De Seine et Marne au Montana, la ruée vers ‘Habad

De Seine et Marne au Montana, la ruée vers ‘Habad

Le Montana est un État de l’ouest des États-Unis à la topologie variée s’étendant des Rocheuses aux Grandes Plaines. Ses grands espaces incluent le parc national de Glacier, vaste zone protégée franchissant la frontière canadienne.

 

En 1890, le premier gouverneur du Montana, Joseph Toole, posa la première pierre d’une synagogue de 500 personnes à Helena. Construit par les nombreux Juifs qui avaient participé à la ruée vers l’or au Montana, l’édifice orné de style néo-mauresque comportait de nombreux vitraux, du granit et du grès. Dans les années 1930, cependant, la communauté s’est éteinte et le bâtiment a été vendu au gouvernement de l’État pour 1 dollar.

Aujourd’hui, un autre type de ruée attire à nouveau des milliers de personnes dans le Montana, et Habad-Loubavitch de Montana s’efforce de répondre à leurs besoins. Le 6 février, Rav Haïm et Chavie Bruk, co-directeurs de la branche de Habad dans le Montana, ont annoncé qu’un quatrième couple allait se joindre à l’équipe. Le Rav Shaul Shkedi, sa femme Mushky et leur bébé Zelda Ra’hel déménagent dans la plus grande ville de l’État, Billings, pour établir une présence permanente de Habad.

L’épouse du Rav Shaul Shkedi, Mushky, est la fille des émissaires du Beth Habad de Seine-et-Marne, le Rav Yossi Amar et son épouse.

Lorsque la Covid-19 a frappé, des milliers de personnes ont décidé que si elles devaient travailler à distance, elles pouvaient aussi travailler très loin. La vue pittoresque sur les montagnes du Montana, la qualité de vie élevée et les pistes de ski étincelantes les attiraient. À l’heure actuelle, le Bureau du recensement place la croissance démographique par habitant de l’État au deuxième rang national.

Depuis son arrivée à Bozeman en 2006, le Rav Bruk est resté en contact avec la population juive de l’État. Récemment, il a commencé à recevoir davantage de demandes pour une présence permanente de Habad dans la moitié orientale de l’État. « Nous envoyons des rabbins stagiaires à Billings chaque année, et l’année dernière, ils sont revenus en disant que beaucoup de gens demandaient quand Habad allait s’installer pour rester », a-t-il déclaré.

Après avoir visité la ville au début de l’année et rencontré un certain nombre de membres de la communauté juive, les Shkedis ont estimé qu’elle leur convenait. En plus d’être la plus grande ville du Montana, Billings abrite le siège de nombreuses grandes entreprises, est proche de la station de ski de Red Lodge et abrite les deux plus grands hôpitaux de l’État. En tant qu’aumônier certifié, le Rav Shkedi est bien placé pour servir les hôpitaux.

Les quatre universités, qui attirent de nombreux étudiants dans la ville, seront également au centre des préoccupations des Shkedi. À la fin de l’année 2021, l’université Rocky Vista a commencé à construire son campus médical à Billings, et le Rav Shkedi pense que la communauté juive va certainement connaître une croissance encore plus importante.

Le Rav Bruk estime qu’au moins 5 000 personnes juives vivent dans le Montana et affirme que le travail ne manque pas pour le Rav Shkedi. « Il n’est pas seulement au service de Billings. Il va s’adresser aux Juifs des vingt comtés les plus à l’est de l’État », a-t-il déclaré. « Un de mes amis qui vit près de Belfry fait quatre heures de route jusqu’à Bozeman pour assister aux cours et aux offices du Beth Habad », ajoute le Rav Bruk, « il est très enthousiaste à l’idée d’avoir un trajet beaucoup plus court ».

Pour Mushky Shkedi et son mari, qui ont des racines à Pittsburgh, déménager en tant que représentants de Habad est la réalisation d’un rêve. « Le Rav Yehuda Krinsky, président des divisions de l’éducation et des services sociaux de Habad-Loubavitch, a déclaré : « Le Rav avait prévu que des jeunes hommes et des jeunes femmes s’installeraient dans de petites communautés juives comme le Montana et partageraient la chaleur du judaïsme. « Avec tant de familles qui quittent les grandes villes et se dirigent vers les montagnes pour une vie plus tranquille, Habad sera là pour eux. »

Bien qu’elle soit encore plus petite qu’à l’époque de la ruée vers l’or à la fin du XIXe siècle, le Rav Chaim Bruk voit de grandes choses à venir pour la communauté juive du Montana. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi le Montana avait besoin de quatre Chlou’him Habad, il a répondu en riant : « Il y a assez de travail ici pour dix ! ».

