Vendredi 20 juin 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 18, Si’ha 4 de Chela’h – par le Rav Levi Azimov

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Chela’h – Les qualités uniques d’Israël
Source : Likouté Si’hot volume 18, quatrième Si’ha sur Chela’h

 

 

L’Essence divine d’Israël

Après la faute des Explorateurs qui refusèrent d’entrer en Terre Promise, Moché intercède auprès de D.ieu en prononçant une prière révélatrice : * »Que la puissance d’Ado-naï grandisse »*. Cette supplique dévoile des vérités profondes sur la nature unique du peuple juif.

L’erreur des Explorateurs
Les Explorateurs croyaient que D.ieu était limité par les lois naturelles qu’Il avait créées. Ils pensaient que les miracles n’étaient possibles qu’au désert et qu’en Terre Promise, il faudrait se soumettre aux contraintes naturelles face à des ennemis plus forts.

La réponse de Moché
En invoquant le Nom « Ado-naï » (qui signifie « Maître »), Moché rappelle que D.ieu reste le propriétaire absolu de toute la Création et peut transcender toutes les lois naturelles, surtout concernant Israël qui est * »une part divine d’En-Haut »*.

Les trois qualités uniques d’Israël révélées par le Zohar :

1. « D.ieu les désire » – Le but ultime de la Création
Le peuple d’Israël n’est pas un moyen vers autre chose, mais constitue la finalité même de toute la Création. Tout existe pour permettre à Israël d’accomplir sa mission spirituelle.

2. « Il est surnommé après eux » – La divinité perceptible
Chaque Juif porte une étincelle divine authentique qui demeure présente même dans la vie quotidienne. Le peuple d’Israël constitue le « surnom » de D.ieu dans ce monde.

3. « Il se glorifie par eux » – La révélation divine par excellence
Par leur service spirituel dans ce monde matériel, les Juifs révèlent la grandeur divine d’une manière impossible dans les mondes supérieurs. Ils font descendre la Présence divine ici-bas.

L’enseignement central
Ces qualités transcendent toutes les circonstances. Même quand les Juifs semblent « ordinaires » ou en exil, leur essence divine demeure intacte. Leur mission consiste précisément à révéler la divinité au cœur de la réalité matérielle, prouvant que rien n’est impossible pour D.ieu, même dans la nature.

La leçon pratique
Chaque Juif, par sa simple existence et ses actions dans ce monde, contribue à sanctifier la réalité et à révéler l’infini divin dans le fini matériel.

 

 

Vendredi 13 juin 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 13, Si’ha 1 de Behaaloteha – par le Rav Levi Azimov

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Beha’alote’ha – Les trompettes après la guerre
Source : Likouté Si’hot volume 13, première Si’ha sur Beha’alote’ha

 

 

Les Trompettes de la Victoire : Enseignements sur la Soumission Divine

Introduction

Dans la paracha Beha’alote’ha, nous découvrons un verset particulièrement riche en enseignements : « Et au jour de votre joie, et dans vos fêtes et vos Roch ‘Hodèch, vous sonnerez des trompettes pour accompagner vos holocaustes et vos sacrifices rémunératoires ; et elles vous serviront de souvenir devant votre D.ieu, Je suis l’Éternel votre D.ieu » (Nombres 10:10).

Le commentaire de Rachi sur ce verset soulève des questions fascinantes qui nous amènent à comprendre des vérités profondes sur le service divin.

Les Questions de Rachi

Rachi fait deux observations importantes qui semblent, à première vue, s’éloigner du sens littéral :

  1. Les sacrifices communautaires : Pourquoi Rachi précise-t-il que le verset parle spécifiquement de sacrifices communautaires et non individuels ?
  2. L’enseignement mystique : Pourquoi explique-t-il que ce verset enseigne les lois de Roch Hachana (Malkhoyot, Zikhronot, et Shofarot) plutôt que de s’en tenir au sens simple ?

La Clé de Compréhension : Le Contexte

La réponse se trouve dans le verset précédent qui traite de la guerre : « Quand vous irez en guerre, dans votre pays, contre l’ennemi qui vous attaque, vous sonnerez des trompettes ; votre souvenir reviendra devant l’Éternel votre D.ieu et vous serez sauvés de vos ennemis » (Nombres 10:9).

La coordination entre les deux versets révèle que « le jour de votre joie » fait référence à la joie de la victoire militaire. Ainsi, le texte nous enseigne qu’après avoir sonné les trompettes pendant la bataille, il faut également les sonner lors de la célébration de la victoire.

Enseignements Spirituels Profonds

1. La Bataille Spirituelle

Les commentateurs nous enseignent que cette guerre n’est pas seulement physique. « L’ennemi qui vous opprime » fait également allusion au mauvais penchant (yetzer hara), notre adversaire spirituel le plus redoutable.

Comme l’explique le Zohar : « L’heure de la prière est l’heure du combat » – c’est pendant nos moments de service divin que le mauvais penchant nous attaque le plus intensément.

2. La Soumission Permanente

L’enseignement central est remarquable : même après la victoire spirituelle, lorsque nous servons D.ieu avec joie et compréhension, nous devons maintenir notre humilité et notre soumission.

Les trompettes symbolisent « un cœur brisé et contrit », la nécessité de toujours implorer la miséricorde divine, même dans nos moments de réussite spirituelle.

3. L’Ordre des Sacrifices

Le verset mentionne d’abord les holocaustes puis les sacrifices rémunératoires. Cette séquence enseigne un principe fondamental :

  • L’holocauste (entièrement consumé) représente la soumission totale à D.ieu – comme la prière quotidienne
  • Le sacrifice rémunératoire (partagé avec l’offrant) représente le service avec compréhension – comme notre travail sanctifié durant la journée

On ne peut accéder au second niveau qu’après avoir maîtrisé le premier.

4. L’Importance de la Communauté

Rachi insiste sur le caractère communautaire de ces sacrifices pour nous enseigner une leçon essentielle : il ne suffit pas d’avoir une relation personnelle avec D.ieu.

Nous devons nous intégrer à la communauté, car « la prière du public est mieux agréée devant D.ieu ». Notre service divin doit inclure notre responsabilité envers autrui.

