L’année 1977 fut marquante dans l’histoire du « groupe » Loubavitch de Paris. Cet épisode, qui se déroula pendant les fêtes de Tichri, illustre l’attention particulière que le Rabbi portait à ses disciples venus de France. Le récit qui suit relate un Farbrenguen mémorable, tenu le 13 Tichri 5738-1977, qui allait s’avérer être le dernier de cette période festive. Il met en lumière les traditions, l’organisation et l’atmosphère unique qui régnait lors de ces rencontres spirituelles, tout en soulignant le lien spécial entre le Rabbi et les juifs de France.
En 1977, un important groupe de français se rendait auprès du Rabbi avec le Rav Chmouel Azimov, Chalia’h du Rabbi à Paris, pour célébrer la fête de Souccot. Près d’une centaine de Français ont entrepris ce voyage le 13 Tichri, jour de la Hilloula du Rabbi Maharach, le quatrième Rabbi de Loubavitch.
À cette occasion, le Rabbi présidait un Farbrenguen dans la grande synagogue. Ces rassemblements duraient généralement de trois à quatre heures, alternant plusieurs Sihot (discours) et des chants. À l’issue du Farbrenguen, le Rabbi distribuait des dollars aux « Tankistes », ces volontaires qui, chaque vendredi à Manhattan, proposaient aux Juifs de mettre les Tefilines dans le cadre des Mivtsaim (campagnes de mitzvot). Les Tankistes s’approchaient de la table du Rabbi, qui remettait à chacun une liasse de dollars à redistribuer aux participants.
Cette année-là, le secrétariat s’était enquis de l’heure d’arrivée des Français. C’est aussi l’année où le Rabbi subit un malaise cardiaque le jour de Simhat Torah, le contraignant à rester dans son bureau du premier soir de Simhat Torah jusqu’à Roch Hodech Kislev. Ce Farbrenguen du 13 Tichri fut donc le dernier des fêtes de Tichri de cette année. Le Rabbi y fit d’ailleurs des allusions laissant présager un événement imminent.
Le groupe français, censé arriver au début du Farbrenguen, fut retardé à l’aéroport JFK. Entre les Si’hot, le Rabbi s’enquit à plusieurs reprises auprès du secrétaire de l’arrivée des Israéliens et des Français. Le secrétaire l’informa que seuls les Israéliens étaient présents.
Finalement, le groupe français arriva au moment où le Rabbi terminait la distribution des dollars aux Tankistes. On peut alors entendre dans l’enregistrement le Rabbi demander au secrétaire : « Où sont les Français ? Moulé Azimov est-il là ? » Le secrétaire invita alors le Rav Azimov et ses deux fils à s’approcher de la table du Rabbi. Le Rabbi leur remit deux dollars chacun et demanda au Rav Azimov s’il y avait dans le groupe des personnes impliquées dans les Mivtsaim pour leur donner également des dollars afin qu’ils les distribuent au reste du groupe. Finalement le Rabbi confia au Rav Azimov une liasse de dollars afin de les distribuer lui-même aux tankistes français.
Alors que le Rav Azimov s’apprêtait à quitter la table, le Rabbi lui demanda d’entonner le chant « Haaderet Veaemouna » sur l’air de la Marseillaise, une tradition qu’il avait instaurée quatre ans plus tôt, en 1973.
Maamar PDF
Le Rabbi commença le Farbrenguen par le Maamar. Mais, de façon inhabituelle, le Rabbi demande pendant plus de 10 minutes de chanter 7 Nigunim joyeux, dont le chant de Simhat Torah (écouter) (afin de laisser le temps aux français d’arriver). Enfin, le Rabbi prononce le Maamar.
Siha 1
Ala fin de la Siha pendant le chant:
Le Rabbi: Les groupes d’Israel et de France sont arrivés??
Rav Groner: Le groupe d’Israel est arrivé! (écouter)
Siha 2 et 3
A la fin de la 3ème Siha pendant le chant:
Le Rabbi: L’avion (des français) n’est toujours pas arrivé??
Rav Groner: L’avion est arrivé! (écouter)
Siha 4
Ala fin de la 3ème Siha pendant le chant:
Le Rabbi: Où sont les français? Moulé Azimov est là? (écouter)
Rav Groner: Oui
Siha 5
Le Rabbi commence alors une courte Siha rappelant des sujets de la Si’ha précédente (1mn 30).
À l’issue du Farbrenguen, le Rabbi distribuait des dollars aux « Tankistes », ces volontaires qui, chaque vendredi à Manhattan, proposaient aux Juifs de mettre les Tefilines dans le cadre des Mivtsaim (campagnes de mitzvot). Les Tankistes s’approchaient de la table du Rabbi, qui remettait à chacun une liasse de dollars à redistribuer aux participants.
A l’issue de la distribution, le Rav Moulé Azimov monte avec ses deux fils près du Rabbi. Le Rabbi lui donne 2 dollars ainsi qu’à ses fils.
Le Rabbi demande: Y-at-il des « tankistes » qui sont venus avec toi? (pour leur distribuer des dollars). Le Rabbi remet au Rav Azimov plusieurs dollars à distribuer aux « tankistes ».
Le Rabbi demande alors au Rav Azimov de chanter le chant « Hadert Vehaemouna » (sur l’air de la Marseillaise) (écouter).
Le Rav Azimov lance le chant, suivi par tous les Hassidim.
Le Rabbi demande au Rav Azimov de commencer tout de suite la distribution des dollars aux français.
Puis, le Rabbi quitte la grande Shoul accompagné du chant Ki Besimha Tétséhou ».
Ce fut le dernier Farbrenguen avant l’attaque cardiaque le jour de Simhat Torah.
Ecouter tout le Farbrenguen:
Maamar, Siha 1, Siha 2, Siha 3, Siha 4, Siha 5
C’est le 13 tichri 5643 (1882) que le Rabbi Maharach quitta ce monde.
