À quoi devons-nous penser lorsque nous entendons sonner le Chofar le jour de Roch Hachana ? Entre l’image du réveil que donne le Rambam et l’enseignement plus profond de la pensée ‘hassidique, ce son porte en lui l’idée d’un couronnement, celui de D.ieu comme Roi du monde. Retour sur le sens intime de cette Mitsva et sur ce qu’elle exige de chacun d’entre nous.
Rav Shlomo Majeski / stump the rabbi
le son qui réveille l’âme
La question se pose chaque année à l’approche de Roch Hachana : il existe une Mitsva, un commandement, de faire sonner le Chofar, mais à quoi devons-nous penser au moment précis où résonne cette sonnerie ? De nombreuses réponses ont été apportées à cette question au fil des générations. Sur un plan très simple, le Rambam écrit que le Chofar agit comme une sorte de réveil. Il nous dit, en somme : réveillez-vous. Une année entière vient de s’écouler, et il convient de se pencher sur nos actes, sur la vie que nous avons menée, afin de raviver et de renforcer notre engagement, notre implication et notre investissement dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot.
le couronnement de D.ieu
Mais d’autres raisons, plus profondes, sont également données, et l’une d’elles occupe une place centrale dans les discours ‘hassidiques transmis par les Rabbeim, en particulier dans notre génération. Selon cet enseignement, la sonnerie du Chofar est liée au couronnement de D.ieu comme Roi, à une sorte d’intronisation divine. Cette idée s’appuie sur un passage de la Guemara, qui explique que lorsque nous sonnons le Chofar, nous devons avoir à l’esprit trois notions : l’une d’entre elles est la Malkhout, c’est-à-dire la royauté, le règne. Le sens en est le suivant : D.ieu nous demande, en quelque sorte, de faire sonner le Chofar, et par ce geste, nous acceptons Sa royauté sur nous.
Il en va comme pour un roi de chair et de sang. Lorsqu’un peuple désigne quelqu’un comme roi, ce processus s’appelle un couronnement. Il s’accomplit à travers l’amour que le peuple exprime envers ce roi et le désir qu’il manifeste de le voir régner sur lui. C’est précisément cela qui, en quelque sorte, donne au roi le pouvoir d’être véritablement roi, qui fait ressortir en lui le potentiel de la royauté.
Il en est de même pour D.ieu. D.ieu est Roi en toutes circonstances, indépendamment de nous. Mais le jour de Roch Hachana, nous exprimons notre amour et notre désir qu’Il soit notre Roi, et c’est par ce moyen que Sa royauté se révèle de façon plus manifeste dans le monde.
deux visages du pouvoir
Pour bien comprendre cette idée, il faut distinguer deux notions que l’on emploie lorsqu’on parle de pouvoir : la Malkhout, la royauté véritable, et la Memchala, la simple domination. Un dictateur, lui aussi, exerce une forme de pouvoir : tout le monde lui obéit. Mais cette obéissance repose sur la force brutale qu’il impose. Il n’existe là aucune relation véritable : celui qui n’obéit pas est puni, et les sujets n’ont d’autre choix que de se soumettre.
La royauté véritable, elle, est celle d’un roi qui aime son peuple, qui se soucie de lui, qui est là pour le fortifier, pour l’élever, pour faire ressortir le meilleur et le potentiel de chaque personne. Et c’est ainsi que le pays tout entier, la nation tout entière, devient complète et parfaite, telle qu’elle est destinée à être. C’est cela, la véritable royauté, et elle ne s’accomplit que lorsque le peuple accepte son roi de son plein gré, avec amour.
