En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
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Bo – Une Lumière dans les Ténèbres Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Bo
MEKOROT
1 – Dans notre Paracha : D.ieu envoie la neuvième plaie : une obscurité ténébreuse
Bo 10, 22-23 : Moché dirigea sa main vers le ciel et il y eut une obscurité ténébreuse sur tout le pays d’Égypte, durant trois jours. On ne se voyait pas l’un l’autre et nul ne se leva de sa place, durant trois jours ; et tous les enfants d’Israël jouissaient de la lumière dans leurs demeures.
Midrach Rabba Bo 14, 3 : Pendant les trois jours de ténèbres, les Juifs entraient dans les maisons des Egyptiens et y voyaient des ustensiles d’or et d’argent ainsi que de beaux vêtements. Par la suite, lorsque les Egyptiens déclarèrent : « nous n’avons rien à vous prêter », les Juifs rétorquèrent : « cela se trouve dans tel endroit » ; alors, ils acceptèrent de prêter. Ainsi fut mis en pratique le verset : « et après [l’esclavage], ils sortiront avec un grand butin » (Le’h Le’ha 15, 14). C’est pourquoi le texte précise que tous les Juifs « jouirent de la lumière » – non pas « en terre de Gochène », mais plutôt « dans leurs demeures (des Egyptiens) », car à chaque endroit où un Juif entrait, une lumière entrait et éclairait pour lui ce qui était dans les tonneaux, les boites et les cachettes [des Egyptiens].
Pendant la plaie des ténèbres, les Juifs furent éclairés par une Lumière, les aidant à repérer les trésors cachés des Egyptiens, qui seront récupérés à la sortie d’Egypte.
2 – Analyse : Le commentaire de Rachi sur l’utilité de cette plaie d’obscurité
Rachi : Il y eut obscurité ténébreuse… trois jours. …Et pourquoi D.ieu leur infligea-t-Il cette plaie ? En effet, au cours de cette plaie, les enfants d’Israël recherchèrent et virent les ustensiles des Egyptiens. Lorsque, au moment de sortir du pays, ils les leur ont demandés et que les Egyptiens répondaient : « nous n’en possédons pas ! », ils leur rétorquèrent : « J’en ai vu dans ta maison, et cela se trouve à tel endroit ! ».
Likouté Si’hot : D’après le Midrach, la lumière qui éclairait les Juifs faisait également partie de cette plaie, qui comportait deux aspects : (a) Une obscurité miraculeuse pour les Egyptiens ; (b) Une lumière miraculeuse pour les Juifs [pour leur montrer les objets cachés]. Par contre, selon Rachi, un seul miracle eut lieu : l’obscurité que D.ieu apporta sur l’Egypte, permit aux Juifs de chercher dans les maisons des Egyptiens. D’ailleurs, selon Rachi, il est probable que les Juifs ne trouvèrent pas tous les ustensiles que les Egyptiens avaient cachés.
Selon le Midrach, deux miracles eurent lieu : L’obscurité pour les Egyptiens et une Lumière miraculeuse pour les Juifs. Selon Rachi, le seul miracle fut l’obscurité pour les Egyptiens.
3 – Pourquoi Rachi n’accepte-t-il pas qu’il s’agissait d’une lumière miraculeuse ?
Keli ‘Hemda Vayakhel 35, 27 : Le principe est : D.ieu désire que l’homme vienne se purifier, puis Il l’aidera.
Likouté Si’hot : En accomplissant un ordre Divin, il faut s’efforcer de le faire naturellement sans passer par un miracle. L’objet avec lequel la Mitsva est accomplie ainsi que l’acte même de la Mitsva seront tous deux naturels, sans passer par un miracle. Bien plus que cela : même la préparation à une Mitsva doit être naturelle.
Likouté Dibourim vol. 4, 5752b (histoire de la barque) : L’Admour Hazakène demanda à nouveau au préposé d’arrêter la barque et il accepta ; alors seulement l’Admour Hazakène récita la bénédiction de la Lune… Car c’est ainsi que cela doit être : une Mitsva doit être accomplie en étant « habillée » dans les voies naturelles.
