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Lois du Mariage (Chapitres 2 à 4)
Chapitre Deux – Définitions des statuts personnels (27 lois)
Définition de ketana – Une fille de la naissance jusqu’à douze ans révolus est appelée ketana (petite) ou tinokète (enfant), même si elle présente certains signes de puberté prématurés.
Définition de na’ara – Une fille de douze ans et un jour présentant deux poils dans le bas du corps est appelée na’ara jusqu’à six mois après cet âge, période durant laquelle ces signes sont nommés « signes inférieurs ».
Cas sans signes – Si une fille de douze ans et un jour ne présente pas deux poils, elle reste ketana jusqu’à vingt ans, même si elle présente des signes d’aylonite.
Détermination du statut d’aylonite – Si à l’âge de vingt ans moins trente jours elle n’a pas présenté deux poils et montre tous les signes d’aylonite, elle a ce statut. Sans tous ces signes, elle reste ketana jusqu’à présenter deux poils ou atteindre trente-cinq ans et un jour.
Transition de statut d’aylonite – Une aylonite n’a pas de période na’ara mais passe directement du statut de ketana à celui de boguérète.
Signes d’aylonite – Une aylonite n’a pas de seins, trouve la relation conjugale douloureuse, a un ventre différent des autres femmes, une voix grave, et une apparence ambiguë. Les statuts na’ara, boguérète et aylonite sont considérés comme guédola (femme majeure).
Signes supérieurs – Enumération des huit signes de maturité dans la partie supérieure du corps: formation de plis aux seins, tétons foncés, tétons qui s’enfoncent et mettent du temps à revenir, striations aux tétons, formation d’une petite sphère, seins qui penchent, seins qui bougent, apparition de chair abdominale, assouplissement de cette chair.
Évaluation des signes – Avant douze ans, on ignore ces signes. Après douze ans et un jour, le signe inférieur prime sur les signes supérieurs. En l’absence du signe inférieur mais présence de signes supérieurs, son statut est douteux. Si tous les signes supérieurs sont présents, elle est guédola de manière certaine.
Enfantement comme signe – Une fille qui enfante après douze ans est considérée adulte, même sans présenter de signes de puberté.
Statut du garçon – Un garçon est appelé katane de sa naissance jusqu’à treize ans, même avec présence de poils qui ne sont pas considérés comme signes de maturité.
Cas d’un garçon sans signes – S’il atteint treize ans et un jour sans signes de maturité, même avec signes de sariss, il est considéré katane jusqu’à vingt ans moins trente jours.
Détermination du statut de sariss – À vingt ans moins trente jours, s’il n’a pas deux poils dans la partie inférieure ni barbe, avec signes de sariss, il a ce statut. Sans ces signes, il reste katane jusqu’à présenter deux poils ou atteindre trente-cinq ans et un jour.
Signes d’un sariss – Un sariss n’a pas de barbe, a peu de poils, une peau lisse, urine sans chaleur ni arc, une semence pâle, urine qui ne fermente pas, absence de vapeur de peau en hiver, voix aiguë et apparence ambiguë.
Sariss par l’homme – Un enfant dont les organes génitaux ont été altérés par intervention humaine est appelé « sariss par l’homme » et est considéré adulte à treize ans et un jour.
Évaluation des signes chez l’homme – Un garçon de treize ans sans signes inférieurs mais avec tous les signes supérieurs a un statut douteux. Sans examen des signes inférieurs, on présume qu’il est adulte si les signes supérieurs sont présents.
Mesure des poils – Pour être considérés comme signes, les poils doivent pouvoir se recourber jusqu’à leur racine. Si on peut les couper avec des ciseaux mais qu’ils ne peuvent se recourber, on juge avec rigueur selon le cas.
Emplacement des poils – Les deux poils doivent être situés dans la région de la nudité. Ils doivent être au même endroit avec un renfoncement à la racine. Deux renfoncements sans poils sont considérés comme un signe.
Poils avant l’âge adulte – Des poils apparus chez une fille avant douze ans ou chez un garçon avant treize ans sont considérés comme une affectation de la peau.
Examen des poils – Si l’examen préalable à l’âge adulte a déterminé que les poils étaient une affectation de la peau, ils ne sont pas considérés comme signes même s’ils persistent après l’âge adulte. Sans examen préalable, ils sont considérés comme signes.
Examen d’une fille – Une fille doit être examinée par des femmes de bonne réputation, une seule femme digne de confiance étant suffisante.
Calcul des années – Les années mentionnées ne sont ni lunaires ni solaires, mais calculées selon le calendrier juif avec ses années régulières et embolismiques fixées par la cour rabbinique.
Témoignage sur l’âge – On ne s’appuie ni sur des femmes ni sur des proches parents concernant l’âge, mais sur deux témoins aptes.
Témoignage du père – Un père est digne de confiance concernant l’âge de ses enfants pour certaines obligations religieuses mais pas pour les sanctions.
Définition d’androgyne – Une personne ayant les deux organes génitaux est appelée androgyne, avec un doute sur son statut d’homme ou de femme.
Définition de toumtoum – Une personne sans organe génital apparent est appelée toumtoum. Si la membrane se déchire révélant son sexe, son statut est établi avec certitude.
Définition de sourd – Le terme « sourd » désigne celui qui n’entend pas et ne parle pas. Celui qui parle sans entendre ou entend sans parler est considéré comme tous les hommes.
Résumé des termes – Récapitulation des vingt termes définis: kidouchine, erva, seconde, interdits rabbiniques et positifs, les divers statuts d’âge et de développement pour hommes et femmes.
Chapitre Trois – Les modalités de consécration du mariage (24 lois)
Consécration par l’argent – Pour consacrer une femme par l’argent, l’homme donne au moins une pérouta ou l’équivalent en déclarant « tu m’es consacrée » devant témoins.
Expression de l’acquisition – Si la femme donne l’argent ou prononce les paroles d’acquisition, les kidouchine ne sont pas valides. Si l’homme donne et la femme prononce, les kidouchine sont douteux.
Consécration par un acte – L’homme peut consacrer une femme en écrivant sur un support « tu m’es consacrée » ou expression similaire et en le lui remettant devant témoins.
Conditions de l’acte – L’acte doit être écrit spécifiquement au nom de la femme et avec son accord, comme pour un acte de divorce.
Consécration par relation conjugale – L’homme déclare qu’il consacre la femme par la relation, puis s’isole avec elle devant témoins et a une relation; elle est consacrée à la conclusion de celle-ci.
Expression d’acquisition – Les expressions utilisées doivent signifier que l’homme acquiert la femme et non l’inverse. « Tu es ma femme » est valide, « je suis ton mari » ne l’est pas.
Expressions ambiguës – Des expressions comme « tu m’es réservée » nécessitent une discussion préalable sur le mariage pour être valides.
Utilisation des langues – On peut consacrer dans toute langue comprise par la femme, si l’expression signifie qu’il l’acquiert. Sans explication verbale, le consentement au mariage et l’acte suffisent.
Consécration partielle – Dire « tu es consacrée pour ma moitié » est valide, mais « ta moitié m’est consacrée » ne l’est pas car une femme ne peut être consacrée à deux hommes.
Cas particuliers de consécration – Dans certains cas comme « ta moitié m’est consacrée par une pérouta et ta moitié par une pérouta », la consécration est valide. D’autres formulations créent des kidouchine douteux.
