À l’approche de Roch Hachana 5787 (2026), chaque foyer se prépare à franchir le seuil d’une nouvelle année avec ferveur et discernement. Ce guide rassemble, dans l’ordre où elles se présentent, les lois, les coutumes et les bénédictions qui rythment ces deux jours redoutables, du dernier après-midi de l’année écoulée jusqu’au second soir de la fête. Chacun y trouvera les gestes concrets, les intentions intérieures et les textes qui accompagnent ce moment de jugement et de renouveau.
Rav Mordé’haï Rouah
la veille de la fête, vendredi 11 septembre 2026
La veille de Roch Hachana, le vendredi après-midi, est traditionnellement consacrée au bilan de l’année écoulée : on corrige ce qui doit l’être et l’on accomplit la Techouva, le retour intérieur. La préparation physique occupe une place importante dans cette journée.
On se coupe les cheveux, de préférence avant ‘Hatsot, ainsi que les ongles, et l’on se lave à l’eau chaude.
Les hommes se rendent au Mikvé après ‘Hatsot.
À l’approche de la fête, chacun revêt de beaux habits, geste qui exprime la confiance placée en D.ieu, qui jugera avec bienveillance et inscrira chacun pour une vie heureuse.
Il convient également de préparer les enfants à l’ordre des prières de Roch Hachana. On prend l’habitude, sans que cela constitue un vœu formel, d’acquérir un nouvel objet de Mitsva, un embellissement destiné à recevoir une bénédiction supplémentaire.
Dès une heure avant Min’ha, il est recommandé de consacrer tout moment libre à la récitation des Téhilim. Les Rabbeïm avaient coutume de s’entretenir avec leur épouse peu avant Roch Hachana, une pratique que le Rabbi a précisé convenir à chacun.
l’allumage des bougies du premier soir, tombant Chabbat
Avant l’allumage, on donne la Tsédaka pour les deux jours de la fête. On allume une bougie de vingt-quatre à quarante-huit heures, dont la flamme servira ensuite à allumer les bougies du second soir. Les filles, dès l’âge de trois ans, allument une bougie ; les femmes mariées en allument deux, auxquelles s’ajoute une bougie supplémentaire pour chacun de leurs enfants. On laisse l’allumette s’éteindre d’elle-même avant de réciter les Brakhot :
Il est de coutume, le premier soir de Roch Hachana, de se souhaiter mutuellement, à la deuxième personne du singulier, d’être inscrit pour une bonne année. À un homme, on adresse la formule : « Sois inscrit et scellé pour une bonne année. » À une femme, on adresse la formule au féminin : « Sois inscrite et scellée pour une bonne année. » Cette année, on se souhaite également « Gout Chabbess ».
le kiddouch du premier soir, tombant Chabbat
Si la grenade constitue un fruit nouveau pour la saison, on la place sur la table avant le Kiddouch : la Brakha de Chéhé’héyanou prononcée pendant le Kiddouch l’acquittera également. De retour de la synagogue, on récite à voix basse les passages de Chalom Alé’hem, Échet ‘Hayil, Mizmor léDavid et Da Hi Séhoudata.
On rince et l’on essuie soigneusement la coupe, à l’intérieur comme à l’extérieur, avant de la remplir abondamment sur la table jusqu’à ce qu’elle déborde ; le Rabbi accomplissait ce geste en trois étapes. On prend la coupe de la main droite, on la transfère à la main gauche, puis on la replace dans la paume de la main droite incurvée, formant un réceptacle, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié ; le Rabbi tenait la coupe surtout dans la paume, à peine posée sur les doigts. Le Kiddouch se prononce debout, la coupe élevée à une trentaine de centimètres au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov, puis on récite à voix haute le passage de Vayekhoulou.
On fixe alors la coupe en prononçant la bénédiction sur le vin.
En prononçant le Chéhé’héyanou, on remercie D.ieu de vivre cette fête et d’en accomplir les Mitsvot, en pensant également au fruit nouveau. Les femmes répondent Amen à ce Chéhé’héyanou même si elles ont déjà prononcé cette Brakha lors de l’allumage des bougies, cet Amen n’étant pas considéré comme une interruption avant de boire le vin du Kiddouch.
On s’assoit ensuite pour boire. Celui qui a récité le Kiddouch passe la coupe à sa main gauche, puis la reprend de la main droite en la tenant par le côté et non par-dessous. Il en boit au moins 44 millilitres avant d’en distribuer aux convives.
Vient alors le Netilat Yadayim, suivi du Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde.
On dispose du miel sur la table, en plus du sel.
Après le Motsi, on coupe le pain, on le trempe trois fois dans le miel et l’on en mange un Kazaït, soit environ 26 grammes.
Le Rabbi avait coutume de manger un second morceau, trempé trois fois dans le sel. Ce geste se répète à chaque repas de Roch Hachana.
le seder de Roch Hachana
Après avoir mangé le Kazaït de pain et avant le premier plat, on procède au Seder de Roch Hachana:
On prend une pomme douce entière, on en trempe un morceau trois fois dans le miel et l’on récite la bénédiction Boré Péri Haets, avec l’intention d’acquitter également les autres fruits qui seront éventuellement consommés avant le Birkat Hamazon.
La grenade se mange dans l’intention que toute l’année soit remplie de mérites et de Mitsvot, à l’image de ses nombreux grains. On consomme aussi une tête, de mouton ou de poisson, afin que toute l’année, chacun « soit à la tête et non à la queue » ; dans le langage ‘hassidique, on dit que l’on souhaite être attaché à la tête, c’est-à-dire au Rabbi.
Le repas de fête, où l’on mange de la viande et boit du vin dans la joie, constitue une Mitsva à Roch Hachana, mais sans excès, avec sérieux et crainte de D.ieu ; chez le Rabbi, ce repas se déroulait presque en silence. Il est également d’usage de ne pas consommer d’aliments amers ou aigres, ni de noix.
le sens profond de ces jours
Le service divin de Roch Hachana repose sur la Kabbalat Ol, l’acceptation du joug divin. Chaque moment libre, y compris la nuit, doit ainsi être consacré à la récitation des Téhilim. Durant toute la durée de la fête, et particulièrement la première nuit, on évite les conversations futiles et l’on limite le sommeil. On s’abstient de fumer pendant les deux jours de la fête, une pratique déconseillée en toute autre occasion également. Une attention particulière est requise pour éviter la colère pendant ces deux jours.
l’allumage des bougies du second soir
Aucun préparatif en vue du second jour de fête n’est autorisé avant la sortie de Chabbat, le premier jour de fête ne pouvant servir à préparer le second.
Une fois l’heure de sortie de Chabbat passée, après avoir prononcé Baroukh Hamavdil Bén Kodech Lékodech, ou le paragraphe de Vatodiénou dans la prière d’Arvit, les femmes allument les bougies du second soir à partir d’une flamme déjà existante.
Les deux jours de Roch Hachana étant considérés comme un seul et même jour, un doute se pose quant à la récitation du Chéhé’héyanou le second soir.
Dans l’idéal, la femme porte un vêtement neuf et pense, en l’allumant, à la fois au Yom Tov et à ce vêtement. À défaut, on place sur la table un fruit nouveau, que l’on consommera après le Kiddouch, et l’on allume juste avant le Kiddouch en pensant au Yom Tov et à ce fruit.
En l’absence de vêtement comme de fruit nouveau, on récite néanmoins le Chéhé’héyanou.
À partir d’une flamme déjà existante, les filles, dès l’âge de trois ans, allument une bougie ; les femmes mariées en allument deux, plus une bougie supplémentaire pour chaque enfant.
On laisse l’allumette s’éteindre d’elle-même avant de réciter les mêmes Brakhot que le premier soir. On se souhaite alors « Gout Yom Tov ».
le kiddouch du second soir, à la sortie de Chabbat
Avant le Kiddouch, on place un fruit nouveau sur la table.
En récitant le Chéhé’héyanou, on regarde ce fruit en pensant au Yom Tov et à sa nouveauté ; en l’absence de fruit nouveau, on récite tout de même la bénédiction.
On rince et l’on essuie soigneusement la coupe, on la remplit abondamment sur la table jusqu’à ce qu’elle déborde, en trois étapes comme le faisait le Rabbi, puis on la fait passer de la main droite à la main gauche avant de la replacer dans la paume incurvée de la main droite, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié. Le Kiddouch se prononce debout, la coupe élevée à une trentaine de centimètres au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov, puis on fixe la coupe en prononçant la bénédiction sur le vin, selon le même texte que le premier soir, à l’exception de la mention du Chabbat.