 

 

Remise des diplômes pour les lauréates du séminaire ISFM de Beth Rivkah (Yerres, France)

Remise des diplômes pour les lauréates du séminaire ISFM de Beth Rivkah (Yerres, France)

 

 

Grand moment de bonheur avec Beth Rivkah au CEJ. Lors de la précédente cérémonie de remise des diplômes pour les lauréates du séminaire ISFM de Beth Rivkah, le président du consistoire, Joël Mergui avait proposé que la prochaine remise de diplômes soit célébrée dans les locaux du futur CEJ Paris XVIIe.

Ce fut chose faite ce lundi 7 février, 6 Adar Alef dans la grande synagogue du nouveau CEJ étaient présents les lauréates ,leurs parents ,leurs amies, les enseignants et les invités de prestige .

Le grand Rabbin Haïm Korsia et le grand rabbin Michel Guggenheim nous ont expliqué la valeur de cet engagement selon la Torah.

Le président Joël Mergui a expliqué pourquoi il lui tenait à cœur de ne jamais manquer cette cérémonie.

Le président Elie Korchia à souligner son attachement à Beth Rivkah notamment du fait qu’il y a 53 ans sa belle-mère y était élève et que par la suite elle a fait une excellente carrière d’enseignante.

Monsieur Patrick Petit Ohayon a remercié avec beaucoup d’éloquence les lauréates de s’être engagée dans le monde de l’éducation.

Et enfin le moment magique de la remise du diplôme s’est déroulé avec beaucoup d’émotion mais surtout dans une joie digne du mois de Adar.
Merci au consistoire pour leur magnifique accueil !
Mazel tov à toutes les lauréates !
Mazel tov à Beth Rivkah !
Plus de photos et d’infos sur www.bethrivkah.fr

 

Photos. Chlomo Masliah 06 11 82 70 89 

 

Les dirigeants de la ‘Hassidout ‘Habad et le Judaïsme de France

Les dirigeants de la ‘Hassidout ‘Habad et le Judaïsme de France

Les sept dirigeants de la ‘Hassidout ‘Habad, menèrent des actions en faveur du Judaïsme de France. Ces récits et annecdotes seront publiés dans une série d’articles.

Par le Rav Haim Mellul

L’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, l’Admour Haémtsahi, son fils et successeur, le Rabbi Tséma’h Tsédek, son gendre et successeur, le Rabbi Maharach, son fils et successeur, le Rabbi Rachab, son fils et successeur, le Rabbi Rayats, son fils et successeur et le Rabbi, dont le mérite nous protègera, son gendre et successeur. Tous furent actifs et ils intervinrent en ce qui concerne la France et ses Juifs.

On peut avancer que, hormis la Russie, le pays dans lequel ils naquirent tous, grandirent, vécurent et agirent, l’action la plus profonde et la plus large menée par nos maîtres et chefs, les dirigeants de ‘Habad fut celle qui concerna la France.

Durant les trois premières générations, leur relation et leur intervention s’inscrivirent dans le cadre du combat de l’Admour Hazaken contre l’empereur français, Napoléon. Par la suite, il y eut les nombreuses visites en France du Rabbi Maharach, du Rabbi Rachab et du Rabbi Rayats. Mais, c’est à notre époque que cette intervention a atteint son point culminant avec la dimension positive et spirituelle de la révolution française, qui a été mise en évidence dans ce pays, sous la direction du Rabbi, dont le mérite nous protègera. De fait, il résida lui-même en France pendant huit ans, avec son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, puisse-t-elle reposer en paix.

La raison affichée de ces visites de nos maîtres et chefs, du Rabbi Maharach, du Rabbi Rachab et du Rabbi Rayats, dans la plupart des cas, était médicale. Mais, il est bien évident que ces voyages avaient également pour objet le renforcement de la Torah et de la pratique du Judaïsme, au sein de la communauté juive de France.

Cette constatation peut être rapprochée des propos du Rabbi Rayats, dans l’une de ses causeries, concernant les voyages de son grand-père, « En 5618 (1858), mon grand-père et maître, le saint Rabbi Maharach s’est rendu à l’étranger. Il a alors visité l’Italie et l’Allemagne. La raison affichée de ce voyage était son état de santé, mais sa raison véritable était les besoins communautaires ».

