Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Béchala’h, le Rabbi rapporte un Midrach selon lequel, seulement onze étapes séparaient l’Egypte de la Terre d’Israël, mais l’Eternel détourna Son peuple du chemin le plus direct, en les conduisant dans le désert où ils séjournèrent pendant quarante ans.

 

La présence des enfants d’Israël pendant une période aussi longue et dans un lieu aussi désolé, avait pour but d’élever les étincelles divines, les lumières du monde de Tohou, qui tombèrent dans le désert au moment de la brisure des vases (Chvirat ha Kélim).

 

Le travail de purification des étincelles divines permit aux enfants d’Israël de faire pénétrer dans ce monde de manière profonde, une lumière qui au départ se trouvait au-delà de ce monde.

 

C’est à cela que se rapporte le verset (Ki Tavo, 29, 3), ‘l’Eternel vous a donné un coeur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre’. Il ne s’agit pas en effet seulement de ressentir de voir et d’entendre de manière superficielle, mais bien au contraire d’accéder à une véritable et une profonde perception du divin.

 

L’accession à ce niveau supérieur est symbolisée par le chiffre 11. Le chiffre 11, des onze étapes qui séparaient l’Egypte de la Terre Israël, est une allusion à ce qui dépasse la nature de ce monde.

 

D’une part, le chiffre 10 représente la Création du monde qui a été créé en 10 Paroles, et d’autre part, le chiffre 11 représente ce qui est au-delà de la Parole divine, et donc au-delà de ce monde. L’enseignement du Rabbi est alors le suivant.

 

Les quarantes années passées dans le désert, qui représentent le travail de purification de la matière, permirent d’attirer dans ce monde, et de manière profonde, ‘la lumière qui entoure les mondes’, symbolisée par le chiffre 11.

 

Les expressions ‘Or Makif’ ou ‘Or Sovev’ désignent ‘la lumière qui entoure les mondes’.

 

La volonté, par exemple, est une force de l’âme ‘qui nous entoure’, du fait qu’elle n’est pas présente et révélée constamment en nous-même. Nous devons en effet la réveiller, puis l’attirer, la rapprocher de nous afin qu’elle se révèle profondément et anime nos pensées nos paroles et nos actes.

 

Ce travail qui consiste à révéler une chose, au départ abstraite et qui semble nous échapper, de manière à l’intégrer de manière profonde en nous-même est aussi le principe du Chant.

 

La Hassidout explique que ‘le Chant’ avec son refrain revient toujours sur lui-même. Le chant est à l’image de ‘la lumière qui entoure les mondes’, car il est comme un cercle qui revient toujours à son point de départ.

 

De fait, le Chant, nous permet d’accéder à cette ‘lumière qui nous entoure’, Or sovev. Il nous fait remonter les niveaux de l’enchaînement des mondes.

 

C’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que le Chant ‘Chirat Ha Yam’ inclut en lui les 42 élévations des voyages des enfants d’Israël dans le désert, et que ce chant nous permet de ressentir le lien et la fusion de notre âme avec l’Essence divine (symbolisée par le chiffre 11).

 

Par ailleurs le Rabbi souligne que ‘Chirat Ha Yam’ est lié au chant du roi Chlomoh ‘Chir Ha Chirim’, ‘le Cantiques des Cantiques’, que l’on appelle aussi ‘le Saint des Saints’.

 

Le Rabbi écrit que ‘Chir Ha Chirim’ représente ‘l’élévation (à partir) de la Séfira de ‘Hokhmah vers la Séfira de Kéter’. Autrement dit, cela signifie que ce Chant nous permet d’accéder au dévoilement de l’Essence de la Torah (le chiffre 11).

 

Plus encore que cela le Rabbi nous enseigne que ‘Chirat Ha Yam’ nous relie directement avec le Chant de la Délivrance, ‘Chir ‘Hadach’. En effet, celui-ci représente l’élévation la plus considérable, ‘le passage de la Séfira de Kéter à l’Ein sof béni’, l’Essence divine.

 

Par ailleurs, le Rabbi explique que le mot Chira (Chant) de l’expression ‘Chirat Ha Yam’ est du genre féminin, alors que le mot ‘Chir’ (Chant) de l’expression ‘Chir ‘Hadach’ est du genre masculin.

 

La raison est simple, ‘Chirat Ha Yam’ est écrit au féminin car bien que ce chant nous relie à la Séfira de Kéter’, il demeure cependant lié à notre exil, contrairement au chant ‘Chir ‘Hadach’ qui est le Chant de la Délivrance finale, lequel exprime la révélation de l’Essence de D.ieu dans un monde qui ne connaîtra plus l’exil.

 

La fusion avec l’Essence divine s’exprime vraiment dans la relation qui unit le Rabbi à son beau-père le Rabbi précédent. Le Rabbi lui-même nous enseigne que le Maître de ‘Habad dévoile l’essence de l’âme de celui qui se trouve dans ses quatres coudées. Combien cela est vrai. Il suffit pour s’en rendre compte d’observer une photo où le Rabbi se tient tout près de son beau-père. Il suffit d’admirer la douceur infinie de leurs regards, l’expression vraie de la lumière infinie de D.ieu qui brille dans leurs yeux.

 

Par ailleurs, sous l’inspiration de la colonne de lumière des enseignements du Rabbi, nous pouvons apporter l’enseignement suivant. La Torah unit l’esprit à la matière, elle nous permet d’unir ce monde matériel, symbolisé par le Nom divin ‘Ban’, avec l’Esprit divin, symbolisé par le Nom divin ‘Mah’.

 

Or, si nous ajoutons le chiffre 770 (l’adresse de la Maison du Rabbi, laquelle représente l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout) à la valeur numérique du Nom divin ‘Ban’ qui est égale au chiffre 52, qui représente le travail de raffinement du corps, nous obtenons le chiffre 822, qui n’est autre que la valeur numérique de l’expression ‘Chir ‘Hadach’.

 

Puisse l’Eternel nous aider à nous attacher avec toujours plus de profondeur au Rabbi, et puisse-t-Il définitivement ‘effacer l’impureté de la terre’ afin de nous révéler Son Essence bénie, très bientôt et de nos jours avec la venue de notre Juste Machia’h.

 

Rav Yaakov Abergel

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