CTeen à Holon : «Chéva Bra’hot» et inauguration d’un nouveau club Habad géant pour la Jeunesse

CTeen à Holon : «Chéva Bra’hot» et inauguration d’un nouveau club Habad géant pour la Jeunesse

לוגו חבד סיטין ישראלAu cœur de la ville de Holon, une célébration de « Chéva Bra’hot » s’est muée en un véritable moment d’histoire communautaire : l’inauguration d’un club de jeunesse CTeen d’une ampleur inédite pour l’antenne locale Habad pour la Jeunesse. Organisée par le président du réseau, le Rav Moché Chilat, la soirée s’est tenue en l’honneur du ‘Hassid et nagid Rav Eliyahou Schlossberg, directeur du mouvement en Terre Sainte. 51 Chlou’him venus de tout le pays s’y sont réunis, aux côtés de donateurs et de personnalités.

 

 

C’est un jeudi soir que la ville de Holon a vécu une soirée exceptionnelle à double titre. Le « Chéva Bra’hot » des jeunes mariés, Zeevi et Ra’héli (Deutsch) Schlossberg , se déroulait au sein de l’antenne « CTeen Habad pour la Jeunesse » de la ville lorsque, dans le même mouvement, fut inauguré un nouveau club destiné aux adolescents, d’une taille et d’une facture particulièrement impressionnantes, animé par les Chlou’him locaux, le Rav Mendy et son épouse Sari Malka.

Une soirée à la croisée de deux joies

L’événement a été organisé et conduit de bout en bout par le Rav Moché Chilat, président de Habad pour la Jeunesse en Israël, en l’honneur du père du marié, le ‘Hassid et philanthrope, Rav Eliyahou Schlossberg, patron du mouvement en Terre Sainte. Pas moins de cinquante et un Chlou’him de Habad pour la Jeunesse, venus des quatre coins du pays, avaient fait le déplacement et furent les invités d’honneur de cette réunion peu ordinaire, où l’allégresse d’un mariage se mêlait à l’élan d’une nouvelle conquête éducative.

Habad pour la Jeunesse : une révolution en marche

Issue du réseau mondial CTeen, structuré à la fin des années 2000 sous l’égide du Merkos L’Inyonei ‘Hinoukh, la branche israélienne de Habad pour la Jeunesse s’est imposée en une quinzaine d’années comme l’un des projets les plus dynamiques de Habad en Eretz Israël. Placé sous la direction du Rav Moché Chilat, le mouvement fédère aujourd’hui plusieurs dizaines de familles de Chlou’him réparties dans des dizaines de villes du pays, où elles déploient auprès des adolescents un travail de proximité mêlant étude, prière, mise de Tefilines et activités communautaires. Chaque nouveau club, chaque nouvelle antenne prolonge une même vision : offrir à la jeunesse israélienne un point d’ancrage juif attractif et vivant.

C’est dans cette dynamique que s’inscrit le club inauguré à Holon, pensé comme un espace où les jeunes de la ville pourront se retrouver au fil de l’année. Derrière l’événement se profilent aussi les figures qui, depuis plus d’une décennie, portent financièrement et spirituellement cette entreprise.

Les bâtisseurs d’une même œuvre

Figure de proue de la diffusion des enseignements du Rabbi dans les milieux les plus divers, le Rav Moché Chilat — né à Jérusalem en 1975 — dirige également Habad sur les Campus, le réseau Torat Habad destiné aux Ba’hourim des yechivot, ainsi que la maison d’édition Maayanotekha. On lui doit nombre d’initiatives éducatives devenues, au fil des années, de véritables entreprises nationales.

Le Rav Eliyahou Schlossberg, incarne quant à lui la figure du philanthrope entièrement dévoué à l’œuvre du Rabbi. Issu d’une famille qui n’était pas ‘hassidique, il s’est rapproché au fil des ans de Habad et s’est lié au Rabbi. Entrepreneur dans l’immobilier, il consacre une part importante de sa fortune au soutien des institutions de Torah : outre son rôle de directeur de « Habad pour la Jeunesse », il finance le réseau de Kollelim « ‘Hibat Eliyahou » et les maisons d’étude « Heikhalei Avraham Its’hak », et a fondé des œuvres de bienfaisance venant en aide aux familles dans le besoin comme aux orphelins de Tsahal.

La soirée a par ailleurs été honorée de la présence du philanthrope Its’hak Mirilashvili, considéré comme l’un des fondateurs de Habad pour la Jeunesse en Israël et l’un de ses principaux soutiens depuis de longues années, aux côtés du Rav Schlossberg. Homme d’affaires et philanthrope de premier plan, il figure parmi les plus grands donateurs des institutions Habad et a mis sur pied, voici une quinzaine d’années, un fonds destiné à financer les projets de Torah et de ‘Hessed. Dans ses paroles, il a remercié les Chlou’him pour leur travail remarquable, salué le Rav Chilat pour sa direction avisée et constante, et exprimé sa gratitude au Rav Schlossberg pour le grand partenariat qui les unit.

La Mezouza et la mémoire d’un père

Le point d’orgue de la cérémonie fut d’une intensité toute particulière. C’est le marié, le Rav Zeevi, qui apposa la Mezouza sur le seuil du nouveau lieu, scellant symboliquement la vocation de la maison. Son père, le Rav Eliyahou, dévoila pour sa part la plaque dédiée à la mémoire de son propre père, le Rav Avraham Its’hak zatsal, avant de prononcer des paroles de bénédiction empreintes d’émotion — comme pour inscrire ce nouvel édifice dans la continuité de trois générations.

Le Chalia’h principal de la ville, le Rav David Gourarié, a béni les familles réunies et exprimé sa reconnaissance profonde pour la révolution que Habad pour la Jeunesse a accomplie dans sa ville. Tout au long de la soirée, le grand chantre ‘hassidique Moti Steinmetz, accompagné de l’artiste Naor Karmi, a fait vibrer l’assistance, alternant Nigounim de l’âme profonds et chants de joie entraînants.

Ainsi, à Holon, une simple table de Chéva Bra’hot s’est faite le berceau d’une maison nouvelle, où la jeunesse d’Israël trouvera, demain, un foyer.

 

Camp Gan Israël Detroit : un été d’activités couronné par la guerre des couleurs et la grande excursion

Camp Gan Israël Detroit : un été d’activités couronné par la guerre des couleurs et la grande excursion

Après plusieurs semaines d’un séjour intense, le Camp Gan Israël de Detroit a refermé les portes de sa session estivale. Prières, étude, activités quotidiennes, guerre des couleurs et grande excursion en ont rythmé chaque journée, jusqu’au départ des autobus. Un reportage photographique récapitulatif vient désormais retracer les moments forts de cet été.

