Et si l’intelligence artificielle était en train d’écrire le chapitre le plus prospère de l’histoire humaine ? Économistes et visionnaires de la technologie partagent une conviction grandissante : l’IA pourrait engendrer une richesse inédite, effondrer le coût des biens et rendre la prospérité accessible comme jamais auparavant. Cette promesse d’abondance en réveille une autre, bien plus ancienne, que le Rambam formulait déjà au douzième siècle à propos des temps messianiques.
Une explosion de richesse sans équivalent historique
Les projections donnent la mesure du phénomène. Selon le cabinet PwC, l’intelligence artificielle pourrait ajouter jusqu’à 15 700 milliards de dollars à l’économie mondiale d’ici 2030, soit une hausse de 14 % du PIB planétaire, davantage que la production actuelle de la Chine et de l’Inde réunies. Le cabinet IDC va plus loin encore et évalue à près de 20 000 milliards de dollars cumulés l’impact de l’écosystème de l’IA d’ici la fin de la décennie, chaque dollar investi en entreprise générant à terme 4,60 dollars de valeur pour l’économie globale.
Aucune technologie à usage général, ni l’électricité ni l’informatique, n’a promis un tel effet de levier ; et celle-ci se diffuse à une vitesse fulgurante, à l’échelle de toute la planète connectée.
La vision de Musk : l’âge de l’abondance
C’est Elon Musk qui incarne le plus spectaculairement cet optimisme. Il décrit un avenir qu’il qualifie de « protopien », un âge d’abondance où la rareté deviendrait l’exception. Sa formule est devenue célèbre : le monde ne connaîtra pas un revenu universel de base, mais un « revenu universel élevé ».
Interrogé à la conférence VivaTech de Paris, il a estimé à environ 80 % la probabilité que l’IA conduise à un monde où les humains n’auront plus besoin de travailler tout en disposant de tout ce dont ils ont besoin, sans « pénurie de biens ni de services ». Fin 2025, il affirmait sur le réseau X qu’« il n’y aura plus de pauvreté à l’avenir ». Sa conviction repose sur une idée simple : lorsque les robots et les systèmes intelligents produiront à un coût quasi nul, la production deviendra « plusieurs ordres de grandeur » supérieure à celle d’aujourd’hui, au point, dit-il, que « tout le monde pourra avoir un penthouse » et que l’argent lui-même perdrait sa pertinence, aussi disponible que l’oxygène. Musk cite volontiers comme source d’inspiration les romans du cycle de la Culture d’Iain M. Banks, qui imaginent une société post-pénurie libérée du travail contraint.
Il n’est pas seul : Sam Altman, à la tête d’OpenAI, partage cette vision d’abondance ; Bill Gates envisage une semaine de travail de deux ou trois jours ; le fondateur de XPRIZE, Peter Diamandis, se dit convaincu que l’humanité couvrira les besoins fondamentaux de chaque être humain d’ici trente ans.
Des prix qui baissent, un pouvoir d’achat qui grimpe
L’un des arguments les plus solides tient à un mécanisme économique bien connu : comme toute technologie qui accroît la productivité, l’IA exerce une pression à la baisse sur les prix. En produisant davantage avec moins, elle rend les biens et les services moins chers ; à revenu égal, un ménage pourrait donc s’offrir bien davantage. La santé l’illustre déjà, avec des économies annuelles chiffrées en dizaines de milliards de dollars grâce au diagnostic assisté ; l’éducation suit le même chemin, l’IA démocratisant l’accès à un enseignement de qualité pour des populations entières, y compris dans les pays émergents où les coûts d’adoption s’effondrent.
Le travail réinventé et la question du sens
Dans cette perspective, la disparition de nombreux emplois n’est plus une tragédie mais une libération : le travail cesserait d’être une nécessité de survie pour devenir un choix, une source d’épanouissement, comme on choisit de cultiver son jardin. Mais une question demeure, et Musk lui-même l’a soulevée, presque anxieux : si la machine fait tout mieux que nous, « nos vies auront-elles encore un sens ? »
C’est ici que la tradition juive apporte une réponse d’une saisissante actualité, formulée par Maïmonide il y a plus de huit siècles.
Une intuition ancienne : le Rambam et les temps messianiques
Dans son Michné Torah (Lois des Rois, chapitres 11 et 12), le Rambam, Maïmonide, dépeint l’ère messianique non comme un bouleversement surnaturel, mais comme un monde qui « suit son cours habituel ». Reprenant l’enseignement talmudique de Chemouel, il enseigne que la seule différence entre notre époque et les jours du Machia’h résidera dans la fin de l’asservissement des nations. Nulle rupture magique de l’ordre naturel : une vision remarquablement sobre, qui laisse toute sa place au déploiement de l’histoire et, pourrait-on ajouter, du génie humain.
Or que décrit le Rambam de cette époque ? Une abondance frappante : « le bien se répandra en abondance, et toutes les délices seront aussi communes que la poussière ». Plus de famine, plus de guerre, « ni jalousie ni rivalité ». Le parallèle avec le « il n’y aura pénurie de rien » des visionnaires de la Silicon Valley est troublant.
Mais le Rambam va infiniment plus loin, et c’est là que sa pensée surpasse celle de Musk. Car pour lui, l’abondance n’est jamais un but : elle n’est qu’un moyen. Dans les Lois de la Téchouva (chapitre 9), il précise que les Sages n’ont désiré les jours du Machia’h « ni pour dominer le monde, ni pour manger, boire et se réjouir », mais pour être enfin libres de se consacrer à la Torah et à la sagesse, afin de mériter la vie du Monde à Venir. La libération matérielle est au service d’une élévation spirituelle. Et le Rambam de conclure (Lois des Rois, chapitre 12) : « l’occupation du monde entier ne sera que de connaître D.ieu (…) car la terre sera remplie de la connaissance de l’Éternel, comme les eaux recouvrent le fond des mers » (Isaïe 11, 9).
Là où Musk laisse la question du sens ouverte et inquiète, la Torah y a répondu : une humanité affranchie du labeur de survie n’est pas condamnée au vide, elle est appelée à la connaissance, à la sagesse, au divin.
De l’outil à la finalité
Le Rabbi de Loubavitch a prolongé cette vision. Il enseignait que les avancées scientifiques et technologiques ne sont pas étrangères au processus de la Guéoula : elles en préparent le terrain, faisant peu à peu du monde le « réceptacle » capable d’être « rempli de la connaissance de D.ieu ». La diffusion planétaire du savoir, rendue possible par les technologies modernes, offre déjà un avant-goût concret de cette prophétie d’Isaïe. Sous cet éclairage, l’IA, instrument qui concentre et répand la connaissance à une échelle inédite, peut se lire comme l’un des maillons de cette longue préparation.
Gardons-nous toutefois de tout raccourci : l’IA n’est pas le Machia’h, et l’abondance matérielle n’est pas, à elle seule, la Rédemption. La Guéoula que décrit la Torah engage bien davantage : l’accomplissement de la Torah et des Mitsvot, le rassemblement des exilés, la reconnaissance universelle de l’Unité divine. La technologie ne fabrique pas ce monde ; tout au plus en dresse-t-elle une partie du décor matériel. Le Rambam nous en livre le mode d’emploi : ce n’est pas l’abondance qui sauve, mais l’usage que l’on en fait.
Conclusion
L’intelligence artificielle porte une promesse qui, hier encore, relevait de la science-fiction : une croissance parmi les plus fortes jamais enregistrées, des biens toujours moins chers, un savoir universellement accessible et, à l’horizon, un monde délivré de la pauvreté matérielle. Les prévisions de Musk et des pionniers de la technologie ne sont pas des certitudes ; mais elles rejoignent, par un chemin inattendu, une intuition que le judaïsme cultive depuis des millénaires.
Reste la leçon du Rambam, plus actuelle que jamais : l’abondance n’a de valeur que par la finalité qu’on lui assigne. Que l’humanité, libérée un jour du fardeau de la subsistance, sache consacrer ce temps retrouvé non au divertissement stérile, mais à la connaissance, à la bonté et à l’élévation ; alors, et alors seulement, l’âge d’abondance annoncé par les technologues rejoindra celui qu’espèrent, depuis toujours, les prophètes d’Israël.