Il faut s’efforcer d’accomplir toutes les étapes d’une Mitsva, y compris sa préparation, de manière naturelle.
4 – Quelle Mitsva les Juifs devaient-ils accomplir durant la plaie des ténèbres ?
Bo 11, 2 : D.ieu dit à Moché : « …Fais donc entendre au peuple [juif], que chacun demande à son voisin et chacune à sa voisine des ustensiles d’argent et d’or ».
Likouté Si’hot : C’est la raison pour laquelle Rachi explique différemment : les Juifs ne trouvèrent pas les ustensiles des Egyptiens grâce à une lumière miraculeuse – ils les trouvèrent en les cherchant avec une lumière naturelle, afin que même la préparation à la Mitsva [qui sera pratiquée à la sortie d’Egypte] soit naturelle.
Les Juifs avaient la Mitsva de « dépouiller l’Egypte ». Selon Rachi, le repérage en préparation à cette Mitsva, devait aussi être naturel.
5 – Pourquoi le Midrach explique-t-il qu’il s’agissait d’une lumière miraculeuse ?
Likouté Si’hot : Le Midrach considère que : (a) La condition qu’une Mitsva doit être accomplie naturellement s’applique surtout aux Mitsvot données après le Don de la Torah. (b) Le fait d’aller chercher des ustensiles chez les Egyptiens n’est pas vraiment une obligation incombant aux Juifs, mais plutôt une façon « naturelle » de recevoir un salaire promis par D.ieu. Cela ne dérange pas si la préparation à cela passe par le biais d’un miracle.
Selon le Midrach, la règle des autres Mitsvot (devant être naturelles) ne s’applique pas dans ce cas.
6 – Approfondissement : Le sens profond de la Mitsva de « récupérer le butin »
Torah Ohr Bo 60c : En faisant sortir les ustensiles d’argent etc. de l’Egypte, les Juifs libérèrent ainsi les étincelles de Sainteté du Mal de l’Egypte, pour les ramener ainsi vers le domaine de la Sainteté.
Likouté Si’hot : Le « raffinement des étincelles » est un élément fondamental du service divin de chaque Juif : en plus de son obligation d’étudier la Torah et de prier, ce qui concerne l’homme même, sa spiritualité – l’homme doit aussi accomplir des Mitsvot (qui sont majoritairement matérielles) et accomplir ses activités quotidiennes dans le but de servir D.ieu. Ainsi, l’homme apportera la Sainteté dans la matière de ce monde et élèvera les Etincelles de Sainteté, se trouvant dans les choses matérielles, vers le domaine de la Sainteté.
Le but de cette Mitsva : libérer les Etincelles de Sainteté de l’Egypte. Chacun doit « raffiner ses étincelles », par son étude et sa prière (intérieur) ainsi que par les autres Mitsvot (extérieur).
7 – Eclairer son âme pour éclairer le monde : Deux buts distincts ou un seul but ?
Likouté Si’hot : Selon le sens littéral, il s’agit de deux buts distincts, voire contradictoires. Cependant, selon le Midrach (dans lequel « la majorité des secrets de la Torah sont cachés »), ces deux éléments sont profondément liés, car l’objectif de l’étude et de la prière (« leurs habitations ») est de raffiner le monde (« les maisons Egyptiennes »).
Selon Rachi : deux buts distincts. Selon le Midrach : un seul objectif.
8 – Enseignement : Un encouragement important pour notre génération
Likouté Si’hot : Bien que nous sommes dans l’époque particulièrement obscure de « la fin des temps », D.ieu fait en sorte que les Juifs puissent accomplir leur travail sans encombre. D.ieu accomplit même des miracles dévoilés pour donner la possibilité aux Juifs de faire leur travail naturellement. Ainsi, à la fin de l’exil, « les enfants d’Israël jouissent de la lumière » et se préparent joyeusement et agréablement à accueillir Machia’h !
Enseignement : Dans l’obscurité actuelle, D.ieu produit des miracles, afin qu’on Le serve naturellement, et surtout – lumineusement !
