Le mardi 21 Elloul 5699 (1939), quelques jours seulement après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, le Rabbi précédent, Rabbi Yossef Its’hak Schneersohn, quitta la ville d’Otwock, en Pologne, où il avait résidé durant quatre années. Espérant regagner Riga, en Lettonie, il devait d’abord rejoindre Varsovie, et c’est sous les bombardements de l’aviation allemande qu’il accomplit ce trajet. Ce voyage, commencé dans les larmes et achevé dans le piège d’une capitale assiégée, ouvrit l’un des chapitres les plus dramatiques de l’histoire de Habad.
Les derniers jours d’Otwock
Otwock, petite ville de villégiature située à quelques dizaines de kilomètres au sud est de Varsovie, avait accueilli le Rabbi précédent après son installation en Pologne. Il y avait établi sa résidence et son centre d’activité, poursuivant sans relâche le soutien aux réseaux clandestins de l’éducation juive et l’administration des institutions de la Yechiva Tom’hei Temimim, dont les élèves étudiaient à proximité. Pendant quatre ans, cette localité modeste était devenue le cœur battant du mouvement Loubavitch en Europe, un lieu où affluaient Chlou’him, étudiants et visiteurs venus de toute la Pologne pour recevoir une bénédiction ou un conseil.
L’invasion allemande, déclenchée au début du mois de septembre, changea tout en quelques jours. Les colonnes de la Wehrmacht progressaient rapidement vers la capitale, les routes se couvraient de réfugiés et le ciel appartenait déjà aux appareils de la Luftwaffe. Il devint évident que le Rabbi ne pouvait demeurer à Otwock. Son intention était de rejoindre Riga, où il avait vécu auparavant et où il disposait encore d’appuis et de possibilités de départ, mais pour cela il fallait d’abord atteindre Varsovie.
Le départ et la bénédiction aux habitants
Ce mardi 21 Elloul, aux environs de trois heures de l’après midi, le Rabbi précédent quitta Otwock, accompagné des membres de sa famille. La nouvelle s’était répandue et de nombreux habitants s’étaient rassemblés pour lui faire leurs adieux et recevoir sa bénédiction. Les témoins de la scène rapportèrent la profonde tristesse qui se lisait sur son visage tandis qu’il s’apprêtait à quitter la ville.
Avant de monter en voiture, le Rabbi s’adressa à ceux qui l’entouraient. Il leur dit de se porter bien, de prendre sur eux le joug de la Royauté céleste, le Ol Malkhout Chamaïm, rappelant que le Roi protège Ses serviteurs et que le peuple juif est composé des enfants de Hachem. Il ajouta que D.ieu les protégerait où qu’ils se trouvent, et qu’Il les protégerait, eux qui partaient, où qu’ils aillent.
Ces paroles, prononcées à la veille des heures les plus sombres de l’histoire juive européenne, furent les dernières que beaucoup de ces hommes et de ces femmes entendirent de sa bouche. Le Rabbi lui même, rapportent les témoins, pleura amèrement en s’éloignant.
Sur la route, sous les bombardements
Le trajet vers Varsovie se transforma rapidement en épreuve. Alors que le convoi progressait, les avions allemands se mirent à bombarder les routes et les véhicules qui les empruntaient. Les passagers abandonnèrent les automobiles et se jetèrent sur les bas côtés pour chercher un abri dérisoire dans les fossés et les champs, tandis que les explosions soulevaient la terre autour d’eux.
Au milieu de cette panique, le Rabbi précédent conserva un calme qui frappa tous ceux qui l’accompagnaient. Il exhorta les siens à ne pas céder à la peur et leur déclara qu’il n’y avait rien à craindre, car son père travaillait désormais pour eux. Il faisait ainsi référence à son père, le Rabbi Rachab, invoquant son mérite et sa protection durant ces heures terrifiantes.
Cette phrase, brève et sans emphase, résume l’attitude qui fut la sienne tout au long des mois suivants. Là où les circonstances imposaient la terreur, il opposait la certitude que la Providence conduisait les événements et que le lien avec les générations précédentes demeurait actif, même sous les bombes.
Prisonnier de la capitale en guerre
En atteignant Varsovie, il apparut aussitôt que le projet de rejoindre Riga était devenu irréalisable. Les frontières se fermaient, les liaisons ferroviaires étaient interrompues, et la capitale polonaise entrait elle même dans les premières phases du siège. Au lieu de poursuivre son voyage, le Rabbi précédent se retrouva bloqué dans une ville soumise aux bombardements incessants, privée d’eau, de nourriture et d’électricité, où les incendies se propageaient de quartier en quartier.
Il y demeura durant plusieurs mois, changeant à plusieurs reprises de refuge à mesure que les immeubles étaient détruits. Ce fut une période d’incertitude totale, vécue au milieu d’une population juive qui allait bientôt être enfermée dans le ghetto. Les Chassidim de Varsovie continuèrent malgré tout à se rassembler autour de lui, et l’étude ainsi que la prière ne cessèrent pas, jusqu’aux Chabbatot passés sous les décombres.
Le sauvetage et l’arrivée à Riga
C’est seulement le 2 Tévet 5700 (1939) qu’il parvint, au terme d’une série d’événements extraordinaires, à sortir de Pologne et à gagner Riga. Ce sauvetage fut le fruit d’efforts intenses menés depuis l’étranger par ses ‘Hassidim, en particulier aux États Unis, où des démarches furent entreprises auprès des autorités américaines afin d’obtenir une intervention diplomatique en sa faveur.
L’issue de ces démarches tint du prodige. Alors que des centaines de milliers de Juifs se trouvaient déjà pris au piège de l’Europe occupée, le Rabbi précédent, sa famille et une partie de son entourage purent franchir les lignes et atteindre la Lettonie, avant de rejoindre quelques mois plus tard les rives américaines. Ce départ allait déterminer l’avenir du mouvement tout entier, puisque c’est depuis New York que le Rabbi précédent entreprit la reconstruction du judaïsme habad et posa les fondations de l’œuvre que le Rabbi devait déployer par la suite.
Un témoignage conservé dans le Sefer HaSi’hot
Les épreuves de ces mois passés à Varsovie ne furent pas seulement rapportées par des tiers. Le Rabbi précédent les décrivit lui même, et son récit est conservé dans les premières sections du Sefer HaSi’hot 5700 (1939-1940). On y trouve un témoignage direct et saisissant sur le déclenchement de la guerre, sur les bombardements, sur la détresse de la population et sur la manière dont il perçut ces événements.
Ce texte occupe une place particulière dans la littérature Loubavitch. Il ne s’agit pas d’une chronique extérieure, mais d’une Si’ha écrite par celui qui traversa ces jours, mêlant l’observation historique et la lecture spirituelle des faits. Chaque année, à l’approche du 21 Elloul, les ‘Hassidim reviennent à ces pages pour y puiser la même leçon que le Rabbi précédent transmit sur la route d’Otwock, lorsqu’il demanda aux siens de ne pas avoir peur : les épreuves de l’histoire ne se lisent pas seulement dans la chronologie des armées, mais dans la fidélité de ceux qui, au milieu du fracas, continuent d’accomplir les Mitsvot et de faire confiance à D.ieu.
Ce jour de Elloul, mois de la miséricorde et du retour, garde ainsi dans la mémoire habad la figure d’un homme qui pleurait en quittant sa ville, et qui rassurait pourtant ceux qui l’entouraient. Sa dernière parole aux Juifs d’Otwock, promesse d’une protection divine valable ici comme là bas, résonne encore aujourd’hui comme le testament d’une génération que la guerre allait engloutir.
Des dizaines d’élèves, parmi lesquelles de nombreuses filles de Chlou’him venues du monde entier, ont inauguré cette semaine l’année d’étude au séminaire ‘Haya Mouchka du centre Or ‘Haya de Jérusalem. La rentrée s’est placée sous le signe de l’expansion, avec l’entrée dans le nouveau bâtiment Beth Moché. La cérémonie a été marquée par la pose d’une Mezouza, en présence de Rabbanim, de Machpiim et de Chlou’him.
C’est dimanche que l’année scolaire s’est officiellement ouverte au séminaire ‘Haya Mouchka, rattaché au centre Or ‘Haya de Jérusalem. Les élèves, parmi lesquelles des filles de familles de Chlou’him venues des quatre coins du monde, ont franchi pour la première fois les portes du bâtiment agrandi Beth Moché, inauguré dans le cadre du développement que connaît l’institution.
La cérémonie d’entrée a été marquée par la pose d’une Mezouza à l’entrée de l’édifice, en présence des Rabbanim du séminaire, de Machpiim, de Chlou’him et d’invités. Placé sous le signe du Mizmor Letoda, ce moment a symbolisé à la fois l’ouverture officielle du lieu et l’ouverture d’un nouveau chapitre dans l’histoire du centre Or ‘Haya.
Un établissement devenu une référence
Le séminaire s’est imposé ces dernières années comme l’un des établissements ‘hassidiques de référence pour les jeunes filles qui viennent en Terre Sainte chercher un enseignement de haut niveau, doublé d’une expérience ‘hassidique au cœur même de Jérusalem. Tout au long de l’année, Rabbanim, Machpiim et conférenciers s’y succèdent pour des cours et des Farbrenguen, avec un accent particulier mis sur l’approfondissement du lien au Rabbi, l’étude de la ‘Hassidout et la préparation à une vie de Chli’hout.
Cinq étages ouverts sur le panorama de la ville sainte
Le nouveau Beth Moché compte cinq étages, qui abritent des salles spacieuses, des espaces protégés et un dernier niveau s’ouvrant sur le panorama de Jérusalem. Il vient s’ajouter au vaste campus d’Or ‘Haya, Centre mondial pour la femme juive, qui réunit salles de classe, espaces d’étude et lieux de rencontre au centre de la ville.
Un pôle d’attraction pour les familles de Chlou’him
Le programme d’études est devenu au fil des ans un véritable pôle d’attraction pour les familles de Chlou’him issues de communautés très diverses. Au-delà de l’atmosphère ‘hassidique qui accompagne les élèves tout au long de la journée, la direction met en avant le niveau du corps enseignant ainsi que la construction d’un cursus mêlant savoir, ‘Hassidout, Farbrenguen et préparation concrète à la Chli’hout.
