par hassidout | 11 Avr, 2024 – 3 Nisan 5784 | MAGAZINE |
Vidéo inédite du Rav Moché Feinstein (David Yarmesh)
Le Rav Moché Feinstein (hébreu : משה פיינשטיין), dit Harav Moché ou Reb Moïshe, est un Rav et Rosh Yechiva haredi lituanien du xxe siècle (3 mars 1895 – 23 mars 1986). Éminent talmudiste et décisionnaire en matière de Loi juive, son expertise en Halakha, mondialement reconnue, en a fait de facto l’autorité Ravique suprême pour les Juifs orthodoxes. il fut président de la Moetzes Gedolei HaTorah.
Rav Moché Feinstein est né, selon le calendrier hébraïque, le 7e jour du mois de Adar 5655 à Uzda, près de Minsk, en Biélorussie, qui fait alors partie de l’Empire russe. Son père est le Rav David Feinstein, Rav de Uzdan. Son père est un descendant de Rabbi Yom Tov Lipman, Rav de Kapolye, dont les gloses sur le Talmud ont été publiées dans la Guemarah, et aussi l’auteur d’autres œuvres talmudiques.
Il étudie avec son père et aussi dans les Yechivot de Sloutsk, Shklov et Amstislav, avant d’être nommé Rav de Lubań où il sert pendant seize ans. Sous la pression croissante du régime soviétique, il déménage avec sa famille à New York en 1936 où il demeure le reste de sa vie.
À son arrivée dans le Lower East Side, il devient le Rosh Yechiva de la Yechiva Mesivtha Tifereth Yerushalaim. Plus tard, il établit une branche de la Yechiva à Staten Island à New York, maintenant dirigée par son fils, le Rav Reuven Feinstein. Son autre fils, le Rav David Feinstein, dirige celle de Manhattan.
Il préside l’Union des Rabbanim orthodoxes des États-Unis et du Canada et préside la Moatzath Gedolei HaTorah de la Agudath Israël de l’Amérique des années 1960 jusqu’à sa mort. Rabbi Feinstein a également tenu un rôle de leadership pour le « Israël Chinuch Atzmai ».
Rav Moché Feinstein est vénéré par beaucoup comme un Gadol Hador; littéralement « un Grand de la Génération », y compris par le Rav Yaakov Yisrael Kanievsky (le « Steipler »), le Rav Aharon Kotler, le Rav Yaakov Kamenetsky et le Rav Yosef Shalom Eliashiv, même si plusieurs d’entre eux sont bien plus âgés que lui. Il est universellement reconnu comme le principal Possek (décisionnaire) de sa génération, et les gens de partout dans le monde l’appelaient pour avoir réponse aux questions les plus compliquées de Halakha (loi juive).
Rav Moché Feinstein qui fut interrogé au sujet de la prière pour l’État d’Israël, a répondu qu’elle devrait être modifiée pour indiquer un point de vue sioniste d’espérance, au lieu d’une approche messianique sioniste. Le texte, selon sa recommandation, se présente comme suit: « Notre Père dans les cieux, le rocher d’Israël et son rédempteur, bénissez l’État d’Israël afin qu’il devienne Le début de la germination de notre Rédemption. »
Le Rav Moché Feinstein décède le 23 mars 1986 (13 Adar II 5746 sur le calendrier hébreu). Ses funérailles en Israël sont retardées d’une journée en raison de problèmes mécaniques de l’avion transportant le cercueil, qui a dû retourner à New York. On dit que ses funérailles en Israël furent les plus importantes depuis l’époque de la Mishna. On estime que 300 000 personnes ont participé à ses obsèques qui se sont tenues le jour de Chouchan Pourim 5746. Wikipedia
Son petit-fils, Rav Mordechaim Tendler, raconte la rencontre du Rav Feinstein avec le Rabbi de Loubavitch
La plupart des gens qui connaissaient mon grand-père, Rav Moché Feinstein, zt”l, ne l’ont jamais vu apprendre des sefarim habituels. Il écrivait toujours. Tout son apprentissage a eu lieu dans le passé, avant que quiconque ne le connaisse à New York.
C’était donc une énigme: quand a-t-il appris? Il étudiait le Daf Yomi pendant toute la semaine, la Paracha avec Onkelos et Rachi, et Midrash Rabba sur cette Paracha. Chaque matin, il apprenait deux chapitres de Tana’h, juste les mots. Il avait, en fait, une connaissance encyclopédique de Tana’h. Il n’a fait aucun autre apprentissage, certainement pas la Kabbale, ou les enseignements mystiques et ésotériques.
Je lui ai demandé une fois s’il avait déjà appris la Kabbale, et il m’a donné une réponse énigmatique: « Ceux qui parlent de la Kabbala ne la savent pas, et ceux qui la savent, n’en parlent pas. »
Il n’a jamais répondu clairement à ma question, mais un incident survenu en 1975 peut nous donner un indice. Avram Levine, qui était alors secrétaire de l’organisation de mon grand-père, Agudas Rabbanim, lui avait demandé d’être mesader kedushin lors de son mariage. Avram Levine, qui a ensuite déménagé en Israël, où il écrit pour la presse juive, est un Hassid Loubavitch, et le mariage devait avoir lieu au siège de Loubavitch à Crown Heights, Brooklyn.
Des dispositions ont été prises pour qu’après la ‘Houpa, mon grand-père, pour la première fois, rencontre le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, qui, selon la coutume de ‘Habad, ne serait pas personnellement présent au mariage.
Après la ‘Houpa, mon grand-père et le Rabbi ont passé une heure seuls ensemble. Par la suite, mon grand-père m’a dit que les premières minutes étaient consacrées à des sujets familiaux, chacun s’interrogeant sur la santé et la famille de l’autre.
Ensuite, ils ont discuté des questions relatives au Klal Israel, y compris les récentes décisions politiques et d’autres sujets de préoccupation.
Enfin, le Rabbi a dit à mon grand-père qu’il avait une question concernant la Torah. Il a dit à mon grand-père que, pendant 50 ans, il avait été perplexe face à une énigme majeure dans le Zohar, l’oeuvre fondatrice de la Kabbale. Sa question portait sur le concept kabbalistique du Yanuka, un enfant merveilleux qui possède une sagesse surnaturelle.
Mon grand-père donna instantanément au Rabbi une explication extraordinairement brillante à la question qui avait été posée. Le Rabbi aurait été ravi de sa réponse. Leur rencontre a pris fin et mon grand-père est parti.
Plus tard, après qu’il m’ait dit ce qui s’était passé pendant sa rencontre avec le Rabbi, j’ai demandé à mon grand-père s’il avait appris cette explication plus tôt, mais mon grand-père a refusé de discuter de la question plus avant.
Lorsque j’ai discuté de cet anecdote avec mes oncles, les fils de mon grand-père, nous avons conclu qu’il aurait été impossible pour mon grand-père d’avoir répondu à la question du Rabbi aussi rapidement et avec une telle confiance, à moins que cela ne soit déjà clair dans son esprit lors d’une étude antérieure. Cela signifie qu’il devait effectivement avoir étudié la Kabbale de manière approfondie au cours de ses premières années.
Mon grand-père, bien sûr, a passé autant de temps à répondre aux questions des Juifs qui n’avaient pas la stature du Rabbi de Loubavitch. À une occasion, il a entendu un jeune homme qui vivait dans le Midwest qui venait, de perdre son père. Pour compliquer les choses, les funérailles ont eu lieu une semaine avant le mariage du jeune homme. Le Chabbat de son aufruf tomba au milieu de shiva.
Parce que sa famille était proche de Rav Moché, ils ont passé un appel longue distance à New York pour discuter de certains questions spécifiques concernant la situation du marié. Le jeune homme appréciait beaucoup l’aide de Rav Moché et ses paroles chaleureuses de chizouk.
Quelques minutes après avoir raccroché, le téléphone a sonné au domicile du jeune homme. Un opérateur longue distance a demandé au jeune homme surpris s’il accepterait un appel longue distance du Rav Moché Feinstein. Le Rav Feinstein a expliqué la raison de son appel.
«Après que nous ayons raccroché. J’ai compris que ce Chabbat était aussi le Chabbat Kallah de votre financée. La coutume veut que le Hatan envoie des fleurs à la Kallah pour sont Chabbat spécial. Si votre Kallah ne recevait pas de fleurs et que toutes ses amies qui viennent participer au Chabbat Kallah verraient que la Kalla n’a pas reçu de fleurs, elle se sentirait mal. Je voulais donc vous dire que vous devez vous assurer d’envoyer les fleurs, malgré votre situation.»
Rav Moché a ensuite poursuivi en disant que les Lois d’aveilout (lois de deuil) sont rabbinique, mais faire de la peine à son prochain est un interdit de la Torah.
par hassidout | 11 Avr, 2024 – 3 Nisan 5784 | MAGAZINE |
Depuis le jour où il a rencontré le Rabbi pour la première fois en 1959, Reb Zalman Jaffe ע »ה a consacré sa vie à saisir chaque opportunité de rendre le Rabbi heureux et à servir d’homme de relations publiques du Rabbi en Angleterre. Il encourageait toujours les gens à écrire au Rabbi, pas nécessairement quand ils avaient des problèmes, mais pour garder toujours le contact. Il ne voulait écrire que de bonnes nouvelles, pour « rendre le Rabbi heureux ». Il ne voulait pas être un « Tsoros-‘Hassid » (un ‘Hassid qui n’écrit que lorsqu’il a des problèmes) et n’écrire que lorsqu’il avait un problème.
Il se délectait à raconter des histoires sur le Rabbi et sur les réalisations de ses Chlou’him (émissaires). C’est l’une des raisons pour lesquelles il a écrit son célèbre livre « Ma rencontre avec le Rebbe », pour aiguiser l’appétit des gens à visiter eux-mêmes le « 770 » (siège mondial du mouvement ‘Habad-Loubavitch à New York).