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Vaéra – Le prodige du « bâton » d’Aharon Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Vaéra
MEKOROT
1 – Dans notre Paracha : Le miracle du bâton d’Aharon qui avala les autres bâtons
Vaéra 7, 8 : D.ieu parla à Moché et à Aharon en ces termes : « Lorsque Pharaon vous dira : « Produisez un prodige », tu diras (Moché) à Aharon : « Prends ton bâton et jette-le devant Pharaon, qu’il devienne serpent ! » ». Moché et Aharon se rendirent chez Pharaon et firent exactement comme D.ieu avait prescrit. Aharon jeta son bâton devant Pharaon et ses serviteurs et il devint serpent. Pharaon, de son côté, manda les experts et les magiciens ; et les devins de l’Égypte en firent autant par leurs prestiges. Ils jetèrent chacun leurs bâtons et ils se transformèrent en serpents, et le bâton d’Aharon engloutit leurs bâtons.
Rachi : Le bâton d’Aharon engloutit. Redevenu bâton, il a avalé tous les autres.
Le miracle du bâton d’Aharon : un serpent qui engloutit des serpents ou un bâton qui engloutit des bâtons ?
2 – Analyse : Combien de miracles se sont-ils passés dans cet « engloutissement » ?
Mizra’hi sur Rachi ibid. : Les serpents des Égyptiens se sont d’abord transformés en bâtons, pour être ensuite engloutis par celui d’Aharon ; sinon, le texte aurait dû être : « le serpent d’Aharon engloutit leurs serpents ».
Midrach Tan’houma, Vaéra 3 : Un grand miracle s’opéra avec le bâton : si c’était un serpent qui avait englouti les autres serpents, on aurait dit que c’est l’habitude des serpents de s’engloutir entre eux ; mais là, il devint d’abord un bâton, ainsi qu’il est dit : « le bâton d’Aharon engloutit leurs bâtons » ; si un homme avait regroupé autant de bâtons, cela aurait fait plus de dix fagots… Et là, le bâton d’Aharon les engloutit et ne s’épaissit pas…
Pourquoi Rachi ne mentionne-t-il pas la notion de « double et grand miracle », évoquée par le Talmud et par le Midrach ?
3 – Développement : Faut-il un miracle pour que les serpents redeviennent bâtons ?
Chemot 4, 2 : D.ieu dit [à Moché] : « Qu’as-tu là à la main ? », Il répondit : « Un bâton ». Il reprit : « Jette-le à terre ! », et il le jeta à terre et il devint un serpent. Moché s’enfuit à cette vue. D.ieu dit à Moché : « Avance la main et saisis sa queue (du serpent) ! », il avança la main et le saisit et il redevint bâton dans sa main.
Likouté Si’hot : Dans les miracles qui eurent lieu en Égypte, nous retrouvons deux catégories : (a) Un miracle dans lequel l’élément change de nature, au point qui qu’il faut un miracle supplémentaire pour le ramener à son état initial. (b) Un miracle qui ne change pas vraiment la nature de l’élément, [il le « force » plutôt, à chaque instant du miracle, à adopter une autre nature] ; après le miracle, l’élément retrouve automatiquement sa nature. Selon le sens littéral du texte, lorsqu’on ne précise pas un acte spécifique pour « annuler » le miracle précédent, cela indique qu’une fois le miracle terminé – son innovation s’est annulée d’elle-même, sans avoir besoin de miracle supplémentaire. Ainsi, dans le miracle du bâton, il faut dire qu’à l’issue du miracle, le serpent retrouva automatiquement son existence naturelle de « bâton », sans avoir recours à un miracle supplémentaire.
Selon le sens littéral, le bâton est toujours resté à son état initial, il n’y avait pas besoin de second miracle. Et pourtant, pourquoi ne pas évoquer l’aspect hors-normes de cet acte : un bâton qui en absorbe d’autres, sans s’épaissir…
4 – Explication : D.ieu avait-Il annoncé la phase de « l’engloutissement » ?
Rachi sur Vaéra 7, 9 : [Produisez] un prodige. Un signe qui démontre que Celui qui vous envoie possède la puissance [et la capacité de dominer].
