En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
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Youd Chevat – Diffuser, avec empressement ! Source : Likouté Si’hot volume 6, Si’ha sur Youd Chevat
Le Ma’amar « Bati Legani » résume l’œuvre essentielle du Rabbi précédent :
(a) diffuser la Torah et les Mitsvot partout, y compris là où cela semble impossible,
(b) avec empressement.
Notre monde est intrinsèquement bon car la Présence divine y réside. Le mal n’est qu’une modification provisoire. Chaque parcelle du monde contient du bien qu’il faut révéler.
Le corps juif est éternel car choisi par l’Essence divine. Sa reconstitution future à partir de l’os de « Louz » le prouve.
Bien que le monde soit bon, il faut agir car chaque âme a sa mission et son timing précis. Comme pour la sortie d’Egypte, tout retard est risqué.
Il est donc crucial d’accomplir avec empressement notre rôle : diffuser la Torah et la ‘Hassidout pour hâter la venue de Machia’h quand « la terre sera remplie de la connaissance de D-ieu. »
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Vaéra – L’objectif des dix plaies, pour Israël Source : Likouté Si’hot volume 36, deuxième Si’ha sur Vaéra
Le but des plaies est de punir les Égyptiens, mais aussi de leur prouver que D.ieu existe et agit dans le monde. C’est un objectif en soi, au-delà de la punition.
D.ieu « endurcit le cœur » de Pharaon, c’est-à-dire l’empêche de se repentir, pour plusieurs raisons : afin de pouvoir le punir complètement (Maïmonide) ; pour qu’il y ait plus de miracles et que les Égyptiens reviennent à D.ieu (Sforno) ; pour qu’Israël en tire un bénéfice (Rachi).
Tout ce qui se passe dans le monde a pour finalité les enfants d’Israël et la Torah. Les événements du monde, même très importants, peuvent n’avoir comme but que l’utilité de quelques personnes.
La haftara contient un message pour notre génération : ne pas avoir peur, intensifier la confiance en D.ieu car tout se fait pour Israël ; déployer de grands efforts pour ramener chaque Juif vers la Torah et les mitsvot, car chaque acte peut hâter la délivrance finale.
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L’impatience, clé de la délivrance Source : Likouté Si’hot volume 36, deuxième Si’ha sur Chemot
Le texte analyse un dialogue entre Moïse et Dieu dans la paracha Chémot, où Dieu explique que les enfants d’Israël sont libérés d’Égypte grâce au mérite de la Torah qu’ils allaient recevoir plus tard au mont Sinaï.
Le texte explore plusieurs aspects liés à cet épisode :
Le fait que Dieu puisse récompenser à l’avance pour un futur mérite (car Il connaît l’avenir)
Le fait que l’acceptation de la Torah par Israël au Sinaï, bien que contrainte, comportait une part de libre-arbitre, révélée par l’impatience des enfants d’Israël à la recevoir.
L’idée que l’impatience des enfants d’Israël pour la Torah constituait déjà un grand mérite qui explique leur libération d’Égypte.
Le sens profond de cette « impatience » qui révèle leur aspiration à devenir les vrais « serviteurs » de Dieu, en surmontant toutes leurs limites intérieures.
Cette analyse révèle un enseignement profond sur la nature de la délivrance. Trop souvent, nous voyons la délivrance comme un événement pur de l’histoire, déconnecté de notre état intérieur.
Or, le texte montre que la libération d’Égypte fut le fruit même du désir et de « l’impatience » des enfants d’Israël à recevoir la Torah – impatience qui traduisait leur soif de dépasser toutes leurs limites pour devenir les vrais serviteurs de Dieu.
De même, la délivrance finale que nous appelons tous de nos vœux dépendra grandement de notre propre aspiration intérieure à nous élever spirituellement et à établir le règne de Dieu dans le monde.
Plus cette impatience spirituelle grandira, plus la délivrance se rapprochera. Cultivons donc en nous ce désir intense et cette sainte impatience !
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Vaye’hi – Ra’hel, « la maman juive » Source : Likouté Si’hot volume 30, première Si’ha sur Vaye’hi
Le texte présente un passage du Talmud relatant une demande de Yaakov à son fils Yossef. Yaakov demande à Yossef de l’enterrer dans le Caveau des Patriarches, alors qu’il n’avait pas fait de même pour Rachel, la mère de Yossef, après sa mort soudaine en chemin.