Il en est donc de même pour les visites de nos maîtres et chefs en France. Bien que celles-ci aient eu, de façon générale, une motivation médicale, leurs causeries et leurs lettres, dont certaines sont parvenues jusqu’à nous et son présentées dans cet ouvrage, décrivent les multiples actions destinées à encourager et à renforcer le Judaïsme de France, menées à l’occasion des nombreuses visites dans ce pays.

Un autre aspect de l’action de nos maîtres et chefs pour renforcer le Judaïsme de France est leur profond désir d’introduire l’enseignement de la ‘Hassidout et ses pratiques dans ce pays. Au cours des réunions ‘hassidiques tenues avec les Juifs de Paris, nos maîtres et chefs, personnellement ou bien par l’intermédiaire de leurs émissaires, ont souligné aux communautés locales la nécessité de se rapprocher de la ‘Hassidout. Ils ont également écrit des lettres, à ce sujet.

Se trouvant à Paris, nos maîtres et chefs ont oeuvré également pour la publication d’écrits ‘hassidiques en français, afin que la lumière de l’enseignement de la ‘Hassidout parvienne également au public francophone.

Bien plus, la structuration de la séquence de discours ‘hassidiques profonde et longue, qui est connue sous le nom de  : «Quand ils dirent : ‘nous ferons’ avant : ‘nous comprendrons’ – 5672 (1912)» fut réalisée alors que le Rabbi Rachab prenait du repos à Menton, en France.

Il est dit, dans le Hayom Yom, à la date du 14 Tévet, que : «le mouvement du Tsaddik, a fortiori, le fait de le voir ou d’entendre sa voix, doit avoir un effet que l’on n’oubliera jamais ». La Rabbanit ‘Haya Mouchka formula une remarque bien connue à l’une des émissaires en France : « Nous avons labouré et semé. Vous devez récolter » (A Madame Batya Azimov, puisse-t-elle reposer en paix, fille du ‘Hassid, émissaire de nos maîtres, le Rav Ben Tsion Chem Tov, puisse-t-il reposer en paix. Ce fait fut mentionné dans la causerie du Chabbat Parchat Vayéchev 5752 (1991), figurant dans le Sefer Itvaadouyot 5752, tome 1, page 406, dans l’additif à la note 43).

Il y eut ensuite l’action du Rabbi et de la Rabbanit en France où ils résidèrent dans les années trente (5690). C’est alors qu’ils réalisèrent ce labourage et ces semailles spirituels. Les accomplissements grandioses pour la diffusion du Judaïsme en France, la dimension positive de la révolution française, en sont les conséquences.

Selon les propos bien connus du Rabbi, tenus le Chabbat Parchat Vayéchev 5752 (1991) et qui sont rapportés dans le Sefer Itvaadouyot 5752, tome 1, à la page 405 : « L’essentiel et la perfection de la transformation, d’une manière fixe et définitive, dans la profondeur, allant jusqu’à la diffusion, ont été atteints dans notre génération par mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, qui s’est rendu en France à plusieurs reprises, y a prononcé des discours ‘hassidiques, des causeries.

En outre, il a délégué des émissaires, parmi les membres de sa famille, qui y ont passé plusieurs années, ont servi D.ieu, ont étudié la partie révélée de la Torah et sa dimension profonde, plus généralement y ont introduit la transformation et l’affinement, en se trouvant là-bas et en suivant ses voies, avec crainte de D.ieu, en y accomplissant les Mitsvot de la meilleure façon, afin que cette transformation soit profonde, qu’elle émane de cet endroit lui-même. De cette façon, le chemin a été frayé et la force a été insufflée pour briser et pour inverser la détermination des forces du mal, dans ce pays ».

Il en résulte que les émissaires de ‘Habad – Loubavitch en France, qui sont de plus en plus nombreux et qui perpétuent cette action pour la renaissance du Judaïsme dans les villes françaises, la dimension positive de la révolution française, agissent par la force des maîtres et chefs de ‘Habad, lesquels, depuis la fondation de la ‘Hassidout ‘Habad, labourent, ensemencent et plantent la force d’abnégation dans ce pays.

Il est bien clair que les actions menées, il y a de nombreuses années, par nos maîtres et chefs, pour labourer et pour semer, parviennent à maturité, à notre époque et fournissent de bons fruits, permettant de transformer le monde par la Royauté de D.ieu.

