Vendredi 12 mai 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Behar-Be’houkotaï – « Le mérite des Patriarches »- Rav Levi Azimov

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Be’houkotaï – Le mérite des Patriarches
Source : Likouté Si’hot volume 32, première Si’ha sur Be’houkota

 

 


MEKOROT


1. – Dans notre Paracha : D.ieu évoque le mérite des alliances avec les Patriarches

Le mérite des Patriarches est cité dans l’ordre chronologique inversé : une indication au plus grand mérite de Ya’akov ou d’Avraham ?

Be’houkotaï 26, 42 : Et Je Me souviendrai de Mon alliance avec Ya’akov ; Mon alliance aussi avec Its’hak, Mon alliance aussi avec Avraham, Je M’en souviendrai, et la terre aussi, Je M’en souviendrai.

Rachi : Je Me souviendrai de Mon alliance avec Ya’akov. Pourquoi les Patriarches sont-ils énumérés dans l’ordre chronologique inversé ? Pour nous dire que Ya’akov, le plus jeune, devrait suffire ; et s’il n’est pas conforme – Its’hak est avec lui ; et s’il n’est pas conforme – Avraham est avec lui, car il est conforme,

Torat Cohanim Be’houkotaï 2, 8 : Je Me souviendrai de Mon alliance avec Ya’akov. Pourquoi les Patriarches sont-ils énumérés dans l’ordre chronologique inversé ? En effet, si les actions d’Avraham ne sont pas conformes – les actions d’Its’hak [le sont] ! Et si les actions d’Its’hak ne sont pas conformes – les actions de Ya’akov [le sont] ! Chaque [Patriarche] est conforme pour [protéger] le monde par son propre mérite.

2 – Analyse : Le mérite d’un Patriarche est-il inférieur à celui de ses prédécesseurs ?

Trois différences majeures entre le commentaire du Torat Cohanim et celui de Rachi.

Likouté Si’hot : Selon le Torat Cohanim, le mérite de Ya’akov dépasse celui d’Its’hak, et celui d’Its’hak dépasse celui d’Avraham, alors que Rachi laisse entendre que le mérite d’Avraham dépasse celui d’Its’hak, et que celui d’Its’hak dépasse celui de Ya’akov. (b) Le Torat Cohanim laisse entendre que le mérite de chaque Patriarche, à lui seul, aurait suffi, alors que Rachi précise « avec lui » pour indiquer les Patriarches doivent s’associer. (c) Selon le Torat Cohanim, l’accent est porté sur le mérite des « actions » des Patriarches, alors que selon Rachi, l’accent principal de ce souvenir porte sur les mérites intrinsèques d’Avraham, d’Its’hak et de Ya’akov, sur le fait même qu’ils soient qualifiés de « Patriarches » : dans ce domaine, Avraham est le « Patriarche » au plus haut niveau.

3 – Développement : Le processus de la fin de l’exil et du début de la délivrance

Be’houkotaï 26, 40-41 : Puis ils confesseront leur faute et celle de leurs pères, leur forfaiture envers Moi, et aussi leur conduite hostile à Mon égard, pour laquelle Moi aussi Je les aurai traités hostilement : Je les ferai venir au pays de leurs ennemis ; à moins qu’alors leur cœur obtus ne se soumette, et alors ils expieront leur faute.

Rachi : Je les ferai venir. Je les amènerai Moi-même. Cela constitue un bienfait pour Israël, pour qu’ils ne disent pas : « Puisque nous avons été exilés parmi les peuples idolâtres, nous allons adopter leurs pratiques » ; Moi, Je ne les laisserai pas faire ! Je susciterai des prophètes et Je les ramènerai sous Mes ailes, comme il est écrit : « Et ce qui monte dans votre esprit n’arrivera nullement […] par Ma vie […] si Je ne règne sur vous avec une main forte » (Ezéchiel 20, 32). Et alors ils expieront leur faute. Ils expieront leurs fautes par leurs épreuves.

Torat Cohanim ibid. : A moins qu’alors leur cœur obtus ne se soumette. Cela fait référence à la Techouva. Dès que [les enfants d’Israël] soumettront leur cœur [à D.ieu] par la Techouva – D.ieu aura immédiatement pitié d’eux ! Ainsi qu’il est dit : « A moins qu’alors leur cœur obtus ne se soumette, et alors, [le résultat immédiat sera] qu’ils expieront leur faute [et seront donc immédiatement exaucés et libérés !] ».

4 – Une divergence majeure concernant l’élément déclencheur de la délivrance

Likouté Si’hot : Selon le Torat Cohanim : la délivrance viendra par le mérite des enfants d’Israël, qui auront fait Techouva sur leurs fautes et mériteront donc d’être délivrés. Selon Rachi : l’expiation des fautes des enfants d’Israël ne s’obtient pas par leur Techouva et par leurs mérites, mais plutôt par le fait que D.ieu leur envoie des souffrances et que, [du fait même de ces souffrances involontaires], leurs fautes sont expiées.

5 – Explication : Deux approches sur la nécessité même du mérite des Patriarches

Ohr Ha’haïm sur Be’houkotaï 26, 42 : D.ieu précise qu’Il devra se « souvenir » des enfants d’Israël, car même si ces derniers confessent leurs fautes, cela ne contribuera qu’à pour alléger les mauvais décrets qui pourraient les atteindre ; cependant, pour retrouver leur situation initiale – il faut le mérite des Patriarches.

Likouté Si’hot : Selon le Torat Cohanim : étant donné que les enfants d’Israël méritent déjà la délivrance, la nécessité du mérite des Patriarches s’explique par le fait que la Techouva annule le mal mais ne rend pas apte à la Délivrance. Ainsi, on rappelle le mérite éternel des Patriarches, qui restera à jamais pour les enfants d’Israël : ce mérite leur est considéré comme s’ils avaient réalisé de bonnes actions et les rendent aptes à la Délivrance !

Selon Rachi : l’expiation de la faute, qui produit la Délivrance, s’obtient par le fait que D.ieu ramène les enfants d’Israël sur le droit chemin. De ce fait, le mérite d’être délivrés ne dépend pas vraiment de la qualité des actions des enfants d’Israël, ce mérite est plutôt lié aux actions de D.ieu envers les Patriarches. En effet, puisque D.ieu a contracté une alliance avec les Patriarches afin de libérer leurs enfants, la situation personnelle de ces derniers ne change pas grand-chose : qu’ils méritent la délivrance ou qu’ils ne la méritent pas, D.ieu finira par les libérer !

6 – Approfondissement : Quel Patriarche a plus de mérite : Avraham ou Ya’akov ?

