Trump dans une annonce dramatique : les États-Unis renouvellent le blocus maritime sur Ormuz

Trump dans une annonce dramatique : les États-Unis renouvellent le blocus maritime sur Ormuz

Le président Trump a annoncé que les États-Unis assument la responsabilité exclusive du détroit d’Ormuz • Dans le cadre d’une nouvelle politique d’application, le président a imposé un « blocus ciblé » sur les navires iraniens et leurs clients – une étape visant à briser la domination iranienne sur cette voie de navigation critique • Trump établit un nouveau mécanisme de financement obligeant les utilisateurs du détroit à transférer aux États-Unis 20 % de la valeur de la cargaison en tant que frais de sécurité et de protection.

 

 

Le président américain Donald Trump a annoncé ce lundi un changement de politique sans précédent concernant le détroit d’Ormuz, l’une des voies de navigation stratégiques les plus cruciales au monde. Washington a décrété un blocus maritime ciblé, imposant des restrictions strictes à l’Iran tout en garantissant le libre passage aux autres nations.

« Le détroit d’Ormuz est ouvert et le restera – avec ou sans l’Iran », a affirmé le président américain. Il a précisé que ce « blocus iranien » vise exclusivement à interdire l’entrée et la sortie des navires appartenant à Téhéran ou à ses clients, permettant ainsi aux autres pays de continuer à utiliser cette artère énergétique en toute liberté.

Les États-Unis, nouveaux « gardiens du détroit » moyennant finances

Fidèle à sa doctrine selon laquelle le contribuable américain n’a pas à financer gratuitement la sécurité mondiale, l’administration Trump a mis en place un nouveau mécanisme d’application immédiate. Les États-Unis assumeront désormais le rôle de « gardiens du détroit d’Ormuz ».

En contrepartie de cette protection dans une zone à très haute tension, Washington prélèvera une taxe de 20 % sur la valeur de toute cargaison traversant le détroit. Ces frais sont justifiés par la Maison-Blanche comme une couverture nécessaire des coûts de sécurité militaire.

L’échec de l’accord de Versailles et l’escalade des tensions

Cette décision coup de poing intervient dans un contexte d’extrême volatilité dans le golfe Persique. L’accord de Versailles, signé le 17 juin dernier, prévoyait initialement une levée des sanctions contre l’Iran en échange de la sécurisation de la voie maritime.

Cependant, le pacte a volé en éclats :

Provocations iraniennes : Téhéran a tenté d’imposer un contrôle de facto sur le détroit en voulant dicter de nouveaux protocoles et percevoir ses propres « droits de passage ».

Attaques navales : Face à l’augmentation de la présence navale iranienne et à une série d’attaques directes contre des navires de commerce, la situation est devenue intenable.

Riposte américaine : Les États-Unis ont répondu par des frappes militaires d’envergure, rompant toute négociation sous la menace et renforçant leur présence navale.

Asphyxie économique et risque d’affrontement militaire

Les conséquences de ce nouveau blocus sont majeures. L’objectif avoué de Washington est d’asphyxier les exportations iraniennes et d’isoler économiquement Téhéran, dont les navires ne pourront plus naviguer sans risquer une intervention américaine.

Cette stratégie place l’US Navy sur une trajectoire de collision directe avec le Corps des gardiens de la révolution islamique. Téhéran, qui continue de proférer des menaces de représailles, devrait percevoir cette mesure comme une déclaration de guerre totale, tant sur le plan économique que militaire.

Un trafic maritime mondial paralysé

Sur le terrain, la situation est qualifiée d’explosive. Conscient du risque imminent, le secteur du transport maritime mondial a déjà réagi de manière drastique :

Chute de 50 % du trafic : Le volume des navires traversant le détroit a diminué de moitié ces derniers jours.

Mise en attente : Les compagnies maritimes, comprenant la gravité de la confrontation entre Washington et Téhéran, préfèrent immobiliser leurs flottes en dehors de la zone de tension en attendant de voir comment la situation évoluera.

La Foi après la Shoah : Le combat intérieur d’Elie Wiesel et sa rencontre avec le Rabbi de Loubavitch

La Foi après la Shoah : Le combat intérieur d’Elie Wiesel et sa rencontre avec le Rabbi de Loubavitch

 

Le célèbre écrivain et professeur Elie Wiesel, lauréat du prix Nobel de la paix et survivant des camps d’Auschwitz et de Buchenwald, a porté ce lourd fardeau tout au long de sa vie. Issu d’une famille hassidique de Sighet tragiquement assassinée pendant la Seconde Guerre mondiale, cet ancien journaliste a entretenu un dialogue spirituel intense et complexe avec le Rabbi de Loubavitch. À travers des audiences nocturnes et de longues correspondances, ce récit bouleversant met en lumière une réflexion poignante sur la résilience : la nécessité absolue de tourner sa foi vers une source transcendante lorsque la confiance en l’humanité a été anéantie.

 

 

Rav Yossef Itshak Jacobson

 

 

De Sighet à New York : Le Cheminement d’Elie Wiesel

Né à Sighet au sein d’une famille profondément ancrée dans le mouvement hassidique de Vizhnitz, Elie Wiesel a vu une grande partie des siens se faire assassiner durant la Seconde Guerre mondiale. Avant de devenir le lauréat du prix Nobel de la paix et l’orateur de renommée internationale que le monde connaît, il a fait ses armes en tant que journaliste. C’est dans ce milieu qu’il est devenu un ami très proche de mon père. Wiesel a notamment travaillé comme correspondant à l’ONU pour le journal israélien Yedioth Ahronoth. Lorsqu’il a décidé de se consacrer davantage à la littérature et à ses voyages à travers le monde, c’est le père du narrateur qui a pris sa relève, marquant le début d’une amitié intime qui durera toute leur vie.

Les Nuits de Yechidout : Une Rencontre Transcendante

À la fin des années 1950 ou au début des années 1960, mon père a suggéré à Elie Wiesel d’assister à un rassemblement (Farbrengen) dirigé par le Rabbi de Loubavitch. Dès sa première visite, Wiesel a compris qu’il y retournerait inlassablement. Il fut ensuite reçu par le Rabbi pour une première audience privée (Yechidout) qui s’est prolongée pendant de nombreuses heures.

Ces rencontres avaient une particularité : le Rabbi ne recevait pas le jour, mais accordait ses audiences au milieu de la nuit, de la tombée du jour jusqu’à l’aube, et parfois même après le lever du soleil. Au fil du temps, Wiesel a partagé de longues visites avec le Rabbi, tout en entretenant une correspondance extrêmement riche. Leurs lettres abordaient des sujets d’une profondeur abyssale : la foi, la perspective sur la Shoah, l’éternité du peuple juif et la religion. Preuve de l’importance de ce lien, le Rabbi, qui écrivait habituellement de manière très concise, a adressé à Wiesel, un mois de Nissan, une lettre en yiddish longue de six ou sept pages.

« En Qui Croire Après Auschwitz ? »

Le point culminant de cette relation spirituelle s’est déroulé lors d’une de ces fameuses rencontres nocturnes, un moment que Wiesel a d’ailleurs immortalisé dans son autobiographie (Tous les fleuves vont à la mer / La mer n’est pas remplie). S’adressant au Rabbi en yiddish, Wiesel a posé la question qui le hantait : comment le Rabbi pouvait-il continuer à croire en D.ieu après la tragédie d’Auschwitz ?

Face à cette interrogation d’une sensibilité extrême, le Rabbi a d’abord gardé un long silence contemplatif. Puis, il a répondu par une autre question : en qui Wiesel voudrait-il qu’il croie après la Shoah ? En l’humanité ? Le Rabbi a expliqué que s’il devait subsister la moindre foi après Auschwitz, il serait impossible de l’investir dans l’homme ; elle devait impérativement se tourner vers une source qui transcende l’humanité et la création tout entière.

Le Combat Intérieur et la Paix avec D.ieu

Cette réponse a profondément marqué Elie Wiesel, l’accompagnant durant des décennies. Doté d’une âme fondamentalement juive, ayant grandi dans l’amour de l’étude de la Torah (écrite et orale), de la Mishna, de la Guemara et dans le respect du Shabbat, il ne pouvait se résoudre à devenir un simple athée ou un hérétique. Mais ce refus de l’athéisme n’a pas effacé sa douleur ; il a lutté sans relâche, toute sa vie.

