3 chapitres du Rambam en 5 minutes !  – Lundi 30 Nissan 5785

3 chapitres du Rambam en 5 minutes ! – Lundi 30 Nissan 5785

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Lois des Chekalim (Chapitres 1 à 3)

Chapitre Premier – La Mitsva du Demi-Chekel (15 lois)

  1. Obligation universelle – Tout homme juif doit donner chaque année la moitié d’un chekel; même un pauvre qui vit de charité y est astreint et doit emprunter ou vendre ses vêtements pour l’accomplir, comme il est dit: « le riche n’augmentera pas et le pauvre ne diminuera pas ».
  2. Valeur du chekel biblique – Le chekel mentionné dans la Torah pèse 320 grains d’orge d’argent pur. Les Sages ont augmenté sa valeur à 384 grains, équivalent au séla de l’époque du second Temple.
  3. Équivalences monétaires – Un séla équivaut à 4 dinar, un dinar à 6 ma’ah, une ma’ah à 2 poundione, un poundione à 2 issar, et une pérouta à 1/8 d’issar. La ma’ah (aussi appelée guéra) pèse 16 grains d’orge d’argent.
  4. Autres unités monétaires – Le darkone pèse 2 séla. Ces unités monétaires sont utilisées partout et servent de référence pour les calculs.
  5. Adaptation à la monnaie courante – La mitsva consiste à donner la moitié du chekel en circulation à l’époque, même s’il est supérieur au chekel biblique, mais jamais moins que la moitié du chekel de Moïse (160 grains d’orge).
  6. Évolution historique du don – Selon l’unité monétaire en vigueur (darkone, séla ou demi-séla), le don s’adaptait, mais n’a jamais été inférieur à la valeur biblique.
  7. Personnes concernées – Sont astreints: Cohen, Lévites, Israélites, convertis et esclaves libérés, mais pas les femmes, esclaves ou enfants. Si un père commence à donner pour son fils, il doit continuer jusqu’à ce que l’enfant grandisse.
  8. Condition temporelle – Les demi-chekalim ne sont donnés que lorsque le Temple est érigé, en Terre d’Israël comme en diaspora.
  9. Calendrier de la collecte – Le 1er Adar: annonce; le 15: installation des agents de change qui demandent gentiment; le 25: début de la collecte obligatoire au Temple avec possibilité de prendre des gages.
  10. Traitement spécial des cohanim – On ne prend pas en gage la propriété des cohanim pour préserver la paix, mais on leur demande jusqu’à ce qu’ils donnent.

Chapitre Deux – La Collecte et la Gestion des Chekalim (10 lois)

  1. Boîtes de collecte – Dans chaque pays sont placées deux boîtes en forme de choffar: une pour les chekalim de l’année en cours, l’autre pour ceux de l’année passée.
  2. Treize boîtes dans le Temple – Chacune en forme de choffar, destinées respectivement aux: chekalim de l’année présente, chekalim de l’année passée, offrandes de tourterelles, offrandes de volatiles, dons pour le bois, dons pour l’encens, dons d’or pour le couvercle, reste d’offrandes expiatoires, reste d’acham, reste de nids pour zav/zava, reste d’offrandes de nazir, reste d’acham de lépreux, et dons pour offrandes d’ola.
  3. Utilisation des fonds – L’argent de chaque boîte est utilisé selon sa destination inscrite à l’extérieur, avec les surplus affectés aux offrandes d’ola.
  4. Transport et stockage – Les chekalim sont envoyés au Temple par des émissaires, échangés contre de l’or pour faciliter le transport, puis stockés dans trois grandes boîtes de neuf séa chacune dans une chambre scellée.
  5. Prélèvements saisonniers – Trois fois par an (1er Nissan, 1er Tichri, 15 jours avant Chavouot), un préposé remplit trois petites boîtes de trois séa chacune à partir des grandes boîtes.
  6. Cycle annuel – L’argent prélevé est utilisé jusqu’à épuisement avant le prélèvement suivant. Si les fonds sont insuffisants, on puise dans les « restes de la chambre ».
  7. Méthode de rotation – Les petites boîtes marquées alef, beit et guimel sont remplies selon un système de rotation pour assurer une utilisation ordonnée des fonds.
  8. Affectation géographique – La première boîte est destinée aux habitants de la Terre d’Israël, la deuxième aux villes murées environnantes, la troisième à Babylone, la Médie et les contrées lointaines.
  9. Inclusion universelle – Le prélèvement inclut tout l’argent déjà collecté, en cours de transit, et à venir, assurant l’expiation pour tout le peuple juif.
  10. Mesures anti-fraude – Le préposé entre sans vêtements pouvant cacher de l’argent, sans chaussures ni objets personnels, et on lui parle continuellement pour éviter toute suspicion.

Chapitre Trois – Le Kalbone et Cas Particuliers (15 lois)

  1. Le kalbone – Supplément à payer lorsqu’on échange un chekel contre deux demi-chekel, ou lorsque deux personnes donnent ensemble un chekel.
  2. Exemptions du kalbone – Personnes non astreintes aux chekalim (femmes, esclaves) ou celui qui donne pour une personne non astreinte, y compris les cohanim.
  3. Don en cadeau vs prêt – Celui qui donne pour un pauvre ou un voisin est exempt de kalbone si c’est un cadeau, mais y est astreint si c’est un prêt.
  4. Associés et frères – Les frères n’ayant pas partagé l’héritage et les associés donnant un chekel commun sont exempts de kalbone, sous certaines conditions.
  5. Partage des biens – Des associés ayant partagé l’argent mais pas les animaux sont astreints au kalbone; l’inverse n’est pas vrai.
  6. Double kalbone – Celui qui donne un chekel entier pour s’acquitter de son demi-chekel et recevoir la monnaie doit deux kalbone.
  7. Valeur du kalbone – À l’époque où le demi-chekel valait deux dinar, le kalbone était d’un demi-ma’ah (1/12 de dinar).
  8. Responsabilité en cas de perte – Le donateur est responsable jusqu’à la remise au trésorier. Si un émissaire non rémunéré perd les chekalim, il prête serment et n’est pas responsable.
  9. Vol par la force – En cas de vol après prélèvement, les habitants sont exempts de donner à nouveau; avant prélèvement, ils doivent payer une seconde fois.
  10. Détournement – L’émissaire qui utilise pour lui-même le demi-chekel confié est coupable de méïla après prélèvement, mais pas avant.
  11. Utilisation d’argent consacré – Celui qui donne de l’argent déjà consacré comme demi-chekel est coupable de méïla, mais s’acquitte de son obligation.
  12. Erreur d’obligation – Celui qui met de côté un chekel croyant y être astreint alors qu’il ne l’est pas n’a pas consacré cet argent.
  13. Surplus non consacré – Si on amasse plus que nécessaire pour son demi-chekel, seule la part obligatoire est consacrée.
  14. Argent trouvé – L’argent trouvé entre deux caisses est attribué à la plus proche; en cas d’équidistance, à celle des dons (plus stricte).
  15. Règle générale – On désigne l’argent pour la caisse la plus proche, ou en cas d’équidistance, pour celle régie par une plus grande exigence. L’argent trouvé sur la montagne du Temple n’est pas consacré.

 

3 chapitres du Rambam en 5 minutes !  – Lundi 30 Nissan 5785

3 chapitres du Rambam en 5 minutes ! – Dimanche 29 Nissan 5785

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Lois de la Soucca (Chapitre Six)

  1. Personnes exemptées de la soucca – Les femmes, esclaves et enfants sont exempts. Un toumtoum et un hermaphrodite sont astreints par doute. Un enfant de 5-6 ans est astreint par ordre rabbinique pour l’éduquer aux commandements.
  2. Exemption pour raison de santé – Les malades et leurs serviteurs sont exempts, même pour un simple mal de tête. Une personne incommodée (par le vent, les insectes ou une mauvaise odeur) est également exemptée, mais pas ses serviteurs.
  3. Autres exemptions – Un endeuillé est astreint à la soucca. Un nouveau marié, ses amis et les membres de la cérémonie sont exempts pendant les sept jours de festin.
  4. Exemptions liées aux missions – Les délégués chargés d’une mitsva sont exempts jour et nuit. Les voyageurs sont exempts pendant leur déplacement. Les gardiens de la ville sont exempts durant leur service. Les gardiens des jardins sont exempts jour et nuit pour ne pas révéler leur position aux voleurs.
  5. Nature de la mitsva – Il faut y manger, boire et résider jour et nuit pendant sept jours comme dans sa résidence permanente. Les beaux ustensiles et literies sont placés dans la soucca, ainsi que les ustensiles pour boire, mais les ustensiles pour manger restent en dehors.
  6. Obligations alimentaires – On doit manger et dormir dans la soucca tous les sept jours. Les repas légers (moins d’un kazeitsa) peuvent être pris à l’extérieur. Boire de l’eau et consommer des fruits est permis à l’extérieur.
  7. Différence entre le premier jour et les suivants – Manger dans la soucca la première nuit est obligatoire, même un kazaït de pain suffit. Les autres jours, c’est facultatif.
  8. Position requise pour manger – Il est interdit de manger avec la tête dans la soucca et la table à l’extérieur, même dans une grande soucca.
  9. Étude dans la soucca – On peut lire dans la soucca mais l’étude approfondie se fait à l’extérieur pour avoir l’esprit posé. La prière peut se faire dans la soucca ou à l’extérieur.
  10. Cas de pluie – Si la pluie tombe suffisamment pour altérer un met, on peut quitter la soucca. Si la pluie s’arrête, on n’est pas obligé d’y retourner avant le matin.
  11. Fin de la fête – On ne défait pas la soucca après le repas du septième jour. Si on manque d’espace pour les ustensiles, on réduit la surface du skha’h à moins de quatre tefa’him sur quatre.
  12. Bénédictions – On récite avant de s’asseoir : « Qui nous as sanctifiés par Ses commandements et nous as ordonné de résider dans la soucca ». La première nuit, on ajoute la bénédiction du temps (chéhékhianou) après le kiddouch.
  13. Pratique actuelle – On réside dans la soucca pendant huit jours, mais on ne récite pas la bénédiction le huitième jour (Chemini Atséret). Un toumtoum et un hermaphrodite ne récitent pas la bénédiction car leur obligation est fondée sur un doute.
  14. Fin du huitième jour – On retire les ustensiles. Dans une petite soucca, on y apporte un candélabre, et dans une grande, on y apporte des marmites ou assiettes pour indiquer que la mitsva est terminée.
  15. Construction tardive – Si on n’a pas construit de soucca au début de la fête, on doit le faire pendant ‘hol hamoed. Les matériaux de la soucca sont interdits d’usage pendant les huit jours de la fête.
  16. Décorations – Il est interdit de tirer profit des décorations de la soucca pendant les huit jours, sauf si on a stipulé une condition au moment de les placer.

Lois du Loulav (Chapitre Sept)

  1. Définition du loulav – Les « frondes de palmier » désignent les branches de palmier avant que les feuilles ne se séparent, ressemblant à un sceptre.
  2. Définition des autres espèces – Le « fruit d’un bel arbre » est le cédrat (étrog). Les « branches d’arbres touffus » désignent le myrte dont les feuilles recouvrent la branche avec trois feuilles ou plus par anneau. Le myrte sauvage n’est pas valide.
  3. Définition du saule – Les « saules de ruisseau » sont une espèce particulière avec une feuille étendue, une arête lisse et une tige rouge. Même s’ils poussent ailleurs que près des ruisseaux, ils sont valides.
  4. Différenciation des espèces – Le peuplier, qui ressemble au saule mais avec une feuille ronde et une arête en forme de scie, n’est pas valide. Le saule avec de petits sillons comme une petite faucille est valide.
  5. Unité de la mitsva – Les quatre espèces constituent une seule mitsva et sont interdépendantes. On ne doit ni ajouter ni retrancher d’espèces.
  6. Méthode d’accomplissement – Il est préférable d’attacher ensemble le loulav, le myrte et le saule. On récite la bénédiction « de prendre le loulav » avant de les prendre, le loulav dans la main droite et l’étrog dans la gauche, les racines vers le bas.
  7. Quantité de chaque espèce – Un loulav, un étrog, deux branches de saule et trois branches de myrte. On peut ajouter du myrte pour embellir la mitsva, mais pas les autres espèces.
  8. Dimensions – Le loulav doit mesurer au moins quatre tefa’him, le myrte et le saule au moins trois tefa’him. L’étrog doit être au moins de la taille d’un kabeitsa.
  9. Manière de tenir les espèces – La façon idéale est de tenir les trois espèces attachées dans la main droite et l’étrog dans la main gauche, puis de les secouer dans les six directions, trois fois dans chaque direction.
  10. Moment du secouement – On secoue le loulav pendant le hallel, aux premières et dernières récitations de « Hodou lHachem ki tov » et au verset « Ana Hachem hochia na ». La mitsva peut être accomplie toute la journée, mais pas la nuit.
  11. Envelopper le loulav – On peut l’enrouler d’une corde d’argent ou d’or ou l’envelopper d’un vêtement. Un objet intermédiaire qui apporte honneur n’est pas considéré comme une séparation.
  12. Séparation entre espèces – Une séparation entre le loulav et le saule avec un tissu est invalide, mais pas avec des feuilles de myrte car une espèce ne fait pas de séparation avec sa propre espèce.
  13. Durée de la mitsva – Initialement, la mitsva était de prendre le loulav uniquement le premier jour, sauf au Temple où on le prenait les sept jours. On ne le prend pas le Chabbat par décret rabbinique.
  14. Exception pour le premier jour – Le décret du Chabbat n’a pas été appliqué au premier jour car c’est une mitsva de la Torah, contrairement aux autres jours qui n’étaient obligatoires qu’au Temple.
  15. Pratique post-Temple – Depuis la destruction du Temple, on prend le loulav pendant sept jours en tout lieu, en souvenir du Temple, avec une bénédiction quotidienne.
  16. Pratique à l’époque du Temple – Quand le Temple existait, on prenait le loulav le premier jour même s’il tombait un Chabbat, mais seulement dans les lieux où l’on connaissait avec certitude le jour de la fête.
  17. Décret post-Temple – Après la destruction du Temple, les sages ont interdit de prendre le loulav le Chabbat même le premier jour, pour que toutes les communautés soient égales dans cette pratique.
  18. Pratique actuelle – Aujourd’hui, même avec un calendrier fixe, on ne prend pas le loulav le Chabbat, ni en Israël ni ailleurs, par crainte qu’on ne le déplace dans le domaine public.
  19. Personnes astreintes – Quiconque est astreint au chofar et à la soucca est astreint au loulav. Un enfant qui sait remuer le chofar est astreint par ordre rabbinique.
  20. Mitsva du saule – Une loi transmise par Moïse prescrit d’apporter une branche de saule au Temple, distincte de celle du loulav. Une seule branche avec une feuille suffit.
  21. Pratique du saule au Temple – Chaque jour, on dressait des branches de saule à côté de l’autel, avec sonneries de trompette. Le septième jour tombant un Chabbat, on les arrangeait quand même.
  22. Préparation pour Chabbat – La veille du Chabbat, on apportait les branches et on les posait dans des baquets d’or. Aujourd’hui, on pratique uniquement le septième jour en frappant le sol avec une ou plusieurs branches sans bénédiction.
  23. Procession autour de l’autel – On tournait une fois par jour autour de l’autel avec le loulav, et sept fois le septième jour. Dans les synagogues, on tourne autour de l’arche en souvenir.
  24. Coutume de Jérusalem – On sortait avec le loulav le matin, on entrait dans la synagogue avec lui, on priait et rendait visite aux malades avec lui.
  25. Transport du loulav le Chabbat – Une femme pouvait prendre le loulav de son fils ou mari et le remettre dans l’eau. On peut ajouter de l’eau pendant la fête et changer l’eau pendant ‘Hol Hamoed.
  26. Odeur des espèces – Il est interdit de sentir le myrte du loulav car il est réservé pour la mitsva, mais on peut sentir l’étrog.
  27. Consommation de l’étrog – Il est interdit de consommer l’étrog pendant les sept jours. À l’époque actuelle, il est également interdit le huitième jour. Si on a mis de côté sept étrogs, chacun peut être consommé le lendemain de son usage.

