Ce vendredi à 10h30 , veille de Roch Hachana, la communauté se réunira pour les Chelochim du Rav Its’hak Israël Haïm, a’h au cimetière de Kohav Yaacov. Figure fondatrice de la communauté Habad de Tel Tsion – Kokhav Yaakov, il laisse derrière lui l’empreinte durable de son engagement envers sa communauté. La cérémonie se tiendra sur l’esplanade du cimetière, suivie de la récitation de Tehilim et du Kaddish pour l’élévation de son âme pure.
un adieu à la veille de Roch Hachana
Ce vendredi, veille de Roch Hachana, la communauté se rassemblera sur la tombe de son membre cher et bien-aimé, le Rav Its’hak Israël Haïm, à l’occasion de la fin des Chelochim (les trente jours de deuil) et de la pose de sa pierre tombale.
Le Rav Its’hak Israël Haïm comptait parmi les fondateurs de la communauté Loubavitch de Tel Tsion – Kokhav Yaakov. Son dévouement et son engagement ont profondément marqué la vie de la communauté qu’il a contribué à bâtir dès ses débuts.
déroulement de la cérémonie
Le rassemblement aura lieu à 10h30 sur l’esplanade du cimetière. Après l’office de Chaharit et la Hatarat Nedarim (l’annulation des vœux), place sera faite à la récitation des Tehilim et du Kaddish, pour l’élévation de son âme pure.
venez nombreux compléter le Minyan
Toute la communauté est invitée à compléter le Minyan et à se joindre à la prière et au recueillement, pour honorer la mémoire du Rav Its’hak Israël Haïm et accompagner sa famille en cette journée particulière, à la veille de Roch Hachana.
Pour la première fois de son histoire, la grande tente dressée à 770 pour les offices de Tichri proposera cette année un nombre limité de places réservées pour Roch Hachana, Yom Kippour et Souccot. Jusqu’ici, les fidèles devaient s’installer selon le principe du premier arrivé, premier servi, une organisation qui rendait difficile toute absence momentanée pendant la tefila sans risquer de perdre sa place. Cette année, la mise en place de minianim fixes et de sièges désignés doit permettre de mieux accueillir aussi bien les familles de Crown Heights que les milliers d’invités venus passer Tichri au 770.
une organisation repensée pour la tefila
Depuis toujours, la tente installée à 770 pour la période de Tichri accueille une foule considérable de mitpalelim, venus du monde entier pour prier auprès du Ohel et vivre les jours saints dans l’atmosphère unique de Crown Heights. Mais cette affluence avait un revers : les places n’étant jamais attribuées à l’avance, quiconque devait s’absenter quelques instants pendant la tefila, ne serait ce que pour s’occuper d’un enfant ou prendre l’air, risquait de revenir pour trouver son siège occupé. Cette contrainte pesait particulièrement sur les familles installées à demeure dans le quartier, qui organisent leur Tichri autour de la tente d’année en année.
Pour répondre à cette difficulté, la décision a été prise d’introduire, pour la première fois, des minianim fixes accompagnés de places nommément désignées. Le dispositif doit garantir à chacun, résident de longue date comme visiteur de passage, une place stable pour l’ensemble des offices de Roch Hachana, de Yom Kippour et de Souccot.
une équipe dédiée pour encadrer les offices
La mise en œuvre de cette nouveauté s’appuie sur une équipe de baalei tefila spécialement engagée pour la saison, placée sous la direction du Rav Chaim Levilov. Cette équipe aura la charge de conduire les offices au sein des différents minianim constitués sous la tente.
La coordination d’ensemble reviendra au gabbaï attitré de la tente, le Rav Zalman Simon, qui supervisera le déroulement des minianim tout au long de Tichri, veillant à la bonne organisation des places et au bon ordre des offices pour l’ensemble de la période des fêtes.
Cent vingt bahourim ont vécu, cet été, six semaines intenses à Tsfat entre étude, découverte d’Erets Israël et solidarité avec les habitants du sud et les soldats de Tsahal. Entre programmes pédagogiques originaux, voyages à travers le pays et moments de fraternité, la Yechivat Kayits Tseirei Ha’hlou’him (YKTH) a offert à ses participants un été à la fois studieux et mémorable. Retour sur un programme qui a su conjuguer rigueur talmudique et esprit d’aventure.
La Yechivat Kayits Tseirei Ha’hlou’him (YKTH) vient d’achever un nouvel été inoubliable à Tsfat, rassemblant cent vingt bahourim autour de six semaines d’étude, de ‘hassidisme, d’amitié et d’expériences marquantes.
Dirigé par les Rabbanim ‘Haïm et Zalman Kaplan et coordonné par le Rav Eli Rosenfeld, le programme a proposé un emploi du temps d’étude solide, associé à des excursions, des loisirs et des activités spéciales, laissant à chaque participant une empreinte durable.
une pédagogie créative et vivante
L’une des marques de fabrique de la YKTH est son approche originale de l’étude. Outre les Sedarim habituels de ‘Hassidout et de Guemara, les bahourim ont suivi Aliba D’Hilkheta, un programme conçu par le JLI spécialement pour la YKTH. Chaque semaine s’ouvrait sur une vidéo présentant une situation concrète et actuelle. Les bahourim approfondissaient ensuite la Guemara et la Hala’ha correspondantes, saisissant mieux la manière dont la Torah éclaire chaque domaine de la vie.
Cette expérience d’étude a été enrichie par plusieurs programmes originaux. Laore’h Oulirokhba a fait découvrir aux bahourim l’histoire et la portée de villes d’Erets Israël, dont beaucoup ont ensuite été visitées. Grâce au programme d’options, chaque bahour a pu choisir des domaines d’étude qui l’intéressaient personnellement. Le Seder Erev a lui aussi bénéficié d’un roulement d’intervenants et d’activités interactives, gardant les soirées d’étude toujours renouvelées.
des initiatives qui récompensent l’effort
Mivtsa Essentials a été l’une des initiatives les plus réussies de l’été. Ce programme encourageait chaque bahour à prendre des Hachlatot personnelles dans les Darkhei Ha’hassidout et à œuvrer avec constance pour les tenir. Ceux qui s’y sont particulièrement distingués ont eu accès à des événements exclusifs, à des articles en édition limitée et à des récompenses supplémentaires.