Certains commentateurs (Rachi, Nahmanide) analysent cette demande de Yaakov comme des excuses auprès de Yossef. Le Sforno y voit plutôt l’expression de la grande tristesse qui habite encore Yaakov depuis la mort de Rachel, au point qu’il n’a plus eu d’enfants après.
Mais selon le Rabbi, il est évident que Yossef ne soupçonnait pas son père de négligence. Simplement, la demande de Yaakov a ravivé en Yossef la peine qu’il ressentait de ne pas voir sa mère honorée de la sépulture au Caveau des Patriarches.
Le Rabbi explique alors le sens profond de l’inhumation de Rachel « sur le bord du chemin » : loin d’être une défectuosité, c’est au contraire la volonté divine afin que Rachel puisse venir en aide à ses enfants lors de l’exil, en implorant la miséricorde divine pour eux. Ainsi Rachel accepte de renoncer à être dans le Caveau pour se mettre entièrement au service de ses enfants.
Le Rabbi conclut sur l’enseignement exceptionnel que représente le sacrifice consenti de Rachel : la mise entre parenthèses de soi-même et de ses propres intérêts pour se dédier au bien de ses enfants.
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Vayigach – Parler « dans les oreilles » Source : Likouté Si’hot volume 20, première Si’ha sur Vayigach
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‘Hannoucah – Jours de fête, de joie et de louange Source : Likouté Si’hot volume 10, Si’ha sur ‘Hannoucah
Guemara (Talmud) : La Guemara expose que Hannouka commémore le miracle de la fiole d’huile qui brûla 8 jours au lieu d’1 dans le Temple. Les Sages ont ensuite établi cette fête comme jours de joie et louange.
Tour / Maharam de Rothenburg : Les repas supplémentaires de Hannouka sont facultatifs, la fête étant axée sur la louange/remerciement, non sur la joie matérielle.
Maïmonide : Hannouka fut instaurée pour manifester publiquement le miracle, à travers notamment les bougies allumées.
Maharshal : Contrairement au Maharam, le Maharshal estime que les repas sont une mitsva liée à l’aspect « joie » de la fête selon Maïmonide.
Maïmonide : Description de la persécution grecque et de la victoire militaire des Hasmonéens, qui permit de reprendre le Temple. Hannouka commémore ensuite spécifiquement le miracle de la fiole d’huile.
Chaare Orah : Question : le miracle essentiel est celui de la victoire militaire miraculeuse. Pourquoi le Talmud ne relate-t-il que l’histoire annexe de la fiole d’huile ?
Likouté Sihot : Selon Maïmonide, la question talmudique « Qu’est-ce que Hannouka ? » ne signifie pas « Pour quel miracle cette fête a-t-elle été instituée ? », mais plutôt « Pourquoi la louange et le remerciement ont-ils été institués ? » Cela signifie que même sans le miracle de la fiole d’huile, le jour de la victoire militaire aurait été établi comme un jour de fête et de joie. Le fait que Hannouka soit établi pour « la louange et le remerciement » est donc lié au miracle de la fiole d’huile spécifiquement.
Annexe : Maïmonide base son interprétation sur la prière « Veal Hanissim » et sur des midrashim rabbiniques relatant le miracle. Il est possible qu’il ait également eu accès à une version du « Midrash Hannouka » citant des détails sur l’ampleur du décret grec.
« Jours de joie » et « jours de louange » : deux célébrations pour deux miracles : La « joie » est liée au corps, la « louange » à l’âme. Le salut physique face aux Grecs fut célébré par des « jours de joie ». Le miracle spirituel de la fiole d’huile mena à l’établissement de « jours de louange ».
Une raison supplémentaire de célébrer des « jours de joie » à Hannouka : Selon le Mordekhi, Hannouka fut aussi établie pour commémorer l’inauguration de l’autel par des festins et de la joie. Le miracle de la fiole d’huile est spécifiquement commémoré par la louange et le remerciement.
Choulhan Aroukh : Les repas supplémentaires à Hannouka sont facultatifs mais peuvent devenir une mitsva en y ajoutant des chants et louanges.
Farbrenguen : Même la joie « matérielle » liée à la nourriture peut devenir spirituelle si on la relie à la diffusion du miracle. La joie est nécessaire en notre époque pour adoucir le jugement avant la délivrance finale, à l’image de Hannouka où la lumière jaillit de l’obscurité.
En résumé, ces sources explorent les multiples significations et niveaux de célébration de la fête de Hannouka, alliant joie physique et spirituelle.
