Loin de la communauté hassidique réfugiée à Samarcande, une poignée de familles Loubavitch se retrouva par hasard à Alma Ata, tout près du lieu d’exil de Rav Lévi Its’hak Schneerson. Le jeune Leibel Raskin, âgé de onze ans, y vécut les derniers mois du père du Rabbi, jusqu’à sa maladie et son décès. Quelques semaines plus tard, son propre père payait d’une nuit de torture et de sa barbe rasée le refus de livrer les siens.
Rav Leibel Raskin, de regrettée mémoire, Chalia’h du Rabbi au Maroc, n’avait que onze ans lorsque sa famille arriva à Alma Ata et mérita de côtoyer le père du Rabbi. Voici le récit de ces années, tel qu’il l’a transmis.
La libération de Rav Lévi Its’hak
C’est en 5704 (1944) que fut enfin découvert le lieu d’exil du Rav de Yekaterinoslav, Rav Lévi Its’hak Schneerson : il se trouvait au village de Chieli, au Kazakhstan, où il purgeait cinq années de relégation qui devaient s’achever en février ou en mars de cette année-là.
Selon la loi soviétique de l’époque, quiconque avait accompli une peine de cinq ans de bannissement devait en purger cinq de plus. Le cas de Rav Lévi Its’hak risquant de tomber sous cette disposition, il devenait vital d’aménager sa peine avant son terme, afin qu’il pût quitter au plus vite son lieu d’exil. La grande majorité des ‘Hassidim se trouvaient alors à Samarcande, où ils avaient été évacués devant l’avancée de l’armée nazie à l’ouest.
Seules quelques familles, dont la nôtre, s’étaient retrouvées à Alma Ata, relativement près de Chieli. Mon père m’a confié avoir compris, plus tard, que la véritable raison de notre présence à Alma Ata, et non à Samarcande avec les autres ‘Hassidim, tenait à la hachga’ha pratit, la Providence divine : il s’agissait de venir en aide à Rav Lévi Its’hak.
Alma Ata était une très grande ville, qui comptait à l’époque plus d’un million d’habitants. Quand on parcourait ses rues, on n’y croisait presque que des femmes, tous les hommes ayant été mobilisés au front. Tous mes frères avaient atteint l’âge du service militaire, et mon père était lui aussi mobilisable. C’est uniquement grâce à la bénédiction du Précédent Rabbi qu’il avait réussi à échapper à l’appel. Nous avons connu à Alma Ata deux frères, Hirshel et Mendel Rabinovitch.
Mendel avait servi dans l’armée et avait été blessé à la guerre. Il continuait de porter son uniforme militaire, ce qui lui valait bien des droits refusés aux simples civils. Son frère et lui vouaient un dévouement sans limite à Rav Lévi Its’hak, et c’est Mendel qui prépara tout pour le délivrer. Pendant Pessa’h, il fit le voyage jusqu’à Chieli et, une fois sur place, obtint sa libération dès le lendemain de Yom Tov.
À Isrou ‘Hag, le lendemain de la fête, ils voyagèrent ensemble jusqu’à Alma Ata. Notre famille, avec d’autres familles Loubavitch, était venue à la gare accueillir Rav Lévi Its’hak et la Rabbanit Hannah. À nous, les enfants, nos parents expliquèrent qu’il s’agissait du descendant du Tséma’h Tsédek et du mé’houtane du Rabbi, puisque le fils de Rav Lévi Its’hak avait épousé la fille de Rabbi Yossef Its’hak. Depuis notre plus tendre enfance, nous connaissions le Précédent Rabbi, et prononcions souvent ce souhait : Lé’haïm, der Rebbe zol sein gezunt, que le Rabbi soit en bonne santé !
Dès leur arrivée, un appartement fut loué pour eux. Hirshel Rabinovitch fut parmi les plus actifs à leur porter secours, mais les autres Loubavitch n’étaient pas en reste. Notre famille, mes sœurs et mes frères, était particulièrement proche du Rav.
Le message de Matan Torah
À cette époque, Rav Lévi Its’hak pouvait s’asseoir et parler durant des heures. Il prenait parfois pour exemple le prénom de l’un d’entre nous et en expliquait la signification profonde, avec la guematria, la valeur numérique, et bien d’autres choses encore. Mais, comme j’étais encore jeune, je ne saisissais pas toutes ses paroles.
Une fois, pourtant, j’ai parfaitement compris son enseignement. Nous avions à Alma Ata une synagogue aménagée dans une cave, et je me souviens que Rav Lévi Its’hak y était venu prier à Chavouot. Il récita Akdamout, ce qui se grava dans ma mémoire, car ma famille suivait scrupuleusement les min’haguim Habad et ne le récitait donc jamais. Plus tard, j’ai appris que le Rabbi lui-même le récitait à chaque Chavouot.
Rav Lévi Its’hak prononça ensuite une dracha, un discours que même nous, jeunes enfants, étions capables de comprendre. Outre moi-même, il y avait alors à Alma Ata quelques petits enfants, dont Guedalia Zeideh, petit-fils du Shpoler Zeideh.
Rav Lévi Its’hak parla de Matan Torah, le don de la Torah, s’adressant surtout aux enfants. Il insistait : jamais nous ne devions nous laisser impressionner par notre environnement, mais grandir dans le Limoud Torah, l’étude de la Torah, et dans l’observance des Mitsvot, sans craindre quiconque. Notre volonté devait être celle du Aibershter, du Très-Haut. Ses paroles étaient limpides, et il exposait chacune de ses pensées avec clarté. Vu mon jeune âge, je ne me souviens pas de tout dans le détail, mais le message principal demeure : nous devions nous conduire de telle sorte que même notre crainte du gouvernement n’entravât pas nos actes.
Le lendemain de Chavouot, on diagnostiqua sa maladie qui, à notre grand désespoir, empira de jour en jour. Je me souviens que mes frères lui rendaient visite chaque jour pour l’aider à mettre les Téfilines.
Son décès survint le Kaf Mena’hem Av, le vingt Av, alors qu’il n’était âgé que de soixante-six ans. Il fallut chercher aussitôt un endroit où l’inhumer, et mon père fut chargé de trouver une place au cimetière. Il y acheta six places, puis, plus tard, une quantité considérable de métal, véritable exploit en temps de guerre, afin de dresser une barrière autour du kever, la tombe, et d’en faire une sorte de Ohel. Pendant la levaya, l’inhumation, je revois mon père accomplir la queri’ah, la déchirure faite sur un vêtement en signe de deuil, et prévenir tous ceux qui voulaient toucher le cercueil qu’ils devaient d’abord se rendre au Mikvé.
Une nuit avec le KGB
Après la Histalkout de Rav Lévi Its’hak, les familles Loubavitch d’Alma Ata « méritèrent » un invité d’honneur régulier : chaque semaine, un informateur du KGB assistait à notre Chabbat.
Mon père étant mohel, il lui arrivait souvent de pratiquer clandestinement la Brit-Milah sur des enfants déjà âgés d’un an ou deux. Quelques semaines après la Histalkout, un homme se présenta à lui et le pria de circoncire son fils de deux ans. Mon père accepta et quitta la maison avec ses instruments.
Le soir, six heures sonnèrent, puis sept, et mon père n’était toujours pas rentré. À dix heures, puis à minuit, nous avons commencé à le chercher dans les rues. Ce n’est que vers six heures du matin qu’il rentra enfin. Il était méconnaissable : durant toute son absence, il était resté pieds et poings liés, et l’on avait rasé sa barbe. Nous ne l’avons reconnu qu’à sa voix.
Il nous raconta alors qu’en descendant du tramway, il avait été abordé par un homme sorti d’une voiture, qui l’accusait à grands cris d’avoir commis un vol dans un jardin d’enfants. Mon père eut beau protester qu’il n’avait rien à voir avec un quelconque jardin d’enfants, l’homme le contraignit à monter dans le véhicule. On l’emmena au quartier général de la NKVD, où on l’enferma dans une cellule.
Au milieu de la nuit, il fut appelé à l’interrogatoire. « Raskin, qu’as-tu encore fait ? Qu’est-ce que tu nous amènes là, encore une histoire de Schneerson ? » lui lança-t-on. On était pourtant près de dix-sept ans après le départ de Russie du Précédent Rabbi. « Nous pensions être débarrassés de lui : le voilà déjà en Amérique, et voici que tu nous apportes un autre Schneerson, avec toutes ces histoires de Schneerson ! » Puis ils répétèrent mot pour mot la dracha que Rav Lévi Its’hak avait prononcée à Chavouot, tout ce qu’il avait dit sur le Hinoukh, l’éducation, sur Chabbat et sur la Cacherout.
Mon père nous raconta qu’ils l’avaient torturé toute la nuit. Après chaque heure, il avait droit à une demi-heure de répit ; mais dès qu’il s’endormait, on le réveillait pour tenter de lui arracher les noms des gens de son entourage.
Vers l’aube, un individu d’allure juive entra dans la salle : « Her zich ein, nous allons te laisser repartir, à une condition : tu signes ce papier par lequel tu t’engages à ne jamais révéler ce dont nous avons parlé ici. De plus, tu dois devenir l’un des nôtres. Si tu signes, tu rentres chez toi. »
Deux semaines après sa libération, mon père se dissimula le visage sous un foulard, ôta ses lunettes et s’enfuit à Moscou avec ma sœur. Le reste de la famille demeura à Alma Ata jusqu’en Tévet 5705 (1945).
Dans la Russie soviétique où la moindre étincelle de vie juive pouvait conduire au goulag, un homme refusa de plier. Père du Rabbi de Loubavitch, Rav Lévi Its’hak Schneerson affronta la G.P.U., défia le pouvoir de Staline pour la cacherout des Matsot et ne signa jamais l’acte de son inculpation. Exilé au fin fond du Kazakhstan, il y donna sa vie pour le Judaïsme sans renoncer à un seul de ses principes.
Le Rabbi précédent de Loubavitch, Rabbi Yossef Its’hak, disait de lui : « Rav Lévi Its’hak, outre qu’il était un génie dans la Torah révélée et un véritable savant en Kabbale et en ‘Hassidout Habad, était un homme doté d’une crainte de D.ieu extraordinaire et d’immenses qualités morales. » Ces quelques mots, prononcés par celui qui pesait chaque expression, suffisent à esquisser la stature d’une figure exceptionnelle, dont le nom demeure à jamais lié au combat pour la survie du Judaïsme sous le joug communiste.
Les années à Nikolaïev
Rav Lévi Its’hak Schneerson, de bénie mémoire, naquit le 18 Nissan 5638 (1878) dans la ville de Podrovska, en Russie Blanche. On lui donna le nom de son grand-père Rav Lévi Its’hak, petit-fils du Tséma’h-Tsédek, troisième Rabbi de Loubavitch.
Durant sa jeunesse, il étudia la Torah auprès de son oncle, le Rav de la ville, Rav Yoël ‘Haikin. Il se distingua rapidement par des capacités hors du commun et une immense connaissance de la Torah. Il reçut la Smikha, l’ordination rabbinique, des mains de douze éminentes autorités, parmi lesquelles Rav ‘Haim de Brisk, qui déclara : « Si Rav Lévi Its’hak était mis en balance avec une pleine poignée d’or, la balance pencherait de son côté. »
Le 13 Sivan 5660 (1900), suivant le conseil du Rabbi Rachab, il épousa la Rabbanit ‘Hanna, fille du gaon Rav Meïr Chlomo Yanovski, Rav de Nikolaïev. Après son mariage, il se consacra à l’étude de la Torah auprès de son beau-père, qui lui portait la plus haute estime. Le Rav C. Grossman rapporte à ce sujet : « Le jeune Rav Lévi Its’hak s’installa auprès de son beau-père et sa bouche ne cessait d’étudier. Il avait coutume d’étudier dix-huit heures par jour et n’allait dormir qu’à cinq heures du matin, après avoir récité le Chema du matin avec les Téfilines. À neuf heures, il avait déjà prié avec la communauté. »
La considération de son beau-père transparaît dans ce récit de son neveu, Rav Avraham David Yanovski : « Un jour, un envoyé vint annoncer à Rav Meïr Chlomo que Rav Lévi Its’hak était atteint d’une pneumonie qui le clouait au lit. À ces mots, le visage de Rav Meïr Chlomo s’enflamma, et il déclara : « Si, à D.ieu ne plaise, un mauvais décret devait le menacer, je souhaiterais prendre sa place. » »
C’est durant cette période que naquit leur fils aîné, qui allait devenir le Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, le 11 Nissan 5662 (1902), suivi de Dov Ber, que D.ieu venge son sang, et d’Israël Arié Leib, de bénie mémoire.
Rav de Yekatrinoslav
La ville de Yekatrinoslav, aujourd’hui Dniepropetrovsk, est intimement liée à la personnalité exceptionnelle de Rav Lévi Its’hak, que l’on avait coutume d’appeler Reb Lévik. C’est en effet dans cette ville qu’il exerça durant de longues années la fonction de Rav, jusqu’au jour où il en fut exilé par le pouvoir communiste.
Un bref aperçu historique éclaire ce choix. Yekatrinoslav fut fondée en 5538 (1778) dans le sud de l’Ukraine et reçut le nom de la reine Catherine, qu’elle conserva jusqu’en 5686 (1926), lorsque le pouvoir communiste le changea en Dniepropetrovsk, du nom du dirigeant Petrovski. Le premier Juif, Rav Chlomo Stanislavski, s’y installa en 5544 (1784). En 5565 (1805), la ville comptait déjà 880 Juifs, puis 41 240 en 5637 (1877), soit 37 % de sa population.
Les Juifs y connurent une période de prospérité jusqu’à l’avènement du tsar Alexandre III, où leurs rapports avec la population commencèrent à se détériorer. En 5644 (juillet 1884), à la suite d’une dénonciation calomnieuse accusant un marchand d’avoir tué un enfant non juif, éclatèrent des pogroms : la foule pilla, tua et détruisit tout sur son passage, et ce n’est qu’au prix de longs efforts que les autorités rétablirent le calme. L’arrivée du tsar Nicolas II ne changea rien. On dénombrait alors dans la ville quelque cinquante mille Juifs, douze synagogues, une Yéchiva, des Talmud-Torah et seize écoles juives. La défaite de la Russie face au Japon plongea le pays dans la misère, et c’est précisément à ce moment, en juillet 1905, que la haine resurgit : de nouveaux pogroms firent 100 morts, 200 blessés et détruisirent plus de 300 magasins et demeures juives. La peur s’installa, beaucoup quittèrent la ville, tandis que le tsar se contentait d’acquitter les paysans pourtant reconnus coupables par les tribunaux. Sur le plan spirituel aussi, les conséquences se firent sentir, les autorités limitant l’accès aux écoles juives.
C’est pour faire face à ces persécutions et à ces discriminations grandissantes que Rav Lévi Its’hak fut désigné comme Rav de Yekatrinoslav. Ceux qui firent ce choix savaient que seule une personnalité de sa trempe pouvait affronter une telle situation.
