par hassidout | 23 Fév, 2018 – 8 Adar 5778 | CALENDRIER, Fêtes juives, Paracha |
Loubavitch.fr
Le Chabbat qui précède Pourim, nous lisons la Paracha du nom de Za’hor où il nous est enjoint de ne pas oublier Amalek.
Le peuple d’Israël voyagea… et ils campèrent à Rephidim… (suite…)
par hassidout | 23 Fév, 2018 – 8 Adar 5778 | CALENDRIER, Paracha |
(pour la guérison de Raphaël Chmouel ben Sima)
Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Tetsaveh, le Rabbi s’attache inlassablement à réveiller l’amour de D.ieu qui se cache au plus profond de nous-mêmes.
Le point essentiel de ce Dvar Mal’hout est que la Paracha Tetsaveh est l’unique endroit de la Torah, depuis la naissance du berger d’Israël, où le nom de Moché n’est pas mentionné. (suite…)
par hassidout | 22 Fév, 2018 – 7 Adar 5778 | CALENDRIER, Paracha |
Par Gérard Touaty
Il n’est pas nécessaire d’être un grand expert en sociologie pour comprendre que l’un des traits majeurs de nos sociétés est la remise en cause de l’ordre établi ou plus simplement la contestation de l’autorité. Ce fait nouveau, depuis que le monde s’est organisé en castes politiques et en nations, a intéressé les Maîtres du Talmud… il y a plus de 15 siècles quand ils ont écrit que ce phénomène sera annonciateur de la venue du Machia’h (le Messie). Une donnée que l’on retrouve dans notre paracha. (suite…)
par hassidout | 9 Fév, 2018 – 24 Shevat 5778 | CALENDRIER, Paracha |
Photo : ‘Le revolver noué’, œuvre installée devant le siège des nations unies à New York
Le Rabbi dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Michpatim rapporte le commentaire de Rachi sur le premier verset de la Paracha (21, 1): ‘Et voici les Jugements que tu exposeras devant eux’.
A la question ‘Pourquoi notre Paracha traitant des Michpatim est-elle juxtaposée à la Paracha concernant le Mizbéa’h (l’Autel du Temple), Rachi répond que cette juxtaposition vient pour nous dire de ‘mettre le Sanhédrin à côté de l’Autel’ (Mé’hilta).
Les Michpatim désignent les ‘jugements et les ordonnances’ qui régissent généralement les rapports humains, que la raison et l’intellect humains cautionnent.
Or, de même que dans la Torah les Michpatim sont juxtaposées aux lois qui concernent l’Autel, de même dans le Temple de Jérusalem, le tribunal des soixante et onze juges, lesquels avaient toute autorité en matière des lois de la Hala’ha, se réunissait dans ‘la Chambre de la pierre taillée’ située dans la cour du Temple, à côté de l’Autel.
A la lumière de ce qu’il vient d’être dit, il est possible de délivrer un enseignement au sujet du Beït-Ha-Mikdache. La partie profonde de la Torah, l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout, nous donne la signification profonde de chaque partie qui compose le Temple, et l’Autel est lui-même comparé au coeur de l’homme.
En plus du fait que l’Autel se situe au coeur de l’espace du Temple, il est aussi ‘le coeur du Temple’, du fait qu’il est l’endroit où les Juifs viennent pour apporter des sacrifices à l’Eternel.
Le Rabbi Rayats (‘Bati lé gani’) explique que l’animal que l’on apporte en sacrifice sur l’Autel du Temple est aussi ‘l’animal’ que l’on porte en nous-même. En effet, il est expliqué dans le livre du Tanya, que la prière d’un Juif consiste à éveiller l’amour de D.ieu, au point que celui-ci déborde du côté droit du coeur où règne l’âme divine, pour envahir le côté gauche du coeur où réside l’âme animale.
