Chaque année, à Roch Hachana, la sonnerie du Chofar résonne bien au-delà d’une simple obligation rituelle, elle porte en elle le cri le plus profond de l’âme juive. Si la Torah ne mentionne que trois sonneries de Teroua, la tradition en prescrit une trentaine, afin de répondre à toutes les interprétations possibles de ce son mystérieux. Comprendre la signification et la technique précise de chaque son permet d’accomplir cette Mitsva dans toute sa profondeur et d’ouvrir, selon la tradition ‘hassidique, les canaux de l’amour et des bénédictions divines.
Rav Nissan David Dubov
Pourquoi sonner autant de sons
La Torah mentionne le mot Teroua à trois reprises en lien avec la sonnerie du Chofar le jour de Roch Hachana. Elle enseigne également que chaque Teroua doit être précédée et suivie d’un son continu et régulier appelé Tekia. En principe, il suffirait donc d’entendre trois fois la séquence Tekia, Teroua, Tekia.
Pourquoi, dès lors, sonne-t-on beaucoup plus de sons, une trentaine en tout ? La raison en est que la nature exacte du son de la Teroua prescrit par la Torah demeure incertaine. Selon une première opinion, il s’agirait d’un son fait de trois gémissements. Selon une deuxième opinion, il s’agirait plutôt du son de sanglots, au nombre de neuf petits cris. Une troisième opinion propose une combinaison des deux : un gémissement qui se transforme progressivement en sanglots. Afin de satisfaire l’ensemble de ces opinions, on sonne les trois formes de Teroua.
Qui pleure, et pourquoi
Le Chofar représente le cri de la partie la plus profonde de l’âme, celle qui aime D.ieu et dont l’unique aspiration est de se lier à Lui. C’est par cet amour et ce dévouement que nous couronnons D.ieu comme notre roi, à travers la sonnerie du Chofar. Ce cri éveille en retour l’amour inconditionnel de D.ieu envers nous, et c’est par le Chofar que toutes les bénédictions sont accordées à Ses enfants bien-aimés.
Comment sonner le chofar
Il existe trois sons distincts, ainsi qu’un son combiné, que l’on sonne pour imiter différents types de pleurs.
La Tekia est un son long et régulier.
Le Chevarim est composé de trois sons moyens, semblables à des gémissements, chacun d’une durée équivalente à au moins trois « sanglots » et inférieure à neuf « sanglots ». Si l’un de ces gémissements atteint la durée de neuf sanglots, la séquence entière doit être recommencée.
La Teroua est composée d’au moins neuf sons brefs, semblables à des sanglots.
Le Chevarim-Teroua combine trois sons de gémissement suivis de neuf sons de sanglots, sans reprise de souffle entre les deux parties, ce qui symbolise un gémissement se transformant en sanglots. En ce sens, le Chevarim-Teroua peut être considéré comme un son à part entière.
On sonne ainsi trois séries de sons.
La première séquence est : Tekia, Chevarim-Teroua, Tekia. À l’exception du Chevarim-Teroua, où l’on ne reprend pas son souffle entre les deux parties, il convient de respirer entre chacun des trois sons différents. En cas d’erreur, la séquence doit être reprise depuis le début. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’un Chevarim-Teroua. Cette séquence est répétée trois fois.
La deuxième séquence est : Tekia, Chevarim, Tekia. Il convient de reprendre son souffle entre les trois sons différents. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’un Chevarim. Cette séquence est répétée trois fois.
La troisième séquence est : Tekia, Teroua, Tekia. Il convient de reprendre son souffle entre les trois sons différents. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’une Teroua, la dernière Tekia étant sonnée un peu plus longuement que les précédentes. Cette séquence est répétée trois fois.
En suivant ces indications, la Mitsva du Chofar est accomplie dans toute sa perfection, ouvrant ainsi les canaux de l’amour et des bénédictions de D.ieu.
Chana Tova !
