Autorité du père – Un père peut consacrer sa fille ketana ou na’ara sans son consentement et reçoit l’argent des kidouchine, jusqu’à ce qu’elle atteigne l’âge de boguérète.
Fin de l’autorité paternelle – L’autorité du père cesse quand la fille devient boguérète ou se marie, même si elle redevient veuve ou divorcée étant encore ketana.
Kidouchine sans consentement paternel – Si une fille est consacrée sans l’accord de son père avant d’être boguérète, les kidouchine sont invalides, même si le père consent après.
Doute sur l’âge – S’il y a doute sur le statut de boguérète, les kidouchine par la fille sans consentement du père ou par le père sans accord de la fille sont douteux.
Émissaire pour kidouchine – La désignation d’un émissaire par une femme pour recevoir les kidouchine doit se faire devant témoins, mais celle d’un homme pour consacrer n’en nécessite pas.
Émissaire comme témoin – Un émissaire peut servir de témoin; deux émissaires peuvent consacrer et témoigner sans nécessiter d’autres témoins.
Personnes aptes à être émissaires – Tout le monde peut être émissaire sauf un sourd, un fou, un enfant, un non-juif ou un esclave pour les kidouchine et divorces.
Formulation de l’émissaire – L’émissaire d’un homme dit à la femme « tu es consacrée à untel ». L’émissaire de la femme dit à l’homme « unetelle qui t’a envoyé m’est consacrée ».
Préférence pour consacration directe – Il est préférable de consacrer directement plutôt que par émissaire. Un père ne devrait pas consacrer sa fille ketana sans son consentement.
Fondement des modes de kidouchine – La consécration par relation conjugale ou par acte est valide selon la Torah. La consécration par argent est d’ordre rabbinique mais déduite des textes.
Coutume adoptée – La coutume juive est de consacrer par l’argent ou un objet de valeur. La consécration par relation conjugale, bien que valide, n’est pas recommandée.
Consécration sans shidoukh – Consacrer sans fiançailles préalables ou en public est répréhensible, bien que valide.
Bénédiction des kidouchine – On doit réciter une bénédiction avant les kidouchine, pas après si elle a été omise.
Texte de la bénédiction – Détail de la bénédiction des kidouchine et de la coutume de la réciter sur une coupe de vin ou de bière.
Chapitre Quatre – Validité et règles particulières des kidouchine (22 lois)
Consentement – Une femme ne peut être consacrée que consentante; un homme forcé à consacrer est engagé. Un homme peut consacrer plusieurs femmes simultanément.
Consécration multiple – Si un homme consacre une femme puis dit à son amie « et toi aussi », les deux sont consacrées. S’il dit simplement « et toi », la seconde est consacrée par doute.
Réception de l’objet – Si la femme jette l’objet des kidouchine ou le fait donner à autrui sans préciser que c’est pour elle, elle n’est pas consacrée.
Placement de l’objet – Si elle demande de poser l’objet sur un rocher qui lui appartient, elle est consacrée. Si le rocher est commun, la consécration est douteuse.
Consécration conditionnelle – Si un marchand offre quelque chose à une femme en échange de sa consécration et qu’elle accepte, elle est consacrée. Si elle demande simplement l’objet, elle ne l’est pas.
Rôle des témoins – Des kidouchine devant un seul témoin sont invalides. Devant des témoins invalides selon la Torah, ils sont également invalides. Devant des témoins invalides par ordre rabbinique, ils sont douteux.
Consécration par un enfant – Les kidouchine par un enfant sont invalides. Pour une orpheline ketana, la validité dépend de son âge et de sa compréhension.
Kidouchine au sens du mioune – Une ketana consacrée peut partir sans acte de divorce en accomplissant le mioune si elle refuse son mari avant de devenir adulte.
Sourds et sourd-muets – Le mariage d’un sourd avec une femme entendante, ou l’inverse, est valide par ordre rabbinique mais pas selon la Torah.
Sariss et aylonite – La consécration d’un sariss ou d’une aylonite est valide.
Toumtoum et androgyne – Les kidouchine impliquant un toumtoum ou un androgyne sont douteux et nécessitent un acte de divorce.
Unions prohibées – La consécration d’une erva est invalide, sauf pour une femme nidda dont les kidouchine sont valides mais inappropriés.
Femme mariée – Une femme mariée qui reçoit les kidouchine d’un autre homme devant son mari est considérée comme déjà divorcée et donc consacrée au second.
Unions interdites – La consécration des « secondes » ou femmes interdites par commandement est valide. Celle d’une yevama à un étranger est douteuse.
Non-juifs et esclaves – La consécration d’une non-juive ou d’une servante est invalide, de même que celle d’une juive par un non-juif ou un esclave.
Servante à moitié libre – La consécration d’une femme moitié servante, moitié libre n’est effective qu’après sa libération complète.
Shif’ha ‘haroufa – Définition de la servante promise mentionnée dans la Torah et cas particulier de consécration.
État d’ivresse – Les kidouchine d’un homme ivre sont valides, sauf s’il atteint l’ivresse de Lot.
Valeur minimale – La consécration avec moins d’une pérouta est invalide. Avec un objet de valeur inférieure à une pérouta, elle est douteuse si cet objet peut valoir une pérouta ailleurs.
Cas d’invalidité – Même avec envoi ultérieur de cadeaux, les kidouchine initialement invalides (moins d’une pérouta, par un mineur) restent invalides.
Modes de réception – Les kidouchine sont valides si jetés dans sa main, sa poche ou son domaine avec son consentement. Dans un domaine commun, ils sont douteux.
Distance et accessibilité – Dans un lieu public, les kidouchine jetés sont valides s’ils tombent plus près de la femme que de l’homme. Entre les deux, ils sont douteux.
La Yéchivat Kayits (séminaire d’été pour jeunes) de Prague se prépare activement pour son inauguration cet été. Les préparatifs battent leur plein pour offrir aux participants une expérience inoubliable alliant étude de la Torah, atmosphère chaleureuse et découverte d’une ville au riche patrimoine juif.
Comme chaque Yéchivat Kayits, le programme comprendra des cours approfondis de ‘Hassidout (philosophie du mouvement ‘Habad), de Niglé (étude talmudique), des Farbrengens (rassemblements ‘hassidiques) et une ambiance ‘hassidique à la fois stimulante et édifiante. Les étudiants pourront ainsi progresser dans leur étude et leur pratique du judaïsme, tout en tissant des liens d’amitié durables.
Mais ce qui rend cette Yéchivat Kayits unique, c’est son emplacement au cœur de la ville historique de Prague. Les participants auront l’opportunité de visiter l’ancien quartier juif, de prier dans des synagogues ancestrales et de marcher sur les traces des grands maîtres du judaïsme qui ont vécu à Prague au fil des siècles.
Des activités spéciales de diffusion du judaïsme (Mivtsaïm) seront organisées pour aller à la rencontre de la communauté juive locale et des touristes juifs venus du monde entier. Les étudiants pourront ainsi mettre en pratique les valeurs de bonté et de partage au cœur du mouvement ‘Habad.
Les responsables de la Yéchivat Kayits travaillent dur pour créer un cadre propice à l’étude, à l’introspection et au renforcement de l’identité juive des participants. Des Rabbanim et enseignants expérimentés ont été sélectionnés avec soin pour transmettre leur savoir et inspirer les élèves.
En parallèle du programme d’études intensif, des temps de détente et de loisirs permettront de profiter des beautés de la ville de Prague et de sa région. Des excursions seront proposées pour découvrir des lieux d’intérêt et s’imprégner de la riche histoire juive locale.
La Yéchivat Kayits de Prague s’annonce donc comme une opportunité exceptionnelle de combiner vacances et étude approfondie de la Torah, le tout dans un lieu chargé d’histoire au charme unique. Une expérience qui marquera les participants pour la vie et leur permettra d’entamer l’année à venir dans les meilleures dispositions.
Les places étant limitées, les organisateurs invitent les personnes intéressées à s’inscrire dès que possible. Nul doute que cette première Yéchivat Kayits à Prague connaîtra un immense succès et ouvrira la voie à de futures éditions, permettant à un nombre croissant de jeunes juifs de vivre cette expérience inoubliable alliant Torah et patrimoine au cœur de l’Europe.
Des jeunes étudiants Habad en Pologne, guidés par les émissaires du Rabbi, le Rav Shalom Ber Stambler et le Rav Eliezer Gurary, ont mis les Téfilines à des Juifs venus du monde entier pour participer à la « Marche des Vivants » au camp de la mort d’Auschwitz.
Chaque année, la « Marche des Vivants » rassemble des milliers de Juifs du monde entier pour marcher des camps d’Auschwitz à Birkenau, afin de commémorer les victimes de la Shoah et d’affirmer la continuité du peuple juif. Cette année encore, malgré les défis posés par la pandémie, de nombreux participants ont fait le déplacement pour cette marche chargée d’émotion.
À l’entrée du camp d’Auschwitz, les émissaires du Rabbi de Loubavitch ont accueilli les marcheurs et leur ont proposé de mettre les Téfilines, l’un des commandements fondamentaux du judaïsme. De nombreux participants, jeunes et moins jeunes, ont saisi cette opportunité de se connecter à leurs racines juives dans ce lieu de mémoire et de recueillement.
« C’est un moment extrêmement puissant et symbolique », a déclaré le Rav Stambler. « Mettre les Téfilines à l’entrée d’Auschwitz, là où tant de Juifs ont perdu la vie, est un acte de résistance spirituelle et de réaffirmation de notre foi. Cela montre que malgré les horreurs de la Shoah, le peuple juif reste debout, fidèle à ses traditions ancestrales. »
De nombreux participants ont exprimé leur gratitude et leur émotion d’avoir pu accomplir ce rituel dans un tel cadre. « C’est une expérience qui restera gravée en moi à jamais », a témoigné jeune homme. « Mettre les Téfilines ici, à l’entrée d’Auschwitz, me relie à mon peuple et à mon histoire d’une manière profonde et indélébile. »
Cet acte symbolique s’inscrit dans les efforts continus de Habad pour raviver la pratique juive et la transmission des traditions auprès des Juifs du monde entier, y compris dans les lieux les plus marqués par la tragédie de la Shoah.
L’un des principaux sujets racontés dans la section de la Torah de Vayéra est l’histoire de la naissance d’Isaac et de sa circoncision « le huitième jour » (Vayéra 21,1-4). Ensuite, il est rapporté le conflit entre Isaac et son demi-frère Ismaël, fils de Hagar, la servante d’Abraham (né avant lui, comme raconté dans la section précédente) : « Il se disputait avec Isaac au sujet de l’héritage, disant : ‘C’est moi le premier-né, je dois donc avoir le double de part’, et ils sortent dans les champs et il prend son arc et lui tire des flèches ». À la suite de cela, Sarah a dit à Abraham : « Chasse cette servante et son fils » (ibid. 21,10 et Rachi sur ce verset), et le Tout-Puissant a dit à Abraham : « Tout ce que te dira Sarah, écoute sa voix, car c’est par Isaac que sera appelée ta postérité » (ibid. 12), « c’est par Isaac que sera appelée ta postérité » – et non par Ismaël.
Lorsque le Tout-Puissant a promis à Abraham que Isaac lui naîtrait, comme raconté dans la section de Lekh Lekha (17,15-18), la réaction d’Abraham a été – « Abraham tomba sur son visage et il rit, et il dit en son cœur : ‘À un homme âgé de cent ans naîtra-t-il [un fils] ? Et [comment] Sara, âgée de quatre-vingt-dix ans, enfantera-t-elle ?!’ Et Abraham dit à D.ieu : ‘Que Ismaël vive devant Toi !' » Rachi explique : « Plaise que Ismaël vive, je ne suis pas digne d’un tel bienfait ». Autrement dit, dans sa grande humilité, Abraham pensait qu’il n’était pas digne d’un tel miracle que la naissance d’Isaac alors qu’il a cent ans, et donc il a demandé : « Que Ismaël vive devant Toi » – « qu’il vive dans Ta crainte » (Rachi). Abraham s’est contenté de demander que Ismaël soit un homme craignant le Ciel.
Le Tout-Puissant lui a répondu : « Mais ta femme Sara t’enfantera un fils, et tu l’appelleras du nom d’Isaac » (ibid. 19). Autrement dit, ne te contente pas d’Ismaël ! Et cela même si, en ce qui concerne sa demande pour Ismaël, Il lui a dit : « Et pour Ismaël, Je t’ai entendu » (ibid. 20) – c’est-à-dire qu’il est possible que cette demande aussi se réalise et qu’Ismaël soit un homme craignant le Ciel, mais ce n’est pas cela ton sujet, ce n’est pas ton affaire. Le sujet d’Abraham est d’établir le peuple d’Israël, par la naissance d’Isaac de Sara en particulier, « et J’établirai Mon alliance avec lui en une alliance éternelle pour sa descendance après lui » !
Entre Isaac et Ismaël
Il en ressort un message extrêmement important concernant l’essence du peuple juif. Si nous voulons connaître la supériorité d’Isaac sur Ismaël, nous devons comparer Ismaël à Isaac. En pratique, Ismaël était « un âne sauvage d’homme » (Lekh Lekha 16,12) alors qu’Isaac était un grand juste. Mais même si se réalisait « et pour Ismaël, Je t’ai entendu », c’est-à-dire que se réalisait la demande d’Abraham que Ismaël « vive dans Ta crainte », dans une véritable crainte de D.ieu selon les perceptions d’Abraham notre ancêtre – cela n’aurait aucune valeur par rapport à Isaac, dont est issu le peuple d’Israël !
Isaac était le premier Juif à être né Juif, fils d’Abraham et de Sarah, et par conséquent les propos susmentionnés expriment la différence essentielle entre un Juif et un non-Juif. Et encore : si nous parlons de païens méchants et corrompus etc, il n’est pas nécessaire de beaucoup d’explications, mais il ressort de ce qui précède que même s’il s’agit d’un non-Juif chez qui se réalise l’aspect de « et pour Ismaël, Je t’ai entendu », un non-Juif honnête qui croit en D.ieu et Le craint, il n’est cependant pas comparable à l’élévation d’un Juif.
Et en effet, on trouve deux différences notables entre Isaac et Ismaël, qui en fait se rejoignent en un seul point – A) dans la façon dont ils sont nés, B) dans la circoncision.
Naissance et existence surnaturelles
La naissance : Ismaël est né de manière naturelle, alors qu’Isaac est né de manière miraculeuse. Selon la nature, il n’y avait aucune possibilité pour la naissance d’Isaac. Abraham avait déjà cent ans, Sarah avait quatre-vingt-dix ans, et en plus elle était stérile. Pour que la naissance d’Isaac soit possible, il a fallu que la nature soit complètement bouleversée. Et comme Abraham a dit : « Je ne suis pas digne d’un tel bienfait », car c’est un très grand miracle !
Ce fait montre que l’essence du peuple d’Israël est d’être au-delà des limites de la Création !
Le caractère miraculeux du peuple juif se manifeste aussi dans son existence historique, car « dans chaque génération ils se dressent contre nous pour nous anéantir », « une brebis au milieu de soixante-dix loups et elle est préservée ». Du point de vue des lois de la Création, l’existence du peuple juif n’est pas du tout compréhensible. Ainsi, par son existence même, Israël montre qu’il n’est pas dans les limites de la Création, et on ressent clairement que les enfants d’Israël appartiennent au Tout-Puissant, qui est au-delà des limites de la Création et de la nature.
Le récit de la Torah sur la naissance d’Isaac enseigne que non seulement l’existence historique, mais déjà à l’origine, le commencement et la formation du peuple d’Israël est de manière miraculeuse et n’a pas de place dans la nature. C’est ce que le Tout-Puissant dit à Abraham : ne place pas ton espoir en Ismaël, qui est né de toi de manière naturelle. Ce n’est pas ainsi qu’est créé le peuple d’Israël. Mais « ta femme Sara t’enfantera un fils », une femme stérile, et en plus âgée de quatre-vingt-dix ans, alors qu’Abraham a cent ans. C’est ainsi, de la manière la plus merveilleuse, qu’Isaac naîtra, et de lui se lèvera le peuple d’Israël – « et J’établirai Mon alliance avec lui en une alliance éternelle pour sa descendance après lui » !
Qui conclut l’alliance
La circoncision : Isaac a été circoncis à l’âge de huit jours. Cela est souligné dans la Torah dans le commandement de la circoncision, dans le même discours à Abraham où il y a eu la promesse de la naissance d’Isaac (auparavant) : « Et un enfant de huit jours, vous le circoncire » (Lekh Lekha 17,12). De même dans notre section, après qu’il soit rapporté que « l’Éternel a visité Sara » et qu’Isaac est né, il est dit immédiatement « Et Abraham circoncit Isaac son fils, à l’âge de huit jours, comme D.ieu le lui avait ordonné » (Vayéra 21,4). En revanche, Ismaël a été circoncis à l’âge de treize ans, comme il est dit « et Ismaël son fils était âgé de treize ans lorsqu’il fut circoncis dans sa chair » (ibid. 25).
À propos de cette différence, il est rapporté dans le Midrash (dans notre section, sur le verset « Et il arriva après ces événements ») : « Isaac et Ismaël se disputaient l’un contre l’autre. Celui-ci disait : ‘Je suis plus cher que toi car j’ai été circoncis à l’âge de treize ans’, et celui-là disait : ‘Je suis plus cher que toi car j’ai été circoncis à l’âge de huit jours’. Ismaël lui a dit : ‘Je suis plus cher que toi, pourquoi ? Parce que j’avais la possibilité de refuser et je ne l’ai pas fait' » (Béréchit Rabba 55,4).
À première vue, l’argument d’Ismaël semble logique. Celui qui est circoncis alors qu’il est adulte et a accepté la chose de son plein gré est plus cher. Bien au contraire, c’est justement ainsi que l’acte a la signification d' »alliance » entre le circoncis et le Tout-Puissant, lorsqu’il comprend la signification de l’acte et choisit d’entrer dans l’alliance avec D.ieu par la circoncision. En revanche, quand on circoncit un nourrisson de huit jours qui ne comprend rien, quelle signification et quelle supériorité y a-t-il à sa circoncision ? Donc, quel est le sens de l’argument d’Isaac « Je suis plus cher que toi car j’ai été circoncis à l’âge de huit jours » ? Où est la cherté dans cela ?
L’explication est la suivante : Ismaël pensait qu’il était plus cher parce qu’il a été circoncis à l’âge de treize ans, de sorte que l’alliance était de son fait. Il décide de se connecter au Tout-Puissant. C’est pourquoi le fait qu’il le fasse avec conscience et choix a de l’importance. Alors que pour Isaac, c’est une circoncision d’un tout autre type. Dans la circoncision juive, c’est le Tout-Puissant qui conclut l’alliance. C’est une toute autre affaire. Et cela s’exprime justement dans la circoncision d’un nourrisson de huit jours qui ne comprend rien.
Il y a une personne qui décide de se connecter au Tout-Puissant. C’est une personne dotée de bon sens et de bonnes qualités, qui arrive à la conclusion qu’il y a un dirigeant de cet univers et qu’il faut se connecter à Lui et Le servir. Une telle connexion, si forte soit-elle, est limitée, car elle émane de l’homme, de son intellect et de ses sentiments, qui sont tous limités. Alors que concernant la conclusion de l’alliance avec Isaac et sa descendance, le Tout-Puissant a dit à Abraham : « et J’établirai Mon alliance avec lui en une alliance éternelle pour sa descendance après lui », une alliance éternelle, illimitée !
Comment peut-il y avoir une éternité dans l’alliance d’une créature ? Car la créature est limitée par sa nature même et toutes ses actions sont limitées. Son intellect et sa connaissance de D.ieu sont également limités. L’intellect est susceptible de changer. Aujourd’hui il comprend ainsi, et demain il comprendra autrement. Comment peut-il y avoir une « alliance éternelle » ? C’est que ce n’est pas la créature qui conclut l’alliance, mais le Saint-béni-soit-Il. Lorsque le Tout-Puissant conclut une alliance – c’est une alliance éternelle ! Certes, D.ieu a voulu qu’il y ait de notre part une action à ce sujet, l’action de la circoncision, mais cela ne signifie pas que nous concluons une alliance avec Lui, mais plutôt qu’Il conclut une alliance avec nous, et c’est pourquoi c’est une « alliance éternelle ».
Cette idée est suggérée dans les propos de Rachi sur le verset « lorsqu’il fut circoncis dans sa chair » au sujet d’Abraham : « Le Saint-béni-soit-Il a tendu la main et s’est associé à lui, comme il est dit : ‘et Il a conclu avec lui une alliance’ ; il n’est pas dit ‘avec lui’, mais ‘avec lui' » (17,24 et ancien Rachi). Matériellement, cela était dû au fait qu’Abraham « craignait d’être vieux », et le Tout-Puissant l’a aidé, mais spirituellement, la signification est que l’alliance n’est pas une action de l’homme, de la créature, mais c’est le Tout-Puissant qui tend pour ainsi dire Sa main et c’est Lui qui conclut l’alliance.
Et comme mentionné, ce point, que la circoncision juive est une alliance que le Tout-Puissant conclut, est souligné par le fait qu’on la fait spécifiquement sur un enfant de huit jours. Lorsque l’homme est déjà adulte, l’alliance est interprétée comme une action de sa part, provenant d’une compréhension intellectuelle et d’un choix. C’est une alliance de créature et donc une alliance limitée, qui n’a pas de permanence. C’est pourquoi on la fait spécifiquement sur un nourrisson de huit jours, qui ne sait et ne comprend rien, pour montrer qu’il s’agit d’une alliance divine, qui n’a pas besoin de la compréhension de la créature, mais c’est une alliance éternelle que le Tout-Puissant conclut avec l’âme du nourrisson circoncis.
De manière similaire à ce qui a été expliqué ailleurs concernant le commandement de Lekh Lekha, où jusqu’à ce stade, pendant toute la vie d’Abraham, il s’est connecté au Tout-Puissant par sa propre connaissance et compréhension, tandis que son récit dans la Torah commence par le commandement divin « Va pour toi… vers le pays que Je te montrerai » – vers le pays que Moi Je te montre. Là a commencé la relation du côté du Tout-Puissant et non du côté de l’homme. C’est seulement alors qu’il peut y avoir « Je ferai de toi une grande nation », comme disent nos Sages « que Je te crée comme une nouvelle créature », une réalité complètement différente, un Juif lié au Tout-Puissant. Cette idée est encore plus soulignée et évidente en ce qui concerne Isaac, qui est né Juif, et l’essence juive s’exprime par son entrée dans l’alliance avec le Tout-Puissant en tant que nourrisson de huit jours précisément, sans lien avec sa connaissance et sa compréhension ; c’est une alliance du côté du Tout-Puissant.
Un Juif n’est pas une partie de la Création. Les deux différences expliquées ci-dessus expriment ce point : Ismaël est un homme, une partie de la Création. Il y a des créatures à différents niveaux, inanimé, végétal, animal et intelligent. Et parmi les « intelligents » il y a des imbéciles et des sages, des gens aux mauvaises qualités et aux qualités nobles et élevées. Mais même l’homme le plus élevé n’est qu’un homme, une partie de la Création. Cela s’exprime d’abord dans le fait qu’il naît de manière naturelle, comme tout le monde. Il fait partie de la nature de la Création. Même lorsqu’il s’agit de sa relation avec la divinité – c’est une relation de créature, qui se fonde sur la compréhension de l’homme. Même un « Ismaël » qui « vit dans Ta crainte », n’est pas plus qu’un homme. Et cela s’exprime dans le fait que son alliance a eu lieu à l’âge de treize ans. C’est une alliance de par sa propre force de créature, et elle n’est pas une « alliance éternelle » mais limitée.
Et en effet, à la fin « il se disputait avec Isaac au sujet de l’héritage » ! Quelle que soit la connexion d’Ismaël avec le Tout-Puissant pour ainsi dire, étant donné que le fondement de cette relation est la réalité et la compréhension personnelle, dès que cela entra en conflit avec un intérêt matériel mineur, il s’est immédiatement déchargé de toute cette affaire…
Par contre, Isaac est né Juif ! Un Juif n’est pas une partie de la Création, mais le Tout-Puissant Se trouve en lui. Il a une âme qui est « une parcelle divine d’en-haut même » ! Cela n’a pas de lien avec les limites d’une créature, mais cette relation est quelque chose que le Tout-Puissant met en lui. Cela s’exprime dans le fait que sa naissance a été spécifiquement miraculeuse, complètement au-delà des limites de la nature, pour montrer qu’un Juif n’est pas une partie de la nature mais est lié à la divinité au-delà de la limite du monde ! De même, l’alliance d’Isaac avec le Tout-Puissant a eu lieu spécifiquement à l’âge de huit jours, lorsqu’il n’a aucune compréhension et connaissance. Pour montrer que l’alliance n’est pas de son fait, mais c’est le Tout-Puissant qui conclut avec chaque Juif une « alliance éternelle ». Seulement, la volonté du Tout-Puissant est qu’avec les mâles soit accomplie l’action de la circoncision, mais ce n’est pas l’action de l’homme qui fait l’alliance, mais c’est une alliance que le Tout-Puissant fait (comme expliqué dans les livres que c’est l’explication du fait que « une femme est comme une circoncise » (Avodah Zarah 27a). Chez elle, l’action de l’homme n’est pas requise et le Tout-Puissant conclut une « alliance éternelle » avec chaque Juive). Et c’est pourquoi on voit chez tous les Juifs qu’ils sont « des croyants, fils de croyants » par nature, et prêts à sacrifier leur vie pour la sanctification du Nom divin. Cela provient du fait que le Tout-Puissant a conclu avec chaque Juif une « alliance éternelle » ! De plus, c’est « Mon alliance dans votre chair en une alliance éternelle » (Lekh Lekha 17,13). L’alliance pénètre même dans le corps physique du Juif. Car ce n’est pas une question de compréhension ou de sentiment, mais une alliance divine infinie venant de la part du Tout-Puissant, et donc elle n’a aucune limite, et même le corps physique du Juif est relié au Tout-Puissant dans une « alliance éternelle ».
(D’après Likoutei Sichos vol. 1, p. 18 et suivantes; vol. 25, p. 86 et suivantes)
Sois honnête, arrête de nier !
Kedochim : Garder sa vertu face à la tentation : l’affaire du juge et des diamants. Un enseignement clé à découvrir cette semaine.
Le Rav Dahan est un officier (réserviste) de Tsahal. Rav de communauté à Bet Shemesh et membre de l’Institut de Halakha, il est également conférencier et consultant spécialisé dans les question de science, technologie et Halakha, et a notamment accompagné le projet de la sonde spatiale Beresheet.
Que souhaitait un jeune ‘Hassid pour lui-même et pour les autres, et comment le Rav Nissan Nemanov le fit taire. Quel message le Rabbi Rachab voulut-il envoyer à un certain ‘Hassid, pourquoi son fils, le Rabbi Rayats, craignit-il que le ‘Hassid soit blessé par ces paroles et quelle fut la réaction du ‘Hassid.
Après la Seconde Guerre mondiale, de nombreux ‘Hassidim de ‘Habad eurent le mérite de quitter la Russie. C’était dans les années 1946-1947 et leur sentiment de se libérer du joug du régime communiste était, à juste titre, comme une sortie d’Égypte. Tout ce qui est dit lors du Seder de Pessah s’est réalisé pour eux : « Il nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, de la tristesse à la joie, du deuil à un jour de fête, des ténèbres à une grande lumière et de la servitude à la délivrance. » Après des années de persécutions sévères et de vie sous une peur constante, ils pouvaient enfin mener ouvertement un mode de vie juif complet.
Dans un premier temps, beaucoup d’entre eux se sont rassemblés dans la ville de Poking en Allemagne, où l’armée américaine avait établi un grand camp de baraques où étaient logés tous les réfugiés juifs, dont les ‘Hassidim. Ils avaient quitté la Russie sans rien, n’ayant presque que les vêtements qu’ils portaient, mais dans le camp lui-même, tous leurs besoins étaient satisfaits – un toit, de la nourriture, des médicaments et des vêtements. De ce point de vue aussi, ils se sentaient véritablement libres, car ils n’avaient même pas besoin de travailler pour gagner leur vie.
