Pourquoi Yossef a t’il été vendu? Découvrez le secret de Yud Têt Kislev – Rav Chai Amar
A la fin de la lecture du quatrième livre de la Torah que nous lisons le Chabbat « Matot-Massé’, l’Assemblée dit d’une voix forte: « Hazak « Hazak vé Nit’hazèk’, ’Sois fort! Sois fort! Et puissions-nous être renforcés!’.
Rav Yaakov Abergel
Exprimer à trois reprises le désir d’être fort pour accomplir notre mission de faire de ce monde une demeure pour l’Essence divine, est l’occasion donnée au Rabbi de souligner l’importance et la signification du chiffre 3.
De fait, Le Chiffre 1 représente la Sainteté, telle qu’elle est et que rien ne vient perturber. Le chiffre2 représente une situation dans laquelle la Sainteté est opposée aux forces du mal, à « l’autre côté de la Sainteté » (« Sitra A’hara’). Enfin le chiffre 3 représente la victoire de l’homme sur les forces du mal.
Le Rabbi, décrit deux façons de vaincre le mal. La première est qualifiée comme étant une révélation « du haut vers le bas’. « Du haut..’, car il s’agit d’un dévoilement de la lumière divine,« ..vers le bas’, car cette lumière a pour effet d’éliminer le mal qui s’oppose à l’homme dans ce monde ici-bas.
La deuxième façon de vaincre le mal est un travail que le Rabbi qualifie comme étant « du bas vers le haut’, car il s’agit du travail personnel de l’homme lui-même, afin de faire tout ce qui est en son pouvoir pour raffiner le mal, et même pour parvenir à le transformer en bien.
L’avantage d’un dévoilement « du haut vers le bas » est qu’il s’agit du dévoilement d’une lumière illimitée, car celle-ci vient de D.ieu. Ce n’est pas le cas quand il s’agit du travail de l’homme qui est « du bas vers le haut’, car même si l’homme possède une âme divine, il demeure malgré tout soumis aux limites que lui imposent le corps et ce monde matériels.
Cependant, et c’est là le point central essentiel de cet enseignement du Rabbi, le travail réalisé par l’homme possède un avantage incontestable.
Certes, la lumière qui vient d’en-haut a pour effet de neutraliser le mal, mais il se peut que cet effet soit temporaire. Pour se débarasser totalement du mal, pour parvenir à le transformer, à « élever le mal vers le bien’, « du bas vers le haut’, l’action de l’homme est nécessaire.
Dans le discours « hassidique intitulé « Vé Atah Tètsavéh’, le Rabbi explique qu’il peut y avoir une situation dans laquelle un Juif agit durant une longue période en étant éclairé par une lumière divine(« du haut vers le bas’) qui le pousse à faire véritablement don de lui-même pour accomplir la Volonté de son Père qui est dans le ciel.
Il sera même prêt à renoncer à sa propre vie, si cela s’avère nécessaire pour préserver son Judaïsme. Dans ce cas, nul n’est besoin d’ajouter que le mal n’a aucune emprise sur lui, bien au contraire il agit au-delà de la raison et de l’intellect, avec une inébranlable détermination pour faire le bien et fuir le mal, afin de faire de ce monde une demeure pour D.ieu.
Cette lumière divine inspiratrice provient de l’Essence de son âme. Celle-ci se révèle aux forces de son âme, à son intellect et à ses émotions, et c’est pour cela qu’il parvient à faire don de lui-même,« Messirout néfèch’. Cependant, si cet éclairage divin venait à disparaître, il redeviendrait exactement ce qu’il était auparavant, avant de recevoir l’inspiration divine. C’est-à-dire qu’il retrouverait son intellect et ses sentiments dans leurs états naturels, sans que rien n’ait changé. De fait la force qui le poussait à agir au-delà de ses propres limites était comme une chose ajoutée à son état naturel.
Aussi, le Rabbi explique que l’éclairage divin, sans un travail personnel de l’homme, demeure insuffisant pour changer la nature des forces de l’âme. Ce changement n’est possible que si l’homme accomplit un travail « du bas vers le haut’.
La partie profonde de la Torah nous enseigne que seule l’Essence divine a le pouvoir de transformer le mal en bien (voir par exemple le recueil du Rabbi intitulé « Iniana chel Torat Ha Hassidout), et un Juif ne peut atteindre l’Essence divine que s’il réalise l’union entre la lumière divine qui vient d’en-haut, de l’Essence de son âme « qui est enracinnée dans l’Essence divine’, et la lumière qui vient d’en-bas, de son propre travail, au moyen de ses propres forces, des forces naturelles de son intellect, de ses sentiments, et de ses actes.
Ainsi, cet enseignement du discours « hassidique « Vé Atah Tètsavéh » s’accorde parfaitement au contenu profond du Dvar Mal’hout sur notre Paracha. Le Rabbi nous enseigne en effet que l’union des Parachiot « Matot-Massei » représente l’union de ces deux niveaux:
la Paracha « Matot » représente le dévoilement du haut vers le bas de la lumière divine, ainsi qu’il est écrit (30,2): « Ceci est le sujet que l”Eternel a ordonné…’, et la Paracha « Massei » représente le dévoilement du bas vers le haut de l’action et du travail de l’homme, ainsi qu’il est dit: « Ce sont les voyages des enfants d’Israël…’.
Nous n’avons pas toujours véritablement conscience du fait que nous ne sommes pas seul à agir dans notre vie lorsque nous accomplissons notre mission sacrée. Nous ne réalisons pas vraiment que la possibilité nous est donnée d’accéder à un niveau, que nous ne pourrions atteindre seul, car il s’agit de briser nos propres limites et d’atteindre l’illimité, en unifiant à la lumière de nos actes la lumière infinie de D.ieu.
Bien que les forces de l’âme de l’homme soient limitées, il n’en demeure pas moins que par son travail chaque Juif peut atteindre l’Essence. C’est-à-dire que la force illimitée de l’Essence divine s’unisse à ses propres forces.
Cela peut être comparé à la déclaration de l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya, selon laquelle l’âme d’un Juste parfait peut descendre et se révéler dans le corps d’un Juif méritant, afin de l’élever au rang de Juste.
Dans le Dvar Mal’hout le Rabbi dévoile la définition du titre de notre Paracha. De manière profonde, le mot « Voyages’-« Massei » désigne l’action de se déraciner d’un état spirituel, pour atteindre un état supérieur et sans commune mesure avec l’état précédent. (De fait, le mot « voyage » n’est pas sans exprimer « la distance » qui sépare les forces de l’âme de l’Essence de l’âme, car celle-ci représente l’ultime point qui se situe au-delà de tous les détails, de toutes les formes).
Le travail nécessaire pour atteindre ce niveau supérieur, qui n’est autre que celui de l’Essence divine, est décrit par le Rabbi dans le discours « hassidique « Vé Atah Tètsavéh’. Ce travail est celui de« Katit lé Maor’. Un Juif doit dévoiler la partie la plus profonde de son âme. Le désir le plus profond qui vit au fond de son coeur. Il doit révéler ce cri qu’il ne cesse de pousser tout au fond de lui-même, qui n’est autre que l’expression du désir du dévoilement de D.ieu.
A l’évidence, apprendre à entendre ce cri, révéler ce désir dans ses pensées, ses paroles et ses actes, implique que le « hassid voyage dans le Wagon du Rabbi, ainsi qu’il l’a déclaré lui-même…’S’accrocher à la poignée du Wagon dans lequel voyage le Rabbi’, pour enfin atteindre l’Essence, avec la venue de notre Juste Machia’h, trés bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu….
C’est qu’il s’agit de ces trois semaines-là qui s’écoulent entre le 17 Tamouz, jour de la première brèche dans la muraille de Jérusalem, et le 9 Av, jour où le premier et le second Temple furent détruits – le même jour à des siècles de distance.
Trois semaines comme des jours lugubres entre les limites d’un drame unique : l’exil de la Présence Divine, l’exil du peuple juif. Trois semaines sans fêtes, chargées de marques de deuil.
Faut-il pourtant s’arrêter là ? Certes, la ritualisation des tragédies spirituelles et historiques est une des caractéristiques du peuple juif, à la fois cause et conséquence de sa longue mémoire, fidélité au passé et gage d’avenir.
Mais le seul souvenir du malheur n’est jamais une solution. Il ne doit être que l’élément déclencheur qui permettra de le dépasser pour toujours. Que faut-il donc faire de ce temps ?
L’histoire comme les textes nous disent qu’il est celui de la destruction. A cela, il n’existe qu’un seul remède : construire. Mais, dira-t-on, c’est de la destruction du Temple de Jérusalem qu’il s’agit et, si nous espérons tous que le troisième Temple se dresse sans attendre sur sa colline au cœur de la Ville Sainte dans l’harmonie des nations et des peuples.
Force est hélas de constater que, pour l’instant, ce n’est pas le cas. Mais le peuple juif sait depuis bien longtemps que le livre et l’esprit sont plus puissants que l’épée. Sa propre existence l’a prouvé : les grands empires, conquérants du monde, ont disparu tandis que lui déroule toujours le fil de son histoire. C’est donc d’étude qu’il est question.
Etudier la structure du Temple dans le texte de la Michna Midot, dans les « Lois de la Maison d’élection » dans le Michné Torah de Maïmonide, deux textes qui existent en traduction française. Les étudier et les connaître comme si l’on était les bâtisseurs du Temple, c’est déjà le construire. En connaître les chemins, c’est déjà le parcourir. Voici bien un enjeu pour la période : faire d’un temps de drame un espace de découverte. Le renouveau est toujours au bout de l’effort. Ici, c’est de renaissance qu’il s’agit.
(Pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
Cette année, 5778, la date de ce Chabbat de la Paracha ‘Houkat est le 10 Tamouz. Or, il y a 37 ans, en 5751, le Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombait aussi le 10 Tamouz. L’enseignement que le Rabbi délivra alors dans le Dvar Mal’hout il y a 37 ans, s’applique donc également aujourd’hui, et cela avec d’autant plus de force que le nombre 37 est la valeur numérique de ‘Yé’hida’, le niveau de l’âme Juive qui correspond à la Séfira de Kéter, qui surplombe tout l’enchaînement des mondes.
L’enseignement du Rabbi se base sur la signification profonde du chiffre 7 et du chiffre 10.
La date du Chabbat du 10 Tamouz réunit ces deux chiffres, du fait que le jour du Chabbat est le septième jour de la semaine, et que ce jour tombe le dixième jour du mois de Tamouz.
De façon générale, le Rabbi explique que le compte d’après les jours de la semaine correspond à la Création du monde par D.ieu. En effet, le monde a été créé en 6 jours et L’Eternel S’est reposé le septième jour. Ces 7 jours correspondent aux 7 Séfirot.
Quant au compte des jours du mois, il correspond au travail de l’homme. Le mot hébreu ‘Hodèch’ (Mois) s’apparente au mot ‘Hidouch (Nouveauté), et désigne donc la nouveauté que l’homme apporte à ce monde par le travail qu’il accomplit, sa participation à l’oeuvre de la Création réalisée par D.ieu.
Le chiffre 10 représente les 10 Séfirot dont découlent les 10 forces de l’âme, les forces de l’intellect et les sentiments. Durant l’exil, notre travail pour concquérir la terre d’Israël consiste essentiellement à raffiner les sept Midot (sentiments), lesquelles correspondent aux sept terres que nous avons déjà reçues de L”Eternel.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que le compte des mois, qui comme il a été expliqué, correspond à la nouveauté (‘hidouch) que l’homme apporte à la Création, est symbolisé par le chiffre 10, car ce chiffre englobe, en plus des 7 Séfirot qui sont à l’origine de la Création du monde, les 3 Séfirot qui sont au-delà de ce monde, les 3 Mo’hin de ‘Habad (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
Ainsi, la mission de chaque Juif consiste donc à apporter la nouveauté à ce monde, créé au moyen des 7 attributs divins, en le menant à la perfection du chiffre 10 par le dévoilement des 3 Mo’hin de ‘Habad.
Le Rabbi nous enseigne que la perfection de ce dévoilement spirituel qui aura lieu dans les temps messianiques, s’exprimera aussi matériellement par l’acquisition des terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent aux attributs de ‘Ho’hmah Binah et Daat.
De fait, le travail que l’on accomplit actuellement sur les 3 forces de l’intellect se limite à l’action exercée par le cerveau, où réside ces trois forces, sur le coeur dans lequel naissent les sentiments ainsi qu’il est expliqué au début du livre du Tanya. L’Admour Hazaken enseigne qu’au moyen des forces de l’intellect, et par le fait de méditer à la grandeur de D.ieu, un Juif fait naître dans son coeur de l’amour pour D.ieu.
Cependant le Rabbi souligne qu’au moment de la Délivrance finale, l’Assemblée d’Israël possèdera la totalité des 10 terres (avec aussi ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, ‘Habad).
Notre travail sur les 3 forces de l’intellect s’étendra alors au dévoilement de ces forces pour elle-mêmes, et non plus seulement à l’action qu’elles exercent sur le coeur.
En d’autres termes, l’acquisition des terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, correspond au dévoilement des forces de ‘Habad telles que celles-ci existent au-delà de ce monde, la révélation des secrets des secrets de la Torah et la révélation des raisons des Commandements divins.
Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).
Du fait que le chiffre 7 est lié à la Création du monde, qui ne dépend que de D.ieu, et qu’à l’opposé, le chiffre 10 évoque précisément le travail de l’homme et l’ajoût qu’il apporte à la Création de ce monde par D.ieu, le Rabbi énumère les différentes significations que l’on peut donner à ces deux chiffres.
Le chiffre 7 représente la Torah écrite car celle-ci provient de D.ieu.
