Le Rav ‘Haim-Baroukh Auerbach, Chalia’h du Rabbi à Buenos Aires, raconte comment une rencontre inattendue avec Libi Alon, correspondante aux États-Unis de la chaîne israélienne 14, a fait naître un cheminement spirituel discret mais tenace. D’une simple visite au Beth Habad est né un rythme de vie nouveau : prière quotidienne, cours de Tania hebdomadaire et pèlerinage mensuel vers le Ohel sacré du Rabbi. Un rendez-vous qu’Alon honore chaque mois, parcourant volontairement la distance qui sépare Washington de New York.
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une rencontre à Buenos Aires
Rien, au départ, ne prédisposait Libi Alon, correspondante réputée de la chaîne israélienne 14 aux États-Unis, à ce cheminement. C’est un déplacement strictement professionnel qui l’amène en Argentine : elle doit y interviewer le président Javier Milei, une rencontre au sommet de l’actualité politique internationale. Mais le hasard d’un voyage — ou, diront certains, la providence — allait bouleverser bien plus que son carnet de reportage.
chabbat au beth habad
Durant son séjour à Buenos Aires, Alon pousse la porte du Beth Habad de la ville. Elle y découvre l’atmosphère chaleureuse d’un Chabbat vécu en communauté : les prières chantées, le repas partagé autour de la table, et un cours donné par le Chalia’h du Rabbi sur place, le Rav ‘Haim-Baroukh Auerbach. Ce qui devait n’être qu’une parenthèse dans un séjour de travail se transforme en un moment de rencontre bien plus intime avec ses racines.
Dans un entretien accordé , le Rav Auerbach revient sur ce Chabbat pas comme les autres. Il raconte qu’Alon a allumé les bougies aux côtés de son épouse — un geste simple, mais chargé de sens — avant de recevoir de cette dernière un véritable trousseau spirituel : un chandelier, un Siddour « Tehilat Hachem », et surtout un accompagnement patient pour apprivoiser les mots de la prière.
« Mon épouse s’est assise avec elle et lui a appris à prier ; elle lui a même placé des marque-pages dans le Siddour afin qu’elle sache exactement où prier », confie le Rav Auerbach, avec la satisfaction visible de celui qui a vu une graine germer.
qui est le rav auerbach ?
Né le 3 Sivan 5741 (1981), le Rav ‘Haim-Baroukh Auerbach est le fils du Rav Moché Chmouel et de Penina Nava Auerbach, eux-mêmes Chlou’him du Rabbi dans la région des Krayot, près de Haïfa. Il a étudié à la Yechiva Tomchei Tmimim de Lod, puis à celle de Kfar Habad, avant de rejoindre la Yechiva centrale 770, à New York, pour son année de « Kevoutsa ». En 5762 (2001-2002), il part en mission à Buenos Aires, intégrant le groupe des « Talmidim Chlou’him » chargés d’épauler la grande Yechiva locale. L’année suivante, en 5763 (2002-2003), il épouse Brakha Miryam, fille du Rav Tsvi Yehiel Grinblatt, Chalia’h principal du Rabbi en Argentine et président des institutions Habad du pays. Aujourd’hui à la tête du Beth Habad du quartier de Puerto Madero, il dirige également le « bureau des Chlou’him » d’Argentine, chargé de coordonner l’ensemble du réseau des émissaires du Rabbi dans le pays.
une empreinte durable
Ce qui aurait pu rester un souvenir de voyage s’est mué en habitude durable. Selon le Rav Auerbach, la rencontre de Buenos Aires a laissé une empreinte profonde et bien réelle dans le quotidien de la journaliste : depuis, Alon veille scrupuleusement, chaque matin, à réciter la prière de Chah’rit. Plus récemment encore, elle a franchi un pas supplémentaire en rejoignant un cours hebdomadaire de Tania, dispensé à distance, par Zoom, par l’épouse du Chalia’h — celle-là même qui l’avait guidée durant ce fameux Chabbat.
un lien qui dépasse buenos aires
Le lien tissé avec Habad ne s’est donc pas arrêté aux frontières de l’Argentine. Il a, au contraire, traversé un continent. Selon le Rav Auerbach, Alon prend aujourd’hui le temps, de manière régulière, de se rendre spécialement de Washington à New York, dans le seul but de prier au Ohel — sur le lieu de sépulture du Rabbi, dans le Queens. Un geste mensuel, discret et personnel, qui témoigne, mieux que n’importe quel commentaire, de la profondeur du chemin parcouru depuis ce Chabbat à Buenos Aires.
qui est libi alon ?
Née à Tel-Aviv en 1993, Libi Alon a grandi dans le moshav Odim avant de servir dans l’armée israélienne, où elle a notamment occupé un poste d’officier de renseignement. Après sa libération, elle a entamé des études de médecine en Italie, à l’université de Modène, avant de bifurquer vers le journalisme. Aujourd’hui responsable de desk, présentatrice et correspondante de la chaîne israélienne 14 aux États-Unis pour les affaires étrangères, c’est elle qui a obtenu, à Buenos Aires, l’interview du président argentin Javier Milei — une rencontre pour laquelle elle avait déjà réalisé un entretien pour le magazine Kfar Habad.
un cheminement partagé sur les réseaux
Ce n’est pas la première fois qu’Alon évoque publiquement son rapprochement avec la tradition juive. Sur ses réseaux sociaux, la journaliste a confié que son installation aux États-Unis avait accéléré, à son insu, un rapprochement avec la religion : elle a raconté avoir observé le Chabbat à plusieurs reprises, avoir été profondément émue par les chants traditionnels du vendredi soir, puis avoir fait cachériser entièrement sa cuisine avec l’aide d’un Chalia’h de Habad, qui a ensuite fixé une Mezouza à la porte de son nouvel appartement. Selon ses propres mots, c’est paradoxalement l’éloignement d’Israël qui a nourri chez elle le désir de s’en rapprocher.
un président connu pour sa proximité avec habad
Le contexte n’est pas anodin : Javier Milei, que Libi Alon était venue interviewer, entretient lui-même une relation publique et assumée avec le mouvement Habad-Loubavitch. Le président argentin s’est rendu à plusieurs reprises au Ohel du Rabbi à New York, a fait sonner le Choffar lors de sa campagne électorale, et a prié face au Mur occidental à Jérusalem. Lors de sa visite en Israël, en Chevat 5784 (février 2024), il avait fait part de son intention de faire poser une Mezouza à la Casa Rosada, le siège du pouvoir argentin. Il est également connu pour se rendre, chaque année, à la commémoration du Guimel Tamouz organisée par la communauté Habad de Buenos Aires. C’est dans ce climat particulier, où la tradition juive occupe une place visible jusqu’au sommet de l’État argentin, que le voyage professionnel de Libi Alon a pris, sans qu’elle s’y attende, une tournure spirituelle.
