Lorsqu’un jeune ba’hour, profondément ému, voulut offrir des années de sa propre vie au Rabbi, ce dernier déclina son offre. Le Rabbi lui expliqua qu’il ne devait nullement se mêler de choses qui n’étaient pas de son ressort. Il lui indiqua alors la véritable façon de lui donner de sa vie : chérir chaque jour pour l’étude de la Torah.
Une coutume née dans la douleur
Peu de temps après le décès du Rabbi Rachab, le Rabbi précédent tomba gravement malade, atteint du typhus, au point que sa vie fut mise en danger. Les membres du Beth HaRav ainsi que les ‘Hassidim réagirent en offrant chacun une année, ou une demi-année, de leur propre vie au Rabbi précédent.
Le nombre total d’années ainsi offertes s’éleva à trente. Et de fait, près de trente ans plus tard, le Youd Chevat 5710 (1950), le Rabbi précédent quitta ce monde.
Le désir d’un jeune ba’hour
Au mois de Sivan 5743 (1983), Reb Chamchi Younik, qui était alors un ba’hour au service de la maison du Rabbi et de la Rabbanit, entendit de première main les détails de cette histoire. Il en fut profondément bouleversé et, après y avoir longuement réfléchi, décida qu’il voulait, lui aussi, agir de la même manière.
Il adressa une lettre au Rabbi, dans laquelle il exprimait son désir sincère de lui offrir une année de sa propre vie.
La réponse du Rabbi
« Ton intention est louable, mais tu ne dois pas te mêler de choses qui ne sont absolument pas pour toi », lui écrivit le Rabbi, soulignant certains mots à plusieurs reprises afin d’en accentuer la portée. « Au contraire, tu dois chérir chaque année, et même chaque jour, pour étudier la Torah avec assiduité, etc. »
« Voilà la véritable manière de me donner », conclut le Rabbi.
Le mercredi 2 septembre 2026, le Beth Loubavitch convie la communauté à un Farbrenguen au Beth Habad de la Place des Fêtes, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. Ce rassemblement, précédé de la prière de Min’ha à 20 heures, marque la fin des onze mois de deuil de Reb ‘Haïm Djian a »h, ‘Hassid discret et infatigable du mouvement en France. Pendant des décennies, cet homme de l’ombre a œuvré sans relâche pour diffuser les enseignements du Rabbi et immortaliser la vie communautaire au travers de ses photographies.
C’est un rendez-vous empreint de recueillement et d’élévation que propose le Beth Loubavitch. Au 53 rue Compans, dans le local du Beth Habad de la Place des Fêtes, les fidèles se réuniront autour d’un Farbrenguen — cette réunion ‘hassidique où l’on chante, où l’on étudie et où l’on se renforce mutuellement dans le service divin — organisé à la mémoire d’une figure aussi effacée qu’essentielle de la communauté parisienne. La soirée, ouverte à un public masculin, débutera par la prière de Min’ha et se poursuivra autour de la table ‘hassidique, dans l’esprit de fraternité et d’entraide spirituelle propre à ces rassemblements.
Le choix de la date n’a rien d’anodin. En marquant la conclusion des onze mois de Kaddich, la communauté transforme la peine du deuil en occasion d’élévation, à un moment de l’année particulièrement propice au recueillement : le mois d’Elloul, temps d’introspection et de miséricorde divine qui prépare les cœurs aux fêtes de Tichri.
Le serviteur discret du Beth Loubavitch
Qui était Reb ‘Haïm Djian ? Ceux qui ont fréquenté le Beth Loubavitch au fil des décennies gardent le souvenir d’un homme discret, au sourire constant, profondément attaché au Rabbi. Derrière cette apparente réserve se cachait un dévouement sans faille au service de la communauté. Lors d’une soirée d’hommage tenue quelques semaines après sa disparition, le Rav Mendy Azimov avait détaillé l’ampleur de ses contributions : recherche de salles pour les grands événements, organisation de la diffusion des enseignements du Rabbi, gestion du répondeur téléphonique communautaire, photographie des célébrations et tenue du fichier de la communauté.
L’une des images les plus marquantes de son engagement remonte aux années 1980. À une époque où la transmission des paroles du Rabbi relevait encore de la prouesse logistique, Reb ‘Haïm Djian traversait Paris pour récupérer, au Palais des Congrès, les premiers fax des Si’hot expédiés depuis New York. Il se hâtait ensuite d’en tirer les photocopies afin de les distribuer, veillant à ce qu’aucun ‘Hassid ne soit privé de la parole du Rabbi. Semaine après semaine, il fut ainsi l’un des maillons invisibles par lesquels l’enseignement du septième Rabbi de Loubavitch parvenait jusqu’aux foyers de France.
Son appareil photo, enfin, aura fixé pour la postérité d’innombrables moments de la vie ‘hassidique parisienne : farbrenguens, Erev Habad, réunions communautaires. Les archives de la ‘Hassidout française portent la signature de ce photographe bénévole, qui préférait rester derrière l’objectif plutôt que d’y figurer. Ironie du sort, c’est aujourd’hui son propre portrait qui préside au faire-part invitant la communauté à se souvenir de lui.
Une communauté rassemblée dans le souvenir
Ce Farbrenguen n’est pas le premier hommage que la communauté rend à Reb ‘Haïm Djian. Dès l’automne dernier, peu après son décès, une soirée du souvenir s’était déjà tenue en ce même Beth Habad de la Place des Fêtes, réunissant Rabbanim et fidèles autour d’enseignements du Rabbi et du récit de son parcours. En revenant s’y rassembler pour marquer la fin des onze mois, les participants bouclent ainsi un cycle de deuil entamé dans la douleur, désormais tourné vers la lumière et la continuité.
En se réunissant autour de la table du Farbrenguen, la communauté transforme le souvenir en lumière — fidèle à cet homme de l’ombre qui, toute sa vie, éclaira les autres sans jamais chercher la lumière pour lui-même.
Dans le soixante-et-unième épisode du podcast Among Chassidim, animé par Yossi Kamman, le Rav ‘Haïm Levi Goldstein livre un témoignage bouleversant sur une existence entièrement vouée à l’éducation juive. Enfant, il a grandi à quelques mètres du Rabbi de Loubavitch, dans l’atmosphère unique du Crown Heights des origines. Éducateur pendant plus de trente ans, il revient aussi sur sa guérison miraculeuse après un mois de coma provoqué par la COVID.
L’héritage d’Uncle Yossi et les racines familiales
L’histoire du Rav Goldstein est indissociable de celle de son père, le célèbre Yossi Goldstein, connu dans le monde entier sous le nom d’Uncle Yossi et pionnier des enregistrements d’histoires juives destinés aux enfants. Le récit familial débute pendant la Grande Dépression, lorsque son grand-père décide de quitter Providence, dans le Rhode Island, pour s’établir à New York et offrir à ses enfants une authentique éducation juive.
Par un heureux hasard, en se trompant d’arrêt de métro, Uncle Yossi découvre le « 770 », le siège mondial du mouvement Loubavitch fraîchement établi. Il y devient rapidement un jeune pilier dévoué, multipliant les services quotidiens et recevant même des instructions directes et exigeantes du Rabbi précédent. Cette fidélité et ce lien profond avec les dirigeants du mouvement façonneront l’atmosphère dans laquelle grandira ‘Haïm Levi.
Une enfance privilégiée dans l’ombre du Rabbi
Le Rav Goldstein a eu le privilège rare de grandir dans l’immeuble même où résidaient le Rabbi, Mena’hem Mendel Schneerson, et son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, au 346 New York Avenue. Ses souvenirs d’enfance révèlent le visage profondément humain et chaleureux du guide spirituel. Il se rappelle avoir observé, depuis sa fenêtre, le Rabbi s’arrêter chaque matin après avoir traversé la rue pour se retourner et adresser un signe de la main à son épouse, qui le suivait du regard.
L’un de ses souvenirs les plus marquants demeure les rassemblements de la Messiba Chabbos : le Chabbat après-midi, les enfants se réunissaient près d’une grande fenêtre donnant sur Eastern Parkway et chantaient à pleine voix à l’instant précis où le Rabbi regagnait son domicile. Celui-ci s’arrêtait, souriait et encourageait leurs chants d’un signe de la main, offrant à ces jeunes garçons un moment d’attention privilégié.