 

Lois du Loulav (Chapitre Huit)

  1. Espèces invalides – Les quatre espèces sont invalides si elles sont desséchées, volées, proviennent d’un arbre adoré ou d’une ville apostate. Si elles appartiennent à un idolâtre, on ne doit pas les prendre a priori.
  2. Étrog disqualifié – Un étrog provenant de orla, de terouma impure ou de tevel n’est pas valide. Un étrog de demaï est valide, mais pas un étrog de terouma pure ou de ma’asser chéni à Jérusalem.
  3. Défauts du loulav – Un loulav dont l’extrémité est coupée ou fendu en deux n’est pas valide. S’il est courbé vers l’avant ou sur les côtés, il n’est pas valide, mais s’il est courbé vers l’arrière, il est valide.
  4. Croissance du loulav – Les feuilles du loulav doivent pousser par paire, liées par l’arrière (tiomet). Si la tiomet est fendue, le loulav n’est pas valide.
  5. Défauts du myrte – Un myrte dont l’extrémité est coupée n’est pas valide. Si la majorité des feuilles sont tombées mais qu’il reste trois feuilles dans un rang, il est valide. Des bourgeons verts sont acceptables, mais pas rouges ou noirs.
  6. Défauts du saule – Une branche de saule dont l’extrémité est coupée est valide, mais si ses branches sont tombées, elle n’est pas valide.
  7. Défauts de l’étrog – Un étrog percé, troué, incomplet ou dont le pitom est retiré n’est pas valide. Des plaies multiples ou sur le pitom le disqualifient.
  8. Autres défauts de l’étrog – Un étrog gonflé, pourri, mariné, cuit, noir, blanc, taché ou vert comme un poireau n’est pas valide. Un étrog qui a poussé dans un moule et a perdu sa forme naturelle n’est pas valide.
  9. Application temporelle – Les défauts mentionnés invalident les espèces uniquement le premier jour. L’association avec un culte idolâtre ou un étrog interdit à la consommation les invalide tous les jours.
  10. Propriété des espèces – On ne peut pas utiliser le loulav d’un ami le premier jour sans qu’il le lui donne en cadeau. Un présent à condition d’être rendu est considéré comme un cadeau valide.
  11. Espèces en copropriété – Des associés qui achètent un loulav ensemble ne peuvent s’acquitter de leur obligation que si l’un donne sa part à l’autre en cadeau.
  12. Réjouissance supplémentaire au Temple – Une célébration particulière avait lieu au Temple pendant Souccot, avec un espace séparé pour les hommes et les femmes.
  13. Nature des réjouissances – On jouait de différents instruments, on chantait, dansait et sifflait. Cette joie ne prévalait ni sur le Chabbat ni sur les jours de fête.
  14. Participants aux réjouissances – Ce n’étaient pas les ignorants qui participaient, mais les grands sages, les directeurs d’école rabbinique et les hommes pieux.
  15. Valeur de la joie – La joie dans l’accomplissement d’un commandement est un grand service divin. S’en priver mérite punition, tandis que l’humilité dans ces moments de joie est signe de grandeur.

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FIN DES LOIS SUR LE CHOFAR, LA SOUCCA, ET LE LOULAV, AVEC L’AIDE DE D.IEU.

Barouh Dayan Haemet : M. Yossef a’h Mimouni a quitté ce monde le 18 Nissan 5784

Barouh Dayan Haemet : M. Yossef a’h Mimouni a quitté ce monde le 18 Nissan 5784

Service funéraire de Monsieur Yossef MIMOUNI survenu le vendredi 26 avril 2024 à l’âge de 89 ans à Hôpital Les Diaconnesses – 75012 PARIS

Lévaya pour CDG : vendredi 26 avril 2024 à 16h00

Hôpital Les Diaconnesses 18 rue du Sergent Bauchat 75012 PARIS

Lévaya dimanche 28 avril en Israël au cimetière de  Ramle (Moatza Datit Ramlé)

Il laisse dans le deuil (puissent-ils avoir une longue vie) :

  • Mme Yael Asseraf
  • Mme Ruth Elbaze
  • Mme Esther Habib
  • Rav Gad Mimouni

18 Nissan 1902, jour de la Brit Mila du Rabbi, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h

18 Nissan 1902, jour de la Brit Mila du Rabbi, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h

La Brit Mila du Rabbi eut lieu le 18 Nissan, quatrième jour de ‘Hol Hamoëd Pessa’h (qui est également le jour de l’anniversaire de Rabbi Lévi Yits’hak Schneerson).

fr.chabad.org

On raconte que le ‘Hassid, Rav Achèr Grossman, le Cho’het de la ville de Nikolaïev était invité au repas. Cependant, comme il était particulièrement scrupuleux et – selon la tradition ‘hassidique – ne mangeait pas en dehors de chez lui, il ne goûta à rien.

Rabbi Méir Chlomo Yanovsky, père de la Rabbanit Hanna, le remarqua et en fut attristé mais il déclara : « De fait, je serais en droit d’être vexé et de vous en vouloir car, chez moi, vous pouvez manger sans crainte. Mais que puis-je faire ? Un jour, vous m’avez sauvé la vie ! »

Voilà ce qui s’était passé : un jour, Rabbi Méir Chlomo Yanovsky avait contracté la maladie du typhus – une maladie mortelle à l’époque, car on n’avait pas encore trouvé de remède efficace. Afin d’éviter la contamination d’autres personnes, les malades étaient envoyés de force par les autorités sanitaires dans des camps fermés, loin de la ville, sans médicaments. De fait, les malheureux souffraient terriblement jusqu’à leur mort inévitable dans ces conditions, que D.ieu nous en préserve. Seul le médecin était autorisé à leur rendre visite une fois par jour et à leur donner des médicaments qui ne faisaient qu’alléger un peu leurs douleurs. Personne d’autre n’avait le droit de les réconforter et de les aider dans leurs derniers moments sur terre tant était grande la crainte de la contagion. (Lire la suite)

Dès qu’on eut constaté son état, Rabbi Méir Chlomo fut lui aussi amené sans ménagements dans ce véritable mouroir, sans aucun espoir d’en sortir vivant.

Quand son plus proche ami, Rav Achère Grossman apprit la nouvelle, il se précipita en dehors de la ville avec un livre de Tanya sous le bras. Comme il n’était pas autorisé à entrer dans la chambre du malade ni même de se tenir à sa porte, il se tint debout non loin de sa fenêtre et se mit à lire à voix haute le Igrot Kodech 11 «Leaskilera Bina» dans lequel il est expliqué que rien de mauvais ne provient de D.ieu : l’homme doit se réjouir à chaque instant en plaçant sa confiance en D.ieu qui désire le combler de bienfaits à tout instant ; le croyant ne ressentira aucune souffrance car tout est pour le bien, véritablement et entièrement etc.

Après avoir achevé sa lecture, Rav Achère rentra chez lui sans avoir pu voir son ami mais il revint ainsi chaque jour, durant trente jours sans interruption, pour lire à voix haute ce chapitre.

Rabbi Méir Chlomo lui-même raconta par la suite que, dès la première lecture, il avait senti une petite amélioration de son état. Progressivement, il s’était renforcé et, au bout de trente jours dans cet enfer, il avait été déclaré guéri et avait pu en sortir, VIVANT !

 

18 Nissan : Anniversaire de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, père du Rabbi de Loubavitch (1878-1944)

18 Nissan : Anniversaire de Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, père du Rabbi de Loubavitch (1878-1944)

Les années à Nikolaîev

Rabbi Lévi Its’hak Schneerson naquit le 18 Nissan 5638 (1878) dans la ville de Podrovska, en Russie Blanche. On lui donna le nom de son grand-père Rabbi Lévi Its’hak, petit-fils du Tséma’h-Tsédek, troisième Rabbi de Loubavitch.rabbi levi itshak 2
Durant sa jeunesse, il étudie la Torah chez son oncle, le rav de la ville, Rav Yoël ‘Haikin. Il se distingue rapidement par ses capacités hors du commun et son immense connaissance de la Torah. Il reçoit la Smikha, l’ordination rabbinique, qui lui est décernée par douze éminentes autorités rabbiniques, parmi lesquelles Rabbi ‘Haim de Brisk qui déclara : « Si Rabbi Lévi Its’hak était mis en balance avec une pleine poignée d’or, la balance pencherait de son côté. »
Le 13 Sivan 5660 (1900), suivant le conseil du Rabbi Rachab, il épouse la Rabbanit ‘Hanna, fille du gaon Rabbi Meïr Chlomo Yanovski, rav de Nikolaïev.

Après son mariage, il se consacre à l’étude de la Torah auprès de son beau-père qui lui porte une très grande estime. À ce sujet, le Rav C. Grossman raconte : « Le jeune Rabbi Lévi Its’hak s’installa auprès de son beau-père et sa bouche ne s’arrêta pas d’étudier. Il avait l’habitude d’étudier dix-huit heures par jour et n’allait dormir qu’à cinq heures du matin, après avoir lu le Chema du matin avec les Téfilin. À neuf heures, il avait déjà prié avec la communauté. »
À propos de la considération que lui témoignait son beau-père, son neveu Rabbi Avraham David Yanovski raconte : « Une fois, un envoyé vint chez Rabbi Meïr Chlomo lui annoncer que Rabbi Lévi Its’hak était atteint d’une pneumonie qui l’obligeait à rester au lit. En entendant ces paroles, le visage de Rabbi Meïr Chlomo s’enflamma, et il déclara : « Si, à D.ieu ne plaise, un mauvais décret devait le menacer, je souhaiterais prendre sa place. » »

C’est durant cette période que naquit leur fils aîné, qui allait devenir le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, le 11 Nissan 5662 (1902), suivi de Rabbi Dov Ber הי »ד et de Rabbi Israël Arié Leib ז »ל.

Sa fonction Rabbinique

La ville de Yekatrinoslav
La ville de Yekatrinoslav (actuelle Dniepropetrovsk) est intimement liée avec la personnalité exceptionnelle de Rabbi Lévi Its’hak, qu’on avait l’habitude d’appeler Reb Lévik. C’est en effet dans cette ville qu’il exerça durant de longues années la fonction de rav jusqu’au moment où il en fut exilé par le pouvoir communiste.
Un bref aperçu historique de la ville nous aidera à comprendre le choix de Rabbi Lévi Its’hak en tant que rav de la ville.
Yekatrinoslav fut fondée en 5538 (1778) dans le sud de l’Ukraine. On lui donna le nom de la reine Catherine. Elle le conserva jusqu’en 5686 (1926) où il fut changé par le pouvoir communiste en Dniepropetrovsk, du nom du dirigeant de la ville Potrovski. Le premier juif s’installa en 5564 (1784) et s’appelait Rabbi Chlomo Stanislavski. En 5585 (1805), 880 Juifs y habitaient déjà. Elle finit par compter en 5657 (1877) 41240 juifs, soit 37% de sa population.
Les Juifs connurent une période de prospérité jusqu’à la montée du roi Alexandre III. C’est alors que les rapports avec les Juifs commencèrent à se détériorer. C’est en 5644 (juillet 1884) que débutèrent des pogroms. À la suite d’une dénonciation calomnieuse, un marchand fut accusé d’avoir tué un enfant non juif, suscitant la colère des habitants de la ville qui pillèrent, tuèrent et détruisirent tout sur leur passage. C’est avec de longues difficultés que les autorités parvinrent à faire à nouveau régner le calme.
L’arrivée du Tsar Nicolas II n’apporta pas de grand changement. Il y avait alors quelque cinquante mille Juifs dans la ville, douze synagogues, une yéchiva, des talmud-Torah, seize écoles juives. La situation financière dans le pays était mauvaise pour les Juifs comme pour les non-juifs du fait de la défaite de la Russie contre le Japon.
C’est précisément à ce moment (juillet 1905) que réapparut la haine commune contre les Juifs et des pogroms se déclenchèrent à nouveau, faisant 100 victimes, 200 blessés et plus de 300 magasins et demeures juives détruits.
Un sentiment de peur régna dès lors parmi les Juifs et beaucoup, n’ayant plus d’abri, décidèrent de quitter la ville. Le tsar Nicolas II, face à cette situation, ne fit qu’acquitter les paysans pourtant déclarés coupables par les tribunaux. Cette situation ne connut pas d’amélioration et ne fit qu’empirer. Les conséquences se firent sentir aussi sur le plan spirituel, alors que les autorités limitaient l’accès aux écoles juives.C’est pour faire face à ces poursuites et discriminations du gouvernement qui s’accentuaient contre les Juifs que Rabbi Lévi Its’hak fut désigné comme rav de la ville Yekatrinoslav. Ceux qui firent ce choix savaient que seule une personnalité comme Rabbi Lévi Its’hak était capable de faire face à une telle situation.

