Une année où Roch Hachana tombait Chabbat a permis au Rabbi de dévoiler, dans cette Si’ha du volume 14 des Likouté Si’hot, une dimension méconnue du second jour de la fête. Loin d’être une simple répétition du premier jour, ce second jour révèle que toute la création n’a de sens que si elle est accomplie par l’homme lui-même. Une plongée dans le secret du Chofar, dans la structure des deux jours de Roch Hachana, et dans la raison pour laquelle D.ieu a voulu que Sa demeure ici-bas se construise par des mains humaines.
Likoutei Si’hot volume 14, si’ha sur Roch Hachana
le contexte : une année où le premier jour de Roch Hachana tombe chabbat
Cette Si’ha a été prononcée par le Rabbi à l’occasion d’une Roch Hachana de l’année 5734. Cette année-là présentait une particularité : le premier jour de la fête tombait Chabbat, ce qui empêchait de sonner le Chofar. Le Rabbi avait déjà consacré à ce sujet un premier maamar, étudié dans le Kountrass Torah, où il posait une question fondamentale : pourquoi n’a-t-on pas organisé les choses de sorte que l’on puisse malgré tout sonner le Chofar le jour de Chabbat, comme on le fait pour le Loulav, que l’on apporte à la synagogue avant Chabbat afin de pouvoir continuer à l’utiliser ?
La réponse tient à la nature même de la sonnerie du Chofar. Il ne s’agit pas simplement de proclamer que D.ieu est roi, comme s’Il attendait qu’on Lui fixe un rendez-vous pour être couronné. D.ieu veut que Sa royauté soit Malkhouto Bir’tson, c’est-à-dire acceptée librement, avec joie et avec un engagement sincère à progresser dans la Torah et les Mitsvot. Lorsque le peuple sonne le Chofar, chacun prend sur lui, de son plein gré, de reconnaître à nouveau D.ieu comme Roi — et D.ieu, en retour, accepte de régner, mais avec plaisir.
Or une année comme celle-ci, où l’on ne sonne pas le premier jour, comporte paradoxalement un avantage : l’homme n’a pas le sentiment d’avoir « fait » quelque chose lui-même, puisqu’il se contente de réciter les versets de Chofarot sans sonner. Il échappe ainsi à toute forme d’orgueil, à cette impression d’être l’auteur du couronnement divin. C’est là le point développé dans la Si’ha précédente. Mais restait une question : Roch Hachana est une fête de deux jours, et si le premier jour on ne sonne pas, le second jour on sonnera bel et bien. Pourquoi, alors, ce besoin de sonner le lendemain, si le premier jour a suffi ?
les deux jours de Roch Hachana : un bloc unique et non une répétition
Il faut d’abord comprendre en quoi le second jour de Roch Hachana diffère du second jour des autres fêtes. Pour Pessah, Chavouot ou Soukot, les communautés hors d’Israël célèbrent deux jours car, à l’origine, on ne savait pas avec certitude quel jour était réellement sacré : l’un des deux jours est Yom Tov selon la Torah, l’autre ne l’est que par décret rabbinique, ajouté par précaution.
Roch Hachana fonctionne différemment. Dès l’origine (Hatkhila), on a institué de le célébrer deux jours, et ce pour une raison pratique : la fixation du mois dépendait de témoins venant annoncer au Beth Ha-Mikdach l’apparition de la nouvelle lune. Si les témoins n’arrivaient que dans l’après-midi, on ne savait pas encore, le matin, si l’on se trouvait déjà en Roch Hachana. Face aux complications que cela aurait entraînées — sacrifices, interdits de la fête, etc. —, les Sages ont institué de célébrer d’emblée deux jours. Mais à la différence des autres fêtes, ces deux jours ne forment pas un jour « certain » et un jour « de doute » : la Halakha les considère comme un seul et même bloc, Yom Ehad Aroukh, « un seul jour prolongé ».
Le Choulhan Aroukh de l’Admour Hazaken illustre ce principe par les lois de Noladh (ce qui « naît » ou apparaît un jour de fête) : un œuf pondu ou un lait trait le premier jour de Roch Hachana reste interdit même le second jour, contrairement aux autres fêtes où l’on pourrait, selon les cas, profiter le second jour de ce qui est apparu le premier. Cela montre que les deux jours ne sont pas deux entités séparées mais une seule et même journée continue.
Cette unité trouve un écho profond dans la Kabbale. Le verset «Yehayénou Miyamim, Bayom Hachlishi Yekimenou» (« Il nous fera vivre après deux jours, le troisième jour Il nous relèvera ») est interprété par plusieurs Maamarim comme faisant référence aux deux jours de Roch Hachana. Le Beit Yossef rapporte, au nom de la Kabbale, que le premier jour correspond à la dimension intérieure (Pnimiout) des mondes, tandis que le second jour en révèle la dimension extérieure (Hitsoniout) : un même mouvement spirituel qui s’étend sur deux jours.
Le Talmud Yerouchalmi précise que l’institution des deux jours remonte aux premiers prophètes (Névi’im Harichonim) — ce qui explique pourquoi, par respect pour cette Takana, on porte un vêtement neuf le second jour, comme pour souligner qu’il s’agit, malgré tout, d’un jour à part entière. Les kabbalistes, notamment dans les écrits de Rabbi Its’hak Louria (l’Arizal), ajoutent une précision saisissante : avant la destruction du Beth Ha-Mikdach, il existait une possibilité (Koa’h) de faire « monter » en un seul jour ce qui, après la destruction, nécessite deux jours. Autrement dit, ce n’est pas un problème pratique qui a produit la nécessité des deux jours : c’est l’inverse. Les événements spirituels qui se déroulent en haut, dans les mondes, se répartissent naturellement sur deux jours ; simplement, il existait autrefois une capacité de les condenser en un seul jour.
« aujourd’hui commence ton œuvre » : le sens de la formule liturgique
Dans la prière de Roch Hachana, nous proclamons : «Zé Hayom Te’hilat Maassékha», « Ceci est le jour du début de Ton œuvre ». On pourrait croire qu’il s’agit simplement de rappeler que l’homme a été créé ce jour-là, le sixième jour de la création. Mais le sens est bien plus vaste : ce jour est le début de toutes les œuvres de D.ieu, y compris celles créées les cinq jours précédents.
Autrement dit, bien que le monde ait déjà cinq jours d’existence lorsque l’homme apparaît, c’est seulement à partir de la création de l’homme que l’on peut dire : « aujourd’hui a été créé le soleil, la lune, les animaux, les poissons ». Toute la création antérieure — les mondes spirituels, les Sefirot, les Tsimtsoumim, les voiles successifs — n’existe que pour permettre, au bout du compte, une chose : que D.ieu ait une demeure ici-bas, Dira Betakhtonim.
Mais pourquoi D.ieu a-t-Il voulu cette demeure ? La Hassidout répond qu’il n’y a, à proprement parler, aucune raison rationnelle à ce désir : c’est un plaisir, un Ta’avah, situé au-delà de toute explication logique. On sait que D.ieu le veut, mais on ne saurait dire pourquoi Il le veut. Ce point est développé dans le Maamar Roch Hachana Tav-Shin-Mem-Vav, du Admour Hazaken.
Ce qui, en revanche, s’explique parfaitement, c’est comment cette demeure devait être bâtie : non pas d’un geste divin instantané, mais à travers un enchaînement rigoureux et intelligible de mondes — Atsilout, Beria, Yetsira, Assiya — reliant l’Infini de D.ieu au fini de notre monde. D.ieu aurait pu créer un monde fini sans passer par cette gradation, mais Il a voulu que l’homme puisse Le servir avec son intelligence et son cœur, en comprenant, autant que possible, la logique du monde qui l’entoure. C’est pour cela qu’Il a construit tout un univers spirituel explicable, transmis dans la Hassidout, afin que l’homme puisse L’aimer et Le craindre en connaissance de cause, et non par simple soumission aveugle (Kabbalat Ol).
pourquoi tous les mondes spirituels n’existent que pour l’homme
Le Rabbi pousse le raisonnement plus loin, à partir d’un Maamar de l’année 1985-1986 (repris dans le sixième tome des Likouté Si’hot) : D.ieu n’a pas seulement voulu une demeure ici-bas ; Il a voulu que cette demeure soit construite précisément par l’homme. La comparaison est frappante : un roi désire une maison dans une ville lointaine et y envoie cinquante de ses serviteurs pour la construire. S’il avait seulement voulu la maison, il aurait pu la faire surgir en un instant par un moyen magique. Mais il veut que ce soit ses serviteurs qui la bâtissent — ce qui suppose de leur fournir un logement, de la nourriture, des outils : tout un cadre destiné à rendre leur travail possible.
De la même manière, tous les mondes spirituels — les Malakhim, les Nechamot, le Gan Eden, les étapes successives des mondes — n’ont été créés que pour permettre à l’homme d’accomplir sa mission ici-bas. Interrogez le monde d’Atsilout sur la raison de son existence avant la création de l’homme, et il ne pourra répondre que : « je suis la lumière de D.ieu, j’existe parce que j’existe ». Mais dès qu’Adam Harichon est créé, c’est à ce moment précis que se révèle la véritable raison de tout ce qui l’a précédé : préparer le terrain pour que l’homme puisse servir D.ieu dans les meilleures conditions.
C’est pourquoi la date anniversaire de la création n’est pas fixée aux premiers jours, mais au jour de la création de l’homme : Zé Hayom Te’hilat Maassékha. Chaque année, ce renouvellement de toute la création se répète, et l’on insiste chaque fois sur le même message : tout ce qui existe autour de nous n’a de sens que parce que l’homme est là pour transformer ce monde en demeure pour D.ieu.
le chofar : une mitsva sans raison qui exige pourtant l’implication totale de l’homme
Cette double vérité — un désir divin sans raison, mais qui exige absolument la participation active de l’homme — se retrouve exactement dans la mitsva du Chofar. Le Talmud énonce : «Mitsvat Hayom Bechofar», « la mitsva du jour, c’est le Chofar ». Le Rambam précise que la sonnerie du Chofar à Roch Hachana est une Guezérat Hakatouv, un décret de l’Écriture sans raison explicite — contrairement à la Para Adouma, dont Chlomo Hamelekh lui-même n’a pas su percer le secret, alors que Moché Rabbénou, lui, en connaissait la raison profonde.
Pourtant, le même Rambam ajoute aussitôt qu’il y a, dans le Chofar, une allusion (Rémez) à la Techouva. Comment concilier ces deux affirmations ? Le Rabbi explique que le Chofar se situe à un niveau si élevé qu’aucune raison rationnelle ne peut l’atteindre — plus haut encore que la Para Adouma. Et pourtant, précisément à ce niveau sans raison, D.ieu insère un sens, une allusion, une exigence : celle de l’implication personnelle de l’homme, de son réveil intérieur, de sa Techouva.
Ce mélange paradoxal — un désir divin totalement au-delà de toute logique, associé à l’exigence d’un effort humain conscient et raisonné — est exactement la structure de la création du monde elle-même. D’un côté, D.ieu veut une demeure ici-bas sans qu’on puisse en expliquer la raison ; de l’autre, Il construit tout un univers logique et intelligible pour que l’homme puisse Le servir avec sa raison, son cœur et sa compréhension. Le Chofar est la synthèse parfaite de ces deux extrêmes.
quand Roch Hachana tombe chabbat : la révélation du second jour
Voici enfin la clé de notre question initiale. Lorsque le premier jour de Roch Hachana tombe Chabbat, le Rabbi souligne que le Chabbat remplace intégralement le Chofar — «Mekom Hachofar Mamach». Rien ne manque à D.ieu : Son plaisir de régner, Son désir, tout est là, dans la perfection propre au Chabbat. Ce qui manque, en revanche, c’est l’oreille de l’homme : personne n’a entendu le son du Chofar. Or le son du Chofar a un effet physique sur celui qui l’entend, juif comme non-juif, un rappel corporel et sensoriel que D.ieu règne sur le monde.
C’est précisément pour cela que le second jour prend toute son importance. Le premier jour, tout s’est accompli sans l’effort de l’homme — par la seule sainteté du Chabbat. Mais D.ieu dit, pour ainsi dire, à l’homme : « Je veux quand même que tu viennes, toi, à la synagogue, avec ton cœur et ton intelligence, et que ce soit toi qui sonnes ». Ce n’est qu’à ce moment que se réalise pleinement ce que D.ieu attend depuis l’origine de la création : que Sa demeure ici-bas ne soit pas seulement pour l’homme, mais par l’homme.