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Rabbi Chimon et le baiser d’Essav Source : Likouté Si’hot volume 20, première Si’ha sur Vayichla’h
Rachi explique que l’étreinte entre les deux frères était sincère, car Essav fut pris de pitié en voyant Yaakov se prosterner devant lui à plusieurs reprises. Cependant, le baiser est plus ambigu, le mot étant ponctué dans le texte pour en atténuer le sens.
Deux approches sont données :
Le baiser n’était pas sincère, contrairement à l’étreinte.
Le baiser était sincère sur le moment, sous l’effet de la compassion d’Essav, mais ne reflétait pas ses sentiments habituels et durables de haine envers son frère.
Rabbi Chimon Bar Yohaï, qui vivait à une époque de persécutions, estime que la haine d’Essav (Rome) envers Yaakov (Israël) est une « Hala’ha », c’est-à-dire immuable. Mais ponctuellement, grâce à l’influence de Justes habitués aux miracles, cette haine peut s’atténuer et même se transformer temporairement en amour.
L’enseignement est qu’Israël ne peut compter en exil sur l’aide durable des nations, représentées par Essav. Mais les juifs pieux peuvent avoir une influence positive passagère sur leur attitude, jusqu’à la Délivrance finale avec la venue du Machia’h.
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L’ordre des Tefilot quotidiennes Source : Likouté Si’hot volume 35, deuxième Si’ha sur Vayétsé
Tour, lois d’Ora’h ‘Haïm 98 (lois de la prière) : Ainsi faisaient les hommes pieux et les hommes de bonnes actions : ils s’isolaient et avaient de l’intention (kavana) dans leur prière, au point d’arriver à se libérer de la matière et à renforcer l’esprit intellectuel jusqu’à atteindre un niveau proche de la qualité de la Prophétie.
Likouté Si’hot : D’une part, la prière est le « service du cœur », dont le but est d’accepter le joug du Royaume des cieux et de s’attacher à D.ieu ; d’autre part, le sens simple du mot « prière » est : « demande », le fait que l’homme sollicite D.ieu pour ses besoins personnels. Ses deux sujets de la prière sont radicalement différents et correspondent aux deux définitions de la prière : « Sainteté » et « récit de la Création » [et de ses besoins].
Likouté Si’hot : Le « récit de la Création » fait référence à l’effort visant à introduire la sainteté dans la matière du monde, alors que la « Sainteté » fait référence à l’effort investi dans les choses sur lesquelles la sainteté est révélée. Il en est de même dans le service divin individuel de chacun, l’homme étant composé d’une âme et d’un corps : la « Sainteté » fait référence à l’effort qui produit le dévoilement de la sainteté de l’âme, qui est « une partie de D.ieu, littéralement », alors que le « récit de la Création » fait référence au raffinement du corps (et du monde).
Likouté Si’hot : Dans la « Sainteté » (aussi), le commencement du travail est lumineux (« jour ») ; ensuite, l’homme s’élève progressivement pour intensifier la lumière de la sainteté, au point que la « nuit » dépasse la lumière du « jour » qui la précède, car il s’agit d’une « lumière cachée », appelée « obscurité » car elle dépasse l’entendement humain. Par contre, dans le « récit de la Création », le « jour » vient après la nuit, car l’objet de cet effort est l’action effectuée dans le monde qui est encore « sombre » au commencement du travail ; puis, par l’effort de l’homme, cette « nuit » devient « jour », l’obscurité est éclairée jusqu’à être transformée en lumière !
Likouté Si’hot : Le service divin de la prière consiste à :
(a) fournir un effort pour révéler la lumière de son âme, en éveillant dans son cœur l’amour et la crainte de D.ieu ;
(b) ensuite, il y a l’aspect verbal qui est le sujet essentiel de la prière, permettant de raffiner le corps et l’âme animale ; cet effort s’effectue dans un lieu « obscur », spécifiquement.
C’est pourquoi, l’ordre des prières est bien : Arvit, Cha’harit, Min’ha – car l’effort se passe dans le domaine de « l’obscurité », en s’élevant progressivement pour introduire de la sainteté dans cette obscurité, jusqu’à parvenir à transformer cette obscurité même en lumière.
Seder Hayom, prière de Min’ha : La qualité essentielle de la prière de Min’ha est le fait que son timing soit en plein milieu de la journée, alors que l’homme est occupé avec son gagne-pain etc., et pourtant, il s’arrête et se met en place pour prier, exprimant ainsi l’effort de l’homme dans le domaine matériel, spécifiquement.
