Tanya Igueret Hakodech chap. 5 (9e partie)«La parole intérieure »
Reconnue comme la plus grande célébration de Hanoucca en Floride, la « Soirée du patrimoine juif » annuelle des Heat est toujours populaire auprès des fans de sport juifs. Cependant, à la lumière de l’attaque et du massacre du 7 octobre dans le sud d’Israël et de l’appel de la soirée à une démonstration d’unité et de solidarité juives, l’événement a attiré plus de membres de la communauté juive que jamais.
L’arène à domicile des basketteurs de Miami était remplie de fans portant la kippa et des t-shirts du patrimoine juif bleu et blanc, dont beaucoup agitaient des drapeaux israéliens, affichant la fierté juive.
Le point culminant des célébrations de la soirée a été une grande cérémonie d’allumage de la Ménorah qui a eu lieu juste à la fin du premier quart-temps. L’annonceur de l’arène, Michael Baiamonte, a demandé à la foule enthousiaste de bien vouloir se lever et de tourner son attention vers la section 104.
Là, le consul général d’Israël Maor Elbaz-Starinsky a rejoint les organisateurs de l’événement JHN, les représentants de ‘Habad de Floride, les Chlou’him Pinny Andrusier et Eli Lipskar pour allumer les huit bougies de la Ménorah de ‘Hanoucca à branches.
La cérémonie d’allumage de la Ménorah a été accueillie par de grandes acclamations et des applaudissements, les nombreux juifs présents chantant les bénédictions.
À la mi-temps, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont défilé sur l’AT&T East Plaza pour une performance électrisante et passionnante de Yoni Z. Accompagné du DJ Shia et rejoint une fois de plus par la légende de la NBA et grand joueur de tous les temps du Miami Heat Alonzo Mourning, la mascotte des Heat Burnie, l’artiste Dale McLean et les acrobates dansants de l’équipe, Yoni Z a interprété des ballades rythmées de prières et d’espoir pour la victoire d’Israël et la paix.
Bien au-delà des 30 minutes allouées et se poursuivant jusque tard dans le quatrième quart-temps, le concert s’est poursuivi avec une foule en liesse rugissant de plaisir et dansant énergiquement sans interruption.
« De toutes mes années ici, je n’ai jamais vu cette place bondée d’une telle joie bruyante de fête. Vous savez vraiment comment faire la fête », a déclaré Jeff Craney, vice-président du marketing des Heat, souriant.
En fait, au cours du premier quart-temps, on a invité le rabbin Pinny, ‘Haïm et Eli au centre du terrain pour l’incroyable énergie qu’ils avaient apportée à l’arène ce soir-là. Les rabbins de ‘Habad ont été reconnus pour l’incroyable succès de la soirée. McLean a exprimé à quel point il était merveilleux de voir toute la communauté juive du Sud de la Floride se réunir pour une telle célébration joyeuse et une si belle cause.
En plus des près de 20 000 présents, des milliers d’autres ont assisté à la célébration publique de ‘Hanoucca lors de la diffusion officielle de la NBA TV des Miami Heat et de leur diffusion en direct sur YouTube vue dans le monde entier.
Tout au long du match, les joueurs des Miami Heat ont présenté leurs vœux de ‘Hanoucca. Un message vidéo personnalisé avec un message spécial pour les vacances a également été diffusé à tous les participants.
Le message vidéo, inspiré des enseignements du Rabbi, encourageait l’unité et soulignait l’importance d’ajouter de la lumière et des actes de bonté en ces temps particulièrement sombres.
Outre toutes les activités festives de ‘Hanoucca offertes par les Miami Heat à ses invités juifs, l’arène était littéralement illuminée d’images de Hanoukka et du logo coloré de la Soirée du patrimoine juif diffusés sur ses écrans et ses tableaux d’affichage.
Les commentateurs de Heat TV ont également souvent répété lors des pauses leurs meilleurs vœux pour ‘Hanoucca et ont rappelé aux fans qu’il s’agissait de la Soirée du patrimoine juif et ont décrit les nombreuses festivités en cours, y compris l’allumage de la Ménorah.
Parmi les régals de la soirée pour les invités de la JHN figurait un match de basket en prime time. Des étudiants de la très acclamée TAG Academy de Cooper City, dirigés par leur directeur pédagogique, le rabbin Zalmy Raksin, ont été invités à jouer un match amical de huit minutes juste avant le coup d’envoi Heat-Bulls.