La Paracha de Ki Tavo place au cœur de son enseignement l’offrande des premiers fruits, cette Mitsva par laquelle l’homme, avant de goûter au produit de son labeur, en consacre les prémices au Temple. À travers la Si’ha que le Rabbi consacre à ce passage, se dessine une véritable leçon de vie : la reconnaissance envers le Créateur ne se limite pas aux instants de bonheur évident, mais transforme la matière la plus concrète en un espace de sainteté. De la sanctification du quotidien jusqu’à la certitude que chaque épreuve recèle un bien caché, ce texte lumineux invite chacun à traverser l’existence avec joie, confiance et gratitude.
Adapté du Likoutei Si’hot, Volume 2, Ki Tavo
Le paradoxe des premiers fruits
L’une des questions les plus profondes qui traversent l’existence humaine touche à l’origine de nos réussites : à qui revient véritablement le mérite de ce que nous accomplissons ? Jadis, l’agriculteur qui labourait sa terre, l’ensemençait, l’arrosait et lui consacrait des mois d’un labeur acharné pouvait légitimement éprouver, en contemplant enfin sa récolte, un sentiment de possession et de fierté. Une voix intérieure lui murmurait que c’était par sa propre force et par la seule puissance de ses mains qu’il avait bâti cette abondance, arraché ce blé à la terre, mûri ces grappes au soleil. Rien de plus naturel, en apparence, que cet orgueil du travailleur devant l’œuvre de ses journées.
Or la Torah lui impose un geste qui déjoue cet orgueil naissant. Avant même de porter à ses lèvres le fruit de sa peine, l’homme devait prélever le tout premier, le plus beau, le plus mûr, le déposer dans un panier et le porter jusqu’au Temple pour l’offrir aux Cohanim en signe d’action de grâce. Non pas un fruit quelconque, non pas un surplus dont il se serait aisément défait, mais la primeur même, celle qu’il attendait depuis les premières pousses et qu’il aurait tant voulu goûter le premier.
C’est de ce paradoxe que part la réflexion développée dans la Si’ha consacrée à Ki Tavo. Pourquoi exiger de l’homme qu’il renonce à ses plus beaux fruits, précisément après tant d’efforts, précisément au moment où sa joie est la plus vive ? La réponse dévoile une vérité que l’ego a tendance à recouvrir d’un voile épais : si la terre produit, c’est parce que le Créateur lui en a donné le pouvoir, car c’est Lui, et Lui seul, qui accorde à l’homme la force même de créer la richesse. Le travail humain, le labour, les semailles, l’arrosage, la patience des saisons, n’est qu’un canal, un réceptacle, un contenant ; la source réelle de toute abondance, elle, descend d’en haut.
En accomplissant la Mitsva des Bikourim, l’homme brise ainsi l’illusion du moi et réveille en lui cette foi simple et entière, cette emouna peshouta qui sommeille au fond de chaque âme et que le tumulte de l’action recouvre trop souvent. Reconnaître que tout vient de D.ieu ne diminue en rien la valeur de son travail : bien au contraire, cette reconnaissance le délivre de la vanité, le purifie de l’amertume et le relie à sa dimension infinie. L’homme qui remet ses premiers fruits ne se dépossède pas, il se replace ; il retrouve sa juste position dans l’ordre du monde, celle d’un partenaire du Créateur et non d’un maître solitaire de sa destinée.
Élever la matière au lieu de la fuir
Un détail de cette offrande éclaire toute la démarche et lui donne sa portée la plus vaste. Contrairement à d’autres sacrifices que le feu de l’autel consumait entièrement, réduisant l’offrande en fumée montant vers le Ciel, les Bikourim, eux, n’étaient pas brûlés : ils étaient remis aux Cohanim, qui s’en nourrissaient concrètement, physiquement, en ce monde. Cette différence, loin d’être un simple point de rituel, révèle l’un des fondements les plus lumineux de la ‘Hassidout.
Le but de notre présence en ce monde n’est pas de fuir la matière, ni de mépriser le corps, ni de se retrancher de la vie concrète pour se réfugier dans une spiritualité désincarnée. Il est, tout au contraire, d’élever cette matière elle-même, de la sanctifier, de la faire servir à une fin plus haute qu’elle. Le fruit n’est pas consumé pour disparaître ; il est mangé pour nourrir un être voué au service divin, et par là même il est haussé jusqu’à la sainteté sans cesser d’être un fruit.
Lorsque l’être humain se prépare intérieurement, lorsqu’il agit avec droiture et pleine conscience, il devient en son for intérieur semblable à un Cohen. Dès lors, les gestes les plus ordinaires et les plus concrets de l’existence, se nourrir, travailler, mener ses affaires, veiller aux besoins du corps et du foyer, peuvent eux aussi se muer en un authentique service divin, une Avodat Hachem. Il ne s’agit plus d’accomplir la Mitsva d’un côté et de vivre sa vie matérielle de l’autre, comme deux domaines étrangers l’un à l’autre, mais de faire de la vie entière une seule et même offrande.
Le monde matériel cesse alors d’être un obstacle sur le chemin de l’âme pour devenir une demeure offerte au Divin, ce que la ‘Hassidout nomme Dira beta’htonim, une résidence pour D.ieu dans les mondes inférieurs. Tel est le dessein profond de la création : non pas un monde d’où il faudrait s’évader, mais un monde qu’il faut habiter et transfigurer. Ainsi, loin d’opposer le sacré et le profane, la Torah enseigne à faire du quotidien lui-même le lieu privilégié de la rencontre avec le Créateur, et de la table la plus simple un autel discret.
Deux visages de la confiance face à l’épreuve
La seconde partie de l’enseignement aborde une interrogation qui n’épargne aucune vie : comment réagir devant les événements qui, de prime abord, ne semblent nullement bons ? Devant la perte, le revers, la déception, l’échec apparent, quelle attitude l’homme de foi est-il appelé à cultiver ? La tradition nous transmet à ce sujet deux maximes complémentaires, incarnées par deux grandes figures du Talmud, et dont la nuance recèle tout un monde.
La première est celle de Rabbi Akiva, qui avait coutume de répéter que tout ce que fait le Miséricordieux, Il le fait pour le bien. Un épisode célèbre l’illustre avec force. Cheminant un soir, muni d’une lampe, d’un âne et d’un coq, il se vit refuser l’hospitalité dans une ville et dut passer la nuit à la belle étoile, dans un champ. Le vent éteignit alors sa lampe, un fauve dévora son coq, un lion emporta son âne : en une seule nuit, il perdit tout ce qu’il possédait. Un autre s’en serait désolé ; lui garda sa sérénité. Or cette nuit-là précisément, une troupe ennemie fondit sur la ville et emmena ses habitants en captivité. S’il s’y était trouvé, ou si la lueur de sa lampe, ou le chant de son coq, ou le cri de son âne l’avaient trahi dans le champ voisin, il aurait été pris lui aussi. Cette approche enseigne que le bien véritable est parfois voilé au commencement et ne se dévoile qu’avec le temps : l’inconfort du moment n’était que l’enveloppe d’un salut plus grand, encore invisible.
La seconde maxime, plus haute encore, est celle de Na’houm Ich Gamzou, dont le nom même rappelle la formule qu’il attachait à chaque événement de sa vie : cela aussi est pour le bien. L’histoire du coffre qu’il portait à l’empereur en donne toute la mesure. Chargé par ses frères de présenter au souverain un précieux tribut, il emportait un coffre rempli de pierres et de joyaux ; mais, en chemin, des hôtes malhonnêtes en dérobèrent le contenu et le remplacèrent de simple terre. Découvrant la substitution devant l’empereur, loin de se lamenter ou de désespérer, Na’houm répéta sa formule : cela aussi est pour le bien. Et cette terre se révéla être la poussière miraculeuse d’Abraham, celle qui se changeait en armes et en flèches sur le champ de bataille, si bien que l’empereur, victorieux grâce à elle, combla de présents celui qu’il avait d’abord voulu châtier. Ici, la nuance est décisive : l’événement lui-même, dans l’instant présent, est déjà bon en son fond, et non seulement dans ses conséquences lointaines, même si le regard humain le perçoit d’abord comme une perte ou une épreuve.