Reb Zalman Jaffe a toujours eu un don pour l’écriture et lorsqu’on lui a suggéré que quelqu’un devrait tenir un journal de ses expériences au « 770 », il a sauté sur l’occasion. Il a fini par publier vingt-six volumes de « Ma rencontre avec le Rabbi » !
Le Rabbi faisait des commentaires si nécessaire et l’encourageait toujours à augmenter le nombre de pages chaque année. Qu’il ait réussi à le faire était l’un des plus grands miracles du Rabbi ! La Rebbetzin Haya Mouchka était sa plus célèbre fan. Reb Zalman s’assurait toujours de présenter un exemplaire de son journal à la Rebbetzin dès son arrivée à New York. Lorsqu’ils se rencontraient à nouveau, il était évident d’après ses questions et ses commentaires qu’elle avait lu chaque page.
Reb Zalman avait un lectorat avide et ses Rencontres étaient connues pour être addictives. Après avoir commencé à lire l’un des livres, il était difficile de le poser avant d’avoir atteint la fin. Les livres comprenaient une synthèse d’humour et de sérieux, de Torah et d’anecdotes. Le fil conducteur qui traversait les « Rencontres » était le lien que notre famille entretenait avec le Rabbi. Cela donnait aux livres une touche personnelle charmante et chérie.
À l’insu de la plupart des lecteurs, en plus de ses livres, il entretenait une correspondance suivie avec le Rabbi. Pendant quarante ans, il a eu le privilège de recevoir les conseils inspirés du Rabbi sur pratiquement tous les sujets.
Le Rav Avremi Kievman, s’est proposé de mettre les lettres en ordre. Il a ensuite suggéré de les publier dans un livre pour mettre les conseils du Rabbi à la disposition de tous !
Ma rencontre avec le Rabbi (1969)
Cela fait maintenant onze ans que je rends personnellement visite au Rabbi Shlita, la plupart du temps avec Roselyn, mon épouse.
Je me souviens très bien de notre tout premier rendez-vous privé avec le Rabbi – notre première ‘Yé’hidout’. Nous avons demandé au Rav Chodakov, le secrétaire personnel du Rabbi, à quelle heure nous devions voir le Rabbi. Il répondit « Chatzos – minuit! » Pour un Anglais, huit ou même neuf heures du soir étaient très tard pour une conférence, mais minuit ?! Cela semblait tout à fait fou.
Aujourd’hui, lorsqu’on me propose un rendez-vous à 2h00 du matin, je réponds : « Pourquoi ai-je la chance d’avoir une Yé’hidout si tôt ? ».
C’était ma première visite au « 770 », j’avais donc beaucoup de conseillers sur le protocole. Notre cher ami, le Rav Shemtov, était notre principal parrain. J’ai pris bonne note de ses consignes telles que : « Ne serrez pas la main du Rabbi, ne vous asseyez pas », etc.
En entrant dans le sanctuaire du Rabbi, nous avons été étonnés de voir le Rabbi s’avancer pour nous accueillir, les mains tendues.
« Oh », dis-je. « Je suis désolé, mais le Rav Shemtov a dit que je ne devais pas serrer la main du Rabbi. »
« Peu importe », répondit le Rabbi en souriant et avec une belle étincelle dans les yeux, « nous ne le dirons pas au Rav Shemtov ! » Il me serra la main puis m’invita à m’asseoir.
« Oh non, surtout pas », dis-je, horrifié. « Le Rav Avraham Shemtov m’a dit qu’en aucun cas je ne devais m’asseoir. »
« Vous pouvez vous asseoir les trois premières fois », dit le Rabbi.
Ce que je fis – en me disant – il m’a fallu quarante ans pour arriver en Amérique, je ne pense pas que je reviendrai une deuxième fois, encore moins une troisième fois ! Eh bien maintenant, Boruch Hashem, j’ai déjà traversé l’Atlantique quinze fois et j’ai vu le Rabbi en privé plus de quarante fois. Donc – inutile de le dire – maintenant je me tiens debout en présence du Rabbi, et je ne serre pas la main.
Oh – je suis un vrai Hassid maintenant, et je suis bien chez moi au « 770 » où les gens me marchent sur les pieds avec plaisir, et me poussent avec leurs coudes durs. Remarquez, je deviens moi-même tout à fait expert en la matière. D’un autre côté, c’est un spectacle étonnant et incroyable de voir le hall bondé SERRÉ sans un pouce d’espace libre. Puis le guetteur donne le signal que le Rabbi est en route. Un silence soudain tombe sur l’assemblée et comme par magie, il se forme un grand espace à travers lequel le Rabbi passe lors d’un Farbrenguen ou pour rejoindre sa propre place lors d’un office à la synagogue.
Soit dit en passant, le Rabbi ne fait jamais attendre sa Congrégation au moment de la lecture du Shema ou de l’Amidah. Après les offices du Chabbat et de Yom Tov, le Rabbi souhaite à tous, très doucement, « Bon Chabbat » ou « Bon Yom Tov ». Un passage lui est à nouveau miraculeusement dégagé et normalement je démarre un Nigun pour que le Rabbi soit « joué » avec un air joyeux.
À mon éternelle surprise et stupéfaction, mais aussi à ma grande satisfaction, le Rabbi a continué à me combler de beaucoup d’honneur. Une fois, j’ai été tenté de lui demander pourquoi il me traitait de manière si remarquable, alors qu’en fait je n’avais pas fait grand-chose pour mériter de telles faveurs. Le Rabbi a répondu que ce n’était pas pour le travail que j’avais fait, mais pour ce que j’allais faire.
Bien des années plus tard, j’ai de nouveau demandé au Rabbi pourquoi j’étais si favorisé et j’ai rappelé ce qu’il m’avait dit lors d’une occasion précédente – que c’était pour le travail que j’allais faire et non pour ce que j’avais fait. Le Rabbi sourit et dit : « La même chose s’applique aujourd’hui. »
Cette année, nous sommes arrivés au « 770 » d’Angleterre vers 19 heures. Le Rav Chodakov m’a informé que le Rabbi s’adresserait à la Conférence annuelle des N’Shei Chabad (Femmes Loubavitch) dans environ une demi-heure dans la grande salle, après quoi il était prévu que seules les femmes et les filles de l’extérieur défilent devant le Rabbi, assis seul à la table sur l’estrade, flanqué du Rav Chodakov et du Rav Groner. Elles auraient droit à quelques instants pour parler au Rabbi.
Le Rav Chodakov a suggéré qu’après le défilé des femmes et des filles, nous pourrions alors nous « joindre » et dire Shalom Aleichem au Rabbi.
Nous nous sommes précipités « comme des fous » pour arriver dans la salle avant 20 heures. Il y avait environ 500 femmes et filles présentes et toutes étaient impatientes de parler au Rabbi. Donc, bien que seules les dames de l’extérieur étaient censées défiler, les 500 ont insisté pour faire la queue. Au lieu d’attendre une heure pour notre tour, nous avons attendu sept heures jusqu’à 3 heures du matin ! Nous avons vécu une expérience inoubliable.
Nous étions les derniers de la file. Il y avait maintenant trois filles devant nous. Chacune remettait au Rabbi une lettre de quatre ou cinq pages, qu’il lui fallait quatre ou cinq minutes pour lire. Puis, sans aucune hésitation, il répondait à la fille : « Tu dois continuer à faire ceci ou cela ». « Reste à l’université. » « Le Rav Chodakov te prêtera 250 $ pour finir le cours. » « Rembourse quand tu pourras. » « Va au camp cette année et prends ce groupe et ce cours. » Elle était extrêmement contente et réconfortée lorsqu’elle s’éloignait. La fille juste devant nous a fondu en larmes – de joie, dit-elle – en allant voir le Rabbi pour la première fois.
Puis ce fut notre tour. « Pourquoi n’êtes-vous pas venus la veille de Chabbat pour avoir un autre Farbrenguen ? » (J’ai ensuite dit à Berel Futerfas que le Rabbi avait fait une blague sur le fait de venir pour Chabbat Mevar’him. Il a dit que le Rabbi ne faisait pas de blagues et qu’il se préparait maintenant pour le vol de l’année prochaine afin d’arriver à temps pour ce Chabbat).
Le Rabbi m’a demandé si nous faisions des Farbrenguen à Manchester. « Oui, chaque Chabbat Mevar’him », ai-je répondu.
« Oh, vous allez devoir changer votre nom en Kfar Habad ! »
Nous logions dans l’appartement au-dessus du Kolel et jouxtant l’arrière du « 770 » dans Union Street. Il appartient au Rabbi. « Où logez-vous ? » nous a-t-il demandé.
« Union Street. »
« Ah bon – Shalom, Unité. »
Les repas des Yamim Tovim avec le Rabbi
Une fois de plus, j’ai été invité à me joindre au Rabbi pour les repas de Yamim Tovim en compagnie d’une douzaine d’autres hommes. Évidemment, c’est un très grand honneur. Agréable, digne, mais oh, tellement tendu ! Après tout, nous dînons avec notre propre royauté. Le Rabbi fait Kiddoush, doucement. Nous suivons tous, chacun d’une voix discrète. Puis nous nous lavons tous les mains. Le Rabbi est servi en premier, bien sûr, mais il ne commence pas à manger tant que tous ne sont pas assis et servis, même les Ba’hourim qui servent de serveurs. J’ai une fois demandé à un Ba’hour d’échanger la portion de langue qu’on m’avait donnée contre du poulet. Cela a pris environ sept minutes. Cela m’a semblé sept heures – tout le monde attendait que je sois servi.
Le Rabbi mange très lentement et veille à terminer le plat en dernier. Personne ne mangerait après que le Rabbi ait posé ses couverts. Par conséquent, il surveille toujours et s’assure que tous ont mangé avant de poser son couteau et sa fourchette. Il n’y a pas de conversation ni même de chuchotement pendant les plats, qui consistent en des mets traditionnels de Yom Tov – poisson, soupe, poulet ou viande, fruits, puis boissons.
