Le rituel des Kapparot est une tradition ancienne observée par de nombreux Juifs pendant les jours précédant Yom Kippour. Cette année, la communauté Habad de Crown Heights a célébré ce rituel avec une ferveur particulière. Voici un aperçu en images de cet événement spirituel et communautaire.
Le rituel consiste généralement à faire tourner un poulet ou une poule vivante au-dessus de la tête tout en récitant des prières spécifiques. L’objectif est de transférer symboliquement les péchés de l’individu à l’animal.
La communauté Habad de Crown Heights, connue pour son dynamisme et sa diversité, s’est rassemblée en grand nombre pour participer à ce rituel. Des personnes de tous âges et de tous horizons ont pris part à l’événement.
Parmi les moments forts, notons la participation de Rabbanim locaux et des Ba’hourim des Yéchivot environnantes, qui ont aidé à organiser et à diriger le rituel.
La célébration des Kapparot à Crown Heights cette année 5784 a été un moment de grande spiritualité et de communion pour la communauté. Alors que Yom Kippour approche, ces rituels nous rappellent l’importance de la repentance et de la purification spirituelle.
Ce mercredi soir, à la veille de Vav Tichri, un événement mémorable a eu lieu au cœur de la communauté juive. Un Kinous d’ouverture de Tichri spécialement organisé pour les Français se trouvant à proximité du 770 a été le théâtre d’échanges spirituels et de connexions profondes. L’événement s’est déroulé dans la tente face au 770.
Le Rav Haim Melloul, Chalia’h du Rabbi à Créteil, a été invité à prendre la parole, et son intervention a été l’un des temps forts de la soirée. Il a notamment évoqué le 50e anniversaire du niggoun « Haaderet Veaemouna ». Ce chant, d’une grande portée spirituelle, a été présenté pour la première fois au 770 en 5734 (1973).
Le Rav Melloul a partagé des anecdotes et des enseignements du Rabbi associés à ce niggoun, contribuant à faire de cette soirée un moment historique.
À la suite de la demande du Rabbi, qui a appelé à prolonger les rassemblements même après l’année du Hakhel, l’ambiance était empreinte d’une détermination renouvelée à suivre les enseignements et les directives du Rabbi. Le Kinous a été une belle manifestation de cette volonté collective, offrant une opportunité unique d’approfondir la foi et l’unité au sein de la communauté.
Outre l’intervention du Rav Melloul, la soirée a été ponctuée de prières, de chants et de témoignages qui ont enrichi l’expérience de chacun. Les participants ont été encouragés à partager leurs pensées et leurs sentiments, créant ainsi une atmosphère de fraternité et d’inspiration.
Le Kinous d’ouverture de Tichri a été une soirée exceptionnelle qui restera gravée dans les mémoires de tous les participants. À travers les mots du Rav Melloul et le partage communautaire, les liens entre les membres de la communauté ont été renforcés, et l’esprit du mois de Tichri a été dignement accueilli.
Ce fut non seulement une soirée d’inspiration et de renouveau spirituel, mais aussi une occasion de réaffirmer l’engagement envers les enseignements et la vision du Rabbi, surtout dans le contexte de l’appel à prolonger les rassemblements communautaires. Une soirée inoubliable qui promet de faire des vagues positives dans les jours et les semaines à venir.
Chemini Atséret 5734 (1973), le Rabbi commença à chanter le passage « Haadéret Vehaémouna » sur l’air de la Marseillaise
Lors des festivités de Sim’hat Torah, le Rabbi demanda à ce que l’on appelle tous les Français qui étaient présents pour la cinquième Hakafa. En effet, un groupe important était venu passer le mois de Tichri chez le Rabbi. Ceci n’était, certes, pas un fait nouveau : les deux années précédentes, le Rabbi avait également discerné une danse aux visiteurs français. Cependant, il est intéressant de noter que cela-même était quelque chose de surprenant pour l’époque. En effet, selon la tradition, seuls les ‘Hassidim les plus âgés et les plus éminents avaient le mérite de recevoir une Hakafa de la part du Rabbi. Or, le groupe de Français était essentiellement composé de Juifs étant revenus à la Torah et aux Mitsvot depuis quelques années, voire quelques mois seulement ! Ceci était en soi une nouveauté à part entière.