Les enfants de Crown Heights et la lourde porte
Le Rav Goldstein partage également des souvenirs d’enfance particulièrement touchants au sujet de la Rabbanit ‘Hana, qui offrent un aperçu rare du profond respect — le précepte de Kiboud Em, l’honneur dû à la mère — que lui témoignait son fils. Lorsque le jeune ‘Haïm Levi avait environ huit ans, la Rabbanit ‘Hana habitait au rez-de-chaussée du 1418 President Street, l’immeuble voisin du dortoir des étudiants de la Yechiva, connu sous le numéro « 1414 ». Ce bâtiment historique était doté de portes d’entrée massives en bois, si lourdes qu’il fallait une grande force pour les pousser.
Les jeunes garçons du quartier avaient instauré un rituel : dès qu’ils apercevaient la Rabbanit ‘Hana approcher de son domicile, ils faisaient la course pour arriver les premiers et lui tenir cette lourde porte ouverte. Le Rav Goldstein se souvient de l’immense bienveillance de la Rabbanit, qui prenait toujours le temps de les remercier. Il confie avec émotion qu’elle lui donna un jour une petite tape affectueuse sur l’épaule en signe de gratitude, un geste dont il affirme sentir encore la présence aujourd’hui, des décennies plus tard.
Le rituel immuable des jours de fête
Mais le souvenir le plus frappant du Rav Goldstein demeure l’attitude solennelle du Rabbi envers sa mère lors des jours de fête, les Yom Tov. À ces occasions, la Rabbanit ‘Hana se rendait au siège du mouvement, le « 770 », pour prier, où une place d’honneur lui était réservée dans la section des femmes. À l’issue de l’office, elle montait dans le bureau de son fils pour une courte visite.
Au moment de son départ, le Rabbi manifestait une dévotion absolue. Plutôt que de la saluer simplement dans son bureau, il lui ouvrait la porte, la tenait respectueusement par le bras et l’escortait en personne à travers les couloirs jusqu’à la sortie principale du bâtiment.
Le regard protecteur du Rabbi
Une fois dehors, l’accompagnement de la Rabbanit ‘Hana était confié à deux sœurs, la Rabbanit Menick et la Rabbanit Katz, qui marchaient de part et d’autre d’elle pour la raccompagner jusqu’à son domicile. Le Rabbi, pourtant, ne regagnait pas aussitôt ses occupations. Il restait immobile sur le pas de la porte du « 770 », observant sa mère s’éloigner dans la rue.
Il la suivait des yeux, veillant sur son trajet, et ce n’est qu’à l’instant précis où elle tournait au coin de l’avenue Kingston, disparaissant entièrement de son champ de vision, qu’il faisait enfin demi-tour pour regagner son bureau. Le Rav Goldstein souligne que cette attention prolongée était accomplie religieusement, avec une constance sans faille. Pour les enfants et les jeunes étudiants qui observaient la scène, ce comportement constituait une leçon vivante et inoubliable : celle de la manière dont un grand dirigeant honore et chérit sa propre mère.
La vocation d’éducateur : créativité et transmission
Envoyé à la Yechiva de Brunoy, en France, à l’âge de dix-sept ans, le jeune Levi n’était pourtant pas l’élève le plus assidu. C’est le célèbre Rav Nissan Nemanov qui sut déceler son potentiel en lui confiant, contre toute attente, l’enseignement d’un groupe de jeunes élèves. Ce fut le tournant de sa vie.
Devenu Melamed pendant plus de trente ans, le Rav Goldstein a transformé l’apprentissage dans les écoles de Crown Heights. On lui doit notamment le Benish Mikra, un livret novateur proposant une traduction linéaire pour aider les enfants à traduire et comprendre le ‘Houmach. Pour la couverture, il utilisa une photographie de ses propres élèves, parmi lesquels figurait le frère de l’animateur du podcast.
Perpétuant le talent familial, il a également lancé Living Sedra, une série de cassettes audio racontant les Midrachim de manière captivante. Selon lui, et s’appuyant sur les enseignements du Rabbi, le récit constitue l’outil pédagogique le plus puissant : il captive les enfants et leur transmet des leçons de morale sans jamais les heurter ni les critiquer de front.
Une révolution dans la motivation scolaire
L’une de ses contributions les plus fascinantes à l’éducation tient à sa méthode de motivation. Remettant en cause le système classique consistant à « acheter » l’effort des enfants par des bonbons ou des prix, il s’est appuyé sur un discours du Rabbi affirmant que les âmes des enfants d’aujourd’hui sont prêtes à agir par pur amour de D.ieu.
Dès la rentrée d’une année scolaire, il décida de renoncer aux récompenses matérielles conditionnelles. Il expliqua à ses élèves qu’ils allaient étudier pour Hachem, et non pour des friandises. À la surprise générale, cette approche rencontra un succès retentissant. Ses élèves de six ou sept ans en venaient à refuser les douceurs après l’étude, de peur que leur apprentissage ne parût motivé par la gourmandise, préférant l’étude pour elle-même.
Le miracle de la COVID-19 et la puissance du Bita’hon
La fin de l’entretien aborde une épreuve vertigineuse. Au début de la pandémie de COVID-19, le Rav Goldstein contracta une forme très grave du virus, qui le plongea dans le coma durant un mois. C’est alors que la communauté ajouta « ‘Haïm » (la vie) à son nom, le rebaptisant ‘Haïm Levi.
À son réveil, bien qu’amaigri, incapable du moindre mouvement et intubé, il stupéfiait les infirmières par son sourire permanent. Le Rav Goldstein attribue cette force intérieure extraordinaire à l’étude approfondie du Chaar HaBita’hon, la Porte de la Confiance en D.ieu, entreprise juste avant sa maladie. Il s’était littéralement imprégné de la certitude absolue que D.ieu est bon et n’agit que pour le bien, s’accrochant à un chant populaire répétant « I believe in Hashem », je crois en D.ieu.
Il conclut en rapportant une anecdote saisissante transmise par le secrétaire du Rabbi, le Rav Binyamin Klein : le Rabbi aurait un jour désigné une immense pile de lettres de doléances posée sur son bureau et affirmé que si les gens étudiaient véritablement la notion de Bita’hon, la moitié de leurs difficultés se résoudraient d’elles-mêmes, réduisant cette pile de moitié. Car la confiance absolue, précisément, engendre le miracle.
Le panéliste de l’émission israélienne « Les Patriotes » sur C14, a livré un témoignage personnel et bouleversant. Il y raconte le combat mené pour obtenir un médicament vital destiné au père de sa compagne, gravement souffrant. Selon lui, ce sont les organisations Habad des États-Unis qui se sont alors mobilisées pour lui venir en aide.
Un témoignage personnel et bouleversant
Guy Meroz, panéliste de l’émission « Les Patriotes » diffusée sur Canal 14, a partagé ces derniers jours un récit intime et poignant, dans lequel il évoque la mobilisation des organisations Habad aux États-Unis pour tenter d’aider sa famille à se procurer un médicament essentiel.
Il raconte que le père de sa compagne, malade, l’a conduit à s’envoler avec elle vers les États-Unis afin d’obtenir pour lui un traitement particulier. Mais, à un certain stade, il est apparu qu’un retard entravait la réception du médicament, et la famille peinait à faire avancer les soins.
Une vingtaine d’organisations à la rescousse
Après que Meroz eut partagé cette épreuve à l’antenne des « Patriotes », de nombreuses propositions d’aide ont commencé à lui parvenir. Selon ses propres mots, en l’espace de peu de temps, une vingtaine d’organisations américaines, parmi lesquelles des organisations Habad, l’ont contacté pour lui offrir leur soutien.
Meroz leur a transmis les coordonnées de la clinique, et c’est alors que la mobilisation s’est enclenchée. À l’en croire, ceux qui s’étaient portés volontaires ont pris contact à maintes reprises avec l’établissement, afin de hâter la délivrance du médicament.
Une mobilisation qui porte ses fruits
« Je leur ai expliqué de quoi il retournait, et ils ont littéralement assailli cette clinique de coups de téléphone », a raconté Meroz, décrivant comment, à la suite de cette avalanche de sollicitations, une infirmière de l’établissement a fini par appeler sa compagne pour la prier de se présenter sur place sans délai.
Sa compagne s’est rendue à la clinique et y a patienté durant des heures, jusqu’à recevoir enfin du médecin l’assurance que le médicament arriverait bel et bien.
Une leçon d’amour d’Israël
Visiblement ému par cet élan, Meroz a confié que cet épisode lui avait révélé une facette qu’il ne connaissait pas jusqu’alors. Pour les ‘Hassidim de Habad, ce récit constitue une expression supplémentaire de la garantie mutuelle (arévout hadadit) et de l’amour d’Israël (ahavat Israël), ces valeurs mêmes que Rabboténou Nessiénou, nos maîtres les Rabbeim, nous ont transmises.
C’est dans le cadre du podcast « Le Libéral », animé par Dror Rafael, que Meroz a tenu ces propos.