Cependant, il existe aussi des éléments d’importance, à la fois quantitative et qualitative, concernant l’action du Rabbi en France, après avoir pris la direction des ‘Hassidim, dans de nombreuses lettres qui ont été adressées aux institutions de France ou bien à des personnes, dans des causeries consacrées à la France, dans les directives données lors d’audiences qu’il accorda, dans un grand nombre d’enseignements et de conseils qui ont été prodigués à ses émissaires, en France, pendant des dizaines d’années.

Russie : Habad crée un programme d’assistance aux personnes âgées de la communauté juive

Russie : Habad crée un programme d’assistance aux personnes âgées de la communauté juive

Vivre seul peut être déprimant pour n’importe qui. Pour une personne de 92 ans vivant dans un appartement délabré et sans famille, cela peut être dangereux.

 

Lorsque la pandémie de Covid-19 a frappé Rostov-sur-le-Don, dans le sud de la Russie, les personnes âgées de la communauté juive se sont retrouvées totalement isolées.

Beaucoup d’entre elles sont des survivants de l’Holocauste et des vétérans de la Seconde Guerre mondiale qui comptent sur les programmes communautaires de Habad pour avoir une interaction sociale.

Il y a un an et demi, Lubavitch.com a rapporté que le Rav Haïm Danzinger, Chalia’h de la communauté juive de Rostov-on-Don, a personnellement livré des colis alimentaires aux personnes âgés de la communauté. Depuis lors, le programme n’a cessé de se renforcer. « J’ai vu que cela signifiait beaucoup pour eux », a-t-il déclaré, « ils avaient besoin de cette nourriture et n’arrêtaient pas de me dire à quel point ils se sentaient seuls. »

Répondant à un besoin évident, le Rav Danzinger a commencé à organiser des livraisons quotidiennes de repas prêts à être consommés. Aujourd’hui, chaque jour, une équipe de chauffeurs juifs livre en main propre des repas complets à près de cent personnes.

Pour les personnes âgées de la communauté, ces livraisons sont une bouée de sauvetage. « Lorsque nous faisons le point chaque jour, nous écoutons les besoins des gens », explique le Rav Danzinger. « Nous avons découvert qu’une dame n’avait plus de médicaments. Un autre homme a perdu la vue, et nous avons pu lui offrir un Amazon Alexa pour qu’il puisse écouter de la musique. »

Mme Leah Segal était l’une de ces femmes vivant seule dans un petit appartement. Un jour, après avoir tapé à sa porte sans réponse, le livreur a laissée le colis accrochée à la poignée de sa porte. Lorsque le lendemain, le paquet était toujours accroché, le Rav Danzinger a compris que quelque chose n’allait pas. Après avoir forcé l’entrée de son appartement, il a été la première personne à apprendre son décès. Le Beth Habad a organisé ses funérailles et le Rav Haïm a récité le Kaddish pour elle en présence d’un minyane.

Cherchant à compenser la vie sociale que la communauté des personnes âgées a perdue à cause de la pandémie, des étudiants et des bénévoles se rendent chaque mois dans les maisons de retraite avec des iPads, des ordinateurs portables et des points d’accès à Internet. « Ils n’ont pas l’internet à la maison. Nous leur apportons Zoom et organisons des réunions virtuelles », explique le Rav Danzinger. « Les étudiants apprécient de donner un coup de main, et les personnes âgées apprécient d’avoir un impact sur les bénévoles. » Sur Zoom, ils jouent à des jeux, écoutent des spectacles musicaux et retrouvent de vieux amis.

Le vendredi, il y a la distribution de bouquets de fleurs et le Rav Danzinger s’assure de marquer chaque anniversaire avec un gâteau et une petite célébration significative. « Ces personnes ont eu des vies difficiles. Beaucoup d’entre elles ont vécu l’Holocauste et soixante-dix ans d’oppression soviétique. » Il ajoute : « Il est vital de leur redonner un sentiment de dignité et de lien social. »

 

Californie : Le Beth Habad de Fresno remercie la police locale avec des « cupcakes » et… des Tefilines !

Californie : Le Beth Habad de Fresno remercie la police locale avec des « cupcakes » et… des Tefilines !

Fresno est une ville située dans l’État de Californie, aux États-Unis. Située dans la vallée de San Joaquin, la ville est le siège du comté de Fresno.

 

Le Beth Habad de Fresno, en Californie, a tenu à remercier la police pour le service qu’elle fournit.