En prononçant la bénédiction Boré Méoré Haéch, chacun regarde les bougies de Yom Tov, sans les rapprocher ni réunir leurs flammes, et sans regarder leur reflet sur les ongles : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crées les lumières du feu. »
Vient ensuite la Havdala : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui sépares le saint du profane, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours de la création. Tu as séparé la sainteté du Chabbat de la sainteté du jour de fête, et Tu as sanctifié le septième jour par rapport aux six jours de la création. Tu as distingué et sanctifié Ton peuple Israël par Ta propre sainteté. Béni sois-Tu, Éternel, qui sépares le saint du saint. »
En prononçant le Chéhé’héyanou, on remercie D.ieu de vivre cette fête et d’en accomplir les Mitsvot, en pensant également au fruit nouveau : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as fait vivre, qui nous as maintenus et qui nous as fait parvenir jusqu’à cette saison. » Les femmes répondent de nouveau Amen, sans que cela n’interrompe la suite du Kiddouch. On s’assoit pour boire, en faisant passer la coupe de la même manière que le premier soir, puis on en boit au moins quarante-quatre millilitres avant d’en distribuer aux convives.
le fruit nouveau et le repas du second soir
Immédiatement après le Kiddouch, avant le Netilat Yadayim et de préférence sans interruption par des propos étrangers au repas, on mange un Kazaït du fruit nouveau. On récite sur ce fruit la bénédiction Boré Péri Haets, mais non le Chéhé’héyanou, déjà prononcé au Kiddouch. Il convient de limiter au maximum le temps écoulé entre le Kiddouch et la consommation de la ‘Halla. Avant le Netilat Yadayim, on récite une Brakha A’harona, une bénédiction finale, sur le fruit, mais non sur le vin.
Suit le Netilat Yadayim et le Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde, avec du miel disposé sur la table en plus du sel. Après le Motsi, on coupe le pain, on le trempe trois fois dans le miel et l’on en mange un Kazaït. Le Rabbi ajoutait un second morceau trempé trois fois dans le sel. Les aliments symbolisant une bonne année, comme la pomme trempée dans le miel, ne sont consommés que le premier soir.
Puissiez-vous être inscrits et scellés pour une bonne et douce année.
Réalisé par le Sofer Mordé’haï Rouah.
Pour l’élévation de l’âme de Shimon Hacohen ben Maha, Chlomo ben Messaoud Allouche, Azouz ben Chlomo et Zoharah Attal, Moché ben Its’hak et Fra’hi Benzakaï, Haïm ben Berthe Bessis, Yossef ben Nathan Halfon, Rav Houatou Moché ben ‘Haï et Rivka Mazouz, Moché ben Barou’h et Zara Mesguiche, Chalom ben Moché et Sultana Mesguiche, Mordé’haï ben Chalom Mesguiche, Mordé’haï ben Moché et Messaouda Rouah, Moché ben Mordé’haï et Sarah Rouah, Karen Messaouda bat Yehouda Cohen, Ra’hel bat Sim’ha Cohen, Sim’ha bat Nedjma Allouche, Jneïna bat Aziza Attal, Aziza bat Nina Bessis, Esther bat Nissim et Fré’ha Benzakaï, Aimée Zara bat Moché et Sultana Guedj, Ko’hava bat Moché et Esther Halfon, Tourkya bat Couca et Its’hak Mazouz, Sultana bat Chalom et Nouna Mesguiche, Sarah bat Avraham et Anna Rouah, Mazal bat Ra’hel Sabba.
À la veille de Roch Hachana 5735 (1975), le Rabbi adresse à tous les fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent, une lettre consacrée à un enseignement fondamental de nos Sages : pourquoi l’homme fut-il créé en dernier, le sixième jour, à la veille du Chabbat ? Cette question dévoile un double enseignement pour Roch Hachana, jour qui, telle une tête qui gouverne le corps tout entier, oriente et dirige la conduite de chaque juif pour l’année entière. Le Rabbi y révèle comment concilier les deux vocations apparemment opposées de l’homme, invité honoré d’un monde déjà entièrement préparé et serviteur né pour l’effort, à l’approche d’une nouvelle année qu’il appelle de tous ses vœux douce et bénie.
Par la grâce de D.ieu, le 18 Elloul 5735 (1975), Brooklyn, New York.
Aux fils et filles d’Israël, en quelque lieu qu’ils se trouvent, que D.ieu les fasse vivre et les bénisse.
Salut et bénédiction !
À l’approche de Roch Hachana, qui vient à nous ainsi qu’à tout Israël pour le bien et pour la bénédiction, il convient de nous arrêter sur l’une des significations profondes de ce jour, telle qu’elle transparaît dans un enseignement bien connu de nos Sages, de mémoire bénie.
Roch Hachana, la tête qui dirige toute l’année
Roch Hachana est, comme son nom l’indique, la « tête » de l’année : c’est elle qui donne le ton, qui transmet la direction et les orientations qui guideront la conduite de l’homme durant tous les jours de l’année à venir, exactement comme la tête, dans le corps humain, dirige et anime chacun des membres.
C’est aussi, précisément, en ce jour que fut créé le premier homme, père de toute l’humanité.
Il convient de méditer avec sérieux et intensité sur les enseignements de Roch Hachana, tels qu’ils nous sont transmis, explicitement ou en filigrane, dans la Torah — car la vocation même de la Torah, dont le nom signifie « enseignement », est d’être une Torat ‘Haïm, une Torah de vie : elle indique à chaque juif, homme et femme, la voie à suivre dans son vécu quotidien.
la parabole du roi et de son palais
Nos Sages nous transmettent, sur la création de l’homme, une parabole restée célèbre : celle d’un roi qui bâtit un palais, l’orna et l’aménagea avec un soin extrême, y fit dresser un festin, et ce n’est qu’ensuite qu’il fit entrer ses invités. De même, disent nos Sages, le Saint béni soit-Il créa le monde entier avec sagesse, pourvut à tous ses besoins, et ce n’est qu’ensuite qu’Il fit entrer ses invités : Adam et ‘Ève.
Et pourtant, la Torah affirme dans le même souffle : « l’homme est né pour peiner » (Job 5, 7) — et elle enseigne à l’homme à dire de lui-même : « j’ai été créé pour servir mon Créateur » (fin du traité Kidouchin).
Il convient donc de comprendre comment concilier ces deux idées, en apparence contradictoires, sur la création de l’homme : d’un côté, il est un « invité » de marque, qui trouve tout prêt et déjà préparé pour lui ; de l’autre, il est un « serviteur », tenu de servir constamment le Saint béni soit-Il par l’effort et le labeur.
une exigence particulière lorsque Roch Hachana tombe un chabbat
Cette question appelle une explication toute particulière lorsque, comme cette année, Roch Hachana tombe un jour de Chabbat. Car alors se trouve accentuée, plus qu’en toute autre année, l’idée que « tout est prêt pour le festin » : en effet, le Chabbat, tout travail est « comme déjà accompli » — ce qui renforce d’autant la difficulté : comment ce constat s’articule-t-il avec le fait que « l’homme est né pour peiner » et qu’il doit « servir son Créateur » ?
l’union de deux idées apparemment opposées
L’une des explications de cette question tient précisément à la conjonction de ces deux idées : c’est justement leur union qui nous livre un enseignement des plus profonds pour la vie, y compris pour la vie de tous les jours — enseignement qui se décline en plusieurs points.
premier point : l’invité appelé à servir
L’attente placée en Adam et ‘Ève — et c’est là, également, un enseignement pour chaque juif, homme et femme — est la suivante : même lorsqu’ils se trouvent dans une situation comparable à celle d’un invité introduit dans un palais royal somptueusement aménagé et pourvu de tout le nécessaire, voire davantage, et qu’ils y sont conviés comme des hôtes d’honneur, ils doivent néanmoins y accomplir un service envers le Saint béni soit-Il, Créateur de l’univers tout entier.
