Né au Kazakhstan au sein d’une communauté juive aux racines profondes, Ephraim Iski a découvert la figure du Rabbi dès son enfance, sous les traits d’un mystérieux « Saba » dont la photo trônait à la maison. Fils de la communauté « Nach Didan » d’Alma-Ata, il raconte l’influence ininterrompue de Rav Levi Its’hak Schneerson, père du Rabbi, qui vécut ses dernières années dans cette ville et y repose. Recueilli à la veille du jour de la Hiloula de Kaf Av, son témoignage dévoile une véritable révolution spirituelle menée par les Chlou’him du Rabbi jusqu’aux confins de l’Asie centrale.
L’histoire singulière de la communauté juive « Nach Didan » (« les nôtres ») commence il y a bien des années dans la région d’Ourmia, en Perse, à la frontière du Kurdistan. Certains affirment qu’ils parvinrent dans la région dès l’époque de l’exil des dix tribus, déportées par Sanchériv, roi d’Assyrie. Ils vivaient dans la région d’Ourmia et leur langue de conversation demeura, y compris en des années plus tardives, l’araméen et non le persan.
Pendant la Première Guerre mondiale, les membres de la communauté subirent de terribles pogroms. Au cours du conflit, la ville changea plusieurs fois de mains, passant des Turcs aux Russes, puis des Russes aux Kurdes ; et, comme à l’accoutumée, à chaque passage de pouvoir, les Juifs étaient les premiers frappés. Les pogroms survinrent alors que le pouvoir se trouvait un temps entre les mains des chrétiens et, selon les témoignages, environ cent cinquante Juifs, parmi lesquels les dirigeants et les notables de la communauté, furent sauvagement massacrés.
À la suite de ces pogroms, un grand groupe de membres de la communauté s’enfuit vers le nord, vers la ville de Bakou, puis poursuivit sa route vers la Géorgie. Seuls quelques Juifs demeurèrent alors à Ourmia, et les derniers quittèrent les lieux lors de la révolution islamique en Iran, en 5739 (1979).
Ceux qui s’étaient réfugiés en Géorgie y vécurent dans une relative quiétude, et les enfants et adolescents de la communauté y étudièrent la Torah auprès des ‘hassidim de Habad, ces Rabbanim envoyés en Géorgie par le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats.
La quiétude fut brisée d’un coup, par une froide nuit d’hiver de l’année 5710 (1949-1950), lorsque le maître de l’Union soviétique de l’époque, le tyran et persécuteur Joseph Staline, déporta au loin tous les membres de la communauté, vers le Kazakhstan. Le voyage fut extrêmement pénible et éprouvant. Comme le voulait la pratique du régime à l’époque de Staline, ils furent transportés dans des trains de marchandises et, tout au long du chemin, souffrirent de la faim et du froid ; certains ne survécurent pas aux épreuves de la route. Même à leur arrivée à destination, au Kazakhstan, il ne leur fut pas permis de résider dans les grandes villes et ils durent se disperser dans de petits villages.
Et pourtant, sur le plan spirituel, leur situation s’améliora. Ils avaient emporté avec eux des Sifré Torah et d’autres objets de sainteté, qu’ils avaient pris lors de la déportation au lieu d’emmener ustensiles domestiques et vêtements ; et tant les autorités que les habitants du Kazakhstan les traitèrent mieux qu’en Géorgie.
Après la mort de Staline, en 5713 (1953), leur situation s’améliora encore, et nombre de membres de la communauté s’installèrent dans la grande ville d’Alma-Ata, où leur communauté se reconstruisit peu à peu. Presque tous, hommes et femmes, restèrent fidèles à la tradition d’Israël tout au long du régime communiste, sans se mêler aux non-Juifs ni s’assimiler.
Deuxième depuis la droite, lors de la prière de Cha’harit, à proximité de la tombe sainte du Rav.
Quand le Chalia’h au Kazakhstan, Rav Yechaya Cohen, arriva à Alma-Ata en 5754 (1993-1994), ces déportés de Géorgie vivaient encore dans la ville et lui racontèrent avec émotion comment, tout comme en Géorgie, ils avaient ici aussi bénéficié de l’influence d’un ‘hassid Habad accompli. Il s’agissait du Rav, ‘hassid tamim, Hillel Liberow, frère du célèbre machpia et chada »r Rav Saadia Liberow, tous deux anciens élèves de Tom’hei Temimim à Loubavitch. Rav Hillel fut le cho’het d’Alma-Ata durant le régime communiste, jusqu’à son décès en 5743 (1982-1983), et il exerça une influence bénie dans la ville, notamment sur les membres de la communauté « Nach Didan ». Il se dévoua pour eux, et eux, de leur côté, le respectaient et le vénéraient.