Entre ces deux postures se déploie tout un enseignement sur la confiance. Rabbi Akiva regarde vers l’avenir et affirme que le bien finira par surgir de l’ombre ; Na’houm Ich Gamzou plonge son regard dans le présent lui-même et discerne, sous l’apparence rude de l’épreuve, un bien déjà entièrement présent. La foi la plus mûre ne consiste pas seulement à espérer que tout finira bien, mais à pressentir que tout, dès à présent, est déjà bon, entre les mains d’un Père infiniment bienveillant.
S’avancer vers l’avenir avec joie et reconnaissance
Au terme de ce parcours, le message de la Si’ha résonne comme une boussole d’une actualité saisissante, et tout particulièrement à l’approche de l’année nouvelle. La gratitude ne saurait être conditionnelle, réservée aux jours fastes et rangée dès que l’horizon s’assombrit : elle vaut autant pour les réussites éclatantes que pour les périodes de transformation, de doute ou d’épreuve. Rendre grâce dans la lumière est aisé ; la grandeur commence lorsque l’on sait rendre grâce jusque dans l’incertitude.
En reliant notre travail quotidien à une conscience spirituelle éveillée, en offrant nos premiers fruits, c’est-à-dire le meilleur de nous-mêmes, et en cultivant la certitude inébranlable que chaque défi porte en lui la graine d’un bien, visible aussitôt ou révélé plus tard, nous transformons en profondeur notre regard sur l’existence tout entière. Ce qui semblait subi devient offert ; ce qui paraissait obstacle devient chemin.
C’est par cette fidélité dans la foi, par la joie du partage, par la Tsedaka et par l’engagement éthique dans le monde que nous attirons sur nous les bénédictions du Ciel pour l’année qui vient. Ainsi préparons-nous nos cœurs à l’ère de la rédemption ultime, la Guéoula, où le voile se lèvera enfin, où la bonté divine, aujourd’hui parfois cachée derrière les apparences, se manifestera pleinement et sera évidente aux yeux de tous.
Les concepts clés de la Si’ha
L’offrande des premiers fruits (Bikourim) : porter au Temple la primeur la plus belle de sa récolte, avant même d’y goûter, comme geste fondateur de reconnaissance.
La reconnaissance de la source (Hakarat hatov) : rendre grâce au Créateur pour l’abondance reçue, en refusant l’illusion que la richesse serait le seul produit de nos mains.
« C’est Lui qui te donne la force de créer la richesse » : le travail humain n’est qu’un canal et un contenant ; la source réelle de toute abondance descend d’en haut.
La foi simple et entière (emouna peshouta) : cette confiance nue, enfouie au fond de chaque âme, que la Mitsva des premiers fruits vient réveiller.
L’effacement de l’ego (bitoul) : briser le sentiment de possession et d’orgueil pour se replacer comme partenaire du Créateur, et non comme maître solitaire de sa destinée.
L’élévation de la matière : ne pas fuir le monde matériel mais le sanctifier ; les Bikourim ne sont pas brûlés mais consommés, donc haussés à la sainteté sans cesser d’être un fruit.
La demeure dans les mondes inférieurs (Dira beta’htonim) : le dessein de la création, faire du monde concret une résidence pour D.ieu, et du quotidien le lieu même de la rencontre avec Lui.
Le service divin dans le quotidien (Avodat Hachem) : lorsque l’homme se rend semblable à un Cohen, se nourrir, travailler et mener ses affaires deviennent eux-mêmes des actes de service.
Le bien voilé qui se révèle avec le temps : la posture de Rabbi Akiva, tout ce que fait le Miséricordieux, Il le fait pour le bien ; l’épreuve du moment prépare un salut encore invisible.
Le bien déjà présent dans l’instant : la posture supérieure de Na’houm Ich Gamzou, cela aussi est pour le bien ; l’événement lui-même, dès à présent, est bon en son fond.
Les deux degrés de la confiance (bita’hon) : espérer que tout finira bien, puis pressentir que tout, dès maintenant, est déjà bon entre les mains d’un Père bienveillant.
La gratitude inconditionnelle et la Guéoula : rendre grâce jusque dans l’incertitude, attirer les bénédictions de l’année nouvelle et préparer les cœurs à la rédemption ultime, où la bonté divine sera évidente pour tous.
Rares sont les ouvrages que la tradition juive honore du titre de « saint ». Le Tanya de l’Admour Hazaken appartient à ce cercle très restreint, aux côtés du Zohar Hakadoch et du Chelo Hakadoch. Cette leçon d’introduction en dévoile la sainteté, la structure secrète et la profondeur cachée dès sa toute première page.
Adapté d’un cours de Tanya donné le jeudi au Beth Loubavitch
Un livre parmi les plus saints de la tradition
On le sait bien, le Tanya est un livre d’une sainteté singulière. Peu d’ouvrages, dans toute notre tradition, ont mérité qu’on leur adjoigne le nom de « saint ». Le Zohar, on l’appelle le Zohar Hakadoch, le Zohar saint. Le Chelo, cette œuvre du grand maître auteur des Chné Lou’hot Habrit, fut nommée le Chelo Hakadoch. De même le Or Ha’haïm : son auteur est appelé le Or Ha’haïm Hakadoch. Certains maîtres, ainsi, ont eu le mérite que leur nom porte l’épithète de sainteté. Le Tanya est de ceux-là : on le nomme le Sefer Tanya Kadicha, le saint Tanya.
Comme la Torah écrite face à la Torah orale
Quelle différence y a-t-il entre le Tanya et les autres ouvrages de la ‘Hassidout ? Elle est comparable à celle qui sépare la Torah écrite de la Torah orale. La Torah écrite condense et rassemble : il arrive que des centaines de pages de Guemara reposent tout entières sur un seul verset de la Torah. Elle contient tout, en germe. Vient ensuite la Torah orale, qui déploie et explicite dans le détail. Il en va de même du Tanya : il est la base, le fondement, tandis que tous les livres de ‘Hassidout qui l’ont suivi viennent expliquer plus amplement les chapitres qu’on y étudie.
Chaque âme y puise selon son niveau
Il est une autre chose essentielle. Lorsqu’on étudie le ‘Houmach, on l’étudie pour en saisir le sens littéral, et pourtant, du plus jeune enfant jusqu’au plus grand maître de la génération, chacun y découvre un sens entièrement différent, à la mesure de ce qu’il est. Il en va de même du Tanya : tous l’étudient, et chacun le comprend selon son propre niveau. Ce n’est pas un livre réservé à une tranche d’âge, de quinze à vingt ans par exemple ; c’est un livre destiné à tout le peuple juif, à tout âge, où chacun puise selon sa mesure, exactement comme la Torah écrite au regard de la Torah orale.
Un ‘Hassid comme Avraham Avinou avec un seul chapitre
Un enseignement bien connu de la ‘Hassidout, que j’ai déjà répété maintes fois, affirme que l’on peut devenir un ‘Hassid semblable à Avraham Avinou avec un seul chapitre de Tanya. Un unique chapitre peut suffire à cela. C’est dire combien chaque mot du Tanya est spirituel, concentré, chargé de sens. Le Rabbi précédent a enseigné que, lorsqu’on montre à un enfant les lettres de l’alphabet sur la première page du Tanya, on peut être assuré qu’il en recevra la crainte de D.ieu. C’est une chose bien connue : la première page du Tanya a le pouvoir d’éveiller la crainte de D.ieu.