Après dix jours de recherches ininterrompues, le corps de Katriel Na’hman Kinan, jeune ‘hassid Habad de vingt-quatre ans originaire de Beth Chémech, a été découvert jeudi dans la forêt de Suisse, près de Tibériade. Aperçu pour la dernière fois sur les rives du lac de Tibériade alors qu’il se rendait à Tsfat, il avait disparu sans laisser la moindre trace. L’identification de sa dépouille a mis fin à une mobilisation exceptionnelle de la police, des secours et de centaines de bénévoles venus de tout le pays.
Une issue redoutée au terme de dix jours d’angoisse
C’est l’épilogue tragique que nul n’osait formuler à voix haute. Le corps découvert jeudi dans la forêt de Suisse, aux abords de Tibériade, est bien celui de Katriel Na’hman Kinan, de bénie mémoire, le jeune homme de vingt-quatre ans porté disparu depuis le week-end précédent. ‘Hassid Habad établi à Beth Chémech, Na’hman avait quitté les siens dix jours plus tôt et s’était volatilisé après avoir été aperçu pour la dernière fois dans le secteur de la plage de Gaï, au bord du lac de Tibériade. Il portait alors un sac à dos noir et un étui à téfilines brun foncé, et faisait route vers Tsfat lorsque sa piste s’est brusquement interrompue.
Durant près de deux semaines, sa famille s’est démenée pour le retrouver, lançant appel après appel au public afin qu’il prête main-forte aux recherches. Son frère, Daniel, a raconté que l’enquête avait connu une avancée décisive au cours des dernières vingt-quatre heures grâce à l’analyse des caméras de surveillance : on y voyait Na’hman entrer dans le tombeau de Rabbi Meïr Baal HaNes, puis en ressortir. La famille et la police s’efforçaient alors de reconstituer son parcours à partir de ce point, tout en explorant en parallèle d’autres pistes.
Les dernières heures avant la disparition
Selon le récit de son frère, Na’hman lui avait parlé le dimanche soir pour l’informer qu’il partait pour Tsfat, où il devait rencontrer son Rav — il avait autrefois étudié dans la Yechiva de cette ville. Mais il n’est jamais parvenu à destination. Les relevés de téléphonie mobile ont établi qu’il était arrivé à Tibériade, et le lundi, il avait adressé un message à sa mère lui indiquant que sa batterie était déchargée et la priant de ne pas s’inquiéter. Ce fut là son dernier signe de vie.
L’enquête a permis de retracer une partie de son itinéraire. Na’hman avait passé la nuit du dimanche au lundi sur le mont Méron, jusqu’aux premières heures du matin, avant de prendre un autobus en direction de Tsfat. Pour une raison qui demeure obscure, il s’est retrouvé à Tibériade, où les caméras de la gare centrale l’ont filmé marchant vers le tombeau du Rambam, puis poursuivant à pied jusqu’à celui de Rabbi Meïr Baal HaNes. En dépit de ces images, la dernière localisation de son appareil renvoyait au secteur de la plage de Gaï, en ville, le lundi en soirée.
Une mobilisation sans précédent
À partir de ce fil ténu, la famille a travaillé main dans la main avec la police et les bénévoles, à Tibériade comme à Beth Chémech, passant au crible caméras, terrains et bâtiments abandonnés. Drones, maîtres-chiens et unités spécialisées dans la localisation des disparus ont été mobilisés, aux côtés de volontaires accourus des quatre coins du pays. L’unité cynophile d’Israël, placée sous le commandement de Yekoutiel « Mike » Ben Yaakov, a pris part durant plusieurs jours aux ratissages, déployant chiens pisteurs et flotte de drones pour couvrir les zones les plus difficiles d’accès du secteur nord.
Cette disparition survenait sur fond de sensibilité particulière à l’égard de la région comprise entre Tsfat et Méron, autrefois surnommée le « triangle des Bermudes israélien » en raison d’une série de disparitions survenues au fil des années. La police a toutefois toujours souligné qu’aucun dénominateur commun n’avait été établi entre ces affaires, et que le relief montagneux, les forêts et la rareté des caméras de surveillance compliquaient régulièrement les opérations de recherche.
La découverte aux abords de Tibériade
C’est à 13h40 qu’un signalement est parvenu au centre d’appels de ZAKA, faisant état d’une dépouille repérée dans la forêt de Suisse, aux abords de Tibériade. Les bénévoles du district nord de ZAKA ont été dépêchés sur les lieux ; après les opérations d’identification, il est apparu qu’il s’agissait bien du jeune homme de vingt-quatre ans recherché depuis plus d’une semaine dans la région.
Le corps a été retrouvé dans un terrain accidenté, à proximité immédiate d’une falaise. Shaï Lévi, responsable d’équipe au district nord de ZAKA présent sur place, a décrit une scène particulièrement complexe : « Il s’agit d’un site très difficile, dans un relief escarpé, tout près d’une falaise. Une fois confirmé qu’il s’agissait du disparu que nous recherchions, nous avons œuvré aux côtés des équipes de secours pour extraire la dépouille du terrain et veiller au respect dû au défunt. » Les bénévoles ont travaillé conjointement avec les forces de sauvetage pour le dégagement du corps, tandis que la police ouvrait une enquête sur les circonstances du drame.
Lors du hesped, de l’oraison funèbre du Ramak, Rabbi Moché Cordovéro, à Tsfat, le Ari’zal osa une lecture bouleversante d’un verset de la Torah : celui qui n’a commis aucun mal peut néanmoins quitter ce monde, non par châtiment, mais par un décret inscrit dès l’origine de la création. Derrière cette affirmation se dessine toute la distinction entre la faute du serpent et l’arbre de la connaissance, entre la Torah révélée et sa dimension cachée, entre deux catégories de justes. Comprendre ce secret, c’est découvrir que la part la plus intime de chaque âme demeure pure, et que la dévoiler hâte la Guéoula véritable.
Adapté d’une Si’ha du Rabbi dans le Likoutei Si’hot volume 24, 1ère Si’ha de Ki Tetsé
Un éloge funèbre qui devint une révélation
Lorsque le Ramak, Rabbi Moché Cordovéro, s’éteignit à Tsfat le 23 Tamouz 5330 (1570), à l’âge de quarante-huit ans, toute la communauté de la ville sainte fut plongée dans le deuil. Parmi ceux qui prononcèrent son hesped, son éloge funèbre, se trouvait un maître encore discret, récemment arrivé en Galilée : le Ari’zal, Rabbi Its’hak Louria (5294-5332 / 1534-1572). Devant l’assemblée, il affirma que le Ramak était si pur qu’aucune faute personnelle n’avait pu être la cause de sa disparition, et il appuya ses paroles sur un verset de la section Ki Tetsé : « Si un homme a commis un péché passible de mort et qu’il soit mis à mort, tu le pendras à un bois » (Deutéronome 21, 22).
Le Ari’zal expliqua que la mort du Ramak ne procédait d’aucun manquement, puisqu’il n’avait fait aucun mal, mais qu’elle découlait uniquement du décret de mort attaché à l’arbre de la connaissance, ce « bois » évoqué par le verset. À première vue, une telle explication paraît rejoindre un enseignement bien connu du Talmud, selon lequel quatre hommes justes quittèrent ce monde non pour leurs propres fautes, mais « par le conseil du serpent » (Chabbat 55b). En vérité, le Ari’zal introduit ici une notion entièrement nouvelle, qui déborde le cadre de cet enseignement talmudique.
Le conseil du serpent et l’arbre de la connaissance
Toute la nouveauté tient à la différence entre « le conseil du serpent » et « le bois », c’est-à-dire l’arbre lui-même. Le conseil du serpent, atsat hana’hach, désigne la ruse par laquelle le serpent incita l’homme à transgresser ; il appartient donc au registre du mal et de la séduction vers la faute. Le « bois », en revanche, ne comporte en lui-même aucun manque ni aucun défaut.
Bien au contraire : l’arbre de la connaissance, Ets haDaat, était bon et beau, et le décret de mort qui lui fut associé n’avait nullement pour finalité de punir. Sa vocation première était de soumettre l’homme à une grande épreuve, voulue par D.ieu au cœur même du plan de la création. La mort attachée à l’arbre relève ainsi d’un dessein divin, et non d’une déviation ou d’une souillure.
Deux visages d’une même Torah
Ces deux concepts correspondent à deux niveaux de dévoilement de la Torah. L’expression de la Guemara, « morts par le conseil du serpent », relève de la Torah révélée, le nigleh : elle décrit la mort telle qu’elle s’est manifestée concrètement et ouvertement dans le monde, comme conséquence de la faute originelle.
