Rav Mordehaï Eliyahou témoigne sur le Rabbi : « Un guide et un chef pour tous les Juifs »

Rav Mordehaï Eliyahou témoigne sur le Rabbi : « Un guide et un chef pour tous les Juifs »

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Érudition

J’avais entendu parler du Rabbi de Loubavitch avant de le rencontrer, mais rien n’aurait pu me préparer à cette rencontre.

C’est en 1986 que j’ai rencontré le Rabbi pour la seconde fois, en compagnie du grand-rabbin ashkénaze d’Israël, mon collègue Rav Avraham Schapiro. Il était une heure du matin, mais malgré l’heure tardive et une journée de travail communautaire, le Rabbi était totalement alerte. La conversation couvrit toutes les parties de la Torah : le Talmud, la loi juive, la Kabbale, etc. Le Rabbi passait sans effort d’un traité du Talmud à l’autre, et de là à la Kabbale, puis à la loi juive… Il était clair dans tous les sujets et structuré dans ses propos comme s’il venait à l’instant d’étudier ces mêmes sujets dans les livres saints. La Torah tout entière était comme un livre ouvert devant lui.

Les raisonnements tenus par le Rabbi et ses réponses à nos questionnements approfondis étaient d’une sorte qui m’était jusqu’à présent inconnue – clairs et géniaux.

Il y a ceux qui possèdent une vaste connaissance de l’ensemble des sujets de la Torah, mais cette connaissance n’est en général pas approfondie et pointue dans chaque sujet. Rencontrer un grand esprit qui ait à la fois cette érudition et ce degré de maîtrise fut pour moi une expérience inoubliable, un phénomène exceptionnel et rare.

D’où une personne tire-t-elle une telle énergie, de telles capacités ?Il faut se rappeler que le Rabbi ne passait pas sa journée à étudier, bien que même si tel était le cas, son érudition aurait néanmoins été unique en son genre. Une grande partie du temps du Rabbi était consacrée à l’action communautaire. Je peux témoigner que le Rabbi se souciait de chaque Juif dans le monde et était actif dans tous les domaines de la bienfaisance et de la charité, tant spirituels que matériels.

J’ai ressenti que le Rabbi était un homme saint, doté d’une âme particulière. Il n’était pas un individu pour lui-même, pour ainsi dire. Il était l’âme de tout le peuple juif.

J’ai rencontré dans ma vie de nombreux rabbins et dirigeants juifs. Certains étaient érudits dans toutes les disciplines de la Torah, d’autres étaient des leaders qui concrétisèrent de grandes avancées pour le peuple juif et d’autres encore étaient des justes dont les bénédictions produisaient de grands miracles. Mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un qui possède ces trois qualités conjuguées : le génie dans la Torah ; un grand leadership, avec des émissaires dans le monde entier ; et des miracles et des prodiges qui surviennent tout autour de lui.

Le génie, tout simplement

Les discours du Rabbi sur les sections hebdomadaires de la Torah relevaient toujours d’une approche novatrice enrichissant notre compréhension du texte.

Voici un exemple tiré du livre des Nombres (9, 7) :

« Pourquoi serions-nous lésés ? Pourquoi ne pourrions-nous pas offrir le sacrifice de D.ieu en son temps ? » se plaignirent les Juifs qui ne purent pas offrir le sacrifice pascal en son temps imparti – la veille de Pessa’h – du fait de leur impureté. D.ieu désigna alors une date plus tardive. Ainsi, ceux qui n’avait pu offrir l’agneau pascal la veille de Pessa’h pouvaient désormais le faire à l’occasion du « Second Pessa’h », un mois plus tard.

Le Rabbi donne de cela une explication nouvelle qui rejaillit de façon lumineuse sur notre vie quotidienne. Si ces Juifs, dit le Rabbi, n’avaient pas protesté en disant « Pourquoi serions-nous lésés ? », nous n’aurions pas aujourd’hui de Second Pessa’h. Cependant, Moïse entendit ces Juifs protester, il vit quelle était leur peine. Quand il vit leur peine, il fut peiné lui aussi. C’est animé de cette peine qu’il se tourna vers D.ieu, certain que Celui-ci répondrait en offrant une solution qui donnerait à ces Juifs une seconde chance.

Nous aussi ne pouvons pas rester inertes. Nous devons tous demander « Pourquoi serions-nous lésés ? » Pourquoi ne pourrions-nous pas nous inscrire dans la tradition juive au plus haut degré possible, chacun et chacune selon sa capacité ? Car, lorsque nous protestons, D.ieu permet que les possibilités et les capacités soient exploitées au maximum.

Et les notes de bas de page dans les discours publiés du Rabbi soulignent encore plus son génie, lorsqu’on y voit cette profusion de sources qui s’entrelacent.

Le souci de la nation juive tout entière

Je me suis demandé : quel rapport un homme qui est né en Russie et qui réside à Brooklyn peut-il avoir avec les Juifs marocains de Casablanca ? Quelle relation ce rabbin ashkénaze aux États-Unis entretient-il avec les Juifs séfarades du Maroc ? Qu’est-ce qui le motiva à leur venir en aide ?

J’ai une réponse. C’est parce que le Rabbi aimait chaque Juif. Il se souciait de chaque personne en tant qu’individu et de la nation juive tout entière, pas seulement d’un certain groupe. Et chaque individu était important à ses yeux. Il voulait que chaque Juif suive les traditions de ses parents, que ceux-ci aient été ashkénazes ou séfarades.

Un exemple : lors de notre entrevue en 1986, le Rabbi demanda que le Grand-Rabbinat d’Israël organise des Seders publics de Pessa’h dans chaque ville, de sorte que les gens qui n’avaient pas la possibilité de célébrer le Seder puissent le faire dans un cadre communautaire.

Ces Seders organisés attirèrent des Juifs qui n’avaient jamais participé à un Seder. Lorsque nous constatâmes l’ampleur de l’intérêt suscité par cette initiative, nous nous sommes employés à développer ce projet qui, D.ieu merci, est aujourd’hui actif dans de nombreuses villes et communautés à ce jour.

A priori, quel intérêt le Rabbi pouvait-il avoir dans le fait que des Juifs en Israël participent à un Seder de Pessa’h ? Le fait est que c’était important pour lui. Il se souciait de ceux qui autrement n’auraient pas eu de Seder. Il dit qu’il s’inquiétait pour le « cinquième fils », celui qui ne vient pas de lui-même au Seder.

Le peuple juif tout entier était toujours devant ses yeux. Ses émissaires, qui se trouvent partout dans le monde, font un travail extraordinaire. Le Rabbi est le seul dirigeant que je connaisse qui ait envoyé ses élèves les plus doués aux quatre coins du monde pour aider les Juifs qui s’y trouvent.

Audiences avec le Rabbi

Lorsque vous étiez assis en compagnie du Rabbi, c’était comme s’il n’y avait rien ni personne d’autre au monde. Son intérieur était modeste, une chaise simple, un bureau simple. Jour et nuit il étudiait la Torah et agissait pour le bien collectif. Je ne sais pas quand il mangeait ou dormait…

Lors de nos conversations, nos abordâmes de nombreux sujets – dont beaucoup ne peuvent être révélés même aujourd’hui – concernant les épreuves uniques que traverse le peuple juif.

J’ai été fasciné par le fait que le Rabbi connaissait dans les moindres détails ce qui se passait en Israël, comme si lui-même vivait là-bas. Il savait par exemple que dans telle ville il y avait un problème avec le mikvé (le bain rituel), ou que telle région avait besoin d’assistance. Il y a une multitude d’exemples de cela dans nos entrevues, notre correspondance et nos conversations téléphoniques.

Puis, au fil de nos rencontres, je me suis rendu compte qu’il savait ce qui se passe dans le monde entier de la même manière qu’il savait ce qui se passe en Israël. Il savait les problèmes qui affectaient chaque pays, chaque ville – comme s’il y habitait.

Je n’ai pas de mots pour décrire l’honneur que me fit le Rabbi. Le mérite de le rencontrer et le fait qu’il m’ait raccompagné à l’extérieur à l’issue de ma quatrième et dernière entrevue avec lui. Ses derniers mots firent une grande impression sur moi. Après une heure et demie de conversation, le Rabbi exprima sa gratitude et me remercia d’être venu. J’aurais voulu le remercier pour l’honneur qu’il me fit, mais c’est lui qui me remercia.

L’amour de chaque Juif

Le Rabbi n’a jamais mâché ses mots lorsqu’il était préoccupé par une situation. Toutefois, ses paroles étaient toujours empreintes d’amour et de sollicitude. Les dirigeants israéliens savaient que le Rabbi les aimait de tout son cœur, et ils étaient conscients que lorsqu’il leur adressait parfois des reproches, il le faisait par amour pour le peuple juif dans son ensemble et pour chaque personne individuellement.

Je me souviens qu’une fois le Rabbi eut vent d’un complot visant à humilier un Premier ministre israélien. Il fit tout ce qu’il pouvait pour en dissuader les instigateurs. Reprocher des actes, oui ; humilier des personnes, non. Il faut une force particulière pour réprimander et aimer tout à la fois. Cette force découle des enseignements de la philosophie ‘Habad et de son prédécesseur, Rabbi Israel Baal Chem Tov, le fondateur du ‘Hassidisme.

Le Rabbi ne voyait pas de Juifs « pécheurs ». Le Rabbi rapprochait les Juifs, il les acceptait pour ce qu’ils étaient et les rapprochait de leurs racines. Bien qu’il fût un immense érudit, il se souciait activement même des personnes les plus ignorantes.

Lors de nos quatre entrevues, le Rabbi évoquait toujours le mérite d’autres personnes. Quel qu’en fut l’objet, le Rabbi menait la discussion de sorte qu’il puisse faire les louanges d’autres personnes.

Derniers mots

D.ieu fit une grande bonté à notre génération en nous donnant le Rabbi. J’avais craint, cependant, qu’après son décès la structure qu’il avait édifiée s’écroule, D.ieu nous en préserve. Mais, D.ieu merci, il y a une continuation. Il y a un Beth ‘Habad dans tous les endroits où je me rends. Partout dans le monde, même dans les endroits les plus reculés, ‘Habad-Loubavitch est présent, plus encore même qu’avant son décès. Il y a une continuation.

Nous devons toujours examiner nos actions et nous demander : est-ce là ce que le Rabbi me demanderait de faire ? Nous devons nous imaginer que le Rabbi nous regarde, et nous demander : Que dirait-il ? Approuverait-il cela ? Nous devons agir comme si nous étions en présence du Rabbi.

Le Talmud dit : « Notre père Jacob n’est pas mort ». Les Sages demandent alors, qu’est ce que cela veut dire qu’il n’est pas mort ? Ils l’ont enterré et prononcé son éloge funèbre ! Le Talmud explique alors que, puisque ses enfants sont vivants, lui aussi est vivant. Par le fait que ses enfants font des bonnes actions et suivent son chemin, Jacob est encore vivant. Les enfants du Rabbi sont ses disciples. Ils continuent de diffuser le Judaïsme comme il le voulait. Le Rabbi est vivant à travers eux.

Le Rabbi me manque. Il m’est douloureux de me rendre sur sa tombe. Mais le Rabbi nous a laissé ses enseignements, des instructions sur la manière de continuer dans ses voies – et le mouvement ‘Habad suit sa direction.

Il y a 30 ans : La rencontre du Rav Morde’haï Elyahou avec le Rabbi en 1992

Il y a 30 ans : La rencontre du Rav Morde’haï Elyahou avec le Rabbi en 1992

A l’occasion du 25 Sivan, jour de la Hilloula du Rav Rav Morde’haï Elyahou, nous publions sa rencontre avec le Rabbi de Loubavitch, la veille du lundi 6 ‘Hechvan 5752-1991, Parchat Le’h Le’ha

 

Traduit par le Rav Haim Mellul

 

1. (Après quelques propos de bienvenue au Rav Elyahou et à ceux qui l’accompagnaient, le Le Le Rabbi dit:)

Lorsque dix Juifs se rassemblent, la Présence divine se révèle à l’évidence. Un ange qui serait alors présent s’emplirait de crainte au point d’en perdre l’existence. Bien plus, il en est ainsi même lorsqu’ils ne prononcent pas des mots de la Torah, par exemple s’ils en sont dispensés. Combien plus, est-ce donc le cas lorsque leur discussion est directement liée à la Torah.

Rav Elyahou: Bien plus, il est dit que D.ieu «réside parmi eux dans leur impureté».

Le Rabbi : Néanmoins, dire que D.ieu se dévoile même lorsque les Juifs n’étudient pas la Torah présente un aspect véritablement nouveau. En effet, on peut être impur et étudier tout au moins la Torah, qui ne peut en aucune façon contracter un tel état. En d’autres termes, la seule présence de Juifs suffit à provoquer la Révélation divine. Dès lors, tous ceux qui sont présents peuvent en bénéficier.

Rav Elyahou: C’est sans doute dans un tel cas que l’on peut parler de révélation effective.

Le Rabbi : On peut en déduire l’importance de ce dévoilement, lorsque les Juifs étudient la Torah, comme dans le cas présent.

Rav Elyahou: Le chiffre dix n’est pas nécessairement lié au peuple juif. Ainsi, Avraham voulut trouver dix Justes à Sodome. Il s’applique donc aussi aux autres nations.

Le Rabbi : L’épisode d’Avraham précéda le don de la Torah. Lors de celui-ci, néanmoins, le peuple juif fut élu et reçut, jusqu’à la fin des temps, la possibilité de s’unifier à D.ieu, ainsi qu’il est dit «Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un». C’est la raison pour laquelle D.ieu se dévoile, lorsque dix Juifs se rassemblent.

Rav Elyahou: Lorsque les Juifs entrèrent en Erets Israël, ils durent opérer des prélèvements agricoles sur les cultures qu’ils y trouvèrent. La Sainteté est, en effet, rétroactive. Elle remonte ainsi jusqu’à l’époque d’Avraham, avant le don de la Torah.

Le Rabbi : Les prélèvements agricoles sont une Mitsva de la Torah, qui a effectivement la propriété de dévoiler la Sainteté dans le monde.

Rav Elyahou: Il est dit qu’à Yerouchalaïm, la Torah était enseignée aux enfants, car «c’est de Tsion qu’émane la Torah». Ils étaient ainsi guidés vers la crainte de D.ieu. Or, les prélèvements agricoles ont le même effet. De façon générale, l’étude de la Torah est plus élevée, en Erets Israël.

Le Rabbi : La sainteté du pays agit elle-même sur le peuple juif. Il en est ainsi avant même l’étude de la Torah et l’accomplissement des Mitsvot liées à ce pays. De même, les sacrifices révèlent la Présence divine au sein du peuple juif.

Le Rabbi : L’Admour Hazaken explique que D.ieu se dévoile aux Juifs même lorsqu’ils n’étudient pas la Torah, car ils sont eux-mêmes plus élevés qu’elle. Le Tana Dvé Elyahou indique que la Torah et Israël furent les deux préalables à la création. Il dit, en outre, qu’Israël fut conçu avant la Torah elle-même. Celle-ci établit elle-même l’antériorité du peuple juif, non seulement dans le temps, mais aussi dans l’importance.

Rav Elyahou: La Guemara dit que la Torah resta cachée pour D.ieu pendant neuf cent soixante quatorze générations avant la création du monde. Il y a là un laps de temps défini de façon précise, dont l’équivalent n’existe pas pour le peuple juif. Comme le Rabbi le dit, celui-ci précède, en effet, la Torah.

Le Rabbi : La qualité des Juifs n’est pas celle que l’on connaît dans le Gan Eden. Elle est, bien au contraire, vécue, ici-bas, par les âmes vêtues de corps. C’est elles qui sont astreintes à la pratique des Mitsvot. La Divinité peut s’introduire dans chaque niveau de la création. De même, il est dit que «la Torah ne se trouve pas dans le ciel». Les enfants d’Israël vivent en ce monde matériel, où la Torah leur fut donnée. Ils peuvent, en l’étudiant, y révéler la Divinité. Même après la révélation du Mont Sinaï, il est essentiel d’établir l’élévation intrinsèque du peuple juif, qui précède même la Torah. C’est la raison pour laquelle, avant de l’étudier, dès son lever, un Juif dit « Modé Ani », louant D.ieu pour l’essence même de son existence en tant qu’âme vêtue d’un corps.

Le Rabbi : A ce propos, l’importance du corps est clairement soulignée. Il doit être intègre, en bonne santé, afin de servir D.ieu. Dès lors, l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot sont parfaites, étant réalisées par les deux cent quarante huit membres et les trois cent soixante cinq nerfs.

Rav Elyahou: Hillel considérait qu’il faisait du bien à son corps lorsqu’il se lavait. Or, le plaisir qui en découle est lié à l’âme également.

