Le gouvernement israélien a voté à l’unanimité la destitution de la conseillère juridique

Le gouvernement israélien a voté à l’unanimité la destitution de la conseillère juridique

Le gouvernement israélien a voté à l’unanimité la destitution de la conseillère juridique Gali Baharav-Miara, accusée de faire obstruction aux décisions gouvernementales. Cette décision explosive, portée par le ministre de la Justice Yariv Levin, déclenche déjà une bataille judiciaire avec un recours déposé devant la Cour suprême. L’opposition dénonce une attaque contre l’indépendance du système judiciaire israélien.

 

 

La conseillère juridique du gouvernement israélien Gali Baharav-Miara se voit notifier la fin de ses fonctions suite à un vote unanime du gouvernement. Yariv Levin, ministre de la Justice, accuse la conseillère de s’opposer systématiquement aux décisions gouvernementales et de soutenir l’opposition sur des questions politiques cruciales. Le parti Yesh Atid riposte immédiatement avec un recours en justice, dénonçant une procédure illégale visant à museler l’indépendance juridique.

Un vote unanime mais controversé

Le gouvernement israélien a tranché lundi soir en approuvant à l’unanimité la proposition du ministre de la Justice Yariv Levin de mettre fin immédiatement aux fonctions de Gali Baharav-Miara. Cette décision historique s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre l’exécutif et les instances juridiques du pays.

Plusieurs ministres de premier plan, dont le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, ont quitté la séance mais ont laissé un bulletin favorable à la destitution. Le Premier ministre Netanyahu ne s’est pas joint au débat en raison de conflits d’intérêts, notamment liés à son propre procès en cours.

Les accusations de Yariv Levin

Le ministre Levin n’a pas mâché ses mots lors de la session gouvernementale, pointant les contradictions de la conseillère : « Elle prétend dans sa lettre qu’il y a une bonne coopération de sa part avec le gouvernement, mais affirme simultanément que ses avis juridiques sont systématiquement rejetés. Comment peut-il y avoir coopération efficace si ses recommandations sont refusées ? »

L’accusation la plus grave porte sur l’instrumentalisation présumée du procès de Netanyahu : « La conseillère laisse entendre dangereusement qu’elle utilise le procès du Premier ministre comme bouclier pour éviter son licenciement. Il s’agit du conflit d’intérêts le plus flagrant possible », a déclaré Levin.

Une riposte judiciaire immédiate

Le parti Yesh Atid a réagi dans la foulée en déposant un recours devant la Cour suprême, dénonçant une « procédure illégale contournant tous les mécanismes de contrôle ». L’opposition estime que cette manœuvre vise à « porter atteinte à l’indépendance du conseil juridique et à le soumettre à la volonté politique ».

Le ministre Shlomo Karhi a célébré cette décision comme « l’achèvement d’un processus entamé il y a neuf mois, marquant la renaissance de la démocratie israélienne après les douleurs d’enfantement antidémocratiques d’un groupe refusant de lâcher prise ».

Un système juridique sous pression

Cette destitution s’inscrit dans un contexte plus large de réforme du système judiciaire israélien, source de divisions profondes dans la société. La conseillère Baharav-Miara avait averti les membres du gouvernement que son licenciement constituait un « renvoi illégal du procureur général dans l’affaire du Premier ministre ».

Le gouvernement prévoit d’ouvrir immédiatement une procédure de nomination d’un remplaçant, bien que les effets du licenciement ne soient pas immédiats. Plusieurs ministres ont d’ores et déjà annoncé qu’ils ne travailleraient qu’avec les adjoints de la conseillère juridique en attendant la finalisation du processus de remplacement.

Cette crise institutionnelle majeure illustre les tensions croissantes au sein du système démocratique israélien, où l’équilibre des pouvoirs fait l’objet de débats acharnés entre les différentes branches du gouvernement.

 

 

Entre deux mondes : un photographe Habad documente l’œuvre du Rav Kaplan, Chalia’h en Albanie

Entre deux mondes : un photographe Habad documente l’œuvre du Rav Kaplan, Chalia’h en Albanie

Le photographe Habad parisien Mordehai Lubecki s’est rendu à Tirana pour documenter l’action des émissaires Habad en Albanie. Ce voyage de deux jours révèle l’engagement remarquable du mouvement Loubavitch dans les Balkans. À travers son objectif, c’est toute la renaissance du judaïsme albanais orchestrée par Habad qui prend vie.

 

 

En quarante-huit heures intensives, Mordehai Lubecki a capturé l’essence du travail Habad à Tirana, de la gestion du Beth Habad aux services communautaires. Ses images témoignent d’une mission exceptionnelle menée par le Rav Yoel Kaplan et son épouse, véritables ambassadeurs du judaïsme hassidique en terre balkanique.

Mission Habad au cœur de l’Europe des Balkans

L’objectif de Mordehai Lubecki s’est focalisé sur l’extraordinaire travail des émissaires Habad établis à Tirana. En deux jours de reportage, le photographe parisien a documenté avec minutie chaque aspect de cette mission unique dans les Balkans. « J’ai voulu montrer comment Habad parvient à faire renaître la vie juive même dans les contrées les plus improbables », explique-t-il.

Ses clichés révèlent l’organisation méticuleuse du Beth Habad de Tirana, dirigé par le Rav Yoel et Ruth Kaplan depuis leur adresse au Rr. Helmut Kohl 1. De la préparation des offices aux cours de Torah, chaque moment illustre l’engagement total de ces émissaires pour leurs coreligionnaires albanais et de passage.

Un Grand Rabbin Habad après soixante-dix ans d’absence

L’événement le plus marquant demeure l’intronisation historique du Rav Yoel Kaplan comme Grand Rabbin d’Albanie à Hanoukka 2010. Cette cérémonie, qui s’est déroulée en présence du Grand Rabbin d’Israël Shlomo Moshe Amar et du Premier ministre albanais Sali Berisha, marque le retour officiel d’une autorité rabbinique après soixante-dix ans d’interruption.

Cette reconnaissance conjointe du Grand Rabbinat d’Israël et du gouvernement albanais consacre l’action de Habad comme force motrice de la renaissance juive locale. Le Rav Kaplan assume depuis cette date l’intégralité des responsabilités communautaires, des cérémonies religieuses aux questions de casherout.

Services Habad : synagogue et approvisionnement casher

Les photographies de Lubecki immortalisent les différents services proposés par le Beth Habad. La synagogue de Tirana répond aux besoins spirituels moyennant coordination avec le Rav Kaplan au 058-4354770.

L’approvisionnement en produits casher constitue un défi logistique remarquablement relevé par l’équipe Habad. Volailles et viandes congelées, vins et jus de raisin pour Chabbat : tout est disponible sur commande. Cette organisation témoigne de l’adaptabilité légendaire des émissaires Habad face aux contraintes locales.

La présence numérique complète ce dispositif avec une page Facebook active qui maintient le lien communautaire et diffuse les enseignements hassidiques adaptés au contexte albanais.

Extension du réseau Habad méditerranéen

Le Beth Habad albanais fonctionne comme antenne du centre principal de Salonique, en Grèce, également dirigé par les Kaplan. Cette organisation en réseau illustre la stratégie Habad de maillage territorial pour couvrir l’ensemble des Balkans et de la Méditerranée orientale.

Cette approche permet d’assurer continuité spirituelle et soutien logistique, même dans des communautés réduites. Les quelques centaines de juifs résidant aujourd’hui en Albanie, dont plusieurs citoyens israéliens, bénéficient ainsi d’un encadrement religieux professionnel.

Héritage historique et mission contemporaine

L’action Habad s’inscrit dans une histoire juive albanaise exceptionnelle. L’Albanie demeure le seul pays européen où la population juive était plus nombreuse en 1945 qu’en 1938, grâce au code traditionnel du **Besa** qui permit de sauver pratiquement tous les juifs présents durant l’occupation.

Cette tradition d’hospitalité facilite aujourd’hui l’implantation Habad. Les émissaires bénéficient de cette mémoire positive pour développer leurs activités éducatives et spirituelles dans un environnement particulièrement bienveillant.

La galerie de Mordehai Lubecki témoigne ainsi d’un moment historique : celui où le mouvement Habad, fort de ses méthodes éprouvées et de son dévouement sans limites, redonne vie au judaïsme albanais pour les générations futures.

 

 

Rupture du jeûne de Tisha BeAv 5785 au cœur du 770 : un moment d’unité après Maariv

Rupture du jeûne de Tisha BeAv 5785 au cœur du 770 : un moment d’unité après Maariv

 

Des milliers de fidèles et d’étudiants se sont rassemblés au célèbre 770 pour rompre ensemble le jeûne de Tisha BeAv 5785. Cette tradition communautaire s’est déroulée dans une atmosphère chaleureuse après la prière de Maariv. Un repas réconfortant attendait tous les participants de cette soirée mémorable.

 

 

Un rassemblement exceptionnel au 770

Au sein du célèbre bâtiment du 770 Eastern Parkway à New York, surnommé affectueusement « notre maison », des foules d’étudiants de la yeshiva, de fidèles, d’invités et de visiteurs se sont retrouvés pour marquer la fin du jeûne de Tisha BeAv de l’année 5785.

La rupture du jeûne après Maariv

Conformément à la tradition, c’est après la prière de Maariv que l’assemblée a procédé à la Havdala, marquant officiellement la fin de ce jour de jeûne solennel. Ce moment spirituel a ouvert la voie à la rupture collective du jeûne.

Un repas communautaire réconfortant

Les organisateurs avaient préparé un repas varié et nourrissant pour accueillir dignement la fin de ce jour de recueillement. Salade de légumes frais, pâtes et soupe chaude ont été servis aux participants, offrant un moment de partage et de réconfort après les 24 heures de jeûne observées.

 

500 femmes Habad de Tsfat se mobilisent pour une journée d’étude à l’occasion de la Hilloula du Arizal

500 femmes Habad de Tsfat se mobilisent pour une journée d’étude à l’occasion de la Hilloula du Arizal

Plus de 500 femmes Habad de Tsfat se sont rassemblées pour la journée d’étude annuelle du mouvement Habad en l’honneur du Arizal. Cet événement spirituel majeur a réuni les communautés locales autour des valeurs du foyer juif. Une mobilisation exceptionnelle qui témoigne de la vitalité religieuse dans cette ville sainte de Galilée.