Aussi, de jeunes fans chanceux ont eu le plaisir de se placer sur le terrain pour taper dans la main des joueurs du Miami Heat lorsqu’ils sont entrés sur le terrain et de se tenir à leurs côtés pendant que Yoni Z interprétait une version spectaculaire de The Star Spangled Banner.






















































































































Les paroles de cette nouvelle d’Aharon Sitbon chanson sont tirées du Livre des Psaumes. Aharon Sitbon a composé la mélodie, avec, point culminant de la chanson, le cri « Ana Hachem Hoshi’a na !, Ana Hachem Hatsliha Na! » (S’il te plaît Seigneur sauve nous, s’il te plaît Seigneur aide nous à réussir).
La chanson convient particulièrement à ces jours de guerre et exprime une prière à D.ieu pour qu’il nous sauve et accorde le succès aux forces de sécurité et à tout le peuple d’Israël.
Aharon Sitbon, qui chante avec une voix pleine d’émotion les paroles des Psaumes, nous emporte dans une prière et un cri venant du fond du cœur.
Ces dernières années, Aharon Sitbon a sorti de nombreuses chansons émouvantes, réussissant à emporter l’âme de tous ceux qui écoutent ou chantent ses chansons. Dans les chansons de Aharon Sitbon, chacun se connecte à l’émotion spéciale qui en jaillit et qui le remplit de prière et de louange au Créateur.
Tous les singles :
https://www.youtube.com/@-aharonsitbon2118/videos
Un groupe de participants viennent de passer 72 heures magnifiques et intenses à l’occasion du voyage annuel des hommes du Beth Habad Seine-et-Marne au Ohel du Rabbi, dédié au ressourcement, à la prière, à l’imploration et au renforcement spirituel et matériel.
Durant ces trois jours, les participants ont eu la chance de prier à plusieurs reprises au Ohel du Rabbi, mais aussi de visiter sa maison et son bureau, de même que le quartier général et communautaire qu’il a fondé.
Le programme était rythmé par des cours et des échanges sans interruption avec des rabbins, permettant d’approfondir sa connaissance et sa pratique du judaïsme. Une expérience à la fois studieuse et spirituelle, propice au ressourcement intérieur.
« Ce voyage est chaque année une source de bénédictions et de lumière pour les participants », explique le Rav Yossi Amar, émissaire du Rabbi et directeur du Beth Habad en Seine-et-Marne. « Nous espérons avoir bientôt le mérite de nous retrouver en Terre Sainte, avec le Rabbi à notre tête, à l’occasion de la venue tant attendue de Machia’h ».
En attendant ce moment, le Beth Habad 77 donne d’ores et déjà rendez-vous l’an prochain pour la prochaine édition de ce voyage : du 2 au 5 janvier 2025, corresponding aux dates du 2 au 5 Tevet 5785 dans le calendrier hébraïque.













Rahel ( Gilberte) Boutboul-Dahan bat Gomara a quitté ce monde aujourd’hui 7 tevet 5784.
Elle laisse dans le deuil ses filles Martine Bensoussan ( Bordeaux), Corinne Nakache ( Présidente de L’A.C.I.P de Clichy La Garenne) et son fils Yossef Nissim Dahan ( Les Lilas).
L’enterrement aura lieu mercredi 20 décembre ( 8 Tevet 5784 ) au cimetière de Clichy La Garenne à 15h.
La levée du corps aura lieu SDV à 14h30 au 132 boulevard Victor Hugo 92110 Clichy la Garenne.
