Le Rabbi, nous le savons par diverses sources, était bien au courant de cet important débat qui avait des ramifications critiques sur l’avenir de la psychanalyse et de la thérapie. Dans une lettre du 31 mai 1962 (27 Iyar 5722), il déplore le fait que certains psychiatres et psychologues ressentent le besoin de commencer à « traiter leurs patients en parlant contre D-ieu, contre le respect d’une réalité supérieure, contre le respect d’un père et d’une mère, etc. Nous devons faire des recherches et examiner dans quelle mesure les avantages de ce type de traitement sont importants ? Et même si cela est important, cette approche ne se retourne-t-elle pas contre nous au fil du temps ? ».
« Il est évident, poursuit le Rabbi dans cette lettre, que certains médecins ont aidé et guéri leurs patients de manière directe, d’autant plus qu’un professeur a trouvé le courage de son âme pour déclarer et annoncer que contrairement à l’opinion du célèbre fondateur de la psychanalyse – la foi en D-ieu, et une inclination religieuse en général, qui donne un sens à la vie, etc. etc. est l’un des moyens les plus efficaces de guérison etc.
« Néanmoins, pour plusieurs raisons, cette philosophie n’a pas pénétré le courant dominant de ces médecins… »
Il est clair que le Rabbi fait référence au courage d' »un professeur », Victor Frankl, qui s’est opposé à l’école freudienne et a déclaré que la découverte du sens de la vie est la cause première du bien-être et de la santé émotionnelle. Comme nous l’avons vu, une partie de ce courage a été inspirée par le Rabbi lui-même.
Le conflit entre religion et thérapie
Pourquoi la communauté universitaire a-t-elle écarté le Dr Frankl ?
Dans une lettre datée du 19 juin 1969 (3 Tamouz 5729), adressée à une psychiatre israélienne, le Dr S. Stern-Mirz à Haïfa, concernant l’un de ses patients, le Rabbi Lubavitcher présente une raison possible.
« Je voudrais profiter de cette occasion pour ajouter un autre point, bien que ce soit son domaine, à savoir que la condition médicale de… prouve (si une preuve est nécessaire dans ce domaine) le grand pouvoir de la foi – surtout lorsqu’elle est appliquée et exprimée dans l’action pratique, le travail communautaire, l’observance des mitsvot, etc… – pour fortifier la tranquillité émotionnelle d’une personne, pour minimiser et parfois même éliminer les conflits intérieurs, ainsi que les « plaintes » que l’on peut avoir envers son entourage, etc….
« Ceci en dépit de la philosophie selon laquelle la foi et la religion exigent d’une personne qu’elle « accepte le joug », qu’elle restreigne et supprime ses instincts et ses pulsions naturelles, ce qui est, par conséquent, indésirable pour toute personne, en particulier dans le cas d’une personne qui a besoin d’un traitement contre l’anxiété émotionnelle.
« Je me suis particulièrement intéressé aux écrits du Dr Frankl (de Vienne) à ce sujet. À ma grande surprise, cependant, son approche n’a apparemment pas été correctement diffusée et appréciée. Bien que l’on puisse trouver de nombreuses raisons pour lesquelles ses idées ne sont pas autant acceptées, y compris le fait que ce traitement est lié au style de vie personnel illustré par le médecin traitant, la question [de savoir pourquoi il n’est pas apprécié] demeure néanmoins. »
Utilisez-moi comme référence
La relation entre le Rabbi et Victor Frankl est également évidente dans l’épisode suivant.
Au début des années 1970 (vers 1973-74), Clive Cohen, étudiant en psychologie à l’université de Leeds, rend visite au Rabbi de Loubavitch. Clive, qui a commencé à explorer les enseignements du judaïsme à la Yeshiva Habad de Morristown, a demandé au Rabbi comment traiter les nombreux conflits entre l’étude contemporaine de la psychologie et les paradigmes du judaïsme.
Le Rabbi lui a suggéré de correspondre avec le Dr Victor Frankl à ce sujet. « Si vous le souhaitez, ajouta le Rabbi, vous pouvez utiliser mon nom comme référence ».