Le Maamar pour la Mivtsa Chemouel a été organisé à la mémoire de Chemouel a »h ben R’ Ossher Karnowsky, ancien participant très apprécié de la YKTH. Chaque Chabbat, de nombreux bahourim se sont engagés à mémoriser un Maamar du Rabbi. En récompense de leurs efforts, ils ont profité d’une balade à cheval à travers les magnifiques forêts entourant Tsfat.
Autre initiative très suivie, Mitsva Torah invitait les bahourim à consacrer leur temps libre à l’étude de deux Perakim supplémentaires de Guemara. Ceux qui relevaient le défi étaient récompensés par une exaltante séance de parapente depuis les falaises de Netanya.
à la découverte d’Erets Israël
En dehors du Zal, les bahourim ont profité d’un programme complet de sorties et d’activités à travers Erets Israël. Ils ont arpenté les ruelles anciennes de la vieille ville de Yerouchalayim, roulé en quad, traversé les tunnels d’eau de ‘Hizkiyahou, gravi les falaises du mont Arbel et découvert le littoral d’Eilat. Chaque excursion associait l’aventure à la découverte de l’histoire, de la sainteté et de la beauté d’Erets Israël.
une mission de solidarité marquante
L’été a également été marqué par une puissante mission de solidarité envers les victimes du massacre de Sim’hat Torah et les soldats défendant Erets Israël. Les bahourim se sont rendus à Sdérot, à Réïm et dans d’autres localités touchées, où ils ont pu constater de leurs propres yeux la force et la résilience de leurs habitants. Ils ont également organisé un barbecue chaleureux pour des soldats près de la frontière libanaise, leur apportant encouragement, reconnaissance et une Sim’ha bien ‘hassidique.
un grand voyage en apothéose
Le programme s’est conclu par un grand voyage de quatre jours, riche en émotions. L’un de ses temps forts a été un Chabbat inspirant à ‘Hevron, où les bahourim ont marché sur les traces des Avot et ressenti la Kedoucha particulière de la ville. Le voyage s’est poursuivi à Eilat, où la plongée sous-marine en mer Rouge a compté parmi les nombreuses expériences inoubliables.
une équipe dévouée
La réussite de cet été doit beaucoup à une équipe engagée, menée par Mendy Hirsch, Lévi Spalter, Arik Deren et Yossi Zaltzman. Leur dévouement, leur énergie et leur investissement personnel ont permis à chaque bahour de vivre une expérience aussi extraordinaire que porteuse de sens.
En retournant dans leurs Yechivot respectives, les bahourim emportent bien plus que de beaux souvenirs. Ils reviennent avec une énergie renouvelée, des amitiés renforcées, un enthousiasme accru pour l’étude, et l’inspiration puisée dans un été de Torah, de ‘hassidisme et d’aventures inoubliables.
Le paysage religieux contemporain offre peu d’exemples d’une asymétrie aussi marquante entre la taille démographique d’un groupe et son empreinte mondiale. Le mouvement ‘hassidique Habad-Loubavitch, dont le noyau dur des fidèles stricts est estimé à moins de cent mille individus à l’échelle globale, déploie pourtant l’infrastructure institutionnelle juive la plus vaste au monde. Cette anomalie statistique, que l’on peut qualifier de paradoxe loubavitch, révèle le génie visionnaire du Rabbi autant qu’une ingénierie sociale, spirituelle et technologique sans équivalent dans le judaïsme contemporain.
le paradoxe démographique et l’hégémonie spirituelle
Contrairement aux approches traditionnelles qui mesurent l’influence d’une religion à l’aune de ses adhérents exclusifs, le modèle loubavitch impose une nouvelle métrique : celle de l’impact réticulaire et de la fréquentation non affiliée. L’hypothèse centrale de cette analyse est que cette hégémonie ne repose pas sur une croissance démographique interne endogène, mais sur le génie stratégique d’un seul homme, le Rabbi, qui a su convertir une construction sociale et spirituelle unique en son genre en modèle d’expansion planétaire. En traduisant une théologie mystique de la rédemption en un pragmatisme entrepreneurial redoutable, le Rabbi et le mouvement qu’il a façonné ont su abolir les barrières confessionnelles classiques qui séparent habituellement les différents courants du judaïsme.
Le postulat qui structure cette étude est le suivant : l’expansion du mouvement repose sur la synergie entre un engagement individuel total, désigné dans la tradition Habad sous le terme de Chlihout, une décentralisation économique radicale, et une appropriation ultra-spécialisée des architectures technologiques et numériques modernes. C’est la combinaison de ces trois facteurs, plus que chacun pris isolément, qui explique la portée mondiale d’un mouvement dont la base démographique reste pourtant très restreinte.
théologie de l’action et décentralisation économique
L’épicentre spirituel et décisionnel du mouvement, situé à Brooklyn, a théorisé sous l’impulsion du septième Rabbi de la dynastie, Menahem Mendel Schneerson, une philosophie de l’action immédiate. Cette vision transforme chaque individu en un vecteur potentiel de l’achèvement spirituel du monde. La Chlihout, l’envoi d’émissaires, n’est donc pas une simple mission diplomatique, mais un sacerdoce moderne où des couples s’engagent à vie à bâtir des communautés, souvent dans un isolement géographique total, loin de tout centre juif organisé. La redéfinition de l’identité juive s’opère par l’effacement volontaire des étiquettes classiques, réformé, conservateur ou orthodoxe, au profit du Beth Habad, conçu comme un tiers-lieu communautaire inconditionnel où chaque juif, quel que soit son parcours, trouve sa place.
Sur le plan structurel, cette expansion fulgurante repose sur un modèle économique paradoxal, celui d’une franchise spirituelle sans financement central. L’indépendance financière est le moteur de l’intégration locale. Dès sa nomination, le Chalia’h devient un entrepreneur autonome qui doit lever ses propres fonds pour bâtir ses écoles et ses centres. Cette décentralisation exige une hybridation des compétences : l’autorité rabbinique doit se doubler d’une expertise en gestion immobilière, en relations publiques et en collecte de fonds. Cette nécessité de survie économique locale garantit paradoxalement la résilience globale du réseau, aucune crise financière touchant un centre isolé ne pouvant menacer l’ensemble de la structure mondiale.
la révolution numérique, infrastructure technologique du mouvement
Si la théologie et le modèle économique constituent le fondement de cette expansion, la maîtrise des technologies de l’information en est le véritable catalyseur. Le mouvement a très tôt compris que l’espace numérique était le nouveau territoire de la diffusion, la Hafatsa. L’administration de vastes portails communautaires et documentaires, à l’instar de sites de référence comme hassidout.org, nécessite une architecture robuste. Ces plateformes, souvent gérées via des systèmes de gestion de contenu souples comme WordPress, exigent une optimisation constante pour hiérarchiser l’information, gérer les bannières publicitaires institutionnelles et structurer les publications au fil du temps.