Le siddour d’Alon, tel qu’elle l’a partagé avec ses abonnés sur les réseaux sociaux
Saluer son prochain n’est pas un simple réflexe de politesse mais une Mitsva à part entière, enracinée dans la Hala’ha et porteuse du Nom même de D.ieu. À travers l’exemple du Tana Rabbi Yohanan ben Zakaï et un enseignement du Rabbi transmis lors d’un Farbrenguen, cet article explore la portée insoupçonnée d’un simple bonjour. Il apparaît que dire bonjour, même dans les moments de souci ou de préoccupation, constitue une véritable forme de Messirout Nefesh, le don de soi qui ouvre la porte à toute Mitsva ultérieure.
saluer autrui, une Mitsva à part entière
La Hala’ha enseigne qu’il est une Mitsva de saluer chaque personne que l’on croise, de s’enquérir de son bien-être ou, à tout le moins, de la bénir par la paix, le Chalom. Ce mot n’est pas anodin : il est également l’un des noms par lesquels on désigne Hachem, si bien que prononcer une salutation revient, en un sens, à faire entrer le Nom divin dans la rencontre. On doit veiller à saluer l’autre le premier, et non se contenter de répondre à sa salutation.
La tradition rapporte du vénéré Tana Rabbi Yohanan ben Zakaï qu’il avait pour habitude de saluer toute personne en premier, fût-elle un non-juif croisé au marché. Son exemple demeure le modèle même de cette prévenance qui n’attend jamais d’être sollicitée pour s’exprimer.
Si l’on croise la même personne à plusieurs reprises dans la même journée, il convient de la saluer chaque fois à nouveau ; en revanche, il n’est pas nécessaire de multiplier les salutations lorsqu’on demeure ensemble dans un même cadre, sans s’être quittés entretemps.
répondre au bonjour et connaître ses limites
Ne pas répondre à celui qui vous salue est comparé, dans la tradition, à un vol, même à l’égard d’une personne avec laquelle on n’entretient pas de bons rapports. Il est d’usage, en répondant, d’ajouter une bénédiction supplémentaire : à celui qui dit Chalom, on répond Chalom Oubraha ; en yiddish, au gut morgen reçu, beaucoup répondent a gut yahr ou a gutten tamid. On a également coutume d’inverser les termes de la salutation, répondant à Chalom Aleikhem par Aleikhem Chalom.
Chacun doit être salué, y compris celui qu’on ne connaît pas. Certains s’inquiètent qu’un inconnu ne réponde pas, plaçant ainsi celui qui salue en situation d’avoir, selon l’image évoquée plus haut, « volé » sa propre salutation sans retour ; la Mishna semble néanmoins enseigner qu’il convient d’avancer le bonjour vers chaque personne, sans exception. Lorsqu’il s’agit d’un ennemi, on prendra garde que la salutation n’attise pas davantage les braises de l’animosité.
Entre personnes de sexe opposé, une salutation chaleureuse est à proscrire, tandis qu’un salut sobre, de la forme d’un simple bonjour, demeure approprié. Dans une grande ville où l’on croise des dizaines d’inconnus à chaque sortie, il n’est ni possible ni même attendu de saluer chacun d’entre eux. Il reste néanmoins souhaitable de saisir toutes les occasions raisonnables de le faire, car la salutation tisse, entre les êtres, des liens d’amour et d’amitié.
Farbrenguen du Rav Chmouel Azimov le6 Tichri 1994 : le sens profond du bonjour selon le Rabbi
Lors d’un Farbrenguen du 6 Tichri 5755 (1994), le Rav Chmouel Azimov rapportait cet enseignement du Rabbi : il faut dire bonjour même lorsqu’on est soucieux, même lorsqu’on a la tête ailleurs, même lorsqu’on traverse des difficultés. Il faut, disait le Rabbi, savoir dire bonjour en toute circonstance. Et il ajoutait : il faut à présent se donner, donner sa propre volonté, ses propres envies, céder sur soi-même. Voilà, précisait-il, la véritable Messirout Nefesh de notre époque.
Que voulait dire le Rabbi en insistant ainsi sur un geste aussi ordinaire ? Dire bonjour semble aller de soi : c’est le propre de tout être humain bien élevé, et chacun sait le faire naturellement. Une Si’ha de Hanouka éclaire pourtant ce point : le Rabbi y explique qu’avant même d’allumer la Menora, avant de parler à un Juif, avant d’allumer sa Neshama, il faut le préparer. Et cette préparation commence précisément par un bonjour.
Pour qui n’a pas encore approfondi la Hassidout, la question peut sembler étonnante : que signifie donc dire bonjour à un Juif, quand on le fait déjà naturellement avec des amis, des voisins, juifs ou non ? Une bonne éducation suffit à l’inculquer, et l’on comprend d’instinct qu’il faut, à plus forte raison, saluer un Juif. C’est le sens même de la formule « Chalom Aleikhem, Aleikhem Chalom » : lorsqu’on n’a pas vu quelqu’un depuis trois jours, on le salue par cette formule complète ; lorsqu’on le croise chaque jour, un simple bonjour, un signe de tête, suffit. La question de savoir s’il convient de saluer avant ou après la prière relève, elle, d’une discussion à part.
