Ce cours est retransmis par téléphone Tél.: +33159423068
code: 33 41 593 (♯)
ET SUR RADIO HASSIDOUT RADIO HASSIDOUT
Le secret du saule :
pourquoi aucun Juif ne peut manquer
au faisceau des quatre espèces
Parmi les quatre espèces de Souccot, le saule est la seule dont le signe distinctif donné par la Torah ne concerne pas la branche que l’on tient réellement en main. Dans une Si’ha prononcée lors de Sim’hat Beth Hachoéva 5712 (1952), le Rabbi éclaire cette singularité à la lumière du Midrach, qui voit dans les quatre espèces quatre catégories de Juifs. Il en tire un enseignement essentiel : l’union avec chaque Juif, même le plus simple, ne dépend d’aucune condition préalable, et c’est elle qui hâte la Délivrance véritable et complète.
Si’ha de Sim’hat Beth Hachoéva 5712 (1952)
Le constat : pour l’Etrog, le Loulav et le Hadass, la Torah donne des signes (splendeur, feuilles liables, feuillage touffu) qui doivent se retrouver dans le spécimen tenu en main.
L’exception du saule : l’expression « saules de rivière » ne désigne que l’espèce en général. Un saule ayant poussé loin de l’eau reste donc valable.
La clé du Midrach : les quatre espèces représentent quatre catégories de Juifs. L’Etrog possède Torah et bonnes actions, le Loulav la Torah seule, le Hadass les bonnes actions seules, et le saule ni l’une ni les autres.
L’explication : les trois premières catégories se distinguent par des qualités visibles, qui doivent donc exister réellement. Le saule, lui, est inclus du seul fait qu’il descend d’Avraham, Its’hak et Yaakov, même s’il ignore qu’il est Juif.
Première leçon : la Mitsva est impossible sans les saules. Il faut s’unir à chaque Juif, même le plus simple, car c’est par lui qu’on se relie à la simplicité de l’Essence divine.
Deuxième leçon : on ne pose aucune condition préalable au Juif simple, ni étude, ni pratique, ni même qu’il se sente juif. L’amour d’Israël finira par le rapprocher de la Torah.
Le cas du Loulav : selon une autre opinion, le Loulav lui aussi n’est désigné que par son espèce. Même l’érudit qui étudie sans agir doit donc être associé, et son inclusion est une nouveauté plus grande encore.
La conclusion : lorsque tous les Juifs forment un seul faisceau, ils procurent une satisfaction devant D.ieu et hâtent la Délivrance véritable et complète.
Les signes des quatre espèces dans la Torah
Notre Paracha détaille les quatre espèces (1) qu’il faut prendre le premier jour de la fête de Souccot : « le fruit de l’arbre splendide, des branches de palmier, un rameau de l’arbre touffu et des saules de rivière » (2). Nous y découvrons une chose étonnante.
Pour les trois premières espèces, on constate que le signe distinctif énoncé par la Torah constitue une condition indispensable à l’accomplissement de la Mitsva avec le spécimen effectivement pris en main.
« Le fruit de l’arbre splendide » : l’Etrog que l’on prend doit nécessairement être le « fruit d’un arbre » (2*), et il doit être « splendide » (3) ; un Etrog desséché est invalide (4).
« Des branches de palmier » : le Loulav doit être formé de Kappot (5), à savoir « des feuilles aptes à être liées et attachées à la nervure centrale » (6) ; sinon, il est invalide.
(De même, au sujet du détail « palmier », Temarim, le Gaon de Rogatchov (7) explique qu’il ne suffit pas d’un Loulav provenant d’un arbre appelé palmier : l’obligation est de prendre un Loulav issu précisément d’un « palmier qui produit des dattes ».
Il explique ainsi la parole de nos Sages (8) selon laquelle « parmi les quatre espèces du Loulav, deux produisent des fruits », alors qu’apparemment le Hadass lui aussi porte des fruits, des baies (9). C’est que, pour le Loulav, la loi établit qu’il doit impérativement provenir d’un « palmier qui produit des dattes » : si « l’on a planté un palmier pour son bois, il est invalide pour le Loulav », tandis que le Hadass n’a nul besoin d’être pris sur un arbuste qui porte des fruits (10).)
« Un rameau de l’arbre touffu » : le Hadass doit être « touffu », « trois feuilles sur une même tige » (11) ; sinon, il est invalide.
Quant à la quatrième espèce, bien que la Torah la désigne elle aussi par « saules de rivière », la Halakha (12) établit néanmoins que « celui qui pousse sur un sol sec est valable » : si la branche est prise dans l’espèce du saule, qui pousse d’ordinaire au bord d’une rivière, elle est valable dès l’abord (13), même si ce saule précis n’a pas réellement poussé près d’un cours d’eau.
Il faut comprendre la raison de cette différence entre les saules de rivière et les trois autres espèces : le signe mentionné par la Torah à leur sujet concerne l’espèce du saule en général, et non le saule avec lequel on accomplit effectivement la Mitsva (14).
Saules de rivière : un nom tiré de la majorité de l’espèce
La Guemara (15) rapporte une opinion selon laquelle cette règle, à savoir que le saule ayant poussé dans le désert ou dans les montagnes est lui aussi valable, se déduit de l’expression « saules de rivière » employée au pluriel (16), qui viendrait inclure également un saule ne poussant pas près d’une rivière.
Cette loi appelle déjà en soi une explication : quelle raison fait que, pour les trois autres espèces, la Torah exige que les signes mentionnés se retrouvent dans le spécimen effectivement pris, tandis que pour les saules de rivière on se contente de l’espèce en général ? Mais en même temps, une autre difficulté surgit.
D’après la formulation du Rambam (17), selon la majorité des commentateurs (18) et selon le Choul’han Aroukh (19), il apparaît qu’aucune inclusion particulière n’est nécessaire pour valider un saule ayant poussé dans le désert ou dans les montagnes : on peut le comprendre du sens même du verset. La Torah appelle les saules « saules de rivière » parce que « la plus grande partie de cette espèce pousse au bord des cours d’eau », mais un saule pris dans la minorité, qui a grandi dans le désert ou dans les montagnes, est lui aussi valable.
Les commentateurs (20) ajoutent qu’on ne peut prétendre que, selon le Rambam, cette règle se déduit du pluriel « saules », car ce pluriel est nécessaire pour apprendre qu’il faut deux branches de saule (21).
Il en découle donc que, selon l’opinion du Rambam, par l’expression « saules de rivière », la Torah ne parle d’emblée que du nom de l’espèce en général, et non des saules avec lesquels on accomplit concrètement la Mitsva.
On ne comprend donc pas d’où nous tirons, et pour quelle raison, cette distinction entre les signes que donne la Torah pour les quatre espèces, entre les trois premières d’une part et les saules d’autre part.
Quatre espèces, quatre catégories de Juifs
Il a déjà été expliqué à plusieurs reprises (22) que certains sujets de la Torah, selon le sens simple et la dimension révélée, « ne sont pas lisses » et manquent de clarté ; c’est seulement selon la voie du Drach, du Remez et du Sod, et plus particulièrement selon les explications de la dimension intérieure de la Torah, qu’on peut les comprendre comme il se doit. Comme le dit Rachi (23) avec insistance : « ce verset ne demande qu’une chose, qu’on l’interprète ».
Il en va de même dans notre sujet : cette différence entre les quatre espèces se comprend tout simplement à la lumière de l’explication des quatre espèces selon la voie du Midrach, comme nous allons le voir.
Le Midrach (24) enseigne que les quatre espèces font allusion à quatre catégories de Juifs. L’Etrog, qui « a du goût et du parfum », évoque les Juifs qui « possèdent la Torah et les bonnes actions ». Les branches de palmier, le Loulav, dont le fruit, la datte, « a du goût mais pas de parfum », évoquent ceux qui « possèdent la Torah mais pas les bonnes actions ». Le Hadass, qui « a du parfum mais pas de goût », évoque les Juifs qui « possèdent les bonnes actions mais pas la Torah ». Enfin, le saule, qui « n’a ni goût ni parfum », évoque « les hommes qui n’ont ni Torah ni bonnes actions ».
Le sens profond de la Mitsva de prendre les quatre espèces est alors celui-ci : « qu’ils soient tous liés en un seul faisceau ». Les quatre catégories de Juifs s’unissent en un faisceau unique.
Il s’ensuit qu’il existe une différence essentielle entre les trois premières espèces et le saule. Les trois premières, ces catégories de Juifs, se distinguent l’une de l’autre par des qualités manifestes, visibles dans les faits, et c’est de là que découle aussi leur unité. Selon l’adage bien connu (25) : « un voleur n’est pas celui qui est capable de voler, mais celui qui vole ; un érudit n’est pas celui qui est capable d’étudier, mais celui qui étudie réellement ». À plus forte raison, la qualité des bonnes actions n’existe que lorsqu’on accomplit concrètement de bonnes actions.
En revanche, le saule évoque les Juifs « qui n’ont ni Torah ni bonnes actions » : on s’unit à eux parce qu’ils sont Juifs. C’est là une qualité intérieure présente chez tout descendant d’Avraham, Its’hak et Yaakov, même lorsque, dans les faits, il n’a « ni Torah ni bonnes actions », et même s’il s’agit d’un enfant captif parmi les nations, un Tinok Chénichba, qui ignore totalement qu’il est Juif.
Il en découle, sur le plan de la Halakha pratique, que les signes de la Torah pour les trois premières espèces doivent être visibles dans les spécimens pris pour accomplir la Mitsva. Pour le saule en revanche, même si ce saule précis n’a pas poussé près d’une rivière, image du Juif devenu comme un enfant captif parmi les nations, il suffit qu’il appartienne à l’espèce des « saules de rivière », c’est à dire qu’il soit de la descendance d’Avraham, Its’hak et Yaakov : c’est alors un saule valable pour la Mitsva. Grâce à lui, les trois autres espèces « se lient » à lui, et il devient partie intégrante de la Mitsva des quatre espèces.
Notons que son nom même, Arava, tel qu’il est appelé « dans la langue sainte » (26), est composé des mêmes lettres que le mot du verset Vearva LaHachem Min’hat Yehouda, « l’offrande de Yehouda sera agréable à D.ieu » (27).
S’unir au saule sans conditions préalables
On en tire également une directive claire.
Avant toute chose, il faut savoir que l’on doit s’unir à chaque Juif, y compris aux gens simples. Car pour accomplir la Mitsva de prendre les quatre espèces, les quatre sont indispensables. De même qu’on ne peut s’acquitter de la Mitsva sans Etrog, sans Loulav ou sans Hadass, on ne peut l’accomplir sans les saules, les gens simples.
Bien plus : c’est justement parce que les gens simples sont attachés à la simplicité de l’Essence divine (28) que c’est précisément en se liant à eux qu’on parvient à se lier à la simplicité de l’Essence.
Un autre enseignement s’ajoute : il existe une différence essentielle entre la manière de se lier aux trois premières catégories d’Israël et le lien que l’on noue avec un homme simple.
Les Juifs capables d’atteindre des qualités manifestes, la Torah et les bonnes actions, doivent être effectivement, concrètement, des hommes de Torah et de bonnes actions. Un tel Juif ne peut se contenter d’être issu d’une famille d’érudits, d’être inscrit dans une Yechiva ou d’avoir étudié la Torah par le passé. Il faut qu’il possède maintenant le « goût », l’étude effective de la Torah ; et il en va de même pour les bonnes actions.
Mais lorsqu’il s’agit de rapprocher un Juif simple, il ne faut lui poser aucune « condition » : ni qu’il doive d’abord étudier la Torah et accomplir de bonnes actions, ni même qu’il doive au préalable « se sentir » juif (29).
Du seul fait qu’il est de la descendance d’Israël, il faut avant tout s’unir à lui, par Ahavat Israël, parce qu’il est Juif. Bien au contraire : s’il ne ressent pas son identité, il mérite d’autant plus de compassion, et une grande compassion conduit à un grand amour (30).
Cette voie, celle qui consiste à « aimer les créatures », conduit à les « rapprocher de la Torah » (31) : finalement, celui qui la suit rapprochera et élèvera les créatures vers la Torah, jusqu’à ce qu’elles atteignent le degré de celui « qui a du goût et du parfum ».
Il faut associer celui qui n’a pas de bonnes actions
Cette explication s’accorde avec l’opinion citée plus haut au premier paragraphe, selon laquelle « branches de palmier » est une condition indispensable à la Mitsva du Loulav, autrement dit que le Loulav doit provenir d’un « palmier qui produit des dattes ».
Il existe toutefois des opinions (32) selon lesquelles « branches de palmier » désigne, lui aussi, le nom de l’espèce en général, comme « saules de rivière », de sorte qu’un palmier qui ne produit pas de fruits est lui aussi valable pour le Loulav.
Selon ces opinions, voici comment expliquer la différence entre les signes de la Torah pour l’Etrog et le Hadass, d’une part, et ceux du Loulav et des saules, d’autre part.
La prise des quatre espèces compte parmi les plus élevées des Mitsvot pratiques, car elle doit conduire à une unité parfaite entre toutes les catégories d’Israël, semblable à l’unité des quatre lettres du Nom propre de D.ieu, le Nom Havaya (33).
Or, on nous dit ici que le détail indispensable, sans lequel la Mitsva pratique ne peut exister, c’est qu’il faut s’unir également à ceux « qui n’ont pas de bonnes actions » (34).
Et non seulement l’accomplissement de la Mitsva leur procure une élévation, une unité et d’autres bienfaits, selon l’expression du Midrach dans notre sujet : « les uns expient pour les autres ».
Bien plus : il semblerait que leur présence au sein de la Mitsva pratique puisse même la compromettre, comme il est dit (35) au sujet de la vache rousse, qui n’est pas préparée par Aharon, car « l’accusateur ne peut devenir défenseur ».
Force est donc de dire que ces deux espèces, le Loulav et le saule (36), constituent la réalité même de la Mitsva par leur essence (37), en tant qu’enfants d’Avraham, Its’hak et Yaakov, dont la force surpasse celle des actions, lorsqu’elle se révèle (38) par le fait qu’on les prend ensemble avec l’Etrog et le Hadass.
On peut citer un exemple comparable au Loulav, où il faut malgré tout que la Torah soit présente : la Terouma est donnée au Kohen parce qu’il est un descendant d’Aharon ; néanmoins, il faut qu’il possède aussi la qualité de la Torah, et celui qui donne (39) la Terouma à un Kohen ignorant, un Am Haarets, c’est comme s’il la donnait, et ainsi de suite.
Qu’ils forment tous un seul faisceau
Cette explication nous apprend un point supplémentaire : l’inclusion du Loulav constitue une nouveauté plus grande encore que celle des saules.
Chez « celui qui possède la Torah », s’il n’a pas de bonnes actions, ce manque est plus grave que chez l’ignorant. L’ignorant ne sait rien, tandis que ce Talmid ‘Hakham possède « l’étude », et pourtant celle ci ne le « conduit pas à l’action ». Comme l’ont dit nos Sages (40) : pour les érudits, « les fautes involontaires sont considérées comme délibérées ».
On en tire une directive supplémentaire : l’obligation de s’unir à chaque Juif, « qu’ils soient tous liés en un seul faisceau », ne concerne pas uniquement ceux pour qui c’est, sur le plan spirituel, une véritable question de vie ou de mort, comme les ignorants, les enfants captifs parmi les nations et leurs semblables, des Juifs qui n’ont jamais goûté la saveur du judaïsme. Elle vaut aussi envers celui qui sait, mais qui pourtant n’accomplit pas : il faut s’unir à lui, « qu’ils soient tous liés en un seul faisceau », et plus encore, il est indispensable de l’associer pour que la Mitsva puisse exister.
Ainsi, lorsque toutes les catégories de Juifs s’unissent, alors, comme le conclut le Midrach, « les uns expient pour les autres », y compris au sens du mot Kapara : Lekhaper, faire en sorte qu’il y ait devant D.ieu une satisfaction pour son Créateur, un Na’hat Roua’h (41).
Cela va jusqu’à provoquer, pour ainsi dire, une élévation en haut : « Hakadoch Baroukh Hou a dit : … Je suis élevé » (42).
Et c’est cela qui amène la Délivrance véritable et complète, car Israël ne sera délivré que lorsqu’ils formeront tous un seul faisceau (43).
Si’ha de Sim’hat Beth Hachoéva 5712 (1952)
Notes et sources
(1) C’est ainsi que ce terme est employé en de nombreux endroits. La chose demande examen, car apparemment il aurait fallu parler de « choses » (comme pour Pessa’h (1*), trois choses), puisque l’on ne prend pas l’espèce entière, mais un seul élément de l’espèce. Et bien que l’on prenne sept éléments, à Pessa’h aussi on prend trois Matsot, et ainsi de suite.
(1*) À rapprocher de Vayikra Rabba 30, 15 : « Trois sont Pessa’h, Matsa et Maror ; et quatre que je ne connais pas, ce sont les quatre espèces du Loulav. »
(2) Vayikra 23, 40.
(2*) Voir le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazakène, Ora’h ‘Haïm, chapitre 648, paragraphe 29 : de l’expression « fruit de l’arbre », on apprend qu’il doit s’agir, de manière indispensable, d’un « fruit arrivé à maturité ».
(3) Soucca 31a. On en déduit la règle pour les autres espèces (Choul’han Aroukh de l’Admour Hazakène, Ora’h ‘Haïm, chapitre 645, paragraphe 2).
(4) Soucca 34b.
(5) Soucca 31a.
(6) Formulation de l’Admour Hazakène, ibid., paragraphe 3.
(7) Tsafnat Paanea’h sur le Rambam, lois du Loulav, chapitre 7, loi 1. Pour les différentes opinions à ce sujet, et une longue discussion, voir le livre Haloulav Hakanari (Jérusalem, 5738 (1978)) et les sources qui y sont citées. Voir aussi plus loin dans le texte, paragraphe 5 et suivants.
Et même si l’on admet que Temarim est le nom de l’arbre, et non celui des fruits (voir les sources citées dans le livre susmentionné, première partie, chapitre 6), et qu’il ne serait donc pas nécessaire qu’il s’agisse d’un palmier produisant des dattes, il s’agit tout de même d’une condition portant sur le Loulav effectivement pris : il doit provenir de l’arbre appelé palmier. Il en va autrement des « saules de rivière », pour lesquels le signe de la « rivière » n’est pas requis.
(8) Mena’hot 27a.
(9) Soucca 32b.
(10) Bien au contraire : c’est pourquoi le Hadass est invalide lorsque ses baies noires ou rouges sont plus nombreuses que ses feuilles, car il s’agit alors d’un fruit achevé (Tsafnat Paanea’h, ibid.).
(11) Soucca 32b, fin, et Rachi, ibid.
(12) Soucca 33b, dans la Michna.
(13) Voir le Rambam, lois du Loulav, chapitre 7, loi 3 ; le Roch sur Soucca, chapitre 3, paragraphe 13 ; le Tour et le Choul’han Aroukh (ainsi que celui de l’Admour Hazakène), Ora’h ‘Haïm, chapitre 647, paragraphe 1.
(14) Voir aussi les ‘Hidouchim du ‘Hatam Sofer sur Soucca 34b. Il y écrit que, de même que « saules de rivière » n’est que le nom de l’espèce, « branches de palmier » n’est lui aussi que le nom de l’espèce, si bien qu’un palmier qui ne produira jamais de dattes est valable. Voir aussi les sources citées plus haut, note 7.
(15) Soucca, ibid. Il en est de même dans le Torat Cohanim sur notre Paracha, à propos de ce verset.
(16) Rachi sur Soucca, ibid., et ailleurs. Chez Rabbénou Manoa’h sur le Rambam, ibid. (imprimé dans l’édition Frankel du Rambam), on l’apprend de ce qu’il est écrit « saules de rivière » et non « saules d’eau ». Dans le commentaire du Maharzou sur Vayikra Rabba (30, 8), on l’apprend de la lettre Vav du mot Vearvé. Ce n’est pas ici le lieu de développer.
(17) Lois du Loulav, ibid.
(18) Voir le Roch, ibid. ; le Kessef Michné sur les lois du Loulav, ibid. ; le Beth Yossef et le Ba’h sur le Tour, Ora’h ‘Haïm, ibid. ; les Tossefot Yom Tov sur Soucca, chapitre 3, Michna 3 ; et ailleurs.
(19) Ora’h ‘Haïm, ibid. Il en est de même dans le Choul’han Aroukh de l’Admour Hazakène, ibid.
(20) Cités à la note 18.
(21) Soucca 34b (Rambam, ibid., loi 7). Voir aussi les Tossafot, passage commençant par Verabanan, Soucca 34a.
(22) Voir Likouté Si’hot (version traduite), tome 19, page 226, et les sources qui y sont citées.
(23) Rachi sur Béréchit 1, 1.
(24) Vayikra Rabba 30, 12. À rapprocher de Mena’hot, ibid., qui les répartit en deux catégories ; ce n’est pas ici le lieu de développer.