Environ cinquante ans après la Shoah, juste avant la fête de Roch Hachana, il a publié un article extrêmement émouvant dans le New York Times. Dans ce texte, il déclarait vouloir enfin « faire la paix » avec D.ieu, confessant qu’il n’avait plus la force de se battre et de lutter contre Lui. La difficulté de représenter la Shoah était d’ailleurs un fardeau partagé par d’autres survivants : l’écrivain Yehiel De-Nur (connu sous le nom de Ka-Tzetnik), qui avait témoigné au procès Eichmann et écrivait pour le journal en yiddish du père du narrateur, a refusé catégoriquement de se faire photographier, affirmant qu’il est impossible de capturer l’image d’un survivant d’Auschwitz.

Le Fardeau de l’Hérésie 

Comment la tradition juive appréhende-t-elle cette difficulté à croire ? Dans le livre du Deutéronome (Devarim), Moïse exprime la difficulté de diriger le peuple en disant : « Comment pourrais-je porter seul votre charge (Torchachem), votre fardeau (Masaachem) et vos querelles (Rivchem) ? ». Rachi, le grand commentateur, explique que le terme « fardeau » (Masaachem) fait référence à l’hérésie (Apikorsout) du peuple. Il illustre cela par leurs soupçons constants : si Moïse sortait tôt de sa tente, on l’accusait d’avoir des problèmes conjugaux ; s’il sortait tard, on l’accusait de comploter contre eux.

Mais quel est le lien entre le « fardeau » et l’hérésie ? Rabbi Nahman de Breslov (né en 1772 à Medzhybizh, arrière-petit-fils du Baal Shem Tov), apporte une explication magistrale rapportée par son élève Rabbi Nathan dans le livre Sihot HaRan. Selon lui, le fardeau le plus lourd et le plus écrasant qu’un être humain puisse porter est précisément celui de l’hérésie. L’hérétique est accablé 24 heures sur 24 par les doutes, la confusion et l’incertitude, le privant de toute véritable tranquillité d’âme. À l’inverse, le croyant, même dans l’adversité, possède un appui solide qui allège le voyage de la vie.

L’Athéisme comme Mécanisme de Défense

Vivre sans foi, c’est choisir de percevoir le monde sans but ni signification profonde, où l’humain n’est qu’une erreur insignifiante, un simple grain de sable perdu dans l’immensité de l’univers. Pourtant, paradoxalement, croire que la complexité de l’univers — de l’ADN à la physiologie en passant par les mystères du soleil et du Big Bang — est le simple fruit du hasard exige une immense « foi aveugle ». Le narrateur a d’ailleurs confié à un jeune homme s’identifiant comme athée qu’il n’avait « pas assez de foi aveugle pour être athée ».

Bien souvent, l’hérésie agit comme un mécanisme de défense. Un enfant, victime de maltraitance pendant trois ans, a choisi de devenir athée car il ne pouvait supporter l’idée que D.ieu ait vu ses souffrances sans intervenir. Il était moins douloureux pour lui de nier l’existence de D.ieu que de Le blâmer. Parfois, refuser de croire est un moyen d’éviter la déception des attentes non comblées, ou encore une facilité pour ne pas avoir à réfréner ses pulsions et ses addictions. Cependant, au plus profond de l’âme, cette vision d’un monde mécanique et sans spiritualité est en contradiction totale avec l’essence humaine, qui est une étincelle divine.

Choisir la Foi au Quotidien : La Perspective du Tanya

La vie est indéniablement parsemée de tragédies, de deuils, de maladies et d’incompréhensions. La véritable foi n’est pas une naïveté aveugle qui ignore la douleur, mais le courage quotidien de chercher un sens. Comme l’explique l’Admour Hazaken dans le chapitre 47 du Tanya, chaque jour offre à l’homme le choix d’accepter le « joug royal » céleste.

L’être humain doit choisir le monde dans lequel il souhaite vivre : soit un univers de chaos et de hasard dépourvu de sens, générant un fardeau mental écrasant ; soit un monde régi par l’Unité divine, où le Créateur est la source de bonté, même lorsque notre esprit limité ne peut en saisir les rouages. Comme l’a confié une personne ayant beaucoup souffert : lorsque l’on comprend que le but de l’existence est de s’annuler face à l’Infini, chaque épreuve qui brise notre ego et notre illusion de solitude devient une occasion d’ouvrir son cœur pour y laisser circuler l’énergie divine transcendantale.

De Jérusalem à Loubavitch, le cheminement spirituel inédit du Rav Touvia Bloy

De Jérusalem à Loubavitch, le cheminement spirituel inédit du Rav Touvia Bloy

 

C’est dans l’atmosphère intime et solennelle des jours de deuil (Chiva) que les souvenirs les plus précieux refont surface. Récemment, lors des Chiva du Rav Touvia Bloy, figure emblématique et respectée, sa fille Reizy Halperin a partagé un témoignage bouleversant. Elle a livré avec émotion les coulisses du parcours singulier de son père. Comment ce descendant d’une des plus illustres familles hiérosolymitaines est-il devenu un fervent disciple du mouvement Habad ? À travers des anecdotes familiales touchantes, c’est le portrait d’un homme en quête de vérité, d’un époux aimant et d’un père à l’autorité silencieuse qui se dessine.

 

 

 

Des Racines Illustres à la Quête de Sens

L’histoire du Rav Touvia Bloy ne commence pas dans l’univers Habad, bien au contraire. Il est issu d’une famille de Jérusalem extrêmement respectée, composée d’érudits de la Torah et profondément ancrée dans l’orthodoxie d’Agoudat Israël. Son grand-père n’était autre que le célèbre Moshe Bloy, le dirigeant historique du mouvement.

Dès son plus jeune âge, les talents du jeune Touvia ne passent pas inaperçus. Son grand-père voit en lui son successeur naturel. Chaque jour, après l’école religieuse, il prend en charge son éducation et le guide sur cette voie royale qui semble toute tracée. Pourtant, vers l’âge de 15 ou 16 ans, un doute s’installe. Le jeune homme ressent un profond vide spirituel : il confie alors sentir que sa prière manque de qualité, que son étude manque de profondeur et qu’il lui manque une dimension d’âme dans son service divin.

Débute alors une véritable quête existentielle. Le jeune Touvia explore toutes les méthodes de pensée juives de son temps. Il se rend chez les grands rabbins de l’époque — à Gour, à Belz, chez le Rav Kook — posant sans relâche ses questions. Mais rien ne parvient à étancher totalement sa soif spirituelle.

La Révélation du Tanya et le Lien Secret avec le Rabbi

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1f/Aankomst_Rabbi_Uriel_Zimmer_op_Schiphol%2C_Bestanddeelnr_912-8998_%28cropped%29.jpg?utm_source=www.wikidata.org&utm_campaign=index&utm_content=thumbnail_unscaledLe tournant de sa vie se produit lorsqu’il assiste, à Jérusalem, à un cours sur le Tanya (l’œuvre fondamentale de la philosophie Habad). Ce cours est dispensé par un personnage hors du commun : le Rav Uriel Zimmer. « Ambassadeur » du Rabbi de Loubavitch à travers le monde, cet homme d’une grande érudition, traducteur à l’ONU, donne des cours à Mea Shearim lors de ses passages. Dès les premières lignes étudiées, le futur Rav Bloy comprend qu’il a enfin trouvé ce qu’il cherchait.

Le Rav Uriel Zimmer prend le jeune homme sous son aile et lui suggère d’écrire directement au Rabbi. Conscient que sa famille ne comprendrait pas cette nouvelle orientation, Touvia ouvre une boîte postale secrète. Une correspondance intense s’engage. Il interroge le Rabbi sur de nombreux sujets. La synchronicité est parfois troublante : un jour, son propre père envoie un éminent rabbin de la famille lui poser une question existentielle pour le tester. Grâce aux lettres du Rabbi, Touvia avait déjà la réponse préparée, mot pour mot.

Une « Obéissance Aveugle » au Foyer

Si le Rav Bloy était un homme de convictions fortes à l’extérieur, impliqué dans de profonds débats idéologiques, il abordait la vie conjugale avec une humilité désarmante. Son épouse, issue d’une famille hassidique non-Habad, avait accepté de le suivre dans sa démarche spirituelle.

En retour, il lui confiait les clés de leur foyer. « Elle m’a suivi dans les principes fondamentaux, alors je lui laisse le contrôle sur tout le reste », disait-il. Il ne s’immisçait jamais dans les décisions du quotidien, l’achat des biens ou la gestion matérielle, la suivant avec une confiance totale et une obéissance presque aveugle. Ce respect mutuel forçait l’admiration des deux belles-familles, qui adoraient ce gendre exceptionnel, au point que son propre beau-père se levait en son honneur à son arrivée.

