Le mois d’Éloul est considéré par la Hassidout comme une période heureuse offerte pour corriger ses fautes, et non comme un mois redoutable.
Le mot Téchouva signifie littéralement « retour » vers Dieu, soulignant que cette démarche est à la portée de tous.
Il est spirituellement préférable d’accomplir ce retour par amour et gratitude plutôt que par simple crainte d’une punition.
L’Importance de la Responsabilité Personnelle
Réouven est cité comme le premier personnage biblique à avoir assumé pleinement sa faute de sa propre initiative, contrairement à Adam ou Caïn qui ont blâmé autrui ou Dieu.
Se victimiser ou reporter constamment la faute sur les circonstances extérieures enferme l’individu et l’empêche de se réparer.
L’être humain se distingue par son libre arbitre, ce qui implique que reconnaître objectivement son erreur constitue la première étape essentielle de la guérison.
La Maîtrise de la Logique Face à l’Impulsion
Le mauvais penchant s’appuie sur le système émotionnel pour encourager la recherche d’un plaisir immédiat, masquant ainsi les conséquences à long terme.
Selon les enseignements du Tanya, l’intellect a été conçu comme un modérateur naturel qui a la capacité et le devoir de contrôler les pulsions du cœur.
La méthode du « défi de la demi-heure » consiste à retarder volontairement une réaction impulsive pour laisser le temps au cerveau de rétablir la logique et de dissiper l’illusion de l’urgence.
La Kabbalat Ol, l’acceptation du joug, passe pour la marche la plus basse de l’échelle spirituelle, tandis que le Bitoul, l’effacement de soi, en occuperait le sommet. La pensée de Habad renverse cette évidence sans jamais la nier, car ce qui vient en dernier dans l’ordre de la révélation vient en premier dans l’ordre des racines. Cette étude suit ce renversement depuis les sources du Tanya jusqu’à sa conséquence la plus concrète, le geste d’une main qui donne la Tsedaka.
Deux axes, et non deux degrés
On présente d’ordinaire la Kabbalat Ol et le Bitoul comme deux échelons d’une même échelle, le premier situé tout en bas, le second tout en haut. La distinction est plus juste si on la déplace : il ne s’agit pas de deux degrés mais de deux axes. La Kabbalat Ol porte sur la volonté, et le moi y subsiste tout en se soumettant. Le Bitoul porte sur l’être, et le moi s’y efface, partiellement dans le Bitoul Hayech, totalement dans le Bitoul Bimetsiout.
Dans l’ordre de l’Avoda, la Kabbalat Ol est le fondement, ce que le chapitre 41 du Tanya appelle le commencement du service divin, son essentiel et sa racine, tandis que le Bitoul Bimetsiout en est l’aboutissement. Mais dans l’ordre des racines, le rapport s’inverse selon le principe du Séfer Yetsira (1:7), qui enseigne que le commencement est fiché dans la fin. Parce qu’elle ne passe par aucune faculté, la Kabbalat Ol s’enracine dans l’essence même de l’âme, là où le Bitoul obtenu par la compréhension demeure borné par l’intellect qui le produit.
Habad ne choisit pas entre les deux. Elle exige une Kabbalat Ol intériorisée par la Hassaga, la compréhension effectivement acquise, et un Bitoul qui redescende dans l’acte. C’est en effet dans l’accomplissement de la Mitsva, c’est-à-dire dans le geste du serviteur, que le Tanya situe le Bitoul réel, au chapitre 35 et dans la note qui l’accompagne.
Il faut aller plus loin encore. La Kabbalat Ol n’est pas seulement le moyen le plus sûr d’atteindre le Roi, elle est ce qui Le constitue comme Roi. Il n’y a pas de roi sans peuple, et la royauté se déploie sur des éloignés, non sur des proches qui comprennent. Le Bitoul répond à une lumière ; la Kabbalat Ol répond à un désir de royauté qui porte spécifiquement sur ce qui ne reçoit pas de lumière.
Ce que le mot Bitoul recouvre
Le Bitoul est l’annulation, l’effacement de soi. Deux registres doivent être distingués, faute de quoi le sujet tout entier se brouille.
Le premier registre est ontologique et concerne le statut réel de la création devant son Créateur. Le Chaar HaYi’houd VehaEmouna, au chapitre 3, compare la création au rayon lorsqu’il se trouve encore à l’intérieur du soleil : il y est purement et simplement annulé dans son existence même. Si la création se perçoit malgré tout comme quelque chose, c’est uniquement parce que la parole divine qui la fait exister lui demeure cachée, ce que les chapitres 4 à 6 développent à travers le Tsimtsoum et le Hester Panim, l’occultation de la Face. La conséquence est décisive : le Bitoul n’est pas quelque chose que la créature aurait à fabriquer, il est sa vérité, et l’Avoda consiste seulement à le dévoiler.
Le second registre est celui de l’Avoda, c’est-à-dire de la conscience que l’homme possède, ou ne possède pas, de ce statut. C’est là seulement que se déploient les degrés.
Sa racine dans l’âme est la ‘Hokhma, que la ‘Hassidout lit comme la force du quoi, la faculté qui reçoit le point de lumière avant toute élaboration et dont l’essence est de n’être rien par elle-même, ainsi que l’exposent les chapitres 3, 18 et 19 du Tanya. C’est pourquoi la lumière de l’Ein Sof réside dans la ‘Hokhma, et c’est pourquoi la note du chapitre 35 pose le principe qui commande toute la suite : la lumière de l’Infini béni ne réside que sur ce qui Lui est annulé.
Le joug de la royauté et le joug des Mitsvot
La Kabbalat Ol est l’acceptation du joug. La Michna Berakhot (2:2), commentée dans le traité Berakhot 13a, enseigne que l’on récite le Chema avant le passage Vehaya Im Chamoa afin de recevoir d’abord le joug de la royauté du Ciel, et seulement ensuite le joug des Mitsvot. L’ordre est ici tout le contenu : on accepte un Roi avant d’accepter ses ordres.
Le chapitre 41 du Tanya enseigne que la crainte est le commencement du service, son essentiel et sa racine. Son degré minimal est la Kabbalat Ol du Royaume des Cieux, qui consiste à se tenir devant Hachem comme un serviteur devant son maître, à la manière de celui qui se tient devant le roi, même sans éprouver de crainte véritable. Les chapitres 41 et 42 précisent que ce degré est proche de tout Juif, selon la formule du traité Berakhot 33b qui en fait une chose menue ; il ne réclame pas une Hitbonenout de haut vol, mais seulement de fixer la pensée sur ce fait que le Roi se tient au-dessus de soi et regarde.
Trois traits la structurent. Elle est d’abord antérieure, puisqu’elle précède la compréhension, selon le Naassé Venichma du Sinaï rapporté dans Chabbat 88a, où les couronnes sont accordées pour avoir dit « nous ferons » avant « nous entendrons ». Elle est ensuite indépendante, car elle ne dépend ni du sentiment ni de la compréhension du moment, et elle tient précisément lorsque ceux-ci s’effondrent. Elle est enfin totale, car elle porte d’abord sur la personne du Roi et seulement ensuite sur le détail des commandements. Un serviteur n’accepte pas des tâches, il accepte un maître.
Trois malentendus à écarter
Trois confusions doivent être écartées, sans quoi tout ce qui suit se lit de travers.
La Kabbalat Ol n’est pas la foi simple opposée à l’étude. Elle ne dispense d’aucune Hitbonenout, elle en est au contraire la condition. Le Juif qui accepte le joug sait parfaitement devant Qui il s’incline ; ce qu’il accepte sans le comprendre, c’est le contenu de l’ordre, non l’identité de Celui qui l’ordonne.
Elle n’est pas davantage une résignation. Le joug n’est pas un décret subi, il est un joug reçu, et la réception est un acte de volonté. Un homme contraint n’a pas de Kabbalat Ol.
Elle n’est pas enfin l’absence de sentiment. Le chapitre 41 du Tanya la range sous la crainte, dont elle constitue le degré minimal et non le contraire. Une Kabbalat Ol qui ne s’accompagnerait d’aucune conscience de se tenir devant le Roi ne serait plus une Kabbalat Ol mais une habitude.
Les degrés de l’effacement
Le Bitoul Hayech est l’annulation de celui qui se sent encore quelque chose et qui s’annule devant Hachem. Il subsiste comme sujet, il demeure un « je » qui se soumet. Sur le plan cosmologique, ce degré correspond aux mondes de Beria, Yetsira et Assiya, où les créatures se perçoivent séparées et se rattachent à leur source par soumission. Chez l’homme, il correspond à l’Itkafia du chapitre 27 du Tanya, où le mal est dominé sans être transformé. C’est l’Avoda du Beinoni.
Le Bitoul Bimetsiout est d’un autre ordre : l’être ne se perçoit plus comme existant par lui-même. Sur le plan cosmologique, il correspond au monde d’Atsilout, dont l’introduction des Tikkounei Zohar, dans le Pata’h Eliyahou, dit que Lui et Ses forces sont un, et où les réceptacles ne sont pas des entités séparées. Chez l’homme, il correspond au degré de Moché, qui déclare dans Chemot (16:7-8) « et nous, que sommes-nous ». Ce n’est pas là l’humilité d’un « je » qui se rabaisse, mais l’absence même d’un « je » séparé. C’est le Bitoul de la ‘Hokhma, et c’est l’Avoda du Tsadik, l’Ithapkha, où le mal est transformé parce qu’il n’y a plus de sujet pour le porter.
On peut résumer le contraste ainsi. Le Bitoul Hayech appartient aux mondes inférieurs et à la Malkhout, le moi y subsiste et se soumet, il est celui du serviteur et du Beinoni, et sa formule est « je ne suis rien devant Lui ». Le Bitoul Bimetsiout appartient à Atsilout et à la ‘Hokhma, le moi ne s’y perçoit plus, il est celui de Moché et du Tsadik, et sa formule est celle du chapitre 6 du Chaar HaYi’houd : il n’y a rien hors de Lui.
Par la raison ou au-dessus d’elle
Indépendamment du degré atteint, deux chemins mènent au Bitoul.
