22 Chevat : Anecdotes sur la Rabbanit Haya Mouchka à l’occasion de sa Hilloula, par le Rav Haïm Mellul

22 Chevat : Anecdotes sur la Rabbanit Haya Mouchka à l’occasion de sa Hilloula, par le Rav Haïm Mellul

 

À l’approche du 22 Chevat, date anniversaire du décès de la Rabbanit ‘Haya Mouchka, épouse du Rabbi de Loubavitch, il convient de méditer sur les enseignements profonds que sa vie nous transmet. Figure emblématique par sa discrétion exemplaire, elle incarne un modèle de dévouement et d’effacement volontaire au service d’une mission supérieure. Son existence nous rappelle que la véritable grandeur réside parfois dans l’humilité la plus absolue.

 

 

Rav Haïm Mellul

 

Le 22 Chevat est le jour où la Rabbanit ‘Haya Mouchka, l’épouse du Rabbi, a quitté ce monde. À maintes reprises, en évoquant sa mémoire, le Rabbi a cité le verset : «VeHa’haï Yiten El Libo» (et le vivant doit prendre cela à cœur). C’est pourquoi, en ces jours de préparation au 22 Chevat, date de son décès, il est bon de réfléchir ensemble à quelques enseignements délivrés par sa vie.

Une discrétion exemplaire

Lorsque l’on tente de cerner ce que fut la vie de la Rabbanit, le premier mot qui vient à l’esprit est la discrétion. C’était une grande dame qui a tout fait pour ne pas apparaître dans le domaine public, ce qui n’était pas systématiquement le cas dans les générations précédentes. Elle s’est toujours efforcée de s’effacer devant son mari, qui dirigeait le peuple juif.

Une destinée tracée dès la naissance

On raconte qu’à sa naissance, le Rabbi Précédent (le Rayats), qui savait par inspiration divine qu’il aurait trois enfants, souhaitait ardemment avoir un fils pour lui succéder. Après la naissance de deux filles, lorsque la Rabbanit (son troisième enfant) est née et qu’on lui annonça que c’était encore une fille, sa déception fut évidente, car il comprit que ses trois enfants seraient des filles. À ce moment-là, son père, le Rav Rachab (Rav Chalom Dovber), lui dit : « C’est vrai, c’est une fille, mais son mari sera quelqu’un d’exceptionnel ». On voit ainsi, depuis le début, comment la Rabbanit était vouée à un avenir particulier. C’est d’ailleurs lorsqu’elle était toute petite que le Rav Rachab dit à son fils, le Rabbi Précédent : « Il faut penser au fils de Rav Levi Its’hak », c’est-à-dire au futur Rabbi.

Le mariage et les années d’errance

Le Rabbi et la Rabbanit se sont mariés en 1928 à Varsovie (le repas eut lieu à Otwock). Un an auparavant, lors de Youd-Beth Tamouz, le père de la Rabbanit, le Rabbi Précédent, avait été libéré de prison. À cette époque, il habitait en Lettonie (qui était un état indépendant) et la Yechiva centrale de Tom’hei Tmimim Loubavitch se trouvait d’abord à Varsovie puis à Otwock. C’est là qu’eut lieu le mariage.

Par la suite, le Rabbi et la Rabbanit ne se sont pas installés dans les grands centres hassidiques. Au contraire, ils ont vécu dans des endroits plutôt éloignés de l’effervescence hassidique. Après leur mariage en 1928, ils ont habité en Allemagne (Berlin) jusqu’à l’avènement du Troisième Reich en 1933. À cette date, ils sont venus s’installer en France. Ils ont vécu à Paris de 1933 à 1940, puis de 1940 à 1942 dans le sud de la France (Vichy, Nice, avec un passage à Marseille). En 1942, ils ont pris le bateau pour s’installer définitivement aux États-Unis.

Les années parisiennes : une collaboration active

Concernant leur période parisienne — une époque sur laquelle nous avons aujourd’hui plus de détails grâce aux témoignages de personnes qui ne sont plus de ce monde — on voit comment la Rabbanit accompagnait le Rabbi dans ses actions. Elle était en contact avec son père et sa famille, et le Rabbi, depuis Paris, dirigeait certaines activités se déroulant encore en Pologne avec l’aide de son épouse.

La Rabbanit a suivi des cours à la Sorbonne, les mêmes études que le Rabbi. Le Rabbi a expliqué une fois : « Elle a fait les mêmes études que moi, cela m’a permis de savoir à chaque fois à côté de qui je m’asseyais ». Lors d’une audience, quelqu’un posa une question pointue au Rabbi, qui répondit : « Je poserai la question à mon épouse, car elle a un doctorat dans ce domaine, ce qui n’est pas mon cas ». On voit donc qu’elle avait peut-être un diplôme universitaire de plus que le Rabbi lui-même. Quoi qu’il en soit, elle fut dès le début le bras droit de son mari, le soutenant dans tout ce qu’il entreprenait.

Une confiance absolue

Une anecdote illustre leur relation et la confiance du Rabbi envers elle. Il y avait un restaurant à Paris où le Rabbi voulait prendre ses repas. Il demanda au restaurateur s’il y avait une surveillance rabbinique. L’homme répondit : « C’est la guerre, comment voulez-vous trouver une surveillance rabbinique ? ». Le Rabbi lui demanda alors : « De quelle manière cuisinez-vous sans surveillance ? ». Le restaurateur expliqua qu’il cuisinait exactement comme chez lui, à la maison. Le Rabbi lui dit alors : « Si mon épouse considère que ce qui se passe dans votre cuisine est acceptable, alors je viendrai prendre mes repas ici ». La Rabbanit est venue, a inspecté les cuisines, et c’est ainsi que le Rabbi a pu y manger. La décision de sa femme fut déterminante pour lui.

Une discrétion maintenue aux États-Unis

Cette attitude s’est poursuivie aux États-Unis. Là encore, la grande discrétion de la Rabbanit fut évidente. Par exemple, la mère du Rabbi, la Rabbanit ‘Hana, avait un fauteuil qui lui était réservé au 770 Eastern Parkway, dans la section des femmes. Il est raconté que le jour où elle quitta ce monde (un Chabbat), son fauteuil prit feu de manière inexplicable. À l’inverse, la Rabbanit ‘Haya Mouchka, l’épouse du Rabbi, n’a jamais eu de place réservée à la synagogue.

Au début, à Crown Heights, il y avait beaucoup d’autres communautés et synagogues de rites différents. La Rabbanit allait prier dans ces synagogues qui n’étaient pas celles des ‘Hassidim Habad. Par la suite, lorsque le quartier changea et que les synagogues devinrent toutes Habad, elle cessa d’aller à la synagogue et pria chez elle, à la maison. Cette discrétion absolue, maintenue de sa jeunesse jusqu’à la fin de sa vie, était manifestement un moyen de ne pas faire écran à la grandeur de son mari, afin que tous puissent reconnaître son rôle central et s’attacher à lui.

La reconnaissance de sa grandeur spirituelle

Néanmoins, le Rabbi était parfaitement conscient de la grandeur de son épouse. Une fois, à l’occasion de l’anniversaire de la Rabbanit (le 25 Adar), quelqu’un apporta à la maison un bouquet de fleurs de la part des femmes du quartier, accompagné d’une lettre sollicitant des bénédictions (Bra’hot) pour plusieurs personnes. La personne assurant le service à la maison crut bien faire en apportant les fleurs à la Rabbanit mais en transmettant la lettre de demande de bénédictions au Rabbi, pensant cela plus approprié. Le Rabbi réagit immédiatement : « Mais elle n’est pas adressée à moi ! Tu as vu ? C’est pour mon épouse ». L’homme expliqua sa démarche, et le Rabbi lui répondit : « Elle aussi peut bénir. Elle aussi a la force de donner une bénédiction. »

Le Rabbi attestait donc lui-même de la valeur et de la puissance des bénédictions de son épouse. à la rencontre de Machia’h.

La vie du Rabbi a été orientée vers la venue du Machia’h , vers la délivrance finale, et donc on peut penser qu’elle-même avait aussi cet objectif principal. On voit que, de fait, elle était profondément attachée à son mari.

L’attente commune du Machia’h

Par exemple, lorsqu’il y avait des Farbrenguen (rassemblements) de milieu de semaine qui étaient retransmis à la radio, la Rabbanit écoutait la retransmission chez elle. Les personnes qui ont pu être présentes chez elle à ce moment-là rapportent une phrase qu’elle répétait très souvent lorsqu’elle entendait son mari parler : « Il est convaincu que tout le monde attend le Machia’h avec autant d’intensité que lui. » Elle-même avait sans doute cette intensité, c’est pour cela qu’elle pouvait en parler.

Une relation au-delà des mots

On voit comment leur vie était au-delà des critères classiques, au-delà de ce que nous pouvons percevoir. Le Rav Gansbourg, qui faisait le service à la maison, a raconté une histoire. Il dit qu’en sa présence (en présence d’une tierce personne), le Rabbi et la Rabbanit ne se parlaient jamais directement. Lorsqu’ils avaient quelque chose à se dire, le Rabbi la regardait, et uniquement par un regard, la Rabbanit avait compris ce que le Rabbi voulait lui dire.