Influence internationale
Revenons à la conversation téléphonique entre le Chalia’h Habad en Autriche et le Dr Victor Frankl.
« En effet », confirme Victor, « les paroles du Rabbi se sont matérialisées. Mon travail a rapidement commencé à s’épanouir. »
Peu de temps après, l’opus magnum de Victor Frankl, « Man’s Search for Meaning », a été traduit en anglais (d’abord sous un autre titre). Il est devenu un best-seller permanent et a été considéré comme l’un des livres les plus influents du XXe siècle. La carrière du professeur commence à décoller. Le professeur, qui n’était pas très connu, devient l’un des psychiatres les plus célèbres de sa génération. « Man’s Search for Meaning » a été traduit en 28 langues et s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires au cours de sa vie. Victor Frankl a été invité à donner des conférences dans 209 universités sur les cinq continents, a reçu 29 doctorats honorifiques d’universités du monde entier et a reçu 19 prix et médailles nationaux et internationaux pour son travail en psychothérapie.
Sa thérapie a inspiré des milliers d’autres livres, séminaires, ateliers, groupes new-age et spirituels, qui se sont tous basés sur les idées de Victor Frankl concernant la capacité unique de l’être humain à choisir sa voie pour découvrir un sens à chaque expérience. De « Road Less Traveled » de Scott Peck à « Seven Habits » de Stephen Covey, en passant par des centaines d’autres best-sellers au cours des 30 dernières années, tous ont étudié les idées, les perspectives et la philosophie de Victor Frankl.
Victor Frankl a conclu son histoire au Rav Biderman par ces mots : eich vel eim eibek dankbar zein, je lui serai éternellement reconnaissant, au Rebbe Lubavitcher.
Habad est une bonne cause…
Ne sachant pas à qui il s’adressait, Victor Frankl a ajouté :
« Il y a quelques années, Habad s’est établi ici à Vienne. Je l’ai soutenu. Vous aussi, vous devriez le soutenir. Ils sont les meilleurs… »
Le Rav Biderman a enfin compris pourquoi Habad recevait un chèque par courrier chaque année.
En effet, lors d’une conversation avec le Rav Biderman, le gendre non-juif de Frankl, le professeur Alexander David Vesely, a raconté que sa belle-mère, Eleonore Frankl, lui avait dit que son mari parlait du Rabbi avec beaucoup de respect.
Marguerite, qui a vécu ses dernières années à Vienne, est devenue une amie proche de Habad en Autriche. « Elle a redécouvert ses racines hassidiques et s’est profondément impliquée dans notre travail », raconte le Rav Biderman. Elle est décédée en mars 2000 et a été enterrée dans le cimetière juif de sa Vienne bien-aimée.
Prières quotidiennes
L’histoire, cependant, n’est pas terminée.
Lorsqu’on interrogeait le Dr Frankl sur sa foi en Dieu, il donnait régulièrement une réponse ambiguë et, tout au long de sa vie, il n’a jamais manifesté le moindre lien avec la foi ou la pratique juive.
Pourtant, en 2003, le Dr Shimon Cowen, un spécialiste australien de Victor Frankl, est allé rendre visite à sa veuve non juive, Eleonore, à Vienne. Elle a sorti une paire de Tefilines (phylactères) et la lui a montré.
« Mon défunt mari les mettait tous les jours », lui dit-elle.
Puis elle sortit un Talit (franges) qu’il s’était fabriqué pour les porter.
Le soir, au lit, raconte la veuve, Victor récitait le livre des Psaumes.