Cinquante-trois chapitres, cinquante-trois jours
Le Tanya s’ouvre par sa préface, suivie de l’approbation de deux grands Tsaddikim, parmi lesquels Rabbi Zoucha d’Anipoli, puis de quelques mots du compilateur, du passage d’entrée dans l’ouvrage, et enfin du premier chapitre et de tous les suivants. La première partie compte cinquante-trois chapitres. Or le nombre cinquante-trois a la valeur numérique du mot « jardin », un verger de fruits, allusion à la Torah écrite, qui compte elle aussi cinquante-trois sections. Ce nombre n’a donc rien d’anodin. C’est pourquoi, lorsque l’Admour Hazaken fut emprisonné, à la suite d’une très grave accusation portée contre la ‘Hassidout, il demeura cinquante-trois jours en détention, à l’image des cinquante-trois chapitres.
Vingt années pour un seul « vav »
Ce n’est pas un livre où un mot serait de trop ou ferait défaut. Il faut savoir que l’Admour Hazaken mit vingt années à écrire le Tanya. Un jour, son frère le trouva plongé dans une intense réflexion et lui demanda ce qui l’occupait ainsi. « Voilà trois semaines, répondit-il, que je réfléchis au chapitre quarante et un : faut-il ou non y ajouter un « vav », faut-il écrire « et », ou bien peut-on s’en dispenser ? » Son frère lui dit qu’il fallait y réfléchir six semaines, et qu’à la septième la voie deviendrait claire. Ainsi l’Admour Hazaken, disciple du Maguid de Mezritch, pesa longuement chaque mot du Tanya, tel qu’il devait être.
Des manuscrits falsifiés à la première impression
Avant son impression, le Tanya circulait sous forme de manuscrits. Or certains les falsifièrent, y introduisant des altérations en réalisant leurs copies. C’est pourquoi l’Admour Hazaken autorisa une première impression : un texte imprimé, contrôlé au préalable, ne pouvait plus être falsifié. Car à cette époque, nombreux étaient ceux qui altéraient le Tanya afin de le faire passer pour un livre opposé au judaïsme.
Les premiers mots : « Liqoutei Amarim »
Abordons à présent la première page, celle des mots du compilateur. L’ouvrage porte pour titre Liqoutei Amarim, « recueil de paroles ». Par humilité, l’Admour Hazaken ne présente pas son œuvre comme un livre qu’il aurait lui-même fondé : il la désigne comme un recueil de paroles rassemblées. Mais d’où sont-elles rassemblées ? Ce terme de « rassemblement » recèle un sens plus profond, car il touche à un thème très manifeste dans la Torah : avant la venue du Machia’h, le rassemblement des exilés se fera un par un. Les « paroles rassemblées » ne désignent donc pas seulement un florilège ; elles indiquent aussi qu’il faut rassembler tout le peuple juif autour de l’étude du Tanya.
Rassemblées des livres et des sages
« Ce sont des paroles recueillies de livres et de sages. » De quels livres s’agit-il ? De ceux du Maharal de Prague et du Chelo. Et de quels sages ? De ses propres maîtres, le Maguid de Mezritch et le Baal Chem Tov. L’Admour Hazaken affirme ainsi ne rien tenir de lui-même : il a tout fondé sur ces livres et sur ces sages, « qui nous sont connus ». Cette précision, « qui nous sont connus », ouvre le développement qui va suivre, sur ce que signifient les niveaux du Tsaddik et du Racha.
« Sois un Tsaddik, ne sois pas un Racha »
La Guemara enseigne que, lorsque l’âme vient au monde, on la fait prêter serment. On lui adresse deux paroles : « Sois un Tsaddik », et « Ne sois pas un Racha ». Le Tsaddik représente le niveau le plus élevé, le Racha le niveau le plus bas. Voilà ce que l’on dit à chaque âme d’Israël qui descend ici-bas : sois un Tsaddik, ne sois pas un Racha. Le Rabbi relève ici un détail. Ce passage est introduit par le mot « tanya », « il a été enseigné », alors qu’ailleurs dans la Guemara un tel enseignement est plutôt attribué à un maître qui « expose » (darach). Pourquoi, en cet endroit, le terme « tanya » ? La réponse est que, dans les forces du mal, il existe une force nommée « Tanya ». De même que ces forces portent divers noms, l’une d’elles se nomme ainsi. Que fait-elle ? Elle pousse à ne pas étudier les secrets de la Torah, à s’en tenir au seul sens littéral, au pchat. Or l’étude du Tanya aide précisément à écarter cette force, et à accéder à la profondeur de la Torah.
Chapitre 1 : Le serment qui rassasie l’âme
On l’a dit : lorsque l’âme vient au monde, on lui fait jurer d’être un Tsaddik et de ne pas être un Racha. Mais à quoi bon ce serment ? Si l’âme doit être un Tsaddik, il paraît superflu ; et si elle venait à l’oublier, en quoi l’aiderait-il ? Les commentateurs répondent en jouant sur les mots : « machbiïm », « on fait jurer », évoque aussi « masbiïm », « on rassasie ». Par ce serment, on donne à l’âme les forces d’être un Tsaddik et de ne pas être un Racha. Pour en saisir le sens, prenons une comparaison. Deux amis se lient parfois par un serment de fidélité. On pourrait s’interroger : à quoi sert-il ? Aujourd’hui, ils sont amis et n’en ont nul besoin ; et si demain l’un se conduisait mal envers l’autre, le serment tiendrait-il encore ? En vérité, le serment fait précisément appel à une force plus haute que la raison. Car un commandement accompli par simple raisonnement, comme le fait de donner la Tsedaka un jour donné, dépend de l’intellect, et l’intellect est changeant : ce que l’on désire aujourd’hui, on ne le désire plus demain. Le serment, lui, ne repose pas sur l’intellect ; il éveille la profondeur de l’âme, un attachement plus fort que toute logique. Aussi, même si l’ami venait à mal agir, le lien demeure. De même, lorsque l’âme descend ici-bas, on lui fait prêter serment : on puise en D.ieu une force située au-delà de l’intellect, afin qu’elle soit un Tsaddik et non un Racha.
Une découverte rare, dévoilée pour la première fois par la maison de ventes Moreshet, ébranle les chercheurs qui se consacrent à l’histoire du Rabbi. Il s’agit d’une collection de documents originaux, disparus des regards durant un siècle entier, qui reviennent aujourd’hui à la lumière. Cette correspondance des années 1925 et 1926 établit que, quelque vingt ans avant de se rendre à New York, le Rabbi, aux côtés de son frère Rav Israël Arié Leib, avait été officiellement autorisé à monter en Eretz Israël par les autorités du Mandat britannique.
Une découverte rare, présentée pour la première fois par la maison de vente aux enchères Moreshet, secoue le monde des chercheurs qui étudient l’histoire du Rabbi : une collection de documents originaux, demeurés introuvables durant cent années, sort enfin de l’ombre. Cette correspondance datée de 1925 et 1926 prouve qu’environ deux décennies avant de se rendre à New York, le Rabbi, avec son frère Rav Israël Arié Leib, fut officiellement approuvé pour l’Aliyah vers Eretz Israël par les autorités du Mandat britannique.
Un seul indice à l’origine de la découverte
Toute cette découverte spectaculaire a débuté par un unique fil conducteur : un document isolé, présenté il y a environ six mois lors de la vente 88 de la maison Moreshet (lot 122). L’enquête qui s’ensuivit permit de localiser le dossier complet, trois ensembles totalisant dix feuillets qui réécrivent l’histoire et retracent le déroulement du processus d’Aliyah, du tout début jusqu’à son aboutissement.
Des détails d’identification fascinants
Plusieurs éléments consignés dans ces documents retiennent l’attention. L’adresse du Rabbi et de son frère, Israël Aryé Leib, y figure ainsi : UPORNAJA STR. 15, EKATERINOSLAW, soit la demeure de leurs parents Rabbi Levi Its’hak et la Rabbanit Hanna. Le jeu des identités administratives se révèle tout aussi éloquent : pour se conformer aux règles strictes du Mandat, la profession du Rabbi fut déclarée comme celle d’« agriculteur », tandis que son parent, Rav Israël Acher Liba, important ‘Hassid Habad de Jérusalem, fut présenté comme son oncle. Quant à l’année de naissance, le document mentionne 1895, et non 1902, en s’appuyant sur les registres officiels erronés qui étaient destinés à empêcher l’enrôlement dans l’armée russe.
