Habad au Panama : Les Grands Rabbins d’Israël évaluent les jeunes Chlou’him lors d’une visite historique

Habad au Panama : Les Grands Rabbins d’Israël évaluent les jeunes Chlou’him lors d’une visite historique

 

Les Grands Rabbins d’Israël David Lau et Its’hak Yossef se sont rendus au Panama pour évaluer le travail des jeunes émissaires Habad dans le pays d’Amérique centrale.

 

 

Cette visite officielle marque un tournant dans la reconnaissance institutionnelle du travail accompli par les Ba’hourim engagés dans la Chli’hout panaméenne. Les autorités religieuses israéliennes ont pu constater directement l’impact de ces jeunes sur la communauté juive locale et leur contribution au renforcement de l’identité juive dans la région.

Une mission d’évaluation approfondie

La délégation des Grands Rabbins s’est déplacée spécifiquement pour examiner les activités menées par les jeunes émissaires Habad au Panama. Cette évaluation s’inscrit dans une démarche plus large de supervision et d’accompagnement des missions de Chli’hout à travers le monde.

Les Ba’hourim présents dans le pays travaillent activement au sein de la communauté juive panaméenne, organisant des programmes éducatifs, des célébrations religieuses et des activités de sensibilisation. Leur travail vise à rapprocher les Juifs locaux de leurs traditions et à renforcer les liens communautaires.

Reconnaissance du travail accompli

Cette visite témoigne de l’importance accordée par les autorités rabbiniques israéliennes au développement des communautés juives en Amérique latine. Le Panama, malgré sa taille relativement modeste, abrite une communauté juive active qui bénéficie désormais d’un encadrement religieux renforcé.

Les Grands Rabbins Its’hak Lau et Its’hak Yossef ont pu observer les différents projets mis en place par les jeunes émissaires, notamment les programmes d’éducation religieuse, l’organisation des offices de Chabbat et les préparatifs pour les fêtes juives.

Impact régional et perspectives d’avenir

Cette évaluation positive des activités panaméennes pourrait servir de modèle pour d’autres missions similaires en Amérique centrale et du Sud. Le succès rencontré par ces Ba’hourim démontre l’efficacité de l’approche Habad dans des contextes culturels variés.

La présence continue de ces jeunes émissaires contribue également au rayonnement du judaïsme dans une région où les communautés juives sont souvent isolées géographiquement. Leur travail permet de maintenir un lien vivant avec les traditions ancestrales tout en s’adaptant aux réalités locales.

La visite des Grands Rabbins marque ainsi une étape importante dans la consolidation de la présence juive au Panama et confirme l’engagement des autorités religieuses israéliennes envers les communautés de la diaspora, même les plus éloignées géographiquement.

Cette reconnaissance officielle devrait encourager d’autres jeunes à s’engager dans des missions similaires et renforcer le réseau mondial de la Chli’hout Habad.

 

La Yechiva de Brunoy innove avec une classe en hébreu pour ses nouveaux étudiants

La Yechiva de Brunoy innove avec une classe en hébreu pour ses nouveaux étudiants

La plus grande yechiva Habad d’Europe annonce l’ouverture d’une classe entièrement en hébreu pour accueillir les étudiants de première année, marquant une évolution pédagogique significative dans cette institution centenaire.

 

 

La Yéchiva de Brunoy, qui accueille actuellement 380 étudiants du monde entier, diversifie son offre linguistique pour répondre aux besoins croissants d’une communauté multiculturelle. Cette initiative témoigne de l’adaptation des institutions traditionnelles aux réalités contemporaines de l’enseignement religieux en Europe.

Une équipe pédagogique d’exception

Le Rav Israël Kenig a été désigné pour diriger cette nouvelle classe destinée aux étudiants de Chiour Alef. Diplômé des Yechivot Tomchei Temimim en Terre Sainte, ce pédagogue reconnu apportera ses compétences en matière d’enseignement de la Guemara et sa connaissance approfondie de la Torah. Sa réputation d’enseignant clair et méthodique garantit aux étudiants une base solide pour leurs études talmudiques.

Le Rav Avraham Barouh Neparstak assumera quant à lui le rôle de Machpia, accompagnant les jeunes dans leur développement spirituel, éducatif et personnel. Ancien élève de Brunoy, il avait précédemment servi comme Chalia’h dans cette même Yéchiva, laissant une empreinte durable sur les étudiants. Son retour en tant que Machpia et Maguid Chiour de ‘Hassidout représente la continuité naturelle de son engagement antérieur.

Un développement stratégique sous supervision experte

Cette initiative s’inscrit dans le cadre plus large du développement du département Chiour Alef, supervisé par le Rav Chmouel Brodovitcz. Ce dernier œuvre sans relâche pour étendre et perfectionner ce département, maintenant des standards élevés d’apprentissage dans un environnement ‘hassidique authentique. L’ensemble de ces évolutions s’effectue sous la direction du Roch Yechiva, le Rav Its’hak Nemanov.

Traditionnellement, les cours de première année se déroulaient en français, langue maternelle de la majorité des étudiants issus de la communauté française, principalement séfarade. L’ajout de l’hébreu comme langue d’enseignement vise à attirer des étudiants d’autres pays européens et à enrichir la dimension internationale de l’institution.

Une adaptation aux réalités contemporaines

Cette innovation pédagogique reflète les défis auxquels font face les institutions éducatives religieuses en Europe. La communauté juive française étant majoritairement séfarade, nombreux sont les étudiants qui ne maîtrisent pas le yiddish, langue traditionnelle des yechivot ‘hassidiques. En proposant l’hébreu comme alternative, Brunoy facilite l’accès à l’éducation ‘hassidique tout en préservant l’excellence académique.

Il convient de noter que les classes supérieures (Chiour Beth et Guimel) de la Yechiva Guedola continuent d’être dispensées en yiddish, maintenant ainsi la tradition linguistique de l’enseignement ‘hassidique avancé. Cette approche graduée permet une transition naturelle pour les étudiants souhaitant poursuivre dans le cursus traditionnel.

La Yéchiva de Brunoy confirme ainsi son statut d’institution de référence, non seulement par sa taille – la plus importante d’Europe – mais également par sa capacité d’adaptation aux besoins évolutifs de la communauté juive européenne contemporaine.