Le Rabbi insiste : même si tout était déjà accompli à la perfection par des Tsadikim, ou par D.ieu Lui-même, cela ne suffit pas — il manquerait toujours la perfection matérielle et concrète (Chleïmout Mamach) que seul l’effort personnel de l’homme peut apporter. C’est le sens profond du verset sur le Gan Eden : D.ieu y installe Adam Harichon non pour qu’il en profite passivement, mais «Le’ovda Ouléchomra», pour qu’il le travaille et le préserve.
ce que cette année particulière révèle pour toutes les années
Ainsi, ce que l’on retient d’une année où Roch Hachana tombe Chabbat, c’est une leçon valable pour toutes les années à venir. Le premier jour nous enseigne la grandeur de servir D.ieu sans orgueil, sans le sentiment d’être soi-même l’auteur du couronnement divin. Mais le second jour nous rappelle l’autre versant, tout aussi essentiel, de la création du monde : D.ieu ne veut pas seulement une demeure ici-bas, Il veut que cette demeure soit construite par des mains humaines, par un cœur et une intelligence humaine engagés dans l’effort.
Ces deux journées, loin de se contredire, se complètent : elles reflètent les deux faces d’un même désir divin — un plaisir sans raison, et l’exigence absolue de la participation de l’homme. C’est cette tension féconde qui donne tout son sens à la sonnerie du Chofar, et qui fait de chaque Roch Hachana non seulement un couronnement de D.ieu, mais un renouvellement de toute la création à travers l’action de l’homme.
À l’approche de Roch Hachana 5787 (2026), chaque foyer se prépare à franchir le seuil d’une nouvelle année avec ferveur et discernement. Ce guide rassemble, dans l’ordre où elles se présentent, les lois, les coutumes et les bénédictions qui rythment ces deux jours redoutables, du dernier après-midi de l’année écoulée jusqu’au second soir de la fête. Chacun y trouvera les gestes concrets, les intentions intérieures et les textes qui accompagnent ce moment de jugement et de renouveau.
Rav Mordé’haï Rouah
la veille de la fête, vendredi 11 septembre 2026
La veille de Roch Hachana, le vendredi après-midi, est traditionnellement consacrée au bilan de l’année écoulée : on corrige ce qui doit l’être et l’on accomplit la Techouva, le retour intérieur. La préparation physique occupe une place importante dans cette journée.
On se coupe les cheveux, de préférence avant ‘Hatsot, ainsi que les ongles, et l’on se lave à l’eau chaude.
Les hommes se rendent au Mikvé après ‘Hatsot.
À l’approche de la fête, chacun revêt de beaux habits, geste qui exprime la confiance placée en D.ieu, qui jugera avec bienveillance et inscrira chacun pour une vie heureuse.
Il convient également de préparer les enfants à l’ordre des prières de Roch Hachana. On prend l’habitude, sans que cela constitue un vœu formel, d’acquérir un nouvel objet de Mitsva, un embellissement destiné à recevoir une bénédiction supplémentaire.
Dès une heure avant Min’ha, il est recommandé de consacrer tout moment libre à la récitation des Téhilim. Les Rabbeïm avaient coutume de s’entretenir avec leur épouse peu avant Roch Hachana, une pratique que le Rabbi a précisé convenir à chacun.
l’allumage des bougies du premier soir, tombant Chabbat
Avant l’allumage, on donne la Tsédaka pour les deux jours de la fête. On allume une bougie de vingt-quatre à quarante-huit heures, dont la flamme servira ensuite à allumer les bougies du second soir. Les filles, dès l’âge de trois ans, allument une bougie ; les femmes mariées en allument deux, auxquelles s’ajoute une bougie supplémentaire pour chacun de leurs enfants. On laisse l’allumette s’éteindre d’elle-même avant de réciter les Brakhot :
Il est de coutume, le premier soir de Roch Hachana, de se souhaiter mutuellement, à la deuxième personne du singulier, d’être inscrit pour une bonne année. À un homme, on adresse la formule : « Sois inscrit et scellé pour une bonne année. » À une femme, on adresse la formule au féminin : « Sois inscrite et scellée pour une bonne année. » Cette année, on se souhaite également « Gout Chabbess ».
le kiddouch du premier soir, tombant Chabbat
Si la grenade constitue un fruit nouveau pour la saison, on la place sur la table avant le Kiddouch : la Brakha de Chéhé’héyanou prononcée pendant le Kiddouch l’acquittera également. De retour de la synagogue, on récite à voix basse les passages de Chalom Alé’hem, Échet ‘Hayil, Mizmor léDavid et Da Hi Séhoudata.
On rince et l’on essuie soigneusement la coupe, à l’intérieur comme à l’extérieur, avant de la remplir abondamment sur la table jusqu’à ce qu’elle déborde ; le Rabbi accomplissait ce geste en trois étapes. On prend la coupe de la main droite, on la transfère à la main gauche, puis on la replace dans la paume de la main droite incurvée, formant un réceptacle, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié ; le Rabbi tenait la coupe surtout dans la paume, à peine posée sur les doigts. Le Kiddouch se prononce debout, la coupe élevée à une trentaine de centimètres au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov, puis on récite à voix haute le passage de Vayekhoulou.
On fixe alors la coupe en prononçant la bénédiction sur le vin.
En prononçant le Chéhé’héyanou, on remercie D.ieu de vivre cette fête et d’en accomplir les Mitsvot, en pensant également au fruit nouveau. Les femmes répondent Amen à ce Chéhé’héyanou même si elles ont déjà prononcé cette Brakha lors de l’allumage des bougies, cet Amen n’étant pas considéré comme une interruption avant de boire le vin du Kiddouch.
On s’assoit ensuite pour boire. Celui qui a récité le Kiddouch passe la coupe à sa main gauche, puis la reprend de la main droite en la tenant par le côté et non par-dessous. Il en boit au moins 44 millilitres avant d’en distribuer aux convives.
Vient alors le Netilat Yadayim, suivi du Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde.
On dispose du miel sur la table, en plus du sel.
Après le Motsi, on coupe le pain, on le trempe trois fois dans le miel et l’on en mange un Kazaït, soit environ 26 grammes.
Le Rabbi avait coutume de manger un second morceau, trempé trois fois dans le sel. Ce geste se répète à chaque repas de Roch Hachana.
le seder de Roch Hachana
Après avoir mangé le Kazaït de pain et avant le premier plat, on procède au Seder de Roch Hachana:
On prend une pomme douce entière, on en trempe un morceau trois fois dans le miel et l’on récite la bénédiction Boré Péri Haets, avec l’intention d’acquitter également les autres fruits qui seront éventuellement consommés avant le Birkat Hamazon.
La grenade se mange dans l’intention que toute l’année soit remplie de mérites et de Mitsvot, à l’image de ses nombreux grains. On consomme aussi une tête, de mouton ou de poisson, afin que toute l’année, chacun « soit à la tête et non à la queue » ; dans le langage ‘hassidique, on dit que l’on souhaite être attaché à la tête, c’est-à-dire au Rabbi.
Le repas de fête, où l’on mange de la viande et boit du vin dans la joie, constitue une Mitsva à Roch Hachana, mais sans excès, avec sérieux et crainte de D.ieu ; chez le Rabbi, ce repas se déroulait presque en silence. Il est également d’usage de ne pas consommer d’aliments amers ou aigres, ni de noix.
le sens profond de ces jours
Le service divin de Roch Hachana repose sur la Kabbalat Ol, l’acceptation du joug divin. Chaque moment libre, y compris la nuit, doit ainsi être consacré à la récitation des Téhilim. Durant toute la durée de la fête, et particulièrement la première nuit, on évite les conversations futiles et l’on limite le sommeil. On s’abstient de fumer pendant les deux jours de la fête, une pratique déconseillée en toute autre occasion également. Une attention particulière est requise pour éviter la colère pendant ces deux jours.
l’allumage des bougies du second soir
Aucun préparatif en vue du second jour de fête n’est autorisé avant la sortie de Chabbat, le premier jour de fête ne pouvant servir à préparer le second.
Une fois l’heure de sortie de Chabbat passée, après avoir prononcé Baroukh Hamavdil Bén Kodech Lékodech, ou le paragraphe de Vatodiénou dans la prière d’Arvit, les femmes allument les bougies du second soir à partir d’une flamme déjà existante.
Les deux jours de Roch Hachana étant considérés comme un seul et même jour, un doute se pose quant à la récitation du Chéhé’héyanou le second soir.
Dans l’idéal, la femme porte un vêtement neuf et pense, en l’allumant, à la fois au Yom Tov et à ce vêtement. À défaut, on place sur la table un fruit nouveau, que l’on consommera après le Kiddouch, et l’on allume juste avant le Kiddouch en pensant au Yom Tov et à ce fruit.
En l’absence de vêtement comme de fruit nouveau, on récite néanmoins le Chéhé’héyanou.
À partir d’une flamme déjà existante, les filles, dès l’âge de trois ans, allument une bougie ; les femmes mariées en allument deux, plus une bougie supplémentaire pour chaque enfant.
On laisse l’allumette s’éteindre d’elle-même avant de réciter les mêmes Brakhot que le premier soir. On se souhaite alors « Gout Yom Tov ».
le kiddouch du second soir, à la sortie de Chabbat
Avant le Kiddouch, on place un fruit nouveau sur la table.
En récitant le Chéhé’héyanou, on regarde ce fruit en pensant au Yom Tov et à sa nouveauté ; en l’absence de fruit nouveau, on récite tout de même la bénédiction.
On rince et l’on essuie soigneusement la coupe, on la remplit abondamment sur la table jusqu’à ce qu’elle déborde, en trois étapes comme le faisait le Rabbi, puis on la fait passer de la main droite à la main gauche avant de la replacer dans la paume incurvée de la main droite, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié. Le Kiddouch se prononce debout, la coupe élevée à une trentaine de centimètres au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov, puis on fixe la coupe en prononçant la bénédiction sur le vin, selon le même texte que le premier soir, à l’exception de la mention du Chabbat.
En prononçant la bénédiction Boré Méoré Haéch, chacun regarde les bougies de Yom Tov, sans les rapprocher ni réunir leurs flammes, et sans regarder leur reflet sur les ongles : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui crées les lumières du feu. »
Vient ensuite la Havdala : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui sépares le saint du profane, la lumière des ténèbres, Israël des autres peuples, le septième jour des six jours de la création. Tu as séparé la sainteté du Chabbat de la sainteté du jour de fête, et Tu as sanctifié le septième jour par rapport aux six jours de la création. Tu as distingué et sanctifié Ton peuple Israël par Ta propre sainteté. Béni sois-Tu, Éternel, qui sépares le saint du saint. »
En prononçant le Chéhé’héyanou, on remercie D.ieu de vivre cette fête et d’en accomplir les Mitsvot, en pensant également au fruit nouveau : « Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous as fait vivre, qui nous as maintenus et qui nous as fait parvenir jusqu’à cette saison. » Les femmes répondent de nouveau Amen, sans que cela n’interrompe la suite du Kiddouch. On s’assoit pour boire, en faisant passer la coupe de la même manière que le premier soir, puis on en boit au moins quarante-quatre millilitres avant d’en distribuer aux convives.
le fruit nouveau et le repas du second soir
Immédiatement après le Kiddouch, avant le Netilat Yadayim et de préférence sans interruption par des propos étrangers au repas, on mange un Kazaït du fruit nouveau. On récite sur ce fruit la bénédiction Boré Péri Haets, mais non le Chéhé’héyanou, déjà prononcé au Kiddouch. Il convient de limiter au maximum le temps écoulé entre le Kiddouch et la consommation de la ‘Halla. Avant le Netilat Yadayim, on récite une Brakha A’harona, une bénédiction finale, sur le fruit, mais non sur le vin.
Suit le Netilat Yadayim et le Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde, avec du miel disposé sur la table en plus du sel. Après le Motsi, on coupe le pain, on le trempe trois fois dans le miel et l’on en mange un Kazaït. Le Rabbi ajoutait un second morceau trempé trois fois dans le sel. Les aliments symbolisant une bonne année, comme la pomme trempée dans le miel, ne sont consommés que le premier soir.
Puissiez-vous être inscrits et scellés pour une bonne et douce année.
Réalisé par le Sofer Mordé’haï Rouah.