L’amour pour D.ieu est donc comparé à un feu, et de même que le feu de l’Autel brûle et consume le sacrifice, le feu qui est dans le coeur de l’homme brûle et transforme l’âme animale en un feu brûlant pour D.ieu. C’est pour cette raison que l’Autel du Temple est appellé par les Sages de la partie profonde de la Torah ‘le coeur du Temple’.
Dès-lors, nous pouvons comprendre une des raisons pour laquelle le Sanhédrin est situé à proximité de l’Autel.
De fait, l’autorité du Sanhédrin, composé par le chef du Sanhédrin et de 70 Juges, est comparable à l’autorité qu’exerce le cerveau sur le coeur.
Le Sanhédrin représente en effet la cour suprême, la plus haute institution religieuse d’Israël, qui a le pouvoir de décision sur toute les questions d’intérêt national, à l’image du cerveau qui exerce son autorité sur tous les membres du corps.
La proximité, dans le Temple de Jérusalem, entre le Sanhédrin et l’Autel n’est donc pas sans évoquer le lien essentiel qui existe entre le cerveau et le coeur, conformément à ce que déclare l’Admour Hazaken dans le livre du Tanya: ‘le cerveau domine le coeur’.
Aussi, il devient possible ici d’établir un lien profond entre ce qu’il vient d’être dit et la Maison du Rabbi dans l’état de New-York, au 770 Eastern Parkway, Brooklynn
770, le chiffre 7 est une allusion à l’Autel, le coeur du Temple, car 7 représente les 6 attributs émotionnels du coeur et l’attribut de Mal’hout.
Le chiffre 70 est le nombre des Juges du Sanhédrin qui sont sous l’autorité du chef du Sanhédrin.
Ainsi, 770 évoque l’autorité du cerveau sur le coeur. Le chiffre 7 est juxtaposé, soumis, au chiffre 70 comme le coeur se soumet au cerveau.
La Hassidout explique que l’essence de l’âme Juive se révèle en premier dans le coeur, et lorsqu’un Juif parvient à la dévoiler, alors ce n’est plus le cerveau qui domine le coeur, mais c’est le contraitre qui se produit et dans ce cas ‘le coeur domine le cerveau’, ‘7 domine 70’.
Cet enseignement s’accorde avec l’enseignement du Rabbi dans le Dvar Mal’hout. Il est dit que dans les temps futurs les peuples du monde feront ‘de leurs épées des socs de charrue et de leurs lances des serpes…’. Aussi lorsque de grands dirigeants des peuples de ce monde se réunirent au siège des nations-unies pour décider de consacrer d’importants budgets pour des causes humanitaires, et de diminuer considérablement les budgets consacrés à l’armement et à la guerre, le Rabbi expliqua que ces décisions résultaient de l’action menée par le Rabbi précédent.
Le Rabbi souligne toujours que l’Essence divine possède la qualité de l’huile de pénétrer dans les matières les plus résistantes et les plus dures. Aussi, le Rabbi par son action a le pouvoir d’agir sur les plus hauts dirigeants de ce monde, d’influencer leur décisions, pour aller dans le sens de la Délivrance.
Le chiffre 770 évoque ce qu’il vient d’être dit. 7 est une allusion au Rabbi, d’une part parceque le Rabbi est le septième Rabbi de ‘Habad, et d’autre part parceque le Rabbi est le coeur de l’Assemblée d’Israël, et comme il a été dit précédemment, le coeur est l’endroit où se révèle en premier l’Essence divine, l’essence de l’âme. Quant au chiffre 70, il représente les 70 nations du monde. Ainsi, le chiffre 770 évoque la force infinie du Rabbi, de révéler l’Essence divine dans ce monde, la force d’atteindre tous les niveaux de l’existence, jusqu’à faire pénétrer la lumière du Machia’h dans les décrets émis par les dirigeants de toutes les nations.
Il est par ailleurs interressant de remarquer que devant le siège des Nations unies a été installé une oeuvre d’Art comme symbole de la Paix dans le monde.
Cette oeuvre qui représente un révolver dont le canon a été noué, exprime avec force l’intention des grands dirigeants de désarmer le monde, et de parvenir à réaliser la prophétie d’Ychaya selon laquelle ‘On n’apprendra plus l’art de la guerre’.
Cependant, si l’on fait bien attention, il y a un détail dans le titre de l’oeuvre de l’artiste qui n’est pas sans illustrer les propos du Rabbi.
La valeur numérique de ‘Machia’h’ est égale à 358, exactement comme la valeur numérique de ‘Na’hach’ qui signifie ‘serpent’. Or, dans le titre de son oeuvre, il y a une double allusion au Machia’h. En effet l’artiste nous donne la référence du révolver qu’il a pris pour modèle, ‘Colt Python 357’.
Comme chacun le sait, le Python est lui même un serpent, et 357 représente les derniers moments de l’exil, qui précèdent 358, le dévoilement de notre Juste Machia’h, très bientôt et de nos jours avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
par hassidout | 2 Fév, 2018 – 17 Shevat 5778 | CALENDRIER, Paracha |
Pour la Réfouah chélémah de Raphaël Chmouel Ben Sima
Le Rabbi nous enseigne que lorsque l’Eternel parla aux enfants d’Israël de toutes les générations, sur le Mont Sinaï, il n’y eut pas d’échos car rien ne peut arrêter la Parole de D.ieu.
En effet, la Parole de D.ieu n’est pas comme la parole de l’homme. Elle est à l’origine de toute la Création. L’Eternel crée les mondes et tout ce qu’ils contiennent au moyen de Sa Parole, et dans ce cas comment la simple paroi d’une montagne pourrait-elle constituer un obstacle capable de renvoyer le son qui émane de Sa Bouche ?
Ainsi, la Voix de l’Eternel pénétra non seulement dans la matière de toutes les montagnes du Sinaï, mais aussi dans l’âme de tous les enfants d’Israël.
Cet enseignement s’accorde avec la déclaration du Rabbi selon laquelle ‘les paroles dîtes avec douceur pénètrent dans le coeur de celui qui les reçoit et y font leur effet’, car c’est par la force de l’amour de D.ieu pour Israël, que Sa Parole bénie pénétra dans le coeur et dans l’âme des enfants d’Israël.
Les Sages nous ont enseigné que lorsque l’Eternel commença à dire les 10 Commandements, à la fin du deuxième Commandement les âmes des Juifs s’envolèrent. En entendant la Voix de son Père l’âme s’èlança d’un amour irrésistible pour se fondre dans sa source.
Le Rabbi souligne que les 10 Commandements sont mentionnés deux fois dans la Torah. La première fois à la Paracha Yitro, c’est l’Eternel lui-même qui S’adresse aux enfants d’Israël.
La deuxième fois à la Paracha Vaèt’hanan, c’est Moché qui les répète devant l’Assemblée d’Israël, durant la quarantième année de leur séjour dans le désert.
Lorsque l’Eternel s’adressa à Son peuple ‘les âmes des enfants d’Israël s’envolèrent’. De fait, la Parole divine ne pût être reçue de manière profonde, et c’est précisement pour cela que Moché dût les répéter devant tous les enfants d’Israël.
Moché unit le divin abstrait aux forces de l’intellect de l’homme. C’est à cela que se rapporte la déclaration du Rabbi (‘Vé Atah Tètsaveh’) selon laquelle Moché ‘nourrit les enfants d’Israël de Emounah’.
Lorsque Moché enseigna les 10 Paroles, elles atteignirent et touchèrent les Juifs de manière profonde, comprises au moyen de l’intellect, ressenties dans le coeur, et surtout, elles inspirèrent concrètement l’action.
C’est le sens de l’explication de Rachi sur le verset (Michpatim, 21, 1) ‘Et voici les Lois que tu placeras devant eux’. Les Lois de D.ieu sont comme des aliments ‘dréssés sur une table, prêts à être consommés’.
D’un autre côté, bien que la parole de Moché possède l’avantage d’être assimilée par l’homme, elle ne dévoile pas l’Essence divine, comme c’est le cas lorsque l’Eternel s’adresse directement aux enfants d’Israël.
En fait, il faudra attendre le Machia’h pour que la Parole de D.ieu s’unisse véritablement à celle de Moché. En effet, lorsque le Machia’h parlera aux enfants d’Israël, il dévoilera l’Essence divine et Celle-ci sera reçue de manière profonde par les Juifs sans que leurs âmes ne quittent leurs corps.
Le titre du livre du Rabbi ‘Dvar Mal’hout’ est une allusion à ce dévoilement unique. ‘Dvar Mal’hout’ c’est la Parole du Saint béni soit-Il, Le Roi des rois, mais en même temps ce sont les Mots du Rabbi.
La voix du Rabbi se fond en celle de l’Eternel et nous prépare au dévoilement du Roi d’Israël, le Roi Machia’h.
Les 10 Commandements lorsqu’ils sont dits par l’Eternel, représentent l’essence de l’âme d’un Juif, laquelle est au-delà de tous les mondes, au-delà de l’espace et au-delà du temps.
Les 10 Commandements lorsqu’ils sont dits par Moché, représentent la partie de l’âme qui s’habille dans le corps, l’intellect, les sentiments et l’action.
Moché fit descendre la Présence divine sur terre, et l’Eternel Se dévoila aux yeux de tous les enfants d’Israël. Il en va de même pour tous les Bergers de la ‘Hassidout depuis le Baal Chem Tov.
Rabbi Israël, le Baal Chem Tov, nous donna le premier le goût de l’Essence de la Torah, un peu à la manière des 10 Commandements, lorsque ceux-ci sont dits par l’Eternel, c’est-à-dire comme un dévoilement excessivement lumineux et encore abstrait.
Il faut attendre son successeur le Maguid et son élève l’Admour Hazaken, pour faire descendre la haute lumière du Baal Chem Tov dans l’intellect des premiers ‘Hassidim.
Puis vint le fils de l’Admour Hazaken, l’Admour Haemtsaeï. L’Admour Hazaken, le père, avait si bien fait son travail que la ‘Hassidout coulait dans les veines de l’Admour Haemtsaeï, le fils.
On raconte que l’Admour Haemtsaeï vint ranimer un jour son gendre le Tsémach Tsédek, car il avait perdu connaissance en connaissant l’extase en étudiant la ‘Hassidout. Il le ranima en lui faisant sentir un vêtement qui avait appartenu à l’Admour Hazaken.
En fait, l’oeuvre écrite par le Tsémach Tsédek est semblable à ce vêtement. Elle détient le pouvoir de réveiller notre âme et de la propulser vers sa source divine.
Son fils le Rabbi Maharach, en plus de ses enseignements et de ses discours ‘Hassidiques s’employa aussi à faire descendre l’Essence divine dans les nombreuses Méguiloth qu’il écrivit pour ses enfants.
Et puis vint le Rabbi Rachab dont les discours ‘Hassidiques s’élèvent au-delà des mots. Chaque mot, chaque lettre, chaque espace entre les lettres, crient la lumière infinie de D.ieu, et lorsqu’il se tenait dans une pièce, ses silences exprimaient autant que les mots qu’il prononçait. Il toucha l’endroit le plus profond du coeur et de l’âme de son fils le Rabbi Rayats.
Celui-ci, que l’on appelle aussi ‘le Rabbi précédent’ insuffla la vie à ses ‘Hassidim de la lumière qui précède les mondes. Il est le sixième Rabbi de ‘Habad. Le chiffre six est d’ailleurs la valeur numérique de la lettre Vav, laquelle représente la ‘Hamcha’ha’, c’est-à-dire le fait d’attirer et de faire descendre dans notre monde inférieur les plus hauts dévoilements divins.