 

 

L’été s’est achevé au Camp Gan Israël de Detroit, l’un des plus anciens camps de vacances du mouvement Habad-Loubavitch en Amérique du Nord. Au terme d’une période dense en activités, la direction du camp diffuse à présent un large album photographique retraçant le déroulement de la session, depuis les premières prières du matin jusqu’à l’ultime rassemblement des campeurs avant le retour à la maison.

Tout au long du séjour, les jeunes campeurs ont pris part aux prières quotidiennes, aux temps d’étude et à un éventail d’activités éducatives et sportives. À ce programme régulier se sont ajoutés plusieurs événements d’exception, pensés pour marquer durablement les esprits et prolonger, bien au-delà de l’été, l’élan spirituel insufflé sur les rives des lacs du Michigan.

Une session rythmée par la prière, l’étude et le jeu

Le quotidien du camp reposait sur un équilibre soigneusement entretenu entre la vie spirituelle et l’énergie propre à l’enfance. Chaque journée s’ouvrait par la prière et se poursuivait par des sessions d’étude, avant de laisser place aux jeux, aux sports et aux ateliers. Cette alternance, loin d’être une simple juxtaposition, forme le cœur même de la philosophie du réseau Gan Israël, où l’immersion ‘hassidique se vit dans la joie et le mouvement autant que dans le recueillement.

Cette formule reflète une intuition ancienne du mouvement : le temps des vacances estivales, loin d’être une parenthèse vide, constitue une occasion privilégiée d’ancrer chez les jeunes un attachement profond au judaïsme. Encadrés par des moniteurs venus de différentes communautés, les campeurs ont ainsi vécu un été où chaque instant, y compris les plus ludiques, était porteur de sens et de transmission.

La guerre des couleurs et la grande excursion, temps forts du séjour

Parmi les moments les plus attendus figuraient la guerre des couleurs, cette compétition d’équipes qui mobilise toute l’énergie et l’enthousiasme des campeurs, et la grande excursion, sortie de plusieurs jours à la découverte des paysages du nord du Michigan. Ces deux rendez-vous, devenus des institutions dans les camps du réseau Gan Israël, cristallisent l’esprit de camaraderie et l’exaltation collective qui caractérisent la saison estivale.

L’ensemble des activités s’est prolongé sans relâche jusqu’à l’instant où les autobus ont quitté les lieux, emportant avec eux des campeurs marqués par des semaines de vie communautaire. C’est ce foisonnement que documente désormais la galerie de photographies diffusée, offrant un panorama complet des journées écoulées et immortalisant les visages, les rassemblements et les instants de ferveur de cet été.

 

Un camp héritier de la vision du Rabbi

Le Camp Gan Israël de Detroit s’inscrit dans un réseau fondé en 1956 sur l’initiative du Rabbi de Loubavitch, qui voyait dans les vacances d’été non pas un temps mort mais une opportunité éducative de premier ordre, tout particulièrement pour les enfants issus de foyers éloignés de la tradition. Le Rabbi avait choisi le nom de Gan Israël en hommage au Ba’al Chem Tov, fondateur du mouvement ‘hassidique, dont l’amour inconditionnel pour chaque juif demeure la matrice de l’entreprise. Aujourd’hui, ce réseau constitue le plus vaste ensemble de camps juifs au monde, avec plus de cent mille enfants accueillis chaque année sur plusieurs continents.

L’implantation de Detroit compte parmi les toutes premières grandes activités du mouvement Loubavitch dans le Michigan, voici plus de six décennies. Le camp accueille aujourd’hui garçons et filles sur des sites distincts du nord de l’État, dans une région boisée et lacustre propice à l’immersion. Ces dernières années, l’acquisition de nouveaux terrains a permis d’étendre la session à deux mois pleins et d’accueillir un nombre croissant d’enfants, prolongeant ainsi, saison après saison, cette vision de croissance continue chère au mouvement.

Un été de plus s’achève à Detroit, mais l’élan semé sur les rives du Michigan accompagnera les campeurs bien au-delà des portes du camp.

 

 

Le Roi est dans les champs : que signifie vraiment cette métaphore ?

Le Roi est dans les champs : que signifie vraiment cette métaphore ?

Le mois d’Elloul ouvre une période singulière où la miséricorde divine se dévoile au cœur même de la vie quotidienne. Par la célèbre métaphore du Roi qui traverse les champs, l’Admour Hazaken enseigne que chacun peut alors s’approcher de D.ieu sans protocole ni barrière. Une lettre du Rabbi adressée à des détenus, et le geste bouleversant de l’un d’eux, révèlent la portée universelle de ce dévoilement.

 

 

 

 

1 – Le contexte du mois d’Elloul

Bien que le Talmud ne mentionne nulle part de manière explicite la Téchouva, le retour vers D.ieu, à propos du mois d’Elloul, celui-ci n’en demeure pas moins un temps infiniment propice, un Eit Ratson, un moment de pleine bienveillance. D.ieu y révèle Ses treize attributs de miséricorde, un dévoilement aussi puissant que celui qui accompagne les jours les plus solennels de l’année, tel Yom Kippour.

2 – Le paradoxe d’Elloul

Un paradoxe distingue pourtant ce mois de toute autre période sacrée. Le Chabbat comme Yom Kippour exigent que l’on suspende toute activité pour se consacrer entièrement au service divin ; durant Elloul, au contraire, la vie matérielle poursuit son cours ordinaire, sans la moindre interruption. Comment concilier une telle proximité avec le Ciel et le maintien des occupations les plus terrestres ?

3 – La métaphore du Roi dans les champs

Pour éclairer ce paradoxe, l’Admour Hazaken, fondateur du mouvement Habad, recourt à une image devenue célèbre. Avant de regagner son palais — qui figure Roch Hachana et Yom Kippour, où l’accès est strictement encadré —, le roi traverse les champs. Là, chacun peut l’approcher librement, sans cérémonie ni protocole, et le souverain accueille tout un chacun avec un visage rayonnant et un sourire.

4 – Le sens spirituel du dévoilement

Cette parabole porte un enseignement profond : le dévoilement divin est si élevé, si puissant, qu’il peut descendre jusque dans le quotidien le plus matériel. D.ieu accompagne l’homme au sein même de ses travaux profanes, signe que l’essence du Juif, d’Israël, demeure intimement liée à la lumière divine, quelles que soient ses activités terrestres.