L’explication du Ari’zal, « tu le pendras à un bois », appartient quant à elle à la dimension intérieure de la Torah, la pnimiyout haTorah. Elle dévoile la face spirituelle et cachée de l’événement, celle qui se rattache au plan divin initial de la création, antérieur à toute notion de faute. Une telle lecture est le propre des maîtres des secrets de la Torah, tels que le Ramak et le Ari’zal, qui savaient discerner sous la surface des choses la volonté première du Créateur.
Deux degrés dans le service des justes
Ces deux dimensions correspondent également à deux catégories de justes, de Tsadikim. La mort « par le conseil du serpent » concerne les justes chez qui subsiste encore une trace infime de l’impureté laissée par le serpent. Dans le langage du service divin, cette trace ne désigne aucune faute grossière, mais une forme subtile d’orgueil ou de conscience de soi, un reste de yéchout, ce sentiment d’exister par soi-même.
La mort liée au « bois » relève, elle, d’un niveau supérieur. Elle concerne les justes que le conseil du serpent ne peut plus atteindre, tant leur être s’est effacé devant D.ieu. Chez eux, la disparition ne dépend plus d’aucun résidu à réparer, mais uniquement de la volonté divine d’introduire la mort, et l’immense élévation spirituelle qui l’accompagne, dans le monde. Leur histalkout n’est plus un châtiment, mais une ascension.
La pureté enfouie au cœur de chaque âme
On pourrait croire que de tels sommets demeurent hors d’atteinte du commun des hommes. Il n’en est rien. La dimension la plus intérieure de l’âme, la pnimiyout hayehoudi, est présente en chaque Juif, et elle est intrinsèquement liée à cette pureté supérieure qui échappe à toute souillure de la faute.
Depuis l’époque du Ari’zal, il est devenu permis, et même recommandé, de dévoiler la sagesse cachée. En étudiant la dimension intérieure de la Torah, l’homme met au jour la part la plus profonde de son âme. Cette pureté enfouie cesse alors d’être une simple potentialité : elle s’exprime concrètement, rayonne et transforme la personne tout entière, jusque dans ses aspects les plus extérieurs et les plus quotidiens.
Répandre les sources vers l’extérieur
De tout cela découle une conséquence pratique décisive : l’obligation de répandre ces sources spirituelles vers l’extérieur, selon l’expression hafatsat hamayanot ‘houtsa. Il s’agit d’en faire bénéficier chaque Juif, même s’il faut pour cela adapter le langage et le style à son niveau présent, afin qu’aucun ne demeure privé de cette lumière.
L’étude de la dimension intérieure de la Torah éveille l’âme profonde et élève celui qui s’y adonne. Par cette conduite, on efface les fautes, jusqu’à celle de l’arbre de la connaissance elle-même, et l’on retire ainsi la cause véritable de l’exil. C’est de cette manière que se prépare et se hâte la Guéoula véritable et complète, par le Machia’h, très bientôt et de nos jours.
Après des années de démarches bureaucratiques et judiciaires, la cérémonie solennelle de pose de la pierre angulaire de la synagogue et du Beth Habad central 770 s’est tenue à Ramat Beth Shemesh Guimel. Rabbanim de Habad, directeurs de Yechivot, rabbins de communautés et personnalités publiques ont pris part à l’événement. Le Chalia’h du Rabbi, le Rav Binyamin Mendelson, a déclaré : « Nous avons le mérite de proclamer Didan Natsa’h et de commencer à bâtir la maison du Rabbi. »
Un moment d’émotion au cœur du quartier
Un moment chargé d’émotion et d’une grande solennité s’est déroulé mardi à Ramat Beth Shemesh Guimel, avec la pose de la pierre angulaire de la synagogue et du Beth Habad central 770, appelé à s’élever au cœur du quartier et à devenir un centre de Torah, de prière, de ‘Hassidout et de diffusion des sources pour la communauté et l’ensemble des habitants de la région.
Cette cérémonie a couronné près d’une décennie d’efforts déployés pour faire avancer le projet. Durant neuf années, les responsables de la communauté et du Beth Habad ont œuvré pour obtenir l’attribution du terrain et lever les obstacles qui se dressaient sur leur chemin, y compris de longues procédures bureaucratiques et judiciaires. Désormais, avec la pose de la pierre angulaire, le projet devrait entrer dans sa phase de construction.
La maison du Rabbi au cœur de la ville
À l’origine de l’initiative se tient le Chalia’h du Rabbi, directeur du Beth Habad et de la communauté de Ramat Beth Shemesh Guimel, le Rav Binyamin Mendelson. « Cela fait neuf ans que nous œuvrons pour obtenir cette attribution », a-t-il confié avec émotion. « Après un long et éprouvant parcours juridique et administratif, nous avons le mérite de proclamer ici Didan Natsa’h et de commencer à bâtir la maison du Rabbi, ici, dans la ville de Beth Shemesh. »
Le Rav Mendelson a souligné que le nouvel édifice ne serait pas destiné aux seuls membres de la communauté Habad, mais deviendrait une adresse pour l’ensemble des habitants du quartier. « Cette maison illuminera non seulement le quartier, mais la ville tout entière, de la lumière de la Torah et de la ‘Hassidout ; elle sera un centre vivant et vibrant de diffusion des sources, pour la satisfaction de Celui qui nous a envoyés, le Rabbi, Nassi de notre génération. Il y a ici une communauté grande et respectée, avec une synagogue, l’activité des Tsivot Hachem, un Mikvé et des organisations de bienfaisance ; et d’autre part, c’est une communauté dont toute l’essence est la Chli’hout. Chaque Juif qui réside ici peut venir, recevoir une étreinte chaleureuse et se relier au Rabbi. »
Une joie qui dépasse la communauté Habad
Le fait que la joie ait débordé les frontières de la communauté Habad locale s’est nettement ressenti dans la composition des participants. Des Rabbanim, des directeurs de Yechivot et des représentants de diverses communautés ‘harédiot de la ville sont venus prendre part à la cérémonie, aux côtés de représentants publics et de la direction municipale, témoignant ainsi de la place de la communauté Habad dans la mosaïque communautaire en plein essor de Beth Shemesh.
Parmi les participants figuraient le Rav Avraham Mikhaël Halperin, rav du quartier de Guivat Hatsarfatit à Jérusalem et doyen des membres du beth din des Rabbanim de Habad en Terre sainte ; le Rav Mena’hem Mendel Gloukhovsky, secrétaire adjoint du beth din des Rabbanim de Habad et mara deatra de la communauté Habad de Re’hovot ; le Rav David Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël ; et le Rav ‘Haïm Eliyahou Gloukhovsky, mara deatra de la communauté Habad de Ramat Beth Shemesh Guimel, qui accompagne le développement de la communauté et lui assure sa direction halakhique, toranique et ‘hassidique.
Ont également participé le Rav Yossi Rabinovitch et le Rav Yaakov Dobrovsky, Chlou’him du Rabbi à Ramat Beth Shemesh Daleth ; le Rav Chneour Eisenman, rav de la communauté Habad « Or Mena’hem » à Ramat Beth Shemesh Daleth ; le Rav Chmouel Rozenberg, l’un des Rabbanim de la communauté Habad de Beth Shemesh ; le Rav ‘Haïm David Wilhelm, machpia à la Yechiva Habad de Beth Shemesh ; et le Rav El’hanan Cohen, membre de la communauté et directeur de la Yechiva Tom’hei Temimim « Tiféret Israël » pour anglophones à Beth Shemesh.
Des Rabbanim d’autres communautés de la ville ont eux aussi pris part à la cérémonie, parmi lesquels le Rav Chimon Tversky, rav de la communauté « Kol Yehouda » à Beth Shemesh ; le Rav Cheaya Leibovitch, mora tsedek de Zhikov-Vizhnitz ; et le Rav Eliezer Meirovitch, directeur de la Yechiva « Netivot Meir » et l’un des Rabbanim des communautés ‘harédiot de Beth Shemesh.
À leurs côtés se trouvaient des personnalités publiques, dont le député Tsvi Soukot de la faction du Sionisme religieux, le député Rav Moché Aboutboul, ancien maire de Beth Shemesh, l’adjoint au maire Nataï Gabaï, l’adjoint au maire ‘Hanokh Danger, et Rav Arié Golbentsitz, l’un des membres et fondateurs de la communauté Habad de Ramat Beth Shemesh Guimel.
Le député Tsvi Soukot, venu s’associer à la joie de la communauté, avait lui aussi pris part aux efforts pour faire avancer et concrétiser le centre Habad, œuvrant tout au long du parcours à la progression du projet et à la levée des obstacles qui se dressaient devant lui.