Lors de la Yé’hidout suivant le premier repas auquel j’ai assisté, j’ai dit au Rabbi que j’étais très déçu de l’ambiance au dîner. Si calme. Si immobile. Si tendu. J’ai dit : « Vous devriez dire aux Hassidim de rendre le Rabbi « Freile’h, joyeux ». »
Il a approuvé et a dit : « Oui – vous devez dire aux Hassidim de rendre le Rabbi Freile’h, joyeux. »
Maintenant, je me sens donc une responsabilité particulière d’essayer, entre les plats, d’animer les choses, en chantant des Nigunim et en racontant une ou deux blagues – tout cela avec la permission du Rabbi, bien sûr. C’est un peu gênant de devoir se forcer à rompre le silence étrange. Bien que le Rabbi me parle normalement en anglais parfait, il insiste pour que je parle en yiddish afin que tous comprennent.
On me fait toujours l’honneur de réciter le Birkat Hamazon à l’un des quatre repas. Cela signifie que je dois boire tout le gobelet de vin et faire une Bra’ha A’hrona pendant que tout le monde reste assis et silencieux.
Aux repas de cette année, B.H. l’ambiance était joyeuse – comme une fête de famille ! Le Rabbi m’a demandé de chanter un Nigun après le premier plat le premier soir de Yom Tov. Je l’ai fait, mais lorsque le Rabbi m’a demandé d’en chanter un autre, j’ai dû faire preuve de diplomatie. Fetter Hendel dirigeait normalement les Nigunim et je ne voulais pas blesser ses sentiments. L’année précédente, le Rabbi lui avait demandé de chanter un air, ce qu’il fit, mais sans les paroles. Le Rabbi dit « Pas de paroles ?! – Donnez-lui un Siddour ! » Fetter Hendel recommença donc, une fois de plus sans paroles, bien qu’il eût un Siddour dans les mains.
Pendant le repas, nous avons discuté des problèmes de Manchester et j’ai raconté ce que j’avais dit au Rav S. qui m’avait demandé quel était le problème pour construire un bâtiment. Tout ce dont on avait besoin, c’était d’argent.
« Oh », ai-je dit, « n’importe qui pourrait construire un bâtiment avec de l’argent. L’astuce est de le faire sans argent. »
« Alors, comment avez-vous fait ? » demanda le Rav R.
« Avec la Bra’ha du Rabbi » ai-je répondu.
Tous étaient ravis de cette réponse car, comme je l’ai fait remarquer au Rav R., il fallait faire ce que le Rabbi avait ordonné et cela serait couronné de succès. (Soit dit en passant, si j’avais toujours fait personnellement ce que le Rabbi me disait, j’aurais connu de nombreux grands succès – j’étais doué pour dire aux autres de tenir compte des conseils du Rabbi).
Le Rav R. a alors souligné que dans certains livres, nous pouvions apprendre que nous n’avions pas besoin d’un Farbrenguen à Chavouot. « Bien », a dit le Rabbi, « alors nous nous reposerons ».
« Oh non », dis-je. « Nous ne vous laisserons pas partir ! » Cela a provoqué beaucoup de rires et le Rav R. a dit : « Vous devez venir plus souvent. »
Le Rabbi est intervenu et a dit : « Chacun a son moment pour venir et comme vous priez Roch Hachanah au Amoud depuis tant d’années, vous ne pouvez pas venir à ce moment-là. » Le Rabbi m’a alors fait de très beaux compliments.
Le chant ‘Haaderet Vehaemouna’
Le premier jour de Yom Tov, j’ai été surpris que le chant ‘Haaderet Vehaemouna’ ne soit pas chanté. J’ai donc mentionné au Rabbi qu’à Manchester, nous chantions toujours ce Nigun à Cha’harit. « Chaque Chabbat ? » demanda le Rabbi. « Non », ai-je répondu, « seulement Yom Tov. »
« Pourquoi pas chaque Chabbat ? »
« Oh là là », ai-je dit, en m’essuyant le front et en pensant au nombre de membres que nous perdrions si nous ajoutions dix minutes à la prière. Le Rabbi est venu à mon secours en disant : « D’accord, seulement à Yom Tov ».
Le lendemain, nous avons effectivement chanté cela pendant Cha’harit – pour la première fois depuis quelques années. Au repas suivant, j’ai remercié le Rabbi, qui a dit que j’aurais dû le mentionner avant, et nous l’aurions chanté le premier jour aussi. Et je recevrai une commission pour cela (cela me servirait d’argument de négociation pour un Farbrenguen supplémentaire !)
Après le Tikoun Leil Chavouot, à 3 heures du matin la première nuit de Chavouot, le Rabbi a dit un Maamar – un discours profond et pénétrant de 45 minutes sur le ‘Hassidout, extrêmement difficile – pour moi du moins. Après le départ du Rabbi à 3h45 du matin, Reb Yoel Kahn répéta alors le Maamar de mémoire. C’est étrange – comme un magnétophone humain.
Après chaque Farbrenguen du Chabbat et de Yom Tov, il y a une « ‘Hazara » – une répétition. Je me suis égaré dans le Shoul à 1 heure du matin après la fin du Chabbat et j’ai trouvé une cinquantaine de Ba’hourim en train d’écouter Reb Yoel Kahn répéter toutes les Si’hot et le Maamer du Farbrenguen de la journée. Beaucoup le corrigent et l’aident. Un des Ba’hourim écrit en même temps le tout dans une sténographie spéciale qui lui est propre, et dès le lundi, tout le Farbrenguen est déjà imprimé.
Cela ne fait pas référence à un Farbrenguen en milieu de semaine comme Youd-Teth Kislev, où le Rabbi utilise un microphone et où toutes les interventions sont enregistrées sur bande.
Le deuxième jour à 20 heures, nous avons eu le Farbrenguen de Chavouot. Il y a une longue estrade à une extrémité de la grande salle. Le Rabbi est assis seul à la table, entouré d’une centaine de Rabbanim. Dans la salle, les Baalei Batim sont assis à des tables entourées de gradins sur lesquels se tiennent les Ba’hourim, atteignant presque le toit. Quelque chose comme un grand auditorium. Environ 1000 personnes sont normalement présentes et, dans des occasions spéciales, même le double. Le Rabbi souhaite à chacun « Le’haïm » et au cours du Farbrenguen, on profite de l’occasion pour dire « Le’haïm » au Rabbi à de nombreuses reprises. Le Rabbi dit une Si’ha, un exposé de 20 à 30 minutes sur la Sidra, puis un Nigun et d’autres Si’hot. Normalement, un Maamer est également dit par le Rabbi où tout le monde se tient debout et écoute ravi et calme pendant les 40 minutes que dure le discours.
Le Rabbi a fait une Si’ha puissante sur l’éducation des enfants, qui sont nos garants de la Torah. Les parents n’ont pas été acceptés comme garants, seulement les enfants. La Torah est « Torat Emet » – la vérité – qui ne peut être changée ou altérée – c’est une vérité. Un parent utilise ses propres soi-disant « idées » et supprime une Mitsva. Des années plus tard, le fils en supprime deux de plus – et il utilise sa soi-disant « tête ».
Les parents doivent enseigner à leurs enfants dès l’âge de quelques semaines. Lorsque la mère chante une berceuse yiddish à un bébé, et même avant la conception de l’enfant – en observant la Taharat Hamichpa’ha. Alors ils savent que l’enfant sera parfait, et à son tour deviendra un père puis un grand-père parfait. C’est aux femmes de le faire !
Pendant le Farbrenguen, le Rabbi m’a demandé pourquoi j’étais « au chômage » ? Je n’avais en effet pas dit « Le’haïm » depuis un moment.
Une fois, le Rabbi m’a tendu une grande assiette de gâteau et une bouteille de vin. « Que dois-je faire avec? » ai-je demandé.
« Vous verrez bientôt… », a dit le Rabbi.
Un instant plus tard, j’étais pratiquement assailli et j’ai juste réussi à sauver quelques morceaux de gâteau pour ma femme.
Ce Farbrenguen a duré sept heures et demie et s’est terminé à 3h30 du matin lorsque le Rabbi a distribué le Kos-Shel-Bra’ha – le vin de la Havdala – à tous ceux qui passaient devant lui avec un verre. Cela a pris encore une heure ou plus. Pendant ce Farbrenguen, nous avons eu la visite du maire Lindsey, qui briguait sa réélection comme maire de New York, ainsi que de certains des autres candidats.
Le dimanche après Chavouot s’est tenu le Kinous Hatorah habituel de 16h à 22h, au cours duquel les Rashei Yechivot et d’autres orateurs importants nous ont donné des Pilpulim. Le Rabbi n’est pas présent à ces manifestations. On me demande généralement de parler – ce que j’ai fait pendant 10 minutes. Je me suis souvenu des Ba’hourim qui avaient l’habitude d’apprendre au « 770 » lorsque le Rabbi n’avait que le petit Beit Hamidrash à l’étage. Il était beaucoup trop petit. Et maintenant, 10 ans plus tard, l’immense synagogue était elle aussi beaucoup trop petite. Maintenant Avraham et Shmuel, Nachman Sudak et Faivish Vogel, parmi des centaines d’autres comme eux, répandaient les doctrines Lubavitch et œuvraient pour le judaïsme dans le monde entier. J’avais demandé au Rabbi une Bra’ha – pour ne pas être un « Tsarot ‘Hassid » et n’écrire que lorsque j’étais en difficulté – tout ce que je voulais, c’était écrire au Rabbi de bonnes nouvelles toutes les deux semaines.