De la crainte à la joie : Le voyage spirituel selon les enseignements du Rabbi précédent

De la crainte à la joie : Le voyage spirituel selon les enseignements du Rabbi précédent

Cette étude du Maamar (בוקר – כ »א סיון תשפ »ה) du Rabbi precedent, révèle la dimension profonde de la joie dans le service divin, explorant comment la prière devient le portail transformateur de notre quotidien spirituel. À travers l’analyse du verset « Servez l’Éternel avec joie », nous découvrons que la joie n’est pas un simple ornement de la pratique religieuse, mais son essence même.

 

 

Le fondement scripturaire : servir D.ieu dans la joie

Le verset des Psaumes nous enseigne : « Servez l’Éternel avec joie, présentez-vous devant Lui avec allégresse ». Le Rabbi précédent explique que ces deux expressions ne constituent pas deux commandements distincts, mais révèlent plutôt une relation de cause à effet. Lorsque nous servons l’Éternel avec joie, nous venons naturellement devant Lui avec allégresse. Ainsi, « présentez-vous devant Lui avec allégresse » confirme et valide notre service de D.ieu dans la joie.

Cette compréhension nous offre un critère de vérification : si nous constatons que nous ne nous présentons pas devant D.ieu avec allégresse, c’est le signe que nous n’avons pas servi avec une joie authentique. La joie devient donc à la fois un moyen et une mesure de notre service divin.

Les trois piliers du monde dans la joie

Le service de D.ieu englobe trois dimensions fondamentales que nous devons accomplir dans la joie : l’étude de la Torah, la prière et l’accomplissement des Mitsvot. Ces trois éléments correspondent aux « trois choses sur lesquelles le monde repose » mentionnées dans la Michna : la Torah, le service (Avoda) et les actes de bonté (Guemilout Hassadim).

Il est significatif que l’accomplissement des Mitsvot soit désigné par l’expression « Guemilout Hassadim » (actes de bonté). Cette terminologie révèle la nature profonde des commandements divins : ils constituent un don gratuit de D.ieu, une bonté qui dépasse la stricte justice. Car contrairement à un salaire qui est dû selon la justice, les actes de bonté découlent d’un amour transcendant toute logique.

La prière comme clé de voûte du service quotidien

Bien que ces trois dimensions doivent toutes s’accomplir dans la joie, le Rabbi précédent accorde une attention particulière à la prière. Pourquoi cette priorité ? Parce que la prière constitue la clé de toute la journée du juif. Lorsque la prière s’effectue correctement, son influence se répand sur toutes nos activités.

La prière est appelée « le service du cœur » car elle engage à la fois le cœur comme agent actif et comme récepteur passif. Le cœur ressent l’amour et la crainte, et simultanément, la prière transforme et élève ce même cœur. C’est pourquoi la prière matinale détermine l’orientation spirituelle de toute notre journée.

L’importance cruciale de la joie dans le service divin

À quel point la joie est-elle essentielle dans notre service ? Le verset nous met en garde : « Parce que tu n’as pas servi l’Éternel ton D.ieu avec joie et d’un cœur content, tu serviras tes ennemis ». Cette formulation révèle que l’absence de joie dans le service divin entraîne automatiquement un service aux forces opposées.

Le Rambam interprète ce verset de manière frappante : il ne s’agit pas de punir quelqu’un qui n’a pas du tout servi D.ieu, mais quelqu’un qui L’a bel et bien servi, mais sans joie. Cette lecture souligne que la joie n’est pas un simple ajout agréable au service divin, mais une composante absolument essentielle.

La nature de la prière : connaissance et reconnaissance

L’essence de la prière réside dans la connaissance et la contemplation de la divinité. Avant de prier, il faut se préparer selon le principe « Prépare-toi à rencontrer ton D.ieu, Israël ». Cette préparation consiste à savoir devant qui nous nous tenons, comme l’enseigne la maxime : « Sache devant qui tu te tiens ».

La prière comprend trois éléments : la louange et la gratitude pour les bienfaits passés, la demande et l’éveil de la miséricorde pour nos besoins présents, et la contemplation de la grandeur divine. Tout cela vise à éveiller en nous l’amour et la crainte du Créateur.

L’exigence de clarté dans la communication divine

Même dans nos relations humaines, si nous nous exprimons de manière confuse et inintelligible, notre interlocuteur ne pourra pas nous comprendre et risque même de nous considérer comme manquant de bon sens. À plus forte raison lorsque nous nous adressons au Roi des rois, le Saint béni soit-Il.

Que notre prière soit de louange, de gratitude ou de demande, elle doit être formulée avec ordre et clarté. Nous devons non seulement prononcer les mots distinctement, mais aussi les faire parvenir à notre esprit et à notre cœur, comprenant le sens des paroles que nous prononçons.

La contemplation comme cœur de la prière

L’essence du service de la prière réside dans la contemplation et la compréhension de la divinité. Il ne suffit pas de réciter les mots établis par nos Sages ; nous devons également nous engager dans le travail intérieur de la prière, qui constitue l’âme de cette pratique.

Cette contemplation vise à éveiller en nous l’amour et la crainte, qu’elle porte sur la vitalité divine qui anime les mondes ou sur l’infinité même du Créateur. Le but est de comprendre la grandeur divine et de sentir qu’elle nous concerne personnellement, suscitant ainsi l’amour et la crainte authentiques.

Le paradoxe de la crainte et de la joie

Une question fondamentale se pose : si l’essence de la prière est la contemplation qui doit éveiller l’amour et la crainte, pourquoi la joie est-elle si cruciale ? Quel avantage particulier apporte le service dans la joie ?

Le Midrash Okhel Tov sur les Psaumes aborde cette apparente contradiction : d’un côté, il est écrit « Servez l’Éternel avec joie », et de l’autre « Servez l’Éternel avec crainte ». Rabbi Aiva résout ce paradoxe : lorsque tu te prépares à prier, que ton cœur soit joyeux, car tu sers un D.ieu qui n’a pas d’égal.

Les mouvements opposés de la crainte et de la joie

La crainte et la joie représentent deux forces émanant de sources et de causes opposées. La crainte naît de la perception de la distance et de l’élévation divine. Plus nous saisissons l’immensité du fossé entre nous et le Créateur, plus notre mouvement naturel est le recul, l’éloignement respectueux face à cette grandeur qui nous dépasse.

La joie, au contraire, provient du rapprochement. Lorsque nous sommes joyeux, nous nous sentons plus proches de l’objet de notre joie. Comme nous le constatons concrètement, la joie crée un mouvement de rapprochement et de connexion. Une personne joyeuse renonce à sa dignité habituelle, se rapproche de tous et rapproche tout le monde d’elle.