La survie du modèle économique décentralisé s’appuie également sur une ingénierie financière numérique intégrée. La pérennisation des dons repose sur l’implémentation de solutions de paiement localisées et sécurisées. La capacité à greffer, sur chaque publication d’un site web, un module de transaction directe via des passerelles nationales fiables, à l’image de Cardcom Israel pour les institutions basées au Moyen-Orient, permet de fluidifier la philanthropie à l’échelle micro-locale et de transformer chaque page consultée en occasion de soutien concret.
Enfin, la retransmission vidéo en direct représente l’aboutissement de cette conquête de l’espace numérique. La logistique audiovisuelle déployée par les centres pour transcender les frontières est d’une sophistication remarquable, animant des chaînes thématiques puissantes comme 770Jerusalem. La réalisation de ces directs exige des protocoles techniques rigoureux, qui vont de la préconfiguration de multiples liens RTMP consécutifs afin d’assurer une transition fluide entre différentes sessions de diffusion, jusqu’à l’exploitation de caméras d’action agiles, telles que la DJI Osmo Action 5 Pro, pilotées depuis un mobile pour une captation de terrain immersive. Cette logistique repose également sur l’intégration de caméras PTZ connectées par réseau filaire RJ45 pour garantir la stabilité de l’image, combinées à des partages de connexion 5G de haute capacité depuis des terminaux de pointe, à l’exemple du Redmi Note 15 5G, dans les environnements dépourvus de fibre optique. La centralisation de l’ensemble des flux s’effectue enfin via des routeurs de bonding réseau et des logiciels de régie virtuelle tels qu’OBS ou vMix, dont les macros sont pilotées tactiquement à l’aide de surfaces de contrôle comme Bitfocus Companion.
la pérennité d’un modèle réticulaire
Le parcours du mouvement Habad-Loubavitch démontre comment une doctrine religieuse minoritaire peut, par une ingénierie sociale et technologique de pointe, structurer une diaspora mondiale. En fusionnant l’exigence orthodoxe avec une hospitalité radicale, et en couplant un engagement spirituel sacrificiel à des méthodes entrepreneuriales et numériques d’avant-garde, le mouvement a créé un écosystème résilient, capable de traverser les crises locales sans jamais fragiliser l’ensemble de son réseau.
La force de cette organisation ne se mesure donc pas au nombre de ses fidèles internes, mais à l’étendue de son réseau de distribution, capable de délivrer un service spirituel, social et identitaire de manière quasi instantanée, en tout point du globe. Le défi futur de ce réseau ne sera sans doute pas tant l’expansion géographique, désormais quasi totale, que le maintien de sa cohésion idéologique face à l’hyper-technologisation croissante et au renouvellement inévitable des générations d’émissaires.
un parallèle historique, le peuple juif et l’influence des nations
Le paradoxe loubavitch, celui d’une infime minorité produisant une empreinte disproportionnée, n’est pas un phénomène isolé dans l’histoire juive : il reproduit, à l’échelle d’un mouvement, une dynamique que le peuple juif dans son ensemble a exercée sur la civilisation depuis plus de deux millénaires, sans jamais représenter plus d’une fraction infime de la population mondiale. Aujourd’hui encore, les personnes de confession ou d’origine juive ne pèsent pas plus de quinze millions d’âmes sur une humanité de plus de huit milliards, soit une proportion inférieure à deux dixièmes de pour cent. Or l’empreinte laissée par ce peuple sur les nations qui l’ont accueilli, tour à tour toléré, persécuté ou intégré, dépasse de très loin ce poids démographique.
La première strate de cette influence est théologique. La Torah et le monothéisme éthique qu’elle a formulé pour la première fois dans l’histoire humaine ont donné naissance à des civilisations qui rassemblent aujourd’hui plus de la moitié de l’humanité. Le récit de la Genèse, le principe du Chabbat comme jour de repos hebdomadaire universel, la notion de justice sociale portée par les prophètes d’Israël, ou encore l’idée d’une histoire orientée vers une finalité rédemptrice, sont devenus des piliers communs à des milliards d’êtres humains qui n’ont pourtant, pour l’écrasante majorité, jamais eu de contact direct avec une communauté juive.
La seconde strate se joue dans le domaine intellectuel et scientifique. Diverses estimations, souvent citées par les historiens des sciences, avancent qu’environ un cinquième des prix Nobel décernés depuis la création de cette distinction reviendraient à des lauréats juifs ou d’origine juive, un chiffre sans commune mesure avec le poids démographique du peuple juif dans le monde. De la physique théorique d’Einstein à la psychanalyse de Freud, de l’économie politique portée par des figures comme Marx ou plus tard Milton Friedman, jusqu’à la philosophie de Spinoza ou de Bergson, cette surreprésentation traverse presque tous les champs du savoir occidental moderne. La médecine, le droit, la finance et les arts, du cinéma hollywoodien à la musique populaire du vingtième siècle, portent eux aussi la marque de contributeurs juifs dont l’influence a largement débordé le cadre de leur propre communauté.
Le point commun entre ces deux strates, religieuse et intellectuelle, et le modèle loubavitch analysé plus haut, tient à une même matrice culturelle : une civilisation structurée depuis l’Antiquité autour de l’étude de la Torah, de la transmission intergénérationnelle des textes sacrés et des Commandements divins. Là où d’autres cultures ont pu réserver l’alphabétisation à une élite sacerdotale, la tradition juive a fait de l’étude de la Torah une obligation adressée à chaque individu dès l’enfance, indépendamment de son rang social. Cette centralité de l’étude et de sa pratique, combinée à une expérience diasporique multiséculaire qui a contraint le peuple juif à développer des réseaux de solidarité et de circulation du savoir par-delà les frontières, a produit une aptitude durable à l’innovation, à l’adaptation et à l’influence indirecte, y compris dans des sociétés où les juifs sont restés numériquement marginaux.