Le premier passe par la Hitbonenout, la contemplation méthodique : l’intellect contemple la grandeur de l’Ein Sof et le néant du créé, et le cœur suit. Les chapitres 3, 16, 42 et 43 du Tanya l’exposent, de même que le Kountrass HaAvoda et le Kountrass HaTefila du Rabbi Rachab. C’est la voie propre de Habad, la divinité saisie par la compréhension.
Le second passe au-dessus de la raison : la Messirout Nefech, le don de soi, et la Chtout Dekedoucha, la folie de la sainteté, dont le Rabbi précédent traite dans le Bati LeGani de 5710 (1950), aux chapitres 6 et 7. L’homme y sort de sa mesure sans que l’intellect l’y conduise.
La Kabbalat Ol relève formellement du second chemin et du premier degré : un serviteur qui se soumet demeure un serviteur, mais il se soumet sans raison. Tout le paradoxe qui suit tient dans cette combinaison.
La dernière marche de l’échelle
Située dans la Malkhout, la Kabbalat Ol relève de la relation du roi au serviteur et de la crainte inférieure. Elle occupe le degré le plus bas de l’échelle du Bitoul, puisque le moi n’y est pas effacé mais seulement placé sous le joug.
Et pourtant la première source
Le joug est ce que l’on accepte sans le comprendre, parce que celui qui l’impose est le Roi. Or ce qui, dans l’homme, accepte sans comprendre n’est pas l’intellect mais le Ratson, la volonté qui le précède, le Keter de l’âme, et plus profondément encore la Yé’hida. Trois passages du Tanya l’établissent.
Les chapitres 18 et 19 montrent que la Messirout Nefech du Juif le plus éloigné ne procède pas de sa compréhension mais de la ‘Hokhma de son âme, où réside l’Ein Sof. Il s’agit là d’un Bitoul Bimetsiout à l’état brut, qui se manifeste comme une Kabbalat Ol absolue : cet homme ne raisonne pas, il refuse d’être séparé.
Le chapitre 25 enseigne que cette Messirout Nefech est disponible à chaque instant. Chaque Mitsva accomplie contre l’inclination et chaque transgression évitée en constituent l’actualisation, et c’est le sens du verset qui affirme que la chose est très proche de toi.
Le chapitre 47 enseigne que la lecture du Chema est la sortie d’Égypte quotidienne : l’âme sort de la prison du corps par l’acceptation du joug du Royaume des Cieux et par le don de soi, de toute ton âme.
De là le renversement. Dernière marche dans l’ordre de l’Avoda, la Kabbalat Ol est l’expression directe de la première dans l’ordre des racines. Elle ne gravit pas l’échelle, elle la court-circuite.
Il n’y a pas de roi sans peuple
La Kabbalat Ol est acceptation du joug de la royauté. Il faut donc demander ce qu’exige la royauté comme telle, et la réponse achève le renversement.
Selon la formule connue, citée couramment au nom du chapitre 3 des Pirkei DeRabbi Eliezer, il n’y a pas de roi sans peuple. La royauté n’est donc pas une relation de proximité mais de distance. Un roi n’est pas roi de ses ministres ni de ses fils : ceux-là le connaissent, et ce qui les lie à lui est la compréhension ou l’affection, non la royauté. Il est roi d’un peuple, et la ‘Hassidout rattache le mot hébreu qui désigne le peuple à ce qui est éteint et obscurci, comme des braises qui rougeoient sans flamme. Le peuple est par définition ce qui est éloigné et ne perçoit pas.
Deux conséquences en découlent. La royauté ne se constitue que par la soumission de ceux qui ne comprennent pas. Le Bitoul des anges d’Atsilout ne fait pas un roi, il fait une lumière reçue ; ce qui couronne, c’est le oui de l’éloigné. Telle est l’Avoda de Roch Hachana, dont le traité du même nom (16a) dit de proclamer devant Lui des versets de royauté afin de Le faire régner sur nous. On ne fait pas roi par la contemplation de Sa grandeur, mais par l’acceptation de Son autorité.
La Kabbalat Ol n’est donc pas un moyen déficient d’atteindre ce que le Bitoul atteindrait mieux. Elle accomplit ce que le Bitoul, par construction, ne peut pas accomplir. C’est déjà la logique de la demeure dans les mondes inférieurs : le lieu visé est celui de l’occultation, et l’Avoda qui lui correspond est celle qui ne dépend d’aucune perception.
Le serviteur simple, le serviteur fidèle et le fils
La ‘Hassidout distingue trois figures, dans le Likkoutei Torah, section Behar, sur le verset qui déclare que les enfants d’Israël sont Ses serviteurs (Vayikra 25:55), distinction développée dans le Hemchekh de 5666 (1905-1906) et dans les Maamarim du Rabbi.
Il y a le serviteur simple, qui travaille sans plaisir et sans comprendre, par pure Kabbalat Ol. Il y a le serviteur fidèle, dont la volonté épouse celle du maître. Il y a enfin le fils, qui sert par amour et par plaisir, selon le verset de Devarim (14:1) qui nous appelle enfants de l’Éternel.
Le fils est plus haut du point de vue de la révélation. Mais le serviteur simple réalise un Bitoul que le fils n’atteint pas, car le fils éprouve du plaisir et possède donc un moi qui en jouit, tandis que le serviteur simple n’a rien en lui qui bénéficie du service. Le Juif est les deux à la fois, fils par nature et serviteur par Avoda, et c’est comme serviteur qu’il touche ce que le fils ne touche pas.
Les deux craintes et la seconde acceptation
Les chapitres 41 à 43 du Tanya distinguent deux craintes, et cette distinction commande tout le rapport entre nos deux notions.
La crainte inférieure est la crainte de la royauté : se tenir devant le Roi et ne pas se rebeller. Elle appartient à la Malkhout. Elle est exactement la Kabbalat Ol, accessible à tous, préalable à l’Avoda et condition de sa possibilité.
La crainte supérieure est la crainte de la honte, celle de l’homme qui perçoit devant Qui il se tient. Elle suppose la Hassaga, elle appartient à la ‘Hokhma et à Atsilout. Elle n’est pas le préalable de l’Avoda mais son fruit.
Il y a donc deux Kabbalat Ol et non une seule. La première est celle du serviteur qui n’a pas encore compris, et elle est le sol. La seconde est celle de l’homme qui a contemplé, qui a été transformé par ce qu’il a contemplé, et qui se replace néanmoins sous un joug excédant ce qu’il a compris. Il ne se tient plus devant le Roi par ignorance, mais par connaissance de ce qui, dans le Roi, ne se laisse pas connaître. C’est la position du fils qui sert comme serviteur, non un retour en arrière mais un achèvement.
La différence entre les deux est invisible de l’extérieur, car l’une et l’autre consistent à faire ce qui est ordonné. C’est pourquoi la Kabbalat Ol ne se mesure ni ne se compare : le même acte, chez deux hommes, peut être le premier degré ou le dernier.
Cinq différences décisives
La première différence porte sur l’objet : la Kabbalat Ol porte sur la volonté, le Bitoul sur l’être et sur la conscience de soi.
La deuxième porte sur le mécanisme : la Kabbalat Ol est une décision, un acte de volonté, instantané, tandis que le Bitoul est un processus de contemplation ou une révélation.
La troisième porte sur le sujet : la Kabbalat Ol est le fait d’un Yech qui se soumet, le Bitoul Bimetsiout celui d’un Yech qui découvre qu’il est Ayin.
La quatrième porte sur la stabilité : la Kabbalat Ol est constante par construction, puisqu’elle ne dépend d’aucun état intérieur, alors que le Bitoul contemplatif suit les variations de la Hitpaalout, dont le Rabbi Dov Ber, deuxième Rabbi de Loubavitch, gradue précisément les degrés dans le Kountrass HaHitpaalout selon la profondeur du Bitoul qu’ils expriment.
La cinquième porte sur l’accessibilité : la Kabbalat Ol est ouverte à tout Juif à tout instant, selon le chapitre 42 du Tanya, tandis que le Bitoul Bimetsiout est le degré de Moché.
À ces cinq différences s’en ajoutent d’autres, qui les prolongent. La faculté d’origine de la Kabbalat Ol est le Ratson, le Keter de l’âme et la Yé’hida, tandis que celle du Bitoul est la ‘Hokhma. La Séfira visée est la Malkhout dans un cas, la ‘Hokhma et Atsilout dans l’autre. La Kabbalat Ol se situe au-dessus de la Hassaga, alors que le Bitoul demeure dans son registre, sauf lorsqu’il prend la forme de la Messirout Nefech. La Kabbalat Ol reste extérieure tant que la Hassaga ne l’a pas traversée, tandis que le Bitoul est intérieur mais borné par le réceptacle qui le porte. Le danger propre de la première est la froideur de l’habitude, celui du second est une affirmation de soi qui se pare de sainteté. Enfin, et c’est là toute la thèse, la Kabbalat Ol est le commencement dans l’ordre de l’Avoda et l’aboutissement dans l’ordre des racines, tandis que le Bitoul est l’aboutissement dans le premier ordre et le commencement dans le second. Le renversement ne porte pas sur la valeur respective des deux notions, mais sur l’ordre dans lequel on les considère.
Quand l’effacement nourrit le moi
Le Bitoul obtenu par la Hassaga est mesuré par le réceptacle qui le produit : on est annulé à hauteur de ce que l’on a compris. Il subsiste donc un résidu, un « moi qui comprends », un « moi qui suis annulé ». Le Rabbi Rachab fait de la Yechout, l’affirmation de soi, la racine de toutes les fautes, y compris les plus subtiles, dans le Kountrass Oumaayan, et il exige dans le Kountrass Ets Ha’Haïm que l’étude de la ‘Hassidout elle-même se fasse avec Bitoul, sans quoi elle nourrit précisément le Yech qu’elle prétend dissoudre. Un Bitoul sans Kabbalat Ol est un Bitoul dont le moi garde les clés : il décide de s’annuler, et il peut décider de cesser.
La Kabbalat Ol ne connaît pas ce résidu. Non parce qu’elle serait plus riche en contenu, car elle en est vide, mais parce qu’elle ne passe par aucun réceptacle. Elle est le oui nu de l’âme au Roi.