 

 

La communauté Habad de Tsfat a organisé sa journée d’étude annuelle rassemblant 500 femmes venues recevoir un enseignement spirituel et pratique. L’événement, tenu au centre Yigal Alon, a bénéficié du soutien des autorités municipales et a proposé un programme riche mêlant enseignements halakhiques et réflexions sur le rôle de la femme juive contemporaine.

Un rassemblement spirituel d’envergure

Comme chaque année à la date du 5 Menahem Av, les femmes Habad de Tsfat et des environs se sont retrouvées pour honorer la mémoire de l’Ari, figure emblématique de la mystique juive. Cette tradition bien établie a pris une ampleur particulière cette année avec la participation de près de 500 femmes venues chercher inspiration et enseignement.

L’événement s’est déroulé au centre Yigal Alon, dans une atmosphère soignée alliant dimension spirituelle et matérielle. Dès l’entrée, chaque participante a reçu un kit personnel et a pu profiter d’un buffet de fruits, café et pâtisseries disponible tout au long de la journée.

Le soutien des autorités locales

La journée a bénéficié de la présence remarquée du maire Yossi Kakon et de son adjoint, le Rav Shneour Lipsker, représentant la faction Habad au conseil municipal. « Nous les remercions pour leur collaboration et leur soutien à cet événement ainsi qu’à toutes nos activités tout au long de l’année », ont déclaré les organisatrices, soulignant l’importance de cette reconnaissance institutionnelle.

Cette présence officielle illustre l’intégration réussie de la communauté Habad dans le tissu social et politique de Tsfat, ville où coexistent différentes sensibilités religieuses.

Des enseignements halakhiques de référence

Le Rav Mordechai Bistritzky, autorité rabbinique locale, a dispensé un enseignement approfondi sur les lois de la tsniout (modestie), soulignant « l’obligation et le privilège de se conduire selon la halakha dans la modestie, qui apporte la bénédiction au foyer et à tout le peuple d’Israël ».

Des intervenantes spécialisées ont approfondi la réflexion sur « la force et la puissance de la maîtresse de maison, femme juive, pour préserver, renforcer et élever son foyer ». Ces conférences ont exploré les moyens de faire les bons choix et de surmonter les défis quotidiens dans une perspective de rédemption.

L’actualité spirituelle au cœur des préoccupations

L’événement a également abordé les sujets d’actualité spirituelle, notamment les directives du Rabbi concernant la multiplication des « sioumim » (célébrations de fin d’étude) et l’étude du Temple pour hâter sa reconstruction prochaine.

Les participantes ont eu le privilège d’assister à la conclusion du traité talmudique Midot par la Rabbanit Hendel, suivie d’un enseignement sur les lois du Temple présenté sous une forme innovante. Cette approche pédagogique moderne a permis d’établir des parallèles saisissants entre le service des Cohanim au Temple et la mission de la femme juive dans son « Temple privé » – le foyer juif.

Un engagement pour demain

À l’issue de cette journée intense en contenu spirituel, présentée avec un niveau d’exigence remarquable, les organisatrices appellent à « se renforcer dans l’accomplissement de notre rôle par des actes concrets, pour triompher chaque jour à nouveau ».

L’événement s’est conclu sur une note d’espoir, rappelant la promesse traditionnelle selon laquelle « grâce aux femmes vertueuses, nous serons délivrés immédiatement et véritablement ». Cette formule, chère au mouvement Habad, résonne particulièrement dans le contexte actuel où les communautés religieuses cherchent à allier tradition et modernité.

Cette mobilisation exceptionnelle témoigne de la vitalité du judaïsme orthodoxe à Tsfat et de l’engagement des femmes dans la transmission des valeurs traditionnelles aux nouvelles générations.

 

Il y a 20 ans, la catastrophe du désengagement du Goush Katif  : quand Habad organisa le plus grand rassemblement de l’histoire au Kotel

Il y a 20 ans, la catastrophe du désengagement du Goush Katif : quand Habad organisa le plus grand rassemblement de l’histoire au Kotel

 

Des centaines de milliers de Juifs se sont rassemblés au Mur occidental la veille de Tisha B’Av 2005, dans une mobilisation sans précédent contre le retrait de Gaza. L’événement, orchestré par Habad, marquait l’une des plus importantes manifestations religieuses jamais organisées à Jérusalem. Cette assemblée historique témoignait de l’opposition massive au plan de désengagement quelques jours avant son exécution.

 

 

Vingt ans ont passé depuis que les soldats israéliens ont arraché, un à un, les habitants juifs de leurs maisons, leurs synagogues, leurs écoles et leurs cimetières dans la bande de Gaza. C’était en août 2005. Le Goush Katif, ensemble de 21 implantations juives florissantes au sud-ouest de la bande de Gaza, n’est plus qu’un souvenir douloureux. Pour certains, un avertissement. Pour d’autres, une erreur à corriger.