Ce service peut s’élever jusqu’au degré le plus haut, tel que la Torah le rapporte de Moché Rabbénou, dont il est dit que « nul prophète ne s’est plus levé en Israël comme Moché, qui connut D.ieu face à face ». Et lorsque Moché atteignit le sommet de la perfection — que nos Sages, de mémoire bénie, désignent comme « la cinquantième porte de la compréhension » — il se trouvait, lui aussi, dans la posture de « serviteur de D.ieu ».
deuxième point : servir dans tous les domaines de la vie
De ce fait découle également, comme cela a déjà été expliqué à de nombreuses reprises, qu’il y a lieu de servir D.ieu de multiples manières : non seulement par la prière, l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, mais aussi — selon l’expression du Rambam — « dans son manger et son boire, […] dans ses affaires et ses transactions », c’est-à-dire dans toutes les occupations de l’existence, y compris celles qui, en elles-mêmes, appartiennent aux besoins matériels, comme le sommeil : le juif doit se préparer à son sommeil de manière à ce que le sommeil lui-même soit haussé au rang de « service » — l’une des raisons profondes que revêt la lecture du Chema avant de se coucher.
troisième point : des forces données pour bâtir
Un autre point, qui doit lui aussi se traduire dans le vécu quotidien, est celui-ci : le Saint béni soit-Il a accordé à Adam et ‘Ève, et à travers eux à tous les enfants d’Israël, hommes et femmes, jusqu’à la fin de toutes les générations, les forces et les possibilités nécessaires pour « servir », c’est-à-dire pour ajouter au « palais » déjà construit, alors même que ce palais est en lui-même une création du Saint béni soit-Il par Sa sagesse divine. Plus l’environnement et les moyens dont dispose chacun sont favorables, plus chaque homme et chaque femme peut — et doit donc — élever cet environnement à un degré de perfection toujours plus grand, à tel point que la Torah utilise, à propos de la contribution de l’homme à la création, l’expression admirable de « devenir l’associé du Saint béni soit-Il dans l’œuvre de la Création » : l’homme est capable d’agir, et agit effectivement, avec une portée telle qu’une Torah de vérité peut affirmer de lui qu’il en est l’associé.
quatrième point : une élévation à la portée de chacun
Ces points facilitent, pour chaque homme et chaque femme, tout ce qui doit être accompli afin de s’élever et de grandir toujours davantage dans tout ce qui touche à la Torah, aux Mitsvot et au judaïsme en général, en pleine cohérence avec la mission de l’homme dans l’existence : « j’ai été créé pour servir mon Créateur », en méditant sur les forces admirables que le Saint béni soit-Il lui a accordées, jusqu’à pouvoir devenir Son associé — et non dans un détail mineur, mais dans la Création tout entière, œuvre de la sagesse divine.
cinquième point : une œuvre de tous les instants
Cette contribution et cette association de l’homme ne sauraient s’accomplir pleinement par un service limité, exercé de temps à autre, à l’occasion d’événements exceptionnels ou de moments particuliers. Elles exigent au contraire un mode de vie qui se traduit dans le service de chaque jour, où chaque acte, chaque parole et chaque pensée soient « pour le Ciel », où « dans toutes tes voies, connais-Le » se vérifie de sorte que la présence divine transparaisse dans tous les domaines, y compris — comme cela a été dit plus haut — dans le manger et le boire et autres actes semblables, même les jours de semaine.
servir d.ieu dans la joie
Pour « servir son Créateur » à travers le service de D.ieu, il existe un enseignement et une injonction supplémentaires : « servez D.ieu dans la joie », Le servir avec joie et avec la conscience réjouie que l’on a le privilège de servir le Saint béni soit-Il.
Cet enseignement se trouve particulièrement souligné cette année-ci, où Roch Hachana commence précisément le jour du Chabbat, jour dont il est dit : « tu appelleras le Chabbat délice ».
Que le Saint béni soit-Il bénisse et fasse réussir chaque homme et chaque femme dans l’accomplissement de tout ce qui vient d’être dit, dans la joie et le délice ;
qu’Il écarte, D.ieu nous en préserve, tout ce qui pourrait s’y opposer ;
et ce, en faisant se manifester des saluts au sein même de la terre, de façon visible et révélée, incluant et surtout,
en accordant à chaque juif et à tout Israël une année bonne et douce sous tous ses aspects et à tous égards.
Avec la bénédiction d’une bonne inscription et d’un bon scellement,
La veille de Roch Hachana n’est pas un jour comme les autres : elle marque aussi la naissance du Tsemah Tsedek, dont on célèbre ici le deux-centième anniversaire. Un anniversaire de cette ampleur, rappelle le Rabbi, doit se traduire par un attachement au Rabbi.
L’année 5787 (2026-2027) s’annonce comme une année hors du commun dans le calendrier hébraïque, débutant un Chabbat et comptant le nombre maximal de trois cent quatre-vingt-cinq jours. Une telle configuration, débutant un Chabbat, ne s’était plus produite depuis 5763 (2002-2003) et ne se reproduira qu’en 5814 (2053-2054), dans vingt-sept ans. Le Rabbi voyait dans cette perfection calendaire une force particulière pour atteindre, dès les premiers jours de l’année, la perfection dans tous les domaines.
une configuration exceptionnelle
L’année 5787 (2026-2027) sera une année peu commune du calendrier hébraïque, et pas uniquement parce qu’il s’agit d’une année embolismique. Elle comptera en effet trois cent quatre-vingt-cinq jours, le nombre maximal de jours qu’une année hébraïque puisse atteindre. Cette configuration survient lorsque l’année est embolismique et que les mois de H’echvan et de Kislev sont tous deux pleins, comptant chacun trente jours. À cela s’ajoute le fait que Roch Hachana tombera un Chabbat. Exemple d’intervalles récents et futurs : Entre 1926 (5687) et 1965 (5726) : environ 39 ans d’écart. Entre 1965 (5726) et 2002 (5763) : 37 ans d’écart. Entre 2002 (5763) et 2026 (5787) : 24 ans d’écart. Entre 2026 (5787) et 2053 (5814) : 27 ans d’écart. Cette combinaison demeure une configuration rare, ne se présentant qu’à de rares reprises au cours d’une même vie.
l’enseignement du rabbi sur une année commençant un chabbat
À de nombreuses reprises, le Rabbi est revenu sur la vertu particulière d’une année qui débute un Chabbat. Lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat, le Chofar n’est pas sonné. Le Rabbi expliquait alors que la sainteté du Chabbat lui-même accomplit ce que la sonnerie du Chofar réalise habituellement, et cela d’une manière plus élevée encore.
une « année complète » et une « année entière »
Le fait que l’année compte trois cent quatre-vingt-cinq jours a lui aussi fait l’objet d’un enseignement particulier du Rabbi. Une telle année est à la fois une Chana Chelema, une « année complète », lorsque H’echvan et Kislev sont pleins, et une Chana Temima, une « année entière », du fait qu’elle est embolismique. La réunion de ces deux qualités produit le nombre maximal de trois cent quatre-vingt-cinq jours.
cinquante-cinq semaines pleines
Le Rabbi relevait également qu’une année de trois cent quatre-vingt-cinq jours débutant un Chabbat comprend exactement cinquante-cinq semaines complètes, sans le moindre jour excédentaire.
le sens du chiffre 385
Le Rabbi reliait cette abondance de jours à un surcroît dans le service de D.ieu : mettre à profit chaque journée dans sa totalité, multiplier les actes de Tsedaka et de Guemilout ‘Hassadim, et mener à leur perfection les affaires de l’année. Il soulignait par ailleurs que le nombre 385 correspond, selon la Guematria, au mot Chekhina, désignant la présence divine.
vers la perfection véritable
Évoquant une année aux caractéristiques similaires, le Rabbi affirmait que cette perfection particulière confère une force supplémentaire pour atteindre, dès les premiers jours de l’année, la perfection dans tous les domaines, jusqu’à la perfection essentielle : la Guéoula véritable et complète.
Petit-fils du fondateur de la ‘Hassidout Habad et gendre de son successeur, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, le Tsema’h Tsedek, grandit à l’ombre d’un grand-père qui décela très tôt en lui une âme d’exception. Devenu, malgré lui, le troisième Rabbi de Loubavitch, il consacra sa vie à ses ‘hassidim, à l’étude et à la défense du peuple juif face aux pressions du pouvoir russe. Son histoire, faite d’humilité, de confiance absolue dans ses maîtres et d’un dévouement sans borne, demeure aujourd’hui encore une source d’inspiration.
une enfance façonnée par un grand-père visionnaire
Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson était le petit-fils de Rabbi Chnéor Zalman de Liadi, fondateur de la ‘Hassidout Habad, né de sa fille Devora Léa, et le gendre du fils de ce dernier, l’Admour Haemtsaï, Rabbi Dov Ber. Il naquit de Rabbi Chalom Chakhna le 29 Elloul 5549 (1789). Dès son plus jeune âge, il commença à étudier auprès du père de sa mère, Rabbi Chnéor Zalman, premier Admour des ‘Hassidim de Loubavitch. Ayant compris que son petit-fils était destiné à la grandeur, celui-ci se consacra entièrement à lui et veilla sur lui comme sur la prunelle de son œil, se réjouissant de ses progrès et lui transmettant le meilleur de sa Torah.
