Figure emblématique de l’armée israélienne, David Zini incarne un parcours exceptionnel qui l’a mené des unités d’élite à la direction du service de sécurité intérieure. Né à Jérusalem en 1974 dans une famille de dix enfants, cet officier religieux a gravi tous les échelons du commandement militaire avant d’être nommé 15ème directeur du Shin Bet en octobre 2025. Son ascension fulgurante, marquée par des décennies de combats et de controverses, fait de lui l’une des personnalités les plus scrutées de l’establishment sécuritaire israélien.
Des racines familiales ancrées dans la tradition rabbinique
David Zini voit le jour le 9 janvier 1974 à Jérusalem, quinzième jour du mois de Tevet 5734-1974 selon le calendrier hébraïque. Fils aîné d’une fratrie de dix enfants, il grandit à Ashdod dans un environnement profondément religieux. Son père, Yossef Zini, occupe les fonctions de Rav du quartier D de la ville d’Ashdod, tandis que son grand-père, le Rav Meyer Zini de Paris, compte parmi les derniers grands Rabbanim séfarades d’Afrique du Nord, perpétuant ainsi une tradition rabbinique séculaire.
Son grand-père Rav Meyer Zini, né en 1921 à Mécheria en Algérie, a exercé comme Rabbin de communauté originaire d’Algérie, en France puis en Israël. Après avoir servi comme Rabbin et chantre à Tiaret de 1951 à 1962, dès son arrivée à Paris, il œuvre inlassablement pour réunir les Juifs d’Algérie et préserver leur identité juive ainsi que leurs traditions. Il organise et dirige pendant des années les prières de Rosh Hashana et Kippour au Cirque d’Hiver à Paris, rassemblant des centaines de fidèles. À la fin des années 1960 et au début des années 1970, il réunit les Juifs algériens pour les prières dans les Salons Eden à Paris où prient, entre autres, le Rav Manitou et son père le Rav David Ashkenazi, le Rav Its’hak Elmaleh et le Rav Mazliah Mazuz. Survivant des camps de travail de Vichy et aumônier dans l’armée française. En 2006, à l’âge de 85 ans, ils immigrent en Israël où il décède en 2012 à Jérusalem.
L’ascension fulgurante d’un combattant d’élite
La formation religieuse de son petit-fils David Zini débute au Talmud Torah Morasha, se poursuit à la Yechiva secondaire de Hispin, puis à la Yechiva de Hevron et à la préparation militaire de Keshet Yehouda. Durant son service militaire, il consacre une année d’études à la petite Yechiva Morasha, conjuguant ainsi engagement militaire et approfondissement religieux.
En 1992, David Zini s’engage dans Tsahal et se porte volontaire pour la prestigieuse unité de reconnaissance de l’état-major. Après avoir accompli son service de base chez les parachutistes, il suit la formation de combattant au sein de l’unité. Une année passée dans une compagnie opérationnelle précède son passage par le cours des officiers d’infanterie, qui marque un tournant dans sa carrière.
Affecté à la brigade Golani, il est nommé commandant de section au sein du bataillon 12, avant de prendre la tête de la compagnie de fusiliers Guimel de ce même bataillon. Il conduit alors ses hommes au combat dans le sud du Liban, démontrant des qualités de commandement qui ne passeront pas inaperçues. Par la suite, il assume le commandement de la compagnie Alef de l’unité Egoz, une formation d’élite spécialisée dans la lutte anti-guérilla.
Lors de l’opération Rempart en 2002, alors qu’il se trouve en permission d’études, Zini interrompt sa formation académique pour rejoindre sa brigade jusqu’à la fin de l’opération, témoignage de son dévouement sans faille. Il gravit ensuite les échelons en tant qu’adjoint au commandant du bataillon 51, puis comme commandant du cycle de formation avancée au centre d’entraînement de Golani. Durant la Seconde Guerre du Liban en 2006, il occupe le poste de commandant du quartier général de la brigade Golani.
Commandant de bataillon face à la rébellion et au combat
L’année 2006 marque une étape décisive : promu au grade de lieutenant-colonel, David Zini est nommé commandant du bataillon 51, fonction qu’il exercera jusqu’en 2008. En mars 2007, il doit faire face à une révolte des combattants du bataillon, après avoir mis fin à des pratiques contestables concernant les différences entre anciens et nouvelles recrues. Cette fermeté dans l’application du règlement révèle son caractère intransigeant.
De juillet 2007 à février 2008, il conduit le bataillon dans une activité opérationnelle intensive à Gaza. Durant cette période, il mène ses hommes dans des dizaines d’opérations au cours desquelles de nombreux terroristes sont éliminés, des stocks d’armes découverts et des infrastructures terroristes détruites. Cette lutte prolongée et déterminée vaut au bataillon une citation d’unité le 27 avril 2008, remise par le commandant du Commandement Sud, Yoav Galant.
En 2008, il accède au commandement de l’unité Egoz et la dirige durant l’opération Plomb Durci. Après avoir achevé ce mandat en 2010, il part poursuivre ses études.
Du commandement de brigade aux responsabilités stratégiques
Promu colonel en 2011, David Zini est nommé commandant de la brigade Alexandroni et simultanément directeur de programme au cours des commandants de compagnie et de bataillons. En 2013, il assume parallèlement la direction du Centre d’entraînement au tir du Centre national d’entraînement terrestre.
Durant l’opération Bordure Protectrice, après la blessure du commandant de la brigade Golani, Rassan Alian, Zini est désigné temporairement comme remplaçant et conduit la brigade dans la poursuite de la bataille de Choujaïya à l’est de Gaza. Il termine ces fonctions en 2014. Entre 2014 et 2015, il occupe le poste de chef d’état-major du Commandement Centre.
Le 6 juillet 2015, il reçoit la mission de créer la brigade Oz. Il en devient le premier commandant le 27 décembre et quitte ce poste le 17 août 2017. Il suit ensuite la formation de la 45ème promotion du Collège de Sécurité Nationale entre 2017 et 2018.
Le 29 janvier 2018, il est promu général de brigade et prend ses fonctions le 31 janvier comme commandant de la division Eidan. Parallèlement, il commande de 2019 à 2020 le cours des commandants de compagnie et de bataillons. Il occupe le poste de commandant de division jusqu’au 10 septembre 2020. Le 24 juin 2020, il est nommé commandant du Centre national d’entraînement terrestre, fonction qu’il remplit jusqu’au 27 octobre 2022.
L’accession au grade de général
Le 1er juin 2023, David Zini est promu au grade de général, et le 5 juillet, il entre en fonction comme commandant du Commandement de la Formation et de l’Entraînement ainsi que commandant de la branche de l’état-major général. Le 7 octobre 2023, depuis son domicile sur le plateau du Golan, il se rend vers le sud dans la zone de combat près du kibboutz Mefalsim. Certains rapports affirment qu’il a combattu lors de la bataille de Mefalsim, toutefois, selon les enquêtes de Tsahal et le témoignage d’un commandant ayant participé aux combats, Zini serait arrivé dans la zone seulement après la fin des affrontements.
En 2023, à la demande du commandant de la division de Gaza, le général de brigade Avi Rosenfeld, il rédige un rapport confidentiel examinant l’activité de Tsahal autour de la barrière entourant la bande de Gaza face à différents scénarios. Dans le document rédigé en mai 2023, il évoque des scénarios extrêmes incluant une infiltration ponctuelle de terroristes dans des conditions de surprise du renseignement, possibles en tout point du secteur, ainsi que la réponse requise. Dans ses conclusions, il mentionne la conception qui s’est développée autour de la barrière. Toutefois, l’examen n’a ni analysé ni alerté sur un scénario d’ampleur tel que celui du massacre du 7 octobre. Le Premier ministre utilisera ce rapport ultérieurement pour justifier sa nomination, bien que le document soit une synthèse tactique destinée au niveau tactique, traitant uniquement de la vérification de la sécurité courante le long de la barrière.
Entre ambitions contrariées et nouvelles missions
Alors qu’approche le départ du général Avi Gil du poste de secrétaire militaire du Premier ministre, le nom de Zini circule comme candidat potentiel. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu le reçoit même en entretien, mais rejette finalement sa candidature en affirmant qu’il serait trop messianique. Suite à la possibilité d’une nouvelle législation sur le service militaire, il crée aux côtés du général Yaniv Assor et sous la supervision du Rav David Leibel la première brigade haredi, la brigade Hashmonaïm.
Le 22 mai 2025, un jour seulement après que la Haute Cour de Justice ait décrété que le licenciement de Ronen Bar du poste de directeur du Shin Bet était illégal en raison d’un conflit d’intérêts, et après que la conseillère juridique du gouvernement ait interdit à Netanyahu de désigner un autre candidat à la direction du Shin Bet, le Premier ministre annonce son intention de nommer Zini à la tête du service de sécurité intérieure. Suite à cette annonce, le chef d’état-major Eyal Zamir convoque Zini pour un entretien de clarification, n’ayant pas autorisé de contacts avec l’échelon politique, et décide finalement de mettre fin à ses fonctions. Par la suite, la commission Gronis établit qu’aucune faute n’a été commise dans sa conduite vis-à-vis du chef d’état-major.