Le Goush Katif : naissance d’un rêve pionnier

L’histoire du Goush Katif commence bien avant l’intifada, bien avant même l’évacuation de 2005. Dans les années 1970, à la suite de la guerre des Six Jours, Israël administre la bande de Gaza. En 1977, le gouvernement Begin initie l’installation de populations juives dans la région, avec pour but de créer une barrière démographique entre le sud d’Israël et l’Égypte.
À son apogée, le Goush Katif compte environ 8 000 habitants juifs répartis dans 21 implantations, aux côtés de plus de 1,3 million de Palestiniens. Les implantations prospèrent : agriculture high-tech, serres de tomates, fleurs exportées vers l’Europe, écoles religieuses dynamiques. L’endroit devient une vitrine du sionisme pionnier. Mais aussi une enclave sous tension, cible régulière d’attaques du Hamas et du Jihad islamique.

Le 15 août 2005 débute le désengagement unilatéral orchestré par Ariel Sharon. Officiellement, Israël se retire de la bande de Gaza pour « améliorer sa sécurité » et « réduire les frictions avec les Palestiniens ». Aucun accord de paix n’est signé. Aucun engagement palestinien n’est pris en échange. En tout, ce sont 8 600 Israéliens qui sont déplacés, leurs maisons détruites, leurs terres abandonnées.
Les scènes sont déchirantes. Des soldats en larmes extirpent des familles entières de leur foyer. Les synagogues sont murées, les cimetières sont exhumés. Ce désengagement marque une rupture dans la société israélienne. « On nous a promis la paix. On a eu le 7 octobre », disent encore les anciens habitants du Goush Katif, nombreux à vivre depuis dans des logements provisoires.

Une mobilisation logistique exceptionnelle

Le 12 août 2005, la veille de Tisha B’Av, Jérusalem fut témoin d’un événement exceptionnel. L’esplanade du Mur occidental disparut sous une marée humaine venue de tout Israël pour une « assemblée de prière et de supplication pour l’annulation de l’expulsion des Juifs du Goush Katif et du nord de la Samarie ». Cette mobilisation, organisée par le Comité pour la paix du peuple et du pays en partenariat avec l’Association des Hassidim de Habad, dirigée par le Rav Yossef Its’hak Aharonov, constituait une protestation religieuse d’ampleur historique contre le plan de désengagement de Gaza.

Plus de mille autobus convergèrent vers la capitale sainte, transportant des fidèles depuis le plateau du Golan, Kiryat Shmona jusqu’à Beer Sheva, Mitzpe Ramon et Yeroham. « Une assemblée de cette ampleur n’avait jamais été vue au Mur occidental », déclara alors le commandant de la police de Jérusalem, Youval Franco. Les routes menant à Jérusalem furent paralysées par cette caravane exceptionnelle s’étirant sur cinq kilomètres.

Face aux embouteillages, de nombreux participants abandonnèrent leurs véhicules pour marcher vers le Mur, créant une procession infinie à travers les rues de la Ville sainte. « Le spectacle rappelait la grande montée du peuple d’Israël vers Jérusalem à l’époque du Temple », rapportait alors la presse religieuse, décrivant « des pères et leurs fils, des mères avec leurs enfants en bas âge, marchant avec des livres de Tehilim et des bouteilles d’eau ».

Des dirigeants spirituels unis dans la prière

À la tête de cette assemblée se trouvaient les anciens Grands Rabbins d’Israël : le Rishon LeZion Rav Ovadia Yossef, le Rav Mordekhai Elyahou, et le Rav Avraham Shapira, aux côtés d’Admourim et de Rabbanim de tous horizons. L’événement débuta par la récitation collective de chapitres de Tehilim, suivie des « Selihot » selon les traditions séfarades et ashkénazes.

« L’atmosphère était très lourde en ces jours-là », témoigne le Rav Yossef Its’hak Aharonov. « L’assemblée offrait à chacun la possibilité de se joindre à une prière commune, de percer les portes du ciel, de se renforcer dans l’observance des commandements, avec la foi que le décret serait annulé. »

Un moment particulièrement émouvant marqua l’assemblée lorsque le Rav Elyahou proclama l’acceptation du joug divin en criant « Shema Israël », suivi de la déclaration de Neilah de Yom Kippour : « Hachem hou haElohim » répétée sept fois avec une ferveur indescriptible.

Un héritage spirituel face à l’histoire

L’assemblée se conclut par le chant collectif d' »Ani Maamin », « Yehi ratzon milfanekha sheyibane Beth haMikdash » et « Utzou etzah vetufar », dans une communion spirituelle bouleversante. Les participants exprimaient ainsi leur foi inébranlable en la venue du Messie et leur attachement à la Terre d’Israël.

Vingt ans après cet événement historique, alors que le Goush Katif n’existe plus et que ses habitants ont été dispersés, cette assemblée demeure le symbole d’une mobilisation spirituelle massive. Elle témoigne de la capacité du mouvement Habad à fédérer au-delà des clivages, transformant une protestation politique en élévation collective vers le divin.

 

 

 

 

 

 

Les larmes de Tichea Beav dans l’histoire  : Une lettre poignante  du Rabbi précédent à sa fille, la Rabbanit Haya Moussia

Les larmes de Tichea Beav dans l’histoire : Une lettre poignante du Rabbi précédent à sa fille, la Rabbanit Haya Moussia

La lettre du Rabbi précédent à sa fille, la Rabbanit Haya Moussia, est un récit émouvant et profond de l’histoire du Tichea Beav. Le Rabbi, avec son sens aigu de l’histoire et une connaissance profonde de la tradition juive, raconte les événements tragiques qui se sont déroulés à travers les âges, dépeignant la souffrance et l’endurance du peuple juif.

Il évoque le souvenir des millions de Juifs qui ont péri tout au long de l’histoire, rappelant à sa fille, et à tous ceux qui lisent sa lettre, que le sang de ces personnes coule dans leurs veines. Cette idée évoque non seulement la profonde tristesse et le souvenir des horreurs passées, mais aussi une source d’inspiration et de courage pour surmonter les défis du présent.

La lettre de Rabbi précédent résonne avec une vérité profonde et sombre, mais aussi avec un message d’espoir et de résilience. En décrivant l’histoire du Tichea Beav, il nous rappelle l’importance de se souvenir, de porter le deuil et d’honorer ceux qui nous ont précédés, tout en continuant à vivre et à défendre nos valeurs et nos traditions.

עטר”ת (1919) se transformera en joie et en bonheur.

Ma très chère fille, puisses-tu vivre longtemps,

« Tichea Beav », deux petits mots porteurs d’une amertume profonde et immense.

« Tichea Beav » est une date synonyme de malheurs, de sang, de pleurs et de deuil, de mort et de cris terrifiants. Il est difficile de déterminer ce qui est le plus grand : l’océan dans sa grandeur et sa profondeur, ou Tichea Beav dans sa souffrance et sa mort.

Le commencement de cette journée sombre, ou plutôt, de cette journée noire, remonte à 2449 (soit il y a 3230 ans), lorsque les espions envoyés pour explorer la Terre d’Israël sont revenus de leur voyage (ils étaient partis le 29 Sivan, ont passé 40 jours en route, et sont revenus le jour de Tisha BeAv), et ont fourni un rapport trompeur sur ce qu’ils avaient vu.

Lorsque Israël a quitté l’Égypte, une partie significative des Égyptiens, impressionnés par les grands miracles et les merveilles qu’ils ont vus, se sont convertis au judaïsme. Ils sont appelés « convertis » et ils ont accompli tout ce que les enfants d’Israël ont fait. Cependant, à cause d’eux, les Juifs ont beaucoup souffert. Tous les problèmes provenaient d’eux, car ils incitaient constamment toute la congrégation.

La nature des enfants d’Israël est d’être croyants, et ils sont fiers de leur foi, de leur sainte Torah. Cela les a amenés à avoir une certaine estime pour ces convertis égyptiens  qu’ils ont appréciés. Par exemple, de nos jours, si une personne est libre, c’est-à-dire non pratiquante, mais s’attache aux Juifs et n’a pas honte d’eux, elle suscite en eux plus d’estime qu’un véritable frère qui partage leurs souffrances. Encore plus si cette personne est un étranger, français, anglais, etc., il les apprécie encore plus. Les paroles de ces gens ont une certaine influence sur la foule. Ainsi, lorsque Israël a quitté l’Égypte, ils avaient une certaine estime pour « les convertis », et leurs paroles et leurs opinions ont trouvé une place et ont été acceptées parmi le public.

Les Juifs ont souffert de ces convertis, qui se sont tellement intégrés parmi le peuple qu’ils semblaient en faire partie, mais leur sang demeurait égyptien. Et donc, conformément à leur nature, partout où ils le pouvaient, ils ont conduit Israël vers la dégradation. Ici, ils manquaient d’eau, là, ils manquaient de nourriture et réclamaient de la viande ; la manne ne trouvait pas grâce à leurs yeux, ils cherchaient seulement à rendre amer et à gâcher le bonheur juif.

Lorsque les espions sont revenus et ont rapporté l’ampleur du territoire, la robustesse des forteresses et la puissance des hommes du pays, le peuple juif était incertain sur la manière de réagir, ne sachant s’il devait se lamenter ou se réjouir. Dès lors, « le peuple » a commencé à proférer des « paroles d’incitation » et la nuit de Tisha Beav a été marquée par des pleurs de masse. Ils ne désiraient pas la terre d’Israël, ils préféraient la terre d’Égypte, et ils ont commencé à convaincre les autres de retourner en Égypte.

C’est ainsi que Tichea Beav est né sur les genoux d’Israël, un « cadeau » doux et mérité de nos « bons amis », les Égyptiens qui se sont joints aux Juifs.

Les Juifs de cette génération ont payé pour ce cadeau de leur vie. Pendant 39 années consécutives, à chaque Tichea Beav, ils sortaient dans les champs, hors du camp, à une distance d’un mille ou deux du lieu de leurs pleurs, avec leurs familles, et creusaient des tombes, chacun pour lui-même. La nuit de Tichea Beav, ils se couchaient là, et le matin du jour suivant, les vivants sortaient et les morts étaient recouverts de terre. Ainsi, pendant 39 ans, 585 mille hommes sont morts. Tous ceux qui étaient impliqués dans les pleurs de masse.