Application Pratique

Ces enseignements ont des implications concrètes pour notre vie quotidienne :

  1. Dans la prière : Maintenir l’humilité même quand nous ressentons une connexion spirituelle
  2. Dans le succès : Ne pas oublier notre dépendance envers D.ieu quand tout va bien
  3. Dans la communauté : Privilégier l’intérêt collectif à nos préoccupations personnelles
  4. Dans l’ordre des priorités : Commencer par la soumission avant de chercher la compréhension

Conclusion

Le verset des trompettes nous enseigne que la véritable victoire spirituelle ne consiste pas à éliminer définitivement nos défis, mais à maintenir constamment notre connexion à D.ieu, dans l’humilité et la reconnaissance.

Comme les trompettes qui résonnent tant dans la bataille que dans la célébration, notre service divin doit être constant, alternant entre l’effort et la gratitude, l’individuel et le communautaire, la soumission et l’épanouissement.

C’est ainsi que nous transformons chaque moment de notre existence en une occasion de nous rapprocher du Divin, en gardant toujours présent à l’esprit que nous sommes sous la protection de Celui qui est « l’Éternel votre D.ieu ».

 

Vendredi 6 juin 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur la Michna «Kol Israël» – par le Rav Levi Azimov

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Pirké Avot (Introduction) – Notre part au Monde Futur
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur la Michna « Kol Israël »

https://drive.google.com/file/d/1bGkMqm1T45SwXsFYqwFjkv4mvzren_Jg/view

Pourquoi récite-t-on « Tout Israël a une part au Monde Futur » avant d’étudier les Pirké Avot ?

La réponse en 5 points clés : 

1. Deux types de récompenses spirituelles
Gan Eden : récompense de l’étude de la Torah (inégale selon les capacités)
Monde Futur : récompense de l’action/Mitsvot (égale pour tous)

2. L’action est accessible à tous
Contrairement à l’étude intellectuelle qui révèle des niveaux différents, l’accomplissement des Mitsvot est à la portée de chaque Juif, sans exception.

3. Mission divine universelle
L’objectif n’est pas de créer une élite spirituelle, mais de transformer ce monde matériel en demeure divine – une mission qui nécessite la participation de tous.

4. Le corps juif = œuvre divine
Chaque Juif (corps ET âme) est « l’œuvre des mains » de D.ieu. Le raffinement spirituel concerne donc aussi la dimension physique et matérielle.

5. Double certitude pour tous
Aucun Juif ne peut échouer : tout corps juif finira par être raffiné
Aucun niveau n’est « trop bas » : la vraie piété consiste justement à raffiner la matérialité
La conclusion révolutionnaire

Les Pirké Avot ne s’adressent pas à une élite, mais à chaque Juif dans sa réalité quotidienne. Le travail de raffinement du caractère et des relations fait partie de la mission cosmique de transformation du monde.

Message essentiel : La spiritualité juive authentique est universelle, accessible et enracinée dans l’action concrète, pas dans la fuite du monde matériel.

 

 

Vendredi 30 mai 2025 à 10h30 : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur Pirké Avot ch. 6 – par le Rav Levi Azimov

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Pirké Avot (ch. 6) – L’impact d’une étude désintéressée
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le sixième chapitre de Pirké Avot

Question fondamentale : Si un érudit étudie la Torah de manière totalement désintéressée, pourquoi lui parler des bénéfices qu’il en retirera ? N’est-ce pas contradictoire ?

L’Innovation de Rabbi Méir

Le texte révèle que Rabbi Méir innove en expliquant que l’érudit désintéressé « mérite de nombreuses choses » – des qualités qui l’aident dans d’autres aspects du service divin.

Définition de l’Étude « Lishmah » (Désintéressée)

  • Pas pour un objectif externe, même saint
  • Uniquement pour l’étude elle-même
  • Engagement total : comme un homme d’affaires absorbé jour et nuit par son entreprise
  • L’étude devient toute son existence et son essence

Deux Catégories de Bienfaits

1. Qualités nécessitant un effort personnel

  • Humilité, crainte de D.ieu
  • Justice, piété, droiture, fidélité
  • La Torah « le revêt » de ces qualités, mais il doit travailler pour les actualiser

2. Dons naturels reçus sans effort particulier

  • Amour de D.ieu et des créatures
  • Capacité à donner de bons conseils, même dans les affaires matérielles
  • Relations harmonieuses avec autrui
  • Élévation intellectuelle générale

Enseignement Pratique

Pour ceux qui douteraient des conseils de l’érudit : Rabbi Méir rassure que précisément parce qu’il étudie de façon désintéressée, il acquiert une compréhension parfaite des réalités du monde. Ses conseils, donnés par amour et grâce à la force de la Torah, apportent certainement un profit.

Application Universelle

Le niveau d' »érudit désintéressé » est accessible à tous par :

  • L’effacement personnel au début de l’étude
  • À l’image du don de la Torah où le peuple juif a dit « nous ferons » avant « nous comprendrons »

 

 

 

Vendredi 9 mai 2025 à 10h30 : Aharei – Kedochim – Likouté Si’hot volume 17, ch. 3 des Pirkei Avot, par le Rav Levi Azimov

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Pirké Avot (ch. 3) – Respecter l’espace d’autrui
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le troisième chapitre de Pirké Avot

https://drive.google.com/file/d/1IDX2idC7–A4YBK-YxiMOrXAD1Us8K5l/view?usp=drivesdk

 

  1. La maxime sur la paix du royaume
    • Rabbi ‘Hanina enseigne de prier pour la paix du royaume, car sans la crainte qu’il inspire, « chacun avalerait son prochain tout vivant »
    • Cette notion d' »avaler son prochain » ne fait pas référence à des actes de violence physique, mais plutôt à « absorber » l’existence et l’identité d’autrui
  2. La tentation d’effacer l’autre
    • Même une personne pieuse peut être tentée de dominer son prochain moins observant
    • Paradoxalement, cette attitude peut sembler justifiée par de bonnes intentions, comme vouloir élever l’autre vers un niveau spirituel supérieur
  3. La solution : la crainte de Dieu
    • Prier pour la paix du royaume éveille la crainte du « Roi des rois » (Dieu)
    • Cette crainte divine efface le sentiment de supériorité envers autrui
    • Comme l’enseigne la liturgie : Dieu « égalise le grand et le petit »
  4. L’étude en binôme et la Présence divine
    • Rabbi ‘Hanina ben Teradion enseigne que lorsque deux personnes étudient la Torah ensemble, la Présence divine réside parmi elles
    • Cette étude ne peut atteindre sa plénitude que lorsqu’elle se fait sans sentiment de supériorité
    • La véritable étude conjointe mène à un niveau supérieur de perception de la Torah, où l’on ressent que « toute la Torah est constituée des noms du Saint béni soit-Il »