Un discours de départ marquant
Le 4 juin 2025, David Zini prononce un discours de départ de Tsahal, dans lequel il déclare à propos du massacre du 7 octobre : « J’ai une part importante dans cet échec terrible… Nous ne devons pas dire ‘nos mains n’ont pas versé ce sang’. Un échec d’une telle ampleur n’est pas un échec ponctuel, mais un échec structurel profond et nous en avons tous notre part, et nous avons tous la responsabilité de le réparer, chacun dans son secteur. »
La nomination controversée à la tête du Shin Bet
Le 22 mai 2025, le Premier ministre Benjamin Netanyahu annonce officiellement son intention de nommer David Zini comme directeur du Shin Bet. Le lendemain, des révélations indiquent que Zini aurait exprimé une position catégorique contre les accords d’échange d’otages, déclarant : « Je suis contre les accords d’échange d’otages, c’est une guerre éternelle. » Suite à cette publication, les familles d’otages exigent l’annulation de sa nomination.
La conseillère juridique du gouvernement, Gali Baharav-Miara, s’oppose à la nomination de Zini à la direction du Shin Bet, arguant qu’il n’appartient pas au Premier ministre, en tant que partie en conflit d’intérêts, de déterminer l’identité de la personne chargée d’enquêter sur ses proches. Elle propose que Netanyahu transfère les prérogatives relatives à la nomination à l’un des ministres du gouvernement, mais la proposition est rejetée. La Haute Cour de Justice est saisie pour déterminer si Netanyahu est autorisé à procéder à cette nomination en raison du conflit d’intérêts.
Le 30 juin 2025, il est révélé que Zini s’est exprimé lors de conversations privées contre le système judiciaire, le qualifiant de « dictature qui contrôle tout l’État ». Le 13 juillet, la Haute Cour de Justice statue, suite à un compromis obtenu, que la nomination ne sera pas effectuée avant le 11 septembre, date à laquelle Netanyahu pourra présenter son candidat à la direction du Shin Bet, même si l’implication du Shin Bet dans l’enquête sur l’affaire « Bibigate » n’est pas encore terminée.
Le 25 septembre 2025, la commission consultative pour les nominations aux postes supérieurs approuve la possibilité de le nommer au poste de directeur du Shin Bet. Le 30 septembre, le gouvernement décide à l’unanimité de sa nomination pour une durée de cinq ans, et il entre en fonction le 5 octobre 2025.
Après l’annonce de sa candidature et avant son entrée en fonction, Zini rencontre un agent du Shin Bet soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles concernant une enquête du Shin Bet sur une « infiltration kahaneiste » dans la police, au ministre Amichai Chikli et à des journalistes. Les informations concernant cette rencontre sont transmises à la commission consultative pour les nominations aux postes supérieurs qui examine sa nomination.
Une vie personnelle marquée par la foi et la famille
Durant plusieurs années, David Zini étudie la Guemara auprès du Rav Yehoshua Tzukerman, l’un des fondateurs de la Yechiva Har HaMor à Jérusalem, avec qui il entretient des liens étroits. Lors d’une commémoration marquant l’anniversaire de son décès, il prononce un éloge funèbre personnel, racontant que l’enseignement de Tzukerman constitue pour lui une source d’inspiration dans son service au sein de Tsahal.
Il est titulaire d’une licence en éducation du collège Lifshitz et d’un master en sécurité nationale et administration publique. Il est diplômé du Collège de Sécurité Nationale.
David Zini résidait au moshav coopératif Keshet sur le plateau du Golan, avant de déménager en 2025 à Jérusalem dans le quartier de Har Homa. Il est marié à Naomi et père de onze enfants. L’une de ses filles est mariée au fils du Rav Eliezer Kashtiel, directeur de la Yechiva pour anciens combattants Bené David à Eli. Son oncle, le Rav Eliyahou Rahamin Zini, est le directeur de la Yechiva Or Veyeshouah.
Son frère Chemouel Zini est le représentant en Israël du milliardaire Simon Falic. Son frère Betsalel Zini est propriétaire de la société « Betsalel Zini Entrepreneuriat et Projets Ltd » et sert dans la réserve comme responsable de l’enveloppe logistique de la « Force Uria », une unité de combattants réservistes qui opèrent des engins de chantier dans la bande de Gaza.
Un véhicule s’est renversé ce lundi matin à la sortie de Kfar Habad, provoquant un accident grave qui a fait un blessé sérieux évacué vers l’hôpital Asaf Harofé.
Un conducteur d’environ 30 ans a été évacué ce matin dans un état grave vers le centre médical Asaf Harofé, suite à un accident de la route survenu sur le chemin de sortie de Kfar Habad. Son véhicule s’est renversé dans un fossé après une collision avec un autre véhicule, aux alentours de 9h00 du matin, près du « carrefour Habad » sur la route 44. Le conducteur a réussi à s’extraire de son véhicule par ses propres moyens avant l’arrivée des secours. La conductrice du second véhicule impliqué a été légèrement blessée.
Intervention rapide des secours
Les ambulanciers et secouristes du Magen David Adom (MDA) et d’Ihoud Hatzala sont rapidement arrivés sur les lieux pour prodiguer les premiers soins à la victime. Le blessé présentait un traumatisme crânien sévère et un état de conscience altéré. Après avoir reçu les soins d’urgence sur place, il a été transféré vers le centre médical Asaf Harofé dans une ambulance de soins intensifs, son état étant qualifié de grave mais stable.
Moshé Galbshtein, ambulancier de l’unité motocycliste du MDA, accompagné des secouristes Itzik Levi et Lior Harel, ont témoigné de la scène : « Nous avons reçu un signalement concernant un accident de la route grave. À notre arrivée, nous avons vu le véhicule dans le fossé sur le côté de la route et le conducteur à proximité du véhicule, dans un état de conscience confuse avec un grave traumatisme crânien. Nous lui avons prodigué des soins médicaux et l’avons évacué dans une ambulance de soins intensifs du MDA vers la salle de traumatologie, son état étant qualifié de grave et stable. »
Collision entre deux véhicules
Les secouristes d’Ihoud Hatzala, Naftali Ruber, Ohad Abou et Yarin Harari, ont fourni des précisions supplémentaires sur les circonstances de l’accident : « Il s’agit d’un accident impliquant deux véhicules. Nous avons fourni une assistance médicale initiale sur place à un jeune homme (environ 30 ans) gravement blessé lorsque son véhicule s’est renversé dans un fossé sur le côté de la route et qui souffrait d’un traumatisme crânien. La conductrice du second véhicule a été légèrement blessée. »
L’accident s’est produit sur le chemin de sortie de Kfar Habad, une zone fréquentée située près du carrefour stratégique de la route 44. Les circonstances exactes de la collision restent à déterminer par les enquêteurs de la police. La rapidité d’intervention des services de secours a permis une prise en charge médicale immédiate du blessé grave, maximisant ainsi ses chances de récupération.
Quinze suspects arrêtés après une fusillade ayant touché un Beth Habad à Hadera : un projectile avait traversé la fenêtre en pleine session d’étude.
La police israélienne a procédé à l’arrestation de 15 suspects impliqués dans plusieurs incidents de tirs survenus à Hadera, une semaine après qu’une balle perdue ait brisé une fenêtre du Beth Habad alors qu’un Kollel du soir était en cours. Cette opération de grande envergure marque une réponse ferme aux violences criminelles qui inquiètent les habitants de la ville. Aucune victime n’est à déplorer, mais l’incident rappelle les dangers de la criminalité armée dans les zones urbaines.
Une opération policière d’envergure contre la criminalité
Dans le cadre d’une vaste opération initiée par les forces de police de la région de Menashé, en collaboration avec l’unité Romah et les gardes-frontières, les autorités ont déployé d’importants moyens pour lutter contre la recrudescence des incidents criminels à Hadera. Cette action intervient après plusieurs événements violents qui ont profondément perturbé la tranquillité des résidents.
« Suite à plusieurs incidents criminels survenus récemment dans la ville de Hadera, qui préoccupent énormément les habitants de la région, et dans le but de saisir les armes détenues illégalement à des fins criminelles – un phénomène inacceptable qui met des vies en danger – nos forces se sont déployées dans toute la ville », a indiqué la police dans son communiqué.
Les forces de l’ordre ont effectué des contrôles ciblés, tant sur les véhicules en circulation que sur le plan pénal. Cette opération a permis l’arrestation de 15 suspects, dont certains sont directement soupçonnés d’implication dans les fusillades qui ont secoué la ville ces derniers temps.
Un projectile traverse le Beth Habad pendant l’étude
L’incident le plus marquant s’est produit il y a une semaine, lorsque des tirs ont retenti à proximité du croisement des rues Herzl et Hanassi. Au milieu d’un échange de coups de feu entre criminels circulant dans deux véhicules distincts, une balle perdue a atteint le Beth Habad, fracassant une grande vitre renforcée.
Le Rav Yo’hanan Butman, émissaire du Rabbi à Hadera, a raconté les moments de panique vécus par les étudiants : « Plusieurs ‘Havroutot’ étudiaient dans le cadre du Kollel du soir au Beth Habad. Au début, nous avons entendu des coups de feu, mais ensuite les tirs ont continué et soudain un projectile a pénétré dans le Beth Habad et brisé une grande vitre sécurisée. »
La scène aurait pu tourner au drame. La personne assise le plus près de la fenêtre touchée n’était autre que le Rav Yossi Wachselstein, directeur général des institutions Habad de la ville. Plusieurs groupes d’étudiants se trouvaient également à ses côtés, plongés dans leur étude.