Si nous voulons donc faire ressortir en D.ieu cet attribut de royauté, la Malkhout, c’est en exprimant notre désir et notre amour, en voulant qu’Il soit notre Roi, que nous y parvenons.
la prière transformée
Cette idée transparaît dans la prière de Roch Hachana elle-même : toutes les bénédictions, celle du matin, de l’après-midi, du soir, celle de Moussaf, tournent autour de D.ieu en tant que Roi. Durant les dix premiers jours de l’année, du reste, nous modifions certains passages de la prière : nous ne disons plus « HaEl HaKadosh », le D.ieu saint, mais « HaMelekh HaKadosh », le Roi saint. C’est ainsi que nous devons orienter notre pensée pendant la sonnerie du Chofar : nous T’acceptons, D.ieu, comme notre Roi. Je Te consacre tout mon être, chaque fibre de ma personne, et je Te demande de révéler Ta royauté au monde entier.
vers le jour où D.ieu sera un
Et lorsque le monde entier acceptera D.ieu comme Roi, ce sera précisément le temps où viendra le Machia’h. Comme l’explique Rachi : aujourd’hui, D.ieu est notre D.ieu à nous seuls, le D.ieu d’Israël. Mais lorsque le Machia’h viendra, D.ieu sera un Roi unique et reconnu par le monde entier, ainsi qu’il est écrit : « Son Nom sera Un », car le monde entier, alors, acceptera D.ieu comme son Roi.
Bien avant que les réseaux sociaux n’envahissent le quotidien de la communauté Loubavitch, Mendy Pellin filmait déjà des sketches avec une caméra de fortune et un ami monteur bénévole. Invité du podcast Pnimius animé par Uziel Naparstek, l’humoriste et réalisateur est revenu sur son enfance à Crown Heights, ses années de Yéchiva marquées par une créativité débordante, et la naissance quasi accidentelle d’un empire du divertissement juif en ligne. Entre anecdotes de Farbrenguens mouvementés et réflexions sur la qualité de l’écriture, il livre le récit d’un parcours résolument atypique.
Adapté du podcast Pnimius animé par Uziel Naparstek
une enfance bercée par les Farbrenguens et les marionnettes
Né et élevé à Crown Heights dans une famille où la mère s’était rapprochée de la pratique religieuse, Mendy Pellin se décrit avec humour comme ayant grandi dans un foyer où les traditions étaient transmises avec beaucoup d’amour, mais pas toujours avec exactitude. Il se souvient des Farbrenguens hebdomadaires au 770, où il accompagnait son entourage dès son plus jeune âge. Très tôt, il découvre le plaisir de faire rire : à la maternelle déjà, il improvisait des spectacles de marionnettes avec ses propres chaussettes, fasciné par le pouvoir presque magique de provoquer un éclat de rire chez les adultes.
Cette fascination pour la scène ne l’a plus quitté. En quatrième année, un enseignant lui confie la mise en scène de pièces jouées chaque semaine, y compris devant des résidents de maisons de retraite. Le jeune Mendy y réinvente librement la paracha de la semaine, la transposant dans un décor contemporain, quitte à ce que le résultat final ne ressemble que de loin à ce qu’il avait imaginé. Il devient également l’une des marionnettes d’un spectacle local bien connu, une expérience qui le marque profondément : enfant, persuadé que les marionnettes étaient vivantes, il se souvient avoir observé les coulisses pour percer le mystère, découvrant avec émerveillement le couple de marionnettistes s’activant frénétiquement derrière le castelet. Cette image, dit-il, est restée pour lui une métaphore de la vie en général, chacun projetant une image soignée tout en dissimulant le chaos qui se joue en coulisses.
le rire comme échappatoire en Yéchiva
Adolescent créatif dans un système éducatif qui laisse peu de place à l’expression artistique, Mendy Pellin raconte avoir cherché des exutoires tout au long de ses années de Yéchiva. Dès la neuvième année, il lance un journal de classe, puis, l’année suivante, un véritable bulletin d’information distribué dans tout Crown Heights, générant plusieurs milliers de dollars par numéro grâce à un réseau de camarades rémunérés pour la distribution, le tout dissimulé sous un pseudonyme pour échapper à la vigilance de l’administration. Son assiduité en pâtit, d’autant que l’arrivée d’Internet le captive littéralement, au point d’être renvoyé une semaine pour avoir eu une connexion à la maison, une sanction typique, note-t-il avec ironie, d’une époque où l’on interdisait d’abord les nouvelles technologies avant même d’en comprendre l’usage.