Eh bien, certains ‘Hassidim ont profité de cette liberté pour étudier davantage la Torah, chose qui leur avait été refusée pendant toutes ces années. D’autres ont enfin pu prier longuement grâce à cette liberté. Certains ont également occupé divers postes, comme enseignants ou conférenciers au ‘Heder et à la Yechiva fondés dans le camp. Et il y avait aussi ceux, un peu plus « maîtres de maison », qui sont allés se promener dans les environs. Pour voir de beaux paysages, découvrir un mode de vie différent et profiter un peu de la liberté.
L’un des ‘Hassidim à Poking à l’époque était Rav Nissan Nemanov (qui dirigea plus tard la Yéchiva de Brunoy). Un jour, il était assis avec un groupe de ‘Hassidim et faisait un Farbrenguen. Au milieu de du Farbrenguen, un jeune avrekh prit un peu de « le’haïm » et formula à haute voix le souhait « que D.ieu nous aide à être des jeunes ‘Hassidim ». Il s’apprêtait à boire le « le’haïm » lorsque Rav Nissan l’arrêta et lui dit : « Attends un instant, je veux te dire quelque chose. »
L’avrekh s’arrêta sans boire le « le’haïm » et Rav Nissan lui dit ceci :
« Le Rabbi Rachab a écrit quatre recueils pour les élèves de Tomkhei Tmimim (Kountras HaAvodah, Kountras HaTefillah, Kountras Oumaayon Mibeis Hachem et Kountras Ets Ha’Haïm). Le point essentiel de ces recueils est qu’il doit y avoir une « réflexion détaillée ».
« Je vais t’illustrer ce qu’est une « réflexion détaillée ». Tu as souhaité tout à l’heure pour toi et tes amis que vous soyez des avrekhim ‘Hassidiques. Quand tu dis cela, tu dois réfléchir en détail à la signification de ces mots. Eh bien, un avrekh ‘Hassidique se lève le matin d’une manière différente (de quelqu’un qui n’est pas un avrekh ‘Hassidique). Son « Modeh Ani » est différent. Son zèle est plus grand. Il dit les « Birkot Hacha’har » en faisant attention au sens des mots. Il écoute ce qui sort de sa bouche et se concentre sur chaque bénédiction. Ensuite, il s’assoit et étudie la ‘Hassidout. Par conséquent, sa prière aussi prend un peu plus de temps que d’habitude. Il prie avec concentration et effort. Et quand on étudie et prie de cette manière, au cours de la journée, on n’a plus envie de sortir et de se promener dans toutes sortes d’endroits. Non seulement il n’en a pas envie, mais cela le Ravute même… C’est ce qu’on appelle une « réflexion détaillée ». Et maintenant », s’adressa Rav Nissan à lui, « que tu sais un peu mieux ce que signifie être un avrekh ‘Hassidique, est-ce que tu te souhaites toujours d’en être un ? »…
L’avrekh écouta les paroles et se tut. Je ne sais pas si, à la suite de cela, il s’est abstenu de faire des promenades ou s’il a peut-être poursuivi son train de vie habituel. Une chose est claire : il a mieux compris ce que signifie être un avrekh ‘Hassidique. Avec une « réflexion générale », le souhait « d’être des jeunes ‘Hassidim » a l’air beau et ne dérange pas trop. La « réflexion détaillée », en revanche, c’est autre chose. Beaucoup plus détaillée et donc aussi beaucoup plus vraie.
Et c’est l’éducation que le Rabbi Rachab voulait donner aux élèves de Tomkhei Tmimim. Que chaque chose doit faire l’objet d’une « réflexion détaillée ». Lorsque Rav Nissan en a parlé, il s’est principalement concentré sur la question du « service divin », mais ces paroles sont également vraies pour tout ce qui concerne l’étude de la Torah. Lorsqu’on étudie un sujet de la Torah – en Nigla ou en ‘Hassidout – cela doit se faire avec une « réflexion détaillée ». Entrer dans les détails, les approfondir, les rapprocher de notre intellect, jusqu’à ce que les choses se vérifient et se renforcent en nous.
Le moteur de réflexion détaillée : la Chli’hout
Tout ce dont nous avons parlé jusqu’à présent – service intérieur, réflexion détaillée, etc. – ce sont toutes des choses correctes, ordonnées et belles. Mais pour que cela se produise réellement, toutes ces choses ont besoin d’une âme, d’un moteur qui les propulse. Ce moteur, c’est la Chli’hout.
La Chli’hout signifie que je suis imprégné de la nécessité et de l’urgence d’accomplir ce qui m’incombe. J’ai un maître et une tâche qu’il m’a confiée, et c’est pourquoi je fais ce que je fais, sachant que la chose doit être faite. C’est le sentiment de Chli’hout de chacun.
Sur ce point, il convient de raconter une histoire que raconte le Rabbi précédent dans une de ses saintes lettres, une histoire qui lui est arrivée ainsi qu’à son père, le Rabbi Rachab.
C’était en 1902, lorsque le Rabbi Rachab et le Rabbi Rayats étaient à Moscou, en voyage d’un endroit à l’autre. Le Rabbi Rachab demanda à son fils d’écrire une lettre à un ‘Hassid qui vivait alors à Paris. On ne sait pas ce qui a amené ce ‘Hassid à Paris – il y a plus de cent ans – et quelles étaient ses activités là-bas.
Quoi qu’il en soit, le Rabbi Rachab ordonna au Rabbi Rayats d’écrire à ce ‘Hassid une lettre dont le message était qu' »un ‘Hassid, où qu’il soit, doit créer autour de lui une atmosphère de « Torah Or », une atmosphère de « Likoutei Torah », une atmosphère de réunion ‘Hassidique ». Le Rabbi Rachab dicta à son fils non seulement le contenu mais aussi le ton, qui était exigeant et sévère. Ce faisant, le Rabbi Rayats tenta d’adoucir quelque peu le style. « Tu sais, père, que ce ‘Hassid t’est très proche et que tout ce qui te concerne le touche beaucoup. S’il reçoit une lettre aussi sévère, il en sera très peiné. De plus, il n’a pas grand-chose à faire et à accomplir là-bas à Paris. Alors peut-être pourrait-on lui écrire un peu plus gentiment ? ». Le Rabbi Rachab ne revint pas sur son intention et demanda au Rabbi Rayats d’écrire exactement comme il le lui avait dit.
Quelques semaines plus tard, pendant les Dix Jours de Repentance, le Rabbi précédent reçut une lettre de ce Hassid. Dans la lettre, le Hassid déversait son cœur en écrivant: « La lettre que j’ai reçue de ton père le Rabbi m’a profondément blessé et depuis deux semaines, je n’ai aucune paix intérieure. À cause de ma grande peine, je n’étais pas capable d’écrire directement à ton père, c’est pourquoi je m’adresse à toi. Donne-moi un conseil sur ce que je peux faire. »
Avec cette lettre douloureuse, le Rabbi précédent alla voir son père et la lui montra, comme pour dire: « Vois, j’avais raison dans ma prédiction, regarde à quel point ce Hassid a été blessé par les paroles que tu m’as ordonné de lui écrire. » Mais le Rabbi Rachab ne changea pas d’avis et ne s’adoucit pas dans ses exigences envers ce Hassid. Au contraire. « Écris-lui à nouveau », ordonna-t-il à son fils, « qu’un Hassid est celui qui obéit et non celui qui sait expliquer pourquoi il ne peut pas obéir. »
Vers la fin de l’hiver, au mois d’Adar, le Rabbi précédent reçut une autre lettre de Paris. Dans la lettre, ce même Hassid lui raconta ce qui s’était développé depuis qu’il avait reçu la lettre sévère de son père le Rabbi: « Le jour de Kippour, je suis allé à la synagogue et j’ai été surpris d’y rencontrer des Juifs que je connais comme étant très éloignés du judaïsme. Après la prière, je me suis approché d’eux et nous avons commencé à discuter. Il s’est avéré que l’un était né à Kopust et avait des souvenirs d’enfance de là-bas. Un autre était né à Loubavitch et portait aussi de chaleureux souvenirs. C’était également le cas du troisième et du quatrième. En discutant, un certain rapprochement s’est créé entre nous. Nous avons convenu de nous revoir, et il a été décidé que la rencontre aurait lieu pendant les jours intermédiaires de Souccot.
