Célébration du 10e Yortzeit du Rav Chmouel Azimov au Beth Haya Mouchka et au local de la rue Lamartine

Célébration du 10e Yortzeit du Rav Chmouel Azimov au Beth Haya Mouchka et au local de la rue Lamartine

Aujourd’hui, le 12 Hechvan marque le dixième anniversaire du départ (Yortzeit) de l’inoubliable émissaire, le Rav Chmouel (Moulé) Azimov, de mémoire bénie, qui a orchestré une véritable révolution française dans le judaïsme, transformant la vie communautaire juive de Paris en un pôle rayonnant de Torah, d’éducation juive et de Hassidout.

 

Aujourd’hui, le 12 Hechvan marque le dixième anniversaire du départ (Yortzeit) de l’inoubliable émissaire, le Rav Chmouel (Moulé) Azimov, de mémoire bénie, qui a orchestré une véritable révolution française dans le judaïsme, transformant la vie communautaire juive de Paris en un pôle rayonnant de Torah, d’éducation juive et de Hassidout.

Ses fils, fidèles à son héritage, poursuivent cette grande révolution en renforçant les institutions Loubavitch en France. Leur action se manifeste tant par la construction de nouvelles institutions prestigieuses que par le développement continu des structures existantes.

Ce matin, la famille, accompagnée d’amis et de proches, s’est réunie pour la prière de Chaharit suivie d’un « Lehaïm » à la mémoire du Rav Moulé.

Le directeur du Beth Loubavitch, le Rav Mendel Azimov, a prié à l’institution « Beth Haya Mouchka », tandis que son frère, le Rav Levi Itshak Azimov, a dirigé la prière au « Local » – le premier Beth Habad de Paris.

Photos : Mordehai Lubecki

 

 

 

 

 

 

 


Yortzeit du Rav Chmouel Azimov le 12 Hechevan : Une soirée d’étude exceptionnelle avec les élèves de la Yechiva Daat Menahem de Jérusalem

Yortzeit du Rav Chmouel Azimov le 12 Hechevan : Une soirée d’étude exceptionnelle avec les élèves de la Yechiva Daat Menahem de Jérusalem

Un hommage vibrant a été rendu au Rav Chmouel « Moulé » Azimov zatsal à l’occasion de son dixième Yortzeit. La Yechiva francophone Daat Menahem de Jérusalem, sous la direction éclairée du Rav Shaul Sellam, a organisé le 12 Hechvan une soirée d’étude exceptionnelle à la Yéchiva Torat Emet, consacrée aux Sihot du Rabbi de Loubavitch. Cette initiative a rassemblé l’ensemble des étudiants de la Yechiva dans un élan d’enthousiasme et de ferveur qui s’est prolongé jusqu’aux heures tardives de la nuit.

 

La Yechiva francophone Daat Menahem de Jérusalem, sous la direction du Rav Shaul Sellam, a organisé une soirée d’étude particulière le 12 Hechvan, marquant le dixième anniversaire de la disparition (Yortzeit) du Rav Chmouel « Moulé » Azimov, de mémoire bénie.

Cette commémoration s’est déroulée à la Yéchiva  Habad Torat Emet du Chikoun Habad de Jérusalem, où les élève se sont retrouvés à travers l’étude approfondie des Sihot (causeries) du Rabbi de Loubavitch, un choix qui fait écho à l’attachement profond que portait le Rav Azimov aux enseignements du Rabbi, qu’il a contribué à diffuser tout au long de sa vie.

Les étudiants se sont pleinement investi dans ce Seder Limoud (session d’étude) spécial. L’atmosphère était empreinte d’une ferveur particulière, les élèves démontrant un enthousiasme remarquable qui les a conduits à poursuivre leur étude jusque tard dans la nuit.

Cette initiative témoigne de la volonté de perpétuer l’héritage spirituel du Rav Azimov, figure marquante du renouveau du judaïsme français, qui a œuvré sans relâche pour le développement et le rayonnement du judaïsme en France. Sa mémoire continue d’inspirer les nouvelles générations d’étudiants, comme en témoigne cette soirée d’étude dédiée.

Cette commémoration par l’étude rappelle l’importance de la transmission et de la continuité dans la tradition juive, où le souvenir des justes est honoré à travers l’étude de la Torah.

La Yechiva Daat Menahem : Excellence et Tradition au Cœur de Jérusalem

Nichée au cœur du quartier historique de Beit Israël à Jérusalem, la Yechiva Daat Menahem s’est forgée une réputation d’excellence dans l’enseignement de la Torah pour les étudiants francophones. Chaque année, une trentaine de jeunes, venus principalement de France, ont le privilège d’intégrer cette institution prestigieuse qui allie tradition et pédagogie moderne dans un cadre d’internat complet.

L’institution se distingue par sa double offre pédagogique, adaptée aux différents niveaux des étudiants :

  • Le Programme d’Initiation Spécialement conçu pour les débutants en Talmud, ce cursus pose les fondations essentielles pour une étude approfondie des textes. Les étudiants y acquièrent méthodiquement les compétences nécessaires pour aborder le Talmud, la Halakha (loi juive) et le Hassidout.
  • Le Programme de Sémikha Destiné aux étudiants avancés, ce parcours d’excellence prépare aux examens rigoureux du Grand Rabbinat d’Israël, ouvrant la voie à une carrière rabbinique.

Ce qui fait la singularité de Daat Menahem, c’est l’accent particulier mis sur l’étude du Hassidout, pierre angulaire de l’enseignement qui rythme chaque journée, de l’aube au crépuscule. L’institution se caractérise également par son attachement profond aux enseignements du Rabbi de Loubavitch, dont la vision et les directives guident l’approche pédagogique.

La Yechiva offre ainsi bien plus qu’une simple formation académique : elle forge des personnalités accomplies, alliant savoir traditionnel et valeurs hassidiques, dans un environnement francophone chaleureux au cœur de la Ville Sainte.

Yechiva Daat Menahem
Barukh Rapaport 8, Jerusalem

Mardi 12 novembre – 20h30 : Grande Soirée d’Inspiration à la Mémoire de Mme Bassie Azimov au Beth Haya Mouchka

Mardi 12 novembre – 20h30 : Grande Soirée d’Inspiration à la Mémoire de Mme Bassie Azimov au Beth Haya Mouchka

À l’occasion du Yortsaït  de Mme Bassie Azimov (17 Hechevan), les Nechei Oubnot ‘Habad de Paris organisent une soirée spéciale pour perpétuer son héritage spirituel. L’événement, qui se tiendra ce mardi 12 novembre 2024 (11 ‘Hechvan 5785) dans les Salons ‘Haya Mouchka, s’inscrit dans la continuité des cours qu’elle avait elle-même instaurés et qui lui tenaient particulièrement à cœur.

 

La soirée, intitulée « S’inspirer pour inspirer », sera animée par Mme Hanna Gershovitz et enrichie par le témoignage émouvant de Mme Cheindel Samama, émissaire du Rabbi à Strasbourg. Ce rassemblement exclusivement féminin vise à perpétuer l’œuvre remarquable de celle qui, aux côtés de son époux Rav Chmouel Azimov, a profondément marqué le judaïsme français.

Au programme de cette soirée qui débutera à 20h30 :
– Un enseignement spirituel
– Un témoignage personnel
– Une projection vidéo
– Un tirage au sort (goral)
– Un buffet convivial

Cette rencontre, qui se déroulera au 49 rue Petit dans le 19ème arrondissement de Paris, est ouverte gratuitement à toutes les femmes désireuses de s’inspirer des enseignements du Rabbi et de l’exemple de Mme Azimov. Elle s’inscrit dans la mission de « construire et parfaire le monde » à travers l’étude et la mise en pratique des enseignements hassidiques.

L’héritage de Mme Bassie Azimov continue ainsi de vivre à travers ces rencontres qui perpétuent sa vision d’un judaïsme vivant et accessible à toutes.

Entrée libre – Public féminin uniquement

Possibilité de participer au goral sur le site:
neshehabad.com

Ce soir marquera le 10e Yortsaït de Rav Chmouel Azimov ע’ה

 

 

Madame Bassie Azimov nous a quitté le lundi 17 ‘Hechvane 5772 (14 novembre 2011).

Madame Bassie a ‘h Azimov était issue d’une famille juive russe distinguée. Ses parents s’étaient mariés en Sibérie : en effet, peu après ses fiançailles, Rav Bentsion Chemtov avait été arrêté puis envoyé en exil en Sibérie. Pourquoi ? Il avait été pris en flagrant délit d’activités contre révolutionnaires, c’est-à-dire que, sous l’impulsion de Rabbi Yossef Yits’hak Schneersohn, le précédent Rabbi de Loubavitch, il avait organisé des écoles juives clandestines et encourageait les Juifs à rester fidèles à la Torah et à pratiquer les Mitsvot, quel que soit le danger.

Par la suite, il remarqua non sans humour : «Le froid était si intense en Sibérie que même le bacille de la tuberculose n’y résistait pas!’

Sa fiancée l’avait alors rejoint malgré le froid et les dangers inhérents à cette démarche et ils s’étaient mariés dans la plus grande simplicité. Bassie était la dernière de leurs six enfants. (Ses frères et sœur, neveux et nièces sont tous largement impliqués dans le Mouvement Loubavitch, émissaires du Rabbi, que ce soit en Angleterre, aux États-Unis et, de fait, dans le monde entier).  

Après la guerre, ses parents réussirent à quitter le «paradis soviétique’ avec de nombreux autres ‘Hassidim qui avaient profité de certains allègements, lors d’un long voyage – et diverses étapes – en train qui dura plus d’un an, à travers l’Europe à peine libérée et en pleine reconstruction pour finalement s’installer à Londres où ils reprirent leurs activités de propagation du judaïsme.

Mme Chemtov entreprit même de rédiger des livres pour enfants en anglais, langue qu’elle maîtrisa bien vite. Très tôt, leurs enfants les secondèrent et Bassie passait ses Chabbat après midi, non pas à sortir avec ses amies mais à s’occuper de Messibot Chabbat pour les petites filles de son quartier qui ne fréquentaient pas l’école juive.