 

Vendredi 2 mai 2025 à 10h30 : Tazria – Metsora – Likouté Si’hot volume 17, ch. 1 des Pirkei Avot, par le Rav Levi Azimov

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Pirké Avot (ch. 2) – Le « métier » de Rabbi Chimon
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le deuxième chapitre de Pirké Avot

 

1. Les maximes de Rabbi Chimon ben Nethanel

  • Rabbi Chimon ben Nethanel était l’un des cinq disciples de Rabban Yo’hanane ben Zakaï
  • Il a enseigné trois maximes importantes :
    • Être scrupuleux dans la récitation du Chema et la prière
    • Ne pas faire de sa prière une obligation fixe mais plutôt des supplications
    • Ne pas se considérer comme impie à ses propres yeux

2. Le statut particulier de Rabbi Chimon ben Nethanel

  • Il était qualifié comme ayant « la Torah pour métier », à l’instar de Rabbi Chimon bar Yo’haï
  • Cette qualification explique pourquoi il devait spécifiquement avertir ses disciples d’être rigoureux avec le Chema et la prière, car lui-même, en raison de son niveau élevé, n’interrompait pas son étude pour ces pratiques

3. L’étymologie et la signification de son nom

  • Le prénom « Chimon » est lié au mot « écouter » (chemia) dans le sens de compréhension profonde
  • Cette compréhension permet l’unification totale avec la Torah, caractéristique de ceux dont « la Torah est leur métier »

4. La signification de « la Torah comme métier »

  • Expression désignant ceux qui sont constamment unis à la présence divine
  • Leur existence entière est imprégnée par la Torah
  • Ils sont principalement liés au donateur de la Torah (Dieu lui-même)

5. L’exemple de Rabbi Chimon bar Yo’haï

  • Son niveau spirituel était si élevé qu’il vivait dans un état permanent d’effacement devant Dieu
  • Il n’avait donc pas besoin du Chema pour atteindre cet état d’annulation de soi

6-7. La manifestation spirituelle chez Rabbi Chimon ben Nethanel

  • Il pouvait, comme Rabbi Yossé, révéler les secrets du « Char céleste »
  • Lors de cette révélation, l’arc-en-ciel est apparu, signe d’une haute révélation divine

8. L’enseignement final

  • Même si la présence d’un grand tsadik dispense le monde du jugement, chacun doit néanmoins faire techouva (retour à Dieu)
  • Cette techouva peut se faire sereinement, sans souffrance

 

Vendredi 25 avril 2025 à 10h30 : Chemini – Likouté Si’hot volume 17, ch. 1 des Pirkei Avot, par le Rav Levi Azimov

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Pirké Avot (ch. 1) – L’évaluation du comportement
Source : Likouté Si’hot volume 17, Si’ha sur le premier chapitre de Pirké Avot

 

Introduction

  1. Objectif des Pirké Avot : Développer la piété au-delà de l’obligation légale
  2. Contexte : Les maximes des pères visent à guider vers un comportement pieux

Les trois maximes de Chamaï

  1. Faire de la Torah une occupation fixe : Établir l’étude comme activité principale
  2. Parler peu et agir beaucoup : Privilégier l’action concrète sur les paroles
  3. Accueillir chacun avec bienveillance : Maintenir des relations sociales positives

Interprétation des maximes

  1. Relation avec la loi standard : Ces maximes semblent relever de la Halakha mais s’inscrivent dans une démarche de piété
  2. Les trois piliers du monde : Torah, Service divin, Bienfaisance – comment les concilier
  3. L’étude approfondie : Ne pas se limiter à la connaissance de la Halakha pratique
  4. L’importance de l’équilibre : Savoir gérer son temps et ses capacités

Signification profonde

  1. Le nom « Chamaï » : Évoque l’évaluation et la mesure réfléchie
  2. Unité fondamentale : « Israël, la Torah et Dieu ne font qu’un »
  3. Vision messianique : Préparer l’ère où la Halakha suivra l’opinion de Beit Chamaï

 

Vendredi 28 mars 2025 à 10h30 : Kovets Pekoudei – Likouté Si’hot volume 26, Si’ha 2, par le Rav Levi Azimov

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Pekoudé – Précision infinie : le compte de Moché
Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Pekoudé

1. Les comptes du Tabernacle

Le texte commence par analyser les versets de Pekoudei 38:21 qui décrivent les comptes du Tabernacle établis par Moché, et la mention de Betsalel et Aholiav comme maîtres d’œuvre. La paracha détaille les comptes précis des matériaux utilisés pour le Tabernacle.

2. Question sur le décompte de l’or

Le document soulève une interrogation: pourquoi Moché n’a-t-il pas présenté le décompte des dépenses d’or? D’après le Kli Yakar, Moché ne pouvait pas encore comptabiliser l’or car une partie servait aux vêtements sacerdotaux qui n’étaient pas terminés. Le Midrach rapporte également que lorsque Moché voulut rendre compte de l’argent, il manquait 1775 sicles, jusqu’à ce qu’une voix divine confirme leur utilisation pour les crochets, prouvant ainsi l’honnêteté de Moché.

3. La répétition des maîtres d’œuvre

L’analyse explique pourquoi le texte mentionne à nouveau Betsalel et Aholiav. Selon Rachi, le verset souligne que Betsalel exécuta « tout ce que D.ieu ordonna à Moché » – même ce que Moché ne lui avait pas explicitement communiqué.

4. La propriété collective du Tabernacle

Un point fondamental est soulevé: le Tabernacle devait appartenir entièrement à la communauté d’Israël. Rachi explique qu’il servait de « témoignage pour Israël que D.ieu avait renoncé à les punir pour la faute du veau d’or ». Tous les matériaux devaient donc devenir la propriété collective, sans rester liés aux individus qui les avaient donnés. Ce transfert s’effectuait en apportant tous les matériaux à Moché, chef de tout Israël.

5. Le statut des maîtres d’œuvre

D’après le Tsafnat Panea’h, les maîtres d’œuvre ne recevaient aucun salaire et apportaient donc quelque chose de leur propre bien. Cela exigeait d’être formellement remis à la communauté, car tant que leur nom restait associé aux objets, le transfert n’était pas complet.

6. Exception pour les vêtements sacerdotaux

Les vêtements sacerdotaux n’étaient pas soumis à la même exigence de « transfert de propriété » car ils n’étaient confectionnés qu’après l’achèvement du Tabernacle et ne faisaient pas partie de sa structure.