Ainsi, ils ont installé mercredi un auvent dans leur synagogue de Shepherd Avenue pour distribuer des «copcakes» et des boissons à tous les policiers qui passaient.

L’officier de police de Fresno, Steve Jacobson, a même eu droit à une cérémonie impromptue de « Bar Mitsva ». En effet a accepté de mettre les Tefilines pour la première fois.

« Dans le monde, un peu de lumière dissipe beaucoup d’obscurité », a déclaré le Chalia’h à Fresno, le Rav Levy Zirkind.

D’autres membres de la congrégation se sont rassemblés alors que des policiers et des membres de la communauté s’arrêtaient.

« Nous sommes ici pour répandre la bonté et la gentillesse. Ils nous soutiennent, nous les soutenons. Nous devons montrer que notre communauté est forte », a déclaré le Rav Zirkind.

Une femme s’est arrêtée avec son mari pour faire un don à la Tsedaka. « Nous ferons ce don, car nous soutenons également les flics et nous apprécions ce que vous faites. » L’argent servira à payer les cupcakes, le reste étant destiné à la police.

En espérant que l’idée se répandra

Le Rav Zirkind et son épouse Hanni, ont accompagné la police. « Comme j’entends des gens dire des choses pas très gentilles sur la police, ça me fait vraiment très mal. Je sentais que nous devions les honorer », a déclaré Hanni Zirkind.

Elle espère que d’autres lieux de culte organiseront des événements similaires : « Nous serions ravis. »

 

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan : « L’Univers n’est pas né par hasard »

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan : « L’Univers n’est pas né par hasard »

L’astrophysicien Trinh Xuan Thuan nous explique une constatation acceptée par tous les chercheurs, appelée principe anthropique : «l’univers se trouve avoir, très exactement, les propriétés requises pour engendrer un être capable de conscience et d’intelligence (l’homme)».

 

Il se base sur un impressionnant calcul de probabilité : «Les astrophysiciens peuvent jouer aux dieux créateurs en construisant des modèles d’univers, chacun avec sa propre combinaison de constantes et de conditions initiales, grâce à la puissance des ordinateurs modernes. La question … qu’ils se sont posée pour chaque modèle d’univers est : héberge-t-il la vie et la conscience après une évolution de 13,7 milliards d’années ? La réponse est … : la vaste majorité des univers possède une combinaison perdante (…) – sauf le nôtre (…) La précision stupéfiante du réglage de la densité initiale de notre univers est comparable à celle que devrait montrer un archer pour planter une flèche dans une cible carrée d’un centimètre de côté qui serait placée aux confins de l’univers, à une distance de quelque 14 milliards d’années-lumière.»

«Aucun scientifique ne contestera le réglage très précis des constantes physiques et des conditions initiales de l’univers pour permettre notre existence (…) Les débats surviennent quand il s’agit d’aller plus loin, quand on aborde le principe anthropique fort (…): ce réglage est-il dû au seul hasard ? Ou bien résulte-t-il de la nécessité, si bien que les valeurs des constantes … sont les seules permises ? Disons le tout de suite : la science est incapable de trancher entre ces deux propositions.»

Trinh Xuan Thuan a pris partie pour l’hypothèse «forte»: «Une autre raison pour laquelle je m’insurge contre l’hypothèse du hasard est que je ne puis concevoir que toute la beauté, l’harmonie et l’unité du monde soient le seul fait de la chance (…) Je pense qu’il faut parier, comme Pascal, sur l’existence d’un principe créateur (…) mais c’est un postulat que la science est incapable de démontrer, qui relève de la métaphysique».

«Certains avancèrent que l’émergence de l’intelligence et de la conscience dans l’Univers n’était qu’un simple fait dû au hasard (…) L’univers n’avait que faire de notre présence. Il s’en souciait comme d’une guigne (…) Jacques Monod: ‘ L’homme est perdu dans l’immensité indifférente de l’Univers d’où il a émergé par hasard ’ (…) Steven Weinberg: ‘ Plus on comprend l’Univers, plus il nous apparaît vide de sens ‘… je ne suis pas d’accord avec cette vision désespérante du monde».