Ce que le Rabbi voulait enseigner va au-delà de l’évidence. Dire bonjour lorsqu’on est de bonne humeur et que les circonstances s’y prêtent ne demande aucun effort particulier : cela vient naturellement. Le Rabbi nous apprend qu’il faut savoir dire bonjour précisément lorsqu’on est soucieux, lorsqu’on a l’esprit ailleurs, lorsqu’on traverse des difficultés. Pourquoi ? Parce que c’est par ce geste que l’on entre en contact avec un Juif, contact qui rendra possible, ensuite, de lui proposer de mettre les Tefiline ou d’accomplir une Mitsva. Comme on prépare la Menora avant de l’allumer, on prépare l’autre par le bonjour qu’on lui adresse.
C’est là tout le sens de la Messirout Nefesh : l’homme cède sur lui-même, il ne fait pas ce dont il a envie, ni même ce qu’il comprend de son propre chef, mais ce qu’il convient de faire. C’est également le sens de la Messirout Haratson, le renoncement à sa propre volonté : on a envie d’agir d’une certaine façon, et l’on agit autrement. Ce travail sur soi-même est, en définitive, le don de soi au service du judaïsme.
Autrefois, la Messirout Nefesh se vivait en Russie soviétique. Grâce à D.ieu, la Russie est devenue, de ce point de vue, un pays comme un autre ; même cette forme de sacrifice a, en un sens, été levée par le Rabbi. On en apprend pourtant tout le développement dans les Maamarim du Rabbi précédent, qui consacre de longs passages à ce sujet.
N’étant plus des Juifs de Russie, nous ne connaissons plus ces épreuves. Mais une Messirout Nefesh plus subtile nous est aujourd’hui demandée : on ne peut même plus dire simplement à un ami « tu es en train de manquer quelque chose », car cela requiert un Messirout Nefesh plus fin encore, un travail sur soi bien plus exigeant. Ce travail consiste précisément à ne pas faire ce dont on a envie sur l’instant, mais ce qu’il convient réellement de faire.
C’est tout le sujet de la Messirout Nefesh : céder sa place dans une synagogue à quelqu’un qui vient d’entrer, renoncer à son propre confort parce qu’un autre en a besoin. Voilà ce que signifie se donner : donner de soi-même, céder sur ce que l’on aurait aimé faire, au bénéfice d’un autre Juif.
C’est aussi le Messirout Nefesh de la Rebbetzen Hanna. Que disait-elle ? Que s’il fallait aller en prison pour diffuser le judaïsme, elle y était prête. Aujourd’hui, il n’est plus question de prison. Il faut désormais se donner autrement : donner sa propre volonté, ses propres envies, céder sur soi-même. Voilà, en définitive, la Messirout Nefesh de notre époque.
Si tu portes le prénom Hanna en souvenir de la Rabbanite Hanna, que sa mémoire soit bénie, tu es invitée à rejoindre une initiative exceptionnelle : tente de remporter un billet d’avion pour Almaty, au Kazakhstan, afin de prier sur le saint Tzion de Rabbi Lévi Yitzhak Schneerson, le père du Rabbi.
La gagnante pourra utiliser son billet jusqu’au 6 Tichri prochain et voyagera en tant que représentante de toutes les femmes et filles nommées d’après la Rabbanite Hanna. Elle apportera avec elle l’ensemble de leurs noms pour prier sur le saint Tzion.
À l’approche du jour de la Hiloula de la Rabbanite Hanna Schneerson, que sa mémoire soit bénie — mère de la royauté et épouse dévouée —, Habad Kazakhstan et les institutions du Rabbi situées près du saint Tzion de Rabbi Lévi Yitzhak à Almaty lancent une initiative spéciale :
Rassembler toutes les femmes et jeunes filles prénommées « Hanna » en hommage à la Rabbanite.
La Rabbanite Hanna fut celle qui se tint aux côtés de son grand époux, Rabbi Lévi Yitzhak, durant ses années les plus éprouvantes.
Lorsqu’il fut exilé au Kazakhstan, elle quitta tout pour le rejoindre. Avec une abnégation totale, elle prit soin de chacun de ses besoins et fabriqua même pour lui de l’encre à partir d’herbes et de plantes trouvées sur place, afin qu’il puisse continuer à coucher par écrit ses enseignements de la Torah.
Après son départ de ce monde, la Rabbanite Hanna veilla précieusement sur ses écrits saints dans des conditions extrêmes ; c’est grâce à elle que sa Torah a été préservée et transmise aux générations futures.
Elle s’est dévouée corps et âme pour lui. Elle a protégé sa Torah. Et aujourd’hui, des milliers de femmes et de filles portent son nom.
Et les noms de chacune seront transmis dans les lieux saints
À l’approche de Yom Kippour, les noms de toutes celles qui portent le prénom « Hanna » d’après la Rabbanite et qui se seront inscrites avec leurs familles seront apportés pour la prière et la bénédiction :
Sur le saint Tzion de Rabbi Lévi Yitzhak à Almaty, au Kazakhstan — le lieu même où la Rabbanite Hanna se tint à ses côtés durant ses années d’exil et de dévouement ; Ainsi que sur le saint Tzion de la Rabbanite Hanna dans le Queens, à New York.
De plus, à chaque veille de Roch Hodech (Erev Roch Hodech, sans vœu préalable), les noms de toutes les inscrites seront mentionnés sur le saint Tzion à Almaty, aux côtés des noms de tous les « Lévi Yitzhak » inscrits dans le cadre du projet en hommage au père du Rabbi.
Un immense mérite et une grande source de joie spirituelle (nahat) pour notre saint Maître et Guide, prince de notre génération.