La résolution du paradoxe par Rabbi Aiva

Rabbi Aiva explique que le service de la prière doit commencer par la crainte, car « l’Éternel scrute le cœur ». Notre première approche doit reconnaître notre petitesse face à la grandeur divine. Mais cette crainte même doit générer la joie : nous devons nous réjouir du privilège extraordinaire de servir D.ieu.

La joie naît donc de la reconnaissance de notre privilège unique : servir un D.ieu qui n’a pas d’égal. Cette joie transforme notre parole en prière authentique, créant un plaisir spirituel qui éveille à son tour le plaisir divin.

Le principe cosmique de correspondance

Le Rabbi précédent développe un principe fondamental : « Il n’y a pas de brin d’herbe en bas qui n’ait son étoile en haut qui le frappe et lui dit ‘Pousse !' » Tout phénomène terrestre correspond à une réalité spirituelle supérieure. La croissance et les caractéristiques des plantes proviennent de leur constellation spirituelle.

Cette correspondance s’étend même aux qualités sensorielles : la douceur de la pomme physique provient de la « douceur » de son étoile spirituelle. Bien que cette douceur spirituelle diffère radicalement de la douceur physique que nous percevons, elle en est néanmoins la source véritable.

L’homme et son archétype céleste

Ce principe s’applique de manière encore plus significative à l’être humain. L’homme terrestre correspond à l’Homme céleste, comme il est écrit : « Faisons l’homme à Notre image, selon Notre ressemblance ». Malgré l’immense différence entre l’homme d’en bas et l’Homme d’en haut, l’homme terrestre reste créé à l’image de l’archétype céleste.

Cette correspondance se manifeste dans les facultés de l’âme, qui se divisent en trois catégories : les facultés, les sens et les vêtements (pensée, parole et action). Certaines sont intrinsèques à l’âme, d’autres ne sont que des extensions.

Les niveaux de vitalité dans l’être humain

Parmi nos facultés, certaines comme la vue, l’ouïe et la parole ne constituent que des extensions, des émanations de l’âme vers l’extérieur. La vitalité qu’elles contiennent est limitée et ne ressemble pas à la vitalité qui se déploie dans les membres du corps, où se manifeste l’essence même de la force vitale.

Bien que toute la vitalité qui anime le corps ne soit qu’une émanation de l’âme – car l’âme ne s’occupe pas directement d’animer le corps, comme le feu n’a pas besoin de « s’occuper » d’échauffer ce qui l’entoure – il existe néanmoins différents niveaux d’émanation.

La hiérarchie des facultés et le paradoxe du plaisir

Du point de vue de la vitalité, les sens externes occupent un rang inférieur aux facultés internes comme les traits de caractère et l’intellect. Pourtant, nous constatons un phénomène remarquable : les sens procurent un plaisir bien plus intense que les facultés supérieures.

Le plaisir de l’âme dans les sens constitue un délice extraordinaire et immense qui n’a pas d’équivalent, non seulement dans la vitalité des membres, mais même dans les facultés les plus élevées. Lorsqu’une personne contemple une belle peinture ou quelque chose d’agréable à voir, elle s’émeut profondément dans son âme et prend un tel plaisir que toutes ses autres facultés s’effacent devant cette intense satisfaction.

L’emprise de la beauté visuelle

Cette attraction est si puissante que la personne ne peut se détacher de l’objet de sa contemplation. Même lorsqu’elle s’éloigne physiquement, l’image reste gravée dans son esprit, comme si elle continuait à la voir. Cette persistance témoigne de l’extraordinaire intensité du plaisir procuré par la vision, bien supérieur au plaisir intellectuel.

Certes, l’activité intellectuelle procure aussi du plaisir, comme il est écrit : « La sagesse de l’homme illumine son visage » – le plaisir de la compréhension se manifeste extérieurement. Mais ce plaisir ne se compare en rien à celui de la vision, qui saisit tout l’être de la personne.

La vision comme degré suprême de l’intellect

Il existe cependant une exception : lorsque la compréhension intellectuelle atteint le niveau de la « vision de la sagesse », elle acquiert alors la même force d’attraction. Car la notion de « vision » représente l’union parfaite, l’identification complète avec l’objet contemplé. Cette union crée le véritable plaisir.

Dans les autres formes de perception qui n’atteignent pas ce degré de vision – cette connexion parfaite avec l’objet – le plaisir reste limité. Mais lorsque même la compréhension intellectuelle parvient au niveau de l’union parfaite caractéristique de la vision, elle génère alors un plaisir authentique et profond.

Cette étude sera poursuivie la semaine prochaine, pour approfondir la compréhension de ces enseignements fondamentaux sur la joie dans le service divin.

Belgique : La Yechiva Loubavitch d’Anvers ouvre solennellement le « Zman Elloul »

Belgique : La Yechiva Loubavitch d’Anvers ouvre solennellement le « Zman Elloul »

La Yechiva Tomhei Tmimim d’Anvers ouvre solennellement le « Zman Elloul » avec près de cent étudiants venus de toute l’Europe. Cet établissement prestigieux accueille principalement les fils de Chlou’him européens et renforce l’enseignement du yiddish cette année. L’événement constitue un véritable mini-congrès des émissaires Habad du continent.

 

 

La Yechiva Tomhei Tmimim d’Anvers en Belgique a inauguré ce mardi le « Zman Elloul », période d’études intensive précédant les fêtes de Tichri. Cette institution d’élite du mouvement Habad-Loubavitch rassemble désormais près de cent étudiants, constituant un véritable vivier pour les fils d’émissaires de tout le continent européen.

Un rassemblement familial exceptionnel

La cérémonie d’ouverture s’est transformée en mini-congrès des Chlou’him européens, avec la présence nombreuse des parents venus accompagner leurs fils dans cette étape cruciale de leur formation. Ces jeunes gens intègrent les rangs des « Tmimim » – étudiants d’élite – selon la tradition hassidique établie par les Rabbis de Loubavitch.

L’établissement accueille les nouveaux arrivants dans le « Chiour Alef », aux côtés des classes supérieures « Chiour Beth » et « Chiour Guimel » pour les étudiants plus avancés. Cette organisation pyramidale permet un accompagnement personnalisé selon le niveau de chaque étudiant.

Une direction rabbinique renforcée

Le Rav Mena’hem Mendel Tverdovitz, directeur de la Yechiva, a prononcé les paroles d’ouverture aux côtés du Rav Chabti Slavitzki, président des institutions et Machpia général. Leurs interventions ont souligné l’importance de cette période d’Elloul dans la préparation spirituelle des futurs émissaires.