Il raconte en particulier une histoire qui transcende totalement notre perception. Un vendredi matin, un des vieux ‘Hassidim, très proche du Rabbi précédent, s’est foulé la cheville. Le vendredi soir, le Rav Gansbourg était chez le Rabbi et la Rabbanit pour faire le service du repas de Chabbat. Lorsqu’il arrive avec les assiettes de poisson, le Rabbi regarde la Rabbanit. La Rabbanit se tourne vers le Rav Gansbourg et lui dit : « Le Rabbi demande si tu as des nouvelles de ce ‘Hassid qui s’est fait mal ce matin. » Le Rav Gansbourg répond : « Non, je n’ai pas de nouvelles depuis ce matin. » À ce moment-là, le Rabbi regarde la Rabbanit, et la Rabbanit se tourne vers le Rav Gansbourg et lui dit : « Le Rabbi te demande d’aller prendre de ses nouvelles et de venir lui dire comment il va. »

Le Rav Gansbourg répond : « J’ai retiré la soupe du feu. Si j’y vais maintenant et que je reviens, ça va prendre un certain temps. Quand je reviendrai pour servir la soupe, elle sera complètement froide. Je propose de servir d’abord la soupe pendant qu’elle est chaude et j’irai prendre des nouvelles après. » À ce moment-là, le Rabbi regarde la Rabbanit, et la Rabbanit se tourne vers le Rav Gansbourg et lui dit : « Non. Le Rabbi veut que tu y ailles tout de suite. » On voit comment la relation entre le Rabbi et la Rabbanit n’était pas celle qu’on peut comprendre avec notre logique.

La pleine conscience du départ

Si on revient dans la perspective de la venue du Machia’h, on voit que le rôle de la Rabbanit est un rôle actif. Ce qui nous frappe dans l’histoire de la ‘Hassidout, c’est que toutes les Rabbaniot (épouses des Rabbis), au moment où elles ont quitté ce monde, l’ont quitté en pleine conscience. Aucune n’a eu une maladie qui a altéré sa perception des choses. Toutes ont quitté ce monde en ayant pleine conscience de ce qui se passait, et ça a été le cas également pour la Rabbanit.

Quand elle était hospitalisée la veille de son décès, tout le monde était convaincu qu’il s’agissait d’une affection bénigne dont elle allait se remettre. Cependant, on voit que la Rabbanit, elle, a souvent fait allusion au cours de son existence à son départ de ce monde. Elle a dit plusieurs fois : « Je demande à Dieu que quand ça se passera, que ça se passe le plus rapidement possible et que ce soit indolore. »

Même si son affection avait l’air bénigne, elle avait une parfaite conscience de ce qui se passait. Justement, elle a chargé le Rav Gansbourg de faire le tour des commerces du quartier pour vérifier qu’elle n’était pas en dette, qu’elle n’avait pas quelque part une facture qui n’était pas encore payée. Jamais au préalable elle n’avait formulé une telle requête. Cela veut dire qu’elle était pleinement consciente de ce qui se passait.

Le 22 Chevat : une étape vers la délivrance

Quand elle a quitté ce monde, le Rabbi a dit : « La date du 22 Chevat, date à laquelle la Rabbanit a quitté ce monde, est une étape supplémentaire dans la venue du Machia’h. Une étape supplémentaire par laquelle il fallait passer pour que la délivrance soit effective dans le monde. » Pourquoi fallait-il passer par cette étape difficile ? Difficile de donner une interprétation si le Rabbi lui-même ne l’a pas donnée. Mais on voit qu’en tout état de cause, il y a ici un processus voulu à l’avance par Dieu qui, même si nous ne le comprenons pas et qu’il échappe totalement à notre intellect, est une marche inexorable vers la venue du Machia’h.

De toute évidence, quand on revient à cette date du 22 Chevat, nous sommes encore un peu plus près de la venue du Machia’h. Nous pouvons formuler le vœu, tous ensemble, que ce 22 Chevat, le Machia’h soit déjà venu et que nous puissions voir de nos yeux le Rabbi et la Rabbanit.

 

 

 

Le Rabbi et l’éducation : « Comment éduquer un enfant? »

Le Rabbi et l’éducation : « Comment éduquer un enfant? »

Adapté des discours du Rabbi, Chabbat Parchat Vayéra, 20 Mar’hechvan 5736-1975 et 5737-1976
Traduit par le Rav Haim Mellul

Le vingt du mois de Mar’hechvan est le jour de la naissance du Rabbi Rachab(1), le cinquième Rabbi de ‘Habad. Deux récits de son enfance délivrent un enseignement particulièrement précieux sur la manière d’éduquer les enfants et celui-ci est d’actualité puisque le mois de ‘Hechvan fait suite à celui de Tichri, en lequel est célébré le Hakhel, le rassemblement qui avait lieu dans le Temple, en l’année suivant la Chemitta, auquel participaient également les enfants les plus petits. Leurs parents les conduisaient dans cet endroit pour qu’ils écoutent, à leur tour, les paroles de la Torah(2).

Le premier de ces récits est le suivant :

Une fois, alors que le Rabbi Rachab avait quatre ou cinq ans, il se rendit, en pleurs, chez son grand-père, le Tséma’h Tsédek, troisième Rabbi de ‘Habad. Il expliqua que son professeur leur avait enseigné, ce jour-là, le verset : « l’Eternel se révéla à Avraham ». C’est précisément ce qui causait la peine de l’enfant, qui lui demanda :
« Pourquoi donc le Saint béni soit-Il ne se révèle-t-Il pas à moi, comme Il s’est révélé à notre père Avraham ? ».

Le Tséma’h Tsédek lui répondit :
« Lorsqu’un Juif, un Tsaddik, âgé de quatre-vingt-dix-neuf ans, prend la décision de se circoncire, il mérite que le Saint béni soit-Il se révèle à lui ».

Voici le second récit :

Quand le Rabbi Rachab avait quatre ans, un couturier apporta, une fois, à sa mère, la Rabbanit, un vêtement qu’il avait confectionné pour elle. Pendant l’essayage, l’enfant glissa la main dans une poche du couturier et il en fit sortir une pièce de tissu, le reste de celle dans laquelle il avait taillé le vêtement.

Aussitôt, le couturier s’emplit de honte et il se confondit en excuses. Il affirma qu’il avait complètement oublié l’existence de cette pièce de tissu(3). Quand il fut parti, la Rabbanit réprimanda son fils, lui reprochant d’avoir humilié cet homme.

Un peu plus tard, le Rabbi Rachab se rendit chez son père, le Rabbi Maharach et il lui demanda comment il était possible de réparer une humiliation(4). Son père lui demanda ce qui le conduisait à lui poser une telle question, mais le Rabbi Rachab refusa catégoriquement de lui répondre.

Par la suite, sa mère lui demanda pour quelle raison il n’avait pas voulu répondre à son père. Le Rabbi Rachab lui dit alors :
« N’est-il pas suffisant d’avoir humilié quelqu’un ? Devais-je, en outre, être médisant et colporter, à son sujet ? ».

La leçon délivrée par ces récits reçoit toute son importance parce qu’ils nous ont été rapportés par nos maîtres, ce qui fait la preuve qu’ils concernent chacun d’entre nous, car, si ce n’était pas le cas, ils ne seraient pas parvenus jusqu’à nous. En l’occurrence, ces deux récits ont été relatés, en public, par mon beau-père et maître, le Rabbi. L’enseignement qui en découle s’applique donc bien à chacun.

Comme on le sait, un jeune enfant recherche, de façon générale, la satisfaction personnelle et il est attiré par les plaisirs matériels. De ce fait, le Rambam explique que l’on enseigne la Torah aux enfants en les encourageant : « avec ce qu’ils aiment», du fait de leur jeune âge, en leur disant : «si tu étudies bien, je te donnerai des noix»(5).

Il en est ainsi, poursuit le Rambam, parce que : «leur jeune âge et leur faiblesse(6) les empêchent de percevoir la qualité de ce qui est bon»(7). Pourtant, en l’occurrence, le désir de cet enfant était la spiritualité et la révélation de D.ieu ! Bien plus, ce désir était si intense qu’il en vient à sangloter, constatant qu’il ne pouvait le satisfaire !

Il faut voir en cela l’immense succès de l’éducation qu’il avait reçue. Celle-ci avait su mettre l’accent, de la manière qui convient, sur le besoin de valeurs morales et le conduire à leur accorder la priorité, au-delà de tous les biens matériels. Il en résulte que, quand les pleurs d’un enfant ne sont pas motivés par ses besoins spirituels, il ne peut en aucune façon être tenu pour responsable de cette situation et il n’y a nullement là une preuve de sa bassesse morale. Cela veut uniquement dire qu’il n’a pas reçu l’éducation qui convient.

Au plus profond de son être, au moins de manière potentielle, chaque enfant juif ressent le désir de mettre en éveil la spiritualité. Toutefois, cette aspiration peut rester dissimulée, enfouie au fin fond de sa personne, sans effet sur son comportement. Une bonne éducation est alors indispensable pour la mettre en évidence.

La réponse du Tséma’h Tsédek à son petit-fils délivre également un enseignement. Chaque Juif qui prend la décision de se circoncire, conformément aux termes du verset : « vous circoncirez le prépuce de votre cœur »(8), en d’autres termes de supprimer tous les obstacles et toutes les barrières l’empêchant de s’approcher de D.ieu, mérite effectivement sa révélation(9).

La leçon délivrée par le second récit s’applique aux relations entre les hommes. Un enfant juif est touché par la peine et la honte de son prochain(10). En effet, il est clair que les larmes du Rabbi Rachab, après avoir humilié le couturier, n’étaient pas motivées par sa réaction, qui n’était pas adaptée, car celle-ci avait été totalement involontaire. En fait, il pleurait parce que la honte du couturier le faisait souffrir. C’est, là encore, l’effet d’une bonne éducation(11).

Le Rabbi Rachab déclara(12) :
« Tout comme il est une Mitsva de la Torah, incombant à chaque Juif, de mettre les Tefillin chaque jour, de même, il est une obligation absolue, pour chacun, de méditer, au moins pendant une demi-heure(13), à l’éducation des enfants et de faire tout ce qui est en son pouvoir, ou même encore plus que cela, pour que les enfants suivent le droit chemin ».

C’est donc en constituant les Tsivot Hachem, les armées de D.ieu qui quitteront le présent exil, « avec nos jeunes et nos anciens, avec nos fils et nos filles »(14), que nous en serons nous-mêmes libérés, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

 

Notes

(1) Il naquit le 20 ‘Hechvan 5621 (1860) et il quitta ce monde le 2 Nissan 5680 (1920). On verra, à ce propos, la longue explication du Sefer Ha Toledot Rabbi Rachab, paru aux éditions Kehot, en 5736 (1976).
(2) Comme le précise le Rambam, dans ses Lois de ‘Haguiga, chapitre 3, au paragraphe 1.
(3) Et, qu’il n’avait donc nullement l’intention de la voler.
(4) Comme le texte l’a indiqué, il avait alors quatre ans !
(5) Il est bien clair qu’un discours comme : « si tu étudies bien, tu feras la Volonté de D.ieu, tu seras attaché à Lui, tu auras accompli une grande Mitsva » n’est nullement motivant, pour un jeune enfant.
(6) D’esprit.
(7) C’est l’explication qu’il donne dans son commentaire de la Michna, traité Sanhédrin, au début du chapitre ‘Hélek.
(8) Devarim 16. Il s’agit ici de la circoncision morale, qui fait suite à la circoncision physique, pratiquée à huit jours et qui est l’effet d’une bonne éducation.
(9) Qui est alors la conséquence naturelle de son effort pour s’approcher de Lui.
(10) De façon naturelle.
(11) Qui doit également conduire à ressentir la peine de l’autre.
(12) Comme le rapporte le Hayom Yom, à la page 13.
(13) Le Rabbi, dans l’une de ses causeries, déclara ceci, à ce propos : « Le Rabbi Rachab parla d’une demi-heure en fonction de la situation, à son époque. De nos jours, ce laps de temps n’est pas suffisant. Il doit être bien plus long ».
(14) Chemot 10, 9.

Le Rabbi et les Chlou’him : #2 –  L’Objectif à atteindre

Le Rabbi et les Chlou’him : #2 – L’Objectif à atteindre

Rav Haim Mellul

En prenant la direction des ‘Hassidim, le Rabbi fit souffler un esprit nouveau sur la vie juive. Il revitalisa et développa les activités de diffusion initiées par son beau-père et prédécesseur, le Rabbi Rayats. Le Rabbi, chef de notre génération, fut toujours attentif à chaque appel à l’aide, à la fois physique et moral, quels que soient le contexte ou l’éloignement. A une certaine occasion, le Rabbi déclara :

« Le chef de la génération ne se rend pas personnellement en chaque endroit du globe. Il délègue ses émissaires pour répandre la Torah, le Judaïsme et la ‘Hassidout. Or, cet émissaire s’identifie à celui qui le délègue, à proprement parler. Par son intermédiaire, c’est donc le chef de la génération qui est présent en chaque endroit ».

L’émissaire du Rabbi est donc réellement une émanation du Rabbi. Le mérite d’apporter la lumière et la chaleur du Judaïsme dans un monde de froideur et d’obscurité morale revient à l’armée du Rabbi, à ceux qui ont volontairement renoncé au confort, ont quitté : « ton pays, ta patrie et la maison de ton père », pour voyager, avec la bénédiction et l’encouragement du Rabbi, « vers le pays que Je te montrerai » et révéler leur moi intérieur. Le lien qui les unit apparaît dans toute sa force quand on sait que l’essence du ‘Hassid est le Rabbi lui-même.

Un émissaire du Rabbi ne se limite pas à certaines activités. Sa mission englobe et recouvre toute son existence, qui est ainsi pleinement unie à celui qui le délègue. A travers cette unité, l’émissaire reçoit le pouvoir du Rabbi lui-même.

A de nombreuses occasions, lors de ses interventions publiques, le Rabbi a demandé à ses ‘Hassidim, en fait à tous les Juifs, de répondre à l’appel qui est le besoin du moment, de rejoindre l’armée des allumeurs de réverbères, qui répandent le Judaïsme dans le monde avec la plus grande abnégation.

Le statut véritable d’un émissaire du Rabbi peut être tracé à partir des nombreuses causeries dans lesquelles il dresse le portrait d’un ‘Hassid véritable, attaché au Rabbi par chaque fibre de son être, soucieux de mettre en pratique la mission divine. Un tel ‘Hassid représente effectivement le Rabbi et il mérite pleinement d’être défini comme son émissaire.

 

Les émissaires du Rabbi sont les travailleurs du jour, ceux qui introduisent la clarté dans un monde obscur, conçu pour voiler la Divinité, comme le Rabbi l’explique dans le Likouteï Si’hot, tome 26, à la page 382 :

Selon les termes de la Guemara, « nous sommes les travailleurs du jour », notre travail est d’éclairer, en étudiant la Torah et en mettant en pratique les Mitsvot, de même qu’en diffusant la Torah, les Mitsvot et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

Chaque émissaire bâtit Erets Israël, dans sa dimension morale, en l’endroit où s’exerce sa mission, comme l’explique le Rabbi, dans une causerie prononcée le Chabbat Parchat Chela’h 5746 (1986) :

Le contenu de la mission, en rapport avec la conquête d’Erets Israël, correspond, dans le service de D.ieu, au dicton du Tséma’h Tsédek : « Fais ici Erets Israël ». Parvenant en l’endroit dans lequel on est envoyé, on le transforme en Erets Israël en y diffusant la Torah et le Judaïsme.

Faisant référence à l’endroit dans lequel chacun se trouve, c’est aussi ce qu’explique le Rabbi dans le Likouteï Si’hot, tome 8, à la page 91 :

Chaque Juif, quel que soit l’endroit dans lequel il se trouve, est l’émissaire de D.ieu, chargé d’y bâtir Erets Israël. La qualité intrinsèque de la Terre sainte doit apparaître clairement dans l’endroit où il se trouve, de sorte que : « les yeux de D.ieu sont toujours tournés vers elle ».

Dans cet endroit, sera implanté un Beth ‘Habad, un Beth Loubavitch, qui le transformera, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 184 :

Le Beth Loubavitch emportera et supprimera les « eaux nombreuses », émanant de « l’autre côté », en multipliant les « eaux nombreuses » du domaine de la sainteté, ainsi qu’il est écrit : « la terre s’emplira de connaissance de D.ieu, comme l’eau recouvre le fond de la mer ». C’est le sens des « eaux nombreuses » du domaine de la sainteté.

Le Beth Loubavitch est un lieu de prise de conscience pour les Juifs, comme en atteste le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 185 :

Tel est le rôle fondamental d’un centre Loubavitch. On peut y réunir tous les enfants juifs, des enfants au sens littéral ou bien ceux qui le sont par leur connaissance de D.ieu, de Sa Torah et de Ses Mitsvot, afin de mettre en évidence la profondeur de leur âme, leur nature, leur essence, de les conduire à la conscience que : « vous êtes des fils pour l’Eternel votre D.ieu ».

Cette prise de conscience de tous les Juifs fut voulue, d’emblée, par l’Admour Hazaken, dès la fondation de la ‘Hassidout ‘Habad, comme le Rabbi le rappelle dans une causerie du Chabbat Parchat Chela’h 5743 (1983) :

On connaît le récit de celui dont nous célébrons la délivrance, à propos du rêve de l’Admour Haémtsahi. Sa signification est la suivante. L’Admour Hazaken, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, avait pour objet de conduire les hommes à la Techouva. Or, lorsque l’on emprunte ce chemin, aucun obstacle ne peut se dresser. C’est l’importance de la diffusion à l’extérieur qui est soulignée de cette façon, dans un endroit qui était éloigné de la sainteté et de la Divinité. C’est le sens de cet accès à la Techouva.

Et, c’est cette Techouva qui conduit le monde entier à la délivrance véritable et complète, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 19 :

Chaque Juif, quand il met en évidence le Machia’h qu’il porte en lui, introduit l’Aleph, initiale du Maître du monde dans l’exil, Gola, pour en faire la délivrance, Gueoula.

 

Le Rabbi révèle des perspectives insoupçonnées en expliquant que la mission confiée à un émissaire peut avoir une origine spirituelle, transcendant la perception humaine, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 38 :

Dans le domaine spirituel, il est envisageable qu’en réalité, du fait de ce qui s’est produit lors d’une vie précédente, ou bien pour d’autres raisons liées à la source de l’âme, on a contracté une dette morale envers une certaine personne et l’on est donc envoyé dans l’endroit où il sera possible de s’en acquitter.

C’est donc bien la divine Providence qui assure le succès de la mission confiée, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 118 :

Le Saint béni soit-Il désire mettre en pratique : « Révèle pour nous l’honneur de Ta Royauté », de sorte que le monde entier sache que : « Tu as créé tout être ». Ceci est réalisé par l’intermédiaire des émissaires qui se rendent dans des endroits lointains, au sens le plus littéral.

Là, ils font leur travail et ils agissent, dans la joie et l’enthousiasme. A n’en pas douter, leur réussite transcende les voies de la nature, car Celui Qui les délègue, le Saint béni soit-Il est avec eux, parce que le Rabbi est avec eux, là où ils se trouvent.

Le succès définitif de la mission sera la venue du Machia’h, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 259 :

Puisse D.ieu faire, et ceci est essentiel, que chacun devienne un émissaire pour se dire à lui-même, dire aux membres de sa famille et à tous les Juifs de son entourage : « le voici, il arrive », « voici, c’est notre D.ieu… c’est l’Eternel en Lequel nous avons placé notre espoir ».

Voici David, le roi Machia’h. Le prophète Elie se trouvait déjà à Tibériade, il y a un jour et il a annoncé la venue de notre juste Machia’h.

Dès lors, les émissaires du Rabbi seront à la tête des Juifs qui retourneront en Erets Israël, comme le précise le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 103 :

Tous les Juifs, avec les émissaires à leur tête, se rendront en Erets Israël. Autre point, qui est essentiel, ceci sera immédiat et D.ieu ne les retardera pas même le temps d’un clin d’œil.

 

La divine Providence conduit un Juif dans un certain endroit et lui insuffle les forces morales nécessaires pour le transformer, comme le souligne le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 309 :

Chaque Juif, à tout moment, en tout endroit où il se trouve, y compris dans un désert aride, n’est pas là par hasard, ce qu’à D.ieu ne plaise. Il y est envoyé par le Saint béni soit-Il, car : « c’est l’Eternel Qui prépare les pas de l’homme ». Il est chargé de le transformer, par son travail, en un lieu de Résidence pour l’Homme céleste.

Se trouvant dans cet endroit, ce Juif peut agir pour l’honneur de D.ieu et révéler la dimension profonde de chaque être, comme l’affirme le Rabbi, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 80 :

Chaque Juif est l’émissaire de D.ieu. Sa mission est : « J’ai été créé pour servir mon Créateur », en se servant de ses forces pour mettre en pratique la Torah et ses Mitsvot, en agissant dans ce monde, au sens le plus littéral, un grand monde, pour y assumer le dessein et la mission de D.ieu, celle de bâtir pour Lui une Résidence parmi les créatures inférieures.

Pour cela, il faut révéler en chaque homme, en tout ce qui existe dans le monde, minéraux, végétaux, animaux, humains, son existence véritable, sa mission profonde, à l’origine de sa création, pour l’honneur du Saint béni soit-Il.

Assumer cette mission et révéler la dimension profonde de chacun signifie transformer « l’autre » en « fils », comme le précise le Rabbi, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 97 :

L’objet de la mission qui a été confiée aux émissaires du chef de notre génération apparaît, en allusion, dans le premier prénom de celui qui les délègue, Yossef, ainsi qu’il est dit : « D.ieu m’ajoute (Yossef) un autre fils ».

Elle consiste à rencontrer d’autres Juifs, y compris ceux qui, pour l’heure, peuvent encore être appelés : « autres », à les transformer et à révéler en eux le caractère de : « fils ».

Et, le contact avec ces Juifs permet d’établir l’intégrité de chacun d’entre eux, car la faute ne les atteint que superficiellement, comme l’explique le Rabbi, dans un discours ‘hassidique prononcé le Chabbat Parchat Toledot 5748 (1988) :

Chaque Juif assume la mission du Saint béni soit-Il, notre Père Qui se trouve dans les cieux et Qui envoie chaque Juif, « Yaakov », dans « le lieu de la colère de D.ieu dans le monde », pour y faire la preuve que : « sa couche est intègre », celle de tout le peuple d’Israël.

Ainsi, un Juif ne se rend jamais dans un endroit par hasard. Là où il va, il reçoit nécessairement une mission qu’il doit mener à bien, comme l’explique le Rabbi dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5749 (1989), à la page 528 :

Un homme voyage, d’un endroit à un autre, tout au long de sa vie et l’on sait que chaque Juif revit, à titre personnel, les quarante-deux étapes des enfants d’Israël, dans le désert. Sa mission n’est pas nécessairement liée à la Torah et aux Mitsvot. Elle peut s’inscrire dans les domaines permis, par exemple dans la manière de gagner sa vie.

Un Juif doit savoir qu’il se déplace d’un endroit vers un autre, mais qu’en réalité, il ne le fait pas de son propre chef. C’est D.ieu Qui le conduit dans cet endroit dans le but d’y faire résider Son Nom, d’y faire connaître la Divinité.

 

Le Machia’h prend part à la mission de diffusion de la ‘Hassidout, avec l’intention de hâter sa propre venue, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 54 :

Le Machia’h aurait voulu déjà venir et il est retardé uniquement parce que la diffusion des sources de la ‘Hassidout n’a pas encore été conduite à son terme. Il ne peut donc pas encore venir. C’est la raison pour laquelle le Machia’h contribue lui-même à cette diffusion, étant animé du désir de venir au plus vite.

Le Machia’h participe lui-même au travail de diffusion des sources de la ‘Hassidout, afin que les paroles prononcées puissent faire leur effet.

Le Tsaddik possède la vision morale et il oriente chacun vers l’endroit dans lequel il peut préparer la venue du Machia’h, comme l’explique une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5749 (1989), à la page 37, dans la note 62 :

Quand le Saint béni soit-Il a dit à notre père Avraham, puisse-t-il reposer en paix : « Va-t’en pour toi de ton pays », la transformation de la matière du monde a commencé. Selon la décision de la divine Providence, un homme se rend dans les endroits où se trouvent les parcelles de sainteté auxquelles il peut apporter l’élévation et qui attendent d’être libérées.

Il est expliqué que les Tsaddikim sont des visionnaires. Ils savent donc où les attendent les parcelles de sainteté les concernant. Ils se rendent donc directement dans ces endroits. Il en est de même également pour les missions qu’ils confient. Ils délèguent leurs disciples dans les lieux qui doivent recevoir l’élévation par leur intermédiaire.

Cette vision morale permet au Tsaddik de prendre la responsabilité de la mission qu’il confie à ses émissaires, comme le souligne le Rabbi, dans une causerie prononcée le Chabbat Parchat Mikets 5736 (1975) :

Le but de la mission est d’encourager les Juifs à mettre en pratique la Torah et les Mitsvot. C’est pour cette raison que l’on délègue des émissaires dans ces endroits. En effet, l’émissaire d’un homme s’identifie à lui et celui qui le délègue engage donc sa responsabilité pour ce voyage.

 

L’image de l’émissaire du Rabbi ne se forme pas dès qu’il s’engage dans la mission qui lui est confiée. Le processus n’est nullement instantané. Il est, bien au contraire, une progression intérieure, qui l’accompagne, à chaque heure de son existence. Il mènera son action dans un lieu matériellement et spirituellement éloigné de celui qui le délègue. Pourtant, il lui reste attaché en permanence. L’Objectif est sa préoccupation de chaque instant, car, pour tout ce qui concerne ses ambitions personnelles, sa soumission est totale. C’est uniquement à cette condition que la Lumière brillante de la ‘Hassidout peut éclairer par son intermédiaire et illuminer son entourage.

En même temps que cette profonde humilité, l’émissaire du Rabbi éprouve aussi une immense fierté. A lui s’appliquent les termes du verset : « Son cœur s’élève sur les voies de l’Eternel ». Ce sentiment lui permet d’exprimer la Parole de D.ieu avec la dignité qui convient. Parce qu’il est conscient que : « le serviteur du roi est lui-même un roi », il peut mener à bien la mission qui lui est confiée avec joie et inspiration, représentant ainsi dignement celui qui le délègue.

Cette manière d’agir apporte à l’émissaire du Rabbi la capacité d’évaluer les circonstances et de prendre des décisions qui sont réellement celles du Rabbi qui le délègue, y compris dans des situations nouvelles, pour lesquelles il n’a pas donné de directives spécifiques, claires et détaillées. En effet, il imagine régulièrement qu’il se tient devant le Rabbi et, de cette façon, il s’emplit de joie, en assumant sa mission et s’efforce de recréer la présence du Rabbi.

L’émissaire du Rabbi porte le nom de celui qui le délègue. Sa responsabilité est immense, surtout si l’on considère l’éloignement du lieu dans lequel s’exerce sa mission. Il est préservé du danger moral, parce que : « celui qui est attaché là-haut ne tombe pas en bas ». Encore faut-il qu’il se préserve du moindre écart par rapport à la voie tracée par le Rabbi.

Le Rabbi a indiqué de quelle manière on peut atteindre cet objectif. Il est dit que : « tu seras intègre envers l’Eternel ton D.ieu ». En assumant pleinement sa mission, sans le moindre compromis, il sait que l’aide de D.ieu lui est acquise. De fait, il n’admettra pas le moindre compromis envers la Torah, les Mitsvot, ou même pour un meilleur comportement, qui a été introduit par le Rabbi. En agissant de cette façon, il met en évidence le pouvoir merveilleux que lui confère son lien indéfectible avec celui qui le mandate.

 

L’émissaire du Rabbi est, avant tout, celui qui sème la clarté, dans le monde. Le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, rapporte les mots suivants du Rabbi, à la page 204 :

Selon l’image bien connue, un ‘Hassid est un allumeur de réverbères. Il avance dans la rue et il les allume, l’un après l’autre. Quand il parvient dans un endroit obscur, que la clarté du domaine de la sainteté n’illumine pas encore, il sait ce qu’il faut faire. Il allume un réverbère au milieu de la rue. Dès lors, tout naturellement, les hommes sont attirés et ils s’approchent.

De cette façon, il est possible de ramener chacun vers son existence véritable, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 483 :

On connaît l’explication de l’Admour Hazaken, quand on lui demanda un conseil pour s’attacher à lui. Il répondit que l’ordre dans lequel la Torah est énoncée en est partie intégrante. Or, la première Mitsva qu’elle énonce est : « croissez et multipliez ». Un Juif doit donc, tout d’abord, « faire » un autre Juif.

Cela veut dire qu’il faut exercer une influence sur son prochain pour qu’il étudie la Torah, qu’il mette en pratique les Mitsvot. C’est de cette manière que l’on peut le « faire », car l’existence et la vitalité d’un Juif sont la Torah et les Mitsvot.

L’émissaire du Rabbi sera ainsi le Rav de tous les Juifs qu’il ramènera à la pratique juive, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 120 :

La fonction essentielle d’un Rav est de guider les enfants d’Israël sur la voie de la Torah et des Mitsvot. Mais, un point s’ajoute à cela, dans notre génération. Il doit aussi susciter en eux la volonté et le désir d’être dirigés par le Rav.

Puis, les Juifs qui auront été guidés de cette façon, à leur tour, guideront d’autres Juifs. Le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, rapporte, à la page 135, les propos suivants du Rabbi, à ce sujet :

Quel est le contenu de cette mission consistant à déléguer quelqu’un auprès d’un autre Juif ? En fait, il doit mettre en évidence l’aspect d’émissaire qu’il porte en lui, faire en sorte qu’à son tour, il assume cette fonction.

L’objectif est effectivement que tous les Juifs deviennent des ‘Hassidim, comme le Rabbi l’affirme clairement dans le Likouteï Si’hot, tome 2, à la page 497 :

Le Rabbi a envoyé certaines personnes dans les autres villes pour y diffuser le Judaïsme. On doit donc savoir que toutes ces missions ont un objectif profond, la diffusion de l’enseignement de la ‘Hassidout.

En effet, le Rabbi explique que l’Admour Hazaken n’avait pas l’intention de faire des ‘Hassidim un groupe spécifique. La ‘Hassidout est destinée à tous les Juifs.

Le Rabbi en déduit la nécessité d’ouvrir à chacun, grâce aux enseignements de la ‘Hassidout, l’accès la dimension ésotérique de la Torah, comme il l’indique dans le Likouteï Si’hot, tome 21, à la page 333 :

Il faut donc développer largement la diffusion de la « Science de Vérité », avec ses commentaires et ses explications qui ont été donnés par nos maîtres et chefs, dans les textes de la ‘Hassidout.

L’émissaire est celui qui donne l’exemple à sa communauté. Bien plus, son avancement dépasse celui de tous les autres, comme le souligne le Rabbi, dans le Likouteï Si’hot, tome 17, à la page 486 :

Dans quel but mon beau-père et maître, le Rabbi a-t-il délégué un émissaire ? Il est clair qu’il attend de lui de diriger sa communauté selon les voies de la Torah et des Mitsvot, de venir en aide à chacun et à chacune de ses membres pour qu’ils s’élèvent sur le chemin qui conduit vers le Sanctuaire de D.ieu.

Il est évident également qu’il est nécessaire, pour cela, que l’émissaire connaisse lui-même des élévations successives, bien au-delà de la communauté qu’il dirige.

C’est de cette manière qu’est bâtie la Résidence de D.ieu parmi les créatures inférieures, qui est la finalité de la création. Le Rabbi explique ceci, dans une causerie figurant dans le Séfer Ha Si’hot 5749 (1989), à la page 529 :

Plus précisément, comme l’enseigne mon beau-père et maître, le Rabbi, commentant le verset : « L’Eternel prépare les pas de l’homme et Il agrée sa voie », chaque Juif a une vocation morale, dans sa vie, celle de bâtir la Résidence de D.ieu, béni soit-Il.

Chacun, qui qu’il soit, en quelque endroit qu’il se trouve, doit, de toutes ses forces, se trouver un moyen de subsistance spirituel, au même titre qu’il a un moyen de subsistance matériel.

 

Le Rabbi souligne que l’on vit une époque particulière, que des opportunités sont actuellement offertes dont on a jamais connu l’équivalent, de par le passé, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, paru à New York, à la page 32 :

Il n’y a jamais eu une situation comme celle que nous vivons actuellement. Il est désormais possible de conquérir le monde entier par la Torah et le Judaïsme, selon des voies agréables et pacifiques, car : « tout le pays se trouve devant toi ».

Pour rapprocher les Juifs du Judaïsme, il est inutile de lutter avec quiconque. Et, il en est de même également dans tous les domaines du Judaïsme.

En effet, chacun peut contribuer personnellement à faire venir le Machia’h, comme l’indique le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 629 :

Le moment venu, mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, a annoncé : « Techouva immédiate, délivrance immédiate ». Depuis lors, ce processus va croissant, jusqu’à ce jour.

On doit avoir la sensation de faire venir la délivrance, au point que chaque action, chaque accomplissement, chaque réalisation, notamment pour la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, soit pénétrée de l’intention de faire venir notre juste Machia’h, en sachant que c’est la mission spécifique qui a été confiée à notre génération, faire venir la délivrance.

C’est l’objectif que le Saint béni soit-il assigne à la présente génération, comme l’affirme le Rabbi, dans le Sefer Ha Si’hot 5750 (1989), tome 1, à la page 3 :

C’est là l’accomplissement, le rôle, la mission que confie mon beau-père et maître, le chef de notre génération, comme il l‘a lui-même expliqué à maintes reprises. La vocation de la présente époque est la diffusion de la Torah, de la prière, des Mitsvot et notamment de la dimension profonde de la Torah.

La mission confiée à la présente époque a, en outre, un caractère impératif. Elle incombe, à proprement parler, à chacun et nul ne peut s’y soustraire. Le Rabbi souligne, à ce propos, dans le Likouteï Si’hot, tome 12, à la page 168 :

Le Rabbi a confié à chacun l’obligation de mener à bien la mission et il n’y a pas de rattrapage, en la matière. Si l’on perd une journée de cette obligation, on ne pourra pas le rattraper à un autre moment, en lequel il y aura également une obligation spécifique.

Le caractère particulier de la présente période est directement lié à cette imminence de la délivrance. Les derniers préparatifs doivent donc être réalisés au plus vite, comme le rappelle le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 73 :

Nous vivons dans la période du talon du Machia’h, à proximité immédiate de sa venue, de sorte que : « voici qu’il se tient derrière notre mur » et, comme le dit le Rabbi, « il faut faire briller les derniers boutons » pour la venue du Machia’h.

Le service de D.ieu consiste donc, maintenant, à apporter l’élévation aux dernières parcelles de sainteté, ce qui justifie la manière dont les sources de la ‘Hassidout sont diffusées à l’extérieur, selon la méthode qui a été instaurée par le Rabbi. Il en est ainsi, tout d’abord, parce que la pénombre est plus profonde, mais aussi parce que nous approchons de la venue du Machia’h.

Pour autant, la possibilité de la Techouva reste toujours offerte et elle permet effectivement de réparer ce qui a pu manquer, de par le passé, comme le souligne le Sefer Ha Cheli’hout, paru à New York, à la page 117 :

Si quelque chose a manqué, pour une quelconque raison, dans l’accomplissement de la mission, à un certain moment, nos chefs et maîtres nous enseignent que rien n’est jamais définitivement perdu. On a donc la possibilité de rattraper pendant les moments suivants, en accomplissant non seulement ce qui doit être fait pendant ces moments, mais aussi ce qui devait l’être au préalable, de même qu’avec un sentiment de Techouva, qui permet de se rendre maître de son passé.

C’est de cette façon que l’on peut mener à bien également la part de la mission confiée qui concernait le passé.

Cette mission, confiée à toute la génération est le besoin du moment, comme le précise le Rabbi, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5749 (1989), à la page 52 :

Mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération a annoncé que le rôle de notre génération, le besoin du moment est de se consacrer à la diffusion de la Torah, du Judaïsme et des sources de la ‘Hassidout.

Bien plus, il annonce encore une fois tout cela, en ce jour, à proprement parler.

C’est aussi le message qui est transmis par le Rabbi dans sa causerie du Chabbat Parchat Vaychla’h 5747 (1986) :

Le besoin du moment, comme l’indique le chef de notre génération, puisque : « Il révéla Son secret à Ses serviteurs, les prophètes », est que chacun et chacune, homme ou femme, tous les hommes et toutes les femmes de cette génération se consacrent à être l’émissaire du chef de la génération, à diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

C’est, en outre, de cette façon que l’on peut protéger les enfants d’Israël des dangers auxquels ils pourraient être exposés, ce qu’à D.ieu ne plaise, comme le précise le Rabbi, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748, à la page 488 :

Nous vivons, malheureusement, une situation de danger. Des âmes sont en danger moral et donc également en danger physique. Le besoin du moment est donc de diffuser, dans un grand vacarme, en tout endroit, qu’il est une obligation absolue, pour chacun, de se consacrer à la diffusion de la Torah et du Judaïsme à l’extérieur.

Il ne faut pas se satisfaire en constatant que de nombreuses personnes se consacrent d’ores et déjà à cette tâche. Chacun, à titre individuel, se doit de rejoindre l’action.