Justification de la guerre contre la population et la jeunesse
Discours du Rabbi, début du mois d’Iyar 5735-1975 : « Certains juifs se demandent : pourquoi se battre pour la terre d’Israël – qui a dit que nous y avons des droits ? Résider là-bas est contraire à la justice, étant donné que les Arabes y étaient au départ et que nous les en avons chassés. Nous pourrions simplement déménager à l’étranger et y vivre en paix. »
« Ceux qui pensent ainsi sont des « bébés ignorants », car on ne leur a jamais parlé de la « sainteté de la terre d’Israël » et que cette sainteté n’est pas due à la déclaration d’un non-juif il y a x années. Notre lien avec la terre d’Israël ne dépend que du Dieu un et unique. Si on leur avait parlé de cela dans leur enfance, ils ne poseraient pas de questions erronées sur le fait que nous nous soyons installés sur des terres arabes et que nous les ayons chassées, et ne demanderaient pas pourquoi on leur demande de se battre pour cette terre alors qu’on pourrait simplement la rendre (que Dieu nous en préserve) aux Arabes et partir en paix, « comme toutes les autres nations ». Et ils ne soutiendraient certainement pas (sur cette question) les adversaires d’Israël, que Dieu nous en préserve. De telles questions ne peuvent être posées par quelqu’un qui a été élevé sur les genoux de la Torah, avec la claire compréhension que c’est la terre que Dieu a donnée à Abraham et à sa descendance, et qu’elle appartient donc uniquement au peuple juif ! »
La guerre doit être menée rapidement et impitoyablement
Discours du mois de Tamouz 5742-1982 (première guerre du Liban) : « Nous devons chercher à terminer l’opération au Liban très rapidement, faire une « colline » de tous les rassemblements de terroristes, et saisir les opportunités providentielles que Dieu donne au peuple juif, que ce soit du côté des États-Unis ou de la situation sur le terrain, pour terminer l’opération rapidement et ainsi épargner des victimes (des deux côtés !). Et pourtant, par peur et lâcheté, on gaspille le temps avec des futilités, on épuise les soldats, on cause malheureusement des pertes. »
« Il est évident qu’il n’y a aucune place pour l’idée saugrenue de stopper les hostilités à cause des pertes, que Dieu venge leur sang. C’est comparable à « l’homme peureux et pusillanime » qui entrerait dans une salle d’opération et, voyant les premières gouttes de sang, supplierait les médecins d’arrêter l’opération, arguant qu’on ne peut pas entreprendre une procédure aussi compliquée alors que le sang du patient coule… L’analogie, c’est la situation potentiellement catastrophique des 3 millions de juifs vivant dans le saint pays : dès que l’opération a commencé, il faut tout faire pour la terminer avec succès et avec toute la vigueur nécessaire ! »
La fermeté suscite le respect des nations
Pendant la fête de Soukkot 5741-1980 : « Selon la loi (Choulhan Aroukh chapitre 329), face aux nations du monde, il faut faire preuve de fermeté, et cela ne concerne pas seulement la force mentale et spirituelle mais aussi la force physique, les « armes ». Mais cette fermeté ne provient pas de « ma force et la puissance de ma main », mais de la force et de la puissance de la Torah. Ce n’est qu’en faisant preuve d’une telle fermeté que l’on peut parvenir à la promesse de « mettre la paix dans le pays ». Et pas seulement dans le pays, mais aussi susciter le respect et la crainte de toutes les nations du monde, « et toutes les nations de la terre verront que le nom de l’Éternel est invoqué sur toi, et elles te craindront. » Lorsque les nations du monde voient que les enfants d’Israël font preuve de fermeté, y compris sur le plan militaire, en puisant leur force dans leur foi en Dieu, alors « le grand bras » – « ils seront frappés d’effroi », ils s’abstiendront d’attaquer ou de nuire, heaven forbid, au pays ou à ses habitants. »
Face aux États-Unis
13 Tishrei 5743-1982 : « Contrairement à l’affirmation bien connue selon laquelle, étant en exil, nous devons tenir compte de l’opinion des nations car nous dépendons de leur aide, il faut se rappeler que c’est précisément en faisant preuve de fermeté (selon la Torah) que l’on suscite le respect et l’estime des nations. »
« Et comme on l’a vu dans les faits – lorsque les Juifs ont fait preuve de la fermeté appropriée, ils ont obtenu toute l’aide nécessaire des nations ; en revanche – lorsqu’ils n’ont pas fait preuve de fermeté et ont cédé aux pressions, alors qu’ils avaient besoin d’aide en cas de danger, ils ont dû discuter et plaider pour chaque étape, et même après cela – parfois les nations ont agi, parfois elles n’ont agi qu’à moitié, et parfois même moins de la moitié, avec mépris.. ».