(25) Séfer Hasi’hot Torat Chalom, page 190. Quant à l’exemple du « voleur », placé précisément en ouverture, bien qu’il ne s’agisse pas d’un « langage pur » et que cela aille à l’encontre de la bienséance, on peut dire qu’il vient écarter l’idée qu’un homme puisse être désigné d’après ses bonnes intentions, ses talents, et ainsi de suite.
(26) Chaar Hayi’houd Vehaémouna, fin du chapitre 1.
(27) Malakhi 3, 4. Voir Or Hatorah, Pin’has, page 1107 et suivantes, et les sources qui y sont citées.
(28) Likouté Dibourim, tome 3, page 491b ; tome 4, page 578b. À rapprocher de Likouté Torah, Chir Hachirim (27d), sur la qualité des branches de saule. Voir aussi Likouté Si’hot, tome 29, page 223 et suivantes.
(29) À rapprocher du Taz, Ora’h ‘Haïm, ibid., alinéa 2 : « il est préférable de montrer une nouveauté et de prendre même un saule qui ne provient pas d’une rivière ». On peut dire qu’il en est ainsi dans la dimension intérieure des choses : il faut « montrer une nouveauté » et mettre un soin particulier à rapprocher ceux chez qui il n’est pas apparent qu’ils sont des « saules de rivière », descendants d’Avraham, Its’hak et Yaakov.
(30) Voir le Tanya, fin du chapitre 45.
(31) Pirké Avot, chapitre 1, Michna 12.
(32) Le ‘Hatam Sofer cité plus haut, note 14, et d’autres encore (voir note 7).
(33) Zohar, tome 1, fin de la page 63b (et Nitsoutsé Orot, ibid.) ; Peri Ets ‘Haïm, Chaar Haloulav, au début ; et ailleurs.
(34) Et même dans sa Torah, celle du « Loulav », il manque ce qui en fait la « grandeur », à savoir qu’elle conduit à l’action (voir Kiddouchin 40b et les sources citées ; voir aussi les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazakène, chapitre 4, paragraphes 2 et 3).
(35) Commentaire de Rachi au début de la Paracha‘Houkat, d’après Rabbi Moché Hadarchan.
(36) Ce qui n’est pas le cas de l’Etrog et du Hadass, qui possèdent tous deux des bonnes actions. La nouveauté de l’Etrog par rapport au Hadass à cet égard, raison pour laquelle il est compté à part, tient au fait que l’étude de la Torah qui conduit à l’action ajoute à la perfection de l’action.
(37) C’est pourquoi, selon cette opinion, le Loulav n’a pas besoin de provenir d’un « palmier qui produit des dattes ».
Selon l’explication donnée plus haut (paragraphes 3 et 4), on peut dire que l’inclusion du Loulav tient au fait que l’étude de la Torah comporte une action minime, le mouvement des lèvres ; c’est pourquoi il doit provenir d’un « palmier qui produit des dattes », image de l’étude effective de la Torah (37*).
(37*) Il en va autrement selon l’explication donnée ici dans le texte : si la Torah, le Loulav, est requise, c’est parce que la Torah ajoute à la révélation de l’Essence, comme dans l’exemple, cité plus loin, du don de la Terouma précisément à un Kohen érudit.
(38) On comprend ainsi pourquoi la condition de Kappot, des feuilles aptes à être liées, est indispensable pour le Loulav.
(39) Sanhédrin 90b.
(40) Baba Metsia, fin du chapitre 2.
(41) Iggueret Hatechouva, chapitre 2.
(42) Vayikra Rabba cité à la note 24. Voir aussi le Zohar, fin de la ParachaTétsé : « Je monterai sur le palmier : signe de l’Etrog, du saule, du Loulav et du Hadass ». Notons que le « palmier » désigne le Loulav (voir Nitsoutsé Orot, ibid.), de même que la bénédiction sur les quatre espèces est formulée « sur la prise du Loulav ».
Le 2 Iyar marque l’anniversaire de la naissance du Rabbi Maharach, et le 13 Tichri son Histalkout, dont la célèbre devise « Le’hat’hila Ariber » a traversé les générations jusqu’à devenir un leitmotiv des Si’hot du Rabbi. Succession inattendue du Tséma’h Tsédek, combat audacieux pour les Juifs de la Russie tsariste, Maamarim d’une profondeur insoupçonnée : sa Nessiout fut marquée par une grandeur discrète et un sourire que la souffrance n’a jamais effacé. Récits, lettres et souvenirs de témoins dessinent le portrait d’un Rabbi qui refusait de contourner les obstacles et préférait, dès le départ, s’élever au-dessus d’eux.
Dans les Si’hot du Rabbi, un refrain revient avec une grande fréquence : la nécessité d’accomplir son Avoda selon la voie du « Le’hat’hila Ariber ». Cette expression, expliquait souvent le Rabbi, remonte au Rabbi Maharach, qui incarna pleinement ce Seder Avoda.
Le Rabbi évoquait souvent Admour Maharach et demandait fréquemment que l’on chante son Nigoun. Il fit d’ailleurs imprimer personnellement sa biographie, le Sefer Hatoldot Admour Maharach, le seul des Rabbis pour lequel il agit ainsi.
Bien qu’il ne nous appartienne pas de comparer ni de juger la conduite d’un Rabbi, les ‘Hassidim ont souvent relevé les nombreuses ressemblances entre le style du Rabbi et celui du Rabbi Maharach.
En l’honneur du 2 Iyar, jour de « Tiferet Chébetiferet » et anniversaire de la naissance du Rabbi Maharach, nous vous proposons ce tour d’horizon de sa Nessiout.
Une ère nouvelle
« D.ieu a désiré les âmes des Tsadikim : mon père, le Rabbi, le mercredi soir 13 Nissan 5626 (1866), l’Arone Kodech, la lumière du peuple juif, a été emmené en captivité. Que ceux qui demeurent dans la poussière se réveillent et chantent, lui parmi eux, et qu’il nous fasse partager les merveilles de la Torah de D.ieu… »
C’est en ces termes que le Maharach inscrivit la nouvelle de la Histalkout du Tséma’h Tsédek dans le Pinkas de la ‘Hevra Kadicha de Loubavitch. Après près de quarante ans, le soleil s’était couché sur la Nessiout du Tséma’h Tsédek. Le Maharach, son plus jeune fils, fut choisi pour lui succéder.
Ce choix n’allait pas de soi. Le Maharach était jeune, il n’avait pas encore trente deux ans. Il s’était toujours tenu en retrait, tandis que ses cinq frères aînés étaient chacun connus et profondément estimés des ‘Hassidim. L’un était réputé pour sa vaste connaissance du Nigle, un autre pour sa compréhension profonde de la ‘Hassidout, un autre encore pour sa prière ardente et inspirante. D’ailleurs, dans les années qui suivirent le décès du Tséma’h Tsédek, les frères s’installèrent dans d’autres villes, où ils dirigèrent leurs propres communautés de ‘Hassidim.
Le Maharach, en revanche, ne cherchait aucunement à se mettre en avant dans le domaine spirituel. Dans sa jeunesse, il ne faisait pas étalage de ses connaissances en Nigle ou en ‘Hassidout, et même lorsqu’il devint Rabbi et commença à enseigner la ‘Hassidout, il n’abordait que rarement le Nigle. Sa prière paraissait simple aux yeux de tous, dépourvue de toute manifestation extérieure d’exaltation.
Lors d’une discussion qui eut lieu après le décès du Tséma’h Tsédek, le Maharach exposa son point de vue sur une question selon la Hala’ha. Son frère, Reb Israël Noa’h, célèbre pour son génie en Nigle, en fut stupéfait.
« D’où tiens-tu cela ? Tu es si jeune ! » s’exclama-t-il.
« Toi, tu es âgé de tes propres années, répondit le Maharach. Mais moi, je suis âgé des années de mon père. »
Enfant, le Maharach avait la réputation d’être quelque peu espiègle. Même adulte, écrit le Rabbi dans Rechimat Hayoman, il ne se comportait pas comme ses frères. Les fils aînés du Tséma’h Tsédek recevaient les visiteurs venus à Loubavitch et répétaient en public la ‘Hassidout de leur père, alors que le Maharach n’enseignait pas la ‘Hassidout publiquement et passait pour un homme au tempérament joyeux, un Freilekher.
Toutefois, au cours des dernières années de sa vie, le Tséma’h Tsédek avait demandé à tous ses fils de prononcer des Maamarim, et le Maharach avait commencé à le faire. Peu à peu, les ‘Hassidim apprirent à connaître « le plus jeune fils du Rabbi ». Et avant son départ, le Tséma’h Tsédek écrivit aux ‘Hassidim une note disant : « Vous devrez l’écouter [il s’agissait du Maharach] comme vous m’avez écouté. »
Après la Histalkout, diverses discussions et divergences opposèrent les fils du Tséma’h Tsédek. Elles furent portées devant un Beth Din composé de trois ‘Hassidim hautement respectés. Au terme de ces débats, le Rabbi Maharach fut désigné comme Memalé Makom de son père, pour siéger à sa place dans la ville de Loubavitch.
À cette époque, les nouvelles circulaient lentement. Le 8 Av, un ‘Hassid de la ville de Pleshtchenitz écrivit ces lignes à son ami, Reb Avraham ‘Haïm Rosenbaum :
« Nous n’avons pas appris grand chose, mais la semaine dernière nous avons reçu une lettre de Reb Méir Amstzizer… Il écrit qu’il a rencontré Reb Yossef Krementchouker qui arrivait de Loubavitch et qui lui a montré des Tsetlakh du Rabbi… D’après ces notes, il apparaît très clairement que c’est le Maharach qui doit être le Rabbi.
Reb Yossef a raconté qu’un homme était venu trouver le Rabbi Maharach pour se plaindre d’être dans le dénuement le plus total. Le Rabbi Maharach attribua son problème à une faille dans son Avodat Hachem, en s’appuyant sur un certain Passouk, et finalement l’homme reconnut cette faille.
Après avoir reçu sa lettre, nous nous sommes sentis encouragés et pleins d’enthousiasme. Nous avons dit Le’haïm ; que D.ieu nous accorde le mérite de suivre le bon chemin.
La plus grande partie de l’Olam suit le Rabbi Maharach. On raconte des choses extraordinaires… »
Un lien étroit
Enfant, le Maharach passait beaucoup de temps auprès de son père, le Tséma’h Tsédek. Outre ses études régulières au ‘Héder et auprès de précepteurs, le Tséma’h Tsédek lui enseignait personnellement diverses matières, comme les Ketouvim et le Tanya. Lorsqu’il grandit, ils étudièrent ensemble la Kabbala et la ‘Hakira pendant de longues heures.
À l’âge de sept ou huit ans, il maîtrisait déjà l’ensemble du ‘Houmach et une grande partie du Na’h, et étudiait régulièrement la Guemara avec les Tossefot. Il commença à écouter la ‘Hassidout de son père et se mit bientôt à rédiger ses propres Hana’hot.
Il eut aussi la chance d’avoir des frères aînés talentueux : lorsqu’il avait dix ans, son frère Reb Israël Noa’h étudiait le Nigle avec lui, et son frère Reb Barou’h Chalom lui enseigna la manière dont Admour Hazakène faisait la lecture de la Torah.
Il se maria une première fois très jeune, à seulement quatorze ans, avec Sterna, la fille de son frère Reb ‘Haïm Chnéour Zalman. Mais elle tomba malade et décéda trois mois à peine après le mariage. Pour consoler le Maharach, le Tséma’h Tsédek lui attribua une chambre attenante à la sienne, lui permettant d’y entrer à tout moment. Durant les années qui suivirent, il passa encore davantage de temps auprès du Tséma’h Tsédek. Son second mariage, avec la Rabbanit Rivka (petite fille d’Admour Haemtsaï), eut lieu en 5609 (1849) ou 5610 (1850), environ trois ans plus tard.
Il passait également du temps avec les ‘Hassidim âgés. « Déjà enfant, racontait-il à son fils, le Rabbi Rachab, j’avais trouvé grâce aux yeux des anciens ‘Hassidim, et ils me confiaient leurs histoires. »
L’un de ces anciens, Reb Its’hak Eizik de Vitebsk, avait fait partie des tout premiers ‘Hassidim d’Admour Hazakène. Il accordait une attention particulière au Maharach et lui fit partager ses nombreux souvenirs des Rabbis précédents. Plus tard, ce même ‘Hassid conféra au Maharach la Semi’ha.
Le sourire d’un Rabbi
Tout au long de sa vie, le Rabbi Maharach souffrit d’une maladie douloureuse et invalidante. Pourtant, malgré ses souffrances, il affichait toujours une mine sereine et ne laissait jamais paraître ses difficultés.
« Je n’ai jamais rencontré personne qui ait souffert autant que mon père, confia un jour Admour Rachab, et pourtant il avait toujours le sourire aux lèvres. » Un sourire magnifique, précisait Admour Rachab, empreint d’une dimension divine ; un sourire que seul un Rabbi peut avoir.
Plusieurs objets remarquables nous sont parvenus du Rabbi Maharach, notamment une Méguila magnifiquement calligraphiée et une table ronde qui se trouve dans le bureau du Rabbi. Les médecins lui avaient prescrit une activité physique, et c’est pour cette raison qu’il confectionna ces objets. À Loubavitch se trouvait également un grand candélabre, œuvre de ses mains. On l’installait chaque année pour le Seder des Ba’hourim, mais il s’est perdu au fil des ans.
Le Rabbi Maharach était d’une ponctualité extrême. Chaque journée suivait un programme précis, et il lui arrivait souvent d’avoir terminé Cha’harit dès huit heures du matin.
Il se rendait deux fois par jour dans les champs. Pendant ces sorties, des ‘Hassidim se glissaient dans sa chambre pour recopier des manuscrits de ‘Hassidout, en postant un guetteur à la porte pour les avertir de son retour. Parmi eux se trouvait même sa propre épouse, la Rabbanit Rivka. Le Rabbi fit un jour remarquer que le Rabbi Maharach savait certainement que l’on recopiait ses Ketavim, mais qu’au lieu de le permettre ouvertement, il préférait que cela se fasse en secret. « Car certaines choses doivent être entreprises par la ruse, comme les Bera’hot d’Essav obtenues par Yaakov… »
Une conduite singulière
Le président Zalman Chazar envoya un jour un ensemble de manuscrits des Rabbis à une graphologue afin qu’elle en analyse l’écriture. Lorsque le Rabbi prit connaissance de ses conclusions au sujet du Rabbi Maharach, il adressa ses commentaires à M. Chazar, en indiquant sur quels points la graphologue avait vu juste et sur quels points elle s’était trompée :
« J’ai été impressionné de constater qu’elle a vu juste sur plusieurs points, en particulier lorsqu’elle écrit que l’auteur a manifestement souffert au cours de sa vie, tant physiquement que spirituellement, et que ces épreuves l’ont fortifié. Nous savons par la tradition familiale qu’il souffrit terriblement dès son jeune âge, mais qu’on le voyait néanmoins toujours le sourire aux lèvres, accueillant chacun avec bienveillance. »
Le Rabbi poursuit en s’étonnant qu’un trait des plus caractéristiques du Rabbi Maharach n’ait pas été mentionné :
« Dès le tout début de sa direction, le style de ses relations [avec les ‘Hassidim] fut clairement établi : lorsqu’on lui demandait son avis, il répondait en quelques mots brefs. Cela contrastait avec les Rabbis qui l’ont précédé et suivi, qui expliquaient souvent leurs directives ; à côté de leur stature royale, il y avait aussi chez eux des éléments de proximité [avec leurs ‘Hassidim]. »
Le Rabbi écrit une remarque similaire dans Rechimat Hayoman :
« En tant que Rabbi, il se conduisait avec élévation et distance, même envers les ‘Hassidim âgés, et même envers ses fils. Le Tséma’h Tsédek avait l’habitude de consulter ses fils ainsi que sa fille Dvorah Léa, mais le Rabbi Maharach ne le faisait pas.
Il y avait cependant des occasions où il s’entretenait longuement avec des personnes en Ye’hidout. Il lui arrivait aussi de sortir dans la cour pour converser avec les habitants de la ville. »
Une autre caractéristique unique de la direction du Rabbi Maharach était le lien profond que les ‘Hassidim ressentaient envers lui. Tous ses ‘Hassidim lui étaient ardemment dévoués. Quel que soit leur rang, ils éprouvaient un puissant sentiment de Hitkachrout, contrairement aux ‘Hassidim de ses frères et même à ceux de son père, le Tséma’h Tsédek. Ses ‘Hassidim chérissaient chacune de ses paroles ; chaque ‘Hassid, érudit ou non, était capable de répéter des passages d’un Maamar entendu lors de sa visite à Loubavitch.
Certains ‘Hassidim étaient de grands Baalei Avoda et Baalei Haskala, tandis que d’autres étaient de simples Baalei Batim ou des villageois (le Rabbi Maharach appelait certains d’entre eux « mes Baalei Ahava et Yira »). Pourtant, la ‘Hassidout qu’il enseignait parlait toujours à tous. Les plus simples en saisissaient le message essentiel, tandis que les ‘Hassidim érudits en percevaient la profondeur insondable, que même eux avaient souvent du mal à comprendre.
Lorsque le Rabbi précédent avait douze ans, il vit Reb Zalman Zlatopolsky et Reb Yehouda Leib Hoffman débattre du sens d’un Maamar qu’Admour Maharach avait prononcé quinze ans plus tôt. « Ils en parlaient avec une telle ferveur, raconta le Rabbi précédent, qu’on aurait dit qu’ils venaient tout juste d’entendre le Maamar. »
Les chiffres
Le Rabbi Maharach aimait les chiffres et les calculs. Reb Abba Person lui demanda un jour combien de fois on se frappe la poitrine pendant le Al ‘Het de Yom Kippour. De sa réponse, on comprit qu’il faut aussi se frapper la poitrine aux mots « Sela’h lanou, me’hal lanou… ». (Rechimat Hayoman p. 206 ; Sefer Hasi’hot 5705 (1945) p. 9.)
Récits d’enfance racontés par le Rabbi
Dans Rechimat Hayoman, le Rabbi rapporte les deux récits suivants sur l’enfance du Rabbi Maharach.
Le Rabbi Maharach naquit le 2 Iyar 5593 (1833), jour correspondant à la Sefira de Tiferet Chébetiferet.
Lorsqu’il avait sept ans, le Tséma’h Tsédek l’interrogea un jour sur ses études, et il répondit remarquablement. Impressionné, son maître dit au Tséma’h Tsédek : « Ah, qu’en dites-vous ? Il s’en sort très bien ! »
Le Tséma’h Tsédek répondit : « Pourquoi vous étonnez-vous que Tiferet Chébetiferet s’en sorte bien ? »
À dix ans, il étudiait au sein d’un groupe de quatre enfants : le Maharach, son neveu Reb Chlomo Zalman de Kopoust, fils du Maharil, et deux autres petits enfants du Tséma’h Tsédek.
Un jour, le Tséma’h Tsédek vint les interroger, et le Maharach posa une question. Ses camarades y répondirent, mais il réfuta leur réponse. Le Tséma’h Tsédek répondit à son tour, mais le Maharach souleva une objection sur sa réponse.
Le Tséma’h Tsédek dit alors : « Quand tu seras plus grand… »
« Quand je serai plus grand, je poserai de meilleures questions », répliqua le Maharach.
Le Tséma’h Tsédek fit alors remarquer : « Ce n’est pas pour rien que sa Brit a eu lieu le jour de Tiferet Chébenetsa’h. » (Rechimat Hayoman p. 283.)
Faire front avec les capitalistes
La Nessiout du Rabbi Maharach coïncida avec l’une des périodes les plus difficiles pour les Juifs de la Russie tsariste. Le gouvernement ne cessait de promulguer de nouveaux décrets destinés à entraver les déplacements des Juifs et à rendre la vie des communautés juives toujours plus pénible. Dans les années qui précédèrent le décès du Rabbi Maharach, une vague de pogroms soutenus par l’État déferla sur la Russie, semant une terrible dévastation. De fait, au cours des décennies suivantes, des centaines de milliers de Juifs fuirent l’Europe de l’Est pour s’établir aux États-Unis et ailleurs.
Toute sa vie, le Rabbi Maharach œuvra sans relâche pour soulager les souffrances du peuple juif. Son engagement communautaire avait commencé bien avant sa Nessiout. Lorsque le Tséma’h Tsédek décida de ne plus participer aux conférences rabbiniques convoquées par le gouvernement, il y envoya à sa place le Rabbi Maharach, alors âgé d’une vingtaine d’années à peine.
Il se rendait fréquemment à Saint-Pétersbourg pour rencontrer des responsables gouvernementaux. Il voyageait également à l’étranger, en Italie, en Allemagne et en France, pour y rencontrer de riches banquiers juifs. Il mit au point une tactique ingénieuse : il demandait à ces Juifs de refuser tout prêt au tsar tant que celui-ci n’aurait pas amélioré la condition des Juifs.