Les enfants au centre du moment
L’événement était animé par le Rav Binyamin Wilhelm, de l’organisation Tsivot Hachem. Au cours de la cérémonie, une place particulière a été accordée aux enfants de la communauté, qui avaient participé peu avant à une activité ludique destinée à les relier au sens de l’édification de « la maison du Rabbi ». Quelques jours plus tôt, les enfants avaient rédigé des Panim qui furent envoyés au Ohel, empreints de prière et de bénédiction pour la réussite de la construction.
L’allocution centrale a été prononcée par le Rav David Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël, qui s’est arrêté dans ses propos sur l’importance et le caractère singulier de ce moment. Le Rav Avraham Mikhaël Halperin a pris la parole à sa suite, adressant ses bénédictions au rav de la communauté, le Rav ‘Haïm Eliyahou Gloukhovsky, et au Chalia’h, le Rav Binyamin Mendelson. Le Rav Mena’hem Mendel Gloukhovsky a lui aussi prononcé des paroles particulières.
La cérémonie était accompagnée, dans une atmosphère ‘hassidique et au son des niggounim de Habad, par Davidi Na’hchon et le chanteur Mikhaël Azoulay.
Un nouveau chapitre pour Ramat Beth Shemesh
La pose de la pierre angulaire intervient sur fond d’un essor spectaculaire de Beth Shemesh en général, et de Ramat Beth Shemesh Guimel en particulier. Ces dernières années, une communauté ‘habadique grande et vibrante s’y est développée, tandis que l’activité du Beth Habad s’élargissait parallèlement parmi les habitants du quartier. La communauté anime un dispositif de Torah, de prière, d’éducation, d’activités pour les enfants et d’œuvres de bienfaisance, aux côtés d’une activité de Chli’hout tournée vers l’ensemble du public.
Avec la pose de la pierre angulaire s’ouvre désormais un nouveau chapitre. Après neuf années d’attente et d’efforts, la communauté espère voir, dès les prochaines semaines, les travaux démarrer et le nouveau 770 se construire au cœur de Ramat Beth Shemesh Guimel : une maison de Torah, de prière et de ‘Hassidout, et une adresse de Chli’hout et de diffusion des sources pour les habitants du quartier et de la ville tout entière.
Né au Kazakhstan au sein d’une communauté juive aux racines profondes, Ephraim Iski a découvert la figure du Rabbi dès son enfance, sous les traits d’un mystérieux « Saba » dont la photo trônait à la maison. Fils de la communauté « Nach Didan » d’Alma-Ata, il raconte l’influence ininterrompue de Rav Levi Its’hak Schneerson, père du Rabbi, qui vécut ses dernières années dans cette ville et y repose. Recueilli à la veille du jour de la Hiloula de Kaf Av, son témoignage dévoile une véritable révolution spirituelle menée par les Chlou’him du Rabbi jusqu’aux confins de l’Asie centrale.
L’histoire singulière de la communauté juive « Nach Didan » (« les nôtres ») commence il y a bien des années dans la région d’Ourmia, en Perse, à la frontière du Kurdistan. Certains affirment qu’ils parvinrent dans la région dès l’époque de l’exil des dix tribus, déportées par Sanchériv, roi d’Assyrie. Ils vivaient dans la région d’Ourmia et leur langue de conversation demeura, y compris en des années plus tardives, l’araméen et non le persan.
Pendant la Première Guerre mondiale, les membres de la communauté subirent de terribles pogroms. Au cours du conflit, la ville changea plusieurs fois de mains, passant des Turcs aux Russes, puis des Russes aux Kurdes ; et, comme à l’accoutumée, à chaque passage de pouvoir, les Juifs étaient les premiers frappés. Les pogroms survinrent alors que le pouvoir se trouvait un temps entre les mains des chrétiens et, selon les témoignages, environ cent cinquante Juifs, parmi lesquels les dirigeants et les notables de la communauté, furent sauvagement massacrés.
À la suite de ces pogroms, un grand groupe de membres de la communauté s’enfuit vers le nord, vers la ville de Bakou, puis poursuivit sa route vers la Géorgie. Seuls quelques Juifs demeurèrent alors à Ourmia, et les derniers quittèrent les lieux lors de la révolution islamique en Iran, en 5739 (1979).
Ceux qui s’étaient réfugiés en Géorgie y vécurent dans une relative quiétude, et les enfants et adolescents de la communauté y étudièrent la Torah auprès des ‘hassidim de Habad, ces Rabbanim envoyés en Géorgie par le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats.
La quiétude fut brisée d’un coup, par une froide nuit d’hiver de l’année 5710 (1949-1950), lorsque le maître de l’Union soviétique de l’époque, le tyran et persécuteur Joseph Staline, déporta au loin tous les membres de la communauté, vers le Kazakhstan. Le voyage fut extrêmement pénible et éprouvant. Comme le voulait la pratique du régime à l’époque de Staline, ils furent transportés dans des trains de marchandises et, tout au long du chemin, souffrirent de la faim et du froid ; certains ne survécurent pas aux épreuves de la route. Même à leur arrivée à destination, au Kazakhstan, il ne leur fut pas permis de résider dans les grandes villes et ils durent se disperser dans de petits villages.
Et pourtant, sur le plan spirituel, leur situation s’améliora. Ils avaient emporté avec eux des Sifré Torah et d’autres objets de sainteté, qu’ils avaient pris lors de la déportation au lieu d’emmener ustensiles domestiques et vêtements ; et tant les autorités que les habitants du Kazakhstan les traitèrent mieux qu’en Géorgie.
Après la mort de Staline, en 5713 (1953), leur situation s’améliora encore, et nombre de membres de la communauté s’installèrent dans la grande ville d’Alma-Ata, où leur communauté se reconstruisit peu à peu. Presque tous, hommes et femmes, restèrent fidèles à la tradition d’Israël tout au long du régime communiste, sans se mêler aux non-Juifs ni s’assimiler.
Deuxième depuis la droite, lors de la prière de Cha’harit, à proximité de la tombe sainte du Rav.
Quand le Chalia’h au Kazakhstan, Rav Yechaya Cohen, arriva à Alma-Ata en 5754 (1993-1994), ces déportés de Géorgie vivaient encore dans la ville et lui racontèrent avec émotion comment, tout comme en Géorgie, ils avaient ici aussi bénéficié de l’influence d’un ‘hassid Habad accompli. Il s’agissait du Rav, ‘hassid tamim, Hillel Liberow, frère du célèbre machpia et chada »r Rav Saadia Liberow, tous deux anciens élèves de Tom’hei Temimim à Loubavitch. Rav Hillel fut le cho’het d’Alma-Ata durant le régime communiste, jusqu’à son décès en 5743 (1982-1983), et il exerça une influence bénie dans la ville, notamment sur les membres de la communauté « Nach Didan ». Il se dévoua pour eux, et eux, de leur côté, le respectaient et le vénéraient.
Le « Saba »…
« Rav Hillel », nous a raconté cette semaine, à la veille du jour de la Hiloula du Gaon et kabbaliste Rav Levi Its’hak, père du Rabbi qui repose à Alma-Ata, le membre de la communauté R’ Ephraim Iski, « racontait aux membres de la communauté les faits du Gaon Rav Levi Its’hak et les reliait à sa figure. »
R’ Ephraim lui-même est un Juif chaleureux et cordial, empli d’une foi simple et sincère, qui témoigne de lui-même : « Même si je n’ai pas l’apparence d’un ‘hassid Habad avec le chapeau et les habits, je suis un Habadnik, un Habadnik, un Habadnik. »
Et voici son récit fascinant, qui relate l’influence continue du Baal haHiloula sur les Juifs d’Alma-Ata, où il vécut ses derniers jours et où il repose, ainsi que l’action ininterrompue des Chlou’him de son fils, le Rabbi, Nassi de notre génération, dans la ville et ses environs.
« Je suis né à Alma-Ata en 5746 (1985-1986) », raconte-t-il. « En général, les gens commencent à comprendre les choses et à se forger une identité vers l’âge de treize ou quatorze ans, mais chez nous, le lien avec Habad a commencé bien plus tôt. Je me souviens, tout petit encore, de la photo du Rabbi qui trônait chez nous, à la maison. C’était à l’époque du régime communiste, et à la maison on ne prononçait pas explicitement le mot « Habad » ; les enfants disaient que l’homme sur la photo était le « Saba », le grand-père. En sortant de la maison, nous avions coutume d’embrasser cette photo. En ce temps-là, de même que j’ignorais l’identité du Rabbi, on ne nous racontait pas non plus que son père, Rav Levi Its’hak, reposait ici, dans la ville. Les adultes le savaient, mais ne parlaient pas de telles choses avec les enfants. La peur du régime communiste était immense.