« La Torah protège et sauve » : la vie continue malgré le danger
« Il s’agit de criminels qui se trouvaient dans deux véhicules, au croisement proche Herzl-Hanassi, un carrefour en ligne diagonale directe avec le Beth Habad », précise le Rav Butman. « Ils ont apparemment ouvert le feu l’un contre l’autre et l’un des projectiles a frappé le Beth Habad. »
Malgré la gravité de l’incident, aucune victime n’est à déplorer. « Barou’h Hachem, un miracle s’est produit et il n’y a pas de blessés, seulement des dégâts matériels », conclut le Rav Butman avec soulagement. « La Torah protège et sauve, nous continuons d’étudier, d’agir et de répandre la lumière. »
Dans un geste empreint de reconnaissance, le Rav Yossi Wachselstein est retourné sur les lieux pour réciter la bénédiction « Barou’h chéassa li ness bamakom hazé » (« Béni soit Celui qui a fait un miracle pour moi en ce lieu »), traditionnellement prononcée lorsqu’on échappe à un danger mortel.
La police a ouvert une enquête et s’est engagée à mettre la main sur les responsables de ces actes criminels. Les arrestations effectuées lors de cette vaste opération témoignent de la détermination des autorités à rétablir la sécurité dans la ville et à lutter contre la détention illégale d’armes, devenue un fléau majeur en Israël.
Le Rav Chmouel Bistritzky, émissaire du Habad et Rabbin de la communauté de Savyon, a été nommé cette semaine Rabbin de l’organisation des veuves et orphelins de Tsahal. « Un grand mérite m’est échu de consacrer tout mon temps aux veuves et orphelins de Tsahal et des forces de sécurité, qui sont le cœur du peuple d’Israël », a réagi le Rav Bistritzky.
Une nomination officielle au service des familles endeuillées
L’organisation des veuves et orphelins de Tsahal, qui représente officiellement les veuves et orphelins de l’armée de défense d’Israël, a annoncé aujourd’hui la nomination du Rav Chmouel Bistritzky au poste de Rabbin de l’organisation.
« Nous sommes heureux et émus d’annoncer qu’à partir de Roch Hachana », indique le communiqué de l’organisation diffusé ce soir, « le Rav Chmouel Bistritzky, Rabbin de la communauté de Savyon, exerce les fonctions de Rabbin de l’organisation et de conseiller en matières spirituelles et halakhiques. Le Rav Bistritzky apportera des réponses halakhiques et spirituelles à ceux qui souhaitent des orientations et des conseils dans ces domaines, et il promet d’être disponible pour nous 24h/24 et 7j/7 ‘presque’. »
Le communiqué précise également : « Depuis 20 ans déjà, le Rav Bistritzky œuvre au rapprochement des cœurs et à l’unité entre toutes les composantes du peuple, à travers une série d’initiatives personnelles et communautaires. Il est notamment l’auteur de la série de livres ‘Yahadouton’, sur le judaïsme pour le peuple, ainsi que d’une série de vidéos similaires. »
Un engagement né le 7 octobre
Le Rav Bistritzky a réagi en déclarant : « Un grand mérite m’est échu de consacrer tout mon temps aux veuves et orphelins de Tsahal et des forces de sécurité, qui sont le cœur du peuple d’Israël. C’est très émouvant, et je prie pour que ce cercle ne s’agrandisse pas. »
Le Rav Bistritzky, qui exerce en tant qu’émissaire du Habad dans la localité de Savyon, a commencé à accompagner l’organisation des veuves et orphelins de Tsahal et des forces de sécurité dès le terrible 7 octobre.
« Sa nomination au poste de Rabbin de l’organisation est désormais la suite naturelle de la contribution significative qu’il nous a apportée ces deux dernières années », ont déclaré les responsables de l’organisation des veuves et orphelins de Tsahal.
Accompagner les enfants dans tous les moments de la vie
Le Rav Bistritzky a ajouté : « Je suis là pour aider l’organisation et pour aider les membres de l’organisation, hommes et femmes. J’espère sincèrement pouvoir apporter mon aide face à toutes sortes de questions qui se posent, depuis l’enfant qui demande ‘où est papa maintenant’ jusqu’aux questions halakhiques, concernant par exemple les situations où la maman prend la place du papa et anime des moments personnels comme le récit de la Paracha de la semaine ou le Kiddouch.
« Ces enfants n’ont pas de père pour les envelopper dans un Talith, pour les aider à mettre les Tefillin, et nous tous, tout le peuple d’Israël, nous devons assumer ce rôle et essayer de combler ce vide. Ces pères ont sacrifié leur vie pour nous tous, et le minimum que nous puissions faire en retour est d’être aux côtés de leurs fils et de leurs filles dans ces moments. Aussi bien dans les étapes importantes de la vie que dans les jours ordinaires, il est important de leur donner le meilleur sentiment possible. »
Parcours et formation rabbinique
Le Rav Chmouel Bistritzky est né à Tsefat le 14 Chevat 5743 (1983), fils du Rav Lévi Bistritzky, qui a servi comme Rabbin de la ville de Tsefat et de la Haute Galilée, et de son épouse Esther. Il a étudié dans les institutions du Habad à Tsefat, puis dans les Yechivot Tomkhei Tmimim à Netanya et à Migdal HaEmek.
En 5763 (2003), après avoir terminé ses études en Israël, il s’est rendu étudier à la Yechiva Ohalei Torah et au Centre mondial du Habad à Brooklyn, New York, où il a reçu l’ordination rabbinique des Rabbanim locaux. Il a ensuite poursuivi ses études à l’institut d’études rabbiniques de la ville de Rostov, où il a également été ordonné par le Grand Rabbinat d’Israël.
En 5765 (2005), il a épousé Rivka, fille du Rav Yossef Its’hak Aharonov, président des jeunes de l’Agoudat Habad en Israël, et ils se sont installés à Kfar Habad.
Responsabilités éducatives et communautaires
Entre les années 5766 et 5769 (2006-2009), il a exercé les fonctions de directeur général adjoint du réseau éducatif du Habad « Ohalei Yossef Its’hak Loubavitch » en Israël. Dans le cadre de ses fonctions, il a œuvré à la mise en place de programmes éducatifs, de projets de publication de livres et de grands événements éducatifs.
En 2020, il s’est enrôlé pour le service militaire, d’abord dans le cadre du Commandement du front intérieur, puis dans le Rabbinat militaire. Pendant son service de réserve, il était responsable de la gestion du fonds des Sifrei Torah de Tsahal.
En 5784 (2024), il a été choisi pour représenter les émissaires du Habad en Israël et a pris la parole lors du congrès mondial des émissaires qui s’est tenu à New York.
Émissaire du Habad et Rabbin à Savyon
En 5774 (2014), le Rav Bistritzky a ouvert un Beth Habad à Savyon et a commencé à œuvrer pour rendre le judaïsme accessible dans la localité. En 5782 (2022), il a été nommé Rabbin du conseil religieux de Savyon et depuis lors, il gère les affaires religieuses de la localité, notamment des cours de Torah réguliers, des événements saisonniers autour du calendrier juif et des fêtes d’Israël.
L’un des projets majeurs qu’il a dirigés est le développement du système de Cacherout local, en réponse à la demande des commerces de Savyon. Le Beth Habad gère également un projet appelé « Lev Savyon » qui aide la population âgée et prête du matériel médical. Dans le cadre de ce projet, le Rav Bistritzky a organisé le don d’une ambulance communautaire pour les résidents de la localité, inaugurée au mois de Sivan 5783 (mai 2023) avec la participation du Rav Elimelekh Firer.
Activité à l’échelle nationale
En raison de sa vaste expérience, le Rav Bistritzky est également actif au niveau national dans le domaine de l’accessibilité du judaïsme. Il est interviewé dans les médias et explique les fêtes d’Israël et le judaïsme accessible en général. Il célèbre également des mariages dans tout le pays, à la demande de couples.
En 2022, en collaboration avec le commissaire de police Kobi Shabtai, le Rav Bistritzky s’est mobilisé pour commémorer un combattant de Yam qui est tombé dans la bande de Gaza, par l’introduction d’un Sefer Torah. De plus, il a collecté des dons pour 50 paires de Tefillin pour les soldats de Magav et a contribué à l’introduction d’un Sefer Torah dans l’unité Duvdevan.
Mobilisation pendant la guerre Épées de fer
Suite au terrible massacre du 7 octobre, le Rav Bistritzky s’est mobilisé pour aider dans la situation d’urgence. Il a mis en place un centre d’aide pour les soldats de Tsahal, qui a distribué des milliers de repas aux combattants et des centaines de milliers de livres de Tehilim aux soldats et aux bases. Il a également loué un hôtel pendant un mois pour les évacués.
Avec la prolongation de la guerre Épées de fer, il a créé, avec le chanteur Lior Narkis, le projet « Nous marions les combattants » dans le but d’aider les combattants dont le mariage a été reporté en raison des combats. Dans le cadre du projet, un mariage a été organisé pour dix couples de combattants au Hangar 11 à Tel Aviv. L’événement a été décrit comme « le plus grand mariage en Israël ».
À la mémoire des soldats tombés, le Rav Bistritzky a créé le projet « Haim LeNoflim » (Vie aux tombés) qui aide les couples confrontés à des difficultés de fertilité, dans le cadre de la commémoration des victimes. Il a également été partenaire dans l’organisation d’un événement pour les veuves et orphelins de Tsahal, avec la participation du président de l’État, Its’hak Herzog et son épouse, ainsi que du Rav Israël Meir Lau. Pour son action en faveur des veuves et orphelins de Tsahal, le Rav Bistritzky a reçu la « médaille du don » de l’organisation des veuves et orphelins de Tsahal.