Son parcours le mène ensuite à Toronto, où il multiplie les provocations face à un nouveau directeur soucieux d’asseoir son autorité, avant de rejoindre Morristown. Il y crée avec ses camarades des chansons humoristiques sur la vie de bahourim, très populaires dans l’établissement. Il évoque aussi le souvenir d’un dessin qu’il avait réalisé, représentant un étudiant emporté dans une chasse d’eau, arraché du mur et déchiré par le Roch Yéchiva de l’époque, une réaction qu’il interprète rétrospectivement comme le signe d’un système préférant éliminer les signaux d’alerte plutôt que d’en tirer des enseignements.
À dix-neuf ans, Mendy Pellin traverse une période de doute profond, submergé par le sentiment d’avoir laissé passer sa chance de réaliser ses ambitions créatives. Il en tire aujourd’hui une leçon qu’il aime partager avec les jeunes : le sentiment qu’il est «trop tard» n’a, avec le recul, jamais de fondement réel. Durant ces années, il continue malgré tout à nourrir sa créativité en secret, rédigeant des scénarios, composant des chansons dans sa chambre, et allant jusqu’à construire un studio miniature avec des briques de jeu de construction pour réaliser un film en volume sur le récit de Chimchon. Il évoque également, avec son interlocuteur, l’idée que les Yechivot gagneraient à offrir davantage d’espaces de création aux étudiants les plus artistes, à l’image d’une salle de musique aménagée par des étudiants de Morristown à partir de matelas récupérés, transformés en panneaux acoustiques.
de Chabadtube au Mendy report, une aventure inattendue
C’est en tant que directeur d’activités dans un camp d’été que Mendy Pellin réalise ses premiers films, aux côtés d’un ami monteur amateur. Ces vidéos, d’abord échangées de manière informelle par pièces jointes, suscitent un engouement immédiat dans son entourage. L’arrivée de plateformes de partage vidéo change ensuite la donne : il commence à travailler avec la famille Applebaum, pionnière dans la diffusion de contenus juifs en ligne, et développe le concept qui deviendra le Mendy Report, un format satirique inspiré des journaux télévisés.
Le succès est fulgurant et largement inattendu : chaque épisode atteint rapidement des dizaines de milliers de vues, au point d’attirer l’attention de médias généralistes comme le New York Times. Mendy Pellin doit alors apprendre, sur le tas, à transformer cette popularité en activité viable, à une époque où les annonceurs peinaient à comprendre l’intérêt d’investir dans la publicité vidéo plutôt que dans la presse écrite traditionnelle.
le téléthon habad, une école de cinéma accélérée
C’est cette notoriété naissante qui lui ouvre les portes du Téléthon Habad, où il est d’abord chargé de couvrir les coulisses avant de devenir, dès l’année suivante, producteur de segments pour l’émission elle-même. Il décrit cette période comme la meilleure école de cinéma qu’il aurait pu espérer, ayant eu la chance de travailler aux côtés de monteurs et de techniciens chevronnés qui lui ont transmis les bases du montage narratif et de la conduite d’interview, non sans quelques tensions liées à son inexpérience et à son statut de jeune homme issu du monde yechivish.
Il raconte notamment, avec autodérision, le tournage d’un reportage sur la société d’inhumation gratuite de la communauté, pour lequel il s’était rendu, caméra à l’épaule, à des funérailles réelles, multipliant les angles spectaculaires jusqu’à provoquer la colère de son monteur, aucun plan n’étant exploitable tant la mise en scène improvisée avait dénaturé la gravité du moment. Cet épisode, dit-il, a été pour lui une leçon fondatrice sur le respect du sujet filmé.
jubelish, un laboratoire de divertissement pour tous les publics
Quelques années plus tard, Mendy Pellin cofonde Jubelish, un projet expérimental destiné à toucher un public plus large que la seule audience religieuse, y compris des Juifs non pratiquants, en s’appuyant sur une identité juive assumée mais accessible. Il décrit cette période comme un véritable laboratoire créatif, où il explore tour à tour la parodie musicale, le sketch et le pastiche de productions populaires, avant que le projet ne soit interrompu faute d’un modèle économique viable.
