(Pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)

Cette année, 5778, la date de ce Chabbat de la Paracha ‘Houkat est le 10 Tamouz. Or, il y a 37 ans, en 5751, le Chabbat de la Paracha ‘Houkat tombait aussi le 10 Tamouz. L’enseignement que le Rabbi délivra alors dans le Dvar Mal’hout il y a 37 ans, s’applique donc également aujourd’hui, et cela avec d’autant plus de force que le nombre 37 est la valeur numérique de ‘Yé’hida’, le niveau de l’âme Juive qui correspond à la Séfira de Kéter, qui surplombe tout l’enchaînement des mondes.

L’enseignement du Rabbi se base sur la signification profonde du chiffre 7 et du chiffre 10.

La date du Chabbat du 10 Tamouz réunit ces deux chiffres, du fait que le jour du Chabbat est le septième jour de la semaine, et que ce jour tombe le dixième jour du mois de Tamouz.

De façon générale, le Rabbi explique que le compte d’après les jours de la semaine correspond à la Création du monde par D.ieu. En effet, le monde a été créé en 6 jours et L’Eternel S’est reposé le septième jour. Ces 7 jours correspondent aux 7 Séfirot.

Quant au compte des jours du mois, il correspond au travail de l’homme. Le mot hébreu ‘Hodèch’ (Mois) s’apparente au mot ‘Hidouch (Nouveauté), et désigne donc la nouveauté que l’homme apporte à ce monde par le travail qu’il accomplit, sa participation à l’oeuvre de la Création réalisée par D.ieu.

Le chiffre 10 représente les 10 Séfirot dont découlent les 10 forces de l’âme, les forces de l’intellect et les sentiments. Durant l’exil, notre travail pour concquérir la terre d’Israël consiste essentiellement à raffiner les sept Midot (sentiments), lesquelles correspondent aux sept terres que nous avons déjà reçues de L”Eternel.

Aussi, le Rabbi nous enseigne que le compte des mois, qui comme il a été expliqué, correspond à la nouveauté (‘hidouch) que l’homme apporte à la Création, est symbolisé par le chiffre 10, car ce chiffre englobe, en plus des 7 Séfirot qui sont à l’origine de la Création du monde, les 3 Séfirot qui sont au-delà de ce monde, les 3 Mo’hin de ‘Habad (‘Ho’hmah, Binah, Daat).

Ainsi, la mission de chaque Juif consiste donc à apporter la nouveauté à ce monde, créé au moyen des 7 attributs divins, en le menant à la perfection du chiffre 10 par le dévoilement des 3 Mo’hin de ‘Habad.

Le Rabbi nous enseigne que la perfection de ce dévoilement spirituel qui aura lieu dans les temps messianiques, s’exprimera aussi matériellement par l’acquisition des terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, qui correspondent aux attributs de ‘Ho’hmah Binah et Daat.

De fait, le travail que l’on accomplit actuellement sur les 3 forces de l’intellect se limite à l’action exercée par le cerveau, où réside ces trois forces, sur le coeur dans lequel naissent les sentiments ainsi qu’il est expliqué au début du livre du Tanya. L’Admour Hazaken enseigne qu’au moyen des forces de l’intellect, et par le fait de méditer à la grandeur de D.ieu, un Juif fait naître dans son coeur de l’amour pour D.ieu.

Cependant le Rabbi souligne qu’au moment de la Délivrance finale, l’Assemblée d’Israël possèdera la totalité des 10 terres (avec aussi ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, ‘Habad).

Notre travail sur les 3 forces de l’intellect s’étendra alors au dévoilement de ces forces pour elle-mêmes, et non plus seulement à l’action qu’elles exercent sur le coeur.

En d’autres termes, l’acquisition des terres de ‘Kini’ ‘Knizi’ et ‘Kadmoni’, correspond au dévoilement des forces de ‘Habad telles que celles-ci existent au-delà de ce monde, la révélation des secrets des secrets de la Torah et la révélation des raisons des Commandements divins.

Ainsi, le chiffre 7 représente le niveau du divin qui s’habille dans le monde (‘Hessed, Gvurah, Tiféreth, Nétsa’h Hod Yessod Mal’hout), et le chiffre 10 représente le niveau du divin qui est au-delà de ce monde (‘Ho’hmah, Binah, Daat).

Du fait que le chiffre 7 est lié à la Création du monde, qui ne dépend que de D.ieu, et qu’à l’opposé, le chiffre 10 évoque précisément le travail de l’homme et l’ajoût qu’il apporte à la Création de ce monde par D.ieu, le Rabbi énumère les différentes significations que l’on peut donner à ces deux chiffres.

Le chiffre 7 représente la Torah écrite car celle-ci provient de D.ieu.

Le chiffre 10 représente la Torah orale, car celle-ci provient de l’homme.

Le chiffre 10 représente le travail de l’âme, telle que celle-ci désire s’élever au-delà de ce monde et des limites qu’il nous impose. Lorsque l’âme tend à s’élever au-delà des limites du corps, afin d’atteindre le divin illimité. C’est le mouvement de l’âme appellé: ‘Ratso’.

Le chiffre 7 représente le mouvement de l’âme appellé ‘Chov’. C’est le travail du haut vers le bas, que l’âme accomplit précisément lorsqu’elle s’habille dans le corps, et qui consite à attirer les lumières célestes supérieures, ici-bas dans ce monde inférieur.

Le Rabbi souligne ici que notre travail consiste à unir le niveau du chiffre 7 au niveau du chiffre 10. Unir ‘Ratso’ à ‘Chov’. Il écrit (Dvar Mal’hout, ‘Houkat): ‘La perfection du travail consiste à l’union des 2, ensemble; en même temps que la volonté de l’âme de quitter le corps, doit demeurer le travail de l’âme dans le corps, et le désir de l’âme de quitter le corps ne doit pas être dissocié du sentiment d’agir pour dévoiler le divin ici-bas (dans le corps, et dans le monde)’.

Le Rabbi dispense des enseignements essentiels qui nous permettent de réaliser l’union entre le chiffre 7, qui symbolise ce monde limité, et le chiffre 10, qui symbolise ce qui est au-delà du monde.

Dans le discours ‘Hassidique ‘Vé Atah Tetsaveh’, le Rabbi explique longuement que l’Essence divine, ‘Atsmout’, ‘transcende toutes les divisions’, et c’est la raison pour laquelle elle détient le pouvoir de s’unir avec les forces limitées de l’âme, de faire de ce monde symbolisé par le chiffre 7, le réceptacle de l’Essence divine, évoquée par le chiffre 10, ainsi qu’il est écrit (‘Vé Atah Tetsaveh’, chapitre 11):. ‘Par le travail des enfants d’Israël (et après que Moché ait dévoilé l’Essence de leurs âmes), même les forces dévoilées de l’âme s’unissent à l’Essence de l’âme…’.

A la lumière de ce qui a été dit, nous pouvons comprendre l’une des raisons pour laquelle le Rabbi est comparé à l’Arche sainte.

L’Arche sainte est un objet matériel qui possède des mesures précises, cependant il est écrit dans le Traité Yoma que lorsqu’elle était déposée au centre du Saint des Saints, ‘Elle ne prenait pas de place’.

(En effet, la largeur du Saint des Saints est de 20 ama, or si l’on mesurait à partir de l’extrémité gauche de l’Arche jusqu’au mur de gauche du Saint des Saint, on obtenait 10 ama; et si l’on mesurait de l’extremité droite de l’Arche jusqu’au mur de droite, on obtenait aussi 10 ama. Il se trouvait donc que l’Arche ne prenait pas de place).

A l’image de l’Arche, le Rabbi ‘possède des mesures’ car il est un être de chair et de sang, mais d’un autre côté, ‘il ne prend pas de place’ car il est l’émissaire du Saint béni soit-Il et ‘l’émissaire est comme celui qui l’envoie’.

Aussi, la mission du Rabbi est bien de nous donner les moyens d’unir le chiffre 7, c’est-à-dire ce monde matériel ‘qui possède des mesures’, avec le chiffre 10 qui représente le divin illimité ‘qui ne prend pas de place’.

De faire de ce monde un réceptacle capable de recevoir le dévoilement du Machia’h, très bientôt et de nos jours, avec l’aide de D.ieu.

Rav Yaakov Abergel

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