Pour l’élévation de l’âme de Shimon Hacohen ben Maha, Chlomo ben Messaoud Allouche, Azouz ben Chlomo et Zoharah Attal, Moché ben Its’hak et Fra’hi Benzakaï, Haïm ben Berthe Bessis, Yossef ben Nathan Halfon, Rav Houatou Moché ben ‘Haï et Rivka Mazouz, Moché ben Barou’h et Zara Mesguiche, Chalom ben Moché et Sultana Mesguiche, Mordé’haï ben Chalom Mesguiche, Mordé’haï ben Moché et Messaouda Rouah, Moché ben Mordé’haï et Sarah Rouah, Karen Messaouda bat Yehouda Cohen, Ra’hel bat Sim’ha Cohen, Sim’ha bat Nedjma Allouche, Jneïna bat Aziza Attal, Aziza bat Nina Bessis, Esther bat Nissim et Fré’ha Benzakaï, Aimée Zara bat Moché et Sultana Guedj, Ko’hava bat Moché et Esther Halfon, Tourkya bat Couca et Its’hak Mazouz, Sultana bat Chalom et Nouna Mesguiche, Sarah bat Avraham et Anna Rouah, Mazal bat Ra’hel Sabba.
À la veille de Roch Hachana 5735 (1975), le Rabbi adresse à tous les fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent, une lettre consacrée à un enseignement fondamental de nos Sages : pourquoi l’homme fut-il créé en dernier, le sixième jour, à la veille du Chabbat ? Cette question dévoile un double enseignement pour Roch Hachana, jour qui, telle une tête qui gouverne le corps tout entier, oriente et dirige la conduite de chaque juif pour l’année entière. Le Rabbi y révèle comment concilier les deux vocations apparemment opposées de l’homme, invité honoré d’un monde déjà entièrement préparé et serviteur né pour l’effort, à l’approche d’une nouvelle année qu’il appelle de tous ses vœux douce et bénie.
Par la grâce de D.ieu, le 18 Elloul 5735 (1975), Brooklyn, New York.
Aux fils et filles d’Israël, en quelque lieu qu’ils se trouvent, que D.ieu les fasse vivre et les bénisse.
Salut et bénédiction !
À l’approche de Roch Hachana, qui vient à nous ainsi qu’à tout Israël pour le bien et pour la bénédiction, il convient de nous arrêter sur l’une des significations profondes de ce jour, telle qu’elle transparaît dans un enseignement bien connu de nos Sages, de mémoire bénie.
Roch Hachana, la tête qui dirige toute l’année
Roch Hachana est, comme son nom l’indique, la « tête » de l’année : c’est elle qui donne le ton, qui transmet la direction et les orientations qui guideront la conduite de l’homme durant tous les jours de l’année à venir, exactement comme la tête, dans le corps humain, dirige et anime chacun des membres.
C’est aussi, précisément, en ce jour que fut créé le premier homme, père de toute l’humanité.
Il convient de méditer avec sérieux et intensité sur les enseignements de Roch Hachana, tels qu’ils nous sont transmis, explicitement ou en filigrane, dans la Torah — car la vocation même de la Torah, dont le nom signifie « enseignement », est d’être une Torat ‘Haïm, une Torah de vie : elle indique à chaque juif, homme et femme, la voie à suivre dans son vécu quotidien.
la parabole du roi et de son palais
Nos Sages nous transmettent, sur la création de l’homme, une parabole restée célèbre : celle d’un roi qui bâtit un palais, l’orna et l’aménagea avec un soin extrême, y fit dresser un festin, et ce n’est qu’ensuite qu’il fit entrer ses invités. De même, disent nos Sages, le Saint béni soit-Il créa le monde entier avec sagesse, pourvut à tous ses besoins, et ce n’est qu’ensuite qu’Il fit entrer ses invités : Adam et ‘Ève.
Et pourtant, la Torah affirme dans le même souffle : « l’homme est né pour peiner » (Job 5, 7) — et elle enseigne à l’homme à dire de lui-même : « j’ai été créé pour servir mon Créateur » (fin du traité Kidouchin).
Il convient donc de comprendre comment concilier ces deux idées, en apparence contradictoires, sur la création de l’homme : d’un côté, il est un « invité » de marque, qui trouve tout prêt et déjà préparé pour lui ; de l’autre, il est un « serviteur », tenu de servir constamment le Saint béni soit-Il par l’effort et le labeur.
une exigence particulière lorsque Roch Hachana tombe un chabbat
Cette question appelle une explication toute particulière lorsque, comme cette année, Roch Hachana tombe un jour de Chabbat. Car alors se trouve accentuée, plus qu’en toute autre année, l’idée que « tout est prêt pour le festin » : en effet, le Chabbat, tout travail est « comme déjà accompli » — ce qui renforce d’autant la difficulté : comment ce constat s’articule-t-il avec le fait que « l’homme est né pour peiner » et qu’il doit « servir son Créateur » ?
l’union de deux idées apparemment opposées
L’une des explications de cette question tient précisément à la conjonction de ces deux idées : c’est justement leur union qui nous livre un enseignement des plus profonds pour la vie, y compris pour la vie de tous les jours — enseignement qui se décline en plusieurs points.
premier point : l’invité appelé à servir
L’attente placée en Adam et ‘Ève — et c’est là, également, un enseignement pour chaque juif, homme et femme — est la suivante : même lorsqu’ils se trouvent dans une situation comparable à celle d’un invité introduit dans un palais royal somptueusement aménagé et pourvu de tout le nécessaire, voire davantage, et qu’ils y sont conviés comme des hôtes d’honneur, ils doivent néanmoins y accomplir un service envers le Saint béni soit-Il, Créateur de l’univers tout entier.
Ce service peut s’élever jusqu’au degré le plus haut, tel que la Torah le rapporte de Moché Rabbénou, dont il est dit que « nul prophète ne s’est plus levé en Israël comme Moché, qui connut D.ieu face à face ». Et lorsque Moché atteignit le sommet de la perfection — que nos Sages, de mémoire bénie, désignent comme « la cinquantième porte de la compréhension » — il se trouvait, lui aussi, dans la posture de « serviteur de D.ieu ».
deuxième point : servir dans tous les domaines de la vie
De ce fait découle également, comme cela a déjà été expliqué à de nombreuses reprises, qu’il y a lieu de servir D.ieu de multiples manières : non seulement par la prière, l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot, mais aussi — selon l’expression du Rambam — « dans son manger et son boire, […] dans ses affaires et ses transactions », c’est-à-dire dans toutes les occupations de l’existence, y compris celles qui, en elles-mêmes, appartiennent aux besoins matériels, comme le sommeil : le juif doit se préparer à son sommeil de manière à ce que le sommeil lui-même soit haussé au rang de « service » — l’une des raisons profondes que revêt la lecture du Chema avant de se coucher.
troisième point : des forces données pour bâtir
Un autre point, qui doit lui aussi se traduire dans le vécu quotidien, est celui-ci : le Saint béni soit-Il a accordé à Adam et ‘Ève, et à travers eux à tous les enfants d’Israël, hommes et femmes, jusqu’à la fin de toutes les générations, les forces et les possibilités nécessaires pour « servir », c’est-à-dire pour ajouter au « palais » déjà construit, alors même que ce palais est en lui-même une création du Saint béni soit-Il par Sa sagesse divine. Plus l’environnement et les moyens dont dispose chacun sont favorables, plus chaque homme et chaque femme peut — et doit donc — élever cet environnement à un degré de perfection toujours plus grand, à tel point que la Torah utilise, à propos de la contribution de l’homme à la création, l’expression admirable de « devenir l’associé du Saint béni soit-Il dans l’œuvre de la Création » : l’homme est capable d’agir, et agit effectivement, avec une portée telle qu’une Torah de vérité peut affirmer de lui qu’il en est l’associé.
quatrième point : une élévation à la portée de chacun
Ces points facilitent, pour chaque homme et chaque femme, tout ce qui doit être accompli afin de s’élever et de grandir toujours davantage dans tout ce qui touche à la Torah, aux Mitsvot et au judaïsme en général, en pleine cohérence avec la mission de l’homme dans l’existence : « j’ai été créé pour servir mon Créateur », en méditant sur les forces admirables que le Saint béni soit-Il lui a accordées, jusqu’à pouvoir devenir Son associé — et non dans un détail mineur, mais dans la Création tout entière, œuvre de la sagesse divine.
cinquième point : une œuvre de tous les instants
Cette contribution et cette association de l’homme ne sauraient s’accomplir pleinement par un service limité, exercé de temps à autre, à l’occasion d’événements exceptionnels ou de moments particuliers. Elles exigent au contraire un mode de vie qui se traduit dans le service de chaque jour, où chaque acte, chaque parole et chaque pensée soient « pour le Ciel », où « dans toutes tes voies, connais-Le » se vérifie de sorte que la présence divine transparaisse dans tous les domaines, y compris — comme cela a été dit plus haut — dans le manger et le boire et autres actes semblables, même les jours de semaine.
servir d.ieu dans la joie
Pour « servir son Créateur » à travers le service de D.ieu, il existe un enseignement et une injonction supplémentaires : « servez D.ieu dans la joie », Le servir avec joie et avec la conscience réjouie que l’on a le privilège de servir le Saint béni soit-Il.
Cet enseignement se trouve particulièrement souligné cette année-ci, où Roch Hachana commence précisément le jour du Chabbat, jour dont il est dit : « tu appelleras le Chabbat délice ».
Que le Saint béni soit-Il bénisse et fasse réussir chaque homme et chaque femme dans l’accomplissement de tout ce qui vient d’être dit, dans la joie et le délice ;
qu’Il écarte, D.ieu nous en préserve, tout ce qui pourrait s’y opposer ;
et ce, en faisant se manifester des saluts au sein même de la terre, de façon visible et révélée, incluant et surtout,
en accordant à chaque juif et à tout Israël une année bonne et douce sous tous ses aspects et à tous égards.
Avec la bénédiction d’une bonne inscription et d’un bon scellement,
Dans sa chronique hebdomadaire, Chlomo Yedidia Meïr revient sur une lettre du Rabbi datant de 5750 (1990) pour éclairer la portée singulière d’un Roch Hachana qui tombe un Chabbat. Il dévoile ce qui se cache derrière l’absence de sonnerie du Choffar cette année-là, et montre comment ce Chabbat si particulier peut influencer l’année tout entière. Une méditation sur le silence, la Halakha et la sainteté qui doit imprégner chaque jour de l’année à venir.
Par Chlomo Yedidia Meïr
Chlomo Yedidia Meïr, né le 24 juin 1976 à Jérusalem, est un publiciste, satiriste et animateur de radio et de télévision israélien. Fils du Rav Eliav et petit-fils du Rav Chlomo Kook, il a grandi au Moshav Guimzo, où son père officiait comme rabbin local, avant d’étudier dans des institutions sionistes-religieuses puis ‘harédies. Entré très tôt dans le monde des médias, il fonde en 2000, avec des amis, la lettre satirique « Efès », qui deviendra une chronique hebdomadaire dans les suppléments de Haaretz puis de Yedioth Aharonot. Il a été conseiller médias pour plusieurs chaînes de télévision, coanime aujourd’hui l’émission matinale « Hitorerout » sur Radio Kol ‘Haï, ainsi que « Sof Chavoua Zougui » aux côtés de son épouse, la journaliste Sivan Rahav-Meïr, sur Galei Tsahal. Depuis août 2026, il signe une chronique hebdomadaire dans Olam Katan.
une histoire de Chabbat qui tombe à pic
« Chalom Yedidia, dans ta précédente chronique tu as publié l’histoire émouvante de la famille Bar-Tal, du village de Kedem en plein essor, dans le nord de la Chomron », m’a écrit cette semaine un lecteur.