Son petit fils le Rabbi Rayats décirt les dernières minutes que précédèrent son depart:
« Mon grand-père, le Rabbi Maharach, quitta ce monde le 13 tichri, a 11 heures 51. 25 minutes plus tôt, il avait pris sa montre et l’avait détachée de sa chaine. Il s’était muni d’un bout de papier et l’avait introduit dans cette montre, afin de bloquer ses aiguilles a 11 heures 51. Puis il demanda à son domestique d’appeler ses fils, afin de leur faire connaitre son testament.
Rabbi Zalman Aharon, le Razah, arriva le premier et se rendit après du Rabbi, qui lui parla. Puis, il s’en alla et mon père le Rabbi Rachab, entra. Le Rabbi Maharach lui parla également et mon père pleura beaucoup. Lorsqu’il partit, entra son plus jeune fils, Rabbi Men’hem Mendel (qui est enterré à Tsfat). Puis, le Rabbi Maharach encore assis sur son siège quitta ce monde. »
TRADUCTION DU MAAMAR
13 Tishrei (Hilloula de l’Admour Maharash) Veille de la fête de Souccot, 5738
« Dans les Soukkot vous habiterez sept jours, tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot »
Il est connu par les analyses précises de nos Maîtres et Princes à ce sujet, qu’il faut comprendre pourquoi il y a répétition dans les termes. Après que la Torah ait déjà commandé « dans les Soukkot vous habiterez sept jours » [qui est un commandement pour l’ensemble d’Israël et chaque individu d’Israël], que vient ajouter le verset en disant « tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot » ?
Il faut également comprendre l’essence même de la mitsva de la Soucca, car apparemment elle contient une chose et son opposé. L’habitation dans la Soucca doit être « vous habiterez comme vous demeurez » – durant les sept jours, l’homme fait de sa Soucca sa résidence permanente et de sa maison une résidence temporaire. Tout comme durant toute l’année il réside dans sa demeure de façon permanente, accomplissant toutes ses activités, de même doit être sa façon d’habiter dans la Soucca : il doit y faire toutes ses activités et montrer que la Soucca est sa demeure et son lieu de résidence permanente durant ces sept jours.
Cependant, en même temps, la construction même de la Soucca est une construction temporaire. Le fait que la Soucca doive être une construction temporaire fait partie des conditions essentielles de la mitsva. C’est pourquoi une Soucca de plus de vingt coudées de hauteur est invalide, car l’une des raisons est que jusqu’à vingt coudées c’est une habitation temporaire, au-delà de vingt coudées ce n’est plus une habitation temporaire mais permanente, et la Soucca doit être spécifiquement une habitation temporaire.
Néanmoins, durant les sept jours, l’habitation doit y être permanente, ce qui est apparemment contradictoire.
a) LA MITSVA DE SOUCCOT
De plus, il y a un aspect unique dans la mitsva de Souccot qui nécessite une explication : la mitsva de Soucca est un commandement positif lié au temps. Et en plus du fait que la mitsva de Soucca est limitée dans le temps, elle est aussi limitée dans l’espace – il faut qu’il y ait un lieu approprié pour construire la Soucca. Celui qui construit sa Soucca sous un arbre, c’est comme s’il l’avait construite à l’intérieur de la maison – ce n’est pas un lieu approprié pour cette mitsva. Contrairement aux autres fêtes où nous trouvons une limitation seulement concernant le temps, mais pas de limitation concernant le lieu.
b) LA RELATION AVEC LES QUATRE ESPÈCES
Avec la mitsva d’habiter dans la Soucca (« dans les Soukkot vous habiterez ») vient la mitsva de prendre les quatre espèces, comme il est écrit : « Et vous prendrez pour vous le premier jour le fruit de l’arbre magnifique, des branches de palmier, des rameaux d’arbre touffu et des saules de rivière… »
La mitsva d’habiter dans la Soucca commence dès le premier moment des sept jours de Souccot, et après cela (en continuité), le matin (à l’aube, et initialement au lever du soleil), commence le temps de l’obligation de la mitsva de prendre les quatre espèces, dont la mitsva s’accomplit spécifiquement le jour.
De cela, on comprend que la mitsva de prendre les quatre espèces a un lien avec la Soucca. Et particulièrement selon ce qui est connu : il est préférable (min hamouvhar) que la prise des quatre espèces se fasse spécifiquement dans la Soucca, ce qui souligne encore plus qu’il existe un lien entre la mitsva de prendre les quatre espèces (« et vous prendrez pour vous ») et la mitsva de la Soucca (« dans les Soukkot vous habiterez »).
Il faut donc comprendre quel est le lien entre ces deux mitsvot. D’autant plus qu’apparemment ce sont des mitsvot distinctes : la mitsva de Soucca dure sept jours, tandis que la mitsva principale de prendre les quatre espèces selon la Torah n’est que le premier jour.
c) LE SENS DES QUATRE ESPÈCES
Concernant les quatre espèces elles-mêmes, il faut comprendre pourquoi spécifiquement ces quatre espèces ont été choisies. Bien qu’elles soient toutes du règne végétal, dès le début du commandement il est souligné qu’il faut des espèces spécifiques. Et les espèces doivent toutes être « hadar » (magnifiques), comme il est écrit « et vous prendrez… le fruit de l’arbre magnifique », et nos Sages expliquent dans la Guemara que cela s’applique aussi aux trois autres espèces [bien que dans le texte écrit « hadar » ne soit mentionné explicitement que pour l’etrog, la première espèce].
d) LE BUT DES MITSVOT
Il est connu de ce que nos Sages de mémoire bénie ont dit : « les mitsvot n’ont été données à Israël que pour raffiner les créatures » (comme expliqué en de nombreux endroits). Au-delà de l’essence de la mitsva – dont le concept est « qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonnés » et qu’il faut l’accomplir pour réaliser le commandement et la volonté de Celui qui commande – il y a dans la mitsva un service particulier et un effet concernant le service de l’homme en général.
De même pour le service d’Israël pendant la fête de Souccot : dans la mitsva de « dans les Soukkot vous habiterez sept jours », dans la mitsva de « et vous prendrez pour vous le premier jour », et dans la joie de Sim’hat Beit Hashoéva qui suit – dans tout cela il y a leur concept et leur effet dans le service, pour raffiner par elles les créatures.