Entretien privé du Rabbi avec Elyakim Rubinstein, secrétaire du gouvernement, Heshvan 5748-1987 : « La solution à la situation politique est l’inverse de ce qui a été fait dans le passé, car dans le passé les gouvernements adoptaient la position qu’il fallait faire des concessions – et pas seulement sur quelque chose mais sur des questions fondamentales – et qu’en échange ils recevraient quelque chose. Or, cela va à l’encontre de la nature des États-Unis. »
« Les États-Unis ont été fondés en tenant fermement au principe qu’on ne peut pas abandonner des choses essentielles, et bien que l’Angleterre ait crié et que la France leur était opposée, et que le monde entier était alors contre les États-Unis – comme ils ont adopté cette position, ils ont réussi et continuent de réussir jusqu’à ce jour. Lorsqu’on commence à faire des concessions, on ne peut plus trouver le point sur lequel on ne peut pas transiger… »
Sim’hat Torah 5742-1981 : « À Washington, ils ne croyaient pas que les Juifs donneraient vraiment des territoires aux non-juifs qui les entourent ! Officiellement, ils ont bien fait pression pour cela, mais cette pression n’était destinée qu’à « plaire », alors qu’ils estimaient et même espéraient que le peuple juif, sage et intelligent, ne se comporterait pas de cette façon… Et lorsqu’on cède à leur pression, on les « force » à faire encore plus pression, la pression engendre la pression, alors qu’une position ferme aurait donné des résultats complètement différents ! »
Contrôle sécuritaire total sur toutes les frontières
10 Tevet 5738-1978 : » Il est statué dans le Choulhan Aroukh qu’il faut empêcher par tous les moyens, même le Chabbat, une situation où des ennemis assiègent les villes d’Israël, même s’ils n’ont actuellement pas d’intentions guerrières, « pour que le pays ne soit pas ouvert à être conquis par eux ». Aujourd’hui, en Terre Sainte, la situation est telle que chaque ville est une « ville proche de la frontière », et toute zone proche de la frontière qui n’est pas sous contrôle sécuritaire permet que « le pays soit ouvert à être conquis par eux », Que Dieu nous en préserve!! »
Peuplement de toutes les frontières
Samedi soir Nasso 5738-1978 : L’importance de peupler la frontière orientale de la Terre d’Israël ne vient pas de la sainteté du pays, mais de sa proximité avec la vie des enfants d’Israël (« celui qui sauve une vie d’Israël est considéré comme ayant sauvé un monde entier », et ici il s’agit de toute la nation assise à Sion !). Car ce n’est qu’en s’installant ainsi qu’il sera possible de protéger complètement la frontière. Et plus important encore : par un tel établissement, lorsqu’il est fait officiellement par le gouvernement, un message clair est envoyé au monde entier qu’Israël n’est pas prêt à transiger en ce qui concerne la protection des frontières et de la vie des résidents !
Aujourd’hui, on voit déjà que cette paix n’est pas stable !
18 Elloul 5741-1981 : Comme on voit concrètement que toute cette « paix » n’est pas stable et n’a aucune valeur, « mieux vaut une heure plus tôt » pour éviter des maux de tête et des confusions inutiles, et affirmer que l’annulation d’une partie [des concessions] constitue une annulation totale, et que les territoires cédés doivent aussi revenir sous notre contrôle.
Rav David Dov Touitou (né en 1967 à Paris) a étudié auprès de Rav Moché Edery zal en France et auprès de Rav Arié Garbian en Israël. Il a étudié les différents tendances du Judaïsme, dont la Hassidout Habad avec le Rav Pinhas Pachter zal, et il a su s’en inspirer pour dispenser une Torah de vie, tout en prônant la « A’hdout » (union) dans le peuple d’Israël.
Il est à la fois « baki » (expert) en Halakha et versé dans l’étude de la Hassidout, du Zohar et de la Kabbale.
Ses cours quotidiens disponibles sur son site www.torathaim.net et sur Youtube son très prisés du publique francophone. Il gère également une Kéhila et un Kolel dans le centre d’Ashdod où il vit depuis 2008.