L’énigme historique prend un nouveau tournant
Tout au long des années de sa direction, le Rabbi fut interrogé à plus d’une reprise sur les raisons pour lesquelles il n’était pas monté s’établir en Eretz Israël. Ses réponses variaient : de l’obligation de demeurer tel « le dernier capitaine sur le navire », veillant sur la communauté juive de la Diaspora, jusqu’à son engagement à ne pas s’éloigner de la sépulture de son beau-père, le Rabbi Rayats, en passant par l’affirmation selon laquelle, si telle avait été la voie juste, les fondateurs de la ‘Hassidout auraient donné leur vie pour l’accomplir.
Or il apparaît désormais que, dans sa vingtaine, avant même son mariage avec la Rebbetzin Haya Mouchka, cette démarche ne relevait pas d’une simple idée théorique, mais bien d’un processus administratif mené à son terme avec succès, qui aboutit à un permis d’Aliyah officiel, autrement dit un visa d’immigration.
Cette rare collection, conservée en très bon état, sera proposée lors de la prochaine vente publique de Moreshet et suscite déjà un immense enthousiasme parmi les collectionneurs, les chercheurs et les ‘Hassidim du monde entier.
De fortes précipitations se sont abattues sur Brooklyn jeudi soir, envoyant l’eau dans plusieurs secteurs du 770. Une grande partie du zal principal ainsi que des espaces du sous-sol se sont retrouvés submergés. Les Ba’hourim ont réagi sans tarder pour mettre à l’abri les Sefarim et les Téfilines, avant de poursuivre leur étude dans les zones épargnées.
Un déluge sur Brooklyn
Une pluie torrentielle a balayé Brooklyn jeudi soir, inondant les rues et faisant pénétrer l’eau dans les sous-sols et autres zones basses à travers toute la ville.
À Crown Heights, ces trombes d’eau se sont introduites dans plusieurs secteurs du 770, laissant une part importante du zal principal et des espaces du sous-sol entièrement détrempés.
Une réaction rapide des ba’hourim
Alors que l’eau commençait à s’accumuler, les Ba’hourim se sont empressés de retirer les Sefarim des rayonnages inférieurs dans les zones touchées, pour les déplacer vers les étagères supérieures et d’autres surfaces surélevées. De la même manière, les Téfilines et les effets personnels rangés dans les casiers du bas, au sous-sol, ont été mis hors d’atteinte de l’eau.
Les membres de l’équipe d’entretien du 770 ont été rapidement mobilisés, épongeant l’eau et nettoyant les secteurs affectés une fois que le plus fort de l’averse fut passé.
Nullement découragés par les conditions, les Ba’hourim ont quitté les sections inondées pour gagner les espaces restés au sec, notamment l’Ezrat Nachim agrandie, où ils ont continué à étudier la Torah avec assiduité tandis que l’orage se poursuivait au dehors.
Alerte météo et prévisions
Le service météorologique national a émis une alerte aux crues soudaines pour Brooklyn et Manhattan peu avant dix-sept heures quarante, laquelle est demeurée en vigueur jusqu’à dix-neuf heures quarante-cinq, tandis que de fortes précipitations traversaient la ville durant l’heure de pointe du soir. New York restait placée sous vigilance inondations jusqu’à deux heures du matin le vendredi, les prévisionnistes avertissant que l’intensité des pluies pourrait approcher, par endroits, les deux pouces par heure (environ cinq centimètres).
Des dégâts moins graves que par le passé
Bien que les inondations du 770 lors de tempêtes violentes ne soient guère inédites, celles de jeudi se sont révélées nettement moins sévères que lors des occasions précédentes, à la suite des efforts considérables déployés par la direction du 770 pour améliorer le drainage et mener à bien des réparations destinées à empêcher l’eau de pénétrer dans le bâtiment.
Ces inondations sont survenues à un moment particulièrement malheureux, juste après un grand nettoyage de la synagogue principale en vue du mois de Tichri, comprenant notamment un travail mené tout au long de la semaine écoulée pour nettoyer et faire briller le sol.
El’hanan ‘Hananya, militaire de carrière, a été blessé à un degré qualifié de modéré lors d’un attentat à l’arme blanche près du village d’Ouja, alors qu’il s’était arrêté sur la route d’un séjour familial à Tibériade organisé pour son anniversaire de mariage. Son épouse enceinte, ses deux filles et son beau-père attendaient dans la voiture lorsque le terroriste s’est jeté sur lui par derrière avant de prendre la fuite. Les forces de sécurité poursuivent leurs recherches pour le retrouver.
Un arrêt sur la route des vacances
El’hanan ‘Hananya, militaire de carrière blessé ce dimanche matin à 9h18, à un degré qualifié de modéré lors de l’attentat à l’arme blanche survenu dans la vallée du Jourdain, se rendait à un séjour familial à Tibériade afin de célébrer son anniversaire de mariage. Il voyageait avec son épouse enceinte, leurs deux filles et son beau-père. En chemin, il s’était arrêté à proximité du village d’Ouja, où il a été poignardé par un terroriste qui a aussitôt fui les lieux.
Selon les proches de la famille, ‘Hananya avait quitté sa base pour fêter l’événement avec les siens. Ses frères, Yossef et Chlomo, ont raconté à l’hôpital Chaaré Tsedek de Jérusalem que son état s’accompagnait de vives douleurs : « Il a une fracture à l’épaule et une hémorragie interne. On essaie de stabiliser tout cela. Il souffre énormément et il a du mal à parler. »
Le récit des frères
Reconstituant les instants de l’attaque, les frères ont expliqué qu’El’hanan s’était arrêté pour acheter des cigarettes. À son retour vers la voiture, le terroriste l’attendait et s’est rué sur lui par derrière. « Lorsqu’il a vu que mon frère lui tournait le dos, il a bondi sur lui et l’a poignardé à plusieurs reprises au corps », ont-ils rapporté. Ils ont ajouté qu’il s’était débattu, saisi de frayeur pour ses enfants, tandis que son épouse hurlait. Son beau-père, qui se trouvait dans la voiture, est sorti à son tour, et le terroriste a pris la fuite. Leur fille aînée a assisté à toute la scène.
L’attentat a été filmé par une caméra de surveillance, sur laquelle on voit le terroriste se jeter sur ‘Hananya par derrière et le poignarder. Les forces de sécurité ont lancé une traque et ont commencé à établir des barrages et à mener des ratissages dans le secteur du village d’Ouja, de Jéricho et de toute la région.
La traque des forces de sécurité
Le porte-parole de Tsahal a fait savoir que « les forces mènent une traque après le terroriste dans le village d’Ouja, dans la ville de Jéricho et dans tout le secteur. Les troupes interrogent des suspects et effectuent un travail de collecte et de renseignement afin de localiser le terroriste. »
L’évacuation vers l’hôpital
Le signalement de l’attentat est parvenu à neuf heures dix-huit au centre d’appels 101 du Magen David Adom, dans le secteur de Guilboa. ‘Hananya a été confié aux équipes du Magen David Adom à proximité du village, puis évacué vers l’hôpital Chaaré Tsedek de Jérusalem, pleinement conscient et dans un état qualifié de modéré.
Le secouriste du Magen David Adom, Gal Sheni, a témoigné : « Nous avons reçu un signalement concernant un homme blessé par arme blanche. Nous avons rejoint le blessé ; il était pleinement conscient et souffrait d’une plaie au haut du corps. Nous lui avons prodigué des soins et l’avons évacué à bord d’une ambulance de soins intensifs du Magen David Adom vers l’hôpital, dans un état modéré et pleinement conscient. »
Les premiers éléments de l’enquête
La police a indiqué que, selon un premier interrogatoire, ‘Hananya avait arrêté son véhicule sur la route 90, à proximité d’un centre commercial. À un moment donné, alors qu’il se tenait à l’extérieur de la voiture, un suspect posté non loin s’est jeté sur lui par derrière, l’a poignardé à l’épaule et a pris la fuite. Les forces de police, l’armée et les services de sécurité poursuivent leurs efforts pour le retrouver.