Vaéra 7, 3 : …Je multiplierai Mes signes et Mes preuves de puissance dans le pays d’Égypte. … Et les Égyptiens reconnaîtront que Je suis l’Éternel, lorsque J’étendrai Ma main sur eux…
Likouté Si’hot : En introduction aux Dix Plaies, D.ieu souhaitait exprimer Sa puissance et Sa gouvernance sur l’Égypte, en tant que sujet indépendant, dissocié de la punition et des plaies affligées aux Égyptiens. Ainsi, « l’engloutissement des bâtons » n’était pas un acte supplémentaire, en réponse à la contre-attaque des Égyptiens ; c’était plutôt l’objectif même du prodige du bâton : montrer la puissance et la gouvernance de D.ieu. Bien plus, le fait que le bâton d’Aharon s’était transformé en serpent n’était qu’une introduction à cet objectif.
Le véritable objectif souhaité par D.ieu avec le miracle du bâton : montrer à l’Égypte Sa souveraineté absolue !
5 – « L’engloutissement » devait se passer par un « bâton » et non pas un « serpent » !
Likouté Si’hot : Si l’engloutissement s’était opéré lorsque le bâton était serpent, étant donné que c’est la nature des serpents de s’engloutir, cela n’aurait pas exprimé clairement la gouvernance de D.ieu sur l’Égypte. Avec un « bâton », qui exprime la puissance, le prodige était parfait et indiquait clairement la gouvernance de D.ieu.
Le « bâton » exprime fortement l’idée de la souveraineté divine sur l’Égypte.
6 – Approfondissement : L’objectif des miracles du « bâton » des Dix plaies
Torah Ohr sur Vaéra, 56d : Le sens des Dix Plaies est : la brisure des forces du mal qui se considèrent comme une existence indépendante, pour leur montrer qu’elles ont constamment besoin de récupérer leur énergie de la sainteté. L’objectif de chaque plaie était de briser un des Dix Niveaux du mal égyptien. En introduction à ces brisures « ciblées », eut lieu le prodige du bâton, car « l’engloutissement » indique une annulation complète de l’élément englouti : la brisure complète et générale de l’ensemble des forces du mal de l’Égypte.
L’objectif profond du prodige du « bâton » : briser complètement les forces du mal, au point de les « engloutir ».
7 – Enseignement : Les limitations du « bâton », de la pression exercée sur autrui Likouté Si’hot : Lorsqu’un Juif s’apprête à avoir de l’influence sur un autre Juif, il doit le faire par amour du prochain, comme Aharon qui : « aimait la paix, poursuivait la paix, aimait les créatures et les rapprochait vers la Torah ». Cependant, il y a parfois un Juif qui est dans une situation très basse : son « bien » est tellement caché, au point qu’il est nécessaire d’opérer sur lui une « annulation et brisure générale », un « engloutissement ». Dans ce cas, l’enseignement est le suivant : (a) Cet « engloutissement » devra s’opérer par le « bâton d’Aharon », par une personne qui est entièrement pénétrée de bonté et d’amour du prochain authentiques ; ainsi, la cause unique de cet acte sera l’amour absolu de son prochain. (b) Cet acte ne devra pas être fait comme un « serpent », animé d’un sentiment de colère etc., mais plutôt comme un « bâton » : sans aucun sentiment de colère ou d’énervement, sans aucun sentiment d’égo (« le bâton ne s’épaissit pas »). Ainsi, la personne influencée sera « engloutie positivement », [absorbée] par le « bâton d’Aharon », et cela accélèrera la sortie de l’exil et la venue du Machia’h.
Enseignements sur l’usage de pression sur autrui : (1) Uniquement en dernier recours. (2) Être animé par l’amour d’Aharon. (3) Ne pas être nerveux comme un « serpent », être neutre comme un simple « bâton ». Ainsi on méritera la venue du Machia’h !
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Chemot – « Fils aîné » ou « petit enfant » de D.ieu ? Source : Likouté Si’hot volume 21, troisième Si’ha sur Chemot
MEKOROT
1 – Sommes-nous comparés au « fils aîné » ou au « jeune enfant » de D.ieu ?
Chemot 4, 22 : …Ainsi parle D.ieu : « Israël est le premier-né de Mes fils » (Dans le sens de « grandeur » – Rachi).