Le Rabbi souligne également qu’il n’y a plus aucun obstacle et que tout est prêt, désormais, pour la venue du Machia’h, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 111 :

Il n’y a jamais eu une période aussi propice que celle-ci. Il n’y a aucun obstacle. La plus simple action réalisée par quelqu’un, par exemple la bénédiction sur les quatre espèces de Soukkot, dépasse largement le cadre de ce qu’elle accomplit. En effet, « une Mitsva en attire une autre » et, en sauvant un seul enfant juif, on exerce aussi une influence positive sur ses parents et sur ses grands-parents, jusqu’à la fin de toutes les générations.

 

L’émissaire du Rabbi a une adresse centrale, une institution à partir de laquelle s’organise son activité. Le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, rapporte à la page 182, les propos du Rabbi, à ce sujet :

La mission doit être menée à bien dans une forteresse, comprenant de nombreux bâtiments. Le bâtiment central abritera l’activité de diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur et, même si ces bâtiments sont matériels, ils seront emplis d’un contenu spirituel.

Très simplement, on doit savoir qu’il y a une adresse, qu’en cet endroit, il est possible de poser une question, de solliciter un conseil, d’obtenir de l’aide, de recevoir des directives et d’être orienté, de même que tout ce qui est nécessaire pour être capable de diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

Le Rabbi définit ce bâtiment central comme un Beth ‘Habad, un Beth Loubavitch, comme on l’a indiqué au préalable et il précise ce que doit être sa fonction. Le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, donne, sur ce point, à la page 34, la précision suivante :

Vous devez construire ou bien élargir un Beth ‘Habad dans l’endroit en lequel vous vous trouvez. Ce sera une maison de Torah, de prière et de Tsedaka.

Le Beth ‘Habad devient ainsi le centre de diffusion de la Torah et du Judaïsme, comme l’explique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 194 :

En chaque endroit où se trouve un émissaire, délégué par mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, dont nous célébrons la joie et la délivrance, lui incombe la sainte mission de fonder, au plus vite, un Beth ‘Habad, une maison centrale pour toutes les actions de diffusion de la Torah et du Judaïsme, y compris, lorsque cela est nécessaire et possible, une maison au sens littéral, dans laquelle tous les visiteurs pourront manger, boire, dormir.

On peut observer dans la pratique que la diffusion de la Torah et du Judaïsme dans les endroits où il y a un Beth ‘Habad n’est pas comparable à celle des endroits qui, pour l’heure, n’en possèdent pas encore.

Le Beth ‘Habad préfigure ainsi la Résidence qui sera bâtie, parmi les créatures inférieures, pour le Saint béni soit-Il, dans le monde futur, comme le rappelle le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 197 :

Tout d’abord, apparaît clairement et à l’évidence la Résidence de D.ieu, béni soit-Il. C’est la vocation du Beth ‘Habad, qui se trouve en chaque endroit. Car, chacun est lié avec le chef de notre génération et porte son nom.

 

Un émissaire du Rabbi a également pour objectif de prodiguer le bien à son prochain, y compris dans le domaine matériel. Le Rabbi explique, à ce propos, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5752 (1992), tome 2, à la page 449 :

Il faut aussi rechercher le bien matériel des Juifs, du fait de leur élévation intrinsèque, puisqu’ils sont antérieurs à la Torah.

C’est pour cette raison que les ‘Hassidim ‘Habad recherchent le bien des enfants d’Israël, satisfont leurs besoins, y compris les plus matériels, pas nécessairement à la condition qu’ils étudient la Torah, mais uniquement parce qu’ils sont des fils et filles d’Israël, hommes, femmes et enfants, parce que leur existence est antérieure à celle du monde entier, y compris de la Torah.

L’hospitalité peut aussi être le moyen d’élever ses invités vers la spiritualité, comme l’explique le Sefer Ha Si’hot 5749 (1988), à la page 51 :

Chacun doit s’efforcer de recevoir des invités et de prodiguer le bien, spirituellement, en diffusant la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

Le Rabbi souligne la primauté de l’action concrète, notamment dans le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 152 :

Dès lors que l’on a reçu une instruction du Rabbi, par écrit, oralement ou même par la pensée, il est clair que l’on doit la mettre en pratique, car : « l’acte est essentiel » et il doit y avoir, en cet endroit, une bonne synagogue juive, un bon foyer juif, de bons parents et de bons enfants.

Bien plus, le Beth ‘Habad doit influencer également les autres nations, comme le Rabbi l’indique dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1987), à la page 96 :

Vous influencerez également les nations du monde, ceux qui résident à ‘Haran, afin qu’ils respectent les Mitsvot qui leur ont été confiées.

Les autres nations doivent former une assemblée et s’attacher à Moché, notre maître, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, paru en Erets Israël, à la page 134 :

Commentant le verset : « Moché rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël », le Ari Zal explique que Adat, « assemblée », a la même valeur numérique que Erev Rav, « une foule nombreuse », celle des Egyptiens qui accompagnèrent les enfants d’Israël, quand ils quittèrent l’Egypte.

En effet, ceux-ci doivent également être rassemblés. Il faut les convaincre de constituer cette Adat, d’être une assemblée, anagramme de Daat, la connaissance et les attacher à Moché, notre maître.

Le Judaïsme doit briller dans les coins les plus reculés du monde, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 31 :

Un émissaire du chef de notre génération ne doit pas être découragé, quand il se trouve dans un coin reculé et ne se consacre qu’à des activités ordinaires, enseigner la Torah à un enfant, indiquer à une femme qu’elle doit allumer les bougies du Chabbat et des fêtes. Car, c’est là que se trouve la finalité ultime et c’est de cette façon que l’on proclame l’honneur du Saint béni soit-Il.

C’est, bien plus, toute la création, dans son ensemble, qui peut recevoir l’élévation, comme le Rabbi l’explique dans le Likouteï Si’hot, tome 14, à la page 474 :

Comme on l’a maintes fois indiqué, la mission confiée consiste aussi à apporter l’élévation à son entourage, conformément au Dessein divin de toute la création, avec ses différents aspects. Pour cela, il faut introduire la sainteté et la Divinité dans toutes les parties du monde que l’on peut atteindre, les minéraux, les végétaux, les animaux et les humains.

Le Rabbi souligne qu’il est hors de question d’écarter un Juif sous prétexte qu’il a commis des fautes, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, paru à New York, à la page 33 :

Même si certains ont un comportement qui n’est pas souhaitable, ce qu’à D.ieu ne plaise, la Guemara précise bien : « Que disparaissent les fautes, mais non ceux qui les commettent », que D.ieu nous en préserve.

Les ‘Hassidim ‘Habad font la guerre aux fautes, non pas à ceux qui les commettent. Bien au contraire, ils s’efforcent de les conduire vers la Techouva.

C’est bien de cette façon que toutes les formes d’extérieur peuvent recevoir l’élévation, comme l’indique le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 562 :

Il en est de même pour la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, puisque le chef de notre génération affirme que c’est le rôle essentiel de la présente époque. Il ne faut pas attendre, chez soi, que cet extérieur vienne être élevé et transformé. On doit se rendre à l’extérieur, tel qu’il est, dans sa situation, y apporter les sources de la ‘Hassidout elles-mêmes, de sorte qu’elles y soient diffusées.

En effet, il n’est pas question d’exclure qui que ce soit, comme le Rabbi l’indique dans une causerie, figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 325 :

Les émissaires du Rabbi peuvent influencer également des Juifs qui se trouvent « à l’extérieur du campement », ce qu’à D.ieu ne plaise, des Juifs dont l’état est le contraire de la pureté, de la manière la plus grave. Il faut alors leur apporter la pureté et la vie, par la force du chef de la génération.

Car, aucune situation n’est jamais désespérée et chaque Juif peut parvenir à la Techouva, comme l’explique le Rabbi dans une causerie, figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 427 :

La Michna enseigne qu’à chaque Juif, quelle que soit la situation dans laquelle il se trouve, on peut expliquer le caractère bienfaisant, précieux et utile de la Torah et des Mitsvot. Il le comprendra et il le ressentira, avec son intellect et sa compréhension.

C’est pour cela qu’il faut agir, se rendre à l’extérieur, là où se trouvent des Juifs et les rapprocher des valeurs juives, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 65 :

La conception de nos maîtres et chefs est de ne pas attendre que les autres s’approchent d’eux-mêmes. Il faut aller vers eux, ainsi qu’il est écrit : « si tu vois un homme nu, tu le couvriras ». Lorsque l’on voit un Juif nu de Mitsvot, on doit immédiatement lui venir en aide.

C’est pour cette raison que nos maîtres ont instauré l’organisation suivante. Il est nécessaire de sortir à l’extérieur et d’y diffuser le Judaïsme, la Torah et les sources de la ‘Hassidout.

La Lumière que chacun peut apporter aux autres est considérable, comme le rappelle le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 256 :

Chaque Juif est un grand luminaire, car il illumine les autres Juifs autour de lui. C’est le rôle de chaque émissaire, qui doit, avant tout, éclairer ceux qui sont autour de lui, puis, grâce à cela, éclairer le monde entier.

 

De nos jours, un Juif est un panneau indicateur, qui guide les autres Juifs et leur permet de regagner le droit chemin, comme l’indique le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 433 :

Il faut se rendre à la croisée des chemins, chez les Juifs qui se tiennent là et ne savent pas quelle direction emprunter. Il faut aller les voir et s’écrier :
« Refuge ! Refuge ! Prenez à droite, vers la route qui conduit au refuge », à la Torah.