Le Beth Din rabbinique Habad de Terre Sainte a déposé une requête d’urgence pour faire cesser les travaux menés au cœur de la parcelle Habad historique de l’antique cimetière d’Hébron. Sur ce carré ‘hassidique repose la Rabbanite Menou’ha Ra’hel Slonim, de bénie mémoire, fille de l’Admour Haemtsahi et mère de la communauté Habad de la ville, dont le Tsiyoun est vénéré à ce jour. Retour sur une figure de sainteté dont la sépulture se trouve aujourd’hui menacée.
Une requête d’urgence pour arrêter les travaux
Le Beth Din rabbinique Habad de Terre Sainte a déposé devant le tribunal une requête d’urgence exigeant l’arrêt immédiat de tous les travaux de construction, de terrassement et de nivellement menés au cœur de la parcelle Habad, dans l’antique cimetière de la ville des Patriarches. Selon la requête, le conseil local de Hébron et ceux qui œuvrent à ses côtés ont réalisé d’importants travaux de terrassement, aménagé une voie d’accès carrossable sur un remblai de terre (la « rampe »), installé des caravanes et même logé sur place des familles de résidents, alors que les travaux se poursuivent en ces jours mêmes.
Avant de saisir la justice, les Rabbanim Habad et leur représentant, Rav Its’hak Dov Gelbstein, avaient multiplié les démarches auprès des instances concernées, dans un esprit de conciliation. Ces appels étant restés sans réponse et les travaux se poursuivant de manière brutale, la voie judiciaire s’est imposée.
Une parcelle chargée d’histoire
La parcelle en question est le carré achkénaze historique de l’antique cimetière juif d’Hébron, qui sert la communauté ‘hassidique de la ville depuis près de cent soixante-dix ans. Y reposent des figures majeures de la ‘Hassidout et du Yichouv juif, ainsi que des Rabbanim éminents tels le Rav Chimon Menaché ‘Haïkin et le Rav Hillel Moché Gelbstein, de bénie mémoire. Gravement profané sous la domination jordanienne, le cimetière fut restauré au prix d’immenses efforts après la Guerre des Six Jours, sous la conduite du professeur Ben Tsion Tavger, de bénie mémoire.
Qui était la Rabbanite Menou’ha Ra’hel Slonim
La Rabbanite Menou’ha Ra’hel naquit un mardi, le 19 Kislev 5559 (1798), le jour même où l’Admour Hazaken fut libéré de sa captivité. Lorsque son père, l’Admour Haemtsahi, apprit la naissance de sa fille, il déclara : « Désormais, le repos sera nôtre », et c’est ainsi qu’il la nomma Menou’ha, « le repos ». Le prénom Ra’hel lui fut donné en mémoire de la jeune fille de l’Admour Hazaken, disparue dans sa jeunesse.
Dès son plus jeune âge, la Rabbanite aspira ardemment à monter en Terre d’Israël. Un jour qu’elle était tombée malade au point que les médecins désespéraient de sa vie, son père ordonna que l’on murmurât à son oreille, en son nom, qu’elle guérirait et mériterait de monter en Terre Sainte ; aussitôt, elle se rétablit.
Une montée « entre les gouttes de pluie »
Après son mariage avec le Rav Yaakov Kouli Slonim, le couple s’établit à Loubavitch. En 5592 (1832) naquit son fils aîné, le Rav Yehouda Leib ; en 5593 (1833), son fils le Rav Levi Its’hak ; et en 5600 (1840), son fils le Rav Mordekhaï Dovber.
Sur le conseil de l’Admour le Tsema’h Tsédek, elle monta en 5605 (1845) avec sa famille en Terre Sainte et s’établit à Hébron. Au moment de prendre congé du Tsema’h Tsédek, elle lui confia sa crainte de se mettre en route à cause des pluies. Celui-ci lui répondit : « Qu’importe ? Tu voyageras entre les gouttes ! » Depuis ce jour et jusqu’à son dernier jour, pas une goutte de pluie ne tomba sur elle.
« La Bobé de Hébron », femme de prodiges
À son arrivée à Hébron, la Rabbanite y fonda la communauté Habad. Les Juifs de la ville, et même les non-Juifs, la considéraient comme une Tsadeket ; on la surnommait « la Bobé Menou’ha Ra’hel », grand-mère en yiddish, et beaucoup venaient recevoir sa bénédiction. L’Admour de Lelov, Rabbi Elazar Mendel, avait coutume de se rendre chez elle lors de ses séjours à Hébron : il se tenait debout devant elle tout au long de la visite et, avant de partir, sollicitait sa bénédiction. De nombreux récits rapportent les prodiges qu’elle accomplit, et chaque fiancée, après s’être recueillie au Caveau des Patriarches, venait auprès de la Rabbanite recevoir sa bénédiction.
Nombreux étaient aussi les voisins arabes qui venaient solliciter ses prières ; elle les bénissait de bon cœur, mais à la condition expresse qu’ils ne portent aucun tort à leurs voisins juifs. Fidèle à ce qu’elle avait reçu de l’Admour Hazaken, elle veillait scrupuleusement à ne rien répandre ni jeter de la nourriture du Chabbat, et éduquait par l’exemple à la pureté et à la propreté, répétant au nom de son grand-père et de son père : « Là où règnent la pureté et la propreté, se trouvent la Cacherout et le judaïsme. »
Ses derniers instants
Peu avant son décès, alors que sa petite-fille Mouchka Dvora se préparait à son mariage, la Rabbanite l’appela et lui dit de ne pas chercher de logement ni d’acheter quoi que ce soit pour ses noces, car elle lui offrait en cadeau son propre appartement et tout son contenu. Très peu de temps après, la Rabbanite rendit son âme et la maison passa à sa petite-fille.
À la veille de Roch ‘Hodech Chevat 5648 (1888), elle rédigea une lettre destinée à l’Admour Rachab. Elle la confia à son petit-fils, R. Zeev Dov, pour qu’il la poste, en l’avertissant de ne pas l’ouvrir. Le jeune homme, pressentant qu’elle contenait quelque chose d’important, la porta à son père, R. Yehouda Leib. En l’ouvrant, celui-ci découvrit que la Rabbanite y écrivait qu’il s’agissait de la dernière lettre qu’elle adressait à l’Admour Rachab.
Lors de sa dernière nuit, elle demanda à son arrière-petite-fille Pécha Hadassa, âgée d’environ douze ans, de ne pas dormir auprès d’elle comme à l’accoutumée, mais que ce soit plutôt la servante Zissel, âgée de quelque quatre-vingt-dix ans, qui restât à ses côtés. Au milieu de la nuit, elle réveilla Zissel et lui demanda de faire chauffer de l’eau afin de pouvoir se laver et changer de vêtements. Elle fit ensuite appeler tous les siens, tandis que ses lèvres murmuraient sans cesse des passages de prière. Dans ses derniers instants, le Rav Ephraïm HaLavan, l’un des Rabbanim de Hébron, était assis auprès de son lit ; sentant venir la fin, il voulut sortir réunir un minyan qui serait présent au départ de l’âme, mais la Rabbanite, l’esprit parfaitement lucide, lui fit signe de renoncer car il n’en aurait pas le temps, en disant : « Mes ancêtres sont ici avec moi. » Aussitôt, son âme s’éleva. Lors de sa purification, les membres de la ‘Hevra Kadicha lui demandèrent de se redresser, et elle s’exécuta.
À ses funérailles participèrent tous les Juifs de Hébron ; les enfants de la ville marchèrent devant le brancard, des bougies allumées à la main, en récitant des chapitres de Téhilim. La Rabbanite s’éteignit le 24 Chevat 5648 (1888) et repose en honneur dans la ville de Hébron.
Le Tsiyoun de la Rabbanite aujourd’hui
Son Tsiyoun, comme l’ensemble de la parcelle, fut détruit par des émeutiers arabes après les pogroms de 5689 (1929). Ce n’est que dans les années soixante-dix du siècle dernier que l’emplacement exact de la tombe fut identifié par le professeur Ben Tsion Tavger, grâce à d’anciennes photographies aériennes britanniques et à des relevés complémentaires sur le terrain. Le professeur Tavger érigea un Tsiyoun provisoire, et en 5758 (1998), à l’approche du cent dixième anniversaire de sa disparition, l’ensemble du site fut restauré par ceux qui ont renouvelé le Yichouv juif à Hébron. De nombreuses autres tombes de cette parcelle, profanées sous la domination jordanienne, n’ont toutefois pas été relevées à ce jour et attendent encore leur restauration.