Une Éducation Faite de Pudeur et d’Autorité Silencieuse

L’éducation des enfants Bloy était marquée par cette même atmosphère de rigueur bienveillante. Le regard des autres familles pesait parfois, notamment celui des tantes qui, lors des mariages, scrutaient la pudeur des jeunes filles de la tête aux pieds. Mais à la maison, la priorité était claire : l’étude. La mère encourageait constamment cet apprentissage, préparant des gâteaux et répétant inlassablement : « Étudiez, c’est ce qu’il y a de plus important ! »

Quant à l’autorité du père, elle n’avait pas besoin de s’exprimer par des cris ou des punitions. La discipline s’imposait par son simple charisme. Sa fille raconte avec amusement qu’il ne tolérait pas les retards de ses filles. Une anecdote illustre parfaitement cette aura : lorsque les filles de l’école s’attardaient trop tard le soir pour préparer des spectacles, la mère y envoyait le Rav Bloy. Il lui suffisait de franchir la porte et de rester silencieux pour que toutes les élèves s’enfuient instantanément, rentrant chez elles dans le plus grand respect.

Le Testament Spirituel : Un Héritage Convoité

L’attachement absolu du Rav Bloy envers le Rabbi s’est matérialisé par un précieux classeur contenant toute leur correspondance. Conscient de la valeur spirituelle et historique de ces documents, il a laissé des directives claires avant son décès : si le nom d’un enfant y est mentionné, la lettre lui revient. Si plusieurs enfants sont nommés, un tirage au sort doit trancher. Le reste devant être partagé équitablement.

Ce trésor familial a d’ailleurs suscité quelques convoitises de la part de proches émerveillés par ces écrits, obligeant les enfants à rassembler ces reliques après son départ. Un héritage de papier et d’encre, ultime témoignage d’une vie dédiée à la Torah, à l’éducation et à un dévouement inébranlable.

Le médecin qui soigna le Rabbi : le Dr Ira Weiss livre ses souvenirs lors d’un Farbrenguen historique au « 770 » de Kfar Habad

Le médecin qui soigna le Rabbi : le Dr Ira Weiss livre ses souvenirs lors d’un Farbrenguen historique au « 770 » de Kfar Habad

L’organisation médicale « Lev Habad », branche des Tseïrei Agoudat Habad, a organisé cette semaine un événement historique et exceptionnel en Terre Sainte. Le Dr Ira Weiss, qui eut le mérite de soigner le Rabbi durant la période qui suivit les événements de Chemini Atséret 5738 (1977), a visité pour la première fois de sa vie le Beth Agoudat Hassidei Habad – le « 770 » de Kfar Habad. Au cœur de cette visite, un Farbrenguen émouvant réunissant médecins et Chlou’him, durant lequel il a partagé ses souvenirs rares et précieux aux côtés du Rabbi.

 

 

L’organisation « Lev Habad » – l’organisation médicale issue des Tseïrei Agoudat Habad – a tenu cette semaine un événement hors du commun et particulièrement émouvant. Le Dr Ira Weiss, le médecin dévoué qui eut le privilège de soigner le Rabbi, est arrivé pour une visite historique en Terre Sainte, au cours de laquelle il s’est rendu pour la première fois de sa vie au Beth Agoudat Hassidei Habad – le « 770 » de Kfar Habad.

Au centre de cette visite se tenait un Farbrenguen exceptionnel destiné aux médecins et aux Chlou’him, durant lequel le Dr Weiss a partagé ses souvenirs rares vécus dans l’intimité du Rabbi, principalement de la période qui suivit Chemini Atséret 5738 (1977). L’ensemble du Farbrenguen fut organisé à l’initiative du département de conseil médical de « Lev Habad », dirigé par le conseiller médical, le Rav Leizer Katz.

Ouverture de la soirée et paroles de bénédiction

En ouverture de l’événement, l’animateur de la soirée, le directeur de « Lev Habad », le Rav Levi Mendelson, a invité l’assistance à visionner une séquence vidéo spéciale et émouvante produite par la société de médias de Habad (JEM). Cette vidéo rassemblait des extraits des saintes paroles du Rabbi au sujet des médecins, ainsi que des échanges du Rabbi avec des praticiens en diverses occasions, plongeant les participants dans l’atmosphère appropriée.

Le Farbrenguen fut ouvert par le Mara DeAtra, Rav de Kfar Habad et membre du Beth Din rabbinique de Habad en Terre Sainte, le Rav Meïr Ashkenazi. Dans son intervention, le Rav Ashkenazi s’est arrêté sur la définition du roi comme « cœur d’Israël » précisément, alors même que le Nassi représente la « tête » des enfants d’Israël, reliant ces notions à l’essence de la mission du médecin et au dévouement du Rabbi.

Pour présenter le Dr Weiss à l’assistance, fut invité le Dr David Marmor, l’un des plus éminents cardiologues de Terre Sainte. Le Dr Marmor, qui fut par le passé un élève proche du Dr Weiss, exerce aujourd’hui au centre médical « Sheba – Tel Hachomer », lieu où œuvre avec grand succès son ami proche, le Chalia’h Rav Levi Gopin, aux côtés d’autres Chlou’him.

Souvenirs de la « Maison de notre vie » et « Congrès des médecins de la communauté »

Le discours central et captivant de la soirée fut prononcé par l’invité d’honneur, le Dr Ira Weiss. Durant une longue heure, l’assistance écouta avec attention ses souvenirs vibrants de sa présence dans l’intimité sainte du Rabbi, et entendit également des témoignages sur le lien direct et privilégié qu’il entretenait avec la Rabbanit, de mémoire bénie.

À sa suite, le Rav Mena’hem Mendel Glukhovsky, secrétaire adjoint du Beth Din rabbinique de Habad en Terre Sainte, partagea lui aussi ses souvenirs de cette période tendue de l’année 5738 (1977-1978), alors qu’il était un jeune élève de Yechiva au « 770 ». Le Rav Glukhovsky poursuivit le Farbrenguen jusque tard dans la nuit, aux côtés du Rav Ashkenazi et du Grand Rabbin du ministère de la Santé, le Rav Pin’has Frankel.

Ce moment unique intégrait également le « Congrès des médecins de la communauté » – une institution importante fondée par le Dr Tal Nir, de Na’halat Har Habad, qui reçut les saintes bénédictions du Rabbi et qui rassemble sous son égide les médecins ‘hassidiques de Habad. À cela s’ajouta un rassemblement spontané et émouvant de nombreux Chlou’him du Rabbi venus prendre part à l’événement, avec à leur tête le Rav Mena’hem Mendel Wolpo, Chalia’h principal de Netanya, et le Chalia’h principal de Tel Aviv-Jaffa, le Rav Yossef Chemouel Gerlitzky, ainsi que d’autres Chlou’him.

Un hommage émouvant et des paroles de gratitude

Un moment particulièrement émouvant fut enregistré vers la fin de l’événement, lorsque les organisateurs du Farbrenguen offrirent au Dr Weiss une maquette miniature du bâtiment du « 770 ». Cette maquette lui fut remise en souvenir éternel de ce Farbrenguen au Beth Agoudat Hassidei Habad en Terre Sainte, et en signe de reconnaissance et d’hommage pour son action dévouée et son abnégation dans la « Maison de notre vie » en ces jours mémorables.

L’événement s’acheva par un chapitre de reconnaissance et de remerciements. Les organisateurs remercièrent chaleureusement la famille Weiss et la famille Marmor, ainsi que la direction du Beth Agoudat Hassidei Habad, conduite par le Rav Latter, pour son aide et ses efforts considérables au service de l’événement. Une gratitude particulière fut également exprimée à l’organisation du Congrès des médecins de la communauté dirigée par le Dr Tal Nir, à l’équipe de JEM et tout spécialement à Zalman Goldberg, à l’équipe élargie de « Lev Habad » – Yaakov Pinson et Yossi Pruss – ainsi qu’aux dizaines de participants qui prirent part à cette soirée inoubliable.