« Comment ils sont restés coincés lors de leur premier Chabbat dans le village, avec une maison sens dessus dessous et pleine de cartons – uniquement pour que les déménageurs puissent rentrer chez eux à temps et ne pas profaner le Chabbat. Je voulais ajouter que cela correspond particulièrement bien à la veille de Roch Hachana 5787 (2026). Comme chacun sait, cette année le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, ce qui signifie que nous n’aurons pas le mérite de sonner le Choffar le premier jour de Roch Hachana. Nous montrons ainsi que la valeur du respect du Chabbat l’emporte sur tout. Même sur la grande Mitsva de la sonnerie du Choffar et sur tous les mérites liés à l’évocation de l’Akeda. Cette année, nos mérites résident précisément dans le sacrifice de soi envers le Chabbat, et non dans les sonneries du Choffar. Prions que malgré cela – et en fait grâce à cela – nous ayons le mérite d’une année bonne et douce, pleine de bonnes nouvelles, et que cette fois nous fassions retentir un grand Choffar de délivrances immenses et joyeuses. »
Ce lecteur ne fait qu’évoquer, plus qu’à demi-mot, un sentiment que j’ai perçu ces derniers jours en bien d’autres endroits : une inquiétude face au fait que, cette année, nous n’aurons pas le mérite de sonner le Choffar le premier jour de Roch Hachana. On rappelle qu’il y a trois ans déjà, à Roch Hachana 5784 (2023), nous n’avions pas sonné le Choffar. Et l’on sait ce qui s’est passé 22 jours plus tard… Certains savent même citer d’autres débuts d’année, dans l’histoire proche ou lointaine, où l’on n’a pas sonné, et où l’année suivante, le Satan a fait la fête.
la tradition des lettres générales du Rabbi
Pendant plus de quatre décennies, depuis qu’il était devenu Rabbi, le Rabbi de Loubavitch avait pour habitude d’écrire deux fois par an, à la veille de Roch Hachana et à la veille de Pessa’h, une « lettre générale ». C’était un appel adressé au grand public, publié sous forme d’encart payant dans de nombreux journaux juifs, en Israël comme dans le monde. Et « journaux juifs » ne signifie pas forcément journaux religieux. Le plus souvent, c’est même l’inverse.
Pendant plus de quatre décennies, la première ligne de ces lettres est restée identique. Elle indiquait à qui le Rabbi s’adressait : « Aux fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent ». C’est-à-dire à chaque Juif et chaque Juive, où qu’ils se trouvent. Et pas seulement au sens géographique. Les proches, les éloignés, et ceux qui le sont encore davantage.
Dans chacune de ces lettres, le Rabbi de Loubavitch parlait de l’essence de la fête, telle qu’elle se transmet depuis des millénaires – tout en s’attardant aussi sur certains points particulièrement pertinents pour l’année en question.
Ces dernières années, une sélection de ces lettres a paru dans une nouvelle traduction (la plupart avaient été écrites à l’origine en yiddish), en deux volumes du livre Michtavim Klaliyim, publié par les éditions Maayanotekha. Dans la belle préface de l’ouvrage, son éditeur, le Rav Menahem Broud, souligne que ces lettres de fêtes se caractérisent par une combinaison particulière entre l’attention portée à chaque Juif pris individuellement et l’attention portée à l’ensemble d’Israël.
« Il nous semble parfois que l’individu et la collectivité représentent des aspects distincts, voire opposés. Que l’individu doit renoncer à son propre bien pour le bien de la collectivité, et que la collectivité est contrainte de renoncer à ses intérêts pour respecter les droits de l’individu. Or, dans la conception du Rabbi, non seulement il n’y a aucune contradiction entre les deux, mais l’un complète l’autre. Il faut voir l’individu comme un organe unique au sein du tissu global du corps entier.
« Le bon fonctionnement de l’organe individuel contribue au bon fonctionnement du corps tout entier. Et inversement – lorsque le corps, dans son ensemble, est sain et fort, l’organe individuel fonctionne lui aussi de manière optimale. Il en découle que chaque détail de la Torah en général, et des contenus renfermés dans les fêtes d’Israël en particulier, doit trouver une expression pleine et entière tant dans la vie de l’individu que dans celle de la collectivité. »
5750 (1990), quand Roch Hachana tombait déjà un Chabbat
Il y a 36 ans, en 5750 (1990), Roch Hachana tombait déjà un Chabbat. Exactement comme cette année. Je ne sais pas si, à l’époque aussi, il y avait des craintes. En réalité, cette année-là, ce sont plutôt des choses merveilleuses qui se sont produites : le début de l’effondrement du rideau de fer et la montée en Israël des Juifs d’Union soviétique, et même l’échec de la fameuse « manœuvre puante » visant à former un gouvernement de gauche dirigé par Chimon Pérès.
Mais portez attention à une phrase tirée d’une longue lettre générale que le Rabbi de Loubavitch a publiée cette année-là : « L’absence de sonnerie du Choffar n’est pas un état passif d’inaction – mais l’expression d’un effacement de soi extrêmement élevé du Juif, pour qui il n’existe aucune réalité en dehors de D.ieu Lui-même. Ainsi, le couronnement de D.ieu ne s’accomplit pas par l’œuvre du Juif et sa sonnerie du Choffar, mais par la non-sonnerie du Choffar, à travers laquelle s’exprime un effacement encore plus profond devant le Roi des rois des rois, D.ieu. »
Autrement dit, si l’on traduit cela dans la langue des fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent, en Elloul 2026 : nous ne faisons pas ce qui nous plaît. Ce qui nous plairait, c’est de sonner le Choffar. C’est ce qu’il y a de plus fort. De plus émouvant. Les sonneries suscitent en nous un réveil spirituel, elles rappellent le bélier de l’Akedat Its’hak et les immenses mérites de cet acte, elles troublent le Satan, elles couronnent D.ieu sur nous. Quelle valeur pourrait donc l’emporter sur cette Mitsva si importante, qui est le sommet de ce jour, lui-même sommet de l’année ?
Eh bien, il existe une valeur qui l’emporte sur elle : le décret des ‘Hazal, qui craignaient que, si l’on sonnait le Choffar à Roch Hachana, un Juif peu expérimenté dans les sonneries n’aille apprendre à sonner auprès d’un expert pendant la fête – et qu’il emporte alors son Choffar de chez lui pour ce cours particulier improvisé, avec le risque, qui sait, qu’il transporte ensuite le Choffar dans le domaine public un jour de Chabbat.
le silence du Choffar, plus fort que sa sonnerie
C’est stupéfiant. Car, en principe, il n’y a aucun interdit dans l’acte même de sonner le Choffar un jour de Chabbat. Bien au contraire : c’est une Mitsva de la Torah. Mais les ‘Hazal ont annulé une Mitsva aussi importante et aussi fondamentale, uniquement en raison de l’importance du respect du Chabbat. Plus précisément : uniquement à cause d’une crainte très lointaine que certains Juifs en viennent à profaner le Chabbat. Cette crainte l’emporte sur tout.
Et le Rabbi de Loubavitch ajoute que l’obéissance à cette Halakha soi-disant « tatillonne », l’effacement total devant elle, est précisément le véritable couronnement de D.ieu. Qu’y a-t-il de plus fort qu’une sonnerie de Choffar ? Le silence du Choffar. Pas de Tekia. Pas de Chevarim. Pas de Teroua. On entendra une voix de fin silence. Le silence du respect de la Halakha. C’est ainsi que, cette année, nous couronnerons D.ieu.
une influence qui dépasse le seul jour de fête
Mais le Rabbi de Loubavitch ne se contente pas de cette passivité propre à un Roch Hachana qui tombe un Chabbat. Cela ne commence ni ne s’arrête là. L’influence de Roch Hachana ne se limite pas au jour même. Ce jour est la tête, et c’est de lui que descend une influence spirituelle sur l’année tout entière.
« De même que la tête dirige tout le corps, écrit-il, de même les bonnes résolutions de Roch Hachana doivent-elles diriger tous les jours de l’année. C’est pourquoi le fait que la « tête » de l’année à venir soit « chabbatique » revêt une signification toute particulière. Il est donc certain que la préparation à la nouvelle année est liée à cette signification spéciale, par laquelle cette nouvelle année se distingue des autres années. »
Voilà qui est vraiment saisissant. L’année 5787 (2026-2027), qui vient à nous pour le bien, va être différente de toutes les années ordinaires où l’on sonne le Choffar à Roch Hachana.
Portez attention : « L’influence de Roch Hachana, la tête de l’année, doit se faire pleinement sentir dans tous les autres organes : les mois, les semaines et les jours de l’année. Le Chabbat de Roch Hachana de cette année doit déterminer l’ordre du jour de chaque jour de la semaine, et de l’année entière, en pleine harmonie avec l’esprit du saint Chabbat. Et ce, sur deux points :
« Dans chaque jour de l’année doit se faire sentir une élévation chabbatique, par un ajout particulier dans la vie juive – comme un embellissement nouveau dans l’accomplissement des Mitsvot, une reprise renouvelée de l’étude régulière de la Torah, un ajout nouveau dans le service de la prière, et ainsi de suite.
« Parallèlement, chaque Juif, homme ou femme, jeune ou âgé, doit introduire de la « chabbatité » jusque dans le travail des jours de semaine. Apporter spiritualité et sainteté dans les affaires profanes et routinières de la vie quotidienne, jusqu’à ce que chaque pensée, chaque parole et chaque acte soient imprégnés de cette dimension chabbatique. Par exemple, celui qui a un poste, un commerce, et ainsi de suite, doit y insuffler l’intention spirituelle et l’âme de la chose. Selon l’expression des ‘Hazal : « que tous tes actes soient pour le Ciel. » »
vivre en mode Chabbat toute l’année
Waw! Voilà une belle mission pour la nouvelle année : être dans un état d’esprit de Chabbat même en semaine. Nous faire passer en « mode Chabbat ». Cela ne veut pas dire ne faire aucun travail, n’est-ce pas ? Nous ne sommes pas à la veille d’une année sabbatique nationale. Au contraire, il faut accomplir beaucoup de travail, mais à l’intérieur de la vie active, à l’intérieur du travail, à l’intérieur du labeur quotidien – nous y ajouterons une dimension de Chabbat. Une « élévation chabbatique », selon la formule du Rabbi de Loubavitch.
Comment ? D’abord en ajoutant de la spiritualité à la vie : fixer des temps réguliers pour l’étude de la Torah. Ajouter de la profondeur à la prière. Aux Mitsvot. C’est une année de Nechama Yeteira (âme supplémentaire).
Et deuxièmement – et c’est peut-être plus subtil, plus intérieur : introduire, au cœur même de notre activité, une intention spirituelle. Cela peut sembler exigeant, mais il s’agit en réalité seulement d’un changement de conscience : accomplir exactement les mêmes actes, mais avec l’intention dirigée vers le Ciel. On pourrait donner ici d’innombrables exemples, tirés d’innombrables métiers – et aussi d’innombrables petits gestes du quotidien – mais on peut tout simplement faire confiance à chacun des fils et filles d’Israël, où qu’ils se trouvent, pour savoir mettre en pratique cette idée grande et simple, chacun dans sa vie personnelle.
la bénédiction finale du Rabbi
Et le Rabbi conclut sa lettre par ce souhait : « Et puisque la bénédiction du Chabbat marche de pair avec la sainteté du Chabbat, ainsi que le dit la Torah : « D.ieu bénit le septième jour et le sanctifia » – que les résolutions fermes prises dans tout ce qui précède apportent aussitôt les bénédictions de D.ieu en toute chose, et en particulier une bonne inscription et un bon sceau, pour une année bonne et douce, tant sur le plan matériel que sur le plan spirituel. Et plus particulièrement la bénédiction principale – que D.ieu apporte au peuple d’Israël, à chacun et chacune en particulier, le « Chabbat Kodech » parfait – « le jour qui n’est que Chabbat et repos pour la vie du monde » – dès à présent, immédiatement. »
Cette année, le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, et pour la première fois nous n’entendrons pas le son du Chofar qui caractérise pourtant ce jour entre tous. La ‘Hassidout nous révèle que rien n’est perdu : ce que le Chofar accomplit habituellement, le Chabbat l’accomplit lui-même, à travers sa sainteté et jusque dans la douceur d’un Kugel. Une méditation sur le sens profond de Roch Hachana, la royauté divine et l’année de paix qui s’annonce.
Rav Haïm H. Benyossef
Un Chofar réduit au silence
Cette année, à Roch Hachana, quelque chose va manquer. Nous viendrons à la synagogue le premier jour, nous réciterons les prières particulières de la fête, nous proclamerons D.ieu comme Roi de l’univers, mais nous n’entendrons pas le son qui, plus que tout autre, caractérise ce jour : il n’y aura pas de Chofar. Parce que le premier jour de Roch Hachana tombe un Chabbat, nous ne le sonnerons que le deuxième jour.
Pourquoi une telle règle ? La Guemara donne une explication surprenante. Sonner du Chofar demande une certaine maîtrise, et les Sages craignaient qu’une personne ne sachant pas sonner correctement ne prenne son Chofar pour aller trouver un expert et apprendre auprès de lui. Dans son empressement, elle risquerait d’oublier que c’est Chabbat et de transporter le Chofar dans le domaine public, transgressant ainsi l’interdiction de porter pendant Chabbat. C’est pour cette seule raison que les Sages ont institué que, lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat, personne ne sonne du Chofar.
