Crown Heights s’embrase : les danses de Sim’hat Beth Hachoéva ont commencé

Crown Heights s’embrase : les danses de Sim’hat Beth Hachoéva ont commencé

 

Au sortir de deux jours de fête, Crown Heights revêt à nouveau ses habits de joie. Les célébrations de Sim’hat Beth Hachoéva ont été lancées dans les rues du quartier, portées par l’élan des danses et des chants. Une allégresse qui se prolongera jusqu’aux petites heures de la nuit.

 

 

 

Un quartier tout entier en habits de fête

Les deux premiers jours de Souccot à peine achevés, le quartier de Crown Heights s’est paré une nouvelle fois de ses couleurs de fête. Dans les rues qui entourent le cœur battant de la vie ‘hassidique, les festivités de Sim’hat Beth Hachoéva ont pris leur envol, rassemblant une foule venue partager la joie de ces nuits si particulières.

Des danses jusqu’au bout de la nuit

Au son de la musique, les cercles de danse se forment et s’élargissent, et l’enthousiasme ne faiblit pas. Comme chaque année, cette liesse se poursuivra bien au-delà de minuit, jusqu’aux petites heures du matin. Voici les premières images et vidéos de l’ouverture de ces réjouissances.

 

Une Soucca mobile tractée par une ambulance du Magen David Adom : la tournée de fête d’un ‘Hassid Habad

Une Soucca mobile tractée par une ambulance du Magen David Adom : la tournée de fête d’un ‘Hassid Habad

Né au plus fort de la crise du coronavirus, le projet « Mitsva sur roues » du Rav Yonathan Spitzer est devenu une véritable tradition. Chaque année, ce ‘Hassid Habad, secouriste et chauffeur d’ambulance, parcourt le pays avec une Soucca montée sur remorque pour rejoindre les stations du Magen David Adom. Il y apporte aux équipes de secours, mobilisées jour et nuit, la joie de Souccot et la possibilité de réciter la bénédiction sur les quatre espèces.

 

 

Dans les stations du Magen David Adom, la fête ne suspend jamais le travail. Pendant que les familles israéliennes se retrouvent sous le toit de feuillage de leur Soucca, des milliers de secouristes, de paramédicaux et de chauffeurs restent en alerte, prêts à partir au premier appel. C’est précisément pour eux que le Rav Yonathan Spitzer a imaginé une solution aussi simple qu’audacieuse : si les équipes ne peuvent pas venir à la Soucca, c’est la Soucca qui viendra à elles.

Pendant les jours de ‘Hol Hamoèd Souccot, ce ‘Hassid Habad attelle derrière une ambulance une Soucca mobile spécialement conçue pour la route. De station en station, à travers tout le pays, il permet aux équipes de s’asseoir quelques instants dans une Soucca cachère, d’accomplir la Mitsva de la fête et de prononcer la bénédiction sur le Loulav, l’Etrog, les Hadassim et les Aravot.

Un secouriste au service de la Mitsva

Le parcours du Rav Yonathan Spitzer illustre à lui seul l’alliance entre engagement civique et Chli’hout. Bénévole au Magen David Adom, il y officie comme chauffeur d’ambulance et secouriste en médecine d’urgence. Il dirige également le Beth Habad du Magen David Adom, une structure dédiée à l’accompagnement spirituel des personnels de l’organisation de secours.

Cette double casquette lui ouvre des portes que peu d’émissaires pourraient franchir. Connaissant de l’intérieur le rythme éprouvant des gardes, la tension des interventions et l’impossibilité fréquente de rentrer chez soi pour les fêtes, il sait combien un geste de proximité peut compter. Le Beth Habad du Magen David Adom s’est d’ailleurs déjà illustré par d’autres initiatives, comme l’installation de stands de Tefilines dans certains locaux de l’organisation, notamment au siège de la direction générale et au centre logistique de Holon.

Né pendant les confinements

L’histoire de la Soucca itinérante commence à une période où Israël vivait au rythme des restrictions sanitaires. Les confinements empêchaient alors une grande partie de la population de sortir, et les équipes médicales se retrouvaient en première ligne, épuisées, loin de leurs proches au moment même des fêtes de Tichri.

« J’ai lancé le projet de la Soucca itinérante pendant les confinements du coronavirus, lorsque les gens ne pouvaient pas sortir de chez eux, dans le but d’apporter la joie de la fête aux secouristes et aux paramédicaux du Magen David Adom sur le terrain », raconte le Rav Yonathan Spitzer. « Mais je n’imaginais pas que cette initiative deviendrait une tradition aussi émouvante. »

Ce qui devait être une réponse ponctuelle à une situation exceptionnelle s’est ainsi transformé en rendez-vous annuel. Le Rav Spitzer n’a pas renoncé une seule fois, et le projet entame sa cinquième édition, avec la même tournée à travers les stations du pays durant les jours intermédiaires de la fête.

La joie de la fête au cœur de l’urgence

Souccot porte dans la tradition juive le nom de « Zman Sim’hatenou », le temps de notre joie. Le Rabbi de Loubavitch a souvent insisté sur l’importance de faire partager cette joie, et en particulier la Mitsva des quatre espèces, au plus grand nombre de Juifs, là où ils se trouvent. Chaque année, les Ba’hourim et les Chlou’him de Habad arpentent les rues avec des Loulavim et des Etroguim, abordant les passants pour leur proposer d’accomplir la Mitsva. La Soucca ambulante du Magen David Adom prolonge cet élan dans un univers où la disponibilité se mesure en minutes.

Pour le Rav Yonathan Spitzer, la démarche dépasse de loin la simple logistique. « Chaque année, je ressens une immense émotion à l’idée d’apporter l’esprit de la fête aux équipes du Magen David Adom, qui agissent sans relâche pour sauver des vies », confie-t-il. « C’est pour moi une très grande mission que de permettre au plus grand nombre possible d’accomplir la Mitsva des quatre espèces. »

Le symbole est fort : ceux qui consacrent leurs journées et leurs nuits à préserver la vie d’autrui reçoivent, le temps d’une halte, un moment de sainteté et de réjouissance. Dans les stations visitées, l’arrivée de l’ambulance tractant sa Soucca crée à chaque fois un moment de convivialité, où l’on prend le temps de s’arrêter, de réciter une bénédiction et de partager la fête entre collègues.

Un message pour tout le peuple d’Israël

Au-delà des équipes de secours, le Rav Spitzer adresse un vœu à l’ensemble de la population. « Je souhaite à tout le peuple d’Israël une année de joies, une année de santé et une année de réussites. ‘Hag Saméa’h ! », conclut-il.

Dans un pays où les équipes d’urgence sont sollicitées sans répit, cette Soucca sur roues rappelle que la fête peut rejoindre chacun, même au cœur des gardes les plus exigeantes. Une initiative née dans l’urgence sanitaire, qui continue d’offrir, année après année, un peu de lumière et de sainteté à ceux qui veillent sur les autres.

Quand les sauveteurs ne peuvent pas rentrer pour la fête, c’est la fête qui prend la route pour venir à eux.

 

 

En pleine période des fêtes de Tichri : l’aéroport Ben Gourion saturé, les voyageurs priés d’utiliser les transports en commun

En pleine période des fêtes de Tichri : l’aéroport Ben Gourion saturé, les voyageurs priés d’utiliser les transports en commun

L’Autorité des aéroports d’Israël a publié un avis inhabituel : les parkings de l’aéroport Ben Gourion sont entièrement saturés. En pleine période des fêtes de Tichri, l’afflux massif de voyageurs a eu raison des capacités de stationnement. Voyageurs comme accompagnateurs sont invités à ne pas venir en voiture particulière jusqu’à nouvel ordre.

 

Channel 14

 

Ceux qui prévoient de se rendre à l’aéroport Ben Gourion dans les prochains jours feraient bien d’y réfléchir avant même de quitter leur domicile. Selon l’Autorité des aéroports d’Israël, les parkings de la principale porte d’entrée aérienne du pays ont atteint leur taux d’occupation maximal et n’offrent actuellement plus aucune place disponible. La situation, liée à la hausse spectaculaire du nombre de passagers pendant les fêtes de Tichri, devrait perdurer jusqu’à nouvel avis.Le message s’adresse à tous : aux passagers qui s’envolent, mais aussi à ceux qui comptent déposer ou récupérer un proche, un ami ou un membre de la famille. Tous sont appelés à intégrer dès maintenant une donnée simple : il n’est plus possible de compter sur une place de stationnement dans les parkings de l’aéroport.

Tichri, la haute saison des départs

Cette saturation intervient à un moment où Ben Gourion fait déjà face à un trafic particulièrement dense. La période qui s’étend de Roch Hachana à Sim’hat Torah est traditionnellement l’une des plus chargées de l’année dans le ciel israélien. De nombreux Israéliens profitent des jours fériés pour partir en vacances à l’étranger, tandis que, dans le même temps, une foule de visiteurs converge vers l’aéroport pour accueillir des proches qui rentrent au pays ou viennent y passer les fêtes.

Cette double vague, départs d’un côté et retours de l’autre, se traduit désormais très concrètement sur le terrain. L’augmentation du nombre de voyageurs a progressivement rempli les parkings, jusqu’au point où il n’y reste plus une seule place libre. Une situation qui illustre à quel point l’infrastructure aéroportuaire est mise sous pression durant ces semaines de fête.

Les transports en commun vivement recommandés

Face à cette situation, l’Autorité des aéroports d’Israël demande au public des voyageurs et de leurs accompagnateurs d’éviter de se rendre à l’aéroport en voiture particulière et de privilégier les transports en commun. L’enjeu dépasse le simple confort : c’est aussi une question de temps. Un passager qui arriverait sans avoir tenu compte de l’état des parkings risquerait de devoir chercher une solution de rechange à la dernière minute, précisément sur le chemin de son vol, avec le stress et les retards que cela peut entraîner.

Les autorités appellent donc toute personne devant se rendre à Ben Gourion dans la période à venir à s’organiser à l’avance et à choisir un autre mode d’accès. Il est notamment recommandé de vérifier au préalable les horaires des trains et des lignes de bus desservant l’aéroport, qui peuvent être modifiés à l’approche des jours de fête et de Chabbat, ou de se faire déposer directement devant le terminal.

Un nouvel avis attendu

L’Autorité des aéroports d’Israël souligne qu’un nouveau communiqué sera diffusé dès qu’un changement interviendra dans le taux d’occupation des parkings. D’ici là, elle a présenté ses excuses pour le désagrément causé et sollicité la compréhension du public.

Pour les milliers de familles qui s’apprêtent à voyager ou à retrouver les leurs pendant les fêtes, la consigne est donc sans ambiguïté : ne pas se présenter à Ben Gourion en voiture en comptant trouver une place sur place.

En ces jours de fête, un peu d’anticipation permettra à chacun de prendre son envol ou d’accueillir ses proches dans la sérénité.

 

« Matay Timloch » : une mélodie née d’un rêve, devenue prière

« Matay Timloch » : une mélodie née d’un rêve, devenue prière

Au lendemain du 7 octobre 2023, un hazan passionné a transformé sa douleur et son espérance en mélodie. Nissim Shalom Roumani signe « Matay Timloch », un chant tissé de paroles de prière et de prophétie, avec un vœu clairement affiché : hâter la Guéoula. Arrangé par le musicien Ronny Gold, ce premier titre concrétise un rêve longtemps porté en silence.