Le Rabbi leur offrit donc la cinquième Hakafa, et demanda à celui qui se trouvait le plus proche de lui : « J’ai appelé tous les Français. Sont-ils tous ici ? Un d’eux se trouve ici, un autre là-bas, et encore un autre là-bas », le Rabbi désignait tous les coins de la salle. Il poursuivit : « Il faut se tenir au centre de la synagogue, et annoncer que tous les Français doivent descendre et venir ici ! ».
Le Chalia’h de la région parisienne, le Rav Chmouël Azimov, annonça alors d’une voix forte que le Rabbi demandait à tous les Français de se rapprocher, et, en un laps de temps record, tout le groupe se retrouva devant le Rabbi. Certains d’entre eux entonnèrent des nigounim, et le Rabbi les encouragea. Le premier Sefer Torah(rouleau de la Torah – ndt) fut naturellement attribué au Rav Azimov : en effet, la plupart des Français qui se trouvaient là étaient revenus au Judaïsme grâce à lui. Ce Sefer Torah était celui que le Rabbi précédent avait demandé d’écrire afin « d’aller à la rencontre du Machia’h », et son écriture fut achevée seulement trois ans auparavant.
Soudain, le Rabbi se retourna et se dirigea vers l’estrade, son Sidour en mains. Il commença alors à chanter le passage « Haadéret Vehaémouna » sur l’air de la Marseillaise, l’hymne de la France. Tout d’abord, personne ne reconnut ce chant, et, après quelques minutes, certains Français crurent reconnaître leur hymne national. Nul n’en croyait ses oreilles ! Ils eurent tant de peine à y croire, que même lorsque certains d’entre eux, plus courageux, commencèrent à fredonner l’air de la Marseillaise, ils furent immédiatement tus par les autres, persuadés qu’il s’agissait d’un autre chant.
Mais il fallait bien se rendre à l’évidence : le Rabbi chantait bel et bien l’air de la Marseillaise ! Ils s’associèrent alors au chant du Rabbi, et l’atmosphère en fut bouleversée : la joie se fit encore plus intense. Les Français chantaient de toutes leurs forces, avec une joie qui les transportaient littéralement. Ils étaient en train de vivre un événement qu’il n’auraient jamais cru possible !
Après la danse, le Rabbi demanda à ce que tous les Français se rassemblent autour de lui. L’on servit à chacun un petit verre de vodka, et le Rabbi souhaita « Lé’haïm » à chacun des présents, les fixant un à un, avec un large sourire.
Le projet Ga’aguouim Niggun est une compilation de Nigounim authentiquement chantés par le Rabbi Menachem Mendel Amar, le Rabbi à Ohr Menachem et Orot à Ashdod.
En l’honneur des Dix Jours de Téchouva, le projet Ga’aguouim Niggun présente le Nigoun de R’ Mi’hal Zlotchover, un Nigoun qui suscite un profond désir de retrouver le Rabbi pour Yom Tov.
Ce Nigoun a été composé par R’ Mi’hael Zlotchover, l’un des grands disciples du Baal Shem Tov, pour exprimer son désir ardent de retrouver son Rabbi. Le Nigoun est divisé en trois parties, chacune explorant plus profondément le désir brûlant de R’ Mi’hael d’être avec le Baal Shem Tov.
Le Rebbe Rashab a raconté que le Baal Shem Tov avait promis que quiconque chanterait ce Nigoun susciterait la miséricorde céleste.
Ce Nigoun a été enseigné par le Rabbi lors de son arrivée aux Etats-Unis et est inclus dans le Sefer Hanigunim.
En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30 Tél.: +330756753993 – code: 33 41 593# ET SUR RADIO HASSIDOUT RADIO HASSIDOUT
Ha’azinou – Passation de pouvoir Source : Likouté Si’hot volume 29, Si’ha sur Ha’azinou
1 – Introduction : Dans quel cas Rachi fait-il appel aux interprétations midrachiques ?