J’ai ensuite raconté le Machal (parabole) des gens qui vivaient à la source d’un fleuve et ne se rendaient pas compte des bénédictions et des bienfaits que le fleuve procurait pendant les milliers de kilomètres de son cours jusqu’à la mer. Même chose avec le Rabbi. Ici à Brooklyn, les Ba’hourim ne réalisaient pas qu’à des milliers de kilomètres de là, le « fleuve » coulait plus fort et plus large que jamais, apportant à tant de milliers de personnes et de familles des bénédictions inestimables.
Ma Yé’hidout a eu lieu le lendemain soir, lundi à 20h30. Le Rabbi a dit que je ne devais le dire à personne pour cette Yé’hidout spéciale, sinon tout le monde en voudrait autant. Quand nous sommes « sortis » à 21h45 (Maariv aurait dû être à 21h30), seulement 150 Ba’hourim environ nous attendaient et étaient au courant de cette Yé’hidout !
Lorsque nous sommes entrés, le Rabbi s’est levé et a dit à ma femme Roselyn qu’il était agréable de lui dire Shalom Aleihem à nouveau, pour la deuxième fois, et lui a demandé de s’asseoir. Elle s’est assise, avec du papier et un crayon à la main, prête à noter les points essentiels qui seraient abordés.
J’espérais qu’elle ne referait pas la même chose que l’année précédente où, après une heure et demie de Yé’hidout, tout ce que Roselyn avait écrit sur le bloc était « le Rabbi a dit que le Farbrenguen était fait spécialement pour elle » – c’est tout ce qu’elle avait noté !
J’ai dit au Rabbi que jusqu’à présent, j’avais passé un moment merveilleux sur le plan social, et qu’il était maintenant temps d’avoir une discussion d’affaires. Le Rabbi a demandé à Roselyn si elle m’avait donné la permission de la quitter et de manger à Yom Tov avec le Rabbi. Lorsque Roselyn a répondu par l’affirmative, le Rabbi a dit qu’il espérait qu’elle ne le prenait pas mal. Roselyn a répondu que comme la Rebbetzin avait fait ce sacrifice, elle pouvait le faire aussi et était heureuse de le faire.
Le Rabbi a dit que sa Rebbetzin avait fait ce sacrifice pendant 40 ans et Roselyn a répondu « jusqu’à 120 ! » Le Rabbi a souri avec reconnaissance. En fait, pendant toute l’heure et quart, le Rabbi riait et souriait.
J’ai parlé au Rabbi de mon discours au Kinus haTorah de la veille, sur le fait de ne pas vouloir être un « Tsarot ‘Hassid ».
« N’avez-vous pas donné un Machal comme d’habitude ? », a demandé le Rabbi.
J’étais surpris car je ne me souviens pas d’avoir jamais donné de Machal auparavant. Le Rabbi est au courant de tout ! J’ai donc raconté ce que j’avais dit sur les gens qui vivaient à la source du fleuve et qui ne pouvaient pas apprécier ce qui se passait à des centaines de kilomètres de là. Le Rabbi a apprécié.
J’ai fait état des nombreuses plaintes que je recevais de personnes qui n’avaient pas de réponse du Rabbi à leurs lettres. J’ai dit, Lehavdil la reine d’Angleterre a un secrétaire particulière qui accuse réception de ses lettres. Le Rabbi a dit que ce n’était pas pour un ‘Hassid ! Mais il cherchait tout de même un Nousa’h qui satisferait non seulement ses correspondants, mais aussi lui-même. Nous avons discuté des affaires et de la famille, des problèmes de Loubavitch et de la communauté. Je me suis rendu compte qu’il était maintenant 21h30 et j’ai dit : « Le Rabbi voudra prier Maariv. »
Il a répondu : « Eh bien, ess shteit in Shoulhan Oruch ! ».
« Oui », ai-je fait remarquer, « mais pas pour prier à 21h30 – ça pourrait être 3h30 du matin comme l’autre soir. »
« Oui », a dit le Rabbi, « c’est vrai, mais ça devenait un peu « serré » pour la Sefirah ». Il m’a conseillé de venir pour ma prochaine Yé’hidout à mon heure habituelle, aux petites heures du matin, afin que personne ne soit jaloux.
Le Rabbi a dit qu’il avait reçu une lettre anonyme de Detroit, avec B.H. en haut, disant au Rabbi de retourner à Loubavitch et de ne pas se mêler des gens en Amérique et les harceler pour qu’ils fassent des Mitsvot. J’ai fait remarquer que c’était bon signe de recevoir une telle lettre. Le Rabbi était d’accord.
J’ai parlé au Rabbi du Loubavitcher qui a téléphoné à Bernard Perrin à Manchester à 2 heures du matin et à moi à 7 heures du matin avec un grus du Rabbi. « Ah », dit le Rabbi, « il s’alignait aux horaires du « 770 ». »
Lorsque nous avons mentionné Avraham, le Rabbi a dit qu’il s’adressait toujours à lui en l’appelant HaRav Avraham dans ses lettres.
Le Rabbi m’a demandé si j’aimais l’appartement d’Union Street. J’ai répondu qu’il était idéal, d’autant plus qu’il n’était qu’à quelques secondes du « 770 » et que je le voulais pour chaque Chavouot.
Après cette Yé’hidout, j’ai réalisé que je n’avais pas demandé au Rabbi un Farbrenguen pour le Chabbat suivant. Et il y avait encore un Chabbat après celui-là aussi.
Barou’h Hachem, depuis que je viens au « 770 », il y a toujours eu un Farbrenguen à chaque Chabbat où j’ai été présent. J’espère que cela continuera. Mais, si l’on veut quelque chose, il faut le demander. J’ai demandé une fois au Rabbi, l’année dernière, et il a répondu qu’il n’était « pas prêt ». J’ai dit que le Rabbi devrait juste s’asseoir à la table du haut et que nous chanterions tous des Nigunim et rendrions le Rabbi Freile’h, joyeux.
« Comment puis-je m’asseoir en haut sans rien dire ? »
« D’accord », ai-je dit, « vous arriverez peut-être à sortir quelques Si’hot. » En fin de compte, il a parlé pendant cinq heures au Farbrenguen.
L’année dernière aussi, ma femme et moi avons rencontré le Rabbi devant le « 770 », il a touché son chapeau pour Roselyn et lui a demandé si elle appréciait Yom Tov malgré le fait que je la quittais pour la table du Rabbi. Je l’ai remercié pour le Farbrenguen précédent que j’ai dit avoir été très agréable. Le Rabbi a répondu : « C’était mon plaisir ! »
Notre Rabbi est toujours le gentleman parfait ! J’ai demandé un autre Farbrenguen et le Rabbi m’a dit de bien me reposer le Chabbat, car il avait entendu dire que certaines épouses se plaignaient effectivement que nous avions trop de Farbrenguen qui gâchaient leurs dîners de Chabbat, etc. Compte tenu de ces remarques, il n’y aurait pas de Farbrenguen le Chabbat.
S’en est suivie une longue correspondance (pas par la poste) dans laquelle j’ai souligné que je me reposais tous les jours et que le Farbrenguen était le seul moment où je pouvais entendre le Rabbi dire un mot de Torah. En outre, toutes ces personnes étaient venues en avion d’Angleterre spécialement pour entendre le Rabbi. Un Farbrenguen à Chavouot n’était définitivement pas suffisant.
J’aurais vraiment dû avoir pitié du Rabbi et lui donner du repos, mais un ‘Hassid ne doit pas avoir de ra’hmanout quand il s’agit d’un mot de Torah du Rabbi.
Quoi qu’il en soit, j’ai eu de la chance et j’ai eu gain de cause – au grand désarroi des 40 Ba’houré Yéchiva de Newark, et de Moishe Feller de Minneapolis, à qui le bureau du « 770 » avait dit de ne pas venir car il n’y aurait pas de Farbrenguen ce Chabbat et sont donc restés chez eux.
Maintenant, ici encore une fois cette année, j’ai eu le même problème. En plus, tous les Ba’hourim du « 770 » me rendaient fou pour demander au Rabbi un Farbrenguen. Ils ne le demanderaient en aucun cas eux-mêmes, bien qu’ils le veuillent tellement, et certains Ba’hourim ont même marché les six km depuis Boro Park spécialement pour être présents. Ils ont dit qu’ils ne pouvaient pas avoir le culot – mais moi, pauvre de moi, je devais être leur bouc émissaire. Eh bien, comme je voulais aussi le Farbrenguen, je n’avais pas d’autre choix que le demander.
J’ai donc écrit au Rabbi pour demander deux Farbrenguen. (Par cette méthode, qui consiste à écrire et à laisser la lettre dans la boîte du Rabbi au bureau, je reçois normalement une réponse le jour même). Le Rabbi a répondu qu’il devait lui-même ouvrir et lire toutes les lettres qui lui étaient adressées et qui étaient très confidentielles. Tout cela prenait beaucoup de temps. Il n’avait donc pas le temps de préparer un Farbrenguen.
J’ai répondu qu’étant donné l’énorme quantité de courrier que le Rabbi recevait, ne lui rendrais-je pas service en n’écrivant pas si souvent (toutes les deux semaines environ) et en lui donnant moins de travail. (Une fois, je m’étais plaint au Rabbi qu’il ne répondait pas à mes lettres (de Manchester) et que je devais écrire à nouveau. « Oh », a dit le Rabbi, « ça valait la peine car j’ai pu recevoir une autre belle lettre de vous grâce à cela »).
