(Pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béaaloté’ha, le Rabbi rapporte l’enseignement de Rachi selon lequel L’Eternel désirait qu’Aaron allume la Ménorah ‘en tenant le feu près de la mèche jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’.

Par ailleurs, la ‘Hassidout compare les Mitsvoth à de l’huile, et l’âme animale à la mèche d’une bougie. De fait, lorsqu’un ‘Hassid s’attache à aider un Juif, il se doit d’allumer la mèche de l’âme animale de ce Juif, afin que celle-ci se consume au feu des Commandements divins, car les Mitsvoth sont l’huile qui permettent au feu divin de briller.

Aussi, le Rabbi préconise que le ‘Hassid qui s’occupe de ce Juif, se tienne près de lui ‘jusqu’à ce que la flamme monte par elle-même’, c’est-à-dire jusqu’à ce que ce Juif devienne indépendant dans l’accomplissement de son service divin.

Cet enseignement s’exprime également dans la déclaration que fit le Machia’h au Baal Chem Tov: ‘Je viendrais quand tes sources se répandront à l’extérieur’. Il ne s’agit pas seulement d’apporter la lumière dans un endroit obscur, mais de faire de cet endroit une source capable de diffuser à son tour la lumière.

L’exemple donné par le Rabbi est celui du Rav et de son élève. Le Rav ne fait pas que dispenser des enseignements à son élève. Il s’attache aussi à developper les forces personelles de l’élève, de telle manière qu’il puisse ‘tenir seul debout sur ses pied’, et diffuser à son tour la lumière.

Le Rabbi explique que l’attitude du Rav est comparable à celle du Saint béni soit-Il. L’Eternel en donnant la Torah ne fit qu’allumer la flamme, mais ensuite cette flamme devait continuer à ‘monter par elle-même’.

A l’image de cet élève qui avance seul, l’Assemblée d’Israël ne compte que sur elle-même quand il s’agit de trouver, dans la Torah, des réponses aux questions qui se présentent à elle jour après après jour. C’est à cela que se rapporte la déclaration selon laquelle ‘la Torah n’est pas dans le ciel’.

Dans son discours intitulé ‘Et tu ordonneras aux enfants d’Israël’ (‘Vé Atah Tètsaveh’), le Rabbi insiste particulièrement sur le fait que chaque Juif, même celui qui est le plus éloigné de la Torah et des Commandements divins désire tout au fond de lui-même le dévoilement de D.ieu.

Cela, Aaron en avait parfaitement conscience, et c’est pour cela que l’ordre divin d’allumer la Ménorah lui fut adressé. le Rabbi explique en effet qu’Aaron se préoccupait des Juifs les plus éloignés. Rien ne l’arrêtait quand il s’agissait de rapprocher un enfant d’Israël de son Père qui est dans le ciel.

De fait, c’est précisément en illuminant les endroits les plus obscurs que l’on parvient à ce que la flamme, que représente l’Assemblée d’Israël, monte d’elle-même.

Le ‘Hassid du Rabbi, à l’exemple d’Aaron ne repousse jamais celui qui crie ouvertement son indifférence, voire son mépris, pour la Torah et les Commandements divins.

Plus le cri de cet homme est fort, plus il trahit son véritable et profond désir de s’attacher à D.ieu et à Sa Torah bénie.

Dans le même ordre d’idée, notre génération est appellée la génération du talon du Machia’h, car elle représente la partie la plus basse du corps constitué par les Juifs de toutes les générations.

Aussi, suivant le principe selon lequel ‘c’est précisément en renforcant les niveaux les plus bas que l’on parvient à ce que la flamme monte d’elle-même’, c’est en renforçant notre génération, en l’élevant d’un prodige vers un nouveau prodige, que l’on élève ‘l’édifice’, le corps tout entier qui comprend toutes les générations vers la Délivrance finale.

Dans le livre ‘Bioureï Ha Zohar’, l’Admour Haemtsaeï explique que Moché fut le seul, parmi tous les prophètes, capable de tenir debout lorsque L’Eternel se révélait à lui. Cependant l’Admour Haemtsaeï écrit que ‘Moché tenait debout de par son corps, mais non de par son âme’, contrairement au Machia’h, car Machia’h sera éclairé par D.ieu au point que face aux plus hauts dévoilements divins, ‘même son âme tiendra debout’ (‘Biourei Ha Zohar’, page192).

A la lumière des enseignements du Rabbi, il est possible de dire que l’âme du Machia’h tiendra debout face au dévoilement de D.ieu comme ‘une flamme qui monte d’elle-même’.

En effet, peut-être est-il possible d’expliquer que ‘l’âme de Moché s’annulait totalement et ne pouvait se tenir debout’,signifie que face au dévoilement divin, l’âme de Moché était dans un tel état de soumission, qu’il perdait conscience de sa propre existence,  ‘son âme ne pouvait se tenir debout’.

A l’opposé l’âme de Machia’h possède une telle force, que face au dévoilement de l’Essence de D.ieu, elle demeure comme‘une flamme qui monte d’elle-même’.

Le dévoilement de D.ieu touche le Machia’h de manière profonde du fait qu’il ne perdra pas conscience de sa propre existence, ‘même son âme tiendra debout’.

Lorsque l’Eternel lui enseignera Sa Torah nouvelle, Machia’h sera capable de faire des ‘Hidouchim.

A la lumière de ce qui vient d’être dit, nous comprenons l’importance d’être comme cette flamme qui s’est tenue près de la flamme du Rabbi et qui à présent monte d’elle-même, afin de provoquer la venue de notre Juste Machia’h, très bientôt, et de nos jours avec l’aide de D.ieu.

Rav Yaakov Abergel    

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