Quand le joug devient froideur
Symétriquement, une Kabbalat Ol sans Bitoul devient ce que Yechayahou (29:13) appelle des commandements accomplis par habitude : l’acte est là, l’âme n’y est plus. Les chapitres 39 et 40 du Tanya, citant les Tikkounim, rappellent que sans crainte ni amour la Torah et les Mitsvot ne s’envolent pas vers les hauteurs. Le chapitre 41 précise cependant qu’une Kabbalat Ol consciente, même dépourvue de crainte ressentie, compte comme crainte véritable et donne des ailes à la Mitsva. La froideur ne réside donc pas dans la Kabbalat Ol elle-même, mais dans son oubli, lorsque l’acte devient automatique. Et une Kabbalat Ol purement extérieure abrite souvent sa propre Yechout, car le serviteur qui fait son devoir se sent volontiers quelqu’un.
Le lieu du Bitoul réel : l’acte
Le chapitre 35 du Tanya et sa note posent un principe : l’Ein Sof ne réside que sur ce qui Lui est annulé. Suit un constat : chez le Beinoni, la pensée et le sentiment ne sont jamais totalement annulés, et le corps et l’âme animale ne le sont pas du tout. La solution est alors que le seul lieu où le corps et l’âme animale soient réellement annulés est l’acte de la Mitsva. La main qui donne la Tsedaka ne fait rien d’autre, à cet instant, que la volonté de Hachem, et sa vitalité est absorbée dans la volonté supérieure revêtue dans la Mitsva, comme l’exposent les chapitres 35 et 37.
La conséquence pour notre sujet est considérable : le Bitoul Bimetsiout n’est pas atteint par la conscience, il est atteint par l’acte de Kabbalat Ol. Le plus haut Bitoul se réalise au niveau le plus bas, dans le geste d’un serviteur. C’est le point exact où les deux notions coïncident.
Ce point rejoint la finalité générale exposée au chapitre 36 du Tanya, la demeure dans les mondes inférieurs. Si le Yech venait à disparaître, il n’y aurait plus de mondes inférieurs pour servir de demeure. C’est le Yech qui, en se soumettant, devient demeure. De là l’avantage paradoxal du Bitoul Hayech des mondes inférieurs sur le Bitoul Bimetsiout d’Atsilout, thème développé dans les grands Hemchekhim du Rabbi Rachab de 5666 (1905-1906) et de 5672 (1911-1912) : la lumière tirée de l’obscurité touche l’Essence, tandis que la lumière qui n’a jamais quitté sa source n’a rien à Lui apporter. La vingtième lettre de l’Igueret HaKodech en fournit la base, en enseignant que seul l’Atsmout crée le Yech à partir du néant, et que le Yech créé est donc, à sa racine, le reflet du Yech véritable.
Le commandement et ses raisons
Ce que l’on vient d’établir pour l’acte, il faut l’établir pour ce qui fait de l’acte une Mitsva.
Les Mitsvot ont des raisons, les Taamei Hamitsvot, et la ‘Hassidout ne s’en prive pas, puisque le Dere’h Mitsvotekha du Tsema’h Tsedek est un traité entier de leurs raisons intérieures. Mais la Mitsva n’oblige pas parce qu’elle a une raison. Elle oblige parce qu’elle est un Tsivouï, un commandement, expression du Ratson Elyon, la volonté supérieure.
Trois indices le montrent. La raison n’épuise jamais la Mitsva, que l’on accomplit dans la totalité de ses détails matériels, y compris ceux qu’aucune raison ne couvre. L’accomplissement ne cesse pas là où la raison manque, et le paradigme en est la Para Adouma, la vache rousse, dont le Bamidbar Rabba (19:1) dit que c’est un décret gravé, une ordonnance décrétée, et qu’il n’est pas permis de spéculer à son sujet. Le ‘Hok n’est pas une Mitsva privée de raison, il est la Mitsva où la structure de toutes les Mitsvot devient visible. Enfin, la raison est un dévoilement de la volonté et se situe donc en dessous d’elle, car une volonté qui aurait une cause ne serait plus une volonté mais une conclusion. Le Ratson Elyon tient à l’Atsmout, et c’est pourquoi le lien qu’il établit n’est borné par rien.
Accomplir la Mitsva pour elle-même, par acceptation du commandement plutôt que par adhésion à sa raison, c’est donc se lier à la volonté dans son essence et non dans son dévoilement.
Une corroboration halakhique s’ajoute ici, qu’il faut formuler avec précision. La question de savoir si les Mitsvot requièrent une intention est disputée dans le traité Berakhot (13a) et ses parallèles, et le Choul’han Arou’h tranche que les commandements de la Torah l’exigent (Ora’h ‘Haïm 60:4). Mais l’intention requise n’est pas la compréhension de la raison, c’est l’intention de s’acquitter de son obligation, c’est-à-dire d’accomplir parce que cela est commandé. La Halakha n’exige donc pas la Hassaga, elle exige la Kabbalat Ol. Un homme qui accomplit sans rien comprendre, mais en sachant qu’il obéit, est quitte ; un homme qui a pénétré toutes les raisons sans intention d’obéir ne l’est pas.
La synthèse Habad : un joug intériorisé
Habad est la voie de la divinité saisie par la compréhension. Cela ne signifie pas moins de Kabbalat Ol que dans les autres voies hassidiques, mais davantage, car la Hassaga doit produire une Kabbalat Ol qui atteigne les facultés intérieures et non seulement l’action. Trois exigences se présentent, dans cet ordre.
La Kabbalat Ol vient d’abord. Le Modé Ani se dit avant que la pensée ne fonctionne, alors que les mains ne sont pas encore lavées, et c’est la Yé’hida, que rien ne rend impure, qui parle alors, selon un enseignement du Rabbi précédent repris par le Rabbi. Le Chema précède le passage Vehaya. Le Rabbi Rayats, dans le Bati LeGani de 5710 (1950), aux chapitres 6 et 7, fait de la folie de la sainteté, cette Avoda située au-dessus de la raison, la seule réponse à la folie du monde.
La Hassaga vient ensuite, afin que la Kabbalat Ol ne demeure pas extérieure. Une Hassaga qui ne repose pas sur la Kabbalat Ol devient Yechout, et une Kabbalat Ol que la Hassaga n’a pas traversée reste à la surface.
Le retour à l’acte vient enfin, là où le Bitoul devient réel.
Dès le Bati LeGani de 5711 (1951), le Rabbi caractérise l’Avoda de la septième génération par cette Kabbalat Ol : non par mérite ni par hauteur de compréhension, mais parce que tous les septièmes sont chéris, et parce que ce qui est demandé est d’achever le travail, comme le ferait un serviteur.
Trois objections et leurs réponses
On objectera d’abord que recevoir suppose quelqu’un qui reçoit, et que la Kabbalat Ol conserve donc le moi là où le Bitoul l’abolit : comment ce qui conserve serait-il plus haut que ce qui abolit ? L’objection décrit exactement ce qui fait la valeur de la Kabbalat Ol. Le Bitoul retire le moi, la Kabbalat Ol le donne. Or le dessein n’est pas que le monde inférieur disparaisse, mais qu’il devienne demeure. Un Bitoul poussé jusqu’à son terme supprimerait le lieu même où la demeure devait être bâtie, et résoudrait le problème en abolissant l’endroit où il se posait. La Kabbalat Ol laisse subsister le Yech et le retourne, ce qui constitue l’Ithapkha véritable, non l’effacement de la matière mais son passage au service. La vingtième lettre de l’Igueret HaKodech en donne la raison de fond : le Yech créé n’est pas un accident à corriger, il est à sa racine le reflet du Yech véritable, et seul l’Atsmout peut le produire.
On objectera ensuite que, si la source de la Kabbalat Ol est plus élevée, la voie Habad n’est qu’un détour coûteux. La confusion porte ici sur les deux ordres déjà distingués. Une Kabbalat Ol que la Hassaga n’a jamais traversée demeure enveloppante : elle commande l’acte et laisse les facultés intactes, l’homme obéit sans être changé, ce qui relève de l’Itkafia et non de l’Ithapkha. Habad ne conteste pas la hauteur de la source, elle conteste que l’on puisse en rester là. L’objet de la Hitbonenout n’est pas de remplacer la Kabbalat Ol, mais de la faire descendre dans les réceptacles, jusqu’à ce que ce qui était joug devienne nature.
On objectera enfin que si le Bitoul obtenu par la Hassaga est borné par l’intellect qui le produit, il n’est plus un Bitoul mais une opinion que l’on entretient sur soi-même. La distinction des deux registres répond à cela. Le Bitoul n’est pas fabriqué par la Hitbonenout, il est le statut réel de la créature, et la Hitbonenout ne fait que lever l’occultation qui l’empêche d’apparaître. Ce que le réceptacle mesure n’est donc pas le Bitoul mais la conscience du Bitoul. Il s’ensuit que la conscience n’est pas le lieu où le Bitoul s’accomplit, et l’on retrouve par un autre chemin la primauté de l’acte, où le corps n’a plus d’autre contenu que la volonté supérieure et réalise ce que la conscience ne peut que refléter.
De la théorie à la journée
Reste à traduire tout cela dans l’ordre d’exécution, du plus simple au plus exigeant.
Le Modé Ani est une Kabbalat Ol antérieure à la conscience. Ce n’est pas un sentiment mais une position : je suis à Lui avant même d’avoir pensé.
Le Chema place les deux jougs dans leur ordre, le Roi d’abord, les Mitsvot ensuite, et la formule qui demande de L’aimer de toute son âme est la Kabbalat Ol portée à son maximum.
La Tefila est le lieu de la Hitbonenout et du Bitoul par la compréhension. Son critère de réussite n’est pas l’émotion éprouvée, mais la réduction du moi à la sortie.
Les Mitsvot sont le lieu où la Kabbalat Ol exécutée devient le Bitoul réalisé, selon le chapitre 35 du Tanya. Une Mitsva accomplie sans envie, par pur joug, n’est pas un pis-aller, elle est précisément le lieu où le corps est réellement annulé.