Un homme d’action pour sa foi et ses convictions
Rabbi Lévi Its’hak accéda à la fonction de Rav à l’âge de trente-deux ans. Sa nomination ne fut pas sans opposition. En effet le choix d’un rav ‘hassidique pour un tel poste suscita l’opposition des mitnagdim (opposants à la ‘Hassidout), qui espéraient eux aussi voir leur candidat obtenir cette fonction. Les opposants allèrent même jusqu’à porter de fausses accusations contre Rabbi Lévi Its’hak au gouvernement. Rabbi Lévi Its’hak, à la suite d’un long entretien avec un dirigeant sioniste très influent, reçut l’appui de ses amis (malgré leurs différences d’opinion). Il fut finalement élu rav de la ville, partageant néanmoins cette charge avec le rav Gelman, candidat des mitnagdim. En 1921, avec le décès de ce dernier, Rabbi Lévi Its’hak assumera seul cette fonction.
Rabbi Lévi Its’hak, conscient de ses responsabilités, fit preuve de la plus grande vigueur, faisant face aux plus grands dangers, sans craindre personne. Nous citerons ici à ce propos quelques témoignages très significatifs.

La réunion annulée
Lorsque l’opposition des communistes à la religion atteint son apogée et fut connue du monde entier, le pape appela à une campagne de boycott du gouvernement soviétique.
Malgré sa cruauté et sa tyrannie, le gouvernement russe tenait à soigner son image. Il mit en œuvre tous les moyens pour combattre les effets de cette initiative.
Une de ses décisions consista à rassembler trente-deux rabbins. Il s’agissait de leur faire signer une déclaration stipulant que l’annonce du pape n’était qu’un mensonge et qu’il n’existait en Russie aucune opposition à la religion. Après avoir obtenu cette signature de rabbins compétents originaires de Russie, les dirigeants décidèrent d’organiser une réunion semblable avec les rabbins d’Ukraine.

Parmi les invités était convié le rav de Yekatrinoslav, Rabbi Lévi Its’hak. Cependant, ils connaissaient sa force de caractère et savaient qu’une simple invitation ne suffirait pas à en venir à bout. Le dirigeant de la G.P.U. lui-même invita donc Rabbi Lévi Its’hak à une discussion en tête-à-tête durant laquelle il expliqua l’importance d’une telle réunion et le bénéfice qui en résulterait pour le gouvernement russe aux yeux du monde entier.
Il finit par lui offrir un billet en première classe pour se rendre dans la ville où la réunion aurait lieu.

Rabbi Lévi Its’hak le remercia pour sa bonne intention mais déclina l’offre qui lui était faite, lui expliquant qu’il pourrait s’y rendre par ses propres moyens. Le général, ne s’attendant pas à un tel affront de la part du rav, s’efforça toutefois de cacher sa colère.
Le jour solennel arrivé, Rabbi Lévi Its’hak se rendit au lieu décidé où il fit la connaissance des rabbins invités. Dès le début, tous soupçonnèrent la présence d’un espion parmi eux. Ils s’abstinrent donc de bavarder entre eux. Mais Rabbi Lévi Its’hak se leva alors et fit part ouvertement de son avis. « Il est interdit de signer une telle déclaration qui est mensongère », dit-il. La réunion se prolongea plusieurs jours durant et Rabbi Lévi Its’hak ne se contenta pas de cette prise de position. Sans relâche, il insista sur la gravité d’une telle déclaration.
Le ministre de l’Éducation, prenant conscience de son influence, convoqua Rabbi Lévi Its’hak et le mit en garde du danger d’une telle entrave au bien-être du gouvernement. Les conséquences de cette discussion furent nulles. Rabbi Lévi Its’hak maintint fermement son opinion et finit par convaincre les autres rabbins de ne pas signer. Les autorités n’eurent d’autre choix que d’abandonner leur projet…

Durant la réunion, Rabbi Lévi Its’hak apprit qu’une personnalité devait voyager en dehors de Russie. Il lui demanda de diffuser dans tous les journaux le combat des autorités contre les rabbins.
L’envoyé remplit sa mission et répandit la nouvelle dans les journaux libres. On pouvait même voir une caricature représentant un policier russe armé d’un pistolet forçant un rabbin à signer un papier.

Le problème de la foi
L’année de son emprisonnement, avant la fête de Pessa’h, les autorités distribuèrent un questionnaire à remplir par chaque citoyen russe. Une des questions concernait la foi : chacun devait répondre s’il croyait ou non en D.ieu. Quand Rabbi Lévi Its’hak vit que nombreux étaient les Juifs qui craignaient de répondre par l’affirmative, il affirma devant toute l’assemblée de la synagogue qu’il est interdit à tout Juif de ne pas répondre correctement. « Celui qui répond par la négative nie la royauté divine », dit-il. Les fidèles présents furent néanmoins inquiets car ils n’avaient aucun doute de la présence d’un espion parmi eux qui iraient rapporter les paroles de Rabbi Lévi Its’hak aux membres de la G.P.U.
Mais l’impact des paroles de Rabbi Lévi Its’hak fut tel que l’un des fidèles, qui avait des fonctions importantes et dont la femme avait nié la croyance en D.ieu en son nom, se rendit au bureau des autorités et demanda à voir le questionnaire qui lui avait été présenté. Il expliqua aux employés que sa femme avait menti et corrigea son affirmation.
La police eut connaissance des paroles de Rabbi Lévi Its’hak, grâce à un espion chargé de le surveiller. Ces paroles même constituaient une raison suffisante à son arrestation.
Par la suite, raconta la Rabbanit ‘Hanna, lorsqu’on l’interrogea à propos des paroles qu’il avait prononcées, il répondit : « Les autorités veulent avoir une réponse exacte et étant donné que de nombreux Juifs répondaient par la négative par peur de perdre leur travail, je les ai encouragés à répondre correctement. »

Les matsot surveillées
Le 18 Nissan 5743 (1983), durant la réunion des Tsivot Hachem, le Rabbi raconta :

« Le 18 Nissan est l’anniversaire de mon père. Je veux raconter une histoire à son sujet qui, pour différentes raisons, ne fut pas tellement diffusée. Cette histoire nous enseigne jusqu’où peut arriver un Juif qui décide de tenir fermement […] et tente d’accomplir l’ordre de D.ieu et Sa mission.
Cette histoire est en rapport avec la farine et les matsot pour Pessa’h.
C’était durant les années du pouvoir soviétique où tout le commerce était dirigé par le gouvernement. Même les entrepôts où l’on moulait le blé, les manufactures centrales où l’on faisait cuire les matsot, étaient sous la propriété des autorités et fonctionnaient sous la surveillance des représentants du gouvernement.

Lorsque fut arrivé le moment d’amasser la farine et de l’apporter dans les manufactures de matsot, du fait que la ville dans laquelle mon père était le rav était située dans le Sud de la Russie, contrée dans laquelle était produite la majeure partie du blé de Russie, la certification cachère de la farine, depuis quelques années, relevait de son autorité.
C’est pourquoi, dès qu’ils avaient besoin d’envoyer de la farine et de faire certifier par un rav qu’elle avait été moulue sous une grande surveillance et pouvait servir à la cuisson des matsot, ils se tournaient vers mon père. Celui-ci donnait le certificat exigé après avoir placé des surveillants dans les moulins qui prenaient garde à ce que la farine n’entre pas en contact avec l’eau.

Sachant qu’ainsi se déroulaient les choses depuis de longues années, et qu’à nouveau ils devraient lui demander un certificat, ils s’adressèrent à lui et lui expliquèrent que la farine appartenait au gouvernement. S’il devait se produire qu’une partie de la farine ne soit pas vendue du fait de son refus d’accorder le certificat, cela signifierait qu’il combattait ouvertement le gouvernement, à qui profitaient les recettes de la farine. En particulier, à Pessa’h, la farine était vendue à un prix très élevé et les recettes étaient très importantes.
Mon père leur répondit que, s’ils lui permettaient de placer des surveillants et que les ouvriers suivent leurs instructions de façon à ce que la farine soit produite conformément à la loi juive, il donnerait certainement le certificat. Toutefois, s’ils refusaient d’accorder cette permission aux surveillants ou de se conformer à leurs instructions, il ne donnerait pas le certificat exigé. Plus encore, il informerait tout le monde que cette farine n’avait pas reçu son approbation.
Devant ces propos, ils répondirent qu’ils lui permettraient de placer ses surveillants. Néanmoins, s’ils autorisaient toute la production, tout irait bien. Sinon, il devrait savoir qu’il partait ouvertement en guerre contre le gouvernement.

À nouveau, il leur répondit qu’il allait se rendre à Moscou, auprès du dirigeant Kalinine pour lui expliquer qu’il était impossible de donner un certificat sur de la farine non cachère. S’ils voulaient le punir pour cela, ils en auraient la possibilité. Toutefois, donner un certificat sur de la farine non cachère pour la matsa est contraire à la loi juive et contre la volonté de D.ieu. Il ne donnerait donc pas son certificat et ferait tout son possible pour que tous sachent qu’il ne l’a pas fait.
Ils essayèrent à nouveau de le menacer, mais virent qu’ils ne parviendraient pas à changer son avis. Ils racontèrent cela à Kalinine ou à ses conseillers et ce dernier décida finalement que dans tout lieu où l’on prenait la farine pour la cuisson des matsot à Pessa’h, il devrait y avoir le certificat de cacherout pour Pessa’h et qu’il fallait permettre de placer des surveillants qui surveilleraient les endroits où l’on cuisait la farine.
Cette année et les années qui suivirent, partout, on cuisit des matsot cachères pour Pessa’h, sous l’ordre des autorités soviétiques.

Tout ceci enseigne à chacun d’entre nous, même aux enfants, que si l’on est ferme et qu’on affirme que cette fermeté est pour D.ieu qui a créé le Ciel et la Terre, et qu’un Juif ne doit rien faire contre Sa volonté et ne fera rien qui soit contraire à la loi juive et au Choul’hane Aroukh, même si le gouvernement lui-même dit le contraire, on obtiendra la réussite. Et plus encore, c’est le gouvernement lui-même qui a ordonné de placer partout des surveillants compétents. Ainsi, le blé a été moulu de façon cachère et conforme au Choul’hane Aroukh.
Bien entendu, tout le monde n’a pas cette force. Mais tout le monde n’a pas à faire face à un gouvernement dominant un pays de deux cents millions d’habitants. Ce que l’on doit faire, c’est seulement tenir fermement contre son propre mauvais penchant. Même si celui-ci tente de nous convaincre que les non-juifs ne permettront pas à un enfant juif de se comporter comme il se doit, il doit lui répondre qu’il s’agit là d’un mensonge grossier. Et puisque qu’il part avec la force de D.ieu qui se trouve au-dessus de lui, qui se tient à ses côtés et l’accompagne dans son combat contre tous les obstacles, il réussira finalement et obtiendra comme ces jours-là un Pessa’h cacher et joyeux.
Que nous ayons nous aussi à présent un Pessa’h cacher et joyeux, lorsque nous prenons la décision de nous conduire avec force et fermeté et il se dévoilera et sera visible que toute l’année sera cachère et joyeuse et toute l’année sera une année de délivrance rapide, la délivrance de Machia’h très bientôt et de nos jours. »
Toutefois, une des raisons pour lesquelles il fut arrêté et exilé fut d’avoir déclaré ouvertement en public une année, à la suite de problèmes dans la fabrication des Matsot, que celles vendues par le gouvernement devaient être considérées comme du véritable ‘hamets, et qu’il était interdit à tout Juif d’en apporter chez lui.

Nombreuses sont les histoires qui, comme celles-ci, reflètent la personnalité exceptionnelle de Rabbi Lévi Its’hak. Il organisa des mariages, des brit-mila (circoncisions), il construisit des mikvés (bains rituels) dans le plus grand secret, malgré la menace des autorités. Chacun de ses actes comportait de terribles dangers. Les autorités l’espionnaient constamment et il risquait à tout moment de se faire arrêter.

Une personnalité exceptionnelle

Le Rabbi précédent de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak, écrivit à propos de Rabbi Lévi Its’hak :
« Rabbi Lévi Its’hak, en plus d’un génie dans la Torah révélée et d’un savant dans la Kabbale et dans la ‘Hassidout ‘Habad, était un homme doté d’une crainte de D.ieu extraordinaire et de grandes qualités morales. »
Une des qualités les plus extraordinaires chez Rabbi Lévi Its’hak était sa grande humilité. Ses amis se référaient à lui par son surnom « Lévik », sans aucun qualificatif, ni Rabbi Lévi Its’hak, ni même Reb Lévik, mais tout simplement Lévik.