En l’an 3338 depuis la création du monde (c’est-à-dire il y a 2341 ans), le premier Temple a été détruit le 9 Av, et des centaines de milliers de Juifs, femmes et enfants, ont été tués de diverses manières. Leurs corps jonchaient les rues et les champs comme de la paille et du bois.

Ce n’est qu’après 70 ans que le Seigneur a ramené les enfants d’Israël à Jérusalem, où ils ont commencé à reconstruire le Temple (le second Temple). Même si les Israélites avaient leurs propres rois à ce moment-là, ils restaient sous la domination de Rome. Cependant, la terre d’Israël constituait un royaume en soi.

Pendant plusieurs siècles, certains Juifs ont cherché à tisser des liens dans les palais royaux et ont commencé à mener une vie de luxe et de richesse. Au début, ils l’ont fait dans le cadre du comportement religieux, mais peu à peu, ils se sont éloignés de la religion.

Au cours des centaines d’années où le second Temple a existé, les Juifs n’ont pas connu la tranquillité. Ce n’était pas comme au temps du premier Temple, qui était un moment de véritable bonheur pour Israël. Mais pendant l’époque du second Temple, de nombreux Israélites étaient dispersés dans différents pays, et partout, les Juifs souffraient de divers maux.

Plus que tout, les Juifs souffraient de jalousie. Tous les peuples enviaient la vie morale juive, la pureté de la vie familiale juive, la loyauté mutuelle entre parents et enfants, la pureté et la beauté qui émanaient d’eux, ainsi que la connaissance de la Torah dans sa pureté, et l’éducation juive traditionnelle selon la Torah. Il y avait aussi une éducation philosophique et d’autres connaissances scientifiques répandues parmi les Juifs, à tel point que même de jeunes enfants pouvaient exprimer clairement et fièrement leur opinion sur les sujets scientifiques les plus élevés.

La famille juive, même dans les situations de pression matérielle, n’a jamais laissé la situation morale juive s’éroder. Leur courage et leurs talents ont toujours été suffisants. Les parents étaient fiers de leurs enfants, les considérant comme des rameaux doux, frais et sains, fleurissant comme des fleurs. Et les enfants étaient fiers de leurs parents, sages, robustes et beaux.

Le Seigneur a donné sa sainte bénédiction, et les Juifs se sont multipliés au fil du temps. L’économie aussi s’est de plus en plus développée, mais la jeunesse a commencé à désirer mener une vie de luxe excessive, suscitant la jalousie de leurs voisins, les Turcs et les Tatars.

La beauté morale et matérielle des Juifs a attiré l’attention des maisons royales, d’Égypte, de Rome et d’autres, et la jeunesse juive s’est impliquée en politique contre la volonté des dirigeants juifs plus âgés.

Un homme a organisé un festin et a envoyé chercher son bon ami, mais le serviteur s’est trompé et a invité un autre homme, qui était son ennemi. Celui-ci a été chassé de la maison. À ce festin s’asseyaient des savants, et l’homme chassé a déclaré que ces savants n’avaient pas réprimandé l’hôte, leur avis devait donc être le même que le sien. En conséquence, il est allé immédiatement dénoncer les Juifs pour leur refus de servir le roi.

À cette époque, il y avait déjà parmi la jeunesse ceux qui avaient beaucoup appris de la culture des nations environnantes. Ils ont commencé à diffuser parmi les masses, accompagnés d’explications détaillées, leur vision que les anciens se basaient uniquement sur la foi, mais que les masses devraient agir par leur propre force, compter sur leur propre puissance pour aller à la guerre et atteindre l’indépendance.

En peu de temps, les jeunes ont réussi à rassembler une foule massive sous la bannière des « Pharisiens » et ont pris le contrôle de tout. Même la direction du Temple, qui était sainte et grandiose aux yeux des nations (il y avait de nombreux pays lointains, et des rois, qui envoyaient des sacrifices, de l’argent et de l’or en cadeau au Temple) était à cette époque dirigée par le grand prêtre. Les « Pharisiens » l’ont prise en main, et sous leur direction, un grand prêtre issu de leur propre rang a été nommé.

Pour inciter le public à choisir la guerre, ils ont brûlé toutes les réserves de céréales, d’huile, de sel et de bois, suffisantes pour des dizaines d’années. Ils ont incendié les maisons, et la famine et la nécessité ont mené à la guerre contre la volonté des anciens.

Pendant dix-huit ans, les Pharisiens ont dirigé l’alliance et ont régné sur Jérusalem pendant quelques années, jusqu’à ce qu’une guerre civile éclate entre trois dirigeants de partis : Yohanan de Galilée, Elazar ben Anani et Simon le Pharisiens. Les grands de Jérusalem ont été emportés par les intrigues et les confusions. Des gens ont été tués et visés sans compter. Dans le Temple, lors des sacrifices, le sang des hommes a été versé.

1400 trésors de toute bonté ont été incendiés, et Simon le Pharisiens a tué les trois fils d’Amithai le prêtre, puis lui-même.