Moment fort de la journée : l’étude commune entre pères et fils du traité talmudique Baba Kama, programme d’étude de l’année. Cette séance d’apprentissage s’est déroulée dans une atmosphère d’enthousiasme et d’émotion palpable, témoignant de la transmission générationnelle qui caractérise le mouvement Habad.

Le yiddish au cœur du renouveau pédagogique

L’administration de la Yechiva annonce plusieurs innovations pour cette nouvelle année académique. L’équipe pédagogique s’enrichit de nouveaux Rabbanim, renforçant l’encadrement spirituel et intellectuel des étudiants.

L’accent sera particulièrement mis sur l’apprentissage du yiddish, qualifié par l’institution de « Dem Rebbin Shprakh » (la langue du Rabbi). Cette démarche s’inscrit dans une volonté de préservation culturelle et de retour aux sources du hassidisme. La direction considère cette langue comme essentielle à la compréhension profonde des enseignements du mouvement Loubavitch.

La Yechiva d’Anvers confirme ainsi son statut d’institution de référence pour la formation des futures générations d’émissaires Habad en Europe, alliant tradition séculaire et adaptation aux défis contemporains de la transmission du Hassidisme

 

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Rentrée 5786 : La Yechiva Tomkhei Temimim de Migdal HaEmek accueille ses 220 étudiants

Rentrée 5786 : La Yechiva Tomkhei Temimim de Migdal HaEmek accueille ses 220 étudiants

La Yechiva Tomhei Temimim de Migdal HaEmek ouvre ses portes pour l’année 5786 avec des centaines d’étudiants dans une institution qui compte aujourd’hui près de 220 Ba’hourim. Fondée en 1977 grâce à la vision du Rav Its’hak David Grossman et les directives du Rabbi, cette académie talmudique est devenue l’un des piliers de l’enseignement Habad en Israël. Cette rentrée marque une nouvelle étape dans l’histoire de cet établissement qui a formé des centaines de ‘Hassidim au fil des décennies.

L’ouverture solennelle de l’année d’études 5786 à la Yechiva Tomhei Temimim de Migdal HaEmek s’inscrit dans la continuité d’une institution prestigieuse fondée il y a près de cinquante ans. Le grand hall d’étude résonne des voix studieuses des Ba’hourim venus approfondir leur connaissance de la Torah révélée et de la ‘Hassidout.

Une fondation visionnaire sous l’égide du Rabbi

L’histoire de cette Yechiva remonte au mois d’Eloul 1977, lorsque le Rav Its’hak David Grossman, directeur des institutions « Migdal Or », sollicita l’aide du mouvement Habad pour créer une continuité à sa Yechiva élémentaire. Face aux défis de préservation de la foi chez les jeunes, il se tourna vers Habad comme solution pédagogique.

Initialement réticente, la direction de la Yechiva Tomhei Temimim de Kfar Habad accepta finalement la proposition grâce à l’intervention du Rav Israël Grossman, père d’Its’hak David et directeur de l’établissement de Kfar Habad. La réponse décisive du Rabbi fut claire : « Si le Rav Grossman s’engage à ne pas se laisser influencer par les opposants qui surgiront, c’est une bonne chose. »

Les premiers Temimim et l’expansion institutionnelle

Un groupe de jeunes Temimim de Kfar Habad fut envoyé pour établir le nouveau centre d’études. Dirigé par Yossef Its’hak Zalmanov, le groupe comprenait Barou’h Levkivker, ‘Haïm Lévi Its’hak Ginzburg, ‘Haïm Chelomo Diskin et Chimchon Halperin. Cette équipe pionnière reçut des encouragements exceptionnels du Rabbi, notamment une invitation spéciale à New York financée à 90% par le secrétariat du Rabbi.

L’année 1978 marqua un tournant décisif avec l’arrivée de nouveaux responsables pédagogiques. Le Rav Its’hak Goldberg fut nommé directeur, le Rav Israël Yossef Hendel devint surveillant, tandis que les Rabbins Yossef Its’hak Segal et Yossef Its’hak Gorvitz assumèrent les fonctions de conseillers spirituels et de surveillants.

Développement et modernisation des infrastructures

L’institution connut une croissance remarquable au fil des décennies. En 1988, elle acquit son autonomie complète sous le nom de « Tomhei Temimim Loubavitch Migdal HaEmek ». La construction du campus « Ahalei Mena’hem » débuta en 1994 avec la pose de la première pierre, et fut achevée en 1999.

Un second campus, « Beth Mordekhaï David », vit le jour en 2006, témoignant de l’expansion continue de l’établissement. En 2013, les étudiants intégrèrent un nouveau bâtiment moderne tandis que l’ancien servait désormais à la section « Or Mena’hem ».

Aujourd’hui, la Yechiva Tomhei Temimim de Migdal HaEmek accueille environ 220 étudiants répartis entre le site principal et ses annexes. Cette institution a formé des centaines de jeunes hommes qui sont devenus des émissaires du mouvement Habad à travers le monde, perpétuant ainsi la vision originelle de ses fondateurs et les enseignements du Rabbi de Loubavitch.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Entretien exclusif :  le Rav Yossef Its’hak Boutman et les défis du monde des Yechivot à l’ère moderne

Entretien exclusif : le Rav Yossef Its’hak Boutman et les défis du monde des Yechivot à l’ère moderne

 

Dans un entretien exclusif, le Rav Yossef Its’hak Boutman, superviseur principal de la Yechiva centrale Tom’hei Temimim de Lod, révèle les transformations profondes du système éducatif hassidique face aux défis contemporains.

 

 

L’institution emblématique de Lod, considérée aujourd’hui comme « la Yechiva phare de Habad », accueille désormais 300 Ba’hourim contre 180 il y a trente ans. Cette expansion témoigne de l’attractivité maintenue du système éducatif hassidique, malgré les bouleversements sociétaux.

Une approche pédagogique en mutation

« La génération a changé, et nous avons dû nous adapter », explique le Rav Boutman, qui dirige l’établissement depuis des décennies. « Autrefois, un étudiant devait simplement s’exécuter, quelles que soient les circonstances. Aujourd’hui, cette approche ne fonctionne plus. Les étudiants sont plus ‘gâtés’, et chaque difficulté devient insurmontable si on ne s’y adapte pas. »

Cette évolution se manifeste par une attention particulière portée au bien-être psychologique des Ba’hourim. L’établissement a développé un système d’accompagnement personnalisé, avec des entretiens individuels et un suivi rapproché. « Nous organisons désormais des sorties à la piscine, des Chabbatot communautaires, des excursions – des activités qui n’existaient pas à notre époque », précise le responsable.