7. Le rôle unique de Moché

Deux raisons supplémentaires sont données pour expliquer pourquoi le « transfert de propriété » devait passer par Moché:

  • Moché était le seul à n’avoir aucune association avec la faute du veau d’or
  • Le Tabernacle avait une dimension éternelle parce qu’il était l’œuvre de Moché

8. La pérennité par l’union avec Moché

Le terme « Pekoudé » (comptes) est lié étymologiquement au terme talmudique « Lifkod » (s’unir à sa femme). Le fait que le Tabernacle soit « compté » par Moché établit une union entre Moché et le Tabernacle, créant une seule réalité.

9. L’unification du fini et de l’infini

L’enseignement profond révélé est que le Tabernacle avait pour fonction d’unifier des éléments limités avec l’infini divin. La Guemara Yoma 21a mentionne que « l’Arche Sainte n’occupe pas de place » – illustrant comment l’infini peut résider dans le fini. C’est précisément cette unification du limité et de l’illimité, de la précision comptable et de l’union spirituelle, qui constitue l’essence du Tabernacle.

 

Vendredi 21 mars 2025 à 10h30 : Kovets Vayakhel – Likouté Si’hot volume 31, Si’ha 1, par le Rav Levi Azimov

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Vayakhel – Les « piquets » d’une éducation stable
Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Vayakhel

Le mystère des piquets du Tabernacle

Dans la Paracha Vayakhel, Rachi explique la fonction des piquets du Tabernacle : « Pour enfoncer et fixer au sol les extrémités des tentures, pour qu’elles ne bougent pas par le vent. » Cette explication peut sembler superflue, puisque Rachi avait déjà longuement décrit ces piquets dans la Paracha Terouma.

Pourtant, cette répétition recèle un enseignement profond. Comme le souligne le Likouté Si’hot, la Paracha Vayakhel ne mentionne que les éléments du Tabernacle nécessitant l’expertise des « Sages du cœur » (Hakhmé Lev). La présence des piquets dans cette liste révèle qu’eux aussi requéraient une telle expertise, bien qu’ils puissent sembler secondaires.

L’exigence du détail dans la construction du sacré

Rachi précise que les piquets faisaient partie intégrante des tentures elles-mêmes. Sans ces piquets, les tentures auraient été instables, ballottées par le vent. Cette précision n’est pas anodine : les « Sages du cœur » ne se contentaient pas de créer les éléments principaux, mais veillaient à les parfaire jusque dans leurs moindres détails.

L’insistance de Rachi sur le fait que les piquets étaient « enfoncés » dans le sol (et non simplement suspendus) souligne leur rôle fondamental dans la structure du Tabernacle. Ils ne constituaient pas un élément accessoire, mais assuraient l’ancrage solide des tentures à la terre, garantissant ainsi la stabilité de l’ensemble.

L’éducation : un édifice à parfaire jusqu’aux moindres détails

Cet enseignement se transpose parfaitement au domaine de l’éducation. Comme le rappelle Maïmonide, chaque Sage d’Israël a l’obligation d’enseigner à tous les disciples, même s’ils ne sont pas ses enfants biologiques. Mais le devoir de l’éducateur ne s’arrête pas à la simple transmission du savoir.

Le véritable « Sage du cœur » dans l’éducation est celui qui veille à ce que ses élèves soient accomplis dans tous les détails. Il ne néglige aucun aspect de leur formation, même ceux qui pourraient sembler secondaires ou périphériques – tels des « piquets » et des « cordages » – car c’est précisément cette attention aux détails qui garantira la stabilité future du disciple.

La stabilité face aux vents contraires

Seul un disciple dont l’éducation a été « achevée » jusque dans ses aspects les plus extérieurs pourra rester ferme face aux « vents » qui soufflent dans le monde. Cette complétude de l’éducation est le signe que l’enseignement du maître a véritablement imprégné l’élève jusque dans les moindres recoins de sa personnalité.

Comme nous le rappelle Rachi dans son commentaire sur Ekev : « Une Mitsva n’est attribuée qu’à celui qui l’achève. » De même, la réussite éducative n’est pleinement accomplie que lorsque le maître a veillé à parfaire chaque détail de la formation de son disciple.

Notre génération : les « piquets » qui achèvent l’œuvre

Ce message est particulièrement encourageant pour notre génération, celle qui précède la venue du Machia’h. Bien que nous puissions nous considérer comme les « talons » par rapport aux générations précédentes, c’est précisément notre rôle d’achever le raffinement du monde qui est déterminant.

Tels les piquets qui fixent fermement les tentures au sol, notre génération a pour mission d’ancrer solidement l’œuvre spirituelle des générations précédentes. Ce travail d’achèvement, même s’il peut sembler modeste, est celui qui permettra finalement d’amener la Délivrance véritable et complète par notre juste Machia’h.

En conclusion, l’attention aux détails que nous portons dans notre service divin et dans la transmission de nos valeurs constitue la garantie de leur pérennité. Ne négligeons pas les « piquets » qui assurent la stabilité de notre édifice spirituel, car c’est par eux que nous achèverons l’œuvre et mériterons la Rédemption finale.

 

Vendredi 7 mars 2025 à 10h30 : Kovets Tétsavé – Likouté Si’hot volume 26, Si’ha 2, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 7 mars 2025 à 10h30 : Kovets Tétsavé – Likouté Si’hot volume 26, Si’ha 2, par le Rav Levi Azimov

En direct, chaque vendredi, étude du Likoutei Si’hot
avec le Rav Levi Azimov de 10h30 – 11h30
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Tetsavé – Tradition et archéologie
Source : Likouté Si’hot volume 26, deuxième Si’ha sur Tetsavé

 

  • La controverse du Tsits : Une divergence existe entre la tradition talmudique, qui affirme que l’inscription « Saint pour D.ieu » sur le Tsits était gravée sur deux lignes, et le témoignage de Rabbi Eliezer ben Rabbi Yossi qui déclare avoir vu à Rome un Tsits avec l’inscription sur une seule ligne.
  • La position de Maïmonide : Il concilie ces positions en statuant que l’idéal est d’avoir l’inscription sur deux lignes, mais qu’une inscription sur une seule ligne reste valide a posteriori.
  • Parallèle avec la Menorah : Une controverse similaire existe concernant la forme des branches de la Menorah (candélabre), droites selon la tradition, alors que l’Arc de Titus à Rome montre des branches courbes.
  • Trois approches explicatives :
    • Selon le Meïri : L’objet vu à Rome n’était pas le véritable Tsits du Temple
    • Selon Maïmonide : Il s’agissait d’un Tsits valide mais non idéal
    • Selon le Likouté Si’hot : Il pouvait s’agir d’une imitation ou d’un leurre
  • Enseignement : Les découvertes archéologiques, même appuyées par des témoignages oculaires, ne peuvent pas remettre en question la tradition massorétique transmise de génération en génération depuis Moïse. Les objets trouvés peuvent être des copies ou avoir été mis de côté précisément parce qu’ils n’étaient pas conformes.