Un homme d’action pour sa foi
Rav Lévi Its’hak accéda à cette fonction à l’âge de trente-deux ans, non sans opposition. Le choix d’un Rav ‘hassidique suscita l’hostilité des Mitnagdim, opposants à la ‘Hassidout, qui espéraient voir triompher leur propre candidat et allèrent jusqu’à porter de fausses accusations auprès du gouvernement. À la suite d’un long entretien avec un dirigeant sioniste influent, Rav Lévi Its’hak reçut néanmoins l’appui de ses amis, malgré leurs divergences, et fut finalement élu Rav de la ville, partageant d’abord cette charge avec le Rav Gelman, candidat des Mitnagdim. En 1921, au décès de ce dernier, il assuma seul la fonction.
Conscient de ses responsabilités, il fit preuve de la plus grande vigueur, affrontant les plus graves dangers sans craindre personne. Plusieurs témoignages en attestent.
La réunion annulée
Lorsque l’hostilité des communistes à la religion atteignit son apogée et fut connue du monde entier, le pape appela au boycott du gouvernement soviétique. Malgré sa cruauté, le régime tenait à soigner son image et mit tout en œuvre pour contrer cette initiative. Il décida notamment de rassembler trente-deux Rabbanim et de leur faire signer une déclaration affirmant que l’annonce du pape n’était qu’un mensonge et qu’il n’existait en Russie aucune entrave à la religion. Après avoir obtenu la signature de Rabbanim de Russie, les dirigeants voulurent organiser une réunion semblable avec les Rabbanim d’Ukraine. Parmi les invités figurait le Rav de Yekatrinoslav, Rav Lévi Its’hak. Mais on connaissait sa force de caractère, et l’on savait qu’une simple invitation ne suffirait pas.
Le dirigeant de la G.P.U. en personne le convia donc à un entretien en tête-à-tête, lui exposant l’importance d’une telle réunion et le bénéfice qu’en tirerait le gouvernement aux yeux du monde. Il lui offrit même un billet de première classe pour se rendre dans la ville où elle aurait lieu. Rav Lévi Its’hak le remercia de sa bonne intention, mais déclina, expliquant qu’il s’y rendrait par ses propres moyens. Le général, ne s’attendant pas à un tel affront, dissimula difficilement sa colère.
Le jour venu, Rav Lévi Its’hak se rendit au lieu convenu et fit la connaissance des Rabbanim invités. D’emblée, tous soupçonnèrent la présence d’un espion parmi eux et s’abstinrent de converser. Rav Lévi Its’hak se leva alors et fit part ouvertement de son avis : « Il est interdit de signer une déclaration mensongère. » La réunion se prolongea plusieurs jours, durant lesquels il ne cessa d’insister sur la gravité d’un tel acte. Le ministre de l’Éducation, prenant conscience de son influence, le convoqua et le mit en garde contre le danger d’une telle entrave au bien-être du gouvernement. En vain : Rav Lévi Its’hak maintint fermement sa position et finit par convaincre les autres Rabbanim de ne pas signer. Les autorités durent renoncer à leur projet.
Durant cette réunion, Rav Lévi Its’hak apprit qu’une personnalité devait voyager hors de Russie. Il lui demanda de diffuser dans tous les journaux le combat des autorités contre les Rabbanim. L’envoyé s’acquitta de sa mission, et la nouvelle parut dans la presse libre. On put même y voir une caricature représentant un policier russe, pistolet au poing, forçant un Rav à signer un document.
Le problème de la foi
L’année de son emprisonnement, avant la fête de Pessa’h, les autorités distribuèrent un questionnaire à remplir par chaque citoyen. L’une des questions concernait la foi : chacun devait déclarer s’il croyait ou non en D.ieu. Voyant que de nombreux Juifs craignaient de répondre par l’affirmative, Rav Lévi Its’hak affirma devant toute l’assemblée de la synagogue qu’il était interdit à tout Juif de ne pas répondre correctement : « Celui qui répond par la négative nie la royauté divine. » Les fidèles s’en inquiétèrent, certains de la présence d’un espion prêt à rapporter ces paroles à la G.P.U.
L’impact fut tel que l’un des fidèles, occupant d’importantes fonctions et dont l’épouse avait nié en son nom la croyance en D.ieu, se rendit au bureau des autorités, demanda à revoir le questionnaire, expliqua que sa femme avait menti et corrigea sa réponse. La police, informée par un espion, y trouva une raison suffisante pour arrêter le Rav. Interrogé plus tard à ce sujet, il répondit, comme le rapporte la Rabbanit ‘Hanna : « Les autorités veulent une réponse exacte ; puisque de nombreux Juifs répondaient par la négative de peur de perdre leur travail, je les ai encouragés à répondre correctement. »
Les matsot surveillées
Le 18 Nissan 5743 (1983), lors d’une réunion des Tsivot Hachem, le Rabbi raconta :
« Le 18 Nissan est l’anniversaire de mon père. Je veux relater à son sujet une histoire qui, pour diverses raisons, ne fut guère diffusée. Elle enseigne jusqu’où peut aller un Juif qui décide de tenir fermement et de s’attacher à accomplir la volonté de D.ieu. Elle concerne la farine et les Matsot de Pessa’h.
C’était durant les années du pouvoir soviétique, où tout le commerce était aux mains du gouvernement. Même les moulins et les manufactures centrales où l’on cuisait les Matsot appartenaient aux autorités et fonctionnaient sous la surveillance de leurs représentants. Comme la ville où mon père était Rav se trouvait dans le sud de la Russie, contrée qui produisait l’essentiel du blé du pays, la certification de la cacherout de la farine relevait depuis quelques années de son autorité. Chaque fois qu’il fallait attester qu’une farine avait été moulue sous stricte surveillance et convenait à la cuisson des Matsot, on se tournait vers lui, et il délivrait le certificat après avoir placé dans les moulins des surveillants veillant à ce que la farine n’entrât jamais en contact avec l’eau.
Sachant qu’ils auraient de nouveau besoin de son certificat, les responsables vinrent lui rappeler que la farine appartenait au gouvernement : un refus de sa part, qui empêcherait la vente d’une partie de la marchandise, équivaudrait à un combat ouvert contre l’État, à qui profitaient ces recettes, particulièrement élevées à Pessa’h. Mon père répondit que, si on lui permettait de placer ses surveillants et que les ouvriers suivaient leurs instructions, de sorte que la farine fût produite selon la loi juive, il donnerait certainement le certificat ; mais que, dans le cas contraire, il ne le donnerait pas et informerait tout le monde que cette farine n’avait pas reçu son approbation.
On lui répondit qu’on l’autoriserait à placer ses surveillants, à condition que toute la production fût agréée ; sinon, il devait savoir qu’il partait en guerre ouverte contre le gouvernement. Il rétorqua qu’il se rendrait à Moscou, auprès du dirigeant Kalinine, pour lui expliquer qu’il était impossible d’attester une farine non cachère : s’ils voulaient l’en punir, ils le pourraient, mais certifier une farine non cachère pour la Matsa était contraire à la loi juive et à la volonté de D.ieu. On tenta encore de le menacer, mais l’on comprit qu’on ne le ferait pas changer d’avis. L’affaire remonta jusqu’à Kalinine ou à ses conseillers, qui décidèrent finalement que, partout où l’on prendrait de la farine pour cuire les Matsot de Pessa’h, il faudrait le certificat de cacherout et l’on autoriserait la présence de surveillants.
Cette année-là et les suivantes, partout, on cuisit des Matsot cachères pour Pessa’h, sur l’ordre même des autorités soviétiques. Tout ceci nous enseigne, même aux enfants, que si l’on tient ferme au nom de D.ieu qui a créé le Ciel et la Terre, et qu’un Juif n’accomplit rien de contraire à Sa volonté ni au Choul’hane Aroukh, même lorsque le gouvernement affirme le contraire, on finit par réussir. Bien plus, c’est le gouvernement lui-même qui ordonna de placer partout des surveillants compétents.
Certes, tout le monde n’a pas une telle force ; mais tout le monde n’a pas non plus à affronter un régime dominant un pays de deux cents millions d’âmes. Ce que chacun doit faire, c’est seulement tenir ferme contre son propre mauvais penchant. Et lorsque celui-ci tente de le convaincre que les non-Juifs ne laisseront pas un enfant juif se conduire comme il se doit, il doit lui répondre qu’il s’agit là d’un mensonge grossier. Puisqu’il avance avec la force de D.ieu qui se tient à ses côtés, il triomphera de tous les obstacles et obtiendra, comme en ces jours-là, un Pessa’h cacher et joyeux. Puissions-nous, nous aussi, connaître un Pessa’h cacher et joyeux, et qu’à travers notre fermeté se révèle que toute l’année sera cachère et joyeuse, une année de délivrance rapide, la délivrance du Machia’h, très bientôt et de nos jours. »
L’une des raisons de son arrestation et de son exil fut précisément d’avoir déclaré publiquement, une année, à la suite de fraudes dans la fabrication des Matsot, que celles vendues par le gouvernement devaient être considérées comme du véritable ‘Hamets, qu’aucun Juif ne pouvait introduire chez lui. Nombre d’autres récits reflètent la même personnalité : il célébrait des mariages, pratiquait des Brit-mila, construisait des Mikvés dans le plus grand secret, malgré la menace constante des autorités. Chacun de ses actes comportait de terribles dangers, car il était sans cesse espionné et risquait à tout instant d’être arrêté.
Une personnalité exceptionnelle
L’une des qualités les plus remarquables de Rav Lévi Its’hak était sa profonde humilité. Ses proches le désignaient simplement par le surnom « Lévik », sans aucun titre. Le Rav Sassonkin l’explique ainsi : « Son nom le précédait. Tous savaient que « Lévik », car c’est ainsi qu’on l’appelait à Loubavitch, était un grand sage aussi bien dans le Talmud que dans la ‘Hassidout. Nos Sages enseignent que le titre de Rabbi surpasse celui de Rav, que celui de Rabban surpasse celui de Rabbi, et que le nom seul surpasse encore celui de Rabban, car les maîtres des premières générations étaient si grands qu’on ne leur ajoutait aucun qualificatif, tels Hillel ou Chamaï. Telle était sa stature : le seul nom « Lévik » évoquait une sagesse extraordinaire dans tous les domaines, celle du Talmud, celle de la ‘Hassidout Habad, celle de la Kabbale. »
De sa bouche sortaient des pierres précieuses. À l’image d’une source, lorsqu’il commençait à parler, rien ne pouvait l’arrêter : toutes les profondeurs de la Torah jaillissaient et émerveillaient ses auditeurs. Le Rav Sassonkin poursuit : « Un jour, on l’invita à donner un cours de Guemara dans une grande synagogue. Dès qu’on apprit que le Rav Schneerson enseignerait, une vaste assemblée de sages accourut. Il expliqua la page avec une profondeur exceptionnelle et illumina les regards ; tous restèrent bouche bée devant la simplicité avec laquelle il dévoilait des sommets. Une autre fois, j’assistai à son cours de Tanya : il émerveilla chacun, tant sa compréhension de la ‘Hassidout Habad était profonde. »
« Il est impossible de décrire le plaisir que nous procura son passage à Leningrad », témoigne le Rav Zalman Duchman. « Nous lui rendions visite presque chaque soir, et il nous expliquait les Midrachim selon la ‘Hassidout. » Le célèbre Rav Its’hak « Matmid » disait de lui : « Il détient des forces qui proviennent de l’Admour Hazaken », Rabbi Chnéour Zalman, premier Rabbi de Loubavitch.
Il s’entretenait chaleureusement avec chacun, et nombreux étaient ceux qui recherchaient sa compagnie. La Rabbanit ‘Hanna raconte : « Nous voyagions un jour en train hors du pays. À Varsovie, un écrivain célèbre monta dans notre wagon et s’assit près du Rav. Leur conversation porta sur le Judaïsme, la ‘Hassidout, les Admourim. Il fit une telle impression par ses récits que les voyageurs juifs des autres wagons se rassemblèrent autour de lui, oubliant leur sommeil pour l’écouter. »
Sa force ne tenait pas seulement à sa parole : il passait aussi de longues heures à rédiger ses explications dans tous les domaines de la Torah. Son neveu, le Rav ‘Haim Leib Itkin, rapporte un fait troublant : « Mes parents habitaient à cinq heures de Yekatrinoslav. À l’issue d’un Chabbat, je discutai longuement avec mon oncle. À neuf heures, je voulus prendre congé, mais il m’en empêcha : « Tu as ton billet ; pourquoi te hâter ? » Je restai encore une demi-heure, tentai de nouveau de partir, et il m’arrêta encore. À dix heures et demie, n’y tenant plus, je partis sans sa permission. Arrivé à la gare, il ne restait que trois minutes avant le départ, mais le train ne partit pas : retardé, il ne s’ébranla que le lendemain. Je compris alors ses instances répétées, et depuis ce jour je sus l’estimer autrement, car ses yeux voyaient loin, tout en gardant ce don à l’abri des regards. »
Son apparence même attirait les cœurs : son visage, sa mise et sa démarche reflétaient sa splendeur, son regard était perçant, et ses traits respiraient la sagesse. On raconte que, lorsqu’il se rendait à la synagogue, les passants s’arrêtaient pour le contempler ; même les non-Juifs témoignaient le plus grand respect au Rav de la communauté et s’écartaient pour le laisser passer.
Ses écrits
Beaucoup de géants du peuple juif rédigèrent leurs explications de la Torah, mais rares sont ceux qui ouvrirent une voie nouvelle dans sa compréhension. Rav Lévi Its’hak fut de ceux-là : il traça un chemin inédit reliant le remez et le sod, le sens allusif et la dimension ésotérique de la Torah, et composa de nombreux écrits sur ses parties révélée et cachée.
Malheureusement, tous ces manuscrits furent perdus. D’abord confisqués par le gouvernement, puis restitués, ils disparurent lors de la destruction de la ville par les nazis. Les rares livres qui nous sont parvenus sont le fruit du dévouement de la Rabbanit ‘Hanna. Lors de son exil à Tchiali, elle emporta les ouvrages saints les plus précieux. En exil, faute de nécessaire pour écrire, c’est elle encore qui fabriqua de l’encre à partir de plantes ; c’est grâce à cette encre qu’il rédigea ses notes dans les marges des livres, condensant à l’extrême, en raison de ces conditions misérables, l’expression de ses pensées.
Cinq de ses ouvrages ont depuis été imprimés à partir de ces manuscrits, réunis sous le titre Likoutei Lévi Its’hak : ses notes sur le Tanya ; ses notes sur le Zohar pour Béréchit ; ses notes sur le Zohar pour Chemot et Devarim ; ses ‘Hidouchim et Biourim sur le Chass, la Michna et la Guemara ; enfin ses commentaires sur les versets du Tanakh et les paroles de nos Sages, auxquels s’ajoutent plusieurs de ses lettres.
L’arrestation
Un mois avant son arrestation, deux hommes rôdaient déjà de manière insolite autour de sa maison. Dans la nuit du 9 Nissan 5699 (1939), à trois heures du matin, on frappa à la porte. La Rabbanit ‘Hanna alla ouvrir : quatre hommes du N.K.V.D. se tenaient devant elle. « Où est le Rav Schneerson ? » Avant même qu’elle pût prévenir son mari, ils firent irruption, bloquèrent toutes les issues, et le plus grand d’entre eux présenta au Rav l’ordre d’arrestation. Ils fouillèrent alors tous les livres et manuscrits, sans en épargner un seul, et en emportèrent une grande partie. Leur tâche accomplie, l’homme dit au Rav : « Rav, habille-toi et suis-nous. » Comprenant qu’il ne passerait pas Pessa’h chez lui, il voulut emporter des Matsot ; on le lui refusa.