De telles démarches étaient dangereuses, et ses voyages étaient toujours présentés comme des visites chez des médecins ou des séjours dans des villes thermales. D’ailleurs, lorsque le gouvernement russe eut vent de sa stratégie, il entra dans une colère noire. Lors d’un entretien avec le ministre de l’Intérieur, la tension atteignit son comble lorsque le Rabbi Maharach l’informa calmement que les banquiers juifs avaient écrit à Loubavitch pour demander s’ils devaient accorder des prêts aux Russes.
« Et qu’avez-vous répondu ? » demanda le ministre.
« Je n’ai pas encore répondu, dit le Rabbi Maharach. J’attends la réponse du gouvernement… »
Le ministre s’emporta : « Rabbi de Loubavitch ! Seriez-vous en train de menacer le gouvernement russe ? »
« Vous n’êtes pas obligé d’y voir une menace, mais vous ne devriez pas prendre l’affaire à la légère. De nombreux capitalistes non juifs se joindront à eux, car la barbarie qui règne dans ce pays est une offense à l’humanité tout entière. »
Le ministre orienta alors la conversation vers la plus grande crainte du gouvernement, et donc vers l’accusation la plus grave qui soit :
« Le Rabbi de Loubavitch compte-t-il fomenter une révolution avec ces capitalistes ? »
Le Rabbi Maharach ne tomba pas dans le piège.
« C’est le gouvernement lui-même qui attirera sur lui cette révolution, par sa terrible négligence envers le pays… »
« Le’hat’hila Ariber », au-delà de toute mesure
Dans notre génération, l’un des traits les plus célèbres du Rabbi Maharach est sa fameuse maxime : « Le’hat’hila Ariber ».
« Di velt zogt az men ken nit arunter, geit men ariber, un ikh zog az le’hat’hila ariber : les gens disent que si l’on ne peut pas passer par-dessous, on passe par-dessus. Et moi je dis : d’emblée, passe par-dessus !».
Le Rabbi reprit cette idée à d’innombrables reprises tout au long de sa Nessiout, en tirant de nombreux enseignements pour la vie quotidienne d’un ‘Hassid. Lors d’un Farbrenguen, le Rabbi souligna combien ce thème, celui d’une conduite qui dépasse toute Medida et toute Hagbala, transparaissait dans de nombreux aspects de la Nessiout du Rabbi Maharach.
« Cela apparaît dans sa ‘Hassidout, expliqua le Rabbi. Chaque Maamar est un condensé de nombreux Maamarim et renferme une multitude d’idées. Pourtant, ils sont rédigés de manière concise ; Le Rabbi Rachab écrit souvent de longs développements pour expliquer une seule ligne des Maamarim de son père.
Cela apparaît aussi dans sa conduite : le Rabbi précédent disait volontiers que le Rabbi Maharach avait de nombreux récits dignes du Baal Chem Tov, des histoires Baal Chemske. Il existe aussi de nombreux récits de Baalei Techouva qu’il ramena vers le judaïsme.
Et il en allait de même dans sa vie personnelle : sa maison et son mobilier étaient d’une grande beauté. C’était déjà le cas du vivant du Tséma’h Tsédek et avec son soutien, alors même que le Tséma’h Tsédek vivait lui-même très simplement. »
Le récit choisi par le Rabbi pour le Maamar « Bati Legani »
Dans son premier Maamar, Bati Legani, le Rabbi rapporta des récits illustrant l’Ahavat Israël des Rabbis. Pour le Rabbi Maharach, le Rabbi raconta ce qui suit :
« Le Rabbi [précédent] a raconté à plusieurs reprises une histoire du Rabbi Maharach.
Le Rabbi Maharach séjournait dans une station thermale. Il fit spécialement le voyage jusqu’à Paris, où il resta un temps considérable, afin de rencontrer dans un hôtel un jeune homme qui ne se doutait de rien. Il s’approcha de lui et lui dit : « Jeune homme, le Yayin Nessekh souille la Nechama. Ce jeune homme était en train de jouer aux cartes.
Le Rabbi Maharach regagna sa chambre, et le jeune homme ne trouva pas le repos tant qu’il ne fut pas allé le voir. Par la suite, il fonda une famille craignant D.ieu et fidèle à la Torah.
Chacun sait combien le temps était précieux aux yeux du Rabbi Maharach. La récitation de ses Maamarim était brève ; le Rabbi [précédent] racontait qu’il lui arrivait d’avoir terminé sa prière dès huit heures du matin.
Et pourtant, il se rendit dans une ville lointaine pour le bien d’un seul jeune Juif qui ne savait rien du Judaïsme et qui n’avait apparemment aucun lien avec le Rabbi Maharach. »
Le Rabbi Maharach prononçait un Maamar chaque semaine, soit vendredi avant Kabbalat Chabbat, soit le Chabbat matin, et il mettait également ses paroles par écrit.
Au cours des premières années de la Nessiout du Rabbi, celui-ci souhaita que la ‘Hassidout du Rabbi Maharach soit publiée le plus rapidement possible. Des Sefarim furent donc édités sous forme de fac-similés de l’écriture de Reb Chemouel, le copiste de Loubavitch. Au fil des années, ces Sefarim furent retranscrits et réédités, et il existe aujourd’hui une importante collection de ses Maamarim, que le Rabbi intitula Likoutei Torah Torat Chemouel.
Pour nous donner un aperçu des Maamarim du Rabbi Maharach, nous nous sommes adressés au Rav Yossef Its’hak Gourarie, Machpia de la Yechiva Loubavitch de Détroit :
« Comme pour chaque Rabbi, explique le Rav Gourarie, les Maamarim du Rabbi Maharach possèdent un style qui leur est propre. D’un côté, ses Maamarim sont relativement courts et assez simples. Il cite de nombreux Maamarei ‘Hazal et Midrachim et les explique selon la ‘Hassidout, sans se lancer aussi souvent dans de longs développements comme le font le Rabbi Rachab et l’Admour Haemtsaï.
À première vue, disaient les ‘Hassidim, il semblait « parler à son public ». La majorité de ses ‘Hassidim étaient des gens simples, et le Rabbi Maharach veillait à ce que sa ‘Hassidout transmette toujours un message clair qu’ils pouvaient comprendre.
D’un autre côté, un examen plus attentif des Maamarim révèle de nombreux ‘Hidouchim étonnants en ‘Hassidout. Le Rabbi Rachab dit un jour qu’il devait préparer un Hemchekh pour le Roch Hachana suivant, et il le fonda entièrement sur quelques lignes d’un Maamar de son père.
Ces ‘Hidouchim profonds ne sont pas présentés comme tels, ni expliqués longuement. Dans un style tout à fait « Le’hat’hila Ariber« , le Rabbi Maharach semble « déposer » une pensée de ‘Hassidout devant celui qui étudie, en le laissant la comprendre par lui-même.
En 5640 (1880), Reb Chlomo Zalman de Kopoust et le Rabbi Maharach eurent une célèbre controverse pour savoir si les Otiyot HaRechimou étaient affectées par le Tsimtsoum [l’ensemble de la controverse dépasse le cadre de cet article]. Le Rabbi Maharach soutenait qu’elles n’étaient pas affectées. Mais ce qui est intéressant à relever, c’est que le seul écrit du Rabbi Maharach concernant toute cette longue controverse se trouve dans un bref passage d’un Maamar, Matsa Zou, prononcé cette année-là. C’est le Rabbi Rachab qui, par la suite, en traita et l’expliqua très en détail.
Le Rabbi releva un jour un fait intéressant au sujet des Hemche’him du Rabbi Maharach : les autres Rabbis commençaient généralement leurs Hemche’him à Roch Hachana, alors que le Rabbi Maharach commence souvent les siens à Pessa’h.
La clé pour comprendre ce point réside dans l’Avoda propre à Tichri et celle propre à Nissan. En Tichri, l’homme s’efforce par sa propre Avoda, tandis qu’à Pessa’h, nous recevons des révélations d’en haut. Les Hemche’him du Rabbi Maharach commencent à Pessa’h pour une raison très simple, expliqua le Rabbi : parce qu’il incarnait le « Le’hat’hila Ariber« . »
Le Nigoun du Le’hat’hila Ariber
Le Nigoun du Rabbi Maharach, que le Rabbi chantait souvent lors des Farbrenguen, est connu sous le nom de « Le’hat’hila Ariber ». Ce nom lui a en réalité été donné par le Rabbi ; auparavant, on l’appelait plus couramment « Eintz, tzvei, drei, fir » ou « Nigoun Ein Sof ».
Dans les Rechimot (‘Hoveret 14), le Rabbi indique qu’il a appris ce chant de son grand-père, Reb Méir Chlomo Yanovsky, qui avait été un Yochev auprès du Rabbi Maharach.
Quant à l’origine de la mélodie, le Rabbi Maharach raconta qu’il avait un jour vu des notes de musique inscrites à la fin d’un livre de Kabbala intitulé Hon Achir, et que ces notes avaient inspiré l’air de son Nigoun. (Sefer Hatoldot p. 43.)
À quoi ressemblait-il ?
Une question se pose depuis toujours parmi les ‘Hassidim : existe-t-il une photographie ou un portrait du Rabbi Maharach ?
Aucune image connue n’existe. Divers croquis et tableaux lui ont été attribués, mais aucun n’a été authentifié.
Cependant, le Rabbi a raconté les deux histoires suivantes, l’une sur son apparence, l’autre sur l’impression que produisait sa présence, qui peuvent nous en donner un léger aperçu.
Quand un ‘Hassid s’évanouit
Le Rabbi précédent ressemblait beaucoup à son grand-père, le Rabbi Maharach. À tel point que lorsqu’il se rendit en Erets Israël lors de sa célèbre visite, des décennies après le décès du Rabbi Maharach, il y avait en Erets Israël des ‘Hassidim qui avaient connu le Rabbi Maharach. Lorsque l’un d’eux entra en Ye’hidout auprès du Rabbi précédent, il s’évanouit sur le champ.
On lui demanda : « Pourquoi vous êtes-vous évanoui ? »
Il répondit : « Il ressemble trait pour trait au Rabbi Maharach ! » Il s’était évanoui sous [le choc de] la vision du Rabbi Maharach, qu’il n’avait pas vu depuis de nombreuses décennies. (12 Tamouz 5745 (1985), Achreinou Audio, quatrième Si’ha, 3 min 33. Le Rabbi pleurait souvent en racontant cette histoire.)
Un regard qui inspirait la crainte
Les gens étaient saisis de crainte révérencielle face au Rabbi Maharach. C’était surprenant, car il avait toujours le sourire aux lèvres. Bien qu’il souffrît terriblement [le Rabbi précédent a dit qu’il est difficile d’imaginer à quel point il souffrait], il gardait toujours le sourire. Même du vivant de son père, le Tséma’h Tsédek, alors qu’il se montrait moins formel que ses frères, les gens éprouvaient néanmoins une profonde révérence en sa présence. Cela ne tenait pas à quelque chose qu’il faisait ; c’était spontané.
Il en allait de même avec les non juifs. Un jour, il arriva dans une ville et les anciens du village vinrent l’accueillir avec le pain et le sel. Mais lorsqu’ils aperçurent sa sainte figure, ils s’enfuirent tous. (Torat Mena’hem 5712 (1952), vol. 1, p. 23.)
Un témoignage de première main
Au cours des premières années de sa Nessiout, le Rabbi encouragea de nombreux ‘Hassidim âgés à mettre par écrit leurs souvenirs des Rabbis et des ‘Hassidim d’autrefois. Même des personnes qui ne se considéraient plus comme des ‘Hassidim furent sollicitées pour envoyer, et publier, leurs mémoires.
L’une de ces demandes fut adressée à M. Tsvi Har-Chefer, anciennement Lokshin, qui avait grandi à Loubavitch durant la Nessiout du Rabbi Maharach.
« Je serais très intéressé de lire vos mémoires, lui écrivit le Rabbi, car je rassemble des documents historiques sur Loubavitch, et tout particulièrement sur cette période, l’époque du Rabbi Maharach et le début de celle d’Admour Rachab, dont il n’existe aucun récit. »
Il ne reste presque aucun témoignage direct sur le Rabbi Maharach. À l’époque, les ‘Hassidim jugeaient inconvenant de mettre par écrit le récit de leur propre vie ; cela était perçu comme une démarche propre aux Maskilim. Lorsque le Rabbi précédent et le Rabbi encouragèrent les ‘Hassidim à écrire leurs souvenirs, il ne restait pratiquement plus aucun ‘Hassid vivant ayant connu le Rabbi Maharach. La lettre du Rabbi à M. Har-Chefer fut écrite plus de soixante-dix ans après la Histalkout du Rabbi Maharach.
M. Har-Chefer rédigea un article consacré à ses souvenirs (en 5714 (1954), apparemment avant la lettre du Rabbi). Fait remarquable, la grande majorité des détails biographiques et des descriptions de son article concordent avec les Si’hot du Rabbi précédent et avec la Rechimat Hayoman du Rabbi.
Nous en présentons ci-dessous une sélection de passages.
Mes souvenirs de Loubavitch
Comme la plupart des bourgades reculées de Russie, Loubavitch n’avait ni gare ni bureau de poste. Mais la ressemblance s’arrêtait là. Notre ville accueillait un flot continu de visiteurs venus consulter le Rabbi Maharach, qui apportaient vie et animation dans la cour du Rabbi Maharach et dans toutes les rues alentour.
La ‘Hatser se trouvait au centre de la ville et était entourée de nombreuses auberges. Elle comprenait une grande salle, que l’on ouvrait pour les occasions particulières comme Roch Hachana ou une ‘Hatouna dans la famille du Rabbi Maharach. À proximité se trouvaient le Zal habituel, plus petit, et la maison du Rabbi Maharach.
Bien des années ont passé depuis, mais je me souviens encore de sa noble apparence. Il était plus grand que la moyenne, avec un front large, une barbe rousse et des yeux perçants qui exprimaient l’esprit et la sagesse. Sa forte carrure ajoutait à sa prestance royale.
Le Rabbi Maharach était doté de nombreux talents : une mémoire phénoménale, un esprit incisif et une compréhension rapide de tout sujet. Il était parfaitement au fait des affaires publiques ; il correspondait avec ses ‘Hassidim fortunés et, dès qu’une nouvelle Guezera se profilait à l’horizon, il en était aussitôt informé.
Le Rabbi Maharach enseignait la ‘Hassidout le Chabbat matin dans le Zal attenant à sa maison, durant les mois d’été. On installait une table près de sa porte, et la porte extérieure du Zal était fermée ; le Chamach montait la garde et ne laissait personne entrer ni sortir. Au moment fixé, toute la salle faisait silence, et chacun se levait pour se rapprocher de la place du Rabbi Maharach. Le Rabbi Maharach s’asseyait sur une chaise, entouré des membres de sa famille et des anciens ‘Hassidim. Un silence absolu régnait dans la pièce, chacun retenant son souffle, attentif aux paroles du Rabbi Maharach. Il commençait doucement, puis sa voix s’élevait peu à peu et emplissait la salle. Il s’animait de plus en plus, tandis que tous l’écoutaient avec une intense concentration. Au sommet de son exaltation, il répétait souvent ces mots des Tehilim et les expliquait :
« Mi li bachamayim véimekha lo ‘hafatsti baarets : je n’ai besoin ni de Ton Gan Eden HaElyon ni de Ton Gan Eden Hata’hton, mais Kala chéeri oulevavi : c’est Toi que je veux, Toi seul… »
Pendant les Yamim Tovim, les ‘Hassidim réclamaient un enseignement supplémentaire entre Min’ha et Maariv. Les ‘Hassidim, surtout les jeunes, s’asseyaient près de la porte du Rabbi Maharach et chantaient avec ferveur le Nigoun de l’Admour Hazakène. Si l’on ne leur répondait pas immédiatement, ils le reprenaient encore et encore, jusqu’à ce que le Rabbi Maharach soit « contraint » de céder et de sortir vers les ‘Hassidim, malgré sa maladie.
Chaque jour, le Rabbi Maharach recevait les nombreux visiteurs venus chercher ses conseils et sa bénédiction. Beaucoup de Rabbanim figuraient également parmi eux, enroulant leurs Péot autour de leurs doigts, attendant nerveusement leur tour dans la file jusqu’au moment où Levik le Gabaï leur permettrait d’entrer.
C’était un travail très éprouvant. Ensuite, le Rabbi Maharach sortait de la ville pour se ressourcer et se consacrer à la méditation, seul avec ses pensées.
Le Rabbi Maharach lisait lui-même la Haftara. Il priait dans sa chambre attenante à la synagogue et y entrait pour lire le Maftir de sa voix si particulière.
À Roch Hachana, c’est lui qui sonnait du Chofar. La salle était bondée. Toute l’assemblée ne formait plus qu’un seul grand corps, dont seules les têtes se distinguaient. Chacun se tenait empli de la crainte du Yom Hadin ; la salle se taisait, puis la voix du Rabbi Maharach perçait l’air : « Min Hametsar… »
Pour Tachlikh, tous les invités accompagnaient le Rabbi Maharach en chantant joyeusement. Les jeunes ‘Hassidim formaient un grand cercle autour du Rabbi, de sa famille et des anciens ‘Hassidim.
Un autre moment particulier était le puisage des Mayim Chelanou. Au milieu des chants et d’une grande joie, nous descendions à la rivière. Le Rabbi Maharach plongeait lui-même le seau dans l’eau. Le lendemain, il pétrissait lui-même la pâte et en distribuait des morceaux que l’on façonnait en Matsot. Le soir, de nombreux habitants de Loubavitch se hâtaient de terminer leur Seder pour venir voir le Rabbi Maharach conduire le sien avec sa famille.
L’un des plus grands moments était Youd Tet Kislev. Le Rabbi Maharach racontait l’histoire dans ses moindres détails : la Ma’hloket avec les Mitnagdim, l’arrestation et la libération d’Admour Hazakène, et les miracles survenus tout au long de ces événements. Les ‘Hassidim disaient Le’haïm et s’empressaient même de prendre des Chirayim.
Au cours de sa dernière année, le Rabbi Maharach tomba malade ; il n’avait que quarante huit ans. D’éminents médecins furent appelés pour l’opérer, en vain, et il s’affaiblit de plus en plus. On récitait les Tehilim dans toutes les synagogues, et l’on se rendait sur les Kivrei Tsadikim. Ce Roch Hachana-là, les ‘Hassidim furent profondément abattus lorsqu’un autre que le Rabbi Maharach sonna du Chofar.
Le soir du 13 Tichri, nous apprîmes que la situation était très grave, et le lendemain il quitta ce monde. Son Arone fut fabriqué à partir de la table sur laquelle il enseignait la ‘Hassidout. La Levaya fut immense ; aucun habitant de Loubavitch n’était absent, et des ‘Hassidim parvinrent même à venir des villages voisins. On abattit un mur du Ohel, et on l’inhuma auprès de son père, le Tséma’h Tsédek.
Au lendemain de Yom Kippour, le peuple juif quitte le confort de ses maisons pour s’installer sous les branchages de la Souccah, en souvenir de la protection divine qui l’entoura dans le désert. Cette année, la fête s’ouvre un vendredi soir et chaque jour, du premier repas sous la cabane jusqu’aux danses avec la Torah, apporte sa Mitsva, ses bénédictions et ses horaires propres. Voici, jour après jour, tout ce qu’il faut savoir pour vivre pleinement ces fêtes de l’année 5787 (2026).
(Horaires pour l’Ile de France)
Souccot 5787 (2026) :
du vendredi soir 25 septembre au vendredi 2 octobre 2026.
Chemini Atseret et Sim’hat Torah 5787 (2026) :
du vendredi soir 2 octobre au dimanche soir 4 octobre 2026.
Que fait-on à Souccot ?
« Vous résiderez dans des Souccot durant sept jours… afin que vos générations sachent que J’ai fait résider les enfants d’Israël dans des Souccot lorsque Je les ai fait sortir du pays d’Egypte » (Lévitique 23, 42).
Du vendredi soir 25 septembre 2026 jusqu’à Chemini Atseret inclus, c’est-à-dire jusqu’au samedi après-midi 3 octobre, chaque Juif prend ses repas dans la Souccah, cette cabane recouverte de branchages. On veillera à y habituer également les petits garçons. Les femmes, quant à elles, ne sont pas astreintes à ce commandement. Il est vivement recommandé d’accueillir des invités dans sa Souccah.
Avant d’y manger du pain ou du gâteau, ou d’y boire du vin, on prononce la bénédiction appropriée, suivie de celle-ci : « Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Léchève Bassouccah » : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné de résider dans la Souccah ».
Vendredi 25 septembre, l’entrée de la fête et du Chabbat
Cette année, le premier soir de Souccot coïncide avec l’entrée du Chabbat. Après avoir déposé quelques pièces à la Tsedaka, les femmes mariées allument, à Paris avant 19h24, au moins deux bougies, les jeunes filles et les fillettes en allumant une, ainsi qu’une bougie de quarante-huit heures, en prononçant les bénédictions suivantes :
1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Nèr Chel Chabbat Vechel Yom Tov» : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et de la fête ».
2) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vekiyemanou Vehiguianou Lizmane Hazé » : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as fait vivre, nous as maintenus en existence et nous as fait parvenir jusqu’à ce moment ».
Samedi soir 26 septembre, le second soir de fête
A Paris, après 20h28, les femmes allument les bougies à partir de la flamme de la bougie de quarante-huit heures allumée avant la fête, en prononçant les bénédictions suivantes :
1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Nèr Chel Yom Tov» : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière de la fête ».
2) « Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vekiyemanou Vehiguianou Lizmane Hazé » : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as fait vivre, nous as maintenus en existence et nous as fait parvenir jusqu’à ce moment ».
Le Chabbat s’achevant ce soir-là pour laisser place au second jour de fête, le Kiddouch comporte également la Havdala.
Les quatre espèces, du dimanche 27 septembre au vendredi 2 octobre
Le premier jour de la fête tombant un Chabbat, on ne prend pas le Loulav ce jour-là. A partir du dimanche matin 27 septembre et jusqu’au vendredi 2 octobre inclus, on récite chaque jour la bénédiction sur les quatre espèces, le cédrat, la branche de palmier, les rameaux de myrte et les branches de saule :
1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Al Netilat Loulav» : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné de prendre le Loulav ».
La première fois, c’est-à-dire le dimanche 27 septembre, on ajoute :
A Paris, après 20h25, le Yom Tov prend fin et l’on récite la Havdala. Commencent alors les jours de ‘Hol Hamoed, durant lesquels on continue de prendre ses repas dans la Souccah et de réciter chaque matin la bénédiction sur le Loulav.
Chaque soir, la joie de Sim’hat Beth Hachoéva
Tous les soirs de Souccot, on organise, si possible dans la rue, une grande fête joyeuse : Sim’hat Beth Hachoéva.
Jeudi soir 1er octobre, la nuit de Hochana Rabba
C’est la nuit de Hochana Rabba. Les hommes restent éveillés toute la nuit, lisent le livre de Devarim, le Deutéronome, puis le livre de Tehilim, les Psaumes. Dans certaines communautés, on mange dans la Souccah des pommes rouges trempées dans le miel.
Vendredi matin 2 octobre, le jour de Hochana Rabba
La prière de Hochana Rabba est particulièrement longue. On fait sept fois le tour de la Bimah, au centre de la synagogue, puis l’on frappe cinq fois contre le sol le bouquet de cinq Hochaanot, ces branches de saule, ainsi que l’ont enseigné les Prophètes.
Vendredi soir 2 octobre, Chemini Atseret et Chabbat
Chemini Atseret s’ouvre cette année en même temps que le Chabbat. Après avoir déposé quelques pièces à la Tsedaka, les femmes mariées allument, à Paris avant 19h09, au moins deux bougies, les jeunes filles et les fillettes en allumant une, ainsi qu’une bougie de quarante-huit heures, en prononçant les bénédictions suivantes :
1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Nèr Chel Chabbat Vechel Yom Tov »:
« Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière du Chabbat et de la fête ».
2) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vekiyemanou Vehiguianou Lizmane Hazé » : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as fait vivre, nous as maintenus en existence et nous as fait parvenir jusqu’à ce moment ».
On mange dans la Souccah, mais sans en réciter la bénédiction.
Samedi 3 octobre, la prière de Yizkor
Le matin, on récite la prière de Yizkor à la mémoire des parents disparus. Les repas se prennent encore dans la Souccah, toujours sans bénédiction.
Samedi soir 3 octobre, la joie de Sim’hat Torah
C’est Sim’hat Torah. A Paris, après 20h13, les femmes mariées allument, à partir de la flamme de la bougie de quarante-huit heures, au moins deux bougies, les jeunes filles et les fillettes en allumant une, en prononçant les bénédictions suivantes :
1) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Lehadlik Nèr Chel Yom Tov» : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné d’allumer la lumière de la fête ».
2) «Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Chéhé’héyanou Vekiyemanou Vehiguianou Lizmane Hazé» : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi du monde, qui nous as fait vivre, nous as maintenus en existence et nous as fait parvenir jusqu’à ce moment ».
Le Chabbat s’achevant ce soir-là, le Kiddouch comporte également la Havdala. A la synagogue, on danse avec ferveur autour de la Bimah en portant les rouleaux de la Torah. A partir de ce soir, on ne mange plus dans la Souccah.
Dimanche soir 4 octobre, la fin des fêtes
A Paris, après 20h11, Sim’hat Torah prend fin et l’on récite la Havdala.
Le Loulav, un bouquet chargé de sens
La Torah ordonne (Lévitique 23, 40) de prendre, pour la fête de Souccot, un bouquet de plantes appelé Loulav. Ainsi, chaque jour de la fête, à l’exception du Chabbat, nous prononçons sur ce bouquet une bénédiction particulière : « Barou’h Ata Ado-naï Elo-hénou Mélè’h Haolam Achère Kidéchanou Bémitsvotav Vetsivanou Al Netilat Loulav » : « Béni sois-Tu, Eternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as sanctifiés par Tes Commandements et nous as ordonné de prendre le Loulav ».
En récitant chaque jour cette bénédiction sur le Loulav et l’Etrog, on attire sur soi et sur le monde entier les plus grandes bénédictions de D.ieu et les lumières spirituelles les plus élevées.
Nos Sages enseignent que brandir ce bouquet est un signe de joie. Cette réjouissance survient en effet au sortir des jours de Roch Hachana et de Yom Kippour, lorsque nous savons avoir remporté la victoire lors du jugement divin.
Quatre plantes, un seul peuple
Les plantes qui composent ce bouquet sont remarquablement diverses. On y trouve l’Etrog, le cédrat ; le Loulav proprement dit, qui donne son nom à l’ensemble et n’est autre qu’une branche de palmier-dattier ; les Hadassim, trois rameaux de myrte ; et enfin les Aravot, deux branches de saule.
Parmi ces plantes, l’une possède à la fois le parfum et le goût : c’est le cédrat. Une autre n’a que le goût : la datte, fruit du palmier. Une troisième n’offre qu’une agréable senteur : la myrte. La quatrième, enfin, n’a ni parfum ni saveur.
Lorsque l’on sait que le parfum symbolise l’étude de la Torah et le goût la pratique de ses commandements, on comprend que chaque plante représente une catégorie du peuple juif : depuis ceux qui unissent l’étude et la pratique jusqu’à ceux qui ne possèdent ni l’une ni l’autre, en passant par tous les degrés intermédiaires. Ils sont ici tous réunis, et c’est seulement ainsi, ensemble, que la bénédiction peut être prononcée.
Après plus de dix années d’attente, le projet de construction du nouveau centre juif d’Oulianovsk, en Russie, a enfin reçu le feu vert des autorités. Le somptueux édifice s’élèvera sur cinq étages et réunira sous un même toit une synagogue, un Mikvé et des institutions éducatives. Le Grand Rabbin de la ville et Chalia’h du Rabbi, le Rav Benyamin Markovitch, se prépare avec les responsables communautaires à un formidable essor qui servira des milliers de Juifs.
Une communauté devenue trop grande pour ses murs
De longues années d’efforts inlassables, tant sur le plan spirituel que matériel, ont conduit la communauté juive d’Oulianovsk à un tournant historique. Ce qui n’était au départ qu’une poignée de Juifs soucieux de préserver la flamme vacillante du judaïsme a grandi et prospéré à pas de géant sous la houlette du Grand Rabbin de la ville, le Chalia’h Rav Benyamin Markovitch, au point que l’ancien et modeste bâtiment situé au 107 de la rue Lénine est devenu bien trop exigu. Les quelque trois mille Juifs vivant dans la région se retrouvaient à l’étroit lors des événements communautaires, des prières du Chabbat et des fêtes juives, espérant ardemment le jour où ils disposeraient enfin d’un lieu permanent, spacieux et digne, à la mesure d’une communauté vivante et en pleine expansion.
Une autorisation tant attendue
Aujourd’hui, après plus d’une décennie d’attente, la nouvelle tant espérée est enfin tombée. Le projet avait vu le jour une première fois en 5774 (2014), à l’initiative du précédent Grand Rabbin de la ville, le Chalia’h Rav Yossef Its’hak Morozov. En ce jour lumineux de ‘Haï Elloul, le 18 Elloul, la municipalité d’Oulianovsk a approuvé l’extension du terrain destiné à la construction, dans l’arrondissement Léninski, le long de la rue Karl-Marx, l’artère principale de la ville.
Cette autorisation officielle a été obtenue grâce au soutien actif et déterminé de la Fédération des communautés juives de Russie, qui agit en permanence sous la direction et avec les encouragements du Grand Rabbin de Russie, le Rav Berel Lazar. Cette démarche juridique et administrative a ouvert la voie au lancement des travaux, grâce à l’octroi de dérogations spéciales permettant l’érection de ce bâtiment monumental malgré les obstacles bureaucratiques qui jalonnaient le parcours.
Un complexe moderne et majestueux
Les plans architecturaux, qui prennent déjà forme, dévoilent un projet d’une ampleur sans précédent. Le nouveau centre juif s’élèvera sur cinq étages et comprendra également un vaste niveau souterrain abritant un parking aménagé. Sur une surface impressionnante d’environ 4 400 mètres carrés se dressera un complexe moderne et raffiné, rassemblant sous un même toit l’ensemble des besoins de la communauté. La façade respirera l’élégance et la splendeur, tandis que l’intérieur a été conçu avec le plus grand soin afin d’offrir une expérience juive accomplie et chaleureuse à chaque visiteur qui en franchira le seuil.
Une synagogue au cœur de l’édifice
Au centre du bâtiment s’élèvera une synagogue splendide et spacieuse, appelée à devenir le cœur battant du judaïsme d’Oulianovsk. À ses côtés sera construit un Mikvé de prestige, respectant scrupuleusement toutes les exigences de la Halakha et offrant un service essentiel aux familles de la communauté. Le complexe accueillera en outre un centre d’hospitalité dédié aux Chabbatot et aux fêtes, un café strictement cachère proposant une offre culinaire de qualité, ainsi qu’une vaste salle à manger où fonctionnera un restaurant de Tsedaka agrandi, destiné à nourrir les personnes démunies, les aînés et les personnes isolées, dans le prolongement des nombreuses activités de ‘Hessed de la communauté.
L’éducation des générations futures
Une attention toute particulière a été accordée dans les plans à la génération montante et à son éducation. Le centre comprendra une aile éducative complète réunissant un jardin d’enfants ‘Hassidique, une école du dimanche, des salles de classe modernes, une riche bibliothèque juive, un espace réservé aux seniors et un musée consacré au patrimoine juif de la région.
Le dévoué président de la communauté, M. Igor Dabakarov, ainsi que le Gabbaï de la synagogue, M. Lev Zingerenko, qui ont œuvré sans relâche pour faire avancer le projet, ont exprimé leur profonde émotion face à ce développement. Selon eux, le passage de l’actuel bâtiment exigu à ce vaste complexe représente une véritable bouffée d’oxygène pour des activités en constante expansion et permettra d’accueillir des centaines de familles supplémentaires.
Une présence juive sur les rives de la Volga
Ce projet ambitieux s’inscrit dans une histoire mouvementée, faite de disparition et de renaissance. Située sur les bords de la Volga, Oulianovsk portait autrefois le nom de Simbirsk. La ville se trouvait en dehors de la Zone de résidence, ce territoire où l’Empire russe autorisait en principe les Juifs à s’établir. Leur présence y est pourtant attestée dès le début du XIXᵉ siècle : on comptait parmi eux des artisans, des commerçants et d’anciens soldats. Un cimetière juif y est connu depuis 1843, et un lieu de prière ouvrit ses portes vers 1857.
Des décennies de restrictions et de persévérance
La petite communauté dut longtemps composer avec les entraves de l’administration impériale. En 1878, deux de ses membres firent édifier des bâtiments dont l’un servit de maison de prière. Les autorités en ordonnèrent la fermeture en 1886, au motif qu’elle ne disposait d’aucune autorisation officielle. Les offices se poursuivirent néanmoins, avec une remarquable ténacité, jusqu’à ce qu’une autorisation soit enfin accordée en 1901. La communauté pouvait alors compter sur des responsables et des institutions capables d’organiser pleinement sa vie religieuse.
De l’essor à l’effacement sous le régime soviétique
Durant la Première Guerre mondiale, l’afflux de réfugiés juifs fit croître la population de la communauté, et des comités d’entraide virent le jour en 1915. Cette période féconde prit brutalement fin avec l’avènement du pouvoir soviétique. Une synagogue fut saisie en 1920, puis la dernière synagogue d’Oulianovsk fut fermée en 1932. Ses biens, parmi lesquels des Sifré Torah, furent confisqués, et la communauté organisée cessa d’exister. Des Juifs continuèrent toutefois à vivre dans la ville, notamment parmi les personnes évacuées vers Oulianovsk pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le temps du renouveau
À la fin des années 1980 et au cours des années 1990, des habitants entreprirent de faire renaître une vie communautaire. Ils relancèrent les activités culturelles, l’étude et l’entraide, et un club de jeunes baptisé Michpa’ha Gdola joua un rôle de premier plan dans ce réveil. En 2009, une synagogue rouvrit enfin ses portes, la première depuis la fermeture de 1932.
Aujourd’hui, la Fédération des communautés juives de Russie recense à Oulianovsk de nombreuses activités religieuses, éducatives et sociales, parmi lesquelles l’aide aux personnes âgées ainsi que des programmes destinés aux enfants et aux jeunes. La communauté est dirigée spirituellement par le Rav Benyamin Markovitch et présidée par M. Igor Dabakarov. L’histoire locale témoigne ainsi d’une continuité juive indéfectible, malgré plusieurs décennies d’interruption de toute vie communautaire officielle.
Vers la pose de la première pierre
Les autorisations désormais obtenues, avec le soutien de la Fondation 770 Russie, créée par le mécène Rav Yehouda Davidov, la communauté se prépare activement à la cérémonie de pose de la première pierre et au lancement du chantier. Bien que les coûts de construction aient triplé depuis la conception initiale du projet, la communauté et ses soutiens font preuve d’une mobilisation remarquable.
La joie est immense à Oulianovsk. Le Grand Rabbin de la ville, le Rav Markovitch, y voit une nouvelle pierre angulaire dans l’accomplissement de la sainte vision de celui qui l’a envoyé, le Rabbi : illuminer chaque ville du monde de la lumière de la Torah et de la ‘Hassidout. L’espoir de tous est que très bientôt, les murs de l’édifice se dressent fièrement et deviennent un phare de Torah, de prière et de bienfaisance.
Mercredi soir, un incendie s’est déclaré dans une synagogue installée dans un bâtiment provisoire de la rue Chaaré Pina, à Jérusalem. Au cœur du brasier, les pompiers sont parvenus à sauver plusieurs Sifré Torah, dont l’état a toutefois été jugé préoccupant. La police rapporte par ailleurs que des insultes ont été lancées contre les forces de secours présentes sur les lieux.
Une intervention rapide au cœur du brasier
Ce mercredi soir, 23 septembre 2026, les équipes de lutte contre l’incendie ont été appelées dans la rue Chaaré Pina, à Jérusalem, où le feu avait pris dans une synagogue abritée par une structure provisoire. Dès leur arrivée, les pompiers ont procédé à une fouille rapide du bâtiment afin de s’assurer que personne ne se trouvait pris au piège à l’intérieur. Ces vérifications ont permis d’écarter toute présence de victimes bloquées par les flammes.
Les rouleaux sacrés sauvés des flammes
Tout en combattant l’incendie, les soldats du feu ont pénétré dans le bâtiment embrasé pour en extraire plusieurs Sifré Torah. Les rouleaux ont pu être soustraits au feu, mais leur état a été qualifié de préoccupant par les secours, laissant craindre des dommages importants.
Le commandant de l’intervention, chef de la caserne HaOuma, le Tafsar Michné Chaï Ne’hemia, a salué l’engagement de ses hommes : « Les pompiers ont agi avec détermination face à un incendie déjà bien développé dans cette structure provisoire. Ils ont mené des fouilles rapides qui ont permis d’exclure la présence de personnes piégées, et au cours de l’opération, les équipes ont réussi à sortir plusieurs Sifré Torah du feu. »
Des tensions avec les forces de l’ordre
De son côté, la police a indiqué qu’alors que ses agents s’employaient à maintenir l’ordre public et à écarter tout danger pour la vie humaine, plusieurs personnes présentes sur place ont proféré des injures et des insultes à l’encontre des forces de sécurité et des équipes de secours mobilisées.
L’année 1977 fut marquante dans l’histoire du « groupe » Loubavitch de Paris. Cet épisode, qui se déroula pendant les fêtes de Tichri, illustre l’attention particulière que le Rabbi portait à ses disciples venus de France. Le récit qui suit relate un Farbrenguen mémorable, tenu le 13 Tichri 5738-1977, qui allait s’avérer être le dernier de cette période festive. Il met en lumière les traditions, l’organisation et l’atmosphère unique qui régnait lors de ces rencontres spirituelles, tout en soulignant le lien spécial entre le Rabbi et les juifs de France.
En 1977, un important groupe de français se rendait auprès du Rabbi avec le Rav Chmouel Azimov, Chalia’h du Rabbi à Paris, pour célébrer la fête de Souccot. Près d’une centaine de Français ont entrepris ce voyage le 13 Tichri, jour de la Hilloula du Rabbi Maharach, le quatrième Rabbi de Loubavitch.
À cette occasion, le Rabbi présidait un Farbrenguen dans la grande synagogue. Ces rassemblements duraient généralement de trois à quatre heures, alternant plusieurs Sihot (discours) et des chants. À l’issue du Farbrenguen, le Rabbi distribuait des dollars aux « Tankistes », ces volontaires qui, chaque vendredi à Manhattan, proposaient aux Juifs de mettre les Tefilines dans le cadre des Mivtsaim (campagnes de mitzvot). Les Tankistes s’approchaient de la table du Rabbi, qui remettait à chacun une liasse de dollars à redistribuer aux participants.
Cette année-là, le secrétariat s’était enquis de l’heure d’arrivée des Français. C’est aussi l’année où le Rabbi subit un malaise cardiaque le jour de Simhat Torah, le contraignant à rester dans son bureau du premier soir de Simhat Torah jusqu’à Roch Hodech Kislev. Ce Farbrenguen du 13 Tichri fut donc le dernier des fêtes de Tichri de cette année. Le Rabbi y fit d’ailleurs des allusions laissant présager un événement imminent.
Le groupe français, censé arriver au début du Farbrenguen, fut retardé à l’aéroport JFK. Entre les Si’hot, le Rabbi s’enquit à plusieurs reprises auprès du secrétaire de l’arrivée des Israéliens et des Français. Le secrétaire l’informa que seuls les Israéliens étaient présents.
Finalement, le groupe français arriva au moment où le Rabbi terminait la distribution des dollars aux Tankistes. On peut alors entendre dans l’enregistrement le Rabbi demander au secrétaire : « Où sont les Français ? Moulé Azimov est-il là ? » Le secrétaire invita alors le Rav Azimov et ses deux fils à s’approcher de la table du Rabbi. Le Rabbi leur remit deux dollars chacun et demanda au Rav Azimov s’il y avait dans le groupe des personnes impliquées dans les Mivtsaim pour leur donner également des dollars afin qu’ils les distribuent au reste du groupe. Finalement le Rabbi confia au Rav Azimov une liasse de dollars afin de les distribuer lui-même aux tankistes français.
Alors que le Rav Azimov s’apprêtait à quitter la table, le Rabbi lui demanda d’entonner le chant « Haaderet Veaemouna » sur l’air de la Marseillaise, une tradition qu’il avait instaurée quatre ans plus tôt, en 1973.
Maamar PDF Le Rabbi commença le Farbrenguen par le Maamar. Mais, de façon inhabituelle, le Rabbi demande pendant plus de 10 minutes de chanter 7 Nigunim joyeux, dont le chant de Simhat Torah (écouter) (afin de laisser le temps aux français d’arriver). Enfin, le Rabbi prononce le Maamar.
Siha 1 Ala fin de la Siha pendant le chant:
Le Rabbi:Les groupes d’Israel et de France sont arrivés?? Rav Groner: Le groupe d’Israel est arrivé!(écouter)
Siha 2 et 3 A la fin de la 3ème Siha pendant le chant: Le Rabbi: L’avion (des français) n’est toujours pas arrivé?? Rav Groner: L’avion est arrivé! (écouter)
Siha 4 Ala fin de la 3ème Siha pendant le chant: Le Rabbi: Où sont les français? Moulé Azimov est là? (écouter) Rav Groner: Oui
Siha 5 Le Rabbi commence alors une courte Siha rappelant des sujets de la Si’ha précédente (1mn 30).