 

Vendredi 28 février 2025 à 10h30 : Kovets Terouma – Likouté Si’hot volume 31, Si’ha 1, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 28 février 2025 à 10h30 : Kovets Terouma – Likouté Si’hot volume 31, Si’ha 1, par le Rav Levi Azimov

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Terouma – Le Ta’hach תחַּשַׁ et les coutumes juives
Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Terouma

 

Cette Si’ha analyse le Ta’hach mentionné dans Exode 25:3, qui a été utilisé dans la construction du Tabernacle. L’analyse explore plusieurs interprétations :

  1. L’interprétation de Rachi : Rachi identifie le Ta’hach comme une espèce animale unique qui n’a existé que temporairement et qui possédait plusieurs couleurs. Il base cette interprétation sur la traduction d’Onkelos « Sassgona », indiquant un animal qui « se réjouit et se glorifie de sa polychromie ».
  2. Sources talmudiques : Plusieurs sources sont citées, notamment :
    • Talmud Chabbat 28b : Décrit le Ta’hach comme une créature unique avec une corne sur le front
    • Talmud de Jérusalem : Mentionne des opinions divergentes – certains disent qu’il s’agit de peaux colorées, d’autres qu’il s’agissait d’un animal miraculeux
    • Midrach Tan’houma : Le décrit comme un grand animal pur avec six couleurs
  3. Analyse linguistique : La formulation dans le verset « et des peaux de Ta’hach » (plutôt que « peaux teintes en Ta’hach ») prouve qu’il s’agit d’une espèce animale et non d’une couleur.
  4. Signification spirituelle : Lien entre la nature polychrome du Ta’hach et des concepts plus profonds :
    • Les offrandes animales sont considérées comme plus importantes que les offrandes végétales
    • Les couleurs étant intrinsèques à l’animal (non ajoutées ultérieurement) symbolisent comment même les aspects extérieurs font partie de la création divine
    • La relation entre toute existence et « la vérité de Son existence » (Dieu comme source de toute vie)
  5. Application pratique : La Si’ha conclut en comparant les trois dimensions du Ta’hach aux trois dimensions de chaque mitsva :
    • L’acte lui-même (commun à tous)
    • L’intention intérieure (kavana, qui varie selon chaque personne)
    • L’embellissement (hidour) et les détails, particulièrement liés aux coutumes juives (minhagim)

L’enseignement final souligne l’importance de respecter scrupuleusement les coutumes juives, car certaines ont des racines spirituelles encore plus élevées que certaines lois explicites de la Torah.

 

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 3/5) – Rav Lévi Azimov

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 3/5) – Rav Lévi Azimov

 

 

Une fois que mes parents sont arrivés en France, la Rebbetzin est restée proche et en contact avec ma mère, d’abord par téléphone. Je ne sais pas si c’était très souvent, mais en tout cas elle était en contact avec elle par téléphone, et à chaque fois que ma mère voyageait chez le Rabbi, elle appelait la Rebbetzin à la maison et la Rebbetzin lui demandait de venir la visiter.

Au début, en effet, elle y allait avec mon père. Après le mariage général, elle allait seule. C’est là où, dans une des rencontres, la Rebbetzin lui a dit : « Nous avons labouré, nous avons semé, et vous devez juste récolter. » Cette phrase, ma mère l’a répétée assez souvent. Et en 1992, 20 ans plus tard, lorsque le Rabbi avait parlé un Chabbat entier sur l’importance du travail qui a été fait en France, ceux qui ont préparé la Siha ont ajouté dans les notes cette phrase que la Rebbetzin avait dite à ma mère.

Le Rabbi a validé, puisque le Rabbi corrigeait toutes les notes qui lui étaient soumises sur les Sihot. Et de là est venue cette fameuse phrase que le Rabbi et la Rebbetzin, en étant là ici à Paris, ils ont « labouré, ils ont semé », et il reste uniquement le travail de « récolter », de cueillir le travail qui a été déjà fait par leur présence ici à Paris.

À travers les années, elle s’est beaucoup renseignée et a encouragé tout ce qui était en train de se faire. Parmi les choses que ma mère nous a racontées, c’était que eux, ils sont arrivés là en 1968. Ma mère a donc appris le français, et 7-8 ans plus tard, le Rabbi a envoyé encore cinq familles en France : Lyon, Marseille, Toulouse, Nice, Cannes, Metz, Nancy. Ces familles sont venues s’installer ici. Les Chlou’him parlaient déjà français, mais opas toutes les Chlou’hot.

Et lorsque ma mère est partie visiter la Rebbetzin, elle lui a dit dans la maison que ce n’était pas évident pour tous ces jeunes couples qui sont venus maintenant s’installer en France et qui ne parlaient pas forcément la langue. Ils se trouvaient dans des endroits, ils ont quitté leur maison – c’était, si on peut dire, les premières années que le Rabbi envoyait des Chlou’him, il y a 50 ans en arrière.

Et c’est là où ma mère dit à la Rebbetzin : « Oui, mais c’est l’éducation que nous avons reçue dans notre jeune âge, d’être prêts à partir faire ce que le Rabbi nous demande. » La Rebbetzin lui a dit : « Oui, ton père qui était donc en Russie, qui était en Sibérie pendant 4 ans, oui, c’est ce que lui il a vécu, c’est ça l’éducation que lui il a donnée. Mais pas toutes celles qui sont venues maintenant s’installer ont eu cette éducation. Elles ont vécu avec un certain confort, et pour elles, faire ce choix et partir habiter dans un coin perdu où il n’y a rien, c’est un énorme effort. »

Et on voyait vraiment, si on peut dire, ce souci, cette inquiétude, comment leur venir en aide, comment les renforcer. Et ça rejoint que lorsque le Sefer Hashluchim, le livre de tous les Beth Habad, est sorti dans le monde avec les photos des familles, une des premières pages de ce livre il y a une photo d’elle y figure dans les premières pages, accompagnée d’un texte, validé par le Rabbi, témoignant de sa sollicitude permanente envers les émissaires.