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Dans une Si’ha prononcée le 6 Tichri 5737 (1976), jour du Yortzeit de la Rabbanit Hanna et en plein cœur des Dix Jours de Techouva, le Rabbi a dévoilé la condition véritable d’une année bénie. Il ne s’agit ni de calculs ni de mérites accumulés, mais d’un seul geste : donner la Tsedaka avec un cœur entièrement ouvert. Cette exigence, présentée comme la clé d’une bénédiction reçue sans conditions, éclaire d’un jour nouveau le sens profond de la prière des Jours Redoutables.
une demande sans conditions
Lorsqu’un Juif s’avance devant D.ieu pour Lui demander une année bonne et douce, explique le Rabbi, il ne formule pas cette demande de façon conditionnelle. Il ne l’assortit à aucun examen préalable de sa conduite durant l’année écoulée, alors même que chacun sait, en son for intérieur, que si la majeure partie de cette année fut conforme à ce qui est attendu, certains moments n’ont pas été à la hauteur. Il ne la conditionne pas davantage à la promesse d’une conduite irréprochable pour l’année à venir, car il sait, en toute humilité, qu’il demeure un être humain, tantôt fort, tantôt faible. Sa requête est donc formulée sans détour, sans réserve et sans marchandage : il désire une bonne et douce année immédiatement, telle quelle.
agir à la mesure de ce que l’on demande
Mais comment un homme peut il se rendre digne d’une demande aussi absolue, alors que D.ieu, souligne le Rabbi, n’est redevable envers personne et ne doit de faveur à quiconque ? Les ouvrages de nos sages livrent à cet égard un conseil précieux : celui qui sollicite une telle grâce doit, dans la mesure du possible, agir lui même selon le modèle de ce qu’il demande. Concrètement, cela signifie donner la Tsedaka à un homme que l’on n’a jamais rencontré, dont on n’a jamais rien reçu, et dont on ne recevra jamais rien en retour, même dans l’avenir. Et pourtant, on lui donne ce dont il a besoin, sans calcul ni condition d’aucune sorte.
le droit de se tenir devant D.ieu
C’est cette démarche, explique le Rabbi, qui confère à l’homme le droit de se présenter devant D.ieu et de Lui dire, en toute simplicité : je ne suis qu’un petit homme, et pourtant j’ai donné ce que j’avais péniblement gagné, ce que j’aurais pu échanger contre ce dont j’avais moi même besoin, à un Juif qui m’était totalement étranger, sans jamais l’avoir vu, et sans rien attendre de lui en retour. Vous, D.ieu, dont la grandeur et la générosité dépassent infiniment les miennes, devriez donc, à plus forte raison, m’accorder Votre bénédiction sans poser de conditions et sans faire de calculs.
l’enseignement pour les jours de techouva
Cette Si’ha, prononcée au cœur des Dix Jours de Techouva, place ainsi la Tsedaka désintéressée au centre même de la préparation à une nouvelle année. Le geste de donner sans arrière pensée devient le miroir de ce que chacun espère recevoir de D.ieu : une bénédiction offerte non pas en fonction du mérite, mais par pure bonté. En ce sens, le Rabbi enseigne que la meilleure manière de mériter l’immensité de la clémence divine consiste à en devenir soi même, à son échelle, l’instrument.
La Rabbanit ‘Hanna naquit le 28 Tévet 5640-1880, à Nikolayev. Son père, Rabbi Meïr Chlomo Yanowsky était le Rav de la ville. Sa mère était la Rabbanit Ra’hel. C’est le 13 Sivan 5660-1900 qu’elle épousa Rabbi Lévi Its’hak Schneerson. Le 11 Nissan 5662-1902, naquit leur fils aîné, le Rabbi.
En 5669-1909, Rabbi Lévi Its’hak devint le Rav de Yékatrinoslav, actuellement Dniépropétrowsk. Il assuma cette fonction pendant trente ans et la Rabbanit ‘Hanna lui apporta, pendant toute cette période, l’aide dont il avait besoin dans ses fonctions rabbiniques. Outre sa profonde érudition dans tous les domaines de la Torah, la Rabbanit maîtrisait parfaitement le russe, avait une grande intelligence et un contact agréable. Ainsi, elle joua un rôle décisif dans la place prépondérante qu’occupa le Rav, par son autorité et son influence.
En 5699-1939, Rabbi Lévi Its’hak fut emprisonné pour son intense activité, tendant à préserver le Judaïsme. Il fut condamné à l’exil, à Tchiaily, un village qui se trouve au fin fond du Kazakhstan. Dès que la Rabbanit sut où se trouvait son mari, elle fit don d’elle-même et partit le rejoindre, malgré les difficultés et le danger qui en résultaient. Lorsqu’elle arriva à Tchiaily, elle parvint à réduire considérablement les souffrances du Rav, Elle assuma également une importante responsabilité d’ordre spirituelle, en fabriquant de l’encre de ses propres mains et en se procurant du papier, pour permettre à son mari de rédiger ses merveilleux commentaires de la Torah, qui furent édités par son fils, une trentaine d’années plus tard.
Ceux qui l’ont connue savent que la Rabbanit avait de rares qualités, que ne possèdent que peu de personnes, dans chaque génération. Elle endura de nombreuses années de souffrance et d’angoisse, d’abord lorsque son mari fut emprisonné, puis exilé et également quand, devenue veuve, elle resta seule, isolée parmi une population hostile, au milieu d’hommes capables de toutes les cruautés envers ceux dont le nom de famille était Schneerson. Même en une telle période, elle sut garder son calme, n’afficha jamais un visage triste ou des yeux amers. Elle sut cacher sa douleur en son coeur et ne lui donna aucune expression extérieure.
En 5707-1947, ses épreuves parvinrent à leur terme et elle put enfin quitter la Russie, de manière clandestine. Elle arriva alors à Paris et c’est là qu’elle rencontra son fils aîné, le Rabbi, qu’elle n’avait pas vu depuis une vingtaine d’années. De Paris, ils partirent ensemble pour New York. Là, commença pour la Rabbanit une période, nouvelle, emplie d’un scintillant bonheur, lorsque son fils prit la tête des ‘Hassidim, en 5710-1950.