Le Rabbi : Hillel prononça ces mots pour proclamer l’éloge de son âme. Néanmoins, le corps porte à l’évidence la marque de la Présence divine. Mais, il est constitué de chair, de nerfs, d’os et il y a bien là un fait nouveau.

Rav Elyahou: L’intégrité du corps dépend de la pratique des Mitsvot. Chaque membre est lié à certains Préceptes bien définis. C’est en les accomplissant qu’il obtient la plénitude. Ainsi, Rabbi ‘Haïm Vital souffrait de l’épaule et le Ari Zal lui demanda de parfaire son accomplissement des Mitsvot liées à ce membre.

Le Rabbi : On parle également des membres du corps de l’animal. En effet, celui-ci fut créé pour renforcer l’homme physiquement, en se confondant à sa chair et à son sang.

Rav Elyahou: Le ‘Hida parle d’un animal ayant appartenu à un Juif qui refusa de travailler pendant le Chabbat, après avoir été vendu à un non-Juif. Puis, le Juif indiqua à l’animal que, ne lui appartenant plus, il n’était plus tenu de respecter le Chabbat. Voyant tout cela, le non-Juif se convertit au Judaïsme et fut même appelé « fils du boeuf ». Il parle également de l’âne de Rabbi Pin’has Ben Yaïr, qui refusait de consommer une nourriture sur laquelle n’avait pas été pratiqué le prélèvement agricole.

Le Rabbi : Transformer un boeuf ou un âne est un résultat considérable. Un Juif doit en déduire ce que peut être son propre comportement. Ces animaux furent, en effet, créés pour lui.

Rav Elyahou: Le saint Ora’h ‘Haïm indique que celui qui connaît la Torah devient le maître du monde. Celui qui l’ignore, en revanche, ne peut en tirer aucun profit.

Le Rabbi : C’est ainsi que le Rambam interprète toutes les promesses matérielles énoncées par la Torah. Elles ont pour but de libérer l’homme de tout ce qui pourrait troubler son étude de la Torah. Par ailleurs, les biens matériels reviennent également au peuple juif, du fait de sa qualité intrinsèque, qui précéda le don de la Torah. C’est la raison pour laquelle ‘Habad s’emploie à faire du bien à tous les Juifs, à satisfaire leurs besoins, y compris dans le sens le plus matériel et sans exiger l’étude de la Torah en contrepartie. Les Juifs, hommes, femmes ou enfants, existent, en effet, avant même la Torah.

Rav Elyahou: Les propos du Rabbi reçoivent une application concrète. J’ai entendu parler, à Yerouchalaïm, de l’activité du Collel ‘Habad, qui vient en aide également aux Juifs qui n’étudient pas la Torah.

Le Rabbi : Cette aide est proposée aux hommes, aux femmes et aux enfants, comme le fit Yossef lui-même, en Egypte. Chaque Juif est comparé à Yossef et doit donc adopter le même comportement. Bien plus, ce qui est distribué doit dépasser le besoin immédiat, y compris pour ceux qui, pour l’heure, n’étudient pas encore la Torah.

L’élévation d’Israël peut aussi être liée à la Torah. Ainsi, pour que la sainteté soit conférée à un Sefer Torah, le parchemin doit être travaillé et écrit par un Juif. C’est un Juif qui tranche également la Loi. Ce rôle incombe plus spécifiquement aux Rabbanim et aux guides spirituels, dont la décision est partie intégrante de la Torah.

Rav Elyahou: En effet, D.ieu aurait pu nous donner la Torah sans qu’elle ne devienne notre propriété. Nous nous réjouissons donc qu’ «Il nous ait choisi d’entre toutes les nations et nous ait donné Sa Torah». Les créatures célestes elles-mêmes adoptent les décisions des hommes.

Le Rabbi : Une telle question doit être posée aux Rabbanim. Plus encore, ils doivent être trois pour constituer un tribunal.

Rav Elyahou: Un seul Rav peut également trancher. Ainsi, la Guemara raconte que Rabba Bar Na’hmani intervint dans une discussion qui opposait la Yechiva céleste au Saint béni soit-Il.

Le Rabbi : Il était, en effet, expert dans le domaine alors évoqué. Mais, les commentateurs se demandent si, quittant le monde matériel pour se rendre dans la Yechiva céleste afin d’y rendre sa décision, il pouvait encore être considéré comme une âme vêtue d’un corps.

Rav Elyahou: La Guemara raconte que Rabba Bar Na’hmani enseignait la Torah à tous les Juifs pendant deux mois par an. C’est la raison pour laquelle les Romains le recherchaient. Son âme descendit donc ici-bas afin d’introduire la Sainteté de la Torah dans les corps juifs.

Le Rabbi : Bien plus, la sainteté du corps juif dépasse celle de la Torah, au point de pouvoir la transformer. Ainsi, le tribunal des hommes tranche la décision de la Torah. Il peut même, momentanément et pour des raisons circonstancielles, suspendre l’application d’une de ses Lois. C’est ainsi que le Prophète Elyahou offrit des sacrifices sur le Mont Carmel, à l’extérieur du Temple, afin de lutter contre les prophètes du Baal. Les Juifs sont donc bien maîtres de la Torah, pourtant éternelle et ils peuvent se libérer de toutes les contraintes.

Plus encore, dans le cas de la Sotta, un passage de la Torah est effacé, afin de rétablir la paix entre un homme et son épouse. Il en est d’ailleurs ainsi pour une femme qui a adopté un comportement répréhensible, malgré l’avertissement de son mari. On peut en déduire l’importance de chaque Juif, même lorsque son comportement est négatif.

Rav Elyahou: Le Rambam précise, en outre, que, lorsque la femme Sotta meurt, l’homme avec lequel elle a commis une faute, subit le même sort et connaît les mêmes souffrances. On peut en déduire la vérité de la Torah.

Le Rabbi : L’idée importante est ici la forme de la punition. En tout état de cause, il faut faire tout ce qui est nécessaire pour instaurer la paix entre un homme et son épouse. Pour cela, on prend la terre, qui se trouve à la base même du Sanctuaire et une Paracha de la Torah est effacée. Or, l’homme et la femme font allusion au Saint béni soit-Il et à l’assemblée d’Israël. Pendant le temps de l’exil, celle-ci est comme une femme interdite à son époux. Certes, D.ieu est présent, même dans une situation d’impureté. Celle-ci va cependant à l’encontre de Sa volonté. C’est alors qu’une Paracha est effacée, afin de rétablir la paix, qui se dévoilera pleinement lors de la délivrance véritable et complète.

En conséquence, il faut souligner, comme je l’ai déjà fait plusieurs fois, la nécessité, pour les Rabbanim, de confirmer par une décision hala’hique que toutes les dates limites de la délivrance sont dépassées. La Techouva a d’ores et déjà été réalisée, comme l’affirme mon beau-père, le Rabbi. La mission confiée au monde a été pleinement menée à bien et la délivrance véritable et complète doit désormais être effective. Alors, l’impureté n’existera plus. Elle sera écartée et même supprimée. Dans le monde futur, elle n’existera plus et la vie sera éternelle, parfaite et pure.

Rav Elyahou: Le Machia’h sacrifiera pour cela une Vache Rousse. Elle sera la dixième et ses cendres seront mélangées à celle de la première, sacrifiée par Moché.

Le Rabbi : Il y aura également des cendres de toutes les autres vaches rousses sacrifiées à différentes époques. En effet, la délivrance future sera aussi celle de toutes les générations précédentes.

Rav Elyahou: Il est dit également que «Je vous aspergerai d’eaux pures et vous serez purifiés». Cet aspersion sera l’oeuvre de D.ieu Lui-même.

Le Rabbi : Là encore, on peut voir la grandeur d’Israël, qui reçoit sa purification directement de D.ieu. Bien plus, le peuple juif s’élève au dessus de toutes les révélations. C’est la raison pour laquelle, comme le dit la ‘Hassidout, le lendemain de Yom Kippour porte le Nom de D.ieu. Le jour-même de Yom Kippour, en effet, transcende ce Nom. Mais, la Techouva quotidienne peut avoir le même effet. Elle fait de chaque homme un Juste et lui permet de transcender les Noms révélés de D.ieu. Dès lors, un Juif lui-même attribuera à D.ieu Son Nom, comme il le fait, du reste, couramment dans la prière. Il recevra de Lui Ses forces, s’élevant ainsi jusqu’à la racine des âmes juives.

Rav Elyahou: Les Tossafot expliquent que louer « le D.ieu d’Avraham » revient à proclamer Sa Royauté. C’est, en effet, Avraham qui couronna le Saint béni soit-Il Roi du monde.

Le Rabbi : Chaque Juif peut également couronner D.ieu, à Roch Hachana ou au début de l’année, comme l’expliquent nos Sages. On peut, là encore, en déduire la qualité de chaque Juif, imploré par D.ieu de Le proclamer Roi. Pour couronner D.ieu, un Juif fait usage d’un Choffar. En sonner est une action ordinaire. Une corne d’animal a, du reste, peu de valeur. Elle ne peut même pas contracter l’impureté. Elle est pourtant suffisante pour Le proclamer Roi.

Rav Elyahou: Nos Sages considèrent, pour la plupart d’entre eux, que réciter des versets de royauté, des versets de souvenir et des versets relatifs au Choffar, le jour de Roch Hachana, n’est pas une obligation de la Torah, mais seulement une institution de nos Sages. Le Baal Hamaor, en revanche, y voit une décision de la Torah.

Le Rabbi : Une obligation de nos Sages n’en est pas moins grave. Bien plus, elle est également plus agréable.

Rav Elyahou: Il faut cependant avoir conscience de la Mitsva que l’on accomplit. Lorsqu’un Précepte est instauré par la Torah, il faut le savoir, même si le Choul’han Arou’h n’introduit aucune distinction. C’est la raison pour laquelle je souligne l’importance de réciter la formule « Lechem Yi’houd », avant d’accomplir la Mitsva. C’est là un moyen de prendre conscience de ce qu’elle est.

Le Rabbi : Selon la coutume de ‘Habad, cette phrase n’est dite qu’une seule fois, au début du jour, avant « Barou’h Cheamar ». Cette expression, prononcée le matin, conserve ensuite toute sa valeur pendant le reste de la journée, lorsqu’un Juif accomplit les six cent treize Mitsvot.

Rav Elyahou: Je ne connaissais pas cette coutume ‘Habad. Nos Sages disent, néanmoins, constatant la difficulté pour l’homme de prendre conscience de ce qu’il dit, chaque fois qu’il récite une bénédiction, qu’il peut se contenter de cette conscience seulement une fois par jour. Ceci rappelle la coutume de ‘Habad, qui vient d’être exposée.

Le Rabbi : Il en va de même pour l’étude de la Torah. La bénédiction est récitée une seule fois, le matin et s’applique ensuite tout le jour, conserve même toute sa puissance.

Rav Elyahou: Un homme peut entrer, pendant la journée, en un endroit où il est interdit d’étudier la Torah. Le Beth Yossef souligne cependant qu’il ne peut l’oublier. Il doit donc se souvenir des Lois qui s’appliquent en cet endroit.

Le Rabbi : Il suffit également de penser qu’en cet endroit là, on ne peut l’étudier. S’écarter de l’interdiction est, en effet, une obligation, non pas uniquement pour soi-même, mais aussi envers l’autre. Il faut dire à tous que l’on ne peut étudier la Torah en ce lieu.

Rav Elyahou: Certains pensent à différentes choses, lorsqu’ils se trempent dans un Mikwé. Celui-ci, en effet, constitue un domaine indépendant. On peut donc y penser aux paroles de la Torah, si l’on se trouve pas face à la nudité.

Le Rabbi : On peut également le faire en entourant son corps de ses bras.

Rav Elyahou: En revanche, on ne peut se couvrir la tête en y plaçant sa main, qui est partie intégrante du corps.

Le Rabbi : Il est plus important de couvrir la partie inférieure du corps que la tête. A l’époque talmudique, beaucoup ne se couvraient pas la tête. Il y a là un comportement vertueux, qui fut introduit à l’époque du Beth Yossef et du Ramah. Auparavant, se couvrir sans cesse la tête était considéré comme trop difficile. A l’heure actuelle, tous peuvent y parvenir. Il y a, là encore, le moyen d’établir l’élévation du peuple juif, qui sut ajouter ce point à la Torah.

Rav Elyahou: Nos Sages soulignent qu’un tribunal ne peut être trop permissif. Il ne peut, néanmoins, prendre une décision que le public ne peut supporter.

Le Rabbi : Puisse D.ieu prendre en compte la décision de tout le peuple, qui ne peut plus supporter l’exil. Bien plus, telle est également la décision de la Torah, retenue par tous les Rabbanim. Toutes les dates limites sont dépassées et la délivrance véritable et complète doit être immédiate. Le Grand Tribunal tranchera lui-même en ce sens et sa décision sera acceptée par tous.

Rav Elyahou: La Guemara indique qu’en la période messianique, on interrogera Moché et Aharon, chaque fois que l’on sera dans le doute. Interroger le Sanhédrin ne sera donc pas nécessaire. Moché lui-même apportera la réponse.

Le Rabbi : Je m’efforce cependant d’honorer les Rabbanim. C’est la raison pour laquelle je demande de les consulter.

Rav Elyahou: Il est cependant préférable de s’adresser à Moché et Aharon, plutôt qu’au Sanhédrin.

Le Rabbi : La tradition pourra être établie en consultant Moché. Ce qui relève de la Torah, en revanche, doit être tranché par les Sages. Moché et Aharon ne sont que deux avis. Toute question doit être tranchée par la majorité des soixante et onze juges. Bien plus, la qualité de prophète possédée par Moché ne peut être retenue, car «la Torah ne se trouve pas dans le ciel». La prophétie ne fut jamais un critère de réception de la Torah. C’est la raison pour laquelle la Hala’ha peut être modifiée en fonction de l’avis majoritaire du tribunal. Si le Sanhédrin, à l’époque du Machia’h, adopte une décision différente de celle qui est connue à l’heure actuelle, elle s’imposera à tous. C’est la raison pour laquelle, selon l’explication du Ari Zal, la Hala’ha sera tranchée selon l’avis de Beth Chamaï, lorsque le Machia’h viendra. Tel sera alors l’avis majoritaire du Sanhédrin.

Rav Elyahou: Il est dit que le raisonnement de Beth Chamaï était plus profond. C’est la raison pour laquelle une voie céleste dut proclamer que la Hala’ha était tranchée en fonction de l’avis émis par Beth Hillel, caractérisé par son humilité.

Le Rabbi : Pour autant, la fixation de la Hala’ha en fonction de l’avis de Beth Hillel n’est pas une prophétie, mais bien une décision prise par la majorité de nos Sages.

Rav Elyahou: Nos Sages se demandent s’il faudra, dans le monde futur, offrir des sacrifices pour expier les événements se déroulant à l’heure actuelle. Nous pouvons maintenant nous acquitter de notre obligation en étudiant les Lois de ces sacrifices. Néanmoins, Rabbi Ichmaël nota dans un registre les sacrifices qu’il offrirait, quand le Temple serait reconstruit. On peut en déduire que cette obligation s’appliquera effectivement lorsque le Machia’h viendra.

Le Rabbi : Lorsque le Temple sera reconstruit, il faudra offrir un sacrifice. Avant cela, néanmoins, la Techouva peut être parfaite uniquement en étudiant les Lois du sacrifice. Un tel repentir est suffisant pour provoquer la délivrance, pour transformer le Tsaddik en Baal Techouva. Ceci concerne aussi le converti, qui, à l’époque du Temple, devait apporter un sacrifice. Actuellement, il ne peut le faire et doit attendre la reconstruction du Temple pour s’acquitter de son obligation. Pour autant, la valeur de sa conversion n’est pas remise en cause.

Rav Elyahou: La Torah parle du converti « dans vos générations ». On peut en déduire que la conversion est valable à n’importe quelle époque.

Le Rabbi : La conversion ne sera pas remise en cause, lorsque le Machia’h viendra, même avant l’offrande de ce sacrifice. Une conversion réalisée à cette époque est, en effet, irréprochable et l’obligation d’apporter un sacrifice est totalement indépendante.

Rav Elyahou: Nos Sages envisagent également que les quantités minimales définies par la Torah pour l’accomplissement des Mitsvot puissent être modifiées quand le Machia’h viendra.

Le Rabbi : Ces mesures sont aussi indépendantes. Elles s’appliquent également à celui qui ne peut offrir de sacrifice.

Rav Elyahou: Deux actions inférieures à la mesure minimale s’additionnent-elles pour parvenir à cette mesure ou bien doivent-elles être considérées séparément?

Le Rabbi : Une interdiction de la Torah subsiste, même lorsqu’elle est inférieure à la quantité minimale.

Rav Elyahou: Est-ce le cas dans tous les domaines ou uniquement pour ce qui concerne la nourriture?