Il en est de même pour le huitième jour de Shemini Atseret. Bien que le huitième soit une fête indépendante, il est néanmoins appelé « le huitième jour », ce qui indique précisément son lien avec les sept jours de Souccot qui le précèdent. Et plus encore : de même que dans le sens simple, pour arriver au huitième il faut qu’il y ait sept jours avant, de même dans leur concept spirituel de Souccot et Shemini Atseret – bien que le service de Shemini Atseret et Sim’hat Torah vienne après [c’est-à-dire qu’il soit supérieur au] service des jours de Souccot précédents, néanmoins la cause et la raison d’atteindre le service de Shemini Atseret est spécifiquement le service des sept jours précédents.
De cela on comprend l’élévation du service de Souccot : c’est spécifiquement la cause et la raison par laquelle on arrive au service, aux influences et aux niveaux du concept de Shemini Atseret.
e) « BAKESSÉ LEYOM ‘HAGUÉNOU »
L’explication du concept est la suivante : il est écrit « au jour caché [sonnez] pour notre fête ». « Notre fête » fait référence à la fête de Souccot, comme expliqué en de nombreux endroits. Et c’est « bakessé leyom ‘haguénou » – tous les concepts qui étaient cachés (dissimulés et voilés) dans les jours précédant notre fête, et particulièrement les concepts qui étaient cachés et voilés à Rosh Hashana [dont il est dit « bakessé » dans l’expression « au jour du kessé il viendra chez lui », et c’est à cela que se rapporte « sonnez du shofar au mois »], se révèlent à Souccot.
Comme il est dit dans le Midrash : « À Rosh Hashana, nous ne savons pas qui est victorieux, mais quand Israël sort… avec leurs loulavim et leurs etrogim dans les mains, nous savons qu’Israël est victorieux. »
C’est-à-dire qu’à Souccot se révèle que nous sommes victorieux, et de manière manifeste pour tous les habitants du monde, au point que toute l’existence du monde voit que nous sommes victorieux. Bien que la victoire d’Israël ait déjà eu lieu à Rosh Hashana – comme dit le Midrash : « Quelle nation est comme cette nation qui connaît la nature de son D.ieu » – Israël sait que le Saint béni soit-Il leur fera un miracle et ils gagneront au jugement, donc c’est une chose simple qu’au jour de Rosh Hashana ils ont eu une inscription et un sceau favorable.
Néanmoins, le but ultime et la perfection sont que cette victoire soit révélée. Et cela se fait pendant la fête de Souccot, « bakessé leyom ‘haguénou » – la victoire qui était cachée (dissimulée) à Rosh Hashana s’étend de manière révélée à « notre fête », et par cela on arrive à la perfection ultime.
f) YOM KIPPOUR ET ROSH HASHANA
Yom Kippour est appelé Rosh Hashana dans l’Écriture, comme cité dans le Likoutei Torah. Dans l’ordre des jours, Yom Kippour est le dix du septième mois, et au début du mois, le premier du septième mois, c’est Rosh Hashana.
Et plus encore, nos Sages ont dit : « Ces dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour » – c’est-à-dire que Rosh Hashana et Yom Kippour sont inclus dans ces dix jours (et leur concept est un concept unique).
De cela on comprend qu’à Yom Kippour s’étend un concept particulier lié à l’influence de Rosh Hashana. Le concept est, comme expliqué dans le Likoutei Torah, qu’à Yom Kippour il y a l’influence du niveau de neshama et d’intériorité. Et puisque l’influence au niveau de l’intériorité est dans le concept essentiel, on comprend que dans tous les autres concepts aussi, l’influence de Yom Kippour est au niveau de l’intériorité.
Cependant, cette influence aussi de Yom Kippour est encore de manière cachée (« bakessé »). Et l’influence de manière révélée – « nous sommes victorieux » – au point que cela devienne « le temps de notre joie » (car la joie ne peut être que sur quelque chose de révélé, comme il est connu) – cela se fait spécifiquement à « notre fête » (la fête de Souccot), le quinze du mois, « quand la lune se tient dans sa plénitude », comme expliqué en de nombreux endroits.
g) LE LIEN ENTRE SHOFAR ET SOUCCA
Par cela on comprend le lien entre le son du shofar et Souccot. Comme il est connu que « se’kha’kh » [car toute mention de Souccot dans l’Écriture implique le se’kha’kh, et comme l’explique l’Admour Hazaken dans le Choul’han Arou’kh, lois de Soucca : « On n’appelle Soucca que le se’kha’kh seul » – c’est-à-dire que non seulement le se’kha’kh est l’essentiel de la Soucca, mais encore que dans le concept du se’kha’kh s’exprime tout le concept de la Soucca] a la valeur numérique (guematria) de cent, correspondant aux cent sons du shofar qu’Israël a l’usage de sonner à Rosh Hashana.
La raison en est comme expliqué ci-dessus : le concept de la Soucca s’étend par le son du shofar de Rosh Hashana. À Rosh Hashana, l’influence (que l’on fait descendre par le son du shofar à travers les cent sons) est de manière cachée (dissimulée), et ensuite elle se révèle pendant la fête de Souccot (« leyom ‘haguénou ») dans le se’kha’kh de la Soucca.
De même concernant Yom Kippour : il est connu que le se’kha’kh de la Soucca ressemble aux nuées de gloire [selon l’opinion dans la Guemara « c’étaient des nuées de gloire », et ainsi cela a été rapporté comme décision halakhique dans le Choul’han Arou’kh de l’Admour Hazaken dans les lois de Souccot au début], et cela s’étend du nuage d’encens de Yom Kippour.
L’explication du concept est, comme expliqué ci-dessus, que d’abord vient l’influence de Rosh Hashana au niveau de l’intériorité à Yom Kippour. Cette influence de Yom Kippour se fait par le concept de l’encens dont il devait y avoir « et le nuage d’encens couvrira le propitiatoire », et de façon plus générale, cela se fait par l’ensemble du service du Cohen Gadol à Yom Kippour dans le Saint des Saints. Et du nuage d’encens de Yom Kippour s’étend ensuite le se’kha’kh de la Soucca (car la Soucca est nommée d’après les nuées de gloire).
h) LE SERVICE DE YOM KIPPOUR DANS LE KODESH HAKODASHIM
Selon ce qui précède, on comprendra l’explication et le point essentiel de tous les concepts mentionnés. Le concept est le suivant : le service de Yom Kippour dans le Kodesh Hakodashim (Saint des Saints) se fait au moment appelé dans l’Écriture « une fois par an ».