La maison d’édition « Ledorot »
En 5770 (2010), le Rav Bistritzky a fondé la maison d’édition « Ledorot », dans le but de rendre le judaïsme accessible à toute personne, de tout âge et dans toute langue. La maison d’édition met l’accent sur l’écriture dans un style simple et accessible, offrant également une expérience de lecture riche et inspirante. Au fil des ans, la maison d’édition a publié environ 150 livres sur différents sujets, dont certains sont novateurs et pionniers.
Parmi les livres écrits par le Rav Bistritzky lui-même figurent : « HaMivtsaïm Kehilkhatam » (Les campagnes selon la Halakha), « Lev Savyon » (questions et réponses en Halakha et judaïsme), « HaMetzouyanim BeHalakha » (guide halakhique pour différentes situations complexes des soldats blessés de Tsahal), « Sivrei Maranan » (toutes les bénédictions dont un Juif a besoin à la maison), « VeHigadeta LeBina » (Haggadah de Pessah écrite avec l’aide de l’intelligence artificielle), « Haggadah LaAm » (Haggadah de Pessah avec commentaires et instructions pour le Seder), et « Ben 13 » (tout ce qu’un garçon de Bar Mitsva doit savoir).
Le projet « Yahadouton »
En 2011, le Rav Bistritzky a commencé à écrire et éditer le projet phare de la maison d’édition Ledorot : la série « Yahadouton ». Il s’agit de guides pratiques pour la vie juive, écrits dans une langue contemporaine et un style accessible, pouvant être compris sans connaissance préalable de la Torah et de la Halakha. Chacun des livres de la série se concentre sur un sujet central de la vie juive. En 2023, la série comprenant neuf livres a été achevée et imprimée dans une édition consolidée. Elle a été traduite en 8 langues, dont l’anglais, le français, le russe, l’allemand, l’espagnol et le portugais. Les livres de la série sont devenus des best-sellers et sont recommandés par des Rabbanim de communautés en Israël et dans le monde.
Les neuf livres de la série traitent des sujets suivants : « Chabbat Kodech », « Beth Knesset et prières », « Halakhot et conduites quotidiennes », « La femme juive », « La maison juive », « Le cycle de la vie », « Le mois d’Elloul et les fêtes de Tichri », « Hanoukka, Pourim et ce qui se trouve entre les deux », « Pessah, Chavouot et les mois d’été ».
Suite au succès des premiers livres de Yahadouton, il a été décidé de les adapter en vidéos d’instruction, également rendues accessibles dans une langue compréhensible et réalisées par des acteurs israéliens. En 5772 (2012), le Rav Bistritzky a ouvert la « chaîne Yahadouton » sur YouTube, où sont publiées les vidéos d’instruction qui ne nécessitent pas de connaissance préalable de la Torah. Les vidéos sont réalisées par une équipe d’acteurs professionnels. Au total, le Rav Bistritzky a produit environ 50 vidéos d’instruction. Les vidéos sont traduites en plusieurs langues. À ce jour, les vidéos ont été visionnées des millions de fois, un nombre sans précédent pour ce type de vidéos.
Vie personnelle
Le Rav Bistritzky est marié à la Rabbanit Rivka et ils ont six enfants. Ils résident dans la localité de Savyon.
Lorsqu’un dollar du Rabbi, généreusement offert par Mme Hanni Kozliner de Crown Heights, a été présenté à l’otage Maksim Harkin, récemment rentré chez lui après deux ans de captivité, une découverte étonnante a été faite. Ce moment chargé d’émotion a révélé une coïncidence remarquable qui a profondément touché la famille. L’histoire illustre la providence divine qui relie les événements de manière inattendue.
Une rencontre émouvante avec un otage libéré
Lors d’une rencontre émouvante avec l’otage Maksim Harkin, rentré chez lui il y a quelques jours après deux ans de captivité, le Chalia’h de Tirat HaCarmel, le Rav Yechezkel Markovitz, et le Grand Rabbin de Russie, le Rav Berel Lazar, lui ont présenté un dollar du Rabbi.
Un dollar avec une signification particulière
Le dollar, généreusement offert par Mme Hanni Kozliner de Crown Heights, avait été initialement donné à la mère de Maksim, Tala Harkin, qui fut profondément émue en découvrant que l’année d’émission du dollar, 1988, était l’année de naissance de Maksim.
Une coïncidence remarquable lors de la libération
Lors de la libération de Maksim pendant ‘Hol Hamoed Souccot, le dollar lui a été présenté personnellement. Au moment où il lui était remis, il a réalisé un détail extraordinaire : le dollar avait été donné directement de la main du Rabbi pendant ‘Hol Hamoed Souccot, exactement au moment de sa libération de captivité.
Le second jour de Souccot marque le 117e anniversaire du décès du Rabbi de Habad de Retchytsa, le Rav Chalom Ber Schneersohn. « Des marges de l’histoire de Habad » présente des récits inédits de sa jeunesse dans la cour du Tsema’h Tsedek, de sa cour à Retchytsa, de son décès et de ses descendants.
Par Shmuel Super
Retchytsa (en biélorusse : Рэчыца ; en łacinka : Rečyca) ou Retchitsa (en russe : Речица) est une ville de la voblast de Homiel ou Gomel, en Biélorussie, et le centre administratif du raïon de Retchytsa. En 1897, Retchytsa comptait une communauté juive de 5 334 personnes, soit 57,5 % de la population totale. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Retchytsa fut occupée par l’Allemagne nazie du 23 août 1941 au 18 novembre 1943. Pendant l’occupation, plus de 5 000 habitants furent tués par les occupants, dont la quasi-totalité des Juifs, dont la communauté représentait 27 % de la population totale avant-guerre[3
Le Rav Chalom Dov Ber Schneersohn de Retchytsa est né à Loubavitch en 5596 de son père, le Rav Yehouda Leib (Maharil), fils du Tsema’h Tsedek. Après le décès du Tsema’h Tsedek, le Rav Chalom Ber accompagna son père à Kopust, où Maharil assuma la fonction de Rabbi. Après le décès de Maharil quelques mois plus tard, il fut remplacé par son fils aîné, le Rav Chlomo Zalman. Le Rav Chalom Ber resta à Kopust pendant quelques années avant de s’installer à Retchytsa pour servir comme Rav de la ville.
En plus de servir comme Rav de Retchytsa, le Rav Chalom Ber commença progressivement à fonctionner également comme un Rabbi de Habad, attirant de nombreux ‘Hassidim de Habad des régions voisines de Biélorussie et d’Ukraine (Malarussya). Après le décès de son frère, le Rav Chlomo Zalman, de nombreux ‘Hassidim de Kopust l’acceptèrent comme leur nouveau Rabbi. Le Rav Chalom Ber est décédé le second jour de Souccot, le 16 Tichri 5669.
Une biographie du Rabbi de Retchytsa apparaît dans Benei Hatzemach Tsedek de R. Amram Bloi, pages 289-304. Cependant, cette esquisse biographique souffre d’un manque d’informations, en particulier de descriptions de première main. Dans le présent article, nous publierons de nouveaux récits fascinants de première main sur le Rabbi de Retchytsa qui aident à compléter le tableau de sa vie.
Dans la cour du Tsema’h Tsedek
L’ouvrage historique classique de Habad Beis Rebbe nous informe que le Rav Chalom Ber épousa la fille du Rav Yaakov Yossef, le Rabbi ‘hassidique d’Orzishtchov, en Ukraine, un descendant du Rav Yaakov Yossef d’Ostroh (Rav Yeivi), un élève du Maguid de Mezritch. Beis Rebbe précise que le Rav Chalom Ber vécut à Loubavitch pendant toute la durée de la vie du Tsema’h Tsedek.
Notre recherche complète et modifie ces détails. Le mariage du Rav Chalom Ber eut lieu vers 5615 à Orzishtchov, et le nom de sa Rabbanit était Freida (Mibeis Hagenazim, page 367 ; recensement de Loubavitch de 5620). L’histoire que nous publierons ci-dessous révèle également que le Rav Chalom Ber vécut dans la ville de son beau-père, Orzishtchov, pendant une période après son mariage.
Dans cet article, nous publierons trois histoires sur le Rabbi de Retchytsa, écrites par R. Tuvia Belkin. R. Tuvia est né à Homel, vers 5620. Élève du célèbre ‘Hassid R. Mordechai Yoel Duchman de Homel, il servit comme enseignant à Homel et fut un ‘Hassid dévoué du Rabbi de Retchytsa. En 5666, R. Tuvia s’installa en Amérique avec sa famille, où il servit comme enseignant et enseigna la ‘Hassidout dans diverses synagogues de Brooklyn. En 5692, il déménagea en Erets Israël, où il vécut ses dernières années jusqu’à son décès en 5705.
Après le décès du Rabbi de Retchytsa, R. Tuvia devint un ‘Hassid du Frierdiker Rebbe (le Rabbi précédent), et mérita de le rencontrer et de participer à ses réunions lors de sa visite en Amérique en 5690.