Le mouvement Loubavitch, avec son réseau de Chlou’him et sa maîtrise précoce des outils de Hafatsa numérique, apparaît ainsi comme la version contemporaine et volontairement organisée d’un phénomène que le peuple juif a longtemps exercé de manière plus diffuse sur les nations du monde : celui d’une influence qui ne se mesure jamais au nombre, mais à la capacité de structurer, d’irriguer et parfois de transformer en profondeur les sociétés d’accueil, tout en conservant une identité propre et continue à travers les siècles.
le génie du rabbi, d’une dynamique diffuse à une stratégie assumée
Ce qui distingue cependant le mouvement Habad-Loubavitch de cette influence juive diffuse décrite plus haut, c’est précisément le geste du Rabbi : là où l’empreinte historique du peuple juif sur les nations s’est le plus souvent déployée de manière involontaire, presque malgré lui, au fil des exils et des rencontres avec d’autres civilisations, le Rabbi a fait le pari inverse. Il a transformé une dynamique jusque-là subie en une méthode consciente, planifiée et systématiquement reproductible. C’est en cela que réside son véritable génie : avoir compris, avec plusieurs décennies d’avance, que la matrice culturelle du texte, de l’étude et de la transmission, qui avait façonné l’influence juive sur le monde pendant deux millénaires, pouvait être organisée, démultipliée et projetée volontairement vers l’ensemble de la planète.
Le Rabbi a ainsi opéré un renversement conceptuel majeur. Alors que la tradition rabbinique avait longtemps privilégié la préservation de communautés closes sur elles-mêmes, protégées de l’influence extérieure, il a fait le choix inverse d’une ouverture organisée, chaque Chalia’h devenant un point d’ancrage volontairement exposé au monde. Cette intuition, formulée dès les années cinquante, anticipait de plusieurs décennies des concepts que la sociologie des organisations ne théorisera que bien plus tard, la franchise décentralisée, le réseau apprenant, l’autonomisation des unités locales au service d’une mission commune. Le Rabbi n’a pas seulement prédit l’efficacité de ce modèle, il en a personnellement supervisé le déploiement, recevant en audience individuelle des dizaines de milliers de futurs émissaires, dictant les grandes lignes de chaque implantation tout en laissant à chaque couple l’entière liberté d’en inventer les modalités locales.
Cette clairvoyance s’est également exprimée dans son rapport précoce à la technologie, à contre-courant d’une partie du monde orthodoxe alors méfiant envers la modernité. Le Rabbi a très tôt perçu la radio, puis la télévision par satellite, comme des instruments légitimes de Hafatsa, ouvrant la voie à ce que ses Chlou’him allaient plus tard accomplir avec Internet et les réseaux sociaux. Ce sens aigu de l’anticipation, appliqué à la fois à l’organisation humaine et à l’outil technique, explique pourquoi le mouvement qu’il a façonné continue, plus de trois décennies après sa disparition physique, à devancer plutôt qu’à suivre les mutations de son époque.
À Yerres, les élèves des Institutions Beth Rivkah ont fait leur rentrée dans la joie des retrouvailles. Entourées de leurs enseignants et de l’ensemble des équipes éducatives, elles ont franchi le seuil de l’établissement avec l’impatience propre aux premiers jours d’école. Une nouvelle année s’ouvre ainsi, portée par l’enthousiasme et le désir d’apprendre.
Chaque rentrée porte sa propre couleur, mais celle de cette année à Beth Rivkah s’est distinguée par une énergie particulière. Après les semaines de vacances, les élèves ont franchi le seuil de l’établissement avec impatience, retrouvant leurs camarades de classe, leurs enseignants et l’ensemble du personnel qui les accompagne au quotidien. L’accueil, pensé dans les moindres détails, a offert à chacune un cadre chaleureux, soigné et bienveillant, propice à démarrer l’année sereinement.
une ambiance de fête dès les premières heures
Dans les classes, l’effervescence s’est fait sentir dès les premiers instants. Les équipes pédagogiques, mobilisées pour offrir aux élèves un démarrage d’année dynamique, ont su transmettre leur motivation. Cette énergie collective, visible sur les visages des élèves comme dans l’organisation des salles de classe, a donné le ton d’une année que l’établissement souhaite riche en apprentissages et en réussites.
Les Institutions Beth Rivkah occupent une place particulière dans le paysage éducatif juif francophone. Fondées dans l’esprit du mouvement Habad-Loubavitch, elles ont pour vocation de conjuguer excellence scolaire et transmission des valeurs juives, dans un cadre structuré et attentif à l’épanouissement de chaque élève. Cette philosophie éducative, portée depuis des décennies par le réseau Beth Rivkah à travers le monde, trouve à Yerres un prolongement fidèle à ses principes fondateurs.
une année tournée vers la transmission
Au-delà des premiers jours de classe, cette rentrée symbolise l’engagement renouvelé de l’institution envers sa mission : accompagner chaque élève dans son parcours scolaire tout en cultivant chez elle un attachement profond à la tradition juive. Les équipes éducatives de Beth Rivkah entendent poursuivre cette double exigence, entre exigence académique et transmission des valeurs, tout au long de l’année à venir.
Les images de cette rentrée, partagées par l’établissement, témoignent de cette atmosphère : des visages souriants, des salles de classe animées et une communauté scolaire visiblement heureuse de se retrouver. Un instantané qui donne le ton d’une année que Beth Rivkah espère marquée par la réussite et l’épanouissement de chacune de ses élèves.
Toute l’équipe de Beth Rivkah souhaite à ses élèves, à leurs familles et à l’ensemble des équipes éducatives une année riche en apprentissages, en réussites et en belles avancées.
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le mouvement Habad, dirigé par le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneerson, tourna son regard vers le Maghreb pour y implanter des Talmud Torah et des Yechivot. C’est à Erfoud, sous la supervision de celui que l’on connaissait sous le nom de Baba Salei, que fut établi l’un des foyers les plus vivants de cet enseignement, rassemblant près de mille élèves. Lorsque Baba Salei quitta le Maroc pour rejoindre la Terre Sainte, c’est son propre fils, Baba Méir, qui reprit la direction de l’institution, perpétuant ainsi une œuvre familiale placée sous la bénédiction du Rabbi.
l’appel du Rabbi précédent vers le Maghreb
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, alors que le judaïsme européen est anéanti, le sixième Rabbi, Rabbi Yossef Itshak Schneersohn (le Rabbi précédent), déploie depuis New York une énergie colossale pour reconstruire la vie juive.
En 1949 , le Rabbi précédent tourne son regard vers l’Afrique du Nord. Il est profondément préoccupé par la situation spirituelle de l’immense communauté séfarade du Maroc (qui compte alors des centaines de milliers de Juifs). Face à l’arrivée d’organisations juives laïques qui risquent d’éloigner la jeunesse de la tradition, il estime qu’il y a urgence à agir pour préserver l’éducation juive authentique.