L’épineuse question d’Internet

Le défi majeur reste la gestion d’Internet et des nouvelles technologies. Chaque Ba’hour et ses parents signent un contrat interdisant tout accès non filtré au web. « Internet représente un niveau de gravité très élevé », affirme le Rav Boutman. « Notre mouvement Habad est paradoxalement le plus problématique car, contrairement à d’autres courants hassidiques qui maintiennent une rigidité stricte dès le départ, nous pratiquons une plus grande ouverture. »

Cette problématique affecte-t-elle le niveau spirituel de la Yechiva ? « Sans aucun doute, nous en sommes conscients. Chaque établissement tente de faire le maximum pour limiter les dégâts », reconnaît-il.

Maintien des exigences académiques

Malgré ces adaptations, les standards académiques demeurent inchangés. L’emploi du temps reste dense : lever à 6h30, Mikvé, ‘Hassidout à 7h, puis études jusqu’à 21h. Les examens oraux ont lieu toutes les deux semaines, et le programme inclut toujours l’étude du Choul’han Aroukh.

« Les étudiants peuvent parfaitement s’adapter à ce rythme », assure le superviseur. « Nous avons maintenu les mêmes examens qu’autrefois. Si un étudiant ne peut pas suivre, nous organisons un examen de rattrapage ou adaptons le programme. »

Relations transformées avec les familles

L’une des évolutions les plus marquantes concerne les relations avec les parents. « Autrefois, les parents confiaient entièrement leur enfant à la Yechiva et disparaissaient, sauf en cas de problème. Aujourd’hui, ils sont beaucoup plus présents et n’hésitent pas à téléphoner pour poser des questions ou exprimer des préoccupations. »

Cette proximité accrue se reflète dans les moments de séparation. Le Rav Boutman décrit des scènes émouvantes lors des derniers jours de l’année scolaire, où les étudiants s’échangent des carnets de souvenirs et maintiennent des contacts étroits avec l’équipe pédagogique même après leur départ.

Sanctions adaptées aux temps modernes

Le système de sanctions a également évolué. « Aujourd’hui, je ne donne une amende qu’une fois tous les quelques mois, pour quelque chose d’exceptionnel », explique le responsable. « Toutes les amendes peuvent être récupérées si l’étudiant améliore son comportement. Il n’y a pas de ‘caisse’ qui se remplit avec l’argent des Ba’hourim. »

Cette approche plus souple reflète une philosophie éducative repensée, où la compréhension et l’accompagnement priment sur la sanction pure. « J’utilise davantage ma voix aujourd’hui – un cri suffit, maximum dans le bureau », précise le Rav Boutman.

L’évolution de la Yechiva de Lod illustre les défis auxquels font face les institutions éducatives religieuses contemporaines : maintenir l’excellence académique et spirituelle tout en s’adaptant aux réalités d’une nouvelle génération, plus exigeante en termes d’accompagnement personnel mais également plus ouverte au dialogue.

 


Le Rav Yossef Its’hak Boutman : Figure emblématique de la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod

Né le 9 Tamouz 5719 (1959) à New York, le Rav Yossef Its’hak Boutman est le fils du Rav Chalom Ber Boutman et de Madame Devorah Boutman, fille de Rav H’aïm Chemaryahou Gouraré. À l’âge de neuf ans, sa famille s’installe en Terre sainte et s’établit à Tel Aviv. Avant leur départ, les membres de la famille ont eu le privilège d’une audience privée (Yih’oud) auprès du Rabbi.

Durant sa jeunesse, il étudie à la petite Yechiva de Torah Emeth en 7ème et 8ème années, puis en 9ème année à la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod, et enfin à la grande Yechiva de Kfar Habad.

L’orientation déterminante

Au mois d’Elloul 5735 (1975), il entre en audience privée auprès du Rabbi et demande dans quelle Yechiva étudier, ses camarades de classe de Torah Emeth étant partis dans d’autres établissements et la classe s’étant dispersée. Le Rabbi lui répond de consulter son père, qui lui conseille de poursuivre ses études à la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod. Là, il se lie d’amitié avec le surveillant le Rav H’aïm Achkénazi, qui finira par l’intégrer au personnel de la Yechiva.

En 5740 (1980), le Rav Boutman devait partir pour l’année de « Kvoutza », mais suite à une directive du Rabbi et à la décision de l’éducateur Rav Mendel Foutervas, il se rend à la Yechiva Habad de Migdal Haémek, ouverte l’année précédente, pour y servir comme émissaire, accompagné de ses camarades Yossef Its’hak Zalmanov, H’aïm Lévi Its’hak Guinzbourg, H’aïm Its’hak Isaac Landa, Menashé Althouz et d’autres.

L’expérience à Crown Heights

À l’approche de l’année 5741 (1981), il part pour l’année de « Kvoutza » au 770 de Crown Heights. Après son mariage avec son épouse de la famille Landsberg de Jérusalem, il dirige le Beth Habad du quartier Jessi Cohen à H’olon.

Son activité à la Yechiva

Au mois d’Elloul 5742 (1982), il commence à servir comme surveillant et éducateur principal à la Yechiva Tomkhei Temimim de Lod, avec l’approbation du Rabbi. Lorsqu’il écrit au Rabbi qu’il serait peut-être préférable qu’il quitte son poste, le Rabbi souligne le mot « quitter » et écrit à la place « continuer ».

En 5756 (1996), il est nommé directeur spirituel et surveillant principal de la Yechiva, et en 5762 (2002), son rôle est recentré sur celui d’éducateur et surveillant uniquement, sous la direction spirituelle du Rav Menh’em Kénig. Il sert également comme membre de la direction pédagogique du Talmud Torah de Lod et comme activiste au Beth Habad de l’aéroport.

L’engagement pour les activités de diffusion

Au fil des années, il commence à diriger les activités de diffusion (Ahavat Israël) de la Yechiva. Depuis les années 5760, il prend également en charge le financement de ces activités suite aux difficultés économiques rencontrées par la Yechiva et au manque de couverture des coûts par les dons et les caisses de Tsedaka. Aujourd’hui, les activités de diffusion de Lod sous sa direction sont réputées dans tout le centre du pays.