L’étude demande le Bitoul de l’intellect, ainsi que l’enseigne le Kountrass Ets Ha’Haïm : étudier pour être changé, non pour posséder.
La régularité, enfin, relève de la Kabbalat Ol, tandis que son contenu vise le Bitoul. Le traité Chabbat (31a) fait des heures fixées pour l’étude une question posée à l’homme après ses jours, et le Rabbi Rachab fait de l’ordre la condition de toute Avoda dans le Kountrass HaAvoda : ce qui n’a pas d’heure fixe dépend de l’humeur, et ce qui dépend de l’humeur ne dépend pas de la volonté.
L’éducation obéit à la même logique. Le verset de Michlei (22:6) demande d’éduquer l’enfant selon sa voie, et cette éducation commence par l’acte et non par la raison de l’acte. Non que l’enfant soit incapable de comprendre, mais parce qu’une Avoda bâtie sur la seule compréhension tombe le jour où la compréhension vacille. La raison vient ensuite, et elle vient pour intérioriser ce qui est déjà là.
L’épreuve, enfin, est le moment de vérité. Quand le sentiment et la compréhension s’effondrent, la Kabbalat Ol nue est ce qui demeure, et c’est là que l’essence se montre, comme l’enseignent les chapitres 18, 19 et 25 du Tanya.
Deux questions de contrôle en découlent, qui répondent aux deux dangers repérés plus haut. Mon Avoda dépend-elle de mon état intérieur ? Si oui, elle repose sur le seul Bitoul et manque de sol. Mon Avoda me change-t-elle ? Si non, elle repose sur la seule Kabbalat Ol et demeure à la surface.
Ce que le serviteur touche
La Kabbalat Ol est le Bitoul de celui qui existe. Le Bitoul Bimetsiout est la Kabbalat Ol de celui qui n’existe plus. Habad demande les deux et en fixe l’ordre : accepter d’abord, comprendre ensuite, agir enfin. Et c’est dans l’acte que les deux coïncident, lorsque la volonté supérieure est accomplie par un serviteur, dans un corps qui, à cet instant, n’est plus rien d’autre qu’elle.
Repères de vocabulaire
Le Bitoul Hayech est l’annulation d’un moi qui subsiste, tandis que le Bitoul Bimetsiout est l’annulation dans l’être même. L’Itkafia désigne la soumission du mal, l’Ithapkha sa transformation. L’Atsmout est l’Essence, au-delà de la lumière comme de son occultation, et la formule Ein Od Milvado, il n’y a rien hors de Lui, exprime le Bitoul ontologique. La demeure dans les mondes inférieurs désigne la finalité de la création.
Le couple du dévoilement et de l’occultation ne s’applique qu’à la lumière, jamais à l’Essence. La Hassaga est la compréhension effectivement acquise, par opposition à la notion abstraite, et la Hitbonenout la contemplation méditative méthodique, dont la Hitpaalout est l’émotion produite, avec ses degrés. Le ‘Hok est la Mitsva dont la raison n’est pas donnée, les Taamei Hamitsvot sont les raisons des commandements, et le Tsivouï est le commandement en tant que tel, indépendamment de sa raison.
Le réceptacle est ce qui contient une lumière et, ce faisant, la limite. Le Makif est ce qui enveloppe sans être intériorisé, le Pnimi ce qui pénètre les facultés. La Messirout Nefech est le don de soi au-dessus de toute raison, le Ratson Elyon la volonté divine antérieure à ses raisons, et le Séder Hichtalchelout la chaîne des mondes, du plus élevé au plus bas. Le Yech est l’étant, ce qui se perçoit comme existant, et l’Ayin le néant, ce qui n’a pas d’existence propre ; la Yechout est l’affirmation de soi, y compris sous ses formes spirituelles. La Yé’hida est le point essentiel de l’âme, au-dessus de toute faculté. La crainte inférieure est la crainte de la royauté, la crainte supérieure la honte issue de la perception.
Sources
Talmud et la Michna: Michna Berakhot 2:2 et Berakhot 13a pour l’ordre des deux jougs et la question de l’intention requise, Berakhot 33b pour la chose menue, Chabbat 31a pour les heures fixées à l’étude, Chabbat 88a pour le Naassé Venichma, Roch Hachana 16a pour les versets de royauté, Avot 3:5 pour le joug de la Torah.
Tanakh et le Midrach : Chemot 16:7-8, Devarim 14:1, Yechayahou 29:13, Michlei 22:6, Kohelet 2:13 pour l’avantage de la lumière sur l’obscurité, Bamidbar Rabba 19:1 pour la Para Adouma, Pirkei DeRabbi Eliezer chapitre 3 pour la formule sur le roi et le peuple, et l’introduction des Tikkounei Zohar, Pata’h Eliyahou. Pour la Halakha, Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm 60:4.
Tanya : Likkoutei Amarim chapitres 3, 18 et 19, 25, 27, 35 et sa note, 36, 37, 39 à 41, 42 et 43, ainsi que 47 ; Chaar HaYi’houd VehaEmouna chapitres 3 à 6 ; Igueret HaKodech, lettre 20. Pour les Rebbeim de Habad : le Kountrass HaHitpaalout du Rabbi Dov Ber ; le Dere’h Mitsvotekha du Tsema’h Tsedek, sur la Mitsva de l’unité divine et sur la racine de la Mitsva de la prière ; le Kountrass HaAvoda, le Kountrass HaTefila, le Kountrass Oumaayan, le Kountrass Ets Ha’Haïm et les Hemchekhim de 5666 (1905-1906) et de 5672 (1911-1912) du Rabbi Rachab ; le Bati LeGani de 5710 (1950), chapitres 6 et 7, du Rabbi Rayats ; le Bati LeGani de 5711 (1951), le Kountrass Inyana Chel Torat Ha’Hassidout ainsi que les Si’hot et Maamarim du Rabbi sur le Naassé Venichma, sur le Modé Ani et sur le verset qui fait des enfants d’Israël Ses serviteurs.
L’année scolaire officielle s’ouvre demain (mardi) à travers Israël, et avec elle des dizaines de milliers d’élèves du réseau éducatif Ohalei Yossef Its’hak Loubavitch reprennent le chemin des classes. Répartis dans des centaines d’institutions à travers tout le pays, ils sont encadrés par des milliers de Chlou’him et de Chlou’hot voués à l’éducation. Voici comment le Habad s’est préparé à cette rentrée placée sous le signe d’une croissance historique.
Une rentrée sous le signe d’une croissance historique
La nouvelle année scolaire s’ouvre officiellement demain (mardi) dans les établissements éducatifs de tout le pays, et en premier lieu dans les institutions du réseau d’éducation Habad – Ohalei Yossef Its’hak Loubavitch. Elle débute cette année sous le signe d’une expansion et d’une croissance historiques, qui illustrent la puissance et le rayonnement de ce réseau vétéran.
Un véritable empire éducatif en chiffres
Les données actualisées pour cette année dessinent les contours d’un authentique empire de l’éducation : près de 50 000 élèves, garçons et filles, répartis dans quelque 600 crèches et jardins d’enfants disséminés dans tout le pays, auxquels s’ajoutent plus de 100 établissements pour garçons et pour filles – écoles, Talmoudei Torah, maisons d’éducation et écoles « Chalhavot Habad ».
4 500 Chlou’him et Chlou’hot en première ligne
Cette année encore, l’année scolaire sera menée par des milliers de Chlou’him et de Chlou’hot de l’éducation, dévoués à leur tâche, et à leur tête les directeurs d’institutions – les Chlou’him du Rabbi, responsables des antennes des Batei Habad à travers tout le pays. Selon les chiffres du réseau, près de 4 500 Chlou’him et Chlou’hot de l’éducation se tiendront cette année au front de l’action éducative. Ce sont ces hommes et ces femmes que le fondateur du réseau, le Rabbi, désigna du titre de « Chlou’him dans le champ de l’éducation », et qui consacrent leur vie à transmettre la Torah, la ‘Hassidout, les valeurs et les belles qualités, avec un investissement pédagogique et professionnel sans compromis.
Des mois de préparation intensive
La nouvelle année s’est ouverte dans une attente fébrile, au terme de longs mois de préparation intensive menés par les équipes des différents départements du réseau, qui ont œuvré sans relâche pour garantir une rentrée fluide et réussie. Ces mois de travail ont mobilisé d’importants efforts de construction et d’agrandissement, l’intégration de centaines de nouveaux directeurs et membres du personnel ayant suivi des parcours de formation spécifiques, ainsi que la recherche de solutions créatives aux nombreux défis qui accompagnent aujourd’hui le monde de l’éducation. Cet investissement considérable se remarque dans chaque détail, avec un objectif unique : offrir à chaque élève le meilleur cadre éducatif possible.
Un jubilé, cinquante ans après l’« Année de l’éducation »
Un chapitre particulier a été consacré à des rassemblements de préparation destinés aux équipes de Chlou’him et de Chlou’hot de l’éducation, placés sous le signe du cinquantième anniversaire de l’« Année de l’éducation » proclamée par le Rabbi voici exactement cinquante ans. Ainsi ont été organisés une retraite spéciale pour les Chlou’hot de l’éducation à l’hôtel Leonardo de Jérusalem, un « Chabbat du Jubilé » pour les directeurs des institutions du réseau à l’hôtel Europa de Tibériade, ainsi qu’un congrès des directrices du réseau à l’hôtel Kinar.