Le motif invoqué était le suivant : « Sous couvert d’activité religieuse, Schneerson appartient à un organisme antisoviétique nourri de diffamation et de défaitisme. Par le lien qu’il entretient avec son fils, agent important des renseignements de Pologne, et avec un proche parent, le Grand Rabbin de Riga, il enrôle des hommes pour le mouvement clandestin antisoviétique et est soupçonné d’espionnage. Il exploite son discours hebdomadaire à la synagogue pour parler contre le gouvernement et ses dirigeants, et organise une aide matérielle importante en faveur des ennemis du régime. »
À la Rabbanit ‘Hanna, qui demandait où l’on emmenait son mari, on répondit qu’elle devrait se présenter le lendemain aux bureaux du N.K.V.D. Elle comprit vite qu’on la trompait : à toutes ses questions, une seule réponse revenait, « Il n’est pas là, impossible de lui transmettre quoi que ce soit. » Ce n’est que cinq mois plus tard qu’elle apprit qu’au lendemain même de son arrestation, il avait été transféré à Kiev.
Le témoignage d’un codétenu, le Rav Aharon Yaakov Diskin, est saisissant : « Qui pouvait supporter de telles épreuves ? Une infime minorité, dont le Rav Lévi Its’hak Schneerson. Il n’avoua rien, ne signa pas son inculpation, endura les souffrances sans se courber, acceptant avec amour le décret du Ciel. On le transféra à Kiev, où les « spécialistes » tenteraient de lui extorquer sa signature par tous les moyens. Ils tenaient là l’une des plus importantes personnalités recherchées, un Rav célèbre, allié au Rabbi Yossef Its’hak Schneerson qu’ils haïssaient et dont ils regrettaient amèrement le départ de Russie : par lui, ils espéraient atteindre tous les autres Rabbanim. Mais les spécialistes eux-mêmes échouèrent et durent abandonner. Grâce à cela, beaucoup de Rabbanim et de Juifs pratiquants furent sauvés. Dans cette effroyable coulée de sang qui engloutit des millions d’êtres, le Rav Schneerson fut le seul sur lequel le feu de l’enfer n’eut aucune emprise. »
Après deux années d’un tel emprisonnement, il fut condamné à cinq ans de travaux forcés dans les montagnes et forêts du nord de l’Oural. Un autre détenu rapporte : « En janvier 5700 (1940), je fus acheminé vers la prison de ‘Harkov, où affluaient des milliers de prisonniers dirigés vers les camps. Ma cellule, la numéro 22, comptait plus de quatre cents personnes serrées à même le sol. Je dormais près de deux ingénieurs qui parlaient du Rav Schneerson avec émerveillement : dans sa prison, ils lui soumettaient les problèmes les plus complexes de mathématiques et d’ingénierie, qu’il résolvait en un instant. Mais ce qui les frappait le plus était sa force d’âme. Il refusait de se rendre à l’interrogatoire à la sortie de Chabbat avant d’avoir reçu de quoi allumer la Havdala. Interpellé un jour en pleine Amida, il n’interrompit pas sa prière, épancha son cœur sans un geste, provoquant la fureur de ces bêtes à visage humain qui n’osèrent pourtant le toucher ; puis il les suivit, mais ne signa rien. Je demandai à être placé dans sa cellule, la numéro 6. On me refusa : « Puisses-tu périr ici sans jamais rejoindre Schneerson ! » Un ancien commissaire me dit alors : « C’est là que se trouve le Rav qui n’a pas signé. Il est bon qu’il en reste au moins un qui ne se courbe pas devant ces bourreaux. Vraiment, c’est un grand homme ! » »
Un professeur non juif confia plus tard à la Rabbanit ‘Hanna : « Je n’oublierai jamais cet homme, son savoir prodigieux et sa rare force de caractère. Nous étions quatre dans la même cellule, et nous trois avons tenu grâce à ses encouragements, malgré d’atroces souffrances. Un jour, ordre fut donné à tous de raser leur barbe ; plusieurs, dont des Juifs et des Rabbanim, tentèrent en vain de s’y opposer. Quand vint son tour, il se dressa comme un roc et s’écria : « Ma barbe, jamais vous n’y toucherez ! » La force de ses paroles les effraya tant qu’ils abandonnèrent. Il fut le seul à conserver sa barbe, ce que beaucoup lui envièrent. »
Cinq mois plus tard, en Elloul 5699 (1939), il fut ramené à Dniepropetrovsk, et la Rabbanit ‘Hanna put enfin lui faire parvenir de la nourriture. On perquisitionna de nouveau son domicile un jour de Chabbat, à la recherche de preuves accablantes, puis on convoqua la Rabbanit pour l’interroger sur les activités de son mari et ses liens avec son fils. Malgré les menaces, on n’obtint rien : à chaque question sur telle réunion communautaire, le Rav semblait avoir tout oublié, ne citant que des personnes déjà disparues ou ayant quitté le pays. L’interrogateur ne put jamais établir le caractère antisoviétique des rassemblements secrets de Moscou, Kiev ou Leningrad, tant le Rav répondait à chaque question avec une intelligence déconcertante.
Une visite médicale, avant son retour, révéla de graves problèmes de santé. Les autorités changèrent alors de tactique : elles emprisonnèrent trois notables de la communauté afin d’obtenir des révélations contre le Rav. N’en tirant rien, elles exigèrent qu’ils signent l’inculpation ; devant leur refus, elles les torturèrent abominablement durant dix semaines pour arracher les signatures voulues.
Le verdict
Rav Lévi Its’hak fut inculpé en même temps que ces trois personnalités. On les accusa d’appartenir à un mouvement clandestin juif antisoviétique, d’avoir tenu des réunions secrètes chez Schneerson, d’y avoir collecté des fonds au profit des familles de prisonniers, géré des caisses non déclarées, diffusé une propagande antisoviétique et diffamé le gouvernement, tout en maintenant, par l’intermédiaire de leur chef Schneerson, des liens avec des communautés à l’étranger.
Le verdict le condamna à cinq ans d’exil dans la ville de Tchiali, au Kazakhstan, au fin fond de l’Asie, en tant qu’« homme dangereux pour la société ». Quand on l’apprit à la Rabbanit ‘Hanna, elle plaida en vain que son mari avait déjà soixante-dix ans selon leurs papiers. On lui répondit que le lieu était convenable, qu’il conserverait sa citoyenneté et ne changerait que de résidence, et qu’elle pourrait le revoir une dernière fois avant son départ. Cette entrevue à travers les barreaux, la première depuis l’arrestation, mêla la joie des retrouvailles à la douleur : elle eut peine à reconnaître, tant sa santé s’était dégradée, celui qu’elle avait quitté. Avant leur séparation, sous l’œil d’un surveillant, Rav Lévi Its’hak lui demanda pardon, craignant que ses forces ne lui permettent pas de survivre à un si long voyage.
Transféré à ‘Harkov, où il revit une fois encore la Rabbanit, il entama le trajet éprouvant qui, un mois durant, le mena jusqu’à Alma-Ata, capitale du Kazakhstan. Comme il le raconta lui-même, le plus dur fut le manque d’eau pour la Netilat Yadaïm : onze jours durant, les prisonniers en furent privés, l’eau potable elle-même étant rationnée. Scrupuleux sur chaque détail de la loi, il utilisa néanmoins pour ses ablutions ce peu d’eau qu’il obtenait, cédant même sa maigre ration de nourriture au soldat en échange d’un supplément d’eau. Ils atteignirent Alma-Ata le 15 Chevat 5700 (1940). Un ‘hassid détenu raconte l’avoir vu, suivi de soldats et de chiens féroces, s’effondrer d’épuisement ; les soldats le frappèrent alors sauvagement et lâchèrent leurs bêtes, qui le mordirent et déchirèrent ses vêtements jusqu’à ce qu’il se relevât et reprît sa marche, à bout de forces.
L’exil à Tchiali
La ville de Tchiali est, pour beaucoup, synonyme d’effroi. Perdue à l’est de l’Asie centrale, longtemps ignorée du monde, sa terre est un mélange de poussière et d’eau qui jamais ne sèche, où le pied s’enfonce et peine à se dégager. Les moustiques envahissent l’air et poursuivent l’homme partout, au-dehors comme dans les maisons, jusque dans les ustensiles et la nourriture. Les demeures de mortier et de ciment protègent mal de la chaleur, de la grêle, de la neige et du vent qui siffle tout le jour, et le soleil brûlant de l’été exhale une odeur fétide, source d’épidémies mortelles.
C’est là que Rav Lévi Its’hak fut exilé, le 19 Chevat 5700 (1940), accueilli par les ténèbres et la tempête. Aucun signe de vie au-dehors. Il n’avait pour compagnon qu’un ami juif, exilé en même temps que lui. Apprenant qu’un Juif résidait dans les environs, ils rassemblèrent leurs dernières forces pour gagner sa maison, mais celui-ci leur refusa l’hospitalité. Ils aperçurent enfin une lumière au loin et trouvèrent un logis pour la nuit ; le propriétaire ne leur concéda qu’un coin de cuisine, un drap étendu sur le sol humide, et le froid les transperça au point qu’ils ne fermèrent pas l’œil. Au matin, les propriétaires jugèrent qu’ils ne pouvaient accueillir deux hommes et tirèrent au sort celui qui resterait : le sort désigna Rav Lévi Its’hak. Il plaida pour son ami, sans succès. Ayant enfin un refuge, il télégraphia aussitôt à la Rabbanit ‘Hanna pour réclamer l’essentiel : son Talit, ses Téfilines, des livres et un peu de nourriture. Trois semaines plus tard lui parvint un premier colis contenant son Talit et ses Téfilines, qu’il n’avait plus revus depuis un an. La Rabbanit rapporta qu’il en éprouva une joie qu’aucun mot ne pouvait traduire.
Après Pourim, la Rabbanit ‘Hanna résolut de rejoindre son mari. Elle se rendit à Moscou et, malgré les difficultés, emporta des Matsot, du vin pour Pessa’h, des provisions et un livre de Tehilim. Elle y multiplia les démarches pour obtenir sa libération, en vain. Le voyage jusqu’à Tchiali durait plus de cinq jours ; elle offrit un présent conséquent à un responsable pour se prémunir de tout danger. À l’arrivée, son mari vint l’accueillir : elle put à peine soutenir son regard et retint difficilement ses larmes.
De la vie qu’ils menaient dans cette ville perdue, la Rabbanit ‘Hanna a laissé ce récit : « Notre chambre se trouvait chez un Tartare. Pour y accéder, il fallait traverser une antichambre humide et boueuse, où les moustiques obscurcissaient la lumière, puis la salle à manger des propriétaires. Pour boire un peu d’eau, il fallait attendre qu’elle se décante du sable qu’elle contenait, et l’eau, en général, était difficile à obtenir. La nuit, un maigre chandelier éclairait la pièce ; la chaleur d’été était insupportable, et des myriades de moustiques nous piquaient dans notre sommeil. Notre seule défense était de boucher toutes les fentes de la chambre. Un vêtement laissé le soir devenait méconnaissable au matin, tant ces bêtes le couvraient de points noirs. Ainsi allait la vie, et nous n’avions d’autre choix que de nous y accoutumer.
Vint le mois de Nissan. Les tracas quotidiens s’effacèrent devant un souci plus grave : tout était ‘Hamets, la maison comme les ustensiles ; où trouver de la nourriture cachère pour Pessa’h ? Nos hôtes étant attachés à leur religion, nous tentâmes de les sensibiliser à la cacherout ; mais, déjà irrités par notre usage de l’eau, ils nous ordonnèrent sans réfléchir de quitter aussitôt la maison. La situation devenait critique : comment retrouver un toit deux semaines avant la fête ? Une habitante accepta enfin, contre cinquante roubles par mois, de nous céder une pièce à entrée séparée, avec un sol en bois, une merveille. Le seul inconvénient tenait à ses enfants, de véritables voyous ; le voisinage nous en dissuada, mais, faute d’alternative, nous acceptâmes. Pour les ustensiles et la nourriture, je me rendis à une heure de route, dans un lieu où un groupe de Juifs pratiquants de Kiev avaient été exilés et vivaient ensemble, parmi lesquels un Rav et un Cho’het. J’y restai deux jours et parvins à obtenir un grand ustensile neuf ; je commandai aussi de la viande et du poisson, à livrer seulement la veille de Pessa’h.
Le soir de la fête, nous avions un invité. Nous nous assîmes ensemble pour le Séder, tandis que, derrière la fenêtre, les enfants raillaient sans relâche chacun de nos gestes. Leurs moqueries ne nous atteignirent pas : le Séder se déroula selon la loi, la Hagada lue à voix haute et chantée, toutes les étapes accomplies. En songeant à Pessa’h de l’année précédente, derrière les barreaux, nous ressentions malgré tout la joie de la fête. Le Séder se prolongea tard dans la nuit ; il serait difficile d’appeler repas ce que nous mangeâmes alors, car la viande et le poisson commandés au Cho’het avaient entièrement tourné durant le transport. »
Durant l’été, le 1er Elloul 5700 (1940), Rav Lévi Its’hak adressa au dirigeant du N.K.V.D. une lettre dénonçant la conduite de son interrogatoire et réclamant la révision de son dossier. Sa demande fut rejetée. Peu après, la Rabbanit ‘Hanna décida de rentrer chez elle, pour pouvoir lui envoyer régulièrement des colis, ne pas laisser trop longtemps sa maison vide et alléger les soucis liés à sa subsistance. Auparavant, elle se rendit à Kzyl-Orda, aux bureaux du N.K.V.D., pour demander le transfert de son mari dans cette ville en raison de son état, car il portait déjà la tumeur qui devait l’emporter ; douze jours de démarches restèrent sans résultat. Avant de partir, elle pria un Juif de demeurer auprès de lui. Peu à peu, des Juifs ayant fui devant les nazis, dont certains l’avaient connu, vinrent lui demander conseil et profiter de son enseignement ; lorsqu’on sut, à Kzyl-Orda, qu’il se trouvait à Tchiali, plusieurs lui rendirent de fréquentes visites, passant avec lui de longues nuits à étudier la Torah et la ‘Hassidout.
La délivrance
La libération de Rav Lévi Its’hak fut essentiellement l’œuvre des frères Hirshel et Mendel Rabinovitch. Dès sa démobilisation, Mendel résolut de tout tenter pour l’arracher à l’exil, d’autant qu’une rumeur, tenue d’une source sûre, une femme juive juge pour le gouvernement, annonçait qu’aucun prisonnier ne serait relâché avant la fin de la guerre. Il fallait donc agir vite. Les obstacles étaient considérables : obtenir d’abord un certificat attestant que le prisonnier avait purgé toute sa peine ; réunir des sommes immenses, car sans corruption aucune signature ne s’obtenait ; faire parvenir ces documents à Rav Lévi Its’hak, au risque, en cas de fouille, de mettre en danger celui qui les transporterait, ce qui exigeait un homme à la fois discret et courageux ; obtenir enfin l’autorisation de résider dans une autre ville, laquelle supposait qu’une fille du prisonnier s’engageât à le recevoir et à l’entretenir, alors que Rav Lévi Its’hak n’en avait pas et qu’il était trop périlleux de forger de faux papiers.