C’est en 5742 (1982) que le Rav Chemouel Elazar Halperin, de bénie mémoire, avait initié le renouveau de la montée sur sa tombe le jour de son décès, après la libération de Hébron lors de la Guerre des Six Jours. Ce pèlerinage reçut la bénédiction et les encouragements du Rabbi. Depuis lors, à l’exception de l’année 5748 (1988) où il ne put avoir lieu pour des raisons de sécurité, des centaines de ses descendants et de Anach, les ‘Hassidim Habad de tout le pays, y montent chaque année, en particulier de nombreuses femmes pieuses qui affluent le jour de sa disparition comme en toute autre période. On observe même un véritable usage de donner son prénom aux filles d’Israël : des centaines, voire des milliers, le portent aujourd’hui avec fierté.
Chaque année, au jour anniversaire de sa disparition, le 24 Chevat, se tient sur place une Hiloula accompagnée d’une montée massive de ‘Hassidim Habad venus de tout le pays. Un Kollel d’Avrekhim y étudie chaque soir de façon permanente. Le lieu est ouvert et sécurisé, et l’on peut s’y rendre sans nécessité de coordination particulière. C’est également en son honneur qu’est nommée la synagogue Menou’ha Ra’hel, la plus ancienne synagogue Habad au monde, qui abrite aujourd’hui une partie des activités du Beth Habad de Hébron.
Un fondement halakhique solide
La requête s’appuie sur un large socle professionnel et halakhique. En son centre figure l’avis du Rav Yaakov Roja, membre du Conseil du Grand Rabbinat et président de la commission pour la dignité des défunts, qui a établi de manière catégorique, après une visite sur les lieux et l’examen des cartes, que le terrain est empli de tombes et relève à tous égards du statut d’un cimetière : il est donc interdit d’y aménager une voie ou d’y poser des constructions. Le Rav Roja a insisté sur la nécessité de démanteler la « rampe » jusqu’au niveau du sol d’origine. À son avis se sont joints le Beth Din Tsedek de la Edah Ha’harédit, d’autres Rabbanim, ainsi que des expertises mettant en garde contre l’atteinte à des grottes funéraires et à des tombes de différentes époques enfouies sous le tracé de la voie.
La décision du tribunal
Ce matin (dimanche), le juge a statué que les défendeurs devront déposer leur réponse d’ici mardi prochain, après quoi il sera décidé s’il convient d’émettre une ordonnance intérimaire suspendant les travaux. Les ‘Hassidim Habad expriment l’espoir que cette conduite brutale, qui porte atteinte aux tombes et au cimetière où repose la Rabbanite Menou’ha Ra’hel, sera rapidement stoppée.toppée.
Au cœur de la ville de Holon, une célébration de « Chéva Bra’hot » s’est muée en un véritable moment d’histoire communautaire : l’inauguration d’un club de jeunesse CTeen d’une ampleur inédite pour l’antenne locale Habad pour la Jeunesse. Organisée par le président du réseau, le Rav Moché Chilat, la soirée s’est tenue en l’honneur du ‘Hassid et nagid Rav Eliyahou Schlossberg, directeur du mouvement en Terre Sainte. 51 Chlou’him venus de tout le pays s’y sont réunis, aux côtés de donateurs et de personnalités.
C’est un jeudi soir que la ville de Holon a vécu une soirée exceptionnelle à double titre. Le « Chéva Bra’hot » des jeunes mariés, Zeevi et Ra’héli (Deutsch) Schlossberg , se déroulait au sein de l’antenne « CTeen Habad pour la Jeunesse » de la ville lorsque, dans le même mouvement, fut inauguré un nouveau club destiné aux adolescents, d’une taille et d’une facture particulièrement impressionnantes, animé par les Chlou’him locaux, le Rav Mendy et son épouse Sari Malka.
Une soirée à la croisée de deux joies
L’événement a été organisé et conduit de bout en bout par le Rav Moché Chilat, président de Habad pour la Jeunesse en Israël, en l’honneur du père du marié, le ‘Hassid et philanthrope, Rav Eliyahou Schlossberg, patron du mouvement en Terre Sainte. Pas moins de cinquante et un Chlou’him de Habad pour la Jeunesse, venus des quatre coins du pays, avaient fait le déplacement et furent les invités d’honneur de cette réunion peu ordinaire, où l’allégresse d’un mariage se mêlait à l’élan d’une nouvelle conquête éducative.
Habad pour la Jeunesse : une révolution en marche
Issue du réseau mondial CTeen, structuré à la fin des années 2000 sous l’égide du Merkos L’Inyonei ‘Hinoukh, la branche israélienne de Habad pour la Jeunesse s’est imposée en une quinzaine d’années comme l’un des projets les plus dynamiques de Habad en Eretz Israël. Placé sous la direction du Rav Moché Chilat, le mouvement fédère aujourd’hui plusieurs dizaines de familles de Chlou’him réparties dans des dizaines de villes du pays, où elles déploient auprès des adolescents un travail de proximité mêlant étude, prière, mise de Tefilines et activités communautaires. Chaque nouveau club, chaque nouvelle antenne prolonge une même vision : offrir à la jeunesse israélienne un point d’ancrage juif attractif et vivant.
C’est dans cette dynamique que s’inscrit le club inauguré à Holon, pensé comme un espace où les jeunes de la ville pourront se retrouver au fil de l’année. Derrière l’événement se profilent aussi les figures qui, depuis plus d’une décennie, portent financièrement et spirituellement cette entreprise.
Les bâtisseurs d’une même œuvre
Figure de proue de la diffusion des enseignements du Rabbi dans les milieux les plus divers, le Rav Moché Chilat — né à Jérusalem en 1975 — dirige également Habad sur les Campus, le réseau Torat Habad destiné aux Ba’hourim des yechivot, ainsi que la maison d’édition Maayanotekha. On lui doit nombre d’initiatives éducatives devenues, au fil des années, de véritables entreprises nationales.
Le Rav Eliyahou Schlossberg, incarne quant à lui la figure du philanthrope entièrement dévoué à l’œuvre du Rabbi. Issu d’une famille qui n’était pas ‘hassidique, il s’est rapproché au fil des ans de Habad et s’est lié au Rabbi. Entrepreneur dans l’immobilier, il consacre une part importante de sa fortune au soutien des institutions de Torah : outre son rôle de directeur de « Habad pour la Jeunesse », il finance le réseau de Kollelim « ‘Hibat Eliyahou » et les maisons d’étude « Heikhalei Avraham Its’hak », et a fondé des œuvres de bienfaisance venant en aide aux familles dans le besoin comme aux orphelins de Tsahal.
La soirée a par ailleurs été honorée de la présence du philanthrope Its’hak Mirilashvili, considéré comme l’un des fondateurs de Habad pour la Jeunesse en Israël et l’un de ses principaux soutiens depuis de longues années, aux côtés du Rav Schlossberg. Homme d’affaires et philanthrope de premier plan, il figure parmi les plus grands donateurs des institutions Habad et a mis sur pied, voici une quinzaine d’années, un fonds destiné à financer les projets de Torah et de ‘Hessed. Dans ses paroles, il a remercié les Chlou’him pour leur travail remarquable, salué le Rav Chilat pour sa direction avisée et constante, et exprimé sa gratitude au Rav Schlossberg pour le grand partenariat qui les unit.
La Mezouza et la mémoire d’un père
Le point d’orgue de la cérémonie fut d’une intensité toute particulière. C’est le marié, le Rav Zeevi, qui apposa la Mezouza sur le seuil du nouveau lieu, scellant symboliquement la vocation de la maison. Son père, le Rav Eliyahou, dévoila pour sa part la plaque dédiée à la mémoire de son propre père, le Rav Avraham Its’hak zatsal, avant de prononcer des paroles de bénédiction empreintes d’émotion — comme pour inscrire ce nouvel édifice dans la continuité de trois générations.