Likouté Si’hot : D.ieu établit que Avraham, Its’hak et Ya’akov sont les Patriarches du peuple juif car ils firent preuve de don de soi et d’attachement à D.ieu. Dans ce domaine, Avraham dépasse les autres Patriarches : car bien qu’il grandit dans une maison idolâtre, il reconnut seul le Créateur et fit preuve de don de soi, pour devenir ainsi le Patriarche de la Nation. Cependant, Ya’akov détient une qualité particulière : étant le fils d’Its’hak et le petit-fils d’Avraham, il évolua dans la sainteté absolue ; c’est pourquoi il est appelé : « l’élu des Patriarches ».

7 – Enseignement : Perfection personnelle associée au mérite des Patriarches !

Likouté Si’hot : Selon le Torat Cohanim, mettant l’accent sur l’action des Patriarches : l’action de Ya’akov a le plus de mérite car elle était dans la sainteté absolue. Selon Rachi, mettant l’accent sur les Patriarches mêmes, en tant que « Patriarches » : Ya’akov est effectivement le « plus petit » dans ce domaine. Cependant, pour cette même raison, il faut associer le mérite des autres Patriarches à celui de Ya’akov, car Avraham est Its’hak sont également les « Patriarches » d’autres enfants : les [Nations] d’Yichmaël et d’Essav, [éventuellement hostiles], pourraient donc bénéficier de ce mérite. C’est pourquoi Rachi précise : « et s’il n’est pas conforme – Its’hak est avec lui, …Avraham est avec lui », ainsi, le mérite du rappel de l’alliance ne portera que sur le peuple d’Israël.

Vendredi 12 mai 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Behar-Be’houkotaï – « Le mérite des Patriarches »- Rav Levi Azimov

Vendredi 5 mai 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Emor – « Le pouvoir d’une bonne parole »- Rav Levi Azimov

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Emor – Le pouvoir d’une bonne parole
Source : Likouté Si’hot volume 27, première Si’ha sur Emor

 


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MEKOROT


1 – Le nom de la Paracha : « Emor (parle) ! » : quelle « parole » encourage-t-on ?

Gour Arié (Maharal) Berechit 1, 1 (au nom du Radak) : Étymologiquement, « Torah » signifie : « enseignement ».

Maïmonide sur Pirké Avot 1, 16 : D’après la Torah, la parole se divise en cinq catégories : « Mitsva » – lire la Torah, l’étudier et l’approfondir. « Interdit » – comme le faux témoignage, le colportage et maudire autrui. « Dédaigné » – les paroles qui ne sont d’aucune utilité pour l’âme. « Apprécié » – les paroles qui font l’éloge des qualités intellectuelles et sentimentales et le blâme des défauts dans ces deux domaines. « Autorisé » – les paroles sur les affaires de l’homme, sur sa nourriture, sa boisson, ses vêtements et tout ce qui lui est nécessaire.

2 – Analyse : La définition de la Parole divine, comparée à la parole humaine

Midrach Vayikra Rabba Emor 26, 1 : « Parle aux Cohanim » : … « Les paroles de D.ieu sont des paroles pures » (Psaumes 12, 7) – car les paroles des hommes ne sont pas pures. En effet, l’habitude établie veut que lorsqu’un roi humain entre dans un pays, tous les citoyens du pays font l’éloge du roi et cela lui procure du plaisir ; alors, il leur annonce : « demain, je vous construis ceci et cela… ». Mais le roi s’endort et ne fait rien : où est-il et où sont ses promesses ? D.ieu n’est pas comme ça, car « D.ieu, l’Eternel est authentique » (Jérémie 10, 10), et pourquoi est-Il « authentique » ? Car Il est « un D.ieu vivant et un Roi éternel » (ibid.). …Pourquoi surnommait-on la médisance « le troisième », car elle tue trois personnes : celle qui parle, celle qui l’écoute et celle dont on parle.

3 – Développement : Maïmonide sur l’importance de la bonne parole sur autrui

Maïmonide, lois des comportements 5, 7 : L’érudit .. parlera doucement avec toutes les créatures ; il devancera les autres dans les salutations, afin d’être apprécié par les autres ; il jugera tout un chacun favorablement, il fera l’éloge de son prochain et ne le blâmera pas du tout.

Maïmonide, lois des comportements 6, 3 : Il incombe à chacun d’aimer tout autre Juif comme soi-même, ainsi qu’il est dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kedochim 19, 18). Il faut donc parler favorablement d’autrui et se soucier de son argent comme on se soucie de son argent personnel et de son propre honneur.

4 – « Et ne le blâmera pas du tout » : quel est le sens de cette précision ?

Likouté Si’hot : Maïmonide indique que l’érudit « fait l’éloge de son prochain » après avoir indiqué que l’érudit « juge tout un chacun favorablement » ; cela suppose donc qu’il y a un élément condamnable dans la conduite de ce « prochain ». Et pourtant, Maïmonide précise que l’érudit ne fera que « l’éloge » de cet homme, alors que le « blâme » est apparent ! Bien plus, l’éloge de cet homme sera fait au point que le blâme est absolument écarté !

5 – Deux types de réactions au comportement problématique observé chez autrui

Likouté Si’hot : Celui qui n’est pas érudit, réprimandera son prochain pour sa faute (selon les règles de la Torah). En revanche, l’érudit qui doit « parler doucement avec toutes les créatures », annulera le « blâme » de son prochain de façon « douce » et paisible : le fait même de faire des louanges sur son prochain dévoilera l’éloge et les qualités de ce dernier, pour atténuer ainsi son « blâme » jusqu’à arriver à l’effacer entièrement.

6 – C’est pourquoi la médisance nuit également à la personne dont on parle

Likouté Si’hot : La définition de la parole est d’exprimer clairement un sujet qui était caché (dans la pensée). C’est pourquoi, lorsqu’on parle mal sur son prochain, on « dévoile » ce mal et cela peut donc causer du tort à cet homme. Si personne n’en avait parlé, ce mal aurait pu rester caché et n’aurait pas produit des conséquences néfastes. Or, on sait bien que « la mesure du bien dépasse celle du malheur », il est donc évident que lorsqu’on évoque les qualités d’autrui, on dévoile concrètement le bien et les qualités présentes chez cette personne.

7 – Approfondissement : Comment peut-on « ne pas voir du tout » le mal d’autrui ?

Tanya ch. 30 : « Ne juge pas ton prochain tant que tu n’es pas à sa place » (Pirké Avot 2, 4), car c’est sa « place », qui le conduit à la faute : son gagne-pain l’amène à tourner au marché toute la journée, à être assis aux coins des rues : ses yeux voient toutes les tentations, « l’oeil voit et le coeur désire » et son mauvais penchant brûle !…

Likouté Si’hot : Lorsqu’on voit un Juif, devant lequel D.ieu place de grandes épreuves – cela prouve que des forces suprêmes furent donnés à cet homme, au préalable, afin de surmonter de rudes épreuves, car « D.ieu exige selon les capacités de chacun ». « Juger favorablement » (Ze’houte) son prochain n’est pas que pour le dédouaner, mais surtout pour dévoiler sa « pureté (Zakoute) » et sa qualité. Ainsi, selon Maïmonide, un véritable érudit observe les capacités spirituelles extraordinaires de son prochain, et de ce fait : « il fait son éloge et ne le blâme pas du tout ».