Le chiffre 10 représente la Torah orale, car celle-ci provient de l’homme.
Le chiffre 10 représente le travail de l’âme, telle que celle-ci désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il nous impose. Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appellé: ‘Ratso’.
Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appellé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consite à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur.
Le Rabbi souligne ici que notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’. Il écrit (Dvar Mal’hout, ‘Houkat): ‘La perfection du travail consiste à l’union des 2, ensemble; en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps, doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.
Le Rabbi dispense des enseignements essentiels qui nous permettent de réaliser l’union entre le chiffre 7, qui symbolise ce monde limité, et le chiffre 10, qui symbolise ce qui est au-delà du monde.
Dans le discours ‘Hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que l’Essence divine, ‘Atsmout’, ‘transcende toutes les divisions’, et c’est la raison pour laquelle elle détient le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde symbolisé par le chiffre 7, le réceptacle de l’Essence divine, évoquée par le chiffre 10, ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11):. ‘Par le travail des enfants d’Israël (et après que Moché ait dévoilé l’Essence de leurs âmes), même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme…’.
A la lumière de ce qui a été dit, nous pouvons comprendre l’une des raisons pour laquelle le Rabbi est comparé à l’Arche sainte.
L’Arche sainte est un objet matériel qui possède des mesures précises, cependant il est écrit dans le Traité Yoma que lorsqu’elle était déposée au centre du Saint des Saints, ‘Elle ne prenait pas de place’.
(En effet, la largeur du Saint des Saints est de 20 ama, or si l’on mesurait à partir de l’extrémité gauche de l’Arche jusqu’au mur de gauche du Saint des Saint, on obtenait 10 ama; et si l’on mesurait de l’extremité droite de l’Arche jusqu’au mur de droite, on obtenait aussi 10 ama. Il se trouvait donc que l’Arche ne prenait pas de place).
A l’image de l’Arche, le Rabbi ‘possède des mesures’ car il est un être de chair et de sang, mais d’un autre côté, ‘il ne prend pas de place’ car il est l’émissaire du Saint béni soit-Il et ‘l’émissaire est comme celui qui l’envoie’.
Aussi, la mission du Rabbi est bien de nous donner les moyens d’unir le chiffre 7, c’est-à-dire ce monde matériel ‘qui possède des mesures’, avec le chiffre 10 qui représente le divin illimité ‘qui ne prend pas de place’.
De faire de ce monde un réceptacle capable de recevoir le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel

A la fin de son livre, le prophète Daniel nous décrit la fin des temps. Sur les mots « Heureux celui qui attendra avec confiance… » (Chap. 12, verset 12), Rachi nous donne une clé intéressante : « …dans les temps futurs, notre Messie se cachera, après s’être révélé, puis il se révèlera à nouveau ». Ces idées d’absence et de révélation ne sont pas des innovations de Rachi. Elles sont déjà rapportées par le Midrach qui compare le premier libérateur (Moché rabbénou) au dernier libérateur (Machia’h). Plusieurs similitudes, en effet, existent entre eux au niveau de leurs personnalités et de leurs actions. L’une d’entre elles fait état de trois étapes qui se succèderont avant qu’ils n’amorcent le processus de la délivrance : avant qu’il ne libère les Enfants d’Israël de l’esclavage, Moché leur annonce que D.ieu, par son intermédiaire, va les délivrer. Moché se révèle alors comme libérateur potentiel. Puis pendant un certain temps, on ne le voit plus. Les Textes parlent d’une absence de six mois. Les commentateurs donnent à cette disparition un écho très fort : l’exigence de la délivrance doit venir du peuple qui doit manifester ce désir sans l’impulsion de Moché rabbénou, garantie, en quelque sorte, de la sincérité de cette demande. Puis quand Moché rabbénou réapparaît, il devient le libérateur effectif qui va organiser la sortie d’Egypte. Il en est de même du Rabbi qui, dès qu’il prend la direction du mouvement Loubavitch, s’affirme implicitement comme le Machia’h : « Nous sommes la dernière génération de l’exil et la première de la délivrance… », proclame t-il dans son discours d’intronisation. Nous sommes en 1951. A partir de là, le Rabbi va développer une conception nouvelle de l’action et de l’étude de la Thora qui s’inscrit dans la perspective de la délivrance messianique. C’est là ce que nous pourrions appeler la lente émergence du Machia’h. Puis en 1992, le Rabbi est victime d’une attaque cérébrale qui se reproduira deux ans plus tard, à la même date juive que la première (le 27 du mois d’Adar) pour finalement aboutir à la disparition physique du Rabbi, au mois de Juin 1994 (le 3 du mois de Tamouz). Ce voile est, comme pour Moché rabbénou, l’étape qui précède la réapparition du Rabbi. Il n’a de raison d’être que l’implication du peuple juif dans la précipitation de la délivrance. Tant, en effet, que le Rabbi était physiquement présent parmi nous et qu’il nous encourageait à demander à D.ieu la délivrance, on pouvait douter de notre sincérité. Peut être n’étions nous que le relais passif de la demande du Rabbi ? Mais à présent que nous sommes seuls à demander à D.ieu, l’authenticité de notre désir ne fait plus aucun doute ! Rajoutons cet autre point développé par le Rabbi lui-même : en temps de guerre, lorsque la victoire s’annonce difficile, le roi est parfois contraint de dépenser tous ses trésors pour triompher, au point même de mettre sa vie en jeu pour la victoire. Cette parabole se comprend aisément. A la fin des temps, la pesanteur de l’exil contraint le roi (le Machia’h) à user de toutes ses forces pour amener la délivrance même si pour cela, il doit donner sa vie. De cette comparaison entre Moché rabbénou et le Machia’h, le Rabbi de Gour, plus connu sous le nom de Séfath Emeth, dégage un repère essentiel : la révélation du libérateur et la délivrance effective ne se produisent pas en même temps mais à deux époques différentes. Pour libérer le peuple de l’esclavage, Moché vint en Egypte avant que le processus de la délivrance ne commence. Il en sera de même, ajoute le Séfath Emeth, pour le dernier libérateur qui, dans un premier temps, se révèlera en tant que Machia’h pour amorcer plus tard la délivrance finale.
Gérard Touaty
(pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
Dans le discours ‘hassidique du 15 Sivan 5751, le Rabbi explique que l’âme d’un Juif, même s’il s’agit de l’âme d’un Juste parfait qui sert D.ieu avec crainte et amour, ne fusionne totalement avec le divin que lorsque ce Juif accomplit une Mitsvah.
Les Commandements divins représentent la profondeur de la Volonté divine et la vitalité qui les anime n’est pas, contrairement à l’âme, une chose ‘séparée’, car la vitalité des Commandements divins se fond véritablement dans la Volonté de D.ieu.
Aussi, le Rabbi souligne ici que la perfection de l’élévation de l’âme et de sa fusion (‘Bitoul’) avec le divin n’est réalisée qu’au moyen de l’acte de la Mitsvah, ainsi qu’il est dit:
‘…Bien que la fusion de l’âme d’Israël avec le divin atteint un niveau de perfection au moment de l’étude de la Torah et lors de l’accomplissement des Commandements divins, de toutes les façons, du fait qu’Israël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un, cette fusion n’exclut pas la réalité des enfants d’Israël. Au contraire c’est cette fusion qui est leur réalité’.
En d’autre termes, nous aurions pu penser que lorsque nous accomplissons une Mitsvah ‘nous cessons d’exister’ car alors notre volonté se fond en la Sienne.
Notre âme cesse-t-elle ‘d’exister’ lorsqu’elle fusionne avec la lumière divine? Il semblerait qu’au moment de cette fusion, il n’existe seulement que la réalité divine. Le Rabbi répond qu’en réalité c’est le contraire qui est vrai, car ce n’est qu’au moment où l’âme fusionne avec le Divin que commence réellement notre vie, notre réalité, notre existence. Ce n’est que lorsqu’il se soumet totalement à D.ieu qu’un Juif commence vraiment à exister.
Dans la Parachat Chela’h il est question des douze princes des tribus que Moché envoya, (sans en avoir reçu l’ordre divin) pour explorer la Terre d’Israël.
Par ailleurs, dans la Haftarah qui suit la lecture de la Paracha, il est question de deux hommes ‘simples’ que Yéochoua envoya secrètement pour explorer la Terre d’Israël, après que l’Eternel le lui ait ordonné .
Le Rabbi nous enseigne que les différences qui existent entre les explorateurs de Moché et ceux de Yéochoua, ne sont pas sans évoquer celles qui existent entre l’Unité (A’hdout) et la Division (Hit’halkout).
De façon générale l’Essence divine, laquelle est indivisible, désigne L’Unité, mais du fait que ‘la Torah lsraël et le Saint béni soit-Il ne font qu’Un’, l’Essence de l’âme d’Israël, et l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, désignent également l’Unité.
Ainsi, dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Chela’h, le Rabbi explique que la Haftara, par le fait que Yéochoua envoie seulement deux explorateurs, exprime l’Unité, et qu’à l’opposé, notre Paracha, par le fait que Moché envoie douze explorateurs, exprime la Division.
Le Rabbi precise que la mission des explorateurs de Moché et celle des explorateur de Yéochoua, ont toutes les deux un même but. Celui de purifier la Terre d’Israël afin d’en faire une demeure pour L’Eternel, pour Son Essence bénie.
Ces deux missions correspondent à deux services divins qui sont tous les deux necessaries, et qui se complètent.
Le premier travail qui correspond à la Hit’halkout (la Division), s’accorde à la partie de l’âme qui s’habille dans le corps (Néchamah: les forces de l’intellect, dans le cerveau, Roua’h: les sentiments, dans le coeur, Néfèch: la vitalité du corps, dans le sang). Il s’agit dans ce cas de concquérir la Terre d’Israël (et aussi ‘la Terre’ que représente notre corps), en la sanctifiant au moyen des forces de notre âme qui s’habillent dans notre corps.
Cependant, raffiner et purifier ce monde matériel ne doit pas se limiter aux simples forces de l’âme, car il s’agit aussi de révéler la partie profonde de l’âme, l’Essence de l’âme, pour faire de ce monde une demeure pour ‘Son Essence’: le niveau de ‘A’hdout’.
Ce n’est qu’en dévoilant la partie profonde de l’âme, et la partie profonde de la Torah, que le travail de raffinement et de purification de la Terre d’Israël atteind la perfection.
Le Rabbi donne plusieurs exemples dans la Haftara. Le fait que les explorateurs de Yéochoua sont deux hommes simples n’est pas sans évoquer la qualité de ‘simplicité’, ‘pchitout’, de l’Essence divine. En effet, le Rabbi revient très souvent sur ce point. ‘Or pachout’ désigne la lumière de l’Essence divine qui est au-delà de toutes les formes, de toutes les particularités et de tous les détails. Or, cette lumière illumine chaque Juif, même s’il s’agit du plus ‘simple’, l’Essence de son âme est enracinée dans l’Essence divine.
C’est à cela que se rapporte la déclaration des Sages d’après laquelle lorsque les enfants d’Israël entendirent les deux premiers Commandements de la Bouche de L’Eternel leurs âmes s’envolèrent, pour rejoindre leur source , en D.ieu.
De fait, la partie la plus élevée de l’âme, qui ne s’habille pas dans le corps, est extrêmement proche de sa source. Elle ressent et désire constammnent le Divin.
Il est interressant de mentionner ici que la Torah a comparé Moché au soleil, et Yéochoua à la lune. Dès-lors, on peut se demander comment cela s’accorde à l’enseignement du Rabbi selon lequel la mission des explorateurs de Yéochoua correspond à l’Essence de l’âme, et la mission des explorateurs de Moché correspond aux forces de l’âme.
A priori, le contraire semble plus vrai. Du fait que Moché est comparé au soleil, n’évoque-t-il pas, plus que Yéochoua, l’Essence de l’âme, que la ‘Hassidout qualifie de ‘Luminaire’ (‘le soleil’) ?
N’est-il pas plus logique de penser que Yéochoua, l’élève de Moché, évoque les forces de l’âme, lesquelles ne sont qu’un reflet de l’Essence?
La raison à cela tient peut-être du fait que dans les Temps messianiques la lune, comparée à Yéochoua, retrouvera sa taille originelle. De fait, la Séfira de Mal’hout (la lune) s’élèvera au-dessus de toutes les Séfirot, ainsi qu’il est dit ‘Une épouse vertueuse est la couronne de son mari’.
Aussi, Yéochoua, dont la grandeur véritable apparaîtra lors de la Délivrance, n’est pas sans évoquer l’unité de l’Essence divine, l’unité de l’âme et l’unité de la Torah.
A ce sujet le Rabbi explique que Yéochoua envoya deux explorateurs car il reçut pour cela l’ordre de D.ieu. Il n’en est pas de même pour Moché, qui ne reçut pas pour cela un ordre divin.
Le fait que Yéochoua n’agit que sur l’ordre de D.ieu n’est pas sans évoquer l’Essence de l’âme, le niveau de ‘A’hdout’, l’acceptation du joug divin, la parfaite et totale soumission du plus haut niveau de l’âme à l’Essence de D.ieu.
C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar selon laquelle ‘le point doit illuminer le palais’. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer la Délivrance finale dépend de cela. L’Unité de l’âme doit illuminer les forces de l’âme, l’unité de la Torah, la ‘Hassidout, doit éclairer toutes les parties de la Torah….
Le Rabbi enseigne que la Mitsvah des Tsistsit, mentionnée dans notre Paracha, en est un parfait exemple. Cette Mitsvah englobe toutes les Mitsvoth, à elle-seule, elle dévoile l’Unité qui illumine chacune d’entre-elles : la Volonté de D.ieu.
A l’exemple du Rabbi qui dévoile l’Essence de l’âme de son ‘hassid, et l’Essence de la Torah, l’unité de l’âme et l’unité de la Torah.
