‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ Béchala’h – Rav Yaacov Abergel

‘A la Lumière du Dvar Mal’hout’ Béchala’h – Rav Yaacov Abergel

 

Dans le Dvar Mal’hout sur la Paracha Béchalah le Rabbi explique que ce Chabbat réalise la perfection du jour du 10 Chevat qui est lui-même le jour de la Hiloula du Rabbi Rayats. De fait, ce Chabbat est celui de Chirat-ha-Yam, le Chant de la Mer, et la force d’un Chant est de ‘s’élever d’un niveau spirituel vers un niveau qui lui est supérieur’, et au Rabbi d’ajouter que ‘même l’élévation des mondes le jour du Chabbat est réalisée par le Chant (Chir) et tout particulièrement pendant le Chabbat ‘Chira’ dont la lumière a le pouvoir d’éclairer tous les autres Chabbat de l’année’.

Le Chant incarne le ‘Bitoul’, c’est à dire un état de soumission, d’annulation, qui nous permet d’accéder à un niveau supérieur. C’est pourquoi le Tsémah Tsédek a souligné que lorsque les enfants d’Israël apportaient des sacrifices sur l’Autel du Beïth-ha-Mikdache, ils étaient accompagnés par des Chants. En effet, le sujet des Korbanot (Sacrifices) est une élévation du bas vers le haut et cette élévation n’est possible qu’au moyen des Chants et du ‘Bitoul’.

Le Tséma’h Tsédek mentionne par ailleurs que ‘le sujet du ‘Chant’ est celui de l’éveil de la Sim’ha (de la Joie) qui naît du fait de méditer à la grandeur de D.ieu, et qui a le pouvoir de provoquer le désir et le plaisir d’Hachem, de dévoiler la vitalité de la Lumière d’Or Sovev qui est au-delà du monde. De fait, la Sim’ha vient du niveau de Binah : ‘on ne chante pas sans boire du vin’, et le vin représente le niveau de Binah.

Le Rabbi a mentionné dans le Dvar Mal’hout l’importance du Niggun (Chant) que l’on chante avant d’entendre le Maamar (Discours Hassidique) de la bouche du Rabbi. De la même façon ‘Chirat ha Yam’ que nous lisons le jour du Chabbat de la Paracha Béchala’h précède ‘les 10 Commandements’ que nous lisons le jour du Chabbat de la Paracha Yitro. ‘Chirat ha Yam’ est une préparation au dévoilement de la Parole de D.ieu, tout comme le Niggun qui précède le Maamar est une préparation aux paroles du Rabbi.

Le Niggun nous aide à attirer et à intégrer la lumière du Maamar du Rabbi :
C’est une véritable fusion qui existe entre le Rabbi précédent et le Rabbi. C’est tout particulièrement la Rabbanite ‘Haya-Mouchka, l’épouse du Rabbi, qui permit à cette fusion de se concrétiser, puisque c’est elle qui décida le Rabbi à poursuivre l’œuvre de son père, le Rabbi précédent, en devenant le septième Rabbi de Loubavitch.
Le Maître de ‘Habad détient la capacité de dévoiler l’Essence de l’âme de celui qui se trouve dans ses quatre coudées, et tout le travail d’un ‘Hassid du Rabbi consiste alors à intégrer de manière profonde le dévoilement de la puissance de l’Essence de l’âme.

La puissance de l’Essence de l’âme Juive :
Dans notre Paracha il est écrit : ‘Et par le souffle de Tes narines, les eaux se sont amoncelées, les flots se sont dressés comme une barrière, les profondeurs se sont gelées au cœur de la mer’.
Rachi explique que l’expression ‘au cœur de la mer’ désigne l’Essence et la puissance de la mer. Or, il en va de même pour l’Essence de l’âme Juive que l’on pourrait appeler ‘le cœur de l’âme’ afin d’exprimer sa puissance. L’exemple de Na’hchon-ben-Aminadav qui n’hésita pas à s’élancer dans la mer pour aller recevoir la Torah, convient ici pour décrire la puissance du dévoilement de la force de l’Essence de l’âme :
L’ouverture de la mer des Joncs fut l’un des grands miracles que l’Eternel fit voir aux yeux de tous les enfants d’Israël. Elle prépara le peuple juif au don de la Torah sur le Mont-Sinaï, et elle est en soi une préparation à la Délivrance finale. Dans le Likouteï- Si’hot (‘helek Aleph, pages 134-138), le Rabbi nous enseigne que la mer s’ouvrit par le mérite d’un seul Juif du nom de Na’hchon ben Aminadav.

Ce juste du peuple Juif savait que L’Eternel a fait sortir Ses enfants de l’Egypte afin de les conduire au pied du Mont-Sinaï pour leur donner la Torah. Na’hchon ne fut donc pas du tout impressionné par tous les évènements extérieurs qui se produisirent autour de lui, alors qu’une partie de l’Assemblée d’Israël désirait retourner en Egypte, que d’autres envisageaient de combattre les Égyptiens qui les poursuivaient, il y avait seulement un groupe d’hommes qui pensait que la solution était de rentrer dans la mer. Na’hchon fut l’un de ces hommes. Il ressentait profondément que le projet divin allait se réaliser et ne fut donc nullement apeuré par l’image des Égyptiens qui approchaient. La seule chose qui importait à ses yeux était de gagner le plus vite possible le Mont-Sinaï pour y recevoir la Torah. Il agit donc au-delà de la raison, de la logique, et de l’intellect, et sauta dans la mer.
Le Midrache nous enseigne que Na’hchon avança dans la mer jusqu’à ce que l’eau arrive à ses yeux, mais bien que cela l’empêchait de respirer il ne recula pas, et c’est à cet instant que par un miracle divin la mer s’ouvrit devant lui.

Le Rabbi nous enseigne que D.ieu délivre ceux qui donnent tout ce qu’ils ont, et tout ce qu’ils sont, pour mener Son combat en faisant de ce monde une demeure pour Lui. Le Rabbi précédent fit par exemple le serment ‘de donner jusqu’à sa dernière goutte de sang’ pour ‘répandre les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur’. Cette attitude qui défie les limites et l’ordre naturel des choses, fut également celle de Na’hchon ben Aminadav qui n’hésita pas un seul instant à affronter cet obstacle qui semblait pourtant gigantesque, de la mer qui lui faisait face.