5 – Un message pour les prisonniers

En 1977, le Rabbi adressa une lettre à des détenus pour leur rappeler que le « champ » désigne n’importe quel lieu. Même derrière les barreaux, D.ieu est présent, et Il accueille chaque être avec la même bienveillance, sans jamais rien retrancher à Son amour.

6 – L’histoire poignante d’un détenu

Une histoire bouleversante illustre cette vérité. Dans une prison vivait un homme d’une grande violence. Un jour, un bénévole lui proposa de mettre les Téfilines, mais il hésita en apercevant, sur le bras du détenu, un tatouage inconvenant. La semaine suivante, l’homme s’était écorché la peau à vif, la frottant de sel, afin d’effacer ce tatouage par respect pour les Téfilines. Ce geste dit tout : l’âme juive demeure toujours pure, toujours prête au sacrifice, quelle que soit la situation dans laquelle elle se trouve. 

 

Le Rabbi refusa qu’il lui offre une année de sa vie

Le Rabbi refusa qu’il lui offre une année de sa vie

 

Lorsqu’un jeune ba’hour, profondément ému, voulut offrir des années de sa propre vie au Rabbi, ce dernier déclina son offre. Le Rabbi lui expliqua qu’il ne devait nullement se mêler de choses qui n’étaient pas de son ressort. Il lui indiqua alors la véritable façon de lui donner de sa vie : chérir chaque jour pour l’étude de la Torah.

 

 

Une coutume née dans la douleur

Peu de temps après le décès du Rabbi Rachab, le Rabbi précédent tomba gravement malade, atteint du typhus, au point que sa vie fut mise en danger. Les membres du Beth HaRav ainsi que les ‘Hassidim réagirent en offrant chacun une année, ou une demi-année, de leur propre vie au Rabbi précédent.

Le nombre total d’années ainsi offertes s’éleva à trente. Et de fait, près de trente ans plus tard, le Youd Chevat 5710 (1950), le Rabbi précédent quitta ce monde.

Le désir d’un jeune ba’hour

Au mois de Sivan 5743 (1983), Reb Chamchi Younik, qui était alors un ba’hour au service de la maison du Rabbi et de la Rabbanit, entendit de première main les détails de cette histoire. Il en fut profondément bouleversé et, après y avoir longuement réfléchi, décida qu’il voulait, lui aussi, agir de la même manière.

Il adressa une lettre au Rabbi, dans laquelle il exprimait son désir sincère de lui offrir une année de sa propre vie.

La réponse du Rabbi

« Ton intention est louable, mais tu ne dois pas te mêler de choses qui ne sont absolument pas pour toi », lui écrivit le Rabbi, soulignant certains mots à plusieurs reprises afin d’en accentuer la portée. « Au contraire, tu dois chérir chaque année, et même chaque jour, pour étudier la Torah avec assiduité, etc. »

« Voilà la véritable manière de me donner », conclut le Rabbi.

(Rapporté par Reb Chamchi Younik)

Mercredi 2 septembre 2026 : Farbrenguen à la mémoire de Reb ‘Haïm Djian a’h, à l’occasion de la fin des 11 mois

Mercredi 2 septembre 2026 : Farbrenguen à la mémoire de Reb ‘Haïm Djian a’h, à l’occasion de la fin des 11 mois

Le mercredi 2 septembre 2026, le Beth Loubavitch convie la communauté à un Farbrenguen au Beth Habad de la Place des Fêtes, dans le 19ᵉ arrondissement de Paris. Ce rassemblement, précédé de la prière de Min’ha à 20 heures, marque la fin des onze mois de deuil de Reb ‘Haïm Djian a »h, ‘Hassid discret et infatigable du mouvement en France. Pendant des décennies, cet homme de l’ombre a œuvré sans relâche pour diffuser les enseignements du Rabbi et immortaliser la vie communautaire au travers de ses photographies.

 

 

C’est un rendez-vous empreint de recueillement et d’élévation que propose le Beth Loubavitch. Au 53 rue Compans, dans le local du Beth Habad de la Place des Fêtes, les fidèles se réuniront autour d’un Farbrenguen — cette réunion ‘hassidique où l’on chante, où l’on étudie et où l’on se renforce mutuellement dans le service divin — organisé à la mémoire d’une figure aussi effacée qu’essentielle de la communauté parisienne. La soirée, ouverte à un public masculin, débutera par la prière de Min’ha et se poursuivra autour de la table ‘hassidique, dans l’esprit de fraternité et d’entraide spirituelle propre à ces rassemblements.

Le choix de la date n’a rien d’anodin. En marquant la conclusion des onze mois de Kaddich, la communauté transforme la peine du deuil en occasion d’élévation, à un moment de l’année particulièrement propice au recueillement : le mois d’Elloul, temps d’introspection et de miséricorde divine qui prépare les cœurs aux fêtes de Tichri.

Le serviteur discret du Beth Loubavitch

Qui était Reb ‘Haïm Djian ? Ceux qui ont fréquenté le Beth Loubavitch au fil des décennies gardent le souvenir d’un homme discret, au sourire constant, profondément attaché au Rabbi. Derrière cette apparente réserve se cachait un dévouement sans faille au service de la communauté. Lors d’une soirée d’hommage tenue quelques semaines après sa disparition, le Rav Mendy Azimov avait détaillé l’ampleur de ses contributions : recherche de salles pour les grands événements, organisation de la diffusion des enseignements du Rabbi, gestion du répondeur téléphonique communautaire, photographie des célébrations et tenue du fichier de la communauté.

L’une des images les plus marquantes de son engagement remonte aux années 1980. À une époque où la transmission des paroles du Rabbi relevait encore de la prouesse logistique, Reb ‘Haïm Djian traversait Paris pour récupérer, au Palais des Congrès, les premiers fax des Si’hot expédiés depuis New York. Il se hâtait ensuite d’en tirer les photocopies afin de les distribuer, veillant à ce qu’aucun ‘Hassid ne soit privé de la parole du Rabbi. Semaine après semaine, il fut ainsi l’un des maillons invisibles par lesquels l’enseignement du septième Rabbi de Loubavitch parvenait jusqu’aux foyers de France.

Son appareil photo, enfin, aura fixé pour la postérité d’innombrables moments de la vie ‘hassidique parisienne : farbrenguens, Erev Habad, réunions communautaires. Les archives de la ‘Hassidout française portent la signature de ce photographe bénévole, qui préférait rester derrière l’objectif plutôt que d’y figurer. Ironie du sort, c’est aujourd’hui son propre portrait qui préside au faire-part invitant la communauté à se souvenir de lui.