J’ai souligné que le Rabbi avait dit que mon Zman (temps) pour venir était Chavouot. Sur le plan social et professionnel, je m’en sortais très bien, extrêmement bien même. Je m’attends pleinement à la même chose dans le département « apprentissage » – « talmud Torah Keneged Koulam ». Je pense que le Rabbi sera d’accord pour dire qu’un seul Farbrenguen n’est pas vraiment une injection suffisante pour 12 mois. Comme les Bra’hot vont normalement par trois (birkat Kohanim), il en va de même pour les Farbrenguen. J’en voulais deux de plus. J’ai écrit l’histoire de Winston Churchill à qui l’on a demandé combien de temps de préparation il avait besoin pour un exposé d’une heure et qui a répondu : « Je peux commencer tout de suite ! ». Pour un exposé de 20 minutes ? – « J’ai besoin d’une heure ! ». Pour un discours de trois minutes ? – « J’ai besoin d’une semaine de préparation. »
Donc, Lehavdiln notre Rabbi n’a besoin d’aucune préparation pour un Farbrenguen de cinq heures. B.H. il y a eu un Farbrenguen ce Chabbat-là.
C’était un Farbrenguen joueux et tous les Ba’hourim m’ont félicité – et ont immédiatement commencé à me harceler pour en avoir un autre le Chabbat suivant. Pendant le Farbrenguen, le Rabbi m’a souhaité Mazal Tov pour les anniversaires de mes petits-enfants Yossi et Yente ‘Haya et m’a dit de prendre une bouteille de vodka et de faire un Farbrenguen à Londres, pas à Loubavitch House, mais chez Shmuel. Les enfants devaient être les ikur or’him. Une fois qu’ils auraient fini leur part de vodka, tout le monde pourrait alors boire. (Cela a ensuite eu lieu – les enfants étaient « au top », environ 40/50 personnes étaient présentes, et j’ai raconté des histoires sur le Rabbi).
une Si’ha intéressante était celle sur les Bikourim. Le Rabbi a dit que cela faisait référence à une affaire inhabituelle et inattendue et que la Maasser devait être payée immédiatement.
Après la Havdala, j’étais à la porte du « 770 » lorsque le Rabbi partait – j’étais seul – tout le monde s’était enfui à l’approche du Rabbi. J’ai tenu la porte ouverte pour lui et lui ai souhaité « Gutte Voch ». Le Rabbi a souri, m’a souhaité la même chose et m’a demandé si « j’étais Tsoufrieden (heureux) ?! » « Oui », ai-je dit, et (en pensant au Chabbat suivant) « jusqu’à présent, tout va bien !! » Après avoir dit cela, j’ai eu terriblement honte de ma grossièreté et de mon culot. Le lendemain, j’ai décidé que je devais m’excuser pour mon manque de bonnes manières et j’ai envoyé au Rabbi une lettre d’excuses sincères et contrites, en espérant un autre Farbrenguen…
On nous a montré la nouvelle bibliothèque et les somptueux bureaux d’à côté dont nous espérons que le Rabbi fera usage – et bientôt. Bien que nous nous référions toujours à Loubavitch House comme au « 770 », ce bâtiment ne représente aujourd’hui qu’une petite partie des cinq ou six immenses bâtiments d’Eastern Parkway, propriété de Loubavitch. Je ne parle pas de nos nombreuses écoles et yeshivot à New York. Une nouvelle Yéchiva coûte 3 millions de dollars.
Le lendemain, j’ai vu le Rav ‘Hodakov dans son propre bureau privé et je n’ai pas pu placer un mot. Le téléphone sonnait sans arrêt – d’Israël, d’Angleterre, d’Australie, sans compter les appels « locaux » du Canada et des États-Unis. Le bureau général est encore pire – il y a trois téléphones. Un jeune homme voulait voir le Rabbi – « au plus tôt dans quatre mois, mais pouvait-il écrire ? ». Un homme était arrivé d’Uruguay avec son fils. Il voulait juste regarder le Rabbi. « Son souhait pourrait être exaucé à Min’ha ».
Un garçon de Yéchiva a fait entrer un vieil homme à 7h45 et lui a montré une paire de Tefillines en disant « ce sont des Tefillines ». Il a aidé le vieil homme à les mettre. L’homme a récité la bénédiction et le Chema. Le garçon a remercié l’homme, l’homme, les larmes aux yeux, a remercié le garçon.
Nous avons été ravis de recevoir un coup de téléphone de la Rebbetzin nous invitant à venir la voir. C’était un grand honneur que nous avons accepté avec empressement.
Roselyn et moi sommes arrivés à 20 heures et avons passé deux heures extrêmement agréables avec la Rebbetzin Schneerson. Du thé et un délicieux gâteau ont été servis. La Rebbetzin a convenu qu’il était 1) très important de rendre le Rabbi Freile’h, joyeux, surtout au « tisch » de Yom Tov. 2) Si l’on veut vraiment quelque chose, comme un Farbrenguen, il faut le demander. C’est tellement évident – elle a laissé entendre qu’il y aurait aussi un Farbrenguen le Chabbat suivant ! Elle a également dit qu’elle était dans la pièce voisine pendant le repas de Yom Tov, et qu’elle avait entendu comme nous nous amusions.
Elle a dit à Roselyn de faire attention en marchant la nuit et « n’a-t-elle pas peur des Noirs ? ». J’ai fait une blague sur le fait qu’ils ne nous touchaient pas parce que nous ne sommes pas Américains – comme le Maggid qui prêchait un jour dans une Shoul et toute la congrégation était en larmes d’émotion. Seul un homme était resté imperturbable. Lorsqu’on lui a demandé pourquoi, il a répondu : « Eh bien, je ne suis pas de cette Shoul ! »
Avant de partir, nous avons parlé de la famille et de divers autres sujets – et avons également raconté quelques autres blagues. Une soirée très agréable en effet. J’espère que la Rebbetzin s’est autant amusée que nous.
Les semaines passaient vite et il était maintenant temps pour notre deuxième Yé’hidout. Elle devait avoir lieu vers 2 heures du matin, mais nous ne sommes entrés dans la chambre du Rabbi qu’à 5h45. Le temps passé en Yé’hidout varie d’une minute à trois heures, il est donc difficile de déterminer l’heure exacte à laquelle on doit entrer.
Pendant que nous attendions, nous avons rencontré M. Yehouda Paldry, un journaliste israélien, qui s’était cassé la jambe 20 ans auparavant. Après trois opérations, il avait été décidé qu’on ne pouvait plus rien faire pour lui et il « marchait » en s’appuyant lourdement sur un très gros et épais bâton. Il venait voir le Rabbi depuis trois ans maintenant. Le soir de Chavouot, alors qu’il recevait son Koss Chel Bra’ha, plié en deux sur son bâton, le Rabbi lui a demandé pourquoi il marchait encore avec un bâton. Il devrait maintenant le laisser. M. Paldry a souri et le Rabbi a dit que ce n’était pas une blague. « Vous n’avez pas besoin de bâton. » Alors, maintenant il marche bien et sans bâton. Les hommes et les Ba’hourim qui l’avaient vu auparavant marcher laborieusement avec un bâton n’en reviennent toujours pas. C’est la propre histoire de M. Paldry et il garde le bâton comme pièce à conviction pour un rappel constant.
Un garçon entrant avant nous était autrefois un hippie de première classe et un toxicomane. Il est maintenant à la Yéchiva de Kfar ‘Habad depuis 12 mois !
En entrant dans la pièce du Rabbi, j’ai dit que depuis le dernier Farbrenguen, j’avais reçu une aubaine – Bikourim. Je suis allé payer l’agent de notre propriétaire (de l’appartement d’Union Street) et il a refusé de prendre mon argent. J’apporte donc tout l’argent du loyer au Rabbi comme Bikourim.
Le Rabbi a confirmé que la Si’ha du Chabbat précédent, le jour de l’anniversaire de Yossi, était pour Yossi (« qui porte le nom de mon beau-père », a dit le Rabbi) car il était un « ben ‘Hamech leMikra » – ce qui signifie, a poursuivi le Rabbi, qu’il aurait six ans l’année prochaine. Donc – nous devons l’amener avec nous le prochain Chavouot et rester à nouveau dans l’appartement d’Union Street.
Le Rabbi a dit qu’il voulait maintenant me poser une question. Pourquoi – après 800 ans – tout ce temps, personne n’a posé de questions sur Rashi jusqu’en 1966/7/8. J’ai dit au Rabbi que nous n’avions jamais eu un tel Gadol Hador qui pouvait répondre à de telles questions sur Rashi. De plus, jamais personne qui pouvait poser de telles questions sur Rashi. Je lui ai rappelé sa promesse de faire imprimer ces Si’hot sur Rashi pour la postérité. J’ai glissé un mot sur un Farbrenguen le Chabbat.
« Ah », dit le Rabbi, « vous faites passer en douce un Farbrenguen ! » – « Mais si vous posez une question sur Rashi, alors j’y répondrai le Chabbat. »
Nous avons discuté des problèmes restants de la Yé’hidout précédente. Loubavitch, le Conseil de la she’hita, la synagogue, etc. Beaucoup d’humour aussi. Je me souviens qu’il y a quelques années, le Rav Avraham Shemtov est venu à Brooklyn dans notre avion de Manchester sans demander la permission au Rabbi. Le Rav Avraham Shemtov s’est tenu à l’écart du Rabbi. Il avait peur. J’ai demandé au Rabbi « de ne pas être en colère contre lui car c’était de ma faute ».
« Ah », dit le Rabbi, « alors j’ai maintenant deux personnes sur qui crier ! »
Je me souviens aussi que lorsque Avraham, il y a de nombreuses années, a voulu se laisser pousser la barbe, il a demandé au Rabbi s’il pouvait le faire. Depuis, j’ai demandé à de nombreuses personnes de deviner ce que le Rabbi a répondu et personne n’a jamais trouvé la bonne réponse. Il a répondu : « Tu dois demander à ta mère. »
Nous avons quitté la chambre du Rabbi à 6h30 et nous n’étions pas les derniers. J’ai ramené Roselyn à la maison, suis revenu et ai prié. À 9h40, j’ai vu le Rabbi partir pour rentrer chez lui – il était en Yé’hidout depuis 20h la veille au soir !! Pas de nourriture, pas de boisson, pas de pause. Et aussi frais maintenant qu’à 20h la veille.
