Les Chlouhim russes sont convoqués à une conférence d’urgence

Les Chlouhim russes sont convoqués à une conférence d’urgence

Une réunion d’urgence des rabbins de Russie a eu lieu à Moscou lundi après-midi. La conférence de la Fédération des communautés juives de Russie a réuni plus de soixante quinze rabbins représentant les plus grandes communautés juives du pays et s’est concentrée sur la situation extraordinaire dans laquelle se trouve la communauté juive de Russie et sur le rôle de leadership vital joué par les rabbins et les responsables communautaires.

Les relations entre la Russie et le reste du monde se sont rapidement détériorées depuis le début de l’invasion en février, entraînant une incertitude économique et, ce qui préoccupe particulièrement la communauté juive, est un sentiment de peur et d’isolement qui n’a pas été ressenti depuis des décennies. Les rabbins de Russie ont travaillé pour guider leurs communautés à travers cette crise sans précédent et, lors de la conférence, ont publié une résolution commune réitérant leur engagement envers leurs communautés.

« Nous continuons sur le chemin que nous avons emprunté depuis longtemps… », lit-on dans la résolution, « en approfondissant le sens de l’identité juive au sein de la communauté juive, en étudiant et en enseignant la Torah et la tradition juive. Nous sommes obligés d’imprégner nos communautés de la tradition juive, de renforcer les institutions éducatives et communautaires et d’aider tous ceux qui ont besoin de soutien.

Les rabbins ont également lancé un appel conjoint à la paix et à la cessation des effusions de sang, ce que les principaux rabbins de la conférence ont fait de manière constante depuis fin février.

« Nous prions pour qu’il n’y ait plus de sang versé et appelons partout les personnes de bonne conscience à aider ceux qui en ont besoin, y compris les réfugiés, et à mettre fin aux souffrances », ont proclamé les rabbins de Russie. « Nous prions ensemble pour que très bientôt la prophétie d’Isaïe s’accomplisse, selon laquelle » une nation ne lèvera pas l’épée contre une nation, et ils n’apprendront plus la guerre « .

Lors de la conférence, se sont exprimés le rabbin Berel Lazar, grand rabbin de Russie, le rabbin Alexander Boroda, président de la Fédération des communautés juives de Russie et Alexander Ben Zvi, ambassadeur d’Israël en Russie. L’ambassadeur Ben Zvi a lu une lettre de soutien du président israélien, M. Isaac Herzog, aux rabbins de Russie et à leur communauté juive.

« Chacun de vous, les rabbins dévoués et les chefs spirituels des communautés juives que vous servez, avez fait preuve d’une force remarquable en restant forts et fiers sans jamais vous détourner des personnes que vous servez, nos sœurs et frères juifs », a écrit Herzog.

Herzog a noté que les rabbins avaient entrepris de faire revivre et de construire des communautés juives, sans jamais imaginer que les circonstances géopolitiques changeraient si radicalement, et pourtant ils restent fermement attachés à leur travail. « Vous continuez même maintenant, au milieu de la terrible tragédie qui s’est abattue sur la communauté ukrainienne, et de la peur et de l’incertitude dévorantes en Russie. Comme un capitaine de navire, vous savez que votre communauté attend de vous du courage, de la foi et du leadership. Vous avez répondu héroïquement à cet appel ! Beaucoup d’entre vous, êtes des représentants du Rabbi, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, travaillant pour maintenir la vie juive partout dans le monde. Votre engagement en ces temps de peur, envers vos communautés ukrainiennes et russes, est particulièrement courageux et impressionnant.

Le rassemblement a eu lieu au Centre communautaire juif de Moscou dans le quartier de Marina Roscha à Moscou. Le centre de sept étages se dresse à l’emplacement précédemment occupé par la petite synagogue en bois de Marina Roscha, qui depuis sa construction en 1927 et à travers des années d’oppression et de persécution soviétiques a servi de base aux activités juives clandestines menées par les militants Habad. La structure d’origine a été détruite par un incendie criminel au milieu des années 1990, après quoi la synagogue et le centre actuels ont été construits.

Ouvrant la conférence, le Rav Lazar a déclaré que les rabbins de Russie avaient deux tâches essentielles à accomplir, assurer à la communauté juive leur soutien et souligner une fois de plus le besoin immédiat de paix.