Inscrite au Séminaire de Jeunes Filles de Gateshead, fidèle à elle-même, elle continua d’enseigner tout en étudiant ; elle influença durablement ses camarades de classe qui sont depuis devenues elles-mêmes des responsables dans différentes communautés juives du monde entier et qui se souviennent avec émotion de la passion avec laquelle elle diffusait les messages du Rabbi.

Ce fut pendant ses études au séminaire que Bassie apprit le décès de sa mère : elle avait alors 17 ans et son chagrin fut immense. Cela contribua à la rapprocher de son père qui la présenta à la Rabbanit ‘Hanna Schneersohn, la mère du Rabbi, qui s’occupa d’elle avec affection. Elle fut aussi présentée à l’épouse du Rabbi, la regrettée Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Elle s’installa alors aux États-Unis pour enseigner dans une école juive de Philadelphie. On peut dire que, depuis, elle n’a jamais abandonné le domaine de l’éducation, aussi bien pour les enfants que pour les adultes à qui elle savait transmettre ses exigences de perfection dans tout ce qui touche à la pratique de la Torah et l’attachement au Rabbi de Loubavitch et ses enseignements qui étaient sa raison de vivre. Lire la suite

Dès son mariage avec le Rav Chmouël a ‘h Azimov en 1968, elle s’installa à Paris à l’initiative du Rabbi. Avant de partir, elle fut reçue par la Rabbanit ‘Haya Mouchka – de mémoire bénie – qui lui annonça prophétiquement : «Nous avons labouré et semé (dans les années 30, le Rabbi et son épouse avaient habité à Paris), vous allez récolter!’. 

Et il est vrai que la récolte dépassa toutes les espérances ! Il suffit pour cela de consulter les chiffres du Beth Loubavitch (plus de 120 émissaires répartis dans toute la région parisienne, des écoles qui frisent l’excellence académique, des synagogues, des Mikvés, des publications, des allumages publics de ‘Hanoucca, des distributions de matériel religieux avant les fêtes, des grands rassemblements …) pour constater que les résultats ont été prodigieux. Il est absolument certain que cette réussite du Rav Azimov doit énormément à l’encouragement et l’initiative de son épouse qui sut exiger le meilleur : non pas matériellement pour elle-même mais spirituellement pour tous.

Cependant, les débuts ne furent pas faciles. Bassie évoquait avec humour son arrivée dans cet étrange pays à la veille d’une révolution lors de la fameuse révolte estudiantine de mai 68 : les magasins fermés, les parisiens constituant des provisions de sucre et de farine comme pour tenir un siège, les grèves et les manifestations…Quant à la vie juive, elle était plus que difficile au point qu’elle remarqua un jour : «Quel avantage ! Ici, tout est à construire! Et nous construirons à priori selon les meilleurs critères de cacherout et d’éducation!’

Elle n’admettait aucun compromis dès lors qu’il s’agissait de la pratique des Mitsvot. C’est elle qui fixa les règles qui président encore aujourd’hui aux destinées des écoles  avec un programme conforme aux meilleures écoles Loubavitch de par le monde… Le cours qu’elle animait le  mardi soir était devenu une institution. Elle enseignait aussi à l’école ‘Haya Mouchka où elle suivait les progrès de chaque élève et où elle encourageait chaque professeur. Elle avait d’ailleurs surveillé attentivement l’élaboration des plans  puis des travaux de cet énorme complexe qui demeure la plus grande école juive d’Europe. Ses élèves étaient devenues comme ses filles, et elle savait comment obtenir le meilleur d’elles.

Malgré sa santé précaire, elle faisait preuve d’un courage exemplaire et restait focalisée vers un seul but : ramener tous les Juifs de France à une vie de Torah : alors que nombreux étaient ceux qui avaient décrété qu’il était impossible de rester un bon Juif à Paris, la ville des lumières, la ville du mauvais penchant, elle lutta de toutes ses forces et parvint à prouver que «Paris n’est pas différent’, qu’on peut vivre une vie de Torah même dans la capitale du pays de la révolution française si mal vue dans le passé.

Madame Bassie Azimov nous a quitté le lundi 17 ‘Hechvane 5772 (14 novembre 2011), à l’âge de 65 ans.

«De même que sa descendance est en vie, elle aussi est en vie !’, une vie entièrement tendue vers la perfection, vers un attachement inconditionnel au Rabbi et à ses enseignements.

Feiga Lubecki

Whashington : Voici comment le Rav Shemtov a répondu quand il a été attaqué verbalement par un un manifestant pro-Hamas

Whashington : Voici comment le Rav Shemtov a répondu quand il a été attaqué verbalement par un un manifestant pro-Hamas

 

 

Une vidéo TikTok devenue virale montre le Rav Levi Shemtov, émissaire à Washington, subissant une attaque verbale surprise par un manifestant pro-Hamas du « Réseau d’Information Palestinien » alors qu’il revenait d’un grand événement public. La vidéo a recueilli des centaines de milliers de vues sur les réseaux sociaux. Malgré l’agression verbale, le Rav Shemtov est resté calme tout au long de cette expérience difficile et a donné des réponses pertinentes aux questions et accusations malveillantes.

 

 

Dans la vidéo, le Rav Levi Shemtov, émissaire de Habad et vice-président des Amis de Loubavitch à Washington, fait face à un antisémite qui lance des accusations sur le droit des Juifs à ce qu’il appelle la « Palestine ».

Étonnamment, malgré l’attaque verbale, le Rav Shemtov est resté calme tout au long de cette expérience difficile et a donné des réponses intelligentes et pertinentes aux questions et accusations malveillantes et illogiques de l’antisémite pro-Hamas.

« Le Rabbi a expliqué que D.ieu l’a donné à Abraham et lui a promis que ses descendants en hériteraient », a notamment répondu le Rav Shemtov.

Vidéo :

 

L’interlocuteur, qui a admis n’avoir aucun intérêt pour les réponses du Rav, a déclaré que les Juifs « volent, pillent et mentent ».

À un moment donné, l’agresseur a dit : « Arrête de mentir mon frère, arrête de mentir… Tu es jaloux que mon grand-père soit né en Palestine et pas le tien. »

Il a traité le Rav de « sale » et l’a accusé d’être un « manipulateur ».

VINnews s’est entretenu avec le Rav Shemtov, qui a déclaré que le manifestant essayait « de provoquer et de créer des problèmes », et était visiblement déçu que le Rav Shemtov refuse de mordre à l’hameçon et ne se laisse pas entraîner dans la provocation.

« Je n’avais pas à avoir honte. Il m’a interrogé sur notre revendication sur la Terre d’Israël et je lui ai répondu », a expliqué le Rav. « Il a choisi la semaine parfaite, puisque dans la paracha de la semaine dernière, nous avons lu que D.ieu a promis la Terre d’Israël à notre père Abraham. »

À un moment donné, on voit deux policiers s’approcher du Rav Shemtov et s’entretenir avec lui. Ils lui ont demandé s’il se sentait menacé, et il leur a fait signe que non.

« Je pouvais voir un regard de déception sur le visage de l’agresseur quand j’ai rassuré les policiers », a déclaré le Rav Shemtov. « Il espérait que je me sente menacé. »

Le Rav Shemtov quittait l’événement d’unité juive au stade de baseball « Nationals Park » dimanche lorsqu’il a été attaqué par l’antisémite.

L’événement était organisé par les Fédérations juives d’Amérique du Nord et la Conférence des Présidents des principales organisations juives américaines.

Le Rav Shemtov est un émissaire Habad dans la région de Washington et est connu pour ses liens avec de nombreux politiciens juifs, lobbyistes et responsables gouvernementaux juifs.

Le Mossad émet un avertissement exceptionnel : crainte d’attentats contre des Israéliens en Thaïlande

Le Mossad émet un avertissement exceptionnel : crainte d’attentats contre des Israéliens en Thaïlande

Dans un contexte international tendu depuis le 7 octobre, une alerte sécuritaire majeure vient d’être émise concernant la sécurité des ressortissants israéliens en Thaïlande. Le Mossad et le Conseil de sécurité nationale israélien (NSC) ont pris la mesure inhabituelle d’émettre un avertissement conjoint et public, signalant des menaces concrètes contre la communauté juive et israélienne dans le pays.

 

Le Mossad et le Conseil de sécurité nationale (NSC) émettent un avertissement conjoint exceptionnel signalant qu’ils ont identifié des tentatives d’attaques contre des Israéliens en Thaïlande et recommandent la prise de mesures de précaution. Cette alerte intervient notamment après que des supporters du Maccabi Tel Aviv ont été attaqués le week-end dernier à Amsterdam par des groupes islamistes organisés.

Les deux organismes annoncent aujourd’hui (mardi) dans un communiqué inhabituel que les Israéliens doivent prendre des précautions particulières dans toute la Thaïlande, suite à des informations récentes concernant des intentions et des tentatives de porter atteinte aux Israéliens et aux Juifs dans tout le pays. En arrière-plan, les services de sécurité israéliens travaillent depuis plusieurs mois avec la Thaïlande pour déjouer diverses attaques.

Cette alerte survient notamment après que des supporters du Maccabi Tel Aviv ont été attaqués après le match à Amsterdam par des groupes islamistes organisés armés qui ont renversé, poignardé, humilié et agressé des dizaines d’Israéliens à travers la ville. Pendant plusieurs heures, la police n’a pas réussi à stopper l’incident, dont elle avait pourtant reçu un avertissement préalable d’Israël.

Voici les mesures de sécurité requises selon le Conseil de sécurité nationale et le Mossad :

1. Éviter de participer à des événements de masse identifiés comme israéliens, en particulier ceux annoncés à l’avance ou les lieux de divertissement et de rassemblement identifiés comme israéliens.
2. Informer les forces de sécurité locales si vous êtes exposé à une activité hostile ciblant spécifiquement les Israéliens/Juifs.
3. Dissimuler les signes distinctifs israéliens/juifs.
4. Éviter de partager les détails de localisation et plans de voyage sur les réseaux sociaux.