Rav Yaakov Abergel
(Pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béaaloté’ha, le Rabbi rapporte l’enseignement de Rachi selon lequel L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.
Par ailleurs, la ‘Hassidout compare les Mitsvoth à de l’huile, et l’âme animale à la mèche d’une bougie. De fait, lorsqu’un ‘Hassid s’attache à aider un Juif, il se doit d’allumer la mèche de l’âme animale de ce Juif, afin que celle-ci se consume au feu des Commandements divins, car les Mitsvoth sont l’huile qui permettent au feu divin de briller.
Aussi, le Rabbi préconise que le ‘Hassid qui s’occupe de ce Juif, se tienne près de lui ‘jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce Juif devienne indépendant dans l’accomplissement de son service divin.
Cet enseignement s’exprime également dans la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la lumière dans un endroit obscur, mais de faire de cet endroit une source capable de diffuser à son tour la lumière.
L’exemple donné par le Rabbi est celui du Rav et de son élève. Le Rav ne fait pas que dispenser des enseignements à son élève. Il s’attache aussi à developper les forces personelles de l’élève, de telle manière qu’il puisse ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière.
Le Rabbi explique que l’attitude du Rav est comparable à celle du Saint béni soit-Il. L’Eternel en donnant la Torah ne fit qu’allumer la flamme, mais ensuite cette flamme devait continuer à ‘monter par elle-même’.
A l’image de cet élève qui avance seul, l’Assemblée d’Israël ne compte que sur elle-même quand il s’agit de trouver, dans la Torah, des réponses aux questions qui se présentent à elle jour après après jour. C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘la Torah n’est pas dans le ciel’.
Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’ (‘Vé Atah Tètsaveh’), le Rabbi insiste particulièrement sur le fait que chaque Juif, même celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Commandements divins désire tout au fond de lui-même le dévoilement de D.ieu.
Cela, Aaron en avait parfaitement conscience, et c’est pour cela que l’ordre divin d’allumer la Ménorah lui fut adressé. le Rabbi explique en effet qu’Aaron se préoccupait des Juifs les plus éloignés. Rien ne l’arrêtait quand il s’agissait de rapprocher un enfant d’Israël de son Père qui est dans le ciel.
De fait, c’est précisément en illuminant les endroits les plus obscurs que l’on parvient à ce que la flamme, que représente l’Assemblée d’Israël, monte d’elle-même.
Le ‘Hassid du Rabbi, à l’exemple d’Aaron ne repousse jamais celui qui crie ouvertement son indifférence, voire son mépris, pour la Torah et les Commandements divins.
Plus le cri de cet homme est fort, plus il trahit son véritable et profond désir de s’attacher à D.ieu et à Sa Torah bénie.
Dans le même ordre d’idée, notre génération est appellée la génération du talon du Machia’h, car elle représente la partie la plus basse du corps constitué par les Juifs de toutes les générations.
Aussi, suivant le principe selon lequel ‘c’est précisément en renforcant les niveaux les plus bas que l’on parvient à ce que la flamme monte d’elle-même’, c’est en renforçant notre génération, en l’élevant d’un prodige vers un nouveau prodige, que l’on élève ‘l’édifice’, le corps tout entier qui comprend toutes les générations vers la Délivrance finale.
Dans le livre ‘Bioureï Ha Zohar’, l’Admour Haemtsaeï explique que Moché fut le seul, parmi tous les prophètes, capable de tenir debout lorsque L’Eternel se révélait à lui. Cependant l’Admour Haemtsaeï écrit que ‘Moché tenait debout de par son corps, mais non de par son âme’, contrairement au Machia’h, car Machia’h sera éclairé par D.ieu au point que face aux plus hauts dévoilements divins, ‘même son âme tiendra debout’ (‘Biourei Ha Zohar’, page192).
A la lumière des enseignements du Rabbi, il est possible de dire que l’âme du Machia’h tiendra debout face au dévoilement de D.ieu comme ‘une flamme qui monte d’elle-même’.
En effet, peut-être est-il possible d’expliquer que ‘l’âme de Moché s’annulait totalement et ne pouvait se tenir debout’,signifie que face au dévoilement divin, l’âme de Moché était dans un tel état de soumission, qu’il perdait conscience de sa propre existence, ‘son âme ne pouvait se tenir debout’.
A l’opposé l’âme de Machia’h possède une telle force, que face au dévoilement de l’Essence de D.ieu, elle demeure comme‘une flamme qui monte d’elle-même’.
Le dévoilement de D.ieu touche le Machia’h de manière profonde du fait qu’il ne perdra pas conscience de sa propre existence, ‘même son âme tiendra debout’.
Lorsque l’Eternel lui enseignera Sa Torah nouvelle, Machia’h sera capable de faire des ‘Hidouchim.
A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous comprenons l’importance d’être comme cette flamme qui s’est tenue près de la flamme du Rabbi et qui à présent monte d’elle-même, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt, et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
(pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
Hanna, la mère du Prophète Chmouel s’exprima ainsi devant l’Eternel: ‘Nul n’est saint comme l’Eternel, car il n’y a nul autre que Toi, et il n’y a point de rocher comme notre D.ieu’.
Le mot ‘rocher’ exprime ici le fait que l’Eternel est notre unique force, notre seule forteresse, notre seul abri, mais dans le traité Béra’hot (10a), pour expliquer que l’oeuvre du Saint béni soit-Il est différente de celle d’un être de chair et de sang, les Sages ont reprit l’expression ‘il n’y a point de rocher comme notre D.ieu’, en jouant sur les mots ‘tsour’ (rocher), et ‘tsayar’(peintre).
Le sens de la déclaration de ‘Hanna selon laquelle ‘Il n’y a point de Rocher (Tsour) comme notre D.ieu’ devenait alors: ‘Il n’y a point de peintre comme notre D.ieu’.
La raison donnée par les Sages, au fait qu’il n’existe aucun artiste que l’on peut comparer au Saint béni soit-Il, est que‘l’homme dessine une forme sur un mur, mais ne peut lui introduire un souffle de vie une âme ni organes ni entrailles, mais le Saint béni soit-Il n’est pas ainsi, car Il peut dessiner une forme à l’intérieur d’une forme, lui introduire un souffle de vie, une âme, des organes et des entrailles’.
Ici, le sens simple de la Guémara est de noter la différence essentielle entre les oeuvres du Saint béni soit-Il, et celles d’un être de chair et de sang. L’homme dessine une forme sur un mur sans pouvoir y mettre de souffle vital, le doter d’une âme ou des composantes essentielles de l’organisme. Contrairement à D.ieu qui dessine une forme (l’embryon), à l’intérieur d’une forme (la matrice éternelle), et y dépose un souffle, une âme, des entrailles et des intestins.
Par ailleurs, la comparaison établie par les Sages de la Guémara entre les oeuvres du Saint béni soit-Il et les oeuvres de l’homme s’accorde à l’un des enseignements du Rabbi.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Nasso, le Rabbi met l’accent sur l’enseignement des Sages, selon lequel ‘l’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’.
Le monde, tel qu’il est, tel qu’il apparaît à nos yeux, fut d’abord ‘écrit’ dans la Torah, et c’est pour cette raison que la Hassidout la compare au carnet de croquis d’un artiste.
A l’exemple de ce carnet, que l’artiste remplit des esquisses qui l’amèneront à peindre un tableau, la Torah représente le ‘carnet’ sur lequel l’Eternel a dessiné ‘l’ébauche’ du monde qu’Il s’apprête à créer.
Ainsi, de la même manière que l’esquisse préparatoire précède l’oeuvre finale, la Torah a précédé le monde. ‘L’Eternel a regardé dans la Torah avant de créer le monde’ signifie donc que L’Eternel’, pour créer le monde, S’est inspiré en regardant dans la Torah, comme un peintre regarde son modèle.
Le Rabbi enseigne avec une passion toujours plus accrue, que dans les temps messianiques le Saint béni soit-Il dévoilera une Torah nouvelle par l’intermédiaire du Machia’h, ainsi qu’il est dit: ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
Aussi, à la lumière de ce qui a été dit précédemment, il apparaît que de même que le Saint béni soit-Il a regardé dans la Torah, telle que nous la connaissons aujourd’hui, pour créer le monde dans lequel nous vivons à présent, le Saint béni soit-Il regardera dans la ‘Torah nouvelle’ avant de créer le monde de la Délivrance finale.
Autrement dit, en regardant dans la Torah nouvelle l’Eternel créera un monde nouveau, et c’est au sujet de ce monde nouveau que L’Eternel a dit: ‘Comme ces cieux nouveaux et comme cette terre nouvelle que Je ferai naître dureront devant Moi, ainsi subsisteront votre descendance et votre nom’ (Ychaya, 66, 22).
Le Rabbi explique que ‘ces cieux nouveaux’ et ‘cette terre nouvelle’ que L’Eternel fera naître aux yeux de toute l’Assemblée d’Israël, lors de la Delivrance finale, représentent le dévoilement de la Parole de D.ieu, qui est à l’origine même de la Création du ciel, de la terre, et de tout ce qu’ils contiennent.
Ainsi, à présent, durant cet exil, nous ne voyons qu’un monde materiel, et nous ne voyons absolument pas la Parole divine qui se cache dans la matière, ainsi qu’il est dit:
‘S’il était permis à l’oeil de voir et de se rendre compte de la force vitale (la Parole divine) et de la spiritualité contenues dans toute chose créée, et qui prenant leur source dans ‘ce qui emane de la bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’, y coulent constament, alors la matérialité de la créature cesserait d’être perçue par nos yeux, celle-ci étant complètement annulée par rapport à la force vitale et la spiritualité qui sont en elle’. (Tanya, Chaar Ha Y’houde Vé Ha Emounah, chapitre 3).
Ainsi, le dévoilement de la Torah nouvelle représente le dévoilement de l’Essence divine, à l’exemple du dévoilement du don de la Torah sur le mont Sinaï, au sujet duquel il est dit: ‘Et tout le peuple vit les Voix’ (Yitro, 20, 15).
Lors de la Délivrance finale tout le peuple verra La ‘Voix’ de l’Eternel, ‘la force vitale et la spiritualité’ qui sont pour l’instant cachées dans ce monde matériel.
Aussi, bien que L’Eternel Se dévoile dans la Torah, il n’en demeure pas moins que d’une certaine manière, toute Son Oeuvre, toute l’Oeuvre de la Création, demeure dépourvue de Sa signature. Ce n’est que dans les temps messianiques, que Son oeuvre portera Sa signature, c’est-à-dire qu’il apparaîtra à nos yeux avec clarté que toute la Création vient de la ‘bouche de D.ieu’ et de ‘Son souffle’.
Dès-lors, nous pouvons comprendre la déclaration des Sages selon laquelle la Torah que l’homme étudie à l’heure actuelle n’est rien (‘hével’) en comparaison à la Torah que nous enseignera le Machia’h.
Le mot hébreu ‘hével’ signifie ‘néant’, et l’emploi de ce mot par les Sages met l’accent sur la grandeur de la Torah qui sera dévoilée par le Machia’h, et au sujet de laquelle l’Eternel a déclaré: ‘Une Torah nouvelle sortira de Moi’.
De fait, le mot ‘hével’ a aussi pour sens ce léger souffle de la bouche que l’on appelle ‘l’haleine’, et cette dernière explication s’accorde parfaitement aux propos du Rabbi.
‘La Torah qui sortira de Moi’, désigne l’Essence de la Torah, c’est-à-dire la partie la plus profonde de la Torah. A l’évidence, en comparaison au souffle nouveau que la ‘Torah nouvelle’ insufflera aux ‘cieux nouveaux’, à la ‘terre nouvelle’ et à toutes les créatures qu’ils contiennent, la vitalité de la Torah que nous étudions aujourd’hui n’est telle qu’un léger souffle, une simple ‘haleine’ .
Par ailleurs, le mot ’hével’ possède les mêmes lettres que l’expression ‘Ha Lev’, ‘le coeur’. Il est ainsi possible de dire que la Torah que nous étudions aujourd’hui représente le coeur, et que la Torah du Machia’h représente la profondeur du coeur.
Aussi, conformément à l’enseignement des Sages selon lequel, seul L’Eternel ‘peut dessiner une forme à l’intérieur d’une forme’, seul l’Eternel est capable de dévoiler ‘la Torah nouvelle qui se cache à l’intérieur de la Torah’ (‘une forme à l’intérieur d’une forme’), très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel

(Pour l’élévation de l’âme de Haïm Naftali ben Missa, et pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)

L’Admour Hazaken explique dans le livre du Tanya que « la Prière, l’étude de la Torah et les Mitsvoth sont des Couronnes » (« Chiourim bé Séfer ha Tanya, 3, 979’).
Aussi, par le fait d’accomplir les 248 préceptes positifs de la Torah, on attire un reflet de la lumière d’Or ein sof dans notre âme et dans les mondes supérieurs.
C’est à cela que se rapporte la déclaration du Zohar, selon laquelle les « 248 préceptes positifs » (« pikoudin’) sont appelés les « 248 membres du Roi ». De fait, les attributs divins du monde d’Atsilouth sont appelés « Malka » car, de même que les membres du corps sont des réceptacles (« kélim’) pour les forces de l’âme, les Mitsvoth que l’on accomplit sont des réceptacles de la lumière qui émane des attributs divins du monde d’Atsilouth.
Chaque Mitsvah possède un « corps » et une « âme ». Les attributs divins du monde d’Atsilouth représentent « l’âme » de la Mitsvah, et l’accomplissement de cette Mitsvah, au moyen de la matière, en constitue le « corps ».