 

 

 

 

Passionné de chant depuis toujours et hazan lors de nombreux offices, notamment pendant les fêtes de Tichri, Nissim Shalom Roumani porte depuis longtemps le désir de créer sa propre musique.

La mélodie de « Matay Timloch » existait déjà en lui. Mais c’est au lendemain du 7 octobre 2023 que l’impulsion est venue de lui donner vie et de la concrétiser en veritable prière. Une inspiration longtemps mûrie,un événement qui lui a donné l’élan de la partager.

« Après les événements du 7 octobre, j’ai ressenti qu’il fallait réaliser cette mélodie et y poser des mots de Torah pour exprimer l’attente de la Guéoula », explique-t-il.

Le titre, « Matay Timloch » (« Quand régneras-Tu ? »), reprend les paroles de la Kedoucha :

מָתַי תִּמְלוֹךְ בְּצִיּוֹן, בְּקָרוֹב בְּיָמֵינוּ

« Quand régneras-Tu à Sion ? Bientôt, de nos jours. »

Les paroles s’inspirent également des prophéties d’Isaïe. Elles évoquent le monde de paix et de connaissance de D.ieu attendu avec la Guéoula : la fin de la guerre, la disparition de la haine et l’image du loup vivant avec l’agneau.
Le morceau s’ouvre sur une figure singulière ; celle d’un dirigeant hors du commun qui, depuis son enfance, rêvé d’un monde où la lumière aurait repoussé les ténèbres. Beaucoup d’auditeurs y reconnaîtront une allusion au Rabbi qui confia dans l’une de ses lettres avoir dès son plus jeune âge imaginé la rédemption futur.

À travers cette référence, Nissim Shalom exprime une aspiration qui l’habite depuis longtemps : faire entendre l’espérance de la Délivrance.Un rêve enfin concrétisé.

Pour donner forme à ce projet, il s’est entouré du musicien Ronny Gold, chargé de la musique et de l’arrangement. Nissim Shalom signe les paroles, la composition et l’interprétation de ce titre, produit sous le label NS Productions.

Publié le 30 octobre 2024, « Matay Timloch » est disponible sur YouTube, Spotify, Apple Music et Deezer.

 

 

Regardez ! Insolite à Tel-Aviv : un Loubavitch en patins à roulettes, une mini-Souccah sur le dos pour apporter la Mitsva dans la rue

Regardez ! Insolite à Tel-Aviv : un Loubavitch en patins à roulettes, une mini-Souccah sur le dos pour apporter la Mitsva dans la rue

 

Un jeune Hassid de Loubavitch a trouvé une façon inédite de faire vivre Souccot dans les rues de Tel-Aviv. Chaussé de patins à roulettes, il transporte sur son dos une véritable mini-Souccah recouverte de Ska’h. D’un passant à l’autre, il propose à chacun d’y entrer quelques instants et de réciter la bénédiction sur les quatre espèces.

 

 

 

Au milieu du trafic, des terrasses de café et des passants pressés, la scène ne passe pas inaperçue. En plein cœur de Tel-Aviv, un jeune Hassid de Loubavitch file sur ses patins à roulettes, une petite structure couverte de branchages solidement arrimée sur le dos. Il ne s’agit ni d’une installation artistique ni d’une performance publicitaire : c’est une Souccah, une vraie, qui se déplace au rythme de son porteur.

Surprendre les regards n’est pourtant pas le but premier. Derrière cette idée aussi originale que spectaculaire se cache une mission très concrète : permettre au plus grand nombre de juifs d’accomplir les Mitsvot de Souccot, même au beau milieu d’une journée de travail, entre deux rendez-vous ou simplement au détour d’une rue.

Quand la Souccah part à la rencontre du juif

Le principe est d’une simplicité désarmante. Équipé de sa petite structure transportable, le jeune Loubavitch passe rapidement d’un passant à l’autre. Il salue, engage la conversation, puis invite son interlocuteur à entrer quelques instants dans sa Souccah. Dans la foulée, il lui propose d’accomplir la Mitsva des quatre espèces : le Loulav, l’Etrog, les Hadassim et les Aravot.

L’image a quelque chose de profondément symbolique. D’ordinaire, la Souccah est une demeure fixe : on la construit dans une cour, sur un balcon ou sur un toit, et l’on vient à elle. Ici, le mouvement s’inverse. La Souccah quitte son emplacement pour aller elle-même chercher ceux qui, peut-être, n’auraient jamais eu l’occasion d’y entrer cette année.

Les patins à roulettes donnent à l’initiative une dimension particulièrement dynamique. En quelques secondes, le Chalia’h traverse une rue, s’arrête auprès d’un passant, lui offre la possibilité d’accomplir une Mitsva, puis repart aussitôt vers une nouvelle rencontre. Une efficacité remarquable dans une ville où chacun semble toujours avoir un train de retard.

L’idée d’une Souccah mobile n’est d’ailleurs pas étrangère à la tradition. Le Talmud, dans le traité Soucca, évoque déjà le cas de celui qui construit sa Souccah au sommet d’un chariot ou sur le pont d’un navire, et considère qu’une telle Souccah peut être valable. Deux mille ans plus tard, le chariot a simplement laissé place aux roulettes.

Dans le sillage des Mivtsaïm du Rabbi

Cette démarche s’inscrit pleinement dans l’esprit des Mivtsaïm, les grandes campagnes de Mitsvot lancées par le Rabbi de Loubavitch. Leur fil conducteur est limpide : aller vers chaque juif, où qu’il se trouve et quel que soit son niveau de pratique, pour lui offrir la possibilité d’accomplir concrètement une Mitsva, ici et maintenant.

Depuis des décennies, cette vision a donné naissance aux célèbres Souccot mobiles installées sur des camionnettes ou des remorques, qui sillonnent chaque année les grandes villes du monde entier à l’occasion de la fête. À Tel-Aviv, ce jeune Hassid pousse la logique un cran plus loin : la Souccah n’a même plus besoin d’un véhicule, elle se porte à dos d’homme et se faufile là où aucune camionnette ne pourrait se garer.

Les quatre espèces portent elles aussi un message en parfaite harmonie avec cette initiative. Selon le Midrash, l’Etrog, le Loulav, les Hadassim et les Aravot représentent quatre catégories de juifs, des plus érudits aux plus éloignés de l’étude et de la pratique. La Mitsva ne s’accomplit que lorsqu’ils sont réunis ensemble. Offrir le Loulav à chaque passant, sans distinction, revient ainsi à incarner l’unité même que la fête vient célébrer.

Un coin de rue transformé en lieu de Mitsva

À Souccot, la volonté d’aller vers l’autre prend une couleur particulière. Il ne s’agit plus seulement d’installer une Souccah dans un lieu fréquenté en espérant que les passants s’y arrêtent : c’est la Souccah qui vient à eux, avec le sourire et un Loulav à la main.

Dans les rues de Tel-Aviv, entre les voitures, les commerces et le flot incessant des piétons, quelques minutes suffisent alors pour transformer un simple trottoir en espace de sainteté. Un salarié en pause déjeuner, une étudiante sortant du tramway, un touriste curieux : chacun peut, le temps d’une bénédiction, renouer avec une tradition millénaire.

Une manière spectaculaire, simple et joyeuse de rappeler une vérité que le Rabbi n’a cessé de souligner : aucun juif n’est jamais trop loin pour accomplir une Mitsva.

Et si cette année, la Souccah venait frapper à votre porte… sur des roulettes ?

 

le Rav Lévi Bistritski raconte : « Comment le Rabbi choisissait-il les quatre espèces de la fête de Souccot ? »

le Rav Lévi Bistritski raconte : « Comment le Rabbi choisissait-il les quatre espèces de la fête de Souccot ? »

Pendant de longues années, le Rav Lévi Bistritski, aujourd’hui Rav de Tsfat, a eu l’insigne mérite d’apporter au Rabbi les Loulavim et les Hadassim parmi lesquels il choisissait les siens pour la fête de Soukkot. Seul avec lui dans son bureau, il a pu observer de près la minutie avec laquelle le Rabbi examinait chacune des quatre espèces. Il nous livre ici un témoignage rare, où la rigueur de la Hala’ha se mêle à la joie profonde de la Mitsva.

 

 

Rav Lévi Bistritski

 

Pendant de nombreuses années, j’ai eu l’immense mérite d’apporter personnellement des Loulavim au Rabbi, peu avant la fête de Soukkot. C’est parmi ces branches de palmier qu’il choisissait celle qui servirait à son usage personnel.

Les premières années, j’entrais moi-même dans le bureau du Rabbi, les Loulavim à la main, et il en choisissait un sous mes yeux. Plus tard, cette organisation fut modifiée : le Rabbi effectuait désormais son choix hors de son bureau, dans l’antichambre.

Les Hadassim de Tsfat

Ce grand mérite me revint à l’origine parce que mon père, le Rav Yehouda Leïb Bistritski, s’était associé durant quelques années avec un commerçant israélien qui importait d’Erets Israël des Loulavim, des Ethroguim et des Hadassim, avant de les distribuer dans le monde entier.

Le Rabbi, pour sa part, utilisait des Hadassim venus de Tsfat. Avant chaque fête de Soukkot, je passais des heures à sélectionner pour lui les cent vingt plus belles branches de myrte parmi celles importées de Tsfat. C’était avant la fondation de Kiryat Habad, le quartier Habad de la ville. Chaque année, lorsque le Rabbi voyait mon père le premier jour de la fête, il lui disait : « Je me suis servi de vos Hadassim ! »

On lui adressait aussi des Hadassim de bien d’autres endroits du monde, notamment d’Argentine et d’une certaine région des États-Unis. Mais un jour, le Rabbi confia à mon père qu’il se servait exclusivement de ceux de Tsfat ; parmi tous les autres, il n’en prenait que trois.

Lorsque Kiryat Habad fut fondée, cette organisation demeura inchangée, et cela dura de très nombreuses années. Je choisissais moi-même les Hadassim du Rabbi et il s’en servait. Il n’a jamais vérifié à nouveau leur validité après mon propre contrôle. Je lui apportais une grande botte en lui précisant qu’ils avaient été vérifiés, et une fois, il me dit clairement qu’il ne les contrôlait pas une seconde fois.

Un appel inattendu la veille de la fête

Une certaine année, la veille de Soukkot, vers midi, mon père reçut åun appel téléphonique du Rav ‘Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi : « Le Rabbi demande si vous auriez un beau Loulav pour lui. » Cette année-là, en effet, le Rabbi avait été déçu par les Loulavim qu’on lui avait présentés.

À cette époque, on apportait un soin tout particulier aux Ethroguim destinés au Rabbi, tandis que les Loulavim ne lui étaient généralement remis que la veille de la fête. Il les avait donc examinés, et aussitôt après, le Rav ‘Hadakov avait téléphoné à mon père. Des milliers de Loulavim dont nous disposions peu auparavant, il ne nous en restait plus que cinq ou six cents.

Ces derniers se trouvaient encore dans leur emballage d’origine. Nous avons immédiatement fermé le magasin de mon père. Son associé, un grand spécialiste, mon père et moi-même avons alors examiné un à un tous les Loulavim restants et mis les meilleurs de côté.