Il convient ici d’établir ici un lien avec un autre enseignement du Rabbi sur notre Paracha. Le Rabbi nous enseigne en effet que L’Eternel ordonna aux enfants d’Israël de faire la guerre contre Amalek qui s’opposait de manière évidente à ce que le peuple juif reçoive la Torah. Amalek tente par tous les moyens d’éteindre le feu ardent de l’amour qu’un juif ressent pour D.ieu, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’Admour Hazaken nous enseigne dans le Livre du Tanya que les actions d’Amalek sont toutes semblables à la piqure du scorpion dont l’effet est de refroidir le corps.
Le moyen de ne jamais succomber aux attaques d’Amalek, dont le but est d’éteindre la force de notre amour pour D.ieu, est d’éveiller cet amour par notre prière et par notre étude de la Torah.
L’Admour Hazaken nous enseigne dans le livre du Tanya (Igguéret ha Kodech, 12) que l’âme Juive, du fait qu’elle provient de la pensée de D.ieu possède naturellement la qualité d’inspirer l’amour de D.ieu dans le cœur. Cependant ce n’est là qu’une qualité naturelle de l’âme, c’est à dire qu’un juif dispense le bien autour de lui car c’est sa propre nature et il n’a pas besoin de faire un effort particulier pour cela. Aussi, le mérite d’un Juif commence quand il dépasse sa propre nature, à l’exemple de Na’hchon ben Aminadav qui agit au-delà de tout calcul, de tout raisonnement et de toute logique. Un Juif a du mérite quand il dépasse les limites de sa bonté naturelle et il en va de même aussi pour notre étude de la Torah qui a une grande valeur lorsque nous étudions plus qu’à notre habitude.

Il est écrit que ‘Celui qui travaille la semaine mange le jour du Chabbat’ (Baba Beitsa, 16). L’Admour Hazaken explique que ‘Celui qui travaille la semaine’ fait allusion à celui qui durant les six jours de la semaine médite de toutes ses forces à la grandeur de D.ieu, parvenant de cette façon à faire naître dans les deux côtés de son cœur l’amour de D.ieu, et ‘Mange le jour du Chabbat’ évoque le cadeau que cet homme reçoit de D.ieu le jour du Chabbat, car par le mérite du travail personnel qu’il a accompli durant la semaine, D.ieu lui donne comme cadeau, le jour du Chabbat, celui de ressentir le ‘grand amour’ de D.ieu qui dépasse de loin l’intellect et la raison.

Ainsi, un juif doit agir à la manière de Na’hchon ben Aminadav : durant les jours de la semaine il doit sauter dans la mer de la Torah et marcher jusqu’à ce que l’eau atteigne le niveau de ses yeux, c’est à dire qu’il doit accomplir au-delà de ses propres limites son service divin, en s’efforçant de comprendre la Parole divine ou en méditant à la grandeur de D.ieu, et lorsqu’il parviendra à ce que ‘l’eau arrive à ses yeux’ , lorsqu’il dépassera ses propres limites, alors l’Eternel ouvrira la mer devant lui le jour du Chabbat, c’est à dire qu’il lui dévoilera dans son cœur et dans son esprit les plus hautes lumières : ‘il mangera le jour du Chabbat’, comme des aliments que le corps intègre, la Lumière divine devient une partie de nous-mêmes.

Le chiffre 11 :
Dans le Dvar Mal’hout de la Paracha Béchala’h, le Rabbi rapporte un Midrache selon lequel, seulement onze étapes séparaient l’Egypte de la Terre d’Israël, mais l’Eternel détourna Son peuple du chemin le plus direct, en les conduisant dans le désert où ils séjournèrent pendant quarante ans.
La présence des enfants d’Israël pendant une période aussi longue et dans un lieu aussi désolé avait pour but d’élever les étincelles divines, les lumières du monde de Tohou qui tombèrent dans le désert au moment de la ‘brisure des vases’ (Chvirat ha Kélim).
Le travail de purification des étincelles divines permit aux enfants d’Israël de faire pénétrer dans ce monde, de manière profonde, une lumière qui est au-delà de ce monde. C’est à cela que se rapporte le verset (Ki Tavo, 29, 3) :

‘L’Eternel vous a donné un cœur pour comprendre, des yeux pour voir et des oreilles pour entendre’. Il ne s’agit pas en effet seulement de ressentir de voir et d’entendre de manière superficielle, mais bien au contraire d’accéder à une véritable et une profonde perception du divin. L’accession à ce niveau supérieur est symbolisée par le chiffre 11. Le chiffre 11, des onze étapes qui séparaient l’Egypte de la Terre Israël, est une allusion à ce qui dépasse la nature de ce monde.

D’une part, le chiffre 10 représente la Création du monde qui a été créé en 10 Paroles, et d’autre part, le chiffre 11 représente ce qui est au-delà de la Parole divine, et donc au-delà de ce monde. L’enseignement du Rabbi est alors le suivant. Les quarante années passées dans le désert, qui représentent le travail de purification de la matière, permirent d’attirer dans ce monde, et de manière profonde, ‘la lumière qui entoure les mondes’, symbolisée par le chiffre 11.
Les expressions ‘Or Makif’ ou ‘Or Sovev’ désignent ‘la lumière qui entoure les mondes’. La volonté, par exemple, est une force de l’âme ‘qui nous entoure’, du fait qu’elle n’est pas présente et révélée constamment en nous-même. Nous devons en effet la réveiller, puis l’attirer, la rapprocher de nous afin qu’elle se révèle profondément et anime nos pensées nos paroles et nos actes.