Aussi, le Rabbi Rayats apposa ses deux mains sur la tête du Rabbi, pour lui transmettre la profondeur de la Parole de D.ieu.
Enfin, le Rabbi, le septième Rabbi de ‘Habad, est lui-même le Moché de notre génération, l’auteur du ‘Dvar Mal’hout’. Celui qui révèle la pensée de D.ieu au point de nous inspirer le don de nous-même dans chaque acte de notre vie. Avec le Rabbi le plaisir de D.ieu peut enfin être dévoilé véritablement, et illuminer les forces de notre âme, et les mondes tout entiers.
Mais s’il fallait s’arrêter sur l’une de ses qualités, ce serait l’occasion de mentionner ici, dans le contexte de notre Paracha, du don de la Torah et des 10 Commandements, l’incroyable douceur du Rabbi.
‘Les paroles dîtes avec douceur pénètrent dans le coeur de celui qui les reçoit et y font leur effet’.
A l’évidence ces paroles du Rabbi peuvent aussi bien s’appliquer à l’Eternel qu’à lui-même.
Les mots du Rabbi pénètrent dans le coeur comme la Parole de D.ieu pénétra dans la paroi des montagnes du Sinaï.
En regardant le Rabbi, en l’écoutant, nous comprenons que ‘rien ne peut arrêter La Parole de D.ieu’, que rien ne peut arrêter la révélation de Son Essence bénie, de la venue du Machia’h et de la Délivrance finale, très bientôt et de nos jours. Avec l’aide de D.ieu.
Rav Yaakov Abergel
par hassidout | 26 Jan, 2018 – 10 Shevat 5778 | CALENDRIER, Paracha |
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Béchala’h, le Rabbi rapporte un Midrach selon lequel, seulement onze étapes séparaient l’Egypte de la Terre d’Israël, mais l’Eternel détourna Son peuple du chemin le plus direct, en les conduisant dans le désert où ils séjournèrent pendant quarante ans.
La présence des enfants d’Israël pendant une période aussi longue et dans un lieu aussi désolé, avait pour but d’élever les étincelles divines, les lumières du monde de Tohou, qui tombèrent dans le désert au moment de la brisure des vases (Chvirat ha Kélim).
Le travail de purification des étincelles divines permit aux enfants d’Israël de faire pénétrer dans ce monde de manière profonde, une lumière qui au départ se trouvait au-delà de ce monde.
C’est à cela que se rapporte le verset (Ki Tavo, 29, 3), ‘l’Eternel vous a donné un coeur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre’. Il ne s’agit pas en effet seulement de ressentir de voir et d’entendre de manière superficielle, mais bien au contraire d’accéder à une véritable et une profonde perception du divin.
L’accession à ce niveau supérieur est symbolisée par le chiffre 11. Le chiffre 11, des onze étapes qui séparaient l’Egypte de la Terre Israël, est une allusion à ce qui dépasse la nature de ce monde.
D’une part, le chiffre 10 représente la Création du monde qui a été créé en 10 Paroles, et d’autre part, le chiffre 11 représente ce qui est au-delà de la Parole divine, et donc au-delà de ce monde. L’enseignement du Rabbi est alors le suivant.
Les quarantes années passées dans le désert, qui représentent le travail de purification de la matière, permirent d’attirer dans ce monde, et de manière profonde, ‘la lumière qui entoure les mondes’, symbolisée par le chiffre 11.
Les expressions ‘Or Makif’ ou ‘Or Sovev’ désignent ‘la lumière qui entoure les mondes’.
La volonté, par exemple, est une force de l’âme ‘qui nous entoure’, du fait qu’elle n’est pas présente et révélée constamment en nous-même. Nous devons en effet la réveiller, puis l’attirer, la rapprocher de nous afin qu’elle se révèle profondément et anime nos pensées nos paroles et nos actes.