Le Rabbi précédent envoya une missive à Baba Salei pour lui demander où et comment il serait possible d’installer des Yéchivot et des Talmud Torah Habad en Afrique du Nord. Cette correspondance marque le point de départ d’une collaboration entre le mouvement Habad et les grandes figures spirituelles du Maroc.
l’émissaire envoyé à Erfoud
Il lui fut répondu que les possibilités étaient ouvertes. Le Rabbi précédent envoya alors à Baba Salei un émissaire personnel, Rav Binyamin Gordonsky, chargé de décider avec lui des régions d’Afrique du Nord où il fallait agir et de la meilleure façon de s’y prendre, en s’engageant à suivre scrupuleusement ses directives. Baba Salei conseilla de commencer par le Maroc et la Tunisie. Interrogé sur l’Algérie, il répondit en ces termes : « L’Algérie est un pays où les forces du mal se sont installées. Aucune Yechiva qu’on y ouvrirait ne pourrait réussir. Il faut concentrer toutes nos forces sur les endroits où la sainteté réside encore, c’est-à-dire le Maroc et la Tunisie. »
le Talmud Torah d’Erfoud sous la direction de Baba Salei
Sur ces conseils, des Talmud Torah et des Yechivot de Habad furent ouverts à travers tout le Maroc et la Tunisie, chacun d’eux se développant selon les réalités propres à sa région. Mais c’est à Erfoud, où résidait Baba Salei, que l’entreprise prit sa dimension la plus considérable : le Talmud Torah de la ville rassembla, sous sa supervision directe, près de mille élèves, un chiffre exceptionnel pour l’époque et pour une localité de cette taille au cœur du Maroc oriental. Cette ampleur ne devait rien au hasard. Elle tenait à la présence même de Baba Salei, dont l’autorité spirituelle rayonnait bien au-delà d’Erfoud et attirait vers son enseignement des familles venues de toute la région.
Baba Salei ne se contenta pas de prêter son nom à l’établissement : il en assuma la direction effective, veillant lui-même à l’organisation de l’enseignement et à la bonne marche de l’institution. Cette implication personnelle donna au Talmud Torah d’Erfoud une assise à la fois pédagogique et spirituelle rare, où la rigueur de l’étude s’appuyait sur la stature d’un maître reconnu de tous. Fidèle à l’engagement pris envers le Rabbi par l’intermédiaire de son émissaire, Baba Salei plaçait cette œuvre sous le regard constant de celui qui en avait suscité la création, faisant de l’école d’Erfoud bien davantage qu’une simple institution locale : un point d’ancrage du mouvement Habad au Maroc, et le prolongement concret d’une vision née à des milliers de kilomètres de là. C’est cette structure solide, portée par la seule figure de Baba Salei, que son fils Baba Méir allait devoir reprendre à son tour.
Baba Méir, le fils qui poursuivit l’œuvre paternelle
Après le départ de Baba Salei pour Erets Israël, ce fut son fils, Baba Méir, qui continua à diriger le Talmud Torah d’Erfoud. La plupart des enseignants n’y étaient d’ailleurs nommés qu’avec l’accord conjoint du Rabbi et de Baba Méir lui-même, signe de la continuité assumée entre le père et le fils dans la conduite de cette œuvre éducative. C’est précisément ce lien filial, explicitement désigné comme tel dans les sources, qui établit que Baba Méir était bien le fils de Baba Salei : héritier non seulement de son nom et de son autorité, mais aussi de la responsabilité d’un établissement voulu par le Rabbi lui-même.
Le succès de cette première mission voulue par Rabbi précédent a servi de modèle.Elle fut rapidement suivie par l’envoi par le Rabbi du Rav Shlomo Matusof à Casablanca (qui allait diriger les institutions Oholei Yossef Itshak au Maroc). C’est sur les fondations de ce succès marocain que le Rabbi a ensuite bâti son armée mondiale d’émissaires.
Deux personnes ont été blessées par balle lundi après-midi à Crown Heights, alors que des milliers de personnes assistaient au traditionnel défilé du Labor Day le long d’Eastern Parkway. Les faits se sont déroulés lors de deux incidents distincts, l’un près de Nostrand Avenue, l’autre au cœur même du parcours du défilé. Les deux victimes devraient survivre et aucun policier n’a été blessé.
Aux États-Unis, la fête du Travail s’appelle le Labor Day. Voici ce qui la différencie de la tradition française : Elle est célébrée le premier lundi de septembre (et non le 1er mai). L’Origine : Devenue une fête fédérale en 1894, elle a été fixée en septembre par le président Grover Cleveland. L’objectif était de créer un jour de repos pour les travailleurs tout en s’éloignant du 1er mai, une date trop étroitement liée aux émeutes ouvrières de Haymarket à Chicago (1886) et aux mouvements socialistes et anarchistes internationaux. Les Traditions : C’est un jour férié marqué par des défilés et des discours syndicaux, mais c’est surtout devenu une fête populaire célébrée avec des pique-niques, des barbecues en famille et des feux d’artifice. La Fin de l’été : Culturellement, le week-end du Labor Day (Labor Day weekend) marque officieusement la fin de la saison estivale aux États-Unis. C’est le dernier grand week-end de voyage avant la rentrée scolaire complète et le début de la saison de football américain.
deux incidents distincts en marge du défilé
Selon la police, un homme a été touché par balle près de l’intersection de Nostrand Avenue et de St. John’s Place, juste au nord d’Eastern Parkway. Un suspect a été interpellé sur place et une arme à feu a été retrouvée.
Une seconde fusillade a été signalée peu après à l’angle d’Eastern Parkway et de Kingston Avenue, en plein cœur de la zone du défilé placée sous haute surveillance.
Les forces de l’ordre ont indiqué que deux suspects avaient pris la fuite en direction d’Albany Avenue. L’un d’eux portait un sweat à capuche gris et un jean bleu, tandis que le second portait une chemise blanche.
Les deux victimes devraient survivre à leurs blessures. Aucun policier n’a été blessé au cours de ces incidents.
un dispositif de sécurité exceptionnel
Ces fusillades sont survenues alors que le NYPD avait déployé un dispositif de sécurité particulièrement important pour cette célébration caribéenne annuelle, à la suite des violences survenues lors des éditions précédentes du défilé. Des milliers de policiers avaient été mobilisés le long du parcours et dans les rues environnantes de Crown Heights, avec des contrôles de sécurité renforcés et des barrières supplémentaires.