Après la collecte de fortes sommes et de nombreuses démarches, le Rav Hirshel Rabinovitch obtint le certificat de sortie signé des autorités, tandis que son épouse signait l’engagement d’accueil requis. Restait à remettre les documents. Ce fut Bat-Chéva, fille du Rav Eliahou ‘Haïm Althaus, ami proche du Rav, qui accomplit cette mission délicate. Elle arriva à Tchiali avant Pessa’h ; à la demande de Rav Lévi Its’hak, qui craignait de manquer de Matsa Chmoura s’ils fuyaient aussitôt, ils demeurèrent pour les premiers jours de la fête. C’est durant ‘Hol Hamoëd que Rav Lévi Its’hak, la Rabbanit ‘Hanna et Bat-Chéva quittèrent Tchiali pour n’y jamais revenir.
Le jeudi 27 Nissan 5704 (20 avril 1944), Rav Lévi Its’hak arriva à Alma-Ata. La Rabbanit ‘Hanna raconte : « On lui réserva un accueil très chaleureux, et aussitôt affluèrent des ‘hassidim et des amis, au premier rang desquels les frères Rabinovitch. Il serait difficile de décrire la joie profonde d’accueillir dans leur ville une telle personnalité, après une si longue attente ; beaucoup avaient les larmes aux yeux. » On lui loua d’abord une maison hors de la ville, puis, avant Chavouot, une demeure fixe. Des centaines de Juifs, pour la plupart réfugiés de la guerre, s’y trouvaient ; chaque jour s’y tenaient les prières de Cha’harit, Min’ha et Arvit. En peu de temps, sa maison devint un refuge pour tous, jeunes et vieux, femmes et enfants, ouverte du matin jusqu’aux heures tardives de la nuit. Les jeunes s’asseyaient sur l’herbe de la cour et buvaient ses paroles, repartant réconfortés et spirituellement comblés.
Son influence gagnait chaque jour de nouveaux cœurs. De jeunes Juifs de Leningrad, qui n’avaient connu depuis leur naissance que l’éducation communiste, lui rendaient visite en cachette et changeaient rapidement de vie, exigeant de leur mère une nourriture cachère, au prix de graves conflits familiaux et des difficultés propres à un territoire antireligieux. Ainsi sa maison devint-elle un véritable centre spirituel, un phare vers lequel tous convergeaient, surtout lors des fêtes, pour se renforcer dans l’atmosphère oppressante du temps. Un voisin, intellectuel qui se vantait, à cinquante-deux ans, de ne pas connaître une seule lettre d’hébreu et se moquait des fidèles du Rav, finit lui-même par le fréquenter et par réduire ses heures de travail pour s’entretenir avec lui.
À Chavouot, Rav Lévi Its’hak prononça à la synagogue un discours enflammé sur la nécessité de raffermir la foi, l’observance de la Torah et des Mitsvot, exhortant chacun à ignorer ceux qui tentaient d’y faire obstacle. L’assemblée demeura muette, stupéfaite d’entendre pareilles paroles d’un Rav en Union soviétique, avant que la crainte ne la saisît, car chacun savait qu’un délateur pouvait se cacher jusque dans un lieu saint. De fait, quelques jours plus tard, les autorités convoquèrent plusieurs fidèles pour interrogatoire et firent irruption chez le Rav ; le trouver cloué au lit ne les dissuada pas de revenir. Ces visites répétées laissèrent la peur dans la maison. Pourtant, après cinq années d’exil et de souffrances, Rav Lévi Its’hak poursuivit son œuvre sans faiblir. Sa parole tranchante sur la fidélité à la Torah et aux Mitsvot gardait la même ferveur qu’avant son arrestation, comme si rien, à ses yeux, n’avait changé pour le Judaïsme. En cela résidait son caractère unique : là où tant d’hommes revenaient d’exil brisés de corps et d’âme, n’osant plus même penser contre le régime, lui ne cessa jamais, en secret comme au grand jour, de renforcer la Torah, tel un roc inébranlable dont les paroles jaillies du cœur touchaient tous ceux qui l’approchaient.
La fin de sa vie
Malgré une force d’âme extraordinaire, sa santé déclinait. La tumeur qu’il portait depuis longtemps gagnait tout son organisme, et ses souffrances croissaient de jour en jour. L’un des derniers Chabbat de sa vie, une vingtaine de personnes se réunirent autour de lui. Ses douleurs étaient telles qu’il ne pouvait supporter aucun vêtement sur son corps ; il ne portait que son habit extérieur et, dans sa grande modestie, les pria de l’excuser en disant en souriant : « On a ce que l’on mérite. » Des heures durant, les paroles de Torah coulèrent de sa bouche comme autrefois ; son visage avait changé, mais nul n’entendait une voix brisée, car l’étude lui insufflait une force qu’il eût perdue en s’interrompant.
Un médecin le suivait de près, secondé par deux confrères réputés. Ne constatant aucune amélioration, ils firent venir un professeur célèbre de Leningrad, qui établit aussitôt le diagnostic et localisa précisément la tumeur. À son visage se lisait la vérité. Le Rav lui confia tout ce qu’il avait enduré ces dernières années, et le professeur déclara n’avoir jamais, de toute sa carrière, rencontré une telle personnalité. Ses disciples firent tout pour l’assister. Les derniers jours, il était très affaibli : « Vois-tu, dit-il à un ami, il ne me reste que la peau et les os ; je ne ressens même plus le goût de la nourriture. »
Sur son dernier jour, un ‘hassid présent témoigne : « Dans la nuit du mardi, ses lèvres murmuraient sans cesse, mais sans laisser entendre aucune voix. Soudain, il ouvrit les yeux et dit : « Il faut se préparer à passer dans un autre monde. » Ce furent ses dernières paroles articulées de la journée. Le lendemain, le 20 Av 5704 (1944), son état s’aggrava. Le matin, ses lèvres murmuraient sans relâche, ses douleurs étaient insupportables, et plusieurs fois il fit signe qu’on le changeât de position. Rav Hirshel Rabinovitch, penché près du lit, tendit l’oreille et saisit quelques mots soupirés : « Ses pas échappèrent au regard… les talons du Machia’h. » Dans la soirée, un violent malaise le saisit ; le médecin prescrivit des remèdes qu’il eut à peine le temps d’absorber. Ceux qui l’entouraient récitèrent le Chema et les prières du départ de l’âme. » Dans l’heure qui suivit, l’âme de ce Tsadik quitta son corps pur pour rejoindre sa source divine. Il fut enterré au cimetière juif d’Alma-Ata.
Le Rabbi dira plus tard de son père qu’il n’avait pas seulement risqué sa vie pour le Judaïsme : il en avait fait don..
De façon générale, mon mari priait dans son lit. D’autres personnes lui mettaient les Téfilines. Son visage était devenu beaucoup plus maigre, et les lanières des Téfilines de la tête ne tenaient pas bien. Il m’a donc demandé d’appeler Yaakov Yossef Raskin pour qu’il lui refasse le nœud.
Cela s’est passé trois jours avant son décès. Yaakov Yossef est venu, et il a resserré le nœud de ses Téfilines. Mon mari a pu prier ainsi les trois jours suivants. Le dernier matin de sa vie, sa bouche ne cessait de murmurer. Ses lèvres bougeaient en permanence, mais on ne lui a pas mis les Téfilines.
Ce jour-là, mon mari a terriblement souffert. À plusieurs reprises, pendant le courant de la journée, il m’a demandé de le changer de position, de l’asseoir alors qu’il était couché. Je l’ai fait, et cela n’a pas été difficile du tout. Il semble qu’en des moments pareils, des forces cachées se révèlent.
Vers le soir, il s’est senti très mal. De nombreuses personnes se trouvaient dans notre maison. On a appelé le médecin, qui a prescrit quelques médicaments. Bien entendu, on les a apportés immédiatement. Pour ma part, j’ai vu tout de suite que la situation n’était pas bonne, mais j’ai pensé que cela pouvait durer encore un jour, ou plus. J’ai donc mis dans sa bouche quelques cuillérées de ces médicaments. Il les a bues entièrement. De toute évidence, il était parfaitement conscient de son état.
Quelques-uns de nos bons et proches amis, sur lesquels on pouvait compter, se tenaient près de lui. Je me suis donc étendue, pendant quelques instants, afin d’avoir la force de faire tout ce qui lui serait nécessaire par la suite.
Quand je me suis réveillée, une demi-heure plus tard, la pièce était pleine. L’un des jeunes qui se trouvaient là m’a proposé d’aller dormir chez un voisin pour reprendre des forces. Tout était fini, et il voulait me le cacher. Bien entendu, je n’ai pas accepté sa proposition.
On m’a demandé ce que mon mari voulait que l’on fasse pour l’enterrement. J’ai dit ce dont je me souvenais. Les vêtements mortuaires devaient être en lin pur. Or, il était particulièrement difficile de s’en procurer là-bas. En outre, tous ceux qui prenaient part à la toilette mortuaire devaient, au préalable, se tremper dans un bain rituel.
Il n’y avait pas de Mikwé là-bas, et tous, plusieurs dizaines de personnes, ont donc parcouru une distance non négligeable afin de se tremper dans un fleuve. Yossef Nimutin avait alors une fièvre de quarante degrés et, de façon générale, il était un homme chétif. Malgré cela, il est allé se tremper dans le fleuve lui aussi.
Tous ces hommes-là n’ont pas travaillé pendant trois jours consécutifs. Pour la plupart, ils faisaient du tricot pour le compte de fabriques d’État, et ils avaient un quota à respecter chaque jour. Mais ils ne l’ont pas fait durant ces jours-là.
Pendant les deux derniers jours de la vie de mon mari, ces hommes étrangers, qui l’avaient rencontré il y avait à peine quelques mois, ont ainsi abandonné leur maison et leur travail. Ils se trouvaient en permanence chez nous. De temps à autre, un membre de chaque famille rentrait chez lui pour voir ce qui s’y passait.
Parmi ceux qui se trouvaient dans notre maison, il y avait des jeunes, des moins jeunes, ceux qui respectaient les Mitsvot et ceux qui ne le faisaient pas. Certains avaient eu, entre eux, de graves disputes, pour des raisons commerciales, et d’autres, du fait de la controverse entre les ‘Hassidim et ceux qui ne l’étaient pas. Mais dans cet endroit, tous étaient unis. Sous l’influence de mon mari, tous avaient rejeté leurs préoccupations profanes et ils avaient accédé à un monde plus haut.
Mon mari est mort le soir. Au matin, quelques hommes appartenant aux deux parties de la communauté se sont rendus au cimetière afin de choisir l’endroit où il serait enterré. Plusieurs responsables des synagogues de la ville sont venus également. Il y avait un fils de Medalyé, qui était là-bas, le recteur d’un institut académique. On a fait l’acquisition de six places pour mon mari, afin d’éviter que soit enterré près de lui un homme qui ne mériterait pas de se trouver dans sa proximité.
C’est donc là-bas, dans sa chambre, que tout le nécessaire fut fait pour lui. Plusieurs personnes ont passé cette nuit dans notre maison. Et je l’ai moi-même passée dans la pièce où mon mari avait été posé sur le sol.
Au matin, un autre grave problème a été soulevé. Il fallait trouver des planches pour confectionner son cercueil. C’était une tâche particulièrement difficile, mais, en échange d’une somme d’argent importante, on a pu se les procurer. Le cercueil a été monté là où se trouvaient les planches, et il a ensuite été conduit sur une distance assez importante, dans la rue.
Tous les passants s’arrêtaient pour voir ce que l’on faisait. Pour qu’il n’y ait pas trop de questions et pour éviter le « mauvais œil », le jeune homme qui transportait le cercueil dans une charrette a mis un uniforme militaire.
Cet homme avait travaillé, au préalable, pour le N.K.V.D. et il avait donc conservé cet uniforme. Chaque fois qu’il était nécessaire de se procurer ce qui n’était pas totalement « cachère », le jeune homme y parvenait plus facilement en portant l’uniforme.
Tous ceux qui ont pris part à l’enterrement de mon mari sont rentrés à la maison pour la prière d’Arvit. Plusieurs dizaines ont fait cette prière dans la pièce où mon mari est décédé. C’est là que j’ai moi-même passé les sept jours du deuil. Il était envisagé de prier là, pendant tous les trente jours du deuil. Malheureusement, des Juifs ont alors fait leur apparition, que nul ne connaissait. L’un était cordonnier dans une usine, et l’on a pensé qu’il pouvait faire de la délation. La Juive qui travaillait dernièrement dans notre maison a commencé, elle aussi, à se montrer très pieuse. Elle assistait systématiquement à toutes les prières. Chaque fois que deux Juifs parlaient ensemble, elle était toujours la troisième. En outre, cette femme est devenue la bonne amie du cordonnier.
À ce moment, Rabinov a été convoqué et interrogé. On lui a demandé pourquoi l’enterrement avait été public, dans de telles proportions, et pourquoi lui, Rabinovitch, avait pris une part aussi active à son organisation. Pour répondre à ces questions, il lui a fallu trouver des explications qui n’existaient pas dans le monde. Un bon ami qu’il avait dans cette administration lui avait conseillé de se méfier. De ce fait, nombreux étaient ceux qui ne prenaient pas part à ces prières.
Tout au long du deuil, d’autres personnes sont venues me présenter leurs condoléances. Nombre de ceux que nous connaissions restaient dormir dans notre maison. Pendant les premiers temps, on ne m’a pas laissé seule.
A cause de tout cela, les actions de nos bons amis, les informations qui nous parvenaient de la poste, à propos des nombreux courriers que nous avions reçus, les sommes d’argent qui nous avaient été adressées, «câblées», comme on dit ici, y compris de Tachkent et de Samarkand, mais qui étaient désormais inutiles, malheureusement, « l’œil qui voit », omniprésent, s’est réveillé.
Nous avions déjà, à l’époque, des relations avec l’étranger et tout cela se remarquait.
Les prières se sont poursuivies, difficilement, pendant les vingt premiers jours, mais, par la suite, il a été annoncé que la propriétaire n’était pas intéressée par la réunion de trop nombreuses personnes dans sa maison. La vérité est qu’elle l’acceptait parfaitement. On a donc fait savoir qu’il n’y aurait plus de prières à la maison.
Tout de suite après l’enterrement, des amis ont cherché à placer une barrière en fer autour des six places qui avaient été achetées pour lui, au cimetière, et jusqu’à ce que soit posée la pierre tombale, à couler du ciment sur la tombe, afin de bâtir, en quelque sorte, un édifice qui protégerait la tombe des pluies et de la boue. Mais, il était malheureusement impossible de se procurer du ciment et, plus encore, du fer. Pourtant, en quelques semaines, à la demande des ingénieurs généraux les plus importants, travaillant dans les entreprises d’état et, en outre, grâce à différents stratagèmes, nous avons obtenu tout le ciment et le fer nécessaires.