8 – Enseignement : « Parler ! » : faire constamment l’éloge de son prochain !

Likouté Si’hot : L’enseignement que l’on apprend du nom de la Paracha, « Emor (parle) » est qu’il faut s’habituer à faire abondamment l’éloge de chaque Juif, et ceci inclut la nécessité de le juger favorablement. Ainsi, à l’image de la Parole divine qui est créatrice et produit des résultats réels, la « bonne parole » d’un Juif sur un autre Juif aura également un impact réel : elle révèlera concrètement le bien qui est caché en ce Juif.
Cela correspond à l’explication des Sages sur le début de notre Paracha : « Les grands doivent mettre en garde (Lehazehir) les petits ». En effet, l’impact que les « grands » auront sur les « petits » (incluant les « grands » et « petits » dans le niveau du service divin) – dans le but de les éloigner des éléments indésirables, ne s’obtiendra pas en se préoccupant du mal, mais surtout par la méthode positive : en les « faisant briller » (Lehazehir) par « la droite qui rapproche », par le dévoilement du bien profond présent en eux, au point que ce bien éclaire et brille en eux !

Vendredi 12 mai 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Behar-Be’houkotaï – « Le mérite des Patriarches »- Rav Levi Azimov

Vendredi 28 avril 2023 à 10h30 : Etude du Kovets A’harei Mot – Kedochim – « Une Mitsva intéressée? »- Rav Levi Azimov

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Kedochim – Une Mitsva intéressée ?
Source : Likouté Si’hot volume 22, deuxième Si’ha sur Kedochim

 


MEKOROT


 

1 – Dans notre Paracha : Les restrictions pour les fruits des quatre premières années

Kedochim 19, 23-25 :

וְכִי־תָבֹ֣אוּ אֶל־הָאָ֗רֶץ וּנְטַעְתֶּם֙ כׇּל־עֵ֣ץ מַאֲכָ֔ל וַעֲרַלְתֶּ֥ם עׇרְלָת֖וֹ אֶת־פִּרְי֑וֹ
שָׁלֹ֣שׁ שָׁנִ֗ים יִהְיֶ֥ה לָכֶ֛ם עֲרֵלִ֖ים לֹ֥א יֵאָכֵֽל׃
וּבַשָּׁנָה֙ הָרְבִיעִ֔ת יִהְיֶ֖ה כׇּל־פִּרְי֑וֹ קֹ֥דֶשׁ הִלּוּלִ֖ים לַיהֹוָֽה׃
וּבַשָּׁנָ֣ה הַחֲמִישִׁ֗ת תֹּֽאכְלוּ֙ אֶת־פִּרְי֔וֹ לְהוֹסִ֥יף לָכֶ֖ם תְּבוּאָת֑וֹ אֲנִ֖י יְהֹוָ֥ה אֱלֹהֵיכֶֽם׃

 Lorsque vous pénétrerez dans la Terre promise et y planterez un arbre fruitier, vous considérerez ses fruits comme impropres à la consommation:
Pendant trois années, ils seront invendables et ne pourront être mangés.
Au cours de la quatrième année, tous ses fruits seront consacrés aux réjouissances en l’honneur de D.ieu :
Durant la cinquième année, vous pourrez enfin jouir de ses fruits, afin d’augmenter pour vous sa récolte. : Je suis l’Éternel, votre D.ieu.

Rachi :
Afin d’augmenter pour vous sa récolte. Si vous observez cette Mitsva, elle contribuera à accroître la récolte, car en récompense, Je bénirai les fruits des plantations.
Rabbi Akiva disait : La Torah argumente contre le penchant au mal, afin qu’un homme ne dise pas : « cela fait quatre ans que je me donne de la peine pour rien ! », c’est pourquoi il est écrit : « pour augmenter pour vous sa récolte ». Je suis l’Éternel. Je suis l’Éternel Qui promet, et suis fidèle pour respecter Ma promesse.

2 – Analyse (a) : La récolte s’accroîtrait-elle par le mérite de la cinquième année ?

Maskil LeDavid sur Rachi : Le terme « afin d’augmenter… la récolte » devrait être écrit plus tôt dans la phrase. Rachi cite donc Rabbi Akiva, comme pour dire : ainsi les Sages l’expliquent, même si c’est un peu difficile…

Likouté Si’hot : A priori, selon le sens littéral, il n’y a aucun problème à indiquer la récompense d’une Mitsva à la fin d’un sujet. Cependant, il faut comprendre la longueur du commentaire de Rachi et les différents termes utilisés.

Dans cette analyse, il est question de savoir si la récolte s’accroît par le mérite de la cinquième année.

Le commentaire de Rachi, citant Rabbi Akiva, suggère que les Sages expliquent que la récolte augmente même si cela semble difficile à comprendre selon la formulation du verset.

3 – Analyse (b) : Est-ce négatif d’attendre le salaire mérité pour une Mitsva ?

Rachi sur Ki-Tétsé 21, 11 : La Torah autorise l’épouse d’une belle apparence afin de contrer le penchant au mal. Si D.ieu ne l’avait pas permis, l’homme l’aurait épousée en infraction. Cependant, s’il l’épouse, il finira par la détester et engendrer avec elle un fils indocile et rebelle.

Likouté Si’hot : Bien que la « femme de belle apparence » devrait être interdite, D.ieu l’autorise « pour le mauvais penchant ». Pourtant, en ce qui concerne la récompense des Mitsvot, la Torah indique clairement et à plusieurs reprises qu’il est un principe fondamental de savoir que D.ieu rétribue l’homme pour l’accomplissement des Mitsvot. Alors, en quoi la récompense de cette Mitsva est-elle différente, pour n’être donnée que pour « le mauvais penchant » ?

Dans cette analyse, il est question de savoir s’il est négatif d’attendre la récompense méritée pour une Mitsva. La Torah autorise certaines choses, comme l’épouse d’une belle apparence, pour contrer le penchant au mal. Toutefois, la récompense pour cette Mitsva semble être différente des autres Mitsvot, car elle est donnée uniquement pour « le mauvais penchant ».
Le Likouté Si’hot souligne que, bien que la Torah indique clairement et à plusieurs reprises qu’il est un principe fondamental de savoir que D.ieu rétribue l’homme pour l’accomplissement des Mitsvot, la récompense de cette Mitsva particulière est différente. Il semble donc que l’attente de la récompense méritée pour une Mitsva puisse être considérée comme négative dans certains cas, en particulier lorsqu’elle est associée au « mauvais penchant ».

4 – Développement : « Afin d’augmenter sa récolte » : est-ce l’objectif de la Mitsva ?