Deux grands rassemblements de préparation à Tel-Aviv
À cela se sont ajoutés les deux principaux événements de mise en ordre de marche : le congrès « Yots’im LaChli’hout 4 » pour les Chlou’him de l’éducation et la « Conférence de l’éducation » pour les Chlou’hot, au centre d’événements Expo de Tel-Aviv, en préparation de l’ouverture de la nouvelle année scolaire. « Ces événements avaient pour but de fixer des objectifs professionnels et ‘hassidiques pour l’année scolaire 5787 (2026-2027) », a-t-on expliqué au sein du réseau, « de renforcer les Chlou’him et Chlou’hot de l’éducation sur le terrain et de leur offrir des outils concrets pour travailler avec les élèves et les parents. »
Un programme de formation soigneusement bâti
Le programme a été élaboré avec minutie : ateliers professionnels et conférences captivantes autour de thèmes variés – un atelier original consacré à l’étude en ‘havrouta, des approches thérapeutiques applicables au quotidien éducatif, un podcast en direct sur les principes de l’éducation et de l’accompagnement, le théâtre comme outil d’enseignement, les meilleures manières de bien entamer l’année, des clés pour transformer les habitudes en classe, la mobilisation des élèves autour de la motivation scolaire, et bien d’autres sujets encore. Les conférences ont été animées par des intervenants et intervenantes de premier plan issus des programmes de formation du réseau, par des conseillers pédagogiques et par les équipes d’encadrement.
Un accompagnement tout au long de l’année
L’investissement du réseau ne s’arrête pas à l’ouverture de l’année scolaire. Tout au long des mois à venir, les équipes centrales accompagneront les directeurs ainsi que les Chlou’him et Chlou’hot de l’éducation, dans le développement et le rayonnement des institutions et dans la mise en œuvre de programmes éducatifs et ‘hassidiques variés, aussi bien lors des journées particulières que dans le quotidien.
Après un voyage de vingt-quatre heures jusqu’en Israël, une délégation de jeunes ‘Hassidim venus de Melbourne s’est rendue chez Ezer LaChayal, à Kfar Habad. Conduite par le Chalia’h Rav Moché Kahn, elle a découvert de près l’action déployée par cette organisation au service des soldats. Ses membres ont ensuite retroussé leurs manches pour emballer eux-mêmes des dizaines de colis destinés aux combattants du front.
Une délégation australienne s’est rendue en Israël pour une visite particulière en soutien aux soldats de Tsahal. Sur place, ses membres ont pris connaissance de l’action menée par l’organisation Ezer LaChayal, avant de mettre eux-mêmes la main à la pâte pour préparer du matériel destiné aux soldats servant sur la ligne de front.
Au terme d’un trajet d’environ vingt-quatre heures reliant l’Australie à Israël, cette délégation de jeunes ‘Hassidim Habad de la communauté Tsa’h Da Minyan, encadrée par le Chalia’h Rav Moché Kahn, du Tsa’h de Melbourne, est arrivée pour une mission spéciale de renforcement des soldats de Tsahal, en partenariat avec Ezer LaChayal à Kfar Habad.
Au cœur du centre de commandement
La délégation a entamé sa visite au centre de commandement d’Ezer LaChayal, à Kfar Habad. Ses membres y ont découvert de près l’ampleur des opérations de l’organisation et l’aide qu’elle apporte aux soldats ainsi qu’aux familles des réservistes.
On leur a présenté le dispositif logistique et technologique de pointe mis en place, qui permet aux soldats de transmettre des demandes numériques sécurisées tout au long de l’année. Ce système offre à Ezer LaChayal la possibilité de traiter en temps réel les requêtes reçues du terrain, depuis leur dépôt initial jusqu’à la livraison du matériel nécessaire.
La délégation a également pris connaissance du centre de commandement mobile d’urgence de l’organisation, qui opère au niveau des zones de rassemblement militaire sur la ligne de front et fournit une assistance immédiate à partir des demandes des soldats, centralisées au siège de Kfar Habad.
Les membres de la délégation ont dit avoir été profondément impressionnés par l’envergure de l’action menée et par le dévouement des bénévoles.
Près de trois ans d’engagement
Depuis près de trois ans, les bénévoles d’Ezer LaChayal œuvrent sans relâche pour soutenir le moral des soldats de Tsahal et les renforcer, tant sur le plan matériel que spirituel. L’organisation a fourni aux soldats du matériel essentiel d’une valeur de plusieurs millions de chékels, dans une démarche saluée comme un immense Kidouch Hachem.
Un Farbrenguen en présence d’un officier supérieur
La délégation s’est ensuite réunie pour un Farbrenguen hassidique à la synagogue Gutmans, en présence du lieutenant-colonel B.H., commandant de l’unité logistique de la Direction cyber de Tsahal.
L’officier était venu tout spécialement exprimer sa reconnaissance pour le soutien constant apporté par l’organisation aux soldats de Tsahal, et pour expliquer l’importance de cette action auprès des combattants servant sur la ligne de front, dans les différents secteurs.
Au cours du Farbrenguen, Rav Kahn a évoqué le mérite particulier de ceux qui défendent le peuple juif, ainsi que le privilège et la responsabilité de se tenir à leurs côtés et de les renforcer par tous les moyens possibles, notamment à travers les Mivtsaïm du Rabbi.
L’action avant tout
Mettant en pratique le principe « Hamaassé hou ha’ikar », l’action est l’essentiel, les membres de la délégation ont conclu leur visite en retroussant leurs manches pour se joindre au travail au centre de commandement.
Ils ont emballé de leurs propres mains des dizaines de colis contenant des fournitures matérielles et spirituelles destinées aux soldats de Tsahal, dans le cadre des préparatifs de l’organisation à l’approche du mois d’Elloul et de Roch Hachana.
Après avoir parcouru des milliers de kilomètres et passé près d’une journée entière dans les airs, la délégation a achevé sa visite au cœur même de l’opération, non seulement en observant et en découvrant le travail accompli, mais en prenant une part active à la mission de renforcement des soldats de Tsahal.
Des dizaines de Juifs venus des quatre coins de l’Amérique du Nord ont pris part à un programme d’étude unique de cinq jours en Pennsylvanie, organisé par l’organisation JNet. Le programme proposait une étude intensive de la Torah dans un format de Yechiva, aux côtés de conférences et de cours variés adaptés à tous les niveaux. Les participants, dont beaucoup viennent de communautés isolées, ont vécu un Chabbat fédérateur et sont rentrés chez eux avec un lien profond envers leur identité juive et le désir de poursuivre l’étude.
Durant cinq jours d’été, des dizaines de Juifs venus de toute l’Amérique du Nord ont mis de côté leur routine professionnelle, leurs obligations et leurs contraintes quotidiennes, pour consacrer leur temps à l’étude de la Torah et à des échanges autour du judaïsme.
Les participants, arrivés de différents endroits des États-Unis, parmi lesquels le Kentucky, le Maryland, la Californie, la Pennsylvanie, l’Arkansas et New York, se sont réunis au Centre juif Discovery, à Clarks Summit, en Pennsylvanie, dans le cadre d’un programme d’étude de cinq jours.
Le programme a été mis sur pied par JNet, qui fait fonctionner un réseau d’étude de la Torah en ‘Havrouta, par téléphone ou par visioconférence. Au fil des années, des dizaines de milliers de Juifs à travers le monde ont pris part à ce projet, et certains des participants ont souhaité approfondir l’expérience en vivant quelques journées entièrement dédiées à la Torah.
C’est ainsi qu’est né ce programme, qui allie séances d’étude, cours, étude en ‘Havrouta et un séjour partagé dans une ambiance juive.
Un lien communautaire au-delà de l’écran
« C’est différent de l’étude de la Torah par téléphone ou devant un écran. Aujourd’hui, plus que jamais, les gens ont besoin de voir la Torah dans la vie elle-même et d’y être plongés aux côtés d’une communauté qui partage les mêmes valeurs », a déclaré le Rav Mendy Kotlarsky, président de JNet au sein du Merkos Le’Inyonei ‘Hinou’h. « Beaucoup de nos participants sont les seuls Juifs de leur ville, c’est pourquoi le sentiment de ne pas être seuls et d’appartenir à une communauté juive vivante est un élément déterminant pour renforcer leur identité juive à la maison. »
Un emploi du temps calqué sur celui d’une Yechiva
L’emploi du temps du programme a été construit sur un modèle rappelant les séances d’étude d’une Yechiva. On y étudie la ‘Hassidout, la Guemara, la Halakha, le ‘Houmach, la pensée juive et des sujets pratiques du judaïsme.
Les cours ont été conçus pour convenir à des participants de niveaux différents, depuis ceux qui font leurs premiers pas dans l’étude jusqu’à ceux qui ont déjà acquis une certaine expérience par le passé.
Le programme d’étude, pour les hommes et pour les femmes, a été dirigé par le Rav Mena’hem Reitchik, de Gaithersburg dans le Maryland, et par Mme ‘Haya Teldon, la Chalia’h principale de Long Island. Pendant des mois, ils ont travaillé à la préparation du programme, au choix des thèmes d’étude et à l’élaboration d’un emploi du temps permettant à chaque participant de progresser selon son niveau.
Des intervenants aux spécialités multiples
Au cours de la semaine se sont également tenus des cours supplémentaires donnés par le Rav Its’hak Hanoka, rabbin superviseur de la cacherout OK dans la région de New York et du New Jersey ; le Rav Yossi Serebryanski, Sofer Stam ; le Rav Leibel Itkin, Chalia’h à Scranton en Pennsylvanie ; le Rav Yossef Rapoport, directeur pédagogique du Centre juif Discovery ; et le Rav Touvia Teldon, le Chalia’h principal de Long Island.
Chacun des conférenciers a apporté son domaine d’expertise et sa propre méthode d’enseignement, et les participants ont ainsi pu découvrir une diversité de sujets et de points de vue dans l’étude de la Torah.
Aux côtés des cours ont également œuvré, tout au long de la semaine, des animateurs de groupes d’étude, parmi lesquels Mme Mati Hecht, Mendy et Braina Blesofsky, Cholom Bronstein et Mendy Majeski. Ils ont mené avec les participants une étude personnalisée, répondu à leurs questions et les ont aidés à réviser la matière et à l’approfondir.
Le Chabbat, point culminant de la semaine
Le Chabbat central du programme a constitué l’un des moments forts. Prières, repas, chants et Farbrenguen ont uni les participants et renforcé le sentiment de communauté qui s’était créé au cours de la semaine.
Les participants ont raconté l’expérience qu’ils ont vécue durant ces quelques journées.
Robert A. de Manhattan a expliqué que « l’étude du Maamar avec le Rav Reitchik, dès la première heure de chaque matinée, constituait pour lui un moment fort, une ouverture inspirante de la journée ».