Tel est le rôle qui incombe à chacun, se tenir à chaque croisement et indiquer la direction du refuge, le chemin que l’on doit emprunter. C’est uniquement de cette façon que l’on peut s’acquitter de la mission que l’on a reçue.

Et, le Rabbi demande des comptes à ceux qui n’assument pas ce rôle, comme en atteste les propos saisissants qu’il prononça devant ses émissaires, rapportés par le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 509 :

A celui qui a adopté d’autres activités, même les plus hautes, on posera la question suivante :
« As-tu fait du commerce honnêtement ? ».

En fait, la question qui est posée, la question première, est celle-ci :
« Qu’en est-il de ce qui doit être le commerce essentiel, pour lequel le Saint béni soit-Il a mis de côté les créatures célestes et terrestres afin de se consacrer, chaque jour, à te donner une âme, à la conserver en toi, dans ce monde ?

Où sont les enfants auxquels tu as enseigné l’Aleph – Beth ? Où sont les Juifs que tu as rapprochés de la pratique juive ?

La mission confiée est la finalité de l’âme, ici-bas et toute autre activité, aussi louable qu’elle puisse être, est donc un écart, par rapport à cette mission. C’est ce que le Rabbi écrit à l’un de ses émissaire, comme l’indique ses Iguerot Kodech, tome 3, à la page 457 :

Celui qui a eu le mérite de recevoir une mission de mon beau-père et maître, le Rabbi doit savoir qu’en l’assumant, il remplit le rôle assigné à son âme, dans ce monde.

Le Rabbi développe également une explication similaire dans le Likouteï Si’hot, tome 11, à la page 97 :

Le Saint béni soit-Il a déclaré que : « les enfants d’Israël sont Mes serviteurs ». Ils doivent donc servir D.ieu, en étudiant la Torah et en mettant en pratique les Mitsvot, « car c’est pour cela que Tu as été créé ». C’est la finalité de la descente de leur âme ici-bas, la mission qui leur est confiée dans ce monde.

Il affirme, en outre, dans une lettre qu’il adresse à un ‘Hassid, qu’en l’accomplissement de cette mission réside la santé physique et morale de chacun, comme le rapportent ses Iguerot Kodech, tome 8, à la page 227 :

Que D.ieu, béni soit-Il, vous accorde le mérite d’annoncer de bonnes nouvelles de votre état de santé physique et moral, c’est-à-dire de la manière dont vous assumez la mission qui vous est confiée dans ce monde.

Chaque Juif, chaque Juive est, en effet, chargé de faire de ce monde un réceptacle de la Divinité en y diffusant et en y renforçant : « la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une Lumière », de même que le Luminaire de la Torah, c’est-à-dire la ‘Hassidout, ses voies et ses pratiques.

 

La mission essentielle de notre génération est effectivement d’obtenir la délivrance véritable et complète, comme l’indique le Rabbi dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5752 (1991), tome 1, à la page 97 :

Le fondement et le rôle des émissaires, dans notre génération, en général, l’aspect nouveau qui a dernièrement été ajouté à leur mission, en particulier, est d’accueillir notre juste Machia’h, lors de la délivrance véritable et complète.

C’est ainsi que chacun peut avancer vers la venue du Machia’h, comme l’explique le Likouteï Si’hot, tome 10, à la page 197 :

Puisse D.ieu faire que chacun et chacune assume sa mission exprimée par l’Injonction : « Et, Yaakov avança sur son chemin », avec toutes les explications que l’on peut donner à ce propos. On le fera pleinement et dans la joie, qui brise l’ordre établi, jusqu’à ce que les sources de la ‘Hassidout se répandent jusqu’à l’extérieur le plus large.

Les combats de la maison de David préparent le monde à la délivrance véritable et complète. Chacun doit donc s’y engager, comme l’explique le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 32 :

Il faut annoncer ceci à tous les Juifs, notamment aux élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim, qui ont été éduqués par nos maîtres, lesquels ont fait don d’eux-mêmes pour cela. Ils doivent s’engager dans les combats de la maison de David, jusqu’à la venue de notre juste Machia’h. Ils grandiront et deviendront des responsables communautaires et des émissaires.

Soyez donc des émissaires et faites la conquête du monde par le Judaïsme !

Après 43 ans, la lettre du Rabbi adressée au Rav Haim Mellul, Chalia’h à Créteil

Après 43 ans, la lettre du Rabbi adressée au Rav Haim Mellul, Chalia’h à Créteil

Les tâches du Sholom Menachem Mendel Simpson, un des secrétaires du Rabbi, comprenaient la dactylographie de la correspondance basée sur la dictée et les notes que le Rabbi lui fournissait. Beaucoup de ces lettres ont été publiées dans le Igurot Kodech. Depuis trois ans, suite à son décès, son fils a récupéré ces archives.

Il y a deux semaines, alors qu’il classait certaines lettres, il remarqua entre deux dossiers, une lettre adressée en 1979, Il y a 43 ans, au Rav Haim Mellul, aujourd’hui Chalia’h à Créteil, qui n’avait jamais été postée.

Son fils, qui était venu pour le Kinous Hachlou’him se demandait comment il allait trouver le Rav Mellul parmi les milliers de Chlou’him venus à Crown Heights.

Chabbat matin, le fils du Rav Mellul rencontre le fils du Rav Simpson au Mikvé (qui était son élève) et lui dit que son père avait trouvé une lettre du Rabbi adressée à son père.

Lundi matin, le Rav Mellul reçoit un appel téléphonique de son fils, qui lui demande s’ il peut venir avant 11h00, en urgence, chez le Rav Simpson pour récupérer la lettre du Rabbi. Le Rav Simpson devant quitter Crown Heights pour prendre un avion.

Le Rav Mellul prend immédiatement un taxi pour Crown Heights, et après de nombreux embouteillages, arrive chez le Rav Simpson à 10h58. Le Rav Simpson, qui se trouvait sur le palier de sa porte avec sa valise, lui remit la lettre du Rabbi.

Dans cette lettre, qui avait été écrite par le Rabbi le 15 Kislev 5739-1979, le Rabbi explique l’importance des dates hassidiques du 10 Kislev et du 19 Kislev. Il souligne que l’on doit entrer dans une nouvelle époque et commencer quelque chose de nouveau.

Puis à la fin de la lettre, après la signature, le Rabbi rajoute  « Mipné Siba, Nitakev Chiloua’h Hami’htav », « pour une certaine raison la lettre arrive en retard » et le Rabbi précise que tous les enseignements mentionnés dans cette lettre concernent tous les jours du mois de Kislev, la conclusion des jours de Hanouccah, plus particulièrement le jour de « Zot Hanouccah » et que tout cela se fasse avec empressement ».

Ensuite le Rabbi écrit « Mi’htavo Nitkabel » « j’ai bien reçu sa lettre ». Le Rabbi rajoute à la main un « Youd » dans Mi’htavo et un « Vav » dans « Nitkabel » pour préciser « Mi’hatvav Nitkablou » « ses lettres (au pluriel) ont été reçues », tout ce passage étant souligné à la main par le Rabbi.

Le Chabbat suivant, de retour à Créteil, le Rav Mellul a  étudié cette lettre du Rabbi avec tous les fidèles du Beth Habad. Ce qui a suscité un grand enthousiasme parmi les présents. En effet, chacun s’est senti concerné par cette lettre providentielle adressée à leur Chalia’h après 43 ans.

Dans la semaine, la décision a été prise d’organiser un voyage d’une semaine chez le Rabbi pour la période du 10 Kislev, puisque toutes les restrictions concernant les vols vers les Etats Unis étaient maintenant levées.

Cette lettre est bien un témoignage vibrant que le Rabbi continue à s’adresser à chacun d’entre-nous, au-delà des limites du temps.

 

 

 

 

 

 

 

Le Rabbi et les Chlou’him : #1 – Les postulants – « Chaque Juif, sans la moindre exception, peut être un émissaire »

Le Rabbi et les Chlou’him : #1 – Les postulants – « Chaque Juif, sans la moindre exception, peut être un émissaire »

Par le Rav Haïm Mellul

 

C’est dans une causerie prononcée le soir de Sim’hat Torah 5746 (1985) que le Rabbi fait une annonce proprement inimaginable : en notre génération, chaque Juif, sans la moindre exception, peut être son émissaire. Le Rabbi déclare, notamment :

La mission confiée par le chef de la génération concerne chacun de ceux qui appartiennent à cette génération, chaque Juif. Selon l’expression de nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, « tout comme vous-mêmes avez contracté l’alliance, ceux que vous déléguez doivent l’avoir contractée également ». En d’autres termes, quiconque a contracté l’alliance est apte à devenir l’émissaire du Rabbi.

De fait, le Rabbi avait déjà fait part de son intention, au préalable, à plusieurs de ses ‘Hassidim. Ainsi, comme le rapportent ses correspondances, les Iguerot Kodech, il avait écrit ceci, à l’un de ses émissaires au Maroc, le 18 Chevat 5716 (1956) :

Il me semble avoir déjà écrit que, de façon générale, chaque ‘Hassid, quel que soit l’endroit dans lequel il se trouve, doit se considérer comme l’émissaire de nos saints maîtres, diffuser leur enseignement, leurs directives et leurs usages dans tout son entourage, sa ville et son pays.

Comme le disent nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, « l’un d’entre vous est exilé en Barbarie… ». Cette tâche a été confiée à chacun d’entre nous et il est donc certain qu’encore avant cela, ont été accordées les forces pour la mener à bien, de la manière qui convient et avec largesse d’esprit.