C’est également durant cette période qu’il développe une collaboration suivie avec le chanteur Yaakov Shwekey, pour lequel il réalise plusieurs clips musicaux. Il raconte à ce sujet l’un de ses tournages les plus audacieux, effectué sans autorisation officielle de filmer près du Kotel, en misant sur l’ampleur de la production, générateurs, grue et équipe nombreuse, pour donner l’illusion d’une autorisation en bonne et due forme. Une anecdote similaire, survenue lors d’un tournage dans le désert, voit une patrouille de jeeps militaires s’approcher de l’équipe, avant de repartir sans incident, les soldats se contentant, par curiosité, de prendre quelques photographies.
la vision plutôt que la simple consigne
Interrogé sur sa méthode de travail avec des équipes composées de personnes extérieures au monde du cinéma, Mendy Pellin insiste sur l’importance de partager une vision globale plutôt que de se contenter de distribuer des instructions ponctuelles. Il évoque à ce titre l’expérience éclairante d’avoir lu le témoignage d’un rabbin ayant participé à l’une de ses campagnes promotionnelles, qui décrivait son incompréhension totale pendant le tournage, avant la découverte du résultat final abouti. Cette lecture l’a conduit à privilégier systématiquement la transmission du projet dans son ensemble, convaincu qu’une équipe informée de l’objectif final devient plus créative et plus autonome, qu’il s’agisse d’un tournage professionnel ou, par extension, d’une salle de classe où un éducateur choisirait de partager sa vision pédagogique plutôt que de simples exigences de résultats.
ce qui manque encore au divertissement juif
Interrogé sur les lacunes actuelles du divertissement juif, Mendy Pellin identifie deux axes principaux. D’une part, il regrette que la présence de Hashem dans le quotidien reste trop souvent cantonnée à un discours abstrait de Yéchiva, plutôt que d’être incarnée de façon vivante et personnelle dans les productions destinées au grand public. D’autre part, il déplore le manque de contenus, notamment destinés aux enfants, capables de représenter des personnages réalistes plutôt que des caricatures excentriques, estimant que les jeunes spectateurs sont largement sous-estimés dans leur capacité à saisir la nuance et la subtilité.
Il insiste longuement sur l’importance cruciale de la qualité de l’écriture et des dialogues, qu’il considère comme le véritable point faible du secteur, bien plus que les moyens de production, aujourd’hui largement démocratisés. Il cite l’exemple d’une production ambitieuse, dotée d’un budget conséquent et de comédiens talentueux, mais dont l’impact a été totalement compromis par des dialogues artificiels et une écriture trop édulcorée, gâchant selon lui un travail par ailleurs remarquable. Pour Mendy Pellin, l’avenir du divertissement juif ne se jouera pas sur le terrain de la concurrence avec les grandes productions hollywoodiennes, mais sur celui, seul véritablement accessible, de la qualité de l’écriture et du jeu d’acteur.
L’entretien s’achève sur une note chaleureuse, l’animateur du podcast tenant à remercier Mendy Pellin pour son influence sur toute une génération ayant grandi avec ses sketches et ses vidéos, avant de convenir d’un prochain échange autour d’un second volet.
Chaque année, à Roch Hachana, la sonnerie du Chofar résonne bien au-delà d’une simple obligation rituelle, elle porte en elle le cri le plus profond de l’âme juive. Si la Torah ne mentionne que trois sonneries de Teroua, la tradition en prescrit une trentaine, afin de répondre à toutes les interprétations possibles de ce son mystérieux. Comprendre la signification et la technique précise de chaque son permet d’accomplir cette Mitsva dans toute sa profondeur et d’ouvrir, selon la tradition ‘hassidique, les canaux de l’amour et des bénédictions divines.