 

 

Dr Its’hak Zeev Halevi (Ira) Weiss : Un parcours d’excellence

Le Dr Its’hak Zeev Halevi (Ira) Weiss est né le 9 Sivan 5704 (1944). Au terme de ses études secondaires, il étudia à l’université de Boston avant d’être admis à l’université de Harvard, où il se distingua brillamment dans ses études de médecine. Grâce à ses talents exceptionnels, et malgré son jeune âge, il gravit rapidement les échelons pour occuper des fonctions de premier plan dans le monde médical de Chicago, où il se spécialisa en cardiologie.

C’est à cette époque que se tissèrent des liens d’amitié entre lui et le Chalia’h du Rabbi, le Rav Tsvi Hirsch Schusterman. À la suite de cette rencontre, il fit même parvenir au Rabbi son ouvrage consacré aux troubles du rythme cardiaque.

L’appel d’urgence de Sim’hat Torah 5738 (1977)

Lors de Sim’hat Torah 5738 (1977), le Rabbi fut victime d’un grave accident de santé lié au rythme cardiaque, mais refusa d’être évacué vers l’hôpital. Le secrétaire personnel du Rabbi, le Rav ‘Haïm Yehouda Krinsky, qui était également le beau-frère du Rav Schusterman et connaissait le lien qui unissait le jeune médecin au Rabbi ainsi que l’admiration qu’il lui portait, prit contact avec lui et le pria de se rendre d’urgence à la cour du Rabbi.

Dès son arrivée à 770, le Dr Weiss se vit confier la responsabilité des soins. Il eut alors le privilège de longues heures d’entretiens personnels avec le Rabbi, au cours desquelles celui-ci lui prodiguait des conseils individuels, s’entretenait avec lui des recherches médicales relevant de son domaine d’intérêt, et il mérita également que le Rabbi le bénisse et le guide dans sa vie personnelle.

Le Dr Weiss demeura aux côtés du Rabbi jusqu’à ce que celui-ci soit hors de danger et reprenne son activité régulière avec les ‘Hassidim. Dès lors, il continua de fréquenter régulièrement la cour du Rabbi et devint le cardiologue personnel du Rabbi et de la Rabbanit.

En 5741 (1981), il eut le mérite d’être celui qui décela un problème médical chez la Rabbanit. Grâce au traitement qu’il préconisa, sa vie fut sauvée et elle vécut encore sept années supplémentaires.

Un rôle décisif lors du procès des livres

Au moment du procès des livres, lorsqu’il fallut convaincre le tribunal de renoncer à demander au Rabbi de témoigner devant la cour et de se soumettre à un contre-interrogatoire de la part des voleurs de livres — qui cherchaient à exploiter cette situation pour porter atteinte au statut du Rabbi et aux sentiments des ‘Hassidim —, le Dr Weiss exerça une influence déterminante sur la décision des juges, en présentant son avis médical professionnel qui excluait catégoriquement cette éventualité.

Au fil des années, le Dr Weiss a accordé de nombreuses interviews lors de forums et de rassemblements Habad, au cours desquels il a dévoilé divers détails des entretiens qu’il eut le privilège d’avoir avec le Rabbi, ainsi que les différentes directives qu’il en reçut.

 

Mark Levin, L’animateur vedette de Fox News qui se bat pour Israël, a franchi les portes du 770

Mark Levin, L’animateur vedette de Fox News qui se bat pour Israël, a franchi les portes du 770

 

Mark Levin, animateur vedette de Fox News, juriste et écrivain juif américain de premier plan, a effectué ces derniers jours une visite exceptionnelle au 770 Eastern Parkway, quartier général mondial du mouvement Loubavitch à Crown Heights. Considéré comme l’une des voix les plus influentes et les plus combatives de la droite conservatrice américaine, il est connu de millions d’auditeurs et de téléspectateurs comme un défenseur infatigable de la Terre d’Israël et du peuple juif. Son parcours l’a conduit de la bibliothèque du Rabbi à la salle de diffusion historique, avant de s’achever au Ohel, où il a mis les Téfilines et récité une prière.

 

 

 

 

Une visite officielle et complète au cœur du 770

Un visiteur de marque a été aperçu ces derniers jours à Crown Heights : l’avocat Mark Levin, animateur de radio, juriste et écrivain juif américain, est venu effectuer une visite officielle et approfondie du 770, le célèbre bâtiment qui attire des dizaines de milliers de ‘Hassidim et de visiteurs du monde entier.

Levin, qui compte parmi les figures les plus écoutées du paysage médiatique américain, anime des émissions phares sur la chaîne Fox News ainsi que l’un des programmes de radio les plus suivis des États-Unis. Ancien haut responsable de l’administration Reagan et président de la Landmark Legal Foundation, il est l’auteur de nombreux best-sellers consacrés au droit constitutionnel et à la défense des libertés. Mais c’est surtout comme combattant acharné de la cause d’Israël qu’il s’est distingué ces dernières années : dans une période particulièrement complexe pour le peuple juif, sa voix puissante et sans concession en faveur de la Terre d’Israël résonne quotidiennement auprès de millions d’Américains.

De la bibliothèque du Rabbi à la salle de diffusion historique

C’est accompagné du Chalia’h, le Rav ‘Haïm Levi Cohen, que Levin a entrepris ce parcours historique entre les murs du bâtiment mythique. Sa première étape l’a conduit à la grande bibliothèque, où il a été accueilli par son directeur, le Rav Chalom Ber Levin, qui lui a présenté les trésors qu’elle renferme.

Le visiteur s’est ensuite rendu dans la salle de diffusion, où il a été reçu par le Rav ‘Haïm Barou’h Halberstam et le Rav Mendel Eisenbach. Ceux-ci lui ont fait découvrir les équipements technologiques historiques qui servaient à diffuser les sources de la ‘Hassidout vers l’extérieur, et lui ont expliqué la révolution mondiale des communications que le Rabbi avait initiée dès les décennies précédentes : c’est depuis cette pièce que les Farbrenguen du Rabbi étaient retransmis en direct aux communautés Habad du monde entier, bien avant l’ère d’Internet.

En professionnel chevronné des médias, Levin a manifesté un vif intérêt pour les aspects techniques et médiatiques de cette œuvre colossale, qui fit du Rabbi un pionnier de la communication au service de la diffusion du judaïsme.

Téfilines et prière au Ohel

Le point culminant de cette journée fut sans conteste la visite au Ohel, le lieu de repos du Rabbi dans le Queens. C’est là que Mark Levin a mis les Téfilines et a récité une prière, dans un moment d’intense recueillement.

Ce n’était pas la première rencontre de Levin avec le monde Habad Loubavitch. En novembre 5786 (2025), il avait assisté pour la première fois au banquet du Kinous Hachlouhim, le grand rassemblement mondial des Chlou’him, à l’invitation de son Rav Habad, le Rav Cohen. Il avait alors qualifié l’événement de moment exceptionnel et d’honneur, et y avait également mis les Téfilines. Interrogé sur les Chlou’him, il avait déclaré avec émotion : « Ces Rabbanim de Habad sont présents dans chaque recoin de la planète, ils diffusent la parole du judaïsme, de la liberté et de la sécurité. Ils sont admirés aussi par les chrétiens, par des gens de toutes confessions. Ils sont enthousiastes, inspirés, profondément motivés. Je ne sais pas ce que nous ferions sans eux. »

Cette visite au 770 et au Ohel vient ainsi sceller le lien grandissant entre l’un des porte-voix les plus puissants de l’Amérique conservatrice et le mouvement du Rabbi, dont l’action mondiale en faveur du peuple juif force son admiration.

 

 

Quand Hachem nous fait voir le Beith-Ha-Mikdache tel qu’Il le voit Lui-même

Quand Hachem nous fait voir le Beith-Ha-Mikdache tel qu’Il le voit Lui-même

Chaque année, durant le Chabbat qui précède Ticha BeAv, D.ieu accorde à chaque Juif une vision du troisième Temple. Pourquoi cette simple vision aurait-elle le pouvoir de nous transformer, alors que les générations qui ont vécu le premier et le second Temple n’ont pas su se maintenir dans le droit chemin ? Un enseignement bouleversant du Rabbi, fondé sur la célèbre parabole de Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev, apporte la réponse.

 

Ce cours est fondé sur une note du Rabbi publiée dans le Devar Mal’hout, Parachat Devarim (pages 37 à 42), qui développe l’enseignement de Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev sur la vision du Chabbat ‘Hazon.