Un autre exemple de l’attitude du Rabbi est lorsque je me suis plaint au Rabbi de la femme qui interrompait son travail le vendredi soir pour allumer les bougies de Chabbat. Le Rabbi a répondu : « Au moins, elle avait accompli une Mitsva. »
Après la prière, j’ai commencé les questions sur Rashi. Maintenant, au lieu de « y a-t-il un Farbrenguen demain, Chabbat » (50 Ba’hourim sont déjà arrivés de Newark), tout le monde me demandait « Quelle est votre Kashi Rashi ? ». J’étais très ennuyé par eux tous. Ils s’agitaient et me félicitaient, mais quand je leur ai fait remarquer que tout le monde devrait envoyer une question sur Rashi – tous ont eu peur à nouveau. Ils étaient doués pour me donner des conseils, que j’ai ignorés.
J’ai pris un indice du cours de Zalman Shimon, auquel j’avais assisté pendant la semaine. Dans la Sidra de cette semaine, Behaalote’ha – troisième Passouk, il est dit qu’Aaron a fait ce que D.ieu lui a ordonné. Et alors ? Vous vous attendez à ce qu’il ne le fasse pas ? Pourquoi Rashi dit-il « shelo shina » ? Zalman Shimon a expliqué qu’Aaron, qui a été le Grand Prêtre pendant 39 ans, allumait les bougies avec la même ferveur la trente-neuvième année que la première. Je n’ai pas aimé cette explication. Lors du Farbrenguen suivant, le Rabbi a dit qu’il en avait parlé précédemment pendant environ 2 heures et que je devrais demander aux « Ba’hourim ».
Its’hak Soufrine, qui nous avait si bien parlé pendant 20 minutes dans l’avion, et qui avait aidé au Birkat Hamazone et à la Tefilat Hadera’h, m’a suggéré de demander au Rabbi son avis sur « Mesanerkha » Chapitre 11, verset 36.
Au Farbrenguen, le Rabbi a parlé pendant une heure et demie à ce sujet, en relation avec Israël également. D.ieu n’a pas besoin de « Koumou » – « se lever » et se battre. Il confond leurs délibérations. Ils finiront par se détruire eux-mêmes. Nous ne devons pas donner un pouce d’Eretz Israël aux Arabes.
Il y avait aussi une Si’ha spécial pour moi. « Tset’hem Léchalom », « pars en paix et reviens en paix ». (L’année prochaine) Ce n’est pas non plus la peine de venir voir le Rabbi une fois par an et c’est tout. Nous avions beaucoup à faire quand nous étions loin du Rabbi. Il m’a adressé un merveilleux sourire et a dit : « Maintenant, cela dépend de vous. »
Le Farbrenguen commençait toujours à l’heure – normalement à 13h30. La prière se termine à midi (à partir de 10h). Une fois, je suis arrivé à 13h33 et le Rabbi était déjà assis sur l’estrade ; il m’a fait signe comme pour dire pourquoi j’étais arrivé si tard.
Après la Havdala, j’ai de nouveau tenu la porte du « 770 » ouverte pour le Rabbi et j’ai dit « Hagutte Voch, tout est maintenant parfait, sauf une chose. »
Le Rabbi était content et a dit que c’était une meilleure réponse que la semaine précédente. Et quelle était cette « sauf une chose » ? J’ai répondu que c’était parce que nous rentrions chez nous le lendemain et que nous quittions le Rabbi.
« Demain ! C’est un autre jour et je vous reverrai. De toute façon, Machia’h peut venir et tout sera changé. »
Nos bus sont partis le lendemain du « 770 » et le Rabbi est venu dehors pour nous voir partir. Quelqu’un m’a demandé pourquoi le Rabbi me donnait tant de koved (honneur) ? Est-ce que je donnais beaucoup d’argent ? Travaillais-je dur pour Loubavitch ? Quel était le secret ?
J’ai répondu : « Men darf makhen dem Rabbi Shlita freile’h. » – C’est tout – « de toutes les manières possibles rendez le Rabbi heureux ! »
Essayez juste une fois!
R’ SHNEUR ZALMAN
par hassidout | 11 Avr, 2024 – 3 Nisan 5784 | MAGAZINE |
La Torah prévoit des habits spécifiques que les prêtres devront porter quand ils exerceront leur ministère dans le Tabernacle : «Et vous ferez des vêtements sacrés pour Aaron votre frère, pour la décence et pour la beauté de son office» (Exode 28:2).
Ces vêtements sont décrits en détail dans Exode 28, Exode 39 et Lévitique 8. Le Grand Prêtre portait huit vêtements sacrés (bigdei kodesh). Quatre d’entre eux étaient les mêmes que ceux que portaient tous les prêtres et quatre lui étaient réservés. Son apparence était celle d’un personnage royal.

Les quatre habits communs à tous les prêtres :
- Mi’hnasayim : Sorte de culotte de lin allant de la taille aux genoux « pour couvrir leur nudité » (Exode 28:42).
- Ketonet : Tunique faite de pur lin, couvrant le corps tout entier du cou aux pieds, avec des manches allant jusqu’aux poignets. (Celle du Grand Prêtre était brodée (Exode 28:39) ; celles des prêtres étaient plus simples (Exode 28:40)).
- Avnet (ceinture) : Celles que portaient les prêtres étaient de lin blanc et retordu. Elle entourait la tunique. (Celle du Grand Prêtre était de lin sans défaut avec des broderies travaillées en bleu et pourpre et écarlate (Exode 28:39, 39:29))
- Mitznefet (turban de lin) : Celui des prêtres elle formait une sorte de cône, appelé migbahat. (Celle du Grand Prêtre était beaucoup plus grande que celle des prêtres et enroulée de manière à former un turban large, au sommet plat.)
Le Grand Prêtre portait également ces quatre vêtements, toujours tissés en lin fin.
Quatre autres éléments sacerdotaux lui étaient réservés, qu’il portait par-dessus les quatre précédents :
- Le Me’il (robe de l’Ephod) : Longue robe sans manches, tissée de pourpre violette, dont l’ourlet inférieur était bordé de 72 clochettes d’or alternant avec des glands de lin et de laine en forme de grenades, en bleu, pourpre et écarlate – tekhelet, argaman, tolaat shani.
- Le Ephod, un gilet ou tablier richement brodé, retenu par deux pierres d’onyx sur les épaules. Les noms des 12 tribus d’Israël étaient gravés sur ces deux pierres : 6 par pierre.
- Le Hoshen (pectoral) : fixé sur le devant de l’Ephod, il était orné de douze pierres précieuses, chacune gravée avec le nom d’une des tribus. Il « consistait en une tablette carrée ou en une pochette d’or» dans laquelle le Grand Prêtre portait les Urim et les Thummim.
- Tzitz (couronne), ou Nezer (lame) : une plaque en or sur laquelle étaient inscrits les mots קדש ליהוה (Kodesh le-YHWH), «Consacré à l’Éternel». Elle était fixée à l’avant de la Mitznefet (turban de lin) par un fil de pourpre violette, en sorte qu’elle reposait sur son front. Voir leur signification
Signification des habits des Cohanim
A propos des vêtements que portait Aaron Hacohen, il est écrit en Dévarim 28, 2-5 : « Tu feras des vêtements de sainteté pour Aharon ton frère pour l’honneur et la splendeur… un pectoral, un ‘éphod’, une robe, une tunique brodée, un tiare, une ceinture…ils prendront de l’or et de l’azur, du pourpre, de l’écarlate et du lin…» Le Ramban écrit que les vêtements des Cohanim, d’une splendeur royale, étaient
principalement destinés à distinguer le Cohen Gadol (Grand Prêtre) aux yeux du peuple et à l’investir d’une aura souveraine.
On trouve cependant une idée contradictoire au sujet des vêtements des Cohanim. Il est écrit à propos de la tunique du Grand Prêtre qu’elle devait être bordée de clochettes d’or et de grenades placées en alternance sur le pourtour de l’ourlet, comme il est dit : «Elle sera pour Aaron, pour faire le service; son tintement s’entendra à sa venue vers le sanctuaire devant Hachem et à sa sortie, et il ne mourra pas». Rabbénou Béh’ayé explique que lorsqu’un homme se présente devant un Roi, le protocole lui interdit d’entrer de façon brusque et inopinée, sous peine de mort. De même, les clochettes d’or qui tintaient au bas de la tunique d’Aaron devaient lui rappeler en permanence la soumission qu’il devait montrer devant D.ieu et que c’est seulement avec Sa permission qu’il entrait et sortait « comme des pauvres et des indigents viennent frapper à la porte du Roi ».
Ces vêtements avaient donc pour but de faire prendre conscience au Cohen Gadol de son insignifiance. Comment concilier ces deux états d’esprit a priori contradictoires?
Ces vêtements avaient pour but de l’élever parmi tous les Bné Israël, afin que le peuple prenne conscience de l’immense valeur du Service Divin.
L’objectif n’était pas de faire honneur au Cohen Gadol lui même, mais qu’il soit intermédiaire pour faire honneur au Roi des rois.
La tâche devient alors difficile pour Aaron : Ne pas s’enorgueillir au sein de cette splendeur et de cette majesté, et même cultiver modestie et soumission à Celui que l’on doit réellement honorer.
La solution: les clochettes ! Un rappel permanent de la présence d’Hachem et que c’est Lui qui dispense les qualités de chacun, la richesse, le rang social (Cohen, Levi, Israël)…
Ainsi avec une pleine conscience de cette vérité, les habits majestueux du Cohen gadol ne sont plus une source d’orgueil pour celui qui les revêt, au contraire ils lui permettront d’être encore plus humble à l’image de ce Gouverneur qui se «faisait de plus en plus petit » à chaque fois qu’on l’acclamait.
Dans le traité talmudique Erkhine, on trouve ceci :
Rabbi Anéni bar Sasson enseigne : Tout comme que les sacrifices apportent l’expiation des fautes, de même les vêtements du Cohen réparent les fautes.