Guemara Bera’hot 6b : Un homme fera toujours attention [à prier convenablement] la prière de Min’ha, car le prophète Élie ne fut exaucé qu’au moment de la prière de Min’ha.
En résumé, le texte décrit les deux catégories de prières et d’efforts spirituels dans le judaïsme : orienté vers la révélation de la sainteté de l’âme versus orienté vers la transformation de la matière du monde. La prière de Minha joue un rôle culminant dans cet effort de spiritualisation du monde physique.
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Toldot – Marier bonté et rigueur Source : Likouté Si’hot volume 20, première Si’ha sur Toldot
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Vayéra – L’alliance divine de la circoncision Source : Likouté Si’hot volume 25, troisième Si’ha sur Vayéra
Le dialogue entre Its’hak et Yichmaël porte sur le moment idéal pour la circoncision: à 8 jours ou à l’âge adulte.
La circoncision à 8 jours reflète la passivité de l’enfant, tandis que la circoncision à l’âge adulte implique une pleine conscience. Cependant, le moment de 8 jours est préférable car l’alliance est initiée par Dieu indépendamment de la compréhension humaine.
L’alliance de la circoncision est une alliance éternelle établie exclusivement par Dieu avec le peuple juif.
La circoncision à 8 jours chez Its’hak, à la différence de celle d’Avraham à 99 ans, montre clairement que l’alliance ne résulte pas des efforts humains mais uniquement de Dieu.
Bien qu’Avraham se soit pleinement effacé devant la volonté divine, on attendait encore sa décision personnelle avant la circoncision, ce qui n’était pas le cas pour Its’hak.
L’enseignement est qu’un juif ne doit pas hésiter à s’engager dans une mitsva avant même de la comprendre, afin d' »intégrer Dieu dans sa chair » le plus tôt possible, comme l’illustre Its’hak.
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Le’h Le’ha – Propriété éternelle de la Terre d’Israël Source : Likouté Si’hot volume 15, cinquième Si’ha sur Le’h Le’ha
Le’h Le’ha 12, 7 : D.ieu apparut à Avram et dit : « C’est à ta postérité que Je donnerai cette Terre ». Il bâtit en ce lieu un autel au D.ieu qui lui était apparu.
Ibid. 13, 14 : D.ieu dit à Avram, après que Loth se fut séparé de lui : « Lève les yeux et regarde .. au nord, au midi, à l’orient et à l’occident : toute la Terre que tu aperçois, Je te la donnerai, ainsi qu’à ta descendance, à perpétuité. … Lève-toi ! parcours cette Terre en long et en large, car c’est à toi que Je la donnerai ».
Ibid. 15, 7-21 (l’alliance entre les parts) : Et Il lui dit : « Je suis l’Éternel, qui t’ai tiré d’Our-Kasdim, pour te donner ce pays en héritage ». [Avram] dit : « D.ieu-Éternel, comment saurai-je que je l’hériterai ? » …Ce jour-là, l’Éternel conclut avec Avram un pacte, en disant : « J’ai donné à ta descendance cette Terre, depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate… ».
Tsafnat Panéa’h sur Le’h Le’ha : Dans la troisième promesse, D.ieu parle « d’héritage » de la Terre d’Israël, alors que les versets précédents évoquent un « don (cadeau) ». Il y a donc bien ici deux manières, de la part de D.ieu, de donner la Terre d’Israël aux Enfants d’Israël : le « don » et « l’héritage ».
C’est, globalement, la différence qui peut être faite entre la première conquête du pays [à l’époque de Josué], qui fut un don (de l’intégralité de la Terre), alors que la seconde conquête fut un héritage (pouvant être partiel).
Maïmonide, lois de la Maison d’Election 6, 16 : La première sanctification [de la Terre d’Israël]… ne tient qu’à sa conquête par une collectivité, et puisque la Terre leur a été ôtée, la conquête est annulée et la Terre est donc dispensée par la Torah de l’obligation de dîmes et de jachère, car elle ne [fait plus partie] de la « Terre d’Israël ».
Par la suite, lorsque Ezra vint et sanctifia la Terre, il ne le fit pas par le biais d’une conquête, mais plutôt par une prise de possession. C’est pourquoi, tout lieu dont les exilés au retour de Babel ont repris possession, et qui a reçu cette seconde sanctification à l’époque d’Ezra, est aujourd’hui encore sanctifié, même si la Terre nous a été reprise, et ce lieu est donc assujetti aux lois de jachères et des dîmes.