Le Rav Sassonkin écrit à ce sujet :
« Son nom le précédait. Tous savaient que « Lévik » – car c’est ainsi qu’on l’appelait à Loubavitch, sans qualificatif – était un grand sage aussi bien dans le Talmud que dans la ‘Hassidout. Suivant l’expression de nos sages (à propos des titres accordés aux maîtres)  » ‘Rabbi’ est un titre plus important que ‘rav’, ‘Rabban’ est plus important que ‘Rabbi’, le nom seul est plus important que ‘Rabban’  » car les rabbins des premières générations étaient si grands qu’on ne leur donnait aucun qualificatif, tel Hillel, Chamaï, etc. […] Telle était sa personnalité : il était si grand que le seul nom « Lévik » évoquait par lui même une profonde sagesse, une sagesse extraordinaire dans tous les domaines, la sagesse du Talmud, la sagesse de la ‘Hassidout ‘Habad, la sagesse de la Kabbale. »
De sa bouche sortaient des pierres précieuses. À l’image d’une source, lorsqu’il commençait à parler, rien ne pouvait l’arrêter. Toutes les profondeurs de la Torah coulaient alors de sa bouche et émerveillaient tous ceux qui l’écoutaient. Dans la suite de son récit, le rav Sassonkin raconte :
« Une fois, j’étais présent lorsqu’on l’invita à donner un cours de guemara dans une grande synagogue. Quand on entendit que le Rav Schneerson donnerait le cours, une grande assemblée de sages vint l’écouter. Il expliqua la page de guemara avec une profondeur exceptionnelle et fit briller les yeux de tous. Tous restèrent bouche bée devant son explication extraordinaire, la profondeur qu’il dévoilait si simplement. Une fois encore, j’étais présent à son cours de Tanya. Il émerveilla tous ceux qui écoutaient ses paroles car il avait une compréhension très profonde de la ‘Hassidout ‘Habad. »
« Il est impossible de décrire le plaisir que l’on eut de son passage à Leningrad », témoigne le rav Zalman Duchman. Nous avions l’habitude de lui rendre visite presque tous les soirs et il nous expliquait les midrachim selon la ‘Hassidout. » Le célèbre Rav Its’hak « Matmid » dit de lui : « Il a des forces qui proviennent du Alter Rebbe (Rabbi Chnéour Zalman, premier Rabbi de Loubavitch). »
Il discutait chaleureusement avec chacun. Nombreux étaient ceux qui cherchaient à tout prix à se trouver auprès de lui pour profiter de ces discussions de tous les jours. La Rabbanit ‘Hanna raconte :
« Nous avons une fois voyagé en locomotive en dehors du pays. À Varsovie, un célèbre écrivain monta à l’intérieur de notre wagon et s’assit à côté du rav. Leur discussion porta sur le Judaïsme, la ‘Hassidout, les Admourim. Il fit tellement impression avec ses récits que les autres voyageurs juifs des autres wagons se rassemblèrent autour de lui et se poussèrent pour écouter ses paroles, oubliant leur sommeil pour entendre les récits de Rabbi Lévi Its’hak. »
Sa force n’était pas seulement dans sa manière de parler. Il passait aussi de longues heures à rédiger ses explications dans tous les domaines de la Torah.

Son neveu, le Rav Haim Leib Itkin raconte :
« Mes parents habitaient à cinq heures de voyage de Yekatrinoslav. Je rendis une fois visite à mon oncle à l’issue du Chabbat et je discutais longuement avec lui de différents sujets. À neuf heures, je me préparais à le quitter. Mais il m’en empêcha et me dit « De toute façon, tu as un billet pour voyager. Pourquoi dois-tu te dépêcher ? » Je suis resté encore une demi-heure et je me suis apprêté à nouveau à partir. Il m’arrêta encore une fois. À dix heures et demie, je ne pouvais plus attendre et, sans lui demander sa permission, je partis. Quand je suis arrivé à la locomotive, il ne restait que trois minutes avant le départ, mais elle ne partit pas. Elle eut du retard et ne prit le départ que le lendemain. À présent, je commençais à comprendre ses demandes répétées de rester discuter de sujets importants et ne pas perdre mon temps comme cela arriva… Je n’ai pas eu l’affront de l’interroger à ce sujet, mais depuis ce jour j’ai su l’estimer différemment. J’ai compris que ses yeux voyaient loin, mais qu’il laissait cela à l’abri des regards. »
D’apparence, il attirait le cœur. Le reflet de son visage, ses habits et sa démarche ne faisaient que refléter sa splendeur. Son regard était perçant et l’expression de son visage faisait apparaître sagesse et intelligence.
On raconte que lorsqu’il se rendait à la synagogue, les passants s’arrêtaient pour le regarder. Même les non-juifs accordaient le plus grand respect au rav de la communauté juive et s’écartaient pour le laisser passer. Le Rav C. Vilenkin raconta avoir vu au magasin une longue queue de gens s’écarter pour le laisser passer.

Ses écrits

Nombreux furent les « géants » du peuple juif qui rédigèrent leurs explications de la Torah, mais très peu d’entre eux eurent le mérite d’avoir un impact inoubliable sur les générations suivantes, de fonder un chemin nouveau dans la compréhension de la Torah. Parmi ceux-ci figure sans aucun doute Rabbi Lévi Its’hak. En effet, il ouvrit une voie nouvelle dans l’étude de la Torah qui consiste à établir un lien entre le remez et le sod (le sens allusif de la Torah et sa partie ésotérique).
Il rédigea de nombreux écrits sur la partie révélée et la partie ésotérique de la Torah. Malheureusement, tous ces écrits furent perdus. Tout d’abord confisqués par le gouvernement, puis rendus, on perdit toute trace de leur existence lors de la destruction de la ville par les nazis. Les quelques livres qui nous sont restés sont le fruit de l’effort de la Rabbanit ‘Hanna. En effet, durant son exil à Tchiali (comme nous le verrons plus loin), elle reçut la permission de le rejoindre. Dans sa route, elle prit le maximum de livres saints, les plus importants. Bien entendu, en exil, il n’avait pas de quoi écrire. C’est à nouveau la Rabbanit ‘Hanna qui fabriqua de l’encre à partir de plantes. C’est grâce à cette encre qu’il rédigea ses écrits sur les marges des livres. À cause de ces mauvaises conditions, il dut condenser à l’extrême l’expression de ses pensées profondes.

Cinq de ses livres ont été aujourd’hui imprimés, à partir de ces manuscrits :
• Likoutei Lévi Its’hak – notes sur le Tanya
• Likoutei Lévi Its’hak – notes sur le Zohar, Béréchit
• Likoutei Lévi Its’hak – notes sur le Zohar, Chemot-Devarim
• Likoutei Lévi Its’hak – ‘Hidouchim et Biourim sur le Chass, Michna et Guemara
• Likoutei Lévi Its’hak – sur les versets du Tanakh et les paroles de nos Sages ainsi que plusieurs lettres qu’il écrivit.

L’arrestation

Un mois avant son arrestation on pouvait distinguer la présence de deux hommes qui rôdaient de manière inhabituelle autour de sa maison.
Dans la nuit du 9 Nissan 5699 (1939), à trois heures du matin on frappa à la porte. La Rabbanit ‘Hanna alla ouvrir. Quatre hommes du N.K.V.D. se trouvaient face à elle. « Où est le Rav Schneerson ? », demandèrent-ils. Avant même qu’elle eût le temps de prévenir son mari, ils firent irruption dans la maison et bloquèrent toutes les portes. Le plus grand d’entre eux appela Rabbi Lévi Its’hak et lui montra l’ordre d’arrestation. Ils se mirent de suite au travail. Ils fouillèrent tous les livres et manuscrits, n’en laissèrent pas un seul échapper et en prirent une grande partie. Ils fouillèrent ainsi toutes les pièces. Lorsqu’ils eurent terminé, le même homme dit au rav : « Rabbi, habille-toi et viens avec nous. » Il comprit qu’il ne passerait pas la fête de Pessa’h chez lui et voulut prendre des matsot, mais ils ne l’y autorisèrent pas.
Le motif de son arrestation était le suivant : « Sous couvert de son activité religieuse, Schneerson fait partie d’un organisme antisoviétique actif qui est le produit de diffamation et de défaitisme. Grâce au lien qu’il entretient avec son fils, agent important des informations de Pologne, et avec un proche parent, le grand rabbin de Riga, Schneerson enrôle des hommes pour le mouvement clandestin antisoviétique et est soupçonné d’espionnage. Il exploite son discours hebdomadaire à la synagogue pour parler contre le gouvernement soviétique et contre ses dirigeants. Il organise une grande aide matérielle pour les ennemis du régime. »

À la Rabbanit ‘Hanna qui demanda où on emmenait son mari, ils répondirent qu’elle devait se présenter le lendemain aux bureaux du N.K.V.D. où on l’en informerait. Le lendemain, elle s’aperçut rapidement que tout cela n’était que mensonge. À toutes ses questions, une seule réponse lui était donnée : « Il n’est pas là, impossible de lui transmettre quelque nourriture. » En regardant l’acte d’arrestation, elle aperçut la signature de celui qui devait s’occuper de son dossier. Elle le contacta et lui demanda des nouvelles de son mari. Chaque jour, il lui transmettait son bonjour. Ce n’est que cinq mois plus tard qu’elle apprit que dès le lendemain de son arrestation, il avait été transféré dans une autre prison à Kiev.
La description d’un autre prisonnier, le rav Aharon Yaakov Diskin, détenu en même temps que Rabbi Lévi Its’hak, est très significative :
« Qui pouvait supporter toutes ces épreuves ? Qu’une minorité ! Parmi eux le Rav Lévi Its’hak Schneerson. Il n’avoua rien ! Il ne signa pas l’acte de son inculpation ! Avec une force extraordinaire, il subit les souffrances et ne se courba point. Il accepta avec amour le décret des cieux et n’avoua rien à ses bourreaux. On le transféra à Kiev : peut-être les « spécialistes » qui s’y trouvaient réussiraient-ils à extorquer sa signature. Ils utiliseraient tous les moyens. Ils avaient devant eux l’une des plus importantes personnalités recherchées : un rav célèbre, parent par alliance du Rabbi Yossef Its’hak Schneerson qu’ils haïssaient et dont ils regrettaient amèrement la sortie de Russie. Ils avaient une proie pour se venger et faire porter l’accusation de complot et espionnage contre-révolutionnaire contre lui et son parent le Rabbi Yossef Its’hak. Par son intermédiaire ils pourraient capturer tous les autres rabbins. Mais même les « spécialistes » échouèrent et durent abandonner. Le rav Schneerson n’avoua rien, ne signa pas, et ne reconnut pas les inculpations portées contre lui, malgré la colère qu’ils déversaient sur lui. Grâce à cela, beaucoup de rabbins et de Juifs religieux furent sauvés. Dans cette redoutable coulée de sang qui prit au piège des millions de personnes, le rav Schneerson fut le seul sur lequel le feu de l’enfer n’eut pas d’emprise. Ce fait était l’objet de longues discussions entre les prisonniers et tous s’émerveillaient devant la personnalité fabuleuse de cet homme. »
Le rédacteur de ce témoignage connut lui-même ces épreuves. Après deux ans d’emprisonnement dans ces conditions, il fut condamné à cinq ans de travaux forcés dans les montagnes et forêts du nord de l’Oural.
« En janvier 5700 (1940), je fus transporté dans un Etap (train dans lequel les prisonniers étaient transportés) vers la prison de ‘Harkov. Vers cette prison étaient transportés des milliers de prisonniers. À partir de là, de grands Etap desservaient les différents camps de travaux forcés. J’étais emprisonné dans la cellule n° 22, bondée de plus de quatre cents personnes serrées à terre […]. Je dormais à côté de deux ingénieurs qui parlaient avec émerveillement du Rav Schneerson. Ils racontèrent que lorsqu’ils se trouvaient dans sa prison, ils lui posaient des problèmes complexes en mathématique et en ingénierie qu’il résolvait en un instant. L’essentiel de leur émerveillement venait de sa force de caractère : il n’acceptait pas d’aller à l’interrogatoire à la sortie de Chabbat avant d’avoir reçu des allumettes pour la Havdala. Il fut une fois interpellé durant la prière silencieuse de la Amidah, mais n’interrompit pas sa prière, déclenchant la colère de ces bêtes à forme humaine. Ils n’osèrent pas le toucher. Il épanchait son cœur sans faire le moindre geste. Il finit sa prière et sortit avec eux, mais ne signa pas les accusations portées contre lui […].
Je sus que le Rav Schneerson se trouvait dans la cellule nº 6. J’ai demandé à être placé dans la même cellule que lui. On me répondit : « Je sais quelle est ton intention. Que tu succombes ici et n’aies pas la chance d’être transféré dans la cellule nº 6 où se trouve Schneerson ! » Quand je revins à ma place, l’ancien commissaire qui se trouvait à mes côtés me dit : »De quoi as-tu parlé avec ce Pharaon ? » Je lui répondis : « J’ai demandé à être muté dans la cellule nº 6. » Il s’exclama : « C’est là que se trouve le rav qui n’a pas signé. C’est bien qu’il y en ait au moins un qui ne se courbe pas devant ces bourreaux. Vraiment, c’est un grand homme, ce rabbin ! » »

Un professeur non-juif raconta à la Rabbanit ‘Hanna :
« Je n’oublierai jamais cet homme, ses connaissances extraordinaires et sa rare force de caractère ! Nous étions quatre dans la même cellule et nous trois avons pu tenir grâce aux encouragements du rav à ne pas perdre espoir en dépit des terribles souffrances que nous subissions. Avec force et sans relâche, il resta fidèle aux principes de sa religion. Le fait qui m’a le plus marqué fut qu’une fois, il fut ordonné à tous les prisonniers de raser leur barbe. Plusieurs prisonniers, parmi eux des juifs et des rabbins, tentèrent de s’y opposer, mais sans résultat. Quand arriva le tour du rav, il se tint comme un rocher et s’écria : « Moi, ma barbe, vous ne la toucherez jamais ! » Ses paroles, prononcées avec une si grande force, les effrayèrent et ils abandonnèrent. Il fut le seul qui eut le mérite de garder sa barbe, chose que beaucoup d’autres lui envièrent. »
Cinq mois plus tard, en Eloul 5699 (1939), il fut ramené à Dniepropetrovsk, et la Rabbanit ‘Hanna eut enfin la possibilité de lui transmettre de la nourriture. Quelque deux semaines après, une nouvelle fouille fut organisée dans sa maison le jour du Chabbat, en vue de trouver d’autres preuves pour aggraver ses « fautes ». Après cela, ils convoquèrent la Rabbanit ‘Hanna aux bureaux du N.K.V.D. pour un interrogatoire. On l’interrogea à propos des actions de son mari, des liens avec son fils… Malgré leurs menaces, ils n’obtinrent rien de ce qu’ils désiraient.
Ils durent admettre qu’ils ne parviendraient à rien avec Rabbi Lévi Its’hak. À chaque question au sujet d’une réunion dans la communauté, il semblait avoir complètement oublié le sujet sur lequel elle avait porté. Il ne mentionnait nommément que des personnes déjà disparues ou ayant déjà quitté les frontières du pays. L’interrogateur ne pouvait aucunement prouver le caractère antisoviétique des rassemblements religieux secrets de Moscou, Kiev, Leningrad… C’est ainsi qu’avec une extraordinaire intelligence, il parvenait à répondre à chacune de leurs questions.
Avant son retour à Dniepropetrovsk, il passa une visite médicale et le médecin décela alors un grand nombre de problèmes graves. Ils décidèrent alors d’adopter une autre tactique. Ils emprisonnèrent trois membres importants de la communauté en vue d’obtenir des révélations contre le rav. Ils n’obtinrent aucune révélation effective. Ils exigèrent alors qu’ils signent les inculpations contre le rav. Devant leur refus, ils les torturèrent abominablement pendant dix semaines, pour obtenir la signature souhaitée.