Une communauté rassemblée dans le souvenir

Ce Farbrenguen n’est pas le premier hommage que la communauté rend à Reb ‘Haïm Djian. Dès l’automne dernier, peu après son décès, une soirée du souvenir s’était déjà tenue en ce même Beth Habad de la Place des Fêtes, réunissant Rabbanim et fidèles autour d’enseignements du Rabbi et du récit de son parcours. En revenant s’y rassembler pour marquer la fin des onze mois, les participants bouclent ainsi un cycle de deuil entamé dans la douleur, désormais tourné vers la lumière et la continuité.

En se réunissant autour de la table du Farbrenguen, la communauté transforme le souvenir en lumière — fidèle à cet homme de l’ombre qui, toute sa vie, éclaira les autres sans jamais chercher la lumière pour lui-même.

 

De l’immeuble du Rabbi à la salle de classe : le témoignage bouleversant d’un éducateur de Crown Heights

De l’immeuble du Rabbi à la salle de classe : le témoignage bouleversant d’un éducateur de Crown Heights

 

Dans le soixante-et-unième épisode du podcast Among Chassidim, animé par Yossi Kamman, le Rav ‘Haïm Levi Goldstein livre un témoignage bouleversant sur une existence entièrement vouée à l’éducation juive. Enfant, il a grandi à quelques mètres du Rabbi de Loubavitch, dans l’atmosphère unique du Crown Heights des origines. Éducateur pendant plus de trente ans, il revient aussi sur sa guérison miraculeuse après un mois de coma provoqué par la COVID.

 

 

 

L’héritage d’Uncle Yossi et les racines familiales

L’histoire du Rav Goldstein est indissociable de celle de son père, le célèbre Yossi Goldstein, connu dans le monde entier sous le nom d’Uncle Yossi et pionnier des enregistrements d’histoires juives destinés aux enfants. Le récit familial débute pendant la Grande Dépression, lorsque son grand-père décide de quitter Providence, dans le Rhode Island, pour s’établir à New York et offrir à ses enfants une authentique éducation juive.

Par un heureux hasard, en se trompant d’arrêt de métro, Uncle Yossi découvre le « 770 », le siège mondial du mouvement Loubavitch fraîchement établi. Il y devient rapidement un jeune pilier dévoué, multipliant les services quotidiens et recevant même des instructions directes et exigeantes du Rabbi précédent. Cette fidélité et ce lien profond avec les dirigeants du mouvement façonneront l’atmosphère dans laquelle grandira ‘Haïm Levi.

Une enfance privilégiée dans l’ombre du Rabbi

Le Rav Goldstein a eu le privilège rare de grandir dans l’immeuble même où résidaient le Rabbi, Mena’hem Mendel Schneerson, et son épouse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, au 346 New York Avenue. Ses souvenirs d’enfance révèlent le visage profondément humain et chaleureux du guide spirituel. Il se rappelle avoir observé, depuis sa fenêtre, le Rabbi s’arrêter chaque matin après avoir traversé la rue pour se retourner et adresser un signe de la main à son épouse, qui le suivait du regard.

L’un de ses souvenirs les plus marquants demeure les rassemblements de la Messiba Chabbos : le Chabbat après-midi, les enfants se réunissaient près d’une grande fenêtre donnant sur Eastern Parkway et chantaient à pleine voix à l’instant précis où le Rabbi regagnait son domicile. Celui-ci s’arrêtait, souriait et encourageait leurs chants d’un signe de la main, offrant à ces jeunes garçons un moment d’attention privilégié.

Les enfants de Crown Heights et la lourde porte

Le Rav Goldstein partage également des souvenirs d’enfance particulièrement touchants au sujet de la Rabbanit ‘Hana, qui offrent un aperçu rare du profond respect — le précepte de Kiboud Em, l’honneur dû à la mère — que lui témoignait son fils. Lorsque le jeune ‘Haïm Levi avait environ huit ans, la Rabbanit ‘Hana habitait au rez-de-chaussée du 1418 President Street, l’immeuble voisin du dortoir des étudiants de la Yechiva, connu sous le numéro « 1414 ». Ce bâtiment historique était doté de portes d’entrée massives en bois, si lourdes qu’il fallait une grande force pour les pousser.

Les jeunes garçons du quartier avaient instauré un rituel : dès qu’ils apercevaient la Rabbanit ‘Hana approcher de son domicile, ils faisaient la course pour arriver les premiers et lui tenir cette lourde porte ouverte. Le Rav Goldstein se souvient de l’immense bienveillance de la Rabbanit, qui prenait toujours le temps de les remercier. Il confie avec émotion qu’elle lui donna un jour une petite tape affectueuse sur l’épaule en signe de gratitude, un geste dont il affirme sentir encore la présence aujourd’hui, des décennies plus tard.

Le rituel immuable des jours de fête

Mais le souvenir le plus frappant du Rav Goldstein demeure l’attitude solennelle du Rabbi envers sa mère lors des jours de fête, les Yom Tov. À ces occasions, la Rabbanit ‘Hana se rendait au siège du mouvement, le « 770 », pour prier, où une place d’honneur lui était réservée dans la section des femmes. À l’issue de l’office, elle montait dans le bureau de son fils pour une courte visite.

Au moment de son départ, le Rabbi manifestait une dévotion absolue. Plutôt que de la saluer simplement dans son bureau, il lui ouvrait la porte, la tenait respectueusement par le bras et l’escortait en personne à travers les couloirs jusqu’à la sortie principale du bâtiment.

Le regard protecteur du Rabbi

Une fois dehors, l’accompagnement de la Rabbanit ‘Hana était confié à deux sœurs, la Rabbanit Menick et la Rabbanit Katz, qui marchaient de part et d’autre d’elle pour la raccompagner jusqu’à son domicile. Le Rabbi, pourtant, ne regagnait pas aussitôt ses occupations. Il restait immobile sur le pas de la porte du « 770 », observant sa mère s’éloigner dans la rue.

Il la suivait des yeux, veillant sur son trajet, et ce n’est qu’à l’instant précis où elle tournait au coin de l’avenue Kingston, disparaissant entièrement de son champ de vision, qu’il faisait enfin demi-tour pour regagner son bureau. Le Rav Goldstein souligne que cette attention prolongée était accomplie religieusement, avec une constance sans faille. Pour les enfants et les jeunes étudiants qui observaient la scène, ce comportement constituait une leçon vivante et inoubliable : celle de la manière dont un grand dirigeant honore et chérit sa propre mère.

La vocation d’éducateur : créativité et transmission

Envoyé à la Yechiva de Brunoy, en France, à l’âge de dix-sept ans, le jeune Levi n’était pourtant pas l’élève le plus assidu. C’est le célèbre Rav Nissan Nemanov qui sut déceler son potentiel en lui confiant, contre toute attente, l’enseignement d’un groupe de jeunes élèves. Ce fut le tournant de sa vie.