À la manière de Chamaï l’Ancien

Nous avons procédé selon la méthode de Chamaï l’Ancien, qui préparait le Chabbat tout au long de la semaine. Lorsqu’il achetait un animal en semaine, il le consacrait au saint Chabbat ; puis, chaque fois qu’il en trouvait un plus beau, il consommait le premier en semaine et réservait le second pour le Chabbat. C’est exactement ainsi que nous avons agi avec ces Loulavim.

Je me suis ensuite rendu chez le Rabbi avec une trentaine de Loulavim attachés ensemble. Ses secrétaires me firent entrer dans son bureau. Devant sa table se trouvaient deux fauteuils capitonnés de rouge, munis d’accoudoirs, sur lesquels il invitait ses visiteurs à prendre place. Le Rabbi était seul. Il disposa l’un des fauteuils d’une certaine manière, ce qui me permit de poser les Loulavim sur les accoudoirs, puis je les lui tendis un par un afin qu’il les examine.

Dès lors, nous avons procédé de la même façon chaque année. J’entrais seul dans le bureau du Rabbi et je lui présentais une trentaine de beaux Loulavim parmi lesquels il faisait son choix. Il m’est même arrivé d’en apporter cinquante, mais le Rabbi n’en retenait que trente.

Plus tard, lorsque j’eus le mérite de devenir l’un des Chlou’him du Rabbi à Tsfat, en 5736 (1976), je cessai de lui apporter des Loulavim. Les dernières années, on lui envoyait également des Hadassim d’autres provenances. En revanche, il continua toujours à choisir son Loulav parmi ceux de mon père.

Comment le Rabbi examinait un Loulav

Lorsque le Rabbi examinait un Loulav, il commençait par le saisir et le regarder en perspective, pour s’assurer qu’il était parfaitement droit. Il le faisait ensuite pivoter vers la gauche pour vérifier la couleur de son côté droit, puis vers la droite pour vérifier celle de son côté gauche. Le Loulav devait être entièrement vert, sans la moindre trace de blanc. Enfin, il en examinait le sommet. Le Rabbi choisissait toujours un Loulav fermé par une fine pellicule brune.

Il tenait en effet à ce que son Loulav soit hermétiquement fermé. Comme on le sait, les Décisionnaires débattent de cette question : faut-il nécessairement savoir ce qui se trouve sous la pellicule brune, ou bien, puisque le Loulav pousse ainsi, la présence de cette pellicule suffit-elle à attester qu’il est fermé ? Le Rabbi retenait le second avis et choisissait donc le Loulav dont la pellicule était la plus brune et la fermeture la plus parfaite.

Il m’arrivait de signaler discrètement un Loulav répondant à ces critères en glissant un élastique à sa pointe. J’étais curieux de voir si ma sélection serait la bonne, et chaque fois, ce fut le cas. Il était saisissant d’observer la joie du Rabbi lorsqu’il trouvait un Loulav digne de ce nom, dont il appréciait pleinement la validité et la beauté.

Payer sans attendre

Le Rabbi distribuait également des Loulavim et des Ethroguim à certains de ses Chlou’him et à des représentants de diverses institutions à travers le monde, et là encore, il les choisissait lui-même. Comme dans tous les domaines, il tenait à payer sans délai ce qu’il acquérait, d’autant qu’au sujet des quatre espèces, le verset précise : « Vous prendrez pour vous », ce qui signifie que l’on doit en être propriétaire.

Une lettre du Rabbi, publiée dans le Chaareï Hala’ha Ou Minhag, examine cette question : faut-il payer les quatre espèces avant la fête pour en être propriétaire, ou peut-on régler par carte de crédit ou par un chèque encaissé plus tard, tout en étant considéré comme propriétaire ?

Les Décisionnaires sont partagés sur ce point, et le Rabbi estime pour sa part qu’il n’est pas obligatoire de payer les quatre espèces avant la fête. Pourtant, à plusieurs reprises, il me remit lui-même le montant de son achat, et même un dédommagement pour ma peine. Plusieurs fois, en me tendant cet argent, il ajouta : « Il y a une obligation d’acheter un cadeau à son épouse avant la fête. N’oublie pas de le faire ! »

Un Ethrog parfaitement jaune

Pour l’Ethrog, le Rabbi exigeait avant tout qu’il soit entièrement jaune. Il n’aurait même pas regardé le plus bel Ethrog s’il ne l’était pas. La Hala’ha permet de le faire jaunir, par exemple en l’entourant de pommes, mais le Rabbi n’eut jamais recours à ce procédé.

Il observait ensuite la taille et la forme du fruit, et ce n’est qu’après qu’il en vérifiait la netteté. Quant à la taille, il choisissait un Ethrog assez gros, bien au-delà du minimum requis. Il faut se souvenir qu’un Ethrog peut se dessécher au cours de la fête, et surtout que des milliers de personnes récitaient chaque jour de Soukkot la bénédiction sur celui du Rabbi. Dès la fin du premier jour, on voyait combien il avait déjà servi.

Le Rabbi ne prenait qu’un seul Ethrog de Calabre, celui sur lequel il récitait la bénédiction le matin et qu’il agitait pendant le Hallel. Mais on sait qu’il recevait également des Ethroguim d’Erets Israël, et qu’après la prière, il en agitait un.

L’année où le Pitom est tombé

Durant de nombreuses années, on a pu remarquer que l’Ethrog du Rabbi portait à son sommet une petite tige, le Pitom. En réalité, tout Ethrog en possède un à l’origine, c’est même l’un de ses signes distinctifs, mais bien souvent, il se détache de lui-même. S’il tombe alors que le fruit est encore sur l’arbre, l’Ethrog doit présenter un léger creux à cet endroit. Le Tséma’h Tsédek consacre une longue analyse au cas d’un Ethrog dépourvu de ce renfoncement, et il y explique comment reconnaître qu’un Pitom existait bien à l’origine avant de tomber.