Le Rabbi : L’Admour Hazaken considère que cette disposition ne concerne pas uniquement la nourriture, mais s’applique dans tous les domaines. Elle est indépendante de toute quantité et concerne, en fait, la nature même de l’interdit.

Rav Elyahou: Rachi, dans son commentaire du traité Chabbat, est de cet avis.

Le Rabbi : Le Maharam Halwa, en revanche, considère qu’il n’y a pas d’interdiction en dessous de la quantité minimale. La plupart des Sages n’adoptent pas son avis.

Rav Elyahou: L’auteur du Yochev Ohalim explique que l’interdiction faite à Adam, le premier homme, de manger le fruit interdit ne lui permettait pas de consommer moins que la quantité fixée.

Le Rabbi : Nos Sages retiennent le principe de la quantité la plus infime, en matière d’interdit.

Rav Elyahou: Ceci concerne en particulier le ‘Hamets, qui est interdit à Pessa’h, même dans la quantité la plus infime.

Le Radbaz explique que l’interdiction du ‘Hamets est particulièrement grave, car celui-ci fait allusion au mauvais penchant. Il doit donc être repoussé tout au long de l’année.

Le Rabbi : A l’exception de Chavouot. Les deux pains de propitiation qui étaient alors offerts étaient ‘Hamets. Le ‘Hamets fait allusion à l’orgueil, mais ceci ne s’applique pas au domaine de la Sainteté. En être fier est, en effet, positif. C’est ce que démontre Chavouot. Un Juif est alors heureux d’avoir reçu la Torah. Bien plus, il en est le maître et ne connaît, dans ce domaine, aucune restriction. Puisse D.ieu faire que l’aspect négatif du ‘Hamets disparaisse bientôt, lorsque «Je retirerai l’esprit d’impureté de la terre».

Rav Elyahou: Alors, l’esprit du Machia’h se dévoilera.

Le Rabbi : Il était présent dès le début de la création, avant même l’apparition de la lumière.

Rav Elyahou: Il dépassait même la Torah.

Le Rabbi : Le peuple d’Israël transcende l’intériorité, la partie la plus profonde de la création.

Rav Elyahou: Il faut donc décider que le Machia’h doit venir.

Le Rabbi : De façon immédiate.

Rav Elyahou: Sans plus attendre et comme nous l’entendons.

Le Rabbi : Il n’y a pas lieu d’attendre encore. Tout a d’ores et déjà été réalisé. On a fait Techouva et l’issue dépend du Machia’h lui-même. Chacun doit pouvoir le désigner du doigt et dire le voici. A l’issue du Chabbat, il y eut le repas de David, le roi Machia’h. La délivrance fut donc célébrée par un repas matériel, dont tira profit le corps.

Rav Elyahou: De même, il convient de tirer un profit physique de la fête de Chavouot, comme le souligne Rachi. Or, le don de la Torah est spirituel.

Le Rabbi : La ‘Hassidout ‘Habad explique que, dans le monde futur, le corps nourrira l’âme, à l’inverse de ce qui existe à l’heure actuelle. L’élévation du corps sera alors établie. Puisse D.ieu faire qu’il en soit concrètement ainsi. Je souligne sans cesse que la délivrance est tout à fait imminente. Chacun doit ouvrir la porte pour la faire entrer chez lui.

Rav Yaacov Katsin: Il est une controverse entre le Saint béni soit-Il et l’assemblée d’Israël, à propos de la délivrance. D.ieu dit: «revenez vers Moi et Je retournerai vers vous». Le peuple Juif, en revanche, proclame: «Eternel, notre D.ieu, fais nous revenir vers toi et nous retournerons». La Hala’ha doit être tranchée selon l’avis du peuple juif, qui est majoritaire. C’est donc à D.ieu de nous faire revenir.

Le Rabbi : La prise en compte de la majorité s’applique également dans la Yechiva Céleste. Combien plus doit-il en être ainsi lorsque la décision concerne l’ensemble du peuple juif.

Rav Elyahou: Le Ben Ich ‘Hay donne à ce propos une très belle explication. Il dit que, de façon générale, le plus puissant l’emporte. Dans le cas présent, en revanche, il en est autrement et c’est le peuple juif, la plus inférieure des deux parties, qui l’emporte.

Le Rabbi : L’essentiel est que la délivrance soit immédiate. Il ne faut pas attendre que nous rentrions en Erets Israël. Vous êtes vous-mêmes, pour l’heure, à l’extérieur de ce pays, mais vous n’aurez sans doute aucune objection si la délivrance est immédiate. Vous rentrerez en Erets Israël par la suite.

Rav Elyahou: En Erets Israël, on commence à demander les pluies, dès demain soir. A l’extérieur de ce pays, en revanche, on le fait soixante jours après le solstice de Tichri. Que doit faire celui qui réside en Erets Israël, mais se trouve, à cette date, à l’étranger, comme c’est actuellement mon cas?

Le Rabbi : On trouve différents avis à ce propos, parmi les décisionnaires. Quel est votre propre position?

Rav Elyahou: J’adopterai l’avis du Radbaz, bien qu’il soit contesté par le ‘Hida. Je conserverai donc la coutume d’Erets Israël. Cette bénédiction a, en effet, pour but d’assurer la subsistance d’Erets Israël, pays de ma demeure fixe. Celui qui conduit la prière peut également ne pas adopter le même texte dans celle qu’il dit à voix basse et dans celle qu’il répète pour la communauté.

Le Rabbi : Dans la communauté du Rav Hecht, qui est ici présent, certaines coutumes sont celles des Sefaradim de Terre Sainte.

Rav Elyahou: Dans l’une des synagogues, la bénédiction des Cohanim est récitée chaque jour. Les Sefaradim la disent également pendant la prière de Néïla, à Yom Kippour, de même que chaque jour de jeûne. Certains demandent aux Cohanim de se tremper au Mikwé avant de la réciter. Les coutumes des Sefaradim, dans ce domaine, diffèrent de celles des Achkénazim.

Le Rabbi : Grand est le mérite des Sefaradim, qui reçoivent quotidiennement la bénédiction des Cohanim. L’Admour Hazaken voulut instaurer une telle pratique, mais elle ne fut pas acceptée par la communauté. Il faut donc que la délivrance véritable et complète soit immédiate. Alors, cette bénédiction sera effectivement récitée dans le Temple.

Rav Elyahou: Il n’est nul besoin d’attendre que le Temple soit construit, car il est déjà prêt, là-haut.

Le Rabbi : Il peut donc se dévoiler dès cette nuit, dès cet instant.

Rav Elyahou: Alors, «la nuit éclairera comme le jour». Ce fut le cas, lors de la sortie d’Egypte et la délivrance doit être immédiate.

Le Rabbi : Véritablement immédiate et concrète, sans qu’aucune ambiguïté ne soit possible à ce propos.

Rav Elyahou: Je voudrais recevoir la bénédiction du Rabbi pour ne pas commettre d’erreur en tranchant la Hala’ha. Je déciderai alors que la délivrance doit être immédiate et le Machia’h viendra aussitôt.

Le Rabbi : De façon concrète. Dans votre tribunal rabbinique, figure également un Cohen, le Rav Shapiro. le Rambam dit, en outre, que lorsque le Machia’h viendra, «l’occupation du monde sera uniquement la connaissance de D.ieu, ainsi qu’il est dit: la terre s’emplira de connaissance de D.ieu, comme l’eau recouvre le fond de la mer».

L’eau fait allusion à la Torah, qui concerne, de façon directe, les Rabbanim siégeant dans ce tribunal. Bien plus, il est dit que «de Tsion jaillira la Torah et la Parole de D.ieu de Yerouchalaïm». Tout dépend bien de vous.

Rav Elyahou: Nous pouvons prendre cette décision, malgré notre présence en exil. Le Radbaz tranche, en effet, que l’on peut, à l’extérieur d’Erets Israël, faire comme si l’on se trouvait dans ce pays. Nous déciderons donc que le Machia’h doit venir immédiatement.

Le Rabbi : La ‘Hassidout explique que l’homme se trouve là où est sa volonté. Ceci a une incidence hala’hique, dans le cas du Erouv. Lorsque vous êtes ici, votre pensée se trouve sans doute en Erets Israël, à Tsion et à Yerouchalaïm. C’est donc là que vous êtes véritablement. Puisse D.ieu faire que vous répandiez la Sainteté d’Erets Israël à l’extérieur de ce pays, de sorte que les hommes qui y résident puissent la recevoir.

Rav Elyahou: Je demande au Rabbi une bénédiction de guérison complète pour le Rav Yehouda Tsadka.

Le Rabbi : Son mérite est considérable. Il a formé de nombreux disciples, conformément au principe de la Michna. Telle fut son activité pendant de nombreuses années. Or, la Torah apporte la guérison au monde. Puisse donc cette guérison être proche et entière, pour tous les enfants d’Israël, partout où ils se trouvent. La guérison essentielle nous permettra de quitter l’exil. Un Alef sera introduit dans la Gola pour en faire la Gueoula, la délivrance véritable et complète, qui sera immédiate, avant même que vous ne rentriez en Terre Sainte. Alors, nous nous y rendrons, avec nos jeunes et nos vieux, nos fils et nos filles.

Rav Elyahou: Amen.

Le Rabbi : Bénédiction et réussite. Je vous remercie beaucoup.

Rav Elyahou: Je remercie moi-même le Rabbi.

Le Rabbi : Puisse D.ieu faire que la délivrance soit très proche. Alors, je vous rendrai visite dans votre demeure, en Terre Sainte.

Rav Elyahou: Vous y serez le bienvenu. Je le dit avec une grande joie. Vous serez le bienvenu, au Nom de D.ieu. Je voudrais présenter mon fils au Rabbi. Il dirige un Collel. Il faut le renforcer, afin qu’il s’élève dans l’étude et soit un érudit.

Le Rabbi : Amen. De nombreuses personnes étudient dans un Collel. Puisse D.ieu faire que D.ieu réside en lui. Il étudiera la Torah dans la joie et l’enthousiasme. Bénédiction et réussite.

(Le Rabbi sortit pour raccompagner le Rav Elyahou et lui dit:)

Il convient d’offrir à son invité nourriture, boisson et accompagnement. Je ne vous ai rien donné à manger et à boire, je vous accompagnerai donc.

Rav Elyahou: Puisse D.ieu faire que le libérateur arrive immédiatement, dès ce jour.

Le Rabbi : Dès cette nuit, par le mérite de l’hospitalité, nous accueillerons la Présence divine.

(Le Rabbi accompagna le Rav Elyahou et encouragea le chant, lorsque les présents chantèrent « Ki Bessim’ha Tétséou ».)

 

 

VIDEO INTEGRALE

 

בס »ד. רשימת הדברים ושקו’ט של כ »ק אדמו’ר  בעת ביקור הרה »ג וכו’ וכו’ מרדכי אליהו (הרב הראשי דאה’ק)

ליל ב’ פ’ לך לך, ו’ מרחשון ה’תשנ’ב.

א. (לאחרי חילופי דברי ברכה קצרים עם הרב אליהו ומלוויו – אמר כ’ק אדמו’ר 🙂

בנוגע להשראת השכינה במעמד עשרה מישראל ביחד (כפי שנמצאים כאן), כמארז’ל ‘כל בי’ עשרה שכינתא שריא’ – כותב בעל התניא באגרת הקודש ש’אילו נמצא מלאך אחד עומד במעמד עשרה מישראל ביחד אף שאינם מדברים בדברי תורה, תפול עליו אימתה ופחד בלי גבול ותכלית משכינתא דשריא עלייהו עד שהי’ מתבטל ממציאותו לגמרי’.

והחידוש בזה – שהשראת השכינה היא ‘אף שאינם מדברים בדברי תורה‘ (באופן המותר, כמובן, שפטורים מלימוד התורה, כיון שעוסקים במצוה אחרת, וכיו’ב), כלומר, נוסף לכך ש’עשרה שיושבין ועוסקין בתורה שכינה שרוי’ ביניהם’, ישנה השראת השכינה בין ‘עשרה שיושבים’ מצד עצם הנוכחות של עשרה מישראל.

הרב אליהו : ענין זה הוא בבחינת ‘אשרי יושבי ביתך’ – שאף שיושבים בלבד, אשריהם. וחידוש גדול יותר בפסוק ‘השוכן אתם בתוך טומאתם’ – שהשכינה ביניהם היא גם במצב שאינם ראויים כ’כ בגלל היפך הטהרה.

כ’ק אדמו’ר : אפשר לומר, שבהדגשת רבינו הזקן שהשכינה שרוי’ במעמד עשרה מישראל אף שאינם מדברים דברי תורה יש חידוש גדול יותר מאשר בפסוק ‘השוכן אתם בתוך טומאתם’, כי:

בפסוק ‘השוכן אתם בתוך טומאתם’, יש לומר, שהטומאה אינה שוללת השראת השכינה שצריכה להיות ביניהם מצד לימוד התורה, כמארז’ל ש’דברי תורה אינם מקבלין טומאה’, ומזה מובן שהטומאה אינה שוללת מעלת השראת השכינה שנעשית ע’י לימוד התורה; ואילו החידוש שבדברי רבינו הזקן הוא בנוגע להשראת השכינה (לא מצד ההתעסקות בענין שממשיך השראת השכינה, אלא) מצד עצם נוכחותם של עשרה מישראל.

ויש להוסיף בדיוק הלשון ‘שכינתא שריא‘ (‘שכינה שרוי’ ביניהם’) – שהשראת השכינה הו’ע נעלה יותר מאשר נוכחות השכינה, שלא זו בלבד שהשכינה נמצאת ביניהם, אלא שקדושת השכינה נמשכת ושורה על כל הנמצאים בהסביבה.

הרב אליהו : עפ’ז אפשר לומר ש’שכינתא שריא‘ הו’ע נעלה יותר מ’השוכן אתם בתוך טומאתם’, שפירושו ‘אע’פ שהם טמאים שכינה ביניהם‘.

כ’ק אדמו’ר : וכאמור, השראת השכינה במעמד עשרה מישראל היא ‘אף שאינם מדברים בדברי תורה’, ומזה אפשר לשער גודל העילוי והתוקף שבמעמד עשרה מישראל כשמדברים ועוסקים בתורה, כבנדון דידן.

ב. הרב אליהו : המעלה של עשרה היא לא רק בישראל, כפי שמצינו בתפלתו של אברהם על סדום ש’על פחות (מעשרה) לא ביקש, אמר, דור המבול היו ח’, נח ובניו ונשיהם ולא הצילו על דורם’, שמזה מובן שהמעלה של עשרה היא גם באומות העולם.

כ’ק אדמו’ר : הראי’ מאברהם אבינו היא רק בנוגע לזמן שלפני מתן-תורה, משא’כ לאחרי מתן- תורה שהקב’ה בחר בישראל דוקא (כהפס’ד בהלכה שבאמירת ‘ובנו בחרת מכל עם ולשון’ צריך לכוין על מעמד הר סיני, כיון שאז היתה הבחירה בישראל), ומאז, במשך כל הדורות עד היום הזה, ועד סוף כל הדורות, קשורים ומאוחדים ישראל עם הקב’ה, ‘ישראל אורייתא וקוב’ה כולא חד’, ולכן, ‘אכל בי’ עשרה שכינתא שריא’.

הרב אליהו : בירושלמי חלה מצינו שכשנכנסו ישראל לארץ ומצאו קמחים וסלתות חייבים בחלה, כיון שחלות הקדושה היא מלמפרע, מזמנו של אברהם אבינו (‘לזרעך נתתי את הארץ’), קודם מתן-תורה.

כ’ק אדמו’ר : בנוגע לחיוב דחלה – ה’ז מצוה בתורה, והחידוש בירושלמי הוא שקיום התומ’צ בעתיד (לאחרי הכניסה לארץ) פועל חלות הקדושה מלמפרע (מזמנו של אברהם אבינו), שישנה גם הקדושה שתומשך ע’י קיום התומ’צ.

הרב אליהו : חלות הקדושה מהני לקיום התומ’צ, כדאיתא בבבא בתרא ‘התקינו שיהיו מושיבין מלמדי תינוקות בירושלים, מאי דרוש, כי מציון תצא תורה’, ופירשו התוספות ‘לפי שהי’ רואה קדושה גדולה כו’ הי’ מכוון לבו יותר ליראת שמים וללמוד תורה, כדדרשי’ בספרי למען תלמד ליראה וגו’, גדול מעשר שני שמביא לידי תלמוד, לפי שהי’ עומד בירושלים והי’ רואה שכולם עוסקים במלאכת שמים ובעבודה הי’ גם הוא מכוון ליראת שמים ועוסק בתורה’. וכן מצינו שלימוד התורה בארץ הקודש, בקדושת הארץ, הוא באופן נעלה יותר.