À l’issue du Farbrenguen, le Rabbi distribuait des dollars aux « Tankistes », ces volontaires qui, chaque vendredi à Manhattan, proposaient aux Juifs de mettre les Tefilines dans le cadre des Mivtsaim (campagnes de mitzvot). Les Tankistes s’approchaient de la table du Rabbi, qui remettait à chacun une liasse de dollars à redistribuer aux participants.
A l’issue de la distribution, le Rav Moulé Azimov monte avec ses deux fils près du Rabbi. Le Rabbi lui donne 2 dollars ainsi qu’à ses fils.
Le Rabbi demande: Y-at-il des « tankistes » qui sont venus avec toi? (pour leur distribuer des dollars). Le Rabbi remet au Rav Azimov plusieurs dollars à distribuer aux « tankistes ».
Le Rabbi demande alors au Rav Azimov de chanter le chant « Hadert Vehaemouna » (sur l’air de la Marseillaise) (écouter).
Le Rav Azimov lance le chant, suivi par tous les Hassidim.
Le Rabbi demande au Rav Azimov de commencer tout de suite la distribution des dollars aux français.
Puis, le Rabbi quitte la grande Shoul accompagné du chant Ki Besimha Tétséhou ».
Ce fut le dernier Farbrenguen avant l’attaque cardiaque le jour de Simhat Torah.
C’est le 13 tichri 5643 (1882) que le Rabbi Maharach quitta ce monde. Son petit fils le Rabbi Rayats décirt les dernières minutes que précédèrent son depart: « Mon grand-père, le Rabbi Maharach, quitta ce monde le 13 tichri, a 11 heures 51. 25 minutes plus tôt, il avait pris sa montre et l’avait détachée de sa chaine. Il s’était muni d’un bout de papier et l’avait introduit dans cette montre, afin de bloquer ses aiguilles a 11 heures 51. Puis il demanda à son domestique d’appeler ses fils, afin de leur faire connaitre son testament.
Rabbi Zalman Aharon, le Razah, arriva le premier et se rendit après du Rabbi, qui lui parla. Puis, il s’en alla et mon père le Rabbi Rachab, entra. Le Rabbi Maharach lui parla également et mon père pleura beaucoup. Lorsqu’il partit, entra son plus jeune fils, Rabbi Men’hem Mendel (qui est enterré à Tsfat). Puis, le Rabbi Maharach encore assis sur son siège quitta ce monde. »
TRADUCTION DU MAAMAR
13 Tishrei (Hilloula de l’Admour Maharash)Veille de la fête de Souccot, 5738
« Dans les Soukkot vous habiterez sept jours, tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot »
Il est connu par les analyses précises de nos Maîtres et Princes à ce sujet, qu’il faut comprendre pourquoi il y a répétition dans les termes. Après que la Torah ait déjà commandé « dans les Soukkot vous habiterez sept jours » [qui est un commandement pour l’ensemble d’Israël et chaque individu d’Israël], que vient ajouter le verset en disant « tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot » ?
Il faut également comprendre l’essence même de la mitsva de la Soucca, car apparemment elle contient une chose et son opposé. L’habitation dans la Soucca doit être « vous habiterez comme vous demeurez » – durant les sept jours, l’homme fait de sa Soucca sa résidence permanente et de sa maison une résidence temporaire. Tout comme durant toute l’année il réside dans sa demeure de façon permanente, accomplissant toutes ses activités, de même doit être sa façon d’habiter dans la Soucca : il doit y faire toutes ses activités et montrer que la Soucca est sa demeure et son lieu de résidence permanente durant ces sept jours.
Cependant, en même temps, la construction même de la Soucca est une construction temporaire. Le fait que la Soucca doive être une construction temporaire fait partie des conditions essentielles de la mitsva. C’est pourquoi une Soucca de plus de vingt coudées de hauteur est invalide, car l’une des raisons est que jusqu’à vingt coudées c’est une habitation temporaire, au-delà de vingt coudées ce n’est plus une habitation temporaire mais permanente, et la Soucca doit être spécifiquement une habitation temporaire.
Néanmoins, durant les sept jours, l’habitation doit y être permanente, ce qui est apparemment contradictoire.
a) LA MITSVA DE SOUCCOT
De plus, il y a un aspect unique dans la mitsva de Souccot qui nécessite une explication : la mitsva de Soucca est un commandement positif lié au temps. Et en plus du fait que la mitsva de Soucca est limitée dans le temps, elle est aussi limitée dans l’espace – il faut qu’il y ait un lieu approprié pour construire la Soucca. Celui qui construit sa Soucca sous un arbre, c’est comme s’il l’avait construite à l’intérieur de la maison – ce n’est pas un lieu approprié pour cette mitsva. Contrairement aux autres fêtes où nous trouvons une limitation seulement concernant le temps, mais pas de limitation concernant le lieu.
b) LA RELATION AVEC LES QUATRE ESPÈCES
Avec la mitsva d’habiter dans la Soucca (« dans les Soukkot vous habiterez ») vient la mitsva de prendre les quatre espèces, comme il est écrit : « Et vous prendrez pour vous le premier jour le fruit de l’arbre magnifique, des branches de palmier, des rameaux d’arbre touffu et des saules de rivière… »
La mitsva d’habiter dans la Soucca commence dès le premier moment des sept jours de Souccot, et après cela (en continuité), le matin (à l’aube, et initialement au lever du soleil), commence le temps de l’obligation de la mitsva de prendre les quatre espèces, dont la mitsva s’accomplit spécifiquement le jour.
De cela, on comprend que la mitsva de prendre les quatre espèces a un lien avec la Soucca. Et particulièrement selon ce qui est connu : il est préférable (min hamouvhar) que la prise des quatre espèces se fasse spécifiquement dans la Soucca, ce qui souligne encore plus qu’il existe un lien entre la mitsva de prendre les quatre espèces (« et vous prendrez pour vous ») et la mitsva de la Soucca (« dans les Soukkot vous habiterez »).
Il faut donc comprendre quel est le lien entre ces deux mitsvot. D’autant plus qu’apparemment ce sont des mitsvot distinctes : la mitsva de Soucca dure sept jours, tandis que la mitsva principale de prendre les quatre espèces selon la Torah n’est que le premier jour.
c) LE SENS DES QUATRE ESPÈCES
Concernant les quatre espèces elles-mêmes, il faut comprendre pourquoi spécifiquement ces quatre espèces ont été choisies. Bien qu’elles soient toutes du règne végétal, dès le début du commandement il est souligné qu’il faut des espèces spécifiques. Et les espèces doivent toutes être « hadar » (magnifiques), comme il est écrit « et vous prendrez… le fruit de l’arbre magnifique », et nos Sages expliquent dans la Guemara que cela s’applique aussi aux trois autres espèces [bien que dans le texte écrit « hadar » ne soit mentionné explicitement que pour l’etrog, la première espèce].
d) LE BUT DES MITSVOT
Il est connu de ce que nos Sages de mémoire bénie ont dit : « les mitsvot n’ont été données à Israël que pour raffiner les créatures » (comme expliqué en de nombreux endroits). Au-delà de l’essence de la mitsva – dont le concept est « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonnés » et qu’il faut l’accomplir pour réaliser le commandement et la volonté de Celui qui commande – il y a dans la mitsva un service particulier et un effet concernant le service de l’homme en général.
De même pour le service d’Israël pendant la fête de Souccot : dans la mitsva de « dans les Soukkot vous habiterez sept jours », dans la mitsva de « et vous prendrez pour vous le premier jour », et dans la joie de Sim’hat Beit Hashoéva qui suit – dans tout cela il y a leur concept et leur effet dans le service, pour raffiner par elles les créatures.
Il en est de même pour le huitième jour de Shemini Atseret. Bien que le huitième soit une fête indépendante, il est néanmoins appelé « le huitième jour », ce qui indique précisément son lien avec les sept jours de Souccot qui le précèdent. Et plus encore : de même que dans le sens simple, pour arriver au huitième il faut qu’il y ait sept jours avant, de même dans leur concept spirituel de Souccot et Shemini Atseret – bien que le service de Shemini Atseret et Sim’hat Torah vienne après [c’est-à-dire qu’il soit supérieur au] service des jours de Souccot précédents, néanmoins la cause et la raison d’atteindre le service de Shemini Atseret est spécifiquement le service des sept jours précédents.
De cela on comprend l’élévation du service de Souccot : c’est spécifiquement la cause et la raison par laquelle on arrive au service, aux influences et aux niveaux du concept de Shemini Atseret.
e) « BAKESSÉ LEYOM ‘HAGUÉNOU »
L’explication du concept est la suivante : il est écrit « au jour caché [sonnez] pour notre fête ». « Notre fête » fait référence à la fête de Souccot, comme expliqué en de nombreux endroits. Et c’est « bakessé leyom ‘haguénou » – tous les concepts qui étaient cachés (dissimulés et voilés) dans les jours précédant notre fête, et particulièrement les concepts qui étaient cachés et voilés à Rosh Hashana [dont il est dit « bakessé » dans l’expression « au jour du kessé il viendra chez lui », et c’est à cela que se rapporte « sonnez du shofar au mois »], se révèlent à Souccot.
Comme il est dit dans le Midrash : « À Rosh Hashana, nous ne savons pas qui est victorieux, mais quand Israël sort… avec leurs loulavim et leurs etrogim dans les mains, nous savons qu’Israël est victorieux. »
C’est-à-dire qu’à Souccot se révèle que nous sommes victorieux, et de manière manifeste pour tous les habitants du monde, au point que toute l’existence du monde voit que nous sommes victorieux. Bien que la victoire d’Israël ait déjà eu lieu à Rosh Hashana – comme dit le Midrash : « Quelle nation est comme cette nation qui connaît la nature de son D.ieu » – Israël sait que le Saint béni soit-Il leur fera un miracle et ils gagneront au jugement, donc c’est une chose simple qu’au jour de Rosh Hashana ils ont eu une inscription et un sceau favorable.
Néanmoins, le but ultime et la perfection sont que cette victoire soit révélée. Et cela se fait pendant la fête de Souccot, « bakessé leyom ‘haguénou » – la victoire qui était cachée (dissimulée) à Rosh Hashana s’étend de manière révélée à « notre fête », et par cela on arrive à la perfection ultime.
f) YOM KIPPOUR ET ROSH HASHANA
Yom Kippour est appelé Rosh Hashana dans l’Écriture, comme cité dans le Likoutei Torah. Dans l’ordre des jours, Yom Kippour est le dix du septième mois, et au début du mois, le premier du septième mois, c’est Rosh Hashana.
Et plus encore, nos Sages ont dit : « Ces dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour » – c’est-à-dire que Rosh Hashana et Yom Kippour sont inclus dans ces dix jours (et leur concept est un concept unique).
De cela on comprend qu’à Yom Kippour s’étend un concept particulier lié à l’influence de Rosh Hashana. Le concept est, comme expliqué dans le Likoutei Torah, qu’à Yom Kippour il y a l’influence du niveau de neshama et d’intériorité. Et puisque l’influence au niveau de l’intériorité est dans le concept essentiel, on comprend que dans tous les autres concepts aussi, l’influence de Yom Kippour est au niveau de l’intériorité.
Cependant, cette influence aussi de Yom Kippour est encore de manière cachée (« bakessé »). Et l’influence de manière révélée – « nous sommes victorieux » – au point que cela devienne « le temps de notre joie » (car la joie ne peut être que sur quelque chose de révélé, comme il est connu) – cela se fait spécifiquement à « notre fête » (la fête de Souccot), le quinze du mois, « quand la lune se tient dans sa plénitude », comme expliqué en de nombreux endroits.
g) LE LIEN ENTRE SHOFAR ET SOUCCA
Par cela on comprend le lien entre le son du shofar et Souccot. Comme il est connu que « se’kha’kh » [car toute mention de Souccot dans l’Écriture implique le se’kha’kh, et comme l’explique l’Admour Hazaken dans le Choul’han Arou’kh, lois de Soucca : « On n’appelle Soucca que le se’kha’kh seul » – c’est-à-dire que non seulement le se’kha’kh est l’essentiel de la Soucca, mais encore que dans le concept du se’kha’kh s’exprime tout le concept de la Soucca] a la valeur numérique (guematria) de cent, correspondant aux cent sons du shofar qu’Israël a l’usage de sonner à Rosh Hashana.
La raison en est comme expliqué ci-dessus : le concept de la Soucca s’étend par le son du shofar de Rosh Hashana. À Rosh Hashana, l’influence (que l’on fait descendre par le son du shofar à travers les cent sons) est de manière cachée (dissimulée), et ensuite elle se révèle pendant la fête de Souccot (« leyom ‘haguénou ») dans le se’kha’kh de la Soucca.
De même concernant Yom Kippour : il est connu que le se’kha’kh de la Soucca ressemble aux nuées de gloire [selon l’opinion dans la Guemara « c’étaient des nuées de gloire », et ainsi cela a été rapporté comme décision halakhique dans le Choul’han Arou’kh de l’Admour Hazaken dans les lois de Souccot au début], et cela s’étend du nuage d’encens de Yom Kippour.
L’explication du concept est, comme expliqué ci-dessus, que d’abord vient l’influence de Rosh Hashana au niveau de l’intériorité à Yom Kippour. Cette influence de Yom Kippour se fait par le concept de l’encens dont il devait y avoir « et le nuage d’encens couvrira le propitiatoire », et de façon plus générale, cela se fait par l’ensemble du service du Cohen Gadol à Yom Kippour dans le Saint des Saints. Et du nuage d’encens de Yom Kippour s’étend ensuite le se’kha’kh de la Soucca (car la Soucca est nommée d’après les nuées de gloire).
h) LE SERVICE DE YOM KIPPOUR DANS LE KODESH HAKODASHIM
Selon ce qui précède, on comprendra l’explication et le point essentiel de tous les concepts mentionnés. Le concept est le suivant : le service de Yom Kippour dans le Kodesh Hakodashim (Saint des Saints) se fait au moment appelé dans l’Écriture « une fois par an ».
De même que dans le temps c’est le niveau de « un » dans le temps, de même dans l’âme et dans le monde (l’espace) c’est au niveau de « un » dans l’âme et dans l’espace. Le service est accompli par le Cohen Gadol qui est le plus sanctifié et le niveau de « un » du peuple d’Israël, comme il est écrit « Et Aaron fut séparé pour être sanctifié au plus haut degré de sainteté », et le service se fait dans le Kodesh Hakodashim, le lieu le plus sanctifié de tout le monde entier, même du lieu saint du Temple (le Hei’khal).
Sur les trois concepts de « shanah, olam, nefesh » (temps, monde, âme) est fondé tout l’ordre de l’enchaînement des mondes tel qu’il s’étend depuis sa racine et sa source [c’est pourquoi le Sefer Yetsira est fondé sur ces trois niveaux], jusqu’à ce que la création soit à partir de Son essence même, béni soit-Il.
Comme il est dit dans la Igeret Hakodesh : « Son essence et Sa substance du Matsilil (Émanateur) béni soit-Il, dont l’existence provient de Son essence et n’est causé par aucune cause qui L’ait précédé, Dieu nous en préserve, etc. – Lui seul par Sa force et Sa capacité peut créer quelque chose à partir du néant absolu véritable. »
C’est le concept du niveau de « un » dans l’année, dans le monde (l’espace) et dans l’âme, qui s’unissent ensemble dans le service du Cohen Gadol à Yom Kippour dans le Kodesh Hakodashim – le niveau de Son essence même béni soit-Il qui s’étend dans le niveau de « shanah, olam, nefesh ».
Le niveau de « un » s’étend de manière révélée ensuite à Souccot. Car il est expliqué dans la Mishna concernant l’ordre du service de Yom Kippour que le Cohen Gadol attendait dans le Kodesh Hakodashim jusqu’à ce que la maison soit remplie de fumée, et de cette fumée (qui provient du service du niveau de « un ») s’étend le se’kha’kh de la Soucca pendant la fête de Souccot.
i) L’INFLUENCE À ROSH HASHANA
Le début de l’influence du niveau de « un » est à Rosh Hashana, quand il y a le service de « couronnez-Moi sur vous » – on fait descendre la royauté depuis le niveau de « élevation essentielle » – c’est-à-dire que comme Il est au niveau essentiel, qu’Il s’étende de manière révélée au point qu’il y ait « couronnez-Moi sur vous ».
Par le fait qu’on fait descendre pour qu’Il soit Roi d’Israël (« couronnez-Moi sur vous »), s’étend ensuite pour qu’Il soit Roi sur tout le monde entier « dans Ta gloire ». Le mode de royauté est par la volonté, et pas seulement « Sa royauté domine sur tout ».
La domination peut être aussi par contrainte sans volonté, mais Israël par son service – « Sa royauté ils ont accepté volontairement sur eux » – fait descendre dans toute l’existence entière, dans tout l’ordre de l’enchaînement des mondes, pour qu’il y ait « venez, prosternons-nous et courbons-nous, agenouillons-nous devant l’Éternel notre Créateur ».
Ensuite, le dix du septième mois, vient l’influence au niveau de l’intériorité. Et ensuite, pendant la fête de Souccot, vient l’influence de manière révélée.
La victoire qui était à Rosh Hashana – commençant par la victoire du fait qu’Israël couronne pour qu’Il soit Roi, s’étendant à « Sa royauté domine sur tout », et plus haut encore, aussi « Sa royauté ils ont accepté volontairement sur eux » – s’étend de manière révélée au point de s’étendre révélée aussi dans le monde et aussi chez les soixante-dix nations. C’est pourquoi on offre pendant la fête de Souccot soixante-dix taureaux correspondant aux soixante-dix nations.
Cette influence s’étend de manière révélée (dans les quatre jours entre Yom Kippour et Souccot) d’abord dans la Torah et les mitsvot par l’étude des lois de Soucca et par l’étude des lois de prise des quatre espèces. Car par l’étude en cela, même si c’est en exil et même si on ne peut pas accomplir tous les détails, « Je leur considère comme s’ils étaient occupés, etc. »
Par le fait qu’on produit d’abord l’influence de manière révélée dans la Torah, et ensuite on fait descendre cela aussi dans l’acte par l’accomplissement des mitsvot [sauf que c’est encore le niveau de l’acte dans les mitsvot elles-mêmes], s’étend ensuite en pratique aussi dans tout le monde entier – tout le monde voit comment un Juif accomplit la mitsva.
Au point que cela s’étend d’une telle manière, comme il est dit dans le Midrash : « Si les nations du monde avaient su combien le Temple leur était bénéfique, ils auraient placé des légions autour de lui pour le garder, etc. »
Cette action du Temple sur les nations se fait pendant la fête de Souccot de manière révélée par l’offrande de soixante-dix taureaux correspondant aux soixante-dix nations, comme expliqué longuement dans les Midrashim de nos Sages de mémoire bénie.
j) « TOUS LES CITOYENS D’ISRAËL »
Selon ce qui précède, que le concept de la Soucca est lié au niveau de « un » dans l’année, dans le monde (l’espace) et dans l’âme, on comprend aussi pourquoi spécifiquement concernant Souccot il est dit « tous les citoyens d’Israël », et de même ce que nos Sages ont enseigné : « Tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une seule Soucca. »
Car l’extension du niveau de « un » de manière révélée se fait pendant la fête de Souccot. L’explication du concept se comprendra en introduisant ce qui nécessite explication en cela [et comme expliqué cette analyse précise aussi dans les discours de nos Maîtres et Princes] : pourquoi cet enseignement que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une seule Soucca provient-il spécifiquement de « tous les citoyens d’Israël » ? Ne pourrait-on pas aussi apprendre cet enseignement de « dans les Soukkot vous habiterez » – « vous habiterez » tous ensemble ?
L’explication générale en cela (dans le langage de la Kabbale) : au début [c’est-à-dire avant le Tsimtsoum], l’Ein Sof remplissait tout l’espace du ‘halal et il n’y avait pas de place pour l’établissement des mondes [c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de possibilité ni d’existence pour les mondes]. Ensuite Il a retiré Sa grande lumière sur le côté, etc., et s’est étendu (le grand cercle et) la ligne, et toute la longueur de l’ordre de l’enchaînement des mondes, comme expliqué dans l’Ets ‘Haïm au début et dans le Mavo Shearim au début (comme cité en de nombreux endroits et expliqué dans le ‘Hassidisme).
Ce niveau (qui remplissait l’espace du ‘halal, etc., avant le Tsimtsoum) est déjà appelé du nom de Ein Sof, au point qu’il peut y avoir là une relation quelconque à l’existence des mondes – sauf que puisque l’Ein Sof remplissait tout l’espace du ‘halal, pour cette raison il n’y avait pas de possibilité pour l’existence des mondes.
Mais même là il y a un ‘halal, et il y a aussi la possibilité qu’il faille nier et dire qu’il n’est pas possible qu’il y ait existence pour les mondes. Au-dessus de cela est ce que nos Sages ont dit : « Avant que le monde ne soit créé, Il était Lui et Son Nom seul. »
Cependant, dans ce niveau aussi il y a (déjà) des détails : Lui, Son Nom, et seul. Et on dit aussi que l’innovation de ce niveau est qu’il est de manière « était », comme expliqué dans le discours précédent.