Likouté Si’hot : L’approche de Rachi, dans son commentaire sur la Torah est, selon ses propres termes : « je ne suis venu que pour le sens simple du texte » (Rachi sur Berechit 3, 8) ; et même quand il cite une interprétation a priori midrachique, lorsqu’on approfondit on s’aperçoit que cette interprétation était nécessaire pour comprendre le sens simple du texte (sauf si Rachi introduit l’interprétation par la mention : « nos maîtres commentent » etc.).
2 – Dans notre Paracha : La passation de pouvoir entre Moché et Yéhochoua
Ha’azinou 32, 44 : Moché vint et dit au peuple toutes les paroles de ce cantique, lui et Hoché’a, fils de Noun.
Rachi : Lui et Hoché‘a, fils de Noun. Ce Chabbat était celui du « Diozgui (de la paire) », le pouvoir a été retiré à l’un (Moché) et conféré à l’autre (Yehochoua). Moché mit en place un porte-parole pour Yehochoua, afin qu’il professe de son vivant, pour que les enfants d’Israël ne disent pas : « tu n’osais pas, du vivant de ton maître, élever la tête ! » Et pourquoi le texte l’appelle-t-il ici « Hoché‘a » ? Pour signaler que son esprit ne devint pas hautain et que, malgré la grandeur qui lui a été conférée, il resta aussi humble qu’à ses débuts.
3 – Analyse : L’origine du commentaire de Rachi, dans trois sources différentes !
Guemara Sotta 13b : « Et Moché alla, avec Yehochoua, se placer dans la tente d’assignation » (Vayélè’h 31, 14) – on enseigna : Ce Chabbat était celui du « Dio Zougé » (deux paires, ils étaient deux membres : le début de la journée [était] pour Moché et la fin pour Yehochoua – Rachi) . Le pouvoir a été retiré à l’un et conféré à l’autre.
Sifri sur Vayélè’h : D.ieu dit à Moché : installe un porte-parole à Yehochoua, afin qu’il commente et donne des instructions [hala’hiques] de ton vivant ; ainsi, lorsque tu quitteras le monde, les enfants d’Israël ne diront pas : « du vivant de ton maître, tu ne prenais pas la parole et maintenant tu prends la parole ?! »
Sifri sur Ha’azinou : Le verset « lui et Hoché’à, fils de Noun » nous apprend la piété de Yehochoua, qui, après avoir accédé au pouvoir, aurait pu avoir l’esprit qui « flotte » [et qui s’enorgueillit] ; c’est pourquoi le texte précise que même avoir été nommé Parnass (dirigeant) d’Israël, il est resté [le même] « Hoché’a », pieux.
4 – Explication : Entre l’annonce d’un passation de pouvoir et son début effectif
Likouté Si’hot : Dans la Paracha Vayélè’h, Rachi n’explique pas que c’était « un Chabbat de la paire » car rien ne prouve, à ce stade, que la direction de Yehochoua avait effectivement démarrée. Par contre, dans notre Paracha, lorsque la Torah précise que « Moché prit la parole, lui et Hochéa », cela soulève un étonnement : que fait là Yehochoua ? C’est pourquoi, Rachi précise ici que c’était « un Chabbat de la paire », littéralement : ils formaient ensemble une « paire » de dirigeants. C’est pourquoi Rachi ajoute que Moché « avait installé un porte-parole à Yehochoua », pour signifier que Yehochoua s’adressa au peuple, comme le ferait un chef : avec un porte-parole.
5 – La nomination d’un successeur impose-t-elle une phase de direction en tandem ?
Likouté Si’hot : Yehochoua avait besoin d’un « rehaussement » particulier car, du vivant du Moché, sa conduite était complètement à l’opposé : il était complètement effacé, connu comme « le serviteur de Moché, le jeune homme » (Ki-Tissa 33, 11). Il fallait donc empêcher qu’Israël ne lui dise « qu’il n’osait pas, du vivant de son maître, élever la tête » ; c’est pourquoi Moché lui nomma un porte-parole, pour « qu’il enseigne de son vivant » !