La direction du centre et les personnalités présentes
Le centre Or ‘Haya est dirigé par Mme Daniela Golan, présidente, et par M. Yehouda Golan, directeur général. Le séminaire est quant à lui placé sous la direction du Rav Naftali Hacohen Roth et du Rav Ouri Gamson.
Parmi les participants à la cérémonie figuraient le Rav Chnéour Zalman Gopin, Machpia principal de la Yechiva centrale Tom’heï Temimim de Kfar Habad et enseignant à Or ‘Haya, le Rav Mena’hem Mendel Glou’hovski, secrétaire adjoint du Beth Din rabbinique Habad et Rav de la communauté Habad de Re’hovot, membre de la direction spirituelle du centre, ainsi que le Rav Noam Hacohen Roth, directeur des Tseiréi Agoudat Habad de Jérusalem.
Une croissance qui appelle de nouveaux espaces
Au séminaire, on souligne que les demandes d’inscription progressent d’année en année, l’admission se faisant à l’issue d’une procédure de sélection rigoureuse. L’ouverture de Beth Moché doit précisément permettre d’absorber cette croissance et d’accueillir un nombre plus important d’élèves dans de meilleures conditions.
Avec la pose de la Mezouza et l’ouverture des portes du nouveau bâtiment, le séminaire ‘Haya Mouchka referme une étape du développement d’Or ‘Haya et en ouvre aussitôt une autre, avec des dizaines d’élèves venues du monde entier pour une année d’étude, d’élévation et de vie ‘hassidique au cœur de la ville sainte.
Le ministre des Finances Bezalel Smotrich s’est rendu au domicile du Rav Its’hak-Yehouda Yeruslavsky, secrétaire du Beth Din des Rabbanim Habad en Terre Sainte et Rav de Na’halat Har Habad. L’entretien a porté sur l’intégrité de la Terre, l’intégrité du Peuple et la question brûlante de la loi sur la conscription. Le ministre a déclaré sans ambiguïté qu’il ne soutiendrait aucun texte qui ne garantirait pas aux jeunes gens la possibilité de partir en Kvoutsa et de se rendre à New York pour le mois de Tichri.
Une visite de courtoisie à Na’halat Har Habad
Le ministre des Finances et membre du cabinet politico-sécuritaire, président du parti Sionisme religieux, Rav Bezalel Smotrich, s’est rendu ce jour en visite de courtoisie au domicile du secrétaire du Beth Din des Rabbanim Habad en Terre Sainte et Rav de Na’halat Har Habad, le Gaon et ‘Hassid, le Rav Its’hak-Yehouda Yeruslavsky.
Cette rencontre s’est tenue une année jour pour jour après que le Rav Yeruslavsky se fut rendu, à la fin du mois d’Elloul 5785 (2025), auprès du ministre Smotrich pour un entretien consacré notamment aux questions liées au développement du quartier de Na’halat Har Habad.
Participaient également à cette entrevue le fils du Mara d’Atra, le Gaon et ‘Hassid le Rav Aharon Ben-Tsion Yeruslavsky, qui a longuement approfondi les différents combats actuellement à l’ordre du jour, ainsi que le président du comité de Na’halat Har Habad, le Rav Its’hak Blijinsky.
Un avertissement sur l’unité du camp national
Le ministre Smotrich a exposé devant ses hôtes les efforts qu’il déploie afin de parvenir à l’unité au sein du bloc de la droite, mettant en garde contre l’éventualité de listes séparées lors du prochain scrutin.
« C’est extrêmement dangereux, nous pourrions perdre les élections pour cette seule raison », a affirmé le ministre.
L’intégrité de la Terre et la carte de la Judée-Samarie
Le Rav Yeruslavsky a écouté un exposé détaillé sur la question de l’intégrité de la Terre et a exprimé son admiration devant les démarches accomplies par le ministre en Judée-Samarie. Au fil de la conversation, Bezalel Smotrich a évoqué son action en tant que ministre au sein du ministère de la Défense et en qualité de responsable de l’administration de l’implantation.
Selon lui, durant sa période d’activité, 106 localités et près de 150 fermes agricoles ont vu le jour, ce qui a eu pour effet de rompre la continuité territoriale palestinienne et d’écarter le péril géographique et topographique qui pesait sur la région de Gouch Dan et sur la ligne de démarcation.
« De là-haut, ils avaient une vue directe sur l’aéroport Ben Gourion et pouvaient aisément atteindre Kfar Habad », a précisé le ministre. « Le danger est écarté, mais si les gens restent chez eux le jour du scrutin, tous ces acquis partiront en fumée. »
« Il est impératif d’aller voter », a répondu le Rav. « Cela ne fait aucun doute. »
Six années de combat pour la loi « Qui est juif »
Sur la question de l’intégrité du Peuple, le ministre a relaté le combat qu’il mène depuis près de six années en faveur de l’amendement de la loi « Qui est juif », conformément à la directive du Rabbi.
« On m’a attaqué sans relâche à ce sujet, mais il est impératif de corriger cette loi. À mon grand regret, il n’existait pas de majorité pour la faire adopter, car depuis un an et demi les partis orthodoxes ne votaient plus avec la coalition, en signe de protestation contre la loi sur la conscription », a-t-il expliqué.
La loi sur la conscription et le sort des étudiants de Yechiva
Le ministre a ensuite abordé la question de la loi sur la conscription et clarifié sa position concernant les étudiants des Yechivot.
« Il n’existe aucune contestation sur le fait que la place de celui qui étudie la Torah se trouve à la Yechiva« , a déclaré Bezalel Smotrich.
À ses yeux, l’État se doit d’apporter une réponse à une situation dans laquelle de jeunes gens se trouvent aujourd’hui empêchés de partir en Kvoutsa ou de s’envoler pour le mois de Tichri à 770.
« Cela est parfaitement inconcevable, d’autant que nombreux sont les ‘Hassidim Habad qui accomplissent leur service militaire », a-t-il souligné.
Le ministre a rapporté qu’il y a déjà plusieurs mois, lorsque la question s’était trouvée à l’ordre du jour, il avait signifié au gouvernement qu’il ne voterait aucune loi sur la conscription qui ne réglerait pas ce point.
« Il existait déjà un article que j’avais reçu du Rav Havlin en son temps, plusieurs Rabbanim s’étaient penchés dessus et nous avions exigé son insertion dans le texte de loi. Ils partent en Kvoutsa et ils reviennent », a-t-il raconté.
Le vote sur cette loi n’a finalement pas eu lieu et devrait revenir à l’ordre du jour après les élections.
« Il n’y aura pas de loi sans cela. Il est bien évident qu’avec l’aide de D.ieu, à supposer que nous l’emportions, les orthodoxes exigeront eux aussi une loi sur la conscription avant toute autre chose. Nous n’irons pas vers une loi sur la conscription sans cette clause. C’est notre condition. D’ailleurs, les oppositions ne sont pas si nombreuses. Dès l’instant où l’on s’est adressé à moi et où j’ai posé la question sur la table, j’ai dit : les amis, cela n’est pas négociable, et il ne devrait y avoir aucun débat là-dessus », a affirmé le ministre.
Une bénédiction pour un soldat blessé
Au terme de la rencontre, le ministre Smotrich a demandé au Rav Yeruslavsky de bénir son fils, le combattant Bnaya-‘Hevron ben Revital, grièvement blessé lors de la guerre au Liban.
Le Rav lui a serré chaleureusement les mains, a béni le fils du ministre et a déclaré : « Qu’il se tienne debout dans son royaume avec un dévouement total, qu’il réussisse et que cela soit bon pour le peuple d’Israël. Qu’avec l’aide de D.ieu il réussisse, que le parti réussisse, et que se réalise Didan Natsa’h. »
Face aux tentatives de restriction dans plusieurs pays européens, la communauté juive réplique avec une initiative majeure. Un centre européen de formation et de certification médicale pour les « mohels » (ceux qui pratiquent la circoncision) vient de voir le jour dans la capitale belge.
C’est une première hors d’Israël. Alors que le débat fait rage, notamment en Belgique où le statut des mohels non-médecins est régulièrement remis en question, l’Association juive européenne (EJA) et le Centre rabbinique d’Europe (RCE) ont décidé d’agir. Leur réponse ? Le CERM, une structure qui promet d’allier liberté religieuse et sécurité médicale stricte.
Des règles strictes et des simulations d’urgence
L’objectif est clair : rassurer les autorités. Les mohels devront désormais suivre une formation drastique, encadrée par un collège de médecins, d’urologues et de pédiatres venus de toute l’Europe et d’Israël. Au programme : règles d’hygiène, gestion des hémorragies, réanimation des nourrissons et passages obligatoires par des simulations de situations de crise.
La méthode repose sur une règle stricte en quatre mots : Reconnaître, Prévenir, Arrêter (si les limites de compétences sont atteintes) et Orienter immédiatement vers les urgences.
« Viser l’excellence »
« Quand il s’agit de la sécurité d’un enfant, on ne peut pas se contenter du minimum », martèle le grand rabbin Menachem Margolin. Pour les initiateurs du projet, il n’y a aucune contradiction entre le maintien de cette tradition millénaire et le respect absolu des normes médicales actuelles.
Une initiative qui a même reçu l’écho de la Commission européenne. Le commissaire à la Santé a rappelé que les pratiques juives faisaient « partie intégrante de l’Europe », à condition de garantir le bien-être de l’enfant. Avec ce nouveau centre, les instances juives espèrent bien clore définitivement le débat sur le continent.
David Zini, le patron du Chin Beth, a effectué une visite exceptionnelle au centre mondial Habad, le 770, ainsi que dans le quartier de Crown Heights à New York. Au cours du parcours, l’hôte s’est intéressé à l’organisation des études des jeunes de la Yechiva et a arpenté le quartier afin de découvrir la vie de la communauté juive et ses institutions. La visite s’est achevée sur une impression profonde du chef du service, marqué par l’atmosphère singulière du Beth Hamidrach et par le vaste rayonnement de l’action de Habad à travers le monde.
David Zini, 15e patron du Shin Bet
Né en 1974, issu du sionisme religieux, David Zini dirige le Shin Bet depuis octobre 2025. Il affiche 33 ans de carrière dans Tsahal (Sayeret Matkal, Golani, Egoz), ayant fondé la brigade d’élite Oz et terminé avec le grade de général de division.