La ‘Hassidout explique qu’un chant, avec son refrain qui revient toujours sur lui-même, est à l’image de ‘la lumière qui entoure les mondes’, car il est comme un cercle qui revient toujours à son point de départ. De fait, le Chant, nous permet d’accéder à cette ‘lumière qui nous entoure’, ‘Or sovev’. Il nous fait remonter les niveaux de l’enchaînement des mondes.
C’est à ce sujet que le Rabbi nous enseigne que le Chant ‘Chirat Ha Yam’ inclut en lui les 42 élévations des voyages des enfants d’Israël dans le désert, et qu’il nous permet de ressentir le lien et la fusion de notre âme avec l’Essence divine (symbolisée par le chiffre 11).

Par ailleurs le Rabbi souligne que ‘Chirat Ha Yam’ est lié au chant du Roi Chlomoh, ‘Chir Ha Chirim’, ‘le Chant des Chants’, que l’on appelle aussi ‘le Saint des Saints’. Le Rabbi explique que ‘Chir Ha Chirim’ représente ‘l’élévation (à partir) de la Séfira de ‘Hokhmah vers la Séfira de Kéter’. Autrement dit, cela signifie que ce Chant nous permet d’accéder au dévoilement de l’Essence de la Torah (le chiffre 11). Plus encore que cela, le Rabbi nous enseigne que ‘Chirat Ha Yam’ nous relie directement avec le Chant de la Délivrance, ‘Chir ‘Hadach’. En effet, celui-ci représente l’élévation la plus considérable, ‘le passage de la Séfira de Kéter à l’Ein sof béni’, l’Essence divine’.

Par ailleurs, le mot ‘Chira’ (‘Chant’) de l’expression ‘Chirat Ha Yam’ est du genre féminin, alors que le mot ‘Chir’ (‘Chant’) de l’expression ‘Chir ‘Hadach’ est du genre masculin. La raison est simple, ‘Chirat Ha Yam’ est écrit au féminin car bien que ce chant nous relie à la Séfira de Kéter’, il reste lié à notre exil, contrairement au chant ‘Chir ‘Hadach’ qui est le Chant de la Délivrance finale, lequel exprime la révélation de l’Essence de D.ieu dans un monde qui ne connaîtra plus l’exil. De fait, le Rabbi nous prépare à ce jour, celui de la Délivrance qui sera un Chabbat éternel, quand L’Eternel ouvrira la mer devant nous, et nous dévoilera la Délivrance par l’intermédiaire du Machia’h et Sa Torah nouvelle.

Le Rabbi nous enseigne que le chiffre 22 représente la perfection du chiffre 11. La date du 22 Chevat qui est la Hilloula de la Rabbanite ‘Haya-Mouchka représente donc la Délivrance et le dévoilement de l’Essence divine. La Rabbanite décida le Rabbi de poursuivre l’action du Rabbi précédent en devenant Rabbi de Loubavitch.

Vendredi 26 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Bechala’h – « Le plaisir de la Manne et du Chabbat » – Likouté Si’hot volume 31, 3ème Si’ha,  par le Rav Levi Azimov

Vendredi 26 janvier 2024 à 10h30 : Etude du Kovets de Bechala’h – « Le plaisir de la Manne et du Chabbat » – Likouté Si’hot volume 31, 3ème Si’ha, par le Rav Levi Azimov

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Bechala’h – Le plaisir de la Manne et du Chabbat
Source : Likouté Si’hot volume 31, troisième Si’ha sur Bechala’h

  • Au début, lorsque la manne est apparue, les enfants d’Israël ne savaient pas ce que c’était. Ce n’est qu’après le premier Chabbat qu’ils en ont découvert pleinement la nature agréable et nourrissante.
  • Moché ne leur avait pas encore transmis toutes les lois du Chabbat à ce moment-là. Celles-ci leur ont été données plus tard, au Sinaï.
  • Il existe un lien étroit entre la manne et le Chabbat : la manne représente une nourriture donnée aux Juifs de façon reposante et plaisante, à l’image du Chabbat.
  • Après le premier Chabbat, on insiste sur le côté savoureux de la manne, « comme un gâteau au miel ». Et on leur demande d’en garder en réserve, montrant que Dieu peut les nourrir sans effort les jours de Chabbat.
  • D’après le Zohar, la bénédiction de la manne émane spécifiquement du Chabbat, et se répand sur les autres jours.
  • La différence entre les Juifs et les non-Juifs : ces derniers reçoivent l’abondance « gratuitement » alors que pour les Juifs, elle dépend de leurs efforts. Mais les Juifs reçoivent ce flux divin « avec plaisir », directement de Dieu.

 

 

Dans notre Paracha : L’historique de la première semaine de la Manne

Bechala’h 16, 14 : La couche de rosée s’est levée et on vit sur le sol du désert quelque chose de menu, de floconneux, fin comme le givre sur la terre. A cette vue, les enfants d’Israël se dirent les uns aux autres : « Qu’est ceci ? » car ils ne savaient ce que c’était. Et Moché leur dit : « C’est là le pain que D.ieu vous donne pour nourriture ».

…Le sixième jour, ils recueillirent une provision double ; …tous les chefs de la communauté vinrent l’annoncer à Moché. Il leur dit : « C’est ce que D.ieu avait dit : demain est le saint Chabbat solennel, en l’honneur de D.ieu ! Ce que vous avez à cuire, cuisez-le … et toute la provision restante, gardez-la en réserve pour demain ».

…Le septième jour, certains allèrent à la récolte, mais ils ne trouvèrent rien. D.ieu dit à Moché : « Jusqu’à quand vous refuserez-vous à garder Mes préceptes et Mes enseignements ? Regardez ! D.ieu vous a gratifiés du Chabbat ! …Que chacun demeure où il est, que nul ne sorte de chez soi le septième jour ». Et le peuple chôma le septième jour.

La maison d’Israël donna à cette substance le nom de Manne. Elle ressemblait à de la graine de coriandre, était blanche et avait la saveur d’un beignet au miel. Moché dit : « Voici ce qu’a ordonné D.ieu : Qu’un ômer (2.49 litres) plein de cette Manne reste en dépôt pour vos générations, afin qu’elles voient le pain dont Je vous ai nourris dans le désert… ».

Analyse : Pourquoi attendre le Chabbat avant de définir ce qu’est la Manne ?

