Chaque année, D.ieu efface nos fautes, et chaque année, l’être humain les répète inlassablement. Le Rav Yossi Amar, Chalia’h du Rabbi en Seine-et-Marne,  propose une lecture bouleversante de ce paradoxe, révélant dans le pardon de Yom Kippour non pas la trace d’un système défaillant, mais l’expression d’un amour parental inconditionnel. À travers l’étude d’un verset d’Isaïe et le récit d’une jeune âme égarée retrouvant le chemin du retour, ce cours dévoile la profondeur infinie du lien qui unit D.ieu à chacun de Ses enfants.

 

 

un pardon qui semble se répéter sans fin

Le cours s’ouvre sur une question que beaucoup portent en silence, année après année, à l’approche de Yom Kippour. Si D.ieu pardonne nos fautes chaque année, et que nous retombons pourtant, souvent, dans les mêmes travers, à quoi bon ce cycle répété de faute et de pardon ? N’y a-t-il pas là, dans cette répétition, quelque chose qui ressemble à un mécanisme grippé, comme si le pardon divin ne parvenait jamais réellement à nous transformer ? Le Rav Yossi Amar ne fuit pas cette interrogation dérangeante ; il en fait au contraire le point de départ d’une réflexion sur la nature profonde du lien entre l’homme et son Créateur.

l’amour inconditionnel d’un parent envers son enfant

La réponse proposée déplace le regard. Ce n’est pas d’un système de justice qu’il s’agit, avec ses sanctions et ses remises de peine, mais d’une relation d’amour. Même lorsque l’homme faute, D.ieu demeure présent, et Il continue de l’accueillir comme un enfant bien-aimé. Le Rav illustre cette idée par une image simple et parlante : l’amour d’un parent pour un tout jeune enfant ne se mesure jamais à ses actes. Un nourrisson n’a rien à prouver pour être aimé ; il est aimé parce qu’il est l’enfant. C’est seulement en grandissant qu’il devra répondre d’exigences et de responsabilités. Ainsi en est-il, explique le Rav, du rapport de D.ieu à l’humanité : la faute n’entame jamais ce lien fondamental, inconditionnel, qui précède tout mérite.

rechercher D.ieu et L’appeler : deux mouvements de l’âme

Le cours s’appuie ensuite sur un verset du prophète Isaïe (55:6), qui invite à « rechercher D.ieu lorsqu’Il se laisse trouver » et à « L’appeler lorsqu’Il est proche ». Le Rav Yossi Amar distingue avec finesse ces deux mouvements de l’âme, qui ne se confondent pas. Rechercher D.ieu relève de la loyauté : c’est reconnaître qu’Il est là, tout proche, et nourrir le désir sincère de s’améliorer pour l’année à venir. L’appeler, en revanche, relève de l’intimité : c’est se lier à Lui de façon plus profonde encore, à travers l’étude de la Torah, qui constitue selon le Rav la connexion la plus intime que l’homme puisse tisser avec le Divin. Ces deux élans, la loyauté qui recherche et l’intimité qui appelle, se complètent et donnent tout son sens à la démarche de techouva.

un amour qui appelle l’amour en retour

Prendre pleinement conscience de l’immense amour et de la miséricorde que D.ieu témoigne à l’homme, en lui ouvrant Sa porte et en lui pardonnant malgré ses imperfections répétées, produit un effet naturel : cela éveille en retour, chez l’être humain, le désir de L’aimer et de progresser. L’amour, souligne le Rav, est contagieux. Ce n’est donc pas la crainte de la sanction qui doit pousser au changement, mais la gratitude devant un amour qui ne se dément jamais.

l’histoire d’une jeune fille retrouvée

Pour illustrer son propos, le Rav Yossi Amar rapporte le témoignage bouleversant d’une jeune fille, égarée dans un centre de réhabilitation, qui a retrouvé le chemin du retour spirituel après avoir simplement vu une autre jeune fille lire le Mahzor de Kippour. Ce geste, en apparence anodin, a suffi à réveiller en elle quelque chose d’enfoui. Cette histoire vient sceller l’enseignement du cours : aucun Juif, où qu’il se trouve et quel que soit son parcours, n’est jamais exclu ni oublié par D.ieu.