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Ki Tavo – L’Obligation des Prémices : Entre Immédiateté et Héritage Une Analyse du Sifri et ses Implications dans le Service Divin Source : Likouté Si’hot volume 34, Si’ha 1
Le concept de l’obligation immédiate et différée
Pour le Sifri, l’obligation des prémices est « immédiate », tandis que l’héritage et l’installation servent à lever « le lion qui repose dessus ». Dans le service divin : il y a la reconnaissance immédiate au réveil, puis vient la reconnaissance dans la prière – « après l’héritage et l’installation ».
1. L’apparente contradiction dans le Sifri
Au début de la section, sur le verset « Et il arrivera, quand tu entreras dans le pays », le Sifri interprète : « Le terme ‘Et il arrivera’ signifie immédiatement ». Cela semble étonnant, comme l’ont souligné les commentateurs, car juste après il est dit « tu en hériteras et tu t’y installeras », ce qui nous enseigne (selon Rashi et comme expliqué explicitement dans le Talmud) que l’obligation des prémices ne s’appliquait qu’après l’héritage et l’installation.
2. Explication de la contradiction
L’explication est la suivante : En général, l’interprétation « après l’héritage et l’installation » signifie après les 14 années de conquête et de partage, c’est-à-dire que même après que l’individu ait reçu sa part, il n’est pas obligé jusqu’à ce que tous les enfants d’Israël aient reçu leur part. C’est pourquoi le Sifri nous informe qu’en ce qui concerne les prémices, l’obligation est « immédiate » – dès que l’individu reçoit sa part, il est obligé d’apporter les prémices.
3. Clarification supplémentaire
Cependant, cela ne semble pas correspondre au langage du Sifri « immédiatement » – immédiatement à l’entrée dans le pays – car il a fallu du temps avant que même l’individu reçoive sa part ? On peut dire que l’intention du Sifri est qu’en ce qui concerne les prémices, l’obligation s’applique – non pas par l’héritage et l’installation comme pour les autres commandements liés à la terre – mais immédiatement à l’entrée dans le pays. L’héritage et l’installation ne servent qu’à permettre l’accomplissement concret du commandement (lever « le lion qui repose dessus », car il faut pouvoir dire « que Tu m’as donné, Éternel »).
4. Le cas particulier des fils de Jethro
On peut dire qu’en ce qui concerne les pâturages de Jéricho donnés aux fils de Jethro, ils étaient obligés d’apporter les prémices « immédiatement », car les fils de Jethro ont reçu leur part immédiatement.
5. L’aspect intérieur : deux formes de reconnaissance
Dans l’aspect intérieur des choses : Il est connu que « ces paroles et celles-là sont les paroles du Dieu vivant », et dans le service divin de l’homme, ces deux opinions existent – l’obligation des prémices est immédiate ou seulement après l’héritage et l’installation. En effet, dans la reconnaissance envers Dieu, il y a :
– L’obligation « immédiate » : dès le réveil, où la reconnaissance est au-dessus de la raison puisqu’on n’a pas encore médité sur la grandeur de Dieu.
– La reconnaissance dans la prière : jusqu’à sa conclusion « Mais les justes » qui est la reconnaissance « après l’héritage et l’installation » – après la méditation sur la grandeur de Dieu, et donc la reconnaissance est établie.
6. Lien avec le 18 Elloul et les « deux grandes lumières »
La section Ki Tavo tombe à proximité du 18 Elloul, où les deux aspects de la reconnaissance sont liés aux « deux grandes lumières » :
– Le Baal Shem Tov : la foi qui est une reconnaissance générale
– L’Admour Hazaken : l’extension de la foi dans la raison en Habad, Hohma, Bina et Daat – héritage et installation.
Le Rabbi assiste à l’inauguration de l’expansion de 770. « D.ieu a créé le monde à partir d’une pierre de fondation qui se trouve dans le Saint des Saints dans le Saint Temple. Cela nous enseigne que la fondation de chaque édifice juif – qu’il s’agisse d’un bâtiment physique ou d’une entreprise spirituelle – doit être construite sur la base de la Torah. »
Le 17 Elloul, 5748 (mardi 30 août 1988), le Rabbi est arrivé au 770 pour une cérémonie d’inauguration des travaux d’agrandissement du bâtiment. Le Rabbi s’est adressé à la foule et a donné un enseignement du mot «révolutionnaire». À la suite de la Si’ha, M. David Chase, philanthrope, s’est adressé à la foule pour lui faire part de son grand mérite de pouvoir aider à reconstruire le Shoul du Rabbi. Il termine ses mots en yiddish: «Rabbi Ich hob dir leib, zayer, zayer asach». Le Rabbi sourit largement quand il finit de parler.