Likouté Si’hot : La formulation « afin d’augmenter… la récolte » suggère que c’est l’objectif de la Mitsva, tout comme la phrase « Souviens-toi du jour du Chabbat afin de le sanctifier » (Yitro 20, 8) indique que sanctifier le Chabbat est l’objectif de cette Mitsva. Rachi en déduit donc que cette Mitsva est une exception à la règle : la Torah nous autorise à l’accomplir, d’emblée, « afin d’augmenter… la récolte ».

Le Rabbi souligne que l’expression « afin d’augmenter… la récolte » indique que l’augmentation de la récolte est bien l’objectif de la Mitsva en question. En comparant cela à l’injonction de sanctifier le Chabbat, il est clair que l’objectif de chaque Mitsva est généralement de suivre les commandements de la Torah pour accomplir la volonté de D.ieu.
Cependant, Rachi suggère que cette Mitsva particulière est une exception à la règle. Au lieu de simplement accomplir la volonté de D.ieu, la Torah autorise l’accomplissement de cette Mitsva spécifiquement pour augmenter la récolte. Ainsi, dans ce cas, l’objectif de la Mitsva semble être davantage axé sur le résultat tangible (l’augmentation de la récolte) que sur l’accomplissement de la volonté de D.ieu en général.
Bien que l’objectif de la plupart des Mitsvot soit d’accomplir la volonté de D.ieu, cette Mitsva particulière, « afin d’augmenter… la récolte », semble avoir un objectif plus spécifique et matériel. Cette exception à la règle suggère que la Torah reconnaît parfois la nécessité d’atteindre des résultats tangibles pour motiver et encourager l’accomplissement des commandements.

5 – Si c’est l’objectif de la Mitsva, pourquoi ne pas l’indiquer dès le premier verset ?

Likouté Si’hot : Rachi répond à cette question en expliquant que le terme « récolte » est remplacé par « fruits des plantations » pour montrer que D.ieu ne bénira pas seulement la croissance des fruits, mais aussi les « fruits des plantations » de la cinquième année, prêts pour la consommation. Les fruits eux-mêmes augmenteront grâce à la bénédiction divine !

Il est possible que la Torah n’ait pas mentionné cet objectif dès le premier verset pour mettre l’accent sur l’importance de suivre la Mitsva en elle-même, plutôt que de se concentrer uniquement sur la récompense matérielle qui en découle. En remplaçant le terme « récolte » par « fruits des plantations », la Torah souligne que la bénédiction de D.ieu s’étendra à tous les aspects de la croissance et de la consommation des fruits, et pas seulement à la récolte elle-même.
Ainsi, en ne mentionnant pas l’objectif de la Mitsva dès le premier verset, la Torah encourage les fidèles à se concentrer d’abord sur l’accomplissement de la Mitsva et à avoir confiance en la bénédiction divine qui en découlera. Cette approche permet de mettre en avant l’importance de suivre les commandements de D.ieu, tout en reconnaissant que des bénédictions matérielles peuvent en résulter.

6 – En quoi cette Mitsva est-elle différente des autres : une tentation plus forte ?

Likouté Si’hot : Rachi cite Rabbi Akiva pour expliquer que cette Mitsva est particulièrement difficile à accomplir en raison de la tentation plus forte de ne pas respecter les règles et de vouloir profiter des fruits avant la cinquième année. Le Juif pourrait se dire qu’il se donne de la peine pendant quatre ans pour rien, ce qui peut rendre cette Mitsva plus difficile à suivre que d’autres.

C’est pourquoi la Torah permet, pour contrer le « mauvais penchant », de penser au salaire de la Mitsva durant son accomplissement. Pour « apaiser le mauvais penchant », D.ieu promet une récompense exceptionnelle pour l’accomplissement de cette Mitsva. Ainsi, en autorisant la pensée de la récompense, la Torah aide les fidèles à résister à la tentation et à se concentrer sur l’importance d’observer cette Mitsva malgré les défis qu’elle présente.
Cette approche met en évidence la reconnaissance par la Torah des difficultés et des tentations que les fidèles peuvent rencontrer en essayant de suivre les commandements divins, et offre un soutien pour les aider à rester sur le chemin de l’observance et de la piété.

7 – «Rabbi Akiva disait» : Il faut aider un Juif à faire face à son mauvais penchant !

Rachi sur Kedochim 19, 18 : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Rabbi Akiva dit : c’est là un principe fondamental dans la Torah.

Rachi sur Guemara Sanhedrin 110b : Rabbi Akiva avait l’habitude de « faire mériter » les enfants d’Israël.

Likouté Si’hot : L’approche de Rabbi Akiva est de trouver des circonstances atténuantes pour un Juif et chercher à l’aider, considérant cela comme « un principe fondamental dans la Torah ». On comprend donc pourquoi la Torah s’occupe de chaque Juif et se fait du souci, même pour celui qui a besoin « que l’on s’adresse à son mauvais penchant ».

Rabbi Akiva lui-même n’avait aucunement étudié la Torah durant ses quarante premières années; il ne le fit que lorsqu’on lui promit un salaire pour son étude (voir Guemara Ketoubot 62b). Sa situation était donc similaire à celui qui estime « se donner de la peine pendant quatre ans pour rien ! » car le nouveau parcours qu’il empruntait impliquait le « rejet » des quarante premières années de sa vie ! C’est pourquoi, « Rabbi Akiva disait… » : car il avait eu un parcours similaire : il avait commencé à étudier la Torah par intérêt et finit par atteindre son niveau très élevé !

8 – Enseignement : Transformer le mauvais penchant et l’intéresser aux Mitsvot !

Guemara Bera’hot 54a dit : « Tu aimeras l’Eternel ton D.ieu de tous tes cœurs » (Devarim 6, 5), avec tes deux penchants.

Proverbes 14, 4 : C’est la vigueur du bœuf qui produit d’abondantes récoltes.

Likouté Si’hot : L’essence de cette Mitsva étant la transformation du mauvais penchant, son salaire est donc « l’augmentation de la récolte » ; car en raffinant et transformant le mauvais penchant et l’âme animale on apporte une véritable « augmentation » de la sainteté. Une des raisons en est : puisque cet effort était lié à de la peine, à un labeur fourni par l’homme pour briser le voile de l’âme animale, il fallait donc passer au préalable par une souffrance de quatre années pendant lesquelles l’âme animale « ne profite pas » de la « récolte », [de l’avancée spirituelle]. Et c’est ainsi qu’on parviendra finalement à transformer l’âme animale, pour obtenir des « récoltes abondantes » !

En résumé, l’enseignement principal est de transformer le mauvais penchant et de l’intéresser aux Mitsvot. En faisant cela, on peut augmenter la sainteté et, finalement, obtenir des récoltes abondantes sur le plan spirituel.