…A quoi cela ressemble-t-il ? A un roi qui avait plusieurs enfants et qui aimait le plus petit, plus que tous ; …ainsi, D.ieu affirme : « De toutes les Nations que J’ai créé, Je n’aime qu’Israël », ainsi qu’il est dit : « Car Israël est jeune et Je le prends en affection » (Osée 11, 1). Midrach Devarim Rabba 5, 7
2 – L’amour intrinsèque est plus ressenti envers un enfant en bas âge, avant le développement de ses qualités.
L’amour qu’un père porte pour son fils adulte, développé intellectuellement et émotionnellement, ne sera pas toujours lié au fait qu’il est son fils ; il peut aussi l’aimer du fait de ses qualités. Par contre, l’amour qu’un père porte envers son fils en bas âge est un amour intrinsèque, car le fils n’a pas la maturité intellectuelle ou émotionnelle. Bien plus, le fait que cet enfant écoute son père et le respecte n’est pas lié à une qualité du fils, mais plutôt à son essence : car il ressent que c’est son père, et son père l’aimera donc tout autant. Ma’amar Ki Na’ar Israël 5666
3 – Deux types d’amour que D.ieu porte à Israël : l’amour rationnel d’un enfant mûr et l’amour irrationnel porté à un bébé.
L’amour intrinsèque que les parents portent à leurs enfants découle de l’amour intrinsèque que D.ieu porte à Israël, comportant aussi deux niveaux : Lorsque le peuple d’Israël sert D.ieu, et que leur qualité envers les autres nations est apparente, l’amour que D.ieu leur porte est rationnel, à l’image de l’amour d’un père envers son fils adulte. Cependant, il y a également l’amour intrinsèque que D.ieu porte aux enfants d’Israël, qui sont « une partie de Lui, littéralement » (Tanya ch. 2), à l’image de l’amour qu’un père porte à son petit enfant.
De même qu’un père ne [punit] pas son bébé qui a fauté, parce qu’il est petit, …aussi, quand le peuple d’Israël faute [même] par inadvertance, D.ieu les considère comme un « bébé », ainsi qu’il est dit : « Car Israël est jeune et Je le prends en affection etc. » (Osée 11, 1). Agadat Berechit ch. 5
4 – En servant D.ieu par soumission, comme un enfant, on éveille l’amour intrinsèque de D.ieu envers Israël.
Lorsque l’homme ressent ses qualités : celles de ressentir le divin, d’aimer D.ieu et de Le craindre etc., et que ce ressenti s’exprime clairement chez l’homme – l’amour que D.ieu portera à cet ce dernier sera également rationnel, un amour qui occultera l’amour intrinsèque que D.ieu lui porte. Par contre, lorsque le Juif se ressent comme un « petit », qu’il ne prend pas en compte ses nombreuses qualités et qu’il se considère comme un « bébé » qui n’a aucune qualité exprimée – un tel homme aura un service divin irrationnel, qui se pratiquera par la soumission, exactement comme l’enfant en bas âge qui est soumis par nature, et cela éveillera l’expression de l’amour intrinsèque que D.ieu porte au peuple d’Israël.
5 – La progression spirituelle d’un Juif doit le conduire à introduire la soumission dans tous les aspects de son être.
Le service divin rationnel et émotionnel d’un Juif n’est pas à l’opposé de sa soumission envers D.ieu, que D.ieu nous en préserve ; au contraire : ce service divin est le résultat et la continuité de la soumission ! Le fait même qu’un Juif se fatigue pour que son intellect comprenne la Sagesse divine, qu’il ait par ses émotions une vitalité et un plaisir dans la Torah et dans les Mitsvot – tout cela provient du fait qu’il s’agit de la Volonté divine et que l’homme se soumet à cette Volonté dans tous les domaines ! La soumission intègre tout son être, toutes ses facultés – ainsi, ses qualités « accentuent » l’expression de son amour intrinsèque.
6 – L’exemple du traité « Bera’hot » : Pour être qualifié de « bâtisseur de D.ieu », il faut d’abord être Son « fils », soumis.