Le défilé de cette année devait également se terminer plus tôt que d’habitude, à 17h30, dans le but d’éviter les violences qui surviennent traditionnellement en fin de festivités.
Les circonstances exactes des deux fusillades font actuellement l’objet d’une enquête policière.
À quoi devons-nous penser lorsque nous entendons sonner le Chofar le jour de Roch Hachana ? Entre l’image du réveil que donne le Rambam et l’enseignement plus profond de la pensée ‘hassidique, ce son porte en lui l’idée d’un couronnement, celui de D.ieu comme Roi du monde. Retour sur le sens intime de cette Mitsva et sur ce qu’elle exige de chacun d’entre nous.
Rav Shlomo Majeski / stump the rabbi
le son qui réveille l’âme
La question se pose chaque année à l’approche de Roch Hachana : il existe une Mitsva, un commandement, de faire sonner le Chofar, mais à quoi devons-nous penser au moment précis où résonne cette sonnerie ? De nombreuses réponses ont été apportées à cette question au fil des générations. Sur un plan très simple, le Rambam écrit que le Chofar agit comme une sorte de réveil. Il nous dit, en somme : réveillez-vous. Une année entière vient de s’écouler, et il convient de se pencher sur nos actes, sur la vie que nous avons menée, afin de raviver et de renforcer notre engagement, notre implication et notre investissement dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot.
le couronnement de D.ieu
Mais d’autres raisons, plus profondes, sont également données, et l’une d’elles occupe une place centrale dans les discours ‘hassidiques transmis par les Rabbeim, en particulier dans notre génération. Selon cet enseignement, la sonnerie du Chofar est liée au couronnement de D.ieu comme Roi, à une sorte d’intronisation divine. Cette idée s’appuie sur un passage de la Guemara, qui explique que lorsque nous sonnons le Chofar, nous devons avoir à l’esprit trois notions : l’une d’entre elles est la Malkhout, c’est-à-dire la royauté, le règne. Le sens en est le suivant : D.ieu nous demande, en quelque sorte, de faire sonner le Chofar, et par ce geste, nous acceptons Sa royauté sur nous.
Il en va comme pour un roi de chair et de sang. Lorsqu’un peuple désigne quelqu’un comme roi, ce processus s’appelle un couronnement. Il s’accomplit à travers l’amour que le peuple exprime envers ce roi et le désir qu’il manifeste de le voir régner sur lui. C’est précisément cela qui, en quelque sorte, donne au roi le pouvoir d’être véritablement roi, qui fait ressortir en lui le potentiel de la royauté.
Il en est de même pour D.ieu. D.ieu est Roi en toutes circonstances, indépendamment de nous. Mais le jour de Roch Hachana, nous exprimons notre amour et notre désir qu’Il soit notre Roi, et c’est par ce moyen que Sa royauté se révèle de façon plus manifeste dans le monde.
deux visages du pouvoir
Pour bien comprendre cette idée, il faut distinguer deux notions que l’on emploie lorsqu’on parle de pouvoir : la Malkhout, la royauté véritable, et la Memchala, la simple domination. Un dictateur, lui aussi, exerce une forme de pouvoir : tout le monde lui obéit. Mais cette obéissance repose sur la force brutale qu’il impose. Il n’existe là aucune relation véritable : celui qui n’obéit pas est puni, et les sujets n’ont d’autre choix que de se soumettre.
La royauté véritable, elle, est celle d’un roi qui aime son peuple, qui se soucie de lui, qui est là pour le fortifier, pour l’élever, pour faire ressortir le meilleur et le potentiel de chaque personne. Et c’est ainsi que le pays tout entier, la nation tout entière, devient complète et parfaite, telle qu’elle est destinée à être. C’est cela, la véritable royauté, et elle ne s’accomplit que lorsque le peuple accepte son roi de son plein gré, avec amour.
Si nous voulons donc faire ressortir en D.ieu cet attribut de royauté, la Malkhout, c’est en exprimant notre désir et notre amour, en voulant qu’Il soit notre Roi, que nous y parvenons.
la prière transformée
Cette idée transparaît dans la prière de Roch Hachana elle-même : toutes les bénédictions, celle du matin, de l’après-midi, du soir, celle de Moussaf, tournent autour de D.ieu en tant que Roi. Durant les dix premiers jours de l’année, du reste, nous modifions certains passages de la prière : nous ne disons plus « HaEl HaKadosh », le D.ieu saint, mais « HaMelekh HaKadosh », le Roi saint. C’est ainsi que nous devons orienter notre pensée pendant la sonnerie du Chofar : nous T’acceptons, D.ieu, comme notre Roi. Je Te consacre tout mon être, chaque fibre de ma personne, et je Te demande de révéler Ta royauté au monde entier.
vers le jour où D.ieu sera un
Et lorsque le monde entier acceptera D.ieu comme Roi, ce sera précisément le temps où viendra le Machia’h. Comme l’explique Rachi : aujourd’hui, D.ieu est notre D.ieu à nous seuls, le D.ieu d’Israël. Mais lorsque le Machia’h viendra, D.ieu sera un Roi unique et reconnu par le monde entier, ainsi qu’il est écrit : « Son Nom sera Un », car le monde entier, alors, acceptera D.ieu comme son Roi.
Bien avant que les réseaux sociaux n’envahissent le quotidien de la communauté Loubavitch, Mendy Pellin filmait déjà des sketches avec une caméra de fortune et un ami monteur bénévole. Invité du podcast Pnimius animé par Uziel Naparstek, l’humoriste et réalisateur est revenu sur son enfance à Crown Heights, ses années de Yéchiva marquées par une créativité débordante, et la naissance quasi accidentelle d’un empire du divertissement juif en ligne. Entre anecdotes de Farbrenguens mouvementés et réflexions sur la qualité de l’écriture, il livre le récit d’un parcours résolument atypique.
Adapté du podcast Pnimius animé par Uziel Naparstek
une enfance bercée par les Farbrenguens et les marionnettes
Né et élevé à Crown Heights dans une famille où la mère s’était rapprochée de la pratique religieuse, Mendy Pellin se décrit avec humour comme ayant grandi dans un foyer où les traditions étaient transmises avec beaucoup d’amour, mais pas toujours avec exactitude. Il se souvient des Farbrenguens hebdomadaires au 770, où il accompagnait son entourage dès son plus jeune âge. Très tôt, il découvre le plaisir de faire rire : à la maternelle déjà, il improvisait des spectacles de marionnettes avec ses propres chaussettes, fasciné par le pouvoir presque magique de provoquer un éclat de rire chez les adultes.