Vendredi 12 mai 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Behar-Be’houkotaï – « Le mérite des Patriarches »- Rav Levi Azimov

Vendredi 21 avril 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Tazria Metsora – « Mérites et responsabilités du Cohen »- Rav Levi Azimov

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Tazria – Mérites et responsabilités du Cohen
Source : Likouté Si’hot volume 27, deuxième Si’ha sur Tazria

MEKOROT

1 – Dans notre Paracha : La procédure à suivre à la découverte de la « lèpre »

תזריע יג, ב: אָדָם, כִּי יִהְיֶה בְעורֹ בְּשָרׂו שְאֵׂת א ו סַפַּחַת אוֹ בַהֶרֶת, וְהָיָה בְעוֹר בְּשָרׂ ו לְנֶגַע צָרָעַת, וְהוּבָא אֶל אַהֲרֹן הַכּהן או אֶל אַחַד מִבָּניָו הכַּהֹנֲיִם ; וְרָאָה הַכּהֵֹן אֶת הַנֶּגַע…

Tazria 13, 2 : S’il se forme sur la peau d’un homme : une tumeur, une dartre ou une tache, pouvant dégénérer sur cette peau en affection lépreuse – il sera présenté à Aharon le Cohen ou à un des Cohanim, ses fils ; le Cohen examinera cette affection de la peau…

2 – Analyse : Maïmonide détaille la procédure « d’auscultation » du « lépreux »

רמב »ם הל ‘ טומאת צרעת ט, ב – ג : אףַ עלַ פ יִּ שהֶׁכַלּ כשְּרֵׁ יִן לרִאְ ו ֹ ת נגְעָ יִם הטַ מאָה וְהַטָּהֳרָה תְּלוּיָה בְּכהֵֹן. כֵּיצַד ? כּהֵֹן שֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ לִרְאוֹת הֶחָכָם רוֹאֵהו וְאוֹמֵר לוֹ אֱמרֹ טָמֵא וְהַכּהֵֹן אוֹמֵר טָמֵא. אֱמרֹ טָהוֹר וְהַכּהֵֹן אוֹמֵר טָהוֹר. הַסְגִיּרוֹ וְהוּא מַסְגִּיר ו . .. .וַאֲפִלּו הָיָה הַכּהֵֹן קָטָן אוֹ שׁוֹטֶה הֶחָכָם אוֹמֵר לוֹ וְהואּ מַחְלִיט אוֹ פּוֹטֵר אוֹ סוֹגֵר. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמ ורִּים כְּשֶׁהָיָה הַכֹּהֵן סוֹמֵךְ עַל דִּבְרֵי הֶחָכָם. אֲבָל אִם הָיָה הַכֹּהֵן רוֹאֶה וְס ומֵךְ עַל עַצְמוֹ אָסוּר לוֹ לִרְאוֹת נֶגַע מִכָּל נְגָעִים עַד שֶׁיּוֹרֶנּוּ רַבּוֹ וְיִהְיֶה בָּקִי בְּכָל הַנְּגָעִים וּבִשְׁמוֹתֵיהֶן בְּנִגְעֵי אָדָם כֻּלָּם וּבְנִגְעֵי בְּגָדִים וּ בנגְִעֵי בָתִּּים.
… ומּצְרעָֹ שֶׁנרִּפְאָּ . . אֲפִלּוּ אַחַר כַּמָּה שָׁנִים – הֲרֵי זֶה בְּטֻמְאָתו עַד שֶׁיאֹּמַר לו כּהֵֹן טָהורֹ אַתָּה.

Maïmonide, lois relatives à l’impureté de la lèpre 9, 2-3 : Bien que tous [les hommes] soient valides pour examiner les plaies, l’impureté et la pureté dépendent du Cohen. Comment cela s’applique-t-il ? Lorsqu’un Cohen ne sait pas examiner [les plaies], un Sage examine alors [la plaie] et dit [au Cohen] : « dis ‘impur’ », et le Cohen déclare : « impur » ; « dis ‘pur’ », et le Cohen déclare : « pur » ; « enferme-le » et il l’enferme. …Même si le Cohen est un mineur ou un aliéné, le Sage l’examinera pour lui et le Cohen confirmera l’impureté, l’exempt ou l’enferme. Dans quel cas cela s’applique-t-il ? Que si le Cohen s’en remet aux dires du Sage ! Par contre, s’il agit de son initiative, il lui est défendu d’examiner une des plaies avant que son maître ne lui ait enseigné et qu’il ait une parfaite connaissance de toutes les plaies des hommes, des vêtements et des maisons.
…Un lépreux qui guérit [de sa plaie], restera impur, même pendant plusieurs années, jusqu’à ce qu’un Cohen lui déclare : « tu es pur ».

3 – Analyse : Doit-on chercher à comprendre le raisonnement de cette Mitsva ?

רש »י על תזריע יג, ב : גְּזֵרַת הַכָּתובּ הוּא, שֶׁא יֵ ןטֻמְאַת נְגָעִים וְטָהֳרָתָן אֶלָּא עַל-פִּי כּהֵֹן.

Rachi sur Tazria 13, 2 : Il s’agit d’un décret du Texte selon lequel une affection ne peut être déclarée pure ou impure que de la bouche d’un Cohen.

רמב »ם הלכות תמורה ד, יג: אַף עַל פִּי שֶׁכָּל חֻקֵּי הַתּוֹרָה גְּזֵרוֹת הֵם, .. רָאויּ לְהִתְבּונֹןֵ בָּהֶן וְכָ ל מַה שֶּׁאַתָּה יָכוֹל לִתֵּן לו טַעַם תֵּן לו טַעַם. …וְכָל אֵלּוּ הַדְּבָרִים כְּדֵי לָכֹף אֶת יִצְרוֹ וּלְתַקֵּן דֵּעוֹתָיו. וְרֹב דִּינֵי הַתּוֹרָה אֵינָן אֶלָּא עֵצוֹת מֵרָח וק מִגְּדוֹל הָעֵצָה לְתַקֵּן הַדֵּעוֹת וּלְיַשֵּׁר כָּל הַמַּעֲשִׂים.

Maïmonide, lois relatives au substitut ch. 4, 13 : Bien que toutes les lois de la Torah soient des décrets, il convient d’y réfléchir et de donner des raisons à chaque fois que l’on peut trouver des raisons… Toutes ces règles ont pour fin de soumettre le [mauvais] penchant [de l’homme] et de corriger ses traits de caractère. Et la majorité des lois de la Torah ne sont que des « résolutions prises dès longtemps », par [D.ieu], le « Grand dans le dessein », afin de corriger les traits de caractère et redresser toutes les actions [des hommes].