Sa nomination par Binyamin Netanyahou a déclenché une âpre bataille juridique jusqu’en Cour suprême, alimentée par les conflits d’intérêts du Premier ministre et les positions radicales de Zini (opposition aux accords d’échange d’otages, critiques ouvertes de la justice).
Son mandat est extrêmement clivant. Il rompt avec ses prédécesseurs en soutenant la peine de mort pour les terroristes et affronte violemment le pôle juridique de son propre service. En interne, ses décisions font polémique : vision conservatrice assumée sur le rôle des femmes, fin du financement de la cellule LGBT et traque inédite des sources journalistiques.
Père de 11 enfants, il marque un virage idéologique profond pour l’appareil sécuritaire d’Israël.
Les hôtes et les accompagnateurs de la visite
La visite a été accueillie et guidée par le Rav Mendel Eizenbach, directeur du Beth Habad 770 et du centre des visiteurs WLCC. Le parcours lui-même a été conduit par le Rav Mendy Carlebach, du New Jersey, qui occupe un poste de haut rang au sein de la police des frontières de New York. Y ont également pris part le Rav Yekutiel Feldman, membre de l’équipe de la Yechiva Tom’hei Temimim, ainsi que le militant communautaire R’ ‘Hanina Sperlin.
Un vif intérêt pour l’étude des Temimim
Au cours de la visite, David Zini a manifesté un grand intérêt pour l’organisation des études des élèves Temimim. Il s’est enquis des sujets qu’étudient les jeunes gens, de la manière dont s’articule leur emploi du temps et du nombre d’heures consacrées chaque jour à l’étude de la Torah, du Niglé et de la ‘Hassidout. Il a par ailleurs entendu parler de l’année de la Kvoutsa et des jeunes gens qui viennent étudier dans nos cours saintes depuis différents pays à travers le monde.
Une découverte du quartier de Crown Heights
Par la suite, David Zini a effectué une brève promenade dans le quartier de Crown Heights, au cours de laquelle il s’est intéressé à la vie de la communauté juive, au nombre de Juifs résidant dans le secteur, aux institutions éducatives ainsi qu’à l’activité des synagogues et des Batei Habad.
Une impression profonde
La visite s’est conclue après que David Zini eut été impressionné par l’atmosphère singulière qui règne au 770, par l’intensité de l’étude au sein du Beth Hamidrach et par le vaste rayonnement de l’action de Habad, qui émane de ce lieu pour atteindre tous les confins de la terre.
Le dix-huit Elloul, anniversaire du Baal Chem Tov et de l’Admour HaZaken, n’est pas la fête d’un homme mais celle de deux grands luminaires dont la lumière éclaire le monde entier. Réuni au 770 de Ramat Chlomo, le Rav Ye’hiel Kotzer a ouvert la Farbrenguen par la célèbre parabole du voyageur endormi, pour enseigner que le pire état spirituel consiste à se croire en plaine alors que l’on gravit la montagne de l’orgueil. De cette image découle tout le message du mois: se réveiller, se corriger, et entrer à Roch Hachana dans une joie véritable.
Le Rav Yechiel Chaim Kotzer (né en 1972) est actuellement le directeur spirituel (Menahel Rou’hani) de la Yeshiva Tomchei Temimim à Beitar Illit et un émissaire (Chalia’h) du Rabbi de Loubavitch dans la localité de Har Shmuel (Givat Ze’ev). Avant cela, il a été pendant de nombreuses années un émissaire important de Habad dans la ville d’Eilat. Jeunesse et éducation : Il est né au Kibboutz Dovrat dans la vallée de Jezreel, de parents qui se sont rapprochés du mouvement Habad durant son enfance. Il a étudié dans les yeshivot Tomchei Temimim à Lod puis à Kiryat Gat. En 1992, il est allé étudier à la yeshiva centrale du mouvement au « 770 » à New York (Brooklyn), dans le cadre de l’année d’études traditionnelle appelée « Kvoutza ». Missions (Chlihout) et service militaire : À la fin de ses études, il est d’abord parti en mission en Russie pour soutenir les activités locales de Habad. De retour en Israël, il s’est engagé dans l’armée israélienne (Tsahal) et a servi comme combattant et sergent de section dans la brigade d’infanterie « Givati ». En 1996, après son mariage avec Pnina Yehudit Cohen, le couple a passé un an et demi en mission en Thaïlande. Ses nombreuses années à Eilat : De retour de Thaïlande, il a rejoint l’équipe des émissaires d’Eilat. Il s’y est beaucoup investi, en particulier auprès des touristes dans les hôtels de la ville. Au fil des ans, il a été nommé Rav de la Grande Synagogue Rashbi, puis émissaire de la zone de l’hôtel Dan. À partir de 2008, il a également officié en tant que Rav d’un séminaire Habad pour filles (Midracha) ouvert dans la ville. En 2014, il a eu l’honneur de représenter l’ensemble des émissaires (Chlou’him) lors du discours principal d’un grand événement de gala à Jérusalem. Vie personnelle et parcours récent : En 2017, sa première épouse, Efrat Pnina Yehudit, est décédée des suites d’une grave maladie. Ses funérailles ont réuni des milliers de personnes. Le Rav Kotzer s’est remarié par la suite avec Yocheved Volner (née Stern) et a déménagé dans le quartier de Har Shmuel, devenant le nouvel émissaire du Rabbi pour cette zone. En 2018, il a pris ses fonctions actuelles de directeur spirituel à la Yeshiva de Beitar Illit. Ces dernières années, il est également très actif dans la diffusion du judaïsme sur Internet, proposant régulièrement des cours et des vidéos inspirantes sur les réseaux sociaux.
Le jour qui insuffle la vitalité dans Elloul
Le dix-huit Elloul n’est pas un anniversaire ordinaire. La tradition enseigne que, ce jour-là, le mazal de chacun domine, mais il s’agit avant tout d’un anniversaire universel, celui de deux grands luminaires, le Baal Chem Tov et l’Admour HaZaken, Rabbi Chnéour Zalman de Liadi. Leur naissance n’appartient à aucun individu en particulier: elle est une source de lumière pour le monde entier. C’est pourquoi la manière la plus juste d’entamer une Farbrenguen, comme le Rabbi le rappelait, est de commencer par un récit.
La parabole du voyageur endormi
Le Baal Chem Tov racontait une parabole que Reb Grounem, célèbre machpia de Loubavitch, rapportait à propos du travail sur les traits de caractère et des difficultés du service de D.ieu.
Un homme loua un cocher et s’installa dans la voiture pour rejoindre une certaine ville. Fatigué, il s’endormit en chemin. La route devait franchir une montagne, et à chaque tronçon de la longue montée, l’attelage peinait davantage. Le voyageur, lui, dormait. Lorsqu’ils atteignirent le sommet, où s’étendait un vaste plateau, l’homme se réveilla. Le cocher, cherchant sans doute quelqu’un à qui parler pour tromper l’ennui, lui demanda ce qu’il pensait de cette haute montagne. Le voyageur, encore engourdi, répondit: quelle montagne? Nous roulons en plaine. Pour lui, il n’y avait aucune différence entre le début du trajet, qui se déroulait effectivement sur du plat, et ce moment où il traversait le plateau du sommet. Le cocher ne discuta pas. Ce n’est qu’en amorçant la descente abrupte de l’autre versant, une fois le plateau achevé, que le voyageur comprit enfin sur quelle hauteur il s’était trouvé.
Le sens de la parabole concerne l’orgueil, la Gaava. Tant qu’un homme gravit les degrés de l’orgueil, il dort, spirituellement et même intellectuellement: il vaque à ses affaires, gère un commerce, dirige une maison, sans percevoir le moindre changement en lui. Il s’élève, s’élève encore, et ne s’éveille qu’une fois parvenu au plateau, quand son état est devenu pour lui la norme. Un événement exceptionnel, lui, il le ressent comme exceptionnel; mais ce à quoi il s’est habitué, il ne le remarque plus. Il en va ainsi de la faute: dès qu’un homme la répète et s’y accoutume, elle devient à ses yeux permise, et il ne comprend même plus pourquoi on la nomme faute. C’est ma façon de faire, c’est ainsi que je vis, se dit-il, persuadé de rouler en plaine. Or c’est l’état le plus dangereux qui soit, car celui qui se croit en plaine n’a aucune raison de se corriger.
On raconte, comme une plaisanterie, l’histoire de cet automobiliste qui roulait à contresens sur l’autoroute. Son épouse l’appelle, affolée, pour l’avertir qu’un fou circule en sens inverse. Il lui répond qu’il n’y a pas un fou, mais des centaines de fous roulant à contresens. Habitué à sa direction, le fait que tant d’autres avancent en face ne fait à ses yeux que confirmer leur folie et sa propre normalité.
C’est là toute la question du mois: quand commençons-nous à nous réveiller? Le Rabbi enseigne que jusqu’au dix-huit Elloul règne le travail de la Techouva, tandis qu’à partir de ce jour commence le service de D.ieu dans la joie. Les deux ne se contredisent pas. On peut partager le mois: se corriger d’abord, puis entrer dans Roch Hachana à partir d’une joie authentique, celle d’avoir le mérite de couronner le Roi. Seul le Juif a le privilège, à chaque instant, de couronner le Roi: quelle obligation, mais surtout quel mérite.
Se corriger dans la joie
Le Baal Chem Tov donnait encore une autre parabole. Un homme voulait se rendre d’une ville à une autre, sans bien connaître la région. Il croyait suivre la bonne route et marchait, marchait, marchait. À mi-chemin, il croise quelqu’un et lui demande combien de temps il lui reste avant d’atteindre sa destination. On lui répond que la ville qu’il cherche se trouve exactement dans la direction opposée, qu’il doit rebrousser chemin jusqu’à son point de départ, puis repartir dans l’autre sens.