Le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, septième héritier de la dynastie du ‘Hassidisme Habad-Loubavitch, est considéré comme étant la personnalité juive la plus phénoménale des temps modernes. Pour des centaines de milliers d’adeptes et des millions de sympathisants et d’admirateurs à travers le monde, il était – et demeure, malgré son décès – « le Rabbi », sans aucun doute l’individu responsable plus que tout autre du regain de conscience et d’éveil spirituel du monde juif.
Le Rabbi naquit en 1902, le 11 Nissan (18 avril) à Nikolaiev en Ukraine au foyer de Reb Levi Its’hak et de la Rabbanit ‘Hanna. Il doit de porter le même patronyme que Rabbi Yossef Its’hak, son futur beau-père auquel il succèdera, au fait que tous deux descendent, à travers deux lignées différentes, de Rabbi Mena’hem Mendel de Loubavitch, troisième de la lignée, le célèbre Tsema’h Tsédek, dont le nom lui fut donné. Il passera sa jeunesse à Yekatrinoslav (rebaptisée Dniepropetrovsk par les bolcheviks) dont son père Rav Levi Its’hak est le rabbin.
Rav Levi Its’hak est un maître inspiré de la Kabbale, qui explore le Zohar et le Talmud en identifiant les âmes de leurs Maîtres aux sphères du divin. En 1911, au moment de l’affaire Beilis, la dernière et spectaculaire affaire de meurtre rituel, il sera chargé de constituer le dossier kabbalistique de l’instruction. On dit que le petit « meka » qui a alors neuf ans lui sera d’une aide précieuse.
Contre toute attente, le futur Rabbi de Loubavitch ne fréquentera pas de Yéchiva. En dehors d’un premier maître avec lequel il fera ses premiers pas dans les textes – et auquel il vouera une éternelle déférence –, son père sera son unique précepteur. On aime à dire de tels personnages que dès leur tendre enfance ils étaient des prodiges. En l’occurrence, l’euphémisme est émouvant. Reb Levik prescrit à son fils un cursus de 16 heures d’études quotidiennes allouées à la Torah et lui abandonne les huit qui restent pour s’alimenter, dormir et… pour les études profanes avec différents professeurs de la ville dont la communauté juive est une pépinière d’intellectuels. L’enfant soutient le défi. Il accumule les lectures, dévore des dictionnaires de langues, tout en passant le plus clair de son temps à étudier les ouvrages dont il devra un jour assurer l’héritage. Sa chambre est tapissée de cartes astronomiques. Sa mère se plait à vanter ses capacités d’absorption – celles qui lui permettront, le moment venu, de dicter la réponse à une lettre en en lisant trois autres. On sait également qu’il ne prise guère les distractions de son âge et que les livres sont déjà sa patrie.
Sauver une vie
Pour les qualités humaines, sa mère relatera tardivement qu’il sauta à l’âge de dix ans dans le Dniepr gelé pour sauver un enfant qui se noyait et qu’il manquera d’être emporté par le typhus contracté lors d’une épidémie après s’être porté secouriste volontaire. Peu de choses tout de même au regard de ce que l’avenir révélera. Le jeune homme s’intéresse à tout. C’est à dire à tous les déploiements intellectuels dont il fera plus tard usage pour valoriser le Créateur et la profession de foi rédemptrice de la Torah. Il s’inscrit en candidat libre dans divers établissements et y obtient des diplômes. La chose jure un peu avec l’orthodoxie de son extraction, mais ce ne sera que le premier des paradoxes dont le personnage foisonnera.
Mariage à Varsovie
Au moment où il rencontre Rabbi Yossef Its’hak en 1923, à Rostov, il est quasiment inconnu de la communauté ‘hassidique qui campe autour du maître. Elle est même un peu surprise par ce jeune homme de vingt et un ans, impeccablement mis, et aux manières raffinées assez peu rencontrées sous ses latitudes, d’autant plus que l’on saura vite que le sémillant jeune homme est destiné à épouser la dernière des filles du Rabbi : ‘Haya Mouchka. Le Rabbi rassure ses disciples en attestant que ce jeune homme un peu suspect sait mot à mot les deux Talmud et les grands décisionnaires, et que les larmes qu’il verse lors du Tikoun ‘hatsot – ces lamentations que les très pieux récitent quotidiennement à minuit – sont indicibles.