Prenons un instant pour mesurer la portée de cette décision. Parce qu’il existe peut-être, quelque part, un Juif qui ne connaît pas suffisamment la Halakha, qui souhaite accomplir la Mitsva, oublie que c’est Chabbat et transporte son Chofar chez quelqu’un qui pourrait le lui apprendre, c’est tout le peuple juif qui renonce, ce jour-là, à la Mitsva de la Torah du Chofar. Peu importe qui l’on est : le plus grand érudit, le Tsadik le plus saint, le Juif le plus instruit, personne ne sonnera du Chofar.
Renoncer à la Mitsva centrale de Roch Hachana pour une possibilité aussi lointaine peut sembler démesuré. De nombreuses explications ont été données à ce sujet, mais la ‘Hassidout nous emmène beaucoup plus loin. Les Rabbeïm ont longuement abordé cette question, depuis l’Admour Hazakène jusqu’à notre Rabbi, et l’Admour Rachab a consacré toute une série de Maamarim à la signification spirituelle profonde de Roch Hachana lorsqu’il tombe Chabbat. Pour comprendre la réponse, il faut d’abord comprendre ce que le Chofar accomplit réellement.
Pourquoi Roch Hachana ?
Roch Hachana commémore la création d’Adam. Bien qu’Adam ait été créé le sixième jour de la Création, c’est ce jour qui est devenu Roch Hachana, le commencement de l’année, et non le premier jour, lorsque D.ieu commença effectivement à créer le monde. La raison en est que, jusqu’à l’apparition d’Adam, le but de la Création n’avait pas encore commencé à se réaliser.
D.ieu est infini et n’a évidemment « besoin » d’aucun monde. Mais Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs, un monde où la Divinité serait cachée et où l’être humain aurait pour mission de Le rechercher, de Le découvrir derrière cette dissimulation, d’accepter Sa royauté, d’accomplir Sa Torah et Ses Mitsvot, et de transformer ce monde matériel en une demeure pour Lui. Adam comprit immédiatement sa mission : le jour même de sa création, il s’adressa à toute la Création et proclama que l’on vienne se prosterner, s’incliner et s’agenouiller devant D.ieu, notre Créateur. Autrement dit, il y a un Roi, couronnons-Le. C’est à ce moment précis que la Création commença à réaliser son objectif, et c’est pourquoi le jour de la création d’Adam devint Roch Hachana.
Chaque Roch Hachana, tout recommence
À chaque Roch Hachana, ce processus se reproduit. Le monde n’existe pas de manière indépendante : puisque la Création est venue à l’existence yesh méayin, quelque chose à partir du néant, elle a besoin de l’énergie créatrice de D.ieu pour être constamment maintenue. À chaque instant, D.ieu recrée le monde, mais à Roch Hachana, c’est toute la relation qui est renouvelée. D.ieu regarde pour ainsi dire le monde et évalue l’année écoulée : ce monde a-t-il réalisé le but pour lequel il a été créé ? L’humanité, et en particulier le peuple juif, transforme-t-elle ce monde en une demeure pour D.ieu ? C’est là l’une des significations profondes de Roch Hachana en tant que Jour du Jugement. Et D.ieu, dans Son infinie bonté, nous indique comment éveiller Son désir et Son plaisir de poursuivre cette relation pour une nouvelle année : sonner du Chofar.
Le son du couronnement
Le Chofar est le son du couronnement. À travers l’histoire, des trompettes étaient utilisées lorsqu’un roi était couronné. À Roch Hachana, nous faisons retentir le Chofar et proclamons que D.ieu est notre Roi, que nous acceptons Sa royauté, Sa Torah et Ses Mitsvot, et que nous Lui demandons de nous accorder une nouvelle année afin de poursuivre notre mission, faire de Son monde une demeure pour Lui. Le mot Chofar lui-même est d’ailleurs lié à l’idée de Shoufra, la beauté et le plaisir. Le Chofar atteint le niveau le plus profond du plaisir divin et éveille, pour ainsi dire, le désir de D.ieu de renouveler la Création pour une nouvelle année.
Quand Roch Hachana tombe un Chabbat
Nous pouvons maintenant comprendre ce qui se passe lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat. Le tout premier Roch Hachana de l’histoire, le jour où Adam fut créé, était un vendredi. Adam couronna D.ieu comme Roi, le but de la Création fut mis en mouvement, puis arriva Chabbat. « Ba’a Chabbat, ba’a menou’ha », Chabbat est arrivé, et avec lui le repos, car le travail était terminé. Comme nous le disons dans le Kiddouch, « Vayékhal Elokim », D.ieu acheva la Création : le monde avait atteint son objectif, Adam avait reconnu son Créateur et L’avait couronné comme Roi. Il y avait du plaisir divin, et c’est cela, l’essence même de Chabbat.
Chabbat n’est pas simplement un jour où l’on cesse de travailler. Il représente le plaisir qui apparaît lorsque le travail a atteint son objectif, et cela se reproduit chaque semaine. Pendant les six jours ouvrables, nous luttons avec le monde matériel, nous le raffinons et l’élevons, puis vient Chabbat, jour de repos, de délice et de plaisir, où nous mangeons de bons plats, buvons du vin, profitons de nos trois repas, chantons les Zemirot et vivons le véritable Oneg Chabbat, le plaisir du Chabbat.
Le Kugel, un Chofar comestible
Que se passe-t-il alors lorsque Roch Hachana tombe Chabbat ? Quelque chose d’extraordinaire. Normalement, nous avons besoin du Chofar pour nous élever et éveiller ce plaisir divin, mais Chabbat, ce plaisir est déjà présent. Chabbat accomplit lui-même ce que le Chofar doit habituellement accomplir.
L’Admour Hazakène a un jour exprimé cette idée d’une manière merveilleusement juive : « Si nous ne sonnons pas du Chofar, comment les Juifs vont-ils accomplir pendant Chabbat ce qui doit normalement l’être grâce au Chofar ? En mangeant du Kugel ! »
L’idée peut sembler presque humoristique, mais elle renferme une pensée profonde. Le Kugel est un plat traditionnel de Chabbat qui, dans sa forme originelle, est rond, sans commencement ni fin, symbolisant l’infini. Au lieu de nous élever vers l’Infini par le cri du Chofar, en ce Roch Hachana nous nous connectons à ce plaisir divin à travers Chabbat lui-même, à travers la sainteté, le repos, le plaisir, et oui, même à travers le Kugel de Chabbat.
Soudain, toute la question s’inverse. Pourquoi serions-nous privés du Chofar parce que Roch Hachana tombe Chabbat ? En réalité, nous ne sommes privés de rien : c’est le Chabbat lui-même qui accomplit cette mission. Et peut-être cela nous donne-t-il une magnifique manière d’aborder toute l’année qui vient.
Le premier jour de cette nouvelle année est Chabbat, et avant même que nous fassions le moindre pas dans les jours de semaine, l’année naît dans une atmosphère de Chabbat, faite de sainteté, de paix, de tranquillité, de plaisir, et du sentiment que notre objectif est déjà en train de s’accomplir.
Une année entourée de Chabbat
Cette année est encore plus particulière : de la même manière que ce Roch Hachana 5787 commence un Chabbat, le prochain Roch Hachana 5788 commencera lui aussi un Chabbat !
Toute notre année est ainsi entourée de Chabbat. Quel magnifique message pour entrer dans une nouvelle année ! Puisse-t-elle véritablement être une année de Chabbat, une année de paix plutôt que de conflits, de tranquillité plutôt que de bouleversements, une année où nos efforts porteront leurs fruits et où nos missions seront accomplies.
Puissions-nous ressentir les bénédictions de D.ieu non seulement spirituellement, mais aussi matériellement et de manière visible : une bonne santé, une abondante Parnassa, beaucoup de Na’hat de nos enfants et petits-enfants, et d’innombrables raisons de nous réjouir.
Et surtout, puisse cette année de Chabbat nous conduire enfin vers le grand Chabbat que le monde attend depuis si longtemps, l’ère de Machia’h, lorsque le long travail consistant à transformer ce monde en une demeure pour D.ieu atteindra enfin son accomplissement.
Alors régnera une véritable paix, une véritable harmonie, un véritable plaisir divin. Puissions-nous entrer dans cette année avec joie, la vivre dans la joie, et ensemble danser de joie pour accueillir Machia’h Tsidkénou.
Ktiva Va’hatima Tova ! Une année douce, saine, paisible, prospère et véritablement chabbatique. Gut Chabbat, Gut Yom Tov !
Les Tekiot d’avant Moussaf sont appelées Tekiot Meyouchav (Tekiot assis). LesTekiot pendant Moussaf s’apellent Tekiot Meoumad (Tekiot debout, car il est d’obligatoire d’être debout).
• Pendant les bénédictions, le Chofar sera posé sur la Bima et recouvert d’une Mapa. Le Baal Tokea posera sa main sur le Chofar recouvert, pensera à rendre quitte toutes les personnes se trouvant aux alentours et récitera les bénédictions.
• Ceux qui écoutent répondent «Amen» sans dire Baroukh Hou Ou Baroukh Chemo et pensent également à se rendre quitte par la bénédiction du Baal Tokéa.
• Le Baal Tokéa prendra ensuite le Chofar et le tiendra du côté droit (avec l’ouverture vers le haut) et commencera les trois groupes de sonneries.
• Minhag Habad : celui qui montre du doigt les Tekiot au Baal Tokéa dans le Sidour ne les prononce pas.
• Entres les groupes de sonneries, il fera un Vidouy par la pensée. Il est écrit dans le Mahzor :
«Veyitvadé Bela’hach» – «il fera un Vidouï en silence» (Lachon Gaagouyim). Les Hassidim disent qu’il faut se représenter le visage du Rabbi à ce moment-là.
• On ne parle plus jusqu’à la fin des Tekiot qui seront sonnées pendant le dernier Kadich de la Tefila.
• Le Rabbi précédent a insisté pour que le Baal Tokea étudie le Maamar sur la sonnerie du Chofar, imprimé dans la nouvelle édition des Ma’hzorim.
• A la synagogue, on sonnera en tout 100 sonneries (+30) 30 après les bénédictions, 30 dans la prière du Moussaf, 30 dans la ‘Hazara du Moussaf, 10 pendant le dernier Kadich de la Tefila.
• Après la tefila et la lecture des Tehilim, on rajoute 30 sons pour troubler le Satan.
• Mivtsaïm :
1) On sonnera les 30 Tekiot
2) Lorsqu’on sonne en Mivtsaïm, on demande à la personne présente de réciter la bénédiction. En cas d’impossibilité, on la récite pour lui et on lui demande de répondre «Amen». Lorsqu’on sonne pour une femme, on doit insister pour qu’elle récite elle-même la bénédiction.
B) Les Tekiot
On distingue 3 types de sons :
Tekia :
un son simple appelé Kol Pachout.
Dans le groupe Tachrat, il sera de la même longueur que 18* petits sons.
Dans le groupe Tachat et Tarat, il sera au minimum de la longueur de 9** petits sons.
En d’autres mots, la longueur d’une Tekia dépendra de la longueur de Chevarim et Teroua
Chevarim :
composé de 3 sons moyens. Le Minhag Habad est d’ajouter un quatrième plus court que
une série minimum de 9 petits sons successifs. (Dans les Rechimot, on trouve différents Minhaguim. Ce son peut être de 9, 12, 24, 42, 53, 63 ou 72 sons successifs)
Et trois groupes de sonneries x 3 : 1) Tachrat 2) Tachat 3) Tarat
Bénédictions :
Baroukh Ata……. Acher Kidechanou Bemistvotav Vetsivanou Lichmoa Kol Chofar.
Baroukh Ata…….. Chéhé’hyanou Vekiyémanou Vehiguianou Lizmane Hazé. (le second jour également)
• Chaque Tekia, Chevarim ou Teroua doit commencer par un nouveau souffle.
• Dans le groupe Tachrat, Chevarim est suivi par Teroua. Deux avis sont alors ramenés dans la Halakha : faut-il reprendre un souffle entre les deux oui ou non ?
L’Admour hazaken a tranché que dans les 30 premières sonneries (Meyouchav), on fera une courte pose sans prendre de souffle. Dans les sonneries de la Amida (Meoumad), par contre, on reprendra son souffle. Pour les Mivtsaim, on fera donc comme les 30 sonneries de Meyouchav (pose sans souffle).
* Dans les Rechimot on trouve l’importance que la deuxième Tekia soit de la taille d’une Tekia plus Chevarim et Teroua donc 36.