Pendant les jours intermédiaires, je les ai effectivement rejoints. Nous nous sommes assis et avons discuté. Ils ont évoqué des souvenirs du passé et ont chanté quelques mélodies Hassidiques. À la fin, nous avons convenu de nous revoir et, lors de la réunion suivante, il a été décidé d’ouvrir un minyan de prière Loubavitch.
Le premier jour du mois de Kislev, le minyan a ouvert ses portes. Dix jours plus tard, le 10 Kislev (la fête de la libération du Mitteler Rebbe), nous nous sommes réunis pour une Farbrenguen. Nous avons à nouveau évoqué des souvenirs, raconté des histoires et chanté des Nigunim. Il a été décidé d’organiser une étude hebdomadaire de Hassidout. Cela a continué ainsi jusqu’à la fin de l’hiver, où nous étudions ensemble le ‘Torah Or’. Maintenant que l’été approche, avec l’aide de D.ieu, nous allons poursuivre avec l’étude du ‘Likoutei Torah’. Je tiens à souligner que dans ces cours, nous ne faisons pas qu’étudier le texte du livre, mais nous parlons aussi de l’environnement’ Hassidique. Et ainsi, j’ai eu le mérite, avec l’aide de D.ieu, d’accomplir les instructions du Rabbi de créer « un environnement de Torah Or, un environnement de Likoutei Torah, un environnement de Farbrenguen Hassidique. »
C’est ce qu’écrivit le Hassid au Rabbi précédent. Le Rabbi précédent se dépêcha de montrer la lettre à son père: « Vois, la chose a été accomplie. Ce que tu as ordonné a été réalisé. » En réponse, le Rabbi Rachab ordonna à son fils de prendre cette lettre et d’aller la montrer aux Hassidim qui vivaient à Moscou (la lettre mentionne dix noms). « Montre-leur la lettre pour qu’ils apprennent d’elle et sachent ce qu’ils doivent faire à Moscou », dit le Rabbi Rachab.
Car, comme mentionné, un Hassid est celui qui obéit et non celui qui sait seulement expliquer et trouver des excuses pour ne pas obéir. C’est la véritable essence de la mission. Il y a un maître de maison, un seigneur qui donne des instructions et tu dois obéir. Ce n’est pas seulement pour des détails spécifiques. C’est-à-dire que je n’étudie et ne prie pas simplement parce que je suis juif et que je ressens que je remplis des ordres seulement dans certains cas. Mais l’intention est que toutes mes actions dans le service divin, même les questions de crainte du Ciel, d’étude de la Torah et d’observance des Mitsvot – je les accomplisse avec un sentiment de mission. Je suis imprégné de la reconnaissance que ce qui importe, c’est que la mission soit accomplie et que l’objectif se réalise. Quand c’est cette approche, alors même lorsque c’est difficile pour toi, même si tu ne vois pas les résultats de tes propres yeux et que peut-être aussi la raison intervient pour te convaincre que ce n’est pas la peine et qu’il n’y a aucun bénéfice – tu t’accroches à la mission qui t’a été confiée et tu ne lâches pas prise.
Et la mission, comme mentionné, est « de créer un environnement ». Cela peut être dans l’environnement le plus proche de toi, c’est-à-dire au sein de ta propre maison, cela peut être avec tes voisins, tes amis et aussi avec des gens que tu rencontres dans différents endroits où tu te rends « par hasard ». Ce n’est pas toujours facile et ça ne s’arrange pas toujours, mais avec le sentiment de mission, nous savons que nous devons exécuter les instructions du « Maître de maison ».
Le dîner annuel du Conseil Représentatif des Institutions Juives de France (CRIF), l’organisation faîtière des associations juives en France, a été l’occasion d’échanges marquants entre des personnalités influentes de la communauté juive et le gouvernement français. Parmi les invités de marque figuraient le Rav Mendel Azimov, directeur de Beth Loubavitch, ainsi que le Rav Levi Matusof, Chalia’h (émissaire) auprès de l’Union Européenne. Ils ont pu s’entretenir avec Monsieur Gabriel Attal, Premier ministre de la France, lors de ce rendez-vous incontournable.
Le dîner du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) est un événement annuel de premier plan qui rassemble des personnalités influentes de la communauté juive, des responsables politiques, des diplomates et des dirigeants d’entreprises. Organisé par le CRIF, l’organisation faîtière des associations juives en France, ce dîner de gala est l’occasion de promouvoir le dialogue, de renforcer les liens entre la communauté juive et les autorités, et de discuter des enjeux importants concernant les juifs de France.
Lors de ce dîner, des discours sont prononcés par des responsables du CRIF ainsi que par des représentants du gouvernement, souvent le Président de la République ou le Premier ministre. C’est l’opportunité pour la communauté juive d’exprimer ses préoccupations, ses attentes et ses propositions sur des sujets tels que la lutte contre l’antisémitisme, la sécurité, l’éducation, la mémoire de la Shoah, ou encore les relations entre la France et Israël.
La présence remarquée du Rav Mendel Azimov et du Rav Lévi Matusof témoigne de l’engagement actif du mouvement Loubavitch, non seulement dans l’accompagnement spirituel des juifs, mais aussi dans la représentation de la communauté auprès des instances dirigeantes. Le Beth Loubavitch, sous la direction dynamique du Rav Mendel Azimov, propose un très large éventail d’activités religieuses, éducatives et caritatives, contribuant au rayonnement du judaïsme dans la capitale et sa région. Quant au Rav Lévi Matusof, sa fonction d’émissaire auprès de l’UE lui confère un rôle clé de porte-parole et d’interlocuteur des juifs à l’échelle européenne.
Leur rencontre avec le Premier ministre Gabriel Attal revêt une importance toute particulière dans le contexte actuel. Face à la recrudescence inquiétante des actes antisémites et à la montée des extrémismes, il est crucial que les responsables politiques et les représentants de la communauté juive maintiennent un dialogue nourri et constructif. Ce type d’échanges permet de sensibiliser au plus haut niveau aux préoccupations et attentes des citoyens juifs, et de définir ensemble des actions concrètes pour renforcer leur sécurité et promouvoir un « vivre-ensemble » harmonieux.
Lors de ce dîner, le Premier ministre a transmis un signal fort de considération envers la communauté juive et de reconnaissance de sa contribution à la société française. Cette attention bienveillante est d’autant plus appréciable que les juifs de France traversent une période délicate, marquée par un sentiment croissant d’insécurité et par des questionnements identitaires complexes.