Une certaine année, le Rabbi avait un Ethrog doté d’un large Pitom, qui tomba au moment où quelqu’un récitait la bénédiction. D’ordinaire, le Rabbi se rendait à la synagogue et la prière du matin commençait, tandis que ceux qui se trouvaient dans la Soukka continuaient de réciter la bénédiction sur ses quatre espèces. On les lui rapportait ensuite juste avant le Hallel. Ce jour-là, celui qui les lui apporta l’informa que le Pitom était tombé, mais le Rabbi agita tout de même l’Ethrog pendant le Hallel.

Mon père apprit aussitôt ce qui s’était passé. Il connaissait à Brooklyn un homme digne de confiance qui importait des Ethroguim d’Italie, et il savait que celui-ci possédait encore une caisse fermée, contenant plus d’une centaine de fruits, qu’il n’avait même pas eu le temps d’ouvrir. Mon père se rendit chez lui, prit la caisse et lui dit : « Si le Rabbi choisit l’un de ces Ethroguim, j’achète toute la caisse ! »

L’Ethrog de la Rabbanit

Avant même la fin de la prière, mon père était à la synagogue avec la caisse, afin que le Rabbi puisse choisir un Ethrog. Le Rabbi le bénit abondamment pour ses efforts, mais il lui expliqua qu’un tel Ethrog ne permettrait pas d’accomplir les termes du verset : « Vous prendrez pour vous, le premier jour ». Il réciterait donc la bénédiction, les jours suivants, sur l’Ethrog de son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

C’est exactement ce qu’il fit. Les jours suivants, le Rabbi se servit de l’Ethrog de la Rabbanit. Il disposait en effet d’un second jeu de quatre espèces chez lui, qu’il acquérait pour son épouse, tandis que les siennes demeuraient dans son bureau, au 770.

Le président argentin Javier Milei prie au Ohel du Rabbi après sa rencontre avec Binyamin Netanyahou

Le président argentin Javier Milei prie au Ohel du Rabbi après sa rencontre avec Binyamin Netanyahou

Le président argentin Javier Milei s’est rendu au Ohel du Rabbi de Loubavitch, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. Cette visite est intervenue juste après un entretien avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Fidèle à une habitude désormais bien ancrée, le chef d’État argentin n’a pas voulu quitter la ville sans venir prier ai Ohel du Rabbi.

 

 

Il est des rituels qui en disent plus long qu’un discours officiel. Pour Javier Milei, chaque passage à New York s’accompagne désormais d’un détour par le quartier de Cambria Heights, dans le Queens, au Ohel du Rabbi de Loubavitch. Cette semaine encore, à l’issue d’une journée diplomatique particulièrement chargée, le président argentin et sa délégation ont pris la direction du Ohel pour y prier, loin des caméras de la tribune onusienne.Quelques heures plus tôt, le dirigeant sud-américain s’était entretenu avec Benyamin Netanyahou. Selon le site d’information ‘harédi Emess, le Premier ministre israélien l’a chaleureusement remercié pour son soutien constant à Israël et a salué son attitude envers l’État hébreu et le peuple juif. La visite au Ohel est venue clore cette séquence politique sur une note résolument spirituelle.

Un lien profond avec le Rabbi et ses Chlou’him

L’attachement de Javier Milei au Rabbi n’a rien d’une posture de circonstance. Le président argentin est connu pour sa grande admiration envers le Rabbi de Loubavitch et pour les relations chaleureuses qu’il entretient avec les émissaires de Habad en Argentine, au premier rang desquels le Rav Tzvi Grunblatt, directeur de Habad dans le pays, et son gendre, le Rav ‘Haïm Aurechman. Ces deux figures l’accompagnent depuis des années et ont largement contribué à façonner sa relation au judaïsme.

Chaque année, le chef de l’État participe aux événements organisés en l’honneur du Rabbi. Dans ses allocutions publiques, il n’hésite pas à glisser des enseignements tirés de la Paracha de la semaine, un réflexe rare chez un dirigeant politique de ce rang. Il a d’ailleurs expliqué à plusieurs reprises puiser chez le Rabbi une source d’inspiration en matière de leadership, de mission et de foi.

Ce pèlerinage n’est pas une première. En septembre 2024 déjà, à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU, Javier Milei s’était recueilli au Ohel pour la première fois en tant que président élu, accompagné du Rav Axel Wahnish, son guide spirituel devenu ambassadeur d’Argentine en Israël. Ce rendez-vous est depuis devenu une constante de ses déplacements new-yorkais.

Un réquisitoire contre l’ONU

La visite au Ohel s’inscrit dans une semaine où le président argentin a une nouvelle fois fait entendre une voix singulière sur la scène internationale. Devant la 81e Assemblée générale des Nations unies, Javier Milei a prononcé un discours d’une rare virulence, qualifiant l’organisation d’institution devenue inutile, au service d’une bureaucratie arrogante.

Au cœur de son intervention, une dénonciation sans détour du double standard de l’ONU à l’égard d’Israël. Les prétendus défenseurs des droits de l’homme, a-t-il lancé, « ont systématiquement voté contre Israël tout en restant silencieux face au terrorisme islamique », ainsi que face aux massacres de chrétiens en Afrique. Il a également condamné les attaques du régime iranien contre l’État hébreu, rappelant que l’Argentine a désigné les Gardiens de la révolution comme organisation terroriste et continue de réclamer justice pour les attentats de 1992 et 1994 perpétrés sur son sol.