Nos amis proches sont intervenus pour chaque détail de tout cela, y compris le plus insignifiant, afin de dresser la meilleure barrière, qui soit la plus belle possible. Et, l’on a effectivement placé une barrière esthétique, attirant l’œil, au point que tous ceux qui passaient près de cet endroit s’étonnaient : qui est-ce et qu’est-ce ? Peu après, un homme vertueux est malheureusement décédé, là-bas. C’était un Juif, érudit de la Torah, proche parent du Rabbi de Hornostaypel. La barrière entourant la tombe de mon mari était fermée avec un cadenas. Ceux qui priaient dans la même synagogue que le défunt le conduisirent au cimetière et, là, ils escaladèrent la barrière, craignant qu’on ne les autorise pas à l’enterrer là-bas. En effet, ils souhaitaient honorer cet homme. Par la suite, ces hommes sont venus et ils ont raconté qu’ils ont soudoyé le gardien qui se trouvait sur place, afin de pouvoir faire cet enterrement.
J’écris tout cela pour montrer à quel point le cheminement de la pensée de ces hommes âgés a été modifié, au point d’être capables de faire une telle chose, d’une manière aussi étrange et curieuse, sans même tenir compte du fait qu’il s’agissait d’un domaine privé.
Le moment était enfin venu, pour les personnes déplacées, de penser à rentrer dans les villes où elles habitaient avant la guerre ou bien dans d’autres endroits, où elles pourraient s’établir d’une manière fixe, non plus dans les demeures provisoires qu’elles avaient eues jusqu’alors.
Avant tout, nos bons amis se sont occupés de poser la pierre tombale. Comme c’est bien souvent le cas, lorsque l’on veut réaliser une certaine action, on s’aperçoit que celle-ci est aussi difficile que le passage de la mer Rouge, selon l’expression courante.
On ne disposait donc pas de marbre, pour la pierre tombale. Certes, il y avait là-bas un non-Juif, qui volait les meilleures pierres, se trouvant dans le cimetière non juif. Puis, il les taillait à nouveau, d’une certaine façon, afin d’être en mesure de les réutiliser. Bien entendu, cet homme faisait payer son travail très cher et ceux qui avaient besoin de telles pierres, pour cet usage, les lui achetaient.
Mais, pour ma part, je n’ai pas voulu que l’on place sur la tombe de mon mari une pierre qui se trouvait, au préalable, sur une tombe non juive ou bien qui avait servi à l’église. Cet homme disposait de telles pierres, mais, bien entendu, celles-ci ne me convenaient pas.
En revanche, je ne voulais pas non plus repartir en laissant la tombe en l’état et nos bons amis le voulaient encore moins que moi. Nous avons alors appris que l’on avait, dernièrement, fait venir de Moscou, dans l’une des entreprises d’état, quelques grands blocs de marbre. Il a donc été décidé de consacrer l’un de ces blocs à la pierre tombale.
Comment a-t-on fait cela ? Le plus important des comptables travaillant dans cette entreprise était un Juif de Leningrad. Quand on lui a dit de qui il s’agissait, il s’est aussitôt souvenu de son grand-père. Dans sa jeunesse, il avait conservé l’image de ce grand-père qui étudiait la Torah en permanence. En l’occurrence, on lui avait rapporté les discours que ce Rav faisait à la synagogue, ou bien devant ceux qui l’écoutaient. Leur contenu était similaire à l’étude de son grand-père. Cet homme s’engagea donc à consacrer l’un des blocs de marbre, à cet effet.
Pour faire sortir la pierre de son entreprise, il fallait obtenir une autorisation de passage, de même qu’un bon de commande en précisant la destination. Le gardien qui devait établir ces documents a reçu une bonne récompense, pour cela. Mais, en l’occurrence, la responsabilité de ce gardien était moins clairement engagée, car l’un des employés principaux de l’entreprise commettait cette « faute » avec lui.
L’épouse de cet employé principal, le Juif de Leningrad, emprunta une voiture de l’entreprise et, à la tombée de la nuit, quand il fit sombre, elle conduisit la pierre là où on le lui avait demandé. Par la suite, elle m’a raconté que, pendant toute la nuit suivante, elle ne parvenait pas à se calmer, tant elle avait eu peur, quand elle avait effectué le transport de la pierre.
Lorsque cette tâche a été pleinement effectuée, on a commencé à se demander quel était le texte de l’épitaphe qu’il fallait écrire sur cette pierre. Les doutes ne portaient pas sur les titres qui lui convenaient, mais sur le danger qui était lié à leur diffusion.
Ceux qui prenaient part à ces discussions me montraient toujours les propositions qui avaient été faites. Au final, il fut décidé de ne pas écrire son nom de famille, ce que l’on appelle ici : « le second nom », mais uniquement son prénom et celui de son père, de ne pas écrire non plus le nom de la ville de laquelle il avait été le Rav et de se limiter uniquement à la formule : « Ici repose le Rav et ‘Hassid bien connu, untel fils d’untel », avec la date du décès.
Nos amis ont effectivement trouvé un artisan, qui a bien fait le travail. Ils allaient là-bas souvent. Et, c’est ainsi que le jour du Tsom Guedalya, il y avait encore de très nombreuses personnes qui se trouvaient dans cet endroit.
C’est de cette façon que s’est achevée la vie de mon mari sur cette terre. Au cours de son existence, il avait parcouru un chemin difficile, il avait toujours lutté. C’était un homme qui ne connaissait pas le moindre compromis. Il ne savait pas ce que voulait dire la formule : « moitié pour moi, moitié pour toi ». Cela lui a coûté très cher, mais il n’a jamais renoncé. Au début, il avait toujours de nombreux opposants, mais, à la fin, ceux-ci devenaient ses ‘Hassidim et des personnes qui le soutenaient.
Mon mari a quitté ce monde. Son mérite protègera ses enfants, qui auront une longue vie, avec les membres de leur famille, une vie agréable, spirituellement et matériellement. Ils connaîtront la réussite, en tout ce qu’ils accompliront, jusque dans le moindre détail.
Il est bien connu combien le Rabbi chérissait les écrits de son père, il démontra à maintes reprises, lors de causeries et enseignements, la profondeur et la valeur de ceux-ci.
Béréchit
Les Tossafistes nous enseignent: « ‘Hanno’h: est (l’ange) Matat’rone, Ministre du Monde ».
Il convient de qualifier Matate; Apotroufous (tuteur) du monde. Or en divisant Apot – Roufous חס obtient: Epta, chiffre Sept (en Grec), et Rufus: (un fonctionnaire Romain à l’époque d’Adrien), chef d’armée.
Le titre d’Apotroufous est attribue également à Moche car il était la septième (Epta) generation à compter de Avraham, Its’hak, Yaakov, Levi, Kehat, Amram, Moche.
Et comme l’abréviation de son nom (ה »מש) l’indique: מ – Matate, ש – Sar, ה – Hapennim; Ministre de l’intérieur, qui est (comme Matate aussi Rufus) ministre du monde (la demeure de D.ieu).
(D’après Yalkout Levi Its’hak tome 1 p. 121)
Le défi que D.ieu propose à l’homme consiste à révéler les étincelles perdues qui proviennent du monde spirituel nomme Tohou. La Torah écrite en langue sacrée est l’essence même de la sainteté. Elle représente le monde du Tikoun – réparation, la perfection absolue. Sa traduction en araméen, lui apporte une supériorité; celle de parfaire le monde de Tohou duquel émerge la langue Araméenne.
C’est pourquoi l’oeuvre du Targoum – Traduction de /a Torah est attribuée à Onkeloss converti lui-même au Judaïsme, qui puise ses origines des éclats de Tohou, et ravive leurs flammes par la Torah. D’ailleurs l’araméen se dit en hébreu Arami au sens de Romemout – Élévation.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Berechit, page 250)
Le jour de son arrestation, (9 Nissan 5699129 Mars 1939) par les agents de la NKVD, Rabbi Levi Its’hak Schneerson s’adressa aux personnes venues le saluer avant son départ: – « Ils vont bientôt m’emmener, et nos sages nous enseignent de ne point se séparer de son prochain sans échanger une ‘Hala’ha’ ». Iltint alors ces propos: La Torah commence par la lettre ‘Beth’ – ‘ב’ et finit par la lettre ‘Lâmed’ – ‘ל’ce qui nous donne une combinaison de deux mots:
‘Lev’ – ‘לב ‘ – ‘le cœur: et ‘Bal’ – ‘בל ‘ – ‘ne pas’.
Ces deux mots font allusion aux obligations qui nous incombent. En effet nous devons accomplir la Torah de tout notre coeur, mais pour y parvenir il nous faut respecter la consigne de ‘Bal’ – ‘בל ‘ – ‘ne pas’.
Voyons plus loin ce que ceci vient nous enseigner:
La lettre précédente le ב est א, la lettre précédent le ל est ך, nous obtenons donc le mot ‘אך ‘ – ‘Akh’ qui signifie « seulement ».
Par ailleurs la lettre qui suit le ב est le ג, et celle qui suit le ל est le מ, ce qui nous donne le mot’גם ‘ – ‘Gam’ qui signifie « aussi ».
Le mot ‘Akh’ représente une restriction; à l’oppose le mot ‘Gam’ représente une adjonction.
Quel est donc l’enseignement qui en découle?
La Torah vient nous avertir de ne dévier ni à droite ni à gauche.
Ne pas prendre en considération le ‘Akh’ – ‘אך ‘et se permettre de restreindre les commandements. Et par ailleurs ne pas considérer le ‘Gom’ – ‘aussi’ en ajoutant de nouvelles Mitsvot.
Nous devons donc simplement accomplir la Torah avec une foi pure et un coeur sincère.
(D’après Yalkout Levi Its’hak AI HaTorah, Tome 1, page 3)
‘Hayé Sarah
A propos du mariage entre Its’hak et Rivkah la Torah mentionne a plusieurs reprises l’expression « Hatsla’ha » qui signifie « réussite ».
La valeur numérique du mot « Tsla’h » (racine de Hatsla’ha) est de : 128, soit 2 x 64, valeur du mot « Dine » – « jugement ».
Tsla’h en araméen, signifie aussi « fendre », « diviser » une action qui provient de la rigueur.
Ilen découle que Hatsla’ha la réussite, fait allusion à la rigueur. Its’hak incarnait lui-même les Guevourot « rigueurs ».
C’est ainsi que son union avec Rivkah a été couronnée de Hatsla’ha – réussite.
(D’après Likoutei Levi Its’hak ‘Hidouchim OuBiourim BaChas page 336)
Vayetse
Avraham notre père représente la bonté symbolisée par la rosée: « Tal ».
Its’hak représente la rigueur symbolisée par la pluie: « Matar ». Yaakov représente la miséricorde symbolisée par le vent: « Roua’h ».
La valeur numérique de: Tal, Matar, Roua’h, est de 502. Avraham vécu 175 ans, Its’hak 180 ans, et Yaakov 147 ans. En additionnant leurs années de vies nous obtenons 502.
Les lettres finales de: Matar – מטר, Roua’h – רוח, et Tal – טל forment le nom de notre matriarche Ra’hel – רחל
Ra’hel est considérée comme étant une femme parfaite, elle est appelée « Hayafa Banachim » (בנשים היפה) « La plus belle parmi les femmes ».
La valeur numérique de cette expression est de 502.
Ra’hel est aussi qualifiée de: « Yefat Toar Viyefat Maré » « De bel aspect et belle apparence ».
Il en résulte que Ra’hel possède donc bien les trois qualités attribuées à Avraham Its’hak et Yaakov, la bonté, la rigueur et
וa miséricorde.
(D’après Torat Levi Its’hak pages 217, 218)
Vayichla’h
D.ieu est surnomme Israël, le nom du peuple juif qui est compose de: Cohen – la bonté, Levi – la Rigueur, Israël – l’Harmonie.
Trois dimensions émotionnelles qui habitent le Cœur. En réalité le peuple d’Israël est le Coeur du monde, et la survie des nations.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar 2, p. 375)
Vayigach
Yossef est étroitement lie à la sortie d’Egypte du peuple juif. En effet avant que Yaakov ne descende en Egypte, Yossef lui fera parvenir du « vin vieux » (traite Meguila 16b). Cette descente de Yaakov introduira les 210 années d’exil de notre peuple.
Ce vin est à l’origine des quatre coupes de vin que nous buvons pour commémorer les quatre expressions de délivrance relatives à notre libération.
La valeur numérique du nom de « Yossef »: 156, équivaut à celle de l’expression «Koss Yayine» : « verre de vin ».
(D’après Yalkout Levi Its’hak Tome 3. p. 323)
Vaye’hi
Yossef vécu aux cotés de son père Yaacov jusqu’a l’âge de 17 ans puis les 17 dernières années de vie de Yaacov en Egypte ce qui fait 34 ans.
Ceci correspond aux 34 années ou Yaacov ne connut point le sommeil. 14 ans de Yechiva puis 20 ans de travail chez Lavan.
(D’après Ya/kout Levi Its’hak Tome 3 p.396)
Vaye’hi
Lorsque Ya’akov bénit Yossef il dit: « M-icham R-o’e Even Israel – berger et fondateur du peuple d’Israël »; dont l’acronyme est: Meir – Qui illumine.
Le mot Even est aussi mentionne à propos de Moche, car ils sont tous les deux (Yossef et Moche), au même niveau.
C’est la raison pour laquelle, c’est Moche qui récupéra les ossements de Yossef lors de la sortie d’Egypte.
(D’après Yalkout Levi Its’hak 3, p. 561)
Vaye’hi
Nos sages nous enseignent: « Yaakov notre père n’est pas mort ; de même que sa descendance est en vie, lui aussi est en vie, Bo’Haim ».
En effet, la valeur numérique de: Yaakov 182 + ‘Haim 68 = 250. On retrouve le même résultat en allusion dans un verset ou la Torah résume la vie de Jacob:
« Vaye’hi Yaakov, et Yaakov vécu… Chne ‘Hayav, les années
de sa vie.» Vaye’hi 34 + Yaakov 182 + ‘Hayav 34 = 250.
(D’après Yalkout Levi Its’hak Tome 3 p. 373)
Chemot
Ainsi Myriam fille de Yo’heved se distingue par l’étymologie de son prénom: Merirout – amertume qui lui vient de Merari frère de Yo’heved.
Myriam possède la même racine que : Harama – élévation.
De plus: Yo’heved, qui à pour valeur numérique 42, donna naissance à trois enfants; (Moche, Aharon, et Myriam ).
Or 42 : 3 = 14, qui équivaut a la valeur de Yad – la Main.
Dans la Torah la main de D.ieu est caractérisée par trois qualificatifs: Guedola – Grande, ‘Hazaka – Forte, Rama – Haute.
Les frères de Yo’heved, Guerchon, Kehat et Merari possédaient une de ces trois qualités.
Yo’heved fit hériter à chacun de ses enfants, une de ces trois qualités.
(D’après Yalkout Levi Its’hak Tome 4 p. 156)
Vaéra
Il est de bonne augure pour les futurs garçons qui naitront, lorsqu’un couple accueille pour premier enfant, une fille. (Traite Baba Batra 141 a)
En effet Amram et son épouse Yokheved ont eu pour enfant aדne leur fille Myriam, puis Aharon et Moche qui étaient des fils uniques au monde.