Rav Nissan David Dubov
Pourquoi sonner autant de sons
La Torah mentionne le mot Teroua à trois reprises en lien avec la sonnerie du Chofar le jour de Roch Hachana. Elle enseigne également que chaque Teroua doit être précédée et suivie d’un son continu et régulier appelé Tekia. En principe, il suffirait donc d’entendre trois fois la séquence Tekia, Teroua, Tekia.
Pourquoi, dès lors, sonne-t-on beaucoup plus de sons, une trentaine en tout ? La raison en est que la nature exacte du son de la Teroua prescrit par la Torah demeure incertaine. Selon une première opinion, il s’agirait d’un son fait de trois gémissements. Selon une deuxième opinion, il s’agirait plutôt du son de sanglots, au nombre de neuf petits cris. Une troisième opinion propose une combinaison des deux : un gémissement qui se transforme progressivement en sanglots. Afin de satisfaire l’ensemble de ces opinions, on sonne les trois formes de Teroua.
Qui pleure, et pourquoi
Le Chofar représente le cri de la partie la plus profonde de l’âme, celle qui aime D.ieu et dont l’unique aspiration est de se lier à Lui. C’est par cet amour et ce dévouement que nous couronnons D.ieu comme notre roi, à travers la sonnerie du Chofar. Ce cri éveille en retour l’amour inconditionnel de D.ieu envers nous, et c’est par le Chofar que toutes les bénédictions sont accordées à Ses enfants bien-aimés.
Comment sonner le chofar
Il existe trois sons distincts, ainsi qu’un son combiné, que l’on sonne pour imiter différents types de pleurs.
La Tekia est un son long et régulier.
Le Chevarim est composé de trois sons moyens, semblables à des gémissements, chacun d’une durée équivalente à au moins trois « sanglots » et inférieure à neuf « sanglots ». Si l’un de ces gémissements atteint la durée de neuf sanglots, la séquence entière doit être recommencée.
La Teroua est composée d’au moins neuf sons brefs, semblables à des sanglots.
Le Chevarim-Teroua combine trois sons de gémissement suivis de neuf sons de sanglots, sans reprise de souffle entre les deux parties, ce qui symbolise un gémissement se transformant en sanglots. En ce sens, le Chevarim-Teroua peut être considéré comme un son à part entière.
On sonne ainsi trois séries de sons.
La première séquence est : Tekia, Chevarim-Teroua, Tekia. À l’exception du Chevarim-Teroua, où l’on ne reprend pas son souffle entre les deux parties, il convient de respirer entre chacun des trois sons différents. En cas d’erreur, la séquence doit être reprise depuis le début. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’un Chevarim-Teroua. Cette séquence est répétée trois fois.
La deuxième séquence est : Tekia, Chevarim, Tekia. Il convient de reprendre son souffle entre les trois sons différents. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’un Chevarim. Cette séquence est répétée trois fois.
La troisième séquence est : Tekia, Teroua, Tekia. Il convient de reprendre son souffle entre les trois sons différents. La Tekia de cette séquence doit durer aussi longtemps qu’une Teroua, la dernière Tekia étant sonnée un peu plus longuement que les précédentes. Cette séquence est répétée trois fois.
En suivant ces indications, la Mitsva du Chofar est accomplie dans toute sa perfection, ouvrant ainsi les canaux de l’amour et des bénédictions de D.ieu.
Cette nuit, à l’issue du saint Chabbat, une foule immense d’invités et d’habitants de Crown Heights s’est rassemblée pour la récitation des Sli’hot, dans une atmosphère élevée et empreinte de ferveur. La cérémonie s’est tenue dans la grande synagogue du 770, cœur battant du mouvement Habad-Loubavitch à travers le monde. C’est le Rav Meïr Radal qui a officié devant l’Amoud, conduisant l’assemblée dans la récitation des Sli’hot avec mélodie et émotion.