Un jour, le grand-père, auteur du Tanya, le vit jouer avec d’autres garçons. Ceux-ci avaient dressé une planche en diagonale et rivalisaient à qui parviendrait à en gravir le sommet. Chacun s’élançait, montait sur la planche, et trébuchait avant d’arriver à mi-chemin. Le petit Mendélé, lui, courut, monta sur la planche et atteignit le sommet.
Le grand-père, qui observait la scène, lui demanda alors pourquoi il avait réussi là où les autres avaient échoué. « C’est très simple, répondit l’enfant. Ils sont montés sur la planche les yeux tournés vers le bas, vers la terre ; ils ont vu à quelle hauteur ils se trouvaient, le vertige les a saisis, et ils ont trébuché. Moi, je suis monté les yeux tournés vers le haut, vers le Ciel. J’ai vu combien j’étais petit, j’ai rassemblé toutes mes forces, et je suis monté jusqu’au sommet de la planche. »
Jusqu’à son Bar Mitsva, il n’étudia que la Torah révélée ; ce n’est que sur le conseil de son grand-père qu’il entreprit ensuite l’étude de la Torah cachée. À quinze ans, son illustre aïeul lui confia diverses responsabilités au service de la communauté, lui enseignant la rigueur dans le travail : « Mendélé, disait-il, il faut travailler à être ordonné plus dur qu’à être érudit, car l’ordre est l’un des fondements de tout savoir et de toute qualité de caractère. » Le petit-fils ne déçut jamais son grand-père : dès son plus jeune âge, il rédigeait déjà des commentaires qui lui valurent les plus grands éloges. Sur son conseil, il épousa la fille de Rabbi Dov Ber, fils du Rabbi, connu parmi les ‘Hassidim sous le nom d’Admour Haemtsaï, « l’Admour intermédiaire ».
le mariage et la leçon de confiance absolue
Après son mariage, il s’installa chez son beau-père pour se consacrer à l’étude de la Torah et de la ‘Hassidout dans la sainteté et la pureté. C’est à cette époque, racontait plus tard Rabbi Mena’hem Mendel, qu’il apprit de son grand-père à placer toute sa confiance dans les Tsaddikim.
Un jour, Rabbi Chnéor Zalman lui demanda combien s’élevait sa dot. « Deux mille roubles », répondit-il. « Et qu’as-tu l’intention d’en faire ? » reprit le grand-père. « Je vais le confier à un homme riche et digne de confiance, et j’en tirerai quelque profit », répondit le petit-fils. Le grand-père répliqua : « Qu’importe qu’il soit riche aujourd’hui, il pourrait devenir pauvre demain. Je te conseille plutôt de déposer cet argent dans cette boîte de Tsedaka : le capital comme les bénéfices y seront en parfaite sécurité. »
Rabbi Mena’hem Mendel quitta néanmoins la chambre de son grand-père et confia son argent à un homme très riche et réputé digne de confiance. Quelques mois plus tard, celui-ci perdit toute sa fortune et sombra dans la pauvreté.
Lorsque le grand-père lui demanda plus tard combien il avait gagné, le petit-fils lui raconta la vérité. Le grand-père lui dit alors : « Pourquoi ne m’as-tu pas écouté quand je t’ai conseillé de donner ton argent à la Tsedaka ? Pourquoi n’as-tu pas eu davantage confiance dans les paroles de ton Rav que dans celles d’un simple juif ? » Et il poursuivit : « Un jour, en quittant Mézéritch, je me suis arrêté en chemin dans une auberge tenue par un vieil homme honnête et droit. Je lui ai demandé depuis combien de temps il y vivait : plus de cinquante ans, me répondit-il. Je lui ai demandé s’il y avait là dix juifs pour former un Minyan. Non, dit-il. Je lui ai dit : comment un juif peut-il prier toute sa vie dans la solitude, sans jamais entendre la Kedoucha ni le Barekhou ? Pourquoi ne pas vous installer en ville ? Il me répondit qu’il y trouvait sa subsistance, et qu’il ne savait que faire en ville. Je lui ai dit : si le Saint béni soit-Il nourrit tous les juifs de la ville, Il vous nourrira vous aussi. Et j’ai ajouté que j’étais l’élève de notre grand maître Rabbi Dov de Mézéritch. Une demi-heure plus tard, j’ai vu arriver des charrettes chargées de toutes sortes de biens. Je lui ai demandé ce que c’était : j’ai fait ce que le Rav m’a dit, me répondit-il. » Et le grand-père conclut à l’adresse de son petit-fils : « Considère qu’à l’époque j’étais jeune, et pourtant, dès qu’il a su que j’étais l’élève du Rabbi de Mézéritch, cet homme n’a pas hésité un instant à s’installer en ville. Et toi, quand je t’ai dit que tu risquais de perdre ton argent, tu ne m’as pas cru. »
le refus, puis l’acceptation, d’une lourde responsabilité
Après la mort de son oncle et beau-père, l’Admour Haemtsaï, il refusa d’abord d’assumer la direction des ‘Hassidim de Habad, tant cette charge lui semblait lourde : il aurait préféré demeurer un simple ‘Hassid parmi les autres. Son fils, Rabbi Chemouel, raconta à ce sujet qu’un jour, en entrant chez son père le Tsema’h Tsedek, il le trouva arpentant sa chambre, le visage marqué d’une profonde douleur. Craignant un malheur, il l’interrogea. Son père lui répondit : « Voici cinquante ans aujourd’hui que je n’ai plus assisté à une réunion de ‘Hassidim en simple participant. J’avais alors vingt ans, et le lendemain mon grand-père m’a appelé, m’a parlé du verset « à partir de vingt ans », et m’a béni afin que je réussisse dans la rédaction de commentaires de la Torah, révélée et cachée. Depuis lors, à chaque réunion où j’étais présent, on m’a honoré d’abord comme petit-fils de l’Admour, puis comme gendre de l’Admour Haemtsaï. Et depuis que j’ai pris sur moi le joug de la direction des ‘Hassidim, il y a une trentaine d’années, je n’ai plus connu la saveur d’une simple réunion de ‘Hassidim : voilà ce qui me cause tant de peine. » Et des larmes coulaient de ses yeux.
Ce fut néanmoins sous l’insistance de ses proches qu’il accepta d’assumer la responsabilité des ‘Hassidim après la mort de son beau-père. De près comme de loin, on venait boire avidement ses paroles.
un père du peuple juif et un guide halakhique
Rabbi Mena’hem Mendel se souciait profondément du sort de ses ‘Hassidim. Il acquit un terrain, fonda le village de Chtsedrin et y installa de nombreuses familles juives. Sa renommée se répandit dans le monde entier, et de tous les coins de la diaspora on lui adressait des questions. Bien que débordé de travail, il ne cessa jamais d’y répondre, et rassembla l’ensemble de ses décisions halakhiques dans son recueil de Responsa, le « Tsema’h Tsedek », en quatre volumes.
face aux autorités russes
En 5608 (1848), il fut convié à Saint-Pétersbourg à une réunion organisée par le ministre russe de l’Éducation, le prince Ouvarov, qui souhaitait convaincre les Rabbanim d’accepter que les enfants d’Israël apprennent le russe et les matières profanes. Résolu à s’opposer à cette introduction des études générales, et craignant que sa position ne lui coûte la vie, Rabbi Mena’hem Mendel emporta avec lui son linceul. Mais son mérite le protégea : il partit en paix et revint en paix.