(D’après Yalkout Levi Its’hak tome 4 p. 155)
Vaéra
Lors de la sortie d’Egypte le peuple juif acquit sa liberté éternelle grâce à quatre expressions de délivrance.
C’est pourquoi nos sages instituèrent la coutume de boire quatre coupes de vin le soir du Seder.
Cette délivrance atteindra son apogée lors du don de la Torah puisque : »il n’y a d’homme libre que celui qui se consacre à l’étude de la Torah » (Avot 6;2).
De fait il existe quatre niveaux l’interprétation de la Torah. Le Pchat: Le sens simple, littéral.
Le Remez: Le sens allusif.
Le Drouch : Le sens allégorique. Le Sod: Le sens ésotérique.
Ces quatre domaines correspondent aux quatre lettres du nom de D.ieu, « Havaye » – ה-ו-ה-י, par Lequel notre âme et notre corps sont libérés effectivement tant sur le plan physique que spirituel.
(D’après Yalkout Levi Its’hak tome 4 p. 148)
Bo
« Afin que tu racontes à ton fils ». (Chemot 10; 2)
Le décret de Pharaon qui menaçait de mort les garçons, fut annule grâce au miracle de la sortie d’Egypte.
Le soir du Seder les garçons ont un rôle capital.
Dans le livre de Chemot la Torah ordonne au père de raconter la Hagada au fils, (Chemot 13; 8), dans la Hagada le fils pose les questions du « Ma Nichtana » (Michna Psa’him 10; 4), de plus celle-ci nous décrit les quatre fils dont parle la Torah (Hagada de Pessa’h).
La sortie d’Egypte eut lieu le mois de Nissan. Ce mois est aussi appelle « ‘Hodech Ha’Aviv » « le mois du printemps ».
Aviv en hébreu est compose de Av אב et יב; Av comme les trois patriarches: « Avot », et יב dont la valeur numérique est 12, qui représente les douze tribus d’Israël.
C’est précisément au moment de la plaie des sauterelles que la Torah ordonne au père de parler à ses fils!
« Arbe » – ארבה signifie sauterelle, la valeur numérique de Arbe est: 52 fois 4: 208. 52 est la valeur numérique du mot « Ben », c’est ainsi que dans la plaie des sauterelles nous avons une allusion aux quatre fils mentionnes dans la Hagada.
La plaie des sauterelles est la 8ème des 10 plaies, elle provient de l’attribut spirituel nomme « Bina », qui est également la 8ème sphère en partant de l’attribut de Malkhout.
Le niveau de « Bina »: « compréhension », est en rapport avec Its’hak (qui incarne la rigueur).
Au sujet d’Its’hak il est écrit: ‘]’ai multiplie sa descendance, je lui ai donne Its’hak » (Yehochoua 24; 3). « VaArbé » signifie J’ai multiplie.
Its’hak, et Arbé ont une valeur numérique identique: 208, soit 8 fois 26, la valeur du nom de D.ieu Havaye.
(D’après Yalkout Levi Its’hak tome 4 p. 205)
Béchala’h
La sortie d’Egypte est mentionnée à 50 reprises dans la Torah,
faisant référence aux 50 portes (degrés) de « Bina » la compréhension, étroitement liée à וa » ‘Hokhma », l’intelligence.
Ces deux niveaux spirituels nous sont attribues au moment du sacrifice de l’agneau pascal.
Cela est mis en allusion dans le verset: « Va’hamouchim (Armes), les enfants d’Israël montèrent de la terre d’Egypte ». (Chemot 13,18) ‘Hamouchim signifie également cinquante (חמשים).
L’agneau Pascal à l’époque du temple s’effectuait aussi en présence de 50 personnes (voir traite Pessa’him 64 b).
(D’après Likoutei Levi Its’hak, Likoutim Veiguerot p.138)
La vision des prophètes se révélait par l’expression ‘Coh’ – ‘כה’: « ainsi », (en effet ils transmettaient leurs prophéties par: « ainsi D.ieu a dit ».)
‘Coh’ représente l’attribut de ‘Malkhout’ appelle: « une vitre qui ne laisse pas passer toute la lumière ». L’attribut de ‘Malkhout’ étant le dernier des dix attributs, la vision des prophètes était donc imparfaite.
(Moche Rabeinou quand à lui, prophétisait par l’expression ‘Zeh’
– ‘זה’: « ceci » une vision parfaite.)
Dans le livre du prophète Chmouel (Chmouel 1, 25, 6) le roi David s’adressant à ses messagers leur transmit les paroles
suivantes: «Vaamartem Coh Le’hay» « Et vous direz, ainsi au Vivant (D.ieu)»
Comment interpréter ces propos?
Il s’agit de relier le niveau de ‘Coh’: ‘la Royauté’ au niveau de ‘Yessod’ – ‘le fondement’ appelle aussi ‘Hay’ – ‘חי’.
Le Yessod précède le niveau de ‘Malkhout’ et lui est donc juxtapose.
Ces deux attributs doivent donc rester étroitement lies. (Comme il est dit dans Michlei 27, 10: « Un voisin proche est préférable à un frère éloigné »)
Afin d’illustrer ce lien essayons d’expliquer ce que symbolisent: « Coh » et « Hay ». La valeur numérique de ‘Coh’ – ‘כה’étant 25, en soustrayant la valeur numérique de ‘Hay’ – ‘חי’ qui est 18, nous obtenons 7, qui représente les 7 prophétesses qui ont servi le peuple juif.
Les 7 prophétesses s’expriment par l’attribut féminin de ‘Malkhout’ qui correspond à ‘Coh’.
La valeur numérique de ‘Le’hay’ לחי’ étant 48, ceci fait référence aux 48 prophètes principaux du peuple juif. Leur prophétie provenait également du niveau de ‘Malkhout’, toutefois ils se referaient à ‘Yessod’ appelle aussi ‘Le’hay’ – ‘Vivant’.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar tome 2 page 53)
Yitro
« Au moment du don de la Torah sur le mont Sinaï·, Israël a été l’impureté transmise à ‘Hava par le serpent » (traite Chabbat 146 a).
L’expression « Sinai. Ets Haim » qui représente la Torah (« arbre de vie »), donnée à Sinaï·, a une valeur numérique identique à celle du mot Na’hach, 358 qui signifie serpent.
Ainsi le don de la Torah a retire la souillure provoquée par le serpent.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar Berechit page 28)
Michpatim
Le serviteur hébreu est au service de son maître, durant six années.
Il met en éveil sa conscience « Daat » afin d’améliorer ses six attributs émotionnels « Midot ».
Toutefois il peut prolonger ses années de service et se livrer à l’introspection.
Des lors qu’il change de statut, חס lui perce l’oreille à l’aide d’un poinçon: « Martsea ».
L’ouïe, représente l’entendement: « Bina ».
Le poinçon « Martsea » représente le niveau intellectuel appelle « yessod Aba » « le fondement du père » (le père fait ici référence au niveau de la « ,Hסkhma » l’intelligence).
La « Hokhma », l’intelligence Divine, s’exprime à travers le nom de D-ieu « Havaye » (également appelle ב »ע) écrit en toute lettre de la manière suivante:
(72) ב »ע = )15( י »ה + )22( ו »וי + (15( י »ה +(20( ד »יו ← »Martsea » – « מרצע » a pour valeur numérique: 400.
Tétsavé
Il existe 24 tribunaux célestes qui proviennent du « front » ils sont charges de rendre justice.
Comme nous le voyons, ce jugement est issu des « rigueurs », émanant du nom de D-ieu « Elokim ».
« Elokim » a 120 combinaisons possibles dont 24 qui commencent par וa lettre « Alef’.
La méthode de permutation permet d’échanger les lettres alphabétiques entre elles (ex. Le Beth sera remplace par le Alef qui וe précède etc..).
La lettre Alef ne peut être évidemment échangée !
Elle représente la « rigueur absolue », celle que l’on ne peut entraver.
Dans l’histoire de notre peuple, une épidémie s’abattit sur 24000 personnes précisément (A l’époque de Zimri, et de Rabbi Akiva.)
Yaakov tint une prière a D-ieu : « maître du monde si des malheurs doivent s’abattre sur mes enfants, puissent-ils être disperses dans le temps, mais je Te prie, qu’ils ne se succèdent pas ».
Par ailleurs « ytro » conseilla à Moche de déléguer des juges pour l’aider à accomplir la tache ardue qui lui incombait.
Dans le nom de «Ytro »- « יתר »ו se trouve la lettre ז » av » « ת » qui a pour valeur numérique: 400, et les lettres « רי »ו qui ont pour valeur numérique: 216, même valeur que « Guevoura » la rigueur.
Le « chalom » qui représente numériquement 376, intervient pour atténuer les 24 jugements de sévérité. Ils deviennent alors 400 cours de justice.
C’est pourquoi Aharon le Grand Prêtre portait sur son front la plaque d’or: la bienveillance, « Le ratsone » afin d’apporter le « Chalom » au peuple d’Israël.
(D’après Torat Levi Its’hak p. 18/19)
Ki Tissa
Dans la cour du Tabernacle, le ‘Mizbea’h’ – l’autel’ (sur lequel un feu brulait continuellement), était situe en première position.
Ensuite se trouvait le ‘Kyor’- ‘/o cuve en cuivre’ (contenant de l’eau pour les ablutions des prêtres avant le service).
Le Mizbea’h qui évoque le feu, signifie le ‘Ratso’ – ‘l’aspiration à s’élever vers D.ieu’.
A l’inverse le Kyor qui comporte de l’eau, symbolise le ‘Chouv’ – ‘le retour à l’action dans ce monde matériel’.
D’abord Ratso – monter, puis Chouv- redescendre.
C’est pourquoi le Mizbea’h était positionne avant le Kyor.
Cependant il est impératif de passer par le Chouv afin d’éveiller en soi le Ratso. De même qu’il fallait se sanctifier par l’eau du Kyor avant d’entreprendre le service du Mizbea’h.
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech, page 393)
Chemini
‘Cacher’ – ‘כשר’ sont les initiales de : «Kemotse (כ), Chalal (ש), Rav (ר) » «à l’instar de celui qui trouve un grand butin».
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech page, 198)
Metsora
Tâme (impur) a la même valeur numérוque que la lettre ‘נ (Noune) = 50. Faisant ainsi allusion au mot Nefila qui commence lui aussi par un ‘נ, et qui signifie Chute ou Descente.
(D’après Ya/kout Levi Its’hak tome 3 p. 110)
Chla’h
Yehochoua’ et Ra’hav comptent parmi leurs descendants huit prophètes dont ‘Houlda la prophétesse, et ce par le mérite de Ra’hav qui a cache les espions envoyés par Yeochoua avant la conquête d’Israël. C’est pourquoi ‘Hou/da signifie: Taupe (enfouie).
(D’après Torat Levi Yts’hak ‘Hidouchim OuBiourim LeChass, pages 13/22)
‘Houkat
Tandis que ‘Og déclare la guerre au peuple juif, D.ieu Dit a Moche: « AI Tira Oto – ne le crains pas (‘Og), car Je l’ai livre dans tes mains Oto (lui). »
Il s’avère que ‘Og avait été circoncis par Avraham comme il est dit: « Et le rescape (‘Og) arriva Vayagued – il raconta à Avram…», Vayagued au sens de l’incision (du prépuce).
‘Og détenait ainsi le Ot HaBerit – signe de l’alliance, un mérite qui pouvait jouer en sa faveur; ce que Moche redoutait. (Lui même en avait subi les conséquences, ayant retarde la circoncision de son fils). En outre la Mila symbolise le Yessod – fondement. Or « Le Tsadik – juste, est le Yessod – fondement, du monde». C’est alors que D.ieu apaise Moche en lui disant: « Ne le crains pas Oto – lui, mettant ainsi en allusion que ‘Og s’était défait du Ot – ce signe d’alliance.
Effectivement ‘Og à pour valeur numérique: 79, une unité de moins que la valeur numérique de Yessod 80, symbolise par la circoncision.
(D’après Yalkout Levi Its’hak tome 1 p. 223)
Balak
Bil’am fils de Be’or symbolise le personnage de Bela’ fils de Be’or de la ville de Dinehava (1. Tous deux ont le même père. 2. Les trois premières lettres de Bil’am, sont Bela’ – בלע).
Bela était le premier des sept rois de Edom; dont l’origine est le monde spirituel Tohou (qui est la source d’un monde matériel dépravé), à l’inverse du monde Tikoun – réparation, que D.ieu créa afin de s’y installer.
Par ailleurs Yom Tsom Kippour est de valeur numérique: 498, tel que Bela’ Ben Be’or Dinehava: 498, lnsinuant ainsi que Kippour est une réparation à Bil’am.
En effet, c’est le jour de « Kipour » qu’étaient organisées des Chidoukhim – rencontres entre jeunes gens et jeunes filles grâce auxquelles des enfants allaient voir le jour, pour un monde rétabli Tikoun.
Il se trouve en effet que le grand prêtre en service au temple le jour de kippour se devait d’être marie.
(D’après Ya/kout Levi Its’hak tome 2 p. 283)
Balak
Bil’am est de valeur numérique : 142, en lettres hébraïques: -ק ב-מ, (Anagramme de Kama – premier, Metsi’a- milieu, Botro dernier).
C’est par ces mêmes lettres que se terminent les noms des trois patriarches: Avraham – מ, Its’hak – ק, Ya’akov – ב ; d’ou Bil’am puise sa subsistance, et devient ainsi leur oppose dans le mal.
C’est pourquoi il frappe son annesse à trois reprises avec son « baton » – « Ba’ – Ma – Ke L », Comme les trois traites du Talmud: Kama, Metsi’a, et Batra, qui contiennent 30, « ל » chapitres.)
Il tente encore de maudire le peuple juif à trois endroits spécifiques.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar 2, p. 405)
Balak
« Voici un peuple qui se dresse tel un félin et s’élève comme un Lion ».
Chaque juif est dote d’une force particulière (celle du Lion) qui lui permet de résister à tous ceux qui l’incitent à renoncer aux lois de la Torah.
Il se montre d’autant plus puissant comme un félin en situation de détresse, et garde inconditionnellement, les coutumes juives.
de « ארי » – « Ari » lettres: les contient , »ישראל » – « Israel »ן mot Le (Felin). « לביא » – « Lavie » de « לאי » – « Lai » et (Lion), « אריה » « Arie »
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar 1, p. 234)
Pin’has
Le Talmud raconte que deux personnes se querellaient chaque veille de Chabbat au crépuscule (le Satan ayant sème la discorde entre eux).
Rabbi Meir réussit à les empêcher de se chamailler trois veilles de Chabbat durant, ainsi il parvint à les réconcilier totalement.
En réalité il s’agissait ici de la veille des trois Chabbat se situant entre le 17 Tamouz et le 9 Av, trois semaines qui portent leur lots de disputes. (En effet, le Temple fut détruit à cette époque en raison des dissensions).
C’est justement durant cette période qu’il fallut maintenir la bonne entente entre eux jusqu’a, les réconcilier définitivement.