De même que dans le temps c’est le niveau de « un » dans le temps, de même dans l’âme et dans le monde (l’espace) c’est au niveau de « un » dans l’âme et dans l’espace. Le service est accompli par le Cohen Gadol qui est le plus sanctifié et le niveau de « un » du peuple d’Israël, comme il est écrit « Et Aaron fut séparé pour être sanctifié au plus haut degré de sainteté », et le service se fait dans le Kodesh Hakodashim, le lieu le plus sanctifié de tout le monde entier, même du lieu saint du Temple (le Hei’khal).
Sur les trois concepts de « shanah, olam, nefesh » (temps, monde, âme) est fondé tout l’ordre de l’enchaînement des mondes tel qu’il s’étend depuis sa racine et sa source [c’est pourquoi le Sefer Yetsira est fondé sur ces trois niveaux], jusqu’à ce que la création soit à partir de Son essence même, béni soit-Il.
Comme il est dit dans la Igeret Hakodesh : « Son essence et Sa substance du Matsilil (Émanateur) béni soit-Il, dont l’existence provient de Son essence et n’est causé par aucune cause qui L’ait précédé, Dieu nous en préserve, etc. – Lui seul par Sa force et Sa capacité peut créer quelque chose à partir du néant absolu véritable. »
C’est le concept du niveau de « un » dans l’année, dans le monde (l’espace) et dans l’âme, qui s’unissent ensemble dans le service du Cohen Gadol à Yom Kippour dans le Kodesh Hakodashim – le niveau de Son essence même béni soit-Il qui s’étend dans le niveau de « shanah, olam, nefesh ».
Le niveau de « un » s’étend de manière révélée ensuite à Souccot. Car il est expliqué dans la Mishna concernant l’ordre du service de Yom Kippour que le Cohen Gadol attendait dans le Kodesh Hakodashim jusqu’à ce que la maison soit remplie de fumée, et de cette fumée (qui provient du service du niveau de « un ») s’étend le se’kha’kh de la Soucca pendant la fête de Souccot.
i) L’INFLUENCE À ROSH HASHANA
Le début de l’influence du niveau de « un » est à Rosh Hashana, quand il y a le service de « couronnez-Moi sur vous » – on fait descendre la royauté depuis le niveau de « élevation essentielle » – c’est-à-dire que comme Il est au niveau essentiel, qu’Il s’étende de manière révélée au point qu’il y ait « couronnez-Moi sur vous ».
Par le fait qu’on fait descendre pour qu’Il soit Roi d’Israël (« couronnez-Moi sur vous »), s’étend ensuite pour qu’Il soit Roi sur tout le monde entier « dans Ta gloire ». Le mode de royauté est par la volonté, et pas seulement « Sa royauté domine sur tout ».
La domination peut être aussi par contrainte sans volonté, mais Israël par son service – « Sa royauté ils ont accepté volontairement sur eux » – fait descendre dans toute l’existence entière, dans tout l’ordre de l’enchaînement des mondes, pour qu’il y ait « venez, prosternons-nous et courbons-nous, agenouillons-nous devant l’Éternel notre Créateur ».
Ensuite, le dix du septième mois, vient l’influence au niveau de l’intériorité. Et ensuite, pendant la fête de Souccot, vient l’influence de manière révélée.
La victoire qui était à Rosh Hashana – commençant par la victoire du fait qu’Israël couronne pour qu’Il soit Roi, s’étendant à « Sa royauté domine sur tout », et plus haut encore, aussi « Sa royauté ils ont accepté volontairement sur eux » – s’étend de manière révélée au point de s’étendre révélée aussi dans le monde et aussi chez les soixante-dix nations. C’est pourquoi on offre pendant la fête de Souccot soixante-dix taureaux correspondant aux soixante-dix nations.
Cette influence s’étend de manière révélée (dans les quatre jours entre Yom Kippour et Souccot) d’abord dans la Torah et les mitsvot par l’étude des lois de Soucca et par l’étude des lois de prise des quatre espèces. Car par l’étude en cela, même si c’est en exil et même si on ne peut pas accomplir tous les détails, « Je leur considère comme s’ils étaient occupés, etc. »
Par le fait qu’on produit d’abord l’influence de manière révélée dans la Torah, et ensuite on fait descendre cela aussi dans l’acte par l’accomplissement des mitsvot [sauf que c’est encore le niveau de l’acte dans les mitsvot elles-mêmes], s’étend ensuite en pratique aussi dans tout le monde entier – tout le monde voit comment un Juif accomplit la mitsva.
Au point que cela s’étend d’une telle manière, comme il est dit dans le Midrash : « Si les nations du monde avaient su combien le Temple leur était bénéfique, ils auraient placé des légions autour de lui pour le garder, etc. »
Cette action du Temple sur les nations se fait pendant la fête de Souccot de manière révélée par l’offrande de soixante-dix taureaux correspondant aux soixante-dix nations, comme expliqué longuement dans les Midrashim de nos Sages de mémoire bénie.
j) « TOUS LES CITOYENS D’ISRAËL »
Selon ce qui précède, que le concept de la Soucca est lié au niveau de « un » dans l’année, dans le monde (l’espace) et dans l’âme, on comprend aussi pourquoi spécifiquement concernant Souccot il est dit « tous les citoyens d’Israël », et de même ce que nos Sages ont enseigné : « Tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une seule Soucca. »
Car l’extension du niveau de « un » de manière révélée se fait pendant la fête de Souccot. L’explication du concept se comprendra en introduisant ce qui nécessite explication en cela [et comme expliqué cette analyse précise aussi dans les discours de nos Maîtres et Princes] : pourquoi cet enseignement que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une seule Soucca provient-il spécifiquement de « tous les citoyens d’Israël » ? Ne pourrait-on pas aussi apprendre cet enseignement de « dans les Soukkot vous habiterez » – « vous habiterez » tous ensemble ?