À l’approche du mois d’Elloul, les Institutions scolaires Chnéor d’Aubervilliers ont organisé une rentrée scolaire haute en couleurs pour accueillir les enfants dans la joie et l’émerveillement. Ballons multicolores, calèche enchantée escortée par un cheval et douceurs offertes à chacun ont transformé cette journée en véritable fête pour petits et grands. Le son du Chofar et les paroles inspirantes sont venus couronner ces festivités, annonçant une nouvelle année placée sous le signe de la lumière et de la joie.
une entrée en fête
C’est dans une atmosphère féerique que s’est déroulée cette rentrée pas comme les autres. Des ballons colorés ont habillé les lieux, donnant d’emblée le ton d’une journée pensée pour émerveiller les plus jeunes. Un cheval blanc, harnaché de rubans, tirait une calèche décorée de bouquets de ballons verts et dorés, dans laquelle ont pris place petits et grands, sous le regard amusé des parents rassemblés. Un participant, revêtu d’une couronne, incarnait le temps d’un instant la royauté évoquée par la période, ajoutant à la journée une touche de conte incarné. Puis, cartables sur le dos et sourires aux lèvres, les élèves ont rejoint en cortège les portes de leur école, marquant avec entrain le début de cette nouvelle année scolaire. Loin de la rentrée classique, cette célébration a voulu marquer les esprits et ancrer, dès les premiers instants, le sentiment que l’année qui commence sera porteuse de joie.
le mois où le roi est dans les champs
Une calèche enchantée a été mise à l’honneur pour célébrer l’entrée dans le mois d’Elloul, ce mois particulier où, selon l’enseignement ‘hassidique, le Roi quitte Son palais pour se rendre dans les champs et accueillir chacun avec une proximité et une bienveillance toutes particulières. Ce symbole a permis de transmettre aux enfants, à travers l’image du conte et de la magie, la profondeur spirituelle de cette période de l’année où D.ieu Se rend accessible à tous.
des paroles pour bien commencer l’année
Réunis en classe, les élèves ont eu la joie d’accueillir un Rav venu leur adresser quelques mots avant le début des cours. Micro à la main, celui-ci a partagé avec eux un message porteur de sens, les invitant à aborder cette nouvelle année scolaire avec confiance et bonne volonté. Ce moment de recueillement, empreint de simplicité et de proximité, a permis d’ancrer la dimension spirituelle de la journée au cœur même de l’école, avant que chacun ne retrouve sa salle de classe.
la douceur avant tout
Pour que chaque enfant commence l’année avec le sourire, des chocolats leur ont été distribués. Ce geste simple, chargé d’attention et de chaleur, a rappelé que la douceur est aussi une manière d’enseigner : celle de commencer une nouvelle année scolaire avec le cœur léger et le goût de la joie.
l’appel du chofar
La journée s’est ouverte sur le son puissant du Chofar, résonnant comme un appel et une promesse. Ce son ancestral, qui traverse les générations, est venu sceller cette rentrée féerique d’une note d’espoir, annonçant à tous une année nouvelle pleine de lumière, de joie et de bénédictions.
Dans la nuit de dimanche, la synagogue du 17 rue des Rosiers a résonné des supplications ferventes des Séli’hot, entraînées avec émotion par le Rav Mendy Azimov. Chlou’him, personnalités communautaires et fidèles se sont réunis pendant une heure et quarante minutes dans une atmosphère de recueillement et d’unité.
C’est peu avant l’aube que les fidèles ont commencé à affluer vers la synagogue du 17 rue des Rosiers où le Rabbi priait pendant l’occupation, coeur battant du quartier juif de Paris, pour cette traditionnelle veillée de Séli’hot. Pendant une heure et quarante minutes, le Rav Mendy Azimov a conduit l’assemblée à travers les textes de supplication, insufflant à chaque strophe une intensité particulière. Entre les invocations traditionnelles et les mélodies reprises en choeur, la synagogue s’est transformée, le temps d’une nuit, en un lieu de communion intense entre D.ieu et Ses enfants, à l’approche des jours redoutables.
À quelques jours de Roch Hachana, un public nombreux s’est rassemblé dans la maison historique du Rabbi, rue Président, pour la récitation des Seli’hot. Portée par une atmosphère de ferveur et de recueillement, la prière a été menée par le hazan Meish Zilberstein, venu se tenir devant le pupitre pour guider l’assemblée.