En 5615 (1855), des adversaires le dénoncèrent aux autorités, qui placèrent sa maison sous surveillance. Il alla alors lui-même trouver le gouverneur de la région, qui lui promit de ne prêter aucune attention aux délateurs.
les dernières années et la transmission
En 5620 (1860), il tomba malade, sans jamais recouvrer la santé jusqu’à sa disparition, survenue le 13 Nissan 5626 (1866). Il avait soixante-dix-sept ans lorsque son âme le quitta, dans la ville de Loubavitch. Il avait ordonné que ne fût gravé sur sa pierre tombale aucun titre honorifique, mais seulement le fait qu’il avait contribué au repentir d’un grand nombre. Son fils, Rabbi Chemouel, le Rabbi Maharach, prit alors sa place à la tête du mouvement.
Dans sa chronique hebdomadaire, Chlomo Yedidia Meïr revient sur une lettre du Rabbi datant de 5750 (1990) pour éclairer la portée singulière d’un Roch Hachana qui tombe un Chabbat. Il dévoile ce qui se cache derrière l’absence de sonnerie du Choffar cette année-là, et montre comment ce Chabbat si particulier peut influencer l’année tout entière. Une méditation sur le silence, la Halakha et la sainteté qui doit imprégner chaque jour de l’année à venir.
Par Chlomo Yedidia Meïr
Chlomo Yedidia Meïr, né le 24 juin 1976 à Jérusalem, est un publiciste, satiriste et animateur de radio et de télévision israélien. Fils du Rav Eliav et petit-fils du Rav Chlomo Kook, il a grandi au Moshav Guimzo, où son père officiait comme rabbin local, avant d’étudier dans des institutions sionistes-religieuses puis ‘harédies. Entré très tôt dans le monde des médias, il fonde en 2000, avec des amis, la lettre satirique « Efès », qui deviendra une chronique hebdomadaire dans les suppléments de Haaretz puis de Yedioth Aharonot. Il a été conseiller médias pour plusieurs chaînes de télévision, coanime aujourd’hui l’émission matinale « Hitorerout » sur Radio Kol ‘Haï, ainsi que « Sof Chavoua Zougui » aux côtés de son épouse, la journaliste Sivan Rahav-Meïr, sur Galei Tsahal. Depuis août 2026, il signe une chronique hebdomadaire dans Olam Katan.
une histoire de Chabbat qui tombe à pic
« Chalom Yedidia, dans ta précédente chronique tu as publié l’histoire émouvante de la famille Bar-Tal, du village de Kedem en plein essor, dans le nord de la Chomron », m’a écrit cette semaine un lecteur.
« Comment ils sont restés coincés lors de leur premier Chabbat dans le village, avec une maison sens dessus dessous et pleine de cartons – uniquement pour que les déménageurs puissent rentrer chez eux à temps et ne pas profaner le Chabbat. Je voulais ajouter que cela correspond particulièrement bien à la veille de Roch Hachana 5787 (2026). Comme chacun sait, cette année le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, ce qui signifie que nous n’aurons pas le mérite de sonner le Choffar le premier jour de Roch Hachana. Nous montrons ainsi que la valeur du respect du Chabbat l’emporte sur tout. Même sur la grande Mitsva de la sonnerie du Choffar et sur tous les mérites liés à l’évocation de l’Akeda. Cette année, nos mérites résident précisément dans le sacrifice de soi envers le Chabbat, et non dans les sonneries du Choffar. Prions que malgré cela – et en fait grâce à cela – nous ayons le mérite d’une année bonne et douce, pleine de bonnes nouvelles, et que cette fois nous fassions retentir un grand Choffar de délivrances immenses et joyeuses. »
Ce lecteur ne fait qu’évoquer, plus qu’à demi-mot, un sentiment que j’ai perçu ces derniers jours en bien d’autres endroits : une inquiétude face au fait que, cette année, nous n’aurons pas le mérite de sonner le Choffar le premier jour de Roch Hachana. On rappelle qu’il y a trois ans déjà, à Roch Hachana 5784 (2023), nous n’avions pas sonné le Choffar. Et l’on sait ce qui s’est passé 22 jours plus tard… Certains savent même citer d’autres débuts d’année, dans l’histoire proche ou lointaine, où l’on n’a pas sonné, et où l’année suivante, le Satan a fait la fête.
la tradition des lettres générales du Rabbi
Pendant plus de quatre décennies, depuis qu’il était devenu Rabbi, le Rabbi de Loubavitch avait pour habitude d’écrire deux fois par an, à la veille de Roch Hachana et à la veille de Pessa’h, une « lettre générale ». C’était un appel adressé au grand public, publié sous forme d’encart payant dans de nombreux journaux juifs, en Israël comme dans le monde. Et « journaux juifs » ne signifie pas forcément journaux religieux. Le plus souvent, c’est même l’inverse.
Pendant plus de quatre décennies, la première ligne de ces lettres est restée identique. Elle indiquait à qui le Rabbi s’adressait : « Aux fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent ». C’est-à-dire à chaque Juif et chaque Juive, où qu’ils se trouvent. Et pas seulement au sens géographique. Les proches, les éloignés, et ceux qui le sont encore davantage.
Dans chacune de ces lettres, le Rabbi de Loubavitch parlait de l’essence de la fête, telle qu’elle se transmet depuis des millénaires – tout en s’attardant aussi sur certains points particulièrement pertinents pour l’année en question.
Ces dernières années, une sélection de ces lettres a paru dans une nouvelle traduction (la plupart avaient été écrites à l’origine en yiddish), en deux volumes du livre Michtavim Klaliyim, publié par les éditions Maayanotekha. Dans la belle préface de l’ouvrage, son éditeur, le Rav Menahem Broud, souligne que ces lettres de fêtes se caractérisent par une combinaison particulière entre l’attention portée à chaque Juif pris individuellement et l’attention portée à l’ensemble d’Israël.
« Il nous semble parfois que l’individu et la collectivité représentent des aspects distincts, voire opposés. Que l’individu doit renoncer à son propre bien pour le bien de la collectivité, et que la collectivité est contrainte de renoncer à ses intérêts pour respecter les droits de l’individu. Or, dans la conception du Rabbi, non seulement il n’y a aucune contradiction entre les deux, mais l’un complète l’autre. Il faut voir l’individu comme un organe unique au sein du tissu global du corps entier.
« Le bon fonctionnement de l’organe individuel contribue au bon fonctionnement du corps tout entier. Et inversement – lorsque le corps, dans son ensemble, est sain et fort, l’organe individuel fonctionne lui aussi de manière optimale. Il en découle que chaque détail de la Torah en général, et des contenus renfermés dans les fêtes d’Israël en particulier, doit trouver une expression pleine et entière tant dans la vie de l’individu que dans celle de la collectivité. »
5750 (1990), quand Roch Hachana tombait déjà un Chabbat
Il y a 36 ans, en 5750 (1990), Roch Hachana tombait déjà un Chabbat. Exactement comme cette année. Je ne sais pas si, à l’époque aussi, il y avait des craintes. En réalité, cette année-là, ce sont plutôt des choses merveilleuses qui se sont produites : le début de l’effondrement du rideau de fer et la montée en Israël des Juifs d’Union soviétique, et même l’échec de la fameuse « manœuvre puante » visant à former un gouvernement de gauche dirigé par Chimon Pérès.
Mais portez attention à une phrase tirée d’une longue lettre générale que le Rabbi de Loubavitch a publiée cette année-là : « L’absence de sonnerie du Choffar n’est pas un état passif d’inaction – mais l’expression d’un effacement de soi extrêmement élevé du Juif, pour qui il n’existe aucune réalité en dehors de D.ieu Lui-même. Ainsi, le couronnement de D.ieu ne s’accomplit pas par l’œuvre du Juif et sa sonnerie du Choffar, mais par la non-sonnerie du Choffar, à travers laquelle s’exprime un effacement encore plus profond devant le Roi des rois des rois, D.ieu. »
Autrement dit, si l’on traduit cela dans la langue des fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent, en Elloul 2026 : nous ne faisons pas ce qui nous plaît. Ce qui nous plairait, c’est de sonner le Choffar. C’est ce qu’il y a de plus fort. De plus émouvant. Les sonneries suscitent en nous un réveil spirituel, elles rappellent le bélier de l’Akedat Its’hak et les immenses mérites de cet acte, elles troublent le Satan, elles couronnent D.ieu sur nous. Quelle valeur pourrait donc l’emporter sur cette Mitsva si importante, qui est le sommet de ce jour, lui-même sommet de l’année ?