Deux regards sont alors possibles. Le premier gémit: tout ce chemin parcouru, tout cet effort, pour rien. Le second se réjouit: grâce à D.ieu, je me suis arrêté à temps; qu’en aurait-il été si je n’avais pas croisé cet homme? J’aurais atteint une autre ville en croyant avoir atteint la mienne. Ce second regard est celui qui rend la joie possible. C’est le sens de la question des Sages, qui est riche? Celui qui se réjouit de sa part. Car celui qui ne possède pas ce sentiment ne sera jamais satisfait: il lui manquera toujours quelque chose, et le plus grand fortuné du monde continuera d’acheter, faute de pouvoir jouir de ce qu’il a. Se réjouir, c’est reconnaître: béni soit D.ieu qui m’a ouvert les yeux maintenant.
L’Admour Ha’Emtsaï, le Rabbi Dovber, illustrait ce mouvement par l’image d’une mère dont l’enfant tombe dans une bassine d’eau. Dans un premier temps, elle crie: qu’ai-je fait? Puis, aussitôt: que faisons-nous maintenant? Le premier cri, c’est la prise de conscience que l’on se croyait en plaine alors que l’on se trouvait sur la montagne. Mais le second suit immédiatement, animé de gratitude: béni soit D.ieu de m’être ressaisi, et maintenant je répare. Voilà le grand renouvellement ‘hassidique. Dans le monde des Yechivot, on associe la Techouva au pleur, au regret, à l’amertume, jamais à la joie. Le Baal Chem Tov, lui, ne nous laisse pas nous effondrer là même où, en apparence, il faudrait sombrer dans l’abattement. La Techouva elle-même doit se faire dans la joie.
Il faut d’ailleurs se méfier d’une erreur répandue. Beaucoup disent: laisse-moi, je suis en pleine descente. Mais qui a décrété que tu étais en descente? Le verset dit Ess’halekh, je marcherai, et non simplement éélekh: il ne s’agit pas d’une action à sens unique, mais d’un aller-retour. On s’approche de D.ieu par la Mitsva, puis, à l’exemple de David dans sa prophétie, on marque un temps pour entrer dans l’humilité véritable, dans le sentiment de sa petitesse réelle, non pas, à D.ieu ne plaise, pour reculer vers la faute, mais pour reconnaître que ce que j’ai accompli ne vient pas de moi. C’est ainsi que la Tsedaka abaisse l’orgueil: tout vient de la main de D.ieu, et de Sa main nous Lui donnons. L’homme n’est qu’un canal; l’orgueil, lui, bouche le canal.
Un grand D.ieu dans un petit livre
Dans l’une de ses causeries, le Rabbi rapporte un mot de Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev. Lorsque celui-ci vit le Tanya pour la première fois, il s’exclama: quelle grandeur, faire entrer un D.ieu si grand dans un livre si petit. Or Rabbi Lévi Its’hak n’était pas homme à de simples formules gracieuses; chacune de ses paroles portait un contenu. Que signifie donc faire entrer un grand D.ieu dans un petit livre?
Le grand D.ieu, c’est le travail général du Baal Chem Tov, qui consiste à éveiller le point juif au fond de chaque Juif, d’une manière enveloppante, un Makif. De même que la Torah ne pouvait descendre dans le monde sans une longue préparation, il fallait d’abord Adam et les Justes des premières générations, puis Avraham, puis sept générations encore jusqu’à Moïse, de même la ‘Hassidout ne pouvait paraître sans la préparation générale accomplie par le Baal Chem Tov, ses disciples et le Maguid de Mézéritch. C’est cela, le grand D.ieu.
Le petit livre, c’est le Tanya, l’innovation de l’Admour HaZaken. La ‘Hassidout de ‘Habad porte ce nom parce qu’elle est ‘Ho’hma, Bina, Daat, sagesse, compréhension et connaissance. Elle refuse de se contenter de la seule foi. La foi, la Emouna, demeure certes le fondement premier, une chose immense; mais elle reste de l’ordre du Makif. Le renouvellement de l’Admour HaZaken consiste à faire descendre cette foi dans le détail, dans la compréhension intime, afin que le cerveau se remplisse de la sagesse, de la compréhension et de la connaissance de la grandeur de D.ieu. Car tant que tout demeure enveloppant et extérieur, un homme peut, sans vraiment le maîtriser, agir contre la volonté divine, puisque le libre arbitre existe et que rien au monde ne peut le contraindre. Faire entrer un grand D.ieu dans un petit livre, ce n’est donc pas un joli mot d’esprit, c’est une voie entière dans le service de D.ieu: chaque matin, faire passer la foi affirmée dans le Modé Ani jusque dans le raisonnement, tout au long de la prière, jusqu’à en faire un travail personnel et non plus seulement une adhésion englobante.
Éduquer à l’autonomie
On rapporte une parabole sur la poule et l’œuf. Lorsque le poussin est prêt à éclore, la poule donne quelques coups de bec au sommet de la coquille, amorçant une brèche, puis laisse le poussin achever seul le travail avec son propre bec pour se dégager. On demanda: si tu sais percer le sommet, pourquoi ne pèles-tu pas toute la coquille, abrégeant ainsi de moitié le chemin du poussin? La poule répond: le sommet, je l’ai fait; désormais je t’ai donné les clés, à toi d’éclore. Ce que l’homme obtient au prix de l’effort devient sien, devient une part de lui-même. Chaque difficulté ne fait que le rendre plus mûr, plus lucide, plus avancé. Voilà l’éducation à l’autonomie: ne pas s’appuyer indéfiniment sur le Juste.
Le Tséma’h Tsédek illustrait ce danger. Un ‘Hassid lui amena son petit garçon en disant: bénissez-le, et de lui-même il deviendra ‘Hassid. Le Tséma’h Tsédek répondit: voilà trois générations, le grand-père, le père et moi, que nous peinons pour qu’il n’y ait pas de ‘Hassidim par simple inertie, et tu me dis que de lui-même il deviendra ‘Hassid? Le ‘Hassid par inertie se contente de suivre le courant: il faut danser à Sim’hat Beth HaChoéva, il danse; il faut voyager auprès du Rabbi, il voyage; il faut étudier la ‘Hassidout, il étudie. Mais il n’a pas de colonne vertébrale propre, pas de service personnel, pas de question sur ce qu’il doit accomplir dans le monde de D.ieu.
Cette dérive du courant se retrouve dans l’éducation. Le Rabbi Rachab disait qu’il fallait consacrer trente minutes par jour à réfléchir à l’éducation des enfants, précisément pour ne pas se laisser porter par le courant. Car chaque enfant est un monde entier, un dilemme en soi, et ne ressemble pas à son frère né deux ans plus tôt. Réfléchir à l’éducation, c’est se demander ce qui manque, ce qu’il faut changer, ce que l’on fait de travers. Se laisser porter, c’est répéter les mêmes erreurs. À notre génération, cette réflexion réclame beaucoup d’aide du Ciel.
Pour éduquer, encore faut-il savoir entrer dans l’univers de l’autre, se revêtir de ses vêtements. Un enseignant, un jour retardé parce qu’il accompagnait son épouse à la maternité, arrive à la porte de sa classe et voit un enfant lui désigner sa montre. Machinalement, l’homme se met à s’expliquer, à se justifier de son retard, lui qui arrive toujours à l’heure. Or l’enfant voulait simplement lui montrer la belle montre neuve qu’il venait de recevoir en cadeau. C’est nous qui sommes compliqués, pas l’enfant. De même, un cocher entra un jour chez un Rav absent et demanda à ses élèves s’il lui était permis de prendre une femme divorcée. Les élèves éclatèrent de rire, croyant à une question de mariage interdit à un Cohen. Mais l’homme demandait seulement s’il pouvait faire monter dans sa voiture une femme divorcée: dans sa langue, prendre signifiait charger, transporter. Comprendre autrui, c’est parler sa langue et non la sienne.
Il faut ajouter que le réveil au judaïsme ne doit pas naître de l’hostilité. Certains ne se souviennent de leur judaïsme qu’à cause de l’antisémitisme, revenant vers la foi après avoir reçu des coups pour ce qu’ils étaient. Si tel a été leur chemin, béni soit D.ieu qui les a ramenés. Mais le judaïsme ne devrait pas se fonder sur l’opposition subie; il doit jaillir de la reconnaissance et de la compréhension que c’est la vérité.
Le gobelet d’argent du Maguid
Un Rav vint rendre visite au Maguid, qui vivait dans une grande pauvreté. Pour la Nétilat Yadayim, on lui tendit un gobelet des plus simples. Au repas, l’hôte demanda pourquoi le Maguid se servait d’un ustensile si ordinaire, alors que lui-même possédait chez lui un gobelet d’argent, acheté en Europe. Le Maguid répondit: pourquoi voyagerais-je à travers l’Europe tandis que mon gobelet d’argent reste à la maison? Mieux vaut que le gobelet d’argent demeure en Europe, et que moi je reste chez moi. Autrement dit, tout ce qu’un Juif voit ou entend doit lui enseigner une voie dans le service de D.ieu, et la leçon ici touche à l’essentiel et à l’accessoire, l’Ikar et le Tafel.
Le Rabbi relevait une différence saisissante entre le matériel et le spirituel. Celui qui voyage en Inde veut voir les attractions et les paysages, mais il tient à loger dans un hôtel et à conserver son propre confort; il ne songe pas à vivre comme les habitants du lieu. Dans le domaine matériel, l’homme ne renonce jamais à ses standards: il les transporte partout, quitte à les payer. Dans le domaine spirituel, en revanche, on abaisse volontiers son niveau, se contentant de ce que l’entourage propose, se disant que ce qui suffit à l’autre suffira bien. Contradiction révélatrice: le matériel touche l’homme plus profondément, c’est pourquoi il s’y montre inflexible et se fait souple dans le spirituel.
Nul ne demande de revenir deux siècles en arrière ni de renoncer à la voiture et à la climatisation. La seule question à se poser est celle du centre de gravité: où se porte mon attention, qu’est-ce qui sert d’essentiel et qu’est-ce qui sert d’accessoire? Ce point est décisif pour la vie ‘hassidique au foyer et pour le message que reçoivent les enfants. De quoi les parents se réjouissent-ils, de quoi s’irritent-ils, de quoi ont-ils parlé une demi-journée durant? En pelant toutes les histoires, l’enfant perçoit sans qu’on le lui dise ce qui touche vraiment ses parents, le matériel ou le spirituel. S’il rentre à la maison et sent que ce qui compte, c’est le gobelet d’argent, c’est cela qu’il retiendra.