Le « Saba »…
« Rav Hillel », nous a raconté cette semaine, à la veille du jour de la Hiloula du Gaon et kabbaliste Rav Levi Its’hak, père du Rabbi qui repose à Alma-Ata, le membre de la communauté R’ Ephraim Iski, « racontait aux membres de la communauté les faits du Gaon Rav Levi Its’hak et les reliait à sa figure. »
R’ Ephraim lui-même est un Juif chaleureux et cordial, empli d’une foi simple et sincère, qui témoigne de lui-même : « Même si je n’ai pas l’apparence d’un ‘hassid Habad avec le chapeau et les habits, je suis un Habadnik, un Habadnik, un Habadnik. »
Et voici son récit fascinant, qui relate l’influence continue du Baal haHiloula sur les Juifs d’Alma-Ata, où il vécut ses derniers jours et où il repose, ainsi que l’action ininterrompue des Chlou’him de son fils, le Rabbi, Nassi de notre génération, dans la ville et ses environs.
« Je suis né à Alma-Ata en 5746 (1985-1986) », raconte-t-il. « En général, les gens commencent à comprendre les choses et à se forger une identité vers l’âge de treize ou quatorze ans, mais chez nous, le lien avec Habad a commencé bien plus tôt. Je me souviens, tout petit encore, de la photo du Rabbi qui trônait chez nous, à la maison. C’était à l’époque du régime communiste, et à la maison on ne prononçait pas explicitement le mot « Habad » ; les enfants disaient que l’homme sur la photo était le « Saba », le grand-père. En sortant de la maison, nous avions coutume d’embrasser cette photo. En ce temps-là, de même que j’ignorais l’identité du Rabbi, on ne nous racontait pas non plus que son père, Rav Levi Its’hak, reposait ici, dans la ville. Les adultes le savaient, mais ne parlaient pas de telles choses avec les enfants. La peur du régime communiste était immense.
« Malgré tout, nous avions une vie juive. Nous allions prier à la synagogue, située assez près du cimetière où repose le tsaddik Rav Levi Its’hak.
« En grandissant un peu, j’ai appris d’une manière ou d’une autre que le « Saba » était le Rabbi de Loubavitch, fils du tsaddik Rav Levi Its’hak, qui avait vécu, s’était éteint et reposait dans la ville. Dans ma jeunesse, il y avait encore à Alma-Ata des anciens qui se souvenaient de Rav Levi Its’hak, bien qu’en raison de sa santé fragile, et sans doute à cause de la terreur du régime soviétique, il ne se soit presque jamais montré en public durant les années où il résidait dans la ville.
« Peu nombreux furent ceux qui purent voir Rav Levi Its’hak de leurs propres yeux, mais le ‘hassid Rav Hillel Liberow en parlait beaucoup, de sa grandeur, de sa droiture, et du fait qu’il avait coutume d’écrire des commentaires de Torah selon la Kabbale.
« Je pense que, d’une manière générale, les Juifs d’Alma-Ata voyaient en Rav Hillel le continuateur de la voie de Rav Levi Its’hak. Dans sa vieillesse, Rav Hillel enseigna la che’hita à mon arrière-grand-père, R’ Its’hak, que tous appelaient Rabbi Issak, et lui remit même ses couteaux de che’hita ; de fait, Rabbi Issak devint le cho’het de la communauté après Rav Hillel, paix à son âme. Rav Hillel veilla aussi à ce qu’il y ait dans la ville un Mikvé de pureté. C’était en secret et en cachette, dans une maison privée, et le secret ne se transmettait de bouche à oreille qu’à des personnes dignes d’une confiance absolue, qui ne le révéleraient pas à ceux qui ne devaient pas savoir. »
« Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, le judaïsme d’Alma-Ata honore la mémoire de Rav Hillel, qui fut le cho’het et le bodek, et, de fait, aussi le Rav de la ville, en des jours difficiles pour les Juifs et pour le judaïsme. En 5773 (2012-2013), par exemple, pour les trente ans de son décès, un minyane de Juifs de la ville monta sur sa tombe pour réciter des chapitres de Tehilim et le Kaddich, puis tint un Farbrenguen ‘hassidique en l’honneur de ce jour.