4 – Développement : Les conséquences dramatiques pour l’homme déclaré « impur »

תזריע יג, מו: כָּל יְמֵי אֲשֶׁר הַנֶּגַע בּוֹ, יִטְמָא – טָמֵא הוּא; בדָּדָ ישֵֵׁב ( שֶׁלאֹּ יהִ יְו שְׁארָ טמְאֵ יִם יושְֹׁב יִם עמִ ו –ֹ רש »י), מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מושָֹׁב ו (ח וץּ ל שְָׁל שֹׁ מחַ נֲו ֹ ת – רש »י).

Tazria 13, 46 : Tant qu’il aura cette plaie, il sera impur, car [cette plaie] est impure ; il demeurera isolé (les autres personnes impures ne doivent pas résider avec lui – Rachi), sa résidence sera hors du camp (hors des trois camps [des Cohanim, des Lévites et des israélites] – Rachi).

לקוטי שיחות: זוֹהִי טֻמְאָה חֲמוּרָה כָּל כָּךְ, שֶׁבִּגְלָלָהּ הָאָדָם הַטָּמֵא הוּא לַחֲלוּטִין מִחוּץ לְ מחַ נֲהֵ הקַדְּ שָֻּׁה , וכּאְלִ וּ רַחֲמָנָא לִצְלַּן יָצָא מִכְּלַל שַׁיָכּותּו לְיִשְרָׂאֵל גוּיֹ קָדושֹׁ. וְעַל כָּךְ אומֶֹרֶת הַתּורָֹה שֶׁרַק כּהֵֹן ר שַַּׁא י לפִסְ ֹ ק שֶׁיהְּ ודּ יִ אחַרֵ הוּא כְּאִלּוּ מְנֻתָּק חַס וְשָׁלוֹם מִמַּחֲנֵה הַקְּדֻשָּׁה.

Likouté Si’hot : Cette impureté est tellement grave, qu’elle impose à l’homme impur de quitter entièrement le camp de la Sainteté, comme s’il était déconnecté, D.ieu nous en préserve, du « Saint Peuple juif ». La Torah nous apprend que seul un Cohen aurait le droit de déclarer qu’un autre juif serait « détaché » de la Sainteté.

5 – Qu’est-ce qu’un Cohen : pourquoi la Torah lui confère-t-elle un tel pouvoir ?

גמרא סוטה לט, א: [כהּ ןֵֹ] מאַ י מבְרָךֵ?ְ … א שֲֶׁר קדִ שְָּׁנו בקִּדְ שָֻּׁת ו ֹ שֶׁל אהַרֲ ֹ ן וצְ וִנָּו לבְרָךֵ אתֶ עמַ וּ ֹ יִ שְרָׂאֵל בְּאַהֲבהָ.

Guemara Sotta 39a : Quelle bénédiction le Cohen prononce-t-il [avant de bénir le peuple d’Israël] ?… « Qui
nous a sanctifiés par la Sainteté d’Aharon et nous a ordonné de bénir Son peuple Israël avec amour ».

שולחן ערוך אדמו »ר הזקן אורח חיים הל’ נשיאת כפים קכח, יט: כּהֵֹן הַשּוׂנֵֹא אֶת הַצִבּּורּ או הַצִבּּורּ שוׂנְֹאִים אותֹו סַכָּנָה הִיא לַכּהֵֹן אִם יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו (וְלָכֵן יֵצֵא מִבֵּית הַכְּנֶסֶת) וְעַל זֶה תִּקְּנוּ בַּבְּרָכָה לְבָרֵךְ אֶת עַמּוֹ יִשְׂרָאֵל בְּאַהֲבהָ.

Chlou’han Arou’h Admour Hazakène Ora’h Haïm 128, 19 : Un Cohen qui déteste la communauté ou bien si la communauté le déteste, c’est un danger pour lui de bénir dans ces conditions (et il sortira de la Synagogue).
C’est pour cela que les Sages ont instauré le texte de la bénédiction : « bénir Son peuple Israël avec amour ».

שופטים כא, ה: הַכּהֲֹנִים… בָם בָּחַר ה’ אֱלקֶֹיךָ לְשָׁרְתוֹ, וּלבְרֵָךְ בשְֵּׁם ה ‘, [וְלָכֵן ] – וְעַל פִּיהֶם יִהְיֶה כָּל רִיב וכְָל נגַָע.

Choftim 21, 5 : Les Cohanim, …ce sont eux que l’Éternel, ton D.ieu, a désignés pour Le servir, pour bénir
en Son Nom, et [c’est pour cela que] c’est par eux [qu’est jugée] toute dispute et toute plaie.

6 – Approfondissement : Le Cohen juge-t-il par son instinct ou selon la Hala’ha ?!

לקוטי שיחות: וַדַּאי וּוַדַּאי צְרִיכָה לִהְיוֹת קְבִיעָתוֹ שֶׁל הַכּהֵֹן מְבֻסֶּסֶת רַק עַל הַתּוֹרָה, וְלָכֵן צְרִיכָה רְאִיַתּ הַנֶּגַע לְהֵעָשוׂתֹ עַל יְדֵי חָכָם וכו’; אַךְ כְּדֵי לִקְבּעַֹ זֹאת כּפְִסַק דִּין למְַעשֲֶׂה , י שצֹרֶךְ דַּוְקָא בְּכֹהֵן אִישׁ הַחֶסֶד. כִּי דַּוְקָא הוּא ח שָׁ בּחַמְֻרָה הָרַבּהָ שֶׁל ה ו ֹ צאָתַ פסְּקַ ד יִּן כ זָּהֶ, וּמִשּׁוּם כָּךְ לֹא יַחְסֹךְ כָּל מַאֲמָץ וְיַחֲקֹר וְיִדְרֹשׁ הַרְבֵּה אֵצֶל הֶחָכָם, וְיַשְׁקִיעַ כָּל כּוחֹותָֹיו כְּדֵי שֶׁתִּהְיֶה לְאַחַר מִכֵּן טַהרֲַת הַמְּצֹרָע.

Likouté Si’hot : Il est évident que le verdict du Cohen doit être basé exclusivement sur la Torah, ce qui explique pourquoi l’auscultation de la plaie doit se faire par un Sage habilité etc. Cependant, pour valider concrètement le verdict, nous avons besoin spécifiquement d’un Cohen, un homme de bonté. Seul un tel homme ressent la gravité extrême de valider un tel verdict, et il ne s’épargnera certainement aucun effort pour enquêter lourdement auprès du Sage. Il investira également toute son énergie pour purifier ensuite cette personne de son statut !

ET SI LE COHEN EST MINEUR OU ALIÉNÉ : COMMENT PEUT-IL ENQUÊTER ?

לקוטי שיחות (הערה 26 ): הַפְּסָק דִּין בְּפעַֹל מַמָּ שׁ צָרִיךְ לִהְיוֹת עַל יְדֵי דִּבּוּר בִּמְצִיאוּת הַפֶּה הגַּשְַׁמיִ, וְצָרִיךְ לִהְיוֹת עַל יְדֵי גֶּשֶׁם שֶׁל אִישׁ דְּחֶסֶד (אַף דְּהַהוֹרָאָה הִיא דְּהֶחָכָם).