Depuis une seule porte de Jérusalem appelée Kidron, 115 808 cadavres ont été retirés. Au cours de cette guerre, du début jusqu’à la chute de Jérusalem, 601 575 Juifs sont tombés, sans compter ceux tués dans la guerre civile des Pharisiens.

Le 17 Tamouz, les premières brèches ont été faites dans le mur. Pendant trois semaines, les Pharisiens ont combattu contre les Juifs qui voulaient faire la paix dans les meilleures conditions, ainsi que contre les ennemis. Le 9 Av, l’ennemi est entré dans le Temple en créant du tumulte et de la confusion, pillant, brisant et versant le sang des vieux et des jeunes, des femmes et des enfants.

Quelques heures après minuit, le Temple a commencé à brûler. Les prêtres, serviteurs de D.ieu, en voyant le désastre et le terrible décret, ont sauté dans le feu avec joie. Ils proclamaient : si D.ieu a prononcé un décret aussi amer sur sa maison sacrée, nous, ses serviteurs, n’avons plus rien à faire dans ce monde. Nous aussi, nous montons au ciel dans les flammes du Temple brûlant. 80 000 jeunes prêtres ont été brûlés avec le Temple. La fumée de leurs corps en combustion s’est mêlée à celle des murs brûlants. En peu de temps, le Temple a été détruit.

Les ennemis, en voyant la fierté des Juifs (les enfants se soutenant mutuellement, les pères et les mères tuant d’abord leurs fils et leurs filles, puis eux-mêmes, afin de ne pas tomber entre leurs mains), ont infligé aux Juifs encore plus de souffrances. Ils ont pendu 300 nourrissons aux branches des arbres et attaché les anciens aux queues de chevaux, tuant ainsi des dizaines de milliers de Juifs.

Et pourtant, les Juifs sont restés fiers de leur foi et de leur sainte Torah. Dans l’amertume et l’obscurité de l’exil, ils se sont accrochés avec toute leur force à la bannière juive. Rien n’était trop difficile pour eux pour leur Torah et leur foi.

La bravoure d’Israël s’est manifestée à chaque génération, malgré l’Inquisition et toutes les épreuves. Les Juifs ont toujours défendu leur bannière, renforcé l’étude de la Torah pour les jeunes, et, au plus profond de leurs cœurs doux et jeunes, ils ont ancré la foi sacrée, une bonne conduite, et un souvenir constant des prêtres brûlés et du Temple.

L’ère actuelle, amère et sombre, nous donne une compréhension profonde du Tisha BeAv, jour rempli de larmes. Les Juifs-Égyptiens de notre époque nous ont « honorés » à nouveau avec un « Tisha BeAv » renouvelé, un autre désastre à ajouter aux malheurs inoubliables de Shimon Peretz et de ses complices. De nouvelles larmes de sang chaud et frais viennent s’ajouter à nos pages d’histoire déjà trempées de sang.

Nos malheurs ne sont pas moindres que les anciens, car comme autrefois, nos destructeurs et démolisseurs proviennent de nos propres rangs. Nous payons le prix ultime de la vie et de l’honneur des familles – que D.ieu nous en préserve – mais où sont les héros enflammés, les centaines d’enfants qui proclameront ouvertement et librement que nous étions Juifs, que nous le sommes et que nous le resterons ? Que la vie et la mort sont entre les mains de D.ieu, mais que la foi est avec nous, il est à nous et nous sommes à lui, nous ne le remplacerons pas et il ne nous remplacera pas ?!

Où est le courage juif, le drapeau juif ?! Pourquoi vous cachez-vous et avez-vous honte de votre fierté juive ? Rappelez-vous que le sang de millions de Juifs qui a été versé dans tous les pays coule dans vos veines. Nous avons un seul père, et nous partagerons le châtiment ensemble simplement parce que nous sommes Juifs. Nous marchons, aveuglés par « l’amour » de ceux qui prétendent être nos amis et les porteurs de la culture mondiale, qui nous montrent un visage souriant, et à cause d’eux, nous affaiblissons notre véritable culture sacrée.

N’oublions pas ceux qui nous ont offert le sombre et amer cadeau du Tisha BeAv. Eux aussi étaient à l’époque des « bons amis » au visage souriant, tandis qu’aujourd’hui, les larmes ne cessent de couler de nos yeux.

La bravoure d’Israël est intacte, bien que sourde et rétractée. Nos enfants aussi sont remplis du sang juif et forts dans leur foi, leur essence de judaïsme est complète. Alors, espérons que nous ne serons pas tentés par nos amis décevants, et que nous mettrons notre confiance en notre Saint Père, D.ieu béni soit-Il, qui a juré que si nous observons la Torah et les commandements, Il transformera le jour de deuil du Tisha BeAv en un jour éternel de fête, et le Messie viendra.

De moi, ton père, l’un des millions de Juifs qui pleurent et attendent.