Eh bien, il existe une valeur qui l’emporte sur elle : le décret des ‘Hazal, qui craignaient que, si l’on sonnait le Choffar à Roch Hachana, un Juif peu expérimenté dans les sonneries n’aille apprendre à sonner auprès d’un expert pendant la fête – et qu’il emporte alors son Choffar de chez lui pour ce cours particulier improvisé, avec le risque, qui sait, qu’il transporte ensuite le Choffar dans le domaine public un jour de Chabbat.
le silence du Choffar, plus fort que sa sonnerie
C’est stupéfiant. Car, en principe, il n’y a aucun interdit dans l’acte même de sonner le Choffar un jour de Chabbat. Bien au contraire : c’est une Mitsva de la Torah. Mais les ‘Hazal ont annulé une Mitsva aussi importante et aussi fondamentale, uniquement en raison de l’importance du respect du Chabbat. Plus précisément : uniquement à cause d’une crainte très lointaine que certains Juifs en viennent à profaner le Chabbat. Cette crainte l’emporte sur tout.
Et le Rabbi de Loubavitch ajoute que l’obéissance à cette Halakha soi-disant « tatillonne », l’effacement total devant elle, est précisément le véritable couronnement de D.ieu. Qu’y a-t-il de plus fort qu’une sonnerie de Choffar ? Le silence du Choffar. Pas de Tekia. Pas de Chevarim. Pas de Teroua. On entendra une voix de fin silence. Le silence du respect de la Halakha. C’est ainsi que, cette année, nous couronnerons D.ieu.
une influence qui dépasse le seul jour de fête
Mais le Rabbi de Loubavitch ne se contente pas de cette passivité propre à un Roch Hachana qui tombe un Chabbat. Cela ne commence ni ne s’arrête là. L’influence de Roch Hachana ne se limite pas au jour même. Ce jour est la tête, et c’est de lui que descend une influence spirituelle sur l’année tout entière.
« De même que la tête dirige tout le corps, écrit-il, de même les bonnes résolutions de Roch Hachana doivent-elles diriger tous les jours de l’année. C’est pourquoi le fait que la « tête » de l’année à venir soit « chabbatique » revêt une signification toute particulière. Il est donc certain que la préparation à la nouvelle année est liée à cette signification spéciale, par laquelle cette nouvelle année se distingue des autres années. »
Voilà qui est vraiment saisissant. L’année 5787 (2026-2027), qui vient à nous pour le bien, va être différente de toutes les années ordinaires où l’on sonne le Choffar à Roch Hachana.
Portez attention : « L’influence de Roch Hachana, la tête de l’année, doit se faire pleinement sentir dans tous les autres organes : les mois, les semaines et les jours de l’année. Le Chabbat de Roch Hachana de cette année doit déterminer l’ordre du jour de chaque jour de la semaine, et de l’année entière, en pleine harmonie avec l’esprit du saint Chabbat. Et ce, sur deux points :
« Dans chaque jour de l’année doit se faire sentir une élévation chabbatique, par un ajout particulier dans la vie juive – comme un embellissement nouveau dans l’accomplissement des Mitsvot, une reprise renouvelée de l’étude régulière de la Torah, un ajout nouveau dans le service de la prière, et ainsi de suite.
« Parallèlement, chaque Juif, homme ou femme, jeune ou âgé, doit introduire de la « chabbatité » jusque dans le travail des jours de semaine. Apporter spiritualité et sainteté dans les affaires profanes et routinières de la vie quotidienne, jusqu’à ce que chaque pensée, chaque parole et chaque acte soient imprégnés de cette dimension chabbatique. Par exemple, celui qui a un poste, un commerce, et ainsi de suite, doit y insuffler l’intention spirituelle et l’âme de la chose. Selon l’expression des ‘Hazal : « que tous tes actes soient pour le Ciel. » »
vivre en mode Chabbat toute l’année
Waw! Voilà une belle mission pour la nouvelle année : être dans un état d’esprit de Chabbat même en semaine. Nous faire passer en « mode Chabbat ». Cela ne veut pas dire ne faire aucun travail, n’est-ce pas ? Nous ne sommes pas à la veille d’une année sabbatique nationale. Au contraire, il faut accomplir beaucoup de travail, mais à l’intérieur de la vie active, à l’intérieur du travail, à l’intérieur du labeur quotidien – nous y ajouterons une dimension de Chabbat. Une « élévation chabbatique », selon la formule du Rabbi de Loubavitch.
Comment ? D’abord en ajoutant de la spiritualité à la vie : fixer des temps réguliers pour l’étude de la Torah. Ajouter de la profondeur à la prière. Aux Mitsvot. C’est une année de Nechama Yeteira (âme supplémentaire).
Et deuxièmement – et c’est peut-être plus subtil, plus intérieur : introduire, au cœur même de notre activité, une intention spirituelle. Cela peut sembler exigeant, mais il s’agit en réalité seulement d’un changement de conscience : accomplir exactement les mêmes actes, mais avec l’intention dirigée vers le Ciel. On pourrait donner ici d’innombrables exemples, tirés d’innombrables métiers – et aussi d’innombrables petits gestes du quotidien – mais on peut tout simplement faire confiance à chacun des fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent, pour savoir mettre en pratique cette idée grande et simple, chacun dans sa vie personnelle.
la bénédiction finale du Rabbi
Et le Rabbi conclut sa lettre par ce souhait : « Et puisque la bénédiction du Chabbat marche de pair avec la sainteté du Chabbat, ainsi que le dit la Torah : « D.ieu bénit le septième jour et le sanctifia » – que les résolutions fermes prises dans tout ce qui précède apportent aussitôt les bénédictions de D.ieu en toute chose, et en particulier une bonne inscription et un bon sceau, pour une année bonne et douce, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Et plus particulièrement la bénédiction principale – que D.ieu apporte au peuple d’Israël, à chacun et chacune en particulier, le « Chabbat Kodech » parfait – « le jour qui n’est que Chabbat et repos pour la vie du monde » – dès à présent, immédiatement. »
Cette année, le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, et pour la première fois nous n’entendrons pas le son du Chofar qui caractérise pourtant ce jour entre tous. La ‘Hassidout nous révèle que rien n’est perdu : ce que le Chofar accomplit habituellement, le Chabbat l’accomplit lui-même, à travers sa sainteté et jusque dans la douceur d’un Kugel. Une méditation sur le sens profond de Roch Hachana, la royauté divine et l’année de paix qui s’annonce.
Rav Haïm H. Benyossef
Un Chofar réduit au silence
Cette année, à Roch Hachana, quelque chose va manquer. Nous viendrons à la synagogue le premier jour, nous réciterons les prières particulières de la fête, nous proclamerons D.ieu comme Roi de l’univers, mais nous n’entendrons pas le son qui, plus que tout autre, caractérise ce jour : il n’y aura pas de Chofar. Parce que le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, nous ne le sonnerons que le deuxième jour.
Pourquoi une telle règle ? La Guemara donne une explication surprenante. Sonner du Chofar demande une certaine maîtrise, et les Sages craignaient qu’une personne ne sachant pas sonner correctement ne prenne son Chofar pour aller trouver un expert et apprendre auprès de lui. Dans son empressement, elle risquerait d’oublier que c’est Chabbat et de transporter le Chofar dans le domaine public, transgressant ainsi l’interdiction de porter pendant Chabbat. C’est pour cette seule raison que les Sages ont institué que, lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat, personne ne sonne du Chofar.
Prenons un instant pour mesurer la portée de cette décision. Parce qu’il existe peut-être, quelque part, un Juif qui ne connaît pas suffisamment la Halakha, qui souhaite accomplir la Mitsva, oublie que c’est Chabbat et transporte son Chofar chez quelqu’un qui pourrait le lui apprendre, c’est tout le peuple juif qui renonce, ce jour-là, à la Mitsva de la Torah du Chofar. Peu importe qui l’on est : le plus grand érudit, le Tsadik le plus saint, le Juif le plus instruit, personne ne sonnera du Chofar.
Renoncer à la Mitsva centrale de Roch Hachana pour une possibilité aussi lointaine peut sembler démesuré. De nombreuses explications ont été données à ce sujet, mais la ‘Hassidout nous emmène beaucoup plus loin. Les Rabbeïm ont longuement abordé cette question, depuis l’Admour Hazakène jusqu’à notre Rabbi, et l’Admour Rachab a consacré toute une série de Maamarim à la signification spirituelle profonde de Roch Hachana lorsqu’il tombe Chabbat. Pour comprendre la réponse, il faut d’abord comprendre ce que le Chofar accomplit réellement.
Pourquoi Roch Hachana ?