* * *
En 1927, l’enfer carcéral du bolchevisme commence à broyer les institutions religieuses et Rabbi Yossef Its’hak qui ne laisse planer nulle équivoque sur le mépris qu’il voue à ce régime et du peu de cas qu’il fait de son règlement est arrêté. La sentence de mort prononcée contre lui est miraculeusement commuée en exil et durant l’été suivant, il doit quitter la patrie du ‘Hassidisme pour Riga ou il établira six ans durant son « gouvernement en exil ». Il emmène sa famille, ses proches disciples et son futur gendre qui fait un ultime adieu à parents.
Le 27 novembre 1928 à Varsovie, Rabbi Mena’hem Mendel épouse la fille de Rabbi Yossef Its’hak, la Rabbanit ‘Haya Mouchka. Lors de ce mariage, la capitale polonaise, haut lieu s’il en fut, du Judaïsme d’Europe centrale connaîtra une de ses dernières effervescences avant l’épouvante. Des sommités rabbiniques dont le lieu foisonnait à l’époque, eurent alors l’occasion de mesurer la texture intellectuelle de cet homme apparu ganté de blanc qui leur fournit une matière édifiante.
Le nouveau couple part ensuite s’installer à Berlin où le futur Rabbi fréquentera l’université, et un grand nombre d’intellectuels juifs dont la cité s’honore encore (il se souviendra par la suite y avoir vu Albert Einstein jouer du violon…) En 1933, la montée au pouvoir du nazisme les fait quitter Berlin pour Paris. Là, il fréquentera la Sorbonne et d’autres établissements de l’enseignement supérieur tout en revivifiant l’esprit des nombreux réfugiés que la tourmente commence à déverser dans la Ville des lumières. Il assure aussi un cours quotidien à l’oratoire du 17 rue des Rosiers.
Ceux qui fréquentent le couple, qui habite à quelques encablures de la station Mouton Duvernet, attesteront que l’ouverture de cet homme aux êtres et aux idées cohabite avec une piété méticuleuse. De son séjour dans la capitale française, le Rabbi gardera toute sa vie un attachement particulier au judaïsme français, dont l’histoire par la suite le lui rendra bien. Au point même que lors d’un mémorable Sim’hat Torah en 1974 à New York, auquel assistaient quelque cinq cent Français, devant une communauté médusée, il fit danser les Français sur l’air de… la Marseillaise qu’il entonna sur les paroles d’un cantique à la gloire de D.ieu, récité le Chabbat et les Fêtes à la synagogue.
En 1941, l’invasion de la France le fait quitter Paris pour la Zone libre. Son périple le conduit à Vichy puis à Nice. Certains témoignages attestent qu’il y aura des liens avec la Résistance locale, et qu’il emmènera même des jeunes en montagne la nuit pour confectionner des Matsot à l’approche de Pessah.
Entre temps, en Russie, son père exaspère les bolcheviks en refusant de jouer leur jeu. Une nuit précédant la Fête de Pessa’h 1939, le NKVD fait irruption chez lui et l’emmène. Après avoir transité de prison en prison, il est envoyé en exil dans un cloaque du Kazakhstan où il quittera ce monde le 9 août (20 Av) 1944 dans une pitoyable déchéance physique. C’est là-bas qu’avec de l’encre confectionnée par son épouse – laquelle l’aura rejoint entre temps – il écrira ses commentaires kabbalistiques du Zohar, sur les marges des quelques livres qu’il aura pu emporter. Son fils les publiera par la suite et les commentera abondamment.
Arrivée au Etats-Unis
En mai 1941, le Rabbi et son épouse embarquent à Marseille pour Barcelone. Peu après, ils embarqueront à Lisbonne pour accoster à New York le 23 juin 1941. Son beau-père s’y trouve depuis mars 1940 après avoir échappé d’une façon aussi rocambolesque que miraculeuse à l’anéantissement des Juifs de Varsovie.
Le Mena’hem Schneerson qui arrive à New York est aussi méconnu de la colonie Loubavitch américaine qu’il l’était de l’entourage de son beau-père en Russie. Il est enjoué, plein d’humour et de distinction, mais très réservé. Dans un premier temps, il se consacre exclusivement à la maison d’édition fondée par son beau-père et qui s’est donnée pour tâche de publier l’immense patrimoine accumulé depuis deux siècles.