« Toujours être avec leurs communautés est la tâche principale des chefs religieux », a déclaré le Rav Lazar. Une vie dans les affaires ou similaire offre de la flexibilité, a-t-il expliqué. Si une entreprise échoue sur un marché, le propriétaire de l’entreprise peut passer à un autre marché, pas un rabbin ! « Un rabbin doit toujours être avec ses Juifs, même dans les moments les plus difficiles. »

M. Boroda, le président de la Fédération, a lancé un appel à la paix

« Nous, les dirigeants juifs, avons toujours affirmé que la paix est l’une des valeurs les plus élevées du judaïsme, alors que le conflit et l’effusion de sang en sont l’exact opposé, détruisant les destinées humaines, obligeant les gens à quitter leurs foyers et à perdre leurs liens avec les autres, », a déclaré M. Boroda. « Et nous devons prier quotidiennement pour la paix et essayer de rétablir un dialogue respectueux entre les gens du mieux que nous pouvons. »

Des messages de soutien aux rabbins russes, ont également été envoyés par les deux grands rabbins d’Israël, le rabbin Itshak Yossef et le rabbin David Lau, l’activiste des droits de l’homme et ancien dissident soviétique Natan Sharansky ainsi que de vingt grands rabbins de toute l’Europe.

Dans sa lettre, le rabbin Yossef, le grand rabbin séfarade d’Israël, a cité le Code de la loi juive pour souligner que les rabbins de Russie avaient une tâche sacrée et l’obligation de rester à leur poste. « C’est le moment où vous devez renforcer et inspirer vos congrégations », a-t-il écrit. « Nous vous encourageons par la présente et vous informons de la décision de la Torah selon laquelle chaque rabbin a l’obligation sacrée de rester avec son troupeau, et il lui est interdit de quitter sa congrégation, Dieu nous en préserve. »

« Aujourd’hui, vous, les rabbins de Russie, traversez une période difficile », a écrit Sharansky, qui a passé neuf ans en prison soviétique avant d’être libéré et d’émigrer en Israël, où il a récemment dirigé l’Agence juive pour Israël. Sharansky a écrit que même si le nombre de personnes faisant leur Aliya a augmenté à la fois en Ukraine et en Russie, le travail communautaire juif urgent sur le terrain dans les deux pays doit se poursuivre. « Votre travail est tout aussi important pour renforcer la communauté juive, pour sauver le lien de chaque famille juive avec notre tradition, notre peuple et notre pays dans les conditions les plus difficiles.

« J’envoie à chacun des rabbins et à leurs épouses de Russie, mes vœux les plus chaleureux et mes sincères salutations. Je veux qu’ils sachent qu’ils sont, comme les rabbins en Ukraine, à l’avant-garde de la lutte avec Israël pour l’avenir de notre peuple.

 
















































Psychologie et Hassidout : Volonté, dépassement de soi et force de caractère

Psychologie et Hassidout : Volonté, dépassement de soi et force de caractère

 

Voici un résumé de texte inspiré d’une causerie du rabbi lors d’un farbrenguen (19 kislev 1954) qui représente particulièrement le message de toute la vie du rabbi : le don de soi.

Le don de soi pose les bases de la doctrine hassidique, c’est une notion fondamentale sur laquelle les rabbis de habad ont le plus mis l’accent.

Mais comment parvenir à ce don de soi ? À ce dépassement continuel, à cette force de caractère que rien ni personne ne peut achopper ?

Voici la dissertation du rabbi :

La kabbala rapporte que parmi les 10 forces élémentaires présentes chez l’homme, une se nomme « Netsah », la victoire, la volonté de vaincre.

Cet élan de détermination s’enclenche lorsque l’homme se trouve confronté à une difficulté, une épreuve, un challenge.

Plus précisément, face à une force d’opposition qui lui (dé)montre qu’il ne pourra en aucun cas la surmonter et qui inscrit l’homme dans une étroitesse insupportable pour lui.

Le rabbi pose la question suivante :

Cet élan de détermination est certes d’une puissance phénoménale au début. Lorsque un homme se projette dans un nouveau projet , l’imagine, le fantasme, cela suscite en lui un engouement exceptionnel pour la chose.

Cependant, lorsque le retour à la réalité se fait, un homme voit que tout ne se passe pas comme il l’envisageait .

Il n’imaginait peut être pas qu’il devrait fournir une charge de travail aussi importante , ni même les difficultés exercées par l’environnement dans lequel sa personne, son projet, ses actions, devaient se développer.