[- ‘Deux personnes’, en araméen se dit: ‘Bei· Trei 1 תרי בי qui vient du mot ‘Vatar’ – ‘בתר ‘ – ‘séparation et dissolution’.
‘Bei· Tre;·י – ‘תרי בי ‘, est aussi l’anagramme et l’oppose de ‘Beriti’ – ‘בריתי ‘ Chalom – ‘mon alliance de paix’ (mentionnée à propos de Pin’has).
C’est au crépuscule du sixième jour de la création du monde que furent crées les « ravageurs ». C’est pourquoi le Satan profitait de cet instant pour semer la discorde, et ce, au moment même de l’allumage des bougies de Chabbat, symbole de paix dans le foyer.]
(D’après Torat Levi Its’hak ‘Hidouchim Oubiourim Lechass p. 80/81)
Pin’has
L’acte héroïque de Pin’has est mis en allusion dans son nom de la manière suivante:
Pin – ‘Has פינ – חס Pin est l’acronyme de: ‘Pourkana’ – ‘libération’, ‘Yechoua’ – ‘sauvetage’, ‘Nekama’ – ‘vengeance’. ‘Has’ – ‘protège’.
Pin’has pressentit le danger qui menaçait le peuple juif.
Et, endossant le rôle de défenseur, il vengea l’honneur de D.ieu en tuant Zimri et Kozbi.
Ilfut ainsi porteur de délivrance pour son peuple en l’affranchissant de la sentence Divine, la peine de mort.
(D’après Torat Levi Its’hak hearot LaZohar page 429)
Pin’has
L’attitude zélée de Pin’has est en réalité tempérée.
De fait, Pin’has est compare à Its’hak de par son statut de Guevourot – rigueurs.
Tous deux possèdent d’ailleurs la même valeur numérique: 208.
Néanmoins la Akedat Its’hak (la ligature) est adoucie par la bonté d’Avraham, des lors, il devient à juste titre fils, non seulement de Sarah mais aussi de Avraham symbole de ‘Hessed – bonté tel Aharon.
Ainsi Pin’has entre dans l’alliance de la Kehouna – prêtrise sous l’égide du ‘Hessed.
Il parvient même à réparer les âmes de Nadav et Avihou (les deux fils de Aharon morts lors de l’inauguration du Tabernacle) lesquelles sont issues des Guevourot- rigueurs. C’est pourquoi la Torah l’affilie à son grand-père: «Pin’has… fils de Aharon».
(D’après LiKoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar, Chemot Devarim, pages 269/429)
Pin’has
« Venge les enfants d’Israël ». C’est ainsi que D.ieu demande à Moche de faire la guerre contre Midyan.
En transmettant ce message au peuple, Moche le présente différemment: «La vengeance de D.ieu contre Midyan ».
A l’époque ou les juifs vivaient dans le désert, D.ieu s’adressait à Moche dans la tente du Tabernacle. Sa voix passait à travers les chérubins qui ornaient le couvercle de l’arche sainte.
L’arche sainte représente D.ieu, les chérubins désignent les enfants d’Israël.
Ainsi lorsque D.ieu s’adressait à Moche le verset mentionne en premier lieu les chérubins ensuite l’arche, car D.ieu tient plus à l’honneur de Ses enfants qu’au Sien.
Moche en revanche, se montre très regardant à l’égard de l’honneur de D.ieu. C’est pourquoi l’arche est d’abord citée quand Moche se dirigeait vers D.ieu.
‘Mezouza’ – ‘מזוזה’, et ‘Adney’ – ‘י-אדנ’ un des noms de D.ieu ont la même valeur numérique: 65.
‘Adney’ étant l’acronyme de ‘Dina’ – ‘דינא’ qui signifie « Jugement », a pour vocation de repousser les forces destructrices.
Il est écrit dans le livre de Job, 22, 25: « Vehaya ‘י-ד-ש ‘Betsareikha » littéralement: « Et Le tout puissant sera pour toi source de richesse…»
Il convient d’expliquer ainsi ce verset: « Et le tout puissant’- ד-שי’ aneantira tes détracteurs »
De fait le nom de D.ieu ‘Chine-Dalet-Youd’ – ‘י-ד-ש’ appose au dos de la Mezouza a la même fonction que ‘Adney’.
Dans le verset ci-dessus חס retrouve également une allusion directe à la Mezouza, car il y est écrit : ‘Vehaya’ – ‘והיה’, qui introduit l’un des paragraphes écrit sur le parchemin de la Mezouza. Il mentionne aussi le mot’י-ד-ש’, comme nous l’avons vu précédemment.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot LaZohar Berechit, page 240)
Réé
Celui qui donne le dixième de ses gains à וa Tsedaka ‘le Maaser’ est semblable à un homme qui sème une graine et récolte des céréales gorgées de graines, il s’enrichira.
Donner le ‘Homech’: ‘le cinquième’, a pour conséquence de récolter des courges; d’une petite graine semée.
Ce résultat est sans aucune commune mesure avec l’investissement de départ.
Par contre celui qui donne la Tsedaka sans compter, plante une graine qui va faire pousser un arbre fruitier, qui subsistera a jamais.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Hearot Laזanya, pages 40, 41)
Ki tetsé
Dans l’une des bénédictions récitées lors de la célébration du mariage, se trouve mentionnée l’expression : ‘Binyane Adei Ad’ ‘עד עדי בנין’qui signifie: « Un édifice éternel ».Ceci fait référence aux « Couronnes » reçues par le peuple juif au moment du don de la Torah, appelées ‘Edyam’ – ‘עדיים’
Ainsi, nous enseignent nos sages: «Le jour du don de la Torah n’était autre que le Mariage entre Israël et D-ieu ».
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech page 200)
Roch Hachana
Voici le décret de Rabba:Chaque juif a l’obligation de sonner du Choffar, cependant il est défendu de le faire le Chabbat, de peur que les non inities se rendent chez un spécialiste afin que celui-ci les initie, ils en viendront à enfreindre l’interdiction de transporter un objet dans le domaine public quatre
coudées.
Cette interdiction s’applique aussi pour la Mitsva du Loulav et la lecture de la Meguila pendant Chabbat. (traite Roch Hachana 29 b)
Un verset illustre cet enseignement:
« Vayavo Yaakov Chalem lr Chekhem» (Vaychla’h 33, 18) « Et Yaacov arriva à Chekhem ‘entier' » ‘Chalem’ – ‘שלם’ représente les initiales des 3 objets consacres à une Mitsva: ‘Choffar’ – ‘שופר’, ‘Loulav’ – ‘לולב’, et ‘Meguila’ – ‘מגילה ‘Chekhem’ signifiant ‘épaule’ représente וa facette inférieure et symbolise l’oubli. En effet חס risque d’oublier cette injonction nous interdisant de porter ces trois objets le Chabbat.
L’auteur de ce décret est ‘Rabba’ – ‘רבה’, dont le nom représente la dernière lettre des 3 objets cites plus haut: Le ‘Chofar’ – ‘שופר le ‘Loulav’ – ‘לולב’, et la ‘Meguila’ – ‘מגילה’.
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech page 262)
Roch Hachana
« A Roch Hachana ont été exaucées: Sarah, Ra’hel et ‘Hanna. » (traite Roch Hachana 10 b)
L’arche de Noe est particulièrement lie à Roch Hachana, il est d’ailleurs mentionne dans les prières de Roch Hachana en souvenir des bienfaits réalisés par D.ieu à Noa’h.
En voici un signe: Dans chacun des trois prénoms précédemment cites, figure une lettre qui n’apparait pas dans les autres prénoms.
Dans le prénom ‘Sarah’ – ‘שרה’, nous retrouvons le ‘Chine’ – ש dont la valeur numérique est 300 comme la longueur de l’arche qui était de 300 coudées.
Dans le prénom ‘Ra’hel’ – ‘רחל’ nous retrouvons le ‘Lâmed’ – ל, dont la valeur numérique est 30 comme les 30 coudées de la hauteur de l’arche.
Dans le prénom ‘Hanna’ – ‘חנה’ nous retrouvons le ‘Noune’ – נ dont la Valeur numérique est 50 qui correspond aux 50 coudées de la largeur de l’arche.
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech pages 382. Torat Levi Its’hak page 413)
Roch Hachana
« Tikou Ba’hodech Choffar… Ki ‘Hok LeIsraël Hou » (Tehilim 81,
4, 5) se traduit littéralement: « Sonnez du Choffar à la nouvelle lune… car il est une loi pour Israël ».
Le mot ‘Hok – ‘חוק’ qui signifie: « loi », a également pour sens: « Ration » et « Nourriture » comme nous l’indique l’expression: « Hatrifeini Le’hem ‘Houki » (Michlei 30, 8) « Nourris moi de ma ration de pain ».
Nos sages nous enseignent: « Le gagne pain de l’homme est fixe le jour de Roch Hachana, pour toute l’année ». (traite Beitsa page 16 a):
Par conséquent lorsque nous sonnons du Choffar à Roch Hachana, D.ieu assure notre subsistance.
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech pages 281, 286)
Roch Hachana
‘Hanna à la même signification que ‘Hanina: » gracier « , et ‘Hinam: « gratuit ». C’est à dire donner de manière inconditionnelle.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Likoutim page 120)
14 Kislev
En l’honneur du 14 Kislev, jour du mariage du Rabbi avec la Rebetzen voici quelques « perles » des enseignements écrits par le Rabbi Levi Its’hak:
Le Chabbat précèdent וe mariage était lue la Parachat Vayetse dans laquelle est relate le Mariage de Yaakov « l’élu des patriarches ».
Le mariage eut lieu un Mardi, 3eme jour de la semaine. Yaakov était וe 3eme patriarche.
Le mariage fut célèbre le 14 du mois de Kislev. Yaakov travailla 14 ans (Vayetse 31, 41), pour se marier avec Ra’hel et Leah.
Its’hak et Rivkah les parents de Yaakov n’étaient pas présents au mariage de leur fils et malgre cela il connut un grand succès, comme le verset dit (Vayetse 30, 43) « et l’homme devint extrêmement prospère « .
Les parents du Rabbi non plus, n’ont pas été présents au mariage, cependant Rabbi Levi Its’hak écrivit en bénissant les futurs maries: « Je suis avec toi, par mon cœur et mon âme […]. Vous serez le diadème du peuple juif, Sa grâce et Sa gloire […].
Tes parents, se réjouiront au même moment que vous, lors de cette grande fêté et cette grande joie […]. Ton père, dont l’âme est attachée à ton âme. »
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech à partir de page 203, Adaptation par Rav David Doubov)
Le mariage eut lieu le 14eme jour du mois, le chiffre 14 fait allusion au monde de la réparation, à l’image de ce qui suit:
D.ieu pensa créer le monde avec l’attribut de justice.
Concrètement, Il fit précéder l’attribut de miséricorde, tout en lui associant l’attribut de la justice. (Rachi Berechit 1, 1)
Il est écrit: « le jour ou Hachem Elokim créa la terre et les cieux ».
(Berechit 2, 4)
« Elokim » (même valeur numérique que le mot Hateva’ qui signifie la nature) désigne La Divinité telle qu’elle est voilée et cachée (« Elokim » a créé les cieux et la terre), il représente donc la justice. « Hachem » correspond a וa miséricorde.
Ces deux aspects de La Divinité engendrent un monde matériel dans lequel s’intègrent deux domaines opposes:
1. Elokim, le domaine public, qui évoque l’éloignement face au divin (Tanya Chapitre 34).
2. Hachem, le domaine prive qui s’apparente à D.ieu.
L’objectif est de faire de ce monde tout entier un domaine prive ou La Divinité se révèle et ou règne pleinement l’Unicité de D.ieu, donc au final un monde réparé.
La mesure définie pour qualifier un domaine de « domaine prive » est de 4 coudées de large et 10 empans de haut, ce qui donne un total de 14.
Le nom de Dieu « Havaye » – ה-ו-ה-י, contient quatre lettres.
Il s’écrit aussi en 10 lettres:
Youd – יוד, Hey – הי, Vav – ויו, Hey – הי, (en écriture pleine). Soit un total de 14 lettres.
Ainsi le chiffre 14 fait référence à un monde répare et unifie, le domaine privé.
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech à partir de page 203, Adaptation Rav David Doubov.)
Il existe 2 manières de former un couple:
La Kala rejoint son future époux (telle Rivkah etc..). Le marié rejoint sa future femme. Yaakov lui, s’est rendu auprès de sa future épouse.
Le Rabbi voyagea pour rejoindre sa Kala La Rebetzen. « Qui trouve une femme, a trouvé le bien » (Michle 18, 22).
Le mot Matsa »-« מצא « qui signifie « trouver » fait allusion au lien qui unit les époux par le mariage:
La lettre Mem – מ a pour valeur numérique, 40, faisant référence à l’expression de nos sages: « 40 jours avant la formation du fétus il est proclame (dans le ciel), fille de tel pour un tel ». (Traite Sota, 2 b)
Les lettres Tsadik, Alef – צא (du mot Matsa), ont pour valeur numérique, 91, soit: 26 valeur du nom de D-ieu Havaye + 65, Valeur du nom de D-ieu Adney.
Cette équation indique l’union de la Divinité – Havaye, avec le monde matériel – Adney.
également l’union de Zoune (il s’agit ici d’unification spirituelle au sein des Sefirot. Le segment des six Sefirot émotionnelles désignées collectivement comme Za est appelle l’élément masculin [donneur], et Noukva l’élément féminin [receveur]). Le monde du Tikoun- la réparation.
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech à partir de p. 202. Adaptation, Rav David Doubov. Traduction libre)
19 Kislev
Lorsqu’une lumière exceptionnelle de la Torah se révèle, elle surgit de l’obscurite. Plus le dévoilement est intense, plus le voile qui וe précède est épais.
C’est ainsi que וe don de וa Torah qui révéla וa partie dévoilée (le Nigle), eut lieu de suite après l’exil du peuple juif en Egypte.
Les Egyptiens sont les descendants de ‘Ham fils de Noa’h, non affilie à nos patriarches.
La venue de Machiah apportera avec elle la lumière des secrets de la Torah. Ce dévoilement fera suite à un exil particulièrement éprouvant pour notre peuple, l’exil d’Edom, un peuple descendant de Chem appartenant quant à lui à la famille d’Avraham (par l’intermédiaire d’Essav).
Le 19 Kislev a fait briller le luminaire de la ‘Hassidout, une lumière que le monde n’avait jamais connu, et qui réunit à la fois la partie révélée et וa partie profonde de la Torah.
Ce dévoilement extraordinaire se révéla après de profonds ténèbres qui puisèrent à ce moment-la leurs forces au sein du peuple juif lui-même (les opposants) !
Lors de la sortie d’Egypte, la mer des Joncs s’ouvrit en 12 passages.
Au temps de Machia’h le fleuve Perath se divisera en 7 cours d’eau.
Le 19 Kislev crée donc un lien qui relie ces deux événements majeurs, en effet 12+7 = 19.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Likoutim Veiguerot, p. 224)
Pourim
« Morde’hai dans sa génération équivaut à Avraham dans sa génération ».