Likouté Si’hot : Les détails des événements du vendredi et du Chabbat ne sont pas des éléments annexes liés à la Manne, elles sont plutôt liées au concept même de la Manne. Ce n’est qu’après un cycle entier (une semaine) de réception de la Manne que les enfants d’Israël eurent la pleine conscience de ce qu’était la Manne.

Développement : Moché n’avait-il pas encore transmis les lois du Chabbat ?

Rachi sur Bechala’h 16, 22 : Ils l’annoncèrent à Moché. Ils lui ont demandé en quoi ce jour-là était différent des autres. D’où nous apprenons qu’il ne leur avait pas encore dit le paragraphe sur le Chabbat.

Rachi sur Bechala’h 16, 25 : Il leur a donné à Mara quelques portions de la Torah pour qu’ils se préoccupent [à les étudier] : les portions concernant le Chabbat, la vache rousse et les tribunaux.

Likouté Si’hot : A Mara, les enfants d’Israël ne reçurent pas l’injonction du Chabbat, on leur donna simplement le sujet pour l’étudier. L’injonction complète des lois du Chabbat n’intervint qu’au don de la Torah. Auparavant, D.ieu leur donna uniquement les commandements relatifs à la récolte et à la préparation de la Manne.

Explication : Le lien particulier entre le respect du Chabbat et la Manne

Rachi sur Bechala’h 16, 7 : Le matin vous verrez [la gloire de D.ieu]. Le pain que vous avez demandé, …vous verrez le matin, quand il tombera, la gloire du rayonnement de Sa face. Car Il vous le fera tomber avec amour, au matin où l’on dispose du temps pour le préparer, entre deux couches de rosée, comme posé dans un écrin.

Cela explique la véritable définition de la Manne, après le premier Chabbat

Midrach Chemot Rabba 25, 3 : Par la Manne, chaque Juif pouvait goûter tout ce qu’il désirait.

Likouté Si’hot : La pleine conscience du « plaisir » de la Manne n’arriva que lorsque le peuple respecta le Chabbat. Alors, le verset insiste sur le fait qu’elle avait « la saveur d’un beignet au miel ». Ensuite, vint l’injonction d’en garder pour les futures générations, car il est important de savoir que D.ieu peut nourrir les enfants d’Israël de sorte qu’ils n’aient besoin de s’occuper d’aucun travail, afin de pouvoir s’occuper de la Torah dans la sérénité absolue.

Approfondissement : La bénédiction de la Manne provient du Chabbat (Zohar)

Zohar sur Bechala’h 66b : Si la Manne ne tombait pas le Chabbat, cela ne concernait que la descente physque ici-bas, mais en haut c’était justement le contraire : la bénédiction de la Manne intervenait spécifiquement le Chabbat ; et c’est de ce jour que sont bénis les autres jours, les six jours « profanes » qui suivent le Chabbat.

Likouté Si’hot : Etant donné que le concept de la Manne est la transmission de nourriture de façon plaisante, le timing adapté à ce flux divin est spécifiquement le jour du Chabbat, étant un jour de repos et de plaisir.

La différence fondamentale entre le gagne-pain d’Israël et celui des Nations

Kountrass Ouma’ayane, discours n° 8 : Les Nations reçoivent un flux abondant car, chez eux, ce dernier est « gratuit » et n’est pas conditionné par un effort spirituel. Chez Israël, en revanche, le flux est mesuré, car il dépend de leurs efforts. Néanmoins, chez les Nations, le flux n’est pas associé à un « plaisir », alors que pour Israël, le flux est associé à un plaisir, y compris divin : D.ieu prend plaisir à donner ce flux aux Enfants d’Israël, Son peuple rapproché ; ainsi, « Quand le visage du Roi s’éclaire, c’est un gage de vie » (Proverbes 16, 15).

Guemara Yoma 75a : Des pierres précieuses et des perles tombaient pour Israël en même temps que la Manne.

Un enseignement éternel : Apprécier le « flux divin » dignement mérité !

Likouté Si’hot : Les enfants d’Israël doivent apprécier le flux lié à la sainteté, au « visage lumineux du Roi », même s’il faut pour cela renoncer au flux abondant donné « derrière l’épaule », et c’est ainsi qu’on arrive au véritable repos et plaisir ; puis, ce qui était initialement « peu » (matériellement) est béni pour être abondant, au point de mériter d’emblée un gagne-pain et un flux matériel abondants, jusqu’à l’abondance de l’ère messianique, maintenant !

Interview avec le Rav Its’hak Goldberg : « Rencontrer le Rabbi »

Interview avec le Rav Its’hak Goldberg : « Rencontrer le Rabbi »

Interview avec le le Rav Its’hak Goldberg , directeur de la Yechiva de Migdal HaEmek, pour renforcer notre lien avec le Rabbi dans cette période du 10 Chevat.

 

Nous venons de passer le 10 Chevat, où chacun cherche à renforcer son lien avec le Rabbi, et nous sommes dans une période unique dans l’histoire, où la génération existe alors que le Rabbi n’est pas incarné dans un corps physique, et que nous ne le voyons ni ne l’entendons pas.

Tout d’abord, il faut savoir que le 3 Tamouz n’est pas le 10 Chevat et n’est pas le 2 Nissan. Ces jours-là, un événement de « le soleil se lèvera et se couchera » s’est produit, tandis que le 3 Tamouz 1994, il y a eu certes un départ, mais il est clair qu’il n’y a eu aucun changement dans la présidence du Rabbi.

Cela signifie : exactement comme le Rabbi était le Rabbi avant le 3 Tamouz, il en est de même aujourd’hui – il est le « moyen qui unit » entre nous et D-ieu, il – comme l’explique l’Admour Hazaken dans le chapitre 42 du Tanya – « propage la vitalité et la divinité à toutes les âmes d’Israël », il propage des sujets spirituels et matériels au peuple d’Israël, s’occupe du peuple d’Israël, s’intéresse au peuple d’Israël, et pas seulement à leurs affaires spirituelles, mais aussi à leurs affaires matérielles.