Rachi sur Chela’h 13, 16 : Et Moché appela Hoché’a, fils de Noun : Yehochoua. Il a prié pour lui : « veuille Hachem te sauver (qa yochi‘a’ha) du complot des explorateurs (conseil des espions) ! »
Rachi sur Pin’has 27, 20 : Le visage de Moché était comme le soleil et celui de Yehochoua comme la lune.
Likouté Si’hot : La nature humaine veut que, lorsqu’un homme accède au pouvoir, ses traits de caractère et son comportement changent, du fait de la transformation qui s’est opérée en lui, de sa grandeur. A plus forte raison, lorsqu’un homme accède à la direction du peuple juif, cela éveille en lui un sentiment de grandeur et d’éminence, que la Torah exige. Pourtant, la Torah raconte, que même si la grandeur fut donnée à Yehochoua, et qu’il reçut certainement de Moché l’éminence exigée d’un dirigeant, pourtant, il ne devint pas hautain et « il resta aussi humble qu’à ses débuts » : on pouvait toujours reconnaitre en lui une conduite de « réceptacle » [comme la lune].
7 – Enseignement : La conduite à adopter lorsqu’on accède à une grande bénédiction
Likouté Si’hot : Lorsqu’un Juif accède à la grandeur, dans un poste de direction ou dans d’autres choses – il pourrait penser que le fait même qu’il a été « sélectionné » pour mériter ces grandes bénédictions divines indique que c’est bien lui qui les mérite, cela pourrait éveiller en lui un sentiment de largesse d’esprit et de hauteur. A ce propos, nous apprenons de Yehochoua, qu’au contraire : c’est précisément lorsqu’on accède à la grandeur qu’on doit « rester humble comme à ses débuts », et cela est un « réceptacle » pour que cette grandeur se maintienne.
8 – Annexe : Le lien avec la période entre Roch Hachana et Yom Kippour
Likouté Si’hot : Le service divin de Roch Hachana consiste à ce que les enfants d’Israël couronnent D.ieu en tant que Roi sur le peuple juif et Roi sur tout l’univers. Il est possible que, suite à cela, un Juif ait un sentiment qui est « à l’opposé de la soumission » ; l’enseignement est donc, qu’au contraire : cela doit éveiller en nous un sentiment d’effacement absolu, et cela même augmentera les bénédictions divines pour tout ce qui est nécessaire, pour être scellé définitivement pour une bonne et douce année, d’un bien révélé et visible ici-bas : [être bénis dans les domaines des] enfants, de la santé et du gagne-pain dans la largesse, et le tout dans la largesse !
Rav Zushé Greenberg dirige le Beth Habad de Solon, Ohio. Il raconte ce récit édifiant sur le Messirout Nefesh de son père, le Rav Moché Greenberg a’h, prisonnier dans le camp de Omsk en Sibérie en 1951 :
Le jour de Kippour 1951, mon père, Rav Moché Greenberg, récita avec ferveur toutes les prières de la fête. Toutes, exceptée une, celle qui est souvent considérée comme la plus solennelle : le Kol Nidrei.
Il avait à l’époque vingt ans. Il était prisonnier dans un camp de travaux forcés soviétique en Sibérie. Son crime avait été de tenter de s’enfuir de Russie.
Il avait rêvé de quitter le pays pour rejoindre la terre d’Israël, mais il avait été arrêté et condamné à 25 ans de travail. À son arrestation, il fut séparé de ses parents et de ses deux sœurs. Il avait un frère qui était déjà prisonnier dans un autre camp pour un « crime » similaire.
Il y avait à peu près mille prisonniers dans le camp de mon père. Ils travaillaient tous sur le chantier d’une centrale électrique. Sur ces mille hommes, seule une vingtaine étaient juifs.
Alors que l’été tirait à sa fin, les prisonniers juifs se demandaient comment ils allaient célébrer les jours solennels de Roch Hachana et Yom Kippour. Ils savaient qu’il leur manquerait un choffar (corne de bélier), un rouleau de la Torah et des Talitoth (châles de prière), mais ils espéraient trouver un ma’hzor, un rituel de prières des fêtes.
Mon père remarqua un homme qui était « de l’extérieur », un ingénieur qui travaillait pour le camp sur certains projets. Il se pouvait bien, d’après lui, que cet ingénieur fût juif.