On raconte, à ce propos, ce mot rapporté d’un prédicateur de Roumanie qui prononça un long sermon sur l’interdit de voler. Son bedeau conclut à sa suite: ce que le Rav a dit est excellent, mais ce qui se trouve sur la table, il faut le prendre. Il arrive que le matériel prenne une telle place que l’on continue de dire des paroles de Torah alors que chacun sait, et que soi-même on sait, que ce qui nous anime réellement demeure le matériel.
La joie véritable révèle ce qui compte. Il est écrit que le visage de Rava s’illuminait lorsqu’il trouvait un enseignement nouveau, non lorsqu’il trouvait un gobelet d’argent. Si un enfant comprend que le vrai cadeau à offrir à son père n’est pas un objet, mais le fait de revenir du Talmud Torah en disant qu’il a été attentif à l’étude, qu’il peut répéter les paroles du Rav, qu’il a réussi son examen, et si le père s’en réjouit sincèrement, alors l’enfant saisit ce qui habite son père et comprend que c’est là la vérité. L’enfant admire son père dès le plus jeune âge et cherche à le rendre heureux; mais ce qui rendra le père heureux dépend de la définition qu’il a fixée pour lui-même de l’essentiel et de l’accessoire. Si le père se réjouit de l’accessoire, l’enfant se réjouira de l’accessoire; s’il se passionne pour l’équipe de football et ses places coûteuses, l’enfant voudra lui aussi partager cette passion, se disant que si c’est bon pour son père, il en veut sa part.
Le générateur de Kfar Habad
Aux premières années de Kfar Habad, on utilisait un générateur le Chabbat, question sur laquelle le Rav Gorelik, premier Rav du village, tranchait selon la directive du Rabbi. Mais lorsqu’on surchargeait l’appareil, il finissait par céder. Un vendredi, on sentait déjà le générateur faiblir, menaçant de rendre l’âme à l’entrée du Chabbat et de plonger tout le monde dans l’obscurité, sans possibilité de réparation.
On rapporte qu’un élève de la Yechiva se rendit alors chez le Rav Gorelik pour lui demander s’il était permis de basculer la Yechiva sur le courant électrique ordinaire, puisque le générateur ne tenait plus. Le Rav refusa: laissez sur le générateur; s’il cède, il cédera; vous étudierez à la lumière des bougies, il fera chaud, il fera froid, vous vous débrouillerez. L’élève repartit. Or, quelques instants plus tard, un homme du village posa exactement la même question, et le Rav lui répondit: passe au courant électrique. L’élève, déconcerté, revint et demanda si le Rav avait changé d’avis. Homme d’esprit, le Rav Gorelik répondit par une autre question: dis-moi, pourquoi un Cohen n’a-t-il pas le droit d’épouser une divorcée, alors qu’un simple Israélite le peut? La réponse tient dans la personne à qui l’on parle. Ce qui est interdit à celui dont la sainteté est plus élevée est permis à l’autre; la Yechiva, à l’image du Cohen, est tenue à un standard plus exigeant que le reste du village.
Le riche qui se croit riche
Le Rabbi Maharach, Rabbi Chmouel, se déplaçait avec de beaux attelages. Interrogé, il expliquait que dans ce monde, le plus indispensable est gratuit: l’air, et jadis l’eau, que l’on puisait librement au puits ou à la rivière sans rien payer à personne. Il existe des âmes particulières, rattachées à des choses que le monde ne valorise pas et qui n’ont pas de prix, et qui savent en faire usage. Mais pour la plupart des hommes, la richesse est une épreuve. Celui qui ne sait pas définir l’essentiel et l’accessoire y succombe.
Des ‘Hassidim se plaignaient un jour auprès du Rabbi Maharach: pourquoi les riches restent-ils si longtemps en audience, en Ye’hidout? Le Rabbi Maharach donna deux réponses, sans doute complémentaires. Sur le plan matériel, il faut un long moment pour expliquer au riche qu’il n’est en réalité pas si riche: il entre gonflé d’importance, se croyant à la tête de millions, mais quand on descend dans le détail, on découvre que ces millions ne lui appartiennent pas, qu’ils reviennent à la banque et aux emprunts qu’il a contractés pour vivre au-dessus de ses moyens, chose aisée à comprendre à l’ère du crédit. Sur le plan spirituel, même le riche dont la fortune est réellement sienne demeure un grand pauvre, car la véritable richesse touche à l’intériorité et non au portefeuille.
À propos de cette place démesurée du matériel, on rapporte encore la scène d’une nuit de Ye’hidout, où les gens se tenaient en file ordonnée. Quelqu’un s’aperçut qu’on introduisait certains par une porte dérobée et s’en indigna d’autant plus en apprenant qu’ils avaient payé. Mais que faire, répondit-on, chacun affirme que sa situation relève du danger vital et qu’il doit entrer sur-le-champ. Si cent personnes tiennent le même discours, il faut bien créer un ordre à l’intérieur de cette urgence générale, faute de quoi rien ne peut fonctionner. L’Admour HaZaken enseigne d’ailleurs qu’il existe une limite à la Tsedaka, celle du cinquième, sauf lorsqu’il s’agit de réparer des fautes ou de sauver une vie, cas où l’homme donne tout ce qu’il possède pour son âme.
Roch Hachana et le trône de la miséricorde
Cette définition de l’essentiel et de l’accessoire est le fondement même de Roch Hachana. Le dénominateur commun de toutes nos prières de ce jour, matérielles comme spirituelles, tient en une seule chose: que le Saint béni soit-Il quitte le trône de la justice pour s’asseoir sur le trône de la miséricorde. Tous les ajouts liturgiques visent cet unique but.
C’est pourquoi certains passages conviennent à ce jour et d’autres non. La ligature d’Its’hak, la Akédat Its’hak, s’accorde à Roch Hachana, car elle proclame que notre père a saisi le couteau parce que Tu l’avais ordonné. En revanche, on évoque avec la plus grande prudence l’épisode où Sara demande qu’Ichmael soit chassé au désert avec Hagar, tant ce jour est un lieu sensible où chaque mot doit être pesé. Pourtant, ce renvoi lui-même exprime la miséricorde véritable. Car la vraie compassion consiste à rejeter ce qui ne doit pas demeurer. Sara comprend que si Ichmael reste un instant de plus, il n’y aura plus d’Its’hak, plus de peuple d’Israël, et toute la bénédiction sera perdue. Là réside la différence entre la bonté et la miséricorde: la bonté, le ‘Hessed, donne sans s’interroger sur les conséquences du don, tandis que la miséricorde, le Ra’hamim, se demande précisément ce que produira ce don, quitte à juger que l’heure n’est pas au don mais au retrait.
Un éducateur de la génération précédente commentait ainsi le verset elle jeta l’enfant sous l’un des buissons: il est des parents qui abandonnent leur enfant sous les buissons, et notre tâche d’éducateurs est de l’en relever. Le Saint béni soit-Il a certes béni Ichmael, et Sa miséricorde s’étend sur toutes Ses créatures, jusqu’aux plus basses qu’Il maintient en vie; c’est là l’affaire de la Techouva. Mais dans le foyer, il faut définir l’essentiel et l’accessoire. Lorsque Hagar prétendit valoir mieux que Sara, elle bouleversa la hiérarchie de la maison. Or il arrive que la servante s’empare de la place de sa maîtresse, que le matériel s’empare de la place du spirituel et prétende régner. Roch Hachana est précisément le jour où l’on redéfinit à neuf l’essentiel et l’accessoire: l’essentiel, c’est Sara, c’est Its’hak, c’est l’éducation juive.
Ce monde, écrit l’Admour HaZaken, est fait d’affaires dures et mauvaises qui prennent le dessus. C’est un escalier descendant: qui ne s’efforce pas de monter est entraîné vers le bas. On proteste alors: qui m’a fait descendre, je n’ai pas descendu. En vérité, on est resté immobile, mais les marches mouvantes vous ont porté vers le bas. Dans un monde qui nous enveloppe à ce point de sa matérialité, le ‘Hassid dispose d’une force particulière: celle de savoir définir l’essentiel, au prix d’un effort constant. Dans les générations d’autrefois, la maîtrise de soi, l’iskafia, trouvait aisément à s’exercer, car la nourriture même faisait défaut. Notre génération, comblée d’abondance de toutes parts, des boissons les plus rares aux mets les plus fins, doit veiller d’autant plus à ne pas oublier cette hiérarchie qui touche notre âme même.
Notre mission: la diffusion des sources
Le Rabbi s’exprima un jour à propos de la campagne des Téfilines en des termes qui pourraient surprendre: notre véritable tâche est la diffusion des sources, la Hafatsat HaMaayanot. Même la pose des Téfilines n’est pas, en soi, notre mission propre; nous l’accomplissons parce que nul autre ne le ferait à notre place. Notre mission demeure la diffusion des sources, qui passe à travers les Téfilines, à travers le matériel, à travers tout. Dresser une belle table pour mieux distribuer les portions, c’est excellent, à condition de ne pas confondre le moyen et la finalité.
Le Rabbi précisa la nature de cette diffusion dans une lettre adressée au Rav Touvia Blau, qu’il félicitait: heureuse est sa part, puisque son extérieur, sa ‘houtsa, ce sont des étudiants de Yechiva. Car dans les Batei Habad du monde, on consacre bien souvent l’essentiel de son temps à autre chose qu’à la diffusion des sources proprement dite, non par manquement, mais parce qu’il faut d’abord éteindre des incendies et séparer des unions interdites avant de pouvoir enseigner un cours de ‘Hassidout. Tel Chalia’h aspirerait à se consacrer à la Hafatsat HaMaayanot, mais que faire dans une communauté où la moitié des couples sont mêlés? Il faut néanmoins comprendre la distinction: même la pose des Téfilines n’est pas encore la diffusion des sources, sauf si, ce faisant, on transmet un enseignement de ‘Hassidout dans une voie de compréhension et de saisie.