Par conséquent, on peut écrire au Rabbi également sur des sujets matériels, exactement comme on le faisait auparavant. De même qu’il était entendu auparavant qu’on pouvait écrire au Rabbi sur des sujets et des problèmes matériels, on peut encore aujourd’hui se rendre à l’Ohel ou envoyer une lettre à l’Ohel, même sur des sujets matériels.

Ce n’est pas moi qui le dis. On voit dans la réalité un miracle : des années se sont écoulées depuis le 3 Tamouz, et nous constatons que les choses se déroulent d’une manière qu’on n’aurait pas pu imaginer. Après le 3 Tamouz, on ne savait pas ce qui allait se passer, comment ça allait se passer, et voilà que nous sommes témoins d’un miracle très étrange où les Hassidim, et même ceux qui ne le sont pas, vivent avec le Rabbi, le ressentent. Que ce soit les bachourim et les avrechim qui n’ont pas eu le mérite de le voir, ou les masses du peuple d’Israël, ils se rendent à l’Ohel, ils vont au Rabbi, et ses saintes affaires sont vivantes, vraiment vivantes.

Une personne qui n’a pas entendu parler de ce qui s’est passé le 3 Tamouz et qui rencontrerait des bachourim et des hassidim ne saurait pas qu’il y a eu un 3 Tamouz. Il verrait des juifs parler du Rabbi, vivre avec le Rabbi, voir des vidéos du Rabbi, étudier ses discours et s’engager dans ses activités.

Et il n’est pas possible que cela vienne du côté de la « masse », du côté des hassidim qui s’engagent dans la Torah et les activités du Rabbi, qui sont éternelles, mais que la chose vienne de leur direction ?

Non. La divinité est une chose vraie. Ce n’est pas de l’imagination. Seulement s’il y a une illumination divine du Rabbi aujourd’hui, on peut la ressentir.

Chez nous, et dans le peuple d’Israël en général, on voit qu’on n’étudie pas seulement la Torah du Rabbi, on accomplit ses décrets et ses demandes, et on suit sa méthode et son « service ». On voit autre chose – le Rabbi mobilise encore tout le monde. Des gens partent en mission et consacrent leur temps et leurs forces à s’engager dans les affaires du Rabbi.

Le Rabbi est aujourd’hui le guide de la vie des gens. Les gens ne décident pas pour eux-mêmes quel sera leur domaine d’activité et leur lieu de résidence, mais c’est le Rabbi qui décide pour eux – qu’ils s’engagent dans une mission et habitent l’endroit de la mission. L’emploi du temps des gens est dicté par le Rabbi, vingt-quatre heures – pour étudier la Hassidout, étudier le Rambam, s’engager dans des « campagnes » et étudier des discours et des maamarim.

Le Rabbi n’est pas seulement une source de bénédictions, ou quelqu’un qui a donné une Torah à méditer. La relation avec le Rabbi est exigeante, le Rabbi a des exigences envers nous, et le miracle énorme est que des gens communiquent avec lui aujourd’hui et se vouent à ses exigences.

Comment le Rabbi communique-t-il avec nous ?

Nous serions heureux de recevoir des explications supplémentaires sur la nécessité que le Rabbi existe dans le monde comme auparavant.

En quoi avons-nous vu avant le 3 Tamouz que le Rabbi était parmi nous ? En quoi a-t-on vu que les Hassidim vivent avec le Rabbi et que le Rabbi dirige les Hassidim ? En cela que toutes les choses que le Rabbi a introduites ont pénétré dans la vie des Hassidim et les ont mobilisés. C’est-à-dire que les choses sont devenues une affaire quotidienne pour chacun et chacune.

L’intention et le service du Rabbi sont de répandre le judaïsme et les sources du hassidisme et de les introduire dans le monde entier. Partir en mission de D-ieu, « va de ton pays, de ta patrie et de la maison de ton père » – partir des désirs, des habitudes et de la réalité personnelle « vers le pays que je te montrerai » et y répandre le judaïsme, y amener le Saint béni soit-Il partout.

Dans cela, le Rabbi nous a éduqués et nous a renouvelés – que chacun est un phare dont le rôle est d’illuminer le monde. Et les Hassidim ont intériorisé cela et se sont connectés à cela.

Même les hommes d’affaires, même des gens dont le domaine d’activité officiel n’est pas la mission, se sentent mal à l’aise s’ils ne s’engagent pas dans les « campagnes » du Rabbi, s’ils n’ont pas apporté un discours du Rabbi à quelqu’un.

Le Rabbi nous a inculqué un sentiment sans pareil : que nous sommes responsables du monde. Que la responsabilité repose sur nos épaules. Nous sommes les associés de D-ieu dans le portage de l’objet de la création du monde.

Nous ne sommes pas dans le monde pour l’épanouissement personnel et les réalisations, même spirituelles, pas pour nous sanctifier nous-mêmes, mais seulement pour « servir mon Créateur », sans considérer ce que j’en retire. Nous avons une mission dans le monde, il nous incombe d’apporter la divinité dans le monde, c’est notre essence – il y a une volonté de D-ieu et nous sommes responsables de sa réalisation.

Et cette « hypothèse » simple n’est pas seulement une méthode, ce n’est pas seulement une voie. On peut apprendre qu' »il n’y en a pas d’autre que Lui » et que tout l’univers existe parce que « le Saint béni soit-Il a désiré avoir une demeure dans le monde d’en bas » ; on peut comprendre cela ; on peut appréhender cela ; mais que la chose soit posée dans la simplicité de notre âme – c’est déjà une affaire divine, posée chez le Rabbi et qu’il transmet également à ceux qui lui sont attachés.

Le fait que nous soyons nourris par l’âme du Rabbi introduit également en nous des « hypothèses » divines. Et donc, il est posé chez nous des choses au-delà de nos forces – on voit des avrechim qui ne sont pas « de haut niveau » et qui sont prêts à renoncer à eux-mêmes pour apporter une mitsva à un autre juif. On voit qu’ils se sacrifient et se consacrent bien au-delà de leur statut et de leur situation personnelle de par leur nature et leur place.