Mais Son essence et Sa substance bénie soit-Il sont au-dessus même de cela, au point qu’on ne peut pas dire de Lui qu’Il est au niveau de « sovev » (entoure les mondes) et même pas non plus au niveau de « makif hara’hok » (englobant éloigné) et similaires.
Car Son essence et Sa substance bénie soit-Il ne sont dans la catégorie d’aucun concept du tout, au point qu’Il est au niveau de « Ein od milvado » (il n’y a rien d’autre que Lui), et plus haut encore, « Ein od » (il n’y a rien). Car « Ein od milvado » peut être dit quand il y a une catégorie de « levado » (seul), mais au-dessus de cela c’est le concept de « Ein od », comme expliqué ailleurs cette analyse précise.
Puisqu’Israël a ses racines dans Son essence même bénie soit-Il, on comprend qu’ils ont un lien et qu’il leur est possible d’atteindre et d’agir dans Son essence même bénie soit-Il, même comme Il est au-dessus dans le niveau de « Ein od », même du niveau de « Il était Lui et Son Nom seul ».
C’est ce que nos Sages ont dit : « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des justes » – le concept du couronnement peut être dit très très haut, et aussi au niveau qui est au-dessus de la catégorie d’espace.
Car puisqu’en haut tous les concepts sont par volonté et non par contrainte, Dieu nous en préserve, on comprend que même à ce niveau est pertinent le concept du couronnement.
De cela on comprend que le concept du couronnement est pour ainsi dire aussi dans Son essence même bénie soit-Il. Et sur cela on dit « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des justes » – cela fait référence aux âmes d’Israël, « et Ton peuple, tous sont des justes », qui ont leurs racines dans Son essence même bénie soit-Il et atteignent donc Son essence même bénie soit-Il.
Le concept du couronnement est aussi dans les petites âmes de niveau apparemment inférieur, comme on comprend de la parabole du Baal Shem Tov de mémoire bénie qui compare ce concept à un père et un petit enfant. Puisqu’il compare le Saint béni soit-Il à un père, pour ainsi dire, on comprend que grand et petit sont égaux par rapport à Lui.
Tous les concepts sont incomparables du tout à Son essence même, sauf que c’est ainsi qu’Il est monté dans Sa volonté que les âmes d’Israël, « et Ton peuple, tous sont des justes », soient enracinées dans l’Essence même, et pour cette raison les âmes d’Israël sont enracinées dans Son essence même bénie soit-Il.
k) LA SOUCCA UNE
Puisque c’est le début de l’année et qu’il faut faire descendre tout l’ordre de l’enchaînement des mondes à nouveau et aussi de manière révélée, il faut donc faire descendre du niveau de « un ».
Cette influence (au niveau révélé) se fait à « notre fête » (pendant la fête de Souccot) comme expliqué ci-dessus, et c’est pourquoi aussi le début du service de Souccot doit être dans le concept de « Soucca une » (car la Soucca une est liée au service de Yom Kippour dans les trois niveaux de « un » dans shanah, olam, nefesh, comme expliqué ci-dessus).
Car par le service de la Soucca une, on atteint le niveau de « un » qui est complètement au-dessus même de toute catégorie du concept de nombre (sauf que puisque nous n’avons pas d’autre nom pour l’appeler, pour cette raison nous l’appelons « un ») – Son essence même bénie soit-Il.
« Un » signifie « unique » comme il est dit dans Tossafot, et le nom « unique » vient du fait qu’elle reçoit de l’Unique. De même dans le niveau de « Soucca une » dont le concept est le concept de l’unicité, comme expliqué ci-dessus.
Puisque le concept de la Soucca a sa racine dans le niveau de « un », c’est pourquoi s’étend en bas que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une – la Soucca est au-dessus de toute division puisque sa racine est au niveau qui est au-dessus de la division.
De cette même raison s’étend le niveau de la Soucca une aussi dans ce monde inférieur où il n’y a pas de plus bas en dessous de lui – puisque par rapport à Son essence même bénie soit-Il, il n’est pas pertinent de faire une distinction entre supérieur et inférieur.
l) POUR LE FUTUR
L’extension de l’Essence de manière révélée (le niveau de Soucca une) ne sera que pour le futur, car alors « la gloire de l’Éternel sera révélée et toute chair ensemble la verra », et au-dessus de cela il y aura aussi « ton Maître ne se cachera plus et tes yeux verront ton Maître », comme il est dit dans le Tanya.
Mais au-dessus de cela est le niveau de « un », dont le concept est l’extension de l’Essence en bas de manière révélée. De cela on comprend que la révélation de la Soucca une aussi ne sera que pour le futur.
Selon cela on comprend pourquoi nos Sages ont enseigné que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une spécifiquement de ce qui est écrit à la fin du verset « tous les citoyens d’Israël », et ils n’ont pas enseigné ainsi du début « dans les Soukkot vous habiterez sept jours ».
Car « dans les Soukkot vous habiterez sept jours » fait référence au service à notre époque, dans les six mille ans que dure le monde, et à notre époque le niveau de « un » ne s’est pas encore étendu de manière révélée.
Cette révélation ne sera que pour le futur, et pour cette raison ils ont enseigné cela de ce qui est écrit « tous les citoyens d’Israël », car « ezra’h » (citoyen) est un terme de futur – c’est-à-dire ce qui brillera pour le futur, comme expliqué dans plusieurs discours. C’est aussi selon les règles de grammaire que les lettres « eitan » indiquent le futur.
C’est « tous les citoyens d’Israël » – pour le futur il y aura la brillance du niveau de « un », et c’est pourquoi tous les Juifs s’assiéront alors dans une Soucca une.
Cependant, malgré cela, même maintenant, dans les six mille ans que dure le monde, il y a une illumination et une brillance du niveau de « un » qui sera révélé pour le futur.
Et plus encore : la révélation du niveau de « un » pour le futur s’étend (comme les autres révélations du futur) par nos actions et notre service de maintenant spécifiquement.
De cela on comprend qu’aussi maintenant il y a une sorte d’illumination du niveau de « un ». C’est ce que nos Sages ont dit que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une – cela fait référence à notre époque, car aussi à notre époque il y a le concept que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une (une sorte de l’habitation effective pour le futur).
Sauf que cela même qu’à notre époque ils sont dignes, etc., de s’asseoir, s’apprend de ce qui est écrit « tous les citoyens » (terme de futur) – c’est-à-dire que nous prenons la force et cela s’étend de la brillance qui sera pour le futur, qui sera la révélation de l’Essence, comme il est écrit « ton Maître ne se cachera plus ».
m) L’ORDRE DES SERVICES DE ROSH HASHANA, YOM KIPPOUR ET SOUCCOT
Selon ce qui précède, on comprendra aussi l’ordre dans les services de Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot. Le concept est, selon l’ordre dans la Torah et les mitsvot où « généralités et détails ont été dits » – d’abord les concepts sont de manière générale, et ensuite ils s’étendent aux détails.
De même dans l’ordre du service de Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot. Car la Torah dans sa complétude est en abondance de détails, comme il est écrit : « Soixante sont les reines, quatre-vingts les concubines, et les jeunes filles sans nombre. » Nos Sages ont enseigné que « soixante sont les reines » – ce sont les Mishnayot, « quatre-vingts les concubines » – ce sont les Baraïtot, « et les jeunes filles sans nombre » – ce sont les enseignements des Sages et les paroles des Amoraïm.
Avant cela, il y a la Torah telle qu’elle est dans la Torah écrite, comme le dit l’expression « celui qui est habitué au Talmud, d’où ces choses ? C’est que le verset dit. » Tout cela est le concept de la Torah telle qu’elle est de manière de détails et de détails des détails.
Cependant, il existe aussi la Torah telle qu’elle est de manière générale – « ses généralités et ses règles précises, toutes ont été dites depuis le Sinaï ». Dans l’énonciation même des généralités et des détails, d’abord ont été énoncées les généralités, et ensuite les détails.
D’abord ont été énoncés les Dix Commandements dans lesquels sont inclus tous les détails de la Torah. Les Dix Commandements eux-mêmes sont inclus dans les deux paroles « Anokhi » (Je suis) et « Lo yihyé lekha » (Tu n’auras pas), comme il est dit dans le Tanya. Ces deux paroles sont incluses dans « Anokhi » qui est le premier mot de la première parole.
Dans « Anokhi » lui-même, la lettre Alef est son initiale. Dans cette Alef sont incluses toutes les généralités de la Torah. Car la lettre Alef indique un concept de généralité.
Il est dit dans le Talmud de Jérusalem que la parole « Anokhi » est alludée dans ce qui est écrit « Shema Israël Hashem Elokeinou » (Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu). Il est connu dans l’explication du mot « E’had » (Un) que le ‘Het indique les sept cieux et la terre, le Dalet les quatre directions du monde, et le Alef devant eux correspond au Saint béni soit-Il, Maître du monde, comme cité dans le Beit Yossef du Semak, comme cité et expliqué en de nombreux endroits.
De cela on comprend que le Alef de « Anokhi » (lié au « E’had » de Shema Israël) est la généralité qui inclut toute la Torah entière.
n) ROSH HASHANA – LA PLUS GRANDE GÉNÉRALITÉ
De même est le concept de l’ordre des services de Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot (le début de l’influence est de manière générale, et ensuite elle s’étend aux détails).
Concernant Rosh Hashana (qui est alors au niveau de la plus grande généralité), nos Sages ont dit : « La mitsva du jour est le shofar. » Bien que ce jour soit terrible, redoutable et saint, néanmoins sa mitsva n’est qu’une seule mitsva, et dans la mitsva elle-même, tous les sons sont valables avec le shofar.
Car la mitsva de Rosh Hashana est seulement un concept unique. Même dans la raison et la compréhension de la mitsva, elle est au-dessus des détails, et comme le dit Rambam : « Le son du shofar à Rosh Hashana est un décret de l’Écriture » – c’est-à-dire au-dessus de la compréhension et de l’appréhension de l’intellect.
Car dans la compréhension et l’appréhension il doit y avoir mesure et limites, comme on comprend simplement, mais le son du shofar qui est au-dessus de la compréhension et de l’appréhension (décret de l’Écriture) est au-dessus de la mesure et des limites.
o) YOM KIPPOUR – L’ENCENS
De même dans le concept du service de Yom Kippour : bien qu’il y ait en lui une abondance de services, néanmoins le service particulier qui s’y trouve est le service de « et le nuage d’encens couvrira », comme expliqué ci-dessus.
Ce service se fait dans le Kodesh Hakodashim, le niveau de « un » dans l’espace, au moment de « une fois par an », et par le Cohen Gadol, le niveau de « un » dans l’âme.
Et plus encore, l’encens doit être alors de manière « fine parmi le fin ». Bien que le service de l’encens en général devait être « du fin », ce n’est pas comme l’élévation de l’encens au jour saint, une fois par an, où l’encens est de manière « fine parmi le fin » – ce qui montre qu’on atteint le point de l’existence.
p) SOUCCOT – L’EXTENSION AUX DÉTAILS
Ensuite vient l’influence dans les détails, et dans les détails eux-mêmes, le mode d’influence est de niveau en niveau.
Le début de l’influence est dans la Soucca (car Soucca est nommée d’après « sekhakha » – couverture). Cette influence est encore au-dessus de la division, car dans le se’kha’kh il n’est pas pertinent de diviser, contrairement aux parois, etc.
Le mode d’influence dans le se’kha’kh est comme son nom : se’kha’kh parce qu’il couvre l’homme d’en haut, au point que cela même (qu’il couvre d’en haut) est de manière d’ombre spécifiquement et non de lumière révélée. C’est spécifiquement alors, quand « son ombre est abondante », etc., qu’on accomplit la mitsva de Soucca.
Mais ensuite il faut faire descendre cette influence aussi dans les détails. C’est le concept de la mitsva de « vous habiterez comme vous demeurez » – il faut introduire sous l’ombre de la Soucca tous les aspects de sa vie dans tous leurs détails et détails des détails, et par cela on fait de chaque détail un concept de mitsva.
C’est-à-dire que bien que durant toute l’année entière il faille un grand service au point qu’il y ait « dans toutes tes voies connais-Le », et « le sage sera reconnu dans son manger, son boire, son commerce, etc. », néanmoins pendant la fête de Souccot, du côté même de l’accomplissement de la mitsva (même sans le service de « dans toutes tes voies connais-Le »), quand on fait ces choses dans la Soucca, on accomplit la mitsva de « dans les Soukkot vous habiterez » (bien que ce soient des concepts de manger, boire, commerce, etc., comme mentionné dans le Rambam cité ci-dessus).
q) LES QUATRE ESPÈCES – L’INTÉRIORITÉ
Ensuite il faut faire descendre cette influence (le niveau de « un » dans la Soucca une qui brillera de manière révélée pour le futur, comme expliqué ci-dessus dans « tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot ») plus profondément, pour qu’elle s’étende dans l’intériorité de l’âme (aussi maintenant).
C’est le concept de la mitsva de « et vous prendrez pour vous » (mitsva des quatre espèces) – il doit y avoir un concept de prise, et la prise doit être « pour vous » – atteindre la poitrine, et par cela l’influence s’étend dans son cœur à l’intérieur. Ou dans le langage connu : on fait descendre dans la Nouqva de Ze’ir Anpin qui se tient dans la poitrine de Ze’ir Anpin, comme expliqué longuement dans les discours, et particulièrement dans les discours du Baal Hahilloula (celui dont c’est l’anniversaire du décès).
r) L’UNITÉ DANS LES QUATRE ESPÈCES
Selon ce qui précède, que par la prise des quatre espèces s’étend dans l’intériorité le niveau de « un » (qui s’est étendu d’abord à Yom Kippour par le service dans les trois niveaux de « un » dans shanah, olam, nefesh, et ensuite dans la Soucca une), on comprend que même quand l’influence vient dans les détails (dans la mitsva des quatre espèces), ce sont des détails dans lesquels est visible, révélé et souligné le concept de « un ».
Le concept est, comme expliqué longuement dans le discours « Vekakha » du Baal Hahilloula, que dans ces quatre espèces est visible le concept de l’unité.
Dans le loulav – « kefot temarim » (branches de palmier) est écrit défectivement, et nos Sages ont enseigné qu’il doit y avoir « kefot » (liées). Bien que dans le loulav il doive y avoir tant de feuilles, néanmoins pour accomplir la mitsva il faut les lier l’une à l’autre. Aussi, chaque feuille est pliée de deux côtés, ce qui aussi indique qu’elles sont dans l’unité, etc., et indique aussi la complétude. C’est pourquoi dans le loulav se voit de manière révélée le concept de l’unité.
Dans les hadassim (myrtes) qui sont appelés « branche d’arbre touffu » – « touffu » spécifiquement, pour qu’il y ait « trois dans un nœud », c’est-à-dire qu’il faut qu’il y en ait au moins trois, mais dans un seul nœud spécifiquement. Cela indique aussi l’unité. C’est pourquoi ils sont appelés « branche » (terme singulier), et aussi « touffu », qui indique l’unité.
Et l’arava (saule) – « saules de rivière » – est aussi appelée dans la Guemara « a’houina » parce qu’elles poussent en fraternité, en groupes. Bien qu’elles soient « saules » (pluriel), néanmoins, même si chaque saule pousse par elle-même, elle s’unit avec les autres en « a’houina », du terme « unification ». Cela indique le concept de l’unité.
Et plus encore, suprême sur toutes, est l’unité dans l’etrog, et pour cette raison il est mentionné en premier dans l’Écriture : « et vous prendrez… le fruit de l’arbre magnifique ».
Le concept est le suivant : dans la Guemara ils ont enseigné que ce qui est écrit « fruit de l’arbre magnifique » fait référence à l’etrog parce qu’il demeure sur son arbre d’année en année.
Car dans une année complète il y a un changement des saisons d’un extrême à l’autre, et l’etrog supporte tout cela.
Le Baal Hahilloula ajoute une autre analyse précise : non seulement l’etrog supporte les changements des saisons, mais encore il grandit grâce à eux. Il apporte comme preuve de cela une chose merveilleuse : s’il demeurait sans grandir, ce serait impossible, car il se gâterait, Dieu nous en préserve [puisque l’etrog est une plante].
De cela la preuve qu’au contraire, l’etrog grandit de cela même que passent sur lui les quatre saisons de l’année.
C’est le concept de l’unité dans l’etrog : en lui s’unissent tous les changements des saisons de l’année d’une telle manière que c’est spécifiquement par tous ensemble qu’il grandit au point de devenir « fruit de l’arbre magnifique » [et au point que de la magnificence qui est dite dans l’etrog on apprend la magnificence dans les trois autres espèces].
s) L’UNITÉ SPIRITUELLE DES QUATRE ESPÈCES
De même il y a l’unité dans les quatre espèces dans leur concept dans le service spirituel de l’âme. Car il est connu de ce qui est dit dans le Midrash que les quatre espèces du loulav correspondent aux quatre catégories parmi Israël – depuis la catégorie correspondant à l’etrog qui a goût et odeur (Torah et bonnes actions) jusqu’à la catégorie correspondant au saule qui n’a ni goût ni odeur.
Il faut unifier toutes les catégories, et c’est spécifiquement par le fait qu’ils feront tous une seule agoudah (gerbe) qu’alors se fait « faire Ta volonté d’un cœur complet ».
Comme il est dans le sens simple que c’est spécifiquement par l’unification de toutes les espèces qu’il est possible d’accomplir la mitsva des quatre espèces, et par cela commence « notre fête » de manière « et vous vous réjouirez devant l’Éternel », et de cela l’homme fait descendre ensuite dans son service durant toute l’année entière.
t) CONCLUSION – LE LIEN ENTRE LES MITSVOT
Selon ce qui précède, on comprend les détails mentionnés ci-dessus, le lien de la mitsva de prise des quatre espèces à la mitsva d’habiter dans la Soucca, et aussi l’ordre dans ces mitsvot.
Qu’après avoir accompli la mitsva de « dans les Soukkot vous habiterez » – c’est-à-dire que s’est étendu chez lui de manière d’habitation le niveau de la Soucca une comme elle illumine et donne la force au point de s’étendre aussi à notre époque encore avant qu’il y ait l’extension de l’Essence pour le futur (dont il est écrit « tous les citoyens », terme de futur) – ensuite, par la prise des quatre espèces, on fait descendre cette influence au niveau de l’intériorité.
Par l’influence dans l’intériorité par les quatre espèces, on arrive au concept de Sim’hat Beit Hashoéva.
Comme expliqué longuement par le Baal Hahilloula, que par les quatre espèces on produit la joie de manière « et vous puiserez de l’eau avec joie », que même dans l’eau il y a joie.
Car bien qu’il n’y ait de joie que dans le vin, néanmoins un Juif par son service dans la prise des quatre espèces produit dans l’eau qu’il y ait le concept de la libation d’eau, et par cela se fait le concept de la joie – « et vous puiserez de l’eau avec joie » – au point que « celui qui n’a pas vu la joie de Sim’hat Beit Hashoéva n’a pas vu de joie de sa vie ».
Au contraire, pour qu’il voie la joie dans sa vie, il doit voir, prendre force et explication, et aussi l’explication dans l’intellect, de Sim’hat Beit Hashoéva.
u) CONCLUSION FINALE
C’est ce qui est écrit « dans les Soukkot vous habiterez sept jours, tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot » : qu’après le service de « sonnez du shofar au mois » à Rosh Hashana, où alors l’influence est encore de manière cachée, ensuite viennent les dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour dont il est dit « Cherchez l’Éternel quand Il se trouve, appelez-Le quand Il est proche », et « Sa parole du Saint béni soit-Il est considérée comme acte », et se fait un acte en pratique – se fait « cherchez » et « appelez-Le » en pratique.
Cela produit ensuite les quatre jours entre Yom Kippour et Souccot, où alors la Torah de vérité témoigne que tous les Juifs et chaque individu d’Israël sont occupés aux mitsvot.
Après la préparation (dans ces quatre jours) – « tu feras pour toi la fête de Souccot », etc. (avec toutes les explications en cela) [car aussi la fabrication de la Soucca est incluse dans la mitsva, comme l’Admour Hazaken a écrit dans son Choul’han Arou’kh comme décision halakhique dans la raison de la décision qu’on ne fait pas de bénédiction sur sa fabrication parce que ce n’est pas l’achèvement de la mitsva, et la bénédiction Shehe’heyanou fait référence aussi à la fabrication] – ensuite vient pendant la fête de Souccot l’accomplissement de la mitsva elle-même : « dans les Soukkot vous habiterez sept jours ».
Immédiatement le lendemain matin (à l’aube et au lever du soleil) vient la mitsva des quatre espèces : « et vous prendrez pour vous le premier jour le fruit de l’arbre magnifique, des branches de palmier, des rameaux d’arbre touffu et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l’Éternel votre D.ieu. »
Au point qu’on arrive à Sim’hat Beit Hashoéva – se fait la grandeur de la joie de « et vous vous réjouirez » de manière que « celui qui n’a pas vu la joie de Sim’hat Beit Hashoéva n’a pas vu de joie de sa vie ».