Le Baal Chem Tov, lors de son élévation d’âme, demanda au Machia’h quand il viendrait, et reçut cette réponse: lorsque tes sources se répandront au-dehors. Notre tâche est donc de faire venir le Machia’h, et cette ‘houtsa, cet extérieur, peut fort bien se trouver assis à côté de soi, dans la maison d’étude. Voilà pourquoi nous ne sommes pas seulement appelés Temimim, mais ‘Hassidim, ‘Habadnikim, du nom de la sagesse, de la compréhension et de la connaissance. Comme dans un dispositif militaire, il y a l’intendance, la technologie, tout un ensemble, mais au bout de la chaîne se tient le combattant: tous sont là pour lui, et non lui pour tous.
Rien dont s’émerveiller
Une distinction fondamentale sépare l’étudiant de Terre sainte de l’étudiant de l’étranger, l’Israélien de l’Américain. En Terre sainte, la frontière entre le sacré et le profane est tranchée et nette: l’un est plongé dans ceci, l’autre dans cela. Un machpia d’Amérique écrivit au Rabbi qu’il était très impressionné de voir ses élèves exceller à la fois au baseball et dans l’étude de la ‘Hassidout. Le Rabbi lui répondit qu’il n’y avait là rien dont s’émerveiller, absolument rien.
Cette réponse peut sembler en tension avec la manière si connue dont le Rabbi rapprochait ceux qui n’étaient pas encore ‘Hassidim, leur proposant de s’asseoir, s’adressant à eux avec chaleur. Mais tout ce qui touche au rapprochement, le Rabbi l’encourageait sans réserve, se réjouissant de chaque pas accompli. Ce qui touche en revanche aux Temimim, à ceux qui devraient être pleinement immergés, appelle une autre exigence: un éducateur qui se dit émerveillé de voir ses élèves briller en ‘Hassidout tout en excellant au baseball n’a, sur ce point précis, rien dont s’émerveiller.
Il existe en effet une différence entre l’amour d’Israël et l’amour de soi. À force de chercher le mérite d’autrui, comme le faisait Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev, qui trouvait une défense à tout, on finit par se défendre soi-même. On rapporte de ce Juste que, voyant un homme fumer à Yom Kippour, il conclut à sa vertu, plaidant qu’un Juif sachant que le jour est saint et l’acte interdit ne mentirait pas. Défendre autrui est une grande chose; mais peu à peu, insensiblement, on se met à plaider aussi pour soi, à s’accorder l’indulgence, à excuser ses propres manquements. C’est l’amour de soi, et c’est un défaut. Reb Grounem, le machpia de Loubavitch, disait à propos de la confession nous avons trahi qu’il ne fallait pas alléger la charge. Un bâton extérieur ne suffit pas à réveiller: le travail doit venir du dedans.
Se corriger soi-même
On raconte que l’Admour HaZaken, sur le point de monter en voiture pour quitter Mézéritch, reçut du Maguid deux formules, deux voies nouvelles dans le service de D.ieu. Le Rabbi enseigne que notre affaire à nous consiste à nous corriger nous-mêmes, car nul autre ne le fera à notre place.
Les mouvements circulaires ne mènent nulle part. Celui qui tourne en rond marche, marche, marche, et n’aboutit à rien: sur le plan sportif, il brûle peut-être des calories, mais il ne progresse pas d’un centimètre, puisqu’il revient toujours au même point, tournant autour de lui-même en se répétant que tout va bien. Se corriger, au contraire, c’est avancer. À ce sujet, on cherchait à rapprocher le Maguid de Doubno du Maguid de Mézéritch, tant on estimait son niveau. Mais le Maguid de Mézéritch dit: laissez-le, il a traversé le monde des paraboles et s’est laissé prendre à ce jouet qu’est le machal; laissez-le dans ce monde-là. Fréquenter la compagnie de l’Admour HaZaken, de Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev, du Baal HaFla’a, de Reb Zoucha et de Rabbi Élimélekh, tous des hommes d’une immense élévation, cela n’est pas notre lot; à nous revient le travail patient de nous corriger nous-mêmes.
Un jour entier pour l’examen de conscience
Le dix-huit Elloul, avec les jours qui suivent, correspond aux jours de Tichri, chaque jour venant réparer un mois. Il convient donc de revenir sur le dernier Roch Hachana. Comment s’est-il passé? Souvent, on ne s’en souvient plus du tout. Certains objectent qu’un seul jour ne saurait réparer tout un mois; d’autres avouent ne même pas se rappeler ce qui s’est passé, si bien qu’un jour supplémentaire leur paraît superflu. Or c’est justement cet oubli qu’il faut corriger. Ce qui nous touche, nous nous en souvenons; ce qui ne nous touche pas nous traverse sans laisser de trace. Que réparer, ce que nous avons mangé, ce que nous avons acheté? Nous réparons ce qui nous touche. Si nos prières du dernier Roch Hachana ne nous laissent aucun souvenir, cela même exige réparation.
On rapporte l’arrivée en Amérique d’un émissaire du Rabbi Rayats, un Juif de petite taille venu s’adresser à une assemblée. Toute la salle se leva à son entrée. Il fit signe à tous de se rasseoir. Un homme qui l’avait précédé sur place l’apostropha: qui t’a dit que c’est pour toi qu’on s’est levé? On s’était certes levé pour lui, en tant qu’émissaire du Rabbi Rayats, mais l’autre voulait le remettre à sa place. L’émissaire, loin de se troubler, répondit en ‘Hassid: maintenant, il faut recommencer à étudier le Tanya, à comprendre que le Bénoni décrit par le Tanya, c’est peut-être de moi qu’il parle.
L’examen de conscience, le ‘Hechbon Néfech, est difficile précisément parce qu’il touche. Il est plus aisé de frapper la poitrine d’autrui et de lui prescrire un examen de conscience. Mais ce n’est pas à cela qu’un soldat est destiné. Tout ce qui te coûte est la chose juste; tout ce qui ne coule pas de source pour toi est la chose juste. Cherche le trésor là où l’on ne creuse pas, car c’est là qu’est la lumière, tandis qu’ici règne l’obscurité. On t’a donné un jour entier: dis merci si tu l’emploies vraiment à réfléchir. Un jour, c’est immense, à condition d’y être présent. Demande à un enfant en classe combien de temps le sépare de la récréation: il répondra que c’est très long, alors qu’il reste cinq minutes durant lesquelles il regardera l’horloge cent fois. Puis la récréation d’une demi-heure lui paraîtra fugace. Le long et le court dépendent de ce qui nous saisit.
L’examen de conscience dans la joie
Le Rabbi écrivit un jour à un jeune homme qui lui avait soumis un billet une seule réponse: Mikvé. Tu n’étais pas au Mikvé avant d’écrire ta lettre. Avant même d’aborder le fond de ta question, la réponse est le Mikvé. Pourquoi commencer par là? Parce que le Mikvé, ce sont quatre parois qui t’entourent. Un Mikvé exige quatre parois, sans quoi l’eau s’échappe là où le mur manque. Des limites, des mesures acceptées: un, deux, trois, quatre; je ne suis pas sans frein. La berge d’une rivière retient de même toutes les eaux; toute l’idée d’un rassemblement d’eaux tient à ce qui les garde. Tu m’écris une lettre pleine de moi, moi, moi; va d’abord au Mikvé, accepte des limites, et nous parlerons.
L’examen de conscience et la joie ne se contredisent nullement. Malheur à nous si nous faisions notre ‘Hechbon Néfech dans l’abattement: où aboutirions-nous? Il faut le mener dans la joie, dans la conscience heureuse de notre part. De même qu’un homme doit connaître ses défauts, il doit connaître ses qualités, et surtout ce qu’il en a fait pour le service de D.ieu. On peut être le plus grand des génies, une lumière du monde, sans que le Saint béni soit-Il en retire le moindre profit: où sont donc allés tous tes traits d’esprit, sinon à toi-même et à tes propres affaires? Même dans l’étude, il faut se souvenir de D.ieu. L’Admour HaZaken écrit que celui qui étudie des heures durant doit garder à l’esprit qu’à chaque heure correspond une combinaison différente du Nom divin. Combien nous sommes-nous souvenus de D.ieu au fil de l’étude, combien au sein de la Mitsva? Combien de parts de la Mitsva ont servi à nous glorifier, et combien ont été accomplies pour le Nom de D.ieu?
C’est là le sens du verset marche humblement, l’Hatsnéa lékhet. Les ‘Hassidim déployaient de grands efforts pour que leurs actes ne se révèlent pas, dans un monde de publicité où tout se sait. Ces paroles n’ont rien perdu de leur saveur: si le monde publie, fais en sorte de ne pas te publier toi-même. Car ce qui se répand malgré toi, ou à ton insu, garde toute sa pureté, tandis que ce que tu publies par toi-même n’est déjà plus ta vitalité intérieure. Certes, il est parfois une Mitsva de publier une Mitsva, quand il s’agit d’une sanctification du Nom sans mobile personnel; mais le mauvais penchant, rusé dans son art, sait toujours te fournir les meilleurs arguments, alors qu’au fond tu sais que ce n’est pas pour le Ciel.
On racontait à Jérusalem l’histoire d’un grand ‘Hassid que l’on invitait souvent à parler, et que l’on présentait par un certain titre honorifique. Un jour, lassé, il fit remarquer qu’il eût préféré l’ordre inverse des mots. Qui n’est pas immergé dans ces choses ne saisit pas la différence entre les deux formules; mais lui la percevait, et elle le touchait en son âme. Or pour qui accomplit-on ces choses, sinon pour D.ieu? Que t’importe alors qu’on les publie ou non? La publicité relève des intérêts. On peut tromper une partie du monde tout le temps, on peut tromper tout le monde une partie du temps, mais on ne peut tromper tout le monde tout le temps, et soi-même, à coup sûr, on ne se trompe pas.
Toute maxime du Hayom Yom que nous lisons, surtout celles qui se pressent au mois de Tichri, sont des paroles de vie: sois entier avec D.ieu ton D.ieu, je place D.ieu constamment devant moi. Chacun trouvera une maxime plus ardue et une autre plus légère. Mais marcher humblement, c’est éprouver sa propre vérité, c’est parvenir à peler toutes les fables que l’on se raconte à soi-même une vie durant, et à dire: je me suis trompé, je suis plongé dans des futilités. On enseignait que l’envie, le désir et l’honneur retranchent l’homme du monde, correspondant aux âges de la vie. Mais interrogeons-nous vraiment sur ce qui nous habite. Quand donc travaillerons-nous sur cela? Non pas un examen tourné vers autrui ni vers le Ciel comme prétexte, mais un examen de conscience adressé à D.ieu. On t’a donné un jour entier pour réfléchir à ce qui fut le dernier Tichri; sinon, nous ne faisons que tourner en rond dans un monde de slogans. Celui qui a lancé le slogan n’y croit pas lui-même: il vante un produit qu’il ne consomme pas. C’est un monde de mensonge, entièrement creux. Viens donc avec cette conscience que tu disposes de douze jours pour travailler vraiment sur toi-même, et dis alors: heureux sommes-nous, qu’elle est bonne notre part, qu’il est agréable notre sort.