 

 

Le ciel du Chabbat n’est pas comme les autres

On raconte qu’un jour, le maître du jeune Rabbi Israël de Rouzhin lui enseigna la loi suivante : un Juif qui a perdu le compte des jours, par exemple au cours d’un long voyage, doit compter six jours et faire Chabbat le septième. L’enfant s’étonna : comment est-il seulement possible qu’un Juif ne sache pas quel jour est Chabbat ? Le maître eut beau évoquer une tempête en mer ou un voyage qui fait perdre la notion du temps, l’enfant répondit : « C’est impensable, car pour savoir si l’on est Chabbat, il suffit de regarder le ciel : le ciel du Chabbat est totalement différent de celui des autres jours. »

Cette histoire nous enseigne que les Tsadikim possèdent une vision que l’homme ordinaire peine à percevoir. La ‘Hassidout explique que cette vision dépend d’un travail : celui de raffiner les quarante-neuf aspects négatifs de l’âme animale, sept Midot comprenant chacune sept qualités. Une fois purifiée, l’âme animale devient « âme vitale » et donne accès à la vision du divin. C’est le sens de la parole de l’Admour Hazaken qui, peu avant de quitter ce monde, demanda à son petit-fils ce qu’il voyait. « Je vois la poutre du plafond », répondit celui-ci. « Moi, dit l’Admour Hazaken, je vois la parole de D.ieu qui crée et maintient en vie cette poutre. » Cette transformation totale de l’obscurité en lumière, dont parle la voix qui sortait du palais de Rabbi Chimon bar Yo’haï, n’appartient en vérité qu’à l’Essence divine elle-même.

Une vision donnée à l’âme d’en haut

Durant le Chabbat ‘Hazon, D.ieu donne à chaque Juif de voir le troisième Temple. De quelle vision s’agit-il ? La Guemara raconte que les hommes qui accompagnaient le prophète Daniel furent saisis d’une frayeur immense lors d’un dévoilement, alors qu’eux-mêmes ne voyaient rien : « Eux n’ont pas vu, mais leur Mazal, leur âme d’en haut, a vu. » L’âme juive ne se limite pas à la partie qui s’habille dans le corps pour animer l’intellect, les sentiments et l’action : il existe une dimension de l’âme qui demeure en haut. C’est à cette âme-là que D.ieu montre le Temple, et cette vision rejaillit sur l’âme d’en bas, jusqu’à ce que l’homme puisse, au bout du compte, le voir de ses yeux de chair. Tel est d’ailleurs le but recherché : que cette vision change son comportement, jusqu’à transformer sa nature même, pour que ses pensées, ses paroles et ses actions soient conformes de manière fixe et constante à la volonté de D.ieu.

La parabole des trois vêtements

Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev l’illustrait ainsi : un père offre à son fils un vêtement magnifique, mais l’enfant, inconscient de sa valeur, le néglige et le déchire. Le père lui en offre un second, sans le punir, et l’enfant le déchire encore. Le père fait alors confectionner un troisième vêtement, plus beau encore, mais au lieu de le donner, il le montre de temps en temps à son fils : « Le jour où tu te conduiras bien, il sera à toi. » Ainsi en est-il du troisième Temple, que D.ieu nous montre chaque année en ce Chabbat pour nous inciter à suivre le droit chemin.

Pourquoi un vêtement et non une maison, puisque le Temple est un édifice ? Parce qu’une maison entoure l’homme, mais de loin, tandis que l’habit épouse ses mesures et lui colle, pour ainsi dire, à la peau. De même que le vêtement est composé de plusieurs parties ajustées à l’homme, le Beth Hamikdach possède des mesures précises et plusieurs degrés de sainteté. Et surtout, l’exemple du vêtement exprime une vision qui touche l’homme au plus profond, au plus près de lui-même.

Voir par soi-même ou recevoir la vision de D.ieu

Ici réside le point central de la note du Rabbi. Il existe une différence essentielle, en qualité comme en quantité, entre ce qu’un homme voit par lui-même et ce qu’on lui montre d’en haut. Quand l’homme regarde de ses propres forces, il ne perçoit que ce que ses réceptacles et ses sens lui permettent de saisir : chacun voit selon son regard, et nul ne voit la chose telle qu’elle est réellement, car l’homme est limité. Mais quand c’est D.ieu qui montre, Il fait voir la chose telle qu’elle est véritablement, d’une vision illimitée, sans commune mesure avec ce qu’un homme peut capter.

C’est pourquoi les Juifs du premier et du second Temple, qui se rendaient à Jérusalem, apportaient des sacrifices et contemplaient même les dix miracles du Sanctuaire, n’en furent pas transformés : ils voyaient le Temple, mais de leur propre vision, une vision d’homme, donc limitée. S’ils l’avaient réellement vu, tel qu’il est, ils se seraient conduits comme des Tsadikim. La vision que D.ieu donne du troisième Temple, elle, procède de l’attribut de vérité : elle pénètre l’homme au plus profond de lui-même et possède le pouvoir de le changer de manière durable, éternelle, car seule l’Essence divine peut transformer l’obscurité en lumière.

Pourquoi le Temple est-il montré « de loin » ?

Un détail essentiel demeure : cette vision est donnée Mera’hok, de loin. D.ieu souhaite que chaque Juif ressente que le Temple reste malgré tout éloigné de lui, afin de provoquer en lui un mouvement de Bitoul, de soumission, qui fasse de lui un Keli, un réceptacle. On se souvient de ce ‘Hassid à qui le Rabbi Rachab avait refusé une bénédiction : « Je ne peux rien pour toi. » L’homme sortit en pleurs, et lorsque le frère du Rabbi Rachab le fit rentrer, la bénédiction lui fut accordée. « Pourquoi ne l’as-tu pas béni la première fois ? » demanda le frère. « Parce qu’il n’était pas encore un réceptacle pour recevoir la bénédiction. »

Une inspiration venue d’en haut, si l’homme ne l’intègre pas par son propre travail, finit par s’évaporer : ainsi ces Juifs de Russie qui bravèrent tous les dangers avec un dévouement total, mais qui, une fois arrivés en Amérique et libres de servir D.ieu dans la paix, perdirent cette force de sacrifice et se laissèrent reprendre par leur nature. La vision du Chabbat ‘Hazon exige donc de nous une méditation profonde : ressentir que ce qui nous est montré est encore loin, et tout faire pour nous en rapprocher.

« Vous êtes là, mais vous n’êtes pas là »

Le Rabbi dit un jour aux ‘Hassidim réunis au 770 pendant un Farbrenguen : « Vous êtes là, mais vous n’êtes pas vraiment là. » On peut être présent physiquement sans vivre pleinement le moment. De même, D.ieu nous donne à voir le Temple avec Ses yeux, pour ainsi dire, et c’est à nous de saisir cette vision. Le Rabbi a déclaré : « J’ai fait tout ce qui est en mon pouvoir pour provoquer le dévoilement ; maintenant, c’est à vous d’agir. » Na’hchon ben Aminadav ne s’est pas demandé si le monde était prêt avant de s’élancer dans la mer ; Pin’has n’a pas attendu Moché pour agir ; Avraham s’est tenu seul face au monde entier. Et le Rambam enseigne qu’un seul homme, par un seul acte, peut faire pencher la balance du monde entier vers la délivrance.

Le Rabbi lui-même voyait la venue de Machia’h de ses yeux de chair, comme il le déclara au président d’Israël Zalman Shazar : « Je suis aussi sûr que Machia’h va venir que je suis sûr que vous quitterez cette pièce dans un quart d’heure. » Ce Chabbat ‘Hazon, chacun de nous reçoit une vision divine du troisième Temple. À nous de la méditer profondément, de devenir des réceptacles, et de nous associer à D.ieu pour hâter la délivrance véritable et complète.

 

Quand le sénateur Lindsey Graham coiffa le chapeau Loubavitch : l’Amérique et le monde juif pleurent un ami fidèle

Quand le sénateur Lindsey Graham coiffa le chapeau Loubavitch : l’Amérique et le monde juif pleurent un ami fidèle

 

La mort soudaine du sénateur républicain Lindsey Graham, survenue samedi soir à l’âge de 71 ans, a suscité une immense émotion aux États-Unis comme en Israël. Durant des décennies, il fut l’une des voix les plus puissantes du Congrès en faveur d’Israël, combattant l’antisémitisme et soutenant sans relâche le peuple juif, y compris lors de la récente campagne militaire face à l’Iran. Dans le monde Habad, on s’est souvenu ce jour-là d’une image particulière, devenue virale : celle du sénateur souriant, coiffé du chapeau noir des ‘Hassidim, au détour d’un couloir du Congrès.