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 3/5) – Rav Lévi Azimov

22 Chevat : Anecdotes sur la Rebbetzin Haya Mouchka (épisode 2/5) – Rav Lévi Azimov

 

 

Quelques anecdotes à propos du mariage de mes parents. Mes parents se sont fiancés à la fin du mois de Av. Ma mère a voyagé à New York. À cette époque, elle était à New York et son père, qui était l’envoyé du Rabbi, avait l’habitude de voyager dans plusieurs endroits pour parler et ramasser la tzedaka – c’était son activité. Il était censé voyager juste lorsque ma mère était revenue.

Elle a appelé la Rebbetzin pour lui annoncer qu’elle était devenue Kallah (fiancée). La Rebbetzin lui a donné toutes les brakhot (bénédictions) et lui a dit : « Je m’imagine que ton père va rester un petit peu avec toi maintenant, il ne va pas partir tout de suite comme prévu. »

En effet, mon grand-père est resté à New York. Ma mère racontait toujours : « Est-ce que c’était ce qui était prévu ? Elle ne sait pas, mais elle a compris que ça devait être une des choses que la Rebbetzin a organisées. » Lorsqu’elle est revenue et qu’elle venait de se fiancer, comme elle n’avait pas sa mère, son père a pu rester un petit peu avec elle pour la conseiller et partager avec elle cette joie et cette simcha (réjouissance). Cette idée montrait toujours l’attention que la Rebbetzin portait à chacun dans le moindre détail, comment la personne perçoit une simcha, comment la personne vit un moment de joie.

Une autre épisode intéressante : elle est entrée chez la Rebbetzin le jour du mariage pour recevoir sa brakha. La Rebbetzin l’a reçue et à un moment lui a dit : « Je suis toute la journée à la fenêtre pour voir s’il ne pleut pas. » Cela veut dire que ce n’était pas juste un mot gentil, mais vraiment elle se souciait que la ‘houpa se passe comme il faut. Elle lui disait que toute la journée, elle était à la fenêtre en train de regarder et de voir comment la ‘houpa allait se dérouler.

Après, ma mère m’a dit qu’on ne savait pas jusqu’à la dernière minute si le Rabbi allait faire le siddour kiddoushin ou pas. Finalement, il ne l’a pas fait, mais c’était aussi peut-être une allusion que la Rebbetzin lui faisait qu’il y avait des chances que le Rabbi vienne sous la ‘houpa.

Un autre point intéressant était que le mariage a eu lieu comme le Rabbi disait souvent qu’il voulait qu’un mariage hassidique soit toujours avec un farbrengen, comme c’était à l’époque. Donc le mariage de mes parents a continué avec un long farbrengen toute la nuit.

Ils sont rentrés un peu après le mariage, ils avaient amené avec eux des photos et une des choses que la Rebbetzin leur a dit : « J’ai entendu qu’il y avait un grand farbrengen après le mariage. » Elle avait l’air très très contente que ça ait été comme il le fallait – un vrai mariage comme on a toujours connu, un mariage hassidique accompagné d’un farbrengen.

En ce qui concerne les photos, mes parents avaient amené un petit album photo. La Rebbetzin a commencé à regarder les photos et une des choses intéressantes, c’est qu’elle a demandé si elle pouvait récupérer trois photos de cet album. Une des photos que ma mère me racontait toujours, c’était les photos montrant comment le ‘hatan (mon père) disait le maamar en kabbalat panim. Et le point qu’elle a retenu de ça, c’était que la Rebbetzin, peut-être en prenant cette photo, était en train de leur montrer qu’un des points importants dans un mariage, c’est le ‘hatan et le maamar.

 

 

Vendredi 21 février 2025 à 10h30 : Kovets Michpatim – Likouté Si’hot volume 36, Si’ha 3, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 21 février 2025 à 10h30 : Kovets Michpatim – Likouté Si’hot volume 36, Si’ha 3, par le Rav Levi Azimov

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Michpatim – Les « bassins » de l’alliance divine
Source : Likouté Si’hot volume 36, troisième Si’ha sur Michpatim

 

« Les bassins de l’Alliance divine : Une analyse approfondie »

1. Le contexte dans la Torah
La Torah décrit les préparatifs du Don de la Torah, où Moïse prend le sang des sacrifices, le divise en deux, place une partie dans des bassins et asperge l’autre sur l’autel. Il utilise ensuite ce sang pour asperger le peuple, marquant ainsi l’alliance avec Dieu.

2. L’interprétation de Rachi
Rachi explique que deux bassins distincts furent utilisés :
– Un pour le sang des offrandes d’élévation (‘Ola)
– Un pour le sang des offrandes de paix (Chelamim)
Cette division servait à l’aspersion sur le peuple pour sceller l’alliance, accompagnée de la circoncision et du bain rituel.

3. Une innovation unique
La division égale du sang en deux moitiés est présentée comme un acte inédit. Bien que la répartition du sang des sacrifices soit courante, la division précise en deux parts égales est exceptionnelle ici.

4. Le concept d’Alliance
Le ‘Hizkouni compare cette division à la tradition de couper un animal en deux pour sceller une alliance, faisant référence à l’alliance d’Abraham. Cette pratique symbolique représente l’engagement mutuel des parties.

5. L’approche particulière de Rachi
Rachi se concentre sur les « deux bassins » plutôt que sur la division du sang elle-même, suggérant que seul le sang destiné au peuple fut placé dans ces récipients.

6. La signification profonde
Les deux types de sang représentent deux aspects de l’alliance :
– Le sang de l’offrande d’élévation : la part divine
– Le sang des offrandes de paix : la part d’Israël

7. Une alliance unique
Cette méthode d’alliance par aspersion du sang représente une innovation par rapport à l’alliance traditionnelle qui nécessitait de passer entre les morceaux d’un animal divisé.

8. L’enseignement final
Cette alliance du Don de la Torah représente un niveau supérieur d’union avec Dieu, permettant une fusion totale plutôt qu’une simple soumission, symbolisée par l’unification des différents types de sang sur le peuple.