À la veille de Roch Hachana, la Torah nous rassemble et nous ordonne de nous tenir «debout, vous tous», depuis les chefs du peuple jusqu’à ceux qui coupent le bois et puisent l’eau. Deux discours du Rabbi, tirés du Likoutei Si’hot volume 2, sur la Paracha Nitsavim, dévoilent le sens de ce rassemblement : une unité qui transcende la raison et scelle avec D.ieu une alliance éternelle. Ils enseignent enfin que celui qui aspire à être choisi doit d’abord se juger lui-même — avant de mesurer autrui.
Likoutei Si’hot volume 2, Parachat Nitsavim
Debout, unis comme un seul homme
Le Likoutei Torah rapporte un enseignement, également cité dans le journal de mon vénéré beau-père, le Rabbi Rayatz, à propos de la Parasha Nitsavim de l’année 5707 (1946) : cette section de la Torah se lit toujours le Chabbat qui précède immédiatement Roch Hachana. (Parfois, on la lit avec la Parasha Vayélekh ; parfois, Nitsavim se lit seule.) Quoi qu’il en soit, Nitsavim se lit toujours le Chabbat d’avant Roch Hachana, et ce pour la raison suivante.
Chaque Chabbat est lié à la semaine qui vient et englobe ses jours. C’est pourquoi, le Chabbat qui précède Roch Hachana, nous lisons la section qui commence par les mots Atem nitsavim hayom, « Vous vous tenez debout aujourd’hui, vous tous, devant l’Éternel, votre D.ieu » : car « aujourd’hui » (hayom) fait allusion à Roch Hachana, le jour du grand jugement.
Lorsque « aujourd’hui », c’est-à-dire Roch Hachana, arrive, alors nous devons tous « nous tenir debout ». Chaque âme juive doit se présenter « devant l’Éternel, votre D.ieu ». Cela s’applique également à toutes les âmes, depuis les dirigeants du peuple — « les chefs de vos tribus » — jusqu’aux serviteurs, « ceux qui coupent votre bois et puisent votre eau ». Ces bûcherons étaient, comme l’explique Rashi, des Cananéens venus se convertir à l’époque de Moché, tout comme les Guivonim (les Gabaonites) le firent à l’époque de Yehochoua, et ils ne furent acceptés qu’en raison d’un serment. Ils s’élèvent devant D.ieu avec tous les autres Juifs, liés dans une même unité. Tous ensemble, ils doivent « être unis comme un seul homme ».
La notion de « vous tous — comme un seul homme » ne signifie pas seulement que chacun tolère l’autre — qu’en dépit du fait que l’un soit un dirigeant et l’autre un homme simple, chacun accepte l’autre. L’unité est bien plus profonde : chacun reçoit de tous les autres, et tous se complètent mutuellement.
Pour prendre une image tirée du corps humain : la tête et le pied se complètent l’un l’autre. Chacun d’eux — que ce soit la tête ou le pied — est privé de sa plénitude sans l’autre.
Tel est le travail spirituel qu’exige Roch Hachana — « aujourd’hui ». Pour nous rendre capables d’accomplir ce service, nous lisons dans la Torah, le Chabbat qui précède Roch Hachana : « Vous vous tenez debout aujourd’hui, vous tous… les chefs de vos tribus… ceux qui coupent votre bois et puisent votre eau. » Cette lecture de la Torah nous donne la force de réaliser concrètement un tel lien d’unité.
La ‘Hassidout explique que si nous récitons à Roch Hachana les versets de Malkhouyot, de Zikhronot et de Chofrot, c’est parce qu’en lisant ces versets, nous apportons de la Torah la preuve que D.ieu doit manifester Sa royauté (Malkhouyot) et Se souvenir de nous (Zikhronot), et que cela se réalise par la sonnerie du chofar. La récitation de ces versets agit comme un catalyseur qui fait advenir cette manifestation. De la même manière, la lecture d’Atem Nitsavim nous incite et nous donne la force de nous unir comme un seul homme à Roch Hachana.
Ce qu’accomplit une alliance
Après avoir dit « Vous vous tenez debout… depuis ceux qui coupent votre bois jusqu’à ceux qui puisent votre eau », le verset poursuit : « pour te faire entrer dans l’alliance de l’Éternel, ton D.ieu ». Cela signifie que le service de « vous vous tenez debout… vous tous » sert de préparation à « te faire entrer… dans l’alliance » — c’est-à-dire l’alliance que D.ieu conclut avec le peuple juif à Roch Hachana.
Dans notre vie, nous voyons parfois deux amis dévoués, dont l’amour mutuel repose sur la raison, conclure un pacte pour préserver leur relation. Leur amour peut se fonder sur le fait que l’un reconnaît les qualités de l’autre, ou qu’il l’aime pour être aimé en retour et tirer profit de cette relation. Or, si l’un des deux perçoit en lui-même quelque défaut et craint que l’autre ne s’en aperçoive, il redoute que leur amour ne s’affaiblisse. À plus forte raison en va-t-il ainsi lorsque ce défaut touche à des choses essentielles, susceptibles de faire cesser entièrement cet amour, voire d’engendrer son contraire. C’est pourquoi, tant que leur amour est encore fort, ils concluent entre eux une alliance afin que leur amour perdure à jamais.
Cette démarche implique un déplacement dans les ressorts intérieurs des deux personnes. En concluant une alliance, elles élèvent leur amour à un niveau qui dépasse la raison et l’entendement. Elles mettent de côté leur pensée ordinaire et scellent un pacte pour se lier l’une à l’autre d’un lien essentiel, de sorte que rien au monde ne pourra affaiblir cet amour, et qu’il durera éternellement.
La même dynamique s’applique à l’amour entre D.ieu et le peuple juif. Lorsque Roch Hachana arrive, leur amour est puissant, car il vient après le service du mois d’Elloul. La Téchouva de ce mois efface toutes les fautes des Juifs, ces fautes qui dissimuleraient l’amour et empêcheraient son expression. À ce moment-là, les Juifs et D.ieu concluent une alliance entre eux ; les Juifs se lient à D.ieu par un lien essentiel qui dépasse la raison et l’entendement, de sorte que rien au monde ne pourra l’affaiblir.
Qu’est-ce qui éveille en D.ieu, pour ainsi dire, le désir de Se lier aux âmes des Juifs au-delà de la raison et de l’entendement ? Le service de « vous tous comme un seul homme ». Car pour atteindre une telle unité, chacun doit renoncer à son ego et à l’image qu’il a de lui-même, et les transcender, d’une manière qui dépasse la raison et l’entendement. (Après tout, selon la logique, l’un est un dirigeant et l’autre puise l’eau, ou inversement : quel lien y aurait-il alors entre eux ?)
Pourquoi le fait que les Juifs dépassent leurs limites habituelles et s’unissent les uns aux autres pousse-t-il D.ieu à conclure une alliance avec eux ? On peut l’expliquer en éclairant la notion de bekhol méodékha, aimer D.ieu « de tout ton pouvoir ». Le mot méod, traduit par « pouvoir » (ou « force »), signifie aussi « très » ou « beaucoup ». Dans ce contexte, aimer D.ieu bekhol méodékha signifie exprimer un amour extrêmement grand, qui dépasse les limites de la personne. Toutefois, le terme employé est méodékha, « ton méod » : autrement dit, l’être humain étant limité, l’amour qu’il manifeste n’est pas véritablement illimité. En effet, un amour tenu pour illimité chez une personne serait considéré comme limité chez une autre. Néanmoins, malgré les bornes de l’amour de l’homme, puisqu’il s’agit de méodékha — un amour sans limite à son propre niveau — il suscite de la part de D.ieu un amour véritablement sans limite, un amour essentiellement infini. Lorsque les Juifs dépassent leurs limites ordinaires et s’unissent à autrui, reconnaissant l’essence divine qui est en chacun, D.ieu est amené à conclure une alliance avec eux.
Quand le pied devient une tête
Toutefois, ce sentiment d’unité, ce fait de se tenir debout comme un seul homme, doit être authentique. Nous devons reconnaître que cette approche reflète la réalité véritable : tous les Juifs ne font réellement qu’un. Même si quelqu’un peut se considérer parmi les « têtes » tout en regardant l’autre comme un homme simple, plusieurs éléments viennent contredire cette perspective. D’abord, nous ne pouvons pas vraiment déterminer qui est la tête et qui est le pied, car nous avons tendance à sous-estimer la valeur réelle d’autrui et à surestimer la nôtre. Ensuite, même si l’un était réellement la tête, le pied possède encore des qualités qui font défaut à la tête ; car la tête atteint sa plénitude et son achèvement précisément grâce au pied, comme il a été dit plus haut.
Sur cette base, nous pouvons comprendre pourquoi ce furent précisément les Guivonim qui furent désignés comme bûcherons pour le Sanctuaire — le Michkan — et pour le Beth HaMikdach. Tous les Juifs n’étaient pas fréquemment présents au Beth HaMikdach ; tous n’habitaient pas Jérusalem. Seuls les anché maamad, qui représentaient le peuple lors des sacrifices, s’y rendaient régulièrement. Les Guivonim, en revanche, servaient au Beth HaMikdach de manière continue. S’ils reçurent ce privilège, c’est parce que la perfection véritable de l’excellence réside précisément dans le pied.
Cela explique aussi le lien avec le serment qui fut en jeu — le serment prononcé lorsqu’on accepta les Guivonim. Un serment dépasse la raison et l’entendement. Il touche à l’essence de l’âme, et l’essence de l’âme s’exprime précisément à travers le service du pied.