Un « véritable ami » d’Israël

Le président argentin a par ailleurs réaffirmé l’alignement sans ambiguïté de son pays sur le camp occidental, en particulier sur les États-Unis et Israël. Des propos qui n’ont pas laissé indifférent l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, qui l’a rencontré à l’issue de son allocution. Visiblement ému, le diplomate israélien a salué son courage dans une enceinte hostile à l’État juif, lui affirmant qu’il était « un véritable ami de l’État d’Israël ».

Entre le fracas de la tribune de l’ONU et le recueillement silencieux du Ohel, Javier Milei offre ainsi l’image d’un dirigeant qui assume pleinement ses convictions. Pour les Chlou’him du Rabbi en Argentine, cette fidélité renouvelée témoigne du rayonnement de l’œuvre du Rabbi bien au-delà des frontières de la communauté juive, jusqu’aux plus hautes sphères du pouvoir.

Là où tant de dirigeants passent sans s’arrêter, le président argentin a choisi, une fois encore, de faire halte au Ohel et d’y déposer ses prières.

 

 

 

PHOTOS. Crown Heights se prépare à Souccot au rythme du marché des Quatre Espèces

PHOTOS. Crown Heights se prépare à Souccot au rythme du marché des Quatre Espèces

À l’approche de Souccot, les rues de Crown Heights se transforment en un vaste marché à ciel ouvert consacré aux Quatre Espèces. Devant les magasins comme sur les trottoirs, les vendeurs proposent des ensembles de Loulav et d’Etrog à une clientèle venue du quartier et bien au-delà. Habitants et visiteurs prennent le temps d’examiner, de comparer et de choisir avec soin le set qui les accompagnera durant la fête.

 

 

Chaque année, dans les jours qui séparent Yom Kippour de Souccot, Crown Heights change de visage. Le célèbre quartier de Brooklyn, où se dresse le 770 Eastern Parkway, siège central du mouvement Habad-Loubavitch, vit au rythme d’une effervescence toute particulière. Les préparatifs de la fête battent leur plein, et la vente des Quatre Espèces en constitue l’un des temps forts.Les commerces spécialisés ne suffisent plus à contenir l’affluence : les vendeurs investissent l’espace public, installant leurs étals directement dans les rues de la communauté. Cartons de Loulavim alignés, boîtes d’Etroguim soigneusement emballés, bottes de Hadassim et d’Aravot fraîchement coupées : le décor est planté pour l’une des Mitsvot les plus visuelles du calendrier juif.

Une Mitsva qui se choisit avec soin

La Torah prescrit, dans le livre de Vayikra, de prendre le premier jour de la fête « le fruit de l’arbre splendide, des branches de palmier, des rameaux de l’arbre touffu et des saules de rivière ». La tradition en a précisé la composition : un Etrog, un Loulav, trois branches de Hadassim (myrte) et deux branches d’Aravot (saule), que l’on réunit et que l’on agite chaque jour de Souccot, à l’exception de Chabbat.

Mais l’achat ne se fait jamais à la légère. Le principe du « Hidour Mitsva », qui invite à embellir chaque commandement, pousse les acheteurs à scruter chaque détail. On inspecte la forme de l’Etrog, sa texture, la présence et l’intégrité du Pitam, l’absence de taches. On vérifie que le Loulav est bien droit et que ses feuilles centrales restent fermées. Les Hadassim doivent présenter des feuilles disposées par groupes de trois. Dans les allées improvisées, loupe à la main, les clients comparent longuement avant de se décider, sollicitant volontiers l’avis des vendeurs ou d’un Rav.

Dans la tradition Habad, l’Etrog de Calabre, dans le sud de l’Italie, occupe une place de choix. Transmise depuis les premiers Rabbéim, cette coutume explique pourquoi ces fruits allongés, à la peau généreuse, sont particulièrement recherchés sur les étals du quartier.

Le symbole de l’unité du peuple juif

Au-delà de leur dimension rituelle, les Quatre Espèces portent un message que les enseignements hassidiques ne cessent de rappeler. Selon le Midrash, elles représentent quatre catégories de Juifs : l’Etrog, qui a à la fois goût et parfum, évoque celui qui possède l’étude de la Torah et les bonnes actions ; le Loulav, issu du palmier dont le fruit a du goût mais pas d’odeur, celui qui étudie sans accomplir ; le Hadass, parfumé mais sans saveur, celui qui accomplit sans étudier ; et l’Arava, dépourvue des deux, celui qui n’a ni l’un ni l’autre.

Or la Mitsva ne peut s’accomplir que si les quatre sont réunis. Aucune espèce ne suffit à elle seule : c’est ensemble que tous les membres du peuple juif forment une entité complète. Une leçon qui résonne avec force dans un quartier où se croisent, le temps d’un marché, des familles installées depuis des décennies, de jeunes couples, des étudiants de Yechiva et des visiteurs de passage.

Dans l’esprit de la campagne du Rabbi

À Crown Heights, l’achat des Quatre Espèces dépasse souvent le cadre personnel. Le Rabbi a fait de la Mitsva du Loulav l’une de ses campagnes emblématiques, encourageant chacun à offrir à tout Juif rencontré la possibilité de réciter la bénédiction sur les Quatre Espèces. Depuis, chaque Souccot, des milliers de Ba’hourim et de Chlou’him parcourent les rues, les places et les lieux de travail du monde entier, Loulav et Etrog à la main.

Ce marché du quartier du Rabbi en est ainsi le point de départ naturel. Dans quelques jours, les ensembles choisis aujourd’hui avec tant de minutie passeront de main en main, dans la Soukka familiale comme au coin d’une rue, pour permettre au plus grand nombre de prendre part à la joie de la fête.