 

Vendredi 7 février 2025 à 10h30 : Kovets Bechala’h – Likouté Si’hot volume 31, 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Bechala’h – L’inspiration fusionnelle de la Chira
Source : Likouté Si’hot volume 31, première Si’ha sur Bechala’h

 

L’origine et la forme du cantique

La Chira, le cantique chanté par les Israélites après la traversée de la mer Rouge, représente un moment unique d’unité spirituelle. Selon le texte, ce chant fut entonné de manière particulière, avec trois approches différentes rapportées par les Sages :
1. La version de Rabbi Akiva : Moïse chantait d’abord, puis le peuple répondait par des refrains courts, à la manière d’un chant responsorial.
2. L’interprétation de Rabbi Eliezer : Le peuple répétait chaque verset après Moïse, comme un écho.
3. La vision de Rabbi Néhémia : Tout le peuple chanta simultanément, dans une parfaite harmonie.

Le rôle central de Moïse

La fonction unique du leader spirituel
Le texte souligne le rôle essentiel de Moïse comme initiateur du cantique. Cette position n’est pas anecdotique mais reflète sa fonction unique de « Chef de la génération » (Nassi HaDor). Le texte explique que Moïse possédait la capacité unique de révéler le « point de judéité » (Nekoudat HaYahadout) présent en chaque Juif.

L’unification à travers le leadership

Le texte développe une analogie intéressante en comparant Moïse au cœur du corps : tout comme le cœur distribue le sang de manière égale à tous les organes, Moïse avait la capacité de transmettre une vitalité spirituelle uniforme à tout le peuple.

Les trois niveaux d’unité
Le texte présente une progression dans les niveaux d’unité possibles :
1. L’unité fraternelle : Le niveau basique où les Juifs sont unis comme des frères
2. L’unité corporelle : Un niveau plus profond où le peuple fonctionne comme un seul corps
3. L’unité essentielle : Le niveau le plus élevé où l’unité transcende toute différenciation

La joie comme catalyseur

Un aspect particulièrement intéressant est le rôle de la joie dans cette expérience d’unité. Le texte mentionne que « la joie brise toutes les barrières », suggérant que l’état émotionnel positif facilita cette unification spirituelle extraordinaire.

Implications contemporaines

Le texte conclut sur une note messianique, faisant référence à une « Dixième Chira » future qui sera chantée lors de la rédemption finale. Cette perspective suggère que l’unité atteinte lors de la Chira originelle sert de modèle pour l’unité spirituelle à laquelle le peuple juif aspire.

Conclusion

La Chira représente bien plus qu’un simple cantique de victoire. Elle illustre la capacité du peuple juif à atteindre une unité spirituelle transcendante sous la direction du leader authentique, créant ainsi un paradigme d’unité qui résonne à travers les générations.

 

Vendredi 31 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Bo – Likouté Si’hot volume 36, Si’ha sur Roch ‘Hodèch Chevat, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 31 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Bo – Likouté Si’hot volume 36, Si’ha sur Roch ‘Hodèch Chevat, par le Rav Levi Azimov

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Roch ‘Hodèch Chevat – La Torah en soixante-dix langues
Likouté Si’hot volume 36, Si’ha sur Roch ‘Hodèch Chevat

 

Quand Moïse traduisit la Torah en 70 langues

Le 1er Chevat de l’an 2488 du calendrier hébraïque, un événement mémorable se produisit : Moïse, sur le point d’achever sa mission, entreprit d’expliquer la Torah au peuple juif en 70 langues différentes (Devarim 1,3 et Rachi).

Pourquoi une telle démarche ? Certains commentateurs suggèrent que Moïse voulait ainsi s’assurer que tous, y compris ceux qui ne maîtrisaient pas l’hébreu, puissent comprendre les enseignements de la Torah. D’autres y voient une anticipation de l’exil à venir parmi les nations, afin que les juifs puissent continuer à étudier la Torah où qu’ils soient (Levouch et Imrei Shefer).

Cependant, cela soulève une question : la Torah, parole divine, n’est-elle pas intrinsèquement liée à la langue sacrée ? Étudier et transmettre la Torah dans une autre langue ne risque-t-il pas d’en altérer le caractère divin ?

C’est tout le contraire, enseigne le Rabbi de Loubavitch. En traduisant lui-même la Torah dans les langues des nations, Moïse leur conféra un statut sacré. Ainsi, celui qui étudie ou transmet des paroles de Torah dans une autre langue énonce bel et bien des paroles saintes !

De plus, en inscrivant la Torah sur les pierres du mont Ebal dans toutes les langues (Devarim 27,8), Moïse montra que même couchées par écrit dans un autre alphabet, les paroles de Torah conservent leur sainteté.

Cette démarche prend tout son sens à la lumière du livre de Devarim, qui n’est autre que le « Michné Torah » (Deutéronome), la répétition de la Torah par Moïse. Bien qu’inspiré par D.ieu, il fut énoncé par Moïse « de lui-même ». Pourtant, il fait partie intégrante de la Torah ! De même, les livres des Prophètes et les Hagiographes, fruits d’une inspiration divine, sont eux aussi « Torah ».

Là est le fondement de la Torah orale : sa révélation se fait par l’homme, mais son contenu reste parole divine. C’est le sens profond de l’entreprise de Moïse : même énoncée en 70 langues, passant par le prisme de l’intellect humain, la Torah demeure sacrée.

Le Rabbi précédent, rappelé à D.ieu le 10 Chevat, fit de la traduction des enseignements de la ‘Hassidout un axe majeur de son action, afin que la partie la plus profonde de la Torah touche chaque juif dans sa langue et révèle la partie divine de son âme, hâtant ainsi la venue de Machia’h.

En ce jour anniversaire, puissions-nous nous aussi diffuser la lumière de la Torah au plus grand nombre, en l’adaptant à chacun, afin d’éclairer le monde et préparer la Délivrance prochaine !

 

Vendredi 24 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Vaéra – Likouté Si’hot volume 36,  1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 24 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Vaéra – Likouté Si’hot volume 36, 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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La Plaie des Ulcères :
Une Manifestation Unique de la Puissance Divine
Likouté Si’hot volume 36, 1ère Si’ha

 

 

La plaie des ulcères (Che’hine) représente un moment charnière dans la série des dix plaies d’Égypte. Cette étude, basée sur le Likouté Si’hot (volume 36), analyse ses caractéristiques uniques et sa signification profonde.