Kessef Michné sur Maïmonide, ibid. :
(a) Je ne sais pas pourquoi la prise de possession serait-elle plus forte que la conquête. Pourquoi ne pas dire également que, quand le pays nous fut repris, la prise de possession fut, elle aussi, supprimée ?
(b) En outre, lorsque le pays fut sanctifié la première fois par la conquête, n’y eut-il pas, à l’époque, une prise de possession ? Cela signifierait donc qu’une simple prise de possession sans conquête aurait plus de poids qu’une prise de possession associée à une conquête ?
Radbaz, lois des Prélèvements 1, 5 : A l’époque de Yehochoua, la sanctification de la Terre n’était pas orale, alors qu’à l’époque d’Ezra, la Terre fut sanctifiée verbalement.
Tossefot Yom Tov, Edouyot 8, 6 : La conquête par les non-Juifs supprime celle des enfants d’Israël, ce qui n’est pas le cas pour une prise de possession des mains du roi de Perse, qui les avait autorisés à la conserver. Une conquête ne peut supprimer une telle prise de possession, faite du plein gré de celui qui l’a accordée.
On ne peut répondre qu’il s’agit d’un cadeau de D.ieu à Israël, car on pourrait alors objecter que, tout comme D.ieu donna cette Terre à Israël, Ses prophètes annoncèrent aussi que des destructeurs allaient venir la reprendre. Ils prophétisèrent aussi que Korèch, le roi de Perse, la rendrait. Mais, on ne trouve pas de prophétie claire sur le fait que la Terre nous soit reprise, elle nous fut donc reprise indûment. Et un terrain ne peut pas être volé.
Likouté Si’hot :
(a) Si la conquête (militaire) des non-Juifs est effectivement un moyen d’acquisition supprimant la possession antérieure d’Israël, qu’importe alors le fait que la propriété précédente fut de plein gré de celui qui l’a accordée ?
(b) Une partie de la prise de possession, lors de la conquête de Josué, était aussi du plein gré des Guivonim (Josué 9) ; pourtant, Maïmonide ne donne pas un autre statut à ce terrain.
(c) Lorsqu’il y a une acquisition, qu’importe le fait qu’il y ait une prophétie, ou pas, à propos de cette conquête ?
Likouté Si’hot : Quand la Terre d’Israël fut donnée aux enfants d’Israël, il y eut deux éléments nouveaux :
(a) l’acquisition financière, la propriété de la Terre d’Israël, qui désormais leur appartenait. Ceci s’opéra avec Avraham, comme le déduit le Talmud de Jérusalem (‘Halla 2, 1) du verset : « J’ai donné », signifiant qu’Il a « déjà donné » : avant même la conquête effective de la Terre par les enfants d’Israël, celle-ci leur appartient, d’une manière définitive.
(b) La sainteté de la Terre, qui ne s’opéra que lorsque les Enfants d’Israël entrèrent en Israël.
Devarim 3, 18 : L’Éternel, votre D.ieu, vous accorde cette Terre pour l’hériter ; [mais] vous marcherez en armes à la tête de vos frères, les enfants d’Israël, vous tous, hommes vaillants.
Jérémie 29, 10 : Voici ce que dit D.ieu : « Quand Babylone sera au terme de soixante-dix ans révolus, Je prendrai soin de vous et J’accomplirai, pour vous, Ma bienveillante promesse de vous ramener en ce lieu ».
Likouté Si’hot : Lors de la première entrée en Israël, l’Injonction divine imposait que cela se fasse par une conquête militaire, précisément. La sainteté de la Terre ne pouvait s’opérer que par cette conquête militaire et pas par une « prise de possession ».
En revanche, pour l’entrée à l’époque d’Ezra, la Volonté de D.ieu et Son Injonction furent, non pas de conquérir la Terre d’Israël, mais bien de se rendre dans ce pays et de s’y installer. La sanctification fut alors obtenue directement par la prise de possession effective du pays.
Likouté Si’hot : Etant donné que la sanctification, à l’époque de Josué, fut réalisée par l’entrée dans la Terre de la manière prescrite, c’est-à-dire par la conquête, et qu’une conquête consiste à s’approprier ce qui appartient à l’autre, contre son gré – cela signifie que, dans un premier temps, la Terre appartenait aux autres nations et que la sanctification fut obtenue par la victoire contre ces nations.