À la demande personnelle du Frierdiker Rebbe, R. Tuvia écrivit de nombreuses histoires de ‘Hassidim qu’il avait entendues, principalement de R. Mordechai Yoel Duchman et du Rabbi de Retchytsa. Certaines de ces histoires ont été publiées dans le deuxième volume de Shemuos Vesipurim, et d’autres ont été publiées dans une récente publication familiale Mondshine. Une édition complète des histoires de R. Tuvia Belkin, comprenant beaucoup de matériel inédit et des notes détaillées, est actuellement en préparation par cet auteur. Des informations supplémentaires sur R. Tuvia peuvent être trouvées dans l’article de cet auteur dans Heichal Habaal Shem Tov, vol. 43, pages 269-285.
Les histoires suivantes sur le Rabbi de Retchytsa sont tirées de la partie inédite des écrits de R. Tuvia Belkin. Des remerciements sont dus à la Bibliothèque de Agoudas Chasidei Habad pour avoir rendu ces histoires disponibles, et particulièrement au bibliothécaire R. Its’hak Wilhelm pour ses efforts dévoués.
Notre première histoire date de la période suivant le mariage du Rav Chalom Ber, dans la cour de son grand-père, le Tsema’h Tsedek. R. Tuvia Belkin l’a entendue directement du Rabbi de Retchytsa lui-même. Voici l’histoire, en traduction :
J’ai entendu du Rav Cholem Ber de Retchytsa :
Environ six mois après son mariage, il se rendit à Loubavitch pour rendre visite à sa famille — son père, Maharil, et en particulier le Rabbi, le Tsema’h Tsedek. Il voyagea en chaise de poste et arriva à Loubavitch entre Min’ha et Maariv, par temps très froid. Il entra dans la salle sainte de son grand-père, le Tsema’h Tsedek, où il rencontra également son père.
Lorsqu’il le salua, le Tsema’h Tsedek lui dit : « Tu n’as pas entendu de ‘Hassidout depuis longtemps ; assieds-toi avec moi et je vais te dire de la ‘Hassidout. »
À ce moment, la Rabbanit, l’épouse du Tsema’h Tsedek, entra, gémissant lourdement d’un mal de dents. Le Tsema’h Tsedek lui dit : « Ton petit-fils Chalom Berke est ton invité ; demande-lui, et il te donnera une bénédiction pour une guérison complète. »
La Rabbanit se tourna vers son petit-fils et dit : « As-tu entendu ce que ton grand-père a dit, de me donner une bénédiction ? » Il était très embarrassé en présence de son grand-père et de son père. Sa grand-mère, la Rabbanit, prit le shtreimel du Tsema’h Tsedek et le plaça sur la tête de son petit-fils. Elle prit sa main et la plaça sur sa joue, et lui dit : « Dis : Yehi ratson que j’aie une guérison complète de mon mal de dents. » Quelques instants plus tard, elle ressentit un soulagement.
Après la conclusion du discours, Maharil s’approcha et prit son fils par la main pour le ramener à la maison. Le Tsema’h Tsedek dit à Maharil : « Aujourd’hui, il est mon invité ; demain, il sera ton invité. »
Roch Hachana à Retchytsa
R. Tuvia Belkin nous donne également un aperçu de la cour du Rabbi de Retchytsa pendant Roch Hachana, décrivant la conduite du Rabbi et l’impact profond qu’il avait sur ses ‘Hassidim. À ce jour, il s’agit du seul récit que nous ayons sur la cour du Rabbi de Retchytsa.
R. Tuvia raconte :
L’année après que le Rav Chalom Ber de Retchytsa fut devenu veuf de sa première Rabbanit, moi, l’auteur, j’étais à Retchytsa pour Roch Hachana avec R. Zalman, le fils du ‘Hassid R. Mordechai Yoel [Duchman] (maintenant Cho’het à Toronto, Canada).
Le second soir de Roch Hachana, nous étions tous les deux assis à la table du Rabbi. Le serviteur Nisan Kom oublia de placer du miel sur la table, comme c’est la coutume. Lorsque le Rabbi s’assit et fit la bénédiction hamotsi, il chercha le miel mais ne le trouva pas. L’un des invités remarqua que le miel manquait et commença à crier : « Ah ! Ah ! Miel ! Miel ! » Mais le Rabbi n’attendit pas le miel et mangea la tranche de pain telle quelle. Ensuite, il dit : « Devash (miel) a la même guématria que ishah (femme ; épouse). S’il n’y a pas d’épouse, il n’y a pas de miel. »
Avant de partir pour rentrer chez nous, nous sommes allés tous les deux recevoir une bénédiction d’adieu. Le Rabbi dit à R. Zalman, le fils du ‘Hassid R. Mordechai Yoel, qu’il peut témoigner de son père que l’absence de concentration sur D.ieu pendant plus de dix minutes était une impossibilité pour lui.
Beaucoup de ‘Hassidim de Homel se rendaient à Retchytsa pour Roch Hachana, même s’ils ne comprenaient pas la ‘Hassidout. Bien que le Rabbi dise la ‘Hassidout avec une grande ferveur, ce n’était pas ce qui faisait une grande impression sur eux ; la motivation principale de leur voyage était d’entendre le maftir et les versets des sonneries. Comme je l’ai entendu de beaucoup d’entre eux, en entendant le maftir et les versets des sonneries, ils devenaient de complets baalei techouva à ce moment-là.
En effet, pendant de nombreux mois, nous tirions notre vitalité uniquement de notre souvenir d’avoir entendu le maftir et les versets des sonneries. Lorsque nous nous en souvenions, nous ressentions un éveil comme si nous venions de l’entendre de sa bouche à ce moment précis.
Nous avons entendu des anciens parmi nous que non seulement son apparence ressemblait à celle de son saint père, Maharil, mais même le son de sa voix en lisant le maftir, en disant les versets des sonneries, et en disant les discours de ‘Hassidout, était exactement comme celui de son père.
Nous apprenons de ce récit que le Rabbi de Retchytsa était devenu veuf de sa première épouse, et par implication, nous apprenons également qu’il s’est remarié plus tard. Nous n’avons pas réussi à trouver de trace de sa seconde épouse.
La guématria de ishah — devash apparaît dans un certain nombre de livres. Mis en évidence pour la première fois par Rabbeinou Bechaye (Vayikra 2:11), il est cité plusieurs fois par le ‘Hida (par exemple, Dvash Lefi, maareches daled, os alef), et par le kabbaliste Rav Meir Poppers (Meorei Or, os hadaled, dvash). Le Tsema’h Tsedek le cite deux fois dans Or Hatorah (Vayikra, vol. 1, page 8 ; Bamidbar, vol. 2, pages 462-463). Cependant, aucune de ces sources ne relie cela à la coutume de tremper dans le miel à Roch Hachana, donc la profondeur complète des paroles du Rabbi de Retchytsa nécessite encore une étude plus approfondie.
R. Zalman Duchman, le Cho’het de Toronto, est né à Homel en 5630, et est décédé à Toronto le 8 Iyar 5701. Le journal de Toronto Haderech — The Way a rapporté son décès et ses funérailles et a décrit sa personnalité ‘hassidique.
La ferveur du Rabbi de Retchytsa lors de la prononciation d’un discours est également notée par le Rav Baruch Schneur Schneersohn, le grand-père du Rabbi, qui a également entendu la ‘Hassidout de lui (Reshimos Harabash, page 110). Une fascinante description de témoin oculaire de la lecture de la Haftara par Maharil et de la prononciation d’un discours est citée dans Benei Hatzemach Tsedek, pages 88-92.
Conseil remarquable
R. Tuvia Belkin continue de décrire le grand respect que les grands anciens ‘Hassidim de Homel avaient pour le Rabbi de Retchytsa, et raconte une histoire miraculeuse sur les conseils du Rabbi de Retchytsa à l’un d’entre eux :
Tous les grands ‘Hassidim de Habad de Homel à cette époque, tels que R. Shimon Leizer Tumarkin, R. Hersh Ber Lotker, et le ‘Hassid R. Mordechai Yoel, chérissaient son trait d’humilité et de modestie bien plus que celui du Rabbi de Kopust (l’auteur de Magen Avos) et du Rabbi de Liadi.
Le riche ‘Hassid R. Dov Nichamkin, le frère du ‘Hassid R. Tsadok, cherchait régulièrement ses conseils dans ses affaires commerciales. Toute l’activité commerciale de R. Dov dans ses dernières années était avec des non-Juifs de Dobranke, leur accordant des prêts sous billets à ordre. Beaucoup de ses débiteurs ne le remboursèrent pas et ne laissèrent aucun actif sur lequel il pourrait recouvrer.
Lorsqu’il traversait une période très difficile, il se rendit à Retchytsa pour demander conseil sur ce qu’il fallait faire. Il apporta son gros paquet de billets à ordre et commença à les trier un par un. Il plaça les billets dont il pensait avoir encore une chance de recouvrer d’un côté, et ceux qui étaient certainement perdus de l’autre côté.
Le Rabbi ne fit aucun commentaire sur aucun des billets de la pile « perdue » sauf un gros. « Pourquoi as-tu placé celui-ci parmi les billets ‘perdus’ ? » demanda le Rabbi. « Je pense que celui-ci pourrait bien s’avérer bon. »
Et c’est exactement ce qui s’est passé. Il ne recouvra pas même un sou de toutes les autres dettes, mais cette dette particulière, il la recouvra en totalité.
J’ai entendu cela directement de R. Dovber Nichamkin lui-même.