« Malgré tout, nous avions une vie juive. Nous allions prier à la synagogue, située assez près du cimetière où repose le tsaddik Rav Levi Its’hak.
« En grandissant un peu, j’ai appris d’une manière ou d’une autre que le « Saba » était le Rabbi de Loubavitch, fils du tsaddik Rav Levi Its’hak, qui avait vécu, s’était éteint et reposait dans la ville. Dans ma jeunesse, il y avait encore à Alma-Ata des anciens qui se souvenaient de Rav Levi Its’hak, bien qu’en raison de sa santé fragile, et sans doute à cause de la terreur du régime soviétique, il ne se soit presque jamais montré en public durant les années où il résidait dans la ville.
« Peu nombreux furent ceux qui purent voir Rav Levi Its’hak de leurs propres yeux, mais le ‘hassid Rav Hillel Liberow en parlait beaucoup, de sa grandeur, de sa droiture, et du fait qu’il avait coutume d’écrire des commentaires de Torah selon la Kabbale.
« Je pense que, d’une manière générale, les Juifs d’Alma-Ata voyaient en Rav Hillel le continuateur de la voie de Rav Levi Its’hak. Dans sa vieillesse, Rav Hillel enseigna la che’hita à mon arrière-grand-père, R’ Its’hak, que tous appelaient Rabbi Issak, et lui remit même ses couteaux de che’hita ; de fait, Rabbi Issak devint le cho’het de la communauté après Rav Hillel, paix à son âme. Rav Hillel veilla aussi à ce qu’il y ait dans la ville un Mikvé de pureté. C’était en secret et en cachette, dans une maison privée, et le secret ne se transmettait de bouche à oreille qu’à des personnes dignes d’une confiance absolue, qui ne le révéleraient pas à ceux qui ne devaient pas savoir. »
« Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, le judaïsme d’Alma-Ata honore la mémoire de Rav Hillel, qui fut le cho’het et le bodek, et, de fait, aussi le Rav de la ville, en des jours difficiles pour les Juifs et pour le judaïsme. En 5773 (2012-2013), par exemple, pour les trente ans de son décès, un minyane de Juifs de la ville monta sur sa tombe pour réciter des chapitres de Tehilim et le Kaddich, puis tint un Farbrenguen ‘hassidique en l’honneur de ce jour.
« Lors de ce Farbrenguen, le Chalia’h et Grand Rabbin du Kazakhstan, Rav Yechaya Cohen, révéla qu’il avait vu jadis une lettre du ‘hassid R’ Yossef Nimotin, de mémoire bénie, qui œuvra beaucoup pour Rav Levi Its’hak, comme on le sait ; dans cette lettre, celui-ci raconte avoir interrogé le Rabbi au sujet du départ de Rav Hillel d’Union soviétique, et le Rabbi répondit qu’il devait rester à Alma-Ata. »
Un pas dangereux
R’ Ephraim poursuit son récit : « Comme je l’ai mentionné, de nombreuses années après le départ de ce monde de Rav Levi Its’hak, à Kaf Av 5704 (1944), la peur du régime communiste demeurait grande. C’est pourquoi, bien que les membres de la communauté aient entendu Rav Hillel parler de Rav Levi Its’hak et de son fils le Rabbi, les gens ne se rendaient pas sur la tombe de Rav Levi Its’hak. À un certain moment cependant, et je ne sais si ce fut intentionnel ou si cela n’apparut qu’après coup, notre communauté obtint par des voies détournées une parcelle libre dans le cimetière, tout près de la tombe de Rav Levi Its’hak, à une cinquantaine de mètres sur la droite ; on clôtura le terrain et on le consacra en cimetière juif. C’était assurément un pas dangereux, mais on le fit.
« Dans les années qui suivirent arriva dans la ville le Chalia’h Rav Yechaya Cohen, puis le Chalia’h Rav El’hanan Cohen, et, comme on le sait et comme c’est bien connu, ils accomplirent ici une grande révolution. Personnellement, je fus élève de la colonie de vacances « Gan Israël » à Alma-Ata dans les premières années de sa création, et c’était déjà après la dislocation de l’Union soviétique, quand la peur avait disparu ; peu à peu, le judaïsme d’Alma-Ata renaissait. Je pense que c’est dans cette colonie de vacances que j’ai compris que l’homme sur la photo, le Rabbi, que l’on appelait à la maison le « Saba », n’était pas seulement le « Saba » de notre famille, mais le « Saba » du peuple d’Israël…
« La grande révolution se traduit aussi par le fait que si autrefois on avait peur de se rendre sur la tombe sainte de Rav Levi Its’hak, et que même parmi les Juifs habitant Alma-Ata tous ne savaient pas exactement où elle se trouvait, il y a aujourd’hui sur place un ohel digne ; et, d’année en année, la montée vers sa tombe à Kaf Av se fait de plus en plus en foule, avec des gens qui viennent en avion du monde entier, comme il sied et revient à ce grand tsaddik. »
Le lien de cette communauté singulière avec le Rabbi et ses Chlou’him s’exprime dans de nombreux domaines et, comme le définit R’ Ephraim : « Nous sommes des Habadnikim dans le sang et dans l’âme. Nous sommes très influencés par les précieux Chlou’him, Rav Yechaya et Rav El’hanan, et nous-mêmes accomplissons beaucoup de Chli’hout. Personnellement, je prie selon le rite des ‘édot hamizra’h, la tradition de mes pères, mais, comme je l’ai dit, nous sommes très Habadnikim et, après avoir vu de nos propres yeux la grande activité des Chlou’him, nous nous efforçons aussi de contribuer à Habad au Kazakhstan de tout notre pouvoir. »
Voilà environ sept ans que R’ Ephraim Iski a fait son alya en Terre d’Israël ; il habite Ashdod et, là aussi, il entretient un lien étroit avec les ‘hassidim de Habad et compte parmi les fidèles de la synagogue du Chalia’h de « Habad ba’Aliya », Rav Sim’ha Koulievkov, où les Juifs russophones, immigrés des pays de la CEI, trouvent un foyer chaleureux.
Il y a environ deux ans, il prit sur lui une belle initiative : l’organisation du don de deux Sifré Torah, l’un pour sa communauté actuelle à Ashdod, l’autre pour la synagogue centrale de Habad à Alma-Ata. La décision fut prise en ce jour lumineux de Yod-Alef Nissan, jour anniversaire du Rabbi. Une fois la décision prise, R’ Ephraim écrivit une lettre annonçant la nouvelle au Ohel du Rabbi et, avec l’aide de D.ieu, la décision fut menée à bien. Le Sefer Torah destiné à la synagogue d’Ashdod a déjà été introduit avec faste, splendeur et une grande joie. L’achèvement et l’entrée du Sefer Torah à Alma-Ata avaient été planifiés d’avance pour le jour de la Hiloula de Kaf Av. Des contraintes de dernière minute ne l’ont pas permis, mais le Sefer Torah voyage vers sa destination par le vol charter spécial parti cette semaine, et l’achèvement et l’entrée auront lieu, avec l’aide de D.ieu, dans quelques semaines, en ce jour lumineux de ‘Haï Elloul.
Écrire au Rabbi
R’ Ephraim Iski est doté d’un sens des affaires et, même dans ses activités, il voit concrètement, dit-il, l’expression de son lien avec Habad. « Et d’ailleurs », note-t-il avec l’enthousiasme d’un ‘hassid, « étant né un Yod-Tet Kislev, Roch Hachana du ‘hassidisme, fête de la délivrance de l’Admour Hazakène, il n’est pas étonnant que j’aie un lien si étroit avec Habad. »
Il a également coutume d’écrire au Rabbi avant chaque étape importante de sa vie personnelle et professionnelle, et relève avec émerveillement : « Plusieurs fois déjà, j’ai écrit au Rabbi et, en ouvrant les Igrot Kodech à la page où j’insérais ma lettre, j’ai été surpris de voir, encore et encore, une lettre datée du Yod-Tet Kislev ; et bien des fois, j’ai eu le mérite de trouver dans les lettres que j’ouvrais des réponses directes aux questions qui me préoccupaient.