Il attendit donc le moment propice pour approcher cet homme. « Kenstou mir efsher helfen? », lui murmura-t-il en Yiddish (« Peut-être pouvez-vous m’aider? »).
À cette époque, tous les Juifs de Russie parlaient le Yiddish couramment. Mon père vit dans son regard que l’homme avait compris.
« Pourriez-vous amener un ma’hzor pour moi, pour les Juifs ici? » lui demanda-t-il. L’ingénieur hésita. Une telle affaire mettrait leurs deux vies en danger. Malgré cela, il accepta d’essayer.
Quelques jours passèrent. « Y a-t-il du nouveau? », demanda mon père.
« De bonnes et de mauvaises nouvelles », répondit l’ingénieur. Il avait trouvé un ma’hzor avec difficulté, mais c’était le seul que possédait le père de sa fiancée et l’homme s’était vigoureusement mis en colère quand sa fille lui avait demandé d’y renoncer. Peut-être lui avait-elle dit pourquoi elle le lui demandait, peut-être pas.
Mais mon père n’était pas résolu à abandonner son projet. Peut-être, suggéra-t-il, ce monsieur voudrait bien lui prêter le livre. Il pourrait alors le recopier et le lui rendre avant Roch Hachana.
L’ingénieur fit passer clandestinement le ma’hzor à l’intérieur du camp et le donna à mon père.
Pour pouvoir le recopier, mon père construisit une grande caisse en bois dans laquelle il se cachait plusieurs heures par jour. Là bas, à l’abri des regards, il recopia le livre de prières, ligne après ligne, dans un cahier. Au bout d’un mois, il avait recopié l’ouvrage dans sa totalité. Il manquait cependant une page, celle du Kol Nidrei, la première prière récitée le soir de Kippour.
Mon père rendit le livre et l’automne arriva. Les prisonniers juifs connaissaient les dates des fêtes grâce au courrier de leurs familles et, le jour de Roch Hachana, ils soudoyèrent les gardes, probablement avec des cigarettes, pour que ceux-ci les laissent se rassembler dans le baraquement pour prier.
Avec son rituel écrit à la main, mon père fit office de ‘hazane (chantre), récitant chacune des prières qui étaient ensuite reprises par les voix basses et solennelles de l’assemblée. Sept jours plus tard, ils se rassemblèrent de nouveau pour Kol Nidrei. Cependant, malgré leurs efforts, aucun des fidèles ne parvenait à se rappeler des tous les mots de cette prière.
Au bout de près de sept ans, mon père fut libéré avec tous les autres prisonniers politiques suite à la mort de Staline. La seule chose qu’il emporta avec lui de ce camp fut son ma’hzor.
Il retrouva sa famille près de Moscou et, plus tard, se maria. Je n’étais qu’un nourrisson lorsque, en 1967, quinze ans après sa libération, ma famille fut autorisée à émigrer en Israël. Le ma’hzor fut aussi du voyage.
Mon père, qui vit encore à Bnei Brak, n’aime pas évoquer ces années douloureuses en Sibérie. Mais, les rares fois que je l’entends raconter un épisode de cette époque, il déclare avec émotion qu’il n’a jamais participé à des prières aussi ferventes que celles que lui et ses compagnons faisaient au Goulag.
En 1973, il rendit visite au Rabbi de Loubavitch à New York et lui remit le ma’hzor en cadeau.
Il y a quelques mois, j’ai visité la bibliothèque du Rabbi et j’y ai trouvé le ma’hzor de mon père. J’ai contemplé le cahier usé avec ses pages si fragiles, écrites à la hâte avec tant de respect et de détermination. J’en ai fait une copie… à la photocopieuse.
Ce Yom Kippour, lorsque je dirigerai les offices au Beth ‘Habad de Solon dans l’Ohio, j’aurai auprès de moi la copie du ma’hzor de mon père, avec sa page de Kol Nidrei manquante.
Mon père n’avait pas pu réciter le Kol Nidrei durant ses années de détention. Cette année, je demanderai à ma communauté, et à chacun d’entre nous, de le réciter pour lui et pour tous ceux qui n’ont pas la possibilité de le faire. Chabad.org