- La tunique (kétonete) expie le meurtre, comme il est dit : ‘Ils trempèrent la tunique dans le sang’, (Béréchit, 37, 31).
- Le caleçon (mi’hnassaïm), la dépravation des moeurs, comme il est dit: ‘Fais-leur des pantalons de toile afin de couvrir la nudité de la chair’, (Chémot, 28, 42).
- La tiare (mitsnéfèt), expie l’orgueil, ainsi que l’a enseigné rabbi ‘Hanina quand il a dit : ‘Que vienne ce qui est haut pour pardonner l’action hautaine’.
- La ceinture (avnète) apporte l’expiation des pensées impures qui viennent du coeur (hirhour haLev), puisqu’en effet c’est là qu’elle était attachée.
- Le pectoral (‘hochen), les mauvais jugements, comme il est dit : ‘Tu feras le pectoral de jugement’, (Chémot, 28, 15).
- L’éphod, la faute d’idolâtrie, ainsi qu’il est écrit : ‘Sans éphod, ni pénates’, (Osée, 3, 4).
- Le manteau (méïl), la médisance ; le Saint béni soit-Il a affirmé en effet : ‘Que vienne ce qui est sonore [sur l’ourlet du manteau étaient cousues 72 clochettes d’or, ainsi que 72 grenades d’or, chacune entre chaque clochette- Ndlr.] et qu’il apporte l’expiation de cette action effectuée avec la voix’.
- La plaque (tsits), l’arrogance, car il est écrit ici : ‘Elle sera sur le front d’Aaron’, (Chémot, 28, 38), et il est écrit là-bas : ‘Tu avais le front d’une pervertie’, (Jérémie, 3, 3)» sur laquelle est gravée la phrase « Sanctifié pour D.ieu ». Le nom de D.ieu y est ici gravé avec ses soixante dix lettres.
Des habits expiatoires
L’un des procédés herméneutiques utilisés par les rabbins est celui de la juxtaposition des versets ou des paragraphes qui n’ont aucun lien a priori.
Sur ce principe le Talmud établit que les habits du grand prêtre avaient une fonction expiatoire. Pour beaucoup de commentateurs, il ne s’agit pas de conduite magique, mais d’une fonction éducative pour rappeler au peuple, à travers les habits du Cohen Gadol, les « péchés capitaux » d’Israël. (Talmud de Babylone traité Zébahim page 88 b)
La beauté de l’homme idéal et son vêtement.
La beauté de participation (nature d’Israël reliant le bas et le haut).
Il faut se souvenir que le Sanctuaire d’en-bas a son parallèle dans les mondes d’En-Haut, pour comprendre que les vêtements de beauté sont tellement une expression de la beauté de Hachem Lui même que les commentateurs les mettent en rapport direct avec les lettres des noms saints de Hachem (voir toute l’oeuvre du Ari et des Sages qui s’en inspirent) ; de plus, ils soulignent le fait que l’éphod ne pouvait pas être séparé de l’autre vêtement pour garder la conscience de la relation continue à la source de cette beauté.
Toute beauté doit être perçue comme reliée à la source de l’intériorité (pnimioute). Cela est exprimé également par la forme des fenêtres du Temple de Salomon (I Rois 6, 4) qui étaient plus étroites à l’intérieur du Temple qu’à l’extérieur, afin de montrer que le rayonnement vient de l’intérieur et non pas de l’extérieur.

Le nom de cohen ( כהן), plur. cohanim, (dédié, dévoué) désigne les membres et descendants de la famille des prêtres hébreux qui réalisaient les sacrifices du Temple de Jérusalem sous l’autorité du Cohen Gadol (Grand Prêtres).
Ce titre fut conféré par D.ieu Lui-Même à Aaron et à sa descendance masculine (Exode 28:1 & 2–4) comme un office perpétuel, d’abord au service du Michkane, (tabernacle portatif) puis, plus tard, du Temple de Jérusalem.
Aaron était le frère de Moïse et de la prophétesse Myriam, grand-mère de Betsalel, qui a construit le Michkhane.
En l’an 2365, Hamram et Yokhéved, de la tribu de Lévi, donnent naissance à Aaron, qui est de 3 ans le frère aîné de Moïse.
Il est marié à Elichévah la fille d’Haminadav. Elle lui donnera 4 fils nommés Nadav, Avyouh, Eléhazar et Itamar. Ces deux derniers sont les deux frères fondateurs de la lignée des Cohanim.
Depuis la destruction du Temple, le nom a continué à se transmettre de père en fils.
Les cohanim continuent d’ailleurs à jouir d’un statut personnel distinctif dans le judaïsme et sont astreints à des règles et lois particulières.
Ainsi, après l’instauration de la lecture de la Torah dans les synagogues en remplacement des sacrifices depuis la destruction du Temple de Jérusalem, qui était érigé sur le « Mont du Temple », (aujourd’hui l’esplanade des Mosquées), ce sont les Cohanim qui ont la priorité pour monter à la la lecture du rouleau de la Torah le Chabbat, suivi des Levi, puis du reste du peuple d’Israël.
Ainsi, la vision biblique du Cohen (prêtre) est aux antipodes de celle des autres religions de l’Antiquité.
Voyons l’histoire de cette famille juive des Cohanim et opérons un retour sur l’origine, selon la tradition (de la Bible à Maïmonide), avec examen de leurs diverses missions.
Chez tous les peuples de la terre, y compris les plus archaïques, la relation entre la sphère humaine et la sphère divine passe par des médiateurs : chamans, devins, guérisseurs, mages, sorciers, nécromanciens, exorcistes, investis d’un pouvoir spirituel suprême, bâtissant des passerelles entre la terre et le ciel.
Dans certaines religions païennes de l’Antiquité, une case sacerdotale composée de prêtres et de prêtresses gère le lien entre l’univers inférieur et l’univers supérieur.
Tout autre est la vision biblique du prêtre hébraïque, « l’émissaire de l’Eternel des Constellations » (Malachie II,7), dont le rôle religieux, strictement monothéiste, est aux antipodes de celui des officiants de Baal, Astarté, Moloch, Kemoch, Osiris et Dagon.
A l’origine, dans la littérature biblique, le mot « Cohen » (qui ne désigne pas spécifiquement un ministre du culte hébraïque, mais toute personne investie d’un rôle liturgique, sans distinction de foi) apparaît au retour d’Abram (avant qu’il ne reçoive du Créateur son nom d’Abraham), victorieux d’une expédition armée pour délivrer son neveu Loth, otage de rois ennemis.
Alors, Abram fut béni par un très mystérieux personnage, Mélchitsédek, roi de Salem et « prêtre du D.ieu Suprême », qui offrit au patriarche des Hébreux, du pain et du vin (Genèse 14,18).
Plus tard, Joseph, nommé par Pharaon vizir d’Egypte, épouse Asenath, fille de Potiphar, « Cohen On », prêtre d’un sanctuaire païen.
Et Moïse, fuyant l’Egypte, épouse Tsipora, fille du prêtre midianite Jethro (Exode 2, 21).
Selon les commentaires rabbiniques, Asenath et Tsipora suivirent pleinement la foi monothéiste.
Mais dès l’Exode d’Egypte, commence une aventure spirituelle inédite : celle du culte monothéiste hébraïque. Israël n’est plus un clan, où le chef de famille pourrait jouer le rôle de maître du rituel. Il est une nation nombreuse, à l’intérieur de laquelle la nouvelle législation désigne une lignée pour le service divin, les descendants d’Aaron, frère aîné de Moïse.
A la différence des cultes païens, il n’y a pas de prêtresses israélites, le pontificat étant exclusivement masculin, alors que l’on trouve des prophétesses et des guerrières Judéennes.
Dans son traité, le « Kouzari », le philosophe juif espagnol Judah Halévi justifie le caractère héréditaire de la prêtrise israélite : le 1er homme, Adam, était investi de toutes les facultés et potentialités de l’esprit, mais ses descendants n’héritèrent pas, de façon égalitaire, de tous ces dons, sans exception. Certains héritèrent d’une imagination féconde, d’autres d’une mémoire prodigieuse.
La faculté spirituelle de connaissance et de vénération du sacré a été transmise à Noé, puis à Abraham, à Isaac, à Jacob, à Lévi et à ses fils. Ils ne seront pas prêtres par privilège, mais par vocation et don. Certes, c’est une vision idéale, souvent démentie par une histoire complexe où des prêtres trahissent leur mission…
Le sacerdoce impose des interdictions matrimoniales nombreuses et des lois de pureté très sévères, destinées à préserver la personnalité spirituelle sui generis du serviteur de l’Eternel.
Pour Maïmonide, la foi d’Israël, servie par la famille aaronide, repose entièrement sur l’idée d’un D.ieu créateur unique avec un message éthique primordial de justice et de compassion.
Ainsi se constitue un pontificat avec, à sa tête, un « Cohen Gadol » (Grand Prêtre) nommé par l’autorité suprême nationale (roi, prophète, juge ou grande assemblée, selon les époques) et assisté par des prêtres ordinaires (Cohanim Ediototh). Le premier « Cohen Gadol », investi par Moïse sur ordre divin fut, comme nous l’avons vu, Aaron. Il était assisté par ses 4 fils, dans le rôle de prêtres ordinaires : Eleazar, Ithamar, Nadav et Abihou.
Tout au long de l’histoire ancienne, depuis l’Exode jusqu’à la destruction du Second Temple, en l’an 70 de l’ère commune, les Cohanim ont rempli des missions spirituelles diverses : les sacrifices, dans le sanctuaire, les jours de semaine et les festivités diverses. Au cours de la journée de Kippour, le rôle primordial était attribué au Cohen Gadol (Grand Prêtre), le seul homme à pouvoir pénétrer dans le « Kodech hakodachim » ( le Saint des Saints) du Temple, pour implorer la clémence céleste pour le peuple
d’Israël.