C’est la raison pour laquelle, dès que cette victoire fut annulée, la sanctification qui en résultait disparut donc également.
En revanche, la seconde entrée s’opéra par une prise de possession. Or, la définition d’une prise de possession est d’indiquer l’appartenance intégrale d’une chose à son propriétaire : la chose lui appartient par lui-même, sans avoir besoin de retirer la possession d’une autre personne.
Il en fut donc de même pour la sanctification qui résulta de cette prise de possession : elle dépendait, en l’occurrence, de leur retour dans le pays qui leur appartenait avant même la conquête de Josué. De ce fait, cette sainteté ne peut donc pas disparaître.
Likouté Si’hot : Lors de la première sanctification, les Enfants d’Israël étaient des Justes, alors qu’à la seconde sanctification, ils étaient parvenus au niveau de Ba’al Techouva.
Le service divin des Justes est essentiellement orienté « du haut vers le bas ». Un tel accomplissement est d’une nature céleste et il n’est donc pas clairement attaché au monde, ici-bas ; de ce fait, il peut cesser, être interrompu.
Le Ba’al Techouva, par contre, son service divin est « du bas vers le haut », il raffine la matière pour faire un « réceptacle » à la divinité, sans interruption.
Likouté Si’hot : Si le service divin d’un Juif est sans relation avec le monde, s’il n’a pas été mis à l’épreuve en se confrontant à « l’autre côté », il n’est pas certain qu’il sera en mesure de surmonter une épreuve qui surviendrait par la suite.
En revanche, celui qui a déjà été en contact avec le monde, qui a même trébuché, malheureusement, en allant à l’encontre de la Volonté de D.ieu, puis qui s’en retourne vers D.ieu, Sa Torah et Ses Mitsvot, fait ainsi la preuve qu’il s’est pénétré de cette Torah et de ces Mitsvot, au point que même une telle chute ne pourrait l’éloigner et le détacher de D.ieu. Son attachement est permanent et n’est pas limité.
Cela est comparé à la seconde sanctification, qui fut le résultat d’une prise de possession. Ainsi, même après que : « du fait de nos fautes, nous avons été exilés de notre terre », les Juifs retournèrent en Terre d’Israël, non pas comme dans un pays qu’il faut conquérir (car il ne leur appartient pas encore), ils y reviennent plutôt comme sur leur Terre : un lieu qui leur appartient de façon permanente, [sans avoir recours à une conquête].
Likouté Si’hot : Un héritage n’a pas d’interruption, à l’inverse d’un cadeau, qui peut être interrompu car il est lié principalement à celui qui le donne, qui pourrait « l’interrompre », même après l’avoir donné.
Aussi, le concept du « cadeau » de la Terre d’Israël est essentiellement lié à la première entrée dans le pays. Il était alors question d’une conquête, orientée « du haut vers le bas » : il s’agissait d’un cadeau, qui est à l’initiative de Celui Qui le donne (« haut »), et non pas pour faire suite à la demande de ceux qui le reçoivent (« bas »).
Dans un héritage, à l’inverse, l’héritier est un proche parent de celui qui le lui lègue. Il est donc en droit de demander, d’exiger cet héritage. Il est l’essence même de celui de qui il hérite !
Aussi, lors de la seconde sanctification, le cadeau prend la forme d’un « héritage » : l’entrée des Enfants d’Israël dans le pays, au sens le plus simple comme dans son application au service divin, fut une « prise de possession », signifiant que les enfants d’Israël étaient d’ores et déjà liés à la Terre d’Israël, car ils sont les propriétaires de la Terre, à jamais.
Likouté Si’hot : La différence entre le « don » et « l’héritage », s’agissant de la Terre d’Israël, ne concerne que la sainteté acquise par l’entrée des Enfants d’Israël dans cette Terre.
En revanche, la propriété des Enfants d’Israël sur la Terre d’Israël reste toujours entière et elle conserve l’intégrité la plus totale, depuis que D.ieu a donné le pays à notre père Avraham, lors de « l’alliance entre les parts », en tant qu’« héritage éternel », car une alliance ne peut être ni altérée ni interrompue.
Peu importe donc dans quelle situation les Juifs se trouvent. Même si : « du fait de nos fautes, nous avons été exilés de notre pays et éloignés de notre terre », la Terre d’Israël n’en demeure pas moins « notre pays » et « notre terre ».
Guemara Baba Batra 119a : La propriété de la Terre d’Israël est établie [à jamais], …« Je vous la donnerai en héritage, Je suis l’Eternel » (Chemot 6, 8), cette Terre vous est léguée en héritage, depuis vos ancêtres.