« Lors de ce Farbrenguen, le Chalia’h et Grand Rabbin du Kazakhstan, Rav Yechaya Cohen, révéla qu’il avait vu jadis une lettre du ‘hassid R’ Yossef Nimotin, de mémoire bénie, qui œuvra beaucoup pour Rav Levi Its’hak, comme on le sait ; dans cette lettre, celui-ci raconte avoir interrogé le Rabbi au sujet du départ de Rav Hillel d’Union soviétique, et le Rabbi répondit qu’il devait rester à Alma-Ata. »
Un pas dangereux
R’ Ephraim poursuit son récit : « Comme je l’ai mentionné, de nombreuses années après le départ de ce monde de Rav Levi Its’hak, à Kaf Av 5704 (1944), la peur du régime communiste demeurait grande. C’est pourquoi, bien que les membres de la communauté aient entendu Rav Hillel parler de Rav Levi Its’hak et de son fils le Rabbi, les gens ne se rendaient pas sur la tombe de Rav Levi Its’hak. À un certain moment cependant, et je ne sais si ce fut intentionnel ou si cela n’apparut qu’après coup, notre communauté obtint par des voies détournées une parcelle libre dans le cimetière, tout près de la tombe de Rav Levi Its’hak, à une cinquantaine de mètres sur la droite ; on clôtura le terrain et on le consacra en cimetière juif. C’était assurément un pas dangereux, mais on le fit.
« Dans les années qui suivirent arriva dans la ville le Chalia’h Rav Yechaya Cohen, puis le Chalia’h Rav El’hanan Cohen, et, comme on le sait et comme c’est bien connu, ils accomplirent ici une grande révolution. Personnellement, je fus élève de la colonie de vacances « Gan Israël » à Alma-Ata dans les premières années de sa création, et c’était déjà après la dislocation de l’Union soviétique, quand la peur avait disparu ; peu à peu, le judaïsme d’Alma-Ata renaissait. Je pense que c’est dans cette colonie de vacances que j’ai compris que l’homme sur la photo, le Rabbi, que l’on appelait à la maison le « Saba », n’était pas seulement le « Saba » de notre famille, mais le « Saba » du peuple d’Israël…
« La grande révolution se traduit aussi par le fait que si autrefois on avait peur de se rendre sur la tombe sainte de Rav Levi Its’hak, et que même parmi les Juifs habitant Alma-Ata tous ne savaient pas exactement où elle se trouvait, il y a aujourd’hui sur place un ohel digne ; et, d’année en année, la montée vers sa tombe à Kaf Av se fait de plus en plus en foule, avec des gens qui viennent en avion du monde entier, comme il sied et revient à ce grand tsaddik. »
Le lien de cette communauté singulière avec le Rabbi et ses Chlou’him s’exprime dans de nombreux domaines et, comme le définit R’ Ephraim : « Nous sommes des Habadnikim dans le sang et dans l’âme. Nous sommes très influencés par les précieux Chlou’him, Rav Yechaya et Rav El’hanan, et nous-mêmes accomplissons beaucoup de Chli’hout. Personnellement, je prie selon le rite des ‘édot hamizra’h, la tradition de mes pères, mais, comme je l’ai dit, nous sommes très Habadnikim et, après avoir vu de nos propres yeux la grande activité des Chlou’him, nous nous efforçons aussi de contribuer à Habad au Kazakhstan de tout notre pouvoir. »
Voilà environ sept ans que R’ Ephraim Iski a fait son alya en Terre d’Israël ; il habite Ashdod et, là aussi, il entretient un lien étroit avec les ‘hassidim de Habad et compte parmi les fidèles de la synagogue du Chalia’h de « Habad ba’Aliya », Rav Sim’ha Koulievkov, où les Juifs russophones, immigrés des pays de la CEI, trouvent un foyer chaleureux.