L’explication générale en cela (dans le langage de la Kabbale) : au début [c’est-à-dire avant le Tsimtsoum], l’Ein Sof remplissait tout l’espace du ‘halal et il n’y avait pas de place pour l’établissement des mondes [c’est-à-dire qu’il n’y avait pas de possibilité ni d’existence pour les mondes]. Ensuite Il a retiré Sa grande lumière sur le côté, etc., et s’est étendu (le grand cercle et) la ligne, et toute la longueur de l’ordre de l’enchaînement des mondes, comme expliqué dans l’Ets ‘Haïm au début et dans le Mavo Shearim au début (comme cité en de nombreux endroits et expliqué dans le ‘Hassidisme).
Ce niveau (qui remplissait l’espace du ‘halal, etc., avant le Tsimtsoum) est déjà appelé du nom de Ein Sof, au point qu’il peut y avoir là une relation quelconque à l’existence des mondes – sauf que puisque l’Ein Sof remplissait tout l’espace du ‘halal, pour cette raison il n’y avait pas de possibilité pour l’existence des mondes.
Mais même là il y a un ‘halal, et il y a aussi la possibilité qu’il faille nier et dire qu’il n’est pas possible qu’il y ait existence pour les mondes. Au-dessus de cela est ce que nos Sages ont dit : « Avant que le monde ne soit créé, Il était Lui et Son Nom seul. »
Cependant, dans ce niveau aussi il y a (déjà) des détails : Lui, Son Nom, et seul. Et on dit aussi que l’innovation de ce niveau est qu’il est de manière « était », comme expliqué dans le discours précédent.
Mais Son essence et Sa substance bénie soit-Il sont au-dessus même de cela, au point qu’on ne peut pas dire de Lui qu’Il est au niveau de « sovev » (entoure les mondes) et même pas non plus au niveau de « makif hara’hok » (englobant éloigné) et similaires.
Car Son essence et Sa substance bénie soit-Il ne sont dans la catégorie d’aucun concept du tout, au point qu’Il est au niveau de « Ein od milvado » (il n’y a rien d’autre que Lui), et plus haut encore, « Ein od » (il n’y a rien). Car « Ein od milvado » peut être dit quand il y a une catégorie de « levado » (seul), mais au-dessus de cela c’est le concept de « Ein od », comme expliqué ailleurs cette analyse précise.
Puisqu’Israël a ses racines dans Son essence même bénie soit-Il, on comprend qu’ils ont un lien et qu’il leur est possible d’atteindre et d’agir dans Son essence même bénie soit-Il, même comme Il est au-dessus dans le niveau de « Ein od », même du niveau de « Il était Lui et Son Nom seul ».
C’est ce que nos Sages ont dit : « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des justes » – le concept du couronnement peut être dit très très haut, et aussi au niveau qui est au-dessus de la catégorie d’espace.
Car puisqu’en haut tous les concepts sont par volonté et non par contrainte, Dieu nous en préserve, on comprend que même à ce niveau est pertinent le concept du couronnement.
De cela on comprend que le concept du couronnement est pour ainsi dire aussi dans Son essence même bénie soit-Il. Et sur cela on dit « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des justes » – cela fait référence aux âmes d’Israël, « et Ton peuple, tous sont des justes », qui ont leurs racines dans Son essence même bénie soit-Il et atteignent donc Son essence même bénie soit-Il.
Le concept du couronnement est aussi dans les petites âmes de niveau apparemment inférieur, comme on comprend de la parabole du Baal Shem Tov de mémoire bénie qui compare ce concept à un père et un petit enfant. Puisqu’il compare le Saint béni soit-Il à un père, pour ainsi dire, on comprend que grand et petit sont égaux par rapport à Lui.
Tous les concepts sont incomparables du tout à Son essence même, sauf que c’est ainsi qu’Il est monté dans Sa volonté que les âmes d’Israël, « et Ton peuple, tous sont des justes », soient enracinées dans l’Essence même, et pour cette raison les âmes d’Israël sont enracinées dans Son essence même bénie soit-Il.
k) LA SOUCCA UNE
Puisque c’est le début de l’année et qu’il faut faire descendre tout l’ordre de l’enchaînement des mondes à nouveau et aussi de manière révélée, il faut donc faire descendre du niveau de « un ».
Cette influence (au niveau révélé) se fait à « notre fête » (pendant la fête de Souccot) comme expliqué ci-dessus, et c’est pourquoi aussi le début du service de Souccot doit être dans le concept de « Soucca une » (car la Soucca une est liée au service de Yom Kippour dans les trois niveaux de « un » dans shanah, olam, nefesh, comme expliqué ci-dessus).
Car par le service de la Soucca une, on atteint le niveau de « un » qui est complètement au-dessus même de toute catégorie du concept de nombre (sauf que puisque nous n’avons pas d’autre nom pour l’appeler, pour cette raison nous l’appelons « un ») – Son essence même bénie soit-Il.
« Un » signifie « unique » comme il est dit dans Tossafot, et le nom « unique » vient du fait qu’elle reçoit de l’Unique. De même dans le niveau de « Soucca une » dont le concept est le concept de l’unicité, comme expliqué ci-dessus.
Puisque le concept de la Soucca a sa racine dans le niveau de « un », c’est pourquoi s’étend en bas que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une – la Soucca est au-dessus de toute division puisque sa racine est au niveau qui est au-dessus de la division.
De cette même raison s’étend le niveau de la Soucca une aussi dans ce monde inférieur où il n’y a pas de plus bas en dessous de lui – puisque par rapport à Son essence même bénie soit-Il, il n’est pas pertinent de faire une distinction entre supérieur et inférieur.
l) POUR LE FUTUR
L’extension de l’Essence de manière révélée (le niveau de Soucca une) ne sera que pour le futur, car alors « la gloire de l’Éternel sera révélée et toute chair ensemble la verra », et au-dessus de cela il y aura aussi « ton Maître ne se cachera plus et tes yeux verront ton Maître », comme il est dit dans le Tanya.