Le vérdict

Rabbi Lévi Its’hak, fut inculpé en même temps que les trois autres personnalités. Ils furent accusés « d’être membres d’un mouvement clandestin juif antisoviétique, actifs au cours de réunions secrètes organisées dans la maison de Schneerson, d’avoir collecté de l’argent parmi la population au profit des familles de prisonniers, d’avoir participé à la gestion de caisses non déclarées, d’avoir au cours de ces réunions lancé des propagandes antisoviétiques, d’avoir diffamé le gouvernement soviétique et d’avoir entretenu un lien avec des communautés à l’étranger par l’intermédiaire de leur chef : Schneerson. »

Le verdict prononcé contre lui le condamna à cinq ans d’exil dans la ville de Tchiali, au Kazakhstan, au fin fond de l’est de l’Asie en tant qu’« homme dangereux pour la société. »
Lorsqu’on transmit la nouvelle à la Rabbanit ‘Hanna, elle tenta de leur expliquer que son mari avait déjà soixante-dix ans (selon leurs papiers), mais en vain. On lui répondit que l’endroit où était envoyé son mari était convenable, qu’il conserverait sa citoyenneté, mais qu’il devait seulement changer de lieu de résidence.
On lui dit aussi qu’avant son départ, elle pourrait revoir son mari une dernière fois.

Cette rencontre à travers les barreaux (la première depuis son arrestation) fut un mélange de joie et de souffrance, la joie des retrouvailles et la souffrance de voir ce qu’il avait enduré. Elle ne s’imaginait pas qu’en une si courte période, son état de santé se serait détérioré au point qu’elle aurait du mal à le reconnaître. Cette rencontre, sous les yeux d’un surveillant, ne dura que quelques minutes. Avant leur séparation, Rabbi Lévi Its’hak lui demanda pardon. Il pensait que ses forces ne lui permettraient pas de tenir durant un si long voyage… Elle lui laissa un colis et ils se quittèrent.
Il fut transféré à ‘Harkov (où il revit une deuxième fois la Rabbanit ‘Hanna). Alors, le dur et épuisant voyage commença. Un mois de trajet, telle était la distance qui séparait ‘Harkov de Alma-Ata, capitale du Kazakhstan, à l’est de l’Asie. Comme Rabbi Lévi Its’hak le raconta lui-même, la chose la plus dure durant le voyage était le manque d’eau pour netilat yadaïm (les ablutions du matin). Pendant onze jours, les prisonniers furent privés d’eau. Même l’eau potable était rationnée et suffisait difficilement à étancher leur soif. Rabbi Lévi Its’hak, scrupuleux sur chaque détail de la loi juive, se servit de cette eau pour netilat yadaïm. Plus encore, il céda le peu de nourriture qu’il possédait au soldat qui la distribuait en échange d’un peu plus d’eau pour netilat yadaïm.

Ils arrivèrent à Alma-Ata le 15 Chevat 5700 (1940). Les prisonniers furent alors divisés en différents groupes. Un des ‘hassidim prisonniers raconte avoir vu Rabbi Lévi Its’hak suivi de soldats et de chiens féroces, tombant à terre en raison de sa grande faiblesse. Les soldats le frappèrent alors de terribles coups et lâchèrent sur lui leurs chiens qui le mordirent et déchirèrent ses vêtements jusqu’à ce qu’il fut obligé de se relever et d’avancer sans aucune force…

L’exil

La ville de Tchiali est pour beaucoup synonyme de peur et de frisson. Cette ville perdue à l’Est de l’Asie Centrale fut pendant longtemps inconnue et aurait pu le rester. Sa terre est un mélange de poussière et d’eau qui ne sèche jamais. Celui qui la piétine a du mal à en retirer le pied. Les moustiques envahissent l’air et accompagnent l’homme partout : dehors, chez lui, dans la cuisine, les placards, les ustensiles, la nourriture… Les maisons, faites de mortier et de ciment, sont un mauvais abri contre la chaleur et la grêle, la neige et le vent qui siffle tout le long de la journée. Le soleil brûlant de l’été dégage une odeur fétide, source d’épidémies mortelles.

C’est là que fut exilé Rabbi Lévi Its’hak, le 19 Chevat 5700 (1950). Il fut accueilli par les ténèbres, l’obscurité la plus totale et la tempête. Aucun signe de vie n’apparaissait à l’extérieur. Il était seul avec un ami juif, partenaire dans la souffrance, qui avait été exilé en même temps que lui. Rester trop longtemps à l’extérieur constituait un terrible danger. Ils apprirent ensuite qu’un Juif résidait dans les environs. Ils rassemblèrent leurs dernières forces pour atteindre sa maison. Mais quelle fut leur surprise de voir celui-ci leur refuser l’hospitalité ! Ils virent finalement de loin une lumière et trouvèrent un logis pour passer la nuit. Le propriétaire ne leur donna pour dormir qu’un coin de la cuisine. Il étendit un drap sur le sol humide, mais le froid pénétrait leurs os et ils ne purent fermer l’œil de la nuit. Quand les propriétaires firent au matin connaissance avec leurs hôtes, ils décidèrent qu’ils ne pourraient pas accueillir deux personnes dans leur maison. Pour choisir celui qui pourrait rester, ils firent un tirage au sort qui désigna Rabbi Lévi Its’hak. Il prit la défense de son ami, mais ne put rien faire.

Ayant trouvé un refuge, il envoya immédiatement un télégramme à la Rabbanit ‘Hanna pour lui demander les choses les plus nécessaires : son talit, ses téfiline, des livres et quelque nourriture. Au bout de trois semaines lui parvint le premier colis qui comprenait son talit et ses téfiline que la Rabbanit lui avait envoyés au plus vite. Quelle ne fut pas sa joie de recevoir son talit et ses téfiline qu’il n’avait pas eu le mérite de voir depuis un an ! La Rabbanit ‘Hanna raconta plus tard qu’il eut ce jour-là un plaisir tel qu’il ne pouvait pas exprimer verbalement.
Après la fête de Pourim, la Rabbanit ‘Hanna prit la décision de rejoindre son mari. Elle se rendit à Moscou et, en dépit des difficultés, elle prit avec elle des matsot et du vin pour Pessa’h, des provisions devant suffire pour une certaine période et un livre de Tehilim. Elle entreprit à Moscou plusieurs démarches pour obtenir la libération de son mari, mais sans résultat.

Le voyage entre Moscou et Tchiali durait plus de cinq jours. Elle donna à l’un des responsables un cadeau important pour qu’il ne lui arrive rien de mal. À l’arrivée, son mari vint l’accueillir. Elle ne put presque pas regarder son visage, et ce fut avec grande difficulté qu’elle retint ses larmes.
À propos de la vie difficile qu’ils menaient dans cette ville perdue, la Rabbanit ‘Hanna écrit dans ses mémoires :
« Notre chambre était dans la demeure d’un Tartare. Pour atteindre la chambre, il fallait passer par une antichambre, humide et pleine de boue. Les nombreux moustiques obscurcissaient la lumière. De l’antichambre, il fallait passer par la salle à manger des propriétaires.
Pour boire un petit peu d’eau, il fallait attendre qu’elle se décante du fait de la présence de sable. D’une façon générale, il était difficile d’obtenir de l’eau. La nuit, nous éclairions la chambre avec un petit chandelier.
La chaleur d’été était insupportable. Au milieu de notre sommeil, des myriades de moustiques sifflaient et nous piquaient. Il n’y avait qu’une seule possibilité : boucher tous les trous et fentes de la chambre pour qu’ils ne parviennent pas à rentrer.
Si l’on revêtait un habit le soir, il était impossible de le reconnaître le lendemain. Ces bêtes les salissaient de points noirs. C’est ainsi que se déroulait la vie et nous n’avions d’autre choix que de nous habituer à ce mal et à vivre avec lui.
Arriva le mois de Nissan. Les problèmes quotidiens n’avaient alors plus d’importance. Le problème urgent était alors beaucoup plus difficile à résoudre : tout était « ‘hamets » : la maison, les ustensiles… et comment pourrions-nous nous procurer de la nourriture cachère pour Pessa’h ? Étant donné que les propriétaires étaient attachés à leur religion, nous avons tenté de les sensibiliser au sujet de la cacherout à Pessa’h. Nous pensions qu’ils nous comprendraient et nous viendraient en aide. Toutefois, comme ils étaient déjà en colère en raison de notre utilisation de l’eau pour d’autres besoins, ils ne réfléchirent pas longtemps et nous ordonnèrent de quitter immédiatement la maison.

La situation était à présent particulièrement difficile. Comment retrouver une demeure deux semaines avant Pessa’h ? Une des résidentes accepta, en échange d’un salaire mensuel de cinquante roubles, de nous donner une pièce avec une entrée séparée, et un sol en bois : une merveille ! Il y avait toutefois un désavantage important à cette proposition. Elle avait pour enfants de véritables voyous. Les gens du voisinage nous déconseillèrent de prendre cette chambre, car nous ne pourrions pas supporter les difficultés qu’ils nous feraient. Mais en l’absence d’autre solution, nous avons accepté.
La question de l’obtention de nouveaux ustensiles et de nourriture trouva sa solution. Je me suis rendue à une heure de trajet de Tchiali pour atteindre un endroit où un groupe de Juifs religieux de Kiev avaient été exilés. Ils résidaient ensemble. Parmi eux, il y avait un rav et un cho’het (abatteur rituel). Je suis restée deux jours dans cet endroit pour réussir à obtenir un grand ustensile neuf. J’ai aussi commandé de la viande et du poisson et je leur ai demandé de les apporter la veille de Pessa’h seulement […].

Le soir de Pessa’h, nous avions un invité à dîner à notre table. Nous nous sommes assis ensemble pour le seder. Derrière la fenêtre se tenaient les enfants qui se moquaient sans relâche de chacun de nos gestes et paroles.
Bien entendu, leurs moqueries ne nous ont pas touchés et le seder s’est poursuivi de façon conforme à la loi, la lecture de la Hagadah à voie haute et en chantant, ainsi que toutes les autres parties du seder. Quand nous nous souvenions de la situation dans laquelle s’était déroulée la fête de Pessa’h l’année précédente, derrière les barreaux, dans les murs de la prison, cela nous réjouit, et la joie de la fête était ressentie. De ce point de vue, il y avait de quoi se réjouir.

Le seder se prolongea tardivement dans la nuit. Il est difficile de qualifier de repas ce que nous avons mangé cette nuit. La viande et le poisson que le non-juif nous avait apporté, ce que j’avais commandé chez le cho’het, avaient complètement tourné durant le transport à notre maison… »
La ville de Tchiali est pour beaucoup synonyme de peur et de frisson. Cette ville perdue à l’Est de l’Asie Centrale fut pendant longtemps inconnue et aurait pu le rester. Sa terre est un mélange de poussière et d’eau qui ne sèche jamais. Celui qui la piétine a du mal à en retirer le pied. Les moustiques envahissent l’air et accompagnent l’homme partout : dehors, chez lui, dans la cuisine, les placards, les ustensiles, la nourriture… Les maisons, faites de mortier et de ciment, sont un mauvais abri contre la chaleur et la grêle, la neige et le vent qui siffle tout le long de la journée. Le soleil brûlant de l’été dégage une odeur fétide, source d’épidémies mortelles.

C’est là que fut exilé Rabbi Lévi Its’hak, le 19 Chevat 5700 (1950). Il fut accueilli par les ténèbres, l’obscurité la plus totale et la tempête. Aucun signe de vie n’apparaissait à l’extérieur. Il était seul avec un ami juif, partenaire dans la souffrance, qui avait été exilé en même temps que lui. Rester trop longtemps à l’extérieur constituait un terrible danger. Ils apprirent ensuite qu’un Juif résidait dans les environs. Ils rassemblèrent leurs dernières forces pour atteindre sa maison. Mais quelle fut leur surprise de voir celui-ci leur refuser l’hospitalité ! Ils virent finalement de loin une lumière et trouvèrent un logis pour passer la nuit. Le propriétaire ne leur donna pour dormir qu’un coin de la cuisine. Il étendit un drap sur le sol humide, mais le froid pénétrait leurs os et ils ne purent fermer l’œil de la nuit. Quand les propriétaires firent au matin connaissance avec leurs hôtes, ils décidèrent qu’ils ne pourraient pas accueillir deux personnes dans leur maison. Pour choisir celui qui pourrait rester, ils firent un tirage au sort qui désigna Rabbi Lévi Its’hak. Il prit la défense de son ami, mais ne put rien faire.
Ayant trouvé un refuge, il envoya immédiatement un télégramme à la Rabbanit ‘Hanna pour lui demander les choses les plus nécessaires : son talit, ses téfiline, des livres et quelque nourriture. Au bout de trois semaines lui parvint le premier colis qui comprenait son talit et ses téfiline que la Rabbanit lui avait envoyés au plus vite. Quelle ne fut pas sa joie de recevoir son talit et ses téfiline qu’il n’avait pas eu le mérite de voir depuis un an ! La Rabbanit ‘Hanna raconta plus tard qu’il eut ce jour-là un plaisir tel qu’il ne pouvait pas exprimer verbalement.
Après la fête de Pourim, la Rabbanit ‘Hanna prit la décision de rejoindre son mari. Elle se rendit à Moscou et, en dépit des difficultés, elle prit avec elle des matsot et du vin pour Pessa’h, des provisions devant suffire pour une certaine période et un livre de Tehilim. Elle entreprit à Moscou plusieurs démarches pour obtenir la libération de son mari, mais sans résultat.