 

 

Une disparition brutale qui a stupéfié Washington

Le sénateur de Caroline du Sud s’est éteint dans la nuit de samedi à dimanche à son domicile de Washington, des suites de ce que son bureau a décrit comme « une maladie brève et soudaine ». Selon les conclusions préliminaires du médecin légiste du district de Columbia, la cause du décès serait une dissection aortique consécutive à une maladie cardiovasculaire. Rien ne laissait présager ce dénouement : quelques heures plus tôt à peine, Lindsey Graham rentrait de son dixième déplacement en Ukraine, où il avait rencontré le président Zelensky, et il devait apparaître dimanche matin sur le plateau de la célèbre émission « Meet the Press ». Le président Donald Trump a révélé lui avoir parlé au téléphone samedi soir, quelques heures avant sa mort : « À part le fait qu’il était fatigué, il allait bien », a-t-il confié, avant de saluer la mémoire de « l’un des plus grands hommes et sénateurs » qu’il ait jamais connus, ordonnant la mise en berne des drapeaux à travers le pays.

Élu au Sénat en 2002 après huit années à la Chambre des représentants, Lindsey Graham briguait cette année un cinquième mandat. Président de la commission du Budget du Sénat, il fut pendant plus de vingt ans l’une des figures les plus influentes de la politique étrangère américaine, formant avec les sénateurs John McCain et Joe Lieberman le trio légendaire des « Three Amigos », partisans d’une Amérique forte face aux puissances hostiles.

La photo qui a fait le tour du monde juif

Chez Habad, c’est pourtant une image bien précise qui est remontée à la mémoire de tous en apprenant la nouvelle. Lors d’une rencontre fortuite dans les couloirs du Congrès, le sénateur croisa des membres de la famille Cunin, Chlou’him du Rabbi, et demanda à coiffer le chapeau ‘hassidique. Il posa le célèbre feutre noir sur sa tête, se fit photographier à leurs côtés avec un large sourire, et le cliché se répandit en quelques heures à travers le monde juif tout entier.

La scène, immortalisée par un collègue sénateur qui en publia la photo sur les réseaux sociaux, avait commencé de la manière la plus spontanée qui soit : apercevant le groupe de ‘Hassidim Habad en route vers un vote au Sénat, Graham les avait abordés d’un jovial « Hé, les amis, j’adore vos chapeaux ! ». S’ensuivit un échange de couvre-chefs improvisé, le baptiste du Sud arborant fièrement la mise du ‘hassid Loubavitch, pour le plus grand bonheur des photographes et des internautes.

Un ami constant des Chlou’him du Rabbi

Au-delà de ce moment resté dans les mémoires, Lindsey Graham entretint au fil des années des relations chaleureuses avec les Chlou’him du Rabbi et participa à de nombreux événements de Habad. Dans son propre État, il vint notamment s’adresser à la communauté du Beth Habad de Charleston, réaffirmant à chaque occasion son attachement à Israël et aux communautés juives. Les émissaires du Rabbi trouvaient en lui une oreille attentive et un allié sincère, toujours prêt à défendre la liberté religieuse et la sécurité des Juifs d’Amérique face à la montée de l’antisémitisme.

 

 

Un défenseur inlassable d’Israël, jusqu’à son dernier souffle

Sur la scène internationale, Lindsey Graham fut sans conteste l’un des soutiens les plus significatifs et les plus constants du peuple juif, se tenant du bon côté de l’histoire à chaque épreuve. Après le pogrom du 7 octobre 2023, il multiplia les voyages en Israël pour se tenir aux côtés de la population, dans une démonstration extraordinaire de solidarité. Plus récemment, il fut parmi les partisans les plus déterminés de la campagne militaire américano-israélienne contre l’Iran, plaidant avec vigueur auprès de la Maison Blanche pour une ligne de fermeté face au régime des ayatollahs, dont il avertissait qu’une position de force régionale constituerait « un cauchemar pour Israël ».

Les hommages ont afflué de Jérusalem dès l’annonce de sa disparition. « Israël a perdu l’un de ses plus grands amis. L’Amérique a perdu un grand patriote. J’ai perdu un ami cher », a déclaré le Premier ministre Binyamin Netanyahou, soulignant que le sénateur « avait compris que la sécurité d’Israël et celle de l’Amérique sont indissociables ». Le président Its’hak Herzog s’est dit « bouleversé et le cœur brisé », saluant « un phare de clarté morale et un véritable pilier du partenariat américano-israélien » : « Nous n’oublierons jamais comment il s’est tenu aux côtés du peuple d’Israël dans nos moments les plus difficiles ». Le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar a évoqué pour sa part « un homme au cœur immense et au charme rare », dont « le soutien à Israël et à sa sécurité était sans limites ».

Du bon côté de l’histoire

Né en 1955 dans une famille modeste de Caroline du Sud, orphelin dès sa jeunesse et devenu le tuteur de sa petite sœur, juriste militaire dans l’armée de l’air avant d’entrer en politique, Lindsey Graham incarnait une certaine idée de l’engagement américain dans le monde. Le gouverneur de Caroline du Sud, Henry McMaster, qui devra nommer son successeur provisoire, l’a qualifié d’« irremplaçable » : « Nous ne reverrons pas son pareil ».

Pour le monde juif, et pour les ‘Hassidim de Loubavitch en particulier, restera à jamais l’image de ce sénateur du Sud profond, chrétien fervent, arborant avec un sourire radieux le chapeau des émissaires du Rabbi dans les couloirs du Capitole : le symbole d’une amitié qui ne s’est jamais démentie, jusqu’au dernier jour.

Quand le Rabbi ordonna de distribuer les versets de « Ata Horéta » aux passagers du charter

Quand le Rabbi ordonna de distribuer les versets de « Ata Horéta » aux passagers du charter

 

Au mois de Tichri 5721 (1960), le premier groupe organisé venu de Terre Sainte par vol charter arrivait au 770. À l’approche du vol charter vers Alma-Ata, vers le saint tombeau du père du Rabbi, nous présentons un témoignage exceptionnel sur l’attention toute particulière que le Rabbi porta à ce voyage historique. La Ye’hidout accordée aux voyageurs, le geste hors du commun du Rabbi envers leur représentant, son intérêt pour chaque détail du charter, ses directives minutieuses : tous les détails dans les lignes qui suivent.

 

 

 

Rav Its’hak Mendel Liss

 

 

L’histoire de ce vol a été publiée dans le recueil « Nossim LaRabbi » (« En voyage vers le Rabbi »). Nous présentons ici des extraits d’un entretien réalisé avec le ‘Hassid Rav Its’hak Mendel Liss, de Kfar Habad, qui raconta l’attitude du Rabbi envers ce voyage et ses passagers.

 

Une Ye’hidout spéciale pour les hôtes de Terre Sainte

« Dès notre arrivée, on nous annonça qu’une Ye’hidout spéciale était prévue pour les hôtes venus de Terre d’Israël. En raison du grand nombre d’invités, il fut décidé de diviser le groupe en deux, et une nuit entière fut consacrée à la Ye’hidout de chaque groupe. C’est moi qui répartis les groupes, et je m’assignai, sans trop savoir pourquoi, à la deuxième nuit. Il s’avéra plus tard que c’était par Providence divine : nombre de ceux qui entrèrent en Ye’hidout posèrent au Rabbi toutes sortes de questions concernant le charter, et comme je devais entrer le lendemain, le Rabbi répondit à chacun que le lendemain, le Rav Liss entrerait et résoudrait ces questions.

« Un grand Yachar Koa’h pour la satisfaction que vous avez apportée »

« Le lendemain, lorsque j’entrai, le Rabbi se leva de toute sa taille, et je me dis en moi-même : si seulement la terre pouvait ouvrir sa bouche pour que je m’y engloutisse et que je ne voie pas le Rabbi se lever pour moi… Entre-temps, je récitai la bénédiction de Chéhé’héyanou et le Rabbi répondit Amen. Puis il poursuivit : « Rav Liss, a groïssen Yachar Koa’h far aïekh, far dem na’hat roua’h vos ir hot guebrakht » [un grand Yachar Koa’h à vous, pour la satisfaction que vous avez apportée].