Mais au-dessus de cela est le niveau de « un », dont le concept est l’extension de l’Essence en bas de manière révélée. De cela on comprend que la révélation de la Soucca une aussi ne sera que pour le futur.
Selon cela on comprend pourquoi nos Sages ont enseigné que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une spécifiquement de ce qui est écrit à la fin du verset « tous les citoyens d’Israël », et ils n’ont pas enseigné ainsi du début « dans les Soukkot vous habiterez sept jours ».
Car « dans les Soukkot vous habiterez sept jours » fait référence au service à notre époque, dans les six mille ans que dure le monde, et à notre époque le niveau de « un » ne s’est pas encore étendu de manière révélée.
Cette révélation ne sera que pour le futur, et pour cette raison ils ont enseigné cela de ce qui est écrit « tous les citoyens d’Israël », car « ezra’h » (citoyen) est un terme de futur – c’est-à-dire ce qui brillera pour le futur, comme expliqué dans plusieurs discours. C’est aussi selon les règles de grammaire que les lettres « eitan » indiquent le futur.
C’est « tous les citoyens d’Israël » – pour le futur il y aura la brillance du niveau de « un », et c’est pourquoi tous les Juifs s’assiéront alors dans une Soucca une.
Cependant, malgré cela, même maintenant, dans les six mille ans que dure le monde, il y a une illumination et une brillance du niveau de « un » qui sera révélé pour le futur.
Et plus encore : la révélation du niveau de « un » pour le futur s’étend (comme les autres révélations du futur) par nos actions et notre service de maintenant spécifiquement.
De cela on comprend qu’aussi maintenant il y a une sorte d’illumination du niveau de « un ». C’est ce que nos Sages ont dit que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une – cela fait référence à notre époque, car aussi à notre époque il y a le concept que tous les Juifs sont dignes de s’asseoir dans une Soucca une (une sorte de l’habitation effective pour le futur).
Sauf que cela même qu’à notre époque ils sont dignes, etc., de s’asseoir, s’apprend de ce qui est écrit « tous les citoyens » (terme de futur) – c’est-à-dire que nous prenons la force et cela s’étend de la brillance qui sera pour le futur, qui sera la révélation de l’Essence, comme il est écrit « ton Maître ne se cachera plus ».
m) L’ORDRE DES SERVICES DE ROSH HASHANA, YOM KIPPOUR ET SOUCCOT
Selon ce qui précède, on comprendra aussi l’ordre dans les services de Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot. Le concept est, selon l’ordre dans la Torah et les mitsvot où « généralités et détails ont été dits » – d’abord les concepts sont de manière générale, et ensuite ils s’étendent aux détails.
De même dans l’ordre du service de Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot. Car la Torah dans sa complétude est en abondance de détails, comme il est écrit : « Soixante sont les reines, quatre-vingts les concubines, et les jeunes filles sans nombre. » Nos Sages ont enseigné que « soixante sont les reines » – ce sont les Mishnayot, « quatre-vingts les concubines » – ce sont les Baraïtot, « et les jeunes filles sans nombre » – ce sont les enseignements des Sages et les paroles des Amoraïm.
Avant cela, il y a la Torah telle qu’elle est dans la Torah écrite, comme le dit l’expression « celui qui est habitué au Talmud, d’où ces choses ? C’est que le verset dit. » Tout cela est le concept de la Torah telle qu’elle est de manière de détails et de détails des détails.
Cependant, il existe aussi la Torah telle qu’elle est de manière générale – « ses généralités et ses règles précises, toutes ont été dites depuis le Sinaï ». Dans l’énonciation même des généralités et des détails, d’abord ont été énoncées les généralités, et ensuite les détails.
D’abord ont été énoncés les Dix Commandements dans lesquels sont inclus tous les détails de la Torah. Les Dix Commandements eux-mêmes sont inclus dans les deux paroles « Anokhi » (Je suis) et « Lo yihyé lekha » (Tu n’auras pas), comme il est dit dans le Tanya. Ces deux paroles sont incluses dans « Anokhi » qui est le premier mot de la première parole.
Dans « Anokhi » lui-même, la lettre Alef est son initiale. Dans cette Alef sont incluses toutes les généralités de la Torah. Car la lettre Alef indique un concept de généralité.
Il est dit dans le Talmud de Jérusalem que la parole « Anokhi » est alludée dans ce qui est écrit « Shema Israël Hashem Elokeinou » (Écoute Israël, l’Éternel est notre D.ieu). Il est connu dans l’explication du mot « E’had » (Un) que le ‘Het indique les sept cieux et la terre, le Dalet les quatre directions du monde, et le Alef devant eux correspond au Saint béni soit-Il, Maître du monde, comme cité dans le Beit Yossef du Semak, comme cité et expliqué en de nombreux endroits.
De cela on comprend que le Alef de « Anokhi » (lié au « E’had » de Shema Israël) est la généralité qui inclut toute la Torah entière.
n) ROSH HASHANA – LA PLUS GRANDE GÉNÉRALITÉ
De même est le concept de l’ordre des services de Rosh Hashana, Yom Kippour et Souccot (le début de l’influence est de manière générale, et ensuite elle s’étend aux détails).
Concernant Rosh Hashana (qui est alors au niveau de la plus grande généralité), nos Sages ont dit : « La mitsva du jour est le shofar. » Bien que ce jour soit terrible, redoutable et saint, néanmoins sa mitsva n’est qu’une seule mitsva, et dans la mitsva elle-même, tous les sons sont valables avec le shofar.
Car la mitsva de Rosh Hashana est seulement un concept unique. Même dans la raison et la compréhension de la mitsva, elle est au-dessus des détails, et comme le dit Rambam : « Le son du shofar à Rosh Hashana est un décret de l’Écriture » – c’est-à-dire au-dessus de la compréhension et de l’appréhension de l’intellect.
Car dans la compréhension et l’appréhension il doit y avoir mesure et limites, comme on comprend simplement, mais le son du shofar qui est au-dessus de la compréhension et de l’appréhension (décret de l’Écriture) est au-dessus de la mesure et des limites.
o) YOM KIPPOUR – L’ENCENS
De même dans le concept du service de Yom Kippour : bien qu’il y ait en lui une abondance de services, néanmoins le service particulier qui s’y trouve est le service de « et le nuage d’encens couvrira », comme expliqué ci-dessus.