Et cela se produit par le Rabbi. Le Rabbi a établi une autre génération, une génération d’un type différent, une génération qui lui est dévouée à l’extrême, dont il est la tête, et à travers laquelle il agit et propage ce qu’il veut.

Dans le passé, il y avait des Hassidim, il y avait des connections. Mais le Rabbi a renouvelé qu’il y aurait des émissaires. Un émissaire est une autre enceinte, « l’envoyé d’un homme est comme lui », l’émissaire n’est pas une existence séparée qui reçoit du Rabbi et n’est lié à lui que sous un certain aspect, mais l’envoyeur est en lui et agit à travers lui.

Le Rabbi nous dit : livrez-vous à moi et vous atteindrez des endroits et des actions au-delà de vos forces, des choses qui vous éclairent que vous n’auriez absolument pas été capable. Livrez-vous, et je me manifesterai en vous. Dès que vous vous livrerez, vous aurez d’autres forces.

Et ce dévouement au Rabbi, cette discipline, cet « annihilation de soi », sont des choses qui n’existaient pas dans les générations précédentes de cette manière. Le 11 Chevat 1951, après avoir officiellement assumé la présidence, le Rabbi a demandé d’annoncer en son nom, avant de se rendre à l’Ohel, que ceux qui veulent se consacrer et obéir à tout ce qu’on leur dira écrivent leur nom et le nom de leur mère. Telle est l’essence de la génération.

Cet « annihilation de soi » nous le réclame. Le Rabbi arrive constamment avec des exigences – il exige l’étude de Hassidout et exige l’étude du Rambam, il revendique des moments fixes pour la Torah, encore une campagne, encore une campagne, ses exigences sont infinies.

On voit donc que tout est construit sur la base de l’abnégation au Rabbi. Le Rabbi n’a pas seulement donné des lignes directrices. Les actions et la vie entière dépendent de lui.

Cette abnégation aurait pu changer après le 3 Tamouz. Et le fait qu’elle n’ait pas changée, et qu’elle soit toujours en vigueur, montre que le Rabbi est présent. L’hypothèse simple que c’est le Rabbi qui me guide, que c’est lui qui m’éclaire, que c’est par lui que j’agis dans le monde, et qu’une responsabilité incessante m’incombe d’apporter la divinité dans le monde et de répandre le judaïsme à chacun et en tout lieu, n’est pas naturelle !

La jeune génération ne comprend peut-être pas le miracle de la chose. À notre époque, tout le monde du Hassid était construit sur le lien avec le Rabbi – on devait le voir, on devait l’entendre, on devait être avec lui. C’était la vie. On ne pouvait pas vivre sans lui. Il était impensable d’imaginer et de penser à une autre réalité.

Et en effet, on ne peut pas faire autrement. Et le fait que les Hassidim vivent quand même, et que rien de leur ardeur ne s’est émoussé, c’est parce que le Rabbi est bien là ! Bien qu’en matérialité, il y ait eu un départ, le Rabbi nous montre qu’même après le 3 Tamouz, il est présent avec les Hassidim, les mobilise, vit parmi eux, et qu’ils lui sont dévoués. Il les fait vivre.

Donc, le lien avec le Rabbi est spirituel.

Même avant le 3 Tamouz, le lien avec le Rabbi était spirituel. Le lien entre le Rabbi et nous est une affaire intérieure et spirituelle. Et ce même sujet existe aujourd’hui.

Comme je l’ai dit, le Rabbi « propage la vitalité et la divinité » aux âmes de la génération. Si le Rabbi la propage – elle est propagée et se trouve chez les gens, et si elle n’est pas propagée – elle n’est pas.

Nous voyons aujourd’hui un phénomène miraculeux : des avrechim et de jeunes bachourim, des Hassidim, et même des gens du grand public – vont à l’Ohel, au Rabbi. Et ils n’y vont pas sans raison pour demander des réparations et des bénédictions. Bien sûr, le Rabbi est la racine de toutes les bénédictions pour tous, le juif qui se rend à l’Ohel sait aussi qu’il reçoit du Rabbi, mais il sait aussi qu’il donne. Il vient là-bas et se connecte, et promet au Rabbi qu’il ajoutera quelque chose dans la Torah et les mitsvot. Il sait clairement que ce que le Rabbi attend de lui, c’est l’accomplissement de la Torah et des mitsvot. Le peuple d’Israël sait que le Rabbi est responsable de la Torah et des mitsvot.

Quand je parle du Rabbi propageant la divinité dans le monde, je me souviens d’une histoire que mon oncle, Reb Moshe Katzenelbogen, que sa mémoire soit bénie, m’a racontée. Il a raconté que lorsqu’il était « derrière le rideau de fer » soviétique, dans les années 1950, il a été condamné à cinq ans de prison. Quand on a lu son verdict, le juge a lu les informations écrites sur lui, et a lu : Nom ? Moshe, Fils ? Michael, À qui est-il affilié ? À Schneerson, Qui est Schneerson ? Le Rabbi de Loubavitch qui se trouve à New York, Qui est le Rabbi ? Le représentant de D-ieu dans le monde, Qui est le représentant du Rabbi en Russie ? Reb Nissan Nemnov (les Russes ne savaient pas que R’ Nissan avait déjà quitté la Russie auparavant)…

Les non-juifs eux-mêmes ont compris que la divinité est dans le monde – le Rabbi l’amène. Ils savaient aussi que le Rabbi a des émissaires qui accomplissent cette mission d’amener la divinité dans le monde…

Le Rabbi attire le peuple d’Israël

Vous avez expliqué pourquoi le lien avec le Rabbi est spirituel, et qu’en propageant la vitalité et la divinité à tous les gens de la génération, et pourtant – D-ieu a établi un ordre selon lequel il y aura spécifiquement un président physique, avec qui il y a un lien physique, et qui constitue « le moyen qui unit » entre nous et Lui. C’est la fonction du président.

Tout d’abord, il y a un lien physique ! L’Ohel est l’endroit physique où l’on rencontre le Rabbi. Et bien que nous ne le voyions pas, le Rabbi y est, et lorsque nous imaginons Son portrait devant nos yeux, et que nous savons qu’Il est simplement ici, dans toute Sa plénitude, alors une « rencontre » a lieu. Si l’on veut « rencontrer » le Rabbi physiquement aujourd’hui, il faut se rendre à l’Ohel.