Tous les anciens ‘Hassidim mentionnés ici avaient été des ‘Hassidim du Tsema’h Tsedek dans leur jeunesse. R. Shimon Leizer Tumarkin et R. Berel Nichamkin furent plus tard des ‘Hassidim du Rabbi Maharash et du Rabbi Rashab ; R. Hersh Ber Lotker était un ‘Hassid de Kopust ; et R. Mordechai Yoel Duchman était un ‘Hassid du Rav ‘Haim Schneur Zalman de Liadi et se rendit plus tard au Rabbi de Retchytsa, qui était son ‘havrouta en tant que jeune homme.
Le fait que tous ces ‘Hassidim étaient proches du Rabbi de Retchytsa nous montre que pendant cette période de multiples Rabbanim de Habad, les allégeances de nombreux ‘Hassidim étaient quelque peu fluides. Beaucoup de ‘Hassidim avaient une branche principale de Habad à laquelle ils étaient attachés, mais cela ne les empêchait pas de respecter et de visiter les Rabbanim d’autres branches. Retchytsa est près de Homel, il était donc naturel pour les ‘Hassidim de Homel de visiter Retchytsa même si leur attachement principal était à d’autres Rabbanim de Habad.
Cela est particulièrement vrai pour les ‘Hassidim de Loubavitch pendant la période entre le décès du Rabbi Maharash en 5643 et l’acceptation complète de la direction par le Rabbi Rashab onze ans plus tard en 5654. Il est possible que la relation de R. Berel Nichamkin avec le Rabbi de Retchytsa ait été principalement pendant cette période de vide à Loubavitch.
Le Frierdiker Rebbe se souvenait bien de R. Berel Nichamkin (et de son frère R. Tsadok) de Loubavitch dans sa jeunesse, et a raconté plusieurs histoires à son sujet (voir Sefer Hasichos 5697, pages 260 et 301 ; Sefer Hamaamarim 5698, page 307 ; Igros Kodesh, vol. 4, page 181 ; Zikaron Libnei Yisrael, page 22).
Le décès
Le Rabbi de Retchytsa est décédé le second jour de Souccot, 5669. Après Yom Tov, le journal Hazman basé à Saint-Pétersbourg rapporta son décès et ses funérailles :
[21 octobre 1908] Retchytsa (District de Minsk)
Hier, le second jour de Souccot, le Rav Chalom Ber Schneersohn, le Rav et Rabbi de Retchytsa, a été mis au repos ici. Le défunt était le petit-fils du Rabbi Rav Mena’hem Mendel de Loubavitch, et il a servi comme Rav de notre ville pendant environ quarante ans. Dans les premières années de son rabbinat, il n’était qu’un Rav et juge, mais après le décès de son frère, le Rabbi de Kopust, il a été nommé par les ‘Hassidim de Habad du sud de la Russie pour servir comme leur Rabbi. Ils se rendaient auprès de lui pour entendre ses enseignements dans le nistar et pour chercher ses conseils, car en plus de son excellence en ‘Hassidout, le défunt Rav était également très sage dans les affaires mondaines, et il était le seul Rabbi qui connaissait le russe.
Il avait soixante-quinze ans au moment de sa mort, et un grand honneur lui a été rendu, presque toute la ville marchant derrière son cercueil. Après son enterrement, le fils du défunt, R. Zalman, le Rav des ‘Hassidim de Loubavitch à Homel, a été nommé à l’unanimité comme Rav dans notre ville.
Moshe Its’hak Kahanovich
Selon cet article, le Rav Chalom Ber s’est installé à Retchytsa vers 5630. La première preuve solide que nous ayons de lui à Retchytsa se trouve dans un article de journal de 5641, mais il est évident d’après l’article qu’il y vivait déjà depuis quelques années.
La description selon laquelle le Rabbi de Retchytsa est venu à l’origine à Retchytsa comme Rav, et a commencé plus tard à servir également comme Rabbi, est soutenue par d’autres sources. Cependant, il fonctionnait déjà comme Rabbi de nombreuses années avant le décès de son frère à Kopust ; bien que le nombre de ses ‘Hassidim ait considérablement augmenté après le décès de son frère.
Il est intéressant de noter que les funérailles du Rabbi de Retchytsa ont eu lieu le second jour de Yom Tov. Bien que cela ne soit pas couramment pratiqué aujourd’hui pour diverses raisons, la halakha permet l’enterrement à Yom Tov, par respect pour le défunt (Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haim 526:4 ; Igros Moshe, Ora’h ‘Haim 3:76).
L’article affirme également que le Rabbi de Retchytsa connaissait le russe, une rareté pour un Rav de son âge. Cette caractéristique inhabituelle peut être expliquée par une histoire enregistrée par R. Zalman Duchman, au nom de son grand-père, R. Mordechai Yoel, qui a entendu directement du Rabbi de Retchytsa. R. Zalman Duchman raconte que lorsque le Rabbi de Retchytsa était un garçon, le Tsema’h Tsedek fut contraint par les autorités d’envoyer deux de ses petits-fils à l’école publique juive russe ouverte à Loubavitch. Le Rav Chalom Ber fut l’un des deux petits-fils sélectionnés, et en compensation, lui et son cousin méritèrent d’avoir un cours privé de Tanya avec le Tsema’h Tsedek (Leshema Ozen, Tsema’h Tsedek 27 — voir là pour une histoire sur ce cours).
La nomination annoncée du Rav Zalman Schneersohn de Homel pour remplir la place de son père n’eut pas lieu. Quelques mois plus tard, à Roch ‘Hodech Tamouz, le Rabbi Rashab écrivit au Rav ‘hassidique Rav Yehoshua Nimoytin, qui avait exprimé son intérêt pour le rabbinat de Retchytsa. Le Rabbi Rashab expliqua que le fils du Rabbi de Retchytsa, le Rav Zalman, lui avait écrit qu’il n’avait pas encore pris de décision finale quant à savoir s’il prendrait le poste. En conséquence, le Rabbi Rashab conseilla au Rav Yehoshua de contacter le Rav Zalman, et si ce dernier n’était pas intéressé par le poste, il devrait le rechercher pour lui-même (Igros Kodesh, vol. 2, page 478).
Quelques semaines plus tard, le Rav Zalman décida apparemment de refuser le rabbinat, et le journal Hazman du 25 Tamouz 5669 (14 juillet 1909) publia une annonce de la communauté de Retchytsa recherchant un nouveau Rav :
Recherché : Un Rav et moreh tsedek dans la ville de Retchytsa, district de Minsk.
Remplissant la place du défunt Rav et Rabbi R. Chalom Dov Schneersohn.
Le Rav doit être bien connu et grand en Torah et ‘Hassidout, posséder de bonnes compétences sociales, et savoir comment diriger la communauté. Le salaire annuel sera jusqu’à 2000 roubles, en plus d’autres revenus. Les suggestions peuvent être soumises à l’adresse suivante…
Le poste de Rav ‘hassidique de Retchytsa fut finalement occupé par le Rav Shimon Lazarov, un élève de Loubavitch, qui servit dans le poste d’environ 5670 à 5681, lorsqu’il déménagea à Leningrad (Saint-Pétersbourg). Par providence divine, l’anniversaire du décès du Rav Shimon Lazarov est aujourd’hui, 13 Tichri.
Le Rabbi de Retchytsa fut enterré dans l’ancien cimetière juif de Retchytsa, et sa tombe fut déplacée vers le nouveau cimetière en 5682. Sa pierre tombale fut détruite pendant les années d’occupation nazie, très probablement par des tirs de mitrailleuse lorsque les nazis exécutèrent des Juifs près de sa tombe. Une nouvelle pierre tombale fut érigée en 5720 (Albert Kaganovich, The Long Life and Swift Death of Jewish Retchytsa, pages 161-162).
Impressions du Rabbi et de la famille
Notre prochain morceau, écrit par un natif de Retchytsa, nous donne une impression générale du Rabbi, une description de ses funérailles, et des informations sur certains de ses enfants et petits-enfants qui vivaient à Retchytsa.
L’auteur de cet article est né à Retchytsa en 5657, sous le nom de Moshe Tzvi Reichenstein. Après avoir déménagé au Canada dans sa jeunesse, il vécut en Amérique pendant plusieurs décennies avant de passer ses dernières années en Erets Israël. Adoptant le nom de MZ Frank, il fut un journaliste prolifique écrivant en yiddish, en hébreu et en anglais, écrivant pour un large éventail de publications. Il était surtout connu pour sa rubrique de longue date dans le Jewish Post and Opinion basé à Indianapolis. En 5735, lors d’une visite à Montréal, Frank fut tué dans un tragique accident de voiture, avec son épouse.
MZ Frank a écrit sur ses souvenirs d’enfance de Retchytsa dans plusieurs articles au fil des ans. L’article suivant, publié dans l’édition du 9 Nissan 5722 (13 avril 1962) de Der Yiddisher Kempfer, la publication hebdomadaire de l’organisation de gauche Poalei Zion en Amérique, fournit la description la plus détaillée du Rabbi de Retchytsa et de sa famille.
L’auteur n’avait que 11 ans lorsque le Rabbi de Retchytsa est décédé, il ne peut donc donner qu’une impression générale. Néanmoins, cette description est précieuse pour ce qu’elle nous dit de la haute estime dans laquelle le Rabbi de Retchytsa était tenu localement, même par des personnes éloignées de la ‘Hassidout. Voici la partie pertinente de l’article, traduite du yiddish original :
La seule grande personne qui a vécu autrefois à Retchytsa était R. Chalom Ber Schneersohn, un « guter Yid ». Il est né à Loubavitch, mais appartenait à une branche de la célèbre dynastie. Notre R. Chalom Ber de Retchytsa était, je crois, un cousin proche du R. Chalom Ber de Loubavitch qui fonda la première Yechiva de Loubavitch il y a environ soixante ans.