Ce service se fait dans le Kodesh Hakodashim, le niveau de « un » dans l’espace, au moment de « une fois par an », et par le Cohen Gadol, le niveau de « un » dans l’âme.
Et plus encore, l’encens doit être alors de manière « fine parmi le fin ». Bien que le service de l’encens en général devait être « du fin », ce n’est pas comme l’élévation de l’encens au jour saint, une fois par an, où l’encens est de manière « fine parmi le fin » – ce qui montre qu’on atteint le point de l’existence.
p) SOUCCOT – L’EXTENSION AUX DÉTAILS
Ensuite vient l’influence dans les détails, et dans les détails eux-mêmes, le mode d’influence est de niveau en niveau.
Le début de l’influence est dans la Soucca (car Soucca est nommée d’après « sekhakha » – couverture). Cette influence est encore au-dessus de la division, car dans le se’kha’kh il n’est pas pertinent de diviser, contrairement aux parois, etc.
Le mode d’influence dans le se’kha’kh est comme son nom : se’kha’kh parce qu’il couvre l’homme d’en haut, au point que cela même (qu’il couvre d’en haut) est de manière d’ombre spécifiquement et non de lumière révélée. C’est spécifiquement alors, quand « son ombre est abondante », etc., qu’on accomplit la mitsva de Soucca.
Mais ensuite il faut faire descendre cette influence aussi dans les détails. C’est le concept de la mitsva de « vous habiterez comme vous demeurez » – il faut introduire sous l’ombre de la Soucca tous les aspects de sa vie dans tous leurs détails et détails des détails, et par cela on fait de chaque détail un concept de mitsva.
C’est-à-dire que bien que durant toute l’année entière il faille un grand service au point qu’il y ait « dans toutes tes voies connais-Le », et « le sage sera reconnu dans son manger, son boire, son commerce, etc. », néanmoins pendant la fête de Souccot, du côté même de l’accomplissement de la mitsva (même sans le service de « dans toutes tes voies connais-Le »), quand on fait ces choses dans la Soucca, on accomplit la mitsva de « dans les Soukkot vous habiterez » (bien que ce soient des concepts de manger, boire, commerce, etc., comme mentionné dans le Rambam cité ci-dessus).
q) LES QUATRE ESPÈCES – L’INTÉRIORITÉ
Ensuite il faut faire descendre cette influence (le niveau de « un » dans la Soucca une qui brillera de manière révélée pour le futur, comme expliqué ci-dessus dans « tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot ») plus profondément, pour qu’elle s’étende dans l’intériorité de l’âme (aussi maintenant).
C’est le concept de la mitsva de « et vous prendrez pour vous » (mitsva des quatre espèces) – il doit y avoir un concept de prise, et la prise doit être « pour vous » – atteindre la poitrine, et par cela l’influence s’étend dans son cœur à l’intérieur. Ou dans le langage connu : on fait descendre dans la Nouqva de Ze’ir Anpin qui se tient dans la poitrine de Ze’ir Anpin, comme expliqué longuement dans les discours, et particulièrement dans les discours du Baal Hahilloula (celui dont c’est l’anniversaire du décès).
r) L’UNITÉ DANS LES QUATRE ESPÈCES
Selon ce qui précède, que par la prise des quatre espèces s’étend dans l’intériorité le niveau de « un » (qui s’est étendu d’abord à Yom Kippour par le service dans les trois niveaux de « un » dans shanah, olam, nefesh, et ensuite dans la Soucca une), on comprend que même quand l’influence vient dans les détails (dans la mitsva des quatre espèces), ce sont des détails dans lesquels est visible, révélé et souligné le concept de « un ».
Le concept est, comme expliqué longuement dans le discours « Vekakha » du Baal Hahilloula, que dans ces quatre espèces est visible le concept de l’unité.
Dans le loulav – « kefot temarim » (branches de palmier) est écrit défectivement, et nos Sages ont enseigné qu’il doit y avoir « kefot » (liées). Bien que dans le loulav il doive y avoir tant de feuilles, néanmoins pour accomplir la mitsva il faut les lier l’une à l’autre. Aussi, chaque feuille est pliée de deux côtés, ce qui aussi indique qu’elles sont dans l’unité, etc., et indique aussi la complétude. C’est pourquoi dans le loulav se voit de manière révélée le concept de l’unité.
Dans les hadassim (myrtes) qui sont appelés « branche d’arbre touffu » – « touffu » spécifiquement, pour qu’il y ait « trois dans un nœud », c’est-à-dire qu’il faut qu’il y en ait au moins trois, mais dans un seul nœud spécifiquement. Cela indique aussi l’unité. C’est pourquoi ils sont appelés « branche » (terme singulier), et aussi « touffu », qui indique l’unité.
Et l’arava (saule) – « saules de rivière » – est aussi appelée dans la Guemara « a’houina » parce qu’elles poussent en fraternité, en groupes. Bien qu’elles soient « saules » (pluriel), néanmoins, même si chaque saule pousse par elle-même, elle s’unit avec les autres en « a’houina », du terme « unification ». Cela indique le concept de l’unité.
Et plus encore, suprême sur toutes, est l’unité dans l’etrog, et pour cette raison il est mentionné en premier dans l’Écriture : « et vous prendrez… le fruit de l’arbre magnifique ».
Le concept est le suivant : dans la Guemara ils ont enseigné que ce qui est écrit « fruit de l’arbre magnifique » fait référence à l’etrog parce qu’il demeure sur son arbre d’année en année.
Car dans une année complète il y a un changement des saisons d’un extrême à l’autre, et l’etrog supporte tout cela.
Le Baal Hahilloula ajoute une autre analyse précise : non seulement l’etrog supporte les changements des saisons, mais encore il grandit grâce à eux. Il apporte comme preuve de cela une chose merveilleuse : s’il demeurait sans grandir, ce serait impossible, car il se gâterait, Dieu nous en préserve [puisque l’etrog est une plante].
De cela la preuve qu’au contraire, l’etrog grandit de cela même que passent sur lui les quatre saisons de l’année.