En effet, Haddon Klingberg, auteur de When Life Calls Out To Us : The love and lifework of Viktor and Elly Frankl, la seule biographie autorisée de Viktor et Eleonore (« Elly »), écrit :
« Après sa mort, j’ai demandé à Elly s’il faisait réellement ses prières tous les jours. « Absolument. Il n’a jamais manqué un jour. Tous les matins pendant plus de cinquante ans. Mais personne ne le savait ». Lorsqu’ils parcouraient le globe, Viktor emportait ses phylactères avec lui, et partout, chaque matin, il priait. Il prononçait des mots mémorisés de prières juives et de psaumes. »
« Après la mort de Viktor, j’ai vu ses phylactères pour la première fois. Elly les avait placés dans une petite boite avec quelques affaires personnelles… »
Le gendre de Frankl a également confirmé ce fait au Rav Biderman : « Mon beau-père s’enfermait chaque jour dans une pièce pendant un petit moment. Une fois, j’ai ouvert la porte et je l’ai vu avec des boîtes noires sur la tête et la main. Il était contrarié par mon intrusion dans sa vie privée. Cependant, lorsqu’il a été emmené à l’hôpital, sa pratique de mettre des tefillin est devenue publique. »
Il semble que le Rabbi de Loubavitch était déterminé à aider le Dr Victor Frankl à faire passer ce message au monde entier : Nous avons vraiment une âme ; l’âme est la partie la plus profonde et la plus réelle de nous-mêmes ; et nous ne serons jamais pleinement vivants si nous n’avons pas accès à notre âme.
Source : Audio. Le Rav Chmouel Azimov raconte la rencontre du Maguid de Metzerich et du Baal Chem Tov. Hassidout.org-19 Iyyar 5779-24 Mai 2019.
par le Rav Yaacov Abergel – Jérusalem
Dans cet audio le Rav Chmouel Azimov évoque la première rencontre du Maguid de Metzerich et du Baal Chem Tov. Dans cette histoire, il nous est rapporté que le Baal Chem Tov commenta un livre de Kabbale de façon surprenante. Le sujet traité par le ‘Ets ‘Haïm’ était celui des anges. Au départ, le Baal Chem Tov demanda au Maguid de commenter lui-même ce passage, mais à chaque fois que le Maguid donnait une explication le Baal Chem Tov se montrait insatisfait. Découragé, le Maguid tendit le livre sacré au Baal Chem Tov et lui demanda de le commenter lui-même à son tour. Le Baal Chem Tov acquiesça à sa demande, et commença à commenter l’ouvrage. Or, chaque fois que le Baal Chem Tov lisait le nom d’un ange, celui-ci apparaissait dans la pièce. Face à un tel miracle, le Maguid décida sur le champ de devenir un élève du Baal Chem Tov, et de demeurer près de lui.
Le Rav Azimov se sert de cette histoire pour nous expliquer un principe fondamental de la ‘Hassidout.
Un homme peut être un Tsaddik, et posséder de très grandes connaissances de la Torah, sans savoir les transmettre. Ainsi, par exemple, quand nous écoutons cet homme parler des anges, nous restons sur terre et les anges restent au ciel.
A l’opposé, quand le Rabbi parle des anges, il les fait descendre dans l’endroit où nous nous trouvons, dans ce monde matériel, et nous pouvons alors nous rendre compte de ce qu’ils sont véritablement, car nous les voyons avec nos yeux de chair.
Le Rabbi rend présents, face à nos yeux, les sujets les plus abstraits et les moins accessibles. Dès-lors, ces sujets, qui viennent pourtant des mondes supérieurs, descendent dans ce monde et deviennent accessibles à nos sens.
Nous pouvons donner ici aussi un autre exemple. Dans le ‘Likouteï Dibbourim’, le Rabbi Rayats raconte qu’un soir, dans la Synagogue des Parouchim, un homme érudit, une Guémara à la main, s’approcha de l’Admour Hazaken qui réchauffait ses mains à la chaleur d’un poële, dans un coin du Beït-ha-Midrache.
L’homme ignorait à qui il s’adressait, mais la sainteté qui se dégageait de l’Admour Hazaken l’avait attiré jusqu’à lui. Il lui dit que depuis plusieurs jours il étudiait un commentaire de Rachi sans parvenir à le comprendre. Il lui indiqua le passage en question en lui tendant son livre, mais l’Admour Hazaken sans même avoir besoin de relire le passage en question, se mit à dire par cœur le commentaire de Rachi.
Il se produisit alors un petit miracle, car seulement en écoutant l’Admour Hazaken redire le commentaire de Rachi, l’homme en comprit le sens.