Le voyage entre Moscou et Tchiali durait plus de cinq jours. Elle donna à l’un des responsables un cadeau important pour qu’il ne lui arrive rien de mal. À l’arrivée, son mari vint l’accueillir. Elle ne put presque pas regarder son visage, et ce fut avec grande difficulté qu’elle retint ses larmes.
À propos de la vie difficile qu’ils menaient dans cette ville perdue, la Rabbanit ‘Hanna écrit dans ses mémoires :
« Notre chambre était dans la demeure d’un Tartare. Pour atteindre la chambre, il fallait passer par une antichambre, humide et pleine de boue. Les nombreux moustiques obscurcissaient la lumière. De l’antichambre, il fallait passer par la salle à manger des propriétaires.
Pour boire un petit peu d’eau, il fallait attendre qu’elle se décante du fait de la présence de sable. D’une façon générale, il était difficile d’obtenir de l’eau. La nuit, nous éclairions la chambre avec un petit chandelier.

La chaleur d’été était insupportable. Au milieu de notre sommeil, des myriades de moustiques sifflaient et nous piquaient. Il n’y avait qu’une seule possibilité : boucher tous les trous et fentes de la chambre pour qu’ils ne parviennent pas à rentrer.
Si l’on revêtait un habit le soir, il était impossible de le reconnaître le lendemain. Ces bêtes les salissaient de points noirs. C’est ainsi que se déroulait la vie et nous n’avions d’autre choix que de nous habituer à ce mal et à vivre avec lui.
Arriva le mois de Nissan. Les problèmes quotidiens n’avaient alors plus d’importance. Le problème urgent était alors beaucoup plus difficile à résoudre : tout était « ‘hamets » : la maison, les ustensiles… et comment pourrions-nous nous procurer de la nourriture cachère pour Pessa’h ? Étant donné que les propriétaires étaient attachés à leur religion, nous avons tenté de les sensibiliser au sujet de la cacherout à Pessa’h. Nous pensions qu’ils nous comprendraient et nous viendraient en aide. Toutefois, comme ils étaient déjà en colère en raison de notre utilisation de l’eau pour d’autres besoins, ils ne réfléchirent pas longtemps et nous ordonnèrent de quitter immédiatement la maison.

Photographie de Rabbi Lévi Its’hak portant la mention manuscrite de son fils, le Rabbi, des initiales de « Mon père, de mémoire bénie ? » Le point d’interrogation semble signifier l’étonnement du Rabbi devant les marques de souffrances portées par le visage de son père
La situation était à présent particulièrement difficile. Comment retrouver une demeure deux semaines avant Pessa’h ? Une des résidentes accepta, en échange d’un salaire mensuel de cinquante roubles, de nous donner une pièce avec une entrée séparée, et un sol en bois : une merveille ! Il y avait toutefois un désavantage important à cette proposition. Elle avait pour enfants de véritables voyous. Les gens du voisinage nous déconseillèrent de prendre cette chambre, car nous ne pourrions pas supporter les difficultés qu’ils nous feraient. Mais en l’absence d’autre solution, nous avons accepté.
La question de l’obtention de nouveaux ustensiles et de nourriture trouva sa solution. Je me suis rendue à une heure de trajet de Tchiali pour atteindre un endroit où un groupe de Juifs religieux de Kiev avaient été exilés. Ils résidaient ensemble. Parmi eux, il y avait un rav et un cho’het (abatteur rituel). Je suis restée deux jours dans cet endroit pour réussir à obtenir un grand ustensile neuf. J’ai aussi commandé de la viande et du poisson et je leur ai demandé de les apporter la veille de Pessa’h seulement […].

Le soir de Pessa’h, nous avions un invité à dîner à notre table. Nous nous sommes assis ensemble pour le seder. Derrière la fenêtre se tenaient les enfants qui se moquaient sans relâche de chacun de nos gestes et paroles.
Bien entendu, leurs moqueries ne nous ont pas touchés et le seder s’est poursuivi de façon conforme à la loi, la lecture de la Hagadah à voie haute et en chantant, ainsi que toutes les autres parties du seder. Quand nous nous souvenions de la situation dans laquelle s’était déroulée la fête de Pessa’h l’année précédente, derrière les barreaux, dans les murs de la prison, cela nous réjouit, et la joie de la fête était ressentie. De ce point de vue, il y avait de quoi se réjouir.

Le seder se prolongea tardivement dans la nuit. Il est difficile de qualifier de repas ce que nous avons mangé cette nuit. La viande et le poisson que le non-juif nous avait apporté, ce que j’avais commandé chez le cho’het, avaient complètement tourné durant le transport à notre maison… »
Lettre de protestation de Rabbi Lévi Its’hak adressée au ministre des affaires intérieures dans laquelle il dénonce l’injustice de sa condamnation

Après un certain temps, la Rabbanit ‘Hanna décida de rentrer chez elle. Elle avait plusieurs raisons. D’une part, elle pourrait envoyer régulièrement des colis de nourriture, en dépit du danger d’envoyer un colis à un homme ayant commis autant de « fautes ». D’autre part, elle ne voulait pas laisser trop longtemps sa maison inhabitée. Enfin, cela permettait de diminuer les soucis pour trouver de la nourriture à son mari.
Elle se rendit en premier lieu dans la ville la plus proche, Kzyl-Orda, aux bureaux du N.K.V.D., pour demander à faire transférer son mari dans cette ville en raison de son mauvais état de santé (il était déjà atteint de la tumeur dont il devait plus tard succomber). Ses démarches durèrent douze jours, mais sans résultat.

Avant son départ, elle avait demandé à un Juif de résider avec son mari, afin qu’il ne reste pas seul. De temps à autre, il y avait des Juifs qui étaient parvenus à s’enfuir avant l’arrivée des nazis dans leur ville. Certains d’entre eux avaient connu le rav et venaient lui demander des conseils, profiter de son enseignement. Quand les Juifs de Kzyl-Orda apprirent que le rav se trouvait à Tchiali, plusieurs d’entre eux lui rendirent fréquemment visite, ce qui l’aida beaucoup. Il passait avec eux de longues nuits à prononcer des paroles de Torah et de ‘Hassidout.
Le 1er Eloul 5701 (23 août 1940), Rabbi Lévi Its’hak envoya une lettre au dirigeant du N.K.V.D. dans laquelle il dénonça la façon dont son interrogatoire s’était déroulé et demanda à ce que l’on juge à nouveau son dossier. Sa demande fut refusée.

La délivrance

La libération de Rabbi Lévi Its’hak fut essentiellement organisée par les frères Hirshel et Mendel Rabinovitch. Dès que ce dernier fut libéré de son service militaire, il décida de tout tenter pour obtenir la libération de Rabbi Lévi Its’hak de son exil. Ces démarches devenaient particulièrement urgentes en raison de la rumeur selon laquelle aucun prisonnier ne serait libéré avant la fin de la guerre. Ce renseignement était plus qu’une rumeur, il provenait d’une source sûre, une femme juive exerçant la profession de juge pour le gouvernement. Il fallait donc agir au plus vite, avant que cette loi ne soit décidée, faute de quoi il serait impossible ensuite de le libérer.

Les difficultés concernant sa libération étaient nombreuses. Il fallait :
• Obtenir tout d’abord un certificat de libération, stipulant que le prisonnier avait purgé intégralement sa peine.
• Récolter une immense somme d’argent. En effet, sans corruption, il était impossible d’agir et d’obtenir les signatures nécessaires.
• Apporter les certificats à Rabbi Lévi Its’hak. Cette démarche n’était pas des plus simples, les hommes du N.K.V.D organisant parfois une fouille des voyageurs. S’ils trouvaient un étranger avec un certificat comme celui-ci, ce dernier courait un grand danger. La difficulté était donc double : il fallait trouver quelqu’un capable de garder le secret, mais aussi prêt à prendre un risque si important.
• Obtenir une permission d’entrée dans une autre ville. Lorsqu’un prisonnier recevait la permission de partir dans une autre ville, il devait avoir une déclaration écrite de sa fille qu’elle le recevrait, lui et sa femme et les nourrirait afin qu’ils ne soient pas à la charge des autorités. Rabbi Lévi Its’hak quant à lui n’avait pas de fille et il était très dangereux de faire de faux papiers.
• Obtenir une permission de passage d’une ville à une autre.

Après la collecte de grosses sommes d’argent et les nombreuses demandes auprès des représentants du N.K.V.D., le rav Hirshel Rabinovitch réussit à obtenir le certificat de permission de sortie, signée des autorités.
Quant à la capacité d’accueillir Rabbi Lévi Its’hak, la femme de rav Hirshel signa un engagement à ce sujet.
Restait le problème de lui remettre les documents. Ce fut Bat-Chéva, la fille du rav Eliahou ‘Haïm Althaus, ami proche de Rabbi Lévi Its’hak, qui accomplit cette tâche difficile. Elle arriva à Tchiali avant la fête de Pessa’h. À la demande de Rabbi Lévi Its’hak qui craignait ne pas avoir de Matsa Chmoura s’ils s’enfuyaient immédiatement, ils restèrent pour les premiers jours de la fête. Ce fut pendant ‘Hol Hamoëd que Rabbi Lévi Its’hak, la Rabbanit Hanna, et Bat-Chéva quittèrent Tchiali pour ne plus jamais y revenir.
Le jeudi 27 Nissan 5704 (20 avril 1944), Rabbi Lévi Its’hak arriva à Alma-Ata. La Rabbanit ‘Hanna raconte :
« On lui réserva un accueil très chaleureux et, immédiatement, commencèrent à affluer des ‘hassidim, des amis, et en tout premier les frères Rabinovitch. Il serait difficile de décrire la joie profonde qui régnait alors du fait qu’ils avaient le mérite d’accueillir dans leur ville une personnalité si importante après une telle attente. Beaucoup avaient les larmes aux yeux… »
Peu de temps après, on lui loua une maison non loin de la ville. Avant Chavouot, on lui trouva une demeure fixe. À cet endroit se trouvaient des centaines de Juifs, pour la plupart ayant fui la guerre. Ainsi, tous les jours se déroulaient les prières de Cha’harit, Min’ha et Arvit (les trois prières quotidiennes).

En très peu de temps, sa maison se transforma en un véritable refuge pour tous : les jeunes, les personnes plus âgées, les femmes et les enfants. Elle était ouverte à tous, du matin jusqu’aux heures tardives de la nuit. À ce moment, il sortait avec ses invités dans la cour de la maison. Les jeunes s’asseyaient sur l’herbe et buvaient avec soif ses paroles. Ils étaient chez lui réconfortés et avaient le sentiment d’avoir été comblés spirituellement.
Son installation à Alma-Ata n’était pas officielle, à cause des autorités. Néanmoins, dès son arrivée, il commença à s’occuper de la communauté, ainsi que de tous les réfugiés de la guerre.
Le nombre de visiteurs s’accroissait chaque jour. Certains venaient d’Ukraine, de Moscou ou de Leningrad.
Différents groupes, délégués par leur ville, venaient fréquemment, les uns pour lui proposer d’être rav de leur communauté, les autres pour l’inviter à venir les honorer de sa présence et prononcer un discours.
Les gens qui l’entouraient faisaient tout leur possible pour lui venir en aide. La Rabbanit ‘Hanna écrit à ce propos : « En voyant tout cela, j’ai pris conscience que jusqu’à présent, je ne savais pas du tout combien grande était l’importance du rav aux yeux des gens. »
Son influence était très importante pour tous. Il y avait de jeunes Juifs de Leningrad qui n’avaient connu, depuis leur naissance, que l’éducation communiste des écoles du gouvernement. Ils rendaient visite en cachette à Rabbi Lévi Its’hak. Ils changèrent très rapidement leur mode de vie. À la maison, ils ne voulaient plus rien manger et exigèrent de leur mère de leur fournir de la nourriture cachère. Une telle conduite engendrait pour eux d’énormes difficultés. D’une part, l’opposition radicale de leurs parents, mais aussi la difficulté de se procurer de la nourriture cachère dans un territoire antireligieux…

Ainsi la maison du rav se transforma-t-elle en un véritable centre spirituel, un luminaire vers lequel tous se tournaient et cherchaient toutes les occasions pour venir s’y réfugier. En particulier, durant les fêtes, beaucoup se sentaient un devoir de se trouver aux côtés de Rabbi Lévi Its’hak et de se renforcer dans l’atmosphère oppressante qui régnait sur chacun.
Dans son quartier habitait un Juif, un intellectuel, qui se vantait de ne pas connaître à l’âge de cinquante-deux ans une seule lettre d’hébreu, et se moquait de ceux qui respectaient Rabbi Lévi Its’hak. Il rendit toutefois visite au rav quelques fois et finit par limiter son temps de travail pour pouvoir discuter avec lui.