C’est le concept de l’unité dans l’etrog : en lui s’unissent tous les changements des saisons de l’année d’une telle manière que c’est spécifiquement par tous ensemble qu’il grandit au point de devenir « fruit de l’arbre magnifique » [et au point que de la magnificence qui est dite dans l’etrog on apprend la magnificence dans les trois autres espèces].
s) L’UNITÉ SPIRITUELLE DES QUATRE ESPÈCES
De même il y a l’unité dans les quatre espèces dans leur concept dans le service spirituel de l’âme. Car il est connu de ce qui est dit dans le Midrash que les quatre espèces du loulav correspondent aux quatre catégories parmi Israël – depuis la catégorie correspondant à l’etrog qui a goût et odeur (Torah et bonnes actions) jusqu’à la catégorie correspondant au saule qui n’a ni goût ni odeur.
Il faut unifier toutes les catégories, et c’est spécifiquement par le fait qu’ils feront tous une seule agoudah (gerbe) qu’alors se fait « faire Ta volonté d’un cœur complet ».
Comme il est dans le sens simple que c’est spécifiquement par l’unification de toutes les espèces qu’il est possible d’accomplir la mitsva des quatre espèces, et par cela commence « notre fête » de manière « et vous vous réjouirez devant l’Éternel », et de cela l’homme fait descendre ensuite dans son service durant toute l’année entière.
t) CONCLUSION – LE LIEN ENTRE LES MITSVOT
Selon ce qui précède, on comprend les détails mentionnés ci-dessus, le lien de la mitsva de prise des quatre espèces à la mitsva d’habiter dans la Soucca, et aussi l’ordre dans ces mitsvot.
Qu’après avoir accompli la mitsva de « dans les Soukkot vous habiterez » – c’est-à-dire que s’est étendu chez lui de manière d’habitation le niveau de la Soucca une comme elle illumine et donne la force au point de s’étendre aussi à notre époque encore avant qu’il y ait l’extension de l’Essence pour le futur (dont il est écrit « tous les citoyens », terme de futur) – ensuite, par la prise des quatre espèces, on fait descendre cette influence au niveau de l’intériorité.
Par l’influence dans l’intériorité par les quatre espèces, on arrive au concept de Sim’hat Beit Hashoéva.
Comme expliqué longuement par le Baal Hahilloula, que par les quatre espèces on produit la joie de manière « et vous puiserez de l’eau avec joie », que même dans l’eau il y a joie.
Car bien qu’il n’y ait de joie que dans le vin, néanmoins un Juif par son service dans la prise des quatre espèces produit dans l’eau qu’il y ait le concept de la libation d’eau, et par cela se fait le concept de la joie – « et vous puiserez de l’eau avec joie » – au point que « celui qui n’a pas vu la joie de Sim’hat Beit Hashoéva n’a pas vu de joie de sa vie ».
Au contraire, pour qu’il voie la joie dans sa vie, il doit voir, prendre force et explication, et aussi l’explication dans l’intellect, de Sim’hat Beit Hashoéva.
u) CONCLUSION FINALE
C’est ce qui est écrit « dans les Soukkot vous habiterez sept jours, tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot » : qu’après le service de « sonnez du shofar au mois » à Rosh Hashana, où alors l’influence est encore de manière cachée, ensuite viennent les dix jours entre Rosh Hashana et Yom Kippour dont il est dit « Cherchez l’Éternel quand Il se trouve, appelez-Le quand Il est proche », et « Sa parole du Saint béni soit-Il est considérée comme acte », et se fait un acte en pratique – se fait « cherchez » et « appelez-Le » en pratique.
Cela produit ensuite les quatre jours entre Yom Kippour et Souccot, où alors la Torah de vérité témoigne que tous les Juifs et chaque individu d’Israël sont occupés aux mitsvot.
Après la préparation (dans ces quatre jours) – « tu feras pour toi la fête de Souccot », etc. (avec toutes les explications en cela) [car aussi la fabrication de la Soucca est incluse dans la mitsva, comme l’Admour Hazaken a écrit dans son Choul’han Arou’kh comme décision halakhique dans la raison de la décision qu’on ne fait pas de bénédiction sur sa fabrication parce que ce n’est pas l’achèvement de la mitsva, et la bénédiction Shehe’heyanou fait référence aussi à la fabrication] – ensuite vient pendant la fête de Souccot l’accomplissement de la mitsva elle-même : « dans les Soukkot vous habiterez sept jours ».
Immédiatement le lendemain matin (à l’aube et au lever du soleil) vient la mitsva des quatre espèces : « et vous prendrez pour vous le premier jour le fruit de l’arbre magnifique, des branches de palmier, des rameaux d’arbre touffu et des saules de rivière, et vous vous réjouirez devant l’Éternel votre D.ieu. »
Au point qu’on arrive à Sim’hat Beit Hashoéva – se fait la grandeur de la joie de « et vous vous réjouirez » de manière que « celui qui n’a pas vu la joie de Sim’hat Beit Hashoéva n’a pas vu de joie de sa vie ».
Alors on mérite que très bientôt se réalise « tous les citoyens d’Israël habiteront dans les Soukkot » en pratique (et pas seulement dignes d’habiter), car viendra la Rédemption véritable et complète par Machia’h notre Juste.
Alors se fera l’accomplissement de la mitsva de « et vous vous réjouirez devant l’Éternel » dans la complétude et selon la Torah, que son accomplissement sera dans le Temple, le troisième Temple, « Sanctuaire de l’Éternel que Tes mains ont établi », très bientôt.
Qu’il vienne nous racheter et nous conduise la tête haute vers notre terre, qu’il bâtisse le Temple à sa place, qu’il rassemble les dispersés d’Israël, « et à l’Éternel sera la royauté ».
En prélude à cela se fera comme il est écrit : « Alors Je transformerai pour les peuples une langue pure… pour Le servir d’un même accord » – cela s’étend de manière révélée par l’offrande des soixante-dix taureaux pendant la fête de Souccot.
Qu’il en soit ainsi pour nous, et très bientôt !
