כ’ק אדמו’ר : וכן לאידך, שגם קדושת הארץ כשלעצמה (לפני קיום התומ’צ) פועלת בישראל, כמובן מהפלאת קדושת הארץ בדברי חז’ל שהעלי’ והביאה לארץ ישראל כשלעצמה – לפני לימוד תורת ארץ ישראל וקיום המצוות התלויות בארץ, ועד להקרבת הקרבנות – פועלת המשכת השכינה על בנ’י.

ג. כ’ק אדמו’ר : ההסברה בדברי רבינו הזקן שהשראת השכינה על בנ’י היא גם כשאינם מדברים בדברי תורה (כנ’ל ס’א), היא, מפני שישראל הם למעלה מהתורה:

איתא בתנא דבי אליהו ‘שני דברים קדמו לעולם, תורה וישראל, ואיני יודע איזה מהם קודם, כשהוא אומר צו את בני ישראל דבר אל בני ישראל, אומר אני ישראל קדמו’, כלומר, מחשבתן של ישראל קדמה לכל דבר, אפילו לתורה, והראי’ על זה היא מהתורה עצמה, שכל מציאות התורה היא הציווי והדיבור לבנ’י, וזוהי גדלות התורה שהיא בעצמה מגלה ומודיעה שיש דבר שקודם לתורה – ישראל קדמו לתורה, קדימה לא רק בזמן, אלא גם (ובעיקר) במעלה.

הרב אליהו : בנוגע לתורה – נתפרש בגמרא ש’גנוזה לך תשע מאות ושבעים וארבעה דורות קודם שנברא העולם’, זמן מוגבל, ואילו בנוגע להקדימה דישראל לעולם (כמובא בפירוש רש’י בהתחלת התורה שבריאת העולם היא בשביל תורה וישראל שנקראו ראשית, ‘קודש ישראל לה’ ראשית תבואתה’) לא מצינו הגבלת זמן, ויש לומר הטעם – כמו שהרבי אומר – שישראל הם לפני התורה.

כ’ק אדמו’ר : ומעלתם של ישראל שקדמו לתורה (כמודגש בתורה, צו את בנ’י ודבר אל בנ’י) היא – לא כפי שנמצאים בגן עדן, נשמות בלא גופים, אלא כפי שנמצאים בעולם הזה, נשמות בגופים, שדוקא במעמד ומצב זה ניתנו להם ציוויי התורה.

וענין זה מודגש גם בדיוק הלשון ‘אכל בי’ עשרה שכינתא שריא’, שכינה דייקא: באלקות ישנם כמה דרגות, כולל גם דרגות שהם למעלה מהשראת השכינה למטה, ובלשון הכתוב ‘השמים ושמי השמים לא יכלכלוך’, והדיוק בתואר ‘שכינה’ הוא ‘ע’ש ששוכנת ומתלבשת תוך כל עלמין’, בעוה’ז התחתון, שבו ניתנה התורה, כמ’ש ‘לא בשמים היא’.

ובהיות בנ’י בעוה’ז התחתון, שבו ניתנה להם התורה – גדלה מעלתם ממעלת התורה, שלכן, ‘אכל בי’ עשרה שכינתא שריא’, ‘אף שאינם מדברים בדברי תורה’.

כלומר: גם לאחרי מתן-תורה, ולאחרי כל הדורות עד לדורנו זה שבנ’י לומדים תורה ומחדשים בתורה – דבר נחוץ ועיקרי בכל דור ובכל יום לקיומה של הבריאה כולה שנבראת ‘בשביל התורה שנקראת ראשית’ – ישנה מעלתם של ישראל (שקודמים לתורה), ולכן, עוד לפני שיהודי מתחיל בלימוד התורה, ולפני אמירת ‘מודה אני לפניך’ בהתחלת היום (כשעדיין ישן), שאז אינו יכול לעסוק בתורה כיון שלא אמר ברכת התורה – ישנו העיקר, עצם המציאות של איש ישראל, נשמה בגוף.

ד. כ’ק אדמו’ר : בענין זה מודגשת גם גודל חשיבות הגוף דוקא, שצריך להיות גוף בריא ושלם – מצד עצם מציאותו שהוא גוף של יהודי, נוסף לכך ש’היות הגוף בריא ושלם מדרכי עבודת ה’ הוא’, שעי’ז נעשה לימוד התורה וקיום המצוות בשלימות, באופן ש’כל עצמותי תאמרנה’, ‘ערוכה בכל רמ’ח אברים’, ברמ’ח אברים ושס’ה גידים בריאים ושלמים.

הרב אליהו : מצינו במדרש שכשהלל הי’ הולך לרחוץ הי’ אומר שהולך לגמול חסד עם הגוף, כלומר, אף שרחיצה הו’ע של טהרה הקשורה עם הנשמה, ה’ז גם הנאת הגוף.

כ’ק אדמו’ר : במדרש שם: ‘אני שנבראתי בצלם ובדמות עאכ’ו’, כלומר, שהלל אמר זה בשבחה של הנשמה, שיש לה זכות לגמול חסד עם הגוף שנברא ע’י הקב’ה (כלשון חז’ל ‘לך ואמור לאומן שעשאני’), שבו נגלה ונראה כח הבורא, כי, הנשמה להיותה רוחנית לא רואים בה חידוש גדול של כח הבורא, ודוקא בבריאת גוף גשמי, בשר וגידים ועצמות, רואים חידוש גדול דכח הבורא.

הרב אליהו : שלימות ובריאות כל הגוף תלוי’ בקיום כל המצוות, כיון שלכל אבר ואבר יש מצות עשה השייכת לאבר זה [מסופר שהרח’ו סבל פעם על הכתף, ואמר לו האריז’ל שצריך לתקן ולהשלים בקיום העשה השייך לאבר זה], וע’י קיומו בשלימות נעשה האבר שלם, בלי מום, ככל פרטי הדינים דשלימות האברים שהובאו להלכה בספרו של הרמב’ם.

כ’ק אדמו’ר : החידוש בזה – שהפירוט דשלימות האברים הוא (לא רק בנוגע לאדם, אלא גם) בנוגע לבהמה, כי, גם הבהמה היא בשביל איש הישראלי, ‘בשביל ישראל שנקראו ראשית’, שהיא מזינה ומוסיפה כח ובריאות בגופו של איש ישראל עי’ז שנעשית דם ובשר כבשרו.

הרב אליהו : החיד’א מפרש את הפסוק ‘ידע שור קונהו וחמור אבוס בעליו וגו », ש’ידע שור קונהו’ הוא שורו של ישראל שלא רצה לעבוד בשבת לאחרי שנמכר לגוי, עד שלחש היהודי לשור שכיון שנמכר לגוי צריך לעבוד בשבת (וכשראה זאת הגוי, הלך ונתגייר, וקראו לו בן תורתא), ו’חמור אבוס בעליו’ זה חמורו של רבי פינחס בן יאיר שלא רצה לאכול אצלם מאבוס שלא הי’ מעושר. ועל זה אומר הנביא שישראל צריכים ללמוד מהם מוסר, כמ’ש ‘מלפנו מבהמות ארץ’.

כ’ק אדמו’ר : וזהו העילוי הכי גדול שיכולים לפעול אצל השור והחמור – שמהם למדים ישראל בנוגע להנהגה שלהם, כאמור, שמציאות השור והחמור היא ‘בשביל ישראל’.

ה. הרב אליהו : בנוגע לבריאת העולם בשביל התורה ובשביל ישראל, כותב האור-החיים הקדוש ‘מי שזכה בתורה זכה בכל עולם, ומי שלא זכה בתורה אין לו ליהנות מן העולם עד מדרך כף רגל זולת אם ישמש הכשר עמלי ».

כ’ק אדמו’ר : ענין זה הוא פס’ד ברמב’ם בנוגע ליעודים הגשמיים שבתורה – ‘מהו זה שכתוב בכל התורה כולה אם תשמעו יגיע לכם כך .. כל אותן הדברים בעולם הזה, כגון שובע .. ושלום וכו », וכי זהו ענינה של התורה לדבר אודות יעודים גשמיים?! ‘אלא כך הוא הכרע כל הדברים .. הבטיחנו בתורה .. שיסיר ממנו כל הדברים המונעים אותנו מלעשותה .. וישפיע לנו כל הטובות המחזיקות את ידינו לעשות התורה, כגון שובע ושלום וריבוי כסף וזהב כו », כלומר, שטובתם הגשמית של בנ’י היא כדי שיעסקו בתורה.

אבל, מלבד זה צריכה להיות טובתם הגשמית של בנ’י גם (ובעיקר) בגלל מעלתם של ישראל מצד עצמם, שקודמים לתורה.

ולכן משתדלים בחב’ד להתעסק בטובתם של בנ’י, לספק כל צרכיהם, גם צרכים גשמיים כפשוטם, לאו דוקא בתנאי שילמדו תורה, אלא מפני שמדובר אודות בני ובנות ישראל, אנשים נשים וטף, שמציאותם קדמה לכל העולם כולו, גם לתורה.

הרב אליהו : דברי כבודו הם לא רק פסק הלכה והוראה, אלא גם למעשה, כפי שידוע לי בירושלים, מהפעילות של ‘כולל חב’ד’, שעוזרים ומסייעים לאנשים גם לפני לימוד התורה, ישראל לפני תורה.

כ’ק אדמו’ר : העזרה היא הן לאנשים והן לנשים וגם לטף, כמ’ש ביוסף ‘ויכלכל יוסף את אביו ואת אחיו ואת כל בית אביו לחם לפי הטף’, ‘לפי הצריך לכל בני ביתם’, ובאופן כזה צריכה להיות הנהגתם של ישראל – שנקראים על שם יוסף, כמ’ש ‘נוהג כצאן יוסף’, ‘לפי שהוא פירנסם וכלכלם כו » – ‘ויכלכל גו’ לחם לפי הטף’.

ויש להוסיף בזה ע’פ המבואר במדרש בפי’ ‘לחם לפי הטף’, ש’יותר ממה שהתינוק אוכל מפרר’ (כפי שרואים במוחש בדרך הטף, גם טף דאוה’ע), היינו, שהנתינה היא לא רק המוכרח לצרכיהם, לחם לאכול ובגד ללבוש, אלא גם בשביל מה שמאבדים בהפירור (שהוא יותר ממה שאוכלים) – שבזה מרומז שנתינת הצרכים הגשמיים לבנ’י היא לא רק עבור לומדי תורה, ע’ד ובדוגמת הלחם שניתן לגדולים שיש בו תועלת האכילה, אלא גם עבור בנ’י שלעת-עתה הם לפני לימוד התורה (ולא בתור תנאי כדי שילמדו תורה), ע’ד ובדוגמת הלחם שניתן לקטנים כדי לפרר שאין בו תועלת האכילה.

ו. כ’ק אדמו’ר : נוסף על האמור לעיל ע’ד הקדימה דישראל לתורה שגם לולי לימוד התורה שורה השכינה עליהם, מודגשת מעלתם של ישראל שקודמים לתורה גם בשייכותם לתורה.

ומהדוגמאות לזה:

קדושת ספר תורה נעשית ע’י ישראל דוקא – החל מעיבוד העורות לשם קדושת ספר תורה, ועד לכתיבת הספר תורה לשם קדושת ספר תורה.

בירור פסקי דיני התורה נעשה ע’י ישראל דוקא – שע’י לימודם ועיונם בשקו’ט כו’ מבררים ופוסקים דיני התורה, ובמיוחד אלו מבנ’י שנתמנו לרבנים ומורי הוראה שהפס’ד שלהם נעשה פס’ד דתורה.

הרב אליהו : בהגדה של פסח אומרים ‘אילו קרבנו לפני הר סיני ולא נתן לנו את התורה דיינו’, וא’ הפירושים, שקרבנו לפני הר סיני וקבלנו את התורה, אבל לא נתן לנו את התורה במתנה מוחלטת שתהי’ שייכת אלינו באופן שהפס’ד שלנו מחייב שכך יהי’ הפס’ד למעלה, ועל כן שמחים אנו שמחה מיוחדת ש’בחר בנו מכל העמים ונתן לנו את תורתו’, שע’פ הפס’ד שלנו יתנהגו גם למעלה, כדאיתא במדרש ‘כשמתכנסין מלאכי השרת לפני הקב’ה לומר אימתי ר’ה .. הקב’ה אומר להם .. אני ואתם נלך אצל ב’ד של מטה’.

כ’ק אדמו’ר : (בחיוך): שאלה זו שואלים אצל הרבנים, ודוקא שלשה רבנים, בית דין.

הרב אליהו : מצינו שגם רב אחד יכול לפסוק – כמסופר בגמרא אודות הפלוגתא במתיבתא דרקיעא אם בהרת קודמת לשער לבן כו’, שאמרו, שיש לשאול אצל רבה בר נחמני.

כ’ק אדמו’ר : הסיבה לכך היא – כההמשך בגמרא – ‘דאמר רבה בר נחמני אני יחיד בנגעים אני יחיד באהלות’.

ובענין זה מודגש יותר שהפס’ד בתורה צ’ל ע’י נשמה בגוף דוקא (כנ’ל ס’ג), כי, פלוגתת הפוסקים אם הלכה כרבה בר נחמני תלוי’ אם יש לו דין של נשמה בגוף אם לאו, ‘דכיון דבשעת יציאת נשמה הוא דאמר הכי הוי בכלל לא בשמים היא’, או שחשיב עדיין נשמה בגוף.

[הרב אליהו : אודות רבה בר נחמני מסופר באותה סוגיא שהי’ אוסף רבים מישראל שתי חדשים בשנה (ירחי כלה) ללמדם תורה, ובגלל זה רדפה אותו המלכות. ומזה מובן שנשמתו של רבה בר נחמני ירדה לעולם כדי להכניס קדושת התורה בגופות של בנ’י.

כ’ק אדמו’ר : כולל גם באופן שקדושתם היא למעלה מקדושת התורה, ועד שהם פועלים קדושת הספר תורה, כנ’ל].

זאת ועוד:

לא זו בלבד שב’ד פוסקים דיני התורה (גם בענין שיש בו פלוגתא במתיבתא דרקיעא), אלא יתירה מזה, שבכחו של בית דין לעשות היפך התורה בתור הוראת שעה, בדוגמת אליהו בהר הכרמל שהקריב בחוץ כדי להכחיש את נביאי הבעל ולהחזיר את ישראל למוטב עד שאמרו ‘הוי’ הוא האלקים הוי’ הוא האלקים’, שבזה מודגשת הבעלות של ישראל על התורה, שבכחם לעשות היפך התורה – אמנם בתור הוראת שעה בלבד, כיון שהתורה היא נצחית, אבל, בשעה זו נעשה יהודי בעה’ב על התורה ללא כל הגבלות.

ז. וחידוש הכי גדול – שמצינו ציווי בתורה למחוק פרשה מן התורה (מגילת סוטה) בשביל לעשות שלום בין איש לאשתו.

ולא עוד אלא שהציווי למחוק פרשה מן התורה כדי לעשות שלום בין איש לאשתו הוא (לא באשה כשרה וצנועה שמקפידה בתכלית על דיני התורה, שבשבילה צריכים לעשות את הכל, אלא) באשה שהתנהגה באופן בלתי- רצוי, ועד שגם לאחרי שבעלה התרה בה (קנא את אשתו), עברה על התראתו ונסתרה, ויש עדים שנסתרה (ועד’ז בנוגע לבעל, שבשביל השלום שביניהם מוותר הוא על הקפדתו בעניני צניעות) – ואעפ’כ, אמרה תורה שתמחק פרשה מן התורה בשביל לעשות שלום בין איש לאשתו.

ומזה רואים עד כמה גדולה מעלתו של כל אחד ואחת מישראל, גם כשנמצא במעמד ומצב בלתי-רצוי, שבשביל טובתו יש ציווי בתורה למחוק פרשה מן התורה!

[הרב אליהו : בענין סוטה מצינו דבר מעניין: הרמב’ם פוסק ש’באותה שעה שתמות היא (אם נטמאה כו’), ימות הנואף שהשקה על ידו בכל מקום שהוא (גם אם הוא בקצה העולם), ויארעו לו מאורעות שאירעו לה לצבות בטן ולנפיל ירך’, שבזה רואים בגלוי ובמוחש אמיתיות התורה.

כ’ק אדמו’ר : עיקר החידוש הוא (לא רק העונש כשלעצמו, אלא) צורת העונש – כפי שמדגיש כבודו ש’יארעו לו מאורעות שאירעו לה‘ – בהתאם לפרטי הענינים דהחטא. אבל, העיקר הוא שכל ענינים אלו הם באופן המותר, ע’פ התורה, וכשיש ספק בדבר, מצוה הקב’ה להשתדל בעשיית שלום בין איש לאשתו, ע’י לקיחת (מים ו)עפר מקרקע המשכן, היסוד של המשכן וביהמ’ק, ועד למחיקת פרשה מן התורה, שכל זה הוא מצד מעלתן של ישראל שלמעלה מהתורה].