C’est dans un lieu chargé d’histoire que s’est déroulée cette veillée de Seli’hot : la maison où résidait le Rabbi et la Rebbetzin, rue Président, à Crown Heights. Ce bâtiment intimement lié à la mémoire du mouvement Habad Loubavitch continue d’accueillir, tout au long de l’année, des moments de prière et de rassemblement communautaire qui perpétuent le lien entre les ‘Hassidim et le Rabbi.
À l’approche de Roch Hachana, la tradition veut que l’on intensifie la prière et l’introspection à travers la récitation des Seli’hot, ces supplications qui ouvrent le cœur à la téchouva avant le jour du jugement. C’est dans cet esprit qu’un large public s’est réuni dans la maison de la rue Président, emplissant les lieux d’une ferveur particulière, mêlant émotion collective et élan spirituel individuel.
un hazan à la tête de l’assemblée
C’est le hazan Meish Zilberstein qui s’est avancé devant le pupitre pour mener la récitation des Seli’hot. Sa voix a guidé l’assemblée à travers les textes traditionnels, dans une ambiance solennelle où chaque supplication semblait résonner avec une intensité particulière, à la veille des jours redoutables du calendrier juif.
Le choix de ce lieu pour la prière n’est pas anodin : la maison du Rabbi, rue Président, demeure un point d’ancrage pour de nombreux ‘Hassidim qui viennent y puiser une inspiration particulière, notamment lors des périodes charnières de l’année comme celle qui précède Roch Hachana.
Que ces prières soient agréées et que l’année à venir soit inscrite sous le signe de la bénédiction et de la douceur pour l’ensemble du peuple juif.
Depuis 5742 (1982), le Rav Reuven Matusof, Chalia’h du Rabbi à la Lichka Loubavitch de Paris, se rend chaque été dans les vergers de Calabre pour y sélectionner un à un les Etroguim destinés aux communautés de France. Cette année encore, le Merkaz Etroguei Loubavitch ouvre ses portes dès Motsaeï Chabbat Sli’hot et durant toute la semaine de Roch Hachana, au bureau du 8, rue Rouvet, au Beth Habad Sinaï, à Yerres et à la Yechiva de Brunoy. Derrière ces horaires apparemment ordinaires se cache une chaîne de transmission ininterrompue, qui relie les collines calabraises aux tables des familles juives de l’Hexagone.
Une tradition venue des collines de Calabre
Parmi les quatre espèces réunies pour la Mitsva des Arbaat Haminim, l’Etrog occupe une place singulière. Il est le fruit, celui qui possède à la fois le goût et le parfum, et la tradition juive lui prête une exigence de perfection que peu d’autres objets rituels connaissent. C’est dans la région de Calabre, cette pointe méridionale de la péninsule italienne baignée par la mer Tyrrhénienne, que pousse depuis des siècles la variété que la tradition désigne sous le nom d’Etrog Yanover, réputée n’avoir jamais été greffée. Les décisionnaires ont vu dans cette absence de greffe la garantie d’une filiation botanique remontant aux temps les plus anciens, et c’est précisément cette pureté généalogique qui a fait de l’Etrog calabrais l’objet d’une préférence constante dans le monde Habad.
Le Rabbi a encouragé avec une insistance particulière l’usage de ces Etroguim et le sujet revient à plusieurs reprises dans ses Si’hot. Ce qui pourrait passer pour une simple préférence rituelle relève en réalité d’un attachement profond à la continuité : choisir un Etrog de Calabre, c’est se rattacher à une lignée de fruits que nul greffon étranger n’est venu altérer, et par là même affirmer quelque chose de la fidélité juive elle-même.
Un homme, un verger, une expertise
Le Rav Reuven Matusof, Chalia’h du Rabbi à la Lichka Loubavitch de Paris, s’est vu confier cette responsabilité voici plus de quatre décennies. Depuis l’année 5742 (1982), il se rend en personne dans les vergers calabrais au moment de la récolte pour y opérer la sélection des fruits. Le mot de spécialiste, qui figure sur les documents diffusés par le Merkaz Etroguei Loubavitch, ne relève pas de la formule commerciale : il désigne un savoir acquis par la répétition patiente du même geste, saison après saison, sur des milliers de fruits examinés.