Yossef Its’hak Schneersohn

Le Temple: Projet du passé ou mission urgente pour aujourd’hui ? – Par Berel Amar

Le Temple: Projet du passé ou mission urgente pour aujourd’hui ? – Par Berel Amar

 

Structure générale du Temple

La montagne du Temple (Har HaBayit)

  • Située sur une montagne de 500 coudées (environ 250m x 250m)
  • Cinq portes principales : Porte de Shushan à l’est, deux portes Hulda au sud, et autres portes spécialisées

Les différents niveaux de sainteté Le Temple était organisé en zones de sainteté croissante :

  1. Ezrat Nashim (Cour des femmes) – 135 x 135 coudées
  2. Ezrat Israel (Cour d’Israël) – 11 x 135 coudées
  3. Ezrat Kohanim (Cour des prêtres)
  4. Le Hekal (Sanctuaire)
  5. Le Kodesh Kodashim (Saint des Saints)

Éléments architecturaux principaux

L’Autel (Mizbeach)

  • Dimensions : 32 x 32 coudées dans le second Temple
  • Structure en étages avec une rampe d’accès
  • Quatre « cornes » aux angles et un fil rouge au milieu
  • Quatre tas de bois pour les sacrifices

Équipements rituels

  • Le Kiyor : bassin avec 12 robinets pour les ablutions des prêtres
  • La Menorah : candélabre à sept branches
  • La Table des pains de proposition
  • L’autel des encens

Chambres spécialisées Nombreuses chambres (Lishkot) pour diverses fonctions :

  • Stockage (sel, bois, vin, huile)
  • Préparation des sacrifices
  • Logement des prêtres
  • Salle du Sanhédrin (tribunal rabbinique)

Particularités du deuxième Temple

Différences avec le premier Temple :

  • Absence de l’Arche d’Alliance (cachée par le roi Josias)
  • Le Saint des Saints était vide, contenant seulement la pierre de fondation
  • Durée : 420 ans

 

 

Veille de Tichea Beav 5785 au Kottel – Le reportage photographique de Mordehai Lubecki

Veille de Tichea Beav 5785 au Kottel – Le reportage photographique de Mordehai Lubecki

Des milliers de fidèles se sont rassemblés au Kotel dans la nuit de Tisha B’Av pour commémorer la destruction du Beth Hamikdash. Cette tradition séculaire attire chaque année une foule immense venue réciter les Lamentations dans un recueillement profond. Un reportage photographique exclusif de Mordehai Lubecki capture l’émotion de cette nuit particulière à Jérusalem.

 

 

La nuit du 9 Av, jour de jeûne le plus solennel du calendrier juif, a vu converger vers le Mur des Lamentations une multitude de croyants venus pleurer la destruction des Temples de Jérusalem. Cette commémoration annuelle, immortalisée par l’objectif de Mordehai Lubecki, témoigne de la permanence de la tradition juive face aux épreuves de l’histoire.

Une marée humaine vers le lieu saint

Dès la sortie du Chabbat, un flot ininterrompu de fidèles a déferlé vers le Kotel. Hommes, femmes et enfants, venus de tous horizons, ont convergé vers ce vestige du Second Temple pour observer le rituel millénaire de Tisha B’Av. Les ruelles de la Vieille Ville ont résonné du bruit des pas pressés, créant une atmosphère unique où se mêlent ferveur religieuse et émotion collective.

Les forces de sécurité israéliennes avaient renforcé leur dispositif pour encadrer cette affluence exceptionnelle. Malgré la densité de la foule, l’organisation s’est déroulée sans incident majeur, permettant à chacun d’accéder à l’esplanade dans le respect des traditions.

Eicha résonne dans la nuit de Jérusalem

Assis à même le sol selon la coutume, les fidèles ont entonné la lecture d’Eicha, le livre des Lamentations de Jérémie. Cette mélopée plaintive, récitée à la lueur des bougies et des projecteurs, a transformé l’esplanade en un théâtre de recueillement où se mélangent les prières en hébreu et les sanglots étouffés.

« C’est un moment de communion extraordinaire avec notre histoire », témoigne Yossef, venu de Tel-Aviv avec ses trois enfants. « Chaque année, cette nuit nous rappelle la fragilité de notre existence et l’importance de préserver notre héritage. »

L’objectif témoin de l’histoire

Le photographe Mordehai Lubecki s’est glissé discrètement parmi la foule pour saisir ces instants d’intense émotion. Ses clichés révèlent les visages marqués par la solennité du moment, les mains levées vers le ciel et les regards tournés vers les pierres millénaires du Kotel. Son reportage met l’accent sur la diversité des participants : orthodoxes en habit traditionnel côtoyant des séculiers, soldats en permission mêlés aux familles, tous unis dans la même démarche spirituelle.

Tradition et modernité se rencontrent

Ce rassemblement de Tisha B’Av illustre parfaitement la capacité du judaïsme à maintenir ses traditions ancestrales dans le monde contemporain. Les smartphones captant des moments de prière côtoient les Sefer Torah sortis pour l’occasion, créant un contraste saisissant entre modernité et spiritualité.

L’événement s’est prolongé jusqu’aux premières heures du matin, les derniers fidèles quittant l’esplanade au lever du soleil. Cette nuit de Tisha B’Av 2025 restera gravée dans les mémoires comme un moment d’exception, magnifiquement immortalisé par ce témoin privilégié de la vie religieuse israélienne.

https://youtu.be/cSxFUjGH-ok