À la fête de Chavouot, Rabbi Lévi Its’hak prononça un discours devant les fidèles de la synagogue et, d’une voix enflammée, il leur fit part de l’importance de raffermir leur foi, leur observance de la Torah et des Mitsvot. Il les encouragea à ne prêter aucune attention à ceux qui essaient d’y faire entrave. L’assemblée resta muette d’entendre un tel discours d’un rabbin dans la Russie soviétique. Ce ne fut qu’à la conclusion de ses paroles qu’ils reprirent enfin conscience de leur véritable situation, et la peur et la crainte les gagnèrent tous, car ils savaient qu’à chaque pas se trouvait un dénonciateur, y compris dans un lieu saint comme celui-ci. Ce dernier irait immédiatement transmettre le contenu de ces paroles aux autorités… Ce fut effectivement ce qui arriva.
Quelques jours après, les représentants des autorités rendirent visite ou convoquèrent quelques membres de la synagogue pour un interrogatoire. Dans la maison de Rabbi Lévi Its’hak, ils firent irruption de façon inattendue. À plusieurs reprises, ils se rendirent chez lui et le fait de le voir cloué au lit ne les empêcha pas de revenir. Ces « visites » laissèrent un sentiment de crainte et de peur dans la maison de Rabbi Lévi Its’hak.
Toutefois, en dépit de cette crainte incessante, après cinq ans d’exil et de souffrances, il continua à accomplir le travail qui lui incombait sans aucune peur. La phrase perçante au sujet de la nécessité de rester ferme dans l’observance de la Torah et des Mitsvot fut prononcée avec la même ferveur et intensité qu’avant son arrestation.

Pour ce qui concernait le Judaïsme, il n’y avait aucune différence à ses yeux entre l’époque qui avait précédé son emprisonnement et le moment présent. En cela, il fut une personnalité unique. Dans la plupart des cas, un homme ayant été exilé et qui avait eut la chance de rentrer chez lui était brisé, corps et âme. Sa bouche restait muette et aucun son ne pouvait en sortir. Après tout ce qu’il avait enduré, il n’osait même plus penser contre le gouvernement. Rabbi Lévi Its’hak, lui, dès son retour d’exil, ne cessa jamais son activité pour renforcer la Torah et les Mitsvot, en cachette ou même ouvertement, malgré la surveillance des mécréants.
Depuis le début de sa fonction rabbinique, il fut tel un rocher et continua à se comporter ainsi dans toutes ses pensées et actions.
Ses paroles sortaient du cœur et touchaient tout son entourage. Il y avait de nombreux Juifs réfugiés de la guerre, et certains étaient étrangers, voire opposants à la ‘Hassidout. Mais tous se rendaient chez Rabbi Lévi Its’hak et buvaient ses paroles avec la même soif.

La fin de sa vie

En dépit de sa force de caractère extraordinaire, sa santé allait en empirant. La tumeur, qu’il portait depuis longtemps déjà, se développait pour atteindre tout son organisme et ses souffrances s’accroissaient de jour en jour.
Un des derniers Chabbat de sa vie, une vingtaine de personnes se rassemblèrent autour de lui pour entendre des paroles de Torah. Ses souffrances étaient telles qu’il ne pouvait revêtir aucun habit sur son corps. Il portait uniquement son habit extérieur, leur demanda de pardonner sa présentation et, dans sa grande modestie, dit en souriant : « On a ce que l’on mérite. » Durant plusieurs heures, des paroles de Torah coulèrent de sa bouche comme auparavant. Son visage avait changé, mais les auditeurs n’entendaient pas une voix brisée par la souffrance. Ces paroles de Torah lui donnaient une force unique qu’il perdrait en s’interrompant.

Il était suivi par un médecin qui lui rendait visite fréquemment et s’occupait de lui. Il y avait aussi deux autres médecins célèbres. Mais, ne voyant aucune amélioration de sa situation, ils décidèrent de faire venir un célèbre professeur de Leningrad.
Celui-ci établit immédiatement le diagnostic et indiqua même la localisation exacte de la tumeur. L’expression de son visage laissait deviner quelle était la véritable situation de Rabbi Lévi Its’hak. Il raconta au médecin tout ce qu’il avait subi ces dernières années. Quand le professeur transmit un rapport complet sur la situation du malade, il affirma que ce fut la première fois, de toute son expérience, qu’il rencontrait une telle personnalité.
Durant cette période difficile, ses talmidim, ses disciples, firent tout pour l’aider.

Les derniers jours, il était très faible. « Vois-tu, dit-il à un ami, il ne me reste que la peau et les os. Je ne ressens plus du tout le goût de la nourriture… »
À propos du dernier jour de sa vie, un des ‘hassidim qui était présents raconte :

« La nuit du mardi soir, ses lèvres murmuraient sans cesse, mais sans laisser entendre aucune voix. Soudain, il se réveilla, ouvrit les yeux et dit : « Il faut se préparer à passer dans un autre monde. » C’était ses dernières paroles pour la journée et ses lèvres murmuraient seulement le reste du temps. Le lendemain, le 20 Av 5704 (1944), son état de santé se détériora gravement. Dans la matinée, ses lèvres murmuraient sans interruption, ses douleurs étaient insupportables et plusieurs fois, il fit signe de le changer de position. Rabbi Hirshel Rabinovitch, qui se tenait près du lit, tendit l’oreille pour entendre ce que ses lèvres murmuraient et entendit quelques mots prononcés en soupirant : « Tes pas (talons) échappèrent au regard… talons du Machia’h ».rabbi levi itshak 3
Dans la soirée, il fut pris d’un violent malaise. Le médecin prescrivit des médicaments qu’il eut à peine le temps d’absorber.
Ceux qui l’entouraient savaient que le plus grave allait se produire dans les heures qui suivraient. Ils récitèrent les versets du Chema ainsi que les autres prières appropriées au moment où l’âme doit se séparer du corps. »
Dans l’heure qui suivit, l’âme de ce tsadik, ce juste, quitta son corps pur pour rejoindre sa source divine. Il fut enterré au cimetière juif d’Alma-Ata.
Le Rabbi dira plus tard à son propos qu’il n’avait pas seulement risqué sa vie pour le Judaïsme, il en avait fait don effectivement.

Kiddouch : Quelle quantité d’alcool le vin doit-il contenir pour être considéré comme du vin ?

Kiddouch : Quelle quantité d’alcool le vin doit-il contenir pour être considéré comme du vin ?

L’une des raisons pour lesquelles le vin alcoolisé est privilégié est sa capacité à apporter de la joie, une qualité que les Sages attribuent spécifiquement au vin, contrairement au jus de raisin.

D’après la Guemara, il est clair que le jus de raisin fraîchement pressé est acceptable pour le kiddouch et les daled kossot (quatre coupes). En effet, le Rabbi a conseillé à une personne ayant des problèmes de santé de presser des raisins pour ses quatre coupes. Le Rabbi précédent et le Rabbi ont fait de même lorsque du vin cachère n’était pas disponible.

Cependant, le jus de raisin produit commercialement n’a plus le même potentiel de fermentation que le jus de raisin fraîchement pressé et fait l’objet d’un débat. Le consensus est qu’il est néanmoins acceptable, bien que le vin alcoolisé soit préférable pour ceux qui y sont autorisés médicalement. L’une des qualités particulières que les Sages disent à propos du vin est qu’il apporte de la joie qui est intimement liée à la Mitsva du Kiddouch et des 4 coupes, ce qui n’est pas le cas du jus de raisin.

Le Kiddouch et les daled kossot sont censées manifester et permettre d’atteindre un sentiment de liberté et de noblesse, et donc, le vin alcoolisé est préféré. (De même, le reviit de vin bu chaque jour de yom tov et de ‘hol hamoëd pour une sim’ha supplémentaire doit être du vin alcoolisé).

Quelle quantité d’alcool doit-il contenir pour être considéré comme du vin réjouissant ?

Il y a des raisons de dire que 3,5% d’alcool suffisent, en se basant sur ce qui suit :
En Eretz Israël, le vin fermente naturellement jusqu’à un maximum de 14 à 15% d’alcool.
À l’époque talmudique, la pratique courante était de diluer le vin avec trois parts d’eau pour une part de vin,5 et Rava recommande ce mélange pour les daled kossot afin de célébrer la liberté (‘heirout).
Il s’ensuit que la teneur en alcool de leurs vins après dilution était de 7,4% à 3,5%.

À l’époque talmudique, le vin étant excrément alcoolisé (apparement plus alcoolisé que le Whisky ou la vodka d’aujourd’hui). On raconte en effet dans la Guémara (Nedarim 49b), que Rabbi Yehouda bar Ilaï devait s’entourer la tête d’un foulard de Pessah à Chavouot, à cause du mal de tête que lui causait la consommation des quatre coupes du Seder! Et seul celui à qui le vin faisait tomber malade au point de s’aliter était exempté de la mitsva. Cela montre que l’intention des Sages dans leur décret était que nous récitions le Kiddouch ou les 4 coupes en buvant un vin réjouissant, et celui qui boit du jus de raisin n’accomplit pas la mitsva comme l’ont décrété les Sages.

Si boire du vin provoque fatigue ou nausées,  il faut utiliser soit du vin faible en alcool, soit une combinaison de vin et de jus de raisin (1/3), soit du jus de raisin pur.

Israël : Kinous Torah de Hol Hamoed Pessa’h 5784 à Kfar Habad

Israël : Kinous Torah de Hol Hamoed Pessa’h 5784 à Kfar Habad

Un Kinous de Hol Hamoed Pessa’h Torah selon les instructions du Rabbi  été organisé dans  la maison de l’Association des ‘Hassidim de ‘Habad au 770 de Kfar ‘Habad, dirigée par le Rav Menahem Lattar,

Le grand rabbin  Avraham Yafe Schlesinger, et le Rav David Yossef, directeur de la Yechiva « Ye’havei Da’at » et auteur de « Hala’ha Beroura », ont visité le 770 avec le Rav Menahem Lattar avant le Kinous et ont prononcé des Divrei Torah et des louange sur la tenue des Kinous Torah pendant ‘Hol HaMoed, à la demande du Rabbi.

Ont également participé et pris la parole : le Rav Meir Sirota, décisionnaire de la communauté ‘Habad de Jérusalem, le Rav Y. Y. Silbershtrom, directeur de la petite Yechiva Tomchei Temimim de Kiryat Gat. COL a retransmis le Kinous en direct.

Le photographe Shneor Sheif présente maintenant une galerie complète de ce Kinous.

 

 

3 chapitres du Rambam en 5 minutes !  – Lundi 30 Nissan 5785

3 chapitres du Rambam en 5 minutes ! – Vendredi 27 Nissan 5785

Vous pouvez consulter le document complet en cliquant ce lien : Etude des 3 chapitres

 

Lois sur le ‘hametz et le pain azyme : Chapitre Huit (15 lois)

  1. Ordre des commandements du soir de Pessa’h – On commence par remplir une coupe de vin pour chacun, réciter le kiddouch et la bénédiction « chéhékhianou », puis boire. On procède ensuite à l’ablution des mains, puis on amène une table dressée avec le maror, une autre espèce végétale, du pain azyme, le ‘harosset, et l’agneau pascal (ou de nos jours, deux types de viande en souvenir de l’agneau pascal et du sacrifice de ‘haguiga).
  2. Première partie du seder – On commence par bénir « Qui crée le fruit de la vigne », on consomme une espèce végétale trempée dans le ‘harosset, puis on retire la table et on remplit la deuxième coupe. Le fils pose alors les questions « Ma nishtana » concernant les particularités de cette nuit.
  3. Récit de la sortie d’Égypte – On commence par l’aspect dénigrant du récit et on continue jusqu’à terminer le passage « L’araméen a voulu détruire mon père ». De nos jours, on ne mentionne pas « cette nuit-là, nous ne mangeons que de la viande grillée » puisque nous n’avons plus le sacrifice pascal.
  4. Explication des symboles – On ramène la table et on explique la signification de l’agneau pascal, du maror et du pain azyme en soulevant chacun d’eux. Pour l’agneau pascal, on parle désormais au passé, en mentionnant ce que mangeaient nos pères quand le Temple existait.
  5. Hallel et deuxième coupe – On poursuit avec « C’est pourquoi nous avons le devoir de remercier… », puis on récite le Hallel jusqu’à « pour la source d’eau », et on conclut par la bénédiction sur la délivrance. On boit alors la deuxième coupe de vin.
  6. Consommation du pain azyme – On procède à l’ablution des mains, on prend deux galettes azymes, en coupe une et prononce la bénédiction « Qui fait sortir le pain de la terre ». On utilise un pain non entier pour rappeler le « pain de pauvreté ».
  7. Consommation des sacrifices – À l’époque du Temple, on prononçait des bénédictions spécifiques pour la consommation du sacrifice de la fête et de l’agneau pascal, chaque bénédiction étant propre à chaque type de sacrifice.
  8. Pratique actuelle – Aujourd’hui, après la bénédiction sur le pain, on ajoute la bénédiction « sur la consommation du pain azyme », on trempe le pain dans le ‘harosset et on le mange. Puis on récite la bénédiction « sur la consommation des herbes amères », on trempe brièvement le maror dans le ‘harosset et on le mange. Finalement, on fait un sandwich de pain azyme et d’herbes amères en souvenir du Temple.
  9. Fin du repas – Après avoir mangé et bu à volonté, on termine par un morceau de pain azyme (autrefois de l’agneau pascal) pour que le goût reste dans la bouche, car cette consommation est un commandement.
  10. Troisième et quatrième coupes – On récite le birkat hamazone sur la troisième coupe et on la boit. Puis on verse la quatrième coupe, on conclut le Hallel, on récite la bénédiction sur le chant et « Qui crée le fruit de la vigne », puis on boit sans rien manger après, sauf de l’eau.
  11. Consommation de viande grillée – Dans les endroits où l’on a coutume de manger de la viande grillée le soir de Pessa’h, on peut le faire. Il est cependant interdit de manger un agneau grillé entier, pour ne pas donner l’impression de consommer le sacrifice pascal en dehors du Temple.
  12. Adaptations en l’absence de vin – Si on n’a pas de vin, on fait le kiddouch sur le pain azyme. Si on n’a que du maror comme espèce végétale, on l’utilise au début avec les bénédictions appropriées.
  13. Quantité minimale de pain azyme surveillé – Si on n’a qu’un volume d’olive de pain azyme surveillé, on termine le repas avec ce morceau après avoir mangé du pain azyme non surveillé durant le repas.
  14. Interruption pendant le repas – Si quelqu’un s’endort pendant le repas et se réveille, il ne doit pas manger à nouveau. Si plusieurs personnes se sont endormies puis réveillées, elles ne peuvent pas manger, mais si elles ont simplement somnolé, elles peuvent continuer.
  15. Texte de la Haggada – Le texte traditionnel de la Haggada comprend « Ha lachma anya », les quatre questions, le récit de l’esclavage et de la délivrance, l’histoire des quatre fils, l’explication des symboles de Pessa’h, et les psaumes de louange.