« Le début de la sagesse, c’est la crainte de D.ieu » (Psaumes 111, 10) : c’est pourquoi nos saints maîtres ont commencé les ordres de la Michna par ce qui évoqué l’unicité de D.ieu, l’acceptation de Sa souveraineté, du joug de la Torah et des Mitsvot [par la lecture du « Chema »]. Piské Riaz Bera’hot ch. 1 (Rabbi Yecha’ya Ditrani)
Les Sages ne connaissaient aucun répit, dans ce monde-ci et dans le monde à venir, ainsi qu’il est dit : « Ils avancent de puissance en puissance, pour paraître devant D.ieu à Sion » (Psaumes 84, 8). …Les Sages intensifient la paix dans le monde, ainsi qu’il est dit: « Tous tes enfants seront les apprentis de D.ieu ; grande sera la concorde de tes enfants » : ne lis pas « tes enfants (Banaï’h) » mais lis plutôt « tes bâtisseurs (Bonaï’h) ». Guemara Bera’hot 64a
Les Sages ne peuvent être « bâtisseurs » et intensificateurs de paix dans le monde que lorsqu’ils étudient comme des « enfants »; or, la qualité d’un enfant est surtout celle d’un petit enfant, ce qui signifie que l’étude doit être dans un esprit de « petitesse » et de soumission : tout doit être unifié avec la divinité.
7 – Le lien naturel et profond et « l’enfance », « l’apprentissage » et l’absence de répit : « de puissance en puissance » !
Un enfant s’interroge et s’intéresse sur tout ce qui l’entoure – il veut toujours savoir le « quoi » et le « pourquoi ». Bien plus, la qualité des Sages « qui n’ont pas de répit, de puissance en puissance » est clairement apparente chez les enfants en bas âge. Un enfant en bonne santé ne se repose pas et ne reste pas longtemps au même endroit, il bouge constamment et cherche diverses occupations : ceci est naturel chez lui. L’explication profonde de ce phénomène est la suivante : puisque la qualité « d’enfant » conduit à celle d’être « apprenti de D.ieu », les facultés « d’apprentissage » sont présentes chez les « enfants » au sens littéral. Ainsi, « l’enfance » est plus développée chez les enfants en bas âge, l’« apprentissage » est aussi plus apparent chez eux.
8 – Enseignement : La perfection des qualités humaines s’opère lorsque celles-ci expriment la soumission à D.ieu, dans tous les domaines !
Lorsqu’on souhaite exprimer l’amour intrinsèque, en tant que tel, que D.ieu porte à Israël, on emploie la parabole de l’amour d’un père à son enfant en bas âge, car cet amour est naturellement plus ressenti chez un tel enfant. Par contre, lorsque souhaite exprimer l’essence du peuple juif, on emploie l’appellation « Mon fils aîné » qui, à l’image du verset « tes enfants seront les apprentis de D.ieu », indique la qualité « d’enfant » qui intègre entièrement le peuple d’Israël, dans tous les détails : la perfection de leur qualité intrinsèque !
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Vaye’hi – Le serment de Yossef Source : Likouté Si’hot volume 25, première Si’ha sur Vaye’hi
Mekorot
Les jours d’Israël approchant de leur terme, il appela son fils Yossef et lui dit : « Si tu m’estimes, mets, je te prie, ta main sous ma hanche, [et jure] que tu me feras bonté et fidélité, en ne m’enterrant point en Egypte. Quand je dormirai avec mes pères, tu me transporteras (m’élèveras) hors de l’Égypte et tu m’enseveliras dans leur sépulcre ». Yossef répondit : « Je ferai selon ta parole ». Ya’akov dit : « Jure-le-moi » et il le lui jura. (Vaye’hi 47, 29 )
Ya’akov ne soupçonnait pas son cher saint fils d’enfreindre la demande de son père ; Il le fit jurer pour lui donner plus de poids face à Pharaon, qui pourrait refuser que Yossef aille lui-même enterrer son père (au lieu d’envoyer ses frères et serviteurs) ; Pharaon pourrait aussi vouloir l’honneur et le mérite que Ya’akov soit enterré dans son pays. C’est pourquoi il le fit jurer, car cela ne serait pas correct de demander de transgresser un serment. (Na’hmanide )