Le Discours du Rabbi
Cette cérémonie, connue dans le langage courant sous le terme de « ground breaking », consiste à creuser la terre pour y déposer une pierre, qui servira de fondation à l’édifice à construire.
Pour un Juif, chaque acte et événement est une occasion d’apprendre. On peut ainsi établir un parallèle avec la création du monde, fondée sur une pierre angulaire, l’« Even Hachtya ». Cette pierre fut ensuite placée au cœur du Saint des Saints, dans le Temple.
Cela nous enseigne que toute construction, qu’elle soit matérielle ou spirituelle, doit avoir des fondations ancrées dans le Saint des Saints. C’est en respectant la Torah — Torah de vie et de vérité — que l’édifice peut aspirer à la sainteté.
Grâce au « ground breaking », un Juif a l’opportunité de sanctifier chaque élément de sa vie, qu’il soit matériel ou spirituel. Cependant, l’erreur reste possible dans toute entreprise humaine. Mais D.ieu fournit la force nécessaire pour surmonter ces défis et pour atteindre une réussite encore plus grande.
Il faut donc construire en ayant conscience que notre force vient de D.ieu, qui nous considère comme Ses partenaires dans la création. C’est l’essence même du « ground breaking », qui commence par la pose d’une pierre, symbole de l’« Even Hachtya ». C’est ainsi que l’édifice peut être fructueux sous tous ses aspects.
Ce principe est également en lien avec la Paracha de la semaine, comme l’ont expliqué l’Admour Hazaken et le Rabbi de notre génération. La Paracha commence par l’injonction « Et ce sera lorsque tu parviendras dans le pays », préfigurant l’entrée en Terre Sainte. Là, la Mitsva dictée est de bâtir les fondations d’Eretz Israël et d’offrir des sacrifices sur un autel.
Tout cela renforce le Juif dans sa foi et son attachement à la Torah, lui permettant ainsi d’avoir une part en D.ieu. Puissent ces paroles se réaliser et nous amener à la construction du troisième Temple par notre juste Machia’h, marquant ainsi notre délivrance véritable et complète.
Contribution du Philanthrope David Chase
Après le discours du Rabbi, M. David Chase, a pris la parole. Il a exprimé sa gratitude et son honneur d’avoir le mérite d’aider à reconstruire la synagogue du Rabbi. Il a conclu son discours en yiddish, disant : « Rabbi, je t’aime beaucoup, beaucoup ». Cette déclaration a été accueillie par un large sourire du Rabbi, soulignant l’importance et l’émotion du moment.
Quelques heures après le discours de Nasrallah, 70 bombardements ont été signalés au Liban : « Les vagues d’attaques les plus violentes depuis le début de la guerre ». « Dégâts importants » dans une salve sur Metula, Tsahal a ordonné aux résidents de dizaines de localités du nord – y compris Safed, Kiryat Shmona et Katzrin – de rester près d’un abri protégé cette nuit, « jusqu’à nouvel ordre ». Les États-Unis poussent pour une solution diplomatique de dernière minute : « C’est possible ». Macron dans un discours aux habitants du Liban : « La France est à vos côtés, aucun objectif ne justifie un conflit »
Une vague d’attaques puissante au Liban, quelques heures après le discours de Hassan Nasrallah dans lequel il a menacé de se venger des attaques d’explosion des appareils de communication – et la promesse du ministre de la Défense Yoav Gallant de poursuivre la « séquence d’actions militaires » d’Israël, dans le but de ramener les habitants du nord chez eux. Parallèlement, Tsahal a publié hier soir (jeudi) un avis exceptionnel avertissant, principalement les randonneurs, de son intention de mener des activités dans toutes les zones de tir du nord ce week-end. Par la suite, moins d’une heure avant minuit, Tsahal a publié une directive exceptionnelle aux résidents de dizaines de localités du nord de rester à proximité d’espaces protégés.
Au Liban, au moins 70 attaques ont été signalées hier soir dans le sud du pays, et des sources de sécurité libanaises ont déclaré à l’agence de presse Reuters qu’il s’agissait de l’une des attaques les plus intenses depuis le début de la guerre. Selon les rapports, les attaques ont été menées dans la région du Litani, Al-Mahmoudiya, Al-Aishiya, Al-Rihan et la rivière Baraz, ainsi que dans la vallée occidentale. Tsahal a ensuite mis à jour que des avions de combat ont bombardé hier soir pendant environ deux heures, sous la direction du renseignement militaire et du commandement nord, des centaines de lanceurs qui étaient prêts pour un « lancement immédiat » vers le territoire israélien.
« Depuis l’après-midi, environ 100 lanceurs et d’autres infrastructures militaires ont été attaqués, dont environ 1 000 tubes de lancement prêts pour un lancement immédiat », a-t-il été annoncé – faisant également référence à une vague d’attaques précédente qui a commencé quelques minutes avant le discours de Nasrallah, à 17h00. « Tsahal continue de frapper et de réduire les capacités terroristes et les infrastructures militaires du Hezbollah ».
Par la suite, comme mentionné, Tsahal a ordonné, de manière exceptionnelle, aux résidents de dizaines de localités du nord – y compris Kiryat Shmona, Safed et Katzrin – de rester à proximité d’espaces protégés, « jusqu’à nouvel ordre ». Les directives s’appliquent aux localités de Merom Galil, Haute Galilée, Mevoot Hermon, Yesod HaMa’ala, Hatzor, Rosh Pina, Safed, Metula, Kiryat Shmona – ainsi qu’aux localités du nord du Golan, de Katzrin vers le nord. « Il faut réduire les mouvements dans la zone de la localité, éviter les rassemblements, contrôler les portes de la localité, rester à proximité d’espaces protégés et obéir aux avertissements du Commandement du Front intérieur », a-t-il été annoncé. Peu après minuit, Hatzor HaGlilit a annoncé l’annulation des cours aujourd’hui dans la localité.
Tout au long de la journée, le Hezbollah a tiré des roquettes et des drones vers les localités du nord. L’organisation terroriste a revendiqué 17 actions au cours de la journée – l’un des nombres les plus élevés depuis le début des combats. Le dernier tir, à 20h37, était dirigé vers Metula – et il était particulièrement lourd. Selon le Hezbollah, il a tiré des missiles Falaq sur la colonie, et le résultat a été sévère : une femme a été légèrement blessée, des incendies se sont déclarés à plusieurs endroits et selon le chef du conseil David Azoulay, il y a eu « d’énormes dégâts ». « Je n’ai rien vu de tel depuis le début de la guerre », a-t-il déclaré.
Les salves sont arrivées après que deux soldats de Tsahal sont tombés hier matin dans le nord : le Major (rés.) Nael Fuarsa, 43 ans, de Merrar, a été tué par l’impact d’un drone explosif dans la région de Yaara, et le Sergent Tomer Keren, 20 ans, de Haïfa, a été tué quelques heures plus tôt par l’impact d’un missile antichar sur la crête de Ramim.
Dans le monde, la crainte d’une guerre totale grandit maintenant, et le Wall Street Journal a rapporté que le Pentagone est de plus en plus inquiet de la possibilité qu’Israël soit « proche » d’une manœuvre terrestre au Liban. Selon le rapport, Washington craignait cette possibilité même avant les attaques d’explosion des bippers et des appareils de communication – dans lesquelles des milliers de militants du Hezbollah ont été blessés et des dizaines tués – mais ces actions, attribuées au Mossad, augmentent encore plus la crainte américaine qu’Israël ne lance une action terrestre. « Je suis très inquiet que cela échappe à tout contrôle », a déclaré au journal un haut responsable de la sécurité à Washington.
Le journal américain a mentionné dans ce contexte le transfert de la 98e division vers le secteur nord, après avoir opéré jusqu’à présent à Gaza. La 98e division est considérée comme l’une des plus élites de Tsahal et comprend entre autres la brigade commando et la brigade des parachutistes, et cette mesure constitue en fait un « transfert du centre de gravité » vers le nord – chose que le ministre de la Défense Yoav Gallant a mentionnée à plusieurs reprises.
Les États-Unis ne renforcent pas leurs forces, pour l’instant
Parallèlement aux inquiétudes exprimées au Pentagone – et en même temps que le report de la visite prévue du secrétaire à la Défense Lloyd Austin en Israël hier soir à une date indéterminée – des sources américaines ont déclaré au Wall Street Journal qu’elles n’avaient pas vu pour l’instant d’indications d’une « invasion imminente », comme une mobilisation des réservistes. Selon eux, même si une décision était prise pour une manœuvre terrestre à grande échelle – Tsahal aurait besoin de quelques semaines pour y être prêt. Quoi qu’il en soit, ils ont noté qu’Israël pourrait lancer une action plus limitée beaucoup plus rapidement, « sans mouvements militaires significatifs », selon les termes du rapport.
Parallèlement, le Pentagone a indiqué hier soir que pour l’instant, il n’y a pas d’intention de modifier le déploiement des forces de l’armée américaine, ce qui signifie qu’au moins pour le moment, les forces américaines au Moyen-Orient ne seront pas renforcées.
Les États-Unis et leurs alliés continuent entre-temps d’essayer de trouver une solution diplomatique à la crise, bien que dans son discours, le secrétaire général du Hezbollah Nasrallah ait insisté sur l’arrêt de la guerre à Gaza comme condition à la fin des attaques de l’organisation terroriste libanaise sur les localités du nord. Hier soir, la Maison Blanche – qui pour l’instant hésite à déposer une « proposition de médiation » dans le but d’obtenir une percée dans les contacts pour un accord entre Israël et le Hamas – a déclaré qu’une solution diplomatique à la crise au Moyen-Orient est possible, et qu’il faut y parvenir de toute urgence. La porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre, a déclaré qu’un accord sur les otages « réduirait la température » dans la région.
Plus tôt, le président français Emmanuel Macron a appelé « toutes les parties » à éviter la guerre. Dans un communiqué de l’Élysée, il a été dit que Macron s’est entretenu avec des hauts responsables politiques et militaires au Liban, et les a exhortés à faire preuve de retenue. Macron leur a demandé de transmettre ce message directement au Hezbollah. Plus tard dans la soirée, Macron a publié un discours filmé, dans lequel il s’est adressé en français aux habitants du Liban suite à l’attaque d’explosion des appareils de communication, qui y a provoqué une énorme panique, et leur a dit : « Dans le chaos et le chagrin, l’espoir est une ressource rare. Dans le chaos et le chagrin, la France est à vos côtés ». Macron a ajouté qu’il croit qu' »il existe une voie diplomatique » et que la guerre n’est pas inévitable. « Rien, aucune aventure régionale, aucun intérêt particulier et aucune loyauté envers quelque objectif que ce soit – ne justifie l’ouverture d’un conflit au Liban ».
L’avis exceptionnel de Tsahal aux randonneurs
Entre-temps, Tsahal a publié hier soir un avis exceptionnel dans lequel il a annoncé qu’il opérerait dans toutes les zones d’entraînement ce week-end. L’avis s’adresse entre autres aux randonneurs, et un avis similaire n’a été publié pour la dernière fois qu’en décembre dernier – alors qu’il concernait toutes les zones de tir à travers le pays. L’avis d’hier indiquait que « l’entrée dans les zones d’entraînement est interdite, constitue un danger de mort et nuit à l’activité des forces. De plus, des bruits de tirs et d’explosions pourraient être entendus dans les localités voisines ».
« Tsahal demande instamment au public de ne pas entrer dans les zones interdites, et de permettre aux forces de sécurité de continuer à accomplir leurs missions – il s’agit d’un danger de mort », ont-ils averti une fois de plus. « Il est important de noter que si vous rencontrez des munitions non explosées, la directive est de s’éloigner et de signaler à la police israélienne. Les munitions non explosées constituent un danger de mort et peuvent contenir des explosifs. Ces directives sauvent des vies ». Au cours des trois premiers mois de la guerre, des avis similaires ont été publiés de temps en temps, l’accent étant alors bien sûr mis sur le secteur sud.
Les derniers développements interviennent dans un contexte de crainte d’une réponse du Hezbollah à l’attaque d’explosion des appareils de communication, parallèlement aux déclarations israéliennes sur le transfert de l’attention vers le nord afin de permettre le retour des résidents évacués il y a plus de 11 mois chez eux. Des responsables en Israël ont estimé que le Hezbollah réagirait – et ont déclaré qu’il y avait une préparation pour « des échanges de coups comme on n’en a pas vu depuis le début de la guerre ».
Peu avant, le ministre Gallant a convoqué une discussion de sécurité sur les scénarios possibles, et a déclaré : « C’est une nouvelle phase de la guerre, elle comporte des opportunités significatives, mais aussi des risques lourds. Le Hezbollah est dans un sentiment de persécution et notre séquence d’actions militaires continuera. Notre objectif est de ramener les habitants du nord chez eux en sécurité. Plus le temps passe, plus le Hezbollah paiera un prix croissant. En parallèle, nous continuerons à mener l’effort pour ramener les otages chez eux et faire s’effondrer le Hamas ».
Nasrallah sur les explosions des bippers : « On peut appeler ça une déclaration de guerre »
Dans son premier discours après les attaques d’explosion des appareils de communication, Nasrallah a admis que son organisation avait subi un coup dur et « sans précédent » – et l’a qualifié de « génocide ». Parallèlement, il a précisé que les combats ne cesseraient pas jusqu’à l’arrêt de la guerre à Gaza, et s’est adressé au Premier ministre Benjamin Netanyahu : « Même une guerre totale ne conduira pas au retour des habitants du nord ». Nasrallah s’est vanté et a menacé que si Israël lançait une manœuvre au Liban, ce serait une soi-disant « opportunité historique » pour le Hezbollah – et a rappelé les actions de guérilla dans le passé contre les forces de Tsahal dans la zone de sécurité, dont Israël s’est retiré en 2000. Nasrallah a promis dans son discours une punition « juste », mais n’a pas donné de détails : « Cela viendra d’un endroit attendu, ou inattendu ».
À travers cette analyse, le texte aborde des concepts fondamentaux du hassidisme tels que l’unité divine, la descente de l’âme dans le monde matériel, le libre arbitre, et l’essence immuable de l’identité juive. Il offre ainsi une perspective unique sur le défi spirituel de maintenir son unité intérieure face à la multiplicité du monde, tout en affirmant la permanence du lien entre chaque Juif et Dieu, même dans les moments les plus difficiles.
La Torah décrit le processus de repentance à la fin de l’exil, qui conduira au rassemblement des exilés :
« Tu retourneras à l’Éternel ton Dieu et tu écouteras Sa voix, selon tout ce que je t’ordonne aujourd’hui, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme. L’Éternel ton Dieu ramènera tes captifs et aura pitié de toi, Il te rassemblera à nouveau d’entre tous les peuples parmi lesquels l’Éternel ton Dieu t’aura dispersé. Même si tes exilés se trouvent à l’extrémité du ciel, de là-bas l’Éternel ton Dieu te rassemblera et de là-bas Il te prendra. »
Au sens littéral, le verset parle de la promesse du rassemblement des exilés. Mais dans cet article, le sens intérieur des versets sera expliqué en relation avec le service divin de chaque Juif.
Tout d’abord, notons que le verset parle de ‘rassemblement’, qui signifie la collecte de nombreux éléments – et pourtant, toute la référence est au singulier.
L’explication est la suivante :
En principe, l’unité représente la divinité et la sainteté, tandis que la multiplicité représente ce monde et la matérialité – car dans la sainteté, on ressent l’annulation de soi envers le Saint, béni soit-Il, et comment chaque détail sert le but divin, alors que dans la matérialité, chaque détail de la réalité exprime une existence indépendante et une « séparation ».
L’âme sainte en elle-même est dans l’état d' »unique », car elle est unie et spéciale avec le Saint, béni soit-Il. Mais quand l’âme descend dans ce monde, et que la personne commence à s’occuper des affaires du monde, les forces de l’âme deviennent ‘nombreuses’ et séparées – et il est nécessaire de les ‘rassembler’ et de les réunir à nouveau dans l’unité divine qui est dans l’âme.
À la suite de ce processus de séparation, un Juif peut se dégrader spirituellement au point de pécher et de transgresser la volonté de Dieu, à Dieu ne plaise – et c’est l’aspect d' »exilé ».
Cependant, même dans un état d »exil’, l’âme reste unique – car la source de l’âme divine est au-dessus de toutes les limitations et définitions contraignantes, et son lien profond avec la divinité est toujours préservé.
« Tu retourneras à l’Éternel ton Dieu et tu écouteras Sa voix, selon tout ce que je t’ordonne aujourd’hui, toi et tes enfants, de tout ton cœur et de toute ton âme. L’Éternel ton Dieu ramènera tes captifs et aura pitié de toi, Il te rassemblera à nouveau d’entre tous les peuples parmi lesquels l’Éternel ton Dieu t’aura dispersé. Même si tes exilés se trouvent à l’extrémité du ciel, de là-bas l’Éternel ton Dieu te rassemblera et de là-bas Il te prendra. »
Pourquoi le rassemblement des exilés est-il dit au singulier ?
Il faut comprendre pourquoi il est écrit « ton exilé » au singulier. Le concept de rassemblement s’applique spécifiquement aux détails, et en particulier à une multiplicité de détails. Comme il est écrit : « Et vous serez rassemblés un par un, enfants d’Israël ». Par contre, pour un individu, le terme de rassemblement ne s’applique pas.
Et puisqu’il est dit « te rassemblera » au singulier, on ne comprend pas pourquoi il est écrit « ton exilé » au singulier. Le verset aurait dû être au pluriel !
L’âme en elle-même – unique ; les forces de l’âme se répandent dans les affaires du monde – multiplicité
Mais voici l’explication :
En effet, l’âme en elle-même est dans l’état d’unicité. Mais comme l’âme est descendue ici-bas, elle a reçu le libre arbitre. Comme il est écrit : « Vois, j’ai placé devant toi aujourd’hui la vie et le bien » et l’opposé de la vie et du bien.
Du fait de la descente de l’âme ici-bas, elle est sujette à la multiplicité et à la dispersion, jusqu’à l’état d' »exilé ».