Cette histoire peut paraître d’une certaine façon moins spectaculaire que l’histoire des anges qui apparaissaient quand le Baal Chem Tov prononçait leur noms, mais elle est aussi l’expression de la qualité du Rabbi, de rendre présents et accessibles les sujets divins les plus éloignés de nous-mêmes et de notre perception.
Enfin, nous pouvons aussi évoquer cette histoire de l’Admour Haemtsaeï, qui, alors qu’il était un enfant, avait l’habitude d’entendre la lecture de la Torah de la bouche de son père, l’Admour Hazaken. Un Chabbat, son père fut absent, et c’était précisément le jour où la Torah énumère les malédictions que l’Eternel afflige aux enfants d’Israël quand ‘ils n’écoutent pas Sa Voix’.
Lorsque L’Admour Haemtsaeï entendit les malédictions de la bouche du Baal Koré qui n’était pas son père, il s’évanouit.
La raison à cela est que lorsqu’un homme lit la Torah en ne révélant que son aspect extérieur, alors il y a de quoi s’évanouir, mais lorsque le Rabbi lit la Torah, alors il en dégage son aspect profond. Il fait descendre dans ce monde le sens caché des malédictions, et comme l’explique l’Admour Hazaken, chaque malédiction cache en réalité une Bénédiction, et dans ce cas il n’y a plus aucune raison de s’évanouir.
Le Rabbi est donc celui qui sait rendre présente la lumière divine qui se cache dans le monde, dans la Torah et dans nos âmes. Il est de ce fait l’intermédiaire entre le Saint béni soit-Il et l’Assemblée d’Israël, et c’est pour cette raison qu’il est dit que dans les temps messianiques ‘le Machia’h nous enseignera la Torah nouvelle par la vision’.
L’idée est qu’il nous donnera à voir ce que nous ne voyons pas avec nos propres yeux. C’est à cela que s’accorde l’enseignement du Rabbi (‘Iniana chel Torat Ha Hassidout’) selon lequel ‘la ‘Hassidout nous insuffle une vitalité nouvelle’.
C’est de cette vision dont il s’agit, car le Rabbi nous donne à voir, à ressentir le divin caché. C’est aussi pour cela que la Torah du Machia’h est appelée ‘Torah Hadacha’, une ‘Torah nouvelle’, car la nouveauté réside dans le fait que le Rabbi fait apparaître devant nous les anges du ciel, il dévoile le sens qui se cache dans les mots de Rachi, il nous fait entendre la Voix de la Torah…
Dans ce cas nous comprendrons la raison pour laquelle le Rabbi insiste toujours, inlassablement, sur le fait d’étudier les sujets du Machia’h et de la Guéoulah. Peut-être qu’en lisant le nom du Machia’h, si présent dans les Si’hot du Rabbi, nous finirons par le faire apparaître ‘dans la pièce’, à l’exemple du Baal Chem Tov qui faisait apparaître les anges du ciel simplement en lisant leurs noms.
Le Rav Méïr Yehoudah Guets fut le Rav du Kotel jusqu’à sa disparition en 1995. Parmi ses fonctions: superviser les travaux entrepris autour du Kotel.
Le Rav Meir Yehouda Getz est né en Tunisie en 1924 et s’est rendu en Israël en 1949, vivant dans le moshav de Kerem Ben Zimra en Haute Galilée. Il s’est enrôlé dans les FDI et a atteint le grade de lieutenant-colonel. En réponse à la mort de son fils Avner lors de la guerre des Six Jours en 1967, il s’installa dans la vieille ville de Jérusalem et, peu de temps après, fut nommé surveillant des prières au Mur des Lamentations. Il est resté le rabbin du Kotel pendant 27 ans, jusqu’à sa mort en 1995.
Son petit-fils raconte.
On le sait, il y a différentes opinions concernant le sort des ustensiles du Beth Hamikdach et l’Arche d’Alliance.