FIN DES LOIS SUR LE ‘HAMETZ ET LE PAIN AZYME

La Haggadah 

  1. Structure initiale de la Haggadah – On commence sur la deuxième coupe en disant « Nous sommes sortis d’Égypte avec précipitation » puis « Ha La’hma Anya » (Voici le pain de misère) que nos ancêtres ont mangé en sortant d’Égypte. Que celui qui a faim vienne et mange, que celui qui a besoin vienne et célèbre Pessa’h.
  2. Questions initiales (Ma Nishtana) – On pose les quatre questions fondamentales: pourquoi cette nuit nous trempons deux fois, mangeons seulement de la Matsa, consommons des herbes amères, et sommes tous accoudés.
  3. Le récit de la servitude – « Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte et l’Éternel notre Dieu nous en a fait sortir avec une main puissante et un bras étendu. » Même si nous étions tous sages et instruits, nous aurions encore l’obligation de raconter la sortie d’Égypte.
  4. L’exemple des Sages – Histoire de Rabbi Eliezer, Rabbi Yehoshoua, Rabbi Elazar ben Azarya, Rabbi Akiva et Rabbi Tarfon qui ont discuté de la sortie d’Égypte toute la nuit à Bnei Brak jusqu’à ce que leurs élèves leur rappellent l’heure du Shema.
  5. L’obligation de mentionner la sortie d’Égypte – Rabbi Elazar ben Azarya dit qu’il n’avait pas réussi à justifier la mention de la sortie d’Égypte la nuit jusqu’à ce que Ben Zoma l’explique par le verset « afin que tu te souviennes du jour de ta sortie d’Égypte tous les jours de ta vie ».
  6. Les quatre fils – « Béni soit Celui qui a donné la Torah à Son peuple Israël. » La Torah parle de quatre types de fils: le sage, le méchant, le simple et celui qui ne sait pas poser de questions.
  7. Le fils sage – Il demande: « Quels sont ces témoignages, ces lois et ces jugements que l’Éternel nous a ordonnés? » On lui enseigne toutes les lois de Pessa’h jusqu’à celle qu’on ne conclut pas le repas après l’Afikoman.
  8. Le fils méchant – Il demande: « Que signifie ce service pour vous? » En disant « pour vous » et non « pour nous », il s’exclut de la communauté. On lui répond en disant: « C’est pour cela que l’Éternel a agi en ma faveur quand je suis sorti d’Égypte » – pour moi et non pour lui; s’il avait été là, il n’aurait pas été délivré.
  9. Le fils simple – Il demande: « Qu’est-ce que cela? » On lui répond: « Par la force de Sa main, l’Éternel nous a fait sortir d’Égypte, de la maison d’esclavage. »
  10. Celui qui ne sait pas questionner – Pour lui, c’est toi qui dois commencer, comme il est dit: « Tu raconteras à ton fils ce jour-là, en disant: C’est parce que l’Éternel a agi ainsi pour moi lorsque je suis sorti d’Égypte. »
  11. Les origines idolâtres – Au début, nos ancêtres étaient idolâtres, mais maintenant le Tout-Puissant nous a rapprochés de Son service, comme il est dit dans le livre de Josué concernant nos ancêtres qui servaient d’autres dieux au-delà du fleuve.
  12. La promesse divine – Béni soit Celui qui tient Sa promesse à Israël, car Dieu a calculé la fin pour accomplir ce qu’Il avait dit à Abraham lors de l’alliance entre les morceaux, comme il est dit: « Sache que ta descendance sera étrangère dans un pays qui ne sera pas le sien… »
  13. La protection divine à travers les générations – C’est cette promesse qui a soutenu nos ancêtres et nous, car ce n’est pas seulement une fois qu’on s’est levé contre nous pour nous anéantir, mais à chaque génération on se lève contre nous, et le Saint béni soit-Il nous sauve de leurs mains.
  14. L’intention de Laban – Va et apprends ce que Laban l’Araméen voulait faire à notre père Jacob. Pharaon n’avait décrété que contre les mâles, alors que Laban voulait tout déraciner, comme il est dit: « L’Araméen voulait faire périr mon père, qui descendit en Égypte et y séjourna. »
  15. Avec peu de personnes – Comme il est dit: « Avec soixante-dix personnes, tes pères descendirent en Égypte, et maintenant l’Éternel ton Dieu t’a rendu aussi nombreux que les étoiles du ciel. »
  16. Devenir une nation – Cela enseigne qu’Israël était distinct là-bas. « Grand et puissant » – comme il est dit: « Les enfants d’Israël furent féconds, pullulèrent, se multiplièrent et devinrent très puissants; et le pays en fut rempli. »
  17. Très nombreux – Comme il est dit: « Je t’ai multiplié comme la végétation des champs; tu as grandi, tu t’es développée, tu as atteint l’âge de puberté. »
  18. La maltraitance égyptienne – Comme il est dit: « Allons, montrons-nous habiles à son égard, de peur qu’il ne se multiplie et que, s’il survenait une guerre, il ne se joigne à nos ennemis. »
  19. L’oppression – Comme il est dit: « Ils établirent sur eux des chefs de corvées afin de les opprimer par des travaux pénibles; ils bâtirent pour Pharaon les villes d’approvisionnement de Pithom et Ramsès. »
  20. Le travail forcé – Comme il est dit: « Les Égyptiens asservirent les enfants d’Israël avec rigueur. »
  21. Le cri vers Dieu – Comme il est dit: « Pendant ces jours nombreux, le roi d’Égypte mourut; les enfants d’Israël gémissaient sous la servitude et poussèrent des cris. »
  22. Dieu entend – Comme il est dit: « Dieu entendit leurs gémissements; et Dieu se souvint de Son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob. »
  23. Il voit notre souffrance – Cela fait référence à la séparation conjugale, comme il est dit: « Dieu vit les enfants d’Israël et Dieu sut. »
  24. Notre labeur – Ce sont les enfants, comme il est dit: « Tout fils qui naîtra, vous le jetterez dans le fleuve, mais vous laisserez vivre toutes les filles. »
  25. Notre oppression – C’est la pression, comme il est dit: « J’ai vu l’oppression que les Égyptiens font peser sur eux. »
  26. La sortie d’Égypte par Dieu Lui-même – Non par un ange, non par un séraphin, non par un messager, mais le Saint béni soit-Il Lui-même dans Sa gloire, comme il est dit: « Je parcourrai le pays d’Égypte cette nuit-là et Je frapperai tout premier-né. »
  27. Main puissante – C’est la peste, comme il est dit: « Voici que la main de l’Éternel sera sur ton bétail qui est dans les champs. »
  28. Bras étendu – C’est l’épée, comme il est dit: « Son épée était dégainée dans sa main, étendue sur Jérusalem. »
  29. Grande terreur – C’est la révélation de la Présence Divine, comme il est dit: « Ou bien, Dieu a-t-Il essayé de venir prendre pour lui une nation du milieu d’une autre nation par des prodiges, des signes, des miracles… »
  30. Avec des signes – C’est le bâton, comme il est dit: « Prends dans ta main ce bâton avec lequel tu feras les signes. »
  31. Avec des prodiges – C’est le sang, comme il est dit: « Je montrerai des prodiges dans les cieux et sur la terre: du sang, du feu et des colonnes de fumée. »
  32. Les dix plaies – D’une autre manière: « main puissante » compte pour deux, « bras étendu » pour deux, « grande terreur » pour deux, « signes » pour deux, et « prodiges » pour deux, ce qui correspond aux dix plaies que le Saint béni soit-Il a infligées aux Égyptiens en Égypte.
  33. Les trois éléments essentiels – Rabban Gamliel disait: « Quiconque n’a pas mentionné ces trois choses à Pessa’h n’a pas accompli son devoir: l’agneau pascal, la matsa et les herbes amères. »
  34. L’agneau pascal – Que nos ancêtres mangeaient lorsque le Temple existait, en souvenir de ce que Dieu a passé par-dessus les maisons de nos ancêtres en Égypte.
  35. La matsa – Que nous mangeons, en souvenir de ce que la pâte de nos ancêtres n’a pas eu le temps de lever avant que le Roi des rois ne se révèle à eux et les délivre.
  36. Les herbes amères – Que nous mangeons, en souvenir de ce que les Égyptiens ont rendu amère la vie de nos ancêtres en Égypte.
  37. L’obligation personnelle – À chaque génération, chacun doit se considérer comme étant lui-même sorti d’Égypte, car Dieu n’a pas seulement délivré nos ancêtres, mais nous a également délivrés.
  38. Notre devoir de reconnaissance – C’est pourquoi nous devons remercier, louer, glorifier, exalter Celui qui a accompli tous ces miracles pour nos ancêtres et pour nous, et nous a fait passer de l’esclavage à la liberté, de l’affliction à la joie.
  39. Récitation du Hallel – On récite le Hallel: « Louez l’Éternel! Louez, serviteurs de l’Éternel! » jusqu’à « Le rocher changé en source d’eau. »
  40. Bénédiction de la délivrance – Béni sois-Tu, Éternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous as délivrés et as délivré nos ancêtres d’Égypte, et nous as amenés jusqu’à cette nuit pour y manger de la matsa et des herbes amères.
  41. La deuxième nuit de la fête – De la même manière qu’on récite la bénédiction et qu’on lit la Haggadah le premier soir de Pessa’h, on le fait également la deuxième nuit en diaspora, et on est également obligé de boire les quatre coupes de vin.

 

Lois du Chofar, de la Soucca et du Loulav

Chapitre Premier – Lois du Chofar (8 lois)

  • Obligation d’écouter le Chofar – Il est un commandement positif de la Torah d’écouter le son du chofar à Rosh Hachana. Le chofar utilisé est une corne de bélier courbe, comme celui du yovel.
  • Utilisation au Temple – Dans le Temple, on sonnait avec un chofar et deux trompettes, le son du chofar étant allongé. En dehors du Temple, on ne sonne qu’avec un chofar.
  • Validité selon la propriété – On peut utiliser le chofar d’un non-juif, mais pas celui d’une ville apostate. Si on a sonné avec un chofar volé, on est quitte car la mitsva consiste à écouter le son, et les lois du vol ne s’appliquent pas à un son.
  • Restrictions liées au jour de fête – On ne doit pas profaner le jour de fête pour obtenir un chofar, car la sonnerie du chofar est un commandement positif qui ne repousse pas à la fois un commandement positif et négatif du jour de fête.
  • Dimensions et intégrité du chofar – Le chofar doit être suffisamment long pour être tenu dans les mains et visible de part et d’autre. S’il est fendu dans sa longueur, il est impropre, mais s’il est fendu dans sa largeur et qu’il reste assez long, il reste valide.
  • Modifications du chofar – Si on ajoute une matière au chofar ou qu’on le recouvre d’or à l’intérieur ou à l’embouchure, il devient impropre. Si on place un chofar dans un autre, seul le son du chofar intérieur est valide.
  • Altérations acceptables – Si on raccourcit un chofar trop long ou qu’on le rabote jusqu’à ne laisser que la fine écorce extérieure, il reste valide. Tous les types de sons (lourd, fin, râpé) sont acceptables.
  • Lieu de la sonnerie – Si on sonne dans une citerne ou une grotte, ceux qui sont à l’intérieur sont quittes, et ceux qui sont à l’extérieur le sont aussi s’ils entendent le son direct du chofar et non l’écho.

 

Chapitre Deux – Personnes astreintes et intentions (10 lois)

  1. Personnes astreintes – Tous sont astreints à écouter le chofar (cohanim, lévites, israélites, convertis, esclaves libérés) sauf les femmes, les esclaves et les enfants. Les personnes de statut mixte (mi-esclave/mi-libre) et les hermaphrodites sont astreintes.
  2. Validité selon le sonneur – Celui qui n’est pas astreint ne peut pas rendre quitte celui qui l’est. Un hermaphrodite peut rendre quitte un autre hermaphrodite mais pas une personne d’un autre statut.
  3. Cas particulier de l’esclave mi-libre – Celui qui est mi-esclave et mi-libre ne peut pas se rendre quitte lui-même et doit écouter un homme libre sonner pour lui.
  4. Nécessité d’intention – Celui qui sonne pour apprendre ne remplit pas son obligation. Il faut que celui qui entend et celui qui sonne aient tous deux l’intention de remplir l’obligation.
  5. Intention collective – Si une personne sonne avec l’intention de rendre quitte quiconque l’entend, et qu’un auditeur a l’intention d’être acquitté, il est quitte même si le sonneur ne le connaît pas spécifiquement.
  6. Restrictions du Chabbat – Quand Rosh Hachana tombe un Chabbat, on ne sonne pas partout, par décret rabbinique, de crainte que quelqu’un transporte le chofar dans le domaine public.
  7. Éducation des enfants – Les enfants peuvent s’exercer à sonner le chofar un jour de Chabbat ordinaire, et les adultes peuvent leur enseigner même le jour de fête, car l’interdiction relève seulement de chvout.
  8. Exceptions pendant l’époque du Temple – Quand le Temple existait, on sonnait à Jérusalem le Chabbat et dans les villes environnantes d’où l’on pouvait voir Jérusalem.
  9. Pratique actuelle avec un tribunal – Aujourd’hui, on ne sonne le Chabbat qu’en présence d’un tribunal fixe ayant reçu la smikha en Israël et qui a sanctifié la nouvelle lunaison.
  10. Observation de deux jours de fête – À notre époque, on sonne le second jour de fête comme le premier. Si le premier jour tombe un Chabbat et qu’il n’y a pas de tribunal approprié, on sonne uniquement le second jour.