Le Rabbi lui témoigna toujours un profond respect. Il lui rendait visite chaque jour, le Chabbat comme dans la semaine. Le 6 Tichri 5746-1985, le Rabbi dit:
« Malgré les difficultés et les nombreux tracas de la vie quotidienne, elle avait pris une responsabilité de plus, celle de diffuser l’enseignement de son mari, afin que de nombreux Juifs puissent avoir accès à ses explications de la partie profonde de la Torah, basées sur la ‘Hassidout ‘Habad. Elle le fit pour hâter la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, qui dépend de la diffusion de la ‘Hassidout à l’extérieur. »
C’est à Brooklyn que la Rabbanit vécut ses dix sept dernières années. Elle quitta ce monde, le Chabbat Chouva, 6 Tichri 5725-1964. Les écoles Beth Hanna perpétuent, dans le monde entier, le nom de la Rabbanit, qui est enterrée à New York.
À l’occasion du quarantième anniversaire de la parution de la série Iguerot Kodech, un panel exceptionnel a réuni les Tmimim présents dans nos saintes cours durant le septième mois. Rav Chalom Dovber Levin, éditeur historique de la collection, y a dévoilé des révélations inédites sur la genèse de l’ouvrage et sur les directives reçues du Rabbi tout au long du processus. Une plongée rare dans les coulisses d’un projet qui a profondément marqué l’étude ‘hassidique.
un panel pour marquer quarante années d’histoire
Dans le cadre du programme spirituel organisé par le Comité mondial des Tmimim pour les milliers de Tmimim présents dans nos saintes cours durant le septième mois, un panel exceptionnel s’est tenu à l’occasion du quarantième anniversaire de la parution de la série Igrot Kodech.
Au centre de cette rencontre se trouvait l’éditeur de la série, Rav Cholom Dovber Levin, qui a retracé devant des centaines de Tmimim l’enchaînement des événements ayant conduit à la parution de l’ouvrage, tout en partageant des révélations particulières sur la manière dont son impression avait débuté et sur l’accompagnement dont elle avait bénéficié au fil des années.
Au cours de son intervention, Rav Levin est revenu sur l’Itarouta Dil’eila, cet éveil venu d’en haut qui a conduit à l’impression de la série. Il a également évoqué les directives et les instructions qu’il a reçues du Rabbi tout au long des différentes étapes du travail et de la publication.
À travers les récits et les détails rapportés, des aspects moins connus du processus d’édition et d’impression des lettres ont été dévoilés aux Tmimim, tels que vécus de près par celui qui se tenait derrière ce vaste projet.
quarante ans après la parution du premier volume
Cette rencontre a offert aux Tmimim une occasion rare de découvrir non seulement le contenu des lettres de notre Rabbi, mais aussi l’histoire de la formation de la série et les directives du Rabbi qui ont accompagné le travail de son impression, quarante ans après la parution du premier volume.
Rav Cholom Dovber Levin dirige depuis de nombreuses années la Bibliothèque centrale de recherche ‘Habad-Loubavitch, à New York, où il occupe la fonction de bibliothécaire et d’historien attitré du mouvement. C’est au printemps 1987 qu’il s’attela, sur instruction du Rabbi, à la rédaction de l’introduction du premier tome des Igrot Kodech, donnant ainsi le coup d’envoi à un projet monumental appelé à s’étendre sur plusieurs décennies.
Au fil des années, Rav Levin a édité les vingt-et-un premiers tomes de la série, avant de transmettre la responsabilité de l’édition, en 5754 (1994), à Rav Cholom Yaakov ‘Hazan, qui poursuivit l’œuvre sur les tomes suivants.
Outre son travail sur les Igrot Kodech du Rabbi, Rav Levin est également connu pour avoir édité, en six volumes, la correspondance de l’Admour Rachab, ainsi que pour son ouvrage de référence consacré à l’histoire du mouvement ‘Habad sous l’empire tsariste, fruit de longues années de recherche dans les archives du mouvement.
une confiance qui ne faiblit jamais
Ces lettres traduisent avant tout l’immense confiance que portait le Rabbi à chacun. Jamais il ne minimisait la valeur d’une personne ou d’un acte, aussi modeste fût-il ; jamais il ne laissait quiconque s’enfoncer dans le découragement ou l’apitoiement sur soi-même. Le Rabbi s’adressait aux gens avec une gravité et une exigence de vérité et de responsabilité qui n’appartenaient qu’à lui ; nul ne recevait de lui autre chose qu’une confiance entière en ses capacités et en ses chances de réussir.
La série, forte à ce jour de trente tomes, rassemble les lettres du Rabbi jusqu’en 5735 (1975), soit environ douze mille lettres. La vérité est qu’un nombre plus important encore de lettres n’a pas encore vu le jour.
Les volumes des Igrot Kodech sont classés par ordre chronologique, ce qui permet de suivre, pas à pas, l’immense œuvre accomplie par le Rabbi durant près de cinquante années, et peut-être même d’entrevoir, l’espace d’un instant, son emploi du temps chargé. Un simple feuilletage suffit à susciter l’admiration : on y découvre, les unes après les autres, des correspondances avec des écrivains et des hommes d’esprit, des responsables politiques, de grands décisionnaires et Rabbanim, des hommes, des femmes, de jeunes adolescents – avec chacun d’eux, le Rabbi trouvait un langage commun, et naturellement, presque tous les sujets imaginables se retrouvent au fil de ces milliers de pages. On y trouve des échanges de Torah et des décisions halakhiques, des réflexions d’ordre psychologique, philosophique ou médical, ainsi que de nombreux sujets brûlants de l’actualité publique. Sur chaque question, l’avis du Rabbi demeure toujours clair et solide. Qui a l’habitude de lire régulièrement ce trésor de lettres se surprend vite à s’habituer à une pensée d’une netteté et d’une constance remarquables.
Une part importante des lettres répond à des personnes troublées par de prétendues contradictions entre la Torah et la science. Le Rabbi, versé dans plusieurs disciplines scientifiques, ne croyait tout simplement pas à la possibilité de telles contradictions, et n’accordait pas, pour sa part, une gravité excessive à ce type de questions.