Likouté Si’hot : Le verdict concret doit être prononcé par une bouche matérielle (physique). Et cette
« matière » doit être celle d’un homme [naturellement] bon, même si l’instruction même provient du Sage.

7 – Enseignement : Qui peut se permettre de porter un jugement sur autrui ? 

לקוטי שיחות: כאַּשֲֶׁר רואיִם אצֵלֶ יהְודּ יִ אחַרֵ דבָּרָ שְׁל יִל יִ רחַמֲ נָאָ לצִלְּןַ, עדַ שֶׁנרִּאְהֶ שֶׁהלַהָּ נמִצְאָ במְּצַבָּ שָׁפל כָּל כָּךְ עַד שֶׁ »הוצִֹיא אֶת עַצְמו מִן הַכְּלָל » – אומֶֹרֶת הַתּורָֹה, שֶׁאֲפלוּ חכָםָ גדָּו ֹל שֶׁלפְּיִ שִׁקוּלּ דעַּתְ וּ ֹראָויּ הלַהָּ לפִסְקַ שֶׁל « מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹשָׁבוֹ », הִנֵּה לִפְנֵי הוצָֹאַת קְבִיעָה זו,ֹ חַיָבּ לִבְחֹן אֶת עַצְמוֹ הֵיטֵב מַהוּ מַצָּבוֹ בְּמִדַּת הַחֶסֶד וְאַהֲבתַ ישְִׂראָלֵ. וְאִם אַהֲבַת יִשְרָׂאלֵ האָמֲתִ יִּת איֵנהָ מ שְֻׁלמֶתֶ אצֶלְו ֹ חסַ ושְָׁלו ֹם – אֵין לוֹ הַצְדָּקָה לִקְבֹּעַ פְּסָק זֶה עַל יְהוּדִי אחַרֵ! יתִכָּ ןֵ שֶׁקבְּ יִעתָ ו ֹ איֵנהָ נו ֹ בעַתַ משִִּׁקוּלּ שֶׁל תּוֹרָה בִּלְבַד, אֶלָּא מִמִּדוּתֹ שֶׁאֵינןָ כָּל כָּךְ מְזכָֻּכותֹ וְכַדוּמֶֹה.

Likouté Si’hot : Lorsque l’on observe chez un autre juif un comportement négatif, que D.ieu nous en préserve, au point qu’on estime que cette personne s’est rabaissé au point de d’être « exclu de la communauté » : la Torah nous indique que même le plus grand des Sages, qui estimerait qu’un homme doit effectivement être « exclu du camp » – il devra d’abord, avant de prononcer un tel verdict, s’analyser profondément pour déterminer sa propre situation en ce qui concerne la bonté et l’amour du prochain. Si cet amour est imparfait, il n’a aucun droit de faire un tel verdict sur un autre juif ! En effet, il est possible que ce verdict ne provient pas uniquement d’un calcul de Torah (religieux), mais qu’il découle plutôt de traits de caractère qui ne sont pas très raffinés etc.

LE DANGER, POUR UNE PERSONNE NON HABILITÉE, DE PORTER UN JUGEMENT NÉGATIF !

לקוטי שיחות : הַתּורָֹה קובַֹעַת שֶׁ »נֶגַע » בִּלְבַד אֵינו יוצֵֹר אֶת הַטֻּמְאָה, אֶלָּא קְבִיעתָוֹ ואַמֲִירָתוֹ שֶׁל הַכּהֵֹן – א יִשׁ הַחֶסֶד. מִי שֶׁאֵינֶנּוּ כּהֵֹן, וְקוֹבֵעַ לְגַבֵּי יְהוּדִי אַחֵר שֶׁ »מִחוּץ לַמַּחֲנֶה מוֹשָׁב ו », הֲרֵי הוּא אוֹמֵר דּבְרַ שֶׁקרֶ, וּמִמֵּילָא הֲרֵי הוּא עַצְמוֹ « מְצוֹרָע » – מוֹצִיא שֵׁם רַע. וּמַהִי תַּקָּנָתוֹ? « בָּדָד יֵשֵׁב מִחוּץ לַמַּחֲנֶה » – כָּל עודֹ לאֹ יַרְגִיּל אֶת עַצְמו לְהַבִּיט עַל יהְודִּי בְּעַיןִ טובָֹה, עָלָיו לְהַבְדִּיל אֶת עַצְמוֹ מִיְּהוּדִים אֲחֵרִים וְלאֹ לִפְגֹּעַ בָּהֶם. וְעַל יְדֵי אַהֲבַת יִ שרָאֵל אֲמִתִּית, אַהֲבַת חנִּם , מִתְבַּטֶּלֶת שִׂנְאַת חִנָּם, הַגּוֹרֵם לְגָלוּת שֶׁנִּקְרֵאת הַצָּרוּעַ, וְאָז בָּאָה מִיָּד הַגְּאֻלָּה.

Likouté Si’hot : La Torah établit que ce n’est pas la « plaie » qui génère l’impureté, mais plutôt le verdict et la déclaration verbale du Cohen, homme de bonté. Celui qui n’est pas Cohen et qui établit qu’un autre juif doit être « exclu du camp » – profère des paroles mensongères et c’est donc lui-même qui devient Metsora, calomniateur !
Et quelle est sa réparation ? « Il demeurera isolé hors du camp » ! Tant qu’il ne s’habitue pas à regarder un juif d’un bon oeil – il doit se tenir à distance des autres juifs et ne pas les blesser ! Ainsi, grâce à un vrai amour, un amour gratuit, s’annulera la haine gratuite, cause de cet exil comparé à la lèpre, alors Machia’h viendra de suite !

Vendredi 12 mai 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Behar-Be’houkotaï – « Le mérite des Patriarches »- Rav Levi Azimov

Vendredi 14 avril 2023 à 10h30 : Etude du Kovets Tsav Chabbat Hagadol – « L’enseignement des enfants d’Aharon »- Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
Tél.:  +330756753993 – code: 33 41 593#
 ET SUR RADIO HASSIDOUT
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Chemini – L’enseignement des enfants d’Aharon
Source : Likouté Si’hot volume 12, première Si’ha de Chemini

 


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MEKOROT


 1 – La raison de la mort des fils d’Aharon : le « feu divin »
Deux principes dans l’étude du commentaire de Rachi sur la Torah :

a – Lorsque Rachi donne deux explications sur le même sujet, la raison est que chaque explication séparément ne peut expliquer le verset dans tous ses détails (sur le plan littéral). Chaque explication a une difficulté que l’autre n’a pas, mais l’explication que Rachi met en première position est celle qui s’adapte le mieux au sens littéral.

b – Lorsque Rachi cite le nom de l’auteur de l’explication (ce qui est inhabituel dans son commentaire), cela veut dire que le nom de l’auteur donne une valeur ajoutée à l’explication apportée.