Aujourd’hui, le Rav Boutman occupe les fonctions de surveillant principal, d’éducateur en classe de 3ème année, de directeur des activités de diffusion et de responsable de l’organisation des mélodies à la Yechiva.

Le mois d’Elloul – «Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi» – Par le Rav Yossef Its’hak Havlin

Le mois d’Elloul – «Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi» – Par le Rav Yossef Its’hak Havlin

 

Une exploration profonde de la nature spirituelle particulière du mois d’Elloul, révélant pourquoi ce temps de grâce divine exceptionnelle ne constitue pas une fête liturgique, à travers l’enseignement lumineux de l’Admour hazaken et sa célèbre parabole du Roi dans les champs.

 

 

Par le Rav Yossef Itshak Havlin
(Cours basé sur « Lilmod Et Hamoadim » du Rav Zalman Goupin)

 

La révolution spirituelle apportée par la Hassidout

Comme pour tout concept de notre riche tradition, la Techouva et le pardon dans le mois d’Elloul reçoivent une lumière nouvelle et une signification intérieure profonde grâce aux enseignements de la Hassidout. Cette sagesse intérieure offre un regard supplémentaire, une perspective spirituelle renouvelée sur ce mois sacré d’Elloul, transformant radicalement notre compréhension de sa nature véritable.

Avant que la Hassidout n’éclaire la nature profonde du mois d’Elloul, ce mois était traditionnellement perçu comme une période redoutable et angoissante, empreinte d’appréhension face au jugement divin imminent. Il fallait se préparer dans la crainte et l’inquiétude, l’atmosphère était chargée de tension spirituelle. Cette perception était si intense que, selon la tradition, même les poissons dans les profondeurs marines tremblaient de crainte, et les étudiants de Yechiva qui se trouvaient en mer se hâtaient de regagner la terre ferme à l’approche d’Elloul.

Cependant, la Hassidout, dans sa sagesse pénétrante, révèle que chaque aspect de l’existence spirituelle possède une dimension intérieure lumineuse. C’est précisément dans cette exploration de la dimension intérieure du mois d’Elloul que nous découvrons sa véritable nature spirituelle.

La perception superficielle traditionnelle du mois d’Elloul

Dans sa dimension superficielle, le mois d’Elloul était compris comme une période d’examen de conscience rigoureux, servant de préparation et d’introduction aux jours solennels de jugement que sont Roch Hachana et Yom Kippour. Ces jours décisifs déterminent la continuation de l’abondance divine et des bénédictions pour l’année à venir, car chaque année voit se renouveler l’attribution de l’abondance céleste.

Il est naturellement compréhensible que face à un procès spirituel d’une telle importance et d’une portée si considérable, l’âme ressente une inquiétude légitime et s’efforce d’améliorer sa conduite morale et spirituelle. L’objectif était de se présenter devant le tribunal divin de manière digne et méritante, afin que le Saint béni soit-Il nous inscrive et nous scelle dans le livre de la vie pour une année de bonheur et de bénédiction.

Cette compréhension, bien que fondée, demeurait néanmoins limitée à la surface des choses, créant une atmosphère d’appréhension et de crainte qui caractérisait traditionnellement l’approche du mois d’Elloul.

La transformation révolutionnaire par la Hassidout

De cette manière, le mois d’Elloul était perçu comme une période intimidante et décourageante. Il était naturel que tout être sensible tremble en s’approchant des Jours redoutables. Cette appréhension était si profonde que dans les Yechivot et les communautés traditionnelles, il était d’usage de ne pas célébrer de mariages durant le mois d’Elloul, considérant que ce n’était pas un moment approprié pour des festivités, le temps devant plutôt être consacré à la Techouva et au repentir.

Paradoxalement, chez le Rabbi de Loubavitch, Elloul est précisément considéré comme le moment le plus propice pour célébrer des mariages ! Lorsque les Hassidim interrogeaient le Rabbi sur l’opportunité de se marier en Elloul, il encourageait ces unions, expliquant qu’Elloul est le mois de miséricorde par excellence, un mois particulièrement propice et béni, doté de nombreuses vertus spirituelles. D’ailleurs, de nombreux Hassidim illustres se sont mariés dans le mois d’Elloul, notamment le Rabbi précédent et le Rabbi Rachab eux-mêmes ! Cette approche révèle un renversement complet de perspective.

La révélation de la dimension intérieure d’Elloul

Nous avons le privilège extraordinaire de recevoir la lumière de la Hassidout, qui nous révèle que la particularité véritable de ce mois réside dans sa nature de mois de miséricorde authentique. Durant cette période bénie, le Saint béni soit-Il Se révèle au peuple d’Israël d’une manière particulièrement accessible, ouvrant une fenêtre spirituelle privilégiée pour permettre un rapprochement intime avec Lui et offrant la possibilité d’accomplir une Techouva complète et parfaite.

Il s’agit donc, en réalité, d’un mois empli de joie spirituelle profonde, marqué par la révélation de l’amour divin et de la proximité exceptionnelle du Saint béni soit-Il envers le peuple d’Israël. Le mois d’Elloul se révèle être un mois de joie et de célébration spirituelle, une période où le Saint béni soit-Il Se rapproche de nous de manière particulièrement tendre et accessible.

La parabole fondatrice du Roi dans les champs

Ce rapprochement extraordinaire entre le Saint béni soit-Il et le peuple d’Israël durant le mois d’Elloul est magnifiquement décrit par l’Admour hazaken à travers sa célèbre parabole du Roi dans les champs, enseignement fondamental rapporté dans les Likoutei Torah dans le discours hassidique intitulé « Ani leDodi veDodi li » (Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi).

Cette parabole révolutionnaire commence par aborder une question fondamentale qui interpellait les esprits éclairés : comme il est enseigné dans les livres de Kabbale que le mois d’Elloul bénéficie de la révélation particulière des 13 attributs divins de miséricorde, pourquoi ce mois ne constitue-t-il pas une période de fête liturgique ?

La question théologique fondamentale

En effet, si Elloul est caractérisé par des jours de révélation divine exceptionnelle, des jours de dévoilement de miséricorde céleste immédiate, la logique voudrait qu’à l’instar du Chabbat et des fêtes – où il est interdit d’accomplir des travaux précisément parce que ces jours sont marqués par une révélation particulière du Saint béni soit-Il – le mois d’Elloul devrait également être sanctifié par un statut de fête.

Si le mois d’Elloul bénéficie d’une révélation divine si élevée qu’elle transcende l’ordre habituel des mondes (Chitlout), pourquoi ne jouit-il pas d’une sanctification particulière interdisant les activités profanes, à l’image des autres moments de révélation divine ?