Roch Hachana commémore la création d’Adam. Bien qu’Adam ait été créé le sixième jour de la Création, c’est ce jour qui est devenu Roch Hachana, le commencement de l’année, et non le premier jour, lorsque D.ieu commença effectivement à créer le monde. La raison en est que, jusqu’à l’apparition d’Adam, le but de la Création n’avait pas encore commencé à se réaliser.
D.ieu est infini et n’a évidemment « besoin » d’aucun monde. Mais Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs, un monde où la Divinité serait cachée et où l’être humain aurait pour mission de Le rechercher, de Le découvrir derrière cette dissimulation, d’accepter Sa royauté, d’accomplir Sa Torah et Ses Mitsvot, et de transformer ce monde matériel en une demeure pour Lui. Adam comprit immédiatement sa mission : le jour même de sa création, il s’adressa à toute la Création et proclama que l’on vienne se prosterner, s’incliner et s’agenouiller devant D.ieu, notre Créateur. Autrement dit, il y a un Roi, couronnons-Le. C’est à ce moment précis que la Création commença à réaliser son objectif, et c’est pourquoi le jour de la création d’Adam devint Roch Hachana.
Chaque Roch Hachana, tout recommence
À chaque Roch Hachana, ce processus se reproduit. Le monde n’existe pas de manière indépendante : puisque la Création est venue à l’existence yesh méayin, quelque chose à partir du néant, elle a besoin de l’énergie créatrice de D.ieu pour être constamment maintenue. À chaque instant, D.ieu recrée le monde, mais à Roch Hachana, c’est toute la relation qui est renouvelée. D.ieu regarde pour ainsi dire le monde et évalue l’année écoulée : ce monde a-t-il réalisé le but pour lequel il a été créé ? L’humanité, et en particulier le peuple juif, transforme-t-elle ce monde en une demeure pour D.ieu ? C’est là l’une des significations profondes de Roch Hachana en tant que Jour du Jugement. Et D.ieu, dans Son infinie bonté, nous indique comment éveiller Son désir et Son plaisir de poursuivre cette relation pour une nouvelle année : sonner du Chofar.
Le son du couronnement
Le Chofar est le son du couronnement. À travers l’histoire, des trompettes étaient utilisées lorsqu’un roi était couronné. À Roch Hachana, nous faisons retentir le Chofar et proclamons que D.ieu est notre Roi, que nous acceptons Sa royauté, Sa Torah et Ses Mitsvot, et que nous Lui demandons de nous accorder une nouvelle année afin de poursuivre notre mission, faire de Son monde une demeure pour Lui. Le mot Chofar lui-même est d’ailleurs lié à l’idée de Shoufra, la beauté et le plaisir. Le Chofar atteint le niveau le plus profond du plaisir divin et éveille, pour ainsi dire, le désir de D.ieu de renouveler la Création pour une nouvelle année.
Quand Roch Hachana tombe un Chabbat
Nous pouvons maintenant comprendre ce qui se passe lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat. Le tout premier Roch Hachana de l’histoire, le jour où Adam fut créé, était un vendredi. Adam couronna D.ieu comme Roi, le but de la Création fut mis en mouvement, puis arriva Chabbat. « Ba’a Chabbat, ba’a menou’ha », Chabbat est arrivé, et avec lui le repos, car le travail était terminé. Comme nous le disons dans le Kiddouch, « Vayékhal Elokim », D.ieu acheva la Création : le monde avait atteint son objectif, Adam avait reconnu son Créateur et L’avait couronné comme Roi. Il y avait du plaisir divin, et c’est cela, l’essence même de Chabbat.
Chabbat n’est pas simplement un jour où l’on cesse de travailler. Il représente le plaisir qui apparaît lorsque le travail a atteint son objectif, et cela se reproduit chaque semaine. Pendant les six jours ouvrables, nous luttons avec le monde matériel, nous le raffinons et l’élevons, puis vient Chabbat, jour de repos, de délice et de plaisir, où nous mangeons de bons plats, buvons du vin, profitons de nos trois repas, chantons les Zemirot et vivons le véritable Oneg Chabbat, le plaisir du Chabbat.
Le Kugel, un Chofar comestible
Que se passe-t-il alors lorsque Roch Hachana tombe Chabbat ? Quelque chose d’extraordinaire. Normalement, nous avons besoin du Chofar pour nous élever et éveiller ce plaisir divin, mais Chabbat, ce plaisir est déjà présent. Chabbat accomplit lui-même ce que le Chofar doit habituellement accomplir.
L’Admour Hazakène a un jour exprimé cette idée d’une manière merveilleusement juive : « Si nous ne sonnons pas du Chofar, comment les Juifs vont-ils accomplir pendant Chabbat ce qui doit normalement l’être grâce au Chofar ? En mangeant du Kugel ! »
L’idée peut sembler presque humoristique, mais elle renferme une pensée profonde. Le Kugel est un plat traditionnel de Chabbat qui, dans sa forme originelle, est rond, sans commencement ni fin, symbolisant l’infini. Au lieu de nous élever vers l’Infini par le cri du Chofar, en ce Roch Hachana nous nous connectons à ce plaisir divin à travers Chabbat lui-même, à travers la sainteté, le repos, le plaisir, et oui, même à travers le Kugel de Chabbat.
Soudain, toute la question s’inverse. Pourquoi serions-nous privés du Chofar parce que Roch Hachana tombe Chabbat ? En réalité, nous ne sommes privés de rien : c’est le Chabbat lui-même qui accomplit cette mission. Et peut-être cela nous donne-t-il une magnifique manière d’aborder toute l’année qui vient.
Le premier jour de cette nouvelle année est Chabbat, et avant même que nous fassions le moindre pas dans les jours de semaine, l’année naît dans une atmosphère de Chabbat, faite de sainteté, de paix, de tranquillité, de plaisir, et du sentiment que notre objectif est déjà en train de s’accomplir.
Une année entourée de Chabbat
Cette année est encore plus particulière : de la même manière que ce Roch Hachana 5787 commence un Chabbat, le prochain Roch Hachana 5788 commencera lui aussi un Chabbat !
Toute notre année est ainsi entourée de Chabbat. Quel magnifique message pour entrer dans une nouvelle année ! Puisse-t-elle véritablement être une année de Chabbat, une année de paix plutôt que de conflits, de tranquillité plutôt que de bouleversements, une année où nos efforts porteront leurs fruits et où nos missions seront accomplies.
Puissions-nous ressentir les bénédictions de D.ieu non seulement spirituellement, mais aussi matériellement et de manière visible : une bonne santé, une abondante Parnassa, beaucoup de Na’hat de nos enfants et petits-enfants, et d’innombrables raisons de nous réjouir.
Et surtout, puisse cette année de Chabbat nous conduire enfin vers le grand Chabbat que le monde attend depuis si longtemps, l’ère de Machia’h, lorsque le long travail consistant à transformer ce monde en une demeure pour D.ieu atteindra enfin son accomplissement.
Alors régnera une véritable paix, une véritable harmonie, un véritable plaisir divin. Puissions-nous entrer dans cette année avec joie, la vivre dans la joie, et ensemble danser de joie pour accueillir Machia’h Tsidkénou.
Ktiva Va’hatima Tova ! Une année douce, saine, paisible, prospère et véritablement chabbatique. Gut Chabbat, Gut Yom Tov !
Les Tekiot d’avant Moussaf sont appelées Tekiot Meyouchav (Tekiot assis). LesTekiot pendant Moussaf s’apellent Tekiot Meoumad (Tekiot debout, car il est d’obligatoire d’être debout).
• Pendant les bénédictions, le Chofar sera posé sur la Bima et recouvert d’une Mapa. Le Baal Tokea posera sa main sur le Chofar recouvert, pensera à rendre quitte toutes les personnes se trouvant aux alentours et récitera les bénédictions.
• Ceux qui écoutent répondent «Amen» sans dire Baroukh Hou Ou Baroukh Chemo et pensent également à se rendre quitte par la bénédiction du Baal Tokéa.
• Le Baal Tokéa prendra ensuite le Chofar et le tiendra du côté droit (avec l’ouverture vers le haut) et commencera les trois groupes de sonneries.
• Minhag Habad : celui qui montre du doigt les Tekiot au Baal Tokéa dans le Sidour ne les prononce pas.