Devenu Melamed pendant plus de trente ans, le Rav Goldstein a transformé l’apprentissage dans les écoles de Crown Heights. On lui doit notamment le Benish Mikra, un livret novateur proposant une traduction linéaire pour aider les enfants à traduire et comprendre le ‘Houmach. Pour la couverture, il utilisa une photographie de ses propres élèves, parmi lesquels figurait le frère de l’animateur du podcast.

Perpétuant le talent familial, il a également lancé Living Sedra, une série de cassettes audio racontant les Midrachim de manière captivante. Selon lui, et s’appuyant sur les enseignements du Rabbi, le récit constitue l’outil pédagogique le plus puissant : il captive les enfants et leur transmet des leçons de morale sans jamais les heurter ni les critiquer de front.

Une révolution dans la motivation scolaire

L’une de ses contributions les plus fascinantes à l’éducation tient à sa méthode de motivation. Remettant en cause le système classique consistant à « acheter » l’effort des enfants par des bonbons ou des prix, il s’est appuyé sur un discours du Rabbi affirmant que les âmes des enfants d’aujourd’hui sont prêtes à agir par pur amour de D.ieu.

Dès la rentrée d’une année scolaire, il décida de renoncer aux récompenses matérielles conditionnelles. Il expliqua à ses élèves qu’ils allaient étudier pour Hachem, et non pour des friandises. À la surprise générale, cette approche rencontra un succès retentissant. Ses élèves de six ou sept ans en venaient à refuser les douceurs après l’étude, de peur que leur apprentissage ne parût motivé par la gourmandise, préférant l’étude pour elle-même.

Le miracle de la COVID-19 et la puissance du Bita’hon

La fin de l’entretien aborde une épreuve vertigineuse. Au début de la pandémie de COVID-19, le Rav Goldstein contracta une forme très grave du virus, qui le plongea dans le coma durant un mois. C’est alors que la communauté ajouta « ‘Haïm » (la vie) à son nom, le rebaptisant ‘Haïm Levi.

À son réveil, bien qu’amaigri, incapable du moindre mouvement et intubé, il stupéfiait les infirmières par son sourire permanent. Le Rav Goldstein attribue cette force intérieure extraordinaire à l’étude approfondie du Chaar HaBita’hon, la Porte de la Confiance en D.ieu, entreprise juste avant sa maladie. Il s’était littéralement imprégné de la certitude absolue que D.ieu est bon et n’agit que pour le bien, s’accrochant à un chant populaire répétant « I believe in Hashem », je crois en D.ieu.

Il conclut en rapportant une anecdote saisissante transmise par le secrétaire du Rabbi, le Rav Binyamin Klein : le Rabbi aurait un jour désigné une immense pile de lettres de doléances posée sur son bureau et affirmé que si les gens étudiaient véritablement la notion de Bita’hon, la moitié de leurs difficultés se résoudraient d’elles-mêmes, réduisant cette pile de moitié. Car la confiance absolue, précisément, engendre le miracle.

Le panéliste de l’émission «Les Patriotes», Guy Meroz, dévoile : Habad s’est mobilisé pour secourir sa famille

Le panéliste de l’émission «Les Patriotes», Guy Meroz, dévoile : Habad s’est mobilisé pour secourir sa famille

 

Le panéliste de l’émission israélienne « Les Patriotes » sur C14, a livré un témoignage personnel et bouleversant. Il y raconte le combat mené pour obtenir un médicament vital destiné au père de sa compagne, gravement souffrant. Selon lui, ce sont les organisations Habad des États-Unis qui se sont alors mobilisées pour lui venir en aide.

 

 

 

Un témoignage personnel et bouleversant

Guy Meroz, panéliste de l’émission « Les Patriotes » diffusée sur Canal 14, a partagé ces derniers jours un récit intime et poignant, dans lequel il évoque la mobilisation des organisations Habad aux États-Unis pour tenter d’aider sa famille à se procurer un médicament essentiel.

Il raconte que le père de sa compagne, malade, l’a conduit à s’envoler avec elle vers les États-Unis afin d’obtenir pour lui un traitement particulier. Mais, à un certain stade, il est apparu qu’un retard entravait la réception du médicament, et la famille peinait à faire avancer les soins.

Une vingtaine d’organisations à la rescousse

Après que Meroz eut partagé cette épreuve à l’antenne des « Patriotes », de nombreuses propositions d’aide ont commencé à lui parvenir. Selon ses propres mots, en l’espace de peu de temps, une vingtaine d’organisations américaines, parmi lesquelles des organisations Habad, l’ont contacté pour lui offrir leur soutien.

Meroz leur a transmis les coordonnées de la clinique, et c’est alors que la mobilisation s’est enclenchée. À l’en croire, ceux qui s’étaient portés volontaires ont pris contact à maintes reprises avec l’établissement, afin de hâter la délivrance du médicament.

Une mobilisation qui porte ses fruits

« Je leur ai expliqué de quoi il retournait, et ils ont littéralement assailli cette clinique de coups de téléphone », a raconté Meroz, décrivant comment, à la suite de cette avalanche de sollicitations, une infirmière de l’établissement a fini par appeler sa compagne pour la prier de se présenter sur place sans délai.

Sa compagne s’est rendue à la clinique et y a patienté durant des heures, jusqu’à recevoir enfin du médecin l’assurance que le médicament arriverait bel et bien.

Une leçon d’amour d’Israël

Visiblement ému par cet élan, Meroz a confié que cet épisode lui avait révélé une facette qu’il ne connaissait pas jusqu’alors. Pour les ‘Hassidim de Habad, ce récit constitue une expression supplémentaire de la garantie mutuelle (arévout hadadit) et de l’amour d’Israël (ahavat Israël), ces valeurs mêmes que Rabboténou Nessiénou, nos maîtres les Rabbeim, nous ont transmises.

C’est dans le cadre du podcast « Le Libéral », animé par Dror Rafael, que Meroz a tenu ces propos.

Fin tragique à Tibériade : le jeune ‘hassid Habad Na’hman Kinan, 24 ans, retrouvé sans vie

Fin tragique à Tibériade : le jeune ‘hassid Habad Na’hman Kinan, 24 ans, retrouvé sans vie

 

Après dix jours de recherches ininterrompues, le corps de Katriel Na’hman Kinan, jeune ‘hassid Habad de vingt-quatre ans originaire de Beth Chémech, a été découvert jeudi dans la forêt de Suisse, près de Tibériade. Aperçu pour la dernière fois sur les rives du lac de Tibériade alors qu’il se rendait à Tsfat, il avait disparu sans laisser la moindre trace. L’identification de sa dépouille a mis fin à une mobilisation exceptionnelle de la police, des secours et de centaines de bénévoles venus de tout le pays.