Cependant, notre « guter Yid » de Retchytsa n’établit pas de Yechiva, ne laissa aucun livre, et ne laissa pas non plus de successeurs à son rabbinat. Un fils, R. Zshame, devint célèbre comme Rav à Homel — un Rav, mais pas un Rabbi. L’un des fils de R. Zshame, Its’hak Schneersohn (vivant maintenant à Paris), servit pendant un certain temps comme « rabbin de la couronne ». Un autre fils, feu Fishel Schneersohn, passa une période sous l’aile de son grand-père à Retchytsa. Il écrivit ce qui est peut-être le meilleur roman de Habad, ‘Haim Gravitzer. Dans ce livre, il ne décrivit pas la vie dans la cour de son grand-père à Retchytsa, mais plutôt la cour de son arrière-grand-père à Loubavitch.
Fishel était professeur de psychologie et développa son propre système, qu’il appela la « Science de l’Homme ». Les moqueurs disent qu’il essaya d’apporter le rabbinat de son grand-père dans le domaine de la psychologie. Il écrivit, d’ailleurs, presque entièrement en yiddish. Son roman ‘Haim Gravitzer fut plus tard traduit en hébreu par Avraham Shlonsky, avec la participation de Fishel.
Mais son grand-père, le R. Chalom Ber de Retchytsa, connut un succès bien plus grand. Il se distingua par ses conseils aux ‘Hassidim, dont la plupart venaient à lui du nord de l’Ukraine. Beaucoup vinrent à ses funérailles (en 1909 ou 1910), et à cet enterrement il y avait plus de Juifs que tout ce que Retchytsa possédait — environ huit mille. Hillel Tzeitlin écrivit sur le « tsadik de Retchytsa », disant qu’il était l’une des plus grandes personnes qu’il ait jamais connues.
Je me souviens bien de ses funérailles. La foule se pressant dans la rue principale ; les visages sérieux et abattus ; les larmes dans les yeux des gens, même parmi les non-croyants et les mangeurs de treifos ; le chœur de garçons du Talmud Torah récitant de manière répétée « tsedek lefanav yehalekh veyasem lederekh peamav » — plus dévotement, plus sincèrement, et avec plus de kavana qu’à tout autre enterrement.
Le frère de mon père, mon oncle Tsefanya, n’était pas un Juif pieux. C’était un marchand de bois aisé, quelque peu sioniste, et un amoureux de la littérature de Sholom Aleichem. Néanmoins, il donna à l’un de ses huit fils le nom de « Chalom Ber », d’après le Rabbi récemment décédé. « C’était un grand homme », expliqua-t-il aux moqueurs.
(J’ai entendu dire que mon oncle Tsefanya périt à Babi Yar, avec quatre de ses fils. Ils étaient à Kiev lorsque les Allemands entrèrent. Je ne sais pas si « Sholml » (comme je me souviens de lui), ou « Boria », comme on l’appelait en russe, était parmi eux.)
Je me souviens des trois petits-fils du Rabbi nommés Pinye : Pinye-Zshame, le fils du Rav de Homel, était étudiant à Berlin à mon époque. Il parlait hébreu avec une prononciation sépharade. Je l’ai rencontré à Homel et à Retchytsa lorsqu’il venait en vacances. Il mourut du typhus pendant les années de guerre.
Pinye-Moshe, ou Pinye-Meishke-dem rov’s, était mon ami à Retchytsa. Son père, Meishke-dem rov’s, tenait un magasin de textiles au marché. L’enseigne russe disait que le magasin appartenait à un « Pot. Potsh. Grazhd. » (« Potomstveni potsotni grazhdanin » — « citoyen honoraire héréditaire »), un titre qui, m’a-t-on dit, avait été donné par le grand R. Schneur Zalman de Liadi (le Baal HaTanya) pour son opposition à Napoléon. Il combattit l’envahisseur français non par patriotisme russe, mais par crainte de l’émancipation, qui causerait aux Juifs de devenir riches et d’oublier la Torah de D.ieu.
Au magasin de vêtements de Meishke-dem rov, sa femme de valeur présidait. C’était une belle femme, habillée élégamment avec une belle perruque. Elle venait originairement de quelque part dans la région de Varsovie. Les femmes de Retchytsa l’aimaient et appréciaient de faire des affaires avec elle, même si elle était polonaise et parlait un yiddish polonais fortement accentué avec une intonation distincte.
Meishke lui-même était un homme tranquille, un peu plus petit que sa femme de valeur, vêtu d’un manteau ‘hassidique propre et d’une casquette ‘hassidique, mais quelque peu masquilim. Son fils unique, Pinye, étudiait avec des professeurs privés, apprenant les études juives, le russe et le violon. Je parlais souvent hébreu avec lui et lui empruntais des livres hébreux. J’ai entendu plus tard que les Bolchéviques l’exilèrent dans les années 1920 pour activité sioniste.
Le troisième Pinye-dem rov’s — Pinye-Leibe, ou Pinye-Leibe-dem rov’s — était Pinchas Schneersohn de Tel Aviv, l’un des membres originaux de Hashomer, qui prit le commandement à Tel ‘Hai lorsque Trumpeldor tomba. Meishke-dem rov’s et Leibe-dem rov’s étaient les deux fils de R. Chalom Ber. Aucun ne devint Rabbanim.
Leibe était un homme grand et vif — comme son fils Pinye. C’était un ‘Hassid fervent, un ‘Habadnik aussi engagé que son fils était un fervent Mapamnik. Je me souviens de Pinye-Leibe à Retchytsa. Une fois, en 1904 ou 1905, un ami du ‘héder me le montra et dit que c’était Pinye, le petit-fils du Rav, qui avait décidé d’aller en Erets Israël.
Quelques notes finales sur les descendants du Rabbi de Retchytsa
Its’hak Schneersohn, le « rabbin de la couronne » reconnu par le gouvernement de Tchernigov et plus tard directeur du Centre de Documentation Juive Contemporaine à Paris, a été discuté dans un article précédent de cette série.
Malgré son tournant vers le monde académique séculier et sa fonction de professeur de psychologie, Fishel Schneersohn était un Juif pieux, et maintenait une connexion chaleureuse avec Habad et les Rabbanim. Une critique de son roman classique ‘Haim Gravitzer a été publiée par cet auteur ici.
Pinchas (Pinye-Leibe-dem rov’s) Schneersohn fut l’un des fondateurs de Hashomer, une première organisation d’autodéfense juive en Erets Israël qui fut un précurseur de Tsahal d’aujourd’hui. Il est considéré comme un héros sioniste pour son rôle dans la célèbre bataille défendant l’avant-poste de la ferme de Tel ‘Hai contre une milice arabe attaquante.
Membre du parti socialiste de gauche Mapam, le mode de vie de Pinchas Schneersohn était très éloigné de celui de son père et de son grand-père. Néanmoins, il se souvenait d’eux avec affection, et les décrivait avec une nostalgie chaleureuse dans une interview (Sefer Hatseitsaim, page 292) :
C’étaient des gens pleins de vie, pleins de joie, pleins de danse, pleins de chant. Dans la prière, dans tout — et aussi beaucoup de pleurs… Je ne me souviens jamais de mon grand-père, de mon père, ou de quiconque autour d’eux priant en silence complet ; c’était toujours avec des cris et des pleurs. Et en même temps, il y avait toujours du chant, toujours de la gaieté, et des histoires — non pas larmoyantes, mais au contraire : pleines de vie, pleines d’humour.
Qu’avaient les ‘Hassidim ? Chaque jour après la prière du matin, tout le monde dans le Beth Hamidrach donnait un kopeck ou deux pour acheter une petite bouteille de vodka, et ils buvaient et chantaient.
Il y a des moments où l’on se souvient de l’enfance, de la famille, et de l’environnement — c’est un monde complètement différent… une vie complètement différente. Ce Chabbat entier, ce qu’ils ressentaient… Comment mon père, qui était occupé toute la semaine avec des factures, de l’argent, des gens, des forêts — il était en fait marchand de bois. Il arrivait un vendredi après-midi, allait au mikvé, et quand il revenait du mikvé, il buvait du thé, et c’était tout… rien d’autre jusqu’à Motsaei Chabbat.
MZ Frank ne connaissait apparemment pas le quatrième fils du Rabbi de Retchytsa, le Rav ‘Haim Yeshaya, le Rav de Paritch, puis de Romen. Le Rav ‘Haim Yeshaya était un gendre du Rabbi de Horensteipl, le Rav Mordechai Dov Twersky — lui-même un descendant de l’Alter Rebbe — et deux de ses fils, le Rav Yaakov Yochanon et le Rav Schneur Zalman, étudièrent à Tomkhei Temimim à Loubavitch. Ces frères furent tragiquement tués dans un pogrom à Kherson en 5679.