« Par exemple, j’ai été le premier au Kazakhstan à produire de la charcuterie cachère. Je l’ai fait après avoir écrit au Rabbi au sujet de cette idée, et la lettre des Igrot Kodech sur laquelle je suis tombé traitait précisément du fait qu’une nourriture cachère implante la foi dans l’homme. J’ai donc poursuivi cette activité, même dans les périodes où elle n’était pas rentable ; mais, avec l’aide de D.ieu, j’ai fini par bien gagner ma vie, et, avec le temps, la production et la commercialisation de viande cachère au Kazakhstan se sont développées, d’autres s’étant à leur tour lancés dans ce domaine. »
Son alya en Terre d’Israël, elle aussi, fut jalonnée d’événements relevant de la providence divine. « À vrai dire, durant toutes mes années de résidence à Alma-Ata, j’aimais beaucoup cet endroit. C’est là que je suis né, et notre communauté est chaleureuse et solidaire. Parfois, je m’interrogeais moi-même : pourquoi me sentais-je si à l’aise à l’étranger, sans aucun désir de monter en Terre d’Israël ? Mais le Saint béni soit-Il, qui dirige les causes, agença les choses de telle sorte que je subis les persécutions d’instances gouvernementales et que, comme contraint et forcé, je fis mon alya. Et, avec l’aide de D.ieu, je m’en réjouis grandement, notamment en raison de mon appartenance à la communauté du Chalia’h Rav Sim’ha Koulievkov. »
En Terre sainte, R’ Ephraim se lança dans la fabrication de lanières pour Téfilines. Là encore, il vit une providence divine à chaque pas. « Les choses se sont enchaînées de telle façon que la responsabilité de l’entreprise est retombée sur moi, alors qu’au départ je n’étais qu’un intermédiaire ; de fait, je me suis retrouvé avec un grand stock pour lequel je ne parvenais pas à trouver d’acheteurs. J’ai de nouveau écrit au Rabbi, et la lettre des Igrot Kodech du Rabbi, sur laquelle je suis tombé par providence divine à la page où j’avais inséré mon courrier, traitait du sujet de la cacherout et évoquait quelque chose au sujet d’un Chalia’h qui viendrait apporter son aide ; j’ai compris qu’il me fallait poursuivre dans ce domaine et ne pas désespérer.
« Et en effet, tôt le lendemain matin de cette lettre au Rabbi, j’ai reçu un message de quelqu’un qui, quelques semaines auparavant, avait refusé ma proposition de lui acheter une partie des lanières : il avait changé d’avis et souhaitait devenir un client régulier. Avec le temps, l’entreprise s’est consolidée et, aujourd’hui, nous fabriquons des lanières de plusieurs niveaux, le plus élevé étant d’un grand hidour, fait entièrement à la main, sans aucune machine, le tannage du cuir et son trempage dans la chaux se faisant dans des fosses, selon la méthode de fabrication ancienne, à partir de cuirs d’animaux abattus rituellement de manière cachère.
« À propos », ajoute-t-il, « il serait bon que le public soit conscient de la signification de l’expression « fait à la main ». À l’époque, quand débuta par exemple la controverse sur la matsa de machine, les machines n’étaient pour l’essentiel que des engrenages qui tournaient, et il n’existait pas encore de machines à moteur électrique ; pourtant, les décisionnaires soutenaient que c’était un ouvrage de machine et non un travail manuel. Cela vaut aussi, d’une manière générale, pour la confection des Tsitsit. Mais nous ne nous étendrons pas ici sur le sujet.
« Je noterai seulement, comme je l’ai dit, que nous fabriquons aussi des lanières du niveau le plus soigné ; nous n’épargnons ni effort ni argent, et faisons voyager en avion des ouvriers et des surveillants vers les lieux de production en Turquie et en Russie, où nous achetons les cuirs à l’abattoir dont la che’hita est dirigée par le vétéran cho’het, le ‘hassid R’ Its’hak Kogan, « le tsaddik de Leningrad ». Ensuite, nous acheminons la production en Terre d’Israël et procédons ici à la découpe, dans des points de production à Komemiyout et à Jérusalem. Je mentionne particulièrement Komemiyout, car nos lanières sont sous la certification du Rav Mendelson, chelita, av beth din de Komemiyout ; et l’un de ses proches m’a raconté que lui-même s’était rendu une fois auprès du Rabbi et que, lorsqu’il dit s’occuper de la fabrication de lanières de Téfilines, le Rabbi lui donna une bénédiction en ajoutant que la production devait se faire avec hidour. Nous nous prévalons aussi de la certification du Grand Rabbin de Russie, Rav Lazar, chelita. »
La révolution des Téfilines
Pour conclure, quels sont les sentiments, à la veille du jour de la Hiloula de Kaf Av, d’un Juif natif d’Alma-Ata qui a eu le mérite d’être lié au Rabbi, fils du Gaon et kabbaliste dont on commémore la Hiloula ?
« Je ne sais si c’est juste et convenable de m’exprimer ainsi, mais je vais vous dire ce que je ressens : le Gaon et tsaddik Rav Levi Its’hak a donné sa vie et fut comme un sacrifice pour les Juifs d’Union soviétique en son temps ; sa fin de vie en ce monde, son départ et sa tombe à Alma-Ata relèvent assurément d’une providence divine venue d’En-Haut. Et, en tant que fils d’un Juif d’Alma-Ata influencé par lui et par sa lumière, il est clair pour moi que toute la révolution accomplie par les Chlou’him de son fils, le Rabbi, au Kazakhstan puise sa force en lui, en son feu et en sa lumière.
Sur la voie du Rabbi. R’ Ephraim lors de la campagne des Téfilines avec des soldats de Tsahal.
« Et en ce grand jour, nous aussi, à Ashdod, nous rassemblerons ici toute la communauté, un public respectable d’immigrés de Russie, d’Ukraine et d’autres pays de la CEI, et bien sûr du Kazakhstan, et nous tiendrons un grand Farbrenguen en son honneur.
« Et nous ne nous contenterons pas de paroles ; avec l’aide de D.ieu, nous avons aussi posé un acte, et cet acte, à lui seul, témoigne de cette révolution. Je veux parler du fait qu’en l’honneur de Kaf Av, cette année, nous avons offert aux Juifs du Kazakhstan sept paires de Téfilines. Et écoutez bien : nous avons demandé que ces Téfilines parviennent à des Juifs qui souhaitent mettre les Téfilines et n’ont pas encore les leurs. Or, en pratique, il fut vraiment difficile de trouver de tels Juifs, au point qu’une partie des paires que nous avons envoyées sont des Téfilines de Rabbénou Tam, car nous n’avons pas trouvé sept Juifs dépourvus de Téfilines de Rachi. Et cela dans une ville qui, autrefois, ne comptait que peu de paires de Téfilines au regard du nombre de ses Juifs. N’est-ce pas là une révolution ?!…
« Ainsi, toute notre vie et toutes nos actions gravitent autour de la figure du Gaon Rav Levi Its’hak et de la Chli’hout du Rabbi. Que D.ieu nous aide à être toujours reliés aux tsaddikim véritables, et que vienne bientôt la Guéoula complète. »
Dans un entretien accordé à la chaîne israélienne Channel 12, Marla Maples, seconde épouse de Donald Trump, a dévoilé une facette spirituelle rarement évoquée du président américain. Selon elle, celui-ci porterait en permanence, glissé sous ses vêtements et posé contre son cœur, un exemplaire en araméen du Livre de Pin’has extrait du Zohar, auquel il attribuerait une vertu de protection et de guérison. Cette révélation, livrée au fil d’une conversation où l’ancienne actrice raconte aussi son propre attachement à la Kabbale et à Israël, éclaire d’un jour inattendu la vie intérieure du locataire de la Maison-Blanche.
Un texte mystique porté contre le cœur
C’est au journaliste Yonatan Reguer, sur la chaîne israélienne Channel 12, que Marla Maples a confié cette part intime de la vie de son ancien mari. Le président américain, affirme-t-elle, garderait toujours sur lui un exemplaire du Livre de Pin’has, tiré du Zohar et rédigé en araméen, qu’il placerait à même la poitrine, sous ses vêtements, pour la protection et la guérison. « Il porte sur lui le Livre de Pin’has, le Zohar, en araméen. Il le place contre son cœur, à l’intérieur, pour la protection et la guérison », a-t-elle déclaré. Mariée à Donald Trump de 1993 à 1999, elle décrit un homme habité par une dimension spirituelle qui n’a presque jamais percé dans l’espace public. « Il a un très grand cœur. Il ne serait pas là où il est aujourd’hui s’il n’avait pas voulu aider les autres », ajoute-t-elle, liant son ascension à un désir de servir.