2 – Le commentaire de Rachi sur la mort des enfants d’Aharon dans notre Paracha
Le texte évoque clairement la raison de la mort des fils d’Aharon : le « feu divin ». Rachi ajoute deux autres explications, pourquoi ?

Chemini 10, 2 : Les fils d’Aharon, Nadav et Avihou, prenant chacun leur encensoir, y mirent du feu, sur lequel ils jetèrent de l’encens, et apportèrent devant le Seigneur un feu profane sans qu’il le leur eût commandé. Un feu s’élança de devant D.ieu et les dévora, et ils moururent devant le Seigneur.

Rachi : Un feu sortit. Rabbi Eliezer a enseigné : les fils de Aharon ne sont morts que pour avoir professé une halakha en présence de Moché, leur maître. Rabbi Yichmaël a enseigné : parce qu’ils sont entrés dans le sanctuaire après avoir bu du vin. La preuve en est qu’après leur mort, il a été fait interdiction à ceux qui restaient d’entrer dans le sanctuaire après avoir bu du vin. Cela ressemble à un roi qui avait un habitué de la maison etc., comme décrit dans [le Midrash] Rabba.

‘Hizkouni : Mesure pour mesure. Ils fautèrent avec le feu, et furent frappés par le feu.

3 – Pourquoi Rachi recherche-t-il des causes supplémentaires pour leur départ ?
La juxtaposition des versets prouve que le « feu » était positif en soi. Le défaut était uniquement dans la forme.

Chemini 9, 22 : Moché et Aharon entrèrent dans la Tente d’assignation ; ils ressortirent et bénirent le peuple, et la gloire divine se manifesta au peuple entier. Un feu s’élança de devant D.ieu et consuma, sur l’autel, l’holocauste et les graisses. Le peuple vit cela et jeta des cris de joie, et [ils] tombèrent sur leurs faces.

Likouté Si’hot : Comment est-il possible, selon le sens littéral, que le terme « un feu s’élança de devant D.ieu » désigne ici une punition tellement grave, alors que deux versets plus tôt, le verset emploie le même terme pour désigner un grande récompense : la Che’hina qui vient résider en nous ?! Cela obligea Rachi à expliquer que le « feu » provoquant la mort des enfants d’Aharon désigne, d’une certaine manière, la présence de la Che’hina, d’un dévoilement de Sainteté. Cependant, il y avait un défaut, à leur niveau, dans la manière de pratiquer ce service : « ils professèrent (cette Halakha de l’offrande du feu) en présence de Moché, leur maître ».

4 – Développement : En quoi était-ce aussi grave de professer devant Moché ?
Rabbi Eliezer, pourtant très érudit, répète les paroles de ses maîtres.

Pirké DeRabbi Eliezer ch. 2 : [Rabbi Eliezer] dit des paroles de Torah plus [puissantes] que celles reçues au Sinaï.

Guemara Bra’hot 27b : Rabbi Eliezer dit : celui qui dit un enseignement qu’il n’a pas entendu de son maître entraine la Che’hina à quitter Israël !

5 – Si cela était aussi grave, comment parvinrent-ils à faire résider la Che’hina ?
Seconde explication de Rachi : l’offrande était parfaite !

Likouté Si’hot : C’est justement cette question qui oblige Rachi à apporter une seconde explication : « ils sont entrés dans le sanctuaire après avoir bu du vin » ; or, cette interdiction ne leur avait pas été ordonnée à ce stade, donc leur offrande était parfaite, sans aucune infraction sur un ordre divin.

6 – Si leur offrande était parfaite, pourquoi furent-ils punis aussi sévèrement ?
L’exemple du roi : « l’habitué de la maison » doit comprendre les choses sans qu’on les lui dise !

Midrach Vayikra Rabba 12, 1 : Cela ressemble à un roi qui avait un habitué de la maison fidèle, qu’il trouva devant la porte des magasins et lui coupa la tête, sans rien dire. Le roi nomma un successeur sans expliquer pourquoi il avait tué le premier. Cependant, lorsqu’il ordonna au second de ne pas se trouver aux portes des magasins, on comprit alors les raisons de la défaveur du premier et de son exécution.

Likouté Si’hot : De la formulation du Midrach, nous comprenons que même si le premier serviteur n’avait pas reçu l’ordre formel de ne pas se trouver aux portes des magasins, étant donné qu’il est un « habitué de la maison » du roi, il aurait dû comprendre de lui-même, qu’une telle chose est opposée à la volonté du roi.

7 – Rabbi Yichmaël : Le nom de l’auteur aide à comprendre son explication
Rabbi Yichmaël « aide » et défend les Cohanim.

Guemara ‘Houline 49a : Rabbi Yichmaël : un Cohen qui aide les Cohanim (Il cherche toujours à les faciliter – Rachi).

Likouté Si’hot : Rabbi Yichmaël préfère « aider les Cohanim » et « alléger » la faute des enfants d’Aharon qui sont Cohanim, quitte à « forcer » un peu le sens littéral du verset.

8 – Annexe : Avaient-ils le droit de professer devant Aharon, leur père et maître ?
Aharon, leur père, les pardonne d’emblée. Mais ils manquèrent de respect à Moché.

Chou’han Arou’h Admour Hazakène, Ora’h Haïm, lois de Pessa’h 472, 11 : Un fils qui mange chez son père doit s’accouder, même si son père est son maître principal, car le père pardonne certainement son honneur. Mais, un élève qui mange chez son maître ne peut s’accouder, sauf si le maître lui en a donné l’autorisation.

9 – Un double enseignement : Faire la symbiose des deux explications de Rachi !
Un double enseignement : être soumis à son maître tout en étant « ivre » de compréhension en Torah !

Likouté Si’hot : Bien que le niveau des enfants d’Aharon fût très élevé, ils furent punis très sévèrement car ils manquaient de « soumission » adéquate à leur maître, en professant une Halakha devant lui. Ainsi, personne ne peut dire : « je suis érudit et sais étudier, pourquoi me soumettre et attendre qu’un maître m’indique la Halakha, ma façon de vivre et le chemin que je dois suivre dans le service divin, je peux me débrouiller seul ! » ; car qui peut se prétendre être plus grand que Nadav et Avihou, et pourtant, cela était leur seule faute !
D’un autre côté, il est exigé à chacun d’étudier avec une parfaite compréhension. « Ils entrèrent au sanctuaire en état d’ivresse » : le vin symbolise la compréhension et « l’ivresse » indique le fait d’être empli de compréhension. La faute est d’entrer au « sanctuaire », d’être « ivre » dans la prière, qui exige une soumission absolue. Mais pour le labeur de l’étude de la Torah : toute notre existence doit être emplie et imprégnée de la logique de la Torah !