(Midrach Rabba Meguilat Esther Paracha 6, 2)
Esther a régné sur 127 provinces, un nombre qui correspond aux années de vie de Sarah 127 ans. (Berechit Rabba Noa’h 3)
Haman en étant le rival de Morde’hai devient également celui de Avraham.
Tous deux avaient une mère portant le même nom, Amteiai (traite Baba Batra 91 a)
Morde’hai· – מרדכי a pour valeur numérique 274.
Avraham – אברהם a pour valeur numérique 248.
274 – 248 = 26, soit 1 fois la valeur du nom de D.ieu, « Havaye ». Esther = 661, Sarah = 505; 661 – 505 = 156 soit 6 x 26.
En additionnant 26 de Morde’hai et 156 de Esther on obtient 182, soit 7 x 26 qui est aussi la valeur numérique du nom de Yaakov יעקב
Afin de parvenir à vaincre Haman qui était descendant de Essav, petit fils de Avraham et Sarah; la force de Yaakov était nécessaire.
C’est donc Morde’hai et Esther, descendants de Avraham et Sarah par Yaakov (et qui représentent 182 soit 7 fois 26 la valeur du nom de D.ieu), qui réussirent à vaincre Haman.
Yaakov lui-même a pris le dessus sur Essav en se prosternant 7 fois devant D.ieu. (Zohar Parachat Vaych/a’h page 171 b)
En outre, Sarah était supérieure à Avraham par sa prophétie, elle était aussi la source de sa vitalite.
De même Morde’hai mettait en application les ordres d’Esther.
C’est en particulier grâce à Esther que l’histoire de Pourim a pris forme.
(D’après Torat Levi Its’hak ‘Hidouchim Oubiourim BAchas page 97)
Pessa’h
« On recherche le ‘Hâmetz, la veille du 14 Nissan ». (Michna Pssa’him 1, 1)
« La durée de la vie d’un homme est de soixante-dix ans ».
(Tehilim 90, 10) A partir de l’âge de 13 ans des lors qu’un homme est astreint aux commandements divins, le bon penchant
commence à prendre ses marques.
Il reste donc 57 années à notre actif.
« D.ieu Havaye nous éclaire », (Tehilim 118, 27) la valeur numérique de « Kel Havaye » est de 57.
C’est alors que la lumière divine nous éclaire et nous aide a réaliser notre service divin.
Les 13 premières années, l’obscurité spirituelle s’imposait.
C’est ainsi que: « Or learbaa assar », « la veille du 14 Nissan nous recherchons le ‘Hâmets ».
« Or « , »La lumière » commence à briller des l’entrée dans la quatorzième année; à 13 ans et un jour.
Il est alors nécessaire de rechercher le « Hâmets »; le mauvais penchant, afin de l’éliminer.
(D’après Yalkout Levi Its’hak tome 4 p. 286)
Av
Le 15 Av est un jour de fêté. En ce jour חס cessait de couper du bois pour l’autel. (traite Taanit 30 b).
De fait le 15 Av est lie au 15 Chevat qui est le nouvel an des arbres. (Michna Roch Hachana 1, 1).
Chevat est le 5eme des mois d’hiver (a partir de Tichri). Av est וe 5eme des mois d’été (a compter de Nissan).
ll a pour valeur numérique 91.
En additionnant la valeur numérique du nom de D.ieu Havaye (26) avec celle du nom Adney (65) nous obtenons 91.
Tous le but consiste à unir ces deux jours de fêté en relation avec les arbres.
Ils font en effet référence à l’arbre de la connaissance et à l’arbre de la vie.
Nos sages nous enseignent: « A partir du 15 Av, celui qui s’investit encore plus dans l’étude de la Torah durant les nuits, gagnera en jours de vie ». (fin du traite Taanit, voir Rachi)
(D’après Likoutei Levi Its’hak lguerot Kodech p. 413)
Peu après son arrivée en exil à Chili au Kazakhstan, Rabbi Levi Its’hak écrivit une Rechima par laquelle son fils, le Rabbi, décida d’introduire la série Likoutei Levi Its’hak, l’œuvre magistrale de son père.
En voici quelques lignes:
Moi, Levi Its’hak fils de Zelda Ra’hel, ai subi l’exil durant cinq années…après être passé dans cinq prisons différentes.
Mon prénom Levi Its’hak a la même valeur numérique que le mot Neder, un voeu: 254.
Il découle de Bina (la compréhension) source des rigueurs…
La valeur numérique de « Levi Its’hak fils de (Ben) Zelda Ra’hel » est de 656.
Le mot « Chouchane » a la même valeur numérique. C’est par lui que l’on introduit le Moussaf de Kippour, « Chouchan Emek Ayouma » qui représente, Bina, les rigueurs.
En effet Chouchane est une rose de couleur rouge, elle est symbole de sévérité.
Kippour a des similitudes avec Pourim qui s’est déroulée a Chouchane la capitale de Perse.
Les cinq années de mon exil ainsi que les cinq maisons d’arrêt ou je fus emprisonne représentent les cinq sévérités…
(L’apprentissage du service au temple pour la tribu des Levites durait cinq ans)…
En multipliant par cinq la valeur numérique de « Chana » (une annee) חס obtient 1775.
Ce nombre correspond a la somme de la valeur numérique des 22 lettres de l’alphabet hébraïques auxquelles חס ajoute les lettres finales : Mem, Noun, Tsadik, Pe, et Khaf. (Alef a Tet 45 + Youd a Tsadik 450 + Kouf a Tav 1000 + les lettres finales 280 = 1775).
Les lettres sont prononcées par cinq fonctions articulatoires de la parole, elles sont donc symbole des cinq rigueurs.
C’est la raison pour laquelle un enfant commence l’étude de la Torah a l’âge de cinq ans afin de connaitre les 27 lettres hébraïque..
Ma condamnation eut lieu durant la nuit de Hochana Rabba peu avant l’aube. C’est en ce jour que le jugement céleste est scelle.
C’est à Hochana Rabba que nous agitons cinq branches de saule afin d’adoucir les cinq rigueurs…Chili s’écrit en hébreu « ציאילי ». Sa valeur numérique est de: 151, tel que « Tsel – Kel » (qui signifie L’ombre de D.ieu).
Je suis arrivé à Chili Lundi 19 Chevat.
Le 2eme jour de la semaine est celui de la rigueur. En y ajoutant 19 חס obtient 23… (Comme la date de Hochana Rabba le 21 Tichri)…
Puisse D.ieu vouloir, bien vite et de nos jours, adoucir les sévérités et les jugements, que l’ombre devienne lumière en une bonté réelle et visible, que je puisse très vite rentrer en paix dans mon foyer amen.
(D’après Likoutei Levi Its’hak Rechimat Rabbi Levi Its’hak editions Kehot 5779)
Eloul
‘Elloul’ – ‘אלול’ sont les initiales de: « Ani Ledodi Vedodi Li » « Je suis a mon bien aime et mon bien aime est a moi ».
Le roi Salomon dans son œuvre célèbre « Le Cantique des Cantiques » illustre l’amour qui unit le peuple juif et D-ieu.
Durant le mois de Elloul la miséricorde Divine est a son apogée. En Elloul commence la reconstruction de la dimension de ‘Malkhout’ – ‘מלכות’ ‘la Royauté Divine’ (une dimension spirituelle du monde de ‘Atsilout’) suite a sa destruction durant les mois de Tamouz et Av.
Un verset décrit particulièrement cette période néfaste : « La couronne qui orne notre tété est tombée» faisant référence a la « couronne de la Royauté ».
Le mois de Elloul révèle l’union entre: ‘Ani Ledodi’ – ‘l’assemblée d’Israël’, représentée par l’attribut de ‘Malkhout’; et ‘Vedodi li’ l’attribut appelle ‘Ze’eir Annpine’ – ‘petit visage’, qui évoque la structure formée par l’ensemble des attributs du monde spirituel de ‘Atsilout’ – ‘אצילות’ – « le monde de l’Emanation, de l’unicité parfaite et absolue de D-ieu ».
La restauration de la Royauté ‘Malkhout’ sera possible grâce a l’étude de la Torah orale, la ‘Guemara’ – ‘גמרא’
Cette étude fera intervenir l’attribut désigne: « Mère », nomme ‘Bina’ – ‘בינה’ – ‘la compréhension’, qui permettra de developper la ‘Hala’ha’ – ‘הלכה’ la loi juive dans tous ses détails.
« Depuis la destruction du temple, D.ieu n’a d’autre résidence dans ce monde que les quatre coudees de la Hala’ha »;
». ד’ אמות של הלכה « : hébreu En Essayons de comprendre cette expression.
‘Amah’ – ‘אמה’signifie: une coudée. En multipliant par quatre la valeur numérique de Amah (46) nous obtenons 184.
En y ajoutant la valeur numérique de’ הלכה’ – ‘Hala’kha’ (60) nous obtenons 244. même valeur numérique que ‘Guemara’ – ‘גמרא ‘le Talmud’.
La suite du verset Ani Ledodi Vedodi Li, est : « Haro’e BaChochanim », « (D.ieu) qui fait paitre son troupeau (Israël) au milieu des roses ».
‘Chochanim’ – ‘שושנים’ est l’acronyme de: ‘Chechonim’ – ‘ששונים terme signifiant, « Ceux qui étudient la Torah ».
l’étude de la Torah orale est basée sur 13 principes d’herméneutique (l’interprétation) [en rapport avec les « 13
Rabbi Akiva
Il vit alors, Rabbi Akiva torturé a mort !
« Telle est la récompense pour cette Torah ? » Moche « s’insurgea » a nouveau.
« Silence ! ‘Kakh’ – ‘ainsi’ il m’est venu a l’esprit » rétorqua D.ieu.
Ces précisions au sujet de Rabbi Akiva ont en réalité une signification particulière.
Par ailleurs il est mentionne que « Le coeur des premiers sages et notamment celui de Rabbi Akiva, est large comme l’ouverture du ‘Oulam’ – ‘hall’ situe dans l’enceinte du temple».
Or Oulam, a la même valeur numérique que ‘Adam Kaze’ – ‘un tel homme’, (Rabbi Akiva) : 77.
Aussi la hauteur du Oulam était de 40 coudées, soit la valeur numérique de ‘Ka’kh’ – ‘כך ‘ – ‘ainsi’.
C’est pourquoi il se nomme Akiva au sens de : ‘Ekev’ – ‘talon: faisant référence au verset « ‘Veikvotekha’ – ‘et tes traces’ ne sont pas connues » En effet la Torah et la disparition de Rabbi Akiva, restent insaisissables !
En cette période de Séminaire, où tout le monde est réuni pour étudier, ce jour de Khaf Av, Hilloula du père du Rabbi, il est bon de rapporter un enseignement du Rabbi.
Le Rabbi expliqua, dans un Maamar, que son père, en faisant “Messirout Nefech” (don de sa vie), a rendu quitte ses élèves, ses enfants et toute sa génération, de ne plus avoir besoin de donner concrètement sa vie pour le judaïsme.
“Messirout Néfech” à notre époque signifie Messirout Haratson (donner sa volonté), c’est à dire mettre ses intérêts de côté et se donner pleinement pour la diffusion du judaïsme à l’extérieur.
Une lettre adressée par le Rabbi, en 1964, à trois jeunes Ba’hourim de 19 ans, le Rav Chmouel Azimov, le Rav Yaacov Goldberg et le Rav Chneor Zalman Labkowski, qui étudiaient à la Yechiva de Brunoy, a été diffusée dernièrement sur Hassidout.org.
A la question de savoir s’ils devaient prendre sur leur propre temps d’étude pour enseigner à des jeunes juifs qui venaient de Paris pour étudier à la Yechiva pendant les mois de juillet et août, le Rabbi répondit à la fin de sa lettre : « Il est évident que c’est une chose convenable, comme cela est mentionné plus haut (l’importance de fixer des cours en public). Et que D.ieu vous accorde la réussite.»
C’est ainsi que commença, il y a 55 ans, le premier séminaire d’étude pendant les vacances d’été.
A cette époque, quelques jeunes juifs seulement étaient venus étudier à la Yechiva de Brunoy, pour reprendre ensuite leurs études séculaires en septembre.
Ces trois Ba’hourim avaient compris qu’ils ne devaient prendre en compte leurs propres intérêts et devaient consacrer une partie de leur temps pour ces jeunes juifs assoiffés de judaïsme, aux dépens de leur programme d’étude quotidien. C’étaiten effet le message du Rabbi sur le principe d’”Oufaratsta Yama Vakedma”, diffuser les enseignements de la Hassidout à l’exterieur le plus large.
Voici une anecdote:
A cette époque,les enseignants et les élèves ne parlaient pas le français, et les cours étaient donnés en hébreu ou en yiddish. Apres les Fêtes de Tichri, un jeune étudiant vint à la yechiva. Il ne parlait pas un mot d’hébreu ni de Yiddish.Le Rav Chmouel Azimov, étant une des rares personnes à parler le français, étudia avec ce jeune juif plus de 3 heures chaque jour.
Apres un certain temps, le Rav Chmouel Azimov se posa la question de savoir s’il était convenable de prendre autant de son temps sur sa propre étude pour enseigner à ce jeune juif, étant donné qu’il donnait déjà des cours pendant toute l’année à Paris.
En Kislev, il écrivit au Rabbi et posa la question, mais il ne reçut pas de réponse.
Deux mois plus tard, en Chevat, il écrivit une lettre au Rav David Raskin, le directeur de Agoudat Tseirei ‘Habad aux Etats-Unis, et lui posa la même question. Mais en parallèle, il n’arrêta pas d’étudier avec ce jeune. Il voulait juste être sûr que c’était bien la volonté du Rabbi. (Cette lettre a été récemment restituée à la famille Azimov).
Quelques temps plus tard, le Rav Nissan Nemanov, directeur de la yechiva, demanda à ce jeune juif s’il pouvait enseigner le français aux élèves de la Yechiva qui ne parlaient pas le français. Le Rav Nissan n’avait pas dit si cette initiative venait du Rabbi ou de lui-même. Mais, par la suite, on appris que le Rabbi lui avait demandé que les élèves devaient apprendre le français afin qu’ils puissent étudier avec les jeunes juifs qui venaient apprendre à Brunoy.
L’enseignement que l’on peut tirer de ce jour de Khaf Av, est le Messirout Néfech, le Messirout Haratsone, c’est-à-dire mettre de côté ses propres intérêts et objectifs pour aider un autre juif à se rapprocher du judaïsme.
Que D.ieu fasse que nous tirions nous aussi une leçon du Messidout Néfech de Rabbi Lévi Its’hak et que nous puissions à notre tour, nous les ‘Hassidim, suivre son chemin.
On peut constater, 55 ans plus tard, les nombreux fruits que ces séminaires ont apportés depuis la réponse du Rabbi en 1964.
Que D.ieu fasse que chacun puisse avancer sur cette voie et rapprocher ainsi la Gueoula au plus vite, comme il est dit “D.ieu ramènera chaque juif, E’had E’had, vous serez cueillis un à un ».
Lettre adressée par le Rabbi, LE 12 Tamouz 1964, aux trois jeunes Ba’hourim de 19 ans, le Rav Chmouel Azimov, le Rav Yaacov Goldberg et le Rav Chneor Zalman Labkowski, qui étudiaient à la Yechiva de Brunoy