Mais la santé de son beau-père décline et il est appelé à le remplacer pour célébrer les Farbrenguen, ces réunions ‘hassidiques lors desquelles les interventions du Rabbi alternent avec les chants. C’est ici que l’on va découvrir la trempe de ce charmant intellectuel que son beau-père appelle « mon ministre de la culture ». Dans ses interventions il fait sauter les clivages qui cloisonnent apparemment les diverses disciplines du savoir accumulé par la tradition juive. Le pilpoul talmudique est soudain chamarré de Kabbale, le sens littéral devient écarlate quand la sève du ‘Hassidisme ‘Habad les irrigue et les irradie. Cet homme qui n’a pas cinquante ans fait boire, danser, exulter et réfléchir des doctes qui ont parfois deux fois son âge et qui n’aperçoivent rien de semblable dans leur expérience passée.
Au printemps 1947, il fait son ultime voyage à l’étranger en revenant à Paris accueillir sa mère qui a réussi à quitter l’Union soviétique. Il ne quittera plus jamais son fief de Crown Heights à Brooklyn.
Leadership
Le 10 Chevat 5711, 17 janvier 1951, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson s’assoit sur le siège laissé vacant, par le départ de son beau-père un an auparavant et devient le septième Rabbi de Loubavitch. Il abat très vite ses cartes et sa profession de foi se résume en un mot : « Oufaratsta », la diffusion de la Torah et de ses valeurs vers tous les horizons juifs qu’elles n’ont pas encore atteintes. C’est le saut à corps perdu dans cette entreprise qui attestera du véritable attachement de ses ‘hassidim à son enseignement. D’un ghetto où s’est replié un quarteron de juifs timorés par un passé traumatisant, il fera une citadelle ou afflueront chaque année des dizaines de milliers de juifs venus de tous horizons intellectuels et géographiques. Les Farbrenguen qu’il célèbre – lesquels peuvent parfois durer huit heures et plus, et durant lesquels il discourt sans notes – exaltent jusqu’à ceux qui n’entendent pas un mot à son yiddish talmudique et didactique.
Dans ce foisonnement d’enseignements, une profession de foi générique : le refus de relativiser le moindre aspect d’une Torah divine, servi par un désir effréné d’asseoir chaque enseignement dans le monde du concret. Son sourire ne laisse personne intact et personne ne sait résister à un mouvement de son bras lorsqu’il demande d’augmenter la vigueur du chant, ou lorsqu’il porte deux doigts vers sa bouche pour demander de …siffler. Le déploiement in extenso de toutes ses interventions approche la centaine de volumes… Il discourt et chante, mais écrit aussi, et à tous. Aux rabbins, aux hommes d’État, à des artistes, des écrivains – Élie Wiesel compte parmi ceux dont il a marqué l’esprit – à des enfants et à tous ceux qui recherchent son conseil, qui dans le domaine de la Torah, qui pour son travail qui pour ses études… Quelque trente volumes de sa correspondance ont été publiés
Il reçoit aussi beaucoup. Pendant plus de trois décennies, il donnera à raison de deux nuits par semaine des audiences privées lors desquelles, durant parfois un tour de cadran, il écoute et conseille ceux qui auront sollicité une entrevue. Tous ceux qui auront vécu l’un de ses instants en resteront définitivement marqués. Il intercède aussi pour ceux qui lui en font la demande. Il passe régulièrement des heures, à jeun, et parfois sous un soleil de plomb à lire, sur la sépulture de son beau-père, les demandes de bénédictions qui affluent tous les jours à son secrétariat.
Après un accident cardiaque au beau milieu de la joie des danses de la Fête de Sim’hat Torah en 1977, il met son entourage à la torture en refusant de prendre du repos. À 76 ans, après avoir récupéré d’un épisode qui incite généralement à lever le pied, il repart de plus belle. Il célèbre un Farbrengen toutes les semaines, sans compter des interventions publiques inopinées à l’issue des offices du soir. Pour couronner le tout, les audiences particulières interrompues après son incident cardiaque reprennent en la matière du « dollar » qu’il distribue chaque dimanche matin à des centaines de personnes qui passent devant lui – parfois pendant huit heures d’affilée – et demandent sa bénédiction et son conseil. Il y en a pour tout le monde : religieux, non-religieux, hommes, femmes et enfants, célébrités de toutes sphères. Certains échanges, saisis lors de ces moments, constituent des morceaux d’anthologie du rayonnement moral et de la sensibilité à autrui.