La réponse révolutionnaire de l’Admour hazaken

L’Admour hazaken apporte une réponse d’une profondeur saisissante : certes, Elloul constitue effectivement un moment de révélation divine extraordinaire, mais il s’agit d’une révélation d’un type particulier, celui du « Roi dans les champs ».

Contrairement aux moments où le Roi Se révèle dans toute la majesté de Sa royauté – ce qui constitue alors un jour de fête liturgique – durant Elloul, le Roi descend dans les champs, là où Se trouvent Ses sujets, venant vers eux dans leur état actuel, selon leur forme et leur niveau spirituel respectifs. C’est ainsi que le Saint béni soit-Il Se révèle au peuple juif durant cette période bénie.

Cette forme de révélation ne s’exprime donc pas par les manifestations extérieures d’une fête, mais paradoxalement, elle permet une proximité infiniment plus grande et plus intime que toute autre forme de révélation divine.

Le développement de la parabole du Roi

Laissons maintenant l’Admour hazaken développer lui-même cette parabole fondamentale dans ses propres termes lumineux : « Ceci ressemble à un roi qui, avant son arrivée dans la ville royale, voit les habitants de cette ville sortir à sa rencontre dans les champs pour recevoir sa présence bienveillante. À ce moment privilégié, quiconque le désire peut sortir à sa rencontre, et le roi reçoit tous ses sujets avec un visage bienveillant et rayonnant, manifestant à chacun des expressions de joie et de satisfaction. »

Imaginons cette scène : le Roi se trouvait initialement dans les champs, dans la campagne, et s’apprête maintenant à regagner son palais royal. Durant ce voyage de retour, il traverse les champs où tous ses sujets peuvent venir librement à sa rencontre. Dans cette configuration unique, chaque personne, quelle que soit sa condition sociale ou spirituelle, peut s’approcher directement du Roi et bénéficier de sa bienveillance immédiate.

Le contraste avec le protocole royal habituel

« En marchant vers sa ville royale, tous l’accompagnent et marchent derrière lui. Cependant, dès son arrivée dans son palais royal, l’accès devient strictement réglementé : seuls peuvent alors pénétrer dans l’enceinte royale ceux qui en ont reçu l’autorisation expresse. Même parmi les plus distingués du royaume – les ministres, les conseillers et les hauts dignitaires de la cour royale – l’accès au Roi devient extrêmement limité et soumis à un protocole rigoureux. »

Ainsi, quand le Roi se trouve dans les champs, dans cet espace ouvert et accessible, chaque sujet peut s’approcher de lui sans restriction. C’est un moment de révélation extraordinaire où le Roi Se manifeste dans toute Sa gloire, permettant à toutes les personnes, même les plus simples du peuple, de venir Le rencontrer dans les champs et de L’accompagner ensuite dans Sa marche royale.

En revanche, lorsqu’Il regagne les fastes et la majesté de son palais royal, l’ordre protocolaire reprend ses droits : un système hiérarchique strict s’établit, et seuls les plus proches du Roi peuvent prétendre à un accès direct, encore que selon des degrés variables de proximité et d’intimité avec le souverain.

Les deux modalités de la révélation royale

Cette parabole met donc en lumière deux modalités distinctes de la manifestation royale face au peuple : d’une part, l’état précédant l’entrée officielle dans la capitale, où le Roi se trouve dans les champs et Se rapporte à tous ses sujets avec une égalité parfaite, les recevant tous avec la même bienveillance et la même joie visible ; d’autre part, l’état consécutif à son installation dans le palais royal, où seuls les plus éminents du royaume et les élites spirituelles obtiennent le privilège d’un accès à sa personne royale.

Cette parabole, qui constitue l’une des contributions les plus remarquables de l’Admour hazaken à la compréhension de la spiritualité juive, ne représente pas une innovation au sens d’une création nouvelle, mais plutôt une révélation profonde de la modalité particulière selon laquelle la divinité Se manifeste durant le mois d’Elloul : sous la forme sublime du « Roi dans les champs ».

L’application spirituelle de la parabole

Dans son application spirituelle (Nimshal), cette parabole révèle que durant le mois d’Elloul, le Saint béni soit-Il Se révèle à l’ensemble du peuple d’Israël d’une manière extraordinairement accessible. Tous ceux qui le souhaitent – y compris les pécheurs et ceux qui ont transgressé – peuvent s’approcher de Lui sans crainte, et Il les reçoit tous avec un visage rayonnant de bienveillance, leur manifestant Sa joie et Sa satisfaction paternelles.

Cette accessibilité universelle contraste remarquablement avec ce qui se produit à Roch Hachana, lorsque le Saint béni soit-Il « rentre » pour ainsi dire dans Sa sainteté transcendante. À ce moment-là, seuls peuvent L’approcher ceux qui ont accompli leur Techouva durant le mois d’Elloul et sont ainsi devenus proches du Roi divin.

La progression spirituelle d’Elloul vers les Jours redoutables

Pour accéder à cette proximité lors des Jours redoutables, il faut au préalable avoir accompli sa Techouva durant Elloul, avoir accepté le joug de la royauté divine, et avoir intégré tous les concepts spirituels propres à Roch Hachana et Yom Kippour. Cette progression constitue l’ordre spirituel établi et reconnu.

Cependant, durant le mois d’Elloul qui précède cette période, règne un état spirituel unique où le Saint béni soit-Il Se trouve dans une proximité particulière avec chaque individu, l’rencontrant selon son niveau et sa situation spirituelle actuels. Même les personnes éloignées de la spiritualité, même les âmes simples peuvent s’approcher du Roi divin et bénéficier de cette proximité extraordinaire.

La résolution de la grande question kabbalistique

C’est par cette parabole magistrale que l’Admour hazaken résout une question théologique majeure et une perplexité profonde qui interpellait les esprits éclairés. Les livres de Kabbale enseignent en effet que durant le mois d’Elloul sont révélés aux enfants d’Israël les 13 attributs divins de miséricorde, révélation spirituelle d’une élévation exceptionnelle.

Or, il convient de distinguer entre deux aspects fondamentalement différents de la miséricorde divine : d’une part, la miséricorde que nous connaissons ordinairement, qui correspond à la Sefirah de Tiféret et s’exprime dans le cadre habituel de la providence divine ; d’autre part, les 13 attributs de miséricorde évoqués dans le contexte d’Elloul, qui transcendent l’ordre naturel du Chitlout (l’enchaînement des mondes).