C’est-à-dire que bien que l’âme en elle-même soit dans l’état d’unicité, les choses de ce monde sont dans l’état de multiplicité.
Par conséquent, lorsque la pensée, la parole et l’action de l’âme se répandent dans les affaires du monde, elles deviennent aussi dans l’état de multiplicité et de séparation, au point qu’il peut y avoir une réalité d' »exilé », à Dieu ne plaise.
Le sens d' »exilé » signifie qu’il est opposé à la volonté de D.ieu. C’est-à-dire que sa volonté (et par conséquent aussi sa pensée, sa parole et son action) n’est pas conforme à la volonté de D.ieu, mais selon ses propres désirs, et alors il devient dans l’état d' »exilé ».
« Ton exilé » au singulier – car même au moment du péché, l’âme est dans l’état d' »unicité »
Cependant, il est dit « ton exilé » au singulier – car même lorsque l’homme transgresse la volonté du Saint, béni soit-Il, et devient dans l’état d' »exilé », même alors il est dans l’état d’unicité.
Comme il est écrit : « Une nation unique sur la terre » – car les âmes d’Israël, étant au-dessus des limites de l’ordre de l’enchaînement [des mondes spirituels], même lorsqu’elles sont « sur la terre » (par la descente de l’âme ici-bas), elles sont dans l’état d' »unicité ».
Et plus encore : même au moment du péché, elles sont aussi dans l’état d' »unicité ». Car « Un Juif, même s’il a péché – reste un Juif ».
C’est pourquoi le Saint, béni soit-Il, dit de chaque Juif, quel qu’il soit : « Le rejeton de mes plantations, l’œuvre de mes mains, dont je me glorifie » – de même que le Saint, béni soit-Il, est éternel, ainsi en est-il d’Israël, qui est l’œuvre de Ses mains.
C’est pourquoi il est écrit « ton exilé » au singulier. Car même lorsqu’il est « exilé », que D.ieu nous en préserve, il est dans l’état d' »unicité ».
5503 : Mariage des parents de l’Admour Hazaken – le saint Rabbi Baruch et la Rebbetzin Rivka. La cérémonie du mariage eut lieu le vendredi 17 Elloul, mais l’une des conditions posées par le père du marié était que le festin de mariage se tienne le 18 Elloul.
5657 : Le Rabbi Rashab choisit les dix-huit premiers étudiants de la Yeshiva Tomchei Temimim et nomma le célèbre mashpia (mentor spirituel) Rabbi Shmuel Gronem Esterman comme leur guide.
5748 : Le Rabbi pose la première pierre pour l’agrandissement du bâtiment 770, projet lancé suite à ses instructions. Le Rabbi arriva sur les lieux depuis sa maison dans l’après-midi, vêtu d’un sirtuk (manteau long) de soie, monta sur une estrade spéciale érigée à l’extérieur du bâtiment, et commença immédiatement un discours qui dura environ dix minutes. Dans son discours, le Rabbi parla du sujet de la pose de la première pierre et dit : « Une telle maison dont le fondement est saint et qui est construite avec la conscience que la construction se fait par la force du Saint, béni soit-Il, mérite les bénédictions de D.ieu, qui devient, pour ainsi dire, partenaire dans la construction, et la construction sera un grand succès matériellement et spirituellement, et se fera rapidement, et s’accomplira en elle ‘Je résiderai parmi eux’ dans la joie et la bonté de cœur. »
Après avoir terminé son discours, le Rabbi demanda à M. David Chase – président du fonds de construction – de prononcer quelques mots en yiddish, et le beau-frère du Rabbi, Rabbi Shmaryahu Gurary, prononça également une courte bénédiction. Ensuite, le Rabbi descendit de l’estrade et s’approcha de l’endroit désigné pour la pose de la première pierre, prit une pelle dans ses mains, déplaça un peu la terre dans le trou, puis saisit la pierre à deux mains et la plaça dans le trou. Ensuite, le Rabbi prit la pelle dans sa main et couvrit la pierre d’un peu de sable. À la fin de l’événement, le Rabbi distribua un dollar pour la charité à tous les participants.
18 Elloul
5369 : Décès du Maharal de Prague, le grand génie descendant du roi David. Le Maharal est décédé à l’âge de quatre-vingt-dix-sept ans et a été enterré dans la ville de Prague. L’Admour Hazaken est un descendant à la huitième génération du Maharal, de père en fils.
5458 : Naissance de notre maître Rabbi Israël Baal Shem Tov. Son père, le saint Rabbi Eliezer, avait cent ans, et sa mère, la Rebbetzin Sarah, avait quatre-vingt-dix ans.