Seconde Si’ha : ce que signifie se tenir devant D.ieu
Avant de sonner le chofar à Roch Hachana, nous demandons : « Choisis-nous, la fierté de Yaakov que Tu as aimé pour toujours, comme héritage. » En formulant cette prière, le Juif doit méditer sur le sens de « choisis-nous » : le choix que D.ieu fait de nous est absolu, immuable, ainsi et pas autrement.
Considérons ceci : le libre choix véritable procède précisément de l’Essence de D.ieu, car Lui seul, Son Essence, dépasse toutes les mesures et toutes les limites, et est entièrement libre de toute contrainte extérieure. Aussi, lorsqu’Il choisit, c’est cela qui établit la réalité.
Méditons également sur le fait que nous — créatures limitées — ne sommes en aucune façon comparables à l’Essence de D.ieu. Pour reprendre un axiome kabbalistique : de même que — et bien davantage encore — l’on ne peut dire qu’il existe une commune mesure entre le monde d’Assiya (« le monde de l’Action ») et le monde d’Atsilout (« le monde de l’Émanation »), on ne peut dire qu’il existe une commune mesure entre le monde d’Atsilout et le Ein Sof (« l’Infini », c’est-à-dire l’Essence de D.ieu). Quel que soit le degré d’« incommensurabilité » que l’on puisse concevoir, il ne peut même pas servir d’analogie à l’incommensurabilité qui sépare le Créateur de la créature : comment, dès lors, oserions-nous demander à D.ieu Lui-même de « nous choisir » ?
Lorsqu’une personne se contemple et s’évalue honnêtement à cette aune, il ne lui reste plus aucun temps pour juger les autres.
Une histoire qui résonne
Ce qui précède est admirablement illustré par l’histoire suivante. Rav Hillel de Paritch (5555-5624, soit 1795-1864) aspirait ardemment à voir l’Admour HaZaken. Or, chaque fois qu’il arrivait dans une ville où l’Admour HaZaken s’était trouvé, un imprévu survenait et il ne parvenait pas à le rencontrer, car l’Admour HaZaken était déjà reparti. Une fois, Rav Hillel décida de s’y prendre à l’avance : ayant appris que l’Admour HaZaken devait se rendre dans un certain endroit, il fit en sorte d’y arriver le premier. Mais ce n’était pas tout. L’expérience lui ayant enseigné que, chaque fois qu’il tentait de voir l’Admour HaZaken, toutes sortes d’obstacles surgissaient, il soupçonna que, cette fois encore, on ne lui accorderait pas l’accès auprès de lui. Il imagina donc un stratagème : il s’introduisit dans le logement que l’Admour HaZaken devait occuper et se cacha sous le lit.
Or, Rav Hillel avait préparé une question savante dans le traité Arakhin (« Évaluations ») — un traité talmudique qui traite de l’estimation de la valeur des personnes vouées au Beth HaMikdach — afin de l’utiliser comme tremplin pour un échange d’étude avec l’Admour HaZaken. Mais à peine celui-ci entra-t-il dans la pièce que, avant même que Rav Hillel n’ait pu sortir de sa cachette, il l’entendit dire, sur l’air chantant qui lui était bien connu : « Lorsqu’un jeune homme a une difficulté dans Arakhin, il doit d’abord s’évaluer lui-même… » Rav Hillel s’évanouit sur-le-champ. Le temps qu’on le trouve et le ranime, l’Admour HaZaken avait déjà quitté la ville.
(Rav Hillel ne parvint jamais plus à rencontrer l’Admour HaZaken. Il se rendit auprès de ses successeurs, l’Admour HaEmtsahi et le Tséma’h Tsédek ; mais ce fut là l’unique occasion où il se trouva en présence de l’Admour HaZaken — et, même alors, il ne le vit pas.)
Peser sur la balance
La portée de cette histoire, pour le service divin de ceux qui l’ont entendue, peut s’expliquer ainsi.
Les évaluations rituelles appelées arakhin ne reposent pas sur des critères rationnels. La loi veut que le montant de l’érekh d’un individu donné soit déterminé par son âge, et non par ses mérites personnels ; tous les hommes du même âge ont la même valeur rituelle.
À première vue, une personne pourrait prétendre : « J’ai consacré toutes mes années à la Torah et au service divin, accomplissant des choses agréables à D.ieu. Les légions célestes ont tiré satisfaction de mon service. Même l’entendement humain reconnaît que mes actes sont dignes et méritent d’être appréciés. Mes années ont donc une grande valeur. En revanche, considérez les années d’un tel : elles ont été gaspillées en futilités. Il eût mieux valu qu’il ne fût jamais créé. Comment est-il possible que nos années à tous deux aient la même valeur ? »
La réponse à cette question se trouve dans le conseil de l’Admour HaZaken : lorsqu’un homme a une difficulté dans Arakhin (« Évaluations »), qu’il commence par s’évaluer lui-même honnêtement — et sa difficulté se dissipera d’elle-même.
Le Rav Chlomo Litvin, Chalia’h à Lexington dans le Kentucky, a officié ce jour comme aumônier invité du Congrès des États-Unis. Il y a prononcé la prière d’ouverture en ce ‘Haï Elloul, jour anniversaire de la naissance du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. Un honneur qu’il a tenu à dédier à la mémoire du Rabbi.
Une prière d’ouverture en un jour hautement symbolique
Le Rav Chlomo Litvin, de Lexington dans le Kentucky, a servi ce jour comme aumônier invité du Congrès des États-Unis, en y prononçant la prière d’ouverture de la séance. La date n’avait rien d’anodin : ce ‘Haï Elloul, le dix-huitième jour du mois d’Elloul, marque l’anniversaire de la naissance du Baal Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, ainsi que celui de l’Admour Hazaken, premier Rabbi de Loubavitch.
« Il n’existait pas de plus grand patriote que le Rabbi »
« J’ai eu l’honneur de servir comme aumônier au Congrès, et plus encore en ce jour de ‘Haï Elloul, l’une des dates les plus importantes du calendrier juif », a déclaré le Rav Litvin. « Il n’existait pas de plus grand patriote, ni personne qui ait mieux compris les bénédictions de l’Amérique, que le Rabbi de Loubavitch, mon guide personnel et la plus grande figure du leadership juif de l’époque moderne. C’est avec humilité que je l’ai représenté aujourd’hui. »
Au service de la communauté juive du Kentucky
Aux côtés de son épouse Chochi, le Rav Litvin dirige le Beth Habad du Bluegrass ainsi que le Centre étudiant juif de l’Université du Kentucky. Il préside le Conseil juif du Kentucky et s’est imposé, à l’échelle nationale, comme une voix reconnue dans la lutte contre l’antisémitisme. Écrivain et éducateur, il siège également comme membre de la Commission des droits de l’homme du Kentucky et exerce par ailleurs la fonction d’aumônier de l’Assemblée générale de l’État.
Un enfant du pays revenu servir sa région
Le Rav Litvin est le deuxième Rav de l’histoire du Kentucky né dans l’État à y être revenu pour y exercer son ministère. Originaire de Louisville, diplômé de la Louisville Jewish Day School puis de la Yechiva Tom’hei Temimim en Israël, il vit aujourd’hui à Lexington avec son épouse et leurs enfants.
Creusé en 5619 (1858) sur l’instruction du Tséma’h Tsédek, un puits historique vient d’être redécouvert dans la cour de Loubavitch. Il a servi nos Rebbeïm durant plusieurs générations et a même permis d’éteindre les incendies qui s’y déclaraient. À la surprise des ouvriers, on y a retrouvé les poutres de bois d’origine — et une eau toujours fraîche.
Au cours des vastes travaux de restauration entrepris dans le village de Loubavitch, le puits d’eau historique creusé en 5619 (1858), sur l’instruction du Rabbi Tséma’h Tsédek, a été redécouvert. Ce puits allait par la suite servir nos Nessiïm durant plusieurs générations.
Le puits se dressait tout près de la maison du Rabbi Rachab. Le Rabbi Rayats a d’ailleurs rapporté l’habitude qu’avait son père : après son repos de l’après-midi, il buvait de l’eau de ce puits, et en prenait chaque fois exactement une demi-tasse, bien fraîche. Au fil des années, le puits servit également à éteindre les incendies qui se déclaraient dans la cour.
Enfoui pendant de longues années
Pendant des décennies, le puits demeura enfoui sous terre et son emplacement exact avait fini par se perdre. C’est dans le cadre des travaux menés dans la cour de nos Rebbeïm, sous la supervision du Chalia’h le Rav Gavriel Gordon, qu’il a de nouveau été mis au jour.
En dégageant le site, les ouvriers ont retrouvé les poutres de bois d’origine — et, à leur grande surprise, ils ont également découvert de l’eau fraîche à l’intérieur du puits. Sa profondeur d’origine dépasse les six mètres ; il a été restauré au-dessus de son infrastructure initiale, tout en préservant sa structure historique.
Une inauguration symbolique le 15 Elloul
Les travaux de restauration se sont achevés le 15 Elloul — date qui marque, non sans symbole, l’anniversaire de la fondation de la Yéchiva Tom’heï Temimim par le Rabbi Rachab. Désormais, les visiteurs de Loubavitch peuvent puiser et boire l’eau de ce même puits qui servait nos Rebbeïm il y a plus de cent cinquante ans.
Parallèlement, les travaux de restauration se poursuivent au Ohel de nos Rebbeïm, et devraient être achevés à l’approche de Roch Hachana.
Deux familles annoncent l’engagement de leurs enfants par les liens du Chidoukhin. Le ‘hatan Shabsi (Chabtaï Barou’h) et la kalla Hanna se sont fiancés pour un heureux Mazal Tov. Le Le’haïm aura lieu, avec l’aide de D.ieu, le mardi 19 Elloul 5786 (1er septembre 2026) à vingt heures, à l’espace The Arches, à Brooklyn.
Le Le’haïm aura lieu, avec l’aide de D.ieu, le mardi 19 Elloul 5786 (1er septembre 2026), à vingt heures (20h00). Il se tiendra à l’espace de réception The Arches, situé au 1394 S. Johns Pl, à Brooklyn.
les familles
Parents du ‘hatan : Dovid Dyce ; S. Ettaleah. Parents de la kalla : Lévi & Chanie Matusof ; Ilan & Ruth Dabush.