James G. de Louisville, dans le Kentucky, qui n’avait jamais étudié la Torah avec une telle profondeur auparavant, a affirmé que le programme « aide à percevoir la logique de la façon dont la Guemara, le Talmud et la Halakha sont construits ».
Barbara W. de Long Island a évoqué le programme féminin en ces termes : « La Rabbanit ‘Haya est merveilleuse. Elle mène les choses avec joie et compréhension. »
Brad S. d’Olney, dans le Maryland, a raconté qu’au-delà de l’étude, les liens qui se sont noués ont également été importants pour lui : « La fraternité, c’est ce que j’ai le plus apprécié. Tout le monde se réunit, échange, partage, et il y a aussi l’illumination qui vient de l’étude. »
Candice S. de Newtown, en Pennsylvanie, a conclu : « L’expérience a été vraiment, vraiment merveilleuse. J’apprends énormément et je remporte tout cela chez moi. »
Un désir de poursuivre l’étude
Au terme de ces cinq journées, les participants sont rentrés chez eux avec le souhait de continuer l’étude. Certains ont entamé de nouvelles ‘Havroutot dans le cadre de JNet, tandis que d’autres se sont déjà renseignés sur la date à laquelle se tiendra le prochain programme.
Le directeur de JNet, le Rav Mendel Gruner, a déclaré : « Voir les participants se relier de manière si profonde à leur héritage et les uns aux autres renforce notre mission. Lorsqu’on offre l’environnement adapté à l’étude, l’âme s’éveille. L’engagement dont les participants ont fait preuve nous donne des forces, et nous comptons élargir le programme dans l’année à venir. »
À la suite de l’adhésion suscitée par ce programme, les organisateurs de JNet ont déjà commencé à planifier de nouvelles éditions, dans le prolongement de leur action visant à apporter l’étude de la Torah aux Juifs des différents endroits du monde.
À l’occasion de ‘Hai Elloul, une Hitva’adout ‘hassidique s’est tenue à Beth ‘Hayénou, au 770, avec la participation des nouveaux élèves de la Kvoutsa. Cette date marque l’anniversaire de la naissance du Baal Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, et de l’Admour Hazakèn, fondateur de la ‘Hassidout Habad. Le rassemblement, empreint de chaleur et de chants, a réuni les jeunes Ba’hourim tout juste arrivés d’Eretz Israël pour leur année d’étude au cœur de la cour du Rabbi.
C’est dans le grand hall de Beth ‘Hayénou, au 770, le lieu le plus emblématique du monde Loubavitch, que s’est déroulée cette Hitva’adout marquant ‘Hai Elloul. Autour des tables, les nouveaux Temimim de la Kvoutsa, arrivés en cette fin de mois d’Elloul, ont pris part à leur premier grand rassemblement ‘hassidique dans les murs qui furent, durant des décennies, le centre spirituel de la direction du Rabbi. La date choisie n’a rien d’anodin : elle condense à elle seule une part de l’identité ‘hassidique.
Deux luminaires nés le même jour
‘Hai Elloul est le jour de naissance de ce que la tradition ‘hassidique appelle « les deux grands luminaires ». Le premier, Rabbi Israël Baal Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, naquit en l’an 5458 (1698). Le second, Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, l’Admour Hazakèn, auteur du Tanya et du Choul’han ‘Aroukh, naquit exactement le même jour, quarante-sept ans plus tard, en 5505 (1745). L’un posa les fondations de la ‘Hassidout générale ; l’autre en développa la voie intellectuelle propre à Habad, l’acronyme de ‘Hokhma, Bina et Da’at, où l’étude approfondie et la contemplation conduisent à un attachement authentique et ressenti au Créateur.
‘Hai : la vitalité insufflée au mois d’Elloul
Le nom même de cette date porte un enseignement. Dix-huit se dit ח״י, ‘Hai, qui signifie « vivant » en hébreu. Aussi la ‘Hassidout voit-elle en ce jour celui qui insuffle la vitalité, la ‘hayout, à l’ensemble du mois d’Elloul, ce mois de bilan et de préparation qui précède les Jours redoutables de Roch Hachana et de Yom Kippour. La tradition rapporte également qu’en ce jour se produisit la révélation du Baal Chem Tov, appelé à sortir de l’anonymat pour éclairer le peuple juif. Célébrer ‘Hai Elloul, c’est donc puiser dans cette lumière l’élan nécessaire pour aborder la nouvelle année avec ferveur.
La Kvoutsa : une année entière dans la cour du Rabbi
La présence des nouveaux élèves confère à ce rassemblement une signification particulière. Au terme de six années d’étude en Yechiva ketana puis en Yechiva guedola, les Ba’hourim de la ‘Hassidout Habad partent en un groupe soudé et organisé, la Kvoutsa, pour étudier une année pleine, une chana temima, à Beth Rabbeinou, au 770. L’objectif de ce séjour, institué et façonné par le Rabbi lui-même, est de demeurer une année durant dans l’enceinte de Beth ‘Hayénou, à l’endroit précis où le Rabbi priait et enseignait. Cette étape est considérée comme un sommet dans le parcours d’un Tamim et une préparation directe à la Chli’hout.
Un passage devenu institution
Le maintien de ce cadre n’a pas toujours été acquis. Dans les premières années surtout, le Rabbi veillait personnellement à ce que les Temimim obtiennent des autorisations de sortie de Tsahal afin de pouvoir rejoindre la Kvoutsa. Les difficultés administratives furent réelles, certaines années virent des groupes partir malgré tous les obstacles, jusqu’à ce que la sortie soit progressivement réglée par accord avec l’armée. Aujourd’hui, les jeunes gens d’Eretz Israël peuvent s’envoler, avec l’autorisation de Tsahal, pour une ou deux années d’étude au 770. Chaque arrivée de Kvoutsa, encadrée par l’« Iggoud Talmidei HaKvoutsa », perpétue ainsi une chaîne ininterrompue.
Beth ‘Hayénou, épicentre spirituel
Le choix de célébrer ‘Hai Elloul en ce lieu précis n’est pas fortuit. Le 770 Eastern Parkway, dans le quartier de Crown Heights à Brooklyn, demeure le point de ralliement du monde Habad, celui vers lequel convergent les ‘Hassidim du monde entier aux grandes dates du calendrier. Pour les nouveaux Temimim, chanter et étudier entre ces murs à l’occasion de l’anniversaire des deux fondateurs de la ‘Hassidout revêt une portée symbolique : c’est y prendre place, à leur tour, dans une continuité qui relie le Baal Chem Tov, l’Admour Hazakèn et les générations de ‘Hassidim jusqu’à aujourd’hui.
Ainsi, au seuil d’une nouvelle année placée sous le signe de l’étude et de la Chli’hout, les jeunes Temimim ont puisé dans la lumière de ‘Hai Elloul la force de faire de leur séjour au 770 une authentique « chana temima ».
Source : Kol Habad, col.org.il Photo : Ari Goldschmid Date : 18 Elloul 5786 (31/08/2026)
Près de 6 000 femmes et jeunes filles venues des quatre coins du pays ont pris part au congrès national de l’organisation Nechei Ouvnot Habad, tenu au Binyanei Ha’ouma de Jérusalem sous le thème « A’hoti At » (« Ma sœur, c’est toi »). Les deux séances, combles à chaque fois, ont proposé un programme artistique d’une grande richesse ainsi que des conférences captivantes du mécène Levi Leviev et du Chalia’h le Rav Ne’hemia Wilhelm. Au cours de l’événement, un projet spécial dédié à la pureté familiale a été lancé, tandis qu’une unité exceptionnelle se faisait ressentir entre des femmes de tous les milieux.
Au Binyanei Ha’ouma, près de 6 000 femmes et jeunes filles venues de tout le pays se sont rassemblées pour le congrès national de l’organisation Nechei Ouvnot Habad, qui s’est tenu à deux reprises, l’après-midi puis en soirée. Les deux séances ont affiché complet. Le congrès était placé sous le thème « A’hoti At ». Le sujet retenu a largement dépassé les limites de la scène, et la fraternité s’est fait ressentir avec force parmi l’ensemble des participantes : femmes Habad, Chlou’hot, femmes proches de la communauté et femmes issues de divers milieux, venues de toutes les régions du pays.
Une tradition annuelle encouragée par le Rabbi
Ce congrès constitue une tradition annuelle vieille de plusieurs décennies, que le Rabbi encourageait en adressant ses bénédictions aux participantes. Le programme, riche et captivant, a été présenté avec une créativité à couper le souffle, mêlant des contenus profonds à des créations artistiques originales, des conférences, des témoignages personnels, du chant et de la danse. Parmi les intervenantes et intervenants qui ont tenu l’assistance en haleine par des propos édifiants figuraient le Rav Ne’hemia Wilhelm, Chalia’h du Rabbi à Bangkok, en Thaïlande, ainsi que le mécène ‘hassidique Levi Leviev, entre autres.
Le lancement d’un projet dédié à la pureté familiale
Parmi les décisions prises lors du congrès, un projet particulier de campagnes en faveur de la pureté familiale a été lancé, grâce au don de Levi Leviev, pour l’élévation de l’âme de sa mère, Madame ‘Hana, fille de Meni et Tsvia, de regrettée mémoire.
Les participantes ont bénéficié d’un accueil chaleureux, avec une collation variée, soignée et généreuse, offerte par le philanthrope ‘hassidique Eliyahou Schlossberg, au mérite des membres de sa famille, pour la santé, la satisfaction et la joie.
L’équipe à l’origine de l’événement
La production des contenus artistiques a été assurée par Ra’héli Rozen. Derrière l’événement se tient l’organisation Nechei Ouvnot Habad, présidée par Madame Malki Tverdovitch. La présidence du congrès était assurée par la Rabbanit Hinda Guerlitsky, membre de la direction de l’organisation. Le marketing a été confié à Madame Goldie Weber, la responsabilité des contenus et de la rédaction à Madame Debbie Mintzberg, et les relations extérieures à Madame Sarah Zilberstrom, également membre de la direction de l’organisation.