Cette fascination pour la scène ne l’a plus quitté. En quatrième année, un enseignant lui confie la mise en scène de pièces jouées chaque semaine, y compris devant des résidents de maisons de retraite. Le jeune Mendy y réinvente librement la paracha de la semaine, la transposant dans un décor contemporain, quitte à ce que le résultat final ne ressemble que de loin à ce qu’il avait imaginé. Il devient également l’une des marionnettes d’un spectacle local bien connu, une expérience qui le marque profondément : enfant, persuadé que les marionnettes étaient vivantes, il se souvient avoir observé les coulisses pour percer le mystère, découvrant avec émerveillement le couple de marionnettistes s’activant frénétiquement derrière le castelet. Cette image, dit-il, est restée pour lui une métaphore de la vie en général, chacun projetant une image soignée tout en dissimulant le chaos qui se joue en coulisses.
le rire comme échappatoire en Yéchiva
Adolescent créatif dans un système éducatif qui laisse peu de place à l’expression artistique, Mendy Pellin raconte avoir cherché des exutoires tout au long de ses années de Yéchiva. Dès la neuvième année, il lance un journal de classe, puis, l’année suivante, un véritable bulletin d’information distribué dans tout Crown Heights, générant plusieurs milliers de dollars par numéro grâce à un réseau de camarades rémunérés pour la distribution, le tout dissimulé sous un pseudonyme pour échapper à la vigilance de l’administration. Son assiduité en pâtit, d’autant que l’arrivée d’Internet le captive littéralement, au point d’être renvoyé une semaine pour avoir eu une connexion à la maison, une sanction typique, note-t-il avec ironie, d’une époque où l’on interdisait d’abord les nouvelles technologies avant même d’en comprendre l’usage.
Son parcours le mène ensuite à Toronto, où il multiplie les provocations face à un nouveau directeur soucieux d’asseoir son autorité, avant de rejoindre Morristown. Il y crée avec ses camarades des chansons humoristiques sur la vie de bahourim, très populaires dans l’établissement. Il évoque aussi le souvenir d’un dessin qu’il avait réalisé, représentant un étudiant emporté dans une chasse d’eau, arraché du mur et déchiré par le Roch Yéchiva de l’époque, une réaction qu’il interprète rétrospectivement comme le signe d’un système préférant éliminer les signaux d’alerte plutôt que d’en tirer des enseignements.
À dix-neuf ans, Mendy Pellin traverse une période de doute profond, submergé par le sentiment d’avoir laissé passer sa chance de réaliser ses ambitions créatives. Il en tire aujourd’hui une leçon qu’il aime partager avec les jeunes : le sentiment qu’il est «trop tard» n’a, avec le recul, jamais de fondement réel. Durant ces années, il continue malgré tout à nourrir sa créativité en secret, rédigeant des scénarios, composant des chansons dans sa chambre, et allant jusqu’à construire un studio miniature avec des briques de jeu de construction pour réaliser un film en volume sur le récit de Chimchon. Il évoque également, avec son interlocuteur, l’idée que les Yechivot gagneraient à offrir davantage d’espaces de création aux étudiants les plus artistes, à l’image d’une salle de musique aménagée par des étudiants de Morristown à partir de matelas récupérés, transformés en panneaux acoustiques.
de Chabadtube au Mendy report, une aventure inattendue
C’est en tant que directeur d’activités dans un camp d’été que Mendy Pellin réalise ses premiers films, aux côtés d’un ami monteur amateur. Ces vidéos, d’abord échangées de manière informelle par pièces jointes, suscitent un engouement immédiat dans son entourage. L’arrivée de plateformes de partage vidéo change ensuite la donne : il commence à travailler avec la famille Applebaum, pionnière dans la diffusion de contenus juifs en ligne, et développe le concept qui deviendra le Mendy Report, un format satirique inspiré des journaux télévisés.
Le succès est fulgurant et largement inattendu : chaque épisode atteint rapidement des dizaines de milliers de vues, au point d’attirer l’attention de médias généralistes comme le New York Times. Mendy Pellin doit alors apprendre, sur le tas, à transformer cette popularité en activité viable, à une époque où les annonceurs peinaient à comprendre l’intérêt d’investir dans la publicité vidéo plutôt que dans la presse écrite traditionnelle.
le téléthon habad, une école de cinéma accélérée
C’est cette notoriété naissante qui lui ouvre les portes du Téléthon Habad, où il est d’abord chargé de couvrir les coulisses avant de devenir, dès l’année suivante, producteur de segments pour l’émission elle-même. Il décrit cette période comme la meilleure école de cinéma qu’il aurait pu espérer, ayant eu la chance de travailler aux côtés de monteurs et de techniciens chevronnés qui lui ont transmis les bases du montage narratif et de la conduite d’interview, non sans quelques tensions liées à son inexpérience et à son statut de jeune homme issu du monde yechivish.
Il raconte notamment, avec autodérision, le tournage d’un reportage sur la société d’inhumation gratuite de la communauté, pour lequel il s’était rendu, caméra à l’épaule, à des funérailles réelles, multipliant les angles spectaculaires jusqu’à provoquer la colère de son monteur, aucun plan n’étant exploitable tant la mise en scène improvisée avait dénaturé la gravité du moment. Cet épisode, dit-il, a été pour lui une leçon fondatrice sur le respect du sujet filmé.
jubelish, un laboratoire de divertissement pour tous les publics
Quelques années plus tard, Mendy Pellin cofonde Jubelish, un projet expérimental destiné à toucher un public plus large que la seule audience religieuse, y compris des Juifs non pratiquants, en s’appuyant sur une identité juive assumée mais accessible. Il décrit cette période comme un véritable laboratoire créatif, où il explore tour à tour la parodie musicale, le sketch et le pastiche de productions populaires, avant que le projet ne soit interrompu faute d’un modèle économique viable.