Emportés à Babel lors de la destruction du 1er Temple, ou cachés dans des souterrains selon d’autres opinions (Rambam, Lois de la Maison d’Election, Chapitre 4, 1 – http://zmanim.alliancefr.com/temple/RBBB04.htm)
Pour le Rav Guets, le niveau (altitude) du Beth Hamikdach était plus d’une dizaine de mètres sous le niveau de l’Esplanade des Mosquées.
Et le niveau où l’on prie actuellement au Kotel est celui du Beth Hamikdach. L’endroit où il avait l’habitude de prier, dans la synagogue du Kotel, était pour lui juste en face de l’emplacement du Kodech Hakodachim.
En cherchant à confirmer le niveau exact du Beth Hamikdach, il avait découvert une partie du mur qui sonne creux, et avait envisagé que ce soit l’emplacement de la Porte des Cohanim.
Il fit creuser et on découvrit ainsi les ustensiles du Beth Hamikdach. A part les ouvriers, peu de monde fut au courant de cette découverte. Juste quelques personnalités du Gouvernement, car le Rav tenait à ce que ceci ne soi pas ébruité.
Le Rav Guets ajoutait qu’il avait une idée très précise de l’endroit où devait se trouver le Aron Habrit, qui nécessiterait la poursuite des travaux, ce qui était une décision capitale à l’échelon politique et sécuritaire. Les travaux furent finalement interrompus.
Le Rav avait consulté le Rabbi, comme il le faisait souvent. Il se proposait de découvrir l’emplacement de l’Autel, et l’emplacement du Aron Habrit.
Le Rabbi avait répondu que l’heure n’était pas venue, et qu’il se mettait en danger. Il n’y avait pas lieu de creuser sur (ou sous) le Mont du Temple.
Le Rabbi remercia dans un courrier ultérieur le Rav Guets de lui avoir annoncé qu’il avait mis fin aux fouilles.
L’emplacement fut muré par un épais mur de béton.
Adapté de Kfar Habad N° 1764, Tamouz 5778, traduit par le Dr Aharon Altabe
l y a plus de 1000 ans, vivait un grand et saint maître du nom de Rav Saadia Gaon (882-942). Le Gaon (comme les sages juifs de Babylone l’avaient nommé à l’époque) avait plusieurs centaines d’élèves, tous animés d’une grande soif d’apprendre. Le moindre mouvement ou la moindre parole de leur maître vénéré constituait pour eux une leçon de vie.
Un matin d’hiver, il arriva que deux de ses élèves se promenant dans les montagnes, entendirent un bruit étrange de l’autre côté d’une colline. À l’approche du sommet ils virent, à leur grande surprise, leur maître assis sur le sol couvert de neige, pleurant, priant et se mortifiant. De quoi un tsadik (une personne parfaitement vertueuse) tel que leur maître pouvait-il avoir besoin de se repentir ? Se pouvait-il qu’il ait commis le moindre péché, à D.ieu ne plaise ? Ils quittèrent précipitamment l’endroit, mais, plus tard ce jour-là, ils ne purent plus se contenir et ils demandèrent à leur maître le sens de la scène dont ils avaient été témoins.
– Je fais cela tous les jours, leur dit-il. Chaque jour, je me repens et implore D.ieu de pardonner mes fautes et mes manquements dans Son service.
– Vos manquements ? demandèrent-ils. De quels manquements le Gaon parle-t-il ?
– Laissez-moi vous raconter une histoire, dit Rav Saadia. Quelque chose qui m’est arrivé il y a longtemps.
À un certain moment de ma vie, je résolus que les honneurs et les égards que je recevais de tous ceux qui m’entouraient perturbaient mon service du Créateur. D.ieu doit être servi avec joie et, sans une totale humilité, la joie est impossible. Je décidai donc que je passerais plusieurs mois dans un endroit où personne ne me reconnaitrait.
Je m’habillai de vêtements simples et entrepris l’exil que je m’étais imposé, errant de ville en ville. Un soir, j’étais dans une petite auberge tenue par un vieux Juif. C’était un homme très gentil et simple ; nous avons discuté pendant un moment avant que j’aille me coucher. Tôt le lendemain matin, après avoir prié cha’harit (la prière du matin), je lui dis au revoir et repris la route.