Ce congrès d’une grande intensité a laissé son empreinte, et ses impressions accompagneront les participantes tout au long de l’année, jusqu’au prochain rendez-vous.
Une catastrophe naturelle d’une ampleur inouïe a frappé le Népal, laissant des milliers de familles à la recherche de leurs proches, disparus ou injoignables. Les bilans provisoires font déjà état de centaines de morts, et le nombre ne cesse d’augmenter. À Katmandou, les Chlou’him du Rabbi, le Rav ‘Hezki et la Rabbanit ‘Hani Lifschitz, mènent une course contre la montre pour localiser les juifs dont on a perdu la trace et ramener les défunts juifs à une sépulture selon la loi juive.
Le mercredi 26 août 2026 au matin, une série de crues soudaines a dévasté le poste-frontière de Gyirong, sur la frontière sino-népalaise, avant de déferler sur des dizaines de localités le long d’un tronçon de 72 kilomètres de la rivière Trishuli. Selon les scientifiques, le désastre a été déclenché par l’effondrement d’un glacier situé à une soixantaine de kilomètres au nord de Katmandou : un pan de glace de 600 mètres de large s’est détaché de la montagne et a chuté de plus de 1 200 mètres, libérant un torrent d’eau, de glace et de débris. Par endroits, le niveau de la Trishuli est monté de 9 mètres en 30 minutes à peine, emportant maisons, ponts et véhicules.
Le bilan, encore provisoire, ne cesse de s’alourdir : les autorités népalaises font état de plus de 900 morts et de plus de 4 000 disparus, auxquels s’ajoutent des victimes du côté tibétain de la frontière. La Croix-Rouge estime qu’environ 90 000 personnes ont été touchées. Les hôpitaux et les morgues des régions sinistrées étant saturés, et faute de chambres froides en nombre suffisant, de nombreux corps non identifiés ont dû être inhumés provisoirement, en attendant de pouvoir leur rendre un nom.
Une centrale d’information née dans l’urgence
Depuis les premières heures du drame, le Beth Habad de Katmandou s’est transformé en véritable centrale d’information. Dans un message bouleversant publié sur les réseaux sociaux, la Rabbanit ‘Hani Lifschitz a livré son épuisement et son inquiétude.
« Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. ‘Hezki était au téléphone avec le monde entier, et moi, une seule pensée ne me quittait pas : combien il est important d’amener chaque juif à une sépulture juive. Dans la situation qui règne ici, même cette chose élémentaire et sacrée n’a plus rien d’évident. »
Des corps que l’on peine à identifier
« Les corps que l’on parvient à dégager après plusieurs jours passés sous la boue sont dans l’état le plus terrible qui soit, un état qui rend l’identification extrêmement difficile, poursuit-elle. Hier, une centaine de corps non identifiés ont été enterrés, et aujourd’hui on s’attend à l’inhumation collective de cent cinquante autres, dont personne ne sait qui ils sont. »
Les difficultés qu’elle décrit recoupent celles que rapportent les équipes de secours sur le terrain : le manque de chambres froides et la décomposition des corps compliquent chaque jour davantage le travail d’identification. Une équipe indienne de spécialistes de l’analyse ADN a d’ailleurs été dépêchée à Katmandou pour aider la police népalaise à mettre un nom sur les victimes.
Un disparu israélien et des familles juives dans l’attente
« Il y a des milliers de disparus dans cette catastrophe, souligne la Rabbanit Lifschitz, et parmi tous ces chiffres se trouve aussi un disparu israélien, ainsi que, bien sûr, des disparus juifs dont nous sommes en contact avec les familles. Des familles qui attendent un appel. Une information. Quelque chose à quoi se raccrocher. »
La ligne ténue entre un nom et un chiffre
« Ces derniers jours, j’ai compris à nouveau à quel point est mince la frontière entre un être humain qui a un nom, une maison et une famille, et un simple numéro au milieu d’une catastrophe. Il y a tant d’impuissance dans cette situation. Et soudain, les mots que nous répétons chaque année pendant les Jours redoutables résonnent autrement : qui par l’eau et qui par le feu. Ces mots ont toujours été de grands mots. Lointains. Presque abstraits. Jusqu’à ce que l’eau devienne un fleuve qui emporte des vies entières. Jusqu’à ce qu’il y ait des gens sous la boue. Jusqu’à ce que quelqu’un, à l’autre bout du monde, attende de savoir si l’être qu’il aime reviendra encore. »
Ces mots sont ceux de la prière Ounetane Tokef, récitée à Roch Hachana et à Yom Kippour, à quelques semaines seulement de Roch Hachana 5787 (2026).
Un couple d’émissaires au chevet du Népal depuis des années
Le Rav ‘Hezki et la Rabbanit ‘Hani Lifschitz dirigent le Beth Habad de Katmandou, un lieu connu dans le monde entier pour accueillir le plus grand Séder de Pessa’h de la planète et pour veiller, année après année, sur les milliers de jeunes Israéliens qui viennent parcourir les sentiers de l’Himalaya. Ce n’est pas la première fois que ce couple se retrouve en première ligne d’une tragédie. En 5775 (2015), lorsqu’un séisme de magnitude 7,8 avait fait plus de 5 000 morts dans le pays, les Chlou’him du Rabbi avaient mené des opérations de sauvetage, héliporté des routards isolés, préparé des repas pour les rescapés népalais et recherché, parmi les victimes, les défunts juifs afin de leur assurer une sépulture selon la loi d’Israël. Aujourd’hui, face aux flots, le même engagement se répète.
Continuer à chercher, continuer à prier
Depuis le Népal, le Beth Habad poursuit sa mission sans relâche. « Nous continuons à nous renseigner. Nous continuons à parler avec les familles et les communautés. Nous continuons à faire tout ce qui est possible pour que chaque personne ait un nom, et que chaque famille obtienne une réponse. Et nous continuons à prier. Pour les vivants. Pour les disparus. Pour les familles qui attendent, juives et non juives. Nous prions pour que, même du fond de toutes ces ténèbres, de bonnes nouvelles finissent encore par arriver. »
À l’approche de la fin de l’année et en préparation spirituelle du mois de Tichri, la communauté Habad Loubavitch convie le grand public à un rassemblement hassidique d’exception. Un grand Farbrenguen festif se tiendra à l’occasion du 18 Elloul, le ‘Haï Elloul, une date à la portée profonde et puissante dans le monde juif. L’invité d’honneur en sera le Rav Yechiel Kotzer, Chalia’h du Rabbi à Har Chemouel, réputé pour ses talents d’orateur et sa vitalité hassidique communicative.
En cette fin d’année, alors que débute la préparation spirituelle au mois de Tichri, la communauté Habad Loubavitch ouvre ses portes à tous ceux qui souhaitent puiser une inspiration nouvelle. Un grand Farbrenguen festif est organisé pour le 18 Elloul, une date qui constitue un véritable jalon dans le calendrier hassidique.
La signification du 18 Elloul : les deux luminaires
Le 18 Elloul est une date historique qui représente un authentique sommet spirituel. Ce jour marque en effet l’anniversaire de deux géants de la Hassidout qui ont illuminé le monde. Le premier est le Baal Chem Tov, le Becht, fondateur du mouvement hassidique dans son ensemble, qui a ouvert une voie nouvelle pour servir D.ieu dans la joie et dans l’amour d’Israël. Le second est l’Admour Hazaken, fondateur de la voie hassidique Habad et auteur du célèbre Tanya, qui a prolongé ce chemin en rendant les enseignements hassidiques accessibles grâce à une compréhension intellectuelle et approfondie. Les hassidim ont coutume de dire que, dès ce jour, on commence à ressentir la vitalité particulière du mois d’Elloul ; c’est un temps propice à l’éveil et à une introspection positive, empreinte de joie et de gratitude.
L’invité d’honneur : le Rav Yechiel Kotzer
Le point d’orgue du Farbrenguen de cette année, dans le quartier de Ramat Shlomo, est la participation d’un invité aussi captivant qu’attendu : le Rav Yechiel Kotzer. Chalia’h du Rabbi à Har Chemouel, le Rav Kotzer est reconnu pour ses talents d’orateur exceptionnels et pour sa vitalité hassidique communicative. Le rassemblement qu’il animera mêlera des enseignements profonds de la Torah, des récits hassidiques inspirants et des mélodies, des Niggounim, qui élèvent l’âme et ouvrent les cœurs. Les participants y recevront des outils concrets, à la fois pratiques et spirituels, pour se préparer dignement aux Yamim Noraïm, les Jours redoutables qui approchent.
Les détails de l’événement
Le Farbrenguen est organisé par la synagogue et le Beth Hamidrach Habad Loubavitch, et il est ouvert à tout le public désireux de s’inspirer. Il se tiendra le dimanche soir, veille du 18 Elloul, à 20h30, dans la salle des Farbrenguen de la synagogue. L’adresse en est « Beth Rabbeinou 770 », dans le quartier de Ramat Shlomo, à Jérusalem.
Venez faire une pause dans le rythme du quotidien, vous relier à l’héritage hassidique et aborder la nouvelle année 5787 (2026-2027) dans une atmosphère lumineuse et exaltante.
Dans un monde saturé de connexions mais rongé par l’isolement, où trouver un ancrage spirituel véritable ? Lors d’une farbrenguen consacrée à ‘Haï Elloul, le Rav Chmouel Bitton puise dans les profondeurs de la Hassidout Habad des outils d’une actualité saisissante. Du refus de la peur enseigné par le Baal Chem Tov au regard sans jugement de l’Admour Hazakène, ce sont les racines d’un véritable souffle d’espoir pour notre génération.
Dans un monde hyperconnecté où les défis éducatifs, technologiques et personnels semblent se multiplier de façon exponentielle, comment trouver un point d’ancrage spirituel ? C’est la question, d’une urgence brûlante, qui a traversé cette émouvante Farbrenguen (réunion hassidique) consacrée à ‘Haï Elloul, le dix-huitième jour du mois d’Elloul, avec pour invité le Rav Chmouel Bitton.