Entre les étals de Crown Heights, c’est déjà un avant-goût de « Zman Sim’hatenou », le temps de notre joie, qui se respire à chaque coin de rue.

 

VIDEO. Comment fabriquer un Loulav?

VIDEO. Comment fabriquer un Loulav?

Voici un un guide pratique consacré à l’assemblage du Loulav. Étape après étape, illustrations à l’appui, il décrit la manière de réunir le Loulav, les Hadassim et les Aravot conformément à la coutume Habad. Un rappel précieux pour accomplir cette Mitsva avec soin et précision.

 

 

 

Quand et où assembler le Loulav

La veille de la fête, après la mi journée, on attache le Loulav avec les Hadassim et les Aravot. Notre coutume est de procéder à cet assemblage à l’intérieur de la Soukka. Il est préférable, selon le principe de la Mitsva accomplie de la plus belle manière, de lier soi même son Loulav plutôt que d’en charger un Chalia’h.

Les préparatifs

Avant de commencer, on prépare cinq anneaux tressés à partir de feuilles de Loulav. Pendant l’assemblage, on tient la Chidra, c’est à dire l’épine dorsale du Loulav, cette partie dure et large d’où sortent les feuilles, tournée vers soi.

Les Hadassim et les Aravot doivent mesurer au moins trois Tefa’him, soit environ vingt quatre centimètres. Au dessus de leurs extrémités, il faut qu’il reste au minimum un Tefa’h, environ huit centimètres, de Chidra dégagée. Si nécessaire, on raccourcit les Hadassim et les Aravot par le bas, en veillant toutefois à leur conserver une longueur de trois Tefa’him.

Les deux premiers anneaux

Première étape : on place deux anneaux sur la Chidra du Loulav, à peu près en son milieu, de sorte que les sommets des Hadassim et des Aravot viennent ensuite les recouvrir. On s’assure qu’au dessus de ces anneaux subsiste bien un Tefa’h, soit huit centimètres, de Chidra.

La disposition des Aravot et des Hadassim

Deuxième étape : on place une Arava à droite du Loulav et une autre à sa gauche.

Troisième étape : on dispose un Hadass à droite de l’Arava, un autre à sa gauche, et un troisième au centre, sur la Chidra du Loulav, légèrement incliné vers la droite. Notre coutume est d’ajouter des Hadassim supplémentaires, que l’on répartit alors équitablement entre ces trois emplacements. On veille également à ce que les Hadassim recouvrent les Aravot, afin que celles ci restent le moins visibles possible.

Les trois anneaux qui scellent l’ensemble

Quatrième étape : on enroule trois anneaux autour des Hadassim et des Aravot. Ces trois anneaux doivent être répartis sur la longueur d’un seul Tefa’h, soit environ huit centimètres.

Cinquième étape : on vérifie que la base des Hadassim et des Aravot arrive exactement au même niveau que la base du Loulav, sans que ce dernier ne dépasse en dessous.

Un Loulav prêt pour la fête

Sixième étape : le Loulav ainsi assemblé selon les règles porte cinq anneaux, deux sur le Loulav lui même et trois autour des Hadassim et des Aravot.

Pour approfondir l’ensemble des lois relatives à l’assemblage du Loulav et des quatre espèces, on se reportera au guide consacré à la fête de Souccot, chapitre trois, à partir de la page 77. 

 

Souccot 5752 / 1991 : Un regard pour chacun  –  Rav Chmouel Brodowicz

Souccot 5752 / 1991 : Un regard pour chacun – Rav Chmouel Brodowicz

 

  • Le contexte (Souccot 5752 / 1991) : La vidéo revient sur un événement particulièrement marquant et inhabituel survenu lors du premier jour de la fête de Souccot en 1991 (année précédant la maladie du Rabbi de Loubavitch) au 770 Eastern Parkway [00:27].

  • La tradition habituelle du Loulav : D’ordinaire, le Rabbi sort dans sa Soucca vers 8h00, fait sa bénédiction, puis confie son loulav et son etrog à un assistant (le Rav Meir Harlig) pour que les hassidim et les invités puissent à leur tour accomplir la mitsva sur le loulav du Rabbi avant l’office du matin [02:30].

  • Un comportement inattendu du Rabbi : Ce jour-là, contre toute attente, le Rabbi ne laisse pas le loulav sur la table : il le garde en main, quitte sa Soucca principale et se rend en personne au fond de la cour, dans le petit espace aménagé où la file d’attente se forme pour réciter les bénédictions [06:09].

  • Un regard pénétrant : Debout, appuyé contre le mur, le Rabbi observe attentivement et de manière très sérieuse chaque personne qui s’avance pour faire la bénédiction [09:21]. Les témoins décrivent une atmosphère empreinte d’une intensité spirituelle rare, semblable à un moment de ye’hidout (entretien particulier) [13:21].

  • Persévérance malgré les heures : Malgré le temps qui passe, les averses et les propositions de s’asseoir, le Rabbi insiste pour rester debout et assiste ainsi à toutes les bénédictions jusqu’à la fin, à 14h32 [12:48].

  • Une journée marathon de prières : L’office du matin (Kharit et Moussaf) commence tardivement, vers 15h00 [14:55]. De plus, le Rabbi passe de longs moments (environ 12 minutes) à inspecter et ajuster son loulav avant le Hallel [15:35]. Fait exceptionnel, l’assemblée enchaîne directement avec la prière de Minha à la suite de Moussaf, sans interruption [16:48].

  • Portée spirituelle : rétrospectivement, les hassidim ont vu dans ce regard prolongé et cette attention particulière du Rabbi envers chaque individu un moment de dévoilement et de connexion spirituelle profonde (gilouim) avant les épreuves de l’année qui a suivi [17:57].