Le gendre du Rav ‘Haim Yeshaya était R. Schneur Zalman Bezpalov, le fils du ‘Hassid et ami proche du Rabbi Rashab, le Rav Yaakov Mordechai, le Rav de Poltava. R. Schneur Zalman était un élève du Rabbi de Retchytsa, et lorsque la Yechiva Tomkhei Temimim ouvrit à Loubavitch, le Rabbi de Retchytsa l’y envoya pour étudier (Nitsutsei Or, page 70). Plus tard, résidant à San Francisco, R. Schneur Zalman et son épouse sont enterrés près du Ohel à New York, à la demande personnelle du Rabbi.
Une promesse faite autour d’une table de Chabbat par un étudiant en droit est devenue réalité près de deux décennies plus tard. Le magnifique Beth Habad Finkelstein a ouvert ses portes cette semaine dans la capitale canadienne. Ce projet de 5 millions de dollars marque l’aboutissement d’un rêve devenu pierre angulaire de la vie juive à Ottawa.
Une promesse tenue dix-sept ans plus tard
L’inauguration joyeuse du Beth Habad Finkelstein cette semaine dans le quartier de Sandy Hill à Ottawa a marqué non seulement l’aboutissement d’un projet de construction de sept ans, mais aussi la réalisation d’un rêve qui a commencé il y a près de deux décennies autour d’une humble table de Chabbat.
En 2008, Harley Finkelstein était un jeune étudiant en droit à l’Université d’Ottawa lorsqu’il a confié à son rabbin du campus, le Rav Haïm Boyarsky, qu’un jour il aimerait aider à acheter un bâtiment pour Habad. À l’époque, le Beth Habad fonctionnait dans le petit salon des Boyarsky. « J’étais un étudiant en droit pauvre ; je n’étais pas un jeune riche », a rappelé Harley Finkelstein, aujourd’hui fondateur et président de Shopify Inc., une entreprise canadienne multinationale de commerce électronique. « C’était un commentaire lancé en l’air — je n’aurais jamais imaginé que cela se réaliserait. »
En Octobre 2025, la capitalisation boursière pour Shopify s’élève à 193.10 Milliards d’euros. Cela fait de Shopify la 70ème entreprise la plus précieuse au monde par capitalisation boursière selon nos données.
D’un salon à un centre communautaire complet
Cette semaine, cette promesse autrefois désinvolte est devenue réalité alors que des élus, des donateurs et des membres de la communauté se sont réunis pour inaugurer le superbe nouveau bâtiment de deux étages, situé à quelques minutes de la Colline du Parlement. Le bâtiment abrite une synagogue, une salle à manger, une cuisine commerciale, des suites pour invités et bientôt un mikvé — le transformant en un véritable centre de la vie juive dans la capitale canadienne.
Le Rav Haïm et Yocheved Boyarsky, qui ont établi le Réseau d’étudiants Habad Rohr d’Ottawa en 2008, se souviennent de ces premiers jours où les étudiants se pressaient dans leur maison chaque Chabbat. « Il y avait à peine de place pour bouger », a déclaré le Rav Boyarsky. « Mais il y avait de la chaleur, de la joie et un sentiment d’appartenance. Cet esprit perdure dans ce nouveau centre. »
Harley Finkelstein faisait partie de ces premiers invités. « Il m’invitait à dîner tous les vendredis soirs », a-t-il dit. « C’était remarquable — des étudiants partout, l’énergie était incroyable. » C’est également là qu’Harley a rencontré sa future épouse, Lindsay, qui est plus tard devenue une force motrice derrière l’expansion. « Quand elle a vu la demande en 2021 », a-t-il partagé, « elle a dit : ‘Nous devons faire plus grand.’ C’est son ambition qui a porté cela au niveau supérieur. »
Un financement presque entièrement local
Le leadership des Finkelstein a inspiré une vague de dons locaux. Un comité de construction dirigé par Jules Sigler et Ian Shabinsky a recueilli près de 3 millions de dollars sur un total de 5 millions de dollars pour le projet. L’achat initial de la propriété a été rendu possible par Larry Hartman, un autre pilier de la communauté juive d’Ottawa.
Le Rav Boyarsky a noté que le projet a été « presque entièrement financé par des Juifs d’Ottawa — étudiants, anciens élèves et résidents qui croient en l’avenir de la vie juive ici. »
Des dignitaires saluent l’initiative
Le Premier ministre canadien Mark Carney était présent à l’inauguration et a salué la contribution de Habad à la vie canadienne, la qualifiant de « symbole de résilience, d’unité et de bonté pour la communauté juive et la ville dans son ensemble. »
Étaient également présents le maire d’Ottawa Mark Sutcliffe et la conseillère Stéphanie Plante, qui ont salué l’initiative comme un modèle de partenariat communautaire. « Ce centre reflète l’esprit inclusif d’Ottawa », a déclaré le maire. « C’est un lieu où l’apprentissage, la foi et l’amitié se rejoignent. »
Assistaient également à l’événement le Chalia’h principal d’Ottawa, le Rav Dovid Hayes, le Rav Mendy Kotlarsky du siège de Habad, le Rav Avi Weinstein, directeur des opérations de Habad sur les Campus International, les Chlouhim Dr Yossef et Devora Caytak, ainsi que le Chalia’h Rav Haïm Mendelsohn.
Un modèle disruptif comparable à Shopify
Harley Finkelstein voit un parallèle entre le modèle de Habad et son propre travail chez Shopify. « Habad bouleverse l’ancien modèle de synagogue tout comme Shopify a bouleversé les grandes entreprises », a-t-il déclaré. « Ils rencontrent les gens là où ils sont. Le Rav Haïm a misé sur moi quand j’étais un étudiant fauché — et il a obtenu un excellent retour sur investissement. »
Il a ajouté : « Habad ne se soucie pas de savoir si vous êtes laïc ou pratiquant ; ils se soucient du fait que vous êtes juif. C’est ce qui les rend différents. Ma femme et moi nous sommes rencontrés grâce à Habad ; c’est la chose la plus significative que nous ayons jamais faite. Je veux qu’il y ait cent autres centres comme celui-ci portant le nom d’autres personnes. »
Un foyer pour les générations futures
Le nouveau Beth Habad Finkelstein accueillera des offices religieux, des célébrations de fêtes, des programmes étudiants, des événements familiaux et des partenariats communautaires. Les organisateurs affirment qu’il servira de foyer sûr et dynamique pour la vie juive, l’identité et la continuité pour les générations à venir.
Alors que la foule chantait et dansait lors de la cérémonie de coupe du ruban, le Rav Boyarsky a souri et a dit : « Il y a dix-sept ans, nous avions des étudiants dans notre salon. Aujourd’hui, nous avons une maison pour chaque étudiant juif d’Ottawa. »
Ce qui a commencé comme un « commentaire lancé en l’air » s’est épanoui en pierre angulaire de la vie juive — la preuve, comme l’a dit Harley Finkelstein, que « lorsque vous investissez dans la communauté, les retours sont infinis. »
Harley Finkelstein, né le 8 novembre 1983 à Montréal, est un homme d’affaires, entrepreneur et conférencier canadien, actuellement président de Shopify. Débuts entrepreneuriaux À 13 ans, Harley devient DJ, son père lui créant des cartes de visite sur une imprimante domestique – un moment qu’il considère comme décisif pour réaliser qu’il pouvait concrétiser ses rêves. Ethercycle À 17 ans, il fonde une entreprise de t-shirts tout en étudiant à l’Université McGill. Wikipedia Formation Il obtient un baccalauréat en économie de l’Université Concordia, puis un doctorat en droit (JD) et un MBA de l’Université d’Ottawa, où il cofonde la JD/MBA Student Society et le Canadian MBA Oath. Wikipedia Carrière chez Shopify Après avoir travaillé un an dans un cabinet d’avocats à Toronto, il rencontre en 2009 Tobias Lütke, cofondateur et PDG de Shopify, et devient l’un des premiers marchands de la plateforme. WikipediaEthercycle Il rejoint officiellement Shopify en 2010 comme Chief Platform Officer. Ethercycle En janvier 2015, il est nommé premier directeur des opérations (COO) de l’entreprise. Shopify En septembre 2020, il devient président de Shopify. Wikipedia Distinctions et engagements Il reçoit en 2017 le prix d’Angel Investor of the Year au Canada et le prix Top 40 Under 40. Wikipedia Il siège au conseil d’administration de CBC et est conseiller pour OMERS Ventures et Felicis Ventures, ainsi que « Dragon » sur l’émission Next Gen Den de CBC. Wikipedia Vie personnelle Harley est juif et petit-fils de survivants de l’Holocauste. Il est marié à Lindsay Taub, psychothérapeute et entrepreneure, et ils ont deux filles. La famille vit à Montréal. Wikipedia
C’était une soirée empreinte de joie et d’émotion. Les familles et amis d’Iscah Sarah et Mordé’haï Lubecki ont célébré leurs fiançailles dans un lieu chargé d’histoire et de spiritualité : la synagogue où le Rabbi a prié, au 25 rue des Rosiers à Paris.
Les familles et amis d’Iscah Sarah et Mordé’haï Lubecki ont célébré leurs fiançailles (vort) dans la synagogue où le Rabbi a prié pendant la seconde guerre mondiale, au 25 rue des Rosiers à Paris.
Le Rav Mendel Azimov, directeur du Beth Loubavitch, a salué le travail photographique de Mordé’haï Lubecki depuis de nombreuses années, qui permet de mieux appréhender les réalisations des chlouhim en France et dans le monde.
Le Rav Azimov est resté présent de longues heures pour un Farbrenguen avec la famille, évoquant des souvenirs de ce quartier si emblématique de la rue des Rosiers.