 

 

Une issue redoutée au terme de dix jours d’angoisse

C’est l’épilogue tragique que nul n’osait formuler à voix haute. Le corps découvert jeudi dans la forêt de Suisse, aux abords de Tibériade, est bien celui de Katriel Na’hman Kinan, de bénie mémoire, le jeune homme de vingt-quatre ans porté disparu depuis le week-end précédent. ‘Hassid Habad établi à Beth Chémech, Na’hman avait quitté les siens dix jours plus tôt et s’était volatilisé après avoir été aperçu pour la dernière fois dans le secteur de la plage de Gaï, au bord du lac de Tibériade. Il portait alors un sac à dos noir et un étui à téfilines brun foncé, et faisait route vers Tsfat lorsque sa piste s’est brusquement interrompue.

Durant près de deux semaines, sa famille s’est démenée pour le retrouver, lançant appel après appel au public afin qu’il prête main-forte aux recherches. Son frère, Daniel, a raconté que l’enquête avait connu une avancée décisive au cours des dernières vingt-quatre heures grâce à l’analyse des caméras de surveillance : on y voyait Na’hman entrer dans le tombeau de Rabbi Meïr Baal HaNes, puis en ressortir. La famille et la police s’efforçaient alors de reconstituer son parcours à partir de ce point, tout en explorant en parallèle d’autres pistes.

Les dernières heures avant la disparition

Selon le récit de son frère, Na’hman lui avait parlé le dimanche soir pour l’informer qu’il partait pour Tsfat, où il devait rencontrer son Rav — il avait autrefois étudié dans la Yechiva de cette ville. Mais il n’est jamais parvenu à destination. Les relevés de téléphonie mobile ont établi qu’il était arrivé à Tibériade, et le lundi, il avait adressé un message à sa mère lui indiquant que sa batterie était déchargée et la priant de ne pas s’inquiéter. Ce fut là son dernier signe de vie.

L’enquête a permis de retracer une partie de son itinéraire. Na’hman avait passé la nuit du dimanche au lundi sur le mont Méron, jusqu’aux premières heures du matin, avant de prendre un autobus en direction de Tsfat. Pour une raison qui demeure obscure, il s’est retrouvé à Tibériade, où les caméras de la gare centrale l’ont filmé marchant vers le tombeau du Rambam, puis poursuivant à pied jusqu’à celui de Rabbi Meïr Baal HaNes. En dépit de ces images, la dernière localisation de son appareil renvoyait au secteur de la plage de Gaï, en ville, le lundi en soirée.

Une mobilisation sans précédent

À partir de ce fil ténu, la famille a travaillé main dans la main avec la police et les bénévoles, à Tibériade comme à Beth Chémech, passant au crible caméras, terrains et bâtiments abandonnés. Drones, maîtres-chiens et unités spécialisées dans la localisation des disparus ont été mobilisés, aux côtés de volontaires accourus des quatre coins du pays. L’unité cynophile d’Israël, placée sous le commandement de Yekoutiel « Mike » Ben Yaakov, a pris part durant plusieurs jours aux ratissages, déployant chiens pisteurs et flotte de drones pour couvrir les zones les plus difficiles d’accès du secteur nord.

Cette disparition survenait sur fond de sensibilité particulière à l’égard de la région comprise entre Tsfat et Méron, autrefois surnommée le « triangle des Bermudes israélien » en raison d’une série de disparitions survenues au fil des années. La police a toutefois toujours souligné qu’aucun dénominateur commun n’avait été établi entre ces affaires, et que le relief montagneux, les forêts et la rareté des caméras de surveillance compliquaient régulièrement les opérations de recherche.

La découverte aux abords de Tibériade

C’est à 13h40 qu’un signalement est parvenu au centre d’appels de ZAKA, faisant état d’une dépouille repérée dans la forêt de Suisse, aux abords de Tibériade. Les bénévoles du district nord de ZAKA ont été dépêchés sur les lieux ; après les opérations d’identification, il est apparu qu’il s’agissait bien du jeune homme de vingt-quatre ans recherché depuis plus d’une semaine dans la région.

Le corps a été retrouvé dans un terrain accidenté, à proximité immédiate d’une falaise. Shaï Lévi, responsable d’équipe au district nord de ZAKA présent sur place, a décrit une scène particulièrement complexe : « Il s’agit d’un site très difficile, dans un relief escarpé, tout près d’une falaise. Une fois confirmé qu’il s’agissait du disparu que nous recherchions, nous avons œuvré aux côtés des équipes de secours pour extraire la dépouille du terrain et veiller au respect dû au défunt. » Les bénévoles ont travaillé conjointement avec les forces de sauvetage pour le dégagement du corps, tandis que la police ouvrait une enquête sur les circonstances du drame.

 

 

Ni faute ni châtiment : le mystère de la disparition des Tsadikim

Ni faute ni châtiment : le mystère de la disparition des Tsadikim

Lors du hesped, de l’oraison funèbre du Ramak, Rabbi Moché Cordovéro, à Tsfat, le Ari’zal osa une lecture bouleversante d’un verset de la Torah : celui qui n’a commis aucun mal peut néanmoins quitter ce monde, non par châtiment, mais par un décret inscrit dès l’origine de la création. Derrière cette affirmation se dessine toute la distinction entre la faute du serpent et l’arbre de la connaissance, entre la Torah révélée et sa dimension cachée, entre deux catégories de justes. Comprendre ce secret, c’est découvrir que la part la plus intime de chaque âme demeure pure, et que la dévoiler hâte la Guéoula véritable.

 

 

 

Adapté d’une Si’ha du Rabbi dans le Likoutei Si’hot volume 24, 1ère Si’ha de Ki Tetsé

 

Un éloge funèbre qui devint une révélation

Lorsque le Ramak, Rabbi Moché Cordovéro, s’éteignit à Tsfat le 23 Tamouz 5330 (1570), à l’âge de quarante-huit ans, toute la communauté de la ville sainte fut plongée dans le deuil. Parmi ceux qui prononcèrent son hesped, son éloge funèbre, se trouvait un maître encore discret, récemment arrivé en Galilée : le Ari’zal, Rabbi Its’hak Louria (5294-5332 / 1534-1572). Devant l’assemblée, il affirma que le Ramak était si pur qu’aucune faute personnelle n’avait pu être la cause de sa disparition, et il appuya ses paroles sur un verset de la section Ki Tetsé : « Si un homme a commis un péché passible de mort et qu’il soit mis à mort, tu le pendras à un bois » (Deutéronome 21, 22).