En conclusion, le NSC suggère que l’Iran est derrière ces tentatives d’attaques contre des Israéliens : « Il convient de souligner que depuis les événements du 7 octobre et l’opération Épées de Fer, l’Iran et ses mandataires ont intensifié leurs efforts pour cibler les objectifs israéliens et juifs à travers le monde. »

Mardi soir et mercredi 12 ‘Hechvan  : Yortsaït de Rav Chmouel Azimov, fondateur et directeur du Beth Loubavitch de Paris.

Mardi soir et mercredi 12 ‘Hechvan : Yortsaït de Rav Chmouel Azimov, fondateur et directeur du Beth Loubavitch de Paris.

 

Le 12 ‘Hechvan a lieu le Yortsaït  de Rav Chmouel Azimov, fondateur et directeur du Beth Loubavitch de Paris. Lui qui avait redonné vie à un judaïsme frileux, lui qui avait tant donné de sa personne pour les autres, lui qui, aux côtés de son épouse, avait su nourrir tant d’étudiants, matériellement et surtout spirituellement aux fontaines vivifiantes de la ‘Hassidout s’est éteint le mercredi 12 Ma’hechvan 5775 – 5 November 2014 (6, cinq jours avant le troisième Yarhzeit (anniversaire de décès) de son épouse.

 

Ses parents
Rav ‘Haïm Hillel Azimov et son épouse Récha s’étaient réfugiés durant une partie de la seconde Guerre Mondiale à Samarcande pour échapper à l’avancée nazie. C’est là que naquit Chmouël en 1945 : à sa naissance, sa mère pleura car, disait-elle, elle n’avait pas l’argent nécessaire pour payer une Brit Mila. Après bien des aventures (et la perte de deux enfants en bas âge à cause de la famine et des maladies qui sévissaient en URSS), la famille parvint à quitter clandestinement ce pays qui rendait insupportable la vie de tous ses citoyens mais surtout des Juifs pratiquants. Cette fuite se fit avec l’aide de faux passeports polonais au nom de Zysslin, ce qui explique le double nom de la famille.

Brunoy
Rav Haïm-Hillel travailla au Bureau Européen Loubavitch de la rue Meslay pour assurer le bien-être des réfugiés d’Europe de l’est et des survivants de la Shoah ; en même temps, il dirigeait le réseau des Talmud Torah Loubavitch qu’il avait créé à la sortie de la guerre pour les enfants des survivants. Son fils Chmouël (qu’on appelait affectueusement Moulé) et son frère étudiaient à la Yechiva de Brunoy.

Déjà à la Yechiva, le jeune Chmouël s’occupait des nouveaux venus, des jeunes étudiants parisiens qui entraient à la Yechiva par curiosité : il les accueillait chaleureusement et veillait à tous leurs besoins, établissant pour eux un programme d’étude et les initiant très vite à la vie ’hassidique, leur proposant un judaïsme sans compromis et les éduquant dès le départ comme s’ils étaient ses propres enfants. Les plus anciens d’entre eux se souviennent comment il allait lui-même à la ferme en vélo et leur rapportait quelques litres de lait dont il avait lui-même surveillé la traite, afin que les enfants de ces premiers couples pratiquants d’Orly bénéficient dès leur plus tendre enfance d’une cacherout irréprochable.

Mais le jeune Chmouël ne se contentait pas de saluer ceux qui entraient à la Yechiva : bien vite, il partit de lui-même à leur rencontre, dans l’unique foyer des étudiants d’alors, rue Guy Patin : il y enseigna la ‘Hassidout à des étudiants pour qui l’étude juive ne passait qu’au second plan mais qui furent bien vite captivés par l’enseignement du Tanya tel qu’il l’exposait. D’aspect imposant alors qu’il n’avait que dix- sept ans, Rav Chmouël Azimov poursuivit ses études en Yechiva à New York où il se maria en Adar 1968 avec Bassie (Batia) Chemtov, elle aussi née en URSS et parvenue encore bébé en Europe, à Londres plus précisément. Issue d’une famille qui s’était dévouée corps et âme au précédent Rabbi de Loubavitch, Bassie (comme on l’appelait affectueusement) avait étudié au Séminaire de jeunes filles de Gateshead puis avait enseigné à Philadelphie dans l’école juive fondée par son frère, Rav Avraham Chemtov.

Alors que les jeunes mariés pensaient rester un peu à New York pour que Chmouël puisse étudier davantage, le Rabbi leur demanda de s’installer à Paris au plus tôt, immédiatement après la fête de Pessa’h. Bassie devait raconter plus tard combien l’insistance du Rabbi les avait étonnés, surtout que dans sa famille, on se méfiait terriblement de la ville de Paris qui, dans la tradition hassidique, avait la réputation (justifiée d’ailleurs) de tuer presque toute trace de vie juive authentique.

Mai 68
De fait, ils arrivèrent à Paris à la fin du mois d’avril, juste avant les premières émeutes estudiantines qui allaient plus tard rester célèbres sous le nom : « mai 68 » : des étudiants rejetant l’ordre établi et cherchant d’autres buts dans la vie réussirent en quelques jours à complètement désorganiser la vie publique. Certains trouvèrent (provisoirement) leur bonheur dans les idéologies ambiantes, d’autres se mirent à explorer leurs racines juives : Rav Azimov et Bassie étaient là, prêts à fournir les réponses, les véritables réponses à une jeunesse juive en quête d’absolu. (Bassie se souvenait de sa stupéfaction durant ce premier mois passé à Paris, quand il fallait constituer des provisions de farine et de sucre par crainte des pénuries occasionnées par ces mouvements de révolte). C’est de cette époque, quand « Moulé et Bassie » sont arrivés à Paris que date la naissance du « Groupe », du premier noyau de jeune gens et jeunes filles qui, par la suite, répondirent eux aussi à la volonté du Rabbi et devinrent, eux-mêmes ou leurs enfants, des Chlou’him (émissaires) du Rabbi.

8 rue Lamartine
En 1972, le « groupe » avait pris assez d’importance pour procéder à l’achat du premier Beth Habad, au 8 rue Lamartine. D’où venaient les fonds ? Question éternelle qui ne cessa de hanter Rav Azimov, toujours à la recherche d’argent pour financer d’autres activités, d’autres grandes fêtes, d’autres bourses pour des enfants de familles démunies… Oui, d’où venait l’argent sinon des dons des particuliers, de quelques institutions, des kermesses… La gestion de l’argent par Rav Azimov fascinait même ses banquiers qui constataient qu’il était toujours à l’origine de nouvelles initiatives pour parvenir à son but : encourager un maximum de Juifs à étudier la Torah et accomplir des Mitsvot. L’argent ne dormait pas dans des comptes, il devait circuler et servir à un but, un seul but, aider les Juifs, tous les Juifs, de toutes les façons possibles : les donateurs toujours plus nombreux savaient qu’ils pouvaient lui accorder toute leur confiance car ils constataient eux-mêmes de visu la bonne utilisation de leur Tsedaka.

Très vite, le 8 rue Lamartine (qu’on appelait et qu’on appelle toujours « le Local ») devint le centre névralgique du « Groupe », où le téléphone retentit sans cesse pour obtenir des renseignements qu’aucun organisme ne fournit avec le sourire et un tel sens du service : où trouver un cours de Torah, comment se procurer des Tefilines, à quelle heure allumer les bougies au fin fonds de la France ou à l’étranger, est-ce que tel produit est cachère, comment calculer la date d’une Bar Mitsva ou d’un Yahrzeit, où manger cachère en Australie… Lors de l’inauguration en grande pompe de ce premier Beth Habad de Paris, Rav Azimov et son groupe reçurent une longue lettre de bénédiction du Rabbi avec la promesse que, très bientôt, cet endroit deviendrait trop petit : cette bénédiction se réalisa beaucoup plus vite que prévu et continue d’ailleurs de se réaliser pour toutes les institutions créées par Rav Azimov, à Paris ou en banlieue, que ce soit les écoles, les Baté Habad, les synagogues, les Mikvés…

Conseils et éducation
Dans leur tout petit appartement situé près de la Place de la République, Moulé et Bassie se dévouèrent sans compter, toujours prêts à donner des cours, à organiser des Chidou’him (rencontres en vue du mariage), à enseigner à des futurs mariés leurs devoirs et les lois de Pureté Familiale mais aussi à devenir eux-mêmes des « allumeurs de réverbères », prêts à répandre la lumière du judaïsme dans l’esprit d’Oufaratsta, « Tu t’étendras » sans crainte des moqueurs, sans crainte du qu’en dira-t-on mais toujours avec respect et courtoisie. Très jeunes, leurs propres enfants se joignirent tout naturellement à cette action éducative intense et donnaient l’exemple d’un judaïsme vivant, heureux, épanoui. Même pour une seule personne, ils se déplaçaient parfois très loin, qu’il pleuve ou qu’il neige.

Leur dévouement aux autres ne connaissait pas de bornes. Ils assistaient pratiquement à toutes les Sim’hot du « Groupe », veillant à ce que chacun respecte même les plus petites coutumes ‘hassidiques : mariage, Brit Mila, coupe de cheveux, Bar Mitsva… Les enfants qui ont eu le bonheur d’être introduits à l’étude de la Torah (Ha’hnassat Héder) par Rav Moulé en gardent encore un souvenir ému. Chacun savait qu’auprès de Moulé et Bassie, il pouvait trouver des conseils judicieux en matière d’éducation, de relations dans son travail, de rapports familiaux. Conscients des dilemmes qui se posaient à ses Baalé Techouva qui devaient parfois affronter des situations difficiles avec leur famille, Moulé et Bassie optaient pour le dialogue et nouèrent souvent d’excellentes relations avec les parents qui, conquis par leur sollicitude et leur courtoisie, adoptèrent le nouveau mode de vie de leurs enfants, réalisant que leurs propres parents ou grands-parents avaient vécu de cette manière également et que, de toute manière, ce n’était pas très compliqué : oui, des Mamans acceptèrent de cachériser leur cuisine et mirent la perruque, des Papas mirent tous les jours les Tefilines et étudièrent la Torah, les frères et sœurs se joignirent au mouvement et on vit des familles entières devenir Loubavitch à 100 pour cent.

Car Rav Moulé ne se contentait pas de faire faire des Mitsvot : les jeunes gens qu’il influençait comprenaient bien vite qu’ils pouvaient eux aussi devenir des ‘Hassidim. Ils s’immergeaient dans l’étude, ils apprenaient avec passion les coutumes ‘hassidiques, ils influençaient à leur tour leurs camarades de classe, de faculté ou de travail. Ils écrivaient au Rabbi, recevaient souvent des réponses détaillées qu’ils mettaient en œuvre avec enthousiasme après que Rav Moulé leur en ait fait comprendre le sens profond et l’implication dans la vie de tous les jours. Le point culminant pour chacun qui se rapprochait était le voyage chez le Rabbi, souvent lors des fêtes de Tichri.

Haadéret Véahémouna – la Marseillaise
Sim’hat Torah 5734 – 1973. La guerre de Kipour. Comme il est difficile de ressentir la Sim’ha sachant que des soldats se battent sur tous les fronts en Israël ! Les ‘Hassidim se forcent à chanter et danser, encouragés par le Rabbi. Soudain, le Rabbi demande aux Français de descendre au centre des danses avec les Sifré Torah : mais quel chant doivent-ils entonner ? Un grand silence dans la synagogue noire de monde et soudain, le Rabbi s’avance sur son estrade et commence un chant : « un nouveau Nigoun ! » s’exclament les ‘Hassidim. Mais les Français n’en croient pas leurs oreilles, sourient même : mais oui, c’est … l’air de la Marseillaise ! Bien vite, on capte les paroles, ce sont celles de l’hymne Haadérèt Vehaémouna qu’on chante le Chabbat matin et les Français déchaînés chantent à tue-tête tandis que les autres ‘Hassidim comprennent qu’il y a là quelque chose de spécial, un cadeau que le Rabbi offre à Rav Moulé et au « Groupe ». C’est cette mélodie de la Marseillaise, légèrement modifiée, qui deviendra le chant des ‘Hassidim de France, du Groupe de Rav Moulé, le chant qui symbolise la vraie Révolution Française, celle qui rendra vie au judaïsme français. C’est ce Nigoun qui sera chanté devant la tombe…

La révolution française
Les succès de Rav Moulé se poursuivent à une cadence folle : des magasins cachères s’installent partout où s’installent des Loubavitch, même dans des arrondissements de Paris où on n’imaginait pas qu’ils se développeraient : « La Rabbanit nous a dit un jour : « Nous avons labouré (quand le Rabbi et la Rabbanit avaient habité à Paris avant la Seconde Guerre Mondiale) et vous sèmerez et récolterez ! » C’est la bénédiction du Rabbi ! » répétait imperturbablement Rav Moulé. Les grandes fêtes attirent de foules, les publications s’arrachent dans les synagogues et les magasins cachères, les voyages chez le Rabbi intéressent de plus en plus de monde. Ces succès inquiètent certains mais Rav Moulé se montre rassurant et respecte les institutions existantes, que ce soit le Consistoire, le FSJU, le corps rabbinique, les députés et les maires, toujours associés aux grandes manifestations publiques du Beth Loubavitch. Même les émissaires du Rabbi dans d’autres pays considèrent avec stupéfaction les réalisations françaises : la plus grande école juive d’Europe s’élève rue Petit pour plus de 2000 élèves venues de toutes les communautés environnantes et même de province car la quantité n’efface pas la qualité sanctionnée par des résultats remarquables au palmarès de l’Éducation Nationale ;plus d’une centaine de nouveaux Chlou’him (émissaires) s’installent dans Paris et les banlieues et même la province : ce sont les enfants des anciens du Groupe qui relèvent les défis français et redonnent vie à des communautés entières, créant ou développant des structures nécessaires comme les synagogues ou les écoles.

Alors qu’auparavant, on se rendait parfois spécialement à l’étranger pour acquérir des produits cachères de base, on trouve maintenant des produits français cachères à l’étranger ! Ce n’est là qu’un des symboles de la Révolution Française initiée par Rav Moulé.

Lag Baomère, les colonies Gan Israël, Youd Tet Kislèv…
Elle avait pleuré à sa naissance : elle pleurait également – mais cette fois-ci de joie pure – quand elle assistait aux grandes fêtes du Beth Loubavitch. Oui, Madame Zysslin-Azimov pleurait d’émotion quand elle voyait la Place de la République puis la Place de la Concorde se remplir de milliers d’enfants juifs criant à tue-tête des versets de la Torah – grâce aux efforts constants de son fils…

Le Rabbi avait demandé à Rav Azimov de s’occuper d’éducation : même quand les responsabilités écrasantes de toutes les institutions du Beth Loubavitch occupaient ses jours (et souvent ses nuits), Rav Azimov restait fidèle aux directives du Rabbi et suivait le développement de certains élèves avec des cours particuliers, malgré ses problèmes de santé.

C’est sous son impulsion que des milliers d’enfants ont pu occuper leurs mois de juillet au Gan Israël et recevoir un condensé d’éducation juive qui les a marqués pour la vie. Quant aux adultes, venus de toute la France et même de l’étranger, ils fréquentaient assidument ses séminaires d’étude dans les Alpes et engrangeaient ainsi des forces pour toute l’année.

Le 12 ‘Hechvan
Après avoir été victime d’une première attaque cérébrale 16 ans plus tôt, la santé de Rav Moulé – comme d’ailleurs celle de son épouse – se détériorent. Doté d’une volonté de fer, Rav Moulé continue courageusement sa mission, surveillant les institutions existantes et initiant continuellement de nouveaux projets, se souciant du bien-être de chacun et de chacune, continuant d’enseigner à des élèves à l’école et à des adultes au « Local », encourageant et remerciant chacun et chacune qui, suivant son exemple, entreprennent avec enthousiasme et ténacité de renforcer le judaïsme français.

Le 17 Hechevan 5772, trois ans plus tôt, presque jour pour jour, disparaissait son épouse, pleurée par toute la communauté et enterrée sur le Har Hazétim, le Mont des Oliviers à Jérusalem, aux côtés de son père Rav Bentsione ChemTov. Cachant sa peine, Rav Moulé crée la « Fondation Bassie Azimov » qui multiplie les initiatives, surtout dans le domaine des Mitsvot de la femme et de la jeune fille mais aussi pour tous les sujets de bienfaisance.

Hospitalisé après Yom Kipour 5775, Rav Moulé subissait encore une attaque cérébrale et, alors que ses enfants et quelques anciens du « Groupe » récitaient avec lui le Chema Israël à son chevet, il rendit son âme pure à son Créateur.

La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre dans le monde entier et ce fut des milliers de personnes qui se pressèrent devant son domicile puis devant l’école Beth Haya Mouchka pour un dernier hommage. Bien vite, plus de 500 personnes se précipitèrent à l’aéroport pour tenter d’accompagner leur Machpia bien aimé à sa dernière demeure, le lendemain, à Jérusalem où, là encore, malgré des conditions sécuritaires précaires, des milliers de personnes venues de tout le pays suivirent le convoi en pleurant.

Très certainement, Rav Moulé continue là-haut d’intercéder pour sa famille, ses amis et tous ceux pour qui il était l’adresse incontournable dans tous les domaines. Oui, le Rabbi était fier de lui et peut être certain que son œuvre continuera jusqu’à la venue de notre juste Machia’h, bientôt et de nos jours.

Feiga Lubecki

La Vision du Rabbi : L’Art comme expression spirituelle

La Vision du Rabbi : L’Art comme expression spirituelle

Ce texte part du roman célèbre de Chaim Potok « Je m’appelle Asher Lev » (1972), qui met en scène le conflit entre la pratique artistique et la foi juive orthodoxe, pour explorer comment cette tension se manifeste aujourd’hui chez les artistes juifs contemporains. Dans l’histoire complexe des relations entre judaïsme et arts visuels, la position du Rabbi de Loubavitch représente un tournant significatif. Là où la tradition juive avait historiquement entretenu une relation ambivalente avec les arts plastiques, en partie à cause du deuxième commandement interdisant les images taillées, le Rabbi a développé une approche novatrice et positive.

 

Par Sarah Rindner  / Loubavitch.com

Dans le roman classique de Chaim Potok « Je m’appelle Asher Lev », un jeune garçon hassidique tente d’intégrer sa foi religieuse avec son talent artistique prodigieux. À l’école, il griffonne dans les marges de ses livres sacrés. Les week-ends, il fait des voyages clandestins pour voir l’art de la Renaissance au Musée de Brooklyn. Tout au long du roman, il est aux prises avec la question : L’art est-il quelque chose qui nous rapproche de D-ieu et du peuple juif, ou opère-t-il sur un plan entièrement différent ?

Asher Lev est membre de la secte Ladover, un substitut à peine voilé pour Chabad-Loubavitch, et le bien-aimé Rabbi Ladover explique doucement que peu importe qu’un homme soit cordonnier, avocat ou peintre ; plutôt, « une vie se mesure à la façon dont elle est vécue pour le Ciel. » Pourtant, malgré l’encouragement du Rabbi, le livre de Potok insiste finalement sur le fait que le fossé entre la vie d’un hassid et celle d’un artiste est impossible à combler complètement.

Le rôle de l’art visuel dans la vision du monde juive religieuse a toujours été quelque peu ténu. Cela peut être enraciné dans la Torah elle-même : le deuxième des Dix Commandements interdit la création d’images taillées et la « ressemblance de toute chose qui est dans les cieux en haut, qui est sur la terre en bas, ou qui est dans l’eau sous la terre. » Mais cela peut aussi être un sous-produit accidentel de l’histoire : la destruction du Temple Saint de Jérusalem dans toute sa gloire esthétique, l’exclusion des Juifs des guildes artistiques, et la domination écrasante de l’iconographie chrétienne dans l’histoire de l’art occidental. Alors que les arts décoratifs juifs abondent – micrographie, manuscrits enluminés, objets de Judaïca en argent – la représentation juive dans les beaux-arts, du moins avant l’ère moderne, est nettement moins prononcée. Et bien que des individus juifs aient acquis une notoriété en tant qu’artistes modernes, ils tendent vers le sécularisme et l’individualisme tant dans leur vision du monde que dans leur langage artistique. Nous n’avons pas encore vu émerger un idiome artistique uniquement juif – c’est-à-dire une voie à suivre pour un artiste qui souhaite se lier à une tradition juive dans l’art visuel.

Cependant, au vingtième siècle, deux leaders juifs ont articulé un rôle important pour l’art visuel dans la vie religieuse.

Lors d’une visite à la National Gallery de Londres, le Rabbin Abraham Isaac HaKohen Kook, premier grand rabbin ashkénaze de la Palestine mandataire britannique, a un jour fait la célèbre réflexion que Rembrandt faisait partie des rares « grands hommes » privilégiés capables de percevoir la réalité spirituelle de l’univers : « La lumière dans ses peintures est cette lumière que D-ieu a créée le jour de la Genèse », écrivait-il. Tout au long de son mandat, il a soutenu le travail des artistes et écrivains juifs, et a appuyé la fondation de l’Académie d’Art Betsalel dans l’Israël pré-étatique.

En Amérique, le Rabbi de Loubavitch a fortement soutenu le développement d’une culture artistique juive tant en théorie qu’en pratique. Il a encouragé l’ouverture de l’Institut d’Art Hassidique à Crown Heights, Brooklyn, en 1977, exhortant les propriétaires de la galerie à persévérer même quand le public montrait peu d’intérêt et leur offrant une aide financière de sa propre poche. Dans une lettre de 1962 au sculpteur cubiste Jacques Lipchitz, avec qui il entretenait une longue correspondance, le Rabbi écrivait que le talent artistique est « la capacité de transformer dans une certaine mesure le matériel en spirituel, même lorsque la création est dans la nature morte, et certainement lorsque le travail artistique a affaire avec des créatures vivantes et des humains. » Le Rabbi ajoutait que la forme la plus élevée d’art est quand il est utilisé « pour faire progresser des idées, particulièrement reflétant la Torah et les mitzvot. »

Le potentiel des personnes à améliorer et non seulement à contaminer le monde est un thème dans l’art de Halberstadt – c’est l’histoire du judaïsme, et il est incarné dans le processus artistique lui-même.

Le grand art qui élève notre conscience religieuse existe dans une sphère, mais le point du Rabbi sur la grandeur de l’art qui s’engage avec les idées juives, « avec la Torah et les mitzvot, » en occupe une autre. On ne trouvera probablement pas cet art à la National Gallery de Londres ou au Metropolitan Museum of Art, mais plutôt niché bien au sein de la communauté juive, dans de petites galeries ou des studios domestiques cachés. Ces types d’artistes ne sont pas produits par des écoles d’art prestigieuses. En fait, ils ont probablement une relation conflictuelle avec elles. Le hassid-artiste, par sa nature, vit déchiré entre divers engagements – envers la foi, la famille, une vision artistique qui peut parfois être difficile à réaliser dans sa pureté. Mais plutôt que de diluer son art, le Rabbi suggère que ces allégeances le rendent en fait plus grand.

Traduire la Torah en Termes Visuels

Dans un monde pratique et postmoderne, les conflits décrits dans le roman de Potok de 1972 peuvent sembler des reliques d’une autre époque. Mais le dilemme d’Asher Lev a été récemment ravivé par la série télévisée israélienne à succès Shtisel, centrée sur la vie d’Akiva Shtisel, un jeune homme haredi avec un immense talent artistique. Derrière certaines des peintures d’Akiva qui apparaissent dans la série se trouve un véritable artiste israélien – un illustrateur orthodoxe nommé Menahem Halberstadt – avec une œuvre variée.

Père de cinq enfants qui vit et travaille à Tekoa, Israël, Halberstadt tente de traduire certains des moments narratifs les plus profonds de la Torah en termes visuels. Une image, une peinture numérique publiée dans le supplément Shabbat du journal hébreu Makor Rishon, dépeint une scène du livre des Rois II : le prophète Élisée se penche sur le corps du fils de la femme Shunamite, l’enfant dont il avait autrefois prophétisé la naissance. La lumière qui entre par la fenêtre en haut à gauche n’est peut-être pas exactement la lumière de Rembrandt, mais c’est aussi une lumière céleste. Bien que rien ne puisse être plus dramatique que le miracle de ramener quelqu’un à la vie, Halberstadt transmet une scène calme et intime. Le prophète et l’enfant sont enveloppés dans la douce lumière guérissante d’un D-ieu qui crée la vie et la reprend. Dans cette œuvre et d’autres, Halberstadt est retenu et suggestif, captant la complexité de la réponse humaine à la révélation, sans réduire ou même tenter de dépeindre la révélation elle-même.

Ce n’est que dans la vingtaine que Halberstadt a commencé son éducation artistique formelle, se levant tôt chaque matin avant la yeshiva pour étudier l’art à Jérusalem avec l’éminent artiste moldave-israélien Leonid Balaklav. Balaklav a initié Halberstadt au monde de l’art occidental. Finalement, il a étudié l’illustration pendant un an à la prestigieuse Académie Bezalel. Halberstadt reconnaît que certaines tensions sont apparues durant cette période de son développement en tant qu’artiste. « Je vois, par exemple, parmi les artistes séculiers que j’admire beaucoup, que leur connexion avec l’art est une sorte d’alliance profonde (il a utilisé le mot brit), où l’art passe avant tout, » dit-il. Mais un artiste religieux est quelqu’un pour qui « l’art n’est pas la valeur suprême. »

Le conflit entre l’individualisme et l’engagement envers une cause plus grande n’est pas le seul défi auquel fait face un artiste religieux. Halberstadt explique : « L’un des défis pour un artiste juif contemporain est que nous n’avons pas de tradition artistique. Nous avions autrefois l’art décoratif du Beit HaMikdash et du Mishkan, mais il a été perdu pour nous, et tout ce qui nous reste est le sefer Torah et les livres saints. » Concernant sa vision de l’art religieux juif, il dit : « Nous devons créer quelque chose de nouveau, ou retrouver ce passé artistique. C’est essentiellement un voyage en terre inconnue. »

Halberstadt s’est directement engagé avec ce thème. Certaines de ses peintures présentent des figures bibliques – Abraham, Moïse, Agar et Ismaël, et les Israélites – entrant dans de vastes paysages déserts. Le contraste des petites figures humaines dominées par de vastes panoramas naturels est familier dans l’art occidental : Thomas Cole et d’autres membres du mouvement américain Hudson River ont exploré de façon célèbre les tentatives limitées des humains de conquérir et de coloniser le monde naturel. Mais les peintures bibliques de Halberstadt modifient cet équilibre, car nous voyons dans ces petites figures individuelles la grandeur de leur potentiel futur. Le monde naturel ici n’est pas l’histoire principale, mais quelque chose qui attend la transformation et la rédemption. Le potentiel des personnes à améliorer, et non seulement à contaminer, le monde est un thème dans l’art de Halberstadt – c’est l’histoire du judaïsme, et il est incarné dans le processus artistique lui-même.

Donner une Nouvelle Vie aux Lettres

Alors que la marque spécifique d’angoisse artistique et religieuse d’Asher Lev peut ne pas tout à fait s’appliquer à Halberstadt assis dans son studio à domicile dans les collines de Judée, un héritier plus approprié pourrait être trouvé sur son propre terrain de Brooklyn. Hendel Futerfas est un artiste juif et père d’une jeune famille qui a grandi à Crown Heights et est nommé d’après son grand-grand-oncle Hendel Lieberman, un légendaire artiste Chabad qui avait une relation étroite avec le Rabbi de Loubavitch. Futerfas décrit avoir lu My Name Is Asher Lev enfant et avoir été ravi par les nombreuses allusions à sa famille. (Des aspects de l’Asher Lev de Potok sont sans doute basés sur Lieberman, et d’autres parents de Futerfas, comme son grand-père le Rabbin Yehuda Krinsky, apparaissent dans le livre sous forme romancée.) Pourtant, bien que certains parallèles existent, la carrière de Futerfas en tant qu’artiste prendrait une autre trajectoire entièrement, intégrant sa passion artistique et sa spiritualité hassidique d’une manière fluide et organique, faisant presque écho aux formes organiques dans lesquelles il travaille.

Futerfas, qui vit maintenant à Melbourne, Australie, décrit une enfance entourée d’art, et en particulier des peintures de Lieberman. Ses parents ont perçu tôt une inclination artistique et l’ont amené prendre des leçons avec l’éminent artiste folk hassidique Michoel Muchnik dès l’âge de neuf ans. Muchnik a lancé un processus créatif pour Futerfas qui inclurait des études formelles au Fashion Institute of Technology de New York. En considérant son statut d' »artiste religieux », Futerfas réfléchit : « Mon art a toujours fonctionné à partir d’un lieu qui était en harmonie avec la spiritualité. Quels que soient les concepts que je philosophe dans ma tête, les concepts de D-ieu avec lesquels j’essaie de lutter, j’ai toujours essayé de les incorporer dans mon art. »

Le hassid-artiste, par sa nature, vit déchiré entre divers engagements – envers la foi, la famille, une vision artistique qui peut parfois être difficile à réaliser dans sa pureté.

Comme Halberstadt, Futerfas travaille dans une large gamme de médias. Il a produit des images vivement réalistes du Rabbi et d’autres leaders juifs, des peintures abstraites colorées qui évoquent des mitzvot spécifiques et des concepts juifs, et plus récemment une série de sculptures uniques qui plient le bois australien en formes ondulantes. Dans une grande partie de son travail, Futerfas montre une préoccupation pour les lettres hébraïques, et cet intérêt s’est exprimé dans son nouveau projet de sculpture, qui implique de sculpter des lettres hébraïques à grande échelle puis de les couler dans des métaux comme le bronze et l’acier inoxydable. Alors que dans la plupart des cultures les lettres n’ont de sens que dans le contexte des mots, dans le judaïsme, les lettres hébraïques ont un sens inhérent et un potentiel spirituel. La Kabbale décrit comment D-ieu a créé le monde avec les vingt-deux lettres de l’alphabet hébreu ; les enseignements mystiques voient les lettres comme les matériaux métaphoriques de construction des mondes physique et spirituel. Dans ses sculptures, Futerfas cherche à insuffler aux matériaux inanimés une partie de cette vitalité cosmique. Bien que construites en bois lourd et en métal, elles suggèrent le mouvement et le dynamisme, et évoquent même des formes humanoïdes. L’idée, explique Futerfas, est de donner aux lettres une vie corporelle (sans être réellement des corps).

En faisant cela, Futerfas s’engage indirectement avec l’interdiction des images taillées, que la loi rabbinique voit comme s’appliquant aux sculptures de la forme humaine. Ici, Futerfas propose un nouveau paradigme pour la sculpture juive qui est basé sur une composante centrale du judaïsme – le mot écrit.

Une Autre Alliance Artistique

En considérant le succès avec lequel Halberstadt et Futerfas habitent leurs identités religieuses et artistiques, on se demande si certains des conflits insolubles présents dans un livre comme My Name Is Asher Lev n’ont pas été exagérés. Ou peut-être si les communautés juives religieuses, en partie grâce à l’encouragement de certains leaders visionnaires, ont progressé vers leur transcendance. En grandissant à Crown Heights, Futerfas a rarement été découragé de poursuivre l’art comme vocation, et il est capable de subvenir aux besoins de sa famille grâce aux ventes de son art au sein de la communauté religieuse et au-delà. Halberstadt décrit de manière émouvante les jours sous le choc qui ont suivi le 7 octobre en Israël, quand ses voisins et amis l’ont approché et l’ont remercié d’avoir créé un art qui faisait remonter à la surface les émotions qui bouillonnaient en eux. Il est vrai que des sacrifices sont faits : Le public d’un artiste hassid va nécessairement être limité. Le choix de prioriser la vie familiale nécessite aussi de nombreux types de compromis. Pourtant, le refus d’un tel artiste de franchir les lignes rouges religieuses, dans la mesure où elles existent, ne fait pas de lui un « vendu » artistique. Au contraire, cela lui permet d’opérer au sein d’une tradition spécifique, ajoutant profondeur et sens à sa tapisserie culturelle.

À un moment donné, un véritable désaccord est survenu entre le Rabbi de Loubavitch et Jacques Lipchitz. En 1960, on a demandé à Lipchitz de faire don de certaines œuvres pour un nouveau parc de sculptures qui était prévu au centre de Jérusalem, un projet que Lipchitz croyait contribuerait grandement à l’épanouissement de la vie culturelle en Israël, et plus largement à « l’émergence de la Torah de Sion ». Après avoir sollicité la bénédiction du Rabbi, Lipchitz a été surpris par la véhémence de sa réponse. Le Rabbi estimait que construire un parc de sculptures à Jérusalem serait incompatible avec sa nature de ville sainte, sachant particulièrement que de nombreuses sculptures présentes (contrairement à celles de Lipchitz) transgresseraient les interdictions bibliques. Certes, le Rabbi valorisait Lipchitz en tant qu’artiste – une sculpture offerte par Lipchitz est restée parmi ses possessions – pourtant pour le Rabbi, la Torah est la source de sainteté, et l’art qui opère en dehors des limites de la loi juive est peu susceptible de mener aux hauteurs spirituelles.

Une telle restriction ou censure du grand art pour des motifs religieux est sûrement anathème pour l’esprit occidental. Pourtant, pour l’artiste hassid, c’est un paradigme qui permet tout un monde d’art et de relations significatifs. À un certain point dans le roman de Potok, le Rav Ladover envoie Asher Lev étudier avec un célèbre artiste juif nommé Jacob Kahn. Kahn, en fait, est vaguement basé sur Lipchitz, bien que le sculpteur réel semblait avoir des attachements beaucoup plus chaleureux au judaïsme traditionnel que son substitut fictif. À un moment donné, en considérant la déclaration talmudique selon laquelle « tous les Juifs sont responsables les uns des autres », Kahn se tourne vers Lev plutôt durement et dit « Écoute-moi, Asher Lev. En tant qu’artiste, tu n’es responsable envers personne et envers rien, sauf envers toi-même et envers la vérité telle que tu la vois. Comprends-tu ? Un artiste est responsable envers son art. Tout le reste est de la propagande. Tout le reste est ce que les Communistes en Russie appellent art. Je t’enseignerai la responsabilité envers l’art. Laisse tes Hassidim Ladover t’enseigner la responsabilité envers les Juifs. »

Il y a quelque chose de puissant dans le discours de Kahn ici dans son appel à la pureté de l’art. Pourtant, la rapidité avec laquelle Asher Lev abandonne sa responsabilité envers sa famille dans les pages suivantes est aussi décourageante – il expose certaines peintures qui humilient ses parents pieux ; il utilise l’iconographie chrétienne pour dépeindre sa mère à un moment de grande vulnérabilité, et la place en exposition. Ce qui est remarquable chez des artistes comme Halberstadt et Futerfas, en dehors de leur talent artistique, c’est comment ils choisissent une autre voie. Peut-être y a-t-il une manière dont les engagements envers la famille, la foi et le peuple juif peuvent compromettre la « pureté » de l’art conceptualisé comme existant uniquement pour lui-même. Mais il y a une autre perspective dans laquelle cette pureté est elle-même un compromis des valeurs et engagements mêmes, l’alliance dont parle Halberstadt, qui donne à notre vie le genre de beauté et de sens transcendant qu’un artiste hassid tente d’exprimer à travers son travail.

Le Nigun préféré du Rav Mendel Futerfas, chanté par le Rav Menahem Mendel Amar

Le Nigun préféré du Rav Mendel Futerfas, chanté par le Rav Menahem Mendel Amar

 

Le projet « Gagouim » (Nostalgie) des mélodies Habad est heureux de présenter le niggun Odeh La-El » : Composé sur les paroles du poème liturgique « Odeh La-El » (Je louerai Dieu), qui décrit l’élévation de l’âme chaque nuit pour rendre compte de ses actions durant la journée, et l’attention nécessaire pour la ramener à son Créateur, pure de tout péché et enrichie par la Torah et les commandements | Cette mélodie pleine d’émotion était souvent chantée parmi les hassidim à Lubavitch, et était particulièrement appréciée des mentors Rav Peretz Motzkin, Rav Mendel Futerfas et d’autres.

 

Le projet « Gagouim » des mélodies Habad est heureux de présenter le niggun Odeh La-El ». Cette mélodie a été composée sur les paroles du poème liturgique « Odeh La-El », qui décrit l’élévation de l’âme chaque nuit pour rendre compte de ses actions durant la journée, et l’attention nécessaire pour la ramener à son Créateur, pure de tout péché et enrichie par la Torah et les commandements.

Écoutez la mélodie :

 

Composée par le Rav Elchanan Zeev Klagsbal, a’h, hassid de Bobov, qui était abatteur rituel à Tchebin. Il a également ajouté des paroles en yiddish.

Cette mélodie pleine d’émotion était souvent chantée parmi les hassidim à Loubavitch, et était particulièrement appréciée des Machpiim Rav Peretz Motzkin, Rav Mendel Futerfas et d’autres.

La mélodie n’apparaît pas dans le Sefer Hanigunim.

À la mémoire du Rav Tzvi Dober HaCohen Pachter.

Le projet ‘Gagouim’ des mélodies Habad est une collection de mélodies chantées de manière authentique par le Rav Menachem Mendel Amar, Rav du centre ‘Or Menachem’ à Ashdod.

C’est la quatre-vingtième mélodie dans le cadre du projet

Accompagnement et conseil : Rav Haïm Weiss.
Mixage par Mordechai Brodtzky / Oved Munis.

L’étonnant parcours d’Assaf Hertz, star israélienne devenue Loubavitch

L’étonnant parcours d’Assaf Hertz, star israélienne devenue Loubavitch

C’est une transformation qui bouscule tous les clichés. Une métamorphose qui fascine autant qu’elle interroge la société israélienne. Assaf Hertz, ancien enfant star devenu Loubavitch tout en poursuivant sa carrière artistique, incarne un pont inattendu entre deux mondes que tout semble opposer : le show-business et la spiritualité hassidique.

 

Magazine Mako

À 18 ans, il est devenu célèbre après avoir été casté presque par hasard pour « Alipim ». De là, son chemin l’a mené au Festigal et au théâtre, mais Assaf Hertz ne s’est pas arrêté là. Il est parti dans un voyage spirituel qui s’est achevé à la yeshiva du Rabbi de Loubavitch à Brooklyn, est devenu hassid Habad, s’est marié via un arrangement traditionnel et a disparu des projecteurs. Maintenant, il y revient comme chanteur, n’ayant jamais cessé d’être acteur, et en général – de son point de vue rien n’a changé. Sauf la barbe.

Sur une photo avec une kippa noire, une chemise blanche boutonnée et une barbe qui ne laisse aucun doute, l’acteur Assaf Hertz a annoncé pour la première fois en février 2023 son processus de retour à la religion. « C’est devenu public quand je suis revenu de la yeshiva du Rabbi de Loubavitch à Brooklyn, j’ai posté une photo sur Instagram avec quelques mots sur l’expérience. Je suis monté dans l’avion pour Israël et quand j’ai atterri, j’ai allumé mon téléphone. C’était la folie. La quantité de messages, d’appels et de réactions était extrême, on m’a photographié là-bas et ça a commencé à être publié partout. J’ai reçu plus de réactions que pour tout ce que j’avais fait dans ma vie. Les gens m’écrivaient ‘Incroyable, quelle sanctification du nom divin, quelle belle chose’. »

Parlons de ton cheminement vers cet endroit.
« Je suis autodidacte, j’ai lu et étudié au fil des années d’innombrables cultures et religions. À 27 ans, j’ai entendu parler sur les réseaux sociaux d’un rabbin appelé ‘Baal HaSoulam’, j’ai aimé et j’ai commandé ses livres. Les livres sont arrivés, j’ai réalisé que je ne comprenais pas un mot, mais je me suis dit ‘Wow, super, il y a là de quoi étudier pour toute une vie’. Ça m’a ému. De là, les choses ont évolué jusqu’à ce que je rencontre un hassid Habad qui n’a pas du tout essayé de me faire revenir à la religion, mais soudain j’avais un exemple personnel. J’ai commencé à ressentir une profondeur et une identification avec lui. Alors a commencé un processus très spécial et agréable où je me suis simplement rapproché de lui et de sa famille, j’ai passé des shabbats avec eux, j’ai rencontré d’autres personnes et j’ai commencé, comme on dit, à me renforcer. Même à ce stade, je ne m’imaginais pas devenir religieux, mais soudain ça ne me semblait plus quelque chose de primitif, avec eux d’un côté et moi de l’autre. »

Hertz, étoile montante avec un CV impressionnant pour son âge (32 ans), a eu le temps d’apparaître dans des séries pour enfants (« Alipim », « Shchuna »), de mener des campagnes publicitaires, de participer au Festigal et au théâtre, et même de remporter la septième saison de « Danse avec les stars » en 2012. En chemin, il a eu plusieurs relations médiatisées, dont une avec Amit Farkash.

Il a grandi à Herzliya, deuxième de six frères. « Une maison de garçons avec tout ce que cela implique, intense, avec beaucoup d’émotions et de sentiments », dit-il, mais sans caractère religieux (« les fêtes et la tradition israélienne oui, mais pas plus »). L’environnement était celui d’un niveau de vie élevé et ses parents l’ont élevé pour qu’il ne manque de rien. « En première année, j’étais inscrit à six activités et très vite j’ai compris que je me connectais au basket-ball. Je jouais avec les plus grands et c’est devenu mon rêve, devenir joueur de basket-ball. L’art n’était pas du tout présent à la maison. La première fois que je suis ‘revenu à la religion’ était en fait quand je suis devenu artiste. J’ai pris le contre-pied du courant dans lequel j’ai grandi, du mouvement dans lequel j’ai grandi. J’ai choisi une vie complètement différente. »

À côté de la pratique intensive du sport, son âme était attirée ailleurs. « J’étais un enfant sensible, j’écrivais des poèmes depuis mon plus jeune âge. Aujourd’hui je comprends que ça m’aidait à gérer les émotions présentes dans une famille nombreuse, avec toutes les difficultés qui découlent du besoin de s’adapter avec beaucoup de frères. Mon professeur de musique à l’école m’a entendu chanter et m’a proposé de rejoindre la chorale. J’ai continué le basket-ball en parallèle de la musique, jusqu’à ce qu’à environ 15 ans, un metteur en scène d’une troupe de théâtre de Herzliya vienne me voir et m’invite à les rejoindre. Ça ne me correspondait en rien, mais j’ai toujours été une personne curieuse, je cherchais des choses en lesquelles croire, une vérité, une essence plus large. Aujourd’hui je peux dire que j’étais une personne spirituelle. »

Que sentais-tu qu’il te manquait ?
« Tout. Je sentais que ça ne pouvait pas être le but de la vie, cette survie, ces difficultés, ces disputes, ces émotions. Déjà enfant, je cherchais un but plus élevé, plus significatif. »

Tu en as parlé avec tes parents ?
« Je n’avais pas les outils pour en parler, c’est pour ça que ce metteur en scène m’intéressait. Je suis allé le voir et mon cœur s’est ouvert. Cette année-là, j’étais un joueur de basket-ball excellent et on me prédisait déjà un avenir dans ce domaine. Je m’entraînais sept fois par semaine et j’ai demandé à l’entraîneur un jour par semaine pour la troupe. Il n’a pas accepté et m’a fait comprendre que le basket-ball était ma place. »

Il se souvient bien du moment où il a décidé de renoncer définitivement au sport professionnel. « J’étais assis avec mon père devant la salle de basket-ball, je pleurais et je lui ai dit, ‘Je quitte, je vais à la troupe’. J’ai découvert que j’étais doué pour ça et en deux ans j’avais déjà une agente et j’ai été accepté dans ma première série (« Alipim »). Cette série a rendu tous ses participants très connus et de là tout s’est enchaîné, on m’a voulu dans Danse avec les stars et j’ai gagné la première place, grâce à Dieu. De là soudain le Festigal, et ça a continué. »

Comment la famille a réagi à tout ça ?
« C’est une maison ouverte qui veut juste que tu sois bien, que tu sois établi et que tu prennes soin de toi. Bien sûr il y a eu des remarques comme ‘Que fais-tu, c’est un domaine difficile, impossible de réussir sans relations’, toutes les opinions qui existent sur l’art, qui sont d’ailleurs très justes, mais je n’ai écouté personne. J’ai quitté la maison à 18 ans, dès que j’ai été accepté dans « Alipim ». J’étais un enfant très émotionnel, quand j’étais jeune je ne savais pas où canaliser ces forces et je devais partir, être seul avec moi-même. Je ne pouvais plus vivre dans cette intensité familiale collective. »

J’ai toujours cherché quelque chose de plus profond
Malgré le succès rapide, Hertz raconte qu’à cette époque il était dans un processus constant de recherche de soi. « J’étais heureux à certains moments, à d’autres non, aussi parce que ce n’était pas nécessairement ce que je cherchais. Je cherchais depuis mon jeune âge une finalité et je l’ai trouvée partiellement dans ce monde, qui est aussi un monde très dur et compliqué. D’autres choses m’intéressaient, comment développer une valeur, comment développer la spiritualité, comment vivre ensemble en paix. J’étais totalement impliqué dans le domaine, mais j’étudiais aussi toute la journée. J’avais plein de livres à la maison et j’ai simplement commencé à lire énormément. »

Lire quoi ?
« Toutes les sagesses du monde. Des pièces de théâtre, de la littérature, tout ce qui concerne le New Age, la spiritualité du monde, le bouddhisme, le taoïsme, le zen, l’Orient et l’Occident, les personnes spirituelles qui ont changé le monde. À côté de cette recherche, je n’aurais jamais imaginé devenir religieux. Je pouvais m’imaginer moine, m’imaginer dans les grottes du Caucase, étudiant la spiritualité de Gurdjieff avec des jupes et dansant (Georges Ivanovitch Gurdjieff est un mystique gréco-arménien), mais je n’aurais pas étudié quoi que ce soit lié à la Torah juive. J’avais comme un écran, c’était déconnecté de la façon dont j’ai grandi, le judaïsme était pour moi quelque chose de primitif. »

En apparence, tu as réalisé le rêve de beaucoup de gens avec ton succès dans l’industrie.
« En apparence, mais c’est là le problème, plus tu réussis, plus tu en veux. Rien n’est satisfaisant. Dans ma perception d’avant, rien de ce que je faisais n’avait vraiment de valeur, car je cherchais constamment quelque chose de plus profond, un foyer et de la sérénité, et ça ne se produisait pas. Dans la réalité que nous vivons, avec toutes nos conceptions sur ce qu’est un couple, vivre avec une partenaire et se dévouer totalement, on finit par ne plus croire que ce modèle puisse exister. Mais moi, je voulais la vraie chose, le modèle d’un véritable attachement. »

Hertz n’a réalisé son rêve de foyer que l’année dernière, en juin 2023, lorsqu’il a épousé Hadar Kaniel, qu’il a rencontrée via un arrangement traditionnel. Après sept mois, ils se sont tenus sous la houppa, lui revenu à la religion, elle religieuse de naissance. Lui du mouvement Habad, elle d’un autre courant. « J’ai la chance qu’elle ait une famille merveilleuse et accueillante, elle et moi sommes en voyage. Il y a des écarts, mais c’est exactement ça, l’unité. »

Ta femme ne te connaissait pas d’avant. Comment vit-elle avec ton travail aujourd’hui et avec ce monde ?
« Grâce à Dieu, elle apprécie beaucoup et me soutient, mais encore une fois, dans les limites appropriées, de la manière qui convient, selon la bonne voie. Ma femme croit beaucoup en mes talents. »

Tu attends d’être père ?
« Oui, avec l’aide de Dieu, en son temps si Dieu le veut, c’est évident. »

Une famille nombreuse ?
« Ce que Dieu voudra. »

Le voyage de rapprochement avec la religion qui a commencé chez Hertz vers 27 ans a atteint son apogée à 30 ans, quand il a décidé de quitter le théâtre. « Je jouais alors dans la pièce ‘Zéro en relations humaines’ et j’ai eu un éveil, j’ai compris que je ne pouvais plus être entre deux mondes. Peu avant Simhat Torah il y a deux ans, je suis allé au mariage d’un ami. Pendant la cérémonie, on distribuait des kippas, et j’ai gardé la mienne sur la tête. Soudain, tout le monde s’est mis à me parler du Saint béni soit-Il et j’ai dit ‘Ça me fait du bien, je me sens connecté à ça’. Un homme âgé s’est approché de moi et m’a demandé ‘As-tu prié Arvit ?’. J’ai dit que non et je suis allé prier avec eux. C’était agréable, j’ai senti que mon intériorité était là. Au début, je portais une kippa, je marchais dans la rue à Jaffa sans regarder sur les côtés, mais ensuite j’ai compris que je n’avais pas à avoir honte. Et puis Simhat Torah est arrivé et j’ai compris que je devais partir. »

Comment es-tu parti ?
« J’ai appelé le metteur en scène de la pièce et je l’ai informé. Il l’a accepté, mais juste après, Tzipi Pines, la directrice du théâtre Beit Lessin, m’a appelé en me disant ‘Tu es devenu fou, qu’est-ce qui t’arrive ?’. Elle pensait qu’on m’avait lavé le cerveau et que j’allais ruiner ma carrière. Je lui ai dit ‘Je suis vraiment désolé, mais je ne viens pas demain au spectacle’. Elle m’a rappelé une heure après en disant ‘Pour moi tu peux venir avec des tsitsit au spectacle, mets un chapeau sur la tête, ne touche pas les filles, mais demain tu joues’. Je lui ai dit à nouveau que j’étais désolé, mais que ce n’était pas ça et que je ne jouerais plus. »

Tu as prévenu tes parents avant ?
« Non, je ne les ai mis au courant qu’après. Quand j’ai commencé à me rapprocher de la religion, ma famille l’a pris avec amusement et en riant. Ils pensaient que c’était encore une des lubies d’Assaf, maintenant il nous parle de la Torah juive, avant il parlait d’écologie, de véganisme et de bouddhisme. Pour une mère qui entend que son fils jette tout à la poubelle au sommet de sa carrière, et encore pour quelque chose qui semble être la chose la plus étrangère au monde, c’est effrayant. Il y avait beaucoup de tension, mais j’étais déjà ailleurs. J’ai compris que ce que je faisais était la meilleure chose pour moi et qu’en fin de compte, ce serait aussi bon pour mon entourage.

Ma mère s’est battue comme une lionne, elle a tout fait pour arrêter ça. Après un mois à entendre la même chose d’elle tous les jours, elle s’est simplement arrêtée, m’a regardé dans les yeux et m’a dit ‘Écoute, je ne sais pas ce qui t’arrive, mais c’est bien. Si je t’avais parlé comme ça avant, tu aurais mis le feu au monde, tu aurais argumenté, tu ne nous aurais pas parlé pendant deux ans, mais tu es assis là, tu respectes, tu écoutes et tu accueilles. Tu fais quelque chose de bien pour toi, continue.' »

Une vieille dame peut me crier dessus « Va à l’armée »
Une journée moyenne dans la vie de Hertz aujourd’hui commence par la prière, continue avec l’étude de la Torah et ce n’est qu’ensuite qu’il se consacre à son travail professionnel. « Je me lève à cinq heures, je prie à six heures, j’étudie encore deux heures, je vais au travail, je prie au milieu de la journée, j’étudie encore et avant d’aller dormir. J’ai des talents grâce à Dieu, mais maintenant la chose principale dans ma vie, avec tout le respect, ce n’est pas ça », dit-il. Récemment, il a joué un rôle principal dans la série « Underground Mea Shearim » diffusée sur Kan Digital, et actuellement il travaille avec son cousin Shahar Zissman et le producteur musical Guy Dan sur un album. Cette semaine est sorti le premier titre de l’album, « Holekh Ita » (« Je marche avec elle »). « C’est la chose principale pour moi et le gagne-pain est pour ma femme et la maison », dit-il, « nous commençons à distiller des chansons et avec l’aide de Dieu nous verrons quand ça sortira dans le monde. J’espère que les chansons seront bien reçues, que ça ouvrira le cœur des gens. La musique est faite pour unir les cœurs. »

On peut dire que tu as quitté ce monde pour y revenir différemment.
« Oui. »

Et qu’en est-il du reste ? Tu es toujours sur Instagram ?
« J’ai Instagram, mais il n’est pas sur mon téléphone, il est sur celui de ma femme. Ce n’est pas parce que je ne peux pas en avoir, je choisis simplement quels contenus y mettre. C’est une autre plateforme pour influencer, on peut soit influencer soit être influencé, et chacun choisit. »

En quoi es-tu différent de l’Assaf d’il y a cinq-sept ans ?
« À part la barbe, rien n’a changé, il y a simplement un certain aspect de ma personnalité qui s’est renforcé et un autre qui s’est soumis. Je n’ai pas choisi de venir dans ce monde, on m’a amené dans ce monde ainsi, dans ce cadre de vie, où l’on peut se détendre et recevoir une certaine sécurité de quelque chose qui est apparemment plus grand que soi. Lâcher prise. »

Tu aimes plus te voir dans le miroir qu’avant ?
« Oui, parce que je vois plus le cœur, c’est le but. »

Tu ne regrettes rien de ta vie d’avant ?
« Je ne sens pas avoir perdu quelque chose. Beaucoup de choses que je faisais n’étaient pas moi, c’était juste parce que je devais travailler et avancer dans la vie. J’aime beaucoup monter sur scène et je le fais encore maintenant, juste d’un endroit plus réparé. »

Il conclut en parlant de sa vision de la vie comme d’un travail quotidien, comparant la spiritualité à une bicyclette : si on arrête de pédaler, on tombe. Pour lui, il ne s’agit pas d’atteindre une destination finale mais de continuer à progresser chaque jour.

Sa position unique entre le monde religieux et séculier lui permet de jeter des ponts, notamment à travers le mouvement Habad qu’il a choisi pour sa position d’interface entre ces deux mondes. Son message final est un appel à l’unité et à la paix, tant au sein du peuple juif qu’avec le monde entier.

 

 

Shirley Chisholm  la première femme noire élue à la Chambre des représentants : Comment les conseils du Rabbi ont transformé l’Amérique

Shirley Chisholm la première femme noire élue à la Chambre des représentants : Comment les conseils du Rabbi ont transformé l’Amérique

En 1965, une conversation inattendue entre le Rabbi de Loubavitch et Shirley Chisholm, première femme noire élue au Congrès américain, allait changer le cours de l’histoire sociale des États-Unis. Frustrée par sa nomination à la Commission de l’Agriculture, qu’elle percevait initialement comme une manœuvre discriminatoire, Chisholm découvrit, grâce aux conseils visionnaires du Rabbi, une opportunité extraordinaire de lutter contre la faim et la pauvreté à l’échelle nationale.

En 1965, Shirley Chisholm fit l’histoire en devenant la première femme noire élue à la Chambre des représentants des États-Unis pour le 12e district de New York. Cependant, son enthousiasme initial fut rapidement tempéré par la réalité du Congrès.

Victime de préjugés raciaux, elle fut assignée, sous la pression des élus du Sud, à la Commission de l’Agriculture – une nomination qui semblait inadaptée pour cette femme ayant grandi en milieu urbain. Frustrée, elle ne voyait pas comment ce poste pourrait l’aider à combattre la pauvreté et le sans-abrisme dans les centres-villes, sa priorité politique.

C’est alors qu’elle reçut un appel inattendu du bureau du Rabbi de Loubavitch. Cette rencontre n’était pas leur première : avant les élections, Shirley Chisholm avait sollicité le soutien du Rabbi, qui avait décliné, fidèle à son principe de non-ingérence en politique.
Lors de leur entretien, le Rabbi lui dit :
– « Je sais que vous êtes très déçue. »
– « En effet, je suis déçue et blessée. Que dois-je faire maintenant ? » demanda-t-elle.
La réponse du Rabbi fut révélatrice :
– « Le Créateur vous a fait un véritable cadeau ! Les États-Unis ont d’énormes surplus alimentaires, tandis que des milliers de personnes souffrent de la faim. Vous pouvez utiliser ce don divin pour nourrir les pauvres. À vous de trouver une façon créative de le faire. »

Cette conversation allait transformer la vision de Shirley Chisholm sur son rôle et avoir un impact durable sur la politique sociale américaine.

Peu après sa conversation avec le Rabbi, le destin mit Shirley Chisholm sur le chemin du sénateur Bob Dole, représentant le Kansas, un État riche en terres agricoles. Dole lui exposa les difficultés des agriculteurs de son État : à cette époque, les États-Unis avaient commencé à importer des fruits et légumes de Cuba, laissant les agriculteurs américains avec d’importants surplus et des pertes significatives.

C’est alors que les paroles du Rabbi résonnèrent dans l’esprit de Chisholm, faisant naître une idée novatrice.

Dans les années qui suivirent, Shirley Chisholm collabora étroitement avec Bob Dole pour développer et étendre les programmes d’aide alimentaire, notamment les « Food Stamps » (bons alimentaires) et le WIC (programme spécial de nutrition supplémentaire pour les femmes, les nourrissons et les enfants). Ces programmes, qui distribuent aujourd’hui des milliards de dollars d’aide alimentaire aux nécessiteux à travers les États-Unis, sont en grande partie le fruit de son travail.

Lors de sa soirée de départ à la retraite, Chisholm fit une déclaration remarquable : « Tous mes accomplissements dans ce domaine, je les dois au Rabbi qui était optimiste et m’a appris que ce qui apparaît comme un défi est en réalité un don de Dieu. Si aujourd’hui les bébés pauvres ont du lait, et si les enfants démunis ont de la nourriture, c’est grâce au Rabbi de Crown Heights. »

Cette histoire illustre parfaitement comment une conversation inspirante peut transformer un obstacle apparent en opportunité de changement social positif. La vision du Rabbi, combinée à la détermination de Chisholm et à la collaboration avec Dole, a contribué à créer l’un des plus importants programmes de sécurité alimentaire aux États-Unis, dont les effets bénéfiques perdurent jusqu’à aujourd’hui.

 

 

Shirley Anita Chisholm (née St. Hill, 30 novembre 1924 – 1er janvier 2005) était une figure politique américaine pionnière. Bien que née à Brooklyn, elle passa une partie de son enfance, de 5 à 9 ans, à la Barbade, conservant toujours un fort attachement à ses racines barbadienne-américaines.

Avant son entrée historique au Congrès, Chisholm s’était forgée une carrière dans l’éducation de la petite enfance. Son engagement politique débuta dans les années 1950 au sein du Parti démocrate local. En 1964, surmontant les préjugés liés à son genre, elle fut élue à l’Assemblée de l’État de New York.

Sa carrière atteignit un nouveau sommet en 1968 lorsqu’elle devint la première femme noire élue au Congrès américain, représentant le 12e district de New York, centré sur Bedford-Stuyvesant à Brooklyn, un mandat qu’elle occupa pendant sept mandats consécutifs (1969-1983).

En 1972, elle franchit une nouvelle barrière en devenant la première candidate noire à briguer l’investiture d’un grand parti pour la présidence des États-Unis, et la première femme à se présenter à l’investiture du Parti démocrate.

Tout au long de sa carrière, elle se distingua par son engagement inébranlable contre les injustices économiques, sociales et politiques. Elle fut une ardente défenseure des droits civiques des Noirs et des droits des femmes.

Après sa retraite du Congrès en 1983, elle poursuivit sa carrière dans l’enseignement au Mount Holyoke College tout en maintenant son activisme politique. Bien que nommée ambassadrice en Jamaïque en 1993, des problèmes de santé la contraignirent à se retirer.

En reconnaissance de son héritage remarquable, elle reçut à titre posthume la Médaille présidentielle de la Liberté en 2015, la plus haute distinction civile aux États-Unis.

Cette mise en contexte historique souligne l’importance de sa rencontre avec le Rabbi de Loubavitch et explique pourquoi ses réalisations ultérieures dans le domaine des programmes alimentaires et nutritionnels pour les plus démunis ont eu un impact si significatif sur la société américaine.