La «complémentarité des approches scientifique et spirituelle est très importante. Je suis persuadé que la science n’est pas la seule fenêtre qui nous permet d’accéder au réel. Ce serait arrogant, de la part d’un scientifique, d’affirmer le contraire (…) La science nous apporte des informations, mais n’a rien à voir avec notre progrès spirituel et notre transformation intérieure (…) Confronté à des problèmes éthiques et moraux, notamment en génétique, le scientifique a besoin de la spiritualité pour l’aider à ne pas oublier son humanité»

 

Extrait d’interview est paru dans le journal Le Point, le 10 juin 1991. Jacques Duquesne questionne pour le journal les frères et scientifiques Igor et Grichka Bogdanov. Le Point demande si l’univers est né par hasard ?

Le hasard…l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan a utilisé à son propos une très jolie image. La chance pour que l’univers soit né par hasard, écrit-il, est à peu près égale à la chance pour un archer d’atteindre avec sa flèche un petit carré d’un centimètre de côté situé à 15 milliards d’années-lumières.

Et la vie non plus n’a pu apparaître par hasard ?
Non plus….
L’auto-structuration de la matière, qui l’amène à des états de plus en plus ordonnés et complexes, ne pouvait pas non plus se réaliser par hasard ?
Prenons un exemple : une cellule vivante est composée d’une vingtaine d’acides aminés formant une chaîne compacte. La fonction de ces acides aminés dépend, à son tour, d’environ 2000 enzymes spécifiques. Les biologistes ont calculé que la probabilité pour qu’un millier d’enzymes différentes se rapprochent de manière ordonnée jusqu’à former une cellule vivante (au cour d’une évolution de plusieurs milliards d’années) est de l’ordre de 10 puissance 1000 contre 1.

Donc c’est impossible.
C’est pourquoi Francis Crick, prix Nobel de médecine pour avoir découvert l’ADN, a dit : un honnête homme, armé de tout le savoir à notre portée aujourd’hui se devrait d’affirmer que l’origine de la vie paraît actuellement tenir du miracle, tant il y a de conditions à réunir pour la mettre en œuvre.

Les scientifiques ne vont-ils pas plus loin ?
Ils disent, nous ne pouvons pas constater l’existence d’un phénomène d’ordre sous jacent qui conduit inéluctablement à la naissance de la vie.
Si tel et l’état actuel de la recherche, ces réponses ne risquent elles pas d’être démenties un jour par une nouvelle découverte ?
Toute l’évolution de la recherche depuis une centaine d’années va dans le même sens. Certes nous savons que l’univers restera toujours une sorte d’énigme. La physique quantique a montré que lorsqu’on tente d’entrer en contact avec lui dans son intimité, les phénomènes que l’on y rencontre se dérobent à l’observation. Ce fait a été évoqué par le physicien français Bernard d’Espagnat, à travers cette belle formule ;  » Le réel est voilé et il est destiné à rester voilé « .

Mais que peut-on dire de cette réalité ?
La tendance de la recherche est aujourd’hui à la dématérialisation. C’est-à-dire que l’univers est conçu moins comme une machine que comme un vaste réseau d’informations. Autrement dit, les objets qui nous entourent ne sont pas faits de particules matérielles, mais de phénomènes évanescents.

Vous avez déjà évoqué cette immatérialité de la matière, il faut y revenir.
C’est tout le sens de cette approche nouvelle de la réalité, révolutionnaire dans ces conséquences, que nous avons choisies, Jean Guitton et nous-mêmes, de désigner sous le nom de « mataréalisme » plus que d’une conception physique, il s’agit d’une nouvelle approche philosophique. Mais revenons à la description la plus actuelle de la matière. Nous savons désormais que les particules élémentaires n’ont aucune existence au sens strict, qu’elles ne sont que les manifestations provisoires de champs immatériels ; Il n’y a pas de substrat solide, pas de fond rocheux, pourrait-on dire, de la matière. Donc l’univers est immatériel. Comme le pense Jean Guitton, il est quasiment certain que les futures générations de scientifiques affineront cette image d’un Univers immatériel profondément ordonné, et comme résultant d’une intention. D’une intelligence en somme.

Vous allez loin ?
D’une intelligence. Tout ce passe comme si les phénomènes à l’échelon macroscopique et microscopique, notamment à l’échelle quantique, manifestaient la présence d’un ordre qui lui-même renvoie à une forme d’intelligence, qui n’est pas le fruit du hasard. Partout, nous rencontrons l’image d’un ordre. Que ce soit dans l’invisible décrit par la théorie quantique, ou encore dans le visible, en particulier tel qu’il est appréhendé par cette approche toute nouvelle, la théorie du chaos déterministe.