Lorsque Neil Armstrong posa le pied sur la lune et que le monde entier s’enflamma, quelqu’un demanda au Rabbi si cet événement ne contredisait pas le verset des Téhilim selon lequel les cieux appartiennent à D.ieu tandis que la terre a été donnée aux fils de l’homme. Le Rabbi lui répondit avec humour, dans une lettre publiée dans l’un des derniers tomes parus, qu’à suivre cette logique, une question tout aussi grande se poserait sur un autre verset du même livre, précisément dans un passage consacré à la nature et à ses merveilles, où il est question des hautes montagnes offertes aux bouquetins et des rochers servant de refuge aux damans – nos propres yeux nous montrent pourtant que sur les hauteurs et parmi les rochers peuvent se trouver toutes sortes de créatures, pas nécessairement des damans ou des bouquetins… Ce que la lettre ne mentionnait pas, c’est que dix ans plus tôt, le journaliste Chlomo Nakdimon, du quotidien Maariv, avait demandé au Rabbi s’il pensait qu’il serait un jour possible d’atteindre la lune. Le Rabbi lui avait répondu qu’il n’y avait aucun doute que la chose était possible.
être occupé plutôt que sombrer dans les doutes
Nombreux sont ceux qui lui ont ouvert leur cœur, de vive voix comme par écrit, et il n’est peut-être pas surprenant de découvrir que le Rabbi lui-même, ce grand connaisseur de l’âme, cet homme qui ressentait la douleur de chaque individu et que des dizaines de milliers de personnes considéraient comme un père et un guide personnel, n’encourageait pas les introspections trop douloureuses. Certes, il faut parfois savoir où se situe le problème pour pouvoir le réparer, mais il ne faut surtout pas s’enliser dans la boue. Que d’énergie précieuse se perd dans des débats intérieurs sans fin ! Et toutes les réflexions philosophiques du monde, répétait le Rabbi, ne sauraient produire à elles seules la moindre bonne action…
Dans l’un des tomes figure une lettre adressée à une femme soudain assaillie de questions et d’interrogations sur des sujets d’ordre existentiel, au point qu’elle sentait ne plus pouvoir mener une vie quotidienne normale. Le Rabbi, qui croyait qu’un seul acte concret valait davantage que mille et une paroles ou pensées, lui proposa de prendre une année de pause : chaque fois que de telles pensées reviendraient, lui écrivit-il, il conviendrait de se dire qu’il fallait repousser cette réflexion jusqu’à la fin de l’année… À une autre personne tourmentée par des doutes et de lourdes inquiétudes, le Rabbi conseilla simplement de rester occupée.
Le Rabbi croyait aux décisions claires et encourageait un agir juif positif. Certains, parfois, hésitaient à franchir le pas tant qu’ils n’étaient pas pleinement convaincus intérieurement ; ils exigeaient de comprendre, avant toute chose, pourquoi il fallait agir de telle ou telle façon. Le Rabbi comparait cela à un homme affamé qui refuserait de manger tant qu’on ne lui aurait pas expliqué exactement le fonctionnement du système digestif. Car si cet homme ne mange pas, écrivait-il, il s’affaiblira peu à peu, au point que, même lorsqu’on lui donnera les explications, il n’aura plus la force de les comprendre. Et cette réalité est plus vraie encore dans la vie de l’âme : la compréhension et la reconnaissance justes ne viennent qu’après un juste entretien de l’âme, selon les instructions précises de la Torah.
un amour qui n’oublie jamais rien
On se surprend, en lisant des mots écrits pour d’autres personnes, à une autre époque, à sentir qu’ils nous touchent nous aussi, sans trop savoir pourquoi. Peut-être est-ce simplement parce qu’il est impossible de rester indifférent à l’amour sincère et à la sollicitude dont ces pages sont si profondément imprégnées. Il est parfois bouleversant de constater à quel point le Rabbi se souvenait de choses que des personnes lui avaient écrites des années auparavant. Certains avaient couché sur le papier leurs difficultés et leurs détresses dans des moments de crise, sans imaginer à quel point le Rabbi prenait tout cela à cœur. Mais le Rabbi n’oubliait rien : toutes ces lettres, il les emportait avec lui jusqu’au Ohel de son beau-père, le Rabbi précédent, qu’il avait coutume de visiter fréquemment, parfois deux fois par semaine. Là, il les lisait et priait de longues heures durant, jusqu’à la tombée de la nuit.
Les Igrot Kodech témoignent de l’existence, dans un monde si souvent égoïste, d’une sollicitude authentique. Sur les pages de ces livres bat le rythme d’un cœur immense qui, tout en portant le souci bien connu du destin de tout un peuple, savait offrir à chaque individu une attention personnelle, une écoute véritable et un amour sincère.
Chaque soir, à la tombée de la nuit, des centaines de jeunes gens convergent vers le Ohel pour un moment de recueillement et d’étude. Le rendez-vous s’inscrit dans un programme structuré, porté par le Vaad Talmidei Hatmimim Haolami, qui accompagne les Temimim tout au long du mois de Tichri. Entre prière, ‘Hassidout et Hitkachrout, ce mois si dense en fêtes se transforme, sur place, en un véritable marathon spirituel.
Le mois de Tichri, déjà rythmé par Roch Hachana, Yom Kippour et Souccot, ne laisse que peu de répit. Et pourtant, c’est précisément dans cette intensité que des centaines de Ba’hourim venus des quatre coins du monde choisissent de puiser leur énergie, en multipliant les moments d’étude au Ohel du Rabbi. Ce soir encore, ils s’y sont rassemblés en nombre pour le Sidour Hassidout Erev, un cours du soir consacré à l’étude de la ‘Hassidout, organisé dans le cadre du programme d’accompagnement du Vaad Talmidei Hatmimim Haolami.
Un cadre pensé pour ne perdre aucun instant
Depuis plus d’une décennie, le Vaad Talmidei Hatmimim Haolami déploie, chaque année à l’approche de Tichri, une infrastructure complète destinée aux centaines de Temimim qui font le voyage jusqu’aux 770. Hébergement dans des appartements, repas servis au réfectoire de la Yechiva Ohalei Torah, transport et prise en charge des besoins pratiques liés aux fêtes — Kapparot, quatre espèces, navettes — le Vaad s’efforce d’alléger le quotidien matériel des visiteurs pour leur permettre de se concentrer sur l’essentiel : le lien avec le Rabbi et l’approfondissement de la ‘Hassidout.