** Dans les Rechimot on trouve l’importance que la deuxième Tekia soit de la taille d’une Tekia plus Chevarim ou Teroua donc 18
C) Erreurs possibles pour lesquelles on doit se reprendre
Après la Tekia, au lieu de Chevarim, on sonne Teroua, on reprend à la Tekia
On sonne un Chevarim sans le finir et on commence une Teroua, doit-on rependre à Chevarim ou à la Tekia du début ? Réponse : si le Baal Tokea a pris un souffle entre Chevarim et Teroua, il reprend depuis le début de la Tekia. S’il n’a pas pris de souffle, il reprend depuis Chevarim.
On sonne Chevarim et Teroua comme il faut, on a bien pris son souffle et avant de finir avec Tekia, on fait Chevarim ou Teroua par erreur, on doit reprendre au début et faire Tekia car Chevarim et Teroua doivent être automatiquement précédés et suivis par une Tekia.
GROUPE TACHAT : répété 3 fois TEKIA – CHEVARIM – TEKIA (3 fois)
On reprend un souffle entre chaque son.
Principe de base : Deux sons ne doivent jamais s’enchaîner avec le même souffle.
A la place de Chevarim, il a sonné Teroua ou bien à la fin de Chevarim au lieu de Tekia il a commencé Teroua, il reprend depuis la première Tekia car le principe est qu’un Chevarim doit etre précédé et suivi d’une Tekia.
GROUPE TARAT : répété 3 fois TEKIA – TEROUA – TEKIA
On reprend un souffle entre chaque son.
Principe de base : Deux sons ne doivent jamais s’enchaîner avec le même souffle.
A la place de Teroua, il a sonné Chevarim, ou bien il a sonné Teroua comme il faut, il a bien pris son souffle et avant de finir avec Tekia il a commencé Chevarim, il doit reprendre au début car le principe est que Teroua doit toujours être suivi et précédé par Tekia
Si on s’est trompé dans un groupe de sons, on reprend uniquement au début de la Tekia de la ligne correspondante (pas toute la série).
D) Makor
• Dans la Torah, il est écrit 3 fois le mot Teroua, deux fois pour Roch Hachana et une fois pour le Kippour du Yovel. Il est écrit le mot Taavirou et Vehaavarta, pour lesquels nos Sages disent qu’il faut qu’ils soient précédé et suivi d’une Tekia. Ceci nous explique pourquoi il faut sonner 3 fois Tekia Teroua et Tekia
• Le mot Teroua se traduit par pleurer : La Guemara nous ramène trois avis sur ce que représente une Teroua : 3 sortes de pleurs,
1) Chevarim, un pleur ressemblant à des Chevarim.
2) une Teroua, un pleur ressemblant à une Teroua.
3) Chevarim + Teroua un pleur ressemblant à des Chevarim + Teroua.
Ceci nous explique pourquoi il faut sonner 3 fois Tekia, Chevarim, Teroua et Tekia, Tekia, Chevarim et Tekia, Tekia, Teroua et Tekia.
• Suite à cela, la Guemara nous raconte que D.ieu dit au peuple juif : « Dites devant Moi des versets de Malkhouyot (royauté), Zi’hronot (souvenir) et Chofarot (Chofar).
C’est pourquoi nos Sages ont instauré de réciter 10 Psoukim venant de Torah Neviim et Ketouvim pour chacune des trois catégories, pendant la prière du Moussaf de Roch Hachana et on sonne un groupe
Tachrat, Tachat et Tarat à la fin de chaque catégorie = 30 Pendant Moussaf et encore 30 pendant la ‘Hazara de Moussaf.
Entrer dans la nouvelle année avec une bénédiction d’en haut
À l’approche de Roch Hachana, perpétuez une tradition puissante en adressant votre Pidyon Nefesh — une demande de bénédiction personnelle — au Rabbi de Loubavitch.
Ouvrez votre lettre par cette formule traditionnelle :
נא לעורר רחמים רבים בעבור [שם שלך] בן/בת [שם של אמך] « S’il vous plaît, suscitez une miséricorde abondante pour [votre prénom hébraïque] fils/fille de [prénom hébraïque de votre mère]. » (Notez que l’on utilise toujours les prénoms hébraïques de la personne et de sa mère).
Comment rédiger votre lettre ?
Ouvrez votre cœur : Exposez vos défis, vos doutes et les bénédictions que vous espérez pour l’année à venir, exactement comme si vous étiez en face de lui. Partagez vos réussites : Mentionnez également vos bonnes actions passées et vos résolutions pour l’avenir. Priez pour vos proches : N’oubliez pas d’y inclure les membres de votre famille et toute personne nécessitant une aide divine.
Le « Ohel » (la tente) abrite la sépulture du Rabbi, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, aux côtés de son beau-père, le sixième Rabbi, Rabbi Yossef Yts’hak Schneersohn. De son vivant comme aujourd’hui, le Rabbi a toujours accordé une attention infinie à chaque être, sans distinction de parcours ou d’origine.
« Un Tsaddik qui quitte ce monde n’en disparaît pas ; il s’y trouve avec une intensité encore plus grande », nous enseigne le Zohar. Au fil des ans, cette présence ne cesse de s’intensifier, guidant et inspirant des centaines de milliers de vies à travers le monde.
Si vous ne pouvez vous rendre personnellement au Ohel, transmettre vos mots par courriel – permet de solliciter son intercession précieuse auprès du Tout-Puissant pour une année douce et lumineuse.
À quoi devons-nous penser lorsque nous entendons sonner le Chofar le jour de Roch Hachana ? Entre l’image du réveil que donne le Rambam et l’enseignement plus profond de la pensée ‘hassidique, ce son porte en lui l’idée d’un couronnement, celui de D.ieu comme Roi du monde. Retour sur le sens intime de cette Mitsva et sur ce qu’elle exige de chacun d’entre nous.
Rav Shlomo Majeski / stump the rabbi
le son qui réveille l’âme
La question se pose chaque année à l’approche de Roch Hachana : il existe une Mitsva, un commandement, de faire sonner le Chofar, mais à quoi devons-nous penser au moment précis où résonne cette sonnerie ? De nombreuses réponses ont été apportées à cette question au fil des générations. Sur un plan très simple, le Rambam écrit que le Chofar agit comme une sorte de réveil. Il nous dit, en somme : réveillez-vous. Une année entière vient de s’écouler, et il convient de se pencher sur nos actes, sur la vie que nous avons menée, afin de raviver et de renforcer notre engagement, notre implication et notre investissement dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot.
le couronnement de D.ieu
Mais d’autres raisons, plus profondes, sont également données, et l’une d’elles occupe une place centrale dans les discours ‘hassidiques transmis par les Rabbeim, en particulier dans notre génération. Selon cet enseignement, la sonnerie du Chofar est liée au couronnement de D.ieu comme Roi, à une sorte d’intronisation divine. Cette idée s’appuie sur un passage de la Guemara, qui explique que lorsque nous sonnons le Chofar, nous devons avoir à l’esprit trois notions : l’une d’entre elles est la Malkhout, c’est-à-dire la royauté, le règne. Le sens en est le suivant : D.ieu nous demande, en quelque sorte, de faire sonner le Chofar, et par ce geste, nous acceptons Sa royauté sur nous.
Il en va comme pour un roi de chair et de sang. Lorsqu’un peuple désigne quelqu’un comme roi, ce processus s’appelle un couronnement. Il s’accomplit à travers l’amour que le peuple exprime envers ce roi et le désir qu’il manifeste de le voir régner sur lui. C’est précisément cela qui, en quelque sorte, donne au roi le pouvoir d’être véritablement roi, qui fait ressortir en lui le potentiel de la royauté.
Il en est de même pour D.ieu. D.ieu est Roi en toutes circonstances, indépendamment de nous. Mais le jour de Roch Hachana, nous exprimons notre amour et notre désir qu’Il soit notre Roi, et c’est par ce moyen que Sa royauté se révèle de façon plus manifeste dans le monde.
deux visages du pouvoir
Pour bien comprendre cette idée, il faut distinguer deux notions que l’on emploie lorsqu’on parle de pouvoir : la Malkhout, la royauté véritable, et la Memchala, la simple domination. Un dictateur, lui aussi, exerce une forme de pouvoir : tout le monde lui obéit. Mais cette obéissance repose sur la force brutale qu’il impose. Il n’existe là aucune relation véritable : celui qui n’obéit pas est puni, et les sujets n’ont d’autre choix que de se soumettre.
La royauté véritable, elle, est celle d’un roi qui aime son peuple, qui se soucie de lui, qui est là pour le fortifier, pour l’élever, pour faire ressortir le meilleur et le potentiel de chaque personne. Et c’est ainsi que le pays tout entier, la nation tout entière, devient complète et parfaite, telle qu’elle est destinée à être. C’est cela, la véritable royauté, et elle ne s’accomplit que lorsque le peuple accepte son roi de son plein gré, avec amour.
Si nous voulons donc faire ressortir en D.ieu cet attribut de royauté, la Malkhout, c’est en exprimant notre désir et notre amour, en voulant qu’Il soit notre Roi, que nous y parvenons.
la prière transformée
Cette idée transparaît dans la prière de Roch Hachana elle-même : toutes les bénédictions, celle du matin, de l’après-midi, du soir, celle de Moussaf, tournent autour de D.ieu en tant que Roi. Durant les dix premiers jours de l’année, du reste, nous modifions certains passages de la prière : nous ne disons plus « HaEl HaKadosh », le D.ieu saint, mais « HaMelekh HaKadosh », le Roi saint. C’est ainsi que nous devons orienter notre pensée pendant la sonnerie du Chofar : nous T’acceptons, D.ieu, comme notre Roi. Je Te consacre tout mon être, chaque fibre de ma personne, et je Te demande de révéler Ta royauté au monde entier.
vers le jour où D.ieu sera un
Et lorsque le monde entier acceptera D.ieu comme Roi, ce sera précisément le temps où viendra le Machia’h. Comme l’explique Rachi : aujourd’hui, D.ieu est notre D.ieu à nous seuls, le D.ieu d’Israël. Mais lorsque le Machia’h viendra, D.ieu sera un Roi unique et reconnu par le monde entier, ainsi qu’il est écrit : « Son Nom sera Un », car le monde entier, alors, acceptera D.ieu comme son Roi.
Nous souhaitons à nos fidèles internautes et à tout le peuple d’Israël d’être inscrits et scellés pour une bonne année, une année douce, une année de Chéfa et de Bra’ha, l’élévation de la dignité du peuple d’Israël, une année de véritable Guéoula par notre juste Machiah et la construction du Beth Hamikdach Hachlichi. Que nous puissions toujours vous annoncer uniquement de bonnes nouvelles.
Fruit/vêtement nouveau : Requis pour justifier « Chehe’heyanou »
Alternatives : Possible sans nouveauté sur fête seule
Coordination : Allumage proche repas si fruit nouveau
Kidouch deuxième soir
Fruit nouveau obligatoire : Justification « Chehe’heyanou » selon toutes opinions
Consommation : Immédiatement après kidouch, avant Netilat Yadayim
Alternative : « Chehe’heyanou » possible sur fête seule
Mémoire des défunts
Moment : Entre lecture Torah et sonneries
Mention silencieuse : Noms des disparus
Présence permise : Même avec parents vivants
Discrétion personnelle : Choix individuel de participation
Sonneries deuxième jour
Vêtement nouveau : Sonneur recommandé pour justifier « Chehe’heyanou »
Procédures identiques : Même ordre qu’au premier jour
« Chehe’heyanou » : Vêtement nouveau aide toutes opinions
Chaque élément de ces lois forme un ensemble cohérent visant à sanctifier ces jours de jugement divin selon la tradition millénaire du judaïsme et les spécificités de la voie ‘hassidique Habad.
Yé’hidout générale dans la petite Shoul du 770, 25 Tichri 5743 – 12 octobre 1982
Le Bon D’ieu bénira chacun de vous, et tout l’ensemble, tous le monde, tous les juifs, dans tous vos besoins matériel et spirituel.
En commençant que cette nouvelle année sera bénie dans tous les aspects matériels et spirituels, bégachmiout oubérou »hniout, que chacun de vous d’avoir tous ses besoins bégachmiout oubérouchniout.
Une bonne santé et bonne Parnassa, et un avancement dans l’étude de Torah et performance des Mitsvot avec joie et inspiration, et d’avancer dans toutes les bonnes choses Bissim’ha Ouvetouv Levav.
Et influencer tous votre environnement juif dans la même direction, aussi avec inspiration.
Et tout ça ajoutera dans la Ktiva Vé’hatima Tova, Gmar ‘Hatima Tova, que chacun de vous avez reçu pendant Rosh Hachana, Asseret Yémei Téchouva, Yom Hakippourim et ‘Hag HaSouccot Zman Sim’haténou, que toutes ces bénédictions Bera’hot se matérialisent dans le prochain avenir.