Le Chalia’h principal de la ville, le Rav David Gourarié, a béni les familles réunies et exprimé sa reconnaissance profonde pour la révolution que Habad pour la Jeunesse a accomplie dans sa ville. Tout au long de la soirée, le grand chantre ‘hassidique Moti Steinmetz, accompagné de l’artiste Naor Karmi, a fait vibrer l’assistance, alternant Nigounim de l’âme profonds et chants de joie entraînants.
Ainsi, à Holon, une simple table de Chéva Bra’hot s’est faite le berceau d’une maison nouvelle, où la jeunesse d’Israël trouvera, demain, un foyer.
Après plusieurs semaines d’un séjour intense, le Camp Gan Israël de Detroit a refermé les portes de sa session estivale. Prières, étude, activités quotidiennes, guerre des couleurs et grande excursion en ont rythmé chaque journée, jusqu’au départ des autobus. Un reportage photographique récapitulatif vient désormais retracer les moments forts de cet été.
L’été s’est achevé au Camp Gan Israël de Detroit, l’un des plus anciens camps de vacances du mouvement Habad-Loubavitch en Amérique du Nord. Au terme d’une période dense en activités, la direction du camp diffuse à présent un large album photographique retraçant le déroulement de la session, depuis les premières prières du matin jusqu’à l’ultime rassemblement des campeurs avant le retour à la maison.
Tout au long du séjour, les jeunes campeurs ont pris part aux prières quotidiennes, aux temps d’étude et à un éventail d’activités éducatives et sportives. À ce programme régulier se sont ajoutés plusieurs événements d’exception, pensés pour marquer durablement les esprits et prolonger, bien au-delà de l’été, l’élan spirituel insufflé sur les rives des lacs du Michigan.
Une session rythmée par la prière, l’étude et le jeu
Le quotidien du camp reposait sur un équilibre soigneusement entretenu entre la vie spirituelle et l’énergie propre à l’enfance. Chaque journée s’ouvrait par la prière et se poursuivait par des sessions d’étude, avant de laisser place aux jeux, aux sports et aux ateliers. Cette alternance, loin d’être une simple juxtaposition, forme le cœur même de la philosophie du réseau Gan Israël, où l’immersion ‘hassidique se vit dans la joie et le mouvement autant que dans le recueillement.
Cette formule reflète une intuition ancienne du mouvement : le temps des vacances estivales, loin d’être une parenthèse vide, constitue une occasion privilégiée d’ancrer chez les jeunes un attachement profond au judaïsme. Encadrés par des moniteurs venus de différentes communautés, les campeurs ont ainsi vécu un été où chaque instant, y compris les plus ludiques, était porteur de sens et de transmission.
La guerre des couleurs et la grande excursion, temps forts du séjour
Parmi les moments les plus attendus figuraient la guerre des couleurs, cette compétition d’équipes qui mobilise toute l’énergie et l’enthousiasme des campeurs, et la grande excursion, sortie de plusieurs jours à la découverte des paysages du nord du Michigan. Ces deux rendez-vous, devenus des institutions dans les camps du réseau Gan Israël, cristallisent l’esprit de camaraderie et l’exaltation collective qui caractérisent la saison estivale.
L’ensemble des activités s’est prolongé sans relâche jusqu’à l’instant où les autobus ont quitté les lieux, emportant avec eux des campeurs marqués par des semaines de vie communautaire. C’est ce foisonnement que documente désormais la galerie de photographies diffusée, offrant un panorama complet des journées écoulées et immortalisant les visages, les rassemblements et les instants de ferveur de cet été.
Un camp héritier de la vision du Rabbi
Le Camp Gan Israël de Detroit s’inscrit dans un réseau fondé en 1956 sur l’initiative du Rabbi de Loubavitch, qui voyait dans les vacances d’été non pas un temps mort mais une opportunité éducative de premier ordre, tout particulièrement pour les enfants issus de foyers éloignés de la tradition. Le Rabbi avait choisi le nom de Gan Israël en hommage au Ba’al Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, dont l’amour inconditionnel pour chaque juif demeure la matrice de l’entreprise. Aujourd’hui, ce réseau constitue le plus vaste ensemble de camps juifs au monde, avec plus de cent mille enfants accueillis chaque année sur plusieurs continents.
L’implantation de Detroit compte parmi les toutes premières grandes activités du mouvement Loubavitch dans le Michigan, voici plus de six décennies. Le camp accueille aujourd’hui garçons et filles sur des sites distincts du nord de l’État, dans une région boisée et lacustre propice à l’immersion. Ces dernières années, l’acquisition de nouveaux terrains a permis d’étendre la session à deux mois pleins et d’accueillir un nombre croissant d’enfants, prolongeant ainsi, saison après saison, cette vision de croissance continue chère au mouvement.
Un été de plus s’achève à Detroit, mais l’élan semé sur les rives du Michigan accompagnera les campeurs bien au-delà des portes du camp.
Le mois d’Elloul ouvre une période singulière où la miséricorde divine se dévoile au cœur même de la vie quotidienne. Par la célèbre métaphore du Roi qui traverse les champs, l’Admour Hazaken enseigne que chacun peut alors s’approcher de D.ieu sans protocole ni barrière. Une lettre du Rabbi adressée à des détenus, et le geste bouleversant de l’un d’eux, révèlent la portée universelle de ce dévoilement.
1 – Le contexte du mois d’Elloul
Bien que le Talmud ne mentionne nulle part de manière explicite la Téchouva, le retour vers D.ieu, à propos du mois d’Elloul, celui-ci n’en demeure pas moins un temps infiniment propice, un Eit Ratson, un moment de pleine bienveillance. D.ieu y révèle Ses treize attributs de miséricorde, un dévoilement aussi puissant que celui qui accompagne les jours les plus solennels de l’année, tel Yom Kippour.
2 – Le paradoxe d’Elloul
Un paradoxe distingue pourtant ce mois de toute autre période sacrée. Le Chabbat comme Yom Kippour exigent que l’on suspende toute activité pour se consacrer entièrement au service divin ; durant Elloul, au contraire, la vie matérielle poursuit son cours ordinaire, sans la moindre interruption. Comment concilier une telle proximité avec le Ciel et le maintien des occupations les plus terrestres ?
3 – La métaphore du Roi dans les champs
Pour éclairer ce paradoxe, l’Admour Hazaken, fondateur du mouvement Habad, recourt à une image devenue célèbre. Avant de regagner son palais — qui figure Roch Hachana et Yom Kippour, où l’accès est strictement encadré —, le roi traverse les champs. Là, chacun peut l’approcher librement, sans cérémonie ni protocole, et le souverain accueille tout un chacun avec un visage rayonnant et un sourire.
4 – Le sens spirituel du dévoilement
Cette parabole porte un enseignement profond : le dévoilement divin est si élevé, si puissant, qu’il peut descendre jusque dans le quotidien le plus matériel. D.ieu accompagne l’homme au sein même de ses travaux profanes, signe que l’essence du Juif, d’Israël, demeure intimement liée à la lumière divine, quelles que soient ses activités terrestres.
5 – Un message pour les prisonniers
En 1977, le Rabbi adressa une lettre à des détenus pour leur rappeler que le « champ » désigne n’importe quel lieu. Même derrière les barreaux, D.ieu est présent, et Il accueille chaque être avec la même bienveillance, sans jamais rien retrancher à Son amour.
6 – L’histoire poignante d’un détenu
Une histoire bouleversante illustre cette vérité. Dans une prison vivait un homme d’une grande violence. Un jour, un bénévole lui proposa de mettre les Téfilines, mais il hésita en apercevant, sur le bras du détenu, un tatouage inconvenant. La semaine suivante, l’homme s’était écorché la peau à vif, la frottant de sel, afin d’effacer ce tatouage par respect pour les Téfilines. Ce geste dit tout : l’âme juive demeure toujours pure, toujours prête au sacrifice, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve.