MonRabbi 52 – Une bonne et douce année! – Nigoun

MonRabbi 52 – Une bonne et douce année! – Nigoun

‘Mon Rabbi’ – Vidéo #52:
Une bonne et douce année! – Nigoun

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GAGNANT ‘MONRABBI’:
La gagnante de la Vidéo #50 est:
Hanny Zekry

Pour envoyer votre réponse ou votre anniversaire allez sur:
🖥 www.MonRabbi.org

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L’équipe ‘Mon Rabbi’ vous souhaite un bon mois d’Elloul, que vous soyez écrits et scéllés dans le livre de la vie avec la venue immédiate du Machia’h!

Dans le cadre de la campagne anniversaire : Magnifique fascicule sur le thème de l’anniversaire

Dans le cadre de la campagne anniversaire : Magnifique fascicule sur le thème de l’anniversaire

Dans le cadre de la campagne anniversaire , nous sommes heureux de vous proposer ce magnifique fascicule sur le thème de l’anniversaire .

Le 25 Adar 1988, le Rabbi lançait en effet la campagne pour la célébration de son anniversaire avec une série de 10 coutumes pour tout le klal Israel , hommes , femmes et enfants .

Le Rabbi demanda à cette occasion que chacun s’emploie à cumuler , en ce jour , les trois domaines du service de D.ieu : l’étude de la Torah, la prière et les bonnes actions.

Ainsi, afin d’encourager chacun et chacune à la célébration de son anniversaire à travers les 10 coutumes, nous mettons à la disposition de tous ce fascicule avec son contenu complet .

Pour le recevoir , envoyer vos coordonnées sur [email protected] ou contacter directement le Beth Loubavitch au 01 45 26 87 60

 

Kovetz Aniversaire Hebreu Francais 150 pages

Le Gan Israël 5779 Francophone à Ashdod dirigé par le Rav Chalom Barchichat

Le Gan Israël 5779 Francophone à Ashdod dirigé par le Rav Chalom Barchichat

Nous vous présentons la 1ère colonie de vacance pour les enfants francophones de la ville de Ashdod, dirigée par le Rav chalom Barchichat.

50 enfants ont pu bénéficier de cinq jours exceptionnels, tous les jours une destination différente et tous les jours une attraction nouvelle à travers le pays !

C’est pour nous l’occasion de remercier tous ceux qui ont participé à cette expérience extraordinaire, qui a coûté uniquement 400 shekel par enfant !

Sans l’aide des personnes de bonne volonté ils ont été très difficile de concrétiser ce projet !

 

 

Grand succès de la « Yechivat Kaits européenne » organisée par les institutions Loubavitch de Lyon

Grand succès de la « Yechivat Kaits européenne » organisée par les institutions Loubavitch de Lyon

Des dizaines de jeunes enfants de Chlou’him, ont assisté à une Yechivat Kaits européenne inspirant et amusant, cet été, qui s’est achevée avec un magnifique banquet.

La Yechivat Kaits européenne a terminé sa quatrième saison la semaine dernière et a acquis la réputation d’être un endroit où les jeunes Bahourim peuvent vivre un été qui a à la fois le matériel et le spirituel que les jeunes Bahourim ont besoin.

Pendant deux semaines pleines d’amusement, les Bahourim ont appris dans une atmosphère sérieuse, tout en profitant également de voyages et de sorties passionnantes. L’emplacement de cette année a été le campus des Mosdot Habad à Lyon, en France, sous la direction du Chalia’h Rav Chmouel Gourevitch, et son fils Rav Lipa Gourevitch.

Les Bahourim ont profité d’activités autour de Lyon, ainsi que dans les Alpes françaises : la navigation de plaisance, le kayak, le vélo et la tyrolienne.

La Yechivat Kaits a fourni un été enrichissant aux enfants de Chlou’him répartis dans toute l’Europe et ses environs. Elle a offert également aux Bahourim un soutien et des encouragements leur permettant de poursuivre leurs réalisations et leurs apprentissages personnels, ainsi que leur mission en tant que futurs Chlou’him dans leurs villes respectives.

 





































































































La rencontre du Rav Haim Nisenbaum avec le Rabbi : « Si c’est bien, faites-le! »

La rencontre du Rav Haim Nisenbaum avec le Rabbi : « Si c’est bien, faites-le! »

 

Bien que j’ai été élevé dans un foyer juif traditionnel, je ne suis pas devenu observateur de la Torah avant l’âge de 16 ans. C’était en 1968, lorsque le Rav Chmouel Azimov est venu en France en tant qu’émissaire du Rabbi et a commencé à travailler auprès des jeunes juifs de Paris. J’étais l’un de ceux qui ont appris les enseignements de la Hassidout avec lui et j’ai été grandement influencé par lui.

J’ai vu la réponse du Rabbi. Elle contenait deux listes de noms – ceux qui devaient entrer à la Yechiva et ceux qui devaient s’inscrire à l’université. Ceux qui devaient aller à l’université devaient faire de la sensibilisation juive sur le campus et apprendre également à la Yechiva à temps partiel. J’étais dans ce dernier groupe et je poursuivais des études en droit et en sciences politiques, ainsi que le Rabbi le spécifiait – qui m’ont finalement conduit à travailler pour le gouvernement français.En 1972, le Rav Azimov nous a amenés à New York pour rencontrer le Rabbi. Nous venions tous de passer les examens du baccalauréat pour entrer à l’université, mais nous voulions plutôt aller à la Yechiva, car nous étions devenus des Hassidim Habad à cette date. Alors le Rav Azimov a demandé au Rabbi en notre nom ce que nous devrions faire.

Lors de cette première visite à New York, chacun de nous a vu le Rabbi dans une audience privée et a pu lui poser ses questions personnelles. Celles-ci ont été soumises à l’avance – sous la forme d’une note appelée tzetel. Je me souviens que, lorsque j’ai été admis dans son bureau, le Rabbi avait une pile de ces notes sur son bureau et il a retiré la mienne de cette pile. Je ne sais pas comment il a tout de suite su laquelle était la bonne parmi tant d’autres, mais il ne l’a pas recherchée, il l’a simplement extraite.

Et puis il a répondu à toutes mes questions – longuement et en détail – parlant un français parfait. À l’époque, j’étais déjà en train de faire de la sensibilisation sur les Juifs et je parlais à des groupes, mais je n’étais pas sûr de pouvoir continuer. J’ai dit au Rabbi: «Je ne sais pas si j’ai assez d’ Ahavat Israel – d’amour de mes camarades juifs – pour faire ce travail. Je me retrouve à regarder les gens et j’ai peur de devenir arrogant. Peut-être que quelqu’un d’autre devrait prendre la relève.

Mon dilemme très sérieux et j’essayais d’être parfaitement honnête. En effet, je ne pouvais même pas imaginer pouvoir cacher quoi que ce soit au Rabbi. Il m’a répondu comme suit: « Vous devez faire tout ce qui est bien. »

J’ai compris que cela signifiait que je ne devais pas poser de questions; Je devrais faire ce qui est bien parce que c’est ce qui compte ce n’est pas ce que je ressens, mais ce que je fais.

Le Rabbi a poursuivi: «Alors quand vous voyez quelque chose de bien à faire, n’hésitez pas. Faites-le… et vous serez un exemple vivant pour les autres. » Le Rabbi voulait que je sois actif et que je sois un modèle. A cet égard, il a laissé entendre que ces deux choses se renforceraient mutuellement.

À partir de ce moment-là, chaque fois que quelqu’un me demande de faire quelque chose de bien, je sens que je ne peux pas refuser. Peu importe que cela m’intéresse ou non. Je ne peux pas refuser de faire quelque chose de bien parce que c’est ce que le Rabbi m’a dit de faire.

Il a ensuite ajouté: « En ce qui concerne l’amour des Juifs, vous devez apprendre le livret intitulé Kuntres Ahavat Yisrael, qui vient de paraître. Etudiez-le deux ou trois fois et vous verrez les gens d’une manière complètement différente.”

Je l’ai fait. Je l’ai lu trois fois et le Rabbi avait raison – je suis venu voir les gens tout à fait différemment. Le simple fait de rencontrer et de parler avec le Rabbi cette première fois a complètement changé ma façon de comprendre le monde qui m’entoure.

Dans les années qui ont suivi, je me suis fait un devoir de venir à New York aussi souvent que possible – presque chaque année, parfois deux fois par an. Une fois, je me souviens d’avoir demandé au Rabbi comment être plus b’simchah – comment mener ma vie d’une manière plus joyeuse. Je lui ai dit que ce n’était pas dans ma nature d’être «heureux, chanceux» et c’était particulièrement difficile car je n’étais jamais satisfait de mes réalisations.

Le Rabbi répondit simplement: « Lorsque vous vous trouvez malheureux, rappelez-vous que vous n’êtes qu’une petite créature à qui le Créateur a donné la capacité et le privilège de se connecter à Lui par l’intermédiaire des Mitsvot de la Torah. »

Jusqu’à aujourd’hui, chaque fois que je ne suis pas heureux, je pense aux paroles du Rabbi et cela change mon attitude.

À une autre occasion, après mon mariage, je suis venu spécialement pour voir le Rabbi afin de discuter de mon gagne-pain. On m’avait offert un meilleur travail – un poste administratif au gouvernement français – et j’ai demandé au Rabbi s’il serait sage de le prendre.

Le Rabbi m’a répondu d’une manière surprenante. « Ce n’est pas une mauvaise idée pour vous de changer de travail », a-t-il déclaré, « mais vous devez faire attention à garder le Chabbat – en particulier la veille de Chabbat. »

Cela me laissait perplexe parce que je respectais le Chabbat depuis un certain temps et que je n’allais pas arrêter de le faire. Mais je ne savais pas que j’étais sur le point d’être mis a l’épreuve.

Mon supérieur au gouvernement était un antisémite qui voulait me forcer à rester tard à mon bureau, le vendredi en hiver, lorsque les journées sont courtes et que Chabbat commence tôt. Quand je lui ai dit que je devais partir, il m’a répondu: «Absolument pas, tu n’es pas autorisé. »

Alors je suis retourné à mon bureau et j’ai décidé de me faufiler quand même. Mais il a anticipé cela et se tenait à ma porte quand j’ai essayé de partir. Je ne savais pas quoi faire. Je venais de me marier et j’avais besoin de ce travail. Mais quelles options avais-je? Alors j’ai juste pris mes affaires et suis parti. Quand cet homme m’a vu partir, il ne pouvait pas croire que j’avais le culot de lui désobéir. Il a commencé à crier «Pourquoi partez-vous?», Ce à quoi j’ai répondu: «Je vous ai dit que je ne pouvais pas rester, ce n’est pas négociable.

Il m’a menacé de répercussions, mais lundi, alors que je m’attendais à être licencié, j’ai été convoqué par mon directeur qui a déclaré: «À partir de maintenant, vous n’aurez plus de problèmes et vous pourrez avoir le vendredi après-midi».

D’où cela vient, je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c’est que le Rabbi l’avait prévu et que sa bénédiction m’a permis de passer au travers.

À partir de ce jour, avec toutes les positions que j’ai occupées, je n’ai jamais eu aucune difficulté à partir tôt le vendredi, lorsque j’avais besoin de le faire. Et j’ai travaillé au gouvernement depuis.

 

Pendant de nombreuses années, le Rav Haim Chneor Nisenbaum a travaillé pour le gouvernement français en tant que chargé de mission. Il est le porte parole du Beth Loubavitch et le Rav du Beth Haya Mouchka à Paris. Il est également écrivain et Il traduit, entre autres, les vidéos du Rabbi en français et est . Il a été interviewé en juin 2015.

 

« Sur les traces du Rabbi à Paris », avec les Ba’hourim du programme « Bein Hazmanim » du Beth Loubavitch

« Sur les traces du Rabbi à Paris », avec les Ba’hourim du programme « Bein Hazmanim » du Beth Loubavitch


JARDIN DU LUXEMBOURG


7 Villa Robert Lindet 75015 Paris


9 rue Boulard 75014 Paris

 


78 rue Blomet 75015 Paris

 

 


Rue des Rosiers 75004

25 rue des Rosiers

 

17 rue des Rosiers

 


19 rue Dieu 75010 Paris

 

 

 


La résidence du Rabbi à Paris – Première période

Première partie : 5693 – 5696 (1933 – 1936)

Vers la fin de l’hiver 5693 (1933), Rabbi Yossef Its’hak vint à Paris. Il profita de ce déplacement pour aider à l’installation du Rabbi et de son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka.

Comme il l’avait fait à Berlin, le Rabbi continua à Paris à se consacrer, pendant l’essentiel de la journée à l’étude de la Torah, ne laissant que peu de temps pour l’acquisition des connaissances profanes requises par l’Université. A cette époque, un homme fut très proche du Rabbi, il répondait au nom de docteur Méir Chohètman. Il étudia avec le Rabbi à la Sorbonne et eut l’occasion de l’aider. Il raconte :

 » Il me fut demandé de l’aider à entrer à l’université. Mais d’abord, il (le Rabbi) voulut apprendre la langue. Je lui proposai un professeur particulier mais il souhaita avoir un cours par écrit. J’allai à la Sorbonne et on me dit d’amener le nouvel étudiant… Il voulait étudier la physique et les mathématiques pour poursuivre le cycle entrepris à Berlin bien que les diplômes obtenus là-bas ne soient pas encore arrivés…

Ils (le Rabbi et son épouse) vivaient dans un petit appartement. Il avait des études fixées dans le judaïsme – Talmud, Paracha, Midrach, ‘Hassidout – et j’étudiai avec lui. Il apprit le français avec une rapidité exceptionnelle et fréquentait les grandes bibliothèques publiques, essentiellement celle de l’université et celle de la communauté juive…

Il priait dans la synagogue ‘hassidique de Rav Avraham ‘Hen… Quand les ‘hassidim l’interrogeaient au sujet de ses études à l’université, il répondait que c’était nécessaire, que, pour savoir quoi répondre, il fallait étudier et connaître. On se rendait compte qu’il avançait dans la voie des membres du Sanhédrin antique qui devaient posséder toutes les langues et les sciences… « 

En fait, après son installation à Paris, le Rabbi ne souhaita pas reprendre vraiment ses études profanes. Pour cela, il fallut que son beau- père, Rabbi Yossef Its’hak, vienne à Paris pour des raisons médicales et demande au docteur Chohètman de transmettre à son gendre qu’il souhaitait lui voir continuer ses études universitaires. Une lettre, datée de 5696 (1936) écrite par le Rabbi depuis une maison de repos à Ville-d’Avray témoigne de ce lien particulier avec son beau-père et du rôle que ce dernier entendait lui voir assumer. En tout état de cause, la décision ne fut pas facile à prendre. De plus, il s’agissait de faire entrer le Rabbi à la Sorbonne en milieu d’année, alors que celui-ci ne maîtrisait pas encore le français et qu’il n’était pas en possession des diplômes obtenus à Berlin. Par ailleurs, dans l’université française d’avant-guerre, l’antisémitisme était une opinion répandue et qui semblait à beaucoup légitime. Cependant, des choses importantes étaient décidément en jeu car, malgré ces difficultés et grâce à l’intervention du docteur Chohètman, le Rabbi fut accepté à la grande satisfaction de son épouse et de son beau-père. Il entreprit l’étude de la construction navale et des mathématiques puis plus tard, semble-t-il, celle de la psychologie ainsi que celle d’un certain nombre d’autres domaines qui ne nous sont pas connus avec précision.

De manière générale, le Rabbi ne désirait pas être reconnu comme un érudit et encore moins comme le gendre du Rabbi de Loubavitch de ce temps, ce qui lui aurait valu renommée, manifestations de respect et nombreuses visites. Il prenait toutefois plaisir à discuter de Torah avec les Rabbanim qui, ayant appris sa présence dans la ville, venaient le voir. Les conditions de la vie juive dans le Paris d’alors étaient d’une grande difficulté. Les témoins racontent que le Rabbi et son épouse n’achetaient rien à l’extérieur par souci de cacherout et que la Rabbanit faisait elle-même le pain qu’ils mangeaient. Pour pouvoir consommer du lait, qui constituait l’essentiel de l’alimentation du Rabbi, la Rabbanit allait elle-même à pieds, presque chaque jour, pour en surveiller la traite dans une ferme. Il fallait, pour cela, marcher plusieurs kilomètres… De tels efforts n’arrêtaient pas non plus le Rabbi. Afin de permettre aux Juifs de la capitale de consommer du pain  » Pat Israël « , le Rabbi se rendait chaque semaine, à pieds également et aux petites heures du matin, dans une boulangerie lointaine dans un quartier peu recommandable, pour en allumer le four.

Pendant toute cette période, le Rabbi ne cessa pas d’écrire des pages d’érudition, des commentaires nouveaux qui attirèrent l’attention sur lui. C’est aussi à lui que, malgré l’éloignement, Rabbi Yossef Its’hak, qui se trouvait alors dans les pays baltes, décida de confier la tâche d’organiser et de préparer pour l’édition les lettres qu’il avait écrites à diverses occasions et qui traitaient essentiellement de matières spirituelles et du service de Dieu. Tout cela décrit, il est clair que le Rabbi attirait l’attention par son comportement général. Aussi, Juifs et non-Juifs, y compris au sein de l’université, le considérèrent très vite comme  » un homme saint « . Ce n’était évidemment pas de son fait. Ainsi, pour garder la tête couverte dans la Sorbonne d’avant-guerre, le docteur Chohètman lui suggéra d’utiliser un canotier, le chapeau en vogue dans le Paris d’alors, ce que le Rabbi accepta. De même, contrairement à la coutume d’Europe centrale, il portait une veste courte tous les jours de semaine au lieu du traditionnel vêtement rabbinique plus long. Bien plus tard, il parla de ce choix et indiqua qu’ainsi il put consacrer davantage de temps à l’étude car, dit-il,  » les ‘hassidim ne vinrent pas à moi quand je portai une veste courte.  »

Pendant la période 5695 – 5696 (1935 – 1936), le Rabbi ne cessa pas de voyager entre les lieux de résidence successifs de son beau-père en Lettonie et en Pologne et Paris. Il s’était en effet vu confier de nombreuses tâches et non des moindres. Cependant, son action dans Paris ne se démentait pas. Un homme, ‘Haïm Rudel, qui s’installa plus tard en Israël, raconte :

 » Je suis né à Paris en 5691 (1931). En 5696 (1936), je venais à la synagogue de la rue des Rosiers tous les lundi et jeudi où il n’y avait pas d’école. Dans une pièce, il y avait une classe où environ vingt-cinq enfants étudiaient la Torah avec un professeur…

Le Rabbi y venait régulièrement pour veiller au bon déroulement du cours. Il s’intéressait, conseillait et encourageait les élèves et le professeur. Il faisait également la prière de Min’ha et d’Arvit à la synagogue. Il n’habitait pas le quartier mais demeurait dans le 16ème arrondissement. Mon frère Méir, plus âgé que moi, étudiait alors l’ingénierie électrique à la Sorbonne avec le Rabbi. « 

Deuxième partie : 5697 – 5700 (1937 – 1940)

Pendant cette période, le Rabbi entreprit, à sa manière discrète et sereine, de diffuser la Hassidout dans Paris. Certes, il fréquentait la Sorbonne mais les témoins du temps attestent qu’il s’y trouvait moins de deux heures par jour et, parfois sautait des jours. Lorsqu’il venait pourtant assister au cours, c’était toujours avec un volume du Talmud ou de Maïmonide dans la main. Il écoutait alors le cours pendant dix à quinze minutes d’affilée avant de retourner à l’étude de l’ouvrage qu’il avait apporté. Quant aux devoirs qu’il devait remettre ou aux examens qu’il devait passer, il les terminait en un temps d’une brièveté surprenante. C’est dans ces conditions qu’il collectionna une série de diplômes dans des domaines très éclectiques, la plupart portant sur les sciences de la nature et le reste sur d’autres sujets.

Dans ce Paris où les ombres montaient, le Rabbi ne renonça à rien. Sur son chemin, il rencontra des Juifs parfois pris de doutes sur la nécessité de l’attachement au judaïsme. Tel rapporte que, fils de ‘hassid, il s’était retrouvé dans la capitale française et ne savait plus que penser du monde. Le Rabbi lui consacra une conversation quasi ininterrompue de dix-huit heures qui le maintint dans la fidélité au judaïsme pour toujours. Tel autre rapporte que, réfugié à Paris après avoir fui Berlin, il cherchait désespérément une Souccah pour la fête. Il finit par rencontrer le Rabbi dans la rue des Rosiers et lui demanda où il pourrait en trouver une. Il ne connaissait pas celui qu’il abordait ainsi et qu’il avait seulement reconnu comme un Juif religieux. Le Rabbi l’invita dans sa propre petite Souccah en plein quartier latin et l’homme garda toute sa vie en mémoire ce soir-là où il crut voir les invités spirituels de la fête apparaître tant l’atmosphère qui régnait dans l’humble demeure était différente. Outre cette référence au quartier latin, deux autres adresses où le Rabbi et son épouse auraient résidé à Paris, nous sont connues : 9 rue Boulard, dans le 14ème arrondissement, et 78 rue Blomet, dans le 15 ème arrondissement. Dans les deux cas, aucun détail n’est parvenu jusqu’à nous.

C’est alors que la guerre éclata. Les nazis, après leurs forfaits commis en Allemagne, déferlèrent sur l’Europe. Ils envahirent alors la Pologne. Rabbi Yossef Its’hak se trouvait, dans cette période, à Varsovie et il dut s’abriter pendant que l’aviation nazie bombardait la ville, et notamment les quartiers connus comme juifs. Il parvint finalement à quitter le pays et arriva à Riga d’où il put enfin s’embarquer pour les Etats-Unis. Paris n’était pas encore une ville occupée et le Rabbi y résidait encore. En ce début de temps de tragédie, c’est lui qui, depuis l’Europe, joua le rôle de plaque tournante pour les actions entreprises afin de sauver Rabbi Yossef Its’hak. C’est encore lui qui se chargea de transmettre toutes les informations à la communauté loubavitch déjà installée aux Etats-Unis.

Pendant cette période, dont chacun mesurait sans peine le danger, le Rabbi, à Paris, s’inquiétait également. Mais son souci était loin de s’attacher à son sort personnel. Il écrivit ainsi :

 » J’ai beaucoup de peine du fait que le courrier s’est beaucoup réduit en ce qui concerne la santé du Rabbi. Je m’adresse à vous, je vous prie de me faire connaître tout en détails…

Certainement, vous prenez par écrit les commentaires du Rabbi qui se trouve parmi vous à présent. Peut-être pouvez-vous m’en envoyer une copie ici ? « 

A la veille de l’entrée des nazis dans Paris, le Rabbi se fit recenser auprès du commandement militaire français. Cependant, il ne fut pas mobilisé. En Sivan 5700 (juin 1940), les nazis envahirent le pays et occupèrent la capitale. Une des pages les plus dramatiques de l’histoire du peuple juif allait s’ouvrir, donnant au mot martyr un nouveau sens. Pendant toute une année, jusqu’en Sivan 5701 (juin 1941), le Rabbi vécut dans la France de l’occupation. A aucun moment, il n’interrompit son œuvre d’enseignement de la Torah, s’adressant à des Juifs qui ressentaient avec encore plus de force le besoin d’encouragement et de soutien moral et spirituel.

Dès leur arrivée dans la capitale, les nazis entreprirent le recensement de ses habitants. C’était un recensement particulier : il indiquait la race et la religion de chacun. Le but apparaissait à tous : il s’agissait d’effectuer un premier repérage des Juifs. Les nouvelles qui transpiraient des pays occupés par l’envahisseur étaient suffisantes pour comprendre toute la gravité de l’opération. Des escouades de policiers entreprirent ainsi de visiter les habitations, ils arrivèrent à l’endroit où le Rabbi et son épouse demeuraient. Il se trouve que, lorsqu’ils se présentèrent, le Rabbi était absent. Sans doute aussi, son nom de famille n’était-il pas connu, en ce temps-là, comme manifestement juif. En tout état de cause, les enquêteurs repartirent avec, en face de l’identité du Rabbi, la mention  » orthodoxe « , ce qui pouvait s’interpréter comme juif ou chrétien orthodoxe. Lorsque le Rabbi rentra chez lui, il apprit ce qui s’était passé. Sans attendre, il se rendit directement au bureau chargé du recensement et demanda que l’on corrige la rubrique  » religion « . Il devait être inscrit comme  » Juif  » ! Le Rav Rubinstein, en ce temps-là à la tête de la communauté de la rue Pavée, raconta cette histoire des années plus tard, après la guerre, en ne cherchant pas à cacher son émotion devant une telle attitude, seulement comparable à celle de Mordé’haï qui, dans le Livre d’Esther, est désigné comme  » le Juif  » et décrit comme celui  » qui ne se courbe pas et ne se prosterne pas « . Le Rabbi n’avait pas cessé de fréquenter deux synagogues, dont la plus ancienne de Paris, au 17 et au 25 de la rue des Rosiers, y enseignant et y inspirant. Ainsi, dans les  » Réchimot  » du Rabbi, on trouve, depuis 5696 (1936), différents textes portant l’indication  » dit au 17 « .

Le Rabbi et son épouse quittèrent Paris quelques jours avant la fête de Chavouot 5700 (1940). Un ami non-Juif, général dans l’armée française, leur avait préalablement proposé de se cacher dans un pavillon qu’il possédait en dehors de la capitale mais le Rabbi avait refusé l’offre. C’est ainsi qu’il prit place, avec la Rabbanit, dans un des derniers trains qui quittaient la ville et que le couple put franchir la ligne de démarcation et parvenir en zone libre, à Vichy. Le Rabbi n’avait emporté que son talith et ses téfiline qu’il transportait dans une valise. C’était la veille de la fête de Chavouot. Voyant le soleil se coucher, le Rabbi arrêta un taxi, lui confia la valise et lui demanda de la déposer dans un hôtel qu’il lui indiqua. Puis lui-même et son épouse continuèrent le chemin à pieds pendant plusieurs heures après la tombée de la nuit.

La résidence à Vichy dura jusqu’à la fin de l’été puis le Rabbi décida de continuer le voyage jusqu’à Nice. A cette époque, la région n’était pas sous occupation allemande mais italienne, ce qui rendait le danger moins immédiat. Le Rabbi et son épouse y restèrent huit à neuf mois, jusqu’au début de l’été 5701 (1941). Même moins pressant, le péril demeurait. Aussi le Rabbi et la Rabbanit évitaient de sortir autant que possible, ce qui n’empêcha pas le Rabbi de continuer son action. C’est ainsi, raconte une femme bénéficiaire de l’opération, que le Rabbi veilla à la fabrication de faux papiers qui lui permirent de passer la frontière et, probablement, d’avoir la vie sauve. De même, dans cette époque troublée, seuls avaient accès à un hôtel ceux qui pouvaient montrer qu’ils possédaient un billet de cent dollars, une somme alors assez importante. Or ne pas avoir de lieu de résidence constituait, pour un Juif, un danger mortel. Le Rabbi allait donc par les rues de la ville et, lorsqu’il rencontrait un Juif en peine, il lui remettait le seul billet de cent dollars en sa possession afin qu’il trouve une place. Ce billet sauva ainsi bien des vies. Cette attitude fit que le respect de tous envers le Rabbi alla grandissant. Lorsqu’on s’aperçut que celui-ci ne mangeait quasiment rien du fait de ses scrupules particuliers en matière de cacherout, plusieurs personnes, y compris non-juives, s’efforcèrent de résoudre, autant que faire se pouvait, cette difficulté. Ainsi, malgré la pénurie, le propriétaire de l’hôtel remit régulièrement quelques morceaux de sucre à la Rabbanit. Soucieux de l’autre, le Rabbi ne renonça pas, pour autant, au moindre accomplissement spirituel personnel. Ainsi, à l’approche des fêtes du mois de Tichri 5741 (1941), le Rabbi se rendit secrètement à la frontière italienne pour se procurer un étrog qui lui convenait sans tenir compte du risque couru pour cela. De cette expédition, il ramena, du reste, deux étrog, l’un pour lui-même et le second qu’il offrit au Rav Rubinstein qui se trouvait également dans la ville. Et cette attitude ne se démentit jamais.

Pendant ce temps, Rabbi Yossef Its’hak, depuis New York, ne cessait pas ses efforts pour faire sortir le Rabbi et son épouse de l’Europe en flammes. Enfin, un visa d’entrée aux Etats-Unis leur fut accordé. Il devait être reçu à Marseille où une représentation américaine existait encore. Le Rabbi et son épouse durent donc quitter Nice pour Marseille où, bien que le séjour fut très court, le Rabbi fut vite entouré de nombreux Juifs venus chercher auprès de lui sagesse et réconfort. Enfin, le 20 Nissan 5701 (17 avril 1941), le Rabbi reçut le visa attendu. Les difficultés n’étaient pas terminées puisqu’il fallait encore passer en Espagne puis au Portugal avant de s’embarquer enfin de Lisbonne pour les Etats-Unis sur un des tout derniers bateaux à traverser l’Atlantique sous la menace des bombardements allemands et des arraisonnements en haute mer. Mais tout cela constitue une autre histoire. Dans ce cadre, il faut seulement se souvenir que le Rabbi et la Rabbanit arrivèrent dans le port de New York le 28 Sivan 5741 (23 juin 1941) à bord du paquebot Serpa Pinto.

 


La résidence du Rabbi à Paris – Deuxième période

 

Après la guerre, le Rabbi eut l’occasion de revenir à Paris dans des conditions tout à fait différentes. Cela se passa en 5707 (1947). Dans l’URSS de Staline, le père du Rabbi, Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, avait été condamné, pour son activité religieuse – il était rabbin de Yékatrinoslav – à la relégation dans un village reculé de l’asie soviétique, où son épouse, la Rabbanit ‘Hannah choisit de le rejoindre. La dureté des conditions de vie, le dénuement absolu eurent raison de sa santé. Il quitta ce monde en 5704 (1944) à Alma Ata où il repose jusqu’à ce jour. Il restait à faire sortir la Rabbanit ‘Hannah d’URSS. Cela ne fut pas facile et nécessita de nombreux efforts. Enfin, en Adar 5707 (février 1947), ce fut chose faite. La Rabbanit ‘Hannah, après de nombreuses tribulations, rejoignit le monde libre. Le Rabbi quitta New York pour l’accueillir à Paris. C’est cette visite historique qui est abordée ici.

Le Rabbi arriva donc à Paris au début du mois d’Adar, il quitta la capitale avec sa mère plus de trois plus tard, après la fête de Chavouot. C’est dans cette période que le Rabbi commença à être connu par tous. De fait, dans cet immédiat après-guerre, nombreux furent les ‘hassidim qui avaient pu quitter l’URSS à la faveur de la fin des hostilités et se trouvaient alors à Paris. Ce fut, pour la plupart, leur première rencontre avec le Rabbi, qui leur permit de percevoir sa grandeur et son élévation particulières.

La Rabbanit ‘Hannah était hébergée chez le Rav Zalman Schneerson, qui avait à Paris une action communautaire et, dans ce but, avait créé une association qui s’était rendue propriétaire d’un petit immeuble de trois étages situé 10 rue D.ieu, près de la place de la République. C’est dans cet immeuble, qui existe toujours, que le Rabbi rendit deux fois par jour visite à sa mère et qu’il s’exprima devant les ‘hassidim rassemblés avant de quitter la France. La Rabbanit ‘Hannah y occupait une chambre indépendante tandis que le Rabbi demeurait à l’hôtel Edouard VII, avenue de l’Opéra. Le Chabbat et les jours de fête, le Rabbi se rendait à pieds jusqu’à la résidence de sa mère. Une synagogue se trouvant dans l’immeuble, il y écoutait la lecture de la Torah et, parfois, demandait à dire quelques mots. Puis il prenait le repas avec sa mère. A ce repas, venait se joindre un groupe de ‘hassidim.

Les anecdotes rapportées au sujet de cette période sont nombreuses. On se contentera ici d’en citer quelques unes. Un des témoins de cette période raconte qu’un certain vendredi un livre de ‘Hassidout nouvellement imprimé arriva au Rabbi. Ce Chabbat, la prière du matin se termina vers 12h30 et les présents ne tardèrent pas à rentrer chez eux, d’autant plus qu’il faisait particulièrement chaud. Le Rabbi attendit un instant puis il s’installa dans un coin de la synagogue et étudia l’ouvrage pendant six heures d’affilée jusqu’à l’avoir terminé. Pour lui, chaque instant était irremplaçable. C’est ainsi qu’un jour, un groupe de Juifs se présenta à son hôtel pour lui parler. Le Rabbi les fit attendre quelques instants et, lorsqu’il leur ouvrit la porte, s’en excusa après d’eux. L’un d’eux répondit naturellement :  » Ce n’est pas grave « . Le Rabbi fit observer très sérieusement :  » Que cela signifie-t-il ? Quelques minutes, c’est un laps de temps très précieux.  » Le Rav Ben Tsion Chemtov était un de ses proches et il allait rendre visite au Rabbi à son hôtel. Il eut ainsi l’occasion de remarquer que le lit du Rabbi était encombré de nombreux livres qui n’avaient pas manifestement été déplacés depuis plusieurs jours. Il en conclut que le Rabbi ne s’autorisait que très peu de sommeil et uniquement assis sur une chaise. Ce diagnostic fut confirmé par un autre ‘hassid qui entendit d’un des employés de l’hôtel que, dans la chambre du Rabbi,  » l’électricité était allumée toute la nuit  » et que  » l’on entendait les pas d’un homme allant de long en large.  »

Pendant ces quelques mois où le Rabbi résida à Paris, il apparaît qu’il rencontra de nombreuses personnes dans la plus grande discrétion. Il s’agissait d’entrevues essentielles pour le maintien et le renforcement du judaïsme. Dans de nombreux domaines, l’action du Rabbi se fit sentir avec une grande présence. C’est ainsi qu’existent des lettres retraçant son intervention dans l’accueil des réfugiés qui fuyaient alors l’Union Soviétique et débouchaient à Paris. Il s’occupa également, dans cette même période, de créer à Paris une branche du  » Merkaz Léinyanei ‘Hinou’h « , l’organisation loubavitch chargée des problèmes d’éducation, du  » Ma’hané Israël « , l’œuvre d’action sociale du mouvement loubavitch, une institution de jeunes filles  » Beth Rivka  » et une section des éditions loubavitch  » Kehat « . Il fit notamment éditer en français différents recueils sur le judaïsme. Cette action ne se fit pas sentir qu’en France mais eut des effets également dans d’autres pays d’Europe tels que l’Allemagne, l’Autriche ou la Tchécoslovaquie ainsi que dans les camps de réfugiés existant alors. Bien entendu, malgré l’éloignement, le lien avec son beau-père, Rabbi Yossef Its’hak, ne se distendit à aucun moment. Plus encore, sur un certain nombre de sujets, celui-ci répondit à ceux qui l’interrogeaient qu’il faudrait attendre le retour de son gendre.

Comme il l’avait fait avant-guerre, le Rabbi retrouva le chemin de la rue des Rosiers. Il fut invité un jour à donner un cours dans la synagogue du 25 de la rue. Ce cours exceptionnel a laissé une marque ineffaçable à tous ses auditeurs. La synagogue, pour ce rendez-vous, était comble. Un témoin raconte :

 » A la synagogue étaient venus des Rabbis, chefs de communauté, des érudits, des ‘hassidim et de simples Juifs de toute la communauté. Le Rabbi entra dans la synagogue avant la prière de Min’ha. Immédiatement, toute l’assemblée se leva. On conduisit le Rabbi à un endroit noble de la synagogue, devant le mur ‘est’, et on pria. Puis le Rabbi demanda ce qu’on avait l’habitude d’étudier. Il lui fut répondu qu’on étudiait ‘Eïn Yaacov’. Il prit le livre correspondant, y regarda quelques secondes et commença à parler du sujet auquel on s’était arrêté la fois précédente, recourant à tous les degrés d’interprétation du texte avec une clarté incomparable. Il parla ainsi pendant une grande heure. On fit alors la prière du soir puis les responsables de la synagogue demandèrent au Rabbi de dire encore quelques mots. Celui-ci commença par refuser mais, devant l’insistance de tous, finit par accepter. Il s’enquit du texte étudié habituellement : c’était le Choul’han Arou’h, lois des téfiline. Immédiatement le Rabbi se mit à expliquer. L’enseignement dura encore une heure dans un silence absolu. Lorsqu’il eut terminé, les responsables demandèrent au Rabbi de donner aussi le cours de Tanya qui avait normalement lieu à cette heure. Le Rabbi accepta et, en conclusion, relia les trois études qui venaient d’être faites de manière si éblouissante que les présents ne purent cacher leur enthousiasme. Puis il termina ainsi : ‘Yaacov – Rabbi Yossef Its’hak – est déjà prêt pour la Délivrance, le retard n’est dû qu’au ‘troupeau (qui) allaite’. Que chacun mérite d’aller à la rencontre de Machia’h avec son Rabbi et nous irons avec notre Rabbi rapidement, en notre temps, amen’.  »

Le Rabbi s’employa aussi à encourager les ‘hassidim. C’est ainsi que l’un d’eux, qui s’était auparavant trouvé dans un camp de réfugiés en Allemagne, se plaignit que des Juifs appartenant à un certain groupe faisaient quelques problèmes aux ‘hassidim parce que ces derniers s’occupaient de rapprocher des Juifs éloignés de la pratique des Mitsvot. Le Rabbi se contenta de lui répondre :  » Ils ont besoin de crier, nous avons besoin d’agir.  » A cette époque, beaucoup de ‘hassidim se trouvaient à Paris dans l’attente de refonder leur vie quelque part dans le monde. Ils avaient le statut de réfugiés et beaucoup d’entre eux habitaient, à tire provisoire, dans un hôtel, dénommé  » Prima, en banlieue parisienne. Le Rabbi parla longuement devant eux, dans le cadre d’une réunion ‘hassidique de Lag Baomer 5707 (1947), et cette rencontre laissa une marque profonde. Le Rabbi visita aussi diverses institutions éducatives, interrogeant les enfants, les invitant à poursuivre leurs efforts et insistant sur une idée que Rabbi Yossef Its’hak lui avait citée avant qu’il quitte les Etats-Unis :  » Nos enfants sont nos garants.  »

Mais le temps arriva de quitter Paris. Avant de partir, le Rabbi parla aux ‘hassidim pendant toute une nuit, dans la maison de Rav Zalman Schneerson. Cette réunion ‘hassidique est restée dans les mémoires. Tous en comprenaient le sens : c’était une cérémonie d’au revoir. Nombreux furent les participants. Au bout de plusieurs heures d’explication, de commentaires, alors qu’il était déjà minuit et que la plupart de ceux qui étaient venus étaient rentrés chez eux, le Rabbi s’adressa aux ‘hassidim encore là. Il demanda à chacun son nom, indiquant de dire  » lé’haïm  » et expliquant les implications spirituelles et matérielles du nom concerné. Ce n’est qu’après que le Rabbi eut terminé qu’ils se levèrent et dansèrent avec une joie intense jusqu’à huit heures du matin. Au total, cette réunion dura entre dix et onze heures.

Rav Aaron Mordé’haï Zilberstraum, qui y était présent, raconte :

 » J’étais responsable de la prière des enfants dans l’école (du Rav Zalman Schneerson). Aussi, j’étais obligé de partir à 6h30 du matin. Plusieurs des présents avaient déjà reçu la bénédiction du départ du Rabbi qui devait prendre le train, à la gare non loin de là, à environ 11h. Le Rabbi commença à me bénir également mais je lui dis que j’avais l’intention de revenir un peu plus tard spécialement pour son départ. Il ne répondit pas et continua à me bénir. J’avais calculé que je resterais avec les élèves de 7h30 à 9h. C’est ce que je fis et, à 9h30, j’allais prendre le train, à la gare près de l’école. Mais, à mon grand étonnement, les employés avaient entamé, à ce moment-là, une grève et je ne parvins pas non plus à trouver un taxi. En résumé, je ne réussis pas à dire au revoir au Rabbi et je dus me contenter de lui envoyer un télégramme. « 

Rabbi Yossef Its’hak avait demandé au Rabbi, pour ce voyage de retour avec sa mère, de ne pas prendre l’avion comme à l’aller mais le bateau. C’est ce que fit le Rabbi et beaucoup de Juifs de Paris, dont de nombreux ‘hassidim, l’accompagnèrent en car jusqu’au port pour saluer son embarquement à bord du paquebot Mauritania puis son départ.

Une fois le Rabbi de retour aux Etats-Unis, et plus exactement à New York dans ce quartier de Crown Heights qu’il ne quitta plus, le souci de ce qui se passait à Paris continua de se faire jour de manière évidente.

 

Dvar Mal’hout – Le livre : Discours du Rabbi de Chabbat Reeh, premier jour de Roch ‘Hodech Elloul 5751

Dvar Mal’hout – Le livre : Discours du Rabbi de Chabbat Reeh, premier jour de Roch ‘Hodech Elloul 5751

 

La paracha de Reeh est toujours lue dans un temps lié au mois de Eloul : soit le Chabbat qui précède et bénit le mois de Eloul, soit – comme cette année-ci (5751 – 1991, Ndt) – le Chabbat Roch ‘Hodech Eloul.

Cela peut apparaître surprenant, car, à première vue, non seulement la paracha de Reeh et le mois de Eloul n’ont-ils aucun rapport entre eux, mais, au contraire, ils sont porteurs de significations opposées :

En effet, dans le mois de Eloul, l’accent est mis sur l’effort de l’homme pour se rapprocher de D.ieu, le « bien-aimé », selon le verset du Cantique des Cantiques qui est l’acrostiche du mot « Eloul » : d’abord « Ani Lédodi – Je suis à mon bien-aimé », en conséquence de quoi l’homme mérite l’aide de D.ieu, « Védodi Li – mon bien-aimé est à moi » (Cantique, 6, 3). À l’inverse, la paracha de Reeh souligne l’assistance et la bénédiction divine : « Reeh Ano’hi notène lifné’hem hayom bera’ha – Regarde, Je donne aujourd’hui devant vous une bénédiction » (Deutéronome, 11, 26).

Dans ce verset, chacun des mots exprime la qualité de la bénédiction qui émane d’En-Haut pour descendre sur le peuple juif :

« Reeh – Regarde » exprime une intériorisation du message beaucoup plus profonde qui découle de la supériorité de la vision sur l’écoute.
« Ano’hi – Je » exprime un degré du Divin bien plus essentiel et élevé que lorsque D-ieu se révèle par l’autre terme pour « Je », « Ani ». En effet, la lettre ‘haf (Khaf) qui se rajoute à ce dernier pour former Ano’hi représente le degré infini de Keter dont elle est l’initiale.
« Notène – donne » exprime le don divin qui se fait dans la joie.
« Lifné’hem – devant vous » signifie « au dedans de vous », car l’influence divine venue d’En-Haut se révèle d’abord dans les profondeurs de l’être et ensuite seulement dans sa partie superficielle.
« Hayom – aujourd’hui », exprime le dévoilement lié à la lumière du jour ainsi que l’éternité (car « aujourd’hui » désigne chaque jour) liée au dévoilement divin d’En-Haut.
« Bera’ha – bénédiction » désigne aussi une influence divine qui vient d’En-Haut, voire même une influence si élevée qu’elle ne peut se révéler dans notre monde de façon positive, mais seulement d’une façon qui semble être une malédiction (que D.ieu nous en préserve) comme le dit la fin du verset.

Dès lors, comment peut-il exister un lien entre cette paracha qui exprime le dévoilement divin d’En-Haut avec le mois de Eloul dont le sujet est l’effort de l’homme ici-bas ?

On peut à priori justifier cela par le fait que le mois de Eloul doit constituer un bilan du service divin de l’homme envers D.ieu, pas seulement dans l’effort qui est fait « d’en bas », mais aussi de l’effort dans la révélation des forces de son âme, qui est un travail que l’homme effectue « d’en haut ». Ce point a été développé dans le discours précédent (de la paracha Ekev) et il y a été expliqué que le premier jour de Roch ‘Hodech (lors duquel le présent discours a été prononcé, Ndt) est lié avec le bilan du service divin qui se fait « de haut en bas ». C’est la raison pour laquelle il tombe un Chabbat (en 5751 – 1991, Ndt), car en ce jour on n’a pas affaire avec le monde, mais avec son âme à travers l’étude de la Torah et la prière (et cela pénètre également la Mitsva de consommer les repas du Chabbat, qui sont élevés spirituellement par rapport aux repas de la semaine). Il est donc justifié que ce Chabbat soit celui de la paracha de Reeh qui évoque le dévoilement divin « d’En-Haut ».

L’hiver débute en Av

Cependant, il semble plus logique de dire que Reeh est liée aussi avec le service divin qui se fait « de bas en haut » (bien qu’elle soit lue pendant les mois d’été dans lesquels le service de D.ieu est essentiellement « de haut en bas »), pour les raisons suivantes :

1. Bien qu’elle soit toujours lue pendant le mois de Av, elle est toujours liée à Eloul dans lequel le service divin se fait principalement « d’en bas », soit en le bénissant, soit en faisant partie de Roch ‘Hodech Eloul.

2. Le mois de Av lui-même est lié au mois de Tichri (auquel Eloul est une préparation). En effet, on commence à se souhaiter « Ktiva ve’hatima tova », d’être inscrit et scellé pour le bien dans le livre de la vie, à partir du quinze Av. D’autre part, les lettres du mot Aryeh, le lion (qui est la constellation dominante – le « mazal » du mois de Av), sont les initiales de Eloul (alef), Roch Hachana (rech), Yom Hakipourim (youd), Hochaana Rabba (ré), les étapes principales du mois de Tichri.

3. La conclusion de la paracha de Reeh traite des lois relatives à la fête de Soukot qui, comme tous les événements des mois de l’hiver, relève du service divin qui se fait « d’en bas ».

Ainsi, la question reste posée : qu’est-ce qui relie la paracha de Reeh avec le service divin « d’en bas », dont l’homme est à l’initiative et qu’il accomplit avec ses propres forces ?

Commencer comme il convient

Pour répondre à cela, il est nécessaire de rappeler en préambule que le service divin qui est attendu au mois de Eloul n’est pas « de bas en haut » ou « de haut en bas », mais la fusion de ces deux mouvements en un seul (ce point a été développé dans le discours de la paracha Ekev).

En effet, le service divin « d’en bas » a l’avantage de provenir de l’homme lui-même, mais il est, de ce fait, nécessairement limité et sa portée est donc également limitée. L’assistance divine qui se révèle « d’en haut » à l’avantage d’être bien au-delà des limitations humaines, mais elle ne correspond justement pas aux efforts investis par l’homme. Il s’agit d’un « cadeau » de D.ieu.

Ce que l’homme doit faire au mois de Eloul, c’est de servir D.ieu de ses propres forces, « d’en bas » (« Ani lédodi – Je suis à mon bien-aimé »), mais d’une façon qui le place au-delà de toute limite et le résultat sera en conséquence. C’est ce à quoi les mots « (mon bien-aimé est) à moi » font allusion.

Cependant, pour pouvoir réaliser cela, l’homme doit se tenir à un niveau très élevé, au-delà de toutes limites !

C’est la raison pour laquelle on lit la paracha de Reeh avant le mois de Eloul en tant que préparation à ce service de D.ieu.

Il y est dit à l’homme « Regarde », comprends, sois conscient du fait que « Je donne aujourd’hui devant vous une bénédiction ». La conscience de recevoir dans son âme le dévoilement du degré de Ano’hi, l’Essence du Créateur, permet au Juif de servir D.ieu « d’en bas » de façon illimitée.

Cela commence par le Chabbat

La capacité d’un Juif de servir D.ieu au-delà de toute limite est soulignée lorsque Roch ‘Hodech Eloul tombe un Chabbat :

Le jour du Chabbat, comme on le sait, est exclusivement consacré à l’étude et à la prière, ce qui place le Juif au dessus du monde et de ses limites.

Ainsi, lorsque le mois de Eloul débute un Chabbat (en particulier lorsqu’il s’agit du premier jour de Roch ‘Hodech), le mois tout entier en est marqué et devient de ce fait « chabbatique », au-delà des limites. En effet, lorsque le premier jour de Roch ‘Hodech tombe un Chabbat, cela

agit sur le second jour et lui confère également ce caractère « chabbatique », et il en est de même pour les autres jours du mois.

On voit que lorsque Roch ‘Hodech tombe un Chabbat, c’est la dimension du Chabbat qui prévaut. En effet, l’ordre de la prière est celui du Chabbat et ce n’est que dans la amida que l’on mentionne Roch ‘Hodech. Dans le birkat hamazone (action de grâce après le repas), le Chabbat est mentionné avant le Roch ‘Hodech. Dans les bénédictions qui suivent la lecture de la haftara, on mentionne le Chabbat et pas le Roch ‘Hodech et ce, bien que la haftara toute entière ne traite que du Roch ‘Hodech !

La raison à cela est que le Roch ‘Hodech, marquant le phénomène naturel du renouvellement de la Lune, est lié quelque peu aux limitations du monde. Ainsi souligne-t-on en premier lieu le Chabbat, pour exprimer le fait que le Juif se trouve en premier chef au-delà des limites du monde (Chabbat) et qu’il fait ensuite pénétrer cette dimension infinie à l’intérieur du monde (Roch ‘Hodech).

Sortir des limites – sortir de l’exil

Le nom « Eloul » possède plusieurs acrostiches :

Le premier représente la Torah : « אִנָּה לִיָּדוֹ וִשַׂמְתִּי לִךָ – Et celui qui n’a pas dressé d’embûches et D.ieu l’a amené sous sa main, Je te fixerai un endroit où il puisse se réfugier » (Exode, 26, 13). Ce verset parle en effet des « villes de refuge » qui évoquent la Torah, car celle-ci est un « refuge » spirituel qui préserve du mauvais penchant.

Le second représente la prière : « אִנִּי לִדוֹדִּי וִדוֹדִּי לִי – Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi, qui fait paître son troupeau parmi les roses », car il évoque l’attachement de l’homme à son Créateur à travers la prière.

Le troisième représente les bonnes actions (« guémilout ‘hassadim ») : « אִישׁ לִרֵעֵהוּ וּמַׂתָּנוֹת לִאֶבְיוֹנִּים – … en faire des jours de festin et une occasion d’envoyer des présents l’un à l’autre et des dons aux pauvres » (Esther

9, 22).

Ces trois piliers du service divin doivent se faire, comme nous l’avons dit, de façon qui dépasse les limites, comme cela apparaît dans le quatrième acrostiche qui représente la téchouva (le retour à D.ieu) : « אִת

לִבָּבְךָ וִאֶת לִבַׂב – L’Éternel ton D.ieu circoncira ton coeur et le coeur de ta descendance, afin que tu aimes l’Éternel ton D.ieu de tout ton coeur et de toute ton âme, pour que tu vives. » (Deutéronome 30, 6), verset qui évoque la téchouva qui aura lieu lors de la délivrance messianique.

Cela apparaît d’autant plus dans le cinquième acrostiche qui représente la délivrance : « וִיאֹּמְרוּ לִאמֹּר אִשִּׁירָּה לִה ‘ – Alors, Moïse chanta, ainsi que les enfants d’Israël, l’hymne suivant à l’Éternel. Ils dirent : “ Je veux chanter à l’Éternel… », verset qui évoque également le cantique qui sera chanté lors de la délivrance future, quand nous pourrons accomplir le service de D.ieu à la perfection et sans limites.

Le dernier acrostiche, qui évoque un service de D.ieu parfait, a encore plus de résonnance cette année-ci (5751 – 1991, Ndt) et à la date actuelle :

En plus du fait que nous avons achevé notre tâche et que nous nous tenons prêts pour la délivrance, nous sommes en l’an 5751, dont l’acrostiche est « ce sera une année où Je lui montrerai des merveilles » et nous avons déjà vu de nombreux miracles et merveilles. Nous avons vu notamment la chute du « rideau de fer » qui a permis aux Juifs de Russie de sortir de là-bas. Nous avons vu comment les émissaires (du Rabbi, Ndt) ont tenu leur congrès dans la capitale de la Russie, dont le but est de renforcer la diffusion de la ‘Hassidout dans le monde entier.

Et après que onze mois sont passés dans cette année et que nous nous tenons au mois de Eloul, le mois du bilan, la conclusion du bilan est : « Ad mataï ! », jusqu’à quand ! Comment est-il possible que le Machia’h ne soit pas encore venu ? Comment est-il possible que l’on ne voie pas (« reeh ») encore le Machia’h ?!

En particulier sachant que nous sommes Chabbat, qui est lié avec la délivrance, car celle-ci sera « le jour qui sera entièrement Chabbat », et Roch ‘Hodech, le jour de la nouvelle lune, qui est lié avec la délivrance du peuple juif qui sera délivré de nouveau, et dans la paracha de Reeh qui est liée avec la vision de la délivrance et dont la haftara évoque, elle aussi, la délivrance : « Réjouissez-vous avec Jérusalem et soyez dans l’allégresse à causse d’elle… » (Isaïe 66, 10). Ainsi, il est clair que la délivrance doit arriver.

Que faire ?

Il faut diffuser partout le service divin qui découle des cinq acrostiches du mois de Eloul, en particulier du cinquième qui représente la délivrance et qui doit pénétrer tous les autres aspects du service de D.ieu (notamment à travers l’étude des sujets relatifs à la délivrance et au Temple).

Et concrètement :
Il faut annoncer en tous lieux – avec des paroles qui viennent du coeur – que D.ieu dit (à travers Ses serviteurs les prophètes) à chaque Juif : « Regarde, Je donne aujourd’hui devant vous une bénédiction », au point où l’on voit véritablement aujourd’hui avec des yeux de chair la bénédiction de la délivrance messianique.

Cette proclamation doit émaner de tous, même de ceux qui prétendent qu’ils n’ont pas encore intégré et assimilé la chose, car, même dans ce cas, ils ont une foi parfaite et peuvent (et doivent) donc diffuser cela à autrui, à commencer par leur entourage, puis à tous les Juifs auxquels ils peuvent parvenir, et cela même aidera à ce qu’ils intègrent ce message comme il se doit.

Puisse D.ieu vouloir que, par le mérite de ces paroles au sujet de la délivrance, celle-ci se fasse concrètement, en particulier lorsque nous allons relier cela avec le fait de dire «lé’haïm ! » dans un farbrenguen ‘hassidique ici, dans la synagogue, la maison d’étude et de bonnes actions de mon beau-père, le Rabbi (précédent, Ndt) : « lé’haïm ! lé’haim vélibra’ha ! » (« Pour la vie ! Pour la vie et la bénédiction ! »).

Puissions-nous tous mériter toutes les bénédictions, en particulier celle d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année, et a fortiori la bénédiction de la délivrance complète par notre juste Machia’h, et toute l’assemblée répondra « amen » et « plus grand est celui qui répond « amen » que celui qui bénit ». Amen, ken yéhi ratsone.