Le jour de son seizième anniversaire, le Baal Shem Tov partit en isolement, récita des Psaumes et s’engagea dans l’unification des Noms saints. Et alors, comme le décrivit le Baal Shem Tov lui-même : « Soudain, j’ai vu le prophète Élie avec un sourire sur ses lèvres, j’étais très étonné qu’étant seul, j’aie mérité la révélation du prophète Élie. C’était la première fois que je méritais de voir le prophète Élie seul, car avant cela, je l’avais vu quand j’étais avec les Tsaddikim cachés. »
Le jour de son vingt-sixième anniversaire, le prophète Ahiya le Shilonite se révéla au Baal Shem Tov, et pendant dix ans, il lui révéla et lui enseigna la lumière de la Torah telle qu’elle est étudiée au Gan Eden. Puis, le jour du trente-sixième anniversaire du Baal Shem Tov, Ahiya le Shilonite lui ordonna de se révéler au monde comme un faiseur de miracles et un révélateur de profondeurs.
5505 : Naissance de l’Admour Hazaken, dans la ville de Liozna en Russie Blanche, près de la ville de Vitebsk. Il fut nommé « Shneur Zalman », du nom de son grand-père, le père de Rabbi Baruch. Le nom de famille de l’Admour Hazaken était Baruchovitch, et avant cela, le nom de famille de ses parents était Posner.
La naissance de l’Admour Hazaken réalisa la promesse du Baal Shem Tov, qui, lors du repas d’anniversaire de l’année précédente, avait dit à Rabbi Baruch, le père de l’Admour Hazaken : « À cette même époque, vous embrasserez un fils. »
Le jour même de la naissance de l’Admour Hazaken, lorsque le Baal Shem Tov revint de son immersion dans le mikvé, il était d’humeur joyeuse et exaltée, ce qui étonna tous les disciples. Le Baal Shem Tov pria devant le pupitre, et tous furent surpris par les mélodies de fête joyeuses avec lesquelles il pria et par le fait qu’il ne dit pas la prière de supplication (Tahanun). Après la prière, le Baal Shem Tov invita ses disciples à un repas de mitsva et était dans une grande joie. Pendant le repas, il dit : « Le mercredi, les luminaires furent suspendus. Ce mercredi de la section ‘Lève-toi, resplendis’, une nouvelle âme est descendue dans le monde pour illuminer le monde avec la Torah révélée et le hassidisme, et elle aura un dévouement pour la voie du hassidisme et réussira jusqu’à la venue du Messie. »
Le jour du troisième anniversaire de l’Admour Hazaken, le Baal Shem Tov coupa ses cheveux, posa ses mains sur sa tête et le bénit de la bénédiction des prêtres.
Déjà lors de la célébration de la Bar Mitsva de l’Admour Hazaken, les génies de la génération le couronnèrent du titre de « Rav Tanna Hou Oupalig » (Il est un maître de la Mishna et se distingue).
5573 : L’Admour HaEmtzai (le Mitteler Rebbe) voyage de Kremenchug et arrive à Lubavitch, accompagné de milliers de hassidim.
Lubavitch était une petite ville où vivaient alors environ quatre cents familles, dont trois cents étaient juives. La ville était entourée de grandes forêts qui lui donnaient l’apparence d’un lieu isolé et procuraient à ses habitants un sentiment d’isolement, c’est pourquoi elle devint un centre d’attraction pour les gens qui voulaient se recueillir et se rapprocher de D.ieu et de Sa création.
Environ deux mois plus tard, l’Admour HaEmtzai s’installa de façon permanente à Lubavitch, et la ville devint la capitale du hassidisme Habad pour une période de cent deux ans et quatre générations de leaders Habad : l’Admour HaEmtzai, l’Admour Tsemah Tsedek, l’Admour Maharash et l’Admour Rashab, qui diffusèrent depuis Lubavitch l’enseignement du hassidisme et le service du cœur à travers le monde.
5657 : Début des études en Torah révélée et en hassidisme à la Yeshiva Tomchei Temimim à Lubavitch.
23 Elloul
5697 : Histalkout du Rav HaGaon HaHassid R’ Meir Shlomo Yanovsky, grand-père du Rabbi, père de sa mère la Rebbetzin Hanna. Le Rav Yanovsky était un grand génie en Torah révélée et en hassidisme. Après son mariage, le Rav Yanovsky étudia auprès de l’Admour Maharash pendant environ un an. Après le décès de son grand-père, le Rav HaGaon HaHassid R’ Avraham David Lavut, auteur du « Shaar HaKolel » et rabbin de la ville de Nikolayev, le Rav Yanovsky fut nommé selon son testament pour lui succéder.