La parabole du juge et du roi

Pour expliquer cette distinction fondamentale, l’Admour hazaken propose une analogie éclairante : la différence entre ces deux types de miséricorde ressemble à celle qui existe entre un juge qui manifeste sa compassion envers un accusé et un roi qui témoigne sa clémence à l’égard de son sujet. Il existe donc une miséricorde de type judiciaire et une miséricorde de nature royale, dont les caractéristiques diffèrent profondément.

Le juge, dans l’exercice de ses fonctions, est chargé d’appliquer les lois selon les principes stricts de la justice. Il dispose d’un corpus juridique qu’il doit interpréter et appliquer avec rigueur, veillant à ce que la justice soit rendue dans sa plénitude. Néanmoins, lorsque les circonstances s’y prêtent et que des raisons particulières le justifient – par exemple, quand le magistrat estime qu’une condamnation sévère ne servirait pas l’intérêt véritable de l’accusé et qu’il serait préférable de l’aider à se réhabiliter pour construire une nouvelle existence – il possède alors l’autorité nécessaire pour tempérer la rigueur de la justice par la miséricorde.

Les limites de la miséricorde judiciaire

Le juge peut donc adopter une approche empreinte de compassion et décider : « Si je prononce la sentence la plus sévère, quel bénéfice en résultera-t-il vraiment ? Je constate que cet homme a la capacité de se repentir et de se transformer. » Cette possibilité de clémence entre dans ses prérogatives légitimes et constitue un exercice approprié de son autorité judiciaire.

Cependant, cette miséricorde judiciaire demeure circonscrite dans des limites précises et définies. Le juge reste lié par le cadre légal, soumis aux lois et aux règlements qui régissent son action. Sa marge de manœuvre, bien que réelle, s’inscrit nécessairement dans les bornes établies par le système juridique dont il est le serviteur.

La miséricorde illimitée de la royauté

Le roi, en revanche, qui constitue lui-même la source et l’origine des lois du royaume, n’est nullement limité par le corpus législatif. Il possède la prérogative souveraine de manifester sa clémence envers ses sujets, même lorsque, selon la lettre stricte de la loi, ils mériteraient châtiment. Il peut accorder sa grâce royale à son peuple même quand les circonstances ne correspondent pas aux dispositions habituelles des lois du royaume.

Cette prérogative royale était d’ailleurs reconnue et institutionnalisée dans les périodes historiques anciennes : si une personne condamnée à mort parvenait, par quelque circonstance que ce soit, à apercevoir le visage du roi, elle recevait immédiatement sa vie en don, car « dans la face du roi réside la vie ». Il existait donc un principe établi selon lequel la simple vision du souverain suffisait à annuler la sentence capitale, le roi accordant automatiquement sa grâce à celui qui avait eu le privilège de croiser son regard royal.

La transcendance de la miséricorde royale

Cette institution révèle une vérité profonde : pour un roi véritable, il n’existe aucune limitation à l’exercice de sa miséricorde. Sa compassion transcende toute borne et toute restriction. Il peut manifester sa bonté de manière absolue, car il se situe naturellement au-dessus des lois qu’il a lui-même établies. N’étant pas limité par les règles qu’il a créées, il possède la liberté souveraine d’exercer sa clémence selon sa volonté royale, au-delà de toute contrainte juridique.

Il existe donc des degrés de miséricorde : certains types de compassion, bien que réels et authentiques, demeurent circonscrits dans des limites définies ; d’autres manifestations de miséricorde ne connaissent aucune restriction. Cette miséricorde illimitée trouve sa source dans le fait que celui qui l’exerce transcende par nature l’ordre qu’il a lui-même institué.

L’application divine de cette distinction

Cette distinction éclaire parfaitement la différence entre les 13 attributs de miséricorde qui se situent au-dessus d’Atsilout et les attributs de miséricorde qui s’expriment au niveau d’Atsilout même. L’attribut ordinaire de miséricorde demeure limité, mesuré et borné selon les lois et les règles que le Saint béni soit-Il a établies dans le monde d’Atsilout, dans l’ordre du Chitlout d’Atsilout.

Atsilout ayant été créé selon un ordre déterminé (Chitlout), les manifestations de miséricorde qui s’y déploient sont nécessairement circonscrites par cet ordre. Il s’agit donc de miséricorde limitée et mesurée – non pas qu’elle manque de miséricorde, mais elle s’exprime dans le cadre des limitations inhérentes aux mondes créés. Même lorsque cette miséricorde se manifeste, elle demeure soumise aux contraintes structurelles de la création.

En revanche, les 13 attributs de miséricorde évoqués dans le contexte d’Elloul émanent d’un niveau qui transcende l’ordre du Chitlout et ne sont limités par aucune règle ni condition. Ils possèdent la capacité d’embrasser tous et tout dans une compassion sans frontières ni restrictions.

La révélation transcendante d’Elloul

Cette qualité particulière trouve son explication dans le fait que durant Elloul, le Saint béni soit-Il Se révèle à un niveau qui transcende les mondes créés. Lorsqu’Il Se manifeste au-dessus des mondes, toutes les limitations cessent de Le circonscrire. Ces limitations, qu’Il a Lui-même établies lors de Sa volonté de Se contracter (Tsimtsoum) pour créer les mondes, ne L’affectent plus lorsqu’Il choisit de Se révéler au niveau qui précède cette contraction volontaire.

Ainsi, quand survient une révélation de ce niveau transcendant, toutes les restrictions habituelles perdent leur emprise et leur pertinence. C’est cette réalité spirituelle extraordinaire qui caractérise le mois d’Elloul et explique pourquoi, malgré la grandeur de la révélation divine qui s’y déploie, ce mois ne nécessite pas le cadre restrictif d’une fête liturgique.

La proximité qui s’établit alors entre le Saint béni soit-Il et chaque âme juive dépasse infiniment celle que permettraient les formes habituelles de révélation divine, aussi élevées soient-elles. C’est là le secret profond du mois d’Elloul : une intimité divine accessible à tous, une miséricorde sans limites, un amour paternel qui embrasse chaque enfant d’Israël là où il se trouve, dans son état actuel, avec une tendresse infinie.

Puissions-nous tous mériter de saisir cette opportunité spirituelle unique et de nous rapprocher du Saint béni soit-Il durant ce mois béni d’Elloul, afin d’être inscrits et scellés pour une année de vie, de santé, de prospérité spirituelle et matérielle, rapidement et de nos jours, Amen !