C’est également durant cette période qu’il développe une collaboration suivie avec le chanteur Yaakov Shwekey, pour lequel il réalise plusieurs clips musicaux. Il raconte à ce sujet l’un de ses tournages les plus audacieux, effectué sans autorisation officielle de filmer près du Kotel, en misant sur l’ampleur de la production, générateurs, grue et équipe nombreuse, pour donner l’illusion d’une autorisation en bonne et due forme. Une anecdote similaire, survenue lors d’un tournage dans le désert, voit une patrouille de jeeps militaires s’approcher de l’équipe, avant de repartir sans incident, les soldats se contentant, par curiosité, de prendre quelques photographies.
la vision plutôt que la simple consigne
Interrogé sur sa méthode de travail avec des équipes composées de personnes extérieures au monde du cinéma, Mendy Pellin insiste sur l’importance de partager une vision globale plutôt que de se contenter de distribuer des instructions ponctuelles. Il évoque à ce titre l’expérience éclairante d’avoir lu le témoignage d’un rabbin ayant participé à l’une de ses campagnes promotionnelles, qui décrivait son incompréhension totale pendant le tournage, avant la découverte du résultat final abouti. Cette lecture l’a conduit à privilégier systématiquement la transmission du projet dans son ensemble, convaincu qu’une équipe informée de l’objectif final devient plus créative et plus autonome, qu’il s’agisse d’un tournage professionnel ou, par extension, d’une salle de classe où un éducateur choisirait de partager sa vision pédagogique plutôt que de simples exigences de résultats.
ce qui manque encore au divertissement juif
Interrogé sur les lacunes actuelles du divertissement juif, Mendy Pellin identifie deux axes principaux. D’une part, il regrette que la présence de Hashem dans le quotidien reste trop souvent cantonnée à un discours abstrait de Yéchiva, plutôt que d’être incarnée de façon vivante et personnelle dans les productions destinées au grand public. D’autre part, il déplore le manque de contenus, notamment destinés aux enfants, capables de représenter des personnages réalistes plutôt que des caricatures excentriques, estimant que les jeunes spectateurs sont largement sous-estimés dans leur capacité à saisir la nuance et la subtilité.
Il insiste longuement sur l’importance cruciale de la qualité de l’écriture et des dialogues, qu’il considère comme le véritable point faible du secteur, bien plus que les moyens de production, aujourd’hui largement démocratisés. Il cite l’exemple d’une production ambitieuse, dotée d’un budget conséquent et de comédiens talentueux, mais dont l’impact a été totalement compromis par des dialogues artificiels et une écriture trop édulcorée, gâchant selon lui un travail par ailleurs remarquable. Pour Mendy Pellin, l’avenir du divertissement juif ne se jouera pas sur le terrain de la concurrence avec les grandes productions hollywoodiennes, mais sur celui, seul véritablement accessible, de la qualité de l’écriture et du jeu d’acteur.
L’entretien s’achève sur une note chaleureuse, l’animateur du podcast tenant à remercier Mendy Pellin pour son influence sur toute une génération ayant grandi avec ses sketches et ses vidéos, avant de convenir d’un prochain échange autour d’un second volet.
Chaque année, à Roch Hachana, la sonnerie du Chofar résonne bien au-delà d’une simple obligation rituelle, elle porte en elle le cri le plus profond de l’âme juive. Si la Torah ne mentionne que trois sonneries de Teroua, la tradition en prescrit une trentaine, afin de répondre à toutes les interprétations possibles de ce son mystérieux. Comprendre la signification et la technique précise de chaque son permet d’accomplir cette Mitsva dans toute sa profondeur et d’ouvrir, selon la tradition ‘hassidique, les canaux de l’amour et des bénédictions divines.
Rav Nissan David Dubov
Pourquoi sonner autant de sons
La Torah mentionne le mot Teroua à trois reprises en lien avec la sonnerie du Chofar le jour de Roch Hachana. Elle enseigne également que chaque Teroua doit être précédée et suivie d’un son continu et régulier appelé Tekia. En principe, il suffirait donc d’entendre trois fois la séquence Tekia, Teroua, Tekia.
Pourquoi, dès lors, sonne-t-on beaucoup plus de sons, une trentaine en tout ? La raison en est que la nature exacte du son de la Teroua prescrit par la Torah demeure incertaine. Selon une première opinion, il s’agirait d’un son fait de trois gémissements. Selon une deuxième opinion, il s’agirait plutôt du son de sanglots, au nombre de neuf petits cris. Une troisième opinion propose une combinaison des deux : un gémissement qui se transforme progressivement en sanglots. Afin de satisfaire l’ensemble de ces opinions, on sonne les trois formes de Teroua.
Qui pleure, et pourquoi
Le Chofar représente le cri de la partie la plus profonde de l’âme, celle qui aime D.ieu et dont l’unique aspiration est de se lier à Lui. C’est par cet amour et ce dévouement que nous couronnons D.ieu comme notre roi, à travers la sonnerie du Chofar. Ce cri éveille en retour l’amour inconditionnel de D.ieu envers nous, et c’est par le Chofar que toutes les bénédictions sont accordées à Ses enfants bien-aimés.
Comment sonner le chofar
Il existe trois sons distincts, ainsi qu’un son combiné, que l’on sonne pour imiter différents types de pleurs.
La Tekia est un son long et régulier.
Le Chevarim est composé de trois sons moyens, semblables à des gémissements, chacun d’une durée équivalente à au moins trois « sanglots » et inférieure à neuf « sanglots ». Si l’un de ces gémissements atteint la durée de neuf sanglots, la séquence entière doit être recommencée.
La Teroua est composée d’au moins neuf sons brefs, semblables à des sanglots.
Le Chevarim-Teroua combine trois sons de gémissement suivis de neuf sons de sanglots, sans reprise de souffle entre les deux parties, ce qui symbolise un gémissement se transformant en sanglots. En ce sens, le Chevarim-Teroua peut être considéré comme un son à part entière.
On sonne ainsi trois séries de sons.
La première séquence est : Tekia, Chevarim-Teroua, Tekia. À l’exception du Chevarim-Teroua, où l’on ne reprend pas son souffle entre les deux parties, il convient de respirer entre chacun des trois sons différents. En cas d’erreur, la séquence doit être reprise depuis le début. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’un Chevarim-Teroua. Cette séquence est répétée trois fois.
La deuxième séquence est : Tekia, Chevarim, Tekia. Il convient de reprendre son souffle entre les trois sons différents. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’un Chevarim. Cette séquence est répétée trois fois.
La troisième séquence est : Tekia, Teroua, Tekia. Il convient de reprendre son souffle entre les trois sons différents. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’une Teroua, la dernière Tekia étant sonnée un peu plus longuement que les précédentes. Cette séquence est répétée trois fois.
En suivant ces indications, la Mitsva du Chofar est accomplie dans toute sa perfection, ouvrant ainsi les canaux de l’amour et des bénédictions de D.ieu.