Alors on mérite que très bientôt se réalise « tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot » en pratique (et pas seulement dignes d’habiter), car viendra la Rédemption véritable et complète par Machia’h notre Juste.
Alors se fera l’accomplissement de la mitsva de « et vous vous réjouirez devant l’Éternel » dans la complétude et selon la Torah, que son accomplissement sera dans le Temple, le troisième Temple, « Sanctuaire de l’Éternel que Tes mains ont établi », très bientôt.
Qu’il vienne nous racheter et nous conduise la tête haute vers notre terre, qu’il bâtisse le Temple à sa place, qu’il rassemble les dispersés d’Israël, « et à l’Éternel sera la royauté ».
En prélude à cela se fera comme il est écrit : « Alors Je transformerai pour les peuples une langue pure… pour Le servir d’un même accord » – cela s’étend de manière révélée par l’offrande des soixante-dix taureaux pendant la fête de Souccot.
Rabbi Chmouel Shneersohn, 4ème Rabbi de Loubavitch, naquit dans le village de Loubavitch, le 2 Iyar 1834 (Tiférèt de Tiférèt). Le Tséma’h Tsédèk lui donna le nom d’un Tsadik caché, qui était porteur d’eau dans la ville de Polotsk. Le Tséma’h Tsédèk eut sept fils et deux filles. Rabbi Chmouel est le cadet des fils.
Jeunesse et mariages
Dans son jeune âge, il se distingua par sa mémoire et son intelligence prodigieuse. Ses études furent particulièrement fructueuses. En 1848, il épousa, en première noce, la Rabbanit Sterna, fille de son frère, Rabbi ‘Haim Chnéor Zalman, le Rabbi de Lyadi. Mais la Rabbanit tomba malade et quitta ce monde trois mois après son mariage. En 1849, il épousa la Rabbanit Rivka.
Activités communautaires
C’est en 1855 qu’il se consacra, sur l’ordre de son père, aux besoins de la communauté. Son activité le conduisit également à rencontrer les responsables communautaires d’autres pays. C’est pour cela qu’il se rendit en Italie (1858), en Allemagne (1859) et en France (1868).
Direction du mouvement ‘Habad
C’est en Nissan 1866 qu’il prit la tête des ‘hassidim ‘Habad. Dès le début de l’année, son père l’avait chargé de commenter publiquement la ‘Hassidout et avait dit aux ‘hassidim: « Vous l’écouterez comme vous m’avez écouté. » À la fin de l’année 1882, il tomba malade et quitta ce monde dans la nuit du mardi 13 Tichri 1882. Il fut enterré à Loubavitch, près de son père.
Une vie discrète
On ne sait, somme toute, que peu de choses de la vie du Rabbi Maharach, qui ne dura que 48 ans et demi. Même ses interventions communautaires restèrent secrètes et, pour la plupart, ne furent pas révélées. Par ailleurs, il fut malade et faible tout au long de sa vie et ses multiples activités l’empêchèrent de recouvrer pleinement la santé.
Descendance
Il eut quatre fils et deux filles: Rabbi Chnéor Zalman, le Razo, Rabbi Chalom Dov ber, le Rabbi Rachab qui allait lui succéder, Rabbi Avraham Sender, qui décéda à l’âge de huit ans. Doué de capacités hors du commun, il avait l’âme de l’Admour Hazaken. Le quatrième fils fut Rabbi Mena’hem Mendel qui est enterré à Tsfat. Les filles du Rabbi Maharach furent la Rabbanit Devora Léa et la Rabbanit ‘Haya Mouchka.
À Brooklyn, une mère désemparée par l’éloignement de son fils vint implorer le Rabbi de Loubavitch de lui indiquer le chemin qui le ramènerait au foyer. La réponse qu’elle reçut, d’une simplicité déroutante, tenait en quelques mots : préparer une table de Chabbat. Ce conseil, qu’elle suivit sans le comprendre, allait transformer sa maison tout entière et rouvrir la porte à l’enfant perdu.
Rav Schneor Ashkenazi
Le cri d’une mère
À Brooklyn, dans une famille semblable à tant d’autres, le silence s’était installé comme une ombre tenace. L’un des fils avait largué les amarres. Plus de Tefilin à l’aube, plus de Kippa sur la tête : il s’était détourné du foyer et de la tradition, laissant derrière lui une chaise vide et des parents rongés par l’inquiétude. De lui ne subsistait qu’un appel furtif, une fois par mois, tel un signal lointain lancé depuis une autre rive, juste assez pour dire : « Je suis vivant. »
À bout de forces, la mère obtint une audience auprès du Rabbi de Loubavitch. La voix brisée, les yeux noyés de larmes, elle l’implora :
« Rabbi, dites-moi… comment le ramener à la maison ? »
La réponse tomba, limpide, presque déconcertante :
« Préparez une table de Chabbat. »
Une table de Chabbat ? Pour un fils qui ne respectait plus le Chabbat ? La réponse paraissait étrangère au drame qu’elle traversait. Mais elle savait que le Rabbi ne prononçait jamais une parole en vain. Sans en saisir le sens, elle résolut d’obéir.
Une table qui se transfigure
Dès le dimanche suivant, quelque chose se mit à changer. La mère prit l’habitude de s’asseoir auprès de chacun des enfants demeurés à la maison pour lui poser une question toute simple :
« Quel est ton plat préféré ? »
Semaine après semaine, la table du vendredi soir et du samedi se métamorphosa. Le parfum d’une soupe réconfortante et de boulettes fumantes emplissait la demeure. Chaque enfant découvrait à sa place une petite carte portant quelques mots tendres écrits pour lui seul. Le père, jusque-là distant et taciturne, se déridait peu à peu : il interrogeait chacun sur ce qu’il avait appris, écoutait, encourageait, souriait. Le Chabbat, naguère vécu comme une contrainte, devenait une fête, une célébration de l’amour familial. Les enfants redécouvraient le bonheur tout simple d’être réunis.
Et pourtant, une place restait vide. L’absent demeurait au cœur des parents comme une blessure ouverte. Mais chaque dimanche, inlassablement, la même question revenait : « Qu’est-ce que tu aimes ? » Et, Chabbat après Chabbat, c’est l’âme même du foyer qui se transformait.
Le miracle du foyer
Un mois plus tard, le jour de Roch ‘Hodech, le téléphone sonna. C’était lui, fidèle à son rendez-vous mensuel, venu signaler qu’il était toujours en vie.
Son frère se précipita sur le combiné :
« Mena’hem, tu ne peux pas imaginer ce qui se passe ici ! Papa et maman… ils se sont mis à nous aimer ! »
Le jeune homme n’en crut pas ses oreilles. Sa mémoire ne gardait que des nuits glaciales, des éclats de voix et des larmes. Il voulut en avoir le cœur net et décida de venir constater par lui-même.
Sur le quai de la gare, il s’attendait à des reproches, à un sermon, à des regards chargés de griefs. Rien de tout cela. Son père l’accueillit sans l’interroger sur sa vie ni sur ses choix, et l’installa simplement à ses côtés, avec une douceur désarmante. Puis vint un autre Chabbat, et un autre encore. La porte demeurait grande ouverte, et l’amour accomplit patiemment son œuvre. Jusqu’au jour où le fils revint vivre sous le toit familial, pour de bon.
Le véritable service divin
De cette épreuve, la famille tira une vérité profonde : manger et boire avec intention et avec amour n’est pas moins saint que la prière.
On a trop souvent tendance à réduire le service d’Hachem aux temps forts de l’année : la solennité des fêtes, le recueillement à la synagogue, l’intensité des Dix Jours de Techouva. Or ces moments ne sont, en vérité, qu’une préparation. Ils servent à allumer le four, à attiser le feu qui devra brûler tout au long de l’année.
Le véritable travail commence au-delà des murs de la synagogue. Il s’accomplit au cœur de la vie quotidienne, autour d’une table dressée, d’un plat préparé avec amour, d’un mot tendre glissé à l’oreille d’un enfant. C’est là que l’on repousse les frontières de la sainteté, et que l’on fait résider la Présence divine précisément là où elle semblait absente.
Le combattant de réserve blessé ce mercredi dans l’attentat à la voiture bélier sur la route 443, près du barrage de Makkabim, est Neria Dov Leiter, fils du Dr Ye’hiel Leiter, ambassadeur d’Israël à Washington. Âgé d’une trentaine d’années et habitant de la Samarie, il a été transporté inconscient, sous sédation et intubé, à l’hôpital Chaarei Tsedek de Jérusalem avec un grave traumatisme crânien. Sa famille, déjà endeuillée par la chute du fils aîné à Gaza, demande à tout le peuple juif de prier pour Neria Dov Ben ‘Hanna.
Un combattant touché en pleine mission
Le nom du soldat de réserve grièvement blessé aujourd’hui, mercredi, dans l’attentat à la voiture bélier survenu sur la route 443 a été autorisé à la publication. Il s’agit de Neria Dov Leiter, âgé d’environ trente ans, habitant de la Samarie et fils de l’ambassadeur d’Israël aux États Unis, le Dr Ye’hiel Leiter.
Neria a été touché alors qu’il participait à une activité opérationnelle conjointe dans le secteur du barrage, non loin de Beth ‘Horon. Il a été évacué vers l’hôpital Chaarei Tsedek de Jérusalem, inconscient, plongé dans un coma artificiel et placé sous respiration assistée. Pour la famille Leiter, c’est une nouvelle épreuve terrible, après la perte, au début de la guerre des Glaives de fer (‘Harvot Barzel), du fils aîné, le commandant Moché Yedidia Leiter, de mémoire bénie.
Le message de l’ambassadeur : « Neria a besoin d’un miracle »
Ye’hiel Leiter, qui représente Israël à Washington, devait prendre part à la visite du Premier ministre Binyamin Netanyahou à New York, en vue de son discours devant l’Assemblée générale des Nations unies.
L’ambassadeur a écrit : « Je remercie Tsahal ainsi que l’équipe médicale de Chaarei Tsedek, qui lutte en ce moment pour la vie de Neria Dov Ben ‘Hanna, et je remercie le peuple d’Israël pour ses prières. Je crois en la force de la prière, et je crois que lorsque le peuple d’Israël s’unit, des miracles se produisent. Neria a besoin d’un miracle. Il a continué à servir dans la réserve après avoir perdu son frère aîné, Moché Yedidia Leiter Hy »d, et il a accompli des centaines de jours de réserve sur différents fronts depuis le 7 octobre. Le terrorisme palestinien cherche à arracher le peuple d’Israël à sa terre. Eux choisissent la mort, nous choisissons la vie. »
Le déroulement de l’attaque
L’attentat s’est produit dans l’après midi sur la route 443, à proximité de Beth ‘Horon. Un terroriste a brusquement accéléré au volant de son véhicule et a percuté avec violence une voiture de police à bord de laquelle se trouvaient une policière et un soldat de réserve, engagés dans une opération conjointe, avant de faucher Neria Leiter.
Les soldats de Tsahal présents sur place ont immédiatement ouvert le feu et neutralisé le terroriste. Les équipes médicales ont prodigué à Neria les premiers soins vitaux sur le terrain, puis l’ont évacué vers Chaarei Tsedek. Souffrant d’un traumatisme crânien, son état est jugé grave.
Une vague de soutien à Eli et dans tout le pays
À la suite de l’attentat, le secrétariat de la localité d’Eli a adressé aux habitants un message empreint d’émotion : « Neria Leiter, le fils de ‘Hani, a été grièvement blessé aujourd’hui dans l’attentat à la voiture bélier. Prions tous pour sa guérison, ainsi que pour celle de tous les malades et blessés de Tsahal et d’Israël : Neria Dov Ben ‘Hanna. Bessorot Tovot. »
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré : « Je prie pour le prompt rétablissement de Neria Leiter, combattant de réserve de Tsahal grièvement blessé dans l’attentat au barrage de Makkabim, fils de l’ambassadeur d’Israël aux États Unis, Ye’hiel Leiter. Ye’hiel, je te soutiens, toi et ta famille, et je prie avec tout le peuple d’Israël pour la guérison de ton fils. Je salue les combattants héroïques qui ont neutralisé le terroriste. Aux soldats de Tsahal et aux forces de sécurité, je dis : je crois en vous et je compte sur vous. Nous ne laisserons pas le terrorisme relever la tête. »
Le père du blessé, le Dr Ye’hiel Leiter, a été nommé ambassadeur d’Israël à Washington pour succéder à Mike Herzog, et il a pris ses fonctions en janvier 2025.
Le président du conseil régional de Samarie, Yossi Dagan, a lui aussi réagi : « Nous prions avec tous les habitants de la Samarie pour la guérison du blessé et nous soutenons sa famille en cette heure difficile. Le conseil apportera son aide au dispositif de prise en charge des blessés ainsi qu’à la famille, et, avec la communauté, nous les entourerons et les soutiendrons de toutes nos forces. Face au terrorisme meurtrier, il faut agir avec fermeté et rétablir la dissuasion. »
Une famille à nouveau éprouvée
La grave blessure de Neria replonge sa famille dans la douleur du deuil qui l’a frappée durant la guerre des Glaives de fer. Son frère, le commandant de réserve Moché Yedidia Leiter, de mémoire bénie, est tombé le 10 novembre 2023 lors des combats dans le nord de la bande de Gaza.
Moché avait auparavant servi comme commandant de section au sein de l’unité d’élite Chaldag, et, pendant la guerre, il commandait une compagnie du bataillon 697 de la brigade ‘Hetsi Haech. Il a été tué alors qu’il inspectait un puits de tunnel piégé, près d’une mosquée de la ville de Beth Hanoun. Il a laissé derrière lui son épouse et six orphelins, ses parents, ainsi que sept frères et sœurs, parmi lesquels Neria.
Un appel à la prière
Dans les heures qui ont suivi l’attentat, la route 443 a été fermée à la circulation dans les deux sens entre le barrage de Makkabim et Beth ‘Horon, tandis que les forces de sécurité menaient des ratissages et élargissaient l’enquête.
À Eli comme dans tout le pays, un appel est lancé au public pour prendre d’assaut les portes du Ciel et prier pour la guérison complète du combattant Neria Dov Ben ‘Hanna.
Tout au long de la fête, la Torah nous invite à faire de la Souccah notre véritable demeure, et le sommeil fait partie intégrante de cette résidence. Pourtant, depuis des siècles, de nombreuses communautés se montrent indulgentes sur ce point, et les ‘Hassidim Habad ont pour coutume de ne pas y dormir du tout. Des sources talmudiques aux explications du Rabbi, retour sur une pratique qui puise sa raison profonde dans la sainteté même de la Souccah.
L’obligation : la Torah demande de « résider » dans la Souccah comme dans sa maison, et le sommeil en fait partie. Les Sages sont même plus stricts pour le sommeil que pour le repas.
Un débat sur sa nature : pour certains, c’est seulement une interdiction de dormir dehors. Pour d’autres (Rachi, le Rema, l’Admour Hazakène), c’est une partie de la Mitsva. Selon le Rabbi, l’essentiel de la Mitsva s’accomplit de toute façon par le repas.
Une indulgence ancienne : depuis Sim’hat Beth Hachoéva au temps du Temple, puis chez les Rishonim et dans de nombreuses communautés, on ne dormait souvent pas dans la Souccah, à cause du froid, de l’absence de l’épouse ou de la crainte des voleurs.
La raison de Habad : selon l’Admour Haemtsaï, la sainteté de la Souccah, où brillent les Makifim de Bina, empêche d’y dormir. Ceux qui ne la ressentent pas suivent leurs maîtres, et « celui qui souffre est dispensé ».
La position du Rabbi : ce n’est pas une directive, et dormir dans la Souccah « n’est pas un péché ». En 5750 (1989), il a pourtant défendu fermement cette coutume face à une polémique qu’il jugeait source de discorde.
Une obligation aux contours débattus
Le sommeil dans la Souccah constitue l’un des détails de la Mitsva de résider dans la Souccah, que le peuple d’Israël est tenu d’observer durant la fête de Souccot. Les décisionnaires divergent toutefois sur la portée exacte de cette obligation. Selon certains, il n’existe aucune obligation positive de dormir dans la Souccah, mais seulement l’interdiction de dormir à l’extérieur ; selon d’autres, le sommeil est en lui même une Mitsva, bien que, même selon cette opinion, l’essentiel de l’installation dans la Souccah se réalise et dépende de l’acte de manger.
À certains égards, les règles du sommeil dans la Souccah sont même plus rigoureuses que celles du repas. Néanmoins, depuis l’époque des Rishonim, de nombreuses communautés se sont montrées indulgentes quant à l’obligation d’y dormir, et leur coutume est rapportée dans les écrits des décisionnaires. La littérature halakhique avance diverses raisons à cette indulgence : pour les uns, elle tient au froid qui règne à cette saison dans de nombreux pays, en vertu du principe selon lequel « celui qui souffre est exempté de la Souccah » ; pour d’autres, c’est l’impossibilité de dormir auprès de son épouse dans la Souccah qui dispense l’homme de cette obligation.
Les ‘Hassidim Habad ont pour coutume de ne pas dormir dans la Souccah. Outre les raisons d’indulgence évoquées, cette pratique repose sur une parole de l’Admour Haemtsaï, selon laquelle la sainteté de la Souccah ne permet pas d’y dormir, ainsi que sur la conduite de nos maîtres et dirigeants, qui n’y dormaient pas. Dans ses discours, le Rabbi a éclairé plusieurs aspects de cette parole de l’Admour Haemtsaï : comment elle justifie la coutume des ‘Hassidim qui ne perçoivent pas eux mêmes cette sainteté ; comment la sainteté de la Souccah peut entraver l’accomplissement de la Mitsva elle même ; et comment, malgré cela, les grands de chaque génération, qui ressentaient pleinement cette sainteté, y dormaient néanmoins.
L’origine de l’obligation
Nos Sages ont déduit l’obligation de dormir dans la Souccah du verset de la Torah : « Vous résiderez dans des cabanes durant sept jours ; tout citoyen en Israël résidera dans des cabanes » (Vayikra, Lévitique 23, 42).
Commentant ce verset, les Sages ont interprété l’expression « vous résiderez » au sens de « comme vous habitez » : de même que l’on demeure toute l’année dans sa maison, la Torah ordonne de quitter sa demeure habituelle pour s’établir dans la Souccah. C’est ainsi que la Michna enseigne : « Durant les sept jours, l’homme fait de sa maison une demeure provisoire et de sa Souccah une demeure permanente. »
L’obligation de dormir dans la Souccah découle de ce principe. Elle est mentionnée dans la Michna du traité Souccah, au deuxième chapitre : « Celui qui dort sous un lit dans la Souccah ne s’est pas acquitté de son obligation. » Les Sages se sont en outre montrés plus stricts pour le sommeil que pour le repas : « Nos maîtres ont enseigné : on peut prendre un repas occasionnel hors de la Souccah, mais on ne peut pas faire même un somme occasionnel hors de la Souccah. » La raison en est qu’un repas occasionnel ne risque pas de se transformer en repas véritable, alors que pour un court somme, on craint « qu’il ne sombre dans un sommeil profond ». La Guemara rapporte également la conduite de plusieurs Tanaïm au sujet des modalités du sommeil dans la Souccah.
C’est en ce sens que le Rambam a tranché dans son code : « On mange, on boit et on dort dans la Souccah durant les sept jours, le jour comme la nuit. Il est interdit de prendre un repas hors de la Souccah durant ces sept jours, à moins de manger un repas occasionnel de la taille d’un œuf, ou légèrement plus ou moins. Et l’on ne dort pas hors de la Souccah, pas même un somme occasionnel. »
Sur la base de ces sources, le Tour, le Choul’han Aroukh, le Rema et l’Admour Hazakène ont statué de la même manière.
La nature de l’obligation
Les Sages ont défini l’obligation de résider dans la Souccah durant la fête par la formule « vous résiderez comme vous habitez » : la manière de vivre dans la Souccah doit être conforme et semblable à la résidence permanente de l’homme. Parmi les éléments de cette définition figurent le fait de manger, de boire, de se promener et de dormir. Les décisionnaires divergent cependant sur la définition exacte de l’obligation du sommeil.