Le livre de Pin’has, joyau du Zohar
Le texte évoqué par Marla Maples n’est pas anodin. Il correspond à la section Pin’has du livre des Nombres, qui s’étend du chapitre vingt-cinq au chapitre trente et raconte le geste de Pin’has, fils d’Eléazar et petit-fils du grand prêtre Aharon. Dans la tradition mystique, cette portion de la Torah occupe une place singulière, et certains cercles kabbalistes en diffusent une version araméenne à laquelle est prêtée une fonction de talisman protecteur. Le Zohar, dont ce passage est extrait, constitue l’ouvrage fondateur de la Kabbale, cet immense commentaire mystique de la Torah écrit pour l’essentiel en araméen et traditionnellement rattaché à l’enseignement de Rabbi Chimon bar Yo’haï. On y sonde les mystères de la création, les attributs divins et le lien de l’homme avec son Créateur, dans un registre où chaque verset ouvre sur un sens caché.
Un parcours spirituel singulier
Si Marla Maples demeure chrétienne, élevée dans la tradition baptiste de Géorgie, elle entretient depuis des décennies un rapport nourri à la Kabbale, au judaïsme et à Israël. Animatrice d’un balado intitulé « Awakening with Marla », consacré à la spiritualité et au cheminement intérieur, elle avait déjà pris part, en 2004, à une conférence internationale sur la Kabbale organisée à Tel-Aviv. Depuis plus de vingt ans, affirme-t-elle, elle observe les règles de la cacherout, respecte souvent le Chabbat et récite le Chéma. Cet ancrage, greffé sur son éducation chrétienne, la range parmi ce petit groupe de croyants dont la vie religieuse s’est étroitement mêlée à la pratique juive et à l’amour de la Terre sainte.
Tsfat, capitale historique de la mystique juive
Ses nombreux séjours en Israël l’ont conduite jusqu’à Tsfat, dans le nord du pays, qu’elle cite comme un jalon de son parcours. La ville n’est pas un lieu ordinaire : elle compte parmi les quatre cités saintes du judaïsme, aux côtés de Jérusalem, d’Hébron et de Tibériade, et demeure le berceau historique de la Kabbale. C’est là qu’au seizième siècle s’illustrèrent les grands maîtres de la mystique juive, de Rabbi Moché Cordovéro à Rabbi Its’hak Louria, connu sous le nom du Ari, dont l’influence fut telle qu’il façonna toute la pensée kabbaliste qui lui succéda. Marla Maples raconte également s’être recueillie sur les tombes de tsadikim et avoir goûté aux eaux du lac de Tibériade, le Kinneret, autant de gestes qui disent la profondeur de son attachement.
Le Chéma au cœur du danger
Au cours de l’entretien, l’ancienne épouse du président a rappelé combien cette prière l’avait portée dans l’un des moments les plus périlleux de son existence. Il y a une vingtaine d’années, au Nigéria, des hommes armés auraient immobilisé son convoi et maintenu le groupe en joue. C’est alors, dit-elle, que les mots du Chéma Israël lui seraient spontanément montés aux lèvres. « J’ai compris que je devais lâcher prise et que tout était entre les mains de D.ieu, confie-t-elle. Après ma prière, ils sont simplement repartis. » L’épisode l’a marquée au point que, depuis, elle récite cette prière chaque matin.
Un lien noué à travers la famille
Marla Maples suggère enfin que la proximité de Donald Trump avec les traditions juives doit aussi quelque chose à sa propre famille. La conversion au judaïsme de sa belle-fille Ivanka, avant son mariage avec Jared Kushner en 2009, aurait rapproché le président de ces coutumes et de cet univers. Un héritage transmis par les liens du sang autant que par les rencontres, qui prolonge chez lui une sensibilité que peu soupçonnaient.
Une voix contre l’antisémitisme
Au-delà de ces confidences, Marla Maples a saisi l’occasion pour dénoncer la montée de l’antisémitisme aux États-Unis et réaffirmer son attachement à Israël, plus vif encore depuis le massacre du 7 octobre 2023. Elle a décrit la situation en des termes sans détour, y voyant une réalité insensée et déchirante. Ainsi se dessine, à travers ses mots, le portrait croisé de deux itinéraires spirituels, celui d’une femme qui a fait sienne une part du judaïsme et celui d’un président qui, à l’en croire, garde tout contre lui, en secret, quelques feuillets d’araméen.
Chaque dimanche après-midi, durant des heures, le Rabbi se tenait dans le hall du 770 Eastern Parkway pour remettre à chaque visiteur un billet d’un dollar flambant neuf accompagné d’une bénédiction. Ces rencontres de quelques secondes, que le Rabbi lui-même qualifiait d’une forme de ye’hidout, sont devenues une institution à part entière. Le Rav Yehouda Krinsky, qui les organisait, revient sur cette pratique unique et sur la leçon de générosité qu’elle continue de transmettre.
Par le Rav Yehouda Krinsky
Un rendez-vous hebdomadaire au 770
Vous avez peut-être vu les extraits vidéo. Peut-être même y étiez-vous ? Chaque dimanche, en début d’après-midi, le Rabbi quittait son bureau et venait se tenir dans le hall du quartier général de Habad-Loubavitch, au 770 Eastern Parkway, à Brooklyn. Là, des heures durant, il recevait une longue file de visiteurs, hommes, femmes et enfants, qui s’étirait hors du bâtiment et faisait le tour du pâté de maisons. À chacun, le Rabbi remettait un billet d’un dollar flambant neuf accompagné d’une bénédiction, en demandant que cette somme soit ensuite donnée à l’œuvre de bienfaisance de son choix. Certains saisissaient également ce bref instant, en tête à tête avec le Rabbi, pour échanger quelques mots avec lui, solliciter un conseil ou un encouragement, lui présenter un ouvrage récemment paru, ou déposer une note qu’il lirait plus tard. Les dimanches soir, à l’issue de ce que l’on finit par appeler les « dollars du dimanche », le Rabbi me remettait le sac contenant tout ce que les gens lui avaient confié, et je lui présentais par la suite un inventaire de son contenu si varié.
Une institution née d’un simple geste
Les dollars du dimanche devinrent une institution à part entière. Pour maintenir un approvisionnement suffisant en billets neufs, j’avais pris des dispositions avec la Federal Reserve Bank de New York afin qu’elle en livre fréquemment à notre quartier général. Bien souvent, le dimanche, je croisais au 770 des personnes qui avaient pris l’avion depuis l’un des aéroports de la région new-yorkaise, venues d’aussi loin que l’Europe, dans le seul but de rencontrer le Rabbi, de recevoir sa bénédiction et un dollar, et d’échanger avec lui quelques mots. Elles reprenaient aussitôt le vol suivant pour rentrer là d’où elles venaient. Le Rabbi confia un jour qu’il considérait ces rencontres, ne durant chacune que quelques secondes, comme une forme de ye’hidout, ce terme ‘hassidique qui désigne la rencontre intime de deux âmes.
Des billets devenus des reliques
Les billets que distribuait le Rabbi devinrent emblématiques. Selon ses instructions, les gens conservaient le dollar qu’il leur avait remis et en donnaient un autre à la place. D’innombrables personnes chérissent aujourd’hui encore leur billet, précieux souvenir du Rabbi et source de bénédiction dans leur existence.
Quand deux êtres se rencontrent
Cette pratique singulière était en tout point propre au Rabbi. À maintes reprises, il citait son beau-père, le sixième Rabbi de Loubavitch, pour en expliquer le fondement : lorsque deux personnes se rencontrent, cela doit profiter à une troisième.
Aux origines d’une tradition
Si cette tradition régulière et hebdomadaire débuta le jour de l’anniversaire du Rabbi, en 1986, des distributions semblables avaient eu lieu auparavant, et d’autres encore en des occasions particulières, avant comme après. En arrivant au 770 le matin, avant les prières et avant d’entrer dans la synagogue, le Rabbi remettait souvent des pièces aux enfants afin qu’ils les déposent dans la boîte de Tsedaka. Son regard les suivait attentivement tandis qu’ils glissaient les pièces à l’intérieur.
Devenir des donateurs
Toutes ces heures innombrables et infatigables que le Rabbi consacra à distribuer personnellement des dollars destinés à la Tsedaka, les discours qu’il prononça sur la force de la Tsedaka, ainsi que l’attention aimante qu’il portait à un petit enfant glissant une pièce dans une pouchké, montrent à quel point il chérissait cette Mitsva et tenait à nous en transmettre la valeur. Explicitement et par l’exemple, le Rabbi nous a chargés de devenir des donateurs. Ces dollars du dimanche nous rappellent de faire du don et du partage une part de notre vie, une part de ce que nous sommes. Car la Tsedaka a le pouvoir de transformer non seulement nous-mêmes, mais le monde tout entier : « Grande est la Tsedaka, dit le Talmud (Bava Batra 10a), car elle rapproche la Rédemption. »