ויש להוסיף בזה ע’ד הרמז:

איש ואשתו קאי על הקב’ה וכנס’י, ובזמן הגלות ה’ז ע’ד ובדוגמת המעמד ומצב דסוטה שאסורה לבעלה,

[ואף שנאמר ‘השוכן אתם בתוך טומאותם’ (כפי שהזכיר כבודו (לעיל ס’א)), ה’ז סו’ס מעמד ומצב דהיפך הטהרה, ורצונו של הקב’ה (הבעל) שיהי’ מעמד ומצב של טהרה, ‘טהורה היא ונקתה ונזרעה זרע’, ‘אם היתה יולדת בצער תלד בריוח, אם היתה יולדת שחורים יולדת לבנים’],

ועל זה ישנו ציווי בתורה שמוחקים פרשה מן התורה כדי לעשות שלום בין איש לאשתו, היינו, שהקב’ה מוותר כביכול על החסרון בשלימות קיום התומ’צ (‘מפני חטאינו גלינו מארצנו’) כדי שיהי’ שלום בינו ובין כנסת ישראל, בגאולה האמיתית והשלימה.

ח. כ’ק אדמו’ר : ובהמשך לזה – יש לעורר עוה’פ (כפי שאמרתי כמ’פ) שהרבנים צריכים לפרסם הפסק-דין ש’כלו כל הקיצין‘, ובנוגע לתשובה (כהמשך דברי הגמרא ‘ואין הדבר תלוי אלא בתשובה’) – כבר עשו תשובה (כפי שאמר כ’ק מו’ח אדמו’ר כמ’פ שכבר עשו תשובה, וכבר השלימו כל עניני העבודה), ועתה נשאר רק הענין דגאולה האמיתית והשלימה בפועל ממש.

ואז – לא יהי’ צורך בהענין ד’השוכן אתם בתוך טומאותם’, כיון שיבטל המצב דהיפך הטהרה: לכל לראש – גם בזמן שכולנו טמאי מתים (כיון שאין לנו אפר הפרה), הרי, מצד מעלת הציבור נדחית הטומאה, ויש אומרים שבטלה מעיקרא (דחוי’ או הותרה), ועוד ועיקר, שלעתיד לבוא לא תהי’ המציאות דטומאה, ולא תהי’ המציאות דהיפך החיים, אלא חיים נצחיים בשלימות הטהרה.

הרב אליהו : לעתיד לבוא תהי’ הטהרה ע’י אפר הפרה שיעשה המלך המשיח, שהרי, נוסף על תשע הפרות שהיו בעבר, תהי’ גם פרה העשירית שיעשה מלך המשיח, שבה יהי’ גם מאפר הפרה הראשונה שעשה משה רבינו.

כ’ק אדמו’ר : נוסף על אפר הפרה הראשונה שעשה משה רבינו, יהי’ בה גם מאפר כל הפרות שנעשו במשך כל הדורות, שבזה מודגש שבגאולה שלנו תלוי’ גם הגאולה של כל הדורות שלפנ’ז.

ט. הרב אליהו : בנוגע להזאת אפר הפרה לעתיד לבוא – נאמר ‘וזרקתי עליכם מים טהורים וטהרתם’, שהזריקה תהי’ ע’י הקב’ה.

כ’ק אדמו’ר : בענין זה מודגשת גודל מעלתם של ישראל, כלשון המשנה בסוף (פרק יוהכ’פ ב)מסכת יומא: ‘אשריכם ישראל לפני מי אתם מטהרין מי מטהר אתכם, אביכם שבשמים, שנאמר וזרקתי עליכם מים טהורים וטהרתם, ואומר מקוה ישראל ה’, מה המקוה מטהר את הטמאים אף הקב’ה מטהר את ישראל’.

ויש להוסיף בדיוק הלשון ‘לפני מי אתם מטהרין’ – ע’ד מ’ש ‘לפני הוי’ תטהרו’, שפירושו (כפי שמבאר רבינו הזקן) למעלה משם הוי’, היינו, שטהרת ישראל היא מדרגא שלמעלה משם הוי’, כיון שישראל קשורים ומאוחדים עם העצם דהקב’ה כפי שהוא למעלה משמות, ועד ש’לא אתרמיז בשום אות וקוצא כלל’.

ועפ’ז מבואר בתורת החסידות הטעם שמחרת יוהכ’פ נקרא ‘בשם השם’ – דכיון שיוהכ’פ הוא ‘לפני הוי », למעלה משם הוי’, לכן, היום שלמחרתו אין לו שם פרטי, ונקרא רק ‘בשם השם’.

ויש לומר, שמעין זה הוא גם ע’י עבודת התשובה (ענינו של יוהכ’פ) בכל יום [כפס’ד הגמרא שע’י הרהור תשובה נעשה צדיק, וכדאיתא בזהר ‘זכאי חסידי בכל יומא ויומא .. עבדין תיובתא שלימתא’] – דכיון שהתשובה היא ‘לפני הוי », נמצא, שבכל יום מגיע כאו’א מישראל לדרגא שלמעלה משמות, ‘בשם השם’.

ויתירה מזה: כאו’א מישראל הוא זה שנותן שמות להקב’ה – כמודגש בתפלה שבה קורא יהודי להקב’ה בשם המכוון ומתאים לתוכן הבקשה בתפלה, כידוע שכל ההמשכות וההשפעות למטה תלויות בשמותיו של הקב’ה, ועי’ז שיהודי קורא להקב’ה בשמות אלו נמשך ומתלבש בשמות אלו שעל ידם תהי’ ההמשכה וההשפעה למטה בכל המצטרך, ולדוגמא: הקריאה בשם אלקים – ‘בעל היכולת ובעל הכחות כולם’, ע’ש השפעת הכחות כו’, או הקריאה בשם הוי’ – מלשון מהוה, ע’ש שמהוה הבריאה כולה, וכן בשאר השמות, ועד’ז בנוגע לתוארים שנקרא בהם, כמו ‘הגדול הגבור והנורא’ שאומרים בברכת ‘מגן אברהם’, וכן בשאר הברכות, ‘רופא חולים’ ו’מברך השנים’, וכיו’ב. ולמעלה מזה – הדרגא שלמעלה מכל השמות, שבדרגא זו מושרשים כל בנ’י.

י. הרב אליהו : בנוגע לברכת ‘מגן אברהם’ שהזכיר כבודו – איתא בתוספות ש’אלקי אברהם הוי כמו מלכות, דאברהם אבינו המליך הקב’ה על כל העולם שהודיע מלכותו’.

כ’ק אדמו’ר : כח זה – להמליך את הקב’ה – ניתן לכאו’א מישראל בהתחלת השנה, כמארז’ל ‘אמר הקב’ה .. אמרו לפני בר’ה מלכיות זכרונות ושופרות .. כדי שתמליכוני עליכם .. ובמה בשופר’.

וגם בענין זה מודגשת גודל מעלתן של ישראל – שהקב’ה מבקש מכאו’א מישראל ש’תמליכוני עליכם’, היינו, שמלכותו של הקב’ה נעשית ע’י ישראל דוקא (ע’ד האמור לעיל שבנ’י הם למעלה מכל השמות, והם אלו שנותנים השמות כו’).

ומודגש גם בהמשך המאמר ‘ובמה בשופר‘ – שפעולתו של יהודי להמליך את הקב’ה היא (לא ע’י אמירת חידוש עמוק בתורה, אלא) ע’י מעשה פשוט דתקיעת שופר, ולא סתם מעשה פשוט, אלא מעשה פשוט שקשור עם קרן של בהמה, בהמה ממש (לא נפש הבהמית שבאדם, אלא בהמה כפשוטה ממש), ומן הבהמה עצמה לוקח הקרן בלבד, שחשיבותו פחותה (לא רק מחשיבות הבשר שנעשה מאכל אדם, אלא גם) מחשיבות העור שעושים ממנו לבוש, שלכן אינו מקבל טומאה – שבזה מודגשת מעלתו של יהודי, שגם מקרן של בהמה (דבר פחות ביותר) עושה ‘שופר’ שעל ידו ממליך את הקב’ה!

יא. הרב אליהו : בנוגע לאמירת מלכיות זכרונות ושופרות – דעת רוב הראשונים שאין זה חיוב דאורייתא, אלא מדרבנן (אלא שאסמכינהו אקראי), אבל מדברי בעל המאור משמע שהחיוב הוא מדאורייתא.

כ’ק אדמו’ר : גם לרוב הדעות שהחיוב הוא מדרבנן – יש בזה המעלה של ‘דברי סופרים’ שהם לא רק ‘חמורים’ מדברי תורה, אלא גם ‘ערבים’ (מתוקים) מדברי תורה.

הרב אליהו : החילוק הוא בנוגע לכוונת המצוה, ‘מצות צריכות כונה’, כדברי הפוסקים שבמצוה מדאורייתא אם לא כיוון לא יצא ידי חובתו, ובמצוה דרבנן גם אם לא כיוון יצא ידי חובתו. אבל, מדברי השו’ע משמע שאין חילוק בין דאורייתא לדרבנן. ולכן אני אומר תמיד: רבותי, תזהרו באמירת ‘לשם יחוד’, שעי’ז מקיימים החיוב של מצוות צריכות כונה.

כ’ק אדמו’ר : מנהג חב’ד שאומרים ‘לשם יחוד’ פעם אחת בהתחלת היום, לפני אמירת ‘ברוך שאמר’, ואין אומרים ‘לשם יחוד’ לפני כל מצוה בפ’ע, כיון שאמירת ה’לשם יחוד’ שבהתחלת היום היא בתוקף גדול כ’כ שנמשך ופועל על כל היום כולו, בנוגע לכל המצוות שמקיימים במשך היום – ‘מלאים מצוות כרימון’, תרי’ג מצוות, בדוגמת הרימון שיש בו תרי’ג גרעינים – שכל פרטי הענינים דתרי’ג מצוות נכללים באמירת ‘לשם יחוד’ בהתחלת היום, לפני ‘ברוך שאמר והי’ העולם’, שכולל כל עניני העולם כולו שבהם מקיימים תרי’ג מצוות.

הרב אליהו : אני לא ידעתי מנהג חב’ד, אבל כיוונתי לדעתכם בנוגע לכוונת השמות, ‘יכוין פירוש קריאתו באדנות שהוא אדון הכל, ויכוין בכתיבתו ביו’ד ה’א שהי’ והוה ויהי’, ובהזכירו אלקים יכוין שהוא תקיף בעל היכולת ובעל הכחות כולם’ – שכיון שקשה לאדם לכוין בכל ברכה וברכה, יכוין פעם אחת בהתחלת היום ויאמר שזוהי כוונתו בכל הברכות שיאמר במשך היום, מעין שיטת חב’ד באמירת ‘לשם יחוד’.

כ’ק אדמו’ר : כן הוא גם בנוגע ללימוד התורה – שמברכים ברכת התורה פעם אחת בהתחלת היום (בברכות השחר), ומהני להלימוד במשך כל היום, גם לאחרי שהפסיק והסיח דעתו מלימוד התורה, ועד להפסק והיסח הדעת שע’י שינה (שבנוגע לעבודה במקדש צריך לחזור ולקדש ידיו ורגליו), כיון שהברכה שבהתחלת היום היא בתוקף גדול ביותר.

יב. הרב אליהו : בנוגע להיסח הדעת מלימוד התורה כשנכנסים למקום שאסור להרהר בדברי תורה, כמו בית הכסא – מביא הבית-יוסף שגם כשמפסיק לצאת לבית הכסא אינו מסיח דעתו מללמוד. וטעם נוסף, ש’אף כשהוא נפנה צריך ליזהר בדינים כמו בגילוי טפח וכיצד יקנח’.

כ’ק אדמו’ר : גם המחשבה שבמקום זה אסור להרהר בדברי תורה – שזה מותר להרהר גם במקום טומאה – מבטלת ההיסח הדעת מלימוד התורה.

ויש להוסיף, שכיון שנוגע למעשה בפועל (שלא יהרהר בד’ת), ה’ז כמו לאפרושי מאיסורא, שאז, אין זה רק היתר בלבד, אלא יש חיוב בדבר כדי לאפרושי מאיסורא, ולא רק בנוגע לעצמו, אלא גם בנוגע להזולת (‘ואהבת לרעך כמוך’), שצריך להזהיר הנמצאים בסביבתו שידעו שבמקום זה אסור להרהר בדברי תורה.

הרב אליהו : ישנם המכוונים כוונות בעת הטבילה במקוה. כיון שהמקוה עמוק לפחות עשרה טפחים, ה’ז רשות בפ’ע, ומותר להרהר בדברי תורה, אם אין ערוה גלוי’.

כ’ק אדמו’ר : ע’פ דין מהני גם ההפסק בידו – ‘אם האדם מחבק גופו בזרועותיו ה’ז חשובה הפסקה בין לבו כו’, שאף שהיד אינה חשובה כיסוי (שהלב והיד גוף א’ הן ואין הגוף יכול לכסות א’ע), חשובה הפסקה, כיון שמ’מ אין לבו רואה כו ».

הרב אליהו : גם בנוגע לכיסוי הראש לא מהני שמכסה ראשו בידו, לפי שהיד והראש גוף א’ ואין הגוף יכול לכסות את עצמו.

כ’ק אדמו’ר : כיסוי הראש אינו חמור כ’כ כמו כיסוי החלק התחתון, שהרי, בזמן הש’ס לא היו נזהרים כ’כ בכיסוי הראש, ‘שרוב העם היו רגילים לילך לפעמים הרבה בגילוי הראש’, ודוקא בדורות האחרונים (בזמן הב’י והרמ’א) נתחדש חומר הענין דכיסוי הראש, מצד מדת חסידות.

ויש לומר, שבימים ההם הי’ כיסוי הראש בבחינת גזירה שאין רוב הציבור יכול לעמוד בה, משא’כ בדורות האחרונים.

ולהעיר, שגם בענין זה רואים את מעלתם של ישראל לגבי התורה (כנ’ל ס’ו) – שכאשר ב’ד גוזר גזירה ונעשה דין בתורה, ואח’כ רואים שלא נתקבלה הגזירה בכל ישראל, בטלה הגזירה, היינו, שרוב הציבור מנצח את הב’ד!

הרב אליהו : יש בכל זאת הגבלה בדבר, כדאיתא בגמרא שלאחרי שהתירו שני דברים לא רצו להתיר דבר שלישי, כדי שלא יקראו ‘בית דינא שריא’. אבל הפשט הוא – כפי שאומר כבוד הרב – שאם הציבור לא קיבל את הגזירה, אין כאן גזירה ותקנה מעיקרא.

כ’ק אדמו’ר : ויה’ר שבקרוב ממש יתחשב הקב’ה בהחלטת הציבור שאינם יכולים לסבול את גזירת הגלות, ובפרט שכן הוא גם פס’ד התורה, כפי שפוסקים הרבנים (כנ’ל ס’ח) שכבר ‘כלו כל הקיצין’, וכבר הגיע הזמן של הגאולה האמיתית והשלימה, וכיון שיקויים היעוד ‘ואשיבה שופטיך כבראשונה’, שיחזור ויעמוד ב’ד הגדול בלשכת הגזית, ישאלו ויבררו אצלם כל הענינים שנשארו בספק, ויקבלו הפס’ד תיכף ומיד.

יג. הרב אליהו : בנוגע לספקות שיתעוררו בזמן המשיח, מצינו בגמרא שישאלו אצל משה ואהרן – ולדוגמא: ‘מתים לעתיד לבוא צריכים הזאה שלישי ושביעי או אין צריכין (מהשאלות ששאלו אנשי אלכסנדריא את רבי יהושע בן חנניא), אמר להן .. לכשיבוא משה רבינו עמהם’, ומזה משמע שלא יצטרכו לטרוח לשאול אצל הסנהדרין, כיון שילכו מיד למשה רבינו?

[כ’ק אדמו’ר : (בחיוך): אני משתדל להגדיל את כבוד הרבנים… שיצטרכו לשאול אצלם. הרב אליהו : אבל יותר כדאי ללכת ישר למשה ואהרן מאשר ללכת לסנהדרין].

כ’ק אדמו’ר : אצל משה רבינו ישאלו בנוגע ל’דברים שלמדו מפי השמועה’, ‘דברי קבלה’ – שקיבלו ע’פ המסורה איש מפי איש עד משה רבינו, ‘הלכה למשה מסיני’ – אם קיבל מסיני כך או כך; אבל ב’דברים שלמדים מן הדין’, ‘באחת מן המדות שהתורה נדרשת בהן’ – כיון שתלוי בדעת הרוב של ב’ד הגדול, ‘אחרי רבים להטות’, לא יועיל הבירור אצל משה רבינו, או משה ואהרן, שהם רק שנים, אלא יש צורך בהכרעת הרוב דב’ד הגדול של שבעים ואחד.