C’est précisément ce volet spirituel auquel le Rabbi lui-même avait donné une importance particulière. Au-delà du confort logistique, le Vaad met un point d’honneur à proposer des cadres d’étude fixes et des cours structurés, pensés pour que chaque heure passée dans le voisinage du 770 et du Ohel serve à l’élévation spirituelle des participants. Le Sidour Hassidout Erev s’inscrit dans cette logique : un temps fixe, chaque soir, où l’étude prend le pas sur la fatigue du mois.
Des Temimim venus du monde entier
Année après année, ce sont des centaines de jeunes gens issus des Yechivot Habad du monde entier qui font le déplacement pour Tichri. Nombre d’entre eux ne se contentent pas d’assister aux offices et aux Farbrenguen : ils s’organisent, encadrés par des Ba’hourim de la Yechiva centrale du 770, pour bâtir un véritable emploi du temps d’étude, du matin jusqu’au soir. Le Sidour Hassidout Erev en est l’un des piliers, un moment où l’on se retrouve, textes en main, pour approfondir ensemble la pensée ‘hassidique liée à la période.
Cette assiduité traduit une conviction largement partagée dans le monde Habad : Tichri n’est pas seulement un mois de fêtes à vivre, mais une période à « exploiter » pleinement — d’où l’expression qui circule parmi les Temimim présents sur place, selon laquelle il s’agit de « profiter de chaque instant » pour l’étude, la ‘Hassidout et le renforcement de l’Hitkachrout envers le Rabbi.
Chaque soir, entre les murs du Ohel, ce sont ainsi des centaines de voix qui se mêlent à l’étude, perpétuant, génération après génération, l’héritage d’un mois que le Rabbi voulait voir vécu dans l’intensité.
Chaque année, D.ieu efface nos fautes, et chaque année, l’être humain les répète inlassablement. Le Rav Yossi Amar, Chalia’h du Rabbi en Seine-et-Marne, propose une lecture bouleversante de ce paradoxe, révélant dans le pardon de Yom Kippour non pas la trace d’un système défaillant, mais l’expression d’un amour parental inconditionnel. À travers l’étude d’un verset d’Isaïe et le récit d’une jeune âme égarée retrouvant le chemin du retour, ce cours dévoile la profondeur infinie du lien qui unit D.ieu à chacun de Ses enfants.
un pardon qui semble se répéter sans fin
Le cours s’ouvre sur une question que beaucoup portent en silence, année après année, à l’approche de Yom Kippour. Si D.ieu pardonne nos fautes chaque année, et que nous retombons pourtant, souvent, dans les mêmes travers, à quoi bon ce cycle répété de faute et de pardon ? N’y a-t-il pas là, dans cette répétition, quelque chose qui ressemble à un mécanisme grippé, comme si le pardon divin ne parvenait jamais réellement à nous transformer ? Le Rav Yossi Amar ne fuit pas cette interrogation dérangeante ; il en fait au contraire le point de départ d’une réflexion sur la nature profonde du lien entre l’homme et son Créateur.
l’amour inconditionnel d’un parent envers son enfant
La réponse proposée déplace le regard. Ce n’est pas d’un système de justice qu’il s’agit, avec ses sanctions et ses remises de peine, mais d’une relation d’amour. Même lorsque l’homme faute, D.ieu demeure présent, et Il continue de l’accueillir comme un enfant bien-aimé. Le Rav illustre cette idée par une image simple et parlante : l’amour d’un parent pour un tout jeune enfant ne se mesure jamais à ses actes. Un nourrisson n’a rien à prouver pour être aimé ; il est aimé parce qu’il est l’enfant. C’est seulement en grandissant qu’il devra répondre d’exigences et de responsabilités. Ainsi en est-il, explique le Rav, du rapport de D.ieu à l’humanité : la faute n’entame jamais ce lien fondamental, inconditionnel, qui précède tout mérite.
rechercher D.ieu et L’appeler : deux mouvements de l’âme
Le cours s’appuie ensuite sur un verset du prophète Isaïe (55:6), qui invite à « rechercher D.ieu lorsqu’Il se laisse trouver » et à « L’appeler lorsqu’Il est proche ». Le Rav Yossi Amar distingue avec finesse ces deux mouvements de l’âme, qui ne se confondent pas. Rechercher D.ieu relève de la loyauté : c’est reconnaître qu’Il est là, tout proche, et nourrir le désir sincère de s’améliorer pour l’année à venir. L’appeler, en revanche, relève de l’intimité : c’est se lier à Lui de façon plus profonde encore, à travers l’étude de la Torah, qui constitue selon le Rav la connexion la plus intime que l’homme puisse tisser avec le Divin. Ces deux élans, la loyauté qui recherche et l’intimité qui appelle, se complètent et donnent tout son sens à la démarche de techouva.
un amour qui appelle l’amour en retour
Prendre pleinement conscience de l’immense amour et de la miséricorde que D.ieu témoigne à l’homme, en lui ouvrant Sa porte et en lui pardonnant malgré ses imperfections répétées, produit un effet naturel : cela éveille en retour, chez l’être humain, le désir de L’aimer et de progresser. L’amour, souligne le Rav, est contagieux. Ce n’est donc pas la crainte de la sanction qui doit pousser au changement, mais la gratitude devant un amour qui ne se dément jamais.
l’histoire d’une jeune fille retrouvée
Pour illustrer son propos, le Rav Yossi Amar rapporte le témoignage bouleversant d’une jeune fille, égarée dans un centre de réhabilitation, qui a retrouvé le chemin du retour spirituel après avoir simplement vu une autre jeune fille lire le Mahzor de Kippour. Ce geste, en apparence anodin, a suffi à réveiller en elle quelque chose d’enfoui. Cette histoire vient sceller l’enseignement du cours : aucun Juif, où qu’il se trouve et quel que soit son parcours, n’est jamais exclu ni oublié par D.ieu.