Certains aspects sont spirituels.

Il y a des aspects spirituels. Dans le 770, il y a l’esprit du Rabbi, il y a la question du Rabbi, il y a des sujets spirituels ; mais à l’Ohel, le Rabbi est vraiment présent physiquement, avec tout ce que cela implique. Et quand on vient à l’Ohel, et que l’on sait que le Rabbi est là dans toute sa plénitude, cela saisit la physicalité de l’homme, sachant qu’il est tout simplement physiquement proche du Rabbi, que le corps du Rabbi est là, avec tout ce qui devrait être dans le corps d’un Rabbi.

Nous voyons que le public est attiré aujourd’hui vers le Rabbi. L’Ohel est l’endroit où le peuple d’Israël sait aujourd’hui que se trouve son « papa », où il y a quelqu’un qui prend soin de lui, où il demandera, où il cherchera de l’aide. Et chaque Juif qui s’y rend sait aussi que quelque chose est attendu de lui, le « papa » vers qui il est allé veut qu’il ajoute à la Torah et aux mitsvot.

C’est une révélation de la divinité. Cela n’avait pas nécessairement à être ainsi. Et pourquoi est-ce ainsi ? Parce que le Rabbi est ici, dans l’Ohel, et attire les Juifs. Nous devons y amener les Juifs, mais c’est Lui qui les attire, et quand ils entrent – il s’occupe d’eux et les stimule.

Et de même que le Rabbi attire tout le peuple d’Israël, il attire aussi nos jeunes gens, que vous voyez attirés vers lui avec force, à sa recherche. Et ce lien physique doit être utilisé.

Lors du Shabbat du rassemblement des émissaires en 1992, le Rabbi a discuté de la question de savoir si Eliezer, serviteur d’Abraham, était un « entremetteur » – qu’il avait sa propre existence, ou un « émissaire » – « comme celui qui l’a envoyé ». D’une part, il était un entremetteur, il devait exercer son propre jugement ; d’autre part, on voit qu’il était « l’intendant de sa maison, dirigeant tout ce qui lui appartenait », « régnant selon l’enseignement de son rabbin », « puisant et faisant boire aux autres de l’enseignement de son rabbin », « serviteur d’Abraham ».

Le Rabbi dit : comment savons-nous qu’il était un émissaire ? Du fait qu’Abraham lui a donné « tout ce qu’il avait ». Une telle chose – remettre la propriété de tous les biens et donner la possibilité d’en faire ce que le serviteur voudra – n’est donné qu’à un émissaire, qui n’a pas d’existence indépendante et dont toute l’existence est celle de celui qui l’a envoyé. S’il n’avait pas été un émissaire, on n’aurait pas pu compter sur lui.

Cela s’applique à notre époque : avant le 3 Tamouz, le Rabbi guidait et s’impliquait dans chaque action, mais maintenant nous sommes dans une situation où le Rabbi nous a donné « tout ce qu’il avait », nous a donné des discours et des maamarim, s’est donné lui-même, donne l’Ohel, et maintenant il nous dit : “Maintenant, la responsabilité repose sur vos épaules. Amenez le peuple juif ici ». Le Rabbi nous a élevés au rang d’émissaires, il compte sur nous, et maintenant la responsabilité repose sur nos épaules »…

Du chagrin – un avantage

Cependant, vous avez expliqué auparavant principalement le fait que le Rabbi est présent et agit et vivifie, manque-t-il quelque chose ? Les sentiments de nostalgie ne s’intensifient-ils pas alors que l’été s’achève, l’hiver est passé et nous ne sommes pas sauvés ?

Bien sûr que oui. La situation dans laquelle nous nous trouvons provoque un cœur brisé, de la tristesse, de l’amertume. C’est déchirant.

Ce déchirement bouleverse l’homme, mais il doit mener à quelque chose. Je suis bouleversé que le Rabbi ne soit pas là ? Alors j’agirai pour que le Rabbi soit présent ! Je l’amènerai dans le monde. On ne voit pas le Rabbi ? Alors je ferai en sorte qu’on le voie !

Je lancerai une vidéo, je mettrai un discours, je diffuserai un maamar. Tout ce qu’a provoqué le 3 Tamouz suscite en moi un mouvement inverse – faire disparaître le 3 Tamouz ! Annuler le 3 Tamouz ! Jusqu’à ce que nous voyions le Rabbi physiquement.

Et en attendant, ils verront des vidéos, étudieront des discours, s’engageront dans des « campagnes », répandront la Torah du Rabbi, conquerront le monde avec élan, feront en sorte que le Rabbi soit ici. Jusqu’à ce que la Délivrance arrive et que le Rabbi soit également ici physiquement.

Cette cassure n’est pas seulement une émotion naturelle, elle a aussi un rôle – de ne pas se reposer. Au contraire, comme cela me fait mal je ne me repose pas, je cherche le Rabbi. Je le cherche dans un maamar, je le cherche dans un discours, et je cherche à l’amener partout.

Il y a un avrekh qui, dans sa jeunesse, a étudié dans notre yechiva, et dont le mariage a eu lieu juste après le 3 Tamouz 1994. Je l’ai rencontré à cette époque, et il m’a dit qu’il était profondément anéanti par ce qui s’était passé, et il s’est demandé : « Maintenant, qu’est-ce que je fais ? ».

Cette cassure et ces pensées l’ont amené à se répondre : « Qu’est-ce que je fais ? Je pars en mission ! » Et il est effectivement parti en mission.

De la cassure, du sentiment de manque, est née une croissance. Et cela enseigne plus que tout sur la présence du Rabbi. Naturellement, après le 3 Tamouz, il aurait dû y avoir un affaiblissement dans le sujet de la mission. Auparavant, toute la motivation pour la mission venait du Rabbi – on demande au Rabbi le lieu de la mission, on reçoit son approbation et sa bénédiction, on fait rapport au Rabbi sur les actions, on lui pose des questions lorsque des questions surviennent, et maintenant – d’où vient la motivation ?