Il y a environ deux ans, il prit sur lui une belle initiative : l’organisation du don de deux Sifré Torah, l’un pour sa communauté actuelle à Ashdod, l’autre pour la synagogue centrale de Habad à Alma-Ata. La décision fut prise en ce jour lumineux de Yod-Alef Nissan, jour anniversaire du Rabbi. Une fois la décision prise, R’ Ephraim écrivit une lettre annonçant la nouvelle au Ohel du Rabbi et, avec l’aide de D.ieu, la décision fut menée à bien. Le Sefer Torah destiné à la synagogue d’Ashdod a déjà été introduit avec faste, splendeur et une grande joie. L’achèvement et l’entrée du Sefer Torah à Alma-Ata avaient été planifiés d’avance pour le jour de la Hiloula de Kaf Av. Des contraintes de dernière minute ne l’ont pas permis, mais le Sefer Torah voyage vers sa destination par le vol charter spécial parti cette semaine, et l’achèvement et l’entrée auront lieu, avec l’aide de D.ieu, dans quelques semaines, en ce jour lumineux de ‘Haï Elloul.
Écrire au Rabbi
R’ Ephraim Iski est doté d’un sens des affaires et, même dans ses activités, il voit concrètement, dit-il, l’expression de son lien avec Habad. « Et d’ailleurs », note-t-il avec l’enthousiasme d’un ‘hassid, « étant né un Yod-Tet Kislev, Roch Hachana du ‘hassidisme, fête de la délivrance de l’Admour Hazakène, il n’est pas étonnant que j’aie un lien si étroit avec Habad. »
Il a également coutume d’écrire au Rabbi avant chaque étape importante de sa vie personnelle et professionnelle, et relève avec émerveillement : « Plusieurs fois déjà, j’ai écrit au Rabbi et, en ouvrant les Igrot Kodech à la page où j’insérais ma lettre, j’ai été surpris de voir, encore et encore, une lettre datée du Yod-Tet Kislev ; et bien des fois, j’ai eu le mérite de trouver dans les lettres que j’ouvrais des réponses directes aux questions qui me préoccupaient.
« Par exemple, j’ai été le premier au Kazakhstan à produire de la charcuterie cachère. Je l’ai fait après avoir écrit au Rabbi au sujet de cette idée, et la lettre des Igrot Kodech sur laquelle je suis tombé traitait précisément du fait qu’une nourriture cachère implante la foi dans l’homme. J’ai donc poursuivi cette activité, même dans les périodes où elle n’était pas rentable ; mais, avec l’aide de D.ieu, j’ai fini par bien gagner ma vie, et, avec le temps, la production et la commercialisation de viande cachère au Kazakhstan se sont développées, d’autres s’étant à leur tour lancés dans ce domaine. »
Son alya en Terre d’Israël, elle aussi, fut jalonnée d’événements relevant de la providence divine. « À vrai dire, durant toutes mes années de résidence à Alma-Ata, j’aimais beaucoup cet endroit. C’est là que je suis né, et notre communauté est chaleureuse et solidaire. Parfois, je m’interrogeais moi-même : pourquoi me sentais-je si à l’aise à l’étranger, sans aucun désir de monter en Terre d’Israël ? Mais le Saint béni soit-Il, qui dirige les causes, agença les choses de telle sorte que je subis les persécutions d’instances gouvernementales et que, comme contraint et forcé, je fis mon alya. Et, avec l’aide de D.ieu, je m’en réjouis grandement, notamment en raison de mon appartenance à la communauté du Chalia’h Rav Sim’ha Koulievkov. »
En Terre sainte, R’ Ephraim se lança dans la fabrication de lanières pour Téfilines. Là encore, il vit une providence divine à chaque pas. « Les choses se sont enchaînées de telle façon que la responsabilité de l’entreprise est retombée sur moi, alors qu’au départ je n’étais qu’un intermédiaire ; de fait, je me suis retrouvé avec un grand stock pour lequel je ne parvenais pas à trouver d’acheteurs. J’ai de nouveau écrit au Rabbi, et la lettre des Igrot Kodech du Rabbi, sur laquelle je suis tombé par providence divine à la page où j’avais inséré mon courrier, traitait du sujet de la cacherout et évoquait quelque chose au sujet d’un Chalia’h qui viendrait apporter son aide ; j’ai compris qu’il me fallait poursuivre dans ce domaine et ne pas désespérer.
« Et en effet, tôt le lendemain matin de cette lettre au Rabbi, j’ai reçu un message de quelqu’un qui, quelques semaines auparavant, avait refusé ma proposition de lui acheter une partie des lanières : il avait changé d’avis et souhaitait devenir un client régulier. Avec le temps, l’entreprise s’est consolidée et, aujourd’hui, nous fabriquons des lanières de plusieurs niveaux, le plus élevé étant d’un grand hidour, fait entièrement à la main, sans aucune machine, le tannage du cuir et son trempage dans la chaux se faisant dans des fosses, selon la méthode de fabrication ancienne, à partir de cuirs d’animaux abattus rituellement de manière cachère.