Likouté Si’hot : On en déduit qu’il s’agit d’un sujet sur lequel il ne peut y avoir aucune négociation ou « marchandage » etc. Tout d’abord, l’ensemble de la Terre d’Israël, en toutes ses frontières, « depuis le torrent d’Egypte jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate », est l’héritage du Peuple Juif et de chaque Juif, et nul n’est donc habilité à renoncer à une partie de la Terre d’Israël, ce qu’à D.ieu ne plaise.
De plus, le simple fait de vouloir rendre ses territoires va à l’encontre de la Volonté de D.ieu, Qui : « Par Sa Volonté, nous l’a donnée » en tant qu’héritage éternel.
Ainsi, lorsque les Juifs feront preuve, en la matière, de la détermination qui convient, sans mettre en avant : « ma force et la puissance de ma main », mais uniquement parce que la Terre d’Israël est « l’héritage éternel » du D.ieu éternel, transmis au peuple éternel, ils connaîtront le succès, en la matière.
Alors, s’accomplira la promesse selon laquelle : « les rois seront tes serviteurs et les princesses, tes nourrices » (Isaïe 49, 23). Les nations du monde viendront en aide aux Juifs pour qu’ils puissent mettre en pratique la Volonté de D.ieu, en général et dans ce domaine, en particulier, encore pendant le temps de l’exil.
Et, ceci hâtera la venue de notre juste Machia’h, lorsque l’integralité de la Terre d’Israël sera en possession des Juifs, y compris les territoires des Kini, Knizi et Kadmoni.
Puis, « Je transformerai les nations en un langage clair, pour qu’elles invoquent toutes le Nom de l’Eternel et Le servent à l’unisson », très bientôt et véritablement de nos jours.
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Noa’h – Double alliance de protection Source : Likouté Si’hot volume 30, troisième Si’ha sur Noa’h
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Ha’azinou – Passation de pouvoir Source : Likouté Si’hot volume 29, Si’ha sur Ha’azinou
1 – Introduction : Dans quel cas Rachi fait-il appel aux interprétations midrachiques ?
Likouté Si’hot : L’approche de Rachi, dans son commentaire sur la Torah est, selon ses propres termes : « je ne suis venu que pour le sens simple du texte » (Rachi sur Berechit 3, 8) ; et même quand il cite une interprétation a priori midrachique, lorsqu’on approfondit on s’aperçoit que cette interprétation était nécessaire pour comprendre le sens simple du texte (sauf si Rachi introduit l’interprétation par la mention : « nos maîtres commentent » etc.).
2 – Dans notre Paracha : La passation de pouvoir entre Moché et Yéhochoua
Ha’azinou 32, 44 : Moché vint et dit au peuple toutes les paroles de ce cantique, lui et Hoché’a, fils de Noun.
Rachi : Lui et Hoché‘a, fils de Noun. Ce Chabbat était celui du « Diozgui (de la paire) », le pouvoir a été retiré à l’un (Moché) et conféré à l’autre (Yehochoua). Moché mit en place un porte-parole pour Yehochoua, afin qu’il professe de son vivant, pour que les enfants d’Israël ne disent pas : « tu n’osais pas, du vivant de ton maître, élever la tête ! » Et pourquoi le texte l’appelle-t-il ici « Hoché‘a » ? Pour signaler que son esprit ne devint pas hautain et que, malgré la grandeur qui lui a été conférée, il resta aussi humble qu’à ses débuts.
3 – Analyse : L’origine du commentaire de Rachi, dans trois sources différentes !
Guemara Sotta 13b : « Et Moché alla, avec Yehochoua, se placer dans la tente d’assignation » (Vayélè’h 31, 14) – on enseigna : Ce Chabbat était celui du « Dio Zougé » (deux paires, ils étaient deux membres : le début de la journée [était] pour Moché et la fin pour Yehochoua – Rachi) . Le pouvoir a été retiré à l’un et conféré à l’autre.
Sifri sur Vayélè’h : D.ieu dit à Moché : installe un porte-parole à Yehochoua, afin qu’il commente et donne des instructions [hala’hiques] de ton vivant ; ainsi, lorsque tu quitteras le monde, les enfants d’Israël ne diront pas : « du vivant de ton maître, tu ne prenais pas la parole et maintenant tu prends la parole ?! »
Sifri sur Ha’azinou : Le verset « lui et Hoché’à, fils de Noun » nous apprend la piété de Yehochoua, qui, après avoir accédé au pouvoir, aurait pu avoir l’esprit qui « flotte » [et qui s’enorgueillit] ; c’est pourquoi le texte précise que même avoir été nommé Parnass (dirigeant) d’Israël, il est resté [le même] « Hoché’a », pieux.