Description et explications sur l’éphod
« Ils feront l’éphod d’or » (Exode 28,6) L’éphod était l’habit du grand prêtre.
Sur chaque épaule étaient inscrits les noms des tribus d’Israël.
C’était un vêtement de soie tissé d’or agrémenté de 4 rangées de 3 pierres précieuses. Sur chacune figurait le nom d’une tribu ainsi que ceux d’Abraham, Isaac et Jacob, plus d’autres noms saints.
Les deux vêtements : éphod et pectoral, étaient réunis et ressemblaient au gilet rituel à 4 franges appelé « tallit catane » (petit tallit). Les noms inscrits sur ces habits étaient appelés ourim vetouvim. Les rois et autres responsables politiques suprêmes de la nation pouvaient, dans des cas d’extrême gravité, demander au Cohen Gadol, (le Grand Prêtre) de dicter leur ligne de conduite par la lecture des lettres qui composaient des mots et ainsi le Cohen Gadol lisait les réponses à des questions importantes. Le pectoral sacerdotal était considéré comme l’expression de la parole divine : cérémonie énigmatique qui suscitera de nombreux débats entre les exégètes.
La bénédiction du peuple par les prêtres (birkat cohanim) était un moment de haute valeur, à la fois émotionnelle et religieuse, dans l’unité de tout un peuple de croyants, rassemblé pour les grandes solennités. Les prêtres étaient aussi responsables du transport de l’Arche sainte du Seigneur et sonnaient les trompettes à différentes occasions rituelles.
La purification était aussi du ressort des prêtres, y compris la vérification des tâches de lèpre et d’autres maladies de la peau.
Cette dimension intellectuelle du rôle des Cohanim est fondamentale : Maïmonide souligne que, à la différence des prêtres païens qui inculquent à leurs dévôts des rites immoraux et superstitieux pour détourner la colère des prétendues divinités de la nature.
La foi d’Israël, servie par la famille aaronide, repose entièrement sur l’idée d’un D.ieu créateur unique, au-dessus de la création, avec un message éthique primordial de justice et de compassion.

Les Cohanim montaient la garde en 3 endroits dans le Temple :
- dans la Loge d’Avtinas,
- dans la Loge des Reflets
- et dans la Chambre du Feu.
Et les Lévites en 21 endroits :
- 5 aux 5 portes du Mont du Temple;
- 4 à ses 4 coins à l’intérieur;
- 5 aux 5 portes de la Azarah;
- 4 aux 4 coins de l’extérieur,
- 1 dans la loge des Moutons,
- 1 dans l’Atelier de Broderie,
- et 1 derrière le Saint des Saints.
Le responsable du Mont du Temple visitait chaque poste de garde et des flambeaux brûlaient devant lui.
Toute garde qui ne se levait pas, le responsable du Mont du Temple lui disait : « La paix soit avec toi ! » S’il s’avérait qu’il s’était endormi, il le frappait de son bâton. Il était autorisé à lui brûler son vêtement. On disait : « Quel est ce cri dans la Azarah ? C’est le cri d’un Lévi que l’on frappe et dont les vêtements sont brûlés parce qu’il s’est endormi durant sa garde ». Rabbi Eliézer ben Yaakov raconte : Une fois, ils ont trouvé le frère de ma mère endormi et lui ont brûlé son vêtement.
Il y avait 5 portes au Mont du Temple :
- 2 portes de ‘Houlda au Sud servaient aux entrées et sorties ;
- Kifonos à l’Ouest servait aussi aux entrées et sorties,
- Tadi, au Nord, n’était pas utilisée ;
- La porte de l’Est, sur laquelle était représentée la ville de Suze, par laquelle sortait le Cohen Gadol pour brûler la vache rousse ; de même la vache et tous ses assistants sortaient vers le Mont de l’onction.
Il y avait 7 portes dans la Azarah :
- 3 au Nord
- 3 au Sud
- et 1 à l’Est
Au Sud
la porte du Bois, la suivante – la porte des premiers-nés, la suivante – la porte de l’eau.
A l’Est
la porte de Nikanor, 2 loges y étaient attenantes, 1 à sa droite et 1 à sa gauche :
- 1 était la Loge de Pin’has l’habilleur
- et 1 était la loge de confection des ‘Havitim.
Au Nord – la porte des Reflets était conçue en forme de portique sur laquelle était construite une chambre surélevée d’où les Cohanim montaient la garde alors que les Lévites montaient la garde en dessous. Il y avait une porte donnant sur le ‘Heil. La suivante – la porte des Sacrifices et la 3ème – la Chambre du Feu.
Il y avait 4 loges dans la Chambre du Feu, comme des pavillons s’ouvrant sur une galerie :
- 2 dans le sacré
- et 2 dans le profane et des pierres de couleur délimitaient le sacré du profane.
Et quel était leur usage ?
- Celle du Sud-Ouest était la loge des agneaux des sacrifices,
- celle du Sud-Est était la loge de confection des pains de proposition,
- celle du Nord-Est – où les Hasmonéens avaient enfoui les pierres de l’Autel qu’avaient souillé les dominateurs grecs,
- celle du Nord-Ouest – par laquelle on descendait vers le bain rituel.
Il y avait 2 portes dans la Chambre du Feu :
- 1 donnant accès au ‘Heil
- et 1 donnant accès à la Azarah.
Rabbi Yéhouda a dit : « celle qui donnait accès à la Azarah avait un petit portillon par lequel entraient pour inspecter la Azara. »
La Chambre du Feu, coiffée d’un dôme, était un grand pavillon aménagé sur son pourtour de gradins de pierres où les doyens du clan de garde dormaient et les clefs de la Azarah étaient en leur possession. Quant aux jeunes prêtres, chacun déployait sa couverture à même le sol.
Il y avait une trappe d’une coudée sur une coudée, recouverte d’une dalle de marbre où un anneau était fixé et une chaînette à laquelle les clefs étaient accrochées. Lors de la fermeture, on soulevait la plaque à l’aide de l’anneau et on décrochait les clefs de la chaînette, puis le Cohen fermait de l’intérieur alors que le Lévi dormait à l’extérieur. Puis on achevait la fermeture… Si un accident arrivait à l’un d’entre eux, celui-ci sortait et s’en allait par une galerie souterraine… des lampes éclairaient de chaque côté…
Rabbi Eliézer ben Yaakov dit : « Il suivait la galerie souterraine qui passait sous le ‘Heil, puis sortait et s’en allait par Tadi. »
Quand le Cohen quittait le bain rituel, il ne retournait pas dans la Chambre du Feu, mais empruntait la galerie souterraine, qui n’avait pas un caractère sacré, passait sous le ‘Heil et sortait vers le Mont du Temple proche de la porte du côté Nord appelée la porte de Tadi.
Rabbi Eliézer ben Yaakov est en désaccord sur le point vu en Tamid 1,1 : « Il revenait s’asseoir parmi ses frères les Cohanim, jusqu’à ce que les portes s’ouvrent. »
D’après l’opinion de Rabbi Eliézer, il lui était interdit de revenir dans la Chambre du Feu parce qu’il était un Tévoul Yom (impur qui s’est immergé dans le bain de purification, mais qui ne sera purifié définitivement qu’après le coucher du soleil), mais les Sages pense ainsi : « Bien qu’il soit un Tévoul Yom, on le laisse regagner la Chambre du Feu puisqu’il est devenu impur à l’intérieur « (Barténora). (Source dossier Alliance et Aharon Altabé)
La liste exacte des Grands Prêtres ne s’est pas conservée et il n’existe que des listes partielles et sujettes à discussion.
Le Talmud de Babylone rapporte que 18 Grands Prêtres ont officié dans le 1er Temple, et que pas moins de 300 Grands Prêtres ont officié à l’époque du 2e Temple parce que ces Grands Prêtres achetaient les représentants du pouvoir romain pour pouvoir être élevés à cette fonction.
Le nombre de 300 semble exagéré et un nombre beaucoup plus petit apparaît dans le Talmud de Jérusalem, entre 80 et 85 Grands Prêtres. Au vue des sources historiques dont on dispose aujourd’hui, on ne connait qu’au plus 84 Grands Prêtres pour une période couvrant les deux Temples.
Pour la période du Premier Temple, le nombre de Grands Prêtres diverge selon les sources. Hazal compte 18 Grands Prêtres, mais le commentateurs du Talmud, dont les tossafistes, émettent des réserves sur ces propos. En effet dans le livres des Chroniques, il figure une liste des descendants d’Aaron et de son petit fils Pinhas issu de la branche d’Eléazar. On considère cette liste comme étant celle des Grands Prêtres du Premier Temple. Selon cette interprétation traditionnelle, elle ne comporte donc que 13 Grands Prêtres.
Une autre approche, adoptée notamment par le Malbim, (celui qui monte en premier à la Torah pendant les offices) dit que la liste des descendants d’Aaron du livre des Chroniques n’est pas la liste des Grands Prêtres. Cette approche se base sur les propos de l’historien contemporain Flavius Josèphe, qui donne une liste de 17 Grands Prêtres pour la période du Premier Temple (Antiquités judaïques, livre X). Une liste proche de celle de Josèphe se trouve dans le Seder Olam Zoutta et compte 19 noms.
Les Grands Prêtres des époques perses et hellénistiques sont connus grâce aux 2 livres des Macchabées et à Flavius Josèphe. Ceux de l’époque romaine sont également connus grâce à Josèphe. Deux Grands Prêtres mentionnés dans le Talmud ne figurent pas chez les auteurs antiques : ils s’agit d’Eléazar ben Harsoum, qui selon Hazal fut Grand Prêtre pendant 11 ans, et de Rabbi Ishmaël ben Elisha HaCohen haGadol (le grand père du tanna Rabbi Ishmael)
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