« À propos », ajoute-t-il, « il serait bon que le public soit conscient de la signification de l’expression « fait à la main ». À l’époque, quand débuta par exemple la controverse sur la matsa de machine, les machines n’étaient pour l’essentiel que des engrenages qui tournaient, et il n’existait pas encore de machines à moteur électrique ; pourtant, les décisionnaires soutenaient que c’était un ouvrage de machine et non un travail manuel. Cela vaut aussi, d’une manière générale, pour la confection des Tsitsit. Mais nous ne nous étendrons pas ici sur le sujet.
« Je noterai seulement, comme je l’ai dit, que nous fabriquons aussi des lanières du niveau le plus soigné ; nous n’épargnons ni effort ni argent, et faisons voyager en avion des ouvriers et des surveillants vers les lieux de production en Turquie et en Russie, où nous achetons les cuirs à l’abattoir dont la che’hita est dirigée par le vétéran cho’het, le ‘hassid R’ Its’hak Kogan, « le tsaddik de Leningrad ». Ensuite, nous acheminons la production en Terre d’Israël et procédons ici à la découpe, dans des points de production à Komemiyout et à Jérusalem. Je mentionne particulièrement Komemiyout, car nos lanières sont sous la certification du Rav Mendelson, chelita, av beth din de Komemiyout ; et l’un de ses proches m’a raconté que lui-même s’était rendu une fois auprès du Rabbi et que, lorsqu’il dit s’occuper de la fabrication de lanières de Téfilines, le Rabbi lui donna une bénédiction en ajoutant que la production devait se faire avec hidour. Nous nous prévalons aussi de la certification du Grand Rabbin de Russie, Rav Lazar, chelita. »
La révolution des Téfilines
Pour conclure, quels sont les sentiments, à la veille du jour de la Hiloula de Kaf Av, d’un Juif natif d’Alma-Ata qui a eu le mérite d’être lié au Rabbi, fils du Gaon et kabbaliste dont on commémore la Hiloula ?
« Je ne sais si c’est juste et convenable de m’exprimer ainsi, mais je vais vous dire ce que je ressens : le Gaon et tsaddik Rav Levi Its’hak a donné sa vie et fut comme un sacrifice pour les Juifs d’Union soviétique en son temps ; sa fin de vie en ce monde, son départ et sa tombe à Alma-Ata relèvent assurément d’une providence divine venue d’En-Haut. Et, en tant que fils d’un Juif d’Alma-Ata influencé par lui et par sa lumière, il est clair pour moi que toute la révolution accomplie par les Chlou’him de son fils, le Rabbi, au Kazakhstan puise sa force en lui, en son feu et en sa lumière.
Sur la voie du Rabbi. R’ Ephraim lors de la campagne des Téfilines avec des soldats de Tsahal.
« Et en ce grand jour, nous aussi, à Ashdod, nous rassemblerons ici toute la communauté, un public respectable d’immigrés de Russie, d’Ukraine et d’autres pays de la CEI, et bien sûr du Kazakhstan, et nous tiendrons un grand Farbrenguen en son honneur.
« Et nous ne nous contenterons pas de paroles ; avec l’aide de D.ieu, nous avons aussi posé un acte, et cet acte, à lui seul, témoigne de cette révolution. Je veux parler du fait qu’en l’honneur de Kaf Av, cette année, nous avons offert aux Juifs du Kazakhstan sept paires de Téfilines. Et écoutez bien : nous avons demandé que ces Téfilines parviennent à des Juifs qui souhaitent mettre les Téfilines et n’ont pas encore les leurs. Or, en pratique, il fut vraiment difficile de trouver de tels Juifs, au point qu’une partie des paires que nous avons envoyées sont des Téfilines de Rabbénou Tam, car nous n’avons pas trouvé sept Juifs dépourvus de Téfilines de Rachi. Et cela dans une ville qui, autrefois, ne comptait que peu de paires de Téfilines au regard du nombre de ses Juifs. N’est-ce pas là une révolution ?!…
« Ainsi, toute notre vie et toutes nos actions gravitent autour de la figure du Gaon Rav Levi Its’hak et de la Chli’hout du Rabbi. Que D.ieu nous aide à être toujours reliés aux tsaddikim véritables, et que vienne bientôt la Guéoula complète. »
