Le Gaon de Rogatchov, Rav Yossef Rozin, dans son ouvrage Tsafnat Pa’anéa’h, tire une déduction de la formulation employée par les Sages dans la Guemara et par le Rambam lorsqu’ils décrivent les devoirs de l’homme dans la Souccah : « Comment s’accomplit la Mitsva de résider dans la Souccah ? On y mange, on y boit et on y habite… ainsi qu’il est dit : « Vous résiderez dans des cabanes durant sept jours ». » Il en ressort, selon lui, que la Mitsva de résider dans la Souccah impose de manger et de boire, résider dans la Souccah signifiant précisément y manger et y boire, tandis que le sommeil ne relève pas d’une obligation positive mais d’une interdiction. Autrement dit, la loi prévoit que celui qui dort durant les jours de Souccot n’a pas le droit de dormir hors de la Souccah, sans qu’il existe pour autant une obligation positive de dormir spécifiquement dans la Souccah. Le sommeil ne fait donc pas partie de la Mitsva de résider dans la Souccah, et c’est pourquoi le Rambam n’écrit que dans la loi suivante : « On mange, on boit et on dort dans la Souccah. »
Selon ce raisonnement, l’interdiction de dormir hors de la Souccah ne tient pas au fait que le sommeil serait une composante active de la Mitsva, mais au fait qu’en dormant dehors, l’homme montre que sa résidence n’est pas dans la Souccah. On peut également déduire cette approche des paroles de Rav Yossef Caro, l’auteur du Choul’han Aroukh, qui reprend la formule du Rambam « Comment s’accomplit la Mitsva de résider dans la Souccah » sans y mentionner le sommeil, et n’ajoute qu’au paragraphe suivant qu’il existe aussi une obligation de dormir dans la Souccah.
Ce raisonnement explique également pourquoi l’on ne récite pas de bénédiction sur le sommeil : dormir dans la Souccah ne constitue pas, à proprement parler, une Mitsva.
Certains Rishonim contestent toutefois cette analyse et considèrent que l’obligation de dormir fait partie intégrante de la Mitsva, au même titre que manger et boire. Rachi écrit ainsi : « L’essentiel de la résidence dans la Souccah consiste à manger, boire et dormir. » Le Rema a statué dans le même sens dans sa glose, en ajoutant aux paroles de l’auteur au premier paragraphe : « Comment s’accomplit la Mitsva de la Souccah ? On y mange… « et on y dort »… durant les sept jours. » Cet ajout semble superflu, puisque l’auteur mentionne lui même l’obligation de dormir au paragraphe suivant ; mais le Rema entend justement souligner que le sommeil fait partie de la Mitsva de résider dans la Souccah. Telle est aussi l’opinion du Tour et celle de l’Admour Hazakène dans son Choul’han Aroukh. Selon eux, si l’on ne récite pas de bénédiction sur le sommeil, c’est parce qu’il est secondaire par rapport à l’essentiel de la Mitsva, le repas, et qu’il est couvert par la bénédiction prononcée sur celui ci.
Dans les Likoutei Si’hot, le Rabbi explique que, même selon l’opinion qui voit dans le sommeil une partie de la Mitsva, il ne s’agit pas d’un commandement particulier. La Mitsva de résider dans la Souccah ne comprend pas une obligation de manger et une autre de dormir, mais une obligation globale de résider dans la Souccah, selon les termes de l’Admour Hazakène : « En règle générale, l’homme doit toujours considérer sa Souccah comme sa maison, et tout ce qu’il ne ferait pas hors de sa maison, il ne le fera pas hors de sa Souccah. » Or, de même que la résidence de l’homme s’exprime avant tout dans son repas, l’essentiel de la résidence dans la Souccah réside dans le repas, sur lequel précisément on récite la bénédiction. Par conséquent, à celui que la Torah dispense de dormir dans la Souccah, il ne manque rien dans l’accomplissement de la Mitsva de résider dans la Souccah.
Une coutume qui traverse les générations
En dépit de la loi simple, on trouve à travers les générations des époques, des lieux et des communautés où l’on n’avait pas coutume de dormir dans la Souccah. En voici l’histoire.
Au temps du Temple : les nuits sans sommeil de Sim’hat Beth Hachoéva
Dès l’époque du Temple, on constate que les participants aux réjouissances de Sim’hat Beth Hachoéva ne dormaient pas dans la Souccah. La Guemara rapporte : « Il est enseigné que Rabbi Yehochoua ben ‘Hanania a dit : lorsque nous nous réjouissions à Sim’hat Beth Hachoéva, nous ne voyions pas le sommeil de nos yeux. Comment cela ? À la première heure, le sacrifice perpétuel du matin ; de là, à la prière ; de là, au sacrifice additionnel ; de là, à la prière de Moussaf ; de là, à la maison d’étude ; de là, au repas et à la boisson ; de là, à la prière de Min’ha ; de là, au sacrifice perpétuel du soir ; et de là, aux réjouissances de Sim’hat Beth Hachoéva. Est ce possible ? Rabbi Yo’hanan n’a t il pas enseigné que si quelqu’un jure de ne pas dormir pendant trois jours, on le frappe de flagellation et il peut dormir aussitôt ? Voici ce qu’il voulait dire : nous ne goûtions pas véritablement au sommeil, car nous sommeillions sur l’épaule les uns des autres » (Souccah 53a).
Rav Chimon ben Tsema’h Duran écrit, dans ses responsa Tachbets, que ce sommeil léger avait nécessairement lieu hors de la Souccah. Le Rabbi en a éclairé le raisonnement : puisque la Guemara précise qu’ils sommeillaient sur l’épaule de leurs compagnons, ce ne pouvait être au moment où ils se trouvaient dans la Souccah. En effet, la Guemara y énumère leur emploi du temps point par point, et leur présence dans la Souccah se limitait au temps du repas et de la boisson, moment où il leur était impossible de dormir sur l’épaule d’un ami ; ce sommeil léger se glissait donc, de manière accessoire, entre les prières et les réjouissances, lorsqu’ils se trouvaient hors de la Souccah. Le Tachbets explique que la permission tenait au fait que sommeiller hors de la Souccah n’est interdit que par décret rabbinique, ce sommeil léger étant à ses yeux assimilé à un somme occasionnel. On lui a cependant objecté que la loi établit que l’obligation de ne pas dormir dehors, même un somme occasionnel, relève de la Torah.
Le Rabbi propose une explication plus simple : ils étaient dispensés de la Mitsva de la Souccah, car celui qui est occupé à une Mitsva est dispensé d’une autre Mitsva. Absorbés par la Mitsva de la joie, ils étaient exemptés de dormir dans la Souccah. Ils veillaient toutefois à manger dans la Souccah, car c’est là l’essentiel de l’accomplissement de la Mitsva, mais ne se souciaient pas d’y dormir puisque, comme expliqué plus haut, le sommeil n’en constitue pas l’essentiel ; en étant dispensés, ils n’en avaient plus aucun besoin.
Au temps des Rishonim
Malgré l’obligation de dormir dans la Souccah, certaines communautés juives se sont montrées indulgentes en pratique et n’y dormaient pas. Les Rishonim en témoignent. Le Meïri écrit ainsi : « Nous aussi avons coutume d’être indulgents : nous n’installons pas nos lits dans la Souccah et n’y dormons pas… mais nos pères et nos maîtres avaient coutume, les premières nuits et les premiers jours, d’y dormir un peu, tout habillés, par amour de la Mitsva. » Le Mordekhaï et Rabbénou Manoa’h ont écrit dans le même sens.
Depuis les décisionnaires du Choul’han Aroukh
Les grands décisionnaires, le Rema, le Levouch, le Maguen Avraham, le Tourei Zahav et d’autres encore, rapportent que la coutume est d’être indulgent et de ne pas dormir dans la Souccah. Cette coutume s’est répandue dans de nombreux pays d’Europe, mais aussi en Afrique du Nord et en Égypte. En Terre d’Israël, en revanche, on avait coutume de dormir dans la Souccah.
Cette indulgence était également la pratique des dirigeants Habad, à partir de l’Admour Haemtsaï, et des ‘Hassidim, qui ne dormaient pas dans la Souccah. C’est aussi la coutume de Belz.
Il convient de souligner que la plupart des décisionnaires qui mentionnent cette coutume ne s’en offusquent pas ; au contraire, ils s’efforcent de la justifier et de la concilier avec la loi de diverses manières. Certains ont toutefois ajouté que celui qui est scrupuleux dans l’accomplissement des Mitsvot devrait se montrer rigoureux et dormir dans la Souccah. Dans leur sillage, des décisionnaires plus tardifs ont écrit que celui qui n’en souffre pas est tenu de dormir dans la Souccah, sans aucune indulgence possible.
Les raisons de l’indulgence
Plusieurs raisons ont été avancées pour justifier cette indulgence.
La première tient au froid. Certains Rishonim ont écrit que la dispense découle de la maladie ou de la souffrance : à cause du froid, dormir dans la Souccah est pénible, voire dangereux. Le Rema, dans son Darkhei Moché, s’interroge cependant sur cette explication, puisque l’on constate que cette coutume est observée même dans des régions où il ne fait pas froid. Il objecte en outre que l’on devrait, semble t il, être tenu d’apporter dans la Souccah oreillers et couvertures pour s’y réchauffer. Sur la base de cette explication, même les décisionnaires rigoureux ont néanmoins écrit que celui qui n’est pas en mesure d’apporter oreillers et couvertures dans la Souccah est dispensé de la Mitsva.
La deuxième raison concerne l’homme et son épouse. Le Rema propose une autre explication : l’obligation du mari dans la Souccah s’entend « l’homme et son épouse ». En effet, il est dit « vous résiderez », que les Sages ont interprété « comme vous habitez » ; or, de même que l’homme habite sa maison avec son foyer, ainsi doit il résider dans la Souccah. Il en conclut que celui qui n’a pas la possibilité d’y dormir avec son épouse en est dispensé, du fait même de la définition de la Mitsva de résider dans la Souccah. Et bien que l’épouse elle même soit dispensée de cette Mitsva, comme de tous les commandements positifs liés au temps, le mari se trouve lui aussi dispensé lorsque son épouse n’a pas de place pour séjourner avec lui dans la Souccah.
Les décisionnaires ont soulevé plusieurs objections contre cette explication. Ils citent notamment la Guemara selon laquelle « tout Israël serait digne de s’asseoir dans une seule Souccah » : dans une telle configuration, nul ne pourrait dormir auprès de son épouse, et pourtant chacun s’acquitterait de son obligation par cette résidence. Ils font également valoir que si la Mitsva portait sur l’homme et son foyer, une Souccah construite de telle sorte que l’on ne puisse y dormir avec son épouse devrait être invalide, puisque celui qui construit une Souccah doit la bâtir de manière à pouvoir y accomplir la Mitsva ; ce n’est que lorsqu’un problème survient après la construction que s’applique la règle de celui qui souffre ou toute règle semblable. Certains A’haronim ont repris cette explication, non pas sur le plan de la définition légale de la Souccah, mais sur celui de la souffrance qu’éprouve l’homme à dormir sans son épouse ; d’autres ont précisé que cela ne vaut qu’au moment du devoir conjugal. D’autres encore ont expliqué la dispense par le principe selon lequel celui qui est occupé à une Mitsva est dispensé d’une autre, puisque l’homme est tenu de réjouir son épouse durant la fête.
Toutes ces explications valent même lorsque l’épouse est en période d’impureté. Quant aux célibataires, certains A’haronim estiment que l’on s’appuie sur l’usage de la majorité des gens, qui se montrent indulgents en vertu du principe « comme vous habitez » ; en particulier, celui qui dépend d’un maître de maison en est dispensé.
Les Rishonim mentionnent enfin une raison supplémentaire : la crainte des voleurs.
La raison selon l’enseignement de la ‘Hassidout : l’honneur et la sainteté de la Souccah
Selon la tradition transmise par les Rabbis Habad, lorsque l’Admour Haemtsaï apprit que certains ‘Hassidim veillaient scrupuleusement à dormir dans la Souccah, il déclara que cela contredisait la sainteté de la Souccah. En effet, ainsi que l’expliquent la Kabbala et la ‘Hassidout, une lumière divine d’un niveau très élevé resplendit dans la Souccah : une lumière enveloppante, les Makifim de Bina.
À diverses occasions, le Rabbi a exposé l’aspect halakhique de cette question, sous l’angle de l’honneur dû à la Souccah et sous celui de la règle de celui qui souffre.
Sous l’angle de celui qui souffre, le Rabbi l’a expliqué en détail dans les discours prononcés lors des Farbrenguen du mois de Tichri 5730 (1969), qu’il a ensuite revus et fait publier dans les Likoutei Si’hot. La conduite des Rabbis Habad, qui ne dormaient pas dans la Souccah, découlait de leur incapacité à y trouver le sommeil, car ils y ressentaient la sainteté. La parole de l’Admour Haemtsaï s’adressait cependant avant tout aux ‘Hassidim qui ne ressentaient pas cette sainteté, et qui n’étaient donc nullement empêchés de dormir, puisqu’ils y dormaient effectivement. Il attendait d’eux que la seule connaissance du fait qu’une lumière enveloppante resplendit dans la Souccah leur rende le sommeil pénible en ce lieu.
Poursuivant cette explication, le Rabbi a éclairé la conduite des ‘Hassidim, y compris de ceux qui ne perçoivent pas la sainteté de la Souccah et n’en éprouvent donc aucune gêne. D’une part, la coutume de leurs maîtres est entre leurs mains, à l’image de la conduite de Rav A’ha, rapportée dans la Guemara, qui tenait à suivre scrupuleusement une pratique précise de son maître, alors même que ce dernier ne la considérait que comme valable a posteriori. D’autre part, puisque les lois de la Souccah comportent la règle de celui qui souffre, les ‘Hassidim y trouvent un appui : par nature, le ‘Hassid aspire à imiter ses maîtres et à suivre leurs directives. Lorsqu’il ne le peut pas, il en souffre, et celui qui souffre est dispensé de la Souccah !
Dans ses lettres, le Rabbi a également expliqué que la coutume des ‘Hassidim de ne pas dormir dans la Souccah tient à l’atteinte portée à la sainteté de la Souccah, ainsi qu’à la règle de celui qui souffre. Il a même précisé pourquoi cette rigueur porte précisément sur le sommeil : celui ci implique de se dévêtir et de se rhabiller, l’homme n’y a plus la maîtrise de ses actes, et bien d’autres considérations encore. Un ‘Hassid éduqué dans l’esprit de la ‘Hassidout éprouve dès lors de la gêne à dormir en un tel lieu.
Réflexions sur la parole de l’Admour Haemtsaï
Si l’Admour Haemtsaï souligne que ce sont précisément les Makifim de la Sefira de Bina qui resplendissent dans la Souccah, c’est parce que cette Sefira, plus que toute autre, exige une conduite d’élévation et de retrait, puisqu’elle constitue le niveau totalement détaché du monde. Les Sefirot qui lui sont inférieures, Zeir Anpin et Malkhout, sont la lumière divine qui se revêt dans le monde et le crée, et c’est à leur sujet qu’il est dit : « En six jours, l’Éternel a fait les cieux et la terre. » Elles n’empêchent donc pas l’homme de vaquer aux affaires du monde. La lumière enveloppante de Bina, elle, détachée du monde, y fait obstacle.
Plusieurs points de cette parole de l’Admour Haemtsaï demandent toutefois à être éclaircis. Premièrement, comment se peut il que la loi impose de dormir dans la Souccah, au point qu’une Souccah impropre au sommeil soit invalide même pour le repas, tandis que son contenu intérieur exclurait le sommeil ? En d’autres termes, comment la Souccah peut elle exiger deux choses contraires ? Deuxièmement, comment cette lumière divine n’a t elle pas troublé le sommeil des grands d’Israël au fil des générations ?
Le Rabbi a répondu à la première question à la lumière de ce qui a été exposé sur la nature de l’obligation du sommeil : la Mitsva ne comporte pas une obligation particulière de dormir, mais une obligation globale de résider dans la Souccah. Pour ceux qui, pour quelque raison que ce soit, ne peuvent pas dormir dans la Souccah, la résidence s’accomplit par le seul repas. Si le sommeil est malgré tout « obligatoire », c’est parce que la Torah s’adresse à la majorité des gens, qui sont capables de dormir dans la Souccah et y sont donc tenus, le sommeil faisant partie de leur résidence. C’est pourquoi l’absence de sommeil ne laisse aucun manque dans l’accomplissement de la Mitsva : il n’existe pas d’obligation particulière d’y dormir, mais une obligation générale d’y résider, et chez celui qui souffre, la Mitsva s’accomplit pleinement par le repas. Ainsi s’explique aussi que les réjouissances de Sim’hat Beth Hachoéva aient été instituées d’emblée d’une manière qui écartait le sommeil : cela n’ôtait rien à l’accomplissement de la Mitsva de résider dans la Souccah, pleinement réalisée par le repas et la boisson qu’on y prenait.
Sur le second point, le Rabbi a apporté un double éclairage, touchant à la fois aux personnes et à la révélation de la lumière enveloppante.
D’une part, parmi les grands d’Israël antérieurs à la ‘Hassidout, certains connaissaient l’enseignement de la Kabbala et dormaient pourtant dans la Souccah. C’est que leur sommeil se situait à un niveau élevé : non pas un simple repos du corps, mais un sommeil qui participait lui même du service de D.ieu. Si les Rabbis Habad, dont le sommeil était pourtant d’un niveau tout aussi élevé et n’aurait pas dû être troublé par cette lumière, s’abstenaient néanmoins de dormir dans la Souccah, c’est parce qu’ils ont prolongé la dimension exposée ci dessous : faire en sorte que la lumière enveloppante soit ressentie intérieurement, au point de troubler le sommeil.
D’autre part, si la lumière enveloppante a resplendi dans la Souccah à toutes les époques, le fait de l’attirer jusque dans la perception intérieure relève avant tout de la ‘Hassidout Habad, et de l’Admour Haemtsaï en particulier. L’essence même de l’enseignement de la ‘Hassidout est en effet de rendre les réalités divines accessibles à l’intelligence humaine, afin qu’elle en saisisse la substance et que celle ci imprègne jusqu’à la vie du corps. Au sein de la ‘Hassidout Habad, l’Admour Haemtsaï incarnait la Sefira de Bina. C’est pourquoi il s’est attaché à révéler et à expliquer ce thème des Makifim de Bina : son essence était la Sefira de Bina, dont le propre est d’attirer la lumière dans le réceptacle, c’est à dire de faire pénétrer l’enveloppant dans l’intérieur, ce qui constitue le contenu profond de la Mitsva de résider dans la Souccah. Voilà pourquoi l’Admour Haemtsaï demandait aux ‘Hassidim de ressentir eux aussi cette lumière enveloppante, jusqu’à ce qu’elle trouble leur sommeil.
Quelques épisodes marquants
Lors des Farbrenguen de la fête de Souccot, de Sim’hat Torah et du Chabbat Béréchit de l’année 5730 (1969), le Rabbi s’est longuement étendu sur l’explication de cette coutume et sur son interprétation. À ce propos, il a souligné lors du Farbrenguen du Chabbat Béréchit que ses paroles ne constituaient nullement une directive de ne pas dormir dans la Souccah : « Au contraire, celui qui veut dormir, qu’il dorme, « tu te coucheras et ton sommeil sera doux »… et que personne ne vienne le déranger. » Il ne s’agissait pour lui que d’éclairer la coutume existante et l’explication qu’en donne l’Admour Haemtsaï. Lorsque Rav Meïr Tsvi Grozman lui demanda s’il devait continuer à dormir dans la Souccah, conformément à la directive du Rav de Kfar Habad et à l’habitude qu’il avait prise depuis sa jeunesse, le Rabbi répondit, avec un sourire : « Si seulement les corrections que l’on me demande portaient sur le sommeil dans la Souccah… » Et il lui enjoignit de poursuivre ainsi : « Dormir dans la Souccah n’est pas un péché. »
En 5750 (1989), à la suite d’une polémique menée par le chef de file du courant lituanien de l’époque, le Roch Yechiva de Har Yehouda, Rav Tsvi Kahana, vint trouver le Rabbi avec une question, au nom des Bné Torah, au sujet de « l’interdiction » de dormir dans la Souccah. Le Rabbi lui répondit avec vigueur que cette coutume est pratiquée à Habad depuis de nombreuses années et qu’elle existe également dans d’autres communautés, comme Belz. Ainsi agissait son beau père, le Rabbi précédent, et, selon toute apparence, ainsi fit on de génération en génération jusqu’à l’Admour Hazakène, réputé pour être un décisionnaire halakhique dont toutes les coutumes étaient conformes au Choul’han Aroukh. Durant toutes ces années, cette pratique n’a jamais troublé les relations avec les grands d’Israël, parmi lesquels Rav ‘Haïm de Volozhin, Rav Its’hak de Volozhin, Rav ‘Haïm de Brisk, Rav ‘Haïm Ozer Grodzinski ou encore Rav Its’hak El’hanan Spektor. Soulever cette question aujourd’hui, affirma le Rabbi, relève d’une manœuvre du Satan, qui cherche à semer la discorde entre les Juifs et, par là même, à retarder la Délivrance complète.
Le Rabbi précisa également que la teneur des arguments, la manière dont ils étaient avancés et le manque d’engagement dans les questions véritablement essentielles pour le peuple, telles que la diffusion du judaïsme ou le maintien de la justice et de l’intégrité dans la gestion des Yechivot, montraient que leur source n’était pas la crainte du Ciel, mais une incitation du mauvais penchant visant à semer la division. Cet échange vigoureux, qui dura plus d’une demi heure, a été filmé et documenté.