Et de voir des bonnes nouvelles bégachmiout oubérouchniout, et de se préparer pour la venue de Machia’h Tsidkénou comme il faut.
Comme c’est la coutume juive, je donnerais à chacun de vous une mission de Tsédaka, de charité, un dollar. En venant dans votre pays, dans votre ville, vous donnerez le dollars ou l’équivalent en francs, ou dans la monnaie de votre pays à quelque chose de Tsédaka, préférablement, à une chose connectée avec l’éducation, dans l’esprit de Torah.
Et d’avoir, comme j’avais dit, Psourot Tovot – de bonnes nouvelles dans tous ces choses.
Et spécialement, que je crois, j’espère, que chacun de vous ai aussi une lettre, une Ot, dans un des Sefer Torah général, comme ça était discuté pendant l’année, plusieurs fois.
Et en résumé d’avoir un Gmar ‘Hatima Tova, une bonne santé et bonne Parnassa, et beaucoup de Na’hat, de plaisir, de vos enfants, des filles et fils, Miyado Hamléah Hakdoucha Véhare »hava.
A ceux qui déclarèrent avoir aperçu le nouveau croissant de Lune, Rabban Gamliel leur affirma : « Je détiens par tradition de mes aïeux que la durée du renouvellement de la lunaison ne peut pas être inférieure à 29j 12h et 793 ‘Halakim » (Roch-Hachana 25a). Si Rabban Gamliel s’était « trompé » d’un ‘hélek (1/1080 h), en plus ou en moins, en 2000 ans, nous aurions totalisé une erreur d’une journée. Nous aurions pu aujourd’hui apercevoir dans le ciel dès le 29 du mois le nouveau croissant de Lune, ou à la date du 1er du mois, l’ancien croissant de Lune.
L’usage de célébrer deux jours consécutifs de Roch-’Hodèch provient de l’époque où le Beth-Din attendait toute la nuit et la journée du 30, la déposition des témoins oculaires du nouveau croissant de Lune. Leur arrivée fixait le premier jour du mois. Le lendemain portait donc la date du 2. Si les témoins ne venaient pas, le Roch-’Hodèch était proclamé automatiquement le lendemain du 30.
Le Roch-’Hodèch du mois de Tichri est particulier. C’est aussi le premier jour de l’année appelé Roch-Hachana.
La Torah nous demande de célébrer Roch-Hachana le premier jour du septième mois de l’année, c’est-à-dire le 1er Tichri (Lév. XXIV, 24-25 ; Nombres XXIV, 1-6 – Les mois sont comptés à partir de Nissan.). Cependant, en vertu d’une ordonnance datant de l’époque des premiers prophètes (Yérouchalmi, ’Eroubin III), nous célébrons deux jours Roch-Hachana, le 1er et le 2 Tichri. La raison est analogue à celle de Roch-’Hodèch où le Beth-Din attendaient la déposition des témoins.
Quand la proclamation du nouveau mois par le Beth-Din pouvait se faire avant la fin de l’après-midi du trentième jour d’Eloul, ce jour était déclaré le premier jour de l’année, soit le 1er Tichri. En attendant cette proclamation, tout était fait a priori comme s’il s’agissait effectivement du jour de Roch-Hachana. Le
lendemain sera le 2 Tichri. Si les témoins ne se présentaient pas , c’est le lendemain qui devenait Roch-Hachana, et rétroactivement, le 30 Eloul devenait jour profane, faisant partie de l’année écoulée. Aussi, afin d’éviter que la sainteté de ce 30 Eloul ne soit traitée avec légèreté, les prophètes de l’époque du premier Temple ordonnèrent chaque année la célébration de Roch-Hachana deux jours durant, et ce, indépendamment de l’annonce faite par le Beth-Din.
Le Talmud (Bétsa 5a) traite longuement des deux jours de Roch-Hachana et cite le cas de témoins qui arrivèrent tard dans l’après -midi, après que les Lévites eurent chanté les Psaumes des jours ordinaires et que le sacrifice quotidien eut été présenté. Leur venue perturba le service du Temple ; il fut alors décidé de ne plus recevoir de témoins après le sacrifice de l’après-midi.
Le Rambam explique (Kiddouch Ha’Hodèch V) que Roch-Hachana était célébré deux jours par la majeure partie de la population d’Erets-Israël car l’envoi des messagers en dehors de Jérusalem était interdit le jour de fête. A Jérusalem même, on devait parfois célébrer deux jours, en cas d’arrivée tardive des témoins devant le Beth-Din.
Quant aux fêtes de Souccot et de Pessa’h, le 15 du mois, les juifs d’Erets-Israël ayant eu le temps d’être informés de la date réelle fixée par le Beth-Din, ne célébraient qu’un seul jour, alors que ceux de la Gola, demeurant plus loin, là où les messagers n’arrivaient pas, célébraient 2 jours, dans le doute.
L’exil a mis fin à la procédure d’interrogation des témoins. Le premier jour de l’année, et le calendrier dans son ensemble, sont déterminés par calculs, et obéissent à des règles précises où le calcul du Molad (lunaison) de Tichri et la détermination du jour de Roch-Hachana constituent la pierre angulaire autour de laquelle est articulé notre calendrier.
La durée d’une lunaison est donc d’environ de vingt-neuf jours et demi. La Torah nous demande d’établir des mois de jours entiers , comme il est écrit
(Nombres XI, 20) : עד חודש ימים jusqu’à un mois de jours : de jours et non d’heures (Méguila 5a). Les mois comportent un nombre entier de jours, 29 ou
30. La deuxième moitié du trentième jour, faisant partie en réalité du mois suivant, confère à ce jour le statut de Roch-’Hodèch. Par conséquent, les mois de trente jours sont suivis de deux jours de Roch-‘Hodèch : le 30 du mois et le 1er du mois suivant ; les mois de 29 jours ne sont suivis que d’un seul jour de Roch-’Hodèch : le 1er du nouveau mois.
En théorie, le début de l’année devrait être le moment précis où se produit le Molad de Tichri ; or celui-ci intervient à une heure du jour ou de la nuit très variable. On ne peut envisager de fixer le début de l’année au milieu d’une journée, d’autant que la Torah le désigne de l’expression : « Yom Térou’a », jour de sonnerie, exigeant par là un jour complet.
Dans la tradition rabbinique, les deux jours de Roch-Hachana sont considérés comme une journée prolongée de 48 heures appelée « Yoma Arikhta » : la sainteté de ces deux jours étant la même, encore qu’il y ait plusieurs avis à ce sujet (Bétsa 5b). Si autrefois, le premier jour était d’ordre rabbinique et le second le vrai Nouvel An, aujourd’hui où le calendrier est établi par calcul, le premier jour de Roch-Hachana est réellement le premier jour de l’année désigné par la Torah, le second étant observé par ordre rabbinique selon le principe de ne pas changer un Minhag de nos pères (Biour Hagra 401).
Lorsque Roch Hachana commence mercredi soir et que Chabbat suit immédiatement les jours de fête, il est nécessaire de préparer un Erouv Tavchilin dès la veille de la fête pour pouvoir préparer des plats pour Chabbat le vendredi uniquement.
Chacun préparera un Erouv Tavchilin pour sa famille, en procédant de la manière suivante :
o Le maître de maison devra prendre une ‘Halla (de préférence entière) de 54cm3, ainsi qu’un met cuit (viande, poisson ou œuf) de 27cm3. Et les tendra à un autre juif adulte (de préférence un juif ne faisant pas partie de son foyer), qui les soulèvera légèrement de 10cm. Puis le maître de maison dira :
« Que par ce procédé, il nous soit permis de cuire la pâte au four, de cuire les autres aliments par n’importe quel procédé de cuisson, d’employer des procédés de préservation de chaleur pour les plats, d’allumer des bougies à partir d’une flamme existante avant la fête, d’arranger et de faire en ce jour 2 de Yom Tov tout ce qui sera nécessaire pour les besoins du Chabbat, que ce procédé me serve à moi et pour tous les juifs qui résident dans la ville. »
On doit garder l’Erouv Tavchilin jusqu’à ce que tous les préparatifs de Chabbat soient terminés pendant le vendredi de Yom tov. Il servira de second pain lors du repas de Chabbat du vendredi soir, ainsi que pour le repas du samedi midi. Ce n’est qu’au repas de samedi midi qu’il sera consommé.
Le Erouv Tavchilin nous autorise à cuisiner durant le deuxième jour de Yom Tov (vendredi) seulement si le repas de Chabbat est prêt à être consommé avant le début de Chabbat.
Que faire en cas d’oubli ? Attention, ceci pourrait nous empêcher de cuisiner, etc.., de Yom Tov 2 pour Chabbat. On s’adressera donc à un Rav compétent.
Je suis invité à manger et à dormir sur place ? Chacun procédera à son propre Erouv (les invités sans bénédiction selon certains avis)
Si tous mes repas de Yom Tov et Chabbat sont prêts ? On fera quand même le Erouv, afin de pouvoir allumer les bougies de Chabbat.
Allumage des nérot du 1er soir de Roch Hachana tombant un jour de semaine
Il est de coutume de réciter des Téhilims autant que possible, depuis une heure avant le début de la fête jusqu’à sa fin.
Toute personne habituée à donner de la Tsédaka chaque jour devrait donner de la Tsédaka la veille de Roch Hachana pour les deux jours de fête, ainsi que pour le Chabbat qui suit.
Avant d’allumer les bougies, il est conseillé que la femme donne quelques pièces à la Tsédaka.
Il faut aussi allumer une bougie pour 24 ou 48 heures afin de pouvoir utiliser cette flamme pour allumer les bougies du deuxième soir de Roch Hachana, ainsi que celles de Chabbat.
Les filles (dès l’âge d’environ trois ans) allument une bougie et les femmes mariées minimum deux, laissent l’allumette s’éteindre d’elle-même, puis récitent les Brakhot:
L’Admour Hazaken indique dans son Siddour :
« On a pour coutume de se souhaiter (à la deuxième personne du singulier) le premier soir de Roch Hachana »
לְשָׁנָה טוֹבָה תִּכָּתֵב וְתֵחָתֵם
Formule à adresser à un homme « Sois inscrit et scellé pour une bonne année »
לְשָׁנָה טוֹבָה תִּכָּתְבִי וְתֵחָתְמִי
Formule à adresser à une femme « Sois inscrite et scellée pour une bonne année »
Kiddouch 1er soir de Roch Hachana tombant un jour de semaine
Si la grenade est un fruit nouveau, elle doit être amenée à table avant Kiddouch, afin de l’acquitter en prononçant la Brakha de Chéhé’héyanou du Kiddouch (ce qui nous dispensera de la réciter à nouveau au moment de la manger).
On commence par rincer la coupe à l’intérieur et à l’extérieur, puis on l’essuie soigneusement intérieurement et extérieurement.
On remplit la coupe (posée sur la table) abondamment jusqu’à la faire déborder. Le Rabbi remplit sa coupe par étapes, généralement en trois fois.
Ensuite, on prend la coupe avec la main droite, qu’on transfère à la main gauche, qui la place dans la paume de la main droite incurvée (formant un réceptacle, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié sur le côté). Le Rabbi tient la majorité du verre dans la paume et une petite partie sur les doigts.
On prononce le Kiddouch en restant debout, en tenant la coupe à environ 30 cm au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov.
On fixe la coupe en prononçant la Brakha sur le vin.
En prononçant la Brakha de Chéhé’héyanou, on remercie Hachem d’être en vie pour célébrer les mitsvot de la fête de Roch Hachana, tout en pensant également à la grenade si c’est un fruit nouveau pour nous.
Les femmes répondent « Amen » au Chéhé’héyanou du Kiddouch, même si elles ont déjà dit cette Brakha lors de l’allumage des nérot. Cet « Amen » ne constitue pas une interruption avant de goûter le vin du Kiddouch.
On s’assoit. Celui qui récite le Kiddouch (le Rabbi passe le verre à sa main gauche, qui le retransfère ensuite à la main droite en le tenant par le côté et non par le dessous) boit au moins 44 ml de vin, puis en distribue aux personnes présentes.
Netilat Yadayim – Motsi sur deux ‘Hallot de forme ronde
On ajoutera sur la table, en plus du sel, du miel.
Après la Brakha de Hamotsi, on coupe le pain, puis on le trempe trois fois dans du miel. On mange un Kazaït (26 g) de pain.