Car la sélection d’un Etrog ne s’improvise pas. Il faut savoir apprécier la forme générale du fruit, cette silhouette de tour élargie à la base et se resserrant vers le sommet que les sources décrivent avec précision. Il faut inspecter l’épiderme, en repérer les taches, les cicatrices et les altérations, distinguer celles qui invalident le fruit de celles qui en diminuent seulement la beauté. Il faut vérifier l’intégrité du Pitom lorsqu’il est encore présent, examiner l’Oken à la base, s’assurer que le fruit n’a subi ni choc ni frottement durant sa croissance. Chacun de ces critères engage une décision, et chaque décision engage la validité d’une Mitsva que des centaines de familles accompliront quelques semaines plus tard.
Les rendez-vous de Motsaeï Chabbat Sli’hot
La distribution s’ouvre traditionnellement à l’issue du Chabbat des Sli’hot, cette nuit où les communautés ashkénazes entament les supplications qui préparent au jugement de Roch Hachana. Le choix du moment n’a rien d’anodin : il inscrit d’emblée l’acquisition de l’Etrog dans le mouvement de retour et de préparation qui caractérise ces journées.
Trois points d’accueil sont prévus pour cette première nuit :
Au bureau du 8, rue Rouvet, dans le 19e arrondissement de Paris, les fidèles sont reçus de 22h30 à 00h30.
Au Beth Habad Sinaï, la distribution prend le relais à partir de 01h00, pour ceux que les Sli’hot retiennent plus tard dans la nuit.
A Yerres, la famille Dodisco ouvre son domicile du 20, rue des Faisans, également de 22h30 à 00h30, épargnant ainsi aux habitants du sud-est francilien un déplacement jusqu’à la capitale.
La semaine de Roch Hachana
Le dispositif se poursuit ensuite tout au long de la semaine qui précède Roch Hachana 5787 (2026).
Au bureau de la rue Rouvet le dimanche 6 septembre de 12h à 18h00,puis dulundi 7 au jeudi 10 septembre de 10h30 à 19h30, avant une dernière ouverture le vendredi 11 septembre de 11h à 14h, quelques heures seulement avant l’entrée de la fête.
À la Yechiva de Brunoy le dimanche 6 septembre de 9h à 11h et le vendredi 11 septembre de 6h à 9h. Cette dernière séance matinale présente une particularité appréciable, puisque le Loulav et les Hadassim y sont également disponibles, permettant ainsi de réunir en une seule fois l’ensemble des espèces requises.
Une Mitsva qui se prépare longtemps à l’avance
Il peut sembler étrange d’acquérir un Etrog avant même que Roch Hachana ne soit passé, alors que Souccot n’arrive que deux semaines plus tard. Cette anticipation correspond pourtant à une logique éprouvée. Elle laisse aux Chlou’him de province le temps d’organiser l’acheminement vers leurs communautés, elle évite la précipitation des derniers jours et elle permet à chacun de choisir son fruit posément, sans la pression d’une échéance immédiate. Elle traduit aussi une manière de concevoir les fêtes de Tichri comme un ensemble cohérent plutôt que comme une succession d’événements séparés : la joie de Souccot se prépare dès les jours redoutables.
Le Merkaz Etroguei Loubavitch reste joignable au 09 53 73 57 70,
Mail : [email protected],
Site de la Lichka : https://www.lichkaloubavitch.com/
Que ce soit sous les figuiers de Calabre ou dans un bureau parisien à minuit passé, le même souci demeure : que chaque Juif de France puisse tenir entre ses mains, au matin de Souccot, un fruit dont la beauté soit à la hauteur de ce qu’il représente.
Que l’année 5787 (2026) soit une bonne année, et que nous soyons tous inscrits et scellés pour le bien.