• Entres les groupes de sonneries, il fera un Vidouy par la pensée. Il est écrit dans le Mahzor :
«Veyitvadé Bela’hach» – «il fera un Vidouï en silence» (Lachon Gaagouyim). Les Hassidim disent qu’il faut se représenter le visage du Rabbi à ce moment-là.
• On ne parle plus jusqu’à la fin des Tekiot qui seront sonnées pendant le dernier Kadich de la Tefila.
• Le Rabbi précédent a insisté pour que le Baal Tokea étudie le Maamar sur la sonnerie du Chofar, imprimé dans la nouvelle édition des Ma’hzorim.
• A la synagogue, on sonnera en tout 100 sonneries (+30) 30 après les bénédictions, 30 dans la prière du Moussaf, 30 dans la ‘Hazara du Moussaf, 10 pendant le dernier Kadich de la Tefila.
• Après la tefila et la lecture des Tehilim, on rajoute 30 sons pour troubler le Satan.
• Mivtsaïm :
1) On sonnera les 30 Tekiot
2) Lorsqu’on sonne en Mivtsaïm, on demande à la personne présente de réciter la bénédiction. En cas d’impossibilité, on la récite pour lui et on lui demande de répondre «Amen». Lorsqu’on sonne pour une femme, on doit insister pour qu’elle récite elle-même la bénédiction.
B) Les Tekiot
On distingue 3 types de sons :
Tekia :
un son simple appelé Kol Pachout.
Dans le groupe Tachrat, il sera de la même longueur que 18* petits sons.
Dans le groupe Tachat et Tarat, il sera au minimum de la longueur de 9** petits sons.
En d’autres mots, la longueur d’une Tekia dépendra de la longueur de Chevarim et Teroua
Chevarim :
composé de 3 sons moyens. Le Minhag Habad est d’ajouter un quatrième plus court que
une série minimum de 9 petits sons successifs. (Dans les Rechimot, on trouve différents Minhaguim. Ce son peut être de 9, 12, 24, 42, 53, 63 ou 72 sons successifs)
Et trois groupes de sonneries x 3 : 1) Tachrat 2) Tachat 3) Tarat
Bénédictions :
Baroukh Ata……. Acher Kidechanou Bemistvotav Vetsivanou Lichmoa Kol Chofar.
Baroukh Ata…….. Chéhé’hyanou Vekiyémanou Vehiguianou Lizmane Hazé. (le second jour également)
• Chaque Tekia, Chevarim ou Teroua doit commencer par un nouveau souffle.
• Dans le groupe Tachrat, Chevarim est suivi par Teroua. Deux avis sont alors ramenés dans la Halakha : faut-il reprendre un souffle entre les deux oui ou non ?
L’Admour hazaken a tranché que dans les 30 premières sonneries (Meyouchav), on fera une courte pose sans prendre de souffle. Dans les sonneries de la Amida (Meoumad), par contre, on reprendra son souffle. Pour les Mivtsaim, on fera donc comme les 30 sonneries de Meyouchav (pose sans souffle).
* Dans les Rechimot on trouve l’importance que la deuxième Tekia soit de la taille d’une Tekia plus Chevarim et Teroua donc 36.
** Dans les Rechimot on trouve l’importance que la deuxième Tekia soit de la taille d’une Tekia plus Chevarim ou Teroua donc 18
C) Erreurs possibles pour lesquelles on doit se reprendre
Après la Tekia, au lieu de Chevarim, on sonne Teroua, on reprend à la Tekia
On sonne un Chevarim sans le finir et on commence une Teroua, doit-on rependre à Chevarim ou à la Tekia du début ? Réponse : si le Baal Tokea a pris un souffle entre Chevarim et Teroua, il reprend depuis le début de la Tekia. S’il n’a pas pris de souffle, il reprend depuis Chevarim.
On sonne Chevarim et Teroua comme il faut, on a bien pris son souffle et avant de finir avec Tekia, on fait Chevarim ou Teroua par erreur, on doit reprendre au début et faire Tekia car Chevarim et Teroua doivent être automatiquement précédés et suivis par une Tekia.
GROUPE TACHAT : répété 3 fois TEKIA – CHEVARIM – TEKIA (3 fois)
On reprend un souffle entre chaque son.
Principe de base : Deux sons ne doivent jamais s’enchaîner avec le même souffle.
A la place de Chevarim, il a sonné Teroua ou bien à la fin de Chevarim au lieu de Tekia il a commencé Teroua, il reprend depuis la première Tekia car le principe est qu’un Chevarim doit etre précédé et suivi d’une Tekia.
GROUPE TARAT : répété 3 fois TEKIA – TEROUA – TEKIA
On reprend un souffle entre chaque son.
Principe de base : Deux sons ne doivent jamais s’enchaîner avec le même souffle.
A la place de Teroua, il a sonné Chevarim, ou bien il a sonné Teroua comme il faut, il a bien pris son souffle et avant de finir avec Tekia il a commencé Chevarim, il doit reprendre au début car le principe est que Teroua doit toujours être suivi et précédé par Tekia
Si on s’est trompé dans un groupe de sons, on reprend uniquement au début de la Tekia de la ligne correspondante (pas toute la série).
D) Makor
• Dans la Torah, il est écrit 3 fois le mot Teroua, deux fois pour Roch Hachana et une fois pour le Kippour du Yovel. Il est écrit le mot Taavirou et Vehaavarta, pour lesquels nos Sages disent qu’il faut qu’ils soient précédé et suivi d’une Tekia. Ceci nous explique pourquoi il faut sonner 3 fois Tekia Teroua et Tekia
• Le mot Teroua se traduit par pleurer : La Guemara nous ramène trois avis sur ce que représente une Teroua : 3 sortes de pleurs,
1) Chevarim, un pleur ressemblant à des Chevarim.
2) une Teroua, un pleur ressemblant à une Teroua.
3) Chevarim + Teroua un pleur ressemblant à des Chevarim + Teroua.
Ceci nous explique pourquoi il faut sonner 3 fois Tekia, Chevarim, Teroua et Tekia, Tekia, Chevarim et Tekia, Tekia, Teroua et Tekia.
• Suite à cela, la Guemara nous raconte que D.ieu dit au peuple juif : « Dites devant Moi des versets de Malkhouyot (royauté), Zi’hronot (souvenir) et Chofarot (Chofar).
C’est pourquoi nos Sages ont instauré de réciter 10 Psoukim venant de Torah Neviim et Ketouvim pour chacune des trois catégories, pendant la prière du Moussaf de Roch Hachana et on sonne un groupe
Tachrat, Tachat et Tarat à la fin de chaque catégorie = 30 Pendant Moussaf et encore 30 pendant la ‘Hazara de Moussaf.
Entrer dans la nouvelle année avec une bénédiction d’en haut
À l’approche de Roch Hachana, perpétuez une tradition puissante en adressant votre Pidyon Nefesh — une demande de bénédiction personnelle — au Rabbi de Loubavitch.
Ouvrez votre lettre par cette formule traditionnelle :
נא לעורר רחמים רבים בעבור [שם שלך] בן/בת [שם של אמך] « S’il vous plaît, suscitez une miséricorde abondante pour [votre prénom hébraïque] fils/fille de [prénom hébraïque de votre mère]. » (Notez que l’on utilise toujours les prénoms hébraïques de la personne et de sa mère).
Comment rédiger votre lettre ?
Ouvrez votre cœur : Exposez vos défis, vos doutes et les bénédictions que vous espérez pour l’année à venir, exactement comme si vous étiez en face de lui. Partagez vos réussites : Mentionnez également vos bonnes actions passées et vos résolutions pour l’avenir. Priez pour vos proches : N’oubliez pas d’y inclure les membres de votre famille et toute personne nécessitant une aide divine.
Le « Ohel » (la tente) abrite la sépulture du Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, aux côtés de son beau-père, le sixième Rabbi, Rabbi Yossef Yts’hak Schneersohn. De son vivant comme aujourd’hui, le Rabbi a toujours accordé une attention infinie à chaque être, sans distinction de parcours ou d’origine.
« Un Tsaddik qui quitte ce monde n’en disparaît pas ; il s’y trouve avec une intensité encore plus grande », nous enseigne le Zohar. Au fil des ans, cette présence ne cesse de s’intensifier, guidant et inspirant des centaines de milliers de vies à travers le monde.
Si vous ne pouvez vous rendre personnellement au Ohel, transmettre vos mots par courriel – permet de solliciter son intercession précieuse auprès du Tout-Puissant pour une année douce et lumineuse.