Au-delà du symbole, cette évènement ouvre la voie à une coopération renforcée entre les pouvoirs publics et les institutions juives, dans un esprit de respect, d’écoute et de responsabilité partagée. Elle rappelle que face aux défis du présent, l’unité et le dialogue sont des valeurs cardinales pour construire une société apaisée et inclusive, où chacun puisse s’épanouir dans la fidélité à ses racines et à ses convictions.
Le mouvement Loubavitch, par son engagement infatigable, incarne avec éclat les valeurs de transmission, de solidarité et d’ouverture. Sa participation remarquée au dîner du CRIF atteste de la vitalité du judaïsme français et de sa capacité à se faire entendre au plus haut sommet de l’État. Une belle promesse d’avenir, ancrée dans un dialogue fécond et porteur d’espoir.
Le Rav Sheldon Rudoff (1933-2011) était un avocat qui a occupé des postes de direction dans plusieurs organisations juives, notamment l’OU (Union orthodoxe), l’UJA-Federation (Fédération philanthropique juive), l’Université Yeshiva et d’autres. Il a été interviewé en janvier 2010.
L’histoire que je m’apprête à raconter s’est déroulée au début des années 1950, peu de temps après que le Rabbi ait pris la tête du mouvement ‘Habad Loubavitch. À l’époque, j’avais 18 ou 19 ans et j’étudiais dans une école secondaire. Je vivais dans le quartier de Crown Heights, sur Carol Street, non loin de la maison du Rabbi sur President Street.
Je le rencontrais les matins de Chabbat, lorsqu’il se rendait de sa maison au siège de ‘Habad au 770 Eastern Parkway. Il n’était pas encore si célèbre alors, et était très accessible, car il avait l’habitude de marcher seul, sans une suite l’accompagnant.
Il me saluait d’un « Chabbat Chalom » et nous marchions ensemble, pendant qu’il s’intéressait à mes études de Torah et à mes professeurs. Lorsque nous arrivions à Eastern Parkway, nos chemins se séparaient – il tournait à droite vers le 770, et je tournais à gauche vers la synagogue « Young Israel », où je servais de conseiller à un groupe de jeunes.
Nous étions juste deux personnes ordinaires se rendant à la synagogue – un adolescent et le Rabbi. J’étais trop jeune pour réaliser l’importance de ces rencontres. Ce n’est que plus tard que j’ai appris à les apprécier.
Une fois, mon groupe de jeunes de « Young Israel » a été invité à une Yé’hidout (audience privée) avec le Rabbi. Nous étions tous des garçons pratiquants qui étudiaient dans différentes institutions religieuses, comme la Brooklyn Talmudic Academy, la Yechiva Chaim Berlin et la Yechiva Isaac Elchanan – qui avait à l’époque une branche à Brooklyn.
Nous appartenions au courant de l’orthodoxie moderne, et de notre point de vue, ‘Habad était considéré comme marginal dans le paysage ‘Haredi-‘Hassidique. La plupart des groupes ‘hassidiques que nous connaissions se caractérisaient par une grande fermeture, mais chez ‘Habad il y avait plus d’ouverture, et ses ‘hassidim s’engageaient beaucoup dans des activités de diffusion du judaïsme. Par exemple, à Souccot, les ‘hassidim de ‘Habad avaient l’habitude de se tenir aux entrées des stations de métro et d’offrir aux Juifs d’accomplir la mitsva des quatre espèces. Cela nous semblait étrange, mais cela nous impressionnait quand même. Je me souviens qu’en conséquence, plusieurs garçons étaient fascinés par ‘Habad.
Compte tenu de tout cela, nous étions excités par l’occasion de parler avec le Rabbi, et une douzaine d’entre nous se sont rendus à la réunion qui s’est tenue au 770 et a duré environ une demi-heure. On nous a invités à nous asseoir autour du bureau, et le Rabbi nous a chaleureusement souhaité la bienvenue. Il s’est adressé personnellement à chacun des participants et leur a demandé de parler d’eux-mêmes, puis il nous a encouragés à poser des questions.
D’après mes souvenirs, une conversation s’est développée sur l’État d’Israël, qui en était alors à ses balbutiements, quelques années seulement après sa création en 1948. Comme il fonctionnait comme un État laïc, les opinions au sein du public orthodoxe étaient très partagées – certains étaient pour, d’autres contre et d’autres adoptaient une position neutre. De nombreux Admourim ‘hassidiques refusaient de reconnaître l’État, et les membres de mon groupe voulaient donc connaître la position du Rabbi de Loubavitch. L’un des garçons a pris son courage à deux mains et lui a posé directement la question.
En réponse, le Rabbi a dit que son point de vue sur l’État d’Israël était similaire à son point de vue sur toute entreprise juive. Par exemple, si des Juifs créaient une compagnie d’assurance, il voudrait que la compagnie fonctionne de manière légale et éthique conformément aux lois de la Torah. Il en allait de même pour l’État d’Israël, son point de vue était similaire – qu’il serve de lieu où la Torah puisse prospérer et se développer, et qu’il soit géré dans le respect de la Halakha (loi juive).
Il n’est pas entré dans les détails de la question de savoir s’il reconnaissait « l’État », et n’a pas non plus dit qu’il ne le faisait pas. Il s’est abstenu de prendre une position politique. Je pense que c’était une excellente réponse. C’est ainsi qu’il a expliqué sa position à ce stade précoce, et au fil des années, il a répété cette position avec plus de force.
Un autre souvenir du Rabbi qui vit en moi s’est déroulé un Roch Hachana. Comme le veut la coutume, les Juifs se rendent ce jour-là près d’un plan d’eau, où ils récitent la prière de « Tachli’h », dans laquelle ils demandent à D.ieu de « jeter dans les profondeurs de la mer tous leurs péchés » (Michée 7:19). Dans le Jardin botanique de Brooklyn se trouve un magnifique étang – l’endroit idéal pour accomplir la coutume du « Tachli’h ».
Je me souviens avoir vu le Rabbi marcher le long d’Eastern Parkway en direction du Jardin botanique. Il marchait seul, mais à quelques dizaines de mètres derrière lui, une troupe de ‘hassidim lui emboîtait le pas. Ils marchaient tous en rang, avec deux policiers à cheval escortant le Rabbi et la procession du Tachli’h.
Là encore, le caractère atypique de ‘Habad se manifestait – dans l’accomplissement de la mitsva de manière si publique. C’était très caractéristique du Rabbi.
Il était arrivé aux États-Unis en 1941, muni d’un diplôme universitaire, et pendant un certain temps, il avait même travaillé comme ingénieur dans les chantiers navals de la marine américaine à Brooklyn. Personne n’aurait pu prédire alors comment sa vie allait évoluer. Mais lorsqu’il a été nommé Rabbi, il s’est révélé être un leader spirituel exceptionnel et a mis ‘Habad sur la carte – au sens propre comme au figuré.
Aujourd’hui, où que vous alliez, il y a un Beth ‘Habad qui sert de refuge aux voyageurs juifs. Ce que le Rabbi a accompli pour conduire à cet essor du mouvement ‘Habad est rien de moins qu’une réalisation à l’échelle historique, et j’espère que le public juif sait l’apprécier à sa juste valeur.