Le Ari’zal expliqua que la mort du Ramak ne procédait d’aucun manquement, puisqu’il n’avait fait aucun mal, mais qu’elle découlait uniquement du décret de mort attaché à l’arbre de la connaissance, ce « bois » évoqué par le verset. À première vue, une telle explication paraît rejoindre un enseignement bien connu du Talmud, selon lequel quatre hommes justes quittèrent ce monde non pour leurs propres fautes, mais « par le conseil du serpent » (Chabbat 55b). En vérité, le Ari’zal introduit ici une notion entièrement nouvelle, qui déborde le cadre de cet enseignement talmudique.

Le conseil du serpent et l’arbre de la connaissance

Toute la nouveauté tient à la différence entre « le conseil du serpent » et « le bois », c’est-à-dire l’arbre lui-même. Le conseil du serpent, atsat hana’hach, désigne la ruse par laquelle le serpent incita l’homme à transgresser ; il appartient donc au registre du mal et de la séduction vers la faute. Le « bois », en revanche, ne comporte en lui-même aucun manque ni aucun défaut.

Bien au contraire : l’arbre de la connaissance, Ets haDaat, était bon et beau, et le décret de mort qui lui fut associé n’avait nullement pour finalité de punir. Sa vocation première était de soumettre l’homme à une grande épreuve, voulue par D.ieu au cœur même du plan de la création. La mort attachée à l’arbre relève ainsi d’un dessein divin, et non d’une déviation ou d’une souillure.

Deux visages d’une même Torah

Ces deux concepts correspondent à deux niveaux de dévoilement de la Torah. L’expression de la Guemara, « morts par le conseil du serpent », relève de la Torah révélée, le nigleh : elle décrit la mort telle qu’elle s’est manifestée concrètement et ouvertement dans le monde, comme conséquence de la faute originelle.

L’explication du Ari’zal, « tu le pendras à un bois », appartient quant à elle à la dimension intérieure de la Torah, la pnimiyout haTorah. Elle dévoile la face spirituelle et cachée de l’événement, celle qui se rattache au plan divin initial de la création, antérieur à toute notion de faute. Une telle lecture est le propre des maîtres des secrets de la Torah, tels que le Ramak et le Ari’zal, qui savaient discerner sous la surface des choses la volonté première du Créateur.

Deux degrés dans le service des justes

Ces deux dimensions correspondent également à deux catégories de justes, de Tsadikim. La mort « par le conseil du serpent » concerne les justes chez qui subsiste encore une trace infime de l’impureté laissée par le serpent. Dans le langage du service divin, cette trace ne désigne aucune faute grossière, mais une forme subtile d’orgueil ou de conscience de soi, un reste de yéchout, ce sentiment d’exister par soi-même.

La mort liée au « bois » relève, elle, d’un niveau supérieur. Elle concerne les justes que le conseil du serpent ne peut plus atteindre, tant leur être s’est effacé devant D.ieu. Chez eux, la disparition ne dépend plus d’aucun résidu à réparer, mais uniquement de la volonté divine d’introduire la mort, et l’immense élévation spirituelle qui l’accompagne, dans le monde. Leur histalkout n’est plus un châtiment, mais une ascension.

La pureté enfouie au cœur de chaque âme

On pourrait croire que de tels sommets demeurent hors d’atteinte du commun des hommes. Il n’en est rien. La dimension la plus intérieure de l’âme, la pnimiyout hayehoudi, est présente en chaque Juif, et elle est intrinsèquement liée à cette pureté supérieure qui échappe à toute souillure de la faute.

Depuis l’époque du Ari’zal, il est devenu permis, et même recommandé, de dévoiler la sagesse cachée. En étudiant la dimension intérieure de la Torah, l’homme met au jour la part la plus profonde de son âme. Cette pureté enfouie cesse alors d’être une simple potentialité : elle s’exprime concrètement, rayonne et transforme la personne tout entière, jusque dans ses aspects les plus extérieurs et les plus quotidiens.

Répandre les sources vers l’extérieur

De tout cela découle une conséquence pratique décisive : l’obligation de répandre ces sources spirituelles vers l’extérieur, selon l’expression hafatsat hamayanot ‘houtsa. Il s’agit d’en faire bénéficier chaque Juif, même s’il faut pour cela adapter le langage et le style à son niveau présent, afin qu’aucun ne demeure privé de cette lumière.

L’étude de la dimension intérieure de la Torah éveille l’âme profonde et élève celui qui s’y adonne. Par cette conduite, on efface les fautes, jusqu’à celle de l’arbre de la connaissance elle-même, et l’on retire ainsi la cause véritable de l’exil. C’est de cette manière que se prépare et se hâte la Guéoula véritable et complète, par le Machia’h, très bientôt et de nos jours.

À l’image du 770 : une pierre angulaire posée à Beth Shemesh pour le Beth Habad

À l’image du 770 : une pierre angulaire posée à Beth Shemesh pour le Beth Habad

 

Après des années de démarches bureaucratiques et judiciaires, la cérémonie solennelle de pose de la pierre angulaire de la synagogue et du Beth Habad central 770 s’est tenue à Ramat Beth Shemesh Guimel. Rabbanim de Habad, directeurs de Yechivot, rabbins de communautés et personnalités publiques ont pris part à l’événement. Le Chalia’h du Rabbi, le Rav Binyamin Mendelson, a déclaré : « Nous avons le mérite de proclamer Didan Natsa’h et de commencer à bâtir la maison du Rabbi. »

Un moment d’émotion au cœur du quartier

Un moment chargé d’émotion et d’une grande solennité s’est déroulé mardi à Ramat Beth Shemesh Guimel, avec la pose de la pierre angulaire de la synagogue et du Beth Habad central 770, appelé à s’élever au cœur du quartier et à devenir un centre de Torah, de prière, de ‘Hassidout et de diffusion des sources pour la communauté et l’ensemble des habitants de la région.

Cette cérémonie a couronné près d’une décennie d’efforts déployés pour faire avancer le projet. Durant neuf années, les responsables de la communauté et du Beth Habad ont œuvré pour obtenir l’attribution du terrain et lever les obstacles qui se dressaient sur leur chemin, y compris de longues procédures bureaucratiques et judiciaires. Désormais, avec la pose de la pierre angulaire, le projet devrait entrer dans sa phase de construction.