Ce que je ne savais pas, c’est que plusieurs de mes élèves me recherchaient et quelques heures après que j’eus quitté l’auberge, ils y arrivèrent, suivant mes traces. « Avez-vous vu Rav Saadia Gaon ? demandèrent-ils au vieil homme. Nous avons des raisons de croire qu’il était ici. »
« Saadia Gaon? reprit le vieux Juif abasourdi. Qu’est-ce que le grand Rav Saadia pourrait venir faire dans un endroit comme celui-ci ? Rav Saadia Gaon dans mon auberge ? Non… Je suis sûr que vous faites erreur. Il n’y avait pas de Rav Saadia Gaon ici. »
Mais quand les jeunes hommes me décrivirent et lui parlèrent de mon exil et de mon « déguisement », le vieux Juif se prit la tête entre les mains et s’écria : « Oy ! Rav Saadia ! Rav Saadia était ici ! Vous avez raison ! Oy, Oy ! » et il courut au dehors, sauta dans son chariot et pressa son cheval pour aller aussi vite que possible dans la direction que j’avais prise.
Il me rattrapa bientôt, sauta de son attelage et tomba à mes pieds en pleurant : « S’il vous plaît, pardonnez-moi, Rav Saadia. S’il vous plaît, pardonnez-moi ! Je ne savais pas que c’était vous ! »
Je le fis se lever et s’épousseter, puis je lui dis : « Mais mon cher ami, vous m’avez très bien traité, vous avez été très gentil et accueillant. Pourquoi êtes-vous si désolé ? Vous n’avez rien à vous reprocher. »
« Non, non, rabbi, répondit-il. Si j’avais su qui vous étiez, je vous aurais servi totalement différemment ! »
Soudain, je réalisais que cet homme m’enseignait une leçon très importante dans le service de D.ieu, et que les desseins de mon exil étaient accomplis. Je le remerciais et le bénis, et rentrais chez moi.
Depuis lors, tous les soirs quand je dis ma prière avant de dormir, je repasse dans mon esprit la façon dont j’ai servi D.ieu ce jour-là. Alors, je pense à ce vieil aubergiste, et je me dis : « Oy ! Si j’avais su au début de la journée ce que je sais maintenant à propos de D.ieu, je L’aurais servi totalement différemment ! »
La police publie de nouveaux détails sur l’attaque au couteau contre un bus de Jérusalem près du centre commercial Ramot.
La police a publié de nouveaux détails sur l’attaque au couteau qui a eu lieu cet après-midi contre un bus près du centre commercial Ramot à Jérusalem, dans laquelle un Juif a été légèrement blessé.
Une enquête préliminaire sur l’attaque a révélé que le terroriste, un résident de Ramallah dans la quarantaine qui avait un permis de séjour en Israël et voyageait dans un bus, a commencé à attaquer l’un des passagers du bus et à le poignarder avec un tournevis.
Le chauffeur du bus a arrêté le bus et a ouvert les portes. À ce stade, les passagers ont commencé à descendre du bus, y compris le terroriste qui a continué à essayer d’attaquer les passagers.
Un civil qui passait au même moment et a remarqué ce qui se passait a tenté de stopper le terroriste et un autre citoyen qui a vu ce qui se passait a ouvert le feu sur le terroriste et l’a neutralisé.
L’homme qui a tiré sur le terroriste a été identifié comme étant Meshi Ben Ami, photographe pour Yediot Aharanot et Ynet.
Ben Ami a déclaré: « Je suis monté dans la voiture en direction du centre-ville et j’ai vu quelque chose qui ressemblait à quelqu’un qui frappait quelqu’un. Au début, j’ai pensé que c’était un passage à tabac, puis je me suis approché et j’ai vu que c’était une attaque terroriste. »
« Je suis sorti de la voiture, j’ai chargé l’arme et j’ai réalisé que c’était vraiment une attaque terroriste. J’ai vu un blessé ensanglanté, puis je me suis approché du terroriste, je n’ai pas hésité, j’ai tiré une balle sur lui et il s’est allongé. Le personnel de sécurité est arrivé une seconde et demie après que je l’ai neutralisé ».