Le Rabbi trempe un second morceau de pain trois fois dans le sel.
On procédera ainsi pour chaque repas de Roch Hachana.
Pomme douce dans le miel דַּעַת – On prend une pomme douce entière dont on trempe un morceau trois fois dans le miel.
Ensuite, on récite la Brakha « Boré Péri Haets » en ayant l’intention de s’acquitter par cette Brakha pour la grenade et pour les fruits éventuellement consommés en dessert avant le Birkat Hamazon :
« Qu’il soit Ta Volonté de nous renouveler une bonne et douce année »
Puis on le consomme.
Grenade בִּינָה – On consomme également de la grenade pour influencer que toute l’année soit remplie de mérites et de Mitsvot comme les grains qui remplissent une grenade.
Tête חָכְמָה – Il est de coutume de manger de la chair de tête de mouton ou de poisson pour influencer que toute l’année, nous soyons à la tête et non à la queue. Dans le langage hassidique, cela signifie « que nous soyons attachés à la tête, au Rabbi. »
Repas de fête – On passe ensuite au repas de fête, car « manger, boire et se réjouir à Roch Hachana est une Mitsva. » Cependant, il est important de ne pas manger à satiété, afin de conserver une attitude sérieuse et de garder la crainte de D.ieu sur nos visages. Ce repas, chez le Rabbi, se déroule dans un silence quasi total.
Allumage des nérot du 2ème soir de Roch Hachana
Il est interdit de préparer, le premier jour de Roch Hachana, une chose destinée au second jour ; à ce titre, il est interdit de cuisiner, de mettre la table ou de nettoyer la vaisselle le premier jour pour les besoins du second.
Avant l’allumage, les femmes porteront un nouvel habit pour pouvoir réciter la Brakha de Chéhé’héyanou. En effet, les deux jours de Roch Hachana sont considérés comme un seul jour, ce qui crée un doute concernant la récitation de cette Brakha le deuxième soir.
Si une femme n’a pas de nouvel habit, elle devra allumer les bougies juste avant le Kiddouch, devant le nouveau fruit. Elle regardera le fruit au moment de réciter la Brakha de Chéhé’héyanou, puis le mangera juste après Kiddouch. Néanmoins, cette Brakha sera récitée même en l’absence de fruit nouveau.
Juste après l’heure de la sortie des étoiles (si nouvel habit) ou sinon juste avant Kiddouch, à partir de la flamme existante, les filles (dès l’âge d’environ trois ans) allument une bougie et les femmes mariées minimum deux, laissent l’allumette s’éteindre d’elle-même, puis récitent les Brakhot:
Kiddouch 2ème soir de Roch Hachana tombant un jour de semaine
On place un fruit nouveau devant soi pendant le Kiddouch, et lorsqu’on récite la Brakha de Chéhé’héyanou, on a l’intention d’acquitter ce fruit. Néanmoins, cette Brakha sera récitée même en l’absence de fruit nouveau.
On commence par rincer la coupe à l’intérieur et à l’extérieur, puis on l’essuie soigneusement intérieurement et extérieurement.
On remplit la coupe (posée sur la table) abondamment jusqu’à la faire déborder. Le Rabbi remplit sa coupe par étapes, généralement en trois fois.
Ensuite, on prend la coupe avec la main droite, qu’on transfère à la main gauche, qui la place dans la paume de la main droite incurvée (formant un réceptacle, les quatre doigts vers le haut et le pouce replié sur le côté). Le Rabbi tient la majorité du verre dans la paume et une petite partie sur les doigts.
On prononce le Kiddouch en restant debout, en tenant la coupe à environ 30 cm au-dessus de la table.
On observe les bougies de Yom Tov.
On fixe la coupe en prononçant la Brakha sur le vin.
En prononçant la Brakha de Chéhé’héyanou, on remercie Hachem d’être en vie pour célébrer les mitsvot de la fête de Roch Hachana, tout en pensant également à acquitter le fruit nouveau.
Les femmes répondent « Amen » au Chéhé’héyanou du Kiddouch, même si elles ont déjà dit cette Brakha lors de l’allumage des nérot. Cet « Amen » ne constitue pas une interruption avant de goûter le vin du Kiddouch.
On s’assoit. Celui qui récite le Kiddouch (le Rabbi passe le verre à sa main gauche, qui le retransfère ensuite à la main droite en le tenant par le côté et non par le dessous) boit au moins 44 ml de vin, puis en distribue aux personnes présentes.
Fruit nouveau
Immédiatement après le Kiddouch, et de préférence sans interruption par des propos hors contexte, on mange le fruit nouveau avant Netilat Yadayim. Les Rébéïm ont l’habitude de consommer un Kazaït de ce fruit afin de pouvoir réciter la Brakha finale sur celui-ci (Al Haets pour un des sept fruits d’Israël, comme la datte ; ou Boré Néfachot pour un coing) avant Netilat Yadayim. Cependant, ils ne récitent pas la Brakha finale (Al Hagefen) sur le vin du Kiddouch.
Netilat Yadayim – Motsi sur 2 ‘Hallot de forme ronde
On ajoutera sur la table, en plus du sel, du miel.
Après la Brakha de Hamotsi, on coupe le pain, puis on le trempe trois fois dans du miel. On mange un Kazaït (26 g) de pain. Le Rabbi trempe un second morceau de pain trois fois dans le sel.
On ne consomme les aliments symbolisant une bonne année (comme la pomme dans le miel, etc.) que le premier soir.
Allumage des bougies Veille de Chabbat Chouva
On sera vigilant de respecter l’horaire d’entrée de Chabbat
À partir d’une flamme déjà allumée, on allumera les 3 bougies de 24 heures de Techouva.
À partir d’une flamme déjà allumée, les filles (dès l’âge d’environ trois ans) allument une bougie et les femmes mariées minimum deux, laissent l’allumette s’éteindre d’elle-même, puis récitent la Brakha :
Pour l’élévation de l’âme de
Shimon HaCohen ben Maha, Chlomo ben Messaoud Allouche, Azouz ben Chlomo et Zoharah Attal, Moché ben Itshak et Fra’hi Benzakaï, Haïm ben Berthe Bessis,
Rav Houatou Moshé ben ‘Haï et Rivka Mazouz, Moché ben Barou’h et Zara Mesguiche, Chalom ben Moché et Sultana Mesguiche, Mordé’haï ben Moché et Messaouda Rouah,
Moché ben Mordehai et Sarah Rouah
Karen Messaouda bat Yehouda Cohen, Ra’hel bat Simha Cohen, Sim’ha bat Nedjma Allouche, Aziza bat Nina Bessis, Esther bat Nissim et Fré’ha Benzakaï, Jneïna bat Aziza Attal,
Aimée Zara bat Moshé et Sultana Guedj, Ko’hava bat Moshé et Esther Halfon, Tourkya bat Couca et Yitshak Mazouz, Sultana bat Chalom et Nouna Mesguiche,
Sarah bat Avraham et Anna Rouah, Mazal bat Ra’hel Sabba
Imaginez une course vers le sommet d’un gratte-ciel. Les athlètes s’élancent, mais un à un, abandonnent, épuisés. Seul celui qui persévère jusqu’au cinquantième étage découvre un ascenseur pour l’emmener au sommet. Ce parcours illustre la vie spirituelle : un petit effort sincère peut révéler une aide inattendue pour atteindre des hauteurs inimaginables.
Le mauvais penchant aime les grandes résolutions, tandis que le bon penchant préfère les petites décisions. C’est le moment de sortir de sa zone de confort et de prendre une bonne résolution pour la nouvelle année.
Des annonces ont été faites pour une « compétition sportive d’escalier »: l’athlète qui grimpera les marches de l’immeuble et arrivera le premier au centième étage sera déclaré vainqueur et recevra le grand prix.
Les meilleurs grimpeurs s’étiraient et échauffaient leurs muscles en attendant le coup d’envoi. Ils se sont précipités et ont disparu dans la cage d’escalier. Mais progressivement, des visages déçus commencèrent à apparaître aux fenêtres de l’immeuble. L’un s’est arrêté au vingtième étage, un autre au vingt-cinquième, d’autres encore ont fait des efforts pour atteindre le trentième étage, et il y en eut un qui puisa dans ses dernières forces pour arriver au quarantième étage. Haletant, il passa la tête par la fenêtre et déclara que la tâche était impossible.
Soudain, une tête apparut au cinquantième étage, faisant un signe de victoire avec les mains : « J’y suis arrivé ! Il y a un panneau ici indiquant que si vous êtes arrivés jusqu’ici, un ascenseur vous attend pour vous conduire au centième étage… »
Une erreur qui a fait chuter beaucoup de gens
Cette parabole établit des attentes essentielles en plein cœur des jours de miséricorde : le cœur juif se réveille à la repentance en ces jours-ci. L’âme aspire à un changement, à se libérer des mauvaises habitudes et à placer la volonté de D.ieu au centre de sa vie. Mais au coin du chemin, le désespoir guette, attendant les limites de notre endurance.
Une personne connaît ses capacités spirituelles et sait qu’elle peut progresser d’une ou deux marches. Avec un grand effort, elle se lève tôt, concentre son intention dans les mots de la prière, saisit un petit cours de Torah après celle-ci, puis se lance dans les efforts quotidiens pour gagner sa subsistance. À la fin de la journée, elle s’effondre, et il ne reste plus grand-chose de l’éveil du matin. Savoir à l’avance que ce sera la fin prévisible brise les bonnes intentions dès le départ : pourquoi s’inscrire à une course à pied si je sais que je finirai dernier ?
Eh bien, il s’agit là d’une grave erreur qui a fait tomber de nombreuses personnes. C’est le grand succès psychologique du mauvais penchant, qui provoque les chutes les plus profondes. Nous devons redéfinir notre mission spirituelle et nous évaluer à travers les bonnes lunettes.
La mission n’est pas d’atteindre les cieux. La victoire spirituelle n’attend pas les tsadikim (justes) parfaits. La demande est de sortir de sa place. Grimper quelques étages au-dessus du sol et courir au-delà de tes habitudes. Si tu as fait l’effort et réussi à atteindre ta tâche, tu as triomphé et atteint les cieux.
D.ieu est un Père miséricordieux et compatissant, qui aime chaque juif plus que des parents n’aiment leur fils unique. D.ieu n’est pas, à D.ieu ne plaise, un tyran qui se moquerait de ses créatures et poserait des exigences déraisonnables. D.ieu n’a pas créé l’homme avec des désirs ardents dans l’attente qu’il se réveille le matin pour devenir un ange.
L’exigence est différente : surprendre, innover, progresser à partir de là où nous nous trouvons. C’est une réalisation aussi impressionnante que la victoire totale. Il y a une beauté particulière dans une étincelle de lumière qui brille au milieu de l’obscurité, dans le premier pas d’un enfant qui se lève pour la première fois et avance par ses propres forces. C’est précisément le petit acte qui dépasse l’habitude qui est un bond immense, rempli d’abnégation et de dévotion à la volonté de D.ieu.
Donne-lui du liquide
Il suffit de réfléchir à combien d’efforts il faut pour changer une habitude et alors commencer à danser de joie en comprenant la valeur immense de ce changement. Une personne a pris l’habitude d’ouvrir les yeux le matin et de saisir son téléphone, mais pendant les jours d’Elloul, elle éloigne l’appareil, se lève et se lave les mains en toute pureté, marche vers la synagogue avec un cœur ému et investit une intention concentrée dans les mots de la prière.
Elle avait pris l’habitude de s’effondrer sur le lit à la fin de la journée avec son téléphone à la main, mais pendant les jours d’Elloul, elle préfère consacrer un quart d’heure à l’étude de la Torah et se met au lit avec un esprit apaisé. Y a-t-il une transformation plus importante que celle-ci ? Est-ce moins impressionnant que la pureté naturelle d’esprit d’un tsadik ? Selon le critère de D.ieu, progresser de soixante-dix pour cent à quatre-vingts pour cent vaut une vie entière, et pour cela, il aurait été digne de créer le monde.
Parlons en termes commerciaux : si un commerçant demande à recevoir des marchandises à crédit année après année, il se verra refuser. Mais s’il apporte un peu d’argent liquide et paie une partie de sa dette, il gagnera la confiance du propriétaire.
Donne-lui quelque chose en liquide : une bonne résolution de progression, et D.ieu nous reconnaîtra comme des commerçants sérieux, avec qui il vaut la peine de continuer à travailler. Soyons inscrits et scellés pour une année douce et bonne dans tous les sens, une année de délivrance et de salut, dès à présent.