[ובכגון-דא לא מהני מעלת הנבואה דמשה רבינו, שהרי אין נביא רשאי לחדש דבר, כיון שהתורה ‘לא בשמים היא’.

וזה שמצינו ‘נביאים’ בשלשלת קבלת התורה, כמ’ש ‘משה קיבל תורה מסיני ומסרה ליהושע ויהושע לזקנים וזקנים לנביאים‘ – אין זה בתור נבואה, אלא שנמסרה להם הקבלה ממשה רבינו, והם מסרו הקבלה (‘ונביאים מסרוה‘) לאנשי כנסת הגדולה].

ומטעם זה יש מקום לשינויים בדיני התורה שנקבעה בהם ההלכה ע’פ דעת הרוב בב’ד הגדול – ע’פ דעת הרוב של ב’ד הגדול שבימות המשיח, כמ’ש ‘אל השופט אשר יהי’ בימים ההם’, ‘אינך חייב ללכת אלא אחד בית דין שבדורך’, ואם דעת הרוב בב’ד הגדול שבימות המשיח תהי’ שונה מדעת הרוב בב’ד הגדול שבדורות שלפנ’ז, תקבע ההלכה כדעת הרוב דב’ד הגדול שבימות המשיח.

ועפ’ז יש לבאר מ’ש בכתבי האריז’ל שלעתיד לבוא תהי’ הלכה כב’ש – כיון שב’ד הגדול שבימות המשיח יעמוד למנין, ודעת הרוב תהי’ כב’ש.

הרב אליהו : ב’ש ‘מחדדי טפי’, ולכן הוצרכו לבת קול שהלכה כב’ה שהם הרוב, כלומר, אף שהמיעוט מחדדי טפי הולכים אחר הרוב, וגם ‘מפני שנוחין ועלובין היו’.

כ’ק אדמו’ר : אבל, הפס’ד שהלכה כב’ה אינו בגדר של נבואה (ע’פ הבת-קול), אלא ע’פ הכרעת הרוב כפי שלמדו ע’פ שכלם ודעתם, באופן של שקו’ט ופלפול כו’, ע’פ הכללים שקיבלו ממשה רבינו (י’ג מדות שהתורה נדרשת בהם), כללים שאינם תלויים בדעת הרוב, להיותם מפי הקבלה, ועליהם מיוסדת כל השקו’ט והפלפול עד להכרעה ע’פ דעת הרוב.

יד. הרב אליהו : יש חקירה בנוגע לחיוב קרבנות לעתיד לבוא על דברים שנעשו בזמן הזה: מחד גיסא – נעשית הכפרה בזמן הזה ע’י לימוד סדר קרבנות, כדברי הגמרא במסכת מגילה ‘אמר אברהם לפני הקב’ה רבש’ע שמא ח’ו ישראל חוטאים לפניך .. אמר לו קחה לי עגלה משולשת וגו’ .. בזמן שאין ביהמ’ק קיים מה תהא עליהם, אמר לו, כבר תקנתי להם סדר קרבנות, כל זמן שקוראין בהן מעלה אני עליהן כאילו מקריבין לפני קרבן (‘כל העוסק בתורת חטאת כאילו הקריב חטאת’) ומוחל אני על כל עוונותיהם’, אבל לאידך גיסא – מצינו שרבי ישמעאל ‘כתב על פנקסו לכשיבנה בית המקדש אביא חטאת שמינה’, שמזה משמע שהעסק בתורת קרבנות הוא רק כאילו הקריב קרבן, אבל אין זה פוטר חיוב הקרבן כשיבנה ביהמ’ק.

כ’ק אדמו’ר : חיוב הקרבן הוא כשיבנה ביהמ’ק, אבל ברגע שלפנ’ז, התשובה היא בשלימותה ע’י הקריאה והעסק בתורת הקרבנות באופן ד’ונשלמה פרים שפתינו’, ‘נשלמה’ (גם) מלשון שלימות, כך, שגם התשובה היא בשלימות, היינו, שיש לו את כל המעלות של בעל- תשובה גמור, כולל גם המעלה שעל ידה באה הגאולה, ועד ש’משיח אתא לאתבא צדיקייא בתיובתא’, שגם אצל צדיקים תהי’ מעלת התשובה.

וחידוש מיוחד בענין זה – בנוגע לגיור:

גיור בזמן שביהמ’ק הי’ קיים נעשה ע’י מילה וטבילה וקרבן, ואילו ‘בזמן הזה שאין שם קרבן צריך מילה וטבילה, וכשיבנה ביהמ’ק יביא קרבן’, ואעפ’כ, ה’ה ‘גר גמור’ לכל דבר.

הרב אליהו : דין זה למדים ממ’ש ‘וכי יגור אתכם גר גו’ לדורותיכם‘, ‘אע’ג דליכא מקדש’.

כ’ק אדמו’ר : והחידוש בזה – שלא זו בלבד שבזמן הזה דינו כ’גר גמור’ לכל דבר, אלא גם כשיבנה ביהמ’ק ה’ה ‘גר גמור’ לכל דבר, ועד שמותר באכילת קדשים (ובתו יכולה להנשא לכהן שישמש בכהונה כשיבנה ביהמ’ק בתחלת ימות המשיח, ש’בונה המקדש’), עוד לפני שהביא קרבן, כי, הגיור שהתגייר בזמן הזה הוא גיור גמור, והקרבן הוא חיוב בפ’ע.

טו. הרב אליהו : גם בנוגע לשיעורים יתכן שינוי לעתיד לבוא – כפי שמצינו במסכת יומא שהאוכל פחות מכזית בזמן הזה יכתוב כשיעור הזה אכלתי, שמא יבנה בית המקדש בימיו ויתחדש בית דין ותתחדש הלכה ויאמרו שחייב קרבן על כזית קטן.

כ’ק אדמו’ר : שיעורים הו’ע בפ’ע, כי, גם כשאינו חייב קרבן, מפני שאכל פחות מכשיעור, ה’ז דבר איסור, כיון שהשיעור הוא רק לגבי עונש, אבל האיסור הוא בתקפו גם בפחות מכשיעור, שהרי חצי שיעור אסור מן התורה.

הרב אליהו : נסתפקתי באדם שהכה את חבירו הכאה שאין בה שוה פרוטה שלוקה (משא’כ בהכאה שיש בה שוה פרוטה, שמשלם ואינו לוקה), אם יכול לחזור ולהכותו הכאה שאין בה שוה פרוטה, באופן ששתי ההכאות יצטרפו לשוה פרוטה, וישלם שוה פרוטה ויפטר ממלקות, או שכל הכאה בפ’ע גורמת חיוב מלקות.

כ’ק אדמו’ר : השיעור דשוה פרוטה הוא בנוגע לחיוב תשלומין, אבל גם בפחות מכשיעור שאין חיוב תשלומין ישנו איסור, כאמור, שגם חצי שיעור אסור מן התורה.

הרב אליהו : יש חילוקי דעות אם האיסור של חצי שיעור הוא בכל דבר או באכילה בלבד.

כ’ק אדמו’ר : מדברי רבינו הזקן משמע שהאיסור דחצי שיעור הוא לא רק במידי דאכילה (שמפורש בקרא), אלא גם בשאר איסורים, וזיל בתר טעמא, שהשיעור אינו אלא בנוגע לכמות האיסור, אבל מהות האיסור הוא בתקפו גם בפחות מכשיעור.

הרב אליהו : כך משמע גם מדברי רש’י במסכת שבת – ‘וכי מותר לאפות פחות מכשיעור’, ‘נהי דחיוב חטאת ליכא איסורא מיהא איכא, דקיי’ל חצי שיעור אסור מן התורה’.

כ’ק אדמו’ר : יש דבר פלא במהר’ם חלאווה – שס’ל שפחות מחצי שיעור אינו אסור מן התורה. אבל זוהי דעת יחיד, ודעת רוב הפוסקים שחצי שיעור לאו דוקא, אלא גם פחות מחצי שיעור, אפילו כל שהוא, אסור מן התורה.

הרב אליהו : בעל יושב אהלים מאריך בביאור את דברי המדרש על הפסוק ‘היא נתנה לי מן העץ ואוכל’, ‘ואכלתי אין כתיב כאן אלא ואוכל, אכלתי ואוכל’, דלכאורה תמוה, ‘פה קדוש יאמר דבר זה’ – ש’אכלתי’ פחות משיעור, ‘ואוכל’ פחות משיעור (בהפסק כדי אכילת פרס), ועל זה נאמר לו ‘המן העץ אשר צויתיך לבלתי אכל ממנו אכלת’, לרמז שהציווי הי’ גם על פחות משיעור, כל משמעות אכילה, אפילו כל שהוא.

כ’ק אדמו’ר : יתירה מזה מצינו בפוסקים – ש’משהו אין לו שיעור ויכול הוא להתפשט ולהתחלק לאלפי אלפים משהויין’.

הרב אליהו : דין זה נוגע במיוחד לחמץ בפסח שאיסורו בכל שהוא, גם משהו דמשהו.

טז. הרב אליהו : הרדב’ז כותב שהטעם שהחמירה תורה בחמץ יותר משאר כל איסורים, הוא, מפני שחמץ בפסח רומז ליצה’ר. ועפ’ז יש לבאר גם מ’ש ‘כי כל שאור גו’ לא תקטירו’, ‘כל’ דייקא, אפילו כל שהוא – שקרבן לה’ אסור להקריב ממנו (לא רק בפסח, אלא) גם בכל השנה.

כ’ק אדמו’ר : מלבד בחג השבועות, שבו מקריבים שתי הלחם מן החמץ (אף שאינם קריבים על המזבח, ועליהם נאמר ‘קרבן ראשית תקריבו אותם לה’ ואל המזבח לא יעלו’).

וענינו בעבודת האדם – שאיסור חמץ הוא משום גאוה, אבל בעניני קדושה שאני, ואדרבה: לא זו בלבד שגאוה מותרת בעניני קדושה, אלא עוד זאת, שהגאוה בעניני קדושה הו’ע טוב וחיובי, כמ’ש ‘ויגבה לבו בדרכי ה ».

וענין זה מודגש במיוחד בחג השבועות (שבו מקריבים שתי הלחם מן החמץ), ‘זמן מתן תורתנו’ – שיהודי גאה בכל התוקף שזכה לקבל את התורה, וזכה לברר ולפסוק דינים בתורה, ולא עוד אלא שבתור הוראת שעה ניתן לו הכח להיות בעה’ב על התורה ללא כל הגבלות (כנ’ל ס’ו).

ויה’ר – והוא העיקר – שבקרוב ממש יתבטל לגמרי הענין הבלתי-רצוי שבחמץ שרומז ליצה’ר, כמ’ש ‘את רוח הטומאה אעביר מן הארץ’, שלא ישאר (לא רק ‘משהו’, אלא) אפילו ‘רוח’ בלבד.

הרב אליהו : ואז תתגלה רוח הקדושה – ‘רוח אפינו משיח ה ».

כ’ק אדמו’ר : על זה נאמר כבר בהתחלת הבריאה ‘ורוח אלקים מרחפת על פני המים’, כדאיתא במדרש ‘זה רוחו של מלך המשיח’.

ולהעיר, שרק לאח’ז נאמר ‘ויאמר אלקים יהי אור ויהי אור’, היינו, שעוד לפני שנברא אור בעולם היתה כבר ‘רוחו של מלך המשיח’!

הרב אליהו : ‘מים’ רומז על התורה, ‘אין מים אלא תורה’, וכיון ש’רוחו של משיח’ היא ‘על פני המים’, ה’ז למעלה מהתורה – כפי שאמר כבודו (לעיל ס’ג) שישראל (שמשיח הוא גואלן של ישראל) הם למעלה מהתורה.

כ’ק אדמו’ר : ויש להוסיף בדיוק הלשון ‘על פני המים’ – מלשון פנימיות, שישראל הם למעלה גם מהפנימיות דהמים.

יז. הרב אליהו : צריכים להחליט ולפסוק שהמשיח צריך לבוא מיד!

כ’ק אדמו’ר : מיד ממש.

הרב אליהו : מיד דידן, לא לפי שאחרים מבינים, אלא לפי הפס’ד שלנו.

כ’ק אדמו’ר : אין מה לחכות יותר, כיון שכבר סיימו כל עניני העבודה, וכבר עשו תשובה, ואין הדבר תלוי אלא בביאת משיח עצמו. – ‘אין הדבר תלוי אלא בתשובה‘ הי’ לפני משך זמן, אבל עכשיו (לאחרי שכבר עשו תשובה) אין הדבר תלוי אלא בביאת משיח עצמו. כל מה שצריך זה שיבוא משיח בפועל ממש, ‘מראה באצבעו ואומר זה’, זה משיח צדקנו!

ובפרט בבואנו ממוצאי שבת קודש (יום ראשון), ‘סעודתא דדוד מלכא משיחא’, היינו, שמקשרים את ביאת דוד מלכא משיחא עם סעודה גשמית בשביל הגוף הגשמי, שבזה מודגשת גם שייכותה של הגאולה לגוף הגשמי, ועאכו’כ בנוגע להנשמה.

הרב אליהו : גם במתן- תורה מצינו ש’הכל מודים בעצרת דבעינן נמי לכם’, ומפרש רש’י ‘שישמח בו במאכל ומשתה’, כלומר, אע’פ שמתן-תורה הו’ע רוחני, מ’מ, צ’ל בו גם שמחת הגוף.

כ’ק אדמו’ר : ויתירה מזה – כמבואר בתורת חסידות חב’ד שלעתיד לבוא תהי’ הנשמה ניזונית מן הגוף. הסדר בזמן הזה הוא שהגוף מקבל חיותו מן הנשמה, אבל לעתיד לבוא, כשיתבררו כל הענינים ויתעלו לשרשם ומקורם, תתגלה מעלת הגוף על הנשמה, שהנשמה תהי’ ניזונית מן הגוף (ובזה מודגשת עוד יותר גודל החשיבות דבריאות הגוף, כנ’ל ס’ד).

והעיקר – שיהי’ כן בפועל ממש, באופן ש’מראה באצבעו ואומר זה’, ותיכף ומיד ממש, כפי שהנני חוזר ומדגיש כמ’פ שלא זו בלבד שסוף הגאולה לבוא, אלא שהגאולה עומדת כבר על סף הפתח, ומחכה לכל אחד ואחת מישראל שיפתח את הדלת ויסחוב את הגאולה לתוך החדר!!

הרב יעקב שי’ קצין: בנוגע לגאולה יש פלוגתא בין הקב’ה וכנס’י: הקב’ה אומר ‘שובו אלי ואשובה אליכם’, וכנס’י אומרת ‘השיבנו ה’ אלקיך ונשובה’. וכיון שיחיד ורבים הלכה כרבים, ההלכה כמו כנס’י שצ’ל ‘השיבנו ה’ אלקיך ונשובה’.

כ’ק אדמו’ר : הכלל ‘אחרי רבים להטות’ הוא גם בפלוגתא במתיבתא דרקיעא, ואפילו בפלוגתא בין הקב’ה ומתיבתא דרקיעא, ועאכו’כ כשישנו פס’ד של בנ’י בב’ד של מטה, בודאי שהלכה כמותם.

הרב אליהו : בנוגע לפלוגתא בין הקב’ה וכנס’י, ‘שובו אלי’ או ‘השיבנו ה », כותב הבן איש חי דבר יפה מאד: הכלל הוא שהלכתא כרב באיסורי וכשמואל בדיני, ואעפ’כ, בפלוגתת רב ושמואל אם עילאה גבר או תתאה גבר, ההלכה היא (לא כרב שס’ל עילאה גבר, אלא) כשמואל ש’תתאה גבר’. ועל זה אומרים להקב’ה: רבש’ע, תמיד הלכה כמותך (עילאה גבר), אבל כאן ההלכה היא ש’תתאה גבר’, ולכן ‘השיבנו ה », כדברי כנס’י.

כ’ק אדמו’ר : והעיקר – שיקויים בפועל תיכף ומיד ממש, ולא לחכות עד שנבוא לארץ ישראל, (כ’ק אדמו’ר חייך, ואמר:) אע’פ שכבודו נמצא כעת בחוץ לארץ, ובודאי לא יקפיד על כך שהגאולה תבוא תיכף ומיד, כשנמצא בחוץ לארץ, ויצטרך אח’כ להטלטל ולעלות לארץ ישראל.

יח. הרב אליהו : מחר בלילה מתחילים לומר בארץ ישראל ‘ותן טל ומטר’, משא’כ בחו’ל מתחילים לומר ‘ותן טל ומטר’ ששים יום לאחר תקופת תשרי. ויש שאלה איך נוהג בן ארץ ישראל שנמצא בחו’ל, כמוני עתה, כמנהג א’י או כמנהג חו’ל.

כ’ק אדמו’ר : בענין זה יש חילוקי דעות בפוסקים. – איך נוהג כת’ר עתה בהיותו בחוץ לארץ?