« Au cours de cette Ye’hidout, qui dura près de deux heures (!), le Rabbi m’entretint de toutes ces questions que les membres du groupe lui avaient posées lors de leur Ye’hidout, avant mon entrée. J’exprimai devant le Rabbi mon avis sur chaque question qu’il m’adressait, tout en précisant, bien entendu, que je ne souhaitais pas que mon opinion soit déterminante, et que je ne faisais qu’exprimer mon avis à la demande du Rabbi. Durant toute cette Ye’hidout, je pouvais ressentir à quel point le Rabbi s’intéressait à chaque détail : le Rabbi descendait littéralement jusqu’aux détails les plus infimes, comme la manière dont s’était déroulé notre voyage, et ainsi de suite.

Des directives minutieuses pour le voyage de retour

« Même après la Ye’hidout, le Rabbi me donna des instructions détaillées, dans les moindres détails, concernant le voyage de retour. Par exemple : certains passagers du groupe avaient décidé de rester aux États-Unis, et il me vint à l’esprit de joindre au vol de retour d’autres voyageurs qui, pour diverses raisons, n’avaient pas voyagé avec nous à l’aller, et qui nous demandaient de les intégrer au voyage de retour. Je me rendis aux bureaux d’El Al, mais ils refusèrent ma demande [aujourd’hui, je les comprends : ces ‘Hassidim devaient de toute façon rentrer, et s’ils ne pouvaient pas voyager sur le charter, ils seraient contraints d’acheter des billets chez El Al…]. Voyant que rien n’aboutirait avec les employés, je m’adressai au directeur de la compagnie à New York, qui donna son accord de principe, à condition toutefois d’obtenir l’aval de la direction de Tel-Aviv, avec laquelle nous avions signé le contrat. À Tel-Aviv, on refusa d’abord, et ce n’est qu’après de nombreux efforts que nous parvînmes à obtenir l’autorisation d’un échange pour six personnes.

Les versets de « Ata Horéta » pour les passagers du charter

« À Sim’hat Torah également, le Rabbi m’ordonna de me tenir debout et de distribuer les versets de « Ata Horéta » aux membres du groupe qui avaient voyagé sur le charter. L’un des passagers, qui avait interrogé le Rabbi à ce sujet en Ye’hidout, reçut pour réponse de voyager avec nous au retour, et j’ignorais que le Rabbi lui avait ordonné de se joindre à nous. Après avoir obtenu l’autorisation d’échanger les passagers, je téléphonai immédiatement au Rav ‘Hodakov pour lui annoncer que nous avions reçu la permission. Le Rav ‘Hodakov, qui était au courant de la directive du Rabbi à ce ‘Hassid de voyager avec nous, me demanda qui je pensais emmener. Je lui répondis que le premier que je pensais prendre était précisément ce ‘Hassid. Il rit légèrement et dit : « Très bien, tu penses très juste, c’est lui qu’il faut prendre en premier »… J’appris par la suite qu’il y avait eu en cela une directive spéciale du Rabbi.

Le Rabbi accompagne les voyageurs jusqu’au départ

« Avant notre départ en direction de l’aéroport également, le Rabbi nous accompagna, et avant que nous ne sortions, le Rabbi m’appela et me transmit quelques dernières instructions concernant le vol de retour. »

Rav Chalom Rubashkin : « Dire aux jeunes d’aujourd’hui ce qu’ils veulent entendre n’est pas de la bonté »

Rav Chalom Rubashkin : « Dire aux jeunes d’aujourd’hui ce qu’ils veulent entendre n’est pas de la bonté »

 

Face à nos enfants et à nos élèves, nous sommes régulièrement confrontés à un choix décisif : leur dire ce qu’ils veulent entendre, en déformant la vérité pour valider ce qui est faux, ou trouver la force de faire preuve d’une bonté véritable en leur disant la vérité dont ils ont besoin. Dans cet article, le Rav Chalom Mordehai Rubashkin tire une leçon essentielle sur l’éducation, à travers le contraste saisissant entre Zimri et Pin’has. Une réflexion à contre-courant des sensibilités modernes, mais fidèle à l’enseignement du Rabbi.

 

 

Rav Chalom Mordehai Rubashkin

 

Notre Paracha conclut l’épisode de Midiane, qui avait commencé dans la Paracha de Balak. Avant de poursuivre, il vaut la peine de retenir la leçon importante qui se trouve au cœur de ce récit, une leçon trop souvent obscurcie, me semble-t-il, par des sensibilités et des attitudes que nous avons absorbées du monde qui nous entoure.

Les Juifs avaient été manipulés par Midiane sur le conseil de Bilam, exposés à la tentation de manière inattendue sous couvert d’un commerce innocent, et beaucoup avaient succombé à leur yétser hara, leur mauvais penchant. Les Juifs furent jugés pour leurs choix, et les conséquences de la faute furent rapides et sévères : une épidémie ravagea le camp, tuant des milliers de personnes, principalement au sein de la tribu de Chimone.

L’erreur de Zimri

« Aide-nous ! » crièrent les fils de Chimone en se tournant vers Zimri, leur nassi, le chef de leur tribu. « Comment peux-tu rester assis sans rien faire pendant que ton peuple souffre ?! »

Zimri ressentit leur douleur et entreprit de les aider – et il commit alors la terrible erreur que beaucoup célèbrent aujourd’hui comme une vertu.

Il ne dit pas aux membres de sa tribu la vérité difficile et douloureuse qu’ils avaient besoin d’entendre. La vérité toute simple est qu’une Mitsva relie un Juif à D.ieu, la source de la vie, tandis qu’une faute endommage ou rompt le lien avec D.ieu et avec la vie.

Il aurait dû les exhorter à faire téchouva, à revenir vers D.ieu : « Cette souffrance est le résultat de vos actes. Cessez de fauter, reconnectez-vous à D.ieu, la Source de la vie et de la bénédiction – et vous cesserez de mourir. »

Au lieu de cela, il se montra inclusif, accueillant et bienveillant : il défendit leur comportement, chercha des permissions pour le cautionner et l’autoriser, et alla jusqu’à attaquer le tsadik, le prophète et le chef de la génération afin de justifier les méfaits de son peuple. Pour mettre un point d’exclamation à sa démarche, il alla même commettre la faute-même pour laquelle sa tribu était punie, en affirmant qu’il n’y avait là aucun péché.

Dans les journaux et dans les cercles sociaux raffinés, ses paroles et ses actes aimables, tolérants et prévenants furent assurément loués comme admirables. Dans le monde réel, des gens mouraient.

Le geste de Pin’has

Les Juifs intègres, eux, ne trouvaient pas ces actions si admirables, et l’un d’entre eux – Pin’has, fils d’Elazar, fils d’Aharon le Cohen – se leva pour agir. Comme le prescrit la Loi juive dans ce cas précis, il saisit une lance, réussit à passer les gardes du corps, et utilisa cette lance pour tuer Zimri et Kozbi.

Dans les journaux et dans les cercles sociaux raffinés, il fut fustigé comme un homme cruel qui avait agi avec brutalité et sadisme. Dans le monde réel, les gens cessèrent de mourir. Par son acte sanglant, Pin’has apporta la paix et la vie à son peuple.

Lorsqu’une personne se blesse, elle ne peut pas raisonner avec sa plaie. Quoi qu’elle en pense, la perte de sang conduira à l’évanouissement ou à la mort, à moins qu’elle n’agisse pour refermer la blessure. Même si quelqu’un peut présenter une défense habile et convaincante de ses actes, le mauvais choix a des conséquences. Se séparer de D.ieu, à D.ieu ne plaise, a des conséquences terribles.

La vraie bonté

C’est une cruauté – et non une bonté – que d’agir comme Zimri. Être doux, « gentil » et délicat, accepter et valider un comportement destructeur ou fatal n’est pas de la bonté : c’est de la cruauté. Le sommet de la bonté consiste à surmonter notre nature et notre préférence pour la douceur, la gentillesse et la délicatesse, et à prendre le parti de la vérité et de la vie, même lorsque c’est désagréable.

L’âme d’un Juif doit être connectée à D.ieu en permanence. Il est agréable d’être aimable, mais valider, justifier ou défendre un Juif dans un acte qui le coupe de la source de sa vie n’est pas aimable. Telle fut l’erreur de Zimri.

Pin’has, lui, agit correctement. Il savait que la Torah exigeait une lance dans ce cas précis, et parce qu’il était un descendant d’Aharon – l’incarnation même de la bonté – il surmonta sa nature douce pour accomplir la chose difficile et véritablement bonne : maintenir les Juifs connectés à D.ieu, même si cela exigeait des mesures radicales.