4 – Explication : Entre l’annonce d’un passation de pouvoir et son début effectif
Likouté Si’hot : Dans la Paracha Vayélè’h, Rachi n’explique pas que c’était « un Chabbat de la paire » car rien ne prouve, à ce stade, que la direction de Yehochoua avait effectivement démarrée. Par contre, dans notre Paracha, lorsque la Torah précise que « Moché prit la parole, lui et Hochéa », cela soulève un étonnement : que fait là Yehochoua ? C’est pourquoi, Rachi précise ici que c’était « un Chabbat de la paire », littéralement : ils formaient ensemble une « paire » de dirigeants. C’est pourquoi Rachi ajoute que Moché « avait installé un porte-parole à Yehochoua », pour signifier que Yehochoua s’adressa au peuple, comme le ferait un chef : avec un porte-parole.
5 – La nomination d’un successeur impose-t-elle une phase de direction en tandem ?
Likouté Si’hot : Yehochoua avait besoin d’un « rehaussement » particulier car, du vivant du Moché, sa conduite était complètement à l’opposé : il était complètement effacé, connu comme « le serviteur de Moché, le jeune homme » (Ki-Tissa 33, 11). Il fallait donc empêcher qu’Israël ne lui dise « qu’il n’osait pas, du vivant de son maître, élever la tête » ; c’est pourquoi Moché lui nomma un porte-parole, pour « qu’il enseigne de son vivant » !
Rachi sur Chela’h 13, 16 : Et Moché appela Hoché’a, fils de Noun : Yehochoua. Il a prié pour lui : « veuille Hachem te sauver (qa yochi‘a’ha) du complot des explorateurs (conseil des espions) ! »
Rachi sur Pin’has 27, 20 : Le visage de Moché était comme le soleil et celui de Yehochoua comme la lune.
Likouté Si’hot : La nature humaine veut que, lorsqu’un homme accède au pouvoir, ses traits de caractère et son comportement changent, du fait de la transformation qui s’est opérée en lui, de sa grandeur. A plus forte raison, lorsqu’un homme accède à la direction du peuple juif, cela éveille en lui un sentiment de grandeur et d’éminence, que la Torah exige. Pourtant, la Torah raconte, que même si la grandeur fut donnée à Yehochoua, et qu’il reçut certainement de Moché l’éminence exigée d’un dirigeant, pourtant, il ne devint pas hautain et « il resta aussi humble qu’à ses débuts » : on pouvait toujours reconnaitre en lui une conduite de « réceptacle » [comme la lune].
7 – Enseignement : La conduite à adopter lorsqu’on accède à une grande bénédiction
Likouté Si’hot : Lorsqu’un Juif accède à la grandeur, dans un poste de direction ou dans d’autres choses – il pourrait penser que le fait même qu’il a été « sélectionné » pour mériter ces grandes bénédictions divines indique que c’est bien lui qui les mérite, cela pourrait éveiller en lui un sentiment de largesse d’esprit et de hauteur. A ce propos, nous apprenons de Yehochoua, qu’au contraire : c’est précisément lorsqu’on accède à la grandeur qu’on doit « rester humble comme à ses débuts », et cela est un « réceptacle » pour que cette grandeur se maintienne.
8 – Annexe : Le lien avec la période entre Roch Hachana et Yom Kippour
Likouté Si’hot : Le service divin de Roch Hachana consiste à ce que les enfants d’Israël couronnent D.ieu en tant que Roi sur le peuple juif et Roi sur tout l’univers. Il est possible que, suite à cela, un Juif ait un sentiment qui est « à l’opposé de la soumission » ; l’enseignement est donc, qu’au contraire : cela doit éveiller en nous un sentiment d’effacement absolu, et cela même augmentera les bénédictions divines pour tout ce qui est nécessaire, pour être scellé définitivement pour une bonne et douce année, d’un bien révélé et visible ici-bas : [être bénis dans les domaines des] enfants, de la santé et du gagne-pain dans la largesse, et le tout dans la largesse !
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Nitsavim – « La Torah n’est pas dans le ciel » Source : Likouté Si’hot volume 34, première Si’ha