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Au début des années 80, le Rabbi passe l’ultime et incontournable vitesse. Il annonce que les pas du Messie résonnent déjà et engage tous ceux qui aspirent à eux à les hâter en s’en faisant l’écho par l’étude des enseignements et des lois liés à l’époque messianique, en s’attachant à convaincre tous ceux qu’ils peuvent atteindre que la venue du Messie est une réalité qui n’attend que notre foi en elle pour prendre corps. Dès lors à chacune de ses interventions il accentuera encore l’urgence de l’effort à déployer pour faire aboutir l’ultime parachèvement de la Création.
Au début des années 90, il déclare que les bouleversements politiques intervenus en Europe et qui mettent fin à la Guerre Froide sont un signe caractéristique du prochain avènement messianique. Il relie le fait que ces mutations se soient effectuées sans effusion de sang aux prémices d’une ère de paix universelle.
Lorsque éclate la première Guerre du Golfe, il déclare qu’il s’agit de la réalisation des termes du Midrash Yalkout Chimoni annonçant, pour « l’année où le Machia’h se dévoilera », la guerre du dirigeant de la « Perse » (qui avait dans l’Antiquité sa capitale à Bagdad) contre un pays arabe et le désarroi mondial qui en résultera. Le Rabbi ne cesse d’encourager la population d’Erets Israël et annonce prophétiquement qu’il n’y aura à craindre aucune attaque non conventionnelle et que la guerre se terminera à Pourim, contrairement aux prévisions de tous les experts stratégiques. Dans la confusion régnante, il est la seule voix qui rassérène et donne espoir aux Juifs du monde entier.
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Le soir du 12 avril (28 Nissan) 1991, dans une intervention d’une vigueur et d’une intensité jamais atteintes, il admoneste ses ‘hassidim en disant son amertume et sa déception de n’avoir pas vu accomplir tout l’effort qu’il sollicitait pour susciter l’avènement messianique. Avec quelques soupçons perceptibles de dépit, il affirme avoir accompli le travail qui relevait de sa tâche et que le reste appartient désormais à ceux qui l’écoutent.
Il passera l’année qui suivra à commenter la section hebdomadaire de la Torah en s’attachant particulièrement à montrer comment le monde dans sa finitude aussi bien que l’homme, tout humain qu’il soit, sont des vecteurs de l’Infini. Engageant chacun à révéler cette dimension dans sa vie quotidienne, il ne cesse d’annoncer que nous nous trouvons désormais au seuil de la Rédemption et qu’il suffit « d’ouvrir les yeux » pour en prendre conscience.
Le 27 Adar (2 mars) 1992, alors qu’il se trouve sur la sépulture de son beau-père, une violente attaque cérébrale le soustrait aux yeux d’une communauté juive suspendue à ses lèvres.
Après des mois d’une convalescence lors de laquelle il n’a cessé de répondre aux demandes de bénédictions et désormais atteint d’hémiplégie, il réapparaît dans sa synagogue le jour de Roch Hachana de l’année 5753, à l’automne 1992. Au prix de grands efforts physiques, il tiendra à assister aux offices quotidiens, à l’occasion desquels les ‘hassidim lui témoignent de leur attachement à la mission qu’il leur a imparti.
Le 3 Tamouz 5754, le 12 juin 1994, il disparaît aux yeux d’un monde qui résonne encore quotidiennement de ses enseignements sur tous les horizons de la planète, nous laissant la promesse de la Délivrance et l’injonction de travailler « de nos propres forces », de celles des profondeurs de l’âme, pour en concrétiser l’avènement.
Que ce soit en priant au « Ohel » où il repose auprès du Rabbi précédent ou en écrivant une lettre qu’il est d’usage d’envoyer sur le Ohel après l’avoir glissée dans un volume de son œuvre, tous ceux qui sont attachés à lui continuent de recevoir ses bénédictions.
La biographie lue par le Rav Touitou est tirée d’un article de fr.chabad.org
Dans cet épisode, nous explorerons l’un des principes de la méthodologie de Rachi sur la Torah, selon les enseignements du Rabbi de Loubavitch.
Plus précisément, nous découvrirons comment les noms des Tanaïm et Amoraim mentionnés dans le commentaire de Rachi, contribuent au ‘pchouto chel mikra’.




