Un reportage photographique dévoile l’ambiance particulière des prières de Min’ha et de Maariv de Tsom Guedalia à 770. Le photographe Mendel Uzan a immortalisé la grande synagogue de Crown Heights, comble en ce jour de jeûne. Des milliers d’invités venus pour le mois des fêtes de Tichri ont pris part à ces offices.
Le jeûne de Guedalia, qui suit immédiatement Roch Hachana, marque chaque année l’entrée dans la période intense des Jours Redoutables. Au Beth ‘Hayéinou, le 770 de Crown Heights, cette journée prend un relief particulier : la synagogue centrale, déjà en pleine effervescence depuis le début du mois d’Elloul, accueille cette année encore une foule considérable de Ba’hourim, de familles et de visiteurs venus du monde entier pour vivre Tichri auprès du Rabbi.
Une foule venue du monde entier
Les images montrent une salle principale de 770 pleine à craquer au moment de la prière de Min’ha, puis à nouveau lors de Maariv qui clôt le jeûne. Cette affluence, habituelle pour la période des fêtes de Tichri, illustre l’attachement de milliers de ‘Hassidim à vivre les moments forts du calendrier juif dans le lieu que le Rabbi a lui-même sanctifié par sa présence pendant des décennies.
Le jeûne de Guedalia commémore l’assassinat de Guedalia ben A’hikam, dernier gouverneur juif de Judée après la destruction du premier Beth Hamikdach, un événement qui, selon la tradition, a scellé la fin de toute autonomie juive sur la terre d’Israël à cette époque. Bien que considéré comme le plus léger des quatre jeûnes institués en mémoire de la destruction, il conserve toute sa portée spirituelle, en particulier durant les dix jours de Techouva qui séparent Roch Hachana de Yom Kippour.
770, un centre battant au rythme de Tichri
Chaque année, à l’approche des fêtes, les équipes du 770 s’organisent des semaines à l’avance pour accueillir le flux d’arrivants : installation de bancs supplémentaires, aménagement des espaces de prière et logistique renforcée pour permettre à chacun de trouver sa place. Le jeûne de Guedalia marque ainsi l’un des premiers grands rendez-vous collectifs du mois, avant les offices plus longs de Kippour et les festivités de Souccot qui suivront.
Les clichés de Mendel Uzan, largement partagés sur les réseaux sociaux, offrent un aperçu rare de cette ferveur collective et cette atmosphère si particulière qui, disent les habitués, ne se retrouve nulle part ailleurs qu’au 770 pendant le mois de Tichri.
Un rassemblement peu commun a réuni mardi matin, 4 Tichri 5787, plus de 300 soldats de Tsahal au 770 de Ramat Shlomo, à Jérusalem, autour du chanteur Avraham Fried et de son orchestre. Loin d’un simple concert, la matinée s’est transformée en un moment de communion spontanée entre les artistes et les militaires, plusieurs d’entre eux rejoignant la scène pour chanter et jouer aux côtés du célèbre interprète. L’un des soldats, monté à l’improviste derrière la batterie, a livré une performance qui restera gravée dans la mémoire des participants.
Le 770 de Ramat Shlomo, réplique jérusalemite du célèbre centre mondial Habad-Loubavitch de New York, a été le théâtre, ce mardi 4 Tichri 5787, d’une matinée hors du commun réunissant plus de 300 soldats de Tsahal. À l’invitation des organisateurs, le chanteur Avraham Fried, figure incontournable de la musique ‘hassidique depuis plus de quarante ans, s’est produit avec son orchestre devant une salle acquise à la cause de ceux qui, quelques heures plus tôt encore, portaient leur uniforme et leur paquetage sur le terrain.
Une scène envahie par les soldats
Dès les premiers accords, l’ambiance a rapidement dépassé le cadre d’un concert classique. Plusieurs soldats, emportés par l’énergie du moment, sont montés spontanément sur scène pour accompagner Avraham Fried, se mêlant aux musiciens sans la moindre hésitation. Loin de freiner cet élan, l’artiste et son orchestre les ont accueillis avec enthousiasme, transformant la représentation en un véritable échange entre la scène et la salle.
L’un des soldats est allé plus loin encore : il s’est emparé de la batterie et a pris les commandes de l’instrument avec une aisance et un talent qui ont surpris l’assistance. Son jeu, salué par des applaudissements nourris, a marqué l’un des sommets de la soirée, illustrant à quel point la musique peut, en un instant, effacer la frontière entre artistes professionnels et amateurs inspirés.
Un moment de joie et d’unité
Au-delà de la performance musicale, c’est surtout l’atmosphère qui a marqué les esprits. Les témoins présents décrivent des instants d’union et de joie difficiles à décrire par des mots : des soldats côte à côte, chantant à pleine voix, dans un cadre habituellement associé à l’étude et à la prière, mais qui, pour l’occasion, s’est mué en espace de communion collective.
Ce type de rencontre entre le monde ‘hassidique et les soldats de Tsahal n’est pas isolé. Depuis plusieurs années, et plus particulièrement depuis le déclenchement de la guerre, Avraham Fried multiplie les apparitions auprès des unités combattantes, portant à travers ses chants un message de soutien et d’encouragement. La soirée du 770 de Ramat Shlomo s’inscrit dans cette continuité, tout en y ajoutant une dimension particulièrement spontanée et personnelle.
Le 770, un lieu chargé de sens
Le choix du lieu n’est pas anodin. Le 770 de Ramat Shlomo, construit à l’image du siège historique du mouvement à Brooklyn, est devenu au fil des années un point de repère spirituel pour de nombreux ‘hassidim et Chlou’him en Israël. Y accueillir des soldats de Tsahal pour une soirée de chant et de retrouvailles donne à l’événement une portée symbolique forte, mêlant identité juive, engagement militaire et joie ‘hassidique.
Cette matinée qui restera, pour les soldats présents, bien plus qu’un simple concert : un souvenir de fraternité et de lumière au cœur d’une période éprouvante.