Cette Si’ha du Rabbi souligne l’importance que les Rebbeïm ont accordée à l’éducation des enfants et au service de la communauté, même au détriment de leur propre étude et pratique spirituelle. Il se termine par un appel à l’action, encourageant tous ceux qui en sont capables à s’engager dans l’éducation.
Extrait d’un Farbrenguen du 18 Eloul 5733 – (Torat Menahem, volume 73, page 213)
En l’an 5652 (1892), le 18 Eloul tombait le Chabbat de la section Torah Ki Tavo. Le jeudi précédant le Chabbat, puis à nouveau la veille du Chabbat, le Rabbi Rachab se rendit sur la tombe de son père, le Rabbi Maharach.
Le Rabbi précédent décrit l’événement ainsi : « Il y resta jusqu’à tard, et à son retour on pouvait voir dans ses yeux qu’il avait beaucoup pleuré. Le Chabbat, il prononça un discours sur ‘Et il adviendra lorsque tu entreras’. La manière dont il pria ce Chabbat était inhabituelle, avec des flammes ardentes et une ferveur particulière. Ce Chabbat-là, comme il termina la prière tardivement, il n’eut le temps que de faire le Kiddouch, de prier Minha et de se laver les mains pour le repas de Chabbat. »
Lors de la réunion de Simhat Torah, plus d’un mois plus tard, le Rabbi Rachab révéla ce qui s’était passé ce Chabbat-là. Le Rabbi expliqua qu’il ne prononce pas de discours hassidique en public avant d’avoir médité intensément sur le sujet au point de s’y identifier complètement. Afin de bien comprendre le discours hassidique sur la section Ki Tavo, qu’il avait entendu de son père, il s’était rendu deux fois sur la tombe de son père, jusqu’à ce qu’il mérite de s’identifier au contenu du discours avant de le répéter en public le Chabbat.
En récompense de ses grands efforts pour diffuser la Torah hassidique et comprendre le discours, le Rabbi Maharach lui dit : « Allons écouter un enseignement du Baal Chem Tov au Gan Eden », et l’emmena avec lui. Tout au long du Chabbat, le Rabbi Rachab entendit sept enseignements spéciaux que le Baal Chem Tov transmit à ses disciples.
Le Baal Chem Tov prononça le septième et dernier enseignement lors du troisième repas, sur le verset de la Haftara du Chabbat : « Lève-toi, resplendis, car ta lumière est venue, et la gloire de l’Éternel brille sur toi ». Le Baal Chem Tov dit alors : « Vous, les dirigeants d’Israël, qui mettez de côté votre Torah et votre service divin pour le bien de la communauté, qu’adviendra-t-il de vous ? – C’est à ce sujet qu’il est dit ‘Lève-toi, resplendis’, dans la lumière individuelle et collective ».
Le Baal Chem Tov prononça cet enseignement après tous les précédents, qui contenaient des concepts très élevés et profonds, et au moment le plus sublime du Chabbat. C’est précisément à ce moment-là que le Baal Chem Tov choisit de parler des dirigeants d’Israël qui s’occupent du bien de la communauté.
Cet enseignement est une directive sur l’importance de s’occuper des besoins de la communauté, car pour tous ceux qui s’en occupent, il est dit « Lève-toi, resplendis ». Et pour les « habitants de la tente » (érudits), cela signifie enseigner au public, en particulier aux jeunes enfants.
Cela est particulièrement lié au 18 Eloul, car nous trouvons cela chez le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken :
Le Baal Chem Tov commença son service divin en s’occupant spécifiquement des enfants juifs, les éduquant à dire « Amen, que Son grand Nom soit béni » et d’autres choses simples.
De même pour l’Admour Hazaken. Lorsqu’il choisit et rassembla autour de lui des érudits exceptionnels pour leur enseigner la dimension intérieure de la Torah, il appela ce groupe « Heder », précisément comme on appelle l’endroit où les jeunes enfants étudient, en raison de la grande valeur de l’enseignement aux jeunes enfants. Et de là sont issus de grands dirigeants juifs, dont l’influence se fait sentir sur des générations.
On a vu la même chose chez mon beau-père le Rabbi [précédent], qui dès son arrivée aux États-Unis s’est efforcé d’envoyer des jeunes gens pour être enseignants et s’est personnellement investi dans cette cause.
On voit par là combien l’implication dans l’éducation est importante, contrairement à ceux qui prétendent que s’occuper des jeunes enfants n’est pas si important, mais plutôt le contraire.
Particulièrement maintenant, alors qu’il y a un cri d’alarme sur le manque d’enseignants – tous ceux qui en sont capables doivent se porter volontaires pour s’engager dans l’éducation !