הרב אליהו : אני אנהג כדעת הרדב’ז (אף שהחיד’א חולק על זה) שבן א’י שנמצא בחו’ל נוהג כמנהג א’י, כיון שכוונתו בברכת השנים היא על פרנסתו בארץ ישראל, מקומו הקבוע, ולא בנוגע למקום שנמצא בו באופן זמני.

[דובר גם אודות בן א’י שמשמש שליח ציבור – אם יש מקום לחלק בין תפלת לחש לחזרת הש’ץ, שבתפלת לחש יאמר כבא’י, ובחזרת הש’ץ יאמר כבחו’ל (ובפרט ע’פ הקבלה שיש כוונות מיוחדות בתפלת לחש וכוונות מיוחדות בחזרת הש’ץ), אע’פ שהטעם שהש’ץ מתפלל בלחש הוא כדי שתהא תפלתו סדורה בפיו, שיכין את עצמו להתפלל בציבור].

כ’ק אדמו’ר : בקהילה של הרב העכט (שנמצא כאן), יש ענינים שנוהג כמנהג הספרדים בארץ הקודש.

הרב אליהו : בא’ הבתי- כנסיות נוהגים גם לברך ברכת כהנים בכל יום.

[דובר גם אודות מנהג הספרדים לעלות לדוכן גם בתפלת נעילה ביוה’כ, וכן בשאר ימי התענית כשמתפללים מנחה סמוך לשקיעת החמה. ונזכר גם שיש המקפידים שהכהנים יטבלו במקוה לפני שנושאים כפיהם. ובהמשך הדברים נזכר גם ע’ד חילוקי המנהגים בין ספרדים לאשכנזים בנוגע לנשיאת כפים דהש’ץ כשיש עוד כהנים מלבדו, וכן בנוגע לכריעת הש’ץ באמירת ‘והכהנים’ בסדר עבודה ליוה’כ].

כ’ק אדמו’ר : אשרי חלקם של הספרדים שזכו לנשיאת כפים בכל יום (לא רק ביו’ט). – רבינו הזקן רצה להנהיג שגם בחו’ל יקיימו מצות נשיאת כפים בכל יום, ולאחרי ההשתדלות לא עלה בידו שהציבור יקבל תקנה זו.

והעצה לזה – שתבוא הגאולה האמיתית והשלימה תיכף ומיד, ואז תהי’ ברכת כהנים בבית המקדש, ובשם המפורש (לאחרי שילמדו את הכהנים איך לבטא שם המפורש).

יט. הרב אליהו : בנוגע לביהמ’ק – לא צריכים לחכות עד שיבנוהו (כדעת הרמב’ם שמשיח ‘בונה המקדש’), כיון ש’מקדש העתיד שאנו מצפין בנוי ומשוכלל יגלה ויבוא מן השמים’ (כדעת רש’י ותוספות).

כ’ק אדמו’ר : ולכן יכול להתגלות ולבוא גם בלילה, עתה ממש.

הרב אליהו : ואז יקויים היעוד ‘לילה כיום יאיר’, כפי שהי’ ביצי’מ. – צריכים לפסוק שתבוא הגאולה ממש.

כ’ק אדמו’ר : תיכף ומיד ממש, ברגע כמימרא, ובמעשה בפועל ממש, שאין אין מקום לפלפול ושקו’ט ומחלוקת שצריך להכריע כדעת הרוב, ע’ד מארז’ל ‘אין למדין הלכה כו’ עד שיאמרו לו הלכה למעשה‘.

הרב אליהו : רצוני לקבל ברכה מכבודו שהקב’ה יזכה אותנו ‘לאסוקי שמעתא אליבא דהלכתא’, ‘שלא נכשל בדבר הלכה’, וכשאקבל ברכה כזו, נפסוק הלכה בנוגע לגאולה (עם היותה ענין על-טבעי) שמשיח צריך לבוא מיד, ויבוא מיד.

כ’ק אדמו’ר : בפועל ממש.

ובפרט שיש לכם בית-דין שיש בו גם כהן (הרב שפירא ), כפס’ד הרמב’ם ש’מצוה להיות בסנהדרין גדולה כהנים ולוים’ (אע’פ ש’אם לא מצאו אפילו היו כולם ישראלים הרי זה מותר’), והרי כל הענינים דלעת’ל יהיו באופן של מצוה מן המובחר (כפי שאומרים אצלנו: ‘לכתחילה אריבער’), ועאכו’כ בהלכות הקשורים בעניני הגאולה וההכנה לגאולה, שבהם מסיים וחותם הרמב’ם את ספר ההלכות: ‘ובאותו הזמן כו’ כל המעדנים מצויין כעפר, ולא יהי’ עסק כל העולם אלא לדעת את ה’ בלבד וכו’, שנאמר כי מלאה הארץ דעה את ה’ כמים לים מכסים’.

ולהעיר, שענין זה מובא גם בהלכות תשובה, ללא סיום הפסוק ‘כמים לים מכסים’, שמוסיפו בסיום חיבורו דוקא, ויש לומר, שבזה מרומז שבסיום הגלות (מתאים לסיום החיבור) צריך להיות גם ‘כמים לים מכסים’.

‘מים’ – רומז על תורה, ‘אין מים אלא תורה’, ו’כמים לים מכסים’ זה מקור התורה, ששייך במיוחד לרבנים שבבית דין, ובפרט בארץ ישראל, כמ’ש ‘כי מציון תצא תורה ודבר ה’ מירושלים’ – ה’ז תלוי בכם.

הרב אליהו : אנחנו מוכנים לפסוק גם כשנמצאים עדיין בגולה, שהרי אנו פוסקים כדעת הרדב’ז, שגם כשנמצאים בחו’ל ה’ז כמו שנמצאים בא’י (כנ’ל סי’ח), ואנחנו נפסוק שמשיח יבוא מיד ממש.

כ’ק אדמו’ר : בתורת החסידות מובא שבמקום שרצונו של אדם שם הוא נמצא.

וידועה הראי’ מהלכות עירובין – ‘שדעתו של אדם ודירתו במקום מזונותיו הוא, וכיון שמזונותיו מונחים שם ביה’ש, ה’ז כאילו הוא עצמו שבת שם, ויכול להלך למחר ממקום עירובו אלפי אמה לכל רוח אע’פ ששבת ולן בבית’.

אין ספק בידי שגם כשכבודו נמצא כאן, מחשבתו בארץ ישראל, בציון וירושלים, ובמקום שמחשבתו של אדם שם הוא נמצא. ויה’ר שימשיך מקדושת ארץ ישראל גם בחו’ל, וכ’ש וק’ו באנשי חו’ל.

כ. במענה לבקשתו של הרב אליהו לברכת רפואה שלימה עבור הרב יהודה צדקה , הזכיר כ’ק אדמו’ר את זכותו שהעמיד תלמידים הרבה, כהוראת המשנה ‘והעמידו תלמידים הרבה’, שקיימה בפועל במשך שנים רבות. ואח’כ אמר:

תורה מביאה רפואה לעולם. ויה’ר שתהי’ רפואה קרובה וגם שלימה בקרוב ממש לכל בנ’י בכל מקום שהם, ועד להרפואה הכי עיקרית (בהוספה על רפואה כפשוטה) – רפואת הגלות – עי’ז שמוסיפים ב’גלות’ אות אל’ף, שרומזת לאלופו של עולם, ונעשה מ’גלות’ ‘גאולת’, גאולת כל בנ’י בגאולה האמיתית והשלימה תיכף ומיד ממש, לפני שכבודו חוזר לארץ הקודש, ואז ניסע כולנו יחדיו לארץ ישראל, ‘בנערינו ובזקנינו גו’ בבנינו ובבנותינו’.

הרב אליהו : אמן.

כ’ק אדמו’ר : ברכה והצלחה ותודה רבה.

הרב אליהו : תודה רבה כבוד הרב.

כ’ק אדמו’ר : יה’ר שבקרוב ממש תהי’ הגאולה, אזי אבקר את כבודו בהיכל קדשו בארץ הקודש.

הרב אליהו  (בהתלהבות): ברוך הבא! אני יגיד בשמחה רבה: ‘ברוך הבא בשם השם’.

הרב אליהו הציג את בנו, באמרו שיש לו כולל, וצריך לחזק אותו שימשיך ללמוד תורה ויעלה מעלה מעלה ויגדל להיות גדול בתורה. ואמר כ’ק אדמו’ר :

אמן. ‘כולל’ פירושו – שכולל את כל הרבים הלומדים ועושה מהם ענין אחד, ‘כולל’ בלשון יחיד (ולא ‘כוללים’ בלשון רבים), שקשור עם ‘יחידו של עולם’. ויה’ר שיחידו של עולם יהי’ שרוי ביניהם, וילמדו תורה מתוך שמחה וטוב לבב. ברכה והצלחה.

כ’ק אדמו’ר יצא ללוות את הרב אליהו , ואמר לו (בחיוך): אש’ל – ר’ת אכילה שתי’ לוי’. אכילה ושתי’ לא קיימתי, לווי’ אקיים.

הרב אליהו : יה’ר מהשי’ת שנזכה לביאת הגואל מיד, היום ממש.

כ’ק אדמו’ר : עוד הלילה. ובזכות קבלת אורחים נקבל גם פני השכינה.

[כ’ק אדמו’ר ליווה את הרב אליהו , ובהמתינו לנסיעת המכונית, עודד בידו הק’ את הנאספים שיחיו שניגנו ‘כי בשמחה תצאו ובשלום תובלון’].

Lorsque le Rav Binyamin Klein a remarqué que le Rabbi utilisait des bouts de papier pour écrire des réponses

Lorsque le Rav Binyamin Klein a remarqué que le Rabbi utilisait des bouts de papier pour écrire des réponses

Lorsque le Rav Binyamin Klein a remarqué que le Rabbi utilisait des bouts de papier pour écrire des notes et des réponses aux gens; Il a donc acheté une variété de blocs-notes. Mais le Rabbi ne l’a pas accepté…

A l’époque où le Rav Binyamin Klein a rejoint le secrétariat du Rabbi, des dizaines de lettres étaient envoyées au Rabbi chaque jour. En outre, beaucoup d’entre elles contenaient de courtes questions pour le Rabbi ou des demandes de bénédictions.

Le Rabbi répondait par des notes brèves et directes inscrites sur des bouts de papier. Ces courtes notes étaient remises à l’un des secrétaires, qui en informait verbalement la personne par téléphone ou en personne. Parfois, le secrétaire écrivait une lettre dans laquelle il incluait la réponse du Rabbi.

Parfois, le Rav Klein regardait le Rabbi s’asseoir à son bureau et répondre à une personne sur un bout de papier. Ces bouts de papier étaient des morceaux arrachés, des morceaux vierges des notes que les gens envoyaient au Rabbi, ou même une vieille enveloppe, qu’il plaçait dans un petit panier sur le côté de son bureau.

Lorsqu’il a vu cela pour la première fois, le Rav Klein a été surpris que le Rabbi utilise des morceaux de papier. Il s’est alors rendu dans un magasin local et a acheté divers formats blocs-notes. Il les a placés sur le bureau du Rabbi. Le Rabbi aurait maintenant le format de papier de son choix.

Le Rabbi donna au Rav Klein une pile de réponses, et d’autres travaux nécessitant de l’attention, puis il montra les blocs-notes du doigt, en demandant « A quoi servent-ils? » Le Rav Klein répondit que si le Rabbi avait besoin d’écrire quelque chose, il pouvait les utiliser.

« Je n’en ai pas besoin », répondit le Rabbi. En montrant les papiers en vrac, il poursuivi, « Je désire continuer comme je l’ai toujours fait. Apportez ces nouveaux blocs-notes dans le bureau du secrétariat, et lorsque les gens auront  besoin d’écrire une note, ils auront de quoi écrire ».

Le Rabbi de Loubavitch sur le précepte de se couvrir les cheveux

Le Rabbi de Loubavitch sur le précepte de se couvrir les cheveux

Dans son étude de référence sur l’orthodoxie en Amérique entre les années 1880 et 1945, Jenna Weissman Joselit remarque :

Ce qui animait et entretenait cette expérience (la pratique de la tradition, ndlr) n’était pas une préoccupation continue pour la loi juive (la Halakha) ou une nostalgie collective de la piété de la génération précédente, celle des parents, mais plutôt un flirt continu avec la modernité. Au lieu de fuir la modernité, les orthodoxes de l’entre-deux-guerres l’ont embrassée, se sont soumis à ses contraintes et ont façonné leurs institutions conformément à ses exigences… Cantonnant les pratiques extérieurement visibles au minimum, les Juifs orthodoxes de cette époque n’affichaient pas publiquement leur orthodoxie. « Ce n’était certainement pas une période où l’on manifestait son judaïsme à l’extérieur, raconte un rabbin. C’était un temps où l’on gardait son judaïsme pour soi. Porter une kippa dans la rue était alors impensable. »2 L’absence de vêtement distinctif est une caractéristique de cette époque.

Dans ce même livre, dans son chapitre consacré aux femmes intitulé « La prêtresse juive et la tradition : la vie sanctifiée des femmes orthodoxes américaines », la question du couvre-chef des femmes mariées n’est même pas mentionnée.

Il voulait substituer l’aversion qui prévalait à l’idée de paraître différent et « trop ​juif » par un fort sentiment d’identité et de fierté
C’est dans un tel contexte que le septième Rabbi de Loubavitch, Rabbi Mena’hem Mendel Schneerson, de mémoire bénie, prit la direction du mouvement en 1950. Au temps de la Seconde Guerre mondiale, la présence Loubavitch en Amérique était relativement réduite, à l’instar de tant d’autres groupes ‘hassidiques. Dans la mesure où il n’y avait que très peu de jeunes femmes au sein du mouvement Loubavitch à cette époque, de nombreux jeunes ‘hassidim prirent pour épouses des femmes issues de foyers orthodoxes « américains », dans lesquels le principe selon lequel une femme mariée se couvre les cheveux était le plus souvent négligé. Même les jeunes femmes venues de Russie avec leurs familles ‘hassidiques ne respectaient pas toutes ce précepte, dont la pratique avait décliné sous le régime communiste.

À travers les propres propos du Rabbi dans sa correspondance et dans ses discours publics, il est possible de retracer sa campagne méthodique pour promouvoir et rétablir la mitsva de la coiffure féminine comme étant une nécessité s’imposant aux femmes mariées. Il est important de rappeler que le Rabbi n’était pas seulement le chef spirituel d’un groupe particulier, à savoir ceux qui se considéraient comme des loubavitcher ‘hassidim. De ce qui a été publié de sa volumineuse correspondance,3 on peut constater que, dès les premiers jours de son leadership, l’influence du Rabbi s’étendait déjà sur une très vaste partie du monde juif.

Durant cette première période, il s’employa à démontrer que la couverture des cheveux relevait de la loi juive et non de quelque obscure coutume d’un autre âge. Le Rabbi affirma que la loi juive exigeait que la totalité – et pas seulement une partie – de la chevelure d’une femme mariée doit être couverte.4 Il voulait substituer l’aversion qui prévalait à l’idée de paraître différent et « trop ​juif » par un fort sentiment d’identité et de fierté, tout en restant sensible à la préoccupation des femmes au sujet de leur apparence. Pour cette raison, le Rabbi préconisa le port de perruques plutôt que de foulards, qu’il reconnut être une option peu attrayante, voire intenable, pour la plupart des jeunes femmes juives en Amérique. Le Rabbi craignait que la majorité des femmes, même les plus pieuses, ne portent pas le foulard de façon régulière et de manière à couvrir entièrement les cheveux. Il apparaît que, dès cette époque, le Rabbi anticipait la forte augmentation du nombre des femmes pratiquantes, dont les engagements professionnels et sociaux empêcheraient de se couvrir les cheveux avec des foulards ou des chapeaux. Sans l’option de la perruque, de nombreuses femmes n’auraient pas même envisagé de se couvrir la tête. L’encouragement du port de la perruque est une des premières illustrations de la manière dont le Rabbi allait tirer parti des derniers progrès des temps modernes en faveur de la Torah et des mitsvot.

Au début, la position du Rabbi ne fut pas populaire. La plupart des femmes n’avaient tout simplement pas envie de se couvrir les cheveux, tandis que d’autres trouvaient l’idée d’une perruque tout à fait étrange et l’associaient à une apparence fade. Affichant une patience et une sensibilité hors du commun face aux problèmes psychologiques et sociologiques en jeu, le Rabbi persista dans ses efforts. Finalement, cela porta ses fruits. À la fin des années 1960, grâce à la fervente campagne du Rabbi en faveur du port de la perruque, celle-ci devint la norme dans la majorité des milieux orthodoxes.