Comment un homme peut il faire pour que cette détermination, ne s’amenuise pas au fil du temps ? Suite à d’innombrables barrières mentales et matérielles, que ses croyances et que le monde lui impose ?

Voici la réponse du rabbi :

La force de Netsah est engendrée/générée/dynamisée par trois choses : le désir , l’intellect et les émotions.

Lorsqu’un homme désire/se convainc/se persuade qu’il lui faut quelque chose, qu’il ne peut pas atteindre dans l’immédiat , il y mêle alors ses trois forces.

Ces 3 éléments sont les vecteurs qui vont lui permettre de créer cet élan et cette projection dans ses entreprises futures.

Mais le rabbi ne s’arrête pas là ! Et voici l’exceptionnel message du rabbi :

Ces 3 éléments (Désir, intellect, émotions) ne sont là que pour propulser cette envie de réussite en amont !

Cependant si un homme, une fois lancé dans ses projets, en vient à s’appuyer sur ces 3 forces, alors l’effet sera contraire. Les 3 forces deviendront des freins et non plus des propulseurs.

Par exemple, lorsqu’un homme débute ses projets, il sera inéluctablement confronté à de nombreux obstacles, celui ci pourra en venir à se dire que finalement ce n’est peut être pas possible. Que cela ne vaut pas le coup. Est-ce vraiment la chose que je souhaitais ? (Ne voulais-je pas que la chose, sans les responsabilités et les efforts qui vont avec ?)

Et tout d’un coup, ce qui hier l’avait motivé et poussé en avant dans cette situation, le rattrape pour le tirer violemment en arrière.

Voici le secret : lorsqu’un homme agit dans les grandes entreprises de sa vie, il doit absolument se départir de son plaisir, de ses calculs et des ressentis qui l’ont amené ici.

Ne plus donner de crédit à quoi que ce soit d’autre que sa pensée première, le désir de réussite.

Et ce n’est qu’à ce prix là, un effacement total de soi dans ses projets au profit d’une cause plus grande, plus noble, qu’un homme arrivera à la perfection dans ses actions.

C’est par cette force [Netsah] que chaque homme sur terre a la capacité de se réaliser, aussi bien spirituellement que matériellement.

Et c’est également par elle, que le Machia’h viendra.

Certes notre génération, celle du Machia’h, la plus basse de toute, celle qui ne ressent rien, ne désire rien ou ne comprend rien de la divinité, n’atteindra jamais les degrés spirituels de nos aînés, cependant elle se distinguera par une seule chose : le don de soi.

Et ce, en dépit de toutes les formes actuelles d’obstacles dictées par le monde moderne !

 

Texte inspiré du Maamar « Amar Rabbi Oshaya »,
Youd Teth Kislev 1954,
rédigé par Jonas Elbaze

 

Lettre traditionnelle du Rabbi adressée au Bar Mitsva

Lettre traditionnelle du Rabbi adressée au Bar Mitsva

Par la grâce de D.ieu
Brooklyn New York

au jeune (Nom)…

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait savoir que vous atteignez l’âge de l’astreinte à la pratique de Mitsvot et voici ma réponse.

Que Dieu, béni soit il, fasse que, de l’âge de 13 ans, celui de la pratique des Mitsvot, vous accédiez à celui de 15 ans, puis aux suivants, selon la définition qui en est donnée par la Michna, au cinquième chapitre du traité Avot.

Vous redoublerez d’élan et d’ardeur en votre étude de la Torah, en sa partie révélée est également en l’enseignement de la Hassidout.

Et, vous pratiquerez les Mitsvot de la meilleure façon.

Dieu vous accordera la réussite d’être d’etre un Hassid qui craint D.ieu et un érudit.

Avec ma bénédiction

Signature du Rabbi

Un enseignement du Rabbi : « Quel que soit le résultat obtenu, la valeur de chaque bonne action que vous faites avec ces enfants purs est infinie ! »

Un enseignement du Rabbi : « Quel que soit le résultat obtenu, la valeur de chaque bonne action que vous faites avec ces enfants purs est infinie ! »

Un rabbin qui enseignait dans un Talmud Torah s’est un jour adressé au Rabbi :  » Rabbi, peu importe les sujets du judaïsme que j’enseigne aux enfants, lorsqu’ils rentre chez eux, il ne reste plus aucune trace de ce que je leur ai enseigné. En fait, les parents remettent en question tout mon travail ! Je pense que je devrais arrêter d’enseigner et faire autre chose. »

Le Rabbi lui répondit :  » Si un criminel est condamné à mort et, lorsqu’il se trouve sur le chemin pour être exécuté, il demande un verre d’eau, il est toujours obligé de réciter la bénédiction de gratitude sur l’eau, et ceux qui l’entendent doivent répondre « Amen ».