La maison du Rabbi au cœur de la ville

À l’origine de l’initiative se tient le Chalia’h du Rabbi, directeur du Beth Habad et de la communauté de Ramat Beth Shemesh Guimel, le Rav Binyamin Mendelson. « Cela fait neuf ans que nous œuvrons pour obtenir cette attribution », a-t-il confié avec émotion. « Après un long et éprouvant parcours juridique et administratif, nous avons le mérite de proclamer ici Didan Natsa’h et de commencer à bâtir la maison du Rabbi, ici, dans la ville de Beth Shemesh. »

Le Rav Mendelson a souligné que le nouvel édifice ne serait pas destiné aux seuls membres de la communauté Habad, mais deviendrait une adresse pour l’ensemble des habitants du quartier. « Cette maison illuminera non seulement le quartier, mais la ville tout entière, de la lumière de la Torah et de la ‘Hassidout ; elle sera un centre vivant et vibrant de diffusion des sources, pour la satisfaction de Celui qui nous a envoyés, le Rabbi, Nassi de notre génération. Il y a ici une communauté grande et respectée, avec une synagogue, l’activité des Tsivot Hachem, un Mikvé et des organisations de bienfaisance ; et d’autre part, c’est une communauté dont toute l’essence est la Chli’hout. Chaque Juif qui réside ici peut venir, recevoir une étreinte chaleureuse et se relier au Rabbi. »

Une joie qui dépasse la communauté Habad

Le fait que la joie ait débordé les frontières de la communauté Habad locale s’est nettement ressenti dans la composition des participants. Des Rabbanim, des directeurs de Yechivot et des représentants de diverses communautés ‘harédiot de la ville sont venus prendre part à la cérémonie, aux côtés de représentants publics et de la direction municipale, témoignant ainsi de la place de la communauté Habad dans la mosaïque communautaire en plein essor de Beth Shemesh.

Parmi les participants figuraient le Rav Avraham Mikhaël Halperin, rav du quartier de Guivat Hatsarfatit à Jérusalem et doyen des membres du beth din des Rabbanim de Habad en Terre sainte ; le Rav Mena’hem Mendel Gloukhovsky, secrétaire adjoint du beth din des Rabbanim de Habad et mara deatra de la communauté Habad de Re’hovot ; le Rav David Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël ; et le Rav ‘Haïm Eliyahou Gloukhovsky, mara deatra de la communauté Habad de Ramat Beth Shemesh Guimel, qui accompagne le développement de la communauté et lui assure sa direction halakhique, tor­anique et ‘hassidique.

Ont également participé le Rav Yossi Rabinovitch et le Rav Yaakov Dobrovsky, Chlou’him du Rabbi à Ramat Beth Shemesh Daleth ; le Rav Chneour Eisenman, rav de la communauté Habad « Or Mena’hem » à Ramat Beth Shemesh Daleth ; le Rav Chmouel Rozenberg, l’un des Rabbanim de la communauté Habad de Beth Shemesh ; le Rav ‘Haïm David Wilhelm, machpia à la Yechiva Habad de Beth Shemesh ; et le Rav El’hanan Cohen, membre de la communauté et directeur de la Yechiva Tom’hei Temimim « Tiféret Israël » pour anglophones à Beth Shemesh.

Des Rabbanim d’autres communautés de la ville ont eux aussi pris part à la cérémonie, parmi lesquels le Rav Chimon Tversky, rav de la communauté « Kol Yehouda » à Beth Shemesh ; le Rav Cheaya Leibovitch, mora tsedek de Zhikov-Vizhnitz ; et le Rav Eliezer Meirovitch, directeur de la Yechiva « Netivot Meir » et l’un des Rabbanim des communautés ‘harédiot de Beth Shemesh.

À leurs côtés se trouvaient des personnalités publiques, dont le député Tsvi Soukot de la faction du Sionisme religieux, le député Rav Moché Aboutboul, ancien maire de Beth Shemesh, l’adjoint au maire Nataï Gabaï, l’adjoint au maire ‘Hanokh Danger, et Rav Arié Golbentsitz, l’un des membres et fondateurs de la communauté Habad de Ramat Beth Shemesh Guimel.

Le député Tsvi Soukot, venu s’associer à la joie de la communauté, avait lui aussi pris part aux efforts pour faire avancer et concrétiser le centre Habad, œuvrant tout au long du parcours à la progression du projet et à la levée des obstacles qui se dressaient devant lui.

Les enfants au centre du moment

L’événement était animé par le Rav Binyamin Wilhelm, de l’organisation Tsivot Hachem. Au cours de la cérémonie, une place particulière a été accordée aux enfants de la communauté, qui avaient participé peu avant à une activité ludique destinée à les relier au sens de l’édification de « la maison du Rabbi ». Quelques jours plus tôt, les enfants avaient rédigé des Panim qui furent envoyés au Ohel, empreints de prière et de bénédiction pour la réussite de la construction.

L’allocution centrale a été prononcée par le Rav David Lau, ancien Grand Rabbin d’Israël, qui s’est arrêté dans ses propos sur l’importance et le caractère singulier de ce moment. Le Rav Avraham Mikhaël Halperin a pris la parole à sa suite, adressant ses bénédictions au rav de la communauté, le Rav ‘Haïm Eliyahou Gloukhovsky, et au Chalia’h, le Rav Binyamin Mendelson. Le Rav Mena’hem Mendel Gloukhovsky a lui aussi prononcé des paroles particulières.

La cérémonie était accompagnée, dans une atmosphère ‘hassidique et au son des niggounim de Habad, par Davidi Na’hchon et le chanteur Mikhaël Azoulay.

Un nouveau chapitre pour Ramat Beth Shemesh

La pose de la pierre angulaire intervient sur fond d’un essor spectaculaire de Beth Shemesh en général, et de Ramat Beth Shemesh Guimel en particulier. Ces dernières années, une communauté ‘habadique grande et vibrante s’y est développée, tandis que l’activité du Beth Habad s’élargissait parallèlement parmi les habitants du quartier. La communauté anime un dispositif de Torah, de prière, d’éducation, d’activités pour les enfants et d’œuvres de bienfaisance, aux côtés d’une activité de Chli’hout tournée vers l’ensemble du public.

Avec la pose de la pierre angulaire s’ouvre désormais un nouveau chapitre. Après neuf années d’attente et d’efforts, la communauté espère voir, dès les prochaines semaines, les travaux démarrer et le nouveau 770 se construire au cœur de Ramat Beth Shemesh Guimel : une maison de Torah, de prière et de ‘Hassidout, et une adresse de Chli’hout et de diffusion des sources pour les habitants du quartier et de la ville tout entière.