Un exemple de l’approche du Rabbi ressort des extraits suivants d’un de ses discours publics, appelés communément farbrenguens, qu’il prononça le Roch ‘Hodech Eloul 1954:

Porter une perruque a un impact bénéfique sur les enfants et les petits-enfants, sur la subsistance et sur la santé, comme l’affirme le Zohar…

On ne doit pas se dire : je connais une femme qui ne porte pas de perruque et pourtant tout va bien pour elle concernant ses enfants, sa santé, son niveau de vie et dans la vie en général.

Premièrement, nous ne savons pas de quoi est faite la vie de chacun, et quel genre d’épreuves il ou elle subit ; personne ne raconte aux autres l’intégralité de ce qui lui arrive. Deuxièmement, nous ne devons pas regarder ce qui se passe chez les autres, nous devons faire ce que D.ieu nous a commandé.

Nous sommes une minorité parmi les nations. Devrions-nous également en tirer la conclusion que, puisqu’il y a davantage de non-Juifs que de Juifs dans le monde, et que tout va bien chez eux, nous devons imiter leurs manières ? Si nous avions agi de la sorte, le peuple juif aurait cessé d’exister, à D.ieu ne plaise, il y a bien longtemps.

Quand une femme juive marche dans la rue sans couvre-chef, il n’y a pas de différence perceptible entre elle et les autres. Mais quand elle porte une perruque, il est visible qu’il s’agit d’une femme juive religieuse.

Il n’est pas nécessaire d’arpenter les rues en clamant à tue-tête : « Je suis religieuse ! », mais… devant qui se sentirait-elle gênée ? Une amie ? Même si quelqu’un la désignait du doigt en disant qu’elle est une Juive religieuse, quelle honte y a-t-il à cela ?

Un tel comportement requiert-il un si grand sacrifice de soi ? Si, à D.ieu ne plaise, la nourriture venait à manquer et que les enfants avaient faim, et qu’on doive malgré tout observer le Chabbat dans le travail et les affaires, cela représenterait un grand sacrifice de soi. Et pourtant, sans le moindre doute, le Chabbat serait observé.

La différence entre une perruque et un foulard est la suivante : il est facile de retirer un foulard, pas une perruque. Prenez l’exemple d’une femme qui se trouverait dans une assemblée et porterait une perruque. En pareil cas, même si le président Eisenhower venait à entrer, elle ne retirerait pas sa perruque. Il n’en va pas de même pour un foulard qui peut être ôté aisément.

Dans le passé, la coutume était de couper complètement les cheveux ou de les raser [et de les couvrir avec un foulard].7 Avec le temps, la coutume du port de la perruque s’est répandue, en particulier de nos jours où l’on peut acheter des perruques aux teintes variées, qui peuvent même s’avérer plus jolies que ses véritables cheveux.

Qu’une femme considère cette question. Cela ne demande pas une heure ni même une demi-heure de réflexion. Pourquoi réellement ne voudrait-on pas porter une perruque, mais seulement un foulard ? Parce que l’on sait qu’il n’est pas possible d’enlever une perruque en marchant dans la rue ou dans une réunion, tandis qu’un foulard peut être relevé sur les cheveux et parfois même, retiré entièrement.

Peut-être dira-t-on qu’on portera le foulard correctement. Si c’est le cas, alors c’est assurément bien. Mais… pourquoi se mettre délibérément devant une tentation ? Nous supplions D.ieu avant nos prières : « Ne mets pas de tentation devant nous. »

De toute évidence, le Rabbi souhaitait motiver les femmes à porter la perruque et à rester fermes dans leur observance face aux pressions sociales. Une lecture plus attentive, cependant, révèle des nuances supplémentaires dignes d’être remarquées. Il y a tout d’abord la considération du Rabbi pour le fait que l’identité de la femme est profondément liée à son apparence. Il comprenait combien cet élément était décisif dans sa décision de se couvrir la tête ou non. Les farbrenguens du Rabbi étaient des événements sérieux, au cours desquels il discutait pendant de longues heures de différents aspects de la Torah et exposait des concepts très profonds. Il prononça ce discours devant un rassemblement de centaines d’hommes et très peu de femmes,8 pourtant le Rabbi ne chercha pas à cantonner cette importante question à une polémique halakhique ou philosophique.

Le Rabbi est allé jusqu’à affirmer que les perruques pouvaient même être plus attrayantes que les propres cheveux d’une femme. À l’époque, cela était destiné à encourager et éduquer les femmes qui étaient d’avis que les perruques manquaient d’esthétique. En comparaison avec ce que les femmes pouvaient avoir porté dans les générations précédentes, les nouvelles perruques, disait le Rabbi, étaient attrayantes.

Aujourd’hui, alors que l’industrie de la perruque, à la pointe de la technologie, offre vraiment un choix de belle qualité, tant en cheveux synthétiques qu’humains,9 il est intéressant de constater que le Rabbi n’avait aucune objection à ce que les perruques améliorent l’apparence de la femme ; il a au contraire encouragé les femmes à tirer profit de cette opportunité. Encore aujourd’hui, dans beaucoup d’esprits, persiste la notion erronée selon laquelle un couvre-chef est destiné à nuire à la beauté d’une femme mariée (ce qui conduit à la question omniprésente de savoir en quoi se couvrir les cheveux avec une perruque attrayante est utile). Les paroles du Rabbi éclairent ce qui doit être l’approche appropriée pour cette mitsva.

Le Rabbi recevait un volume de courrier légendaire chaque jour, dans lequel se trouvaient des lettres de femmes et d’hommes exprimant leur appréhension quant à l’observance de cette mitsva. Dans d’autres cas, le Rabbi soulevait la question lui-même. Dans un cas comme dans l’autre, ses mots sont empreints d’un sentiment d’importance et d’urgence, comme il apparaît dans l’échantillon ci-après :

Parce que votre femme a décidé de porter une perruque, et de le faire volontiers, sans se préoccuper de ceux qui pourraient se moquer de sa pratique, son mérite sera grand, justement parce qu’elle est parmi les premières de son quartier à revenir à la coutume des femmes juives vertueuses ; or il est connu combien nos sages ont estimé et loué la capacité de l’individu d’enseigner au grand nombre par son exemple.

Il se peut que, dans l’immédiat, il soit difficile de s’engager dans cette voie à cause des dépenses que cela occasionne. Je tiens à vous informer qu’il y a ici (administré par le bureau Loubavitch), un fonds de prêts gratuits spécialement à cet effet, pouvant être remboursés à long terme, afin de faciliter cet achat par tous. Ce n’est pas une bonne idée de reporter cela. Dès que vous recevrez cette lettre, écrivez-moi en indiquant le nom et la somme nécessaire pour le chèque. Celui-ci vous sera envoyé immédiatement et puisse D.ieu vous accorder le succès.

À son habitude, le Rabbi exhortait ceux qui étaient fidèles à l’observance de cette pratique à encourager aussi leurs pairs à faire de même : « Vous devez veiller également à ce que les autres agissent de la même manière, en leur expliquant que c’est la voie et la ségoula pour obtenir santé, subsistance, et véritable na’hat (satisfaction) de ses enfants. D.ieu aidera à ce que vous me donniez de bonnes nouvelles à ce sujet. »

D’après la lettre suivante, il apparaît clairement que la résistance à la mitsva de se couvrir les cheveux prit plusieurs formes. Pour ce correspondant, le problème est moins d’ordre pragmatique et davantage de nature théologique. Il est intéressant de remarquer que le Rabbi ne lui a pas répondu en donnant des raisons philosophiques ou mystiques de cette mitsva. Pour de nombreuses femmes (et hommes), aucune raison ne sera jamais assez convaincante. Le Rabbi a préférer souligner que le respect de toutes les mitsvot (y compris celle de se couvrir les cheveux) est d’abord et avant tout fondé sur la soumission à la volonté de D.ieu :

En réponse à votre lettre du 13 Iyar dans laquelle vous demandez comment on peut expliquer la nécessité de se couvrir les cheveux (pour une femme mariée) : la question en elle-même est surprenante, en particulier sachant que nous sommes actuellement dans les jours de préparation à la réception de la Torah, qui fut reçue par le peuple juif uniquement par le mérite d’avoir fait précéder l’engagement de « nous accomplirons » à celui de « nous comprendrons ».

Il est clair que la croyance en D.ieu de l’homme oblige ce dernier à accepter intellectuellement les commandements de D.ieu, sans en exiger chercher des raisons relevant de l’entendement humain. Car même le simple bon sens, s’il est seulement sain, comprend qu’il est impossible pour un être fini de comprendre l’infini.

Or, c’est un des principes de la foi de tous les Juifs, croyants, enfants de croyants, que D.ieu, Son entendement et Sa volonté sont véritablement un et infinis, tandis que l’homme est fini dans tous les aspects de son être.

D’autre part, si l’on tient compte de la récompense reçue pour la mitsva de se couvrir les cheveux (telle qu’elle est explicitée dans le Zohar), alors même si l’on devait être des plus sceptiques à ce sujet, à D.ieu ne plaise, cela vaudrait encore la peine de se couvrir les cheveux. Et cela le vaut d’autant plus que les mots du Zohar – en tant que part de notre Torah de Vérité – sont parfaitement vrais, immuables et éternels dans tous les lieux et à toutes les époques.

En 1957, lors d’un farbrenguen à l’occasion de la fête de Chavouot, le Rabbi a donné à ce débat une nouvelle direction13 :

L’un des aspects les plus essentiels de la conduite de la femme juive qui a une portée considérable sur ses fils et filles, est sa pudeur… « Toute la gloire de la fille du roi est à l’intérieur » (Psaumes 45, 14). Ainsi, le Talmud (Yoma 47a) rapporte la pudeur exceptionnelle de Kim’hit : Kim’hit eut sept fils qui méritèrent tous de servir en tant que Grands Prêtres.14 Les Sages lui demandèrent « Qu’as-tu fait pour mériter cela ? » Elle leur répondit : « Les murs de ma maison n’ont jamais vu les tresses de mes cheveux. »

Il ne faut pas se dire : « Ai-je besoin de me comporter avec une pudeur si extraordinaire que mes enfants en deviendront des Grands Prêtres ? Il me suffit que mes enfants deviennent de simples prêtres. N’est-il pas dit que tous les Juifs sont saints ?! »

En réalité, s’il est accordé à une femme la possibilité de former ses enfants à devenir des Grands Prêtres (c’est-à-dire : d’atteindre le maximum de leur potentiel spirituel), cela signifie que cela tient de sa responsabilité.

Le Rabbi souligna le profond impact de la pudeur d’une femme sur ses enfants. Dans ce but, il s’adressa directement à l’instinct maternel ; même une femme farouchement opposée à cette pratique pouvait réévaluer son point de vue en considérant les bienfaits spirituels considérables dont ses enfants pouvaient bénéficier.

Bien que la position du Rabbi fût considérée par beaucoup comme stricte, il y avait ceux qui la considéraient comme permissive. Il existe des communautés où les perruques ne sont pas du tout jugées acceptables sur le plan halakhique, en raison de leur similitude avec les cheveux féminins. Dans d’autres communautés, les femmes portent des perruques, mais les couvrent partiellement avec un foulard ou un chapeau afin de signaler qu’elles se couvrent effectivement les cheveux. L’avis du Rabbi était qu’il n’y a aucune obligation halakhique de couvrir une perruque.

Le Rabbi a reçu des questions de femmes originaires de familles ou de communautés dont la tradition de longue date était de porter un foulard couvrant entièrement les cheveux et/ou le port d’un double couvre-chef (par exemple un chapeau par-dessus une perruque). Dans chaque cas, le Rabbi expliqua patiemment sa position tout en les encourageant à poursuivre dans leur coutume familiale ou communautaire. Dans la lettre ci-dessous, nous pouvons voir ces deux pôles s’articuler dans la réponse du Rabbi :

J’ai déjà fait connaître mon opinion que, de nos jours, se couvrir les cheveux avec un foulard ne dure pas [et la personne cessera finalement de se couvrir les cheveux]. La raison en est que, lorsqu’elle porte un foulard, une femme est constamment mise à l’épreuve – doit-elle couvrir tous ses cheveux ou seulement une partie, etc. – pour ne pas être gênée devant ceux qui se moquent d’elle (bien que, très souvent, ce sentiment soit simplement le fruit de son imagination).

Ce n’est pas du tout le cas avec une perruque, il est impossible d’enlever la perruque [facilement]… Quant au port d’une perruque découverte (une perruque sans chapeau ou autre couverture par dessus), cette pratique s’est largement répandue au cours des dernières générations. Bien entendu, il reste cependant nécessaire de vérifier la coutume de votre région de manière à s’assurer que cela ne constitue pas un précédent, à D.ieu ne plaise.

En 1960, le Rabbi a répondu à une femme qui lui écrivait à propos de ses difficultés à se couvrir les cheveux au moyen d’une perruque alors que les autres femmes de sa communauté ne le faisaient pas. Dans sa réponse, le Rabbi souligna que l’homogénéité du paysage américain était en train de céder la place à une nouvelle appréciation, et à une fierté, des diverses religions et cultures ethniques. Outre son message sur l’importance de la « crainte du ciel », il l’encouragea à puiser des forces dans les changements qui s’opéraient dans la société :

En réponse à votre lettre où vous écrivez concernant la perruque que dans la communauté religieuse où vous habitez actuellement, telle n’est pas la coutume. En conséquence, vous craignez qu’on ne se moque de vous si vous portez une perruque :

On constate aisément que porter un chapeau ou même un foulard, laisse une partie de la chevelure découverte, même si ce n’est que pour un court moment, ce qui constitue la transgression d’un interdit majeur… L’importance d’avoir les cheveux couverts à tout moment peut également s’évaluer en considérant la récompense qui découle de l’accomplissement de ce commandement tel qu’il est commandé. Selon les mots du saint Zohar, cela conduit à être « béni de toutes les bénédictions, les bénédictions d’en haut et les bénédictions d’en bas, par la richesse, par des enfants et des petits-enfants. »

Concernant ce que vous écrivez sur le fait qu’ils pourraient se moquer de vous et vous embarrasser : Depuis peu, même la jeunesse américaine a commencé à respecter et à honorer spécifiquement ceux qui ne faiblissent pas dans leur foi. Ils ne se sentent pas gênés par ceux qui se moquent d’eux et de leur vision du monde. Au contraire, ils considèrent avec mépris et dérision ceux qui suivent simplement la majorité sans avoir leurs propres principes.

Le Rabbi offrit lui-même à de nombreux couples une aide financière pour l’achat d’une perruque
Vous savez certainement que l’ensemble des quatre parties du Code de Loi juive débute par l’affirmation que l’on ne doit pas être gêné par les personnes qui se moquent de son service de D.ieu. De plus, et cela aussi est assez simple à comprendre : « D.ieu remplit le ciel et la terre » et l’homme se trouve en Sa présence en tout lieu et à tout instant. Ce n’est pas le cas des humains ; même ceux qui vivent à proximité ne sont pas toujours dans les environs. Comment peut-on ne pas avoir honte devant D.ieu, à D.ieu ne plaise, et être gêné par de simples mortels ?!

Une autre manière dont le Rabbi défendit cette cause fut lors de conversations avec des futurs mariés, leurs parents et d’autres17 qui venaient le voir en audience privée. Selon de nombreux témoignages, le Rabbi exhortait les jeunes couples à faire passer l’achat d’une perruque en première priorité dans leurs préparatifs du mariage. Le Rabbi insistait pour que la mariée s’achète la plus belle perruque qu’elle puisse trouver et, à certains, il soulignait expressément la nécessité d’en avoir deux, de sorte que si l’une est en cours de lavage, l’autre demeure utilisable.18 Dans certains cas, le Rabbi rendait même le fiancé responsable de cet achat. Le Rabbi offrit lui-même à de nombreux couples une aide financière pour l’achat d’une perruque et, à au moins deux reprises, il donna à des futures mariées de quoi régler l’achat de leur perruque en totalité.

Durant la première décennie de son leadership (1950-60), le Rabbi officia comme rabbin lors de plusieurs mariages.20 Parmi les conditions qu’il fixait pour officier, il y avait l’engagement de la mariée de porter une perruque après le mariage. C’était un grand honneur d’être mariés par le Rabbi et de nombreuses jeunes femmes retirèrent de cet honneur l’inspiration de commencer à porter la perruque.

Le fait que se couvrir les cheveux est une segoula, une source de bénédiction, était la caractéristique principale de l’approche du Rabbi. Dans chacun des exemples cités ici, et dans des centaines d’autres, le Rabbi a souligné la façon dont cette mitsva particulière est un vecteur de bénédictions pour le foyer et la famille, en particulier celles des enfants et de la prospérité. Le Rabbi ne se lassait pas de citer les paroles du Zohar ; c’était, après tout, la mission de sa vie d’apporter les bénédictions d’en bas (matérielles) et les bénédictions d’en haut (spirituelles) dans la vie des Juifs. Puissions-nous toujours être bénis de la sorte.