Caractéristiques Distinctives

Une Action Directe
Contrairement aux autres plaies où l’action de Moïse ou d’Aaron était suivie d’effets immédiats, la plaie des ulcères impliquait un processus en deux temps :
– Moïse jette la suie qui se répand d’abord sur l’Égypte
– La suie cause ensuite les ulcères

Un Paradoxe Intentionnel
Cette plaie présente une dualité remarquable :
– Apparence naturelle : utilisation de suie de fournaise
– Réalité miraculeuse : la suie froide produit des inflammations

Impact sur les Magiciens
L’effet sur les magiciens fut sans précédent :
– Avant : simple reconnaissance du « doigt de D.ieu »
– Après les ulcères : incapacité totale à se tenir devant Moïse

Signification

Progression Divine
La séquence des plaies révèle une stratégie divine :
1. Plaies imitables par les magiciens
2. Plaies dépassant leurs capacités
3. Plaies sans action humaine visible

Message Universel
Cette plaie démontre que D.ieu peut :
– Maîtriser les forces naturelles
– Combiner nature et miracle simultanément
– Manifester Sa puissance de manière subtile et évidente

Conclusion

La plaie des ulcères illustre parfaitement la capacité divine à transcender la dichotomie entre naturel et miraculeux, établissant ainsi Sa souveraineté absolue sur la création.

 

Vendredi 17 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Chemot – Likouté Si’hot volume 11,  1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 17 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Chemot – Likouté Si’hot volume 11, 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Délivrance individuelle et collective
Source : Likouté Si’hot volume 11, première Si’ha sur Chemot

 

1. Le Dialogue Initial (שמות ג, יג)

Dans ce passage fondamental, Moïse interroge D.ieu sur Son nom, et reçoit la réponse énigmatique « Je serai Celui que Je serai » (אהיה אשר אהיה). Le Midrash explique une distinction cruciale : D.ieu agit différemment avec les individus et avec le collectif. Pour les individus, Il respecte leur libre arbitre, mais pour le collectif, Il peut agir « même contre leur gré ».

2. Les Deux Types de Délivrance

A) La Sortie d’Égypte :
– Caractérisée par une approche collective
– Certains individus qui ne voulaient pas sortir sont morts pendant les plaies (notamment pendant celle de l’obscurité)
– La libération était principalement collective, même si certains individus n’étaient pas méritants

B) La Délivrance Future :
– Plus personnalisée et individuelle
– D.ieu « prendra chacun par la main »
– Même les « perdus » et « relégués » seront sauvés
– Basée sur une transformation intérieure (techouva)

3. Le Changement Fondamental après le Don de la Torah

Le texte explique qu’un changement radical s’est opéré après le don de la Torah :
– Avant : possibilité d’être exclu de la délivrance (comme lors de la sortie d’Égypte)
– Après : chaque Juif a une connexion essentielle avec D.ieu qui ne peut être rompue
– Cette connexion est décrite comme venant de « l’Essence même » de D.ieu

4. Le Paradoxe du « Racha » (L’Impie)

Le texte aborde le cas particulier du « racha » (l’impie) :
– Dans la Haggadah : « S’il avait été là-bas (en Égypte), il n’aurait pas été délivré »
– Mais pour la délivrance future : même l’impie sera sauvé
– Cette différence s’explique par le don de la Torah qui a créé un lien indissoluble

5. La Notion de Choix Divin

Un point crucial du texte concerne le choix divin :
– Au moment du don de la Torah, D.ieu a « choisi » le peuple juif
– Ce choix est décrit comme plus profond qu’une simple préférence naturelle
– Il créé une connexion essentielle qui transcende le comportement extérieur

Conclusion :
Le texte présente une évolution remarquable dans la conception de la délivrance : d’une approche principalement collective lors de la sortie d’Égypte vers une approche qui combine le collectif et l’individuel dans la délivrance future, garantissant que personne ne sera laissé de côté, grâce au lien essentiel créé lors du don de la Torah.
Cette perspective offre un message d’espoir : malgré les apparences extérieures, chaque Juif possède une connexion intérieure profonde avec le divin qui finira par se manifester, menant à une délivrance à la fois personnelle et collective.

Vendredi 10 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Vaye’hi – Likouté Si’hot volume 20,  1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

Vendredi 10 janvier 2025 à 10h30 : Kovets Vaye’hi – Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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LA RÉVÉLATION DU TEMPS MESSIANIQUE :
LE DESSEIN CACHÉ DE YAAKOV

Source : Likouté Si’hot volume 20, 1ère Si’ha

Pourquoi Yaakov voulait-il révéler la fin des temps à ses enfants et quelle est la signification profonde de ce refus divin ? Une analyse des commentaires traditionnels éclaire d’un jour nouveau cet épisode mystérieux et ses implications contemporaines.

À l’approche de sa mort, Yaakov notre patriarche rassemble ses enfants avec une intention précise : leur dévoiler la date de la rédemption finale. Mais au moment crucial, la présence divine se retire, l’empêchant de réaliser son projet. Cette scène, rapportée dans le Talmud, soulève une question fondamentale : quel intérêt y avait-il à révéler une échéance si lointaine ?

La réponse est surprenante. Selon une analyse approfondie des sources, Yaakov ne cherchait pas à annoncer une date distante mais à partager une possibilité immédiate : la sortie d’Égypte elle-même pouvait devenir la rédemption finale si le peuple s’en montrait digne.

« La délivrance divine a deux temporalités possibles », explique la Guemara : « en son temps » ou « accélérée » selon le mérite du peuple. Yaakov espérait que la révélation de cette possibilité motiverait ses enfants à intensifier leurs efforts spirituels pour mériter une rédemption anticipée.

Pourquoi alors cette révélation fut-elle empêchée ? Les commentateurs expliquent que le service divin atteint sa perfection précisément lorsqu’il émane d’un effort personnel, sans être motivé par une connaissance extérieure. Comme l’enseigne le Talmud : « Un homme préfère une mesure acquise par son propre effort à neuf mesures reçues d’autrui. »

RÉSONANCES CONTEMPORAINES

Cette histoire trouve un écho particulier à notre époque. Comme le soulignent nos Sages, « tous les délais sont dépassés » et la rédemption ne dépend plus que de nos actes. L’aspiration messianique et l’engagement personnel qu’elle suscite demeurent aussi pertinents aujourd’hui qu’à l’époque de Yaakov.

Le désir de Yaakov n’est pas resté lettre morte. Sa volonté de révélation a ouvert pour chaque Juif la possibilité d’accéder à une forme de « libération » personnelle – du joug des nations comme des entraves intérieures – à travers un service divin authentique et engagé.