Mais – au contraire et au contraire ! L’entreprise de la mission n’a fait que croître dix fois. Au sein de Anash il y a un fort mouvement d’élan excessif dans les affaires du Rabbi et de passion pour les vivre. Le Rabbi donne tout pour que le 3 Tamouz ne produise pas la disparition qui aurait dû se produire naturellement.

L’un des émissaires qui a voyagé sur le vol charter organisé depuis Israël le 3 Tamouz 1994 est arrivé là-bas et a senti qu’il ne pouvait pas retourner sur le vol qui repartait vers Israël et pour lequel il avait un billet. L’un de ses connaissances lui a demandé: « Tu viens à l’avion? », Et il a répondu: « Non, je ne reviens pas ! ». Il sentait que la vie s’était arrêtée, qu’il ne pouvait pas revenir.

Les membres de sa famille qui l’hébergeaient lui ont demandé : « Tu reviens? », Et il répond : « Je ne sais pas ». Sa femme appelle d’Israël : « Tu reviens? », Et à elle aussi il répond : « Je ne sais pas ». Il sentait qu’il ne pouvait pas revenir. Il avait perdu le goût de vivre.

Le lundi, après la fin des sept jours de deuil, soudain, une pensée lui est venue : « Qu’est-ce que tu fais ici ? Il faut retourner à la mission ! Reviens immédiatement! ». Il a réservé un billet d’avion et est rentré.

En effet, il était anéanti, il ne pouvait pas revenir pendant les sept jours, mais alors le Rabbi est apparu d’en haut comme pour lui dire : « Il faut conquérir le monde, continue ! ».

Une telle chose se produit aujourd’hui avec tous les garçons de notre époque. Tout aurait dû s’arrêter. Il n’aurait pas dû y avoir, naturellement, d’ardeur dans l’engagement et le dévouement au Rabbi et à ses affaires, mais cela ne s’est pas arrêté, car le Rabbi attire simplement les garçons. Il leur ‘parle’. Il apparaît dans le maamar qu’ils étudient, dans le discours, dans la vidéo, et ‘saisit’ les garçons.

Tout ce qui nous incombe, c’est de l’utiliser – étudier les maamarim, étudier les discours, et le Rabbi nous ‘saisira’ déjà. C’est la vérité. Le Rabbi nous ‘saisit’ simplement, il suffit d’étudier.

Éduquer les enfants

Et si nous revenons à la question du sentiment physique, que doivent faire les parents pour connecter et lier leurs enfants au Rabbi dans un lien et une connexion physique ?

Je pense que ce qu’il faut transmettre aux enfants, c’est l’attention du Rabbi pour tout le peuple d’Israël, et le souci du Rabbi d’apporter la divinité dans le monde et à chaque Juif et Juive. Les parents doivent raconter aux enfants à quel point le Rabbi aime chaque Juif et à quel point il aime le Saint béni soit-Il.

Autour de cela, il faut raconter des histoires et des faits, qui montrent aux enfants que le Rabbi est un leader et un amant d’Israël, son souci pour tel pays et telle ville, pour tel Juif et tel enfant. Son souci pour un seul Juif isolé, qui se trouve dans un endroit éloigné, pose ses tefillins. Le fait que le Rabbi se donne et consacre son précieux temps et qu’au lieu de s’asseoir et d’étudier, il se donne pour chaque Juif et Juive.

Et il faut aussi leur montrer les bénédictions du Rabbi pour les Juifs, sans égard à leur apparence, son esprit prophétique, le fait qu’il ait guéri la stérilité et sauvé des vies, sa sainteté.

Ainsi, ils verront le fait que le Rabbi est un Rabbi… qu’il donne de la spiritualité, qu’il donne de la matérialité, qu’il accorde des bénédictions et qu’il se donne entièrement pour le Saint béni soit-Il et pour chaque Juif et Juive.

Cela leur fera respecter le Rabbi et vivre avec lui. Cela les amènera à se connecter à lui dans leur vie physique. Ainsi, quand ils auront besoin de spiritualité – ils sauront que le Rabbi est l’adresse à laquelle ils doivent se tourner, quand ils auront besoin de matérialité – ils sauront que c’est le Rabbi qui la leur donne. Ils vivront simplement avec lui.

Lettre du Rabbi sur la confiance en D.ieu et la gestion des défis financiers

Lettre du Rabbi sur la confiance en D.ieu et la gestion des défis financiers

Cette lettre est une réponse à votre lettre non datée dans laquelle vous exprimez que, bien que vous soyez heureux d’avoir déménagé à […], votre salaire actuel ne suffit pas entièrement à couvrir vos besoins, ce qui affecte votre humeur.

Cela est très surprenant. Après avoir clairement expérimenté la bonté de D.ieu envers vous, comment pouvez-vous manquer de foi en Sa capacité absolument certaine de continuer à vous guider avec bienveillance et de vous libérer de vos difficultés ?

Même si, pour des raisons qui nous échappent, cela prend du temps, seul le Créateur de l’univers, qui connaît l’avenir et sait ce qui est véritablement bon, peut décider de la meilleure façon – la façon qui est la meilleure pour un homme et sa famille – de les conduire à leur véritable bonheur, à la fois matériel et spirituel.

Si cela s’applique même à ceux dont la situation actuelle est moins bonne qu’auparavant, et aussi moins bonne par rapport à leur entourage et leurs connaissances, combien plus cela doit-il s’appliquer à ceux dont la situation s’est améliorée. Et dans ces mois difficiles, votre situation est certainement meilleure que celle de nombreuses personnes autour de vous, qui ne désespèrent pas, D.ieu nous en préserve. Ainsi, ni vous ni votre femme ne devriez vous sentir abattus ou tristes, D.ieu nous en préserve.

Nous avons vu dans la pratique que plus la confiance d’un homme est grande et plus il envisage son avenir avec joie, plus rapidement ces choses se concrétisent dans la réalité.

J’espère que vous m’apporterez bientôt de bonnes nouvelles concernant tout cela, tant pour vous-même que pour votre femme.

Avec des bénédictions,