Ce travail qui consiste à révéler une chose, au départ abstraite et qui semble nous échapper, de manière à l’intégrer de manière profonde en nous-même est aussi le principe du Chant.
La Hassidout explique que ‘le Chant’ avec son refrain revient toujours sur lui-même. Le chant est à l’image de ‘la lumière qui entoure les mondes’, car il est comme un cercle qui revient toujours à son point de départ.
De fait, le Chant, nous permet d’accéder à cette ‘lumière qui nous entoure’, Or sovev. Il nous fait remonter les niveaux de l’enchaînement des mondes.
C’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que le Chant ‘Chirat Ha Yam’ inclut en lui les 42 élévations des voyages des enfants d’Israël dans le désert, et que ce chant nous permet de ressentir le lien et la fusion de notre âme avec l’Essence divine (symbolisée par le chiffre 11).
Par ailleurs le Rabbi souligne que ‘Chirat Ha Yam’ est lié au chant du roi Chlomoh ‘Chir Ha Chirim’, ‘le Cantiques des Cantiques’, que l’on appelle aussi ‘le Saint des Saints’.
Le Rabbi écrit que ‘Chir Ha Chirim’ représente ‘l’élévation (à partir) de la Séfira de ‘Hokhmah vers la Séfira de Kéter’. Autrement dit, cela signifie que ce Chant nous permet d’accéder au dévoilement de l’Essence de la Torah (le chiffre 11).
Plus encore que cela le Rabbi nous enseigne que ‘Chirat Ha Yam’ nous relie directement avec le Chant de la Délivrance, ‘Chir ‘Hadach’. En effet, celui-ci représente l’élévation la plus considérable, ‘le passage de la Séfira de Kéter à l’Ein sof béni’, l’Essence divine.
Par ailleurs, le Rabbi explique que le mot Chira (Chant) de l’expression ‘Chirat Ha Yam’ est du genre féminin, alors que le mot ‘Chir’ (Chant) de l’expression ‘Chir ‘Hadach’ est du genre masculin.
La raison est simple, ‘Chirat Ha Yam’ est écrit au féminin car bien que ce chant nous relie à la Séfira de Kéter’, il demeure cependant lié à notre exil, contrairement au chant ‘Chir ‘Hadach’ qui est le Chant de la Délivrance finale, lequel exprime la révélation de l’Essence de D.ieu dans un monde qui ne connaîtra plus l’exil.
La fusion avec l’Essence divine s’exprime vraiment dans la relation qui unit le Rabbi à son beau-père le Rabbi précédent. Le Rabbi lui-même nous enseigne que le Maître de ‘Habad dévoile l’essence de l’âme de celui qui se trouve dans ses quatres coudées. Combien cela est vrai. Il suffit pour s’en rendre compte d’observer une photo où le Rabbi se tient tout près de son beau-père. Il suffit d’admirer la douceur infinie de leurs regards, l’expression vraie de la lumière infinie de D.ieu qui brille dans leurs yeux.
Par ailleurs, sous l’inspiration de la colonne de lumière des enseignements du Rabbi, nous pouvons apporter l’enseignement suivant. La Torah unit l’esprit à la matière, elle nous permet d’unir ce monde matériel, symbolisé par le Nom divin ‘Ban’, avec l’Esprit divin, symbolisé par le Nom divin ‘Mah’.
Or, si nous ajoutons le chiffre 770 (l’adresse de la Maison du Rabbi, laquelle représente l’Essence de la Torah, la ‘Hassidout) à la valeur numérique du Nom divin ‘Ban’ qui est égale au chiffre 52, qui représente le travail de raffinement du corps, nous obtenons le chiffre 822, qui n’est autre que la valeur numérique de l’expression ‘Chir ‘Hadach’.
Puisse l’Eternel nous aider à nous attacher avec toujours plus de profondeur au Rabbi, et puisse-t-Il définitivement ‘effacer l’impureté de la terre’ afin de nous révéler Son Essence bénie, très bientôt et de nos jours avec la venue de notre Juste Machia’h.