[Pharaon dit à Yossef : Pars et ensevelis ton père] ainsi qu’il t’a adjuré. Si tu n’avais pas prêté ce serment, je ne t’y aurais pas autorisé. Mais Pharaon n’osait pas lui dire : « Passe outre à ton serment ! », car Yossef lui aurait rétorqué : « dans ce cas, je passerai également outre au serment que je t’ai prêté de ne pas révéler que je connais la langue sacrée en plus des soixante-dix langues, tandis que toi, tu ne la connais pas ! ». (Rachi sur Vaye’hi 50, 6)
Du fait que Rachi n’explique pas cela dans le verset évoquant le serment à Ya’akov, mais plutôt dans un verset ultérieur, cela prouve que, selon Rachi, Ya’akov ne fit pasjurer Yossef dans le but d’éviter Pharaon. Lorsqu’un individu jure de faire quelque chose, il s’y soumet au point que la chose doit être réalisée, peu importe les circonstances et les obstacles ; tant que la chose ne sera pas réalisée, elle ne quittera pas son esprit. Alors que pour une (simple) promesse, il n’est pas sûr que l’individu y pensera à tout moment. (Likouté Si’hot)
Dans la Paracha de Noa’h, D.ieu dit : « Je ne recommencerai plus à maudire la terre à cause de l’homme, car les conceptions du cœur de l’homme sont mauvaises dès son enfance ; et Je ne recommencerai plus le fait de frapper tous les vivants, comme Je l’ai fait ». Rachi explique que le dédoublement de la phrase « Et Je ne recommencerai plus… » est un mode de «serment».
Ya’akov voulait que Yossef se souvienne constamment qu’il doit réaliser cette tâche. On ne sait jamais les difficultés qu’il pourrait rencontrer à l’avenir, l’empêchant de réaliser sa promesse. C’est pourquoi il fallait trouver des idées et des stratagèmes, pour s’assurer, d’emblée, qu’aucun problème ne surviendra à l’avenir. (Likouté Si’hot)
D.ieu dit ainsi à Israël (Ya’akov) : « Moi-même, Je descendrai avec toi en Égypte ; Moi- même aussi Je t’en ferai remonter ». (Vayigach 46, 2)
Yossef fit jurer les enfants d’Israël, en disant : « Oui, D.ieu se souviendra de vous, alors vous emporterez (élèverez) mes ossements de ce pays ». (Vaye’hi 50, 25)
Ya’akov est au-delà de l’exil égyptien. D’ailleurs, même en Egypte, il séjourne à Gochène, détaché des égyptiens. Son corps ne pouvait donc aucunement rester en Egypte ! Bien plus, il sera « transporté (élevé) » de l’Egypte, [alors que Yossef ne sera que « emporté (monté) » d’Egypte). En fait, la fonction de Yossef est de travailler à l’intérieur de l’Egypte, c’est pourquoi sa sépulture doit y rester, tout au long de l’exil d’Egypte, afin que la présence [et le mérite] de Yossef reste avec les enfants d’Israël et les accompagne tout au long de leur exil dans ce pays. (Likouté Si’hot)
Le sens d’un « serment » : celui qui le prête, se soumet à réaliser la chose, au-delà de tout calcul logique, au point qu’aucune raison et aucune cause ne pourront l’en empêcher. (Likouté Torah Chemini Atseret 83b)
Ya’akov sait bien que selon la vision de Yossef, Ya’akov doit rester en Egypte afin que son mérite protège ses enfants. C’est pourquoi il le fait jurer, afin qu’il le fasse au-delà de toute raison ou logique. (Likouté Si’hot)
Un « prisonnier » ne peut se libérer seul de sa « prison », [sans une aide extérieure]. (Guemara Bera’hot 5b)
Afin que les enfants d’Israël puissent quitter l’Egypte, et même l’élever spirituellement, ils doivent être attachés à quelque chose au-delà de l’Egypte, leur « prison ». Il fallait donc que Ya’akov reste au- delà de l’Egypte. De plus, en faisait jurer à Yossef de le « transporter » d’Egypte, il « attacha » ainsi Yossef à cette élévation. C’est seulement ainsi que les enfants d’Israël purent finalement s’élever de l’exil égyptien. (Likouté Si’hot)