« Pourquoi ? Parce qu’une bénédiction ou une bonne action sont intrinsèquement précieuses, quel que soit le résultat obtenu. Alors, imaginez la valeur des bénédictions et des bonnes actions de ces enfants purs et innocents pendant toutes ces moments ou ils reçoivent votre enseignement ! »

 « Vous enseignez à ces enfants purs la Torah et vous leur faites accomplir des Mitsvot. Quel que soit le résultat, la valeur de chaque Mitsva que vous faites avec eux est infinie ! »

 

Les trois âmes fondamentales qui habitent le juif :  l’Âme Divine, l’Âme Intellectuelle, et l’Âme Naturelle

Les trois âmes fondamentales qui habitent le juif :  l’Âme Divine, l’Âme Intellectuelle, et l’Âme Naturelle

 

HaTamim III, p. 66. Traduit par Schlomoh Brodowicz
(Note extraite de : « De l’Essence de la ‘Hassidout », par Rabbi Menahem M. Schneerson, le Rabbi de Loubavitch)

Dans cet article, paru dans une revue publiée à Varsovie avant la seconde guerre mondiale, Rabbi Yossef Its’hak, décrit le processus de transformation de la nature même, du caractère de l’individu, à travers une évocation détaillée du concept ‘hassidique des trois âmes fondamentales qui habitent le juif : « l’Ame Divine », « l’Ame Intellectuelle », et « l’Âme Naturelle ».

Il y écrit que chacune de ces trois âmes procède d’une composition de facultés intellectuelles et émotionnelles, dont la teneur est fonction de la nature de l’âme.

1- Nefesh Habaamite – l’Âme animale

L’âme naturelle, est appelée l’âme «animale», car elle n’aspire qu’à des fins matérielles et instinctives, ainsi que l’explique longuement la ‘Hassidouth. La fonction intellectuelle de l’âme naturelle s’emploie à cautionner les actes en fonction de sa propre appréciation, et ne se soucie que de de justifier les attitudes de l’individu. La fonction émotionnelle quant à elle, constitue le « mauvais penchant » lui-même (Yétsère HaRah). Cela signifie en clair que la fonction intellectuelle constitue le moyen de justifier l’acte, et la fonction émotionnelle, la tendance à le commettre.

En premier lieu – et en attendant de disposer des moyens permettant de corriger les tendances de l’âme «animale» –, l’individu doit réprimer ses instincts.  Néanmoins, explique le Rabbi, servir D.ieu réellement, ne consiste pas à réprimer, mais à remédier, et à parfaire.

2- Nefesh Hassi’hlite – l’Âme intellectuelle, l’âme intermédiaire

Et l’on entreprend cette œuvre de perfection, avec l’âme intellectuelle, l’âme intermédiaire. L’instrument en est l’étude de la ‘Hassidouth, laquelle implique la méditation à des concepts qui correspondent au degré d’entendement de la personne, et à ce qui peut être compris par le cœur et est susceptible de l’ennoblir.

L’âme divine, et l’âme intellectuelle possèdent toutes deux des attributs émotionnels (Midoth). La nature de l’âme intellectuelle est de tendre vers tout ce qui est moins noble qu’elle, alors que celle de l’âme divine est d’aspirer à tout ce qui la transcende.

Ainsi, l’affirmation selon laquelle le propos essentiel de la ‘Hassidouth est de parvenir à modifier la nature des attributs de l’individu, fait allusion aux attributs des deux précédentes âmes.

Pour l’âme intellectuelle, cela implique d’admettre que l’on doit aspirer au bien, non pas parce qu’il est reconnu comme tel par la raison, mais parce que D.ieu en a ainsi donné l’injonction. En conséquence, l’individu doit rechercher le bien, par-delà son entendement.

3- Nefesh Elokite – l’Âme divine

Chez l’âme divine, la nature des attributs est de désirer se défaire de l’enveloppe corporelle pour se fondre en leur source, en D.ieu.

Transformer les Midoth de l’Ame divine, consiste à les contraindre à servir D.ieu dans le contexte du monde matériel, avec toutes les contingences imposées par le corps.