* * *

Le Rabbi précise la raison pour laquelle chaque Juif est son émissaire, dans la présente génération. Il est dit, en effet, que : « le chef est tout ». Dans une causerie du 21 Mena’hem Av 5744 (1984), en relation avec la Hilloula de son père, Rabbi Lévi Its’hak Schneerson, le Rabbi explique, à ce sujet :

Il semble que le titre d’émissaire, la distribution d’eau-de-vie et tout ce qui concerne la mission confiée concerne uniquement une partie de ceux qui sont ici présents, mais, en réalité, il faut savoir que tous à la fois, chacun d’entre nous et tous ensemble, au sein de tout le peuple d’Israël, nous sommes les émissaires du chef de notre génération, mon beau-père et maître, le Rabbi.

Depuis qu’il est devenu le chef de la génération, tous les Juifs de cette époque sont devenus ses serviteurs et ses émissaires. Il est dit, en effet, que : « le chef est tout ».

* * *

Un émissaire du Rabbi mène une action qui a une incidence sur le monde entier. Et, chaque Juif peut agir pour qu’il en soit ainsi. Dans une lettre figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 8, à la page 198, le Rabbi écrit :

On sait ce qui est dit dans les livres, et non uniquement ceux de la ‘Hassidout. En outre, la logique immédiate établit qu’il en est bien ainsi. Chaque homme, chaque femme ne sont pas uniquement des individus. En fait, leurs actions concernent l’ensemble du peuple, car chacun est l’émissaire de D.ieu, chargé d’illuminer son entourage par la clarté divine.

Ainsi, si l’on désire connaître la réussite, au sein de ses quatre coudées personnelles, on ne peut pas se soustraire à la mission de D.ieu, béni soit-Il, Qui dirige tous, en général et chacun en particulier.

Le Rabbi précise également cette idée dans une autre lettre, figurant dans ses Iguerot Kodech, tome 12, à la page 385 :

Je présume qu’un émissaire s’acquitte de la mission qui lui est confiée. En effet, chacun des enfants d’Israël est l’émissaire de D.ieu, chargé de bâtir pour Lui, béni soit-Il, une Résidence parmi les créatures inférieures, grâce à : « la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une Lumière », de même que par le Luminaire de la Torah, qui en est la dimension profonde.

C’est la raison pour laquelle il est nécessaire d’agir également auprès des autres, car c’est uniquement par la Tsedaka qu’un homme obtient la réussite céleste en ce qu’il accomplit. C’est ce que l’on peut déduire de l’affirmation de nos Sages, dont la mémoire est une bénédiction, selon laquelle : « Rabbi Eléazar donnait une pièce à un pauvre avant de prier ».

* * *

Le Rabbi fait appel à la notion de divine Providence, telle qu’elle est définie par le Baal Chem Tov pour montrer l’implication de chaque Juif dans la mission qui est confiée à toute une génération. Dans une causerie figurant dans le Séfer Ha Si’hot 5749 (1988), à la page 52, le Rabbi précise cette notion :

Pour ce qui est de l’obligation de se consacrer à la diffusion de la Torah et du Judaïsme, on peut penser que le simple fait de voir un Juif qui se trouve dans un cas de force majeure est un effet de la divine Providence, conformément à l’enseignement bien connu du Baal Chem Tov.

Il faut voir en cela une preuve tranchée de son implication, se dire qu’influencer ce Juif est son rôle, la mission que l’on reçoit. On doit donc mettre de côté toutes ses préoccupations personnelles et courir faire du bien à ce Juif, le rapprocher du Saint béni soit-Il, de la Torah et de ses Mitsvot.

* * *

Les émissaires du Rabbi sont ceux qui doivent révéler ce caractère en toutes les créatures du monde. Comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié à New York, à la page 126, le Rabbi explique, à ce propos :

En réalité, tous les Juifs sont les émissaires du Saint béni soit-Il. Cette mission, chez tous les hommes, chez toutes les créatures en général, peut parfois rester cachée, au moins jusqu’à un certain point. Les émissaires, ceux qui ont été nommés pour assumer ce rôle de manière effective, doivent donc révéler, à la fois chez les enfants d’Israël et chez les nations du monde, chez toutes les créatures du monde, ce caractère d’émissaire du Saint béni soit-Il. Ils doivent les motiver, les convaincre d’assumer concrètement leur rôle et leur mission.

* * *

La nomination par le Rabbi est ainsi le moyen d’officialiser, chez certaines personnes, la mission qui est confiée, en fait, à toute la génération. Dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1987), à la page 82, le Rabbi explique :

Ceci concerne chaque Juif, car tous sont les émissaires du Saint béni soit-Il, comme on l’a indiqué. Et, cet aspect est encore plus clairement souligné, encore plus évident chez ceux qui ont eu le mérite d’être nommés par le chef de notre génération, mon beau-père et maître, le Rabbi lui-même.

Le chef de notre génération les a désignés comme ses émissaires. Ils assument la mission particulière de diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, jusqu’au plus extérieur qui soit.

* * *

Le Rabbi souligne la singularité de la présente époque, précédant de façon immédiate la délivrance véritable et complète. C’est aussi le justificatif de cette mission qui est confiée à chacun, à titre personnel. Dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 473, le Rabbi précise :

En notre génération, la dernière de l’exil qui sera la première de la délivrance, mon beau-père et maître, le Rabbi, qui est son chef, a fait de chacun, homme, femme ou enfant, son émissaire pour diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, au sein de la diffusion de la Torah et du Judaïsme, en général.

Le Rabbi a fait de tous ceux qui appartiennent à cette génération des responsables communautaires, portant la responsabilité non seulement pour leur propre personne, mais aussi pour la diffusion du Judaïsme auprès de tous les Juifs de leur entourage.

* * *

Devenir l’émissaire du Rabbi reste une démarche personnelle, à l’initiative de chacun, que le Rabbi définit en ces termes, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 76 :

Ceci doit être énoncé clairement. Nul ne doit attendre qu’on l’appelle et qu’on lui demande de se rendre dans tel endroit. On doit savoir que la volonté du Rabbi est que l’on diffuse la ‘Hassidout dans le monde entier.

Il faut donc prendre une carte, rechercher un pays ou une ville où la diffusion des sources de la ‘Hassidout est encore insuffisante. Si l’on est apte à mener une action dans cet endroit, on viendra, on se portera candidat et l’on dira : « Cette contrée est détruite et elle t’appartient. Prends donc la décision qu’elle soit reconstruite ».

* * *

Un émissaire du Rabbi est, avant tout, une Lumière qui éclaire son entourage, qui montre à tous de quelle manière vivre un Judaïsme pleinement assumé. C’est ce que le Rabbi souligne, dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 585 :

Mon beau-père et maître, le Rabbi, chef de notre génération, « le chef (qui) est tout », « le cœur de toute l’assemblée d’Israël », a confié une sainte mission à tous ceux qui appartiennent à cette génération, celle d’être : « une Lumière pour éclairer », pour illuminer les autres, « la Lumière de D.ieu (qui) est l’âme de l’homme », c’est-à-dire tous ceux que l’on côtoie, en plus des membres de sa famille.

En tout endroit que l’on peut atteindre, on doit éclairer par : « la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah qui est une Lumière ». C’est de cette façon que l’on supprime l’obscurité de l’exil et que l’on révèle la Lumière de la délivrance.

* * *

Le Rabbi accorde toutes les bénédictions, matérielles et spirituelles, en abondance, à ses émissaires, comme il le dit dans une causerie figurant dans le Sefer Ha Si’hot 5748 (1988), à la page 100 :

Avant que le Its’hak de notre génération délègue un émissaire, il lui accorde ses bénédictions, des bénédictions qui sont au-delà de toute mesure et de toute limite, « il donnera et il donnera encore ». Ces bénédictions sont les plus grandes, émanant de la source de toutes les bénédictions du monde.

Ces bénédictions sont, avant tout, matérielles, mais elles permettent aussi le service de D.ieu d’un émissaire dans sa dimension morale, son étude de la partie révélée de la Torah et de sa dimension profonde, sa pratique des Mitsvot. Avant tout, elles servent à mettre en pratique la mission confiée, à diffuser la Torah, le Judaïsme et les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

* * *

Le Rabbi souligne, notamment, que ses émissaires doivent se distinguer par leur érudition de la Torah. Il explique, à ce propos, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 627 :

De façon générale, quand on se prépare à être un émissaire ou bien un responsable communautaire, on doit d’abord avoir une connaissance précise de la Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout. A l’époque actuelle, cela est particulièrement important.

Le Likouteï Si’hot, tome 23, à la page 540, rapporte la réponse du Rabbi à quelqu’un qui voulait devenir son émissaire immédiatement après son mariage :

Pour connaître la réussite, dans la mission que l’on assume, on doit se préparer de la manière qui convient en consacrant au moins une année à l’étude de notre sainte Torah, avec enthousiasme et ardeur.

Le Rabbi précise aussi que la connaissance de la Torah est le moyen de se libérer des limites de sa propre personnalité, comme le rapporte le Sefer Ha Cheli’hout, publié en Erets Israël, à la page 477 :

Vous allez faire en sorte que votre prochain se libère de ses limites et de ses entraves. Pour cela, vous devez, vous aussi, vous libérer des vôtres et, pour y parvenir, répéter, par cœur, des passages de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, au-delà de vos limites et de vos entraves. Plus vous développerez cette pratique et mieux cela sera.