À travers ses enseignements, la philosophie du mouvement Habad se déploie pour livrer des outils psychologiques et spirituels d’une pertinence étonnante. Car ce jour n’est pas qu’une date anniversaire : c’est un carrefour énergétique, une boussole pour une génération en quête de sens.
La constellation de ‘Haï Elloul : un calendrier saturé de lumière
Le 18 Elloul n’est pas une date ordinaire. Comme l’explique le Rav Bitton, c’est un jour exceptionnellement saturé d’événements lumineux, à rebours d’autres dates du calendrier juif, tel le 17 Tamouz ou le 9 Av, qui concentrent au contraire les tragédies. La Providence divine a choisi de condenser une abondance de grâces sur ce seul fuseau annuel.
Parmi les événements majeurs qui s’y superposent figure d’abord la disparition du Maharal de Prague, dont les écrits résonnent profondément dans le Tanya. Vient ensuite la naissance du Baal Chem Tov, en 5458 (1698), fondateur du mouvement hassidique, venu insuffler apaisement et vitalité nouvelle à un peuple juif meurtri. Ce même jour se produisit la révélation du prophète A’hiya HaChiloni, qui se dévoila au Baal Chem Tov pour devenir son maître spirituel, puis, plus tard, le dévoilement public de ce dernier, en 5494 (1734), lorsqu’il passa du statut de Tsadik caché à celui de maître opérant ouvertement des délivrances.
Le 18 Elloul vit également naître l’Admour Hazakène, Rabbi Chnéour Zalman de Liadi, fondateur de la Hassidout Habad, en 5505 (1745). C’est encore à cette date que l’Admour Haemtsahi s’établit à Loubavitch, en 5573 (1813), après les bouleversements de la guerre contre Napoléon, et que fut fondée la Yéchiva Tom’hei Temimim, institution phare du mouvement, en 5657 (1897). Le Baal Chem Tov qualifiait ce jour de moment où « une lumière nouvelle descend dans le monde ». Mais que signifie concrètement cette lumière pour nous, aujourd’hui, face à nos luttes intérieures et à nos angoisses parentales ?
L’essence de la Farbrenguen : la force du collectif et de l’unité
Avant même d’aborder la théorie, le Rav Bitton insiste sur l’outil thérapeutique premier du monde hassidique : la Farbrenguen. Se réunir n’est pas seulement une occasion d’écouter des discours éloquents ; c’est avant tout l’acte de s’asseoir ensemble et d’unir des parcours de vie hétéroclites.
« Le concept de la Farbrenguen, c’est que des âmes pures s’assoient ensemble et parviennent à s’apaiser les unes les autres. »
Pour illustrer cette puissance, le Rav rapporte un épisode des débuts du hassidisme. L’épouse du Baal Chem Tov s’inquiétait de voir les disciples consommer tout le vin, craignant qu’il n’en reste plus pour le Kiddouch. Lorsqu’elle descendit à la synagogue pour les interrompre, elle fut pétrifiée : les disciples dansaient en un cercle si uni, si vibrant, qu’un feu spirituel s’était littéralement formé autour d’eux. Bouleversée, elle redescendit à la cave pour leur offrir tout ce qui restait.
Il cite également une observation touchante du Rav Adin Steinsaltz, de regrettée mémoire, qui vit un jour les disciples de l’Admour de Belz, épuisés d’avoir veillé tard dans la nuit, s’endormir en posant la tête sur l’épaule de leur voisin. Un millionnaire pouvait ainsi servir d’oreiller à un homme démuni. L’essentiel de la Farbrenguen réside dans cette fraternité. Tenter de résoudre seul les tourments de son âme individuelle est une illusion : c’est dans la connexion à l’âme collective d’Israël, la Knesset Israël, que se trouve la guérison.
Le Baal Chem Tov, antidote absolu à la peur
Le cœur de la révolution du Baal Chem Tov tient en une phrase fondatrice, celle que son père, le Rav Eliézer, lui murmura sur son lit de mort : « Ne crains rien ni personne, n’aie peur que de D.ieu seul, et aime chaque Juif du plus profond de ton cœur. »
Nous vivons dans ce que le Rav Bitton appelle « la génération de l’anxiété ». Les parents tremblent devant les défis technologiques auxquels sont confrontés leurs enfants, les jeunes sont terrorisés par l’avenir et les adultes ploient sous la pression du quotidien. La réponse du Baal Chem Tov n’est pas d’invoquer un courage stoïque, mais d’ancrer une conscience divine absolue.
L’anecdote de l’Admour Hazakène, qui recopia une note secrète trouvée chez le Tséma’h Tsédek, est révélatrice. On y apprend que le Baal Chem Tov, à peine âgé de trois ans, marchait seul dans la forêt. Il y rencontra des entités démoniaques qui tentèrent de l’effrayer : « Petit garçon, n’as-tu pas peur ? Es-tu prêt à admettre que D.ieu a abandonné la terre ? » L’enfant répondit avec aplomb, chassant ces forces obscures par sa seule foi. Aujourd’hui, ces démons portent le masque du cynisme, du désespoir et du sentiment d’abandon. L’enseignement est limpide : dès lors que l’on intègre que le Maître du monde orchestre chaque détail, la Hachga’ha Pratit, la peur s’évapore.
L’Admour Hazakène : la guérison par la nouvelle âme
Si le Baal Chem Tov a éveillé le peuple juif, l’Admour Hazakène, né le même jour des décennies plus tard, a transformé ce réveil en une architecture intellectuelle et pratique. Le matin de sa naissance, le Baal Chem Tov célébra l’office sans réciter les prières de supplication, le Ta’hanoun, irradiant de joie, annonçant qu’une nouvelle âme venait de descendre sur terre pour enseigner la dimension cachée de la Torah.
Qu’est-ce qu’une nouvelle âme ? Le Rav Bitton l’explique : c’est une âme non usée, sans stigmates, vierge de tout biais. Dans nos relations, nous jugeons souvent les autres à travers le prisme de nos propres blessures. L’Admour Hazakène, à travers son œuvre majeure, le Tanya, regarde l’être humain avec une pureté absolue.
Le Tanya n’est pas un simple livre : c’est une Ye’hidout, une audience privée, intemporelle. Contrairement à certaines approches qui culpabilisent, l’Admour Hazakène normalise la condition humaine. En décrivant minutieusement l’âme animale, ses pulsions et ses égoïsmes, il nous dit en substance : ce n’est pas de ta faute, D.ieu t’a créé ainsi pour que tu relèves le défi. Il neutralise le poison de la culpabilité destructrice sans pour autant abaisser ses exigences morales, offrant une thérapie magistrale et équilibrée.
Le Rabbi de Loubavitch et la valeur de l’instant présent
Dans la continuité de ces maîtres, le Rabbi a insufflé à la génération de l’après-guerre une audace sans précédent. Il a tiré le judaïsme de sa torpeur pour le manifester fièrement dans l’espace public, notamment lors des grandes parades de Lag Ba’Omer.
Le Rav Bitton partage un souvenir d’enfance poignant, lui qui a grandi comme fils d’émissaires, de Chlou’him, en France. Lors d’un voyage chez le Rabbi, une distribution de dollars fut annoncée, mais strictement réservée aux enfants membres de l’organisation Tsivot Hachem. Les adultes n’avaient rien à recevoir ce soir-là. Le message éducatif du Rabbi était colossal : l’enfant n’est pas simplement un adulte en devenir ou un être en salle d’attente. Son action, sa prière et son stade de vie présent revêtent une importance cosmique immédiate. Inculquer ce sentiment d’utilité et de valeur intrinsèque est le premier antidote contre la dévalorisation de soi.
Le mal du siècle : vaincre la solitude
L’un des moments les plus percutants de l’intervention est l’analyse clinique de la détresse contemporaine. Les études des services sociaux montrent que la toute première source de détresse chez les jeunes, avant même les addictions ou les conflits familiaux, c’est la solitude.
La philosophie hassidique combat ce fléau par une injonction : « Aime chaque Juif du plus profond de ton cœur. » Le pouvoir de briser la solitude d’autrui est un pouvoir divin placé entre nos mains. Le Baal Chem Tov parcourait les villages pour trouver de simples cordonniers et leur révéler que leurs prières faisaient vibrer les mondes supérieurs. De la même manière, nous avons la capacité, par un simple regard, un sourire ou une main tendue, d’arracher un être à son isolement destructeur.
Le mois d’Elloul : le temps de l’action et des nouvelles habitudes
La réflexion culmine sur le sens pratique du mois d’Elloul. Le Rav Bitton s’appuie sur une analyse profonde du Rabbi concernant les trois périodes de quarante jours passées par Moïse sur le mont Sinaï.
Après la faute du Veau d’Or, Moïse consacre la deuxième période de quarante jours à pleurer et à implorer le pardon. D.ieu accepte, et au début de la troisième période, qui correspond au mois d’Elloul, Il lui ordonne : « Taille pour toi (Pessol Lé’ha) deux tables de pierre comme les premières. »
D.ieu demande à Moïse de passer à l’action. Il ne sert à rien de demeurer éternellement dans la posture de la victime repentante, noyée dans l’auto-flagellation. Elloul est le moment du Pessol Lé’ha : le moment de tailler de nouvelles habitudes. L’Admour Hazakène enseigne que l’habitude devient une seconde nature. Si les mauvaises habitudes et les addictions se sont installées par la répétition, créant une seconde nature, le remède est identique. Nous avons le pouvoir de forger une troisième nature, sainte, en imposant de nouvelles routines constructives : étudier la Hassidout dix minutes par jour, instaurer une véritable discussion hebdomadaire avec son conjoint, agir concrètement au lieu de simplement regretter.
Un souffle d’espoir vers la Guéoula
Le message de ‘Haï Elloul, magnifiquement transmis par le Rav Chmouel Bitton, est un souffle d’espoir pur. En adoptant le refus de la peur du Baal Chem Tov et le regard sans jugement de l’Admour Hazakène, nous sommes invités à redonner une épaisseur divine à chaque geste du quotidien. L’élévation spirituelle n’est pas destinée à demeurer dans les sphères célestes : elle doit descendre dans la matière pour réinventer nos foyers, guérir nos solitudes et paver la voie de la Guéoula finale.