Le Rabbi répète toujours que « les voies de la Torah sont des voies de douceur et tous ses sentiers sont paix ». Il ne s’agit certainement pas de saisir une lance chaque fois que l’on voit quelque chose à corriger. Nous voulons être efficaces et convaincants, et « les paroles des sages sont écoutées lorsqu’elles sont exprimées avec douceur » – mais cela relève de la méthode.

Lorsqu’il s’agit de notre position et de notre objectif, nous devons être Pin’has, et non Zimri. Nous devons nous concentrer sur ce qui est bon et juste, et non sur ce qui paraît ou sonne bon et juste. La vraie bonté exige que nous restions attachés à la vérité alors même que nous cherchons à faire le bien.

Élever les Juifs vers la Torah, jamais l’inverse

Aujourd’hui, la nécessité d’œuvrer pour rapprocher les Juifs de D.ieu est largement admise, et les méthodes et approches du Rabbi sont largement comprises et adoptées. Aux premiers temps, lorsque le Rabbi posait les fondements de cette démarche, il citait fréquemment la Michna qui décrit Aharon comme celui qui « aimait les créatures et les rapprochait de la Torah ».

Voilà, déclarait le Rabbi, la seule voie acceptable : nous élevons les Juifs et nous les rapprochons de la Torah – et non, à D.ieu ne plaise, l’inverse, qui consisterait à abaisser la Torah pour la rendre plus acceptable aux Juifs.

Certains soutiennent que notre approche de la jeune génération doit être guidée par les « réalités » du déclin des générations. Il faudrait, disent-ils, les accepter tels qu’ils sont et trouver des moyens d’adapter et de reformuler le judaïsme pour éveiller leur intérêt. Il faudrait alléger les fardeaux par des permissions et imprégner notre vocabulaire et notre cadre conceptuel de termes et d’idées puisés dans des sources modernes, étrangères et populaires.

Cette idée n’est pas nouvelle. Le Rabbi l’a rejetée dès qu’il a formulé pour la première fois la manière d’éveiller l’âme d’un Juif, et le contraste entre Zimri et Pin’has nous en offre la toute première démonstration de l’inanité.

Zimri ou Pin’has ?

Lorsque nous guidons nos enfants et nos élèves, nous sommes fréquemment confrontés à cette décision : vais-je leur dire ce qu’ils veulent entendre, en déformant la vérité et le concept même de bonté pour valider et soutenir quelque chose de faux ? Ou vais-je trouver la force et la fermeté de faire preuve d’une bonté véritable et trouver le moyen de leur dire la vérité qu’ils ont besoin d’entendre, la vérité qui les connectera à D.ieu ? Serai-je Zimri ou Pin’has ?

Ne croyez pas ceux qui vous disent que cela ne fonctionnera pas, que la jeunesse d’aujourd’hui ne peut pas entendre ou n’écoutera pas. Je peux vous affirmer par expérience que c’est tout simplement faux.

 


Chalom Mordehai Rubashkin, né en octobre 1959, est un rabbin américain issu du mouvement hassidique Habad-Loubavitch. Il est principalement connu pour avoir été le directeur général (PDG) d’Agriprocessors, une entreprise d’abattage et de conditionnement de viande située à Postville, dans l’Iowa, fondée par son père Aaron Rubashkin. Sous sa direction, Agriprocessors est devenue la plus grande usine de viande strictement casher des États-Unis.

Le Raid de 2008 et l’Enquête

Le tournant de sa vie s’est produit en mai 2008, lorsque les services de l’immigration américaine (ICE) ont mené une descente massive dans l’usine de Postville. Près de 400 travailleurs sans papiers y ont été arrêtés. Ce raid, l’un des plus importants de l’histoire du pays, a entraîné la faillite de l’entreprise et a déclenché de multiples enquêtes fédérales et étatiques sur les pratiques de gestion de Rubashkin.
Bien qu’il ait été acquitté par la suite des accusations de violation des lois sur le travail des enfants au niveau de l’État, l’examen minutieux des finances de l’entreprise a mis au jour d’autres irrégularités majeures.

Condamnation pour Fraude

En 2009, un tribunal fédéral a reconnu Rubashkin coupable de fraude bancaire. Il a été prouvé qu’il avait falsifié des documents financiers et gonflé les revenus de l’entreprise pour sécuriser et maintenir un prêt de 35 millions de dollars auprès d’une banque. En 2010, il a été condamné à une peine exceptionnellement lourde de 27 ans de prison fédérale, une sentence qui a choqué de nombreux observateurs juridiques en raison de sa sévérité par rapport au crime commis (qui n’impliquait pas de violence).

Campagne de Soutien et Commutation de Peine

Pendant son incarcération, une vaste campagne bipartite a été organisée pour dénoncer la disproportion de sa peine. Ce mouvement a rassemblé des membres du Congrès (Démocrates et Républicains), d’anciens hauts responsables du ministère de la Justice, de nombreux juristes éminents et diverses organisations de la communauté juive orthodoxe.
Le 20 décembre 2017, après que Rubashkin eut purgé plus de huit ans de sa peine, le président américain Donald Trump a commué sa peine (sans pour autant lui accorder un pardon présidentiel complet, la condamnation initiale restant donc au casier). Cette décision a ordonné sa libération immédiate, et il a été accueilli avec d’immenses célébrations dans la communauté hassidique orthodoxe de New York et d’ailleurs.

 


 

 

Vers une incursion terrestre en Iran ? Les États-Unis préparent le terrain

Vers une incursion terrestre en Iran ? Les États-Unis préparent le terrain

 

Eliyahou Yossian, expert des affaires iraniennes, affirme que la campagne américaine contre l’Iran est appelée à s’élargir et que Washington prépare méthodiquement le terrain pour une incursion terrestre. Selon lui, la chute du régime iranien passe nécessairement par trois actions : frapper les sources de revenus, introduire des forces au sol et coopérer avec les opposants locaux. Il estime que deux de ces trois étapes sont déjà partiellement en cours de réalisation.

 

 

 

Eliyahou Yossian, expert de l’Iran, a affirmé ce dimanche, lors d’une interview accordée à Tal Meir, que la campagne des États-Unis contre l’Iran est vouée à s’élargir. « Nous nous dirigeons assurément vers une nouvelle campagne », a-t-il déclaré, soulignant : « Nous savions tous qu’un accord de cessez-le-feu de ce type ne tiendrait pas la route. »

Trois actions pour faire tomber le régime

Selon Yossian, la poursuite de la guerre prendra une tournure différente, car les États-Unis devront prendre des mesures significatives pour provoquer la chute du régime iranien. « Pour faire tomber le régime iranien, trois actions doivent être entreprises », a-t-il expliqué.

La première consiste à frapper les sources de revenus du régime, en prenant le contrôle des champs de pétrole et de gaz ou en les attaquant, afin de couper l’Iran de son flux économique. La deuxième est l’introduction de forces terrestres sur le sol iranien. La troisième repose sur la coopération locale : armer les éléments iraniens opposés au régime et collaborer avec eux.

Yossian a souligné que sans ces trois mesures, les États-Unis ne pourront pas vaincre le régime. Il a toutefois relevé que certaines étapes sont déjà en cours : « Pour l’instant, les deux premiers points sont mis en œuvre dans une certaine mesure. Ils neutralisent les infrastructures, du moins dans le sud de l’Iran, et ils acheminent des troupes au sol. Pas encore à l’intérieur de l’Iran, mais ils transfèrent des forces vers les frontières proches de l’Iran. »

Le sud de l’Iran, clé d’une future manœuvre terrestre

Évoquant les récentes frappes américaines, l’expert a noté que les États-Unis se concentrent sur deux objectifs principaux : « Premièrement, les infrastructures essentielles, ou plus précisément les infrastructures économiques. Deuxièmement, tout ce qui se trouve dans le sud de l’Iran et qui leur donne la possibilité d’introduire une force terrestre en Iran. »

Selon lui, la destruction des bases et des réseaux de renseignement dans le sud du pays pourrait préparer le terrain pour une manœuvre terrestre ultérieure. « Nous voyons toutes les bases aériennes et tous les yeux du régime iranien dans le sud de l’Iran. Les États-Unis les détruisent avec leurs attaques », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Il est possible qu’ils introduisent des forces pédestres plus tard, au moment qu’ils jugeront opportun. »

L’analyse de Yossian dessine ainsi un scénario dans lequel Washington chercherait à devenir, par la prise de contrôle des champs pétroliers et la coopération avec les insurgés, le « patron exclusif » au Moyen-Orient.