillance révèlent un individu masqué s’approchant du lieu de culte vers minuit. L’homme procède méthodiquement au vandalisme du panneau où figure l’inscription « Synagogue Beth Shmouel » en hébreu, y ajoutant des symboles nazis particulièrement offensants.

La synagogue « Beth Shmouel », qui opère sous l’égide de Habad Piazza Bologna, constitue un centre névralgique pour une communauté juive particulièrement diverse. Le quartier Piazza Bologna abrite notamment une forte concentration de Juifs originaires de Tripoli en Libye, arrivés dans les années 1970 sous le règne de Mouammar Kadhafi. Cette population s’ajoute à la communauté historique romaine, créant une mosaïque culturelle riche que cet acte vandale vise directement.

Une communauté millénaire face à la haine

Cette agression s’inscrit dans un contexte historique particulièrement symbolique. La communauté juive de Rome, l’une des plus anciennes au monde, remonte à l’époque de la destruction du Second Temple. Les Juifs arrivèrent dans la ville comme prisonniers lors de la marche triomphale de Titus, s’installant dans un quartier spécial sur les rives du Tibre où se trouve encore aujourd’hui le cœur de la communauté.

L’ironie tragique de cet incident antisémite réside dans sa proximité géographique avec l’Arc de Titus, érigé pour glorifier la victoire romaine sur le peuple juif. Aujourd’hui, près de ce même arc où sont gravées les scènes de captivité juive, des symboles nazis souillent à nouveau un lieu de culte juif. « Quel contraste saisissant », témoigne un membre de la communauté, « entre la renaissance spirituelle que nous vivons et cette résurgence de la haine antique. »

Portrait d’un leader communautaire engagé

Le Rav Menahem Mendel Lazar, victime de cette agression antisémite, incarne le renouveau juif dans la capitale italienne. Arrivé en 2009 avec son épouse Rivka, il a progressivement transformé le paysage spirituel du quartier Piazza Bologna. Originaire de Milan et parfaitement italophone, il comprend intimement les défis de l’assimilation qui touchent particulièrement les Juifs issus de l’immigration libyenne.

En 2017, grâce au soutien de la famille Fadlon, il a inauguré un mikvé d’une valeur de 500 000 dollars, comblant un vide crucial dans l’infrastructure religieuse locale. Son centre Habad abrite désormais une magnifique salle de prière, une riche bibliothèque d’études juives, des espaces pour les repas de Chabbat et un comptoir d’information pour les nombreux touristes israéliens visitant Rome. « Nous avons découvert un grand abandon spirituel à notre arrivée », explique-t-il, « mais aujourd’hui, grâce à D.ieu, on constate un grand redressement. »

Mobilisation immédiate face à l’acte haineux

Face à cette agression antisémite, le Rav Lazar a immédiatement alerté les forces de l’ordre locales, transmettant l’intégralité des preuves vidéo. Les enquêteurs se mobilisent désormais pour identifier et interpeller l’auteur de ces dégradations à caractère raciste.

L’émotion saisit profondément la communauté, confrontée une nouvelle fois aux manifestations de haine antisémite. « Il est bouleversant de voir de tels symboles sur les portes de notre synagogue », témoigne un membre de la communauté. « Cette attaque vise non seulement le judaïsme italien, mais la liberté religieuse et la vie juive en Europe. » La symbolique historique ajoute une dimension particulièrement douloureuse à cet acte, rappelant les persécutions subies par cette communauté millénaire.

Une réponse communautaire empreinte de fierté

Plutôt que de céder à l’intimidation, la communauté juive de Rome choisit la voie de la résistance positive. Les responsables communautaires organisent actuellement la restauration complète du panneau vandalisé, effaçant ainsi toute trace de cet acte haineux.

Parallèlement, un événement de soutien et de renforcement communautaire se prépare, rassemblant l’ensemble des membres de la communauté. Cette initiative illustre la détermination juive à poursuivre une vie religieuse et culturelle épanouie, malgré les tentatives d’intimidation. « Ici à Rome, près de l’Arc de Titus qui célèbre la destruction du Temple », souligne le Rav Lazar, « des Juifs continuent d’apprendre leur judaïsme et de le faire renaître. C’est notre plus belle réponse à la haine. »

La réponse collective témoigne de la résilience d’une communauté qui, ayant survécu aux persécutions antiques, à la Shoah et aux expulsions modernes, refuse de laisser l’antisémitisme entraver sa vitalité spirituelle et sociale.