Rav Yaakov Abergel
par hassidout | 26 Jan, 2018 – 10 Shevat 5778 | CALENDRIER, Paracha |
Loin d’une succession anarchique de phrases, l’agencement des différents versets de la Torah renferme en soi une source profonde d’enseignements. En tenant compte de cette règle, nous tenterons de comprendre l’association de deux versets qui ne présentent, à première vue, aucune similitude.
Au début de la Paracha Béchala’h, nous lisons que lors de la sortie d’Égypte, Dieu dirigea le peuple vers le désert, plutôt que de lui faire prendre un itinéraire plus court en longeant la côte. Le verset qui suit nous donne une information sans rapport avec l’indication de la route empruntée par les Enfants d’Israël : « Moïse prit avec lui les ossements (atsmot) de Joseph… »
Cette juxtaposition a suscité l’étonnement de nombreux commentateurs qui ont tenté de comprendre le lien que la Torah a voulu établir entre le désert et le personnage de Joseph. Pour la plupart, ces exégètes ont également été interpellés par l’emploi de l’expression « ossements de Joseph », plutôt que « cercueil ou corps de Joseph » à laquelle on se serait plus volontiers attendu.
Un désert spirituel
Pour résoudre toutes ces interrogations, il nous faudra lire ces deux versets au second degré. Sur le plan symbolique, le désert nous renvoie à l’idée de danger spirituel, à un lieu où la présence de Dieu est très réduite, à l’image de la vie dans le désert où la végétation est peu présente.
Bien souvent, nous sommes confrontés à des situations professionnelles, sociales ou tout simplement issues de la vie quotidienne qui peuvent nous faire trébucher. La conscience de Dieu est alors tellement absente que nous pouvons succomber à toutes sortes de tentations. Les valeurs sont totalement inversées. Le vol, la tromperie et le mensonge font, malheureusement, figure de normes.
La mer de l’assimilation
Pour battre en brèche cette attitude, il nous faut prendre « les ossements de Joseph ». Le texte emploie les mots « atsmot » pour « ossements » mais ce mot peut se lire aussi « atsmout » qui signifie « essence ». Pour éviter la chute, il faut s’inspirer de la vie exemplaire de Joseph. Il faut incarner les valeurs véritables qui furent les siennes tout au long de sa vie.
Quand Rachel nomma Joseph, elle justifia ce nom en disant que « Dieu me rajoute un autre fils ». Deux mots ici sont mis en valeur par nos Maîtres : « autre » et « fils ». Les commentateurs expliquent cette juxtaposition de la façon suivante. Tout au long de sa vie, Joseph se donna comme mission de transformer ceux qui sont « autres » en « fils ».
Et effectivement, lorsqu’on s’échappe de l’esclavage d’Égypte et de sa dépravation morale, il ne faut pas se contenter de sa propre élévation spirituelle. Il est impératif aussi de se préoccuper de tous nos frères qui sont encore éloignés de Dieu et des valeurs éthiques universelles contenues dans la Tora. Trop souvent notre prochain est « autre ». C’est-à-dire qu’il est aliéné et éloigné du Créateur et de Sa Tora. Il faut alors tout faire pour le changer en « fils » et faire en sorte qu’il quitte son désert intérieur pour le ramener vers son Père spirituel.
Nous comprenons a présent pour quelle raison la Tora a tenu à rapprocher ces deux versets au tout début du récit de la sortie d’Égypte.
Cet évènement est souvent perçu à l’échelle collective. Mais cet enthousiasme peut nous faire oublier que cette délivrance est indissociable du cheminement individuel. Celui que chacun d’entre nous doit vivre en son for intérieur. Et effectivement, lorsqu’on rencontre un autre juif pour qui il est difficile de «sortir» d’Égypte, on se doit de chercher à le «prendre par la main». Il ne faut pas qu’il se noie dans la mer de l’assimilation.
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