Ainsi de même que les forces de l’âme humaine s’habillent dans les membres du corps (la force de vision dans l’oeil, la force d’audition dans l’oreille, la force de marcher dans les pieds…), les attributs du monde d’Atsilouth s’habillent dans les Mitsvoth, dans « les membres du Roi ».
Aussi, du fait que les Commandements divins sont appelés « les Membres du Roi », et que les attributs d’Atsilouth sont « l’âme du Roi », il est possible de parler de « l’Essence de l’âme du Roi » pour désigner l’Essence divine, qui transcende toute la Création.
Dans la Si’ha qu’il prononça le jour où il devint officiellement Rabbi de Loubavitch, le Rabbi s’exprima au sujet de la mission du ‘Hassid.
« Un ‘Hassid se doit de mener à bien l’instruction qu’il a reçue lors de son entretien privé avec le Rabbi, de s’installer dans une certaine ville, et de s’occuper d’un certain type de travail, que ce soit d’éducation juive, ou de renforcer le judaïsme en général, ou d’enseigner l’Aleph Beth aux enfants… ».
Le Rabbi souligne qu’il convient de réaliser qu’il ne s’agit là que de la mission extérieure du ‘Hassid. Le Rabbi insiste sur le fait que le ‘Hassid doit toujours se demander « quand le Rabbi l’a envoyé, cette instruction était-elle le but ultime de sa mission ou seulement l’écorce extérieure sous laquelle il y a un but plus profond qu’il doit mener à bien à son poste? ».
Au regard de ce précieux enseignement du Rabbi, nous devons comprendre que la Prière, l’Etude de la Torah et l’accomplissement des Commandements divins, n’ont pas pour seul but que l’Eternel vitalise ce monde et lui permette d’exister.
Un juif est constamment associé à D.ieu dans le processus créatif. La prière d’un juif attire une lumière nouvelle dans le monde d’Atsilouth. Grâce à son étude de la Torah et à ses bonnes actions, il parvient à faire descendre cette lumière dans tout l’ »Enchaînement des mondes », jusque dans son âme, jusque dans ce monde.
Ainsi, la possibilité est donnée à chaque Juif de révéler en ce monde le plus haut de tous les niveaux, l’Essence divine ou, comme il vient d’être dit, « l’Essence de l’âme du Roi ».
« Couronner le Machia’h », en faisant tout ce qui est en notre pouvoir pour provoquer sa venue, représente le but de la Création.
La Couronne du Machia’h, ce sont les couronnes de la Prière, de l’étude de la Torah et des Mitsvoth, lorsqu’elles sont accomplies de manière profonde.
Ainsi, l’étude de la partie révélée de la Torah et l’accomplissement des Commandements divins révèlent l’âme du Roi, laquelle vivifie les mondes et les maintient en vie à chaque instant. Plus encore, l’étude de la partie profonde de la Torah et l’accomplissement des Commandements divins qui en découle, révèlent l’Essence de l’âme du Roi.
Dans son ouvrage intitulé « Iniana chel Torat ha Hassidout » (Chapitre 6), le Rabbi définit le dévoilement de « l’Essence de l’âme du Roi » comme étant une « vitalité nouvelle ». C’est le point vital des jours messianiques, lorsque « toute les composantes du monde commenceront à vivre d’une intensité nouvelle, d’une force essentielle de vie« . Un flux de vie qui pénètrera toute la Création et par lequel toutes les innovations seront engendrées ».
Dans le Dvar Mal’hout sur notre Paracha, le Rabbi enseigne que l’expression « Bé’houkotaï » s’apparente au mot « Hakika », qui signifie « gravure ».
A l’exemple de ces lettres, que l’Eternel grava sur les Tables de l’Alliance, et qui se fondent dans la pierre en s’unissant à elle d’un lien véritable, pour n’être qu’un point essentiel et unique.
De fait, l’Essence de l’âme du Roi, l’Essence de l’âme d’Israël et l’Essence de la Torah ne font qu’Un. Et le Rabbi précise que le moyen de parvenir à ces niveaux, à ce « point unique », consiste à se soumettre aux « Houkim »: aux « Décrets divins », avec la plus grande et la plus totale soumission.
Lors de la prière de Min’ha du Chabbat « Bé’houkotaï », nous commencerons à lire la première Paracha du livre de Bamidbar. C’est à l’évidence l’occasion d’éveiller dans nos coeurs ce sentiment de soumission. En effet, d’après la « Hassidout, le « désert », « Midbar », qui désigne « un lieu que l’on piétine et qui ne se plaint jamais », évoque l’humilité et la soumission les plus profondes, indispensables à notre service divin.
Ainsi, conformément à la déclaration du livre du Zohar selon laquelle « le point doit illuminer le palais« , nous devons toujours agir de manière à ce que l’humilité, »le point », illumine sans cesse notre être tout entier, « le palais ».
Dès-lors, notre attachement au Rabbi et à tous ses enseignements deviendra véritable. Plus rien ne s’opposera à la venue du Machia’h, au dévoilement de l’Essence de l’Âme du Roi des rois, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel

Par Gérard Touaty
L’ère messianique sera-t-elle marquée par une profusion de miracles ou, comme l’affirme le Talmud, ne sera que la suite naturelle de notre monde ? La réponse à cette question prend son point de départ au début de notre paracha.
C’est avec une promesse « conditionnelle » que s’ouvre la parachath Bé’houkotaï. « Si vous avancez dans Mes lois….vos pluies tomberont en leur temps, la terre donnera ses récoltes et la paix règnera etc. Parmi toutes ces promesses, nombreuses sont celles qui ne se sont pas encore réalisées mais qui connaîtront leur accomplissement lors de la venue du Machia’h. Ainsi quand le texte affirme que l’arbre du champ donnera son fruit, la Tradition comprend cette promesse comme l’assurance que l’arbre stérile donnera des fruits dans les temps futurs.
Une contradiction
On trouve dans plusieurs textes du Midrach ou du Talmud différentes promesses qui se produiront alors et qui verront un bouleversement de l’ordre naturel comme par exemple le fait que le loup vivra paisiblement avec l’agneau. De ce fait, il paraît difficile de comprendre les mots du Rambam qui déclare dans son Michné Thora (1) : « Qu’il ne te vienne pas à l’esprit qu’à l’époque de Machia’h, sera annulée quelque chose dans la marche du monde, ou que sera changée la nature de la création: le monde continuera selon sa nature…. ». Nous avons d’un côté des promesses qui dépassent l’ordre naturel alors que de l’autre, la loi stipule que le monde ne connaîtra aucun changement structurel ! Mais la contradiction prend de l’ampleur quand on prend connaissance des « Treize articles de Foi » du Rambam lui-même, qui déclare qu’un Juif a l’obligation de croire dans la résurrection des morts ! Ici, le Rambam n’est pas en contradiction avec une autre opinion : il semble se contredire lui-même !
Le joug des Nations
Pour comprendre cette opposition, il faut diviser l’époque messianique en deux périodes, explique le Rabbi, qui nous permettront de comprendre qu’il n’existe pas de contradiction. Dans un premier temps, le Machia’h se révèle dans le monde dans un but, nous dirions, élémentaire : permettre au peuple juif de se consacrer à l’étude de la Thora et à la pratique des commandements, sans subir le joug des Nations. Pour atteindre cette plénitude, il suffit seulement que les Juifs ne soient pas dérangés dans l’accomplissement de leur but sur terre. Comme le Rambam, lui-même le stipule : « ….Les Sages et les Prophètes n’ont désiré l’époque de Machia’h, ni pour dominer le monde, ni pour opprimer les Nations, ni pour être magnifiés par les peuples, ni pour manger, boire et se réjouir, mais pour être adonnés à la Torah et sa Sagesse, sans être opprimés ou perturbés, pour en avoir le mérite dans la vie future, comme nous l’avons expliqué dans les Lois de la Téchouva » (2). On comprend que pour vivre cette époque, les miracles ne sont pas nécessaires. Ce n’est qu’après cette époque que commencera alors une ère nouvelle où s’accompliront les évènements supra naturels annoncés par les prophètes. Toutefois, le déroulement de cette chronologie n’est pas irrémédiablement déterminé. Nous savons, d’après le Talmud (3) que ces évènements peuvent prendre une tournure différente : si le peuple juif n’est pas méritant la révélation messianique se déroulera d’après le temps fixé par D.ieu (en deux époques). Mais si au contraire il est méritant, D.ieu hâtera cette révélation et nous verrons alors de nombreux miracles dès les premiers instants de la délivrance. C’est ce qui se passera très prochainement puisque nous savons, selon les dires du Rabbi, qu’en ces derniers instants d’exil, le peuple juif est méritant.
Notes
(1) Lois des Rois, chap. 12, parag. 1
(2) Lois des Rois, chap. 12, parag. 4
(3) Traité Sanhédrine, p. 98a
(pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
Il est écrit (Béréchit, 1, 1, 2): ‘Au commencement D.ieu créa le ciel et la terre. Or, la terre était informe et vide, et les ténèbres étaient sur la face de l’abîme et l’esprit de D.ieu planait sur la surface des eaux’.
Le Midrache déclare que ‘l’esprit de D.ieu’ qui ‘planait sur la surface des eaux’ désigne l’esprit du Machia’h.
De fait, le monde est véritablement ‘informe et vide’ tant que l’esprit du Machia’h ne fait que ‘planer au-dessus de ce monde’, que le jour de notre Délivrance n’est pas arrivé.
‘La terre est informe’ signifie que tout ce que nous voyons de ce monde n’est qu’une expression limitée de la réalité véritable. Il manque à notre vision l’essentiel. La terre est à présent ‘informe’, car ‘l’autorisation ne nous est pas (encore) donnée de voir la Parole divine qui se cache dans la matière de ce monde physique’ (Livre du Tanya).
Tant que nous ne voyons pas la Parole de D.ieu, la forme que nous voyons de ce monde est incomplète. Ce n’est que dans les temps messianiques, lorsque ‘l’Eternel effacera l’esprit d’impureté de la terre’, que l’impureté ne nous cachera plus la profondeur de la forme de la terre, et que celle-ci apparaitra enfin à nos yeux.
La véritable ‘forme’ nous apparaîtra en même temps que nous verrons la Parole de D.ieu qui anime le monde à chaque instant.
C’est pour cela que le verset dit que ‘la terre était informe et vide’. ‘Vide’ signifie ici ‘vide de sens’. De fait, tant que l’esprit du Machia’h ne fait que planer au-dessus de nous-même, la terre est vide de sens. Ce n’est que lorsque la Parole de D.ieu apparaîtra à nos yeux, qu’elle se révèlera dans nos coeurs, que la terre ne sera plus ‘informe et vide’, car elle aura trouvé face à notre regard sa forme et son sens véritables.
Ainsi, nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pendant cet exil pour attirer l’esprit du Machia’h, en ce monde et en nous-mêmes. Faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que l’esprit du Machia’h ne ‘plane plus’ au-dessus, mais pénètre véritablement à l’intérieur de ce monde et de tout ce qu’il contient.
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Behar-Be’houkotai, le Rabbi explique longuement les raisons pour lesquelles la Torah a été donnée dans un désert. Parmi ces raisons le Rabbi explique que le désert est un endroit qui n’a rien à voir avec l’homme. Personne n’habite dans le désert, c’est un endroit isolé, en-dehors du monde. De la même façon, la Torah vient de la pensée du Saint béni soit-Il, elle est au-dela du monde, en dehors du monde.
Le Zohar déclare cependant que ‘l’Eternel Israël et la Torah ne font qu’Un’, aussi, bien que ‘la Torah fait Un avec D.ieu’, elle ‘fait aussi Un avec Israël’. Depuis le don de la Torah la possibilité est donnée à chaque Juif de faire de lui-même et de ce monde une demeure pour D.ieu.
Depuis le don de la Torah, l’esprit de D.ieu ne fait plus que ‘planer plus au-dessus de ce monde’, car D.ieu nous donne le mérite de L’attirer dans tous les domaines de notre existence, et c’est à ce sujet que l’Eternel déclare: ‘J’ai écrit Mon âme et Je L’ai donnée’.
Par ailleurs le Dvar Mal’hout souligne que le désert que tout le monde piétine, et qui ne se plaint jamais, n’est pas sans évoquer l’humilité et la soumission la plus totale, qui sont des qualités essentielles et indispensables pour recevoir la Torah de manière profonde.
L’intention du don de la Torah fut d’unir les mondes supérieurs à ce monde inférieur, ‘les mondes supérieurs descendirent dans les mondes inférieurs, et les mondes inférieurs s’élevèrent vers les mondes supérieurs’.
Le Rabbi explique que le lien entre les mondes supérieurs et les mondes inférieurs n’est véritable, non pas lorsque le niveau supérieur ‘descend de sa supériorité’ pour s’unir au niveau inférieur (car dans ce cas il ne serait plus réèlement supérieur), mais lorsque le niveau supérieur, tel qu’il est dans toute sa supériorité, s’unit au niveau inférieur tel que celui-ci se trouve dans toute son infériorité.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que ce lien, entre le supérieur et l’inférieur, est réalisé au moyen du compte de l’Omer. Bien que l’Eternel Se soit révélé aux enfants d’Israël lors de la sortie d’Egypte, ce n’est qu’au lendemain de Pessa’h que commença le travail d’attirer et de dévoiler de manière profonde l’Essence divine en ce monde.
De fait, ‘l’esprit du Machia’h plane au-dessus des eaux’, et chaque jour des 50 jours du compte de l’Omer nous rapproche un peu plus de sa révélation.
Tous les contenus de tous les enseignements du Dvar Mal’hout, tout au long des Parachiot de la Torah, ont pour unique but de nous donner les moyens de dévoiler l’Essence divine en ce monde. En ce sens, l’enseignement du Rabbi ne doit plus ‘planer au-dessus de nous’ mais pénétrer au plus profond de toutes nos pensées de toutes nos paroles et de tous nos actes.
Le Rabbi insiste toujours sur le fait que la Hassidout est comparée à de l’huile. De même que l’huile a la capacité de pénétrer dans toutes les matières, la Hassidout est l’Essence de la Torah et elle détient la force de pénétrer au plus profond de notre existence.
C’est précisement lorsque nous parvenons à cristalliser notre étude par un acte concret, que nous parvenons à éveiller le désir de D.ieu de Se révéler dans ce monde. Nos actions deviennent alors un réceptacle capable de recevoir Sa Présence.
Rabbi Zushé déclara un jour que le livre du Tanya nous mènera à la Délivrance finale. Il est connu que l’Admour Hazaken a fondé cet ouvrage magistral sur le verset: ‘Car la chose est proche de toi, dans ta bouche et dans ton coeur, pour l’accomplir’. A la lumière de la déclaration de Rabbi Zushé, il n’y a rien d’étonnant dans le choix de ce verset, car la venue du Machia’h est ‘proche de nous’, elle plane au dessus de ‘notre bouche’ et de ‘notre coeur’.
Comme l’a déclaré l’Admour Hazaken ‘tout dépend de nos efforts’, pour qu’enfin l’esprit du Machia’h ne plane plus au-dessus de ce monde, et qu’il finisse par s’y révéler de manière profonde et véritable.
Dès-lors, la terre ne sera plus un endroit ‘informe et vide’, car elle sera une demeure pour D.ieu, avec toute sa forme, avec tout son sens, avec l’aide de D.ieu, très bientôt et de nos jours.
Rav Yaakov Abergel
(Pour la guérison de Raphaël Schmuel ben Sima)
Tout celui qui s’attache à l’étude du Dvar Mal’hout ne manquera pas d’être surpris du fait que le Rabbi poursuit dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Emor, l’étude qu’il a commencée dans le Dvar Mal’hout du Chabbat précédent (Parachiot A’hareï-Kédochim).
En effet, dans le Dvar Mal’hout de cette semaine (Emor), le Rabbi donne de nombreux approfondissements sur la signification des mots ‘Gola’ et ‘Guéoulah’.
Il a été expliqué précédemment (A’hareï-Kédochim) que lorsque l’on ajoute la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’ (‘l’exil’), on obtient le mot ‘Guéoulah’ (‘la Délivrance’).
Notre mission consiste à faire pénétrer la lumière divine, symbolisée par la lettre ‘Aleph’ (première lettre de l’expression ‘Aloupho chel olam’: ‘le Maître du monde’), dans l’obscurité de l’exil.
Le Rabbi expliquait que le mot ‘Gola’ est contenu dans le mot ‘Guéoula’, afin que nous comprenions que l’exil fait partie de la Délivrance. Aussi, bien qu’il nous semble obscur, ce monde dans lequel nous vivons et agissons, ne contredit pas la Délivrance finale. Bien au contraire, tout ce que nous réalisons pendant l’exil participe à la délivrance.
Notre mission consiste à délivrer le monde de son emprise, c’est-à-dire à révéler le divin qui se cache en toute chose, le divin qui est enfoui en nous-même, et dans ce monde matériel.
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Emor, le Rabbi nous enseigne trois niveaux de la lettre ‘Aleph’, trois étapes nécessaires dans notre service divin.
*Le premier niveau est celui du ‘Aleph’, première lettre de ‘Aloupho chel olam’ (‘le Maître du monde’).
Faire pénétrer le ‘Aleph’ dans le mot ‘Gola’ afin d’obtenir la Guéoulah, signifie dans ce cas que l’on a pour devoir de comprendre, de ressentir, et d’enseigner à l’exemple d’Avraham qui reconnaissait l’Eternel à travers tous les détails de la Création, ‘qu’il n’y a rien en dehors de Lui’. Il est le Saint béni soit-Il, Le Maître du monde, et de tout ce qu’il contient.
*Le second niveau est celui de l’étude de la Torah, car ‘Aleph’ s’apparente au mot ‘Oulpena’ qui désigne l’étude. De fait,‘Aleph’ est également liée à l’expression ‘Aalphé’ha ‘Ho’hmah’: ‘Je t’enseignerai la Sagesse’ (Livre de Job, 33, 33).
*Enfin le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’ représente l’Essence divine. Les trois lettres du mot ‘Aleph’ (Aleph, Lamed, Pé)sont aussi celles du mot ‘Pélé’, ‘miraculeux’.
Ce troisième niveau est donc celui de la révélation de l’Essence divine dans ce monde.
Ainsi, le Rabbi explique que notre travail de transformer l’obscurité de l’exil consiste à dévoiler les trois niveaux de la lettre‘Aleph’ au moyen de nos pensées, nos paroles et de nos actions.
La possibilité nous est donc donnée d’élèver la réalité de ce monde, et de tous les mondes. Dévoiler le ‘Aleph’ dans le mot‘Gola’, au moyen de la prière, de l’étude de la Torah et des bonnes actions.
Aussi, le Rabbi nous enseigne que les trois niveaux de la lettre ‘Aleph’ correspondent aux Séfirot de Kéter, ‘Ho’hmah Binah etMal’hout.
Le premier niveau de la lettre ‘Aleph’, ‘Aloupho chel olam’, correspond à la Séfira de Mal’hout.
Le second niveau ‘Oulpena’, l’étude de la Torah, correspond aux Séfirot de ‘Ho’hmah et de Binah (qui bien qu’elles soient au-dela de ce monde gardent un lien avec lui).
Le troisième niveau de la lettre ‘Aleph’, ‘Pélé’, représente ‘la profondeur de ‘Ho’hmah’ et la Séfira de Kéter, qui sont des niveaux du Divin qui s’élèvent totalement au-dela de ce monde.
Il est intéressant ici de rapporter deux autres définitions de la lettre ‘Aleph’.
La première définition se base sur le séjour des enfants d’Israël dans le désert.
Lorsque D.ieu se révélait à Moché dans le Michkan (le Temple portatif), la Voix de l’Eternel ‘sortait du ciel et passait entre les deux chérubins’ qui se trouvent sur l’Arche de l’Alliance, ainsi qu’il est écrit (Nasso, 7, 89):
‘Et quand Moché venait à la tente d’assignation pour Lui parler, il entendait La voix d’au-dessus du couvercle qui était sur l’Arche du témoignage, d’entre les deux chérubins et Il lui parlait’.
Rachi écrit que La voix qui sortait du ciel ‘passait entre les deux chérubins, et de là, sortait vers la tente d’assignation’.
Rabbi Yom-Tov Lippman explique (dans son livre ‘Alpha-Beïta’) que la lettre ‘Aleph’ est une allusion à ‘La voix qui sortait du ciel et qui passait entre les deux chérubins’.
En effet, la forme du ‘Aleph’ est composée d’un ‘Vav’ et de deux ‘Youd’. Les deux ‘Youd’ font allusion aux deux chérubins, et le ‘Vav’ est une allusion à ‘la voix de L’Eternel qui passait entre les deux chérubins’.
La deuxième définition de la lettre ‘Aleph’ est rapportée par le Rabbi Rayats, qui a un jour déclaré que le bâton de bois avec ses deux sceaux d’eau (qu’un porteur d’eau soutient sur ses épaules) évoque la forme du ‘Aleph’.
Le Vav du ‘Aleph’ représente le bâton du porteur d’eau, et les deux Youd du ‘Aleph’ représentent les deux sceaux d’eau.
Ces deux explications de la lettre ‘Aleph’, ‘La Voix qui passe entre les deux chérubins’ et ‘le Porteur d’eau’ expriment deux aspects de l’Essence divine.
D’une part l’Essence divine est le niveau le plus élevé qui soit. L’Essence est comparée à de l’huile, car celle-ci flotte au-dessus de tous les liquides, à l’image de ‘l’esprit du Machia’h qui plane au-dessus des eaux’. Cette qualité de l’Essence s’accorde à l’exemple de ‘La Voix de D.ieu qui passe entre les deux chérubins’.
En effet, comme l’huile qui détient le pouvoir de pénétrer à travers toutes les matières, rien ne peut arrêter La Voix de D.ieu. Aussi, le Rabbi explique dans une Si’ha que c’est la raison pour laquelle il n’y eut pas d’échos quand l’Eternel parla sur le mont-Sinaï. Rien ne put arrêter Sa Voix, pas même les parois des montagnes. La Voix de l’Eternel pénétra dans toutes choses, jusqu’au plus profond de notre âme et de notre coeur.
Par ailleurs, l’exemple du ‘Porteur d’eau’ exprime le fait que l’autre qualité de l’Essence divine (représentée par le ‘Aleph’), est sa simplicité.
L’Essence divine est ‘simple’, dénuée de forme, et le Rabbi souligne toujours que la simplicité de l’Essence divine se trouve en chaque Juif, de part le fait que l’essence de l’âme de chaque enfant d’Israël est enracinée dans l’Essence divine.
Ainsi, à la lumière de ces enseignements, il apparaît à nouveau que notre mission de provoquer la Délivrance finale, en ajoutant la lettre ‘Aleph’ au mot ‘Gola’, consiste à unir deux opposés.
La prise de conscience que nous avons la capacité de révéler en nous-même, et dans ce monde, les plus hautes lumières (le niveau ‘Pélé’ de la lettre ‘Aleph’, ‘La voix de l’Eternel’), tout en gardant une profonde humilité, à l’exemple du porteur d’eau.
Le Rabbi détient le pouvoir d’unir les contraires, et c’est par notre attachement à ses enseignements que nous aurons le mérite de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel

Par Gérard Touaty
Sommes-nous en droit d’exiger de D.ieu la délivrance ? De prime abord, il est clair que cette démarche peut traduire une forme d’insolence de notre part : devons nous dicter à D.ieu une certaine façon de gérer le monde et l’histoire ? Mieux encore : si D.ieu nous a exilés, n’est ce pas à Lui, en toute logique, de nous faire quitter l’exil ?
Il existe, pour ces questions, de nombreuses réponses, mais l’une d’entre elles, relayée par le Rabbi, a retenu notre attention parce qu’elle vient donner au peuple juif un rôle actif dans le déclenchement de la délivrance.
La parachath Béaaloté’ha nous rapporte le fait, tout à fait exceptionnel, de Pessa’h chéni, le « second Pessa’h ». Si la Thora véhicule un message porteur d’espoir, c’est sans doute au travers de cette loi que l’on peut le lire le plus aisément. Le texte nous relate que des hommes n’avaient pu accomplir, comme il se doit, le rituel du sacrifice de l’agneau de Pessa’h, du fait d’une impureté. Cette situation qui, à leurs yeux, était insupportable, les amena à porter leur cas devant Moché (1). « …Pourquoi serions nous privés d’offrir ce sacrifice… » lui dirent-ils. Moché consulta D.ieu qui donna gain de cause à ces hommes (2) : « …Un homme qui sera impur ou qui se trouvera sur un chemin éloigné (au temps de Pessa’h) pourra offrir ce sacrifice un mois plus tard… ».
Nous avons ici un cas tout à fait singulier. La mitzva du « second Pessa’h » ne fut pas, à l’origine, donnée par D.ieu mais fut initiée par les hommes et malgré cela, elle est comptabilisée comme l’une des 613 mitzvoth de la Thora ! Cela nous livre un message essentiel : si un homme ressent un profond manque spirituel, il est en droit de se tourner vers D.ieu pour réclamer ce qui lui fait défaut. Il en est de même pour la délivrance messianique : si un homme ressent, au plus profond de son être, la détresse qu’il a à rester en exil, sans le Temple, sans la Présence divine, et sans la plénitude du judaïsme, il ne fait aucun doute qu’il est en droit d’exiger du Créateur, la venue immédiate du Machia’h, à l’instar des hommes de Pessa’h chéni. Bien plus, ces hommes n’avaient rien à se reprocher. Leur impureté n’était pas une faute. Ils auraient pu, de ce fait, se résigner et accepter leur condition ! Mais non seulement, ils vécurent cette situation comme un manque inacceptable mais de plus, réclamèrent une seconde chance qui devint une mitzva pour tout le peuple juif ! Si cette réclamation devint une mitzva, c’est l’indice qu’elle était justifiée.
Allons plus loin. Lorsque D.ieu énonça la loi du Pessa’h chéni, il donna deux détails : « Un homme qui sera impur ou qui se trouvera sur un chemin éloigné (au temps de Pessa’h) pourra offrir ce sacrifice un mois plus tard… ». Les termes de « impur » et « chemin éloigné » doivent être compris sur un plan spirituel : en temps d’exil, le peuple juif est sur un chemin éloigné (de sa terre). De plus, la perte du Temple l’a rendu impur dans son esprit, au point qu’il ne peut comprendre, comme il se doit, la sagesse de la Thora. L’ampleur de ce manque est donc considérable puisque c’est l’identité même du peuple juif qui est en faillite ! Or, si pour une seule mitzva manquante (le sacrifice du premier Pessa’h), D.ieu répondit positivement à la demande de quelques hommes, combien plus devrait-il en être pour la demande de tout le peuple juif qui souffre de la perte de plus de 400 mitzvoth que l’on ne peut accomplir aujourd’hui du fait de la perte du Temple et de l’absence de la Présence divine !
Notes
(1) Bamidbar, chap. 9, verset 7
(2) Bamidbar, chap. 9, verset 10
fr.chabad.org / Adapté d’un discours du Rabbi de Loubavitch
1. La mort de Nadav et Avihou
Notre paracha commence par le verset1 : «Et l’Eternel parla à Moïse, après la mort des deux fils d’Aharon, lorsqu’ils s’approchèrent de l’Éternel et qu’ils moururent».2 Les derniers mots de ce verset présentent une difficulté : pourquoi la Torah ajoute-t-elle « ils moururent », alors qu’il a déjà été mentionné : «après la mort des deux fils d’Aharon» ?
Le Midrache, en expliquant la raison de leur mort, donne les arguments suivants : ils avaient pénétré dans le Saint des Saints ; ils ne portaient pas les habits sacerdotaux nécessaires pour leur service ; ils n’avaient pas d’enfants ; et ils n’étaient pas mariés. Ceci suscite une seconde question : quelle est la source de ce Midrache ? Où est-il fait allusion à ces fautes dans la Torah ?
Plus encore : comment peut-on supposer que les deux fils d’Aharon, Nadav et Avihou, aient pu se rendre coupables d’un péché ? Le Midrache relate3 que Moïse dit à Aharon : « Aharon, mon frère, je savais que le Sanctuaire serait sanctifié par ceux qui sont les bien-aimés et les proches de D.ieu. Maintenant je sais qu’ils (Nadav et Avihou) sont plus grands que toi et moi. » Si c’est ainsi, comment ont-ils pu pécher?
2. Une extase fatale
Il existe une interprétation ‘hassidique selon laquelle les deux fils d’Aharon n’ont pas réellement « péché », au sens littéral du terme. Leur « péché » fut d’avoir permis à leur désir s’attacher à D.ieu d’atteindre une telle intensité qu’ils en moururent : leurs corps ne pouvaient plus contenir leurs âmes. C’est pourquoi la Torah dit « ils s’approchèrent de D.ieu (avec une telle passion qu’) ils moururent ». Et c’est cela qui est considéré comme un péché ! Car, bien qu’un Juif doive s’élever au-delà de ses préoccupations matérielles, lorsqu’il atteint l’ultime extase de son âme, il doit alors revenir au travail que l’âme doit accomplir dans une existence matérielle.
Il est écrit dans l’Éthique des Pères4 : « Contre ta volonté tu vis ». Face au désir de l’âme de s’élever au-delà du monde s’impose la tâche de créer une résidence pour D.ieu à l’intérieur du monde. Nadav et Avihou parvinrent à l’extase, mais non au retour. Ce fut là leur péché et la raison de leur mort. Ils « s’approchèrent de D.ieu et moururent », c’est-à-dire qu’ils permirent à leur passion spirituelle de l’emporter sur leur mission dans ce monde. Ils outrepassèrent les limites du monde et de la vie elle-même.
Cet acte est à la base de chacune des quatre fautes que le Midrachee leur attribue :
– Ils « pénétrèrent dans le Saint des Saints », les profondeurs les plus extrêmes de l’esprit, sans penser à leur retour dans le monde extérieur.
– Ils ne « portaient pas les habits (sacerdotaux) ». Leur souci était de se défaire du monde et de devenir purement spirituels. Ils avaient abandonné les nécessaires « vêtements » desquels D.ieu a souhaité revêtir le monde, c’est-à-dire les Mitsvot, les actions physiques qui sanctifient l’environnement matériel.
– « Ils n’avaient pas d’enfants » et « n’étaient pas mariés ». C’est-à-dire qu’ils n’accomplirent pas le commandement de D.ieu de « croître et multiplier » et faire ainsi venir de nouvelles âmes dans le monde. Ils firent tout le contraire : ils retirèrent leur propre âme de ce monde.
Toutes leurs fautes découlèrent d’une même erreur : croire que le Juif s’approche de D.ieu par le retrait du monde plutôt qu’en s’y investissant. En réalité, ces deux approches sont nécessaires. Et c’est pourquoi, au moment de l’année où nous sommes le plus puissamment extraits du monde – Yom Kippour –, nous commençons la lecture de la Torah par ces versets, pour nous rappeler de la finalité de notre existence.
3. De l’expérience à l’action
Rachi explique que le commandement « qu’Il (Aharon) ne peut entrer à toute heure dans le sanctuaire … (Mais) voici comment Aaron entrera dans le sanctuaire » vient immédiatement après la mention de la mort de ses fils, pour nous avertir que son service de D.ieu (et le nôtre) ne doit pas être à l’image de celui de Nadav et Avihou.
Cela soulève une question : peut-on réellement exiger de quelqu’un qui atteint l’extase de retourner à des préoccupations terrestres ? Si son expérience est authentique, s’il a atteint l’amour de D.ieu « de toute ta force » et a percé toutes les barrières qui séparent l’homme de D.ieu, peut-il se retenir au point même de son union avec D.ieu, et s’immerger de nouveau dans toutes les contraintes de la condition humaine ? N’y a-t-il pas une incompatibilité émotionnelle entre l’abandon absolu de soi à D.ieu et une vigilance constante pour ne pas aller trop loin ?
La réponse tient dans la manière dont une personne entame sa quête spirituelle. S’il part avec l’intention de satisfaire ses propres désirs, quel que soit leur degré d’exaltation, il ne voudra pas sacrifier sa propre extase aux besoins de ce monde. Mais s’il part du fait du commandement de D.ieu, conscient que, bien qu’il lui soit demandé « Tu aimeras l’Éternel ton D.ieu… de toute ta force »,5 il est néanmoins écrit « Il a créé (le monde) non pour demeurer vide, mais pour être habité »,6 alors, au sein même de son approche extatique de D.ieu, le désir de revenir finalement vers le monde et de le sanctifier sera toujours implicite.
Il y a une histoire célèbre dans le Talmud7 : quatre hommes pénétrèrent dans le « Pardès », le « verger » (les secrets mystiques de la Torah) : Ben Azaï, Ben Zoma, A’her et Rabbi Akiva. Ben Azaï regarda et mourut. Ben Zoma regarda et fut frappé (de folie). A’her abima les pousses (il devint un apostat). Rabbi Akiva « entra en paix et sortit en paix ».
À première vue, la différence fondamentale entre Rabbi Akiva et les trois autres fut la façon dont il sortit du Pardès. Pourquoi le Talmud mentionne-t-il qu’il « entra en paix » ?
Le fait est que c’est la manière dont chacun des quatre entra qui détermina la façon dont il sortit. Ben Azaï entra en quête d’extase, pas de retour, ainsi il « regarda et mourut ».8
Mais Rabbi Akiva entra « en paix », en soumission à la volonté divine, cherchant à unifier le monde supérieur et le monde inférieur. C’est pourquoi il sortit en paix. Son intention de revenir était implicite au commencement de son chemin vers l’extase religieuse.
Ceci était la manière dont Aharon devait pénétrer le Saint des Saints : avec crainte, soumission et abnégation. C’est de cette manière qu’il pouvait alors faire « expiation pour lui et pour sa maison » et dire une prière pour la subsistance d’Israël, des actes liés au monde matériel.
4. De l’expérience à l’action
Tous les récits de la Torah ont un enseignement qui s’applique à chaque Juif sans exception. Quel est le message universel de l’histoire de Nadav et Avihou ? À l’évidence, atteindre un niveau d’extase tel que la vie en danger n’est pas donné à tout le monde. Cette mise en garde semble ne s’adresser qu’à de rares individus. Qu’en est-il de tous les autres ?
Toutefois, chaque Juif se trouve parfois réveillé par une intense expérience religieuse, particulièrement le Chabbat et les Fêtes, et plus spécialement lors des Dix Jours de Repentir et par-dessus tout à Yom Kippour. Pendant un certain temps, il est extrait de sa routine quotidienne, de ses anxiétés habituelles, et il s’élève intérieurement au-delà des limites de sa pensée ordinaire.
C’est à ce moment-là qu’il doit se rappeler que, quelle que soit son expérience spirituelle de ce moment privilégié, il doit la ramener avec lui lorsqu’il revient dans son monde quotidien. Il ne doit pas rechercher l’extase pour elle-même, mais pour le retour qui la suivra. Une expérience religieuse ne doit pas rester un souvenir ; elle doit rester active en animant l’ensemble de sa vie. Comme Rabbi Akiva, il doit entrer et sortir « en paix », c’est-à-dire rapprocher D.ieu et le monde d’une manière harmonieuse.
5. La bénédiction de D.ieu
Ce lien entre la manière d’entrer et de sortir du domaine de la sainteté ne s’applique pas uniquement au service du Juif, mais aussi au monde matériel lui-même. Car tous les besoins du Juif, qu’ils soient matériels ou spirituels, émanent directement de D.ieu : « Si vous marchez dans Mes statuts et gardez Mes commandements et les accomplissez, alors Je vous donnerai la pluie en son temps et la terre donnera ses produits… »9 C’est seulement à travers de son lien avec D.ieu qu’il est pourvu aux besoins matériels d’un Juif. Celui qui dit : « Tout ira bien pour moi, car j’irai selon l’entêtement de mon cœur »10 s’avère toujours, en dernière analyse, être dans l’erreur.
Et c’est ce qui est suggéré dans notre paracha, dans la description de la procédure du service du Grand Prêtre : c’est seulement après être entré dans le Saint des Saints qu’il avait la possibilité de prier pour la subsistance du peuple.
C’est donc que le monde public que le Juif habite et le monde privé de son expérience religieuse sont intrinsèquement liés. Car s’il transfère cette expérience dans le monde, ce dernier s’en trouve sanctifié par l’homme et béni par D.ieu.
NOTES
1. Lévitique 16,1.
2. Comme cela est relaté dans Lévitique 10, dans la paracha Chemini
3. Sur la base de Lévitique 10,3.
4. Pirkei Avot 4:22.
5. Deutéronome 6,5.
6. Isaïe 45, 18.
7. Haguiga 14b.
8. Il est intéressant de noter que son service divin fut généralement marqué par différentes formes de “retrait” – voir Talmud Yevamot, 63b ; Sotah, 4b. Cf. Choul’hane Aroukh Harav, Hilkhot Talmud Torah, début du ch. 3, dans le Kountres A’haron.
9. Lévitique 26,3-4.
10. Deutéronome 29,18.
Le verset Kedochim 19, 18 dit : «Tu aimeras ton prochain comme toi-même» et Rachi explique : «Selon Rabbi Akiva, c’est un grand principe de la Torah». Néanmoins, ce Précepte soulève deux interrogations :
En fait, on peut justifier qu’il en soit ainsi d’après ce commentaire de Rachi, citant les propos de Rabbi Akiva selon lesquels cette Mitsva, «tu aimeras ton prochain comme toi-même», est : «un grand principe de la Torah»(5).
En d’autres termes, le Précepte : «tu aimeras ton prochain comme toi-même» n’est pas une Mitsva indépendante(6), se rapportant au sentiment d’amour qu’un homme peut ressentir en son coeur. Il ne veut pas dire simplement qu’un homme doit aimer son prochain, en son coeur, comme il aime sa propre personne. C’est, en fait, un «principe», une règle générale, comportant de nombreux détails d’application, qui sont, en l’occurrence, toutes les autres Mitsvot s’appliquant entre les hommes.
Ce qui vient d’être dit permet de répondre aux deux questions précédemment posées. En effet, le Précepte : «tu aimeras ton prochain comme toi-même» ne se limite pas à un sentiment d’amour, physiquement ressenti, dans le coeur de l’homme, ce qui n’est pas envisageable, comme on l’a indiqué au préalable(7). Plus exactement, cet amour doit avoir un effet concret, en l’occurrence le respect de toutes les Mitsvot s’appliquant entre les hommes.
De façon générale, la Torah procède systématiquement de cette manière. Elle énonce, tout d’abord, le principe général, puis elle énumère tous les détails d’application qui en découlent(8).
(Discours du Rabbi, Likouteï Si’hot, tome 17, page 215)
Notes :
(1) Il est pourtant bien clair que le Saint béni soit-Il ne demande pas l’impossible.
(2) En effet, si les Mitsvot envers le Tout Puissant ont une place naturelle dans le service de Dieu, pourquoi les relations entre les hommes doivent-elles être régies par la Torah ?
(3) Et, il est donc redondant.
(4) Dès lors, pourquoi les spécifier ?
(5) Et, non uniquement une Mitsva spécifique.
(6) De toutes celles qui s’appliquent entre les hommes.
(7) Car, c’est effectivement trop lui demander.
(8) Et, n’en sont, au final, que des aspects particuliers.
Loubavitch.fr
(Pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
La Délivrance est au centre de l’enseignement du Rabbi. Qu’il s’agisse de ses discours ‘hassidiques, de ses causeries, ou bien des nombreux écrits qu’il adresse inlassablement à tous ceux qui sollicitent son conseil et sa bénédiction. Dans tous les cas la Délivrance transparaît dans les pensées les paroles et les actes du Rabbi.
Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot A’hareï-Kédochim le Rabbi nous enseigne la signification profonde du mot ‘Guéoulah’.
Les mots Guéoulah, la Délivrance, et Gola, l’Exil, sont constitués par les mêmes lettres, à l’exception de la lettre Aleph que possède le mot Guéoulahmais qui est absent du mot Gola. Aussi, le Rabbi nous enseigne que de même que le mot Gola constitue une partie du mot Guéoulah, de même l’Exil constitue une partie de la Délivrance.
En effet, dans le Dvar Mal’hout (Tazria-Metsora) le Rabbi déclare que ‘la racine de l’obscurité est plus élevée que la lumière’. En d’autres termes,l’obscurité du monde dans lequel nous vivons peut devenir partie intégrante de la Délivrance, et notre mission dans ce cas, consiste simplement à lever le voile de l’obscurité de l’Exil, afin de révéler le divin qu’il cache à nos yeux, dans tous les sujets de cet Exil.
C’est là le sens du mot ‘Délivrance’, car ce mot désigne l’objectif de notre mission, de délivrer le divin qui se cache dans l’Exil. C’est donc pour cela que le Rabbi nous enseigne que le mot Gola fait partie du mot Guéoulah, car finalement l’obscurité de ce monde ne contredit, ni ne s’oppose, à la Délivrance finale.
Bien au contraire, c’est en dévoilant la lumière qui se cache derrière l’obscurité de l’Exil, que l’on parviendra à ce que l’Eternel insuffle au monde la lumière nouvelle de la Guéoulah.
Le Rabbi nous explique donc que si l’on ajoute la lettre Aleph, la première lettre de ‘Aloupho chel Olam’ (‘le Maître du monde), au mot Gola(l’obscurité de l’exil) on obtient le mot Guéoulah.
Un des exemples donnés par le Rabbi dans le Dvar Mal’hout, est celui du Compte de l’Omer, dont le but consiste à raffiner, à purifier, le corps et l’âme animale (l’Exil, Gola).
Faire pénétrer la lumière du Aleph, le divin, dans l’obscurité du corps, signifie que l’on agit afin de réparer, de rectifier, l’incitation de notre âme animale, qui nous pousse sans-cesse à assouvir des plaisirs grossiers et dénués de divin.
Le point essentiel de l’enseignement du Rabbi, est qu’il ne s’agit pas d’éliminer l’âme animale. Il ne s’agit pas de supprimer sa force mais au contraire de l’utiliser, en la libérant de l’emprise du mal, c’est-à-dire de détourner sa force, du côté de l’impureté vers le côté de la sainteté, en se détournant des plaisirs grossiers, pour accéder à des plaisirs raffinés qui s’accordent à la Volonté de D.ieu d’avoir une demeure en nous mêmes, et en ce monde.
Ainsi, il en va de même pour ce monde matériel, du fait que celui-ci est comparable à un grand corps, et notre mission consiste à libérer l’âme vitale qui le vivifie à chaque instant, de son emprise. En d’autres termes, de libérer les étincelles divines qui sont enfouies, et se cachent dans la matière de ce monde.
C’est à ce sujet que l’Admour Hazaken déclare dans le livre du Tanya, que tout au long de son existence un Juif a pour mission de raffiner et de purifier une certaine part de ce monde physique. Par exemple, lorsque le propriétaire d’un champ réserve un des coins de son champ pour les pauvres, il introduit la lumière divine, le Aleph, dans l’obscurité de ce champ.
Ajouter la lettre Aleph au mot Gola signifie donc réaliser le but divin de faire de l’exil une demeure pour le Aleph, une demeure pour l’Essence divine.
Cet enseignement du Dvar Mal’hout s’accorde tout particulierement au discours ‘hassidique du Rabbi commencant par les mots: ‘Tout Israël a une part au monde à venir’.
Dans ce discours le Rabbi explique, que de même que l’homme possède une âme et un corps, de même la Torah possède une âme et un corps. De fait, les 248 Mitsvoth sont appellés ‘les Membres du Roi’, et l’étude de la Torah est comparée au sang qui les vivifie.
Le Rabbi souligne que la Torah est plus élevée que les Mitsvoth. En effet, les Commandements divins sont tributaires de l’espace et du temps, alors que la Torah est elle-même au-dela de l’espace et du temps. Mais à leur racine, les Mitsvoth sont plus élevées que la Torah.
La supériorité des Mitsvoth (le corps) par rapport à la Torah (l’âme) s’exprime par le fait que la Torah correspond à la Sagesse de D.ieu (l’Attribut de ‘Ho’hmah) alors que les Mitsvoth correspondent à la Volonté de D.ieu qui s’inscrit dans la Séfira de Kéter, qui surplombe tout l’enchaînement des mondes, et qui est donc à un niveau plus élevé que ‘Ho’hmah, Sa Sagesse.
Il en va de même pour le corps et pour l’âme de l’homme (lesquels sont à l’exemple de la Torah et des Commandements divins). Bien que dans ce monde, la vitalité du corps provient de l’âme, la racine du corps est plus élevée que la racine de l’âme.
Aussi, dans le cas de la Mitsva du compte de l’Omer, il apparaît qu’ajouter la lettre Aleph au mot Gola signifie ici que compter l’Omer permet de dévoiler le niveau supérieur du corps, sa racine. Et c’est précisément parceque la racine du corps est plus élevée que celle de l’âme, qu’il est dit que dans les temps futurs ‘l’âme sera nourrie par le corps’, c’est-a-dire que l’âme bénéficiera du dévoilement de la lumière du corps*.
*Note: il est interessant de remarquer que c’est précisément dans le chapitre 37 du Tanya que l’Admour Hazaken déclare que ‘la Délivrance dépend de notre travail et de nos actions pendant l’exil’, car 37 est la valeur numérique de ‘Yé’hida’, qui désigne l’essence de l’âme. De fait, le Aleph désigne également l’essence de l’âme Juive, car c’est en révélant l’essence de notre âme que l’on provoquera la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
Dans le Dvar Mal’hout sur les Parachiot Tazria-Metsora, le Rabbi explique que les signes de la lèpre apparaissent sur la peau de celui qui n’a pas encore accompli dans son service divin un certain travail.
Cependant, à l’exception de ce manque particulier, la situation spirituelle générale de cet homme ne manque pas d’intégrité. Qu’il s’agisse de ses actions, ou bien qu’il s’agisse des forces de son âme.
Le Rabbi souligne que les signes de la lèpre, qui n’apparaissent que sur l’extérieur de la peau, témoignent du fait que le mal n’atteint pas les forces de son âme, il est seulement superficiel, ‘à l’extérieur de la peau’.
Un des points essentiels de l’enseignement de la ‘Hassidout sur la lèpre, est que bien qu’elle soit fixée par la Torah (par les Cohanim) comme un signe d’impureté, la lèpre cache en réalité une très haute lumière.
Le Rabbi rapporte à ce sujet l’enseignement de son père, Rabbi Lévi-Itz’hak, selon lequel la valeur numérique de l’expression ‘Ha Metsora’*, ‘le lépreux’, est égale à 411, exactement comme la valeur numérique du nom ‘Tohou’ qui désigne la Séfira de Kéter, la Couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes.
Dans le même ordre d’idée, la ‘Hassidout nous enseigne que les lettres de ‘Néga’, ‘la tache de lèpre’, sont les mêmes que celles de ‘Oneg’, ‘le plaisir’. De fait, la lumière spirituelle de la lèpre (‘Néga’) est liée au ‘plaisir supérieur’ de D.ieu (‘Oneg Ha Elion).
Il nous est donné ici à comprendre que que la lumière spirituelle de la lèpre est tellement élevée, qu’elle ne peut trouver ici-bas un réceptacle capable de la contenir.
De ce fait, lorsque cette lumière s’échappe du réceptacle au moment où il se brise, car il n’est pas assez solide pour supporter son intensité, la lumière est alors détournée vers l’autre côté de la Sainteté, et finalement utilisée par les forces du mal.
Ainsi, ce que l’on appelle ‘l’obscurité’, en l’occurrence ici la lèpre, résulte du fait qu’une lumière excessivement élevée n’a pas trouvé de réceptacle capable de la supporter de la contenir et de la garder.
Le Rabbi nous donne un exemple concret. Lorsqu’un Juif ressent durant sa prière un amour très fort pour D.ieu et que son âme est alors attirée vers sa source, à tel point qu’elle serait prête à quitter le corps, ‘Ratso’, il est alors essentiel de faire descendre, après la prière, la lumière de cet amour pour D.ieu dans le réceptacle de l’étude de la Torah, ou dans celui de l’accomplissement des Commandements divins, ‘Chov’.
S’il n’agit pas ainsi, les signes de la lèpre apparaîtront alors sur sa peau. C’est-à-dire que si la lumière de cet amour pour D.ieu ne s’habille pas dans le réceptacle de l’étude, ou dans celui de l’action concrète, alors cette lumière ‘excessivement élevée qui n’a pas trouvé de réceptacle capable de contenir son intensité, sera finalement détournée vers l’autre côté de la Sainteté et finalement utilisée par les forces du mal’, ainsi qu’il a été expliqué précédemment.
De fait, le Rabbi enseigne à ce sujet que celui qui n’étudie pas, ou qui n’accomplit pas une Mitsva après sa prière, ressentira une vive intolérance vis-à-vis de son prochain, et tombera facilement dans la colère, ce qu’à D.ieu ne plaise.
D’après l’enseignement du Rabbi, ‘Chov’, le retour de l’âme dans le corps, représente la solution, le remède et la guérison de la lèpre. ‘Chov’ est lié à la faculté du Bitoul, c’est-à-dire à la soumission la plus totale vis-à-vis de D.ieu, et de Sa Volonté bénie. A l’image d’un esclave qui se tient devant son maître, totalement soumis et immobile, telle une pierre inanimée.
Par cette soumission, un Juif ajoutera dans son étude de la Torah, et dans son accomplissement des Commandements divins. Grâce à cela son action aura finalement pour effet d’unir les lumières les plus élevées à des réceptacles capables de les contenir.
Le Rabbi souligne ici la qualité de la Torah (c’est l’attribut de Tiféret) d’unir deux opposés: Ratso et Chov. Ratso désigne le ciel, la lumière infinie de D.ieu. Chov désigne, la terre, le corps matériel avec ses mesures et ses limites.
Cependant, à la lumière de la ‘Hassidout, nous comprenons que le corps n’est finalement pas aussi limité qu’il en a l’air, ainsi qu’il est dit ‘dans les temps messianiques, l’âme sera nourrie par le corps’.
Aussi, il apparaît que notre travail pendant l’exil consiste à faire de notre corps (et de ce monde matériel) un réceptacle de l’Essence divine.
L’étude du Dvar Mal’hout de Tazria-Metsorah, nous permet de comprendre que le moyen d’unir l’Essence divine au corps, sans que cela ne provoque les signes de la lèpre (c’est-à-dire que le corps soit capable de supporter et de garder en lui, sans se briser, l’Essence divine) consiste à nous soumettre à la Volonté divine en faisant totalement don de nous-même.
Dans le Séfer Ha Maamarim méloukat (4, 44), le Rabbi écrit que lorsqu’un Juif ressent de l’amertume du fait de l’obscurité qui l’empêche de voir la lumière bénie de D.ieu, il attire alors le niveau de ‘Il fit de la pénombre Sa cachette’.
L’explication de ce verset des Téhilim (18, 12) est que la source spirituelle de l’obscurité est plus haute que celle de la lumière. C’est pourquoi l’obscurité de notre exil, ou encore l’obscurité de la lèpre, sont définies par le Rabbi comme des lumières trop puissantes pour être perçues comme telles (Likouteï Si’hot, 11, 132).
Ainsi, c’est par l’amertume que l’on dévoile la force de l’Essence divine qui se cache derrière ce qui nous semble être de l’obscurité.
Cela s’accorde parfaitement avec la leçon du Rabbi dans son discours intitulé ‘Vé Atah Tetsaveh’, car c’est par le fait d’avoir le coeur brisé par l’absence du Machia’h, que l’on dévoile l’essence de notre âme, et que l’on provoque ainsi sa venue, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.
* Note: il est interessant de constater que la valeur numérique de ‘Machia’h’ est égale à 358, or, si l’on ajoute le nombre 53, lequel désigne les 53 chapitre du Tanya, on obtient le nombre 411 qui est la valeur numérique de ‘Ha Metsorah’, ‘le lépreux’. Ainsi le Machia’h qui est appellé ‘le lépreux’ par la Torah, est profondément lié à l’enseignement de la partie profonde de la Torah.
Rav Yaakov abergel
Par Gérard Touaty
C’est sur une contradiction que s’ouvre la parachath Chémini. Chémini signifie, en effet, « huitième » et comme nous dira Rachi « C’était le huitième jour de l’inauguration du Temple du désert ». Or, s’étonne le Kéli yakar (1), l’inauguration de ce Temple ne dura que sept jours ! C’est qu’en fait, répond-il, le chiffre sept est profane alors que huit évoque la sainteté. C’est pourquoi, ce n’est que le huitième jour que D.ieu se manifesta dans ce Temple. Il existe donc une différence radicale entre sept et huit. Pourtant, huit n’est-il pas la continuité de sept, nous indiquant par là que ces deux chiffres sont liés ?
Ce parallèle entre monde profane et monde de la sainteté se retrouve dans la distinction que nos Maîtres font entre notre monde et celui de l’époque messianique. Il est rapporté dans le Tanya (2) que les dévoilements de l’ère messianique dépendent de nos actions durant le temps de l’exil. Et là aussi, surgit une question similaire à notre première question : comment des actions humaines, par nature limitées, peuvent-elles engendrer un monde au dévoilement infini ?
Se dépasser
D’un point de vue logique, il existe un fossé immense, non quantifiable entre l’exil et la délivrance et il est évident, de ce fait, que l’humain ne peut engendrer le divin. Il s’agit ici d’autre chose : ce ne sont pas nos actions qui déclenchent la délivrance mais la qualité de nos actions. Expliquons-nous : l’exil est un temps durant lequel la présence divine n’est pas perceptible. Cette absence oblige le Juif à ne vivre et ne penser que sur un registre « foi » : comprendre D.ieu ou le monde sont des données (logiquement) impossibles. Seule la foi lui permet de vivre ! Nous avons ici une notion extraordinaire. Si le Juif vit son judaïsme sur un mode (raisonnable) aux paramètres humains, il n’existe effectivement aucun rapport entre l’exil et la délivrance. Mais s’il se dépasse par la foi et s’investit dans un attachement total au Maitre du monde, il met déjà un pied dans le monde (divin) de la délivrance.
Une éducation à la foi
Cette explication rejoint une donnée de l’histoire juive tout à fait singulière. Quand on jette un rapide coup d’œil sur les deux derniers millénaires de notre histoire, une contradiction impressionnante retient notre attention : comment comprendre la volonté de vivre du peuple juif malgré les persécutions, l’exil, et la pauvreté matérielle ? En elle-même cette situation (quasi surhumaine) est incompréhensible sous l’angle de la logique. Sous l’éclairage d’une analyse humaine, cela nous dépasse complètement mais si l’on veut la comprendre dans une perspective divine, il en va tout autrement parce que l’exil est une éducation à la foi qui prépare la délivrance. Durant deux mille ans le peuple juif affronte de nombreuses difficultés pour renforcer sa foi en D.ieu et mériter le prodigieux dévoilement de la délivrance messianique. Sur le même modèle que l’Egypte : l’esclavage des Enfants d’Israël, les contraignit à révéler du plus profond de leur âme le potentiel de foi que les patriarches leur avaient légué. Il nous est alors possible de comprendre les profondes paroles de Rabbi Yaakov de Radizmine qui demandait comment concilier l’amour de D.ieu pour Son peuple et les souffrances que ce dernier a connues durant l’exil. Sa réponse résume à elle seule notre réflexion : celui qui a la foi n’a pas de question mais celui qui n’a pas la foi n’a pas de réponse…
Notes
(1) Rabbi Shlomo Ephraïm de Luntschitz (1550-1619). L’un des plus importants commentateurs de la Bible.
(2) L’un des ouvrages fondamentaux du Hassidisme, écrit par Rabbi Schnéour Zalmane de Liady
Dans ses discours ‘hassidiques, le Rabbi met souvent l’accent sur le fait que La venue de notre Juste Machia’h, la révélation du troisième Temple et celle de la Torah nouvelle sont toutes liées à la sortie d’Egypte, au ‘temps de notre liberté’.
De fait, la sortie d’Egypte représente le dévoilement de la Présence divine au sein du peuple Juif, par l’intermédiaire de Moché, le berger d’Israël.
Cependant, bien que Moché soit celui qui détient le pouvoir d’attirer et de révéler la Présence divine dans le Michkan (le Temple portatif), il n’en demeure pas moins que la Délivrance finale dépend aussi de chaque Juif.
En effet, le Tanya déclare que l’âme de Moché est l’âme collective de l’Assemblée d’Israël. Dans chaque Juif se trouve une étincelle de Moché, et du fait que Moché enseigne la Torah aux enfants d’Israël, chacun possède la qualité de Moché, de révéler la Présence divine, de dévoiler la lumière divine illimitée dans les limites que nous impose ce monde matériel.
Aussi, au fil des Parachiot et de l’enseignement qu’il délivre dans le ‘Dvar Mal’hout’, le Rabbi approfondit sans cesse la possibilité qui est donnée à chaque Juif de dévoiler ce qui est au-delà du monde, l’infini divin, dans le monde.
Le Rabbi déclare par exemple dans le ‘Dvar Mal’hout’ de la Paracha Chemini que Moché a la capacité d’unir les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-Il, car l’infini et le fini sont en lui.
En d’autres termes, ‘l’infini est en lui’ signifie que la force de la partie la plus profonde de l’âme de Moché, l’essence de l’âme de Moché, ‘l’infini’, est dévoilée dans la partie ‘finie’ de son âme: la partie de son âme qui s’habille dans son corps (les forces de l’intellect dans le cerveau, les sentiments dans le coeur, la vitalité dans le sang).
Le Rabbi explique que l’humilité de Moché est la raison pour laquelle il a le mérite que l’infini soit dévoilé en son âme, et c’est à cela que se rapporte la déclaration du Pirkeï Avot selon laquelle: ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï et l’a transmise à Yéochoua’.
La Montagne du Sinaï, par le fait qu’elle soit la plus basse parmi toutes les montagnes, exprime l’humilité et la soumission la plus totale vis à vis de l’Eternel, et le Rabbi révèle que ‘Moché a reçu la Loi du Sinaï’ signifie qu’il apprend ‘du sinaï’, qu’il est animé par la plus grande humilité, et parfaitement soumis à D.ieu.
La force de soumission de Moché, son exceptionnelle humilité et sa capacité à s’annuler totalement face à la Volonté du Saint béni soit-Il, sont certainement à l’origine du choix du Rabbi d’appeller son ouvrage par le titre de ‘Dvar Mal’hout’.
La ‘Hassidout nous enseigne en effet que la Séfira de Mal’hout, la dernière Séfira du monde d’Atsilout, est qualifiée de ‘pauvre’ car elle ne possède pas sa propre lumière. A l’exemple de la lune qui reçoit toute sa lumière du soleil, la Séfira de Mal’hout reçoit toute sa lumière des autres Séfirot du monde d’Atsilout.
C’est précisément par sa qualité de pauvreté, laquelle exprime la soumission la plus totale à la lumière qu’elle reçoit des autres Séfirot, à l’image d’un élève parfaitement soumis à la lumière de l’enseignement qu’il reçoit de son Rav, que la Séfira de Mal’hout aura dans les temps messianiques le mérite de s’élever au dessus de toutes les Séfirot, ainsi qu’il est dit: ‘une épouse vertueuse est la couronne de son mari’.
Et au Rabbi d’ajouter qu’il en va de même pour la lune, car dans les temps messianiques celle-ci deviendra aussi grande que le soleil, ainsi qu’il est dit: ‘la nuit brillera comme le jour’.
Le principe selon lequel l’annulation vis-à-vis de D.ieu provoque les plus hauts dévoilements divins, transparaît à travers tous les enseignements du ‘Dvar Mal’hout’. L’image donnée par la Hassidout d’une graine qui se putréfie dans le sol avant de donner naissance à une plante en est le parfait exemple, et elle s’accorde à l’image de la lune dont la taille diminue jour après jour dans l’obscurité du ciel, pour finir par disparaître et pour renaître ensuite à nouveau.
Dans le ‘Dvar Mal’hout’ sur la Paracha Chemini, le Rabbi cite le livre de Chmouel (1, 20, 18): ‘Ton absence sera remarquée, ta place étant vide’.
Dans ce verset, Yonathan s’adresse à David en lui faisant remarquer que son absence à la table du roi ne peut passer inaperçue. Sans l’ombre d’un doute, le roi Chaoul se rappellera de David, en voyant qu’il manque à sa place.
C’est précisément parceque David ‘manque’ à sa place que le roi se ‘souvient’ de lui. Le Rabbi nous dévoile qu’il en va de même pour la lune le jour de Roch ‘Hodech. C’est précisément après avoir disparue, que la lune ‘manque à sa place’, qu’elle peut renaître et grandir à nouveau dans le ciel.
Ce principe s’applique à celui de l’obscurité qui précède la Délivrance. La Délivrance ‘manque à sa place’, c’est précisément ‘parcequ‘un Juif ne se trouve pas à sa véritable place, à la table de son Père, sur la terre sainte à Jérusalem, la ville sainte, dans le Beït ha Mikdache, et c’est cette absence précisément qui aura pour effet que l’Eternel se souviendra de lui et le délivrera.’
A travers ces paroles du Rabbi, nous devons comprendre que c’est précisément ce qui nous fait défaut qui nous permet d’atteindre le divin illimité.
L’absence de David à la Table du roi Chaoul est une allusion à l’attribut de Gvurah, au Tsimtsoum, à la limitation et à la dissimulation de la lumière divine. Lle Rabbi nous dévoile que c’est précisément par l’attribut de Gvurah, le ‘fini’, que l’on peut accéder à ‘l’infini’, ainsi qu’il est dit: ‘celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l’accomplir dans l’opulence’ (Rabbi Yonathan, Pirkeï Avoth).
Ainsi, peut-être est-ce à travers l‘idée selon laquelle tout dévoilement divin passe nécessairement par la révélation de notre petitesse, que le Rabbi intitula son recueil ‘Dvar Mal’hout’.
En effet, notre petitesse doit être comparable à celle de la Séfira de Mal’hout. A l’évidence, Mal’hout réprésente la ‘pauvreté’ qui mène à l’opulence, à l’exemple de cette graine qui disparaît dans la terre pour renaître ensuite, à celui de la lune qui disparaît pour réapparaître ensuite.
A l’exemple de Moché dont le nom disparaît dans la Paracha Tetsaveh, à celui du Rabbi qui demande à ses émissaires de ne pas mentionner son nom si cela est nécessaire, c’est par le fait de s’annuler totalement à la volonté du Rabbi, le Moché de notre génération, que l’on parvient à renaître ensuite, à s’élever dans notre service divin dans la plus grande opulence, jusqu’à parvenir enfin à la révélation de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
(pour l’élévation de l’âme de Nelly Naomie bat Peïrel Berdah)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Tsav, le Rabbi déclare que le contenu profond du mois de Nissan est celui de la Délivrance.
Ce mois est en effet celui de la fête de Pessa’h, ‘le temps de notre liberté’, et cela s’exprime plus particulièrement pendant le Chabbat avant Pessa’h,‘Chabbat Ha Gadol’.
L’Admour Hazaken rapporte dans son Choul’hane Aroukh le miracle qui fut à l’origine de ce nom: ‘le Grand Chabbat’.
Les égyptiens qui furent avertis par les Juifs que l’Eternel s’apprêtait à frapper l’Egypte de la plaie des premiers-nés, allèrent se plaindre à Pharaon de son refus de laisser partir les enfants d’Israël. Pharaon demeura insensible à leur plainte, et les premiers-nés d’Egypte entreprirent alors une guerre contre son armée. Parmi les nombreux égyptiens qui furent tués, il y avaient ceux qui commirent des atrocités aux enfants d’Israël.
Le Rabbi explique que la raison pour laquelle cette guerre fut appellée ‘grand miracle’ et aussi ‘le début des miracles de la Délivrance’, est qu’elle résulte d’un très haut dévoilement divin, allusionné par la lettre Kouf du mot Tsadik, צדיק.
La forme du Kouf est semblable à celle de la lettre Hé. La différence qui existe entre les deux est que le pied de la lettre Kouf est beaucoup plus long que celui de la lettre Hé.
Le pied de la lettre Kouf du mot Tsadik descend très bas, et évoque de ce fait la force de l’Essence divine, car elle seule a le pouvoir de descendre et de transformer les endroits les plus inférieurs de ce monde, en un réceptacle des plus hauts dévoilements divins.
Plus encore, au sujet de la lettre Tsadik, laquelle est au centre du Dvar Mal’hout de notre Paracha, le Rabbi rapporte le Téhilim 90 (comme la valeur numérique du Tsadik), dans lequel il est dit (90, 17): ‘Que le plaisir de mon Maître notre D.ieu soit avec nous, établis pour nous l’action de nos mains, et que l’accomplissement de nos mains soit établi’.
Selon le Midrash les versets de ce Téhilim furent rédigés par Moché, et le Roi David les intégra dans son livre. Apres avoir édifié le Michkan (le Temple portatif), Moché pria afin que l’Eternel se révèle. Rachi explique que Moché dit deux fois la même parole, ‘établis l’action de nos mains’, une fois pour implorer D.ieu de Se révéler dans le Michkan, et une fois pour L’implorer de révéler Sa lumière bénie dans les actes des enfants d’Israël.
Le Rabbi souligne que l’action de Moché détient le pouvoir d’attirer la lumière qui entoure les mondes (Or sovev) afin que celle-ci se dévoile et réside dans le Michkan. C’est aussi l’action de Moché qui permet à la lumière d’Or sovev de pénètrer ensuite dans le monde et dans les actions des enfants d’Israël.
De fait, Moché est l’intermédiaire qui unit les enfants d’Israël avec le Saint béni soit-il. D’un côté, il est celui qui reçoit les plus hauts dévoilements divins, et d’un autre côté, il est celui qui est capable de mettre ces dévoilements à la portée de tous les Juifs.
Il est essentiel de comprendre que tous les bienfaits matériels et spirituels nous parviennent de D.ieu par l’intermédiaire de Moché. Aussi, en ces derniers moments de l’exil, nous devons réaliser que la réussite de toutes nos actions dépend de la valeur que nous donnons à notre attachement au Moché de notre génération, le Rabbi.
La Torah nous apprend que le nom de ‘Moché’ vient du fait que Batia, la fille de Pharaon, ‘tira’ Moché de l’eau du fleuve lorsqu’elle vit ‘le panier au milieu des joncs’, ainsi qu’il est dit (Chemot, 2, 10): ‘Elle appela son nom: Moché, et dit ‘Car de l’eau je l’ai tiré.’.
Rachi explique que l’expression ‘jel’ai tiré’:משיתהוvient de la racine משה qui est un terme qui signifie ‘l’action de faire sortir’.
A ce sujet, il est intéressant de remarquer que la valeur numérique de משיתהו(‘je l’ai tiré’)est égale à 771.
Aussi, peut-être nous est-il permis d’expliquer que l’expression משיתהוévoque la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: ‘Je viendrai lorsque tes sources se repandront à l’extérieur’.
De fait, la délivrance dépend seulement de ‘l’action de faire sortir’ les sources du Baal Chem Tov à l’extérieur. L’enseignement du Baal Chem Tov est représenté par le nombre 770, lequel désigne l’adresse de la Maison du Rabbi, et le chiffre 1, ‘E’had’, selon la ‘Hassidouth, désigne la lumière divine (la lettre Aleph du mot E’had) telle que celle-ci se révèle ‘à l’extérieur’, c’est-à-dire dans les sept cieux et sur la terre (8, la valeur numérique de la lettre ‘Het du mot E’had), et vers les quatre points cardinaux (4, la valeur numérique de la lettre Daleth du mot E’had ), 771.
Ainsi, à la lumière de cette explication, il apparait à l’évidence que le Rabbi, le Moché de notre génération, est celui qui détient le pouvoir de nous‘faire sortir’ de l’exil, et que c’est par notre attachement le plus